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Grippe

La grippe est une maladie virale causée par des virus de la famille des Orthomyxoviridae, principalement le virus A, qui évolue par glissement et cassure antigénique. Elle se propage facilement par voie aérienne, provoquant des épidémies saisonnières, et peut entraîner des complications graves chez les sujets à risque. Le diagnostic peut être effectué par diverses méthodes, y compris la PCR et la culture cellulaire, et des efforts sont en cours pour développer des vaccins multivalents universels.

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La grippe est une maladie virale causée par des virus de la famille des Orthomyxoviridae, principalement le virus A, qui évolue par glissement et cassure antigénique. Elle se propage facilement par voie aérienne, provoquant des épidémies saisonnières, et peut entraîner des complications graves chez les sujets à risque. Le diagnostic peut être effectué par diverses méthodes, y compris la PCR et la culture cellulaire, et des efforts sont en cours pour développer des vaccins multivalents universels.

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GRIPP

climats tempérés.
GRIPPE  MECANISMES D’APPARITION DES VIRUS DE LA
GRIPPE
Tandis que B et C sont relativement stables, le
virus A évolue sans cesse selon deux mécanismes
principaux.
DEFINITION

La grippe est une maladie virale épidémique causée


par un ensemble de virus appartenant à la
famille des Orthomyxoviridae. Ces virus grippaux
constituent le genre Influenzavirus (virus ARN
monocaténaire, segmenté en 8 brins). Ils sont
répartis en 3 types : A, B et C.
Les Influenzavirus A comprennent des virus
humains et des virus animaux voisins
(responsables des grippes équine, porcine,
aviaire) ; eux seuls peuvent provoquer des
pandémies. Ils sont classés en sous-types en
fonction des caractères antigéniques des
glycoprotéines de surface : Hémagglutinine
(H) et Neuraminidase (N). A ce jour, 15 H (H1 à
H15) et 9 N (N1 à N9) ont été identifiées chez
les oiseaux migrateurs. Chez l’homme, seuls
les 3 H (H1 à H3) et 2 N (N1 à N2) sont connus
et responsables d’épidémies de grippe.
Chaque souche porte un nom précis: le
type/le lieu d'origine/un numéro/l'année
d'isolement.
Exemples : A/New Caledonia/20/99
(H1N1), A/Moscow/10/99 (H3N2),
B/HongKong/330/2000.

BIOPATHOLOGIE

 EPIDEMIOLOGIE
La grippe se déclare en hiver sous forme
d’épidémies annuelles (virus A et B surtout)
ou parfois même de pandémies dont
l’apparition est liée à un réappariement
génétique entre souches animales et souches
humaines.
Le virus se transmet facilement d’une personne à
l’autre par voie aérienne, au moyen des
microgoutelettes et des particules excrétées par
les sujets infectés lorsqu’ils toussent ou
éternuent. Le virus grippal pénètre dans
l’organisme par le rhino-pharynx. Les
symptômes apparaissent de 1 à 4 jours après la
contamination. Les sujets atteints deviennent
contagieux un jour avant l’apparition des
symptômes et le restent pendant 7 jours.
La maladie se propage rapidement, en particulier
quand il y a de fortes concentrations de
populations. Le virus survit plus longtemps à
l’extérieur de l’organisme lorsque le temps est
sec et froid, raison pour laquelle les épidémies
saisonnières surviennent en hiver dans les
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Le premier est appelé glissement asthénie persistante.


antigénique : des mutations de gènes Des formes graves avec complications
codant pour des protéines de surface surviennent principalement chez des sujets
provoquent des modifications mineures fragilisés dits «sujets à risque» : insuffisants
du virus. Le nouveau variant reste très respiratoires, asthmatiques, bronchitiques,
proche du précédent, si bien que immunodéprimés, diabétiques, personnes
l'immunité conférée par une grippe âgées.
contractée précédemment protégera
Il peut s’agir de complications respiratoires liées au
contre le nouveau variant. Depuis vingt-
virus lui-même (OAP, insuffisance respiratoire
cinq ans, les virus en circulation sont des
aigüe) ou à des surinfections bactériennes
descendants du virus Hong-Kong (1968).
(bronchites, otites, pneumonies), mais aussi
Actuellement les 2 sous-types d'Influenzavirus
de complications neurologiques et
A, H3 N2 et H1 N1, cohabitent dans le
cardiovasculaires.
monde.
Le deuxième phénomène de variation, appelé
cassure, peut être plus grave. Des
changements radicaux des protéines
antigéniques du virus (provenant souvent
de la recombinaison entre les gènes H
et/ou N de virus humains et de virus
animaux) donnent naissance à un
nouveau virus, totalement différent de celui
qui circulait jusque-là. Ce nouveau virus
apparaît et gagne tous les continents.
C'est la pandémie.
1918-1919 : Pandémie de grippe «
espagnole » : virus A (H1N1) ; 20 millions de
morts dans le monde.
1958-1959 : Pandémie de grippe «
asiatique »: virus A (H2N2), causée par le
changement simultané de H et de N (H2 N2
remplaçant le précédent virus H1 N1) : 70
000 morts aux Etats-Unis.
1968-1970 : Grippe de Hong Kong, virus A
(H3N2): plus d’un millions de morts dans
le monde dont 18 000 en France par un
seul changement de H seulement (H2 en
H3).
1977-1978 : Grippe « russe » virus A
(H1N1) avec réapparition du virus ayant
sévi entre 1947 et 1957 responsable de
la grippe espagnole.

 CLINIQUE
Le virus se réplique dans les cellules
cylindriques ciliées de l’arbre respiratoire.
Après 1 à 2 jours d’incubation, les signes
cliniques non spécifiques apparaissent
comprenant une fièvre élevée, des
courbatures, des céphalées, des myalgies
et des arthralgies. Un peu plus tardivement
se déclare la toux d’origine
laryngotrachéale ou bronchitique, plus ou
moins accompagnée de signes d’irritation
conjonctivale. La fièvre diminue vers le 3e
ou 4e jour avec impression de guérison. Elle
remonte souvent juste après pour tomber
complètement vers le 6e jour. Le malade
guérit en conservant toutefois une
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INDICATIONS DE LA RECHERCHE DU VIRUS d’examens complémentaires, parfois même de


commencer un traitement par des
- Chez un sujet qui présente une infection antineuraminidases.
respiratoire aiguë sévère. Il devient donc important que les laboratoires
- Dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques en relation avec ces collectivités, s’équipent
à l’échelon national ou international. avec des
- Dans l’étude du suivi des modifications
antigéniques et de l’apparition de nouveaux
variants du virus pour prévoir une vaccination
adaptée et efficace.

RECOMMANDATIONS PREANALYTIQUES

 PRELEVEMENT – CONSERVATION, TRANSPORT


Prélèvements d’origine respiratoire : sécrétions
naso- pharyngées recueillies, soit par
aspiration, soit par écouvillonnage nasal
profond ; sécrétions bronchiques ou lavage
broncho-alvéolaire. L’écouvillonnage de gorge
n’est pas recommandé.
En vue d’un diagnostic rapide d’orientation ou
d’une RT-PCR, ils sont à effectuer dans les 2
jours qui suivent l’apparition des signes
cliniques et avant tout traitement. Au delà, la
sensibilité du diagnostic diminue fortement.
Prélèvements sanguins : pour diagnostic
sérologique (rétrospectif ou à visée
épidémiologique).
Se reporter au référentiel des examens de
biologie médicale Biomnis en ligne pour les
conditions de prélèvement et conservation-
transport.

 QUESTIONS A POSER AU PATIENT


Age ?
Vaccination ?
Pathologie associée ?

METHODES DE DIAGNOSTIC

 DIAGNOSTIC DIRECT
Le virus est présent dans le système
respiratoire dès le début de la maladie. On
peut rechercher les antigènes viraux par
immunofluorescence (IF) ou ELISA, ou le virus par
culture cellulaire ou RT-PCR.
Compte tenu du risque élevé de contagion, il
est important de connaître l’étiologie réelle d’un
syndrome grippal (épisode fébrile aigu,
d’apparition brutale, avec signes respiratoires)
le plus rapidement possible, en particulier
dans les collectivités à risque élevé
(personnes âgés, enfants fragilisés,
immunodéprimés). Ce diagnostic permet de
limiter la prescription d’antibiotiques et
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dispositifs de diagnostic rapide, de type «  DIAGNOSTIC INDIRECT


savonnette » ou bandelette, qui permettent de  Réaction de fixation du complément
poser le diagnostic d’infection grippale à partir Permet la mise en évidence d’anticorps totaux
d’un écouvillonnage ou d’une aspiration des antivirus influenza A ou B, car ces anticorps
sécrétions nasales de manière simple, rapide et sont surtout dirigés contre l’antigène interne du
suffisamment fiable (valeur prédictive positive : virus (la NP) spécifique de
90 %, valeur prédictive négative : 60 %).
 Détection d’antigènes viraux
Par IF : elle est réalisée sur l’échantillon respiratoire
après frottis sur lame, par contact avec un
anticorps monoclonal, soit directement marqué
à l’aide d’un fluorochrome, soit non marqué (la
révélation se faisant alors par un anticorps anti-
souris marqué).
Il existe des trousses commerciales
permettant l’identification groupée des virus
grippaux et d’autres virus respiratoires,
comme les Adénovirus, le virus respiratoire
syncitial, les virus parainfluenzae.
L’IF permet un diagnostic rapide mais sa
sensibilité est théoriquement moindre que
celle de la culture (60 à 70 %).
Par ELISA : on peut détecter les antigènes grippaux
par capture à l’aide d’un anticorps monoclonal
puis révélation par méthode immuno-
enzymatique. Il existe un test ELISA sur
membrane (« savonnettes »). La sensibilité de
ces tests est supérieure, mais il faut se méfier
des réactivités non spécifiques, surtout pour des
valeurs de signal faible.
 Culture cellulaire
C’est la technique de référence réservée aux
laboratoires de virologie spécialisés : elle permet
l’identification antigénique complète (type, sous-
type et variant) du virus grippal et reste la
technique de choix utilisée dans la perspective
vaccinale. Elle est limitée par son délai de réponse
(> 4 jours).
L’inoculation se fait sur œuf de poule
embryonné ou sur cellules MDCK (lignée
continue de cellules de rein de chien). La
révélation du virus est faite par
hémadsorption à l’aide de suspensions
d’hématies ou par IF à l’aide de réactifs
identiques à ceux utilisés pour la recherche
virale directe.
Si elle s’avère positive, elle sera suivie par
l’identification du virus par technique
d’inhibition de l’hémagglutination ou
neutralisation de la fluorescence.
 PCR
Détection de l’ARN du virus grippal (grippe A
+ B) par amplification génique après
transcription reverse (RT- PCR). La sensibilité et
la spécificité de la technique sont
> 95 % et le délai de réponse de 36 h.

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type A ou B. Leur apparition est lente et ils ne actuellement menés pour obtenir un vaccin
sont plus détectables 3 mois après l’infection. multivalent universel contre la grippe, dirigé
Un titre > ou égal à 64 peut signifier une contre la protéine M2 (constante).
infection récente. C’est l’augmentation du taux Un autre progrès est le développement de
d’anticorps sur le 2eprélèvement d’au moins 2 nouvelles voies d’administration : patchs
dilutions, qui permettra de conclure à une transdermiques, voie intradermique, voie
infection récente. muqueuse (instillation nasale). Ceci est important
 Inhibition de l’hémagglutination (IHA) car, la vaccination devant être répétée chaque
Permet la révélation d’anticorps dirigés contre année, le frein dû à la piqûre pourrait ainsi être
des antigènes d’enveloppe et donc levé. De plus, la voie intradermique est
spécifiques de types, sous-types et variants. performante pour la vaccination, l’épaisseur du
Il existe d’autres techniques sérologiques : derme étant constante, quels que soient l’âge,
ELISA, réactions de neutralisation qui, le sexe, l’indice de masse corporelle.
avec l’IHA, sont réservées à des laboratoires Une étude de phase 3, multicentrique,
spécialisés dans le cadre d’études randomisée, ouverte et contrôlée, évaluant
épidémiologiques. l’immunogénicité de Intanza® 15 µg, a
comparé les voies ID et IM et a conclu à une
supériorité de l’immunogénicité de la voie ID
INTERPRETATION versus la voie IM. Ce vaccin n’est pas encore
commercialisé en France, mais attendu, ce
Le diagnostic direct rapide est intéressant dans d’autant qu’une très bonne tolérance a été
un contexte d’urgence : grippe avec infection rapportée après injection ID de Intanza® à
respiratoire l’aide d’une micro-aiguille.
aiguë pouvant avoir conduit à une hospitalisation. La
PCR permet un diagnostic de certitude et POUR EN SAVOIR PLUS
l’identification de la souche. La culture reste
indispensable à la caractérisation des souches  Freymuth F. Virus influenza. Encycl Med Biol
dans une perspective vaccinale. Le diagnostic (Elsevier PARIS) 2003.
sérologique ne permet qu’un diagnostic  Rédaction de la revue prescrire. Vaccins grippaux
rétrospectif. La RFC garde son intérêt en cas de H1N1v. Revue Prescrire 2009 ;tome29 (n°313)
retard de diagnostic par rapport à l’apparition :806-810.
des premiers signes cliniques. Elle est utilisée  Société française de microbiologie, Virus de la
également pour suivre la progression d’une grippe, In : REMIC : Société Française de
épidémie au sein d’une collectivité ou dans une Microbiologie Ed ;2015 :663-8.
population à risque.

TRAITEMENT

La progression de l’infection par les virus A et B


dans le système respiratoire peut être ralentie
par les antineuraminidases (Zanamivir®,
®
Tamiflu ), à condition de les administrer dans
les 24 à 48 premières heures de la maladie.
Seule la vaccination limite la diffusion de la
grippe. Elle est d’ailleurs vivement
recommandée chez les groupes de patients à
risque ainsi que chez le personnel de santé.
Elle doit être pratiquée tous les ans, compte tenu
de la variabilité des souches en circulation.
En 2009, suite à la pandémie de grippe due au
virus A/H1N1v, ont été développés plusieurs
vaccins grippaux monovalents inactivés contre
le virus H1N1v, à virus fragmenté ou non,
Celvapan®, Focetria®, Pandemrix®,
Panenza®, avec adjuvant lipidique (Focetria®)
ou ASO3 (Pandemrix®) visant à amplifier la
réponse immunitaire.
Par ailleurs, de nouvelles méthodes de
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production en culture cellulaire ont été


développées : différentes lignées cellulaires
sont désormais disponibles pour produire des
vaccins anti-grippaux, mais il existe aussi
d’autres méthodes de production, notamment
la culture sur cellules d’insectes via une
recombinaison dans un baculovirus. Des
travaux de recherche sont

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