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La Science

Le document explore la question de la certitude en science, en soulignant que bien que la science vise à établir des connaissances objectives et universelles par des méthodes rationnelles, ces certitudes sont souvent révisables et historiques. Il examine les contributions de divers penseurs, tels qu'Aristote, Descartes et Bacon, qui ont chacun apporté des perspectives sur la nature de la connaissance scientifique et son rôle dans le progrès humain. En fin de compte, la science est présentée comme un outil puissant pour comprendre et transformer le monde, bien qu'elle ne garantisse pas des vérités absolues.

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La Science

Le document explore la question de la certitude en science, en soulignant que bien que la science vise à établir des connaissances objectives et universelles par des méthodes rationnelles, ces certitudes sont souvent révisables et historiques. Il examine les contributions de divers penseurs, tels qu'Aristote, Descartes et Bacon, qui ont chacun apporté des perspectives sur la nature de la connaissance scientifique et son rôle dans le progrès humain. En fin de compte, la science est présentée comme un outil puissant pour comprendre et transformer le monde, bien qu'elle ne garantisse pas des vérités absolues.

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La science fournit-elle des certitudes ?

I. L’Introduction
Le mot science vient du latin scientia, qui signifie « savoir ». La science désigne un ensemble
de connaissances rationnelles, méthodiques et démontrables, fondées sur l’observation,
l’expérimentation et le raisonnement. Depuis la révolution scientifique des XVIIᵉ et XVIIIᵉ
siècles, elle apparaît comme le modèle par excellence de la connaissance vraie, objective et
universelle. Contrairement à l’opinion ou à la croyance, la science semble produire
des certitudes, c’est-à-dire des vérités établies, nécessaires et indubitables.

Pourtant, l’histoire des sciences montre que les théories scientifiques évoluent, se corrigent et
parfois se renversent. Ce qui était tenu pour vrai hier peut être réfuté aujourd’hui ou demain.
Dès lors, la science fournit-elle réellement des certitudes absolues, ou seulement des
connaissances provisoires et révisables ? La certitude scientifique est-elle définitive ou
relative ? Faut-il distinguer différents types de sciences et différents degrés de certitude ?

Nous verrons d’abord que la science vise effectivement la certitude, en s’appuyant sur la
raison, la méthode et la démonstration (I). Nous montrerons ensuite que cette certitude est
limitée, fragile et historiquement révisable (II). Enfin, nous verrons que la science ne fournit
peut-être pas des certitudes absolues, mais une forme spécifique de rationalité fondée sur la
probabilité, la critique et le progrès (III).

II. La science vise la certitude

📌 Idée principale : La science se définit d’abord comme un savoir fondé sur la raison et
la démonstration. Elle cherche à produire des connaissances certaines, universelles et
nécessaires, en rupture avec l’opinion, l’approximation et la subjectivité.

A. La science est certaine par ses méthodes logiques et indubitables

📌 Idée principale : La science peut prétendre à la certitude parce qu’elle repose sur
des méthodes rationnelles rigoureuses, fondées sur la logique, la démonstration et la
nécessité. Elle s’appuie sur des principes dont la vérité s’impose à l’esprit de manière
indubitable.

🖋 Auteur : Les sciences et la méthode hypothético-déductive

👉 Idée centrale : Les sciences modernes reposent sur l’usage méthodique de la raison,
notamment à travers la méthode hypothético-déductive. Cette méthode consiste à formuler,
par un raisonnement rationnel, une hypothèse explicative d’un phénomène observé, puis à en
déduire des conséquences vérifiables par l’expérience. La raison précède ainsi l’observation :
elle ne se contente pas d’enregistrer les faits, elle cherche à en comprendre les causes.
🧠Claude Bernard – Introduction à l’étude de la médecine expérimentale Claude Bernard
montre que le savant n’observe jamais de manière neutre :
• Étape 1 : observation des faits, réguliers ou étonnants par rapport à l'état actuel de la
connaissance.
Exemple 1 : on observe que l'eau bout régulièrement quand elle atteint 100°C.
Exemple 2 : on observe que la trajectoire d'Uranus n'est pas tout à fait conforme à ce qu'elle
devrait être selon la loi de la gravitation.

• Étape 2 : passage à la théorie, à l'hypothèse scientifique.


Exemple 1 : par induction, on fait l'hypothèse que l'eau s'évapore toujours à 100°C, c'est-à-
dire passe de l'état liquide à l'état gazeux sous l'effet d'un réchauffement.
Exemple 2 : astronome Urbain Le Verrier avance l'hypothèse d'une nouvelle planète, qui
n'aurait pas encore été observée mais qui perturberait la trajectoire d'Uranus. Il en calcule la
position supposée.

• Étape 3 : vérification expérimentale ; la théorie est testée dans des conditions variées pour
s'assurer de sa validité.
Exemple 1 : il apparaît que la température d'ébullition de l'eau varie selon l'altitude. Il
faut donc revenir à l'étape 1 et formuler une nouvelle hypothèse.
Exemple 2 : à l'endroit calculé par Le Verrier, l'astronome Johann Galle découvre une
nouvelle planète, baptisée plus tard Neptune. La prédiction s'est confirmée : l'hypothèse est
donc validée.

🧠 Karl Popper – La logique de la découverte scientifique En revanche, comme l'explique


Karl Popper, une théorie n'est scientifique que si elle est « falsifiable » ou « réfutable », c'est-
à-dire seulement si elle peut être testée, contrôlée par des faits : on doit pouvoir envisager un
événement qui, s'il se produisait, nous mènerait à renoncer à l'hypothèse ou, au moins, à la
modifier. Ce critère de falsifiabilité joue, pour Popper, le rôle de démarcation entre les
théories scientifiques et les idéologies non scientifiques. Il est ainsi amené à considérer que la
psychanalyse, l'astrologie, etc. sont des pseudo-sciences car on ne peut pas les réfuter.

Cette exigence de falsifiabilité est essentielle à la science à une époque comme la nôtre,
marquée par une certaine suspicion à l'égard de la science. Des thèses fantaisistes ou
complotistes prolifèrent, qui remettent en cause la théorie de l'évolution ou le principe du
réchauffement climatique. Les traditions et la religion jouent un rôle important dans cette
attitude qui conduit à une certaine désinformation relayée abondamment sur les réseaux
sociaux. C'est le nouveau défi auquel est confrontée la science : montrer qu'elle n'est pas
qu'une idéologie parmi d'autres mais qu'elle s'appuie sur la raison universelle que tous les
hommes partagent et qui devrait les mettre d'accord, au-delà des divergences politiques et
culturelles.

💡 Concept-clé : La science explique en reliant les phénomènes à des causes rationnelles et


universelles.

➡️Exemple : Semmelweis observe un taux élevé de mortalité dans les maternités. Il émet
l’hypothèse rationnelle que les médecins transmettent des germes par leurs mains. En
imposant le lavage des mains, il constate une baisse spectaculaire des décès. La raison permet
ici de révéler une cause invisible mais réelle.

🖋 Auteur : Aristote : Organon


👉 Idée centrale : Pour Aristote, la science repose fondamentalement sur la logique et
la démonstration. Un savoir ne peut être véritablement scientifique que s’il est établi par un
raisonnement rigoureux, capable de contraindre l’esprit à reconnaître la vérité. Sans
démonstration, une affirmation ne relève que de l’opinion et ne peut prétendre à la certitude.
Pour Aristote, la science (epistémè) n’est pas un simple ensemble de connaissances, mais
un savoir rigoureux et certain. Elle s’oppose à l’opinion (doxa), qui est changeante et
incertaine, car fondée sur des impressions ou des croyances.

Aristote affirme ainsi que savoir, c’est connaître par le moyen de la démonstration. La
démonstration permet d’établir un savoir commun, valable pour tous, indépendamment des
points de vue individuels. Elle repose sur la seule force de la raison et garantit la nécessité de
la conclusion : ce qui est démontré ne peut pas être autrement qu’il n’est.

⚠️ Il faut donc distinguer clairement la démonstration de la simple argumentation.


Argumenter consiste à défendre un point de vue afin de convaincre, tandis que démontrer
consiste à établir une vérité de manière rationnelle et objective. La science n’a pas pour but de
persuader, mais de prouver.

Dans l’Organon — ensemble de traités consacrés à la logique — Aristote formalise les règles
de la démonstration scientifique à travers le syllogisme démonstratif. Celui-ci est un
raisonnement dans lequel une conclusion est nécessairement déduite de prémisses vraies,
universelles et nécessaires. Si les prémisses sont vraies, la conclusion l’est également, sans
possibilité de contestation rationnelle.

💡 Concept-clé : syllogisme démonstratif. Le syllogisme démonstratif est un raisonnement


logique rigoureux reliant des prémisses à une conclusion nécessaire. Il constitue le fondement
de la certitude scientifique chez Aristote.

➡️Exemple :
Tous les triangles ont trois angles.
Or cette figure est un triangle.
Donc cette figure a trois angles.

La conclusion ne dépend ni de l’opinion ni de l’expérience : elle est nécessairement vraie.

B. La science comme outil guidant vers la vérité (certitude)

📌 Idée principale : La science permet à l’homme d’accéder à des vérités objectives et


universelles, fondées sur la démonstration rationnelle et la vérification expérimentale ; elle ne
se contente pas d’opinions ou de croyances, mais vise des certitudes méthodiques,
suffisamment fiables pour guider la connaissance et l’action humaine.

🖋 Auteur : Descartes : la science comme fondement certain de la vérité

👉 Idée centrale : Descartes part d’un constat simple : nous nous trompons souvent. Les sens
peuvent nous illusionner, les traditions transmettre des erreurs, et les opinions varier d’un
individu à l’autre. Or, si la science veut être un véritable savoir, elle doit éviter toute
possibilité d’erreur.
Afin d’éviter l’erreur, Descartes propose une méthode rigoureuse fondée sur le doute
méthodique. Il s’agit de rejeter provisoirement tout ce qui peut être mis en doute — les sens,
les traditions, les opinions — afin de ne conserver que ce qui résiste absolument au doute.
Cette démarche conduit à une première vérité indubitable : « Je pense, donc je suis » (cogito
ergo sum).

Le cogito montre que la raison peut atteindre une certitude absolue sans s’appuyer sur
l’expérience : le fait même de douter prouve l’existence du sujet pensant. Ainsi, la raison se
révèle capable de se fonder elle-même.

À partir de cette certitude première, Descartes propose une méthode rigoureuse, fondée sur
quatre règles :

1. N’admettre pour vrai que ce qui est évident


2. Diviser les difficultés en problèmes simples
3. Aller du simple au complexe
4. Vérifier et réviser pour éviter l’erreur

Toute connaissance véritable doit être démontrable rationnellement, sur le modèle des
mathématiques. C’est pourquoi Descartes considère les mathématiques comme l’idéal de
toute science : elles montrent que la raison peut produire des vérités universelles, nécessaires
et indépendantes de l’expérience sensible.

Le cogito de Descartes est révolutionnaire car il rompt avec la philosophie d’Aristote et la


scolastique médiévale. Alors que la tradition aristotélico-scolastique faisait reposer la
connaissance sur les sens, l’ordre du monde et l’autorité des Anciens, Descartes commence
par le sujet pensant. Par le doute méthodique, il remet en cause toutes les vérités héritées
pour chercher une certitude absolue. Le cogito — « je pense, donc je suis » — fonde la vérité
non plus sur le monde ou Dieu, mais sur la conscience de soi. Ce renversement place le sujet
au cœur de la métaphysique et inaugure la philosophie moderne, qui s’interroge désormais sur
les conditions mêmes de la connaissance.

💡 Concept-clé : La conscience comme évidence première La conscience est la première


vérité, le point de départ de toute philosophie. Elle ne dépend ni des sens, ni de l’expérience,
ni du corps : elle se possède elle-même immédiatement.

➡️Exemple : Un chat ou un robot peut réagir à son environnement, mais ne peut pas se dire
qu’il réagit, ou réfléchir sur lui-même.

🖋 Auteur : Newton : lois fondamentales

👉 Idée centrale : Avec Newton, la science atteint une ambition d’universalité inédite. Son
projet scientifique consiste à découvrir des lois universelles de la nature, valables en tout
temps et en tout lieu, indépendamment des circonstances particulières. La science ne se
contente plus de décrire des phénomènes isolés : elle cherche à formuler des lois générales
capables d’expliquer l’ensemble du réel physique.

Newton montre que les mêmes lois mathématiques gouvernent aussi bien les mouvements
terrestres que les mouvements célestes. La chute d’une pomme et la trajectoire des planètes
obéissent à une même loi de gravitation universelle. Cette unification constitue un idéal
majeur de la science moderne : expliquer la diversité des phénomènes par des principes
simples, rationnels et universels.

La certitude scientifique repose ici sur la mathématisation de la nature. Les lois


newtoniennes ne dépendent ni des perceptions sensibles ni des cultures humaines : elles sont
formulées en langage mathématique, ce qui leur confère une validité objective et universelle.
La science devient ainsi un savoir capable de prévoir avec précision les phénomènes naturels,
renforçant l’idée qu’elle fournit des vérités certaines.

💡 Concept-clé : universalité des lois scientifiques. Une loi scientifique est dite universelle
lorsqu’elle s’applique à tous les phénomènes d’un même type, sans exception, quels que
soient le lieu, le temps ou l’observateur.

➡️Exemple :
La loi de la gravitation universelle s’applique aussi bien à la chute d’un objet sur Terre qu’au
mouvement des planètes autour du Soleil, illustrant l’unité rationnelle de la nature.

C- La certitude scientifique comme fondement du progrès

📌 Idée principale : La science ne vise pas seulement la connaissance pour elle-même : en


produisant des certitudes fiables, elle permet le progrès technique, social et humain. La
certitude scientifique donne à l’homme un pouvoir de prévision et d’action sur le monde.

🖋 Francis Bacon – Novum Organum (1620)

👉 Idée centrale : Francis Bacon rompt avec la conception antique et scolastique de la science
comme savoir purement théorique. Pour lui, la science n’a pas pour but principal de
contempler la vérité, mais de transformer le monde et d’améliorer la condition humaine.
La valeur d’un savoir scientifique se mesure donc à son efficacité pratique.

Bacon critique les sciences traditionnelles, qu’il juge stériles, car elles reposent trop sur
l’autorité des Anciens et sur des raisonnements abstraits. Il propose au contraire une science
fondée sur l’observation méthodique des faits et sur l’induction, c’est-à-dire le passage
progressif des cas particuliers aux lois générales. Ce n’est qu’en accumulant et en comparant
les expériences que l’on peut établir des lois fiables de la nature.

Pour Bacon, la certitude scientifique n’est pas une certitude absolue et théorique, mais
une certitude opératoire : un savoir est d’autant plus vrai qu’il permet de prévoir et
de produire des effets. C’est en maîtrisant les lois naturelles que l’homme devient capable
d’agir rationnellement sur le réel.

Cette conception est résumée par la formule célèbre :

« Savoir, c’est pouvoir. »

💡 Concept-clé : science comme pouvoir sur la nature. La science est un instrument de


domination rationnelle de la nature, fondé sur l’expérience et l’induction, dont la finalité est
l’utilité et le progrès.
➡️Exemple :
La connaissance scientifique des lois de la nature permet le développement des techniques
(machines, médecine, ingénierie). Les progrès scientifiques rendent possibles des inventions
qui transforment durablement les conditions de vie humaines.

🖋 Auguste Comte – Cours de philosophie positive

👉 Idée centrale : Auguste Comte considère la science comme la forme la plus achevée et la
plus fiable du savoir humain. Selon lui, la science permet d’abandonner les explications
fondées sur la religion ou la métaphysique pour s’appuyer uniquement sur des faits
observables et sur des lois établies par l’expérience. La certitude scientifique ne repose
donc pas sur des causes invisibles ou abstraites, mais sur la constance des phénomènes.

Comte développe la loi des trois états :

1. l’état théologique, qui explique le monde par des forces divines ;


2. l’état métaphysique, qui invoque des principes abstraits ;
3. l’état positif, dans lequel l’esprit humain renonce à chercher les causes ultimes pour se
concentrer sur les relations régulières entre les phénomènes.

Dans l’état positif, la science ne cherche plus à savoir « pourquoi » les choses sont,
mais comment elles se produisent. La certitude scientifique vient alors de la capacité à
dégager des lois générales, valables tant que les mêmes conditions sont réunies.

Cette conception est résumée par la formule célèbre :

« Savoir pour prévoir, prévoir pour pouvoir. »

La science est donc certaine non parce qu’elle atteindrait une vérité absolue, mais parce
qu’elle permet de prévoir les phénomènes et d’agir efficacement sur le monde. La certitude
scientifique est ici pragmatique et opératoire.

💡 Concept-clé : science positive. La science positive est un savoir fondé sur l’observation des
faits et l’établissement de lois générales, dont la valeur se mesure à sa capacité de prévision et
d’action.

➡️Exemple : La sociologie, que Comte considère comme la science suprême, doit permettre
de dégager des lois sociales afin d’organiser rationnellement la société et d’éviter le désordre
social.

⚖️Transition :
Ainsi, la science apparaît comme un outil puissant de connaissance du réel : fondée sur la
raison, l’expérience et la méthode, elle permet d’expliquer les phénomènes naturels, d’établir
des lois objectives et de rendre possible le progrès technique. Elle semble donc, en droit,
capable de produire des certitudes solides et universelles. Mais cette confiance demeure
partielle : les théories scientifiques sont historiques, révisables et parfois remises en cause par
de nouvelles découvertes ; de plus, la science rencontre des limites lorsqu’elle prétend
expliquer le sens, la valeur ou l’expérience vécue. Il faut donc examiner en quoi la science ne
fournit pas uniquement des certitudes (II).
III. La science ne fournit pas des certitudes absolues

📌 Idée principale : Si la science vise la certitude, elle ne produit pourtant pas des vérités
définitives et indiscutables. Les connaissances scientifiques sont provisoires, révisables et
dépendantes de l’histoire, des méthodes et des cadres théoriques dans lesquels elles
s’inscrivent. La science progresse moins par accumulation de certitudes que par remise en
question permanente.

A. Des certitudes scientifiques toujours provisoires et révisables

📌 Idée principale : la science comme ensemble de programmes de recherche évolutifs


Contrairement à l’idée d’une science avançant par vérités définitives ou par réfutations
immédiates, la connaissance scientifique évolue selon des structures théoriques complexes et
durables. Les théories scientifiques ne sont ni absolument certaines, ni abandonnées au
premier obstacle : elles sont maintenues, corrigées et évaluées dans le temps.

🖋 Imre Lakatos : la science comme ensemble de programmes de recherche évolutifs

👉 Idée centrale : Imre Lakatos s’oppose à une conception trop radicale de la science selon
laquelle une théorie serait soit définitivement vraie, soit immédiatement rejetée dès qu’elle
rencontre une difficulté. Selon lui, la science progresse à travers des programmes de
recherche.

Chaque programme de recherche repose sur un noyau dur, composé de principes


fondamentaux que les scientifiques choisissent de ne pas remettre directement en cause (par
exemple les lois centrales d’une théorie physique). Autour de ce noyau se développe
une ceinture protectrice d’hypothèses secondaires, qui peuvent être modifiées ou ajustées
afin de faire face aux objections empiriques.

Lorsqu’une expérience semble contredire une théorie, ce n’est donc pas le noyau dur qui est
abandonné, mais ces hypothèses périphériques. Une théorie peut ainsi demeurer valide malgré
certaines anomalies, à condition que les ajustements opérés permettent d’expliquer davantage
de phénomènes ou de formuler de nouvelles prédictions.

La conséquence majeure de cette analyse est que la science ne fournit jamais de certitudes
absolues : les théories sont provisoires, maintenues tant qu’elles demeurent fécondes et
heuristiques.

💡 Concept-clé : programme de recherche scientifique

➡️Exemple : la physique newtonienne a longtemps constitué un programme de recherche


progressif, avant de devenir insuffisant face à de nouveaux phénomènes, sans être pour autant
immédiatement abandonnée.

🖋 Gaston Bachelard : la science progresse par rupture avec les fausses certitudes

👉 Idée centrale : Gaston Bachelard montre que la science ne progresse pas par une
accumulation continue de vérités certaines, mais par une remise en cause radicale de ce
qu’elle tenait auparavant pour évident. L’esprit humain est spontanément attaché à des
certitudes premières issues de l’expérience immédiate, du sens commun ou de l’imagination.
Or ces évidences spontanées constituent des obstacles épistémologiques, c’est-à-dire des
freins à l’accès à une connaissance véritablement scientifique.

La science doit donc opérer une rupture épistémologique : elle rompt avec les évidences
naïves et les explications spontanées pour construire des savoirs abstraits, mathématisés et
rigoureusement contrôlés par l’expérience. Ce qui semblait certain à une époque peut ainsi
apparaître comme une erreur à une autre. Le progrès scientifique suppose donc
une destruction des anciennes certitudes, et non leur simple amélioration progressive.

Bachelard insiste également sur le caractère rectificatif du savoir scientifique : une nouvelle
théorie ne vient pas confirmer définitivement la précédente, mais la corriger, la dépasser ou
parfois la contredire. La vérité scientifique n’est jamais achevée : elle est toujours en devenir.

💡 Concept-clé : rupture épistémologique. La science progresse en rompant avec le sens


commun et les certitudes premières, qui doivent être dépassées pour accéder à une
connaissance rationnelle.

➡️Exemple : La physique moderne (relativité et mécanique quantique) a profondément remis


en cause les certitudes de la physique classique newtonienne, montrant que celles-ci n’étaient
ni totalement fausses ni absolument vraies, mais limitées à un certain cadre théorique.

B. La science dépend de modèles et d’hypothèses, non de vérités absolues

📌 Idée principale : Les certitudes scientifiques ne reposent pas sur des vérités définitives,
mais sur des modèles théoriques et des hypothèses historiquement situées. Ce que la science
tient pour certain dépend toujours d’un cadre conceptuel, méthodologique et parfois culturel
donné.

🖋 Thomas Kuhn – La structure des révolutions scientifiques

👉 Idée centrale : Thomas Kuhn montre que la science ne progresse pas par une accumulation
continue de vérités certaines. Les scientifiques travaillent toujours à l’intérieur
d’un paradigme, c’est-à-dire un cadre théorique partagé qui définit les questions légitimes,
les méthodes acceptées et les critères de vérité.

Dans les périodes de science normale, les chercheurs consolident le paradigme dominant. Les
résultats obtenus sont alors considérés comme certains, mais uniquement à l’intérieur de ce
cadre. Toutefois, l’accumulation d’anomalies — des faits que le paradigme ne parvient plus
à expliquer — provoque une crise scientifique, pouvant conduire à une révolution
scientifique. Le paradigme est alors remplacé par un autre, incompatible avec le précédent.

Ce changement n’est pas une simple correction progressive, mais une transformation
radicale de la manière de voir le monde. Ce qui était tenu pour certain devient alors
partiellement faux, marginal ou insignifiant. Ainsi, les certitudes scientifiques sont relatives à
un paradigme historique et ne peuvent prétendre à une validité absolue.
💡 Concept-clé : paradigme scientifique

➡️Exemple : le passage du modèle géocentrique au modèle héliocentrique ne constitue pas


une amélioration progressive, mais un bouleversement complet de la représentation du
cosmos.

🖋 David Hume – Enquête sur l’entendement humain

👉 Idée centrale : David Hume montre que la science, bien qu’elle repose sur l’expérience, ne
peut jamais atteindre une certitude absolue. Son analyse porte sur le problème de
l’induction, c’est-à-dire le raisonnement par lequel on tire des lois générales à partir de
l’observation répétée de faits particuliers.

Lorsque nous affirmons qu’un phénomène se reproduira toujours de la même manière, nous
supposons que le futur ressemblera au passé. Or cette supposition ne repose sur aucune
démonstration rationnelle :

 elle ne peut pas être justifiée par la logique,


 ni par l’expérience, puisque l’expérience passée ne prouve jamais ce qui arrivera à
l’avenir.

Ainsi, les lois scientifiques ne sont jamais absolument certaines : elles reposent sur
une habitude de l’esprit, non sur une nécessité rationnelle.

💡 Concept-clé : problème de l’induction

➡️Exemple : le fait que le soleil se soit toujours levé jusqu’à présent ne garantit pas
logiquement qu’il se lèvera demain.

C. La science rencontre des limites internes et externes


à la certitude
📌 Idée principale : Même lorsqu’elle est rigoureuse, mathématisée et expérimentale, la
science rencontre des limites irréductibles à la certitude. Ces limites tiennent à la structure
même du réel étudié, mais aussi à la nature de certains objets qui échappent à toute
objectivation complète.

🖋 Nancy Hartsock – Standpoint Theory (théorie du point de vue)

👉 Idée centrale : Nancy Hartsock remet en question l’idée selon laquelle la science pourrait
produire un savoir totalement neutre et universel. Selon elle, toute connaissance est située :
elle dépend de la position sociale de celui qui observe et produit le savoir. Les sciences ont
longtemps été construites à partir d’un point de vue dominant — historiquement masculin,
occidental et socialement privilégié — qui prétendait pourtant parler au nom de l’objectivité
universelle.

Hartsock soutient que certains groupes marginalisés, notamment les femmes, peuvent
développer une compréhension particulière du monde précisément en raison de leur position
sociale. Leur expérience quotidienne, souvent ignorée par les savoirs dominants, leur permet
de percevoir des dimensions de la réalité que la science traditionnelle tend à invisibiliser.

Ainsi, la connaissance ne doit pas être pensée comme une vision « de nulle part », totalement
objective et détachée, mais comme une perspective située. Reconnaître ces points de vue
multiples ne signifie pas abandonner la vérité scientifique, mais au contraire enrichir la
compréhension du réel en intégrant des expériences et des perspectives longtemps exclues.

💡 Concept-clé : savoir situé (standpoint)


➡️Exemple : l’expérience du travail domestique ou des inégalités de genre peut permettre de
comprendre certains rapports sociaux que des analyses prétendument neutres n’ont pas
toujours su mettre en évidence.

🖋 Edmund Husserl – La crise des sciences européennes

👉 Idée centrale : Edmund Husserl critique l’idée selon laquelle la science pourrait rendre
compte de toute la réalité. Selon lui, les sciences modernes décrivent le monde de manière
objective, mesurable et quantifiable, mais elles laissent de côté ce qu’il appelle le monde
vécu (Lebenswelt), c’est-à-dire l’expérience telle qu’elle est réellement vécue par le sujet.

Les émotions appartiennent pleinement à ce monde vécu. Elles ne sont pas de simples faits
mesurables ou biologiques : elles sont des expériences subjectives porteuses de sens, qui
varient selon les individus et les situations. La science peut analyser les mécanismes
physiologiques associés aux émotions (activité cérébrale, réactions corporelles), mais elle ne
peut pas saisir ce que signifie une émotion pour celui qui la ressent.

Pour Husserl, comprendre une émotion suppose une description phénoménologique, c’est-à-
dire une analyse de la manière dont elle apparaît à la conscience. Cette compréhension
n’atteint pas une certitude scientifique au sens strict, mais relève d’une intelligibilité vécue,
irréductible aux méthodes expérimentales.

💡 Concept-clé : monde vécu (Lebenswelt)

➡️Exemple : la science peut décrire les réactions corporelles liées à la peur, mais non
l’expérience intime et singulière de la peur telle qu’elle est vécue par un individu.

⚖️Transition : Ainsi, la science ne peut être comprise comme un ensemble de certitudes


absolues et définitives. Ses théories sont provisoires, dépendantes de modèles et de cadres
historiques, et se heurtent à des limites internes comme externes à la certitude. Pourtant, ces
fragilités ne disqualifient pas la science : elles constituent au contraire le moteur de son
dynamisme et de son progrès. Il faut donc se demander si la valeur de la science ne réside pas
moins dans la possession de certitudes absolues que dans sa capacité à produire des
connaissances rationnelles, fiables et perfectibles, fondées sur la critique et la révision
constantes (III).
IV. La science fournit une forme spécifique de certitude : critique,
provisoire et rationnelle
📌 Idée principale : Si la science ne fournit pas des certitudes absolues, elle n’est ni arbitraire
ni incertaine pour autant. Elle produit une forme spécifique de certitude, fondée sur
la méthode, la critique rationnelle et la révision permanente des savoirs. La force de la
science réside précisément dans sa capacité à reconnaître ses limites et à progresser grâce à
elles.

A. Une certitude provisoire fondée sur la critique rationnelle

📌 Idée principale : La certitude scientifique n’est pas définitive, mais provisoire. Elle repose
sur une démarche critique constante, qui fait de la remise en question non une faiblesse, mais
la condition même de validité du savoir scientifique.

🖋 Karl Popper – La logique de la découverte scientifique

👉 Idée centrale : Karl Popper montre que la science ne progresse pas par la confirmation de
certitudes établies, mais par l’élimination progressive des erreurs. Une théorie n’est
scientifique que si elle est falsifiable, c’est-à-dire si elle accepte par principe la possibilité
d’être contredite par les faits. La certitude scientifique n’est donc jamais absolue : elle
est conditionnelle, valable tant qu’aucune expérience décisive ne l’a réfutée.

La rationalité scientifique ne consiste pas à protéger les théories contre toute critique, mais au
contraire à les exposer à des tests rigoureux. La science avance ainsi par une sélection
rationnelle des théories les plus résistantes à la réfutation.

💡 Concept-clé : falsifiabilité

➡️Exemple : une théorie physique demeure valide tant qu’aucune observation ou expérience
ne vient la contredire.

🖋 Gaston Bachelard – La formation de l’esprit scientifique

👉 Idée centrale : Gaston Bachelard insiste sur le caractère auto-correctif du savoir


scientifique. La science progresse par ruptures épistémologiques, en remettant en cause ses
propres évidences et en rectifiant ses erreurs passées. La vérité scientifique n’est jamais
donnée une fois pour toutes : elle est construite progressivement, contre l’opinion, le sens
commun et les représentations spontanées.

Chez Bachelard, la certitude scientifique n’est pas accumulation, mais rectification continue.
Une nouvelle théorie ne vient pas simplement confirmer la précédente : elle la corrige, la
dépasse ou en révèle les limites.

💡 Concept-clé : rectification du savoir

➡️Exemple : les modèles anciens de la matière ont été profondément corrigés par la physique
moderne, sans que ces modèles soient considérés comme absurdes ou inutiles.
B. Une certitude limitée à un domaine précis de connaissance

📌 Idée principale : La certitude scientifique n’est ni illimitée ni universelle. Elle est valable
dans des cadres précis, définis par les conditions mêmes de la connaissance scientifique. La
science ne prétend pas tout expliquer : elle est certaine dans son domaine, mais
strictement limitée par ses conditions de possibilité.

🖋 Emmanuel Kant – Critique de la raison pure

👉 Idée centrale (développée) :


Kant cherche à comprendre comment la science est possible et jusqu’où elle peut être
certaine. Il montre que la science ne tire pas sa certitude uniquement de l’expérience, mais de
la structure même de l’esprit humain. L’esprit ne se contente pas d’enregistrer passivement
les phénomènes : il organise l’expérience grâce à des formes a priori.

Ces formes a priori sont :

 les formes de la sensibilité : l’espace et le temps, qui conditionnent toute perception ;


 les catégories de l’entendement (comme la causalité, la substance, la quantité), qui
permettent de penser les phénomènes de manière rationnelle.

Grâce à ces structures universelles, la science peut produire des lois nécessaires et
universelles : c’est pourquoi la physique newtonienne, par exemple, atteint un haut degré de
certitude. La science est donc objectivement valable, car tous les esprits humains organisent
l’expérience selon les mêmes règles.

Cependant, cette certitude est strictement limitée. Elle ne vaut que pour les phénomènes,
c’est-à-dire pour la réalité telle qu’elle apparaît à un sujet connaissant. Kant affirme qu’il est
impossible d’avoir une connaissance scientifique des choses en soi, c’est-à-dire de la réalité
indépendante de nos modes de connaissance. Dès lors, toute prétention de la science à
expliquer l’absolu, l’essence ultime du réel ou ce qui dépasse l’expérience est illégitime.

Ainsi, Kant opère une double thèse :

 la science est légitime et certaine dans son domaine ;


 mais elle est radicalement limitée à ce domaine.

💡 Concept-clé : phénomène / chose en soi


La certitude scientifique porte sur le monde tel qu’il apparaît selon les formes de l’esprit
humain, non sur la réalité telle qu’elle est indépendamment de toute expérience.

➡️Exemple : La physique décrit avec précision les lois du mouvement des corps dans
l’espace et le temps, mais elle ne peut pas dire ce qu’est la réalité « en soi », indépendamment
de toute perception humaine.

🖋 Max Weber – Le savant et le politique

👉 Idée centrale : Max Weber s’interroge sur ce que la science peut légitimement produire
comme certitude. Selon lui, la science moderne est capable d’atteindre une objectivité
rigoureuse, à condition de respecter une séparation stricte entre les faits et les valeurs. La
certitude scientifique porte donc sur la description, l’explication et la compréhension des
phénomènes, mais non sur leur sens ou leur valeur.

Weber affirme que la science explique les moyens : elle établit des relations causales, met en
évidence des mécanismes et permet de prévoir les conséquences de certaines actions. En
revanche, elle est structurellement incapable de déterminer les fins, c’est-à-dire ce qu’il faut
vouloir, préférer ou juger comme désirable. Ces choix relèvent de convictions personnelles,
culturelles ou existentielles, non de la science.

C’est pourquoi Weber défend le principe de neutralité axiologique : le savant doit suspendre
tout jugement de valeur dans son travail scientifique. La science gagne ainsi en rigueur et en
fiabilité, mais au prix d’une limitation de son champ de certitude. Lorsqu’elle prétend
répondre aux questions de valeur, elle sort de son domaine et perd sa légitimité.

Ainsi, la certitude scientifique est réelle mais partielle : elle est valable pour l’analyse
objective des faits, mais elle ne peut fonder ni une morale, ni une vision du monde globale.

💡 Concept-clé : neutralité axiologique : La science doit se limiter à l’étude objective des faits
et s’abstenir de tout jugement de valeur, afin de garantir la validité de ses résultats.

➡️Exemple :
La science peut expliquer comment produire de l’énergie nucléaire, en évaluer les effets et les
risques, mais elle ne peut pas décider s’il faut ou non l’utiliser : cette décision relève de choix
politiques ou personnels.

C. Une certitude fiable pour l’action, sans être absolue

📌 Idée principale : Même sans fournir de certitudes absolues, la science produit des
connaissances suffisamment fiables pour guider l’action humaine. Sa valeur ne tient pas à
son infaillibilité, mais à son efficacité pratique, à sa capacité à résoudre des problèmes
concrets et à s’adapter aux situations nouvelles.

🖋 John Dewey – Logique : la théorie de l’enquête

👉 Idée centrale : Pour John Dewey, la science n’est pas une recherche de vérités éternelles,
mais une enquête (inquiry) destinée à répondre à des problèmes concrets rencontrés dans
l’expérience. Une connaissance scientifique est valable non parce qu’elle serait absolument
vraie, mais parce qu’elle fonctionne, c’est-à-dire qu’elle permet d’agir efficacement sur le
réel.

La certitude scientifique est donc opératoire et provisoire : une théorie est tenue pour vraie
tant qu’elle produit des résultats satisfaisants et qu’elle permet de résoudre les difficultés
auxquelles elle est confrontée. Lorsqu’elle cesse d’être efficace, elle doit être modifiée ou
abandonnée. La science progresse ainsi par ajustements successifs, en fonction des besoins
pratiques.

💡 Concept-clé : vérité comme efficacité

➡️Exemple : une théorie médicale est considérée comme valide tant qu’elle permet de
soigner efficacement les patients et de réduire la souffrance ou la mortalité.
🖋 Hannah Arendt

👉 Idée centrale : Hannah Arendt souligne que la science transforme profondément le monde
humain en fournissant des moyens techniques de plus en plus puissants. Cependant, elle
rappelle que la certitude scientifique ne peut jamais remplacer le jugement humain. La
science dit ce qui est possible, mais elle ne décide pas de ce qui doit être fait.

Ainsi, même lorsque la science est fiable et efficace, son usage implique une responsabilité.
Les connaissances scientifiques offrent des moyens d’action, mais leur mise en œuvre relève
toujours de décisions humaines, situées historiquement et politiquement. La certitude
scientifique ne dispense donc pas de la réflexion : elle accroît au contraire l’exigence de
discernement. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Alfred Nobel Dynamite.

💡 Concept-clé : responsabilité du savoir

➡️Exemple : les progrès scientifiques dans les domaines du nucléaire ou des biotechnologies
fournissent des moyens puissants d’action, mais exigent un débat et un choix responsables
quant à leur usage.

Conclusion
🔎 Synthèse : La science ne fournit pas des certitudes absolues, définitives et indiscutables.
L’histoire et la philosophie des sciences montrent qu’elle progresse par hypothèses, modèles
et remises en question constantes. Ses théories sont provisoires, dépendantes de cadres
conceptuels et parfois limitées par la nature même du réel ou par les conditions de la
connaissance humaine.

🧠 Réponse à la problématique : Pour autant, la science n’est ni arbitraire ni incertaine. Elle


produit une forme spécifique de certitude, rationnelle, méthodique et critique. Cette
certitude est valable dans des domaines précis, fondée sur la cohérence théorique,
l’expérimentation, la falsifiabilité et l’efficacité pratique. La science est donc certaine sans
être absolue : sa force réside précisément dans sa capacité à reconnaître ses limites et à se
corriger.

🚪 Ouverture possible : À l’époque contemporaine, marquée par l’essor de l’intelligence


artificielle, des biotechnologies et des sciences prédictives, la question se renouvelle :
comment articuler la fiabilité scientifique avec la responsabilité humaine, lorsque les savoirs
deviennent toujours plus puissants sans jamais être infaillibles ?

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