Probabilités
Probabilités
Chapitre
2
dénombrements
L’analyse combinatoire est l’étude mathématique de la manière de ranger des objets. Dans
ce chapitre nous allons développer quelques techniques et méthodes pour dénombrer
(sans vraiment compter directement) des dispositions que l’on peut former à l’aide des
éléments d’un ensemble fini.
I Principe de multiplication
Principe : Soit ξ une expérience qui comporte 2 étapes : la 1rè qui a p 1 résultats possibles
et chacun de ces résultats donne lieu à p 2 résultats possibles lors de la 2ème étape. Alors
l’expérience ξ a p 1 × p 2 résultats possibles.
Remarque 11
Le principe multiplicatif peut s’énoncer ainsi : si un événement A peut se produire
de p façons possibles et si un événement B peut se produire de q façons possibles,
alors la réalisation de A suivie de B peut se produire de p × q façons possibles.
Remarque 12
Le principe de multiplication se généralise au cas où l’expérience ξ comporte n
étapes. Le nombre de résultats possibles est alors :
p1 × p2 × · · · × pn
Exemple 7
1. On lance une pièce de monnaie deux fois successivement. Combien y-a-t-il de
résultats possibles ?
2 × 2 = 22 .
2. On jette 2 dés identiques. Combien y-a-t-il de résultats possibles ?
6 × 6 = 62 .
Si une expérience ξ consiste à répéter n fois de façon indépendante une même expérience
ξ0 qui a p résultats possibles, alors ξ a p n = p × p × · · · × p issues possibles.
| {z }
n fois
33
2. Analyse combinatoire :
dénombrements
II Arrangements
1 Cardinal, ensemble dénombrable :
Définition 9
Un ensemble E est fini s’il est vide ou s’il existe un entier naturel n et une bijection
de {1, 2, · · · , n} dans E .
Si E 6= ∅ alors n est appelé cardinal de E , noté indifféremment Card(E ) ou |E |. Par
convention card(∅) = 0.
Exemple 8
1. Si E = {1, 2, · · · , n} alors Card(E ) = n.
2. Si E = {a, b, c, d } alors Card(E ) = 4.
Exemple 9
−{1, 2, 3, 4, 5, 6}, {a, b, c, d , f , g , h} et {¦, ¯, 4, ↑} sont des ensembles finis.
- N et Z sont infini dénombrables.
Exemple 10
1. Si E = {0, 1, 2, · · · , 9} alors :
- (1, 2, 3) est un arrangement de 3 éléments parmi 10.(1, 2, 3) ∈ E 3 .
- (0, 9, 8, 9) est un arrangement de 4 éléments parmi 10.
- (1, 2, 1, 3, 4, 2) est un arrangement de 6 éléments parmi 10.
2. Si E = {a, b, c, d , e} alors :
- (e, b, c, a) est un arrangement de 4 éléments parmi 5.
- (b, a, c) est un arrangement de 3 éléments parmi 5.
- (d , a, b, a) est un arrangement de 4 éléments parmi 5.
Exemple 11
Si E = {a, b, c, d } alors - abc, bac, c ab, bcd , d c a sont des arrangements de 3 éléments
parmi 4.
- abcd, abdc, bacd, dbca sont des arrangements de 4 éléments parmi 4.
- aab n’est pas un arrangement de 3 éléments parmi 4.
Exemple 12
Soit E = {a, b, c, d }. Calculons le nombre d’arrangements de 3 éléments parmi 4 . On
a:
- 4 possibilités pour choisir le 1ìr élément.
- 3 possibilités pour choisir le 2ème élément.
- 2 possibilités pour choisir le 3ème élément.
Par suite, le nombre d’arrangements de 3 éléments parmi 4 est :
4 × 3 × 2 = 24.
p
Le nombre d’arrangements et le symbole A n :
Soit n ∈ N\{0}.
On appelle factoriel n et on note n ! le nombre
n! = n × (n − 1) × (n − 2) × · · · × 2 × 1.
Par convention, 0! = 1.
p
Notation On note An l’ensemble des arrangements de p éléments d’un ensemble de
p ¡ p¢
cardinal n, et A n = Card An .
Théorème II.1
Soient n ∈ N\{0} et p ∈ N. Alors on le nombre d’arrangements de p éléments d’un
ensemble de cardinal n est
0 si p > n
p
An = n!
= n × (n − 1) × (n − 2) · · · × (n − (p − 1)) si p ≤ n.
(n − p)!
Exemple 13
Tirage successif sans remise (échantillon exhaustif ) :
Soit une urne contenant n boules. Tout tirage successif sans remise de p boules (
p ≤ n ) est un arrangement de p éléments parmi n.
Exemple 14
1. Nous avons 3 enfants. De combien de façons différentes peuvent-ils s’asseoir sur
un banc de deux places ?
Chaque façon de s’asseoir est un arrangement de 2 éléments parmi 3 . Le nombre de
possibilités est donc A 23 = 3 × 2 = 6.
2. On veut former des nombres de trois chiffres différents parmi les chiffres :
2, 3, 5, 6, 7. Combien a-t-on de possibilités ?
Chaque nombre est un arrangement de 3 éléments parmi 5 . Le nombre de
possibilités est donc A 35 = 5 × 4 × 3 = 60.
A 36 = 6 × 5 × 4 = 120.
4 Permutations :
Définition 13
Soit E un ensemble de cardinal n. On appelle permutation tout arrangement des
n éléments de E . De l’étude des arrangements, on déduit immédiatement que le
nombre de permutations d’un ensemble E de cardinal n est A nn = n!, et que toute
permutation s’identifie à une bijection : {1, 2, · · · , n} → E .
Exemple 15
1. De combien de façons peut-on repartir 7 personnes sur 7©chaises ? ª
Désignons par p 1 , p 2 , · · · , p 7 les 7 personnes et posons E = p 1 , p 2 , · · · , p 7 . Une ré-
partition peut se voir comme un arrangement des 7 éléments de E c’est-à-dire une
permutation de E , il y en a
7! = 5040
2. Combien y-a-t-il de nombres à trois chiffres choisi parmi les chiffres 1, 2, 3 ?
Chaque nombre est une permutation de ces trois chiffres. Il y en a donc 3! = 3×2×1 =
6.
Remarque 14 (Importante)
Dans la pratique du calcul des probabilités, l’arrangement sans répétition (échan-
tillon exhaustif) correspond au tirage sans remise, alors que l’arrangement avec
répétition (échantillon non exhaustif) correspond au tirage avec remise.
III Combinaisons :
1 Définition et exemples :
Définition 14
Soit E un ensemble de cardinal n et p un entier naturel tel que 0 ≤ p ≤ n. On appelle
combinaison de p éléments de E toute partie de E de cardinal p.
Exemple 16
Si E = {a, b, c, d } alors les parties {a, b}, {a, c} et {d , c}{d , a} sont des combinaisons de
deux éléments de E . les parties {a, b, c}, {a, c, d } et {d , c, b}{b, d , a} sont des combinai-
sons de 3 éléments de E .
Remarque 15
Il est essentiel de noter que dans une Combinaison :
- on ne tient pas compte de l’ordre, les parties {a, b, c}, {c, a, b} et {b, c, a} sont les
mêmes (autrement dit, deux parties contenant les mêmes éléments définissent la
même combinaison).
- les éléments sont deux à deux distincts.
p
Notation On note C n le nombre de combinaisons de p éléments parmi n.
Théorème III.1
Pour tout entier n on a
0
si p > n
p p
Cn = n! An
= si p ≤ n.
p!(n − p)! p!
Exemple 17
1. Soit E = {a, b, c, d }. Le nombre de parties de E contenant 2 éléments est C 42 = 6. Le
nombre de parties de E contenant 3 éléments est C 43 = 4.
4
2. De combien de façons différentes peut-on choisir 4 étudiants parmi 10 ? C 10 façons
différentes.
3. Combien de groupes de 4 élèves peut-on former d’une classe de 30 élèves ? Chaque
groupe possible est une combinaison de 4 éléments parmi 30 . Le nombre de groupes
4
possibles est : C 30 = 27405.
Exemple 18
Quand on effectue un tirage simultané (au même temps) de p boules d’une urne qui
contient n boules (p ≤ n) alors toute possibilité est une combinaison de p éléments
parmi n.
4 1. Développer (1 + 1)n .
2. Développer (1 − 1)n .
3. Séparer la somme précédente en distinguant k pair et k impair.
4. Développer (1 + x)n , puis dériver et évaluer en x = 1.
Exemple 19
Quel est le nombre de parties de l’ensemble E = {a, b, c, d } ?
- Nombre de parties vides : C 40 = 1 (l’ensemble ∅ ).
- Nombre de parties ayant un élément : C 41 = 4.
- Nombre de parties ayant 2 éléments : C 42 = 6.
- Nombre de parties ayant 3 éléments : C 43 = 4.
- Nombre de parties ayant 4 éléments : C 44 = 1 (l’ensemble E lui même).
Ainsi, le nombre cherché est : C 40 +C 41 +C 42 +C 43 +C 44 = 24 = 16.
Remarque 17
Le nombre de parties d’un ensemble E de cardinal n est 2n , ce qui se montre direc-
tement avec la bijection
P (E ) −→ {0, 1}E
A 7−→ 1 A .
Les probabilités sont une branche des Mathématiques dont l’objet est l’étude des phé-
nomènes aléatoires ou non déterministes. Historiquement, il s’agit essentiellement des
jeux de hasard et des problèmes d’espérance de vie pour des calculs de rente. L’approche
mathématique des ces problèmes n’apparaît réellement qu’au 17mèe siècle avec Blaise
Pascal et Pierre de Fermat qui entretenaient des correspondances sur des problèmes des
jeux du hasard en 1654 en se confrontant au problème suivant : pourquoi en jetant 3 dés
obtient-on plus souvent la somme 11 que la somme 10 alors que
pour 11 : 146, 236, 155, 335, 443, 245
pour 12 : 156, 246, 255, 345, 336, 444.
Il va sans dire que les questions ayant traits au hasard (ou à certaines "tentatives de le
mesurer") sont nettement antérieures à cette époque ; les philosophes grecs s’occupaient
de toutes les questions imaginables et donc bien sûr des problèmes de hasard et de déter-
minisme.
Au début du 18ème siècle, influencés par les travaux de Pascal et Fermat, des chercheurs
comme Jacques Bernoulli 1 1713, Abraham De Moivre 1718, Christian Huygens 1657,
Thomas Bayes 1763 et Pierre-Simon de Laplace 1812 ont réalisé de nombreuses avancées.
L’élaboration d’un cadre mathématique rigoureux est très récente et elle est due à Kolmo-
gorov 2 , qui a axiomatisé le calcul des probabilités (fondements du calcul des probabilités
1933) et a permis en particulier l’utilisation de la théorie de la mesure. Ainsi bien établie, la
théorie des probabilités trouve actuellement des applications dans plusieurs domaines
allant de la musique à la physique et dans l’expérience quotidienne, de la prédiction de
climat à la prédiction des risques de nouveaux traitements médicaux.
40
3. Espace de probabilités
Exemple 20
Lancé d’un dé, d’une pièce de monnaie, d’une fléchette en direction d’une cible,
choix d’une carte dans un jeu de cartes, attente d’une rame de tramway, prélever
des boules dans une urne, observer la position d’une particule dans un liquide, . .
Définition 16
On appelle univers, l’ensemble noté Ω de tous les résultats possibles d’une
expérience aléatoire.
Toute partie de Ω s’appelle événement.
Un événement est dit élémentaire s’il contient un seul élément.
Exemple 21
- On lance une pièce de monnaie 1 fois : Ω = {F, P }. Les événements de Ω sont :
∅, Ω, {F } et {P }.
- On lance une pièce de monnaie 2 fois : Ω = {F F, F P, P F, P P } , et ∅, Ω, {F F }, {F P, P P },
{F F, F P, P F } sont des événements de Ω.
- Jet d’un dé 1 fois : Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}, et A = {1, 3, 5}, B = {2, 4, 6},C = {3, 6}, sont des
événements de Ω.
- Jet d’un dé 2 fois : Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}2 .
Soit l’événement A : " la somme obtenue est supérieure ou égale à 11 ". On a
Soit l’événement B : " la somme obtenue est divisible par 3 et par 4 ". On a
B = {(6, 6)}
Vocabulaire :
Ω s’appelle l’événement certain.
∅ s’appelle l’événement impossible
Un événement est dit réalisé si le résultat de l’expérience aléatoire lui appartient.
Soient A et B deux événements.
L’événement A ∩ B est réalisé si A et B sont réalisés à la fois.
L’événement A ∪ B est réalisé si A est réalisé ou B est réalisé ou A ∩ B est réalisé.
On dit que A et B sont incompatibles (i.e. ne se réalisent pas simultanément) si
A ∩ B = ∅.
L’événement contraire d’un événement A, noté Ā, est l’événement qui se réalise si
l’événement A n’est pas réalisé
Définition 17
Soit Ω un ensemble quelconque. On appelle tribu ou σ-algèbre sur Ω toute partie
B ⊂ P (Ω), (l’ensemble des parties de Ω ), vérifiant les propriétés suivantes :
Ω∈B
Exemple 22
−P (Ω) est une tribu.
- Si Ω un ensemble et A une partie propre de Ω alors B = {∅, Ω, A, Ā} est une tribu.
Ainsi définis, les événements d’une épreuve aléatoire E forment une tribu sur Ω (qui
contient tous les événements élémentaires). D ’où la définition suivante :
Définition 18
On appelle espace probabilisable lié à l’expérience aléatoire E le couple (Ω, B) où Ω
est l’univers des résultats de E et B ⊂ P (Ω) la tribu des événements liés à E .
Un cas particulier très important : Si Ω est un ensemble fini ou infini dénombrable,
la tribu des événements est nécessairement égale à P (Ω) tout entier.
Remarque 18 (Importante)
Si Ω = R on considère toujours la tribu Borélienne B (engendrée par les ouverts
] − ∞, a[, a ∈ R ) et ne peut pas prendre B = P (R). L’inclusion B ⊆ P (R) étant stricte
puisqu’il y a des parties de R qui ne sont pas des boréliens.
Exemple 23
Si nous effectuons n lancers de la pièce et que n F représente le nombre de fois
où la pièce donne face, alors nous pouvons, pour n’importe quel n, considérer la
nF
proportion . À mesure que n devient de plus en plus grand, nous nous attendons
n
nF 1
à ce que le rapport devienne de plus en plus proche de . Cela suggère de définir
n 2
la probabilité P (F ) d’obtenir face comme :
nF
P (F ) = lim .
n→∞ n
2 Définition et exemples :
Définition 19
Soit (Ω, B) un espace probabilisable. On appelle probabilité sur(Ω, B) toute appli-
cation P : B → [0, 1] satisfaisant aux axiomes suivants :
(i) P (Ω) = 1 (totalité)
(ii) Pour toute suite (A n )n∈N d’événements deux à deux incompatibles i.e.
µ ∞ ¶ ∞
2
(∀(i , j ) ∈ N , i 6= j ⇒ A i ∩ A j = ∅ : P
¢ [ X
An = P (A n ) (σ-additivité )
n=0 n=0
Exemple 24
Soient (Ω, B) un espace probabilisable et x ∈ Ω. L’application
(
1 si x ∈ A
δx (A) =
0 si x ∉ A
Remarque 19
P n’est pas déterminée de façon unique par le couple (Ω, B). Par exemple si l’on
jette une pièce de monnaie normale ou si l’on jette une pièce truquée, l’espace
probabilisable est le même dans les deux cas : Ω = {P, F }, B = P (Ω). Mais l’espace
probabilisé ne sera pas le même. Nous verrons que dans le premier cas on est conduit
1
à prendre P ({P }) = P ({F }) = , et dans le deuxième cas P ({P }) = p et P ({F }) = 1 − p.
2
Propostion 3
Soit P une probabilité sur (Ω, B). Alors on a
1. P (∅) = 0.
2. ∀A ∈ B, P ( Ā) = 1 − P (A).
3. ∀A, B ∈ B, A ⊂ B ⇒ P (B \A) = P (B ) − P (A).
4. ∀A, B ∈ B, A ⊂ B ⇒ P (A) ≤ P (B ) (croissance de P ).
5. ∀A, B ∈ B, P (A ∪ B ) = P (A) + P (B ) − P (A ∩ B ) (additivité forte).
Démonstration :
∞
1. Supposons que P (∅) > 0 et considérons la suite ∀n ∈ N, A n = ∅. La somme
X
P (∅) ne
n=0
pourrait converger car son terme général ne tend pas vers zéro et la σ-additivité donne
∞
X
]0, 1] 3 P (∅) = P (∅) = +∞. Ce qui est impossible. Donc P (∅) = 0.
n=0
Autre preuve : P (A) = P (A ∪ ∅) = P (A) + P (∅) ⇒ P (∅) = 0.
3 Card(A)
P (A) = P ({2} ∪ {4} ∪ {6}) = P ({2}) + P ({4}) + P ({6}) = = .
6 Card(Ω)
it (Ω, P (Ω)) un espace probabilisable fini. L’hypothèse d’équiprobabilité (i.e. tous les
événements élémentaires ont la même chance d’être réalisé) définit une probabilité
P unique, donnée par
Card(A)
∀A ⊂ Ω, P (A) =
Card(Ω)
On dit alors que la probabilité P est uniforme et que tous les événements sont équipro-
bables. En fait, en pratique
nombre de cas favorables à la réalisation de A
P (A) =
nombre total de cas possibles
La relation dans le théorème précédent va nous permettre de calculer enfin des probabi-
lités en se servant de toutes les techniques de dénombrement décrites dans le chapitre
précédent.
Remarque 20
Comme on l’a signalé avant, il ne faut pas croire que sur un espace probabilisable fini
on ne définit que la probabilité uniforme. Ce pendant on peut définir des probabilités
qui ne sont pas uniformes. Considérons le jet d’une pièce de monnaie truquée telle
1 2
que P (F ) = et P (P ) = . Alors P est une probabilité non uniforme définit sur
3 3
l’espace probabilisable fini (Ω, P (Ω)) avec Ω={F, P }.
Exemple 25
On effectue un tirage successif sans remise de 2 boules, indiscernables au toucher,
d’une urne qui contient 3 boules rouges et 5 boules vertes. Calculer les probabilités
d’avoir :
A : "2 boules rouges"
B : "2 boules de même couleurs"
Puisque qu’on a un tirage successif sans remise, toute tirage possible est un arrange-
ment de 2 éléments parmi 8 .
L’univers des éventualités Ω compte Card(Ω) = A 28 = 8 × 7 = 56 éléments.
On a Card(A) = A 23 = 6 et Card(B ) = A 23 + A 25 = 26.
Card(A) 6
Comme l’hypothèse d’équiprobabilité est satisfaite, on a P (A) = = et
Card(Ω) 56
Card(B ) 26
P (B ) = = . On peut aussi calculer ces probabilités en utilisant l’arbre des
Card(Ω) 56
éventualités suivant :
1 Probabilité conditionnelle :
La notion de probabilité conditionnelle est la plus importante de toute la théorie des
probabilités. Elle s’introduit en particulier à chaque fois que pendant le déroulement
d’une expérience aléatoire une information partielle de "dernière minute" est fournie à
l’expérimentateur.
Prenons l’exemple du jet de deux dés parfaits et soit l’événement
A : "la somme des points obtenus est au moins égale à 10 ".
6 1
Il est clair que P (A) = 2 = .
6 6
Supposons que le 1ex dé amène un 3 (événement B ), face à cette situation l’expéri-
mentateur sait que A est irréalisable ( A et B sont incompatibles). Nous dirons que
la probabilité de A sachant que B est réalisé est nulle et nous écrivons P (A/B ) = 0,
qui se lit "probabilité de A sachant B ".
Supposons maintenant que le 1ex dé amène un 6 (événement C ), pour avoir au
moins 10 il faut que le 2ème dé amène 4,5 ou 6 . Il y a trois chances parmi 6 . Nous
3
écrivons P (A/C ) = .
6
Définition 20
Soient (Ω, B, P ) un espace probabilisé et B un événement de probabilité non nulle.
Soit A un événement quelconque. On appelle probabilité de A sachant que B est
réalisé, le nombre noté P (A/B ) ou encore P B (A) défini par :
P (A ∩ B )
P (A/B ) = .
P (B )
Propostion 4
0 ≤ P (A/B ) ≤ 1.
L’application A 7−→ P (A/B ) est une probabilité sur l’espace probabilisable
(Ω, B).
P (A 1 ∪ A 2 /B ) = P (A 1 /B ) + P (A 2 /B ) si A 1 ∩ A 2 = ∅.
P ( Ā/B ) = 1 − P (A/B ) .
Soit w ∈ Ω. On a
1
P ({w}/B ) = si w ∈ B
Card(B )
P ({w}/B ) = 0 si w ∉ B
La probabilité P (·/B ) n’est donc pas uniforme sur (Ω, P (Ω)).
Exemple 26
On extrait sans remise 2 cartes d’un jeu de 32. La première carte tirée est un roi.
Quelle est la probabilité que la 2ème carte soit aussi un roi ?
On considère les deux événements
et
R 2 : "la 2ème carte tirée est un roi".
Il s’agit de calculer P (R 2 /R 1 ).
A 24
P (R 1 ∩ R 2 ) A 232 3
P (R 2 /R 1 ) = = 4
= .
P (R 1 ) 32
31
3 1 1
P (A) = , P (B ) = et P (A ∩ B ) = .
8 2 4
Calculer P ( Ā/B̄ ).
P ( Ā ∩ B̄ ) 1 − P (A ∪ B ) 1 − P (A) − P (B ) + P (A ∩ B ) 3
P ( Ā/B̄ ) = = = = .
P (B̄ ) 1 − P (B ) 1 − P (B ) 4
Remarque 21
On écrit souvent la probabilité conditionnelle de la manière suivante :
P (A ∩ B ) = P (B ) × P (A/B ).
Cette formule s’appelle formule des probabilités composées et c’est sous cette forme
que le conditionnement sera le plus souvent utilisé. En fait dans un problème de
calcul des probabilités on pressentira la valeur de P (A/B ) ce qui fournira le calcul
de P (A ∩ B ).
Exemple 27
Considérons deux urnes U 1 et U 2 contenant chacune initialement 2 boules noires
et 3 boules blanches toute indiscernables au toucher. On tire un boule de l’urne U 1 ,
on note sa couleur et on la remet dans l’urne U 2 .
Quelle est la probabilité d’obtenir deux fois une boule noire ?
Considérons les deux événements :
N1 : "la boule tirée de U 1 est noire" et N2 : "la boule tirée de U 2 est noire".
Il s’agit donc de calculer P (N1 ∩ N2 ).
2
On a P (N1 ) = et sachant qu’on a tiré une boules noire de U 1 , l’urne U 2 va contenir
5
3
3 boules noires donc P (N2 /N1 ) = . D’après la formule des probabilités composées,
6
on a
2 3 1
P (N1 ∩ N2 ) = P (N1 ) × P (N2 /N1 ) = × = .
5 6 5
P (A 1 ∩ A 2 ∩ · · · ∩ A n−1 ) > 0.
Exemple 28
Soit une urne contenant 4 boules blanches et 3 boules noires. On tire une à une et
sans remise 3 boules de l’urne. Quelle est la probabilité que la 1ère boule tirée soit
blanche, la 2ème blanche et la 3ème noire ?
Avec le conditionnement : Notons B i l’événement "la i ème boule tirée est blanche"
et Ni l’événement "la i ìme boule tirée est noire". Il s’agit de calculer P (B 1 ∩ B 2 ∩ N3 ).
4 3 3 6
P (B 1 ∩ B 2 ∩ N3 ) = P (B 1 ) P (B 2 /B 1 ) P (N3 /B 1 ∩ B 2 ) = × × = .
7 6 5 35
- Par calcul directe :
A 24 A 13 6
P (B 1 ∩ B 2 ∩ N3 ) = = .
A 37 35
Remarque 22
Dans le cas particulier Ω = A ∪ Ā, A ∈ B avec P (A) > 0, la formule des probabilités
totales s’écrit
P (B ) = P (A)P (B /A) + P ( Ā)P (B / Ā).
C’est sous cette forme qu’elle sera le plus souvent utilisée.
Exemple 29
On considère une urne U 1 contenant 2 boules blanches et une boule noire et une
urne U 2 contenant une boule blanche et une boule noire toutes indiscernables au
toucher. On choisit une urne au hazard puis on prélève une boule dans cette urne.
Quelle est la probabilité de tirer une boule blanche ?
On considère les événements suivants :
1 2 1 1 7
P (B ) = P (A 1 ) P (B /A 1 ) + P (A 2 ) P (B /A 2 ) = × + × = .
2 3 2 2 12
3 La formule de Bayes :
Soient A et B deux événements de probabilité non nulle. En utilisant le conditionnement,
nous pouvons écrire
P (A ∩ B ) = P (B )P (A/B ) = P (A)P (B /A).
Nous en déduisons
P (A ∩ B ) P (A)P (B /A)
P (A/B ) = = .
P (B ) P (B )
Alors, on a la propriété suivante :
5 On prend un dé au hazard parmi un lot de 100 dés dont on sait que 25 sont pipés.
1
Pour un dé pipé, la probabilité d’obtenir 6 est . On lance le dé et si on obtient 6 on
2
relance ce dé une autre fois.
1. Quelle est la probabilité que ce dé soit pipé ?
2. On relance alors ce dé et on obtient à nouveau 6 . Quelle est la probabilité que ce dé
soit pipé ?
3. On relance alors ce dé n fois et on obtient à chaque lancer 6 . Quelle est la probabilité
que ce dé soit pipé ?
4. Déduire le comportement de cette probabilité quand n devient assez grand. Le
résultat est-il étonnant ?
Solution :
On considère l’événement T : "le dé est pipé".
On a Ω = T ∪ T̄ et T ∩ T̄ = ∅.
1. Soit l’événement S 1 : "obtenir 6 au 1èr lancer". Il s’agit de calculer P (T /S 1 ). D’après la
formule de Bayes on a
P (T )P (S 1 /T )
P (T /S 1 ) = ¡ ¢.
P (T )P (S 1 /T ) + P (T̄ )P S 1 /T̄
1 3 1 ¡ ¢ 1
Or P (T ) = , P (T̄ ) = , P (S 1 /T ) = et P S 1 /T̄ = . Ainsi, on a
4 4 2 6
1
4 × 21 1
P (T /S 1 ) = 1 1 3 1
= .
4
× + ×
2 4 6
2
1
4. lim P (T /S n ) = lim 1
= 1. Le résultat n’est pas étonnant puisque
n→∞ n→∞ 1 +
3n−1
Remarque 23
L’indépendance est une relation symétrique entre les événements.
Si P (A) = 0 ou P (B ) = 0 alors A et B sont indépendants.
A ne pas confondre indépendance (P (A ∩ B ) = P (A) × P (B )) et incompatibi-
lité (A ∩ B = ∅), d’ailleurs l’indépendance est une notion qui dépend de la
probabilité et donc s’exprime dans (Ω, B, P ), alors que l’incompatibilité est la
disjonction des événements et s’exprime donc dans (Ω, B).
Exemple 30
On jette un dé équilibré.
L’univers des éventualités est Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6} et (Ω, P (Ω), P ) est l’espace probabi-
lisé, P étant la probabilité uniforme.
Soient les événements suivant : A = {2, 4, 6}, B = {5, 6} et C = {5}. On a :
1 1 1 1 1
P (A) = , P (B ) = , P (C ) = , P (A ∩ B ) = , P (A ∩C ) = 0 et P (B ∩C ) =
2 3 6 6 6
On en déduit que A et B sont indépendants, mais B et C ainsi que A et C ne le sont
pas.
Propostion 6
Soient A et B deux événements d’un espace probabilisé (Ω, B, P ). Alors les proposi-
tions suivantes sont équivalentes :
A et B sont indépendants.
A et B̄ sont indépendants.
Ā et B̄ sont indépendants.
Ā et B sont indépendants.
Preuve :
Elle basée sur la relation A = (A ∩ B̄ )∪(A ∩B ) où la réunion est disjointe. (i) ⇒ (ii) la relation
A = (A ∩ B̄ ) ∪ (A ∩ B ) et l’additivité nous permettent d’écrire
P (A) = P (A ∩ B̄ ) + P (A ∩ B ) = P (A ∩ B̄ ) + P (A)P (B ).
Ce qui implique
P (A ∩ B̄ ) = P (A)P (B̄ ).
(ii) ⇒ (iii) Il suffit d’écrire B̄ = (B̄ ∩ Ā) ∪ (B̄ ∩ A). Ainsi, P (B̄ ) = P (B̄ ∩ Ā) + P (B̄ ∩ A). Ce qui
implique
P (B̄ ∩ Ā) = P ( Ā)P (B̄ ).
P (A ∩ B ) = P (A)P (B ).
5 Indépendance de n événements :
Définition 22
Soient A 1 , A 2 , · · · , A n n événements d’un espace probabilisé (Ω, B, P ).
On dit que ces événements sont deux à deux indépendants si
¡ ¢ ¡ ¢
∀i , j ∈ {1, 2, · · · , n}, i < j , P A i ∩ A j = P (A i ) P A j
Remarque 24
L’indépendance mutuelle entraîne l’indépendance des événements deux à deux et
la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant :
Exemple 31
On lance deux fois une pièce de monnaie équilibrée. On considère les événements
suivants :
A : "le premier jet a donné pile".
B : "la deuxième jet a donné pile".
C : "les deux jets ont donné le même résultat".
L’univers des éventualités est Ω = {F F, F P, P F, P P }, B = B(Ω) et P est la probabilité
uniforme. On a
1 1 1
P (A) = P (B ) = P (C ) = , P (A ∩ B ) = P (A ∩C ) = P (B ∩C ) = et P (A ∩ B ∩C ) = .
2 4 4
les événements A, B et C ne sont pas mutuellement indépendants c’est à dire
P (A ∩ B ∩C ) 6= P (A) × P (B ) × P (C )
IV Variables aléatoires :
1 Définition et exemples :
Définition 23
Soit (Ω, B, P ) un espace probabilisé. On appelle variable aléatoire réelle ( v.a.r) toute
application X de Ω dans R ayant la propriété suivante :
Pour tout intervalle I de R, I’ensemble X −1 (I ) = {w ∈ Ω : X (w) ∈ I } est un événement
de Ω.
Remarque 25
Si Ω est un ensemble discret (fini ou infini dénombrable) alors B = P (Ω) et toute
application X de Ω dans R est une v.a.r, ce sera pour nous le cas le plus fréquemment
rencontré.
Exemple 32
1. On lance une pièce de monnaie, l’univers associé est Ω = {F, P }. L’application
X : Ω → R définie par X (F ) = 0 et X (P ) = 1 est une v.a.r. L’ensemble des valeurs
de X est X (Ω) = {0, 1}.
2. Étant donné un événement A ∈ B. On appelle fonction indicatrice de l’événe-
ment A, la fonction notée 1 A : Ω → {0, 1} définie par
(
1 si w ∈ A
∀w ∈ Ω 1 A (w) =
0 si w ∉ A
Exemple 33
1. On jette deux dés. On pose Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}2 . On considère les deux applica-
tions :
X :Ω→R
(a, b) 7→ a + b et
Y :Ω→R
0
si a et b sont impairs
(a, b) 7→ 1 si a et b sont pairs
2
si non
X et Y sont deux v.a.r.
2. On considère le jet d’une fléchette. On pose Ω = R2 , l’application
X :Ω→R
q
(x, y) 7→ x 2 + y 2
Notations :
Il est d’usage en probabilité d’adopter les notations suivantes :
Exemple 34
1. Jet d’une pièce de monnaie : Ω = {F, P }.
Soit la v.a.r X : Ω → R définie par X (F ) = 1 et X (P ) = 0. On a X (Ω) = {0, 1} et donc X
est discrète.
X :Ω→R
q
(x, y) 7→ x 2 + y 2
Définition 25
Soit X une va.r discrète définie sur un espace probabilisé (Ω, B, P ). L’application
f : X (Ω) → [0, 1]
x 7→ f (x) = P (X = x)
La loi de probabilité d’une v.a.r discrète X est en général donnée sous forme d’un tableau.
Si X (Ω) est fini alors on pose X (Ω) = {x 1 , x 2 , · · · , x n }, la loi de X est
Exemple 35
1. On considère le jet d’une pièce de monnaie. L’univers des éventualités est Ω =
{F, P }.
La loi de probabilité de la va.r X : Ω → R telle que X (F ) = 1 est X (P ) = 0 est donnée
par le tableau suivant :
X (Ω) 0 1
P (X = x i ) 12 12
2. Jet d’une pièce de monnaie deux fois : Ω = {F F, F P, P F, P P }.
Soit la v.a.r X : Ω → R définie par X (w) = nombre de fois pile.
La loi de probabilité de X est donnée par le tableau suivant :
X (Ω) 0 1 2
1 1 1
P (X = x i ) 4 2 4
Toute application
X f positive sur une partie dénombrable A de R à valeurs dans R, qui
vérifie f (x) = 1, peut être considérée comme la loi de probabilité d’une v.a.r discrète
x∈A
dont l’ensemble des valeurs prises est A.
Soit X une v.a.r discrète. Posons X (Ω) = {x 1 , x 2 , · · · , x n , · · · }, en convenant de poser P (X = x i ) =
0 pour i assez-grand dans le cas où X (Ω) est un ensemble fini.
Définition 26
+∞
X
On dit que X possède une espérance mathématique si la série x i P (X = x i ) est ab-
i =0
+∞
X
solument convergente (i.e. si la série |x i | P (X = x i ) est convergente). On appelle
i =0
alors l’espérance mathématique de X , le nombre réel noté E (X ) défini par
+∞
X
E (X ) = x i P (X = x i )
i =0
Remarque 26
Si X (Ω) est fini, X possède toujours une espérance mathématique.
Définition 27
Soit X une va.r discrète ayant une espérance mathématique E (X ). Alors, avec les
notations précédentes, sous réserve de convergence de cette série.
Si X admet p une variance V (X ), alors on appelle écart-type de X le nombre réel
positif σ X = V (X ).
Remarque 27
1. Si X (Ω) est fini alors X possède toujours une variance.
2. Une va.r discrète ayant une espérance peut ne pas admettre une variance.
Exemple 36
On lance un dé équilibré. On propose le jeu suivant : on réalise un gain nul si l’on
obtient 1 , un gain de 1DH si l’on obtient 2, 3 ou 4 et un gain de 2DH si le résultat est
5 ou 6 . Soit X la v.a.r égale au gain obtenu.
1. Donner la loi de probabilité de X .
2. Calculer E (X ),V (X ) et σ(X ).
L’univers associé est Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}, l’espace probabilisable est (Ω, P (Ω), P ) avec
P la probabilité uniforme.
X (Ω) 0 1 2
1 3 2
P (X = x i ) 6 6 6
2.
2
X 1 3 2 7
E (X ) = i P (X = i ) = 0 × + 1 × + 2 × = ' 1.16.
i =0 6 6 6 6
2
(i − 1.16)2 P (X = i ) ' 0.472.
X
V (X ) =
i =0
p
σ(X ) = V (X ) ' 0.687.
Propostion 7
oient X et Y deux v.a.r ayant E (X ), E (Y ), V (X ) et V (Y ). Pour tout a, b ∈ R on a :
1. E (a X + b) = aE (X ) + b.
2. V (a X + b) = a 2V (X ).
3. E (X + Y ) = E (X ) + E (Y ).
4. Si X et Y sont indépendantes alors E (X Y ) = E (X )E (Y ) et V (X +Y ) = V (X )+V (Y ).
Par conséquent, Si X est une v.a.r discrète ayant une espérance E (X ) et une variance V (X )
X − E (X )
alors en posant X ∗ = , on a
σ(X )
E X ∗ = 0 et V X ∗ = 1.
¡ ¢ ¡ ¢
6
Soient X une v.a.r¡ discrète¢ayant une espérance E (X ) et une variance V (X ) et a ∈ R.
1. Montrer que E (X − a)2 =¡V (X¢ ) + (E (X ) − a)2 (Théorème de Kœnig-Huyghens).
2. En déduire que : V (X ) = E X 2 − (E (X ))2 .
n n
E (X − a)2 = (x i − a)2 P (X = x i ) = (x i − E (X ) + E (X ) − a)2 P (X = x i )
¡ ¢ X X
i =0 i =0
n
n n
(x i − E (X ))2 P (X = x i ) + 2(E (X ) − a)
X X
= (x i − E (X )) P (X = x i )
i =0 i =0
| {z }
=0
n
+ (E (X ) − a)2
X
P (X = x i )
i =0
| {z }
=1
2
= V (X ) + (E (X ) − a) .
2. Il suffit de prendre a = 0.
3 Fonction de répartition :
Définition 28
Soit X une v.a.r définie sur un espace probabilisé (Ω, B, P ). On appelle fonction de
répartition de X la fonction numérique F définie sur R par :
∀x ∈ R, F (x) = P (X ≤ x).
Exemple 37
On reprend l’exemple 4.20
X (Ω) 0 1 2
1 3 2
P (X = x i ) 6 6 6
Soit X une v.a.r et F sa fonction de répartition. Alors F possède les propriétés suivantes :
1. F est croissante.
2. lim F (x) = 0 et lim F (x) = 1.
x→−∞ x→+∞
3. F est continu à droite en tout point de R.
4. F a une limite à gauche en tout point x de R et on a :
2 Loi uniforme :
Définition 30
On dit qu’une v.a.r X suit une loi uniforme discrète sur l’ensemble {1, 2, 3, · · · , n},
n ∈ N, si on a :
1. X (Ω) = {1, 2, 3, · · · , n}.
1
2. ∀k ∈ {1, 2, 3, · · · , n}, P (X = k) = .
n
On écrit alors : X ∼ U n .
Le modèle probabiliste :
On choisit au hazard (i.e. avec équiprobabilité) un objet parmi n numéroter de 1 à n et on
appelle X le numéro de l’objet choisi (pièce de monnaie, dé, ...).
X n
X 1 Xn n +1
E (X ) = xP (X = x) = kP (X = k) = k= .
x∈X (Ω) k=1 n k=1 2
n n + 1 2 (n + 1)(2n + 1) n + 1 2 n2 − 1
µ ¶ µ ¶
21
¡ 2¢ 2
X
V (X ) = E X − (E (X )) = k − = − = .
k=1 n 2 6 2 12
60
4. Lois discrètes classiques
3 Loi de Bernoulli :
Définition 31
Soit p ∈]0, 1[. On dit qu’une va.r X suit la loi de Bernoulli de paramètre p si
1. X (Ω) = {0, 1}.
2. P (X = 1) = p et P (X = 0) = 1 − p.
On note alors : X ∼ B (p) ou X ∼ B (1, p).
Le modèle probabiliste :
On lance une pièce où la probabilité d’amener pile (succès) est p ∈]0, 1[.
X est également le nombre de boule blanches obtenues en effectuant un tirage d’une boule
avec remise dans une urne contenant une proportion p de boules blanches. Une variable
de Bernoulli illustre plus généralement toute expérience n’ayant que deux issues possibles
et effectuée une seule fois.
E (X ) = 0(1 − p) + 1 × p = p.
V (X ) = (0 − p)2 (1 − p) + (1 − p)2 p = p(1 − p).
Représentation graphique :
4 Loi binomiale :
Définition 32
Soient n ∈ N et p ∈ [0, 1]. On dit qu’une va.r X suit la loi binomiale de paramètres n
et p si
1. X (Ω) = {0, 1, 2, · · · , n}.
2. ∀k ∈ {1, 2, 3, · · · , n}, P (X = k) = C nk p k (1 − p)n−k .
On note alors : X ∼ B (n, p).
Le modèle probabiliste :
1. On considère une urne contenant deux catégories de boules : des boules blanches
en proportion p et des boules noires en proportion q = 1 − p.
Soit l’expérience aléatoire qui consiste à tirer n boules avec remise de cette urne.
Propostion 8
Si X ∼ B (n, p) alors on a
1. E (X ) = np.
2. V (X ) = np(1 − p).
Preuve :
1.
n n
kC nk p k (1 − p)n−k .
X X
E (X ) = kP (X = k) =
k=0 k=1
or
n! (n − 1)!
kC nk = k =n k−1
= nC n−1 .
k!(n − k)! (k − 1)!(n − 1 − (k − 1))!
Ainsi, on a
n n−1
k−1 k−1
(1 − p)n−k = np k
p k (1 − p)n−1−k = np.
X X
E (X ) = np C n−1 p C n−1
k=1 k=0
Pour n ≥ 2, on écrit
n
k(k − 1)C nk p k (1 − p)n−k
X
E (X (X − 1)) =
k=2
Or
(n − 2)!
k(k − 1)C nk = n(n − 1) k−2
= n(n − 1)C n−2 .
(k − 2)!(n − k)!
Ainsi,
n
k−2 k−2
E (X (X − 1)) = n(n − 1)p 2 (1 − p)n−k
X
C n−2 p
k=2
n−2
k
= n(n − 1)p 2 p k (1 − p)n−2−k
X
C n−2
k=0
2
= n(n − 1)p .
Par conséquent,
V (X ) = n(n − 1)p 2 + np − (np)2 = np(1 − p).
Si n = 1 alors X ∼ B (1, p) et on sait que V (X ) = p(1 − p).
Remarque 29
Si X ∼ B (n, p) alors n − X ∼ B (n, q = 1 − p). En fait,
le succès pour X est l’échec pour n − X . C’est pourquoi les tables de la loi binomiale
se limitent au cas où p ≤ 0.5.
Exemple 38
Une urne contient 6 boules rouges et 5 boules noires indiscernables au toucher. On
tire 10 fois successivement une boule avec remise. Quelle est la loi du nombre de
boules rouges obtenues ?
Ω = {R 1 , R 2 , R 3 , R 4 , R 5 , R 6 , N1 , N2 , N3 , N4 , N5 } , B = P (Ω) et P la probabilité uniforme.
Le succès ici est "obtenir une boule rouge". Soit S = {R 1 , R 2 , R 3 , R 4 , R 5 , R 6 }, on a
6
P (S) = .
11
Soit X la v.a.r µ prenant ¶ pour valeur le nombre de rouges obtenues.
6
Alors X ∼ B 10, .
11
Propostion 9 ¡ ¢
Soient X
¡ 1 et X¢ 2 deux variables indépendantes
¡ ¢ binomiales telles que X 1 ∼ B n 1 , p et
X 2 ∼ B n 2 , p , alors X 1 + X 2 ∼ B n 1 + n 2 , p .
Remarque 30
Cette proposition s’étend immédiatement à la somme
¡ ¢ d’un nombre fini de variables
aléatoires indépendantes de lois respectives B n i , p , (avec le même p pour toutes
ces lois).
5 Loi de poisson :
Définition 33
Soit λ > 0. On dit qu’une v.a.r X suit la loi de Poisson de paramètre λ si
1. X (Ω) = N.
λk
2. ∀k ∈ N, P (X = k) = e −λ .
k!
On note X ∼ P (λ).
Remarque 31
+∞
X
1. On vérifie facilement que P (X = k) = 1.
k=0
2. La loi de Poisson est la "loi limite" d’une loi binomiale lorsque p reste constant et
n tend vers +∞.
λ
¶ µ
En effet, soit λ = np. On considère une va.r X qui suit une loi binomiale B n, .
n
µ ¶k µ
λ λ n−k
¶
∀k ∈ {0, 1, 2, . . . , n}, P (X = k) = C nk 1−
n n
k
λ n(n − 1) · · · (n − k + 1) (n−k) log 1− nλ
³ ´
= × e
k! nk
λk −λ
−→ e quand n → +∞
k!
En pratique : On peut faire cette approximation lorsque p < 0; 1, n ≥ 30, et np < 15.
La loi de Poisson apparait donc lorsque l’on compte le nombre de succès au cours
d’un nombre d’épreuves très élevé, avec une probabilité p du succès très faible : c’est
la loi des "événements rares".
+∞ λk X λk
+∞
ke −λ = e −λ = e −λ λe λ = λ.
X
E (X ) =
k=0 k! k=1 (k − 1)!
¡ ¢ +∞X 2 −λ λk
E X2 = k e
k=0 k!
+∞ λk
(k(k − 1) + k)e −λ
X
=
k=0 k!
+∞ λk +∞
X −λ λk
k(k − 1)e −λ
X
= + ke
k=0 k! k=0 k!
+∞ λk
= e −λ +λ
X
k=2 (k − 2)!
= e −λ λ2 e λ + λ
= λ2 + λ
Par conséquent,
V (X ) = E X 2 − (E (X ))2 = λ
¡ ¢
Exemples d’application :
- Nombre de véhicules franchissant un poste de péage pendant une période de durée T .
- Nombre d’appels téléphoniques reçus par un standard pendant une période de durée T .
- Nombre de pièces défectueuses dans une livraison importante, la production étant de
bonne qualité.
- Nombre d’accidents pendant une période de durée T .
- Nombre d’œufs pondus au cours d’une ponte par certaines espèces animales.
Modèle probabiliste :
En pratique, la loi géométrique G (p) est suivie par une v.a.r X si :
1. X = le nombre de lancés nécessaires d’une pièce de monnaie pour avoir la 1ère
1
apparition de "face" avec p = la probabilité d’avoir "face" ( si la pièce est équilibrée).
2
Les lancés sont supposés être indépendants.
2. X = le nombre de tirages nécessaires pour avoir la 1ère apparition d’une boule
blanche lorsqu’on fait un tirage avec remise dans une urne contenant la proportion
p de boules blanches.
Propostion 10
Soit X ∼ G (p), p ∈]0, 1[. Alors on a
1 1−p
E (X ) = et V (X ) = .
p p2
+∞
x k a pour rayon de convergence 1 , et on a
X
La série entière
k=0
+∞ 1
xk =
X
∀x ∈] − 1, 1[: .
k=0 1−x
Or la somme d’une série entière de rayon R est de classe C ∞ sur ] - R, R[ et on peut dériver
terme à terme, ce qui donne dans notre cas
+∞ 1 +∞ 2
kx k−1 = k(k − 1)x k−2 =
X X
2
et .
k=1 (1 − x) k=2 (1 − x)3
Par suite, on a
+∞ 1 1
kp(1 − p)k−1 = p
X
E (X ) = =
k=1 (1 − (1 − p))2 p
¡ ¢ +∞
E X2 = k p(1 − p)k−1
X 2
k=1
+∞
(k(k − 1) + k)p(1 − p)k−1
X
=
k=1
+∞ +∞
k(k − 1)p(1 − p)k−1 + kp(1 − p)k−1
X X
=
k=2 k=1
+∞ +∞
k(k − 1)(1 − p)k−2 + p k(1 − p)k−1
X X
= p(1 − p)
k=2 k=1
1 1
= p(1 − p) 3
+p
(1 − (1 − p)) (1 − (1 − p))2
2(1 − p) p
= + 2.
p2 p
Par suite, on a
2(1 − p) p 1 1−p
V (X ) = E X 2 − (E (X ))2 =
¡ ¢
2
+ 2− 2= .
p p p p2
7 Lois multinomiales :
Définition 35
Soient d , n ∈ N∗ et p 1 , . . . , p d ∈ [0, 1]. On dit qu’une v.a.r X suit une loi multinomiale
de paramètres
n n et p 1 , . . . , p d si on a
1. X (Ω) = (n 1 , . . . , n d ) ∈ Nd : n 1 + · · · + n d = n} .
2.
n!
n1 nd
n1 ! . . . n ! p 1 × · · · × p d
pour (n 1 , . . . , n d ) ∈ Nd
d
P (X 1 = n 1 , X 2 = n 2 , . . . , X d = n d ) = tel que n 1 + · · · + n d = n,
0 sinon.
On note alors X ∼ M n, p 1 , . . . , p d .
¡ ¢
Modèle probabiliste :
Le contexte usuel d’apparition de cette loi est le suivant :
considérons une suite de n épreuves indépendantes (de n variables aléatoires X 1 , . . . , X n
chacune ayant d issues (valeurs) possibles {e 1 , . . . , e d } de probabilités respectives p 1 , . . . , p d .
Soit X le vecteur d -dimensionnel dont les coordonnées comptent le nombre ¡ d’occurrences
des issues correspondantes. La loi de X est alors la loi multinomiale M n, p 1 , . . . , p d .
¢
On constate ainsi d’une part que les lois multinomiales sont les généralisations à plus de 2
issues possibles des lois binomiales, d’autre part que les lois multinomiales apparaissent
naturement en Statistique : les n variables aléatoires X 1 , . . . , X n sont un échantillon d’une
loi discrète à support fini, le vecteur X est alors celui des effectifs empiriques. On remarque
que dans ce cas, la k-ième coordonnée de X s’écrit
n
X (k) = 1{ X i =e k }
X
i =1
ces lois qui sont des lois de vecteurs aléatoires (l’espérance est un vecteur, la variance est
une).
La loi binomiale négative de paramètres k et p est la loi du k-ième succès dans un schéma
de Bernoulli infini de paramètre p.
Pour k = 1, on retrouve la loi géométrique de paramètre p. On peut montrer que les écarts
entre les rangs de succès sont indépendants et tous de loi géométrique de paramètre p, et
que réciproquement la somme de k variables aléatoires indépendantes de loi G (p) a pour
loi Bi nneg (k, p).
9 Loi hypergéométriques
Définition 37
Soient n, N ∈ N∗ et p ∈ [0, 1] tels que N p ∈ N et n É N . On appelle loi hypergéomé-
trique de paramètres (N , n, p) la loi de probabilité discrète de support inclus dans N
vérifiant
C k C n−k
NP N(1−p)
n pour max(0, n − N(1−p) ) É k É min(n, N p ),
P (X = k) = C
N
0 sinon.
Considérons une urne contenant N p boules blanches et N(1−p) boules noires, soit au
total N boules. On tire au hasard n boules dans l’urne sans remise (c’est-à-dire qu’une
réalisation est une partie à n éléments de cette urne et qu’on suppose toutes les réalisations
équiprobables) et on note X le nombre de boules blanches correspondant. La variable
aléatoire X a pour loi H (N , n, p).
X : Ω −→ R
ω 7−→ X (ω)
Une variable aléatoire discrète prend ses valeurs dans un ensemble fini ou dénombrable
Exemple 39
lancé de dé, X (Ω) = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
nombre de photons émis par une source lumineuse pendant 1 s, X (Ω) = N.
Une variable aléatoire continue peut prendre une infinité non dénombrable de valeurs,
par exemple dans un intervalle ou sur tout R.
Exemple 40
taille des individus d’une population, X (Ω) = [0, M ].
temps d’attente à la poste, X (Ω) = R+ .
taux de cholestérol, X (Ω) = R+ .
poids à la naissance, X (Ω) = [0, m].
...
68
5. Probabilités continues
7 On jette un stylo sur une table, et on note X l’angle (non signé) entre 0 et π qu’il
forme avec le bord de la table. Quelle est la loi de X ? Comment
n π peut-on la représenter
πo
graphiquement ? Quelle est la probabilité de l’évènement ≤X ≤ ?
3 2
Définition 39). (Densité de probabilité)
Une variable aléatoire X est dite à densité lorsqu’il existe une fonction positive
f X : R → R+ telle que
Z b
P(a ≤ X ≤ b) = f X (x)d x pour tous a, b ∈ R, a ≤ b.
a
Remarque 32
on peut prendre a = −∞ ou b = +∞ dans cette formule.
Même terminologie que pour des distributions discrètes : dyssymétrie (skewness), moyenne,
variance, médian, mode, quantiles, etc.
Propostion 11
Si la fonction de répartition F X est dérivable, alors X est une variable a densité et sa
densité est la dérivée de F X :
f X = F X0
9 On jette un stylo sur une table, et on note X l’angle (non signé) entre 0 et π, qu’il
forme avec le bord de la table. Quelle est la fonction de répartition de la loi de X ?
Remarque 33
Si l’intégrale précédente n’est pas convergente, alors l’espérance de X n’est
pas définie.
E[X ] est une moyenne pondérée des valeurs que peut prendre X .
Propriétés de l’espérance
Propostion 12
Soient X et Y deux variables aléatoires et λ ∈ R un nombre réel, on a alors :
- E (λ) = λ.
- E (λX ) = λE (X ).
- E (X + λ) = E (X ) + λ.
- E (λ1 X + λ2 Y ) = λ1 E (X ) + λ2 E (Y )
2 Variance
Définition 42
Soit X une variable aléatoire continue de densité f X , sa variance est
Z
Var[X ] = E (X − E[X ]) = (t − E[X ])2 f X (t )d t
2
£ ¤
R
Z µZ ¶2
£ 2¤ 2 2
= E X − E[X ] = t f X (t )d t − t f X (t )d t ,
R R
La variance est un nombre positif, qui peut être infini même si l’espérance existe.
Définition 43
L’ écart-type d’une variable aléatoire X est la racine carrée de sa variance :
p
σ(X ) = Var(X )
Propostion 14
Soit X une variable aléatoire et λ ∈ R un nombre réel, on a alors :
- Var(λ) = 0.
- Var(X + λ) = V ar (X ).
- Var(λX ) = λ2V ar (X ).
3 Quantile
Définition 44). (Quantile)
Les quantiles d’une distribution f sont les valeurs permettant de diviser le support
de la distribution en intervalles de poids égaux.
Par exemple
2-quantile = median.
3-quantile = tercile.
4-quantile = quartile.
10-quantile = décile.
Les q-quantiles de la distribution f X de fonction de répartition F X sont les valeurs
−1 i
µ ¶
FX , i ∈ {1, . . . , q − 1}
q
I Loi uniforme
Définition 45
La loi uniforme sur un intervalle [α, β] est la loi de densité
1 si x ∈ [α, β],
f (x) = β−α
0 sinon.
On note X ∼ U ([α, β]) (" X suit la loi uniforme sur [α, β]").
Dans l’exemple du stylo qui tombe sur une table, il est raisonnable de supposer que l’angle
X suit la loi uniforme sur [0, π]. On aura donc par exemple :
π
π´ 1 1
Z
2
³
P X≤ = dx = ,
2 0 π 2
ou encore : π
³π π´
Z
2 1 1
P ≤X ≤ = dx = .
4 2 π
4
π 4
1 si x ∈ [α, β],
f X (x) = β−α
0 sinon,
et donc
0 si x ≤ α
x −α
F X (x) = si x ∈ [α, β],
β−α
1 si x ≥ β
76
6. Lois continues classiques
Preuve :
Soit X une variable aléatoire de loi uniforme sur [α, β]. On a
Z β 1
Z β 1
2
E[X ] = E X x2
£ ¤
x dx = dx
α β−α α β−α
¸β ¸β
x2 x 3
· ·
= =
2(β − α) α 3(β − α) α
β2 α2 β3 α3
= − = −
2(β − α) 2(β − α) 3(β − α) 3(β − α)
β2 − α2 (β − α) β2 + αβ + α2
¡ ¢
= =
2(β − α) 3(β − α)
(β − α)(β + α) β2 + αβ + α2
= =
2(β − α) 3
β+α
=
2
Var(X ) = E X 2 − E[X ]2
£ ¤
β2 + αβ + α2 β + α) 2
µ ¶
= −
3 2
β + αβ + α
2 2
β + 2αβ + α2
2
= −
¡ 3 ¡4
4 β2 + αβ + α2 3 β2 + 2αβ + α2
¢ ¢
= −
12 12
β2 − 2αβ + α2
=
12
(β − α)2
=
12
II Loi exponentielle
Définition 46
Soit a > 0 un réel. On dit que X suit la loi exponentielle de paramètre a si elle admet
la densité
ae −ax si x ≥ 0,
½
−ax
f X (x) = ae 1R+ (x) =
0 sinon.
La loi exponentielle est souvent utilisée pour modéliser la loi de temps d’attente ou de
durées de vie ( a est l’inverse du temps d’attente moyen).
Exemple 41
durée de vie d’une ampoule, d’un appareil électrique.
temps jusqu’au prochain tremblement de terre.
temps d’attente à la poste...
Preuve :
Soit X une variable aléatoire de loi exponentielle de paramètre a > 0.
X admet la densité
ae −ax si x ≥ 0,
½
−ax
f X (x) = ae 1 R+ =
0 sinon.
Calculons E(X ) : Z Z +∞
E(X ) = x f X (x)d x = xae −ax d x
R 0
11 Une machine à remplir les bouteilles est défectueuse : elle verse dans chaque
bouteille (de 75cL ) une quantité aléatoire de boisson comprise entre 0 et 1 litre. Soit Y
la quantité de boisson contenue dans la bouteille. Décrire sa loi.
Soit X la quantité de boisson versée par la machine. En l’absence d’autre précision, on
peut considérer que X suit une loi uniforme sur [0, 1]. On a
½
Y = X si X ≤ 0.75
Y = 0.75 si X > 0.75
Y n’est clairement pas une variable discrète (ses valeurs possibles correspondent à l’inter-
valle [0, 0.75]), et n’est pas non plus une variable à densité car P (Y = 0.75) = P (X > 0.75) =
0.25 6= 0. On dit que la loi de Y possède un atome en x = 0.75.
On peut calculer facilement la fonction de répartition de Y :
0 si t ≤ 0
F Y (t ) = t si 0 < t < 0.75
1 si t ≥ 0.75
1 x2
f X (x) = p e − 2 .
2π
La fonction de répartition correspondante n’a pas de formule simple. Dans les logiciels de
calcul numérique (Matlab, R, etc) cette fonction est implémentée sous le nom de normcdf
(Matlab) ou pnorm (R). Z x
1 t2
F X (x) = p e− 2 d t .
−∞ 2π
Propostion 17
Soit X une variable aléatoire suivant une loi normale centrée réduite, alors
E[X ] = 0 et Var(X ) = 1.
Preuve : Z
b 2 b
· ¸ µ ¶
1 2
− x2 1 − x2 1 − a2
2
− b2
2
1) E (X ) = p xe dx = p −e =p e −e
a 2π 2π a 2π
La densité de probabilité est définie sur R donc on va faire tendre les bornes a et b vers
l’infini et calculer la limite
a2 b2
lim e − 2 = 0 et lim e − 2 = 0 donc E (X ) = 0
a→−∞ b→+∞
Propostion 18
Soit X une variable aléatoire suivant une loi normale centrée réduite, alors
1) P (X < −a) = P (X > a)
2) P (−a < X < a) = 2P (X < a) − 1
Preuve :
1- Par symétrie de la courbe, le domaine sous la courbe à gauche de −a est égal au domaine
sous la courbe à droite de a donc P (X < −a) = P (X > a).
2- Là encore, on utilise la courbe P(−a < X < a) correspond à l’aire verte . C’est aussi l’aire
totale privée des parties bleues Or l’aire totale, c’est 1
Les parties bleues sont P(X < −a) et P(X > a) Ensuite on utilise le 1)
2 Loi normale N µ, σ2
¡ ¢
Définition 48
Soit µ et σ deux réels, on suppose σ 6= 0. On dit qu’une variable aléatoire X suit une
X −µ
Z=
σ
1 (x−µ)2
−
f X (x) = p e 2σ2 .
2πσ
On a E[X ] = µ et Var[X ] = σ2 .
Dans l’intervalle [µ−2σ, µ+2σ] (ou plus précisément dans [µ−1.96σ, µ+1.96σ]
) centré ¢autour de la moyenne µ, il y a 95% de la masse de la distribution
N µ, σ2
¡
12 poids à la naissance
Soit X la variable aléatoire représentant le poids d’un bébé à la naissance au Maroc.
On fait I’hypothèse que X suit une loi normale de moyenne µ = 3500 g et d’ écart-type
σ = 500 g. Quelle est la probabilité qu’un enfant ait un poids inférieur à 3.1 kg à la
naissance ?
On commence par standardiser X en posant
X −µ
Z=
σ
On a alors
X − µ 3100 − µ
· ¸
P[X ≤ 3100] = P ≤
σ σ
· ¸
3100 − 3500
=P Z ≤
500
= P[Z ≤ −0.8] = 1 − P[Z ≤ 0.8]
' 1 − 0.7881 = 0.2119.
2 Loi jointe
Définition 50
Si un couple (X , Y ) de variables aléatoires a une loi continue, on définit sa densité
jointe comme la fonction f X ,Y : R2 → R telle que
Z bZ d
P[a ≤ X ≤ b; c ≤ Y ≤ d ] = f X ,Y (x, y)d xd y
a c
f X ,Y (x, y) = x + y pour 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ 1
85
7. Lois jointes
f X ,Y (x, y) = x + y pour 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ 1
4 Loi conditionnelle
Les probabilités conditionnelles peuvent être étendues aux variables aléatoires à densité :
f X ,Y (x, y)
f Y (y | X = x) =
f X (x)
f Y (y | X = x) f X (x) = f X ,Y (x, y) = f X (x | Y = y) f Y (y).
5 Variables indépendantes
Intuitivement, deux variables sont indépendants si la connaissance de l’une ne donne
aucune information sur la valeur de l’autre.
On lance deux dés. Soit X le résultat du premier et Y le résultat du second. Alors X et Y
sont indépendantes.
Définition 51
Deux variables aléatoires X et Y sont dites indépendantes si pour tout a, b,
P (X ≤ a, Y ≤ b) = P (X ≤ a)P (Y ≤ b).
Propostion 20
Une condition nécessaire et suffisante pour que deux variables soient indépendantes
est que leur densité jointe s’écrive
On a alors :
f Y (y | X = x) = f Y (y)
f X (x | Y = y) = f X (x)
E[X Y ] = E[X ]E[Y ]
6 Covariance
Définition 52
Soient X et Y deux variables aléatoires dont les variances sont définies.
La covariance de X et Y est
Var (X 1 ) Cov (X 1 , X 2 )
Cov (X 1 , X 3 ) · · · Cov (X 1 , X n )
Cov (X 1 , X 2 ) Var (X 2 ) Cov (X 2 , X 3 ) · · · Cov (X 2 , X n )
Γ(X) =
Cov (X 1 , X 3 ) Cov (X 2 , X 3 ) Var (X 3 ) · · · Cov (X 3 , X n ) .
.. .. ..
. . .
Cov (X 1 , X n ) Cov (X 2 , X n ) Cov (X 3 , X n ) · · · Var (X n )
A l’aide de ce résultat (et de quelques calculs !), on peut montrer que la loi de deux variables
de Poisson indépendantes de paramètres λ et µ est une loi de Poisson de paramètre λ + µ.
17 Soient X et Y deux variables indépendantes de lois uniformes sur [0, 1]. Calculer
la loi de Z = X + Y .
X et Y sont des variables à densité et f X (x) = f Y (x) = 1 si 0 ≤ x ≤ 1, 0 sinon.
Z est donc une variable à densité d’après la proposition et sa densité est donnée par
Z
f Z (z) = f X (x) f Y (z − x)d x.
R
N µ1 + µ2 , σ21 + σ22 .
¡ ¢
N nµ, nσ2 ,
¡ ¢
P
Xi
et donc la moyenne X̄ n = aura pour loi
n
σ2
µ ¶
N µ, .
n
Ce résultat est très important, il montre que la loi gaussienne est stable par moyenne, ce
qui explique en partie le Théorème Central Limite.
Soient Z = max(X, Y) et T = min(X, Y). Les applications Z et T sont des variables aléatoires.
Pour tout t ∈ R,
FZ (t ) = P(Z É t )
= P([X É t ] ∩ [Y É t ])
= P([X É t ]) · P([Y É t ]) Par indépendance
FZ (t ) = FX (t ) · FY (t ).
Par produit, FZ est continue sur R et de classe C 1 sur R sauf en un nombre fini de points
(noté D). Z est une variable aléatoire à densité. En effet, pour t ∈ R\D
fZ (t) = F0 Z (t) = FX 0 (t) · FY (t) + FX (t) · FY 0 (t) = fX (t)FY (t) + fY (t)FX (t).
La dernière égalité s’étend à tout réel t .