GUIDE PRATIQUE
D’ÉLABORATION
DU VOLET INONDATION
DU PLAN COMMUNAL
DE SAUVEGARDE
COMMENT
PRÉPARER SA COMMUNE
À FAIRE FACE AUX
INONDATIONS ?
REMERCIEMENTS
La Direction Générale de la Sécurité Civile et de la du SIDPC06, Thomas DUBIEZ de la mairie de Mont-
Gestion des Crises (DGSCSC) et la Zone de défense pellier, Julien DUMOUTIER et Bénédicte FAURE de
et de sécurité Sud sont à l'initiative de cet ouvrage Valence Romans Agglomération, Éric DUVERGER du
pour lequel ils ont mobilisé la Mission interrégio- SMAVD, Yann LABORDA et Pierre-Yves VALANTIN du
nale « Inondation Arc Méditerranéen ». SPC Grand Delta de la DREAL AURA, Patrice LAVOLÉ
du SDIS58, François PRADON et Christophe RATI-
Ils se sont appuyés pour sa réalisation sur l’Institut
NAUD de l'EMIZ Sud, Michel SACHER du CYPRES,
des Risques Majeurs (IRMa) et le Centre d'études
Mireille VASSOR du SM3A et Stéphane WATELLIER
et d'Expertise sur les Risques, l'Environnement, la
de la mairie de Toulouse.
Mobilité et l'Aménagement (Cerema).
Vous pouvez enrichir ce document en nous adres-
Chefs de projet et rédacteurs :
sant vos remarques, vos propositions de modifica-
Mathias LAVOLÉ (IRMa) et Pascal BELIN (Cerema).
tions et de mises à jour :
Rédacteurs : • à l’Institut des Risques Majeurs,
Ghislaine VERRHIEST-LEBLANC (MIIAM - DREAL Pro- 15 rue Eugène Faure, 38000 Grenoble,
vence-Alpes-Côte d'Azur), Philippe BLANC (DGSCGC), ou irma@[Link] ;
François GIANNOCCARO (IRMa).
• au Cerema, DREC/SVGC, CS 70499,
Ont apporté leur contribution active à ce projet par 13593 Aix-en-Provence CEDEX 3,
leurs réflexions et leurs observations : ou [Link]@[Link].
Bernard AIRENTI, Henry DE CHOUDENS, Guilhem
Les auteurs tiennent à remercier les élus, les experts,
DUPUIS, Sébastien GOMINET, Céline LESTIEVENT,
ainsi que les représentants de services techniques
Philippe MONDET et Philippe TROUTOT de l’IRMa,
de collectivités, d’associations ou de services de
Claude BARTHELON du service RTM de l’ONF,
l’État qui ont accepté de relire et d’enrichir ce cahier
Marie-Françoise BAZERQUE et Yves LESPINAT de
mais également la Direction Générale de la Préven-
la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur, Stéphanie
tion des Risques (DGPR) et le Service de défense,
BIDAULT du CEPRI, Jean-Frédéric BISCAY de l'En-
de sécurité et d'intelligence économique (SDSIE) du
tente Valabre, Sarah BRIERE et Bernard BRIZARD
ministère de la Transition Écologique et Solidaire, la
des DDT55 et DDT47, Sabine CAVELLEC, Hélène
Région Auvergne-Rhône-Alpes, la DREAL Auvergne-
DOLIDON, Paul GUERO, Christophe MOULIN et
Rhône-Alpes et le Conseil Départemental de l’Isère
Arnaud VILLATTE du Cerema, Jean-Marie COULOMB
qui ont soutenu ces travaux.
et Aude WITTEN du SCHAPI/DGPR, Aurore DENAMUR
P. 2 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
PRÉFACE
L’inondation est un des risques majeurs les plus Le dispositif de gestion de crise qu'il porte s'intègre
présents sur notre territoire. L'ampleur des impacts dans un outil dont l'utilité opérationnelle n'est plus
humains et matériels maintes fois constatée ces à prouver : le plan communal de sauvegarde (PCS).
dernières années nous oblige à intensifier notre Le PCS développe l'indispensable réponse de proxi-
préparation pour y faire face. mité qu'attendent nos concitoyens. Il s'articule avec
la réponse de l’État structurée au sein du dispositif
Ainsi, les mesures de prévention (aménagement,
ORSEC départemental, sous l'autorité du préfet.
urbanisme...) et l'information préventive des popu-
lations doivent être confortées sans relâche. Mais Ce guide participe à l’appui que nous devons aux
cette indispensable politique doit désormais être communes et aux intercommunalités pour dévelop-
complétée par une organisation de gestion de ces per ensemble la sauvegarde des populations.
phénomènes. Une réponse empirique ou excep-
tionnelle lorsque l’inondation survient ne suffit plus.
Il faut affermir nos organisations de gestion de crise Le Directeur Général de la Sécurité Civile
au profit des populations sinistrées. C'est l'objet et de la Gestion des Crises
de ce guide. Il propose aux maires, aux présidents
d'établissement public de coopération intercommu-
nale et à leurs équipes une méthode et des bonnes
pratiques issues de l'expérience pour faire face aux
inondations.
Alain THIRION
Il est né d’une initiative commune de la Direction
Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des
Crises et de la Zone de défense et de sécurité Sud
avec la Mission interrégionale « Inondation Arc
Méditerranéen » et les appuis experts de l’Institut
des Risques Majeurs et du Centre d’études et d’Ex-
pertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité
et l’Aménagement.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 3
Une zone inondable sera inondée, demain, dans Cette mission vise notamment à :
deux, dix ans ou plus, nous ne le savons pas, mais > f avoriser un travail multi-partenarial
cela arrivera. Il faut vivre avec ce risque. La question et interministériel ;
alors est de savoir comment réduire les impacts
>d évelopper des actions innovantes et
d’une inondation en gestion de crise. Cela suppose
concrètes pour améliorer la prévention
d’anticiper la gestion d’un évènement. L’enjeu de la
des inondations rapides ;
démarche d’élaboration d’un volet spécifique inon-
dation du Plan Communal de Sauvegarde (PCS) est >a nalyser la performance des démarches
de préparer cette anticipation. de gestion des risques mises en œuvre.
Les retours d’expérience des inondations majeures Face aux constats précités sur les PCS, et considé-
récentes témoignent par ailleurs tous du caractère rant les objectifs assignés à la MIIAM, la Direction
stratégique et bénéfique pour les collectivités d’avoir Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des
formalisé leur organisation au travers d’un PCS et crises (DGSCGC) et la Zone de Défense et de sécurité
de l’avoir testé dans une démarche d’amélioration Sud lui ont demandé de développer un guide tech-
continue. L’heure n’est donc plus au questionne- nique pour faciliter l’élaboration du volet « inonda-
ment sur l’intérêt du document, mais réellement à tion » des PCS pour les collectivités. La réalisation
l’optimisation du caractère opérationnel de celui-ci de ce guide a été rendue possible par un partenariat
et à son adaptation à des risques spécifiques tels entre la MIIAM-DREAL PACA, la Direction Générale
que les inondations. de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises
(DGSCGC), l’Institut des Risques Majeurs (IRMa) et le
Les inondations font partie des évènements de Centre d'études et d'Expertise sur les Risques, l'Envi-
sécurité civile qui peuvent être anticipés notam- ronnement, la Mobilité et l'Aménagement (Cerema).
ment grâce à la connaissance des phénomènes, de
leurs conséquences à l’échelle locale et aux infor- L’objectif du présent guide est d’aider les maires et
mations délivrées par les dispositifs de prévision leurs services à organiser au mieux la réaction com-
existants. Cette anticipation est la clé de voûte de munale face aux inondations, en anticipant et en
tout dispositif de gestion de crise. Anticiper pour hiérarchisant les mesures à prendre.
les inondations, notamment à cinétique rapide, cela Volontairement conçu de façon pragmatique et
veut dire agir avant que l’eau ne soit présente dans illustré d’exemples et de bonnes pratiques, il est à
les zones à enjeux. Une fois que le phénomène a la portée de toutes les communes quels que soient
débuté localement il est bien souvent trop tard pour leur taille et les moyens mobilisables en interne. Il
réagir, et l’on bascule très vite dans la phase de est un outil pratique pour réaliser en régie le volet
secours où l’objectif prioritaire est de préserver les « inondation » des PCS.
vies humaines. Pour disposer de temps afin de sau-
vegarder la population au niveau communal, il faut Ce guide est mis en ligne sur le site internet
donc avoir investi au préalable du temps en prépa- « mémento du maire » ([Link]
ration. C’est tout l’enjeu de la démarche d’élabora- [Link]/guide-PCS-inondation/) afin d’en
tion d’un volet inondation du PCS. faciliter la consultation, de permettre des mises à
jour régulières par l’IRMa, mais également de l’en-
Afin de contribuer à l’amélioration de la préven- richir d’exemples issus du terrain. N’hésitez pas à
tion et de l’anticipation des inondations, le préfet contribuer et nous faire part de vos remarques et
de Zone de Défense et de Sécurité (ZDS) Sud a mis d’exemples à valoriser.
en place depuis 2017 une « Mission Interrégionale
Inondation Arc Méditerranéen (MIIAM) », placée
auprès de la direction de la DREAL Provence-Alpes-
Côte d’Azur.
P. 4 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
> TÉMOIGNAGES
IMPORTANT Des maires et élus locaux ont vécu des inondations
Ce document vient en complément du guide et évoquent l’importance de se préparer à faire face
pratique d’élaboration du Plan Communal de aux inondations dans les PCS, d’après le guide du
Sauvegarde de 2005 auquel il se réfère pour CEPRI de 2011 « Pourquoi prévenir le risque d’inon-
l’organisation générale. Il a pour vocation dation : le maire et la réduction des conséquences
d’aider les acteurs locaux à développer ou à dommageables des inondations » :
optimiser le volet « inondation » de leur PCS.
>P
our être en capacité de mieux analyser
La première partie du guide précise les grands
les informations délivrées par les outils
principes d’un tel volet, la deuxième partie
d'anticipation et déterminer rapidement le
détaille, sous forme de fiches, la méthode
phénomène le plus probable.
d’élaboration. Les principes et les outils
Jean Paul Fournier, Sénateur, Maire de
décrits sont à adapter au contexte local et aux
Nîmes (Gard) : « Lors des inondations de
spécificités du territoire concerné. Le document
2005 la chute cumulée des précipitations a
n’aborde que la réponse d’urgence, la phase
engendré un débordement rapide du réseau
post-crise n’est pas traitée. Il apporte également
souterrain saturé. Une situation qui n’avait
des compléments non spécifiques au risque
pas été anticipée par les météorologues ».
inondation sur les outils de pilotage du poste
de commandement communal (Fiche F). >P
our mettre en œuvre le plan d'intervention
gradué correspondant.
Cyril Meunier, Maire de Lattes (Hérault) :
« Gérer la population dans ce type de situation,
POUR EN SAVOIR PLUS : ce n’est pas évident et il vaut mieux être organisé. »
Consulter les documents sur Plan >P
our s’adapter à la situation réelle.
Communal de Sauvegarde, le mémento Éric Doligé, Ancien Président du Conseil
« s’organiser pour être prêt » ou « le guide départemental du Loiret (45) : « Face aux
pratique d’élaboration » sur le site du conséquences inévitables des inondations,
ministère de l’Intérieur. anticiper c’est vital et s’adapter c’est capital. »
[Link]
Le-ministere/Securite-civile/
Documentation-technique/
Planification-et-exercices-de-Securite-
civile
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 5
SE PRÉPARER
DÉFINIR DÉTERMINER ÉTABLIR LE PLAN
LES SCÉNARIOS LE TEMPS D'INTERVENTION
POTENTIELS D'ANTICIPATION GRADUÉ
Identifier et Pour chaque
Déterminer phénomène, définir la
caractériser tous les
pour chacun des stratégie de réponse.
phénomènes possibles
phénomènes, les
pouvant générer des Définir les actions à
outils de prévision
inondations sur le mettre en œuvre pour
disponibles et la façon
territoire communal. réaliser cette stratégie
Comment de les exploiter.
Pour chaque et leurs niveaux de
faire ? Estimer le délai déclenchement.
phénomène, définir
d’anticipation possible
des niveaux de gravité Formaliser le plan
selon les phénomènes.
des conséquences. d’intervention gradué.
Éviter de se faire
surprendre par
rapport aux Disposer de la
phénomènes deuxième base de Disposer d’une trame
possibles. travail nécessaire chronologique d’aide
Disposer d’une pour organiser la à la décision en cas
Pourquoi première base montée en puissance d’évènement.
de travail pour du dispositif.
élaborer un plan
d’intervention gradué.
Construire un plan
Il est nécessaire
d’intervention gradué
Le nombre de de mettre en place
réaliste tenant compte
scénarios est une surveillance
des ressources de
fonction du contexte terrain pour disposer
la commune et des
Important communal. d’informations sur
délais de réalisation
la situation réelle.
des actions.
P. 6 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FAIRE FACE
CARACTÉRISER DÉPLOYER S'ADAPTER
L'ÉVÈNEMENT LA RÉPONSE À LA SITUATION
EN COURS OPÉRATIONNELLE
Analyser les Faire des points de
informations situation réguliers.
issues des outils Mettre en œuvre le Partager, croiser
d’anticipation et plan d’intervention et analyser les
de terrain. gradué adapté au
Comment informations
Déterminer quel scénario identifié. disponibles au sein de
faire ?
est le scénario le la commune et avec
plus probable. les autres acteurs.
Anticiper l’évolution
possible de la
situation. Disposer d’une
Déployer son stratégie partagée
organisation en et d’outils d’aide à Ajuster la réponse.
fonction du niveau la décision d’usage
Pourquoi
de risque identifié, simple pour tous.
des moyens et du
temps disponibles.
Suivre l’évolution Continuer d’anticiper
en temps réel de Agir plutôt que subir. malgré la gestion
la situation. en temps réel.
Important
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 7
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
CHAPITRE I. PRINCIPES DU VOLET INONDATION DU PCS . . . . . . . . 11
PARTIE 1 Pourquoi se préparer à faire face aux inondations ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
PARTIE 2 Par quels types d’inondation êtes-vous concernés ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
PARTIE 3 Comment réduire les impacts des inondations en gestion de crise ? . . . . . . 17
> 3.1 Définir les missions à mener en cas d’inondation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
> 3.2 Déterminer le moment de mise en œuvre des actions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
PARTIE 4 Comment agir par anticipation ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
> 4.1 Préparer sa gestion opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
> 4.2 Planifier les actions à mettre en œuvre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
> 4.3 Créer des outils adaptés pour les intervenants en gestion de crise . . . . . . . . . . . . . . 23
PARTIE 5 Comment mettre en place un volet « inondation »
dans son Plan Communal de Sauvegarde ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
> 5.1 Structurer les étapes du projet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
> 5.2 Impliquer les partenaires dans la démarche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
PARTIE 6 Comment garantir le caractère opérationnel du dispositif ? . . . . . . . . . . . . . 26
> 6.1 Favoriser l’appropriation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
> 6.2 Faire évoluer son dispositif dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
P. 8 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
CHAPITRE II. FICHES PRATIQUES D’ÉLABORATION . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Fiche : Évaluer son niveau de préparation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
> A.1 Auto-évaluer les dispositions générales du PCS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
> A.2 Auto-évaluer les dispositions inondation du PCS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Fiche : Recenser et connaitre le rôle des acteurs du territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
> B.1 Associer les partenaires spécifiques au risque inondation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
> B.2 Mobiliser les partenaires de la gestion de crise. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
> B.3 Impliquer les acteurs du territoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Fiche : Diagnostiquer le risque sur le territoire
pour une approche gestion de crise. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
> C.1 Identifier les phénomènes sur les territoires et leurs caractéristiques . . . . . . . . . . . 44
> C.2 Identifier les conséquences envisageables pour chacun des phénomènes . . . . . . . 51
> C.3 Définir les seuils de gravité en fonction des conséquences. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
> C.4 Étudier les phénomènes combinés d’inondation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
> C.5 Étudier les défaillances possibles des ouvrages hydrauliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Fiche : Organiser l’anticipation des phénomènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
> D.1 Identifier les dispositifs d’anticipation disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
> D.2 Bien comprendre le fonctionnement des dispositifs d’anticipation. . . . . . . . . . . . . . 60
> D.3 Exploiter de manière complémentaire les dispositifs en situation. . . . . . . . . . . . . . . 66
> D.4 Organiser la montée en puissance de la réponse communale. . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Fiche : Élaborer la réponse opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
> E.1 Définir la stratégie opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
> E.2 Planifier les missions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
> E.3 Rédiger le plan d’intervention gradué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Fiche : Développer des outils pour le poste de commandement communal . . . . . . . 79
> F.1 Tenir une main courante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
> F.2 Organiser des réunions de décisions et d’actions communales . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
> F.3 Rédiger un compte rendu d’actions communales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
> F.4 Tenir un tableau de suivi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
> F.5 Utiliser des cartographies opérationnelles du risque inondation . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Fiche : Partager la connaissance du risque, la réponse opérationnelle
associée et les retours d’expérience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
Abréviations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 9
INTRODUCTION
Ce document traite principalement de l’étape de
préparation à la gestion de crise et de l’information
IMPORTANT
préventive sur le risque inondation.
Il vous intéresse tout particulièrement si vous Extrait du Rapport CGEDD n° 010743-01 et
répondez oui aux deux premières questions et non IGA n° 16080-R de février 2017 de retour
à la troisième : d’expérience sur les inondations de mai et
juin 2016 dans les bassins de la Seine et de
> Existe-t-il des zones inondables la Loire : « La capacité des collectivités à
dans ma commune ? prendre la mesure de l’évènement a été très
variée. Les Plans Communaux de Sauvegarde
> L’inondation de ces zones ou dans pertinents, opérationnels, mis à jour et bien
des communes voisines peuvent-elles connus sont malheureusement des exceptions.
avoir des conséquences sur Trop de communes en sont dépourvues, et
le territoire de ma commune ? trop de plans sont de simples documents
> Suis-je suffisamment préparé administratifs, inutilement volumineux, réalisés
à traiter ces conséquences ? par des bureaux d’études insuffisamment
au fait des nécessités opérationnelles.
Dans tous les cas, dans la perspective d’une Là où des plans opérationnels étaient en
démarche d’amélioration continue de vos pratiques place, le bénéfice a été considérable ».
et de votre capacité d’anticipation locale d’une inon-
dation, la lecture de ce guide peut vous être utile
même si vous disposez déjà d’un volet « inonda-
tion » au sein de votre PCS.
P. 10 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
CHAPITRE I.
PRINCIPES DU VOLET
INONDATION DU PCS
PARTIE 1 Pourquoi se préparer à faire face aux inondations ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
PARTIE 2 Par quels types d’inondation êtes-vous concernés ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
PARTIE 3 Comment réduire les impacts des inondations en gestion de crise ? . . . . . . 17
> 3.1 Définir les missions à mener en cas d’inondation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
> 3.2 Déterminer le moment de mise en œuvre des actions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
PARTIE 4 Comment agir par anticipation ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
> 4.1 Préparer sa gestion opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
> 4.2 Planifier les actions à mettre en œuvre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
> 4.3 Créer des outils adaptés pour les intervenants en gestion de crise . . . . . . . . . . . . . . 23
PARTIE 5 Comment mettre en place un volet « inondation »
dans son Plan Communal de Sauvegarde ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
> 5.1 Structurer les étapes du projet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
> 5.2 Impliquer les partenaires dans la démarche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
PARTIE 6 Comment garantir le caractère opérationnel du dispositif ? . . . . . . . . . . . . . 26
> 6.1 Favoriser l’appropriation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
> 6.2 Faire évoluer son dispositif dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 11
PARTIE POURQUOI SE PRÉPARER
À FAIRE FACE AUX INONDATIONS ?
Se préparer à faire face aux inondations vise trois > parce qu’une commune est rarement la
objectifs : seule à être touchée en cas d’inondation ;
> protéger les populations ; > parce que c’est un risque récurrent :
Il s’agit en priorité de limiter les conséquences là où il y a déjà eu une inondation,
sur les vies humaines (victimes). celle-ci se reproduira ;
> réduire les dommages ; > parce que la récurrence, l'intensité et le coût
C’est-à-dire réduire l’impact physique et des évènements sont susceptibles d'augmenter
fonctionnel d’une inondation sur le territoire sous l'effet du changement climatique ;
et limiter le coût des conséquences. > parce que tout ce qui est préparé à
faire face à l’inondation aura une
> accélérer le rétablissement après une
inondation. reconstruction plus rapide.
Il s’agit de favoriser un retour à la normale le
plus rapide et le plus favorable possible.
ILLUSTRATION
Ces objectifs sont au cœur de la stratégie nationale
de gestion des risques inondations (SNGRI) adoptée Coût des inondations
en octobre 2014 par le ministère en charge de l’éco- 1992 Ouvèze : 530 millions d’euros
logie. Ils sont à décliner dans les projets et travaux 1999 Aude : 300 millions d’euros
territoriaux relatifs à la prévention du risque inon- 2002 Gard : 1.08 milliard d’euros
dation et dans la préparation à la gestion de crise. 2003 Rhône : 1.07 milliard d’euros
2010 juin Var : 700 millions d’euros
2015 octobre dans le Sud-Est : 640 millions d’euros
POUR EN SAVOIR PLUS : 2016 mai juin Centre, Ile-de-France :
1.09 milliard d’euros
Le guide du CEPRI « Pourquoi prévenir 2018 janvier et février, Seine, Marne, Doubs
le risque d’inondation : le maire et la et Saône : entre 225 et 350 millions d’euros
réduction des conséquences dommageables 2018 octobre Aude : estimation entre
des inondations » : [Link] 130 et 180 millions d’euros
net/[Link]
Pour toutes ces raisons et parce que tous les retours
En résumé, retenons qu’il faut se préparer pour les d’expérience concernant les inondations vécues ces
raisons suivantes : dernières années montrent que les collectivités qui
> parce qu’une inondation peut mettre en se sont impliquées dans une démarche de prépa-
danger la sécurité des personnes et parfois ration à la gestion de crise, notamment dotées de
entraîner de nombreuses victimes ; PCS, ont été plus efficaces dans la gestion réelle de
> parce que l’inondation provoque de lourds la crise, nous vous incitons à mettre en place un volet
endommagements sur le territoire ; « inondation » dans vos plans et procédures de ges-
> arce qu’elle peut paralyser la vie du
p
tion de crise pour vous préparer à faire face aux divers
territoire en dehors de la zone inondable ; phénomènes.
> parce qu’une inondation coûte En effet, contrairement à d’autres évènements, les
très cher à la collectivité ; inondations font partie des évènements récurrents de
P. 12 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
État des véhicules abandonnés dans le camping de Trèbes après le retrait des eaux -
Crues de l'Aude de 2018 © IRMa, Sébastien GOMINET, 2018
sécurité civile qui peuvent être anticipés notamment évènement en anticipant et en hiérarchisant les
grâce à la connaissance des phénomènes, de leurs mesures à prendre sur son territoire.
conséquences à l’échelle locale et aux informations Les inondations nécessitent avant tout une réaction
délivrées par les dispositifs de prévision existants. au plus proche de l’impact, c’est-à-dire au niveau local.
L’objectif de ce guide est d’aider les collectivités à syn- En ce sens, la gestion communale de l’évènement est
thétiser les connaissances clés existantes sur l’inonda- le maillon clé, au-delà des solidarités intercommu-
tion et utiles à une éventuelle gestion de crise, et dès nales et des apports d’une gestion supra-commu-
lors que les prévisions météorologiques annoncent nale de l’évènement (départementale et zonale par
qu’un évènement est susceptible d’avoir un impact exemple) qui viendront en appui et en complément
sur son territoire, de permettre au maire d’orga- des actions menées localement.
niser au mieux la réaction communale face à cet
IMPORTANT
ILLUSTRATION
Les inondations peuvent être anticipées en
En 2014 lors des inondations des fleuves côtiers termes de préparation et de prévision des
du Var, deux communes voisines ont adopté phénomènes. Cette anticipation est l’enjeu
des postures très différentes face à la mise principal du volet « inondation » du PCS.
en vigilance départementale orange « pluie-
inondation ». La première commune a agi en
anticipant le risque (déplacement des véhicules
techniques communaux sur des secteurs hors
COMMENT FAIRE ?
d’eau, mise en place d’une surveillance des
cours d’eau…). La seconde a estimé que la Lancer la démarche pour élaborer le volet
vigilance orange n’était pas une donnée de inondation du PCS (cf. Partie 5 du présent
nature à modifier le fonctionnement communal. document).
Elle a subi de plein fouet l’évènement. Cf. Fiche A : Évaluer son niveau de préparation.
En août 2018 dans le Gard et l’Ardèche, le niveau
de préparation des communes exposées aux
inondations rapides et les prises de décision
anticipées en matière de mise à l’abri des
populations ont permis de sauver des vies.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 13
PARTIE PAR QUELS TYPES
D’INONDATION ÊTES-VOUS
CONCERNÉS ?
L’inondation est une submersion, rapide ou lente,
d’une zone habituellement hors d’eau. L’inondation POUR EN SAVOIR PLUS
nous préoccupe lorsqu’elle engendre un risque
Les précipitations intenses
pour la population ou le fonctionnement du terri-
toire communal. Attention cependant au cas parti- Ce sont des pluies qui apportent sur
culier d’une commune qui sans avoir elle-même de une courte durée (d'une heure à une
zone inondée peut être impactée par des consé-
journée) une importante quantité d'eau.
quences dues à l’inondation dans les communes
voisines (problèmes de transports, d’approvision- Cette quantité peut égaler celle reçue
nement en énergie ou eau…). habituellement en un mois, voire en
Derrière l’appellation générique « inondation » se plusieurs mois. Des cumuls de l'ordre de
cachent ainsi de multiples phénomènes : 50 mm* en 24 heures dans la plupart
> les débordements de cours d’eau à cinétique des régions de plaine et de l'ordre de
lente, typique en plaine, ou rapide. Pour 100 mm en 24 heures dans les régions
les situations les plus violentes, on parle montagneuses sont considérés comme
de crues éclair ou torrentielles ; des seuils critiques. Le dépassement de
> les remontées de nappes ; ces seuils peut provoquer, lorsque la
> les ruissellements causés par des épisodes nature du terrain s'y prête, de graves
de pluies brèves et localisées mais de inondations. Pour les phénomènes les
forte intensité. En milieu urbain ils se plus violents, le cumul des précipitations
conjuguent souvent avec la saturation dépasse généralement les 100 mm en une
des réseaux d’assainissement ou
heure. Dans le sud de la France, les cumuls
d’évacuation des eaux pluviales ;
observés peuvent même dépasser 500 mm
> les submersions marines, propagation en 24 heures.
de la mer à l’intérieur des terres lors
de tempêtes ou de fortes houles ; * 1 mm = 1 litre d'eau/m2
> les ruptures d’ouvrages (digues Cf. site Météo-France : [Link]
de protection ou barrages) ; [Link]/dossiers-thematiques/
> les tsunamis ou raz-de-marée (ils sont risques-meteorologiques/pluies-
provoqués par un séisme, un glissement de intenses.
terrain sous-marin ou une éruption volcanique).
Pour tout savoir sur les épisodes de pluies
extrêmes depuis 1958 pour la métropole
et depuis 1965 pour l'outre-mer, consulter
le site pluies extrêmes de Météo-France :
[Link]
P. 14 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
Quelle que soit son origine, l’aléa « inondation » Pour bâtir un dispositif de réponse opérationnelle,
peut être caractérisé sur le territoire communal par les principes et le raisonnement sont identiques
plusieurs facteurs : dans les deux cas de cinétique (cf. Partie 3 du présent
> son emprise géographique guide). Toutefois, compte tenu des cinétiques des
(le territoire inondable) ; phénomènes et des délais d’anticipation disponibles,
la priorité en gestion de crise est essentiellement de
> la vitesse de montée des eaux (le plus préserver les vies humaines lors des inondations
souvent caractérisée en centimètres
rapides et plutôt de minimiser l’impact socio-éco-
ou mètres par heure) ;
nomique lors des inondations lentes.
> les hauteurs d’eau dans la zone inondée
(le plus souvent en centimètres ou mètres) ;
> la hauteur (le plus souvent en mètres) ou le IMPORTANT
débit (en mètres cubes par seconde) enregistré
à la station de mesure hydrométrique ; Une commune peut être exposée
à différents types (et cinétiques)
> la vitesse du courant (le plus souvent d’inondation. Certaines peuvent être
en mètres par seconde) ;
concomitantes lors d’un évènement
> la durée de submersion (le plus souvent en (ex. : ruissellement et débordement
heures, parfois en jours ou en semaines). de cours d’eau).
Enfin, rappelons qu’en fonction de la vitesse de L’inondation ne se produit pas uniquement
montée des eaux, les inondations peuvent être clas- à proximité d’un cours d’eau (ruissellement,
sées en deux catégories : remontée de nappe, submersion marine).
> inondations à cinétique rapide ;
> inondations à cinétique lente.
Pont de Villegailhenc détruit - Crues de l'Aude de 2018 © IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 15
ILLUSTRATION ILLUSTRATION
Un cours d’eau dont les crues sont à cinétique Un même débit dans un cours d’eau ne génère
lente peut avoir des zones protégées par pas forcément les mêmes conséquences
des digues. La rupture d’une digue peut en fonction de l’état de son lit, la hauteur
provoquer à proximité de l’ouvrage une d’eau sera par exemple supérieure si le lit est
montée rapide et brutale de l’eau entrainant encombré (végétation, déchets…). De même
une inondation à cinétique rapide. la création d’un embâcle influe fortement sur
Une commune peut avoir sur son territoire les écoulements et peut orienter les eaux dans
un cours d’eau principal à cinétique lente et des secteurs plus rapidement. Une même
des affluents de celui-ci à cinétique rapide quantité cumulée de pluie sur une durée
ou être confrontée au risque de submersion identique n’aura pas les mêmes conséquences
marine pour celles qui sont sur le littoral. en fonction des intensités horaires ou de
l’état de saturation des sols préalable.
IMPORTANT
COMMENT FAIRE ?
Les inondations sont des phénomènes
complexes pour lesquels de nombreux Connaitre la vulnérabilité de son territoire
paramètres interviennent, aucune situation n’est par rapport aux inondations.
identique, chaque évènement est particulier. Cf. Fiche C : Diagnostiquer le risque sur le
territoire pour une approche « gestion de crise ».
CARACTÉRISTIQUES DES INONDATIONS SELON LEUR CINÉTIQUE
Inondations à Caractéristiques Types de phénomène
Crue rapide, torrentielle, "éclair",
ruissellement
Montée et descente
des eaux : dizaine
de minutes à Submersion marine
quelques heures
Cinétique rapide
Rupture d’un ouvrage hydraulique (digue ou
Durée de submersion : barrage) ou d’une poche d'eau dans un glacier
dizaine de minutes
à quelques heures
Tsunami, raz de marée
Montée et descente
des eaux : de Plaine (ou fluviale)
plusieurs heures à
plusieurs jours
Cinétique lente
Durée de submersion :
plusieurs jours à Remontée de nappe
plusieurs semaines
P. 16 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
PARTIE COMMENT RÉDUIRE
LES IMPACTS DES INONDATIONS
EN GESTION DE CRISE ?
La gestion du risque inondation repose principale-
ment sur la capacité de la commune à intervenir le
IMPORTANT
plus tôt possible dans les meilleures conditions pra-
tiques, c’est-à-dire sur l’aptitude à anticiper l’évène- Les réponses à ces deux questions permettent de
ment, ses conséquences et à définir efficacement bâtir sa réponse opérationnelle basée sur une
les actions à mettre en œuvre pour en limiter les montée en puissance du dispositif communal
effets. C’est par ailleurs vrai quel que soit le type et d’aboutir à plusieurs plans d’intervention
de risque susceptible de survenir. gradués adaptés aux phénomènes
Sur la base du diagnostic du risque inondation, la d’inondation possibles sur le territoire.
construction de l’anticipation consiste concrète-
ment à répondre à deux questions :
> quelles sont les missions à mener
en cas d’inondation ?
> à quel moment mettre en œuvre les actions ?
Mise en place de panneaux "route inondée" ou "route bloquée" - Crues de l'Aude de 2018 © IRMa, Sébastien GOMINET, 2018
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 17
> 3.1 DÉFINIR LES MISSIONS À > 3.2. DÉTERMINER LE MOMENT
MENER EN CAS D’INONDATION DE MISE EN ŒUVRE DES ACTIONS
Les missions que la commune peut mener pour Déterminer à quel moment une action doit être
répondre à un phénomène d’inondation sont nom- déclenchée nécessite de prendre en compte deux
breuses. Elles peuvent être classées en grandes paramètres temporels :
catégories (liste suivante non exhaustive) : > le délai d’anticipation possible du
> évaluation de la situation : exploitation des phénomène, c’est-à-dire le temps entre
dispositifs de prévision ou de surveillance la détection du phénomène et ses
pour anticiper les conséquences potentielles premiers effets sur la commune ;
et pour organiser la montée en puissance > le temps nécessaire pour mener
de l’organisation de crise, la mobilisation à bien les actions.
des moyens humains et matériels et
le déclenchement des actions ; > PREMIER PARAMÈTRE : LE DÉLAI
D’ANTICIPATION DU PHÉNOMÈNE
> mesures de protection : manœuvre de
vannes, inspection et nettoyage préventif Pour gérer au mieux une inondation, il est néces-
d’ouvrages sur les réseaux d'eaux saire de disposer d’outils assurant la surveil-
pluviales, mise en place de batardeaux, de lance, la prévision ou la vigilance par rapport
système de protection temporaire... ; aux différents phénomènes. Dans certains cas,
compte tenu des caractéristiques du territoire, de la
> information et alerte de la population nature des phénomènes (ruissellement, orage, crue
tout au long de l’évènement ;
« éclair ») et des limites techniques de prévision des
> sécurisation des personnes et des animaux : inondations, l’anticipation ne peut se faire que sur
mises à l’abri, fermetures d’établissements, la base des prévisions météorologiques de préci-
évacuation préventive de certaines pitation fournies par les services météorologiques
catégories de la population (ou de la nationaux. Météo-France est donc un acteur central
totalité), interdiction de manifestation... ; dans le domaine de l’anticipation du risque inonda-
> gestion de la voirie : fermetures tion. Les outils d’anticipation pouvant être utilisés
des accès, déviation... ; en fonction des types de phénomènes et de leurs
> mise en sûreté des biens : évacuations cinétiques sont repris dans le tableau suivant.
de matériels, des voitures... ; La compréhension du fonctionnement des outils
> mesures pour le retour à la normale d’anticipation, des informations qu’ils délivrent de
à conduire juste après le retrait des manière explicite, voire implicite, des limites et des
eaux (gestion des déchets...). incertitudes liées, est fondamentale pour pouvoir
Chaque mission peut ensuite être déclinée sous la anticiper les différents évènements.
forme de plusieurs actions, nécessaires pour mener Les dispositifs de vigilance (météorologiques et
à bien la mission. crues) présentent les informations de prévision sous
différentes formes. La forme la plus connue est celle
des quatre niveaux de couleur (vert, jaune, orange
ILLUSTRATION et rouge) mais c’est également la plus synthétique.
La mission « évaluation de la situation »
peut par exemple être déclinée en IMPORTANT
plusieurs actions telles que :
- action n°1 : réunir une cellule de veille Pour un gestionnaire de crise locale, les
pour analyser, représenter et partager informations les plus pertinentes, car plus
collectivement la situation ; détaillées, sont celles fournies dans les
- action n°2 : envoyer un observateur bulletins de suivi locaux associés aux cartes
à proximité du cours d’eau pour de vigilances. Ils sont accessibles à partir
évaluer la situation sur le terrain ; des sites internet de ces dispositifs.
- action n°3 : examiner les données de hauteurs
d’eau et de débits sur le site VigiCrues.
P. 18 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
LES OUTILS D’ANTICIPATION EN FONCTION DE LA CINÉTIQUE DE L’INONDATION
Inondations à Types de phénomènes Outils d’anticipation
> Vigilance météorologique pour
les phénomènes « orages »
ou « pluie-inondation » ;
> VigiCrues pour les cours d'eau à
réaction rapide surveillés ;
> VigiCrues Flash pour les cours
Crue rapide, torrentielle, d’eau couverts par ce dispositif ;
« éclair », ruissellement > Dispositif APIC (Avertissement
Pluies Intenses à l’échelle
des Communes) ;
> Hydroréel (serveur de données
Cinétique rapide hydrométriques en temps réel) ;
> Système de surveillance et d’alerte
local.
Submersion marine > Vigilance météorologique pour le
phénomène « vagues-submersion » (VVS).
Rupture d’un ouvrage
hydraulique (digues, barrages) > Dispositif de surveillance des ouvrages.
Tsunami, raz de marée > Centre d’alerte au tsunami.
> VigiCrues pour les cours d’eau
Plaine (ou fluviale) surveillés, information reprise par la
carte de vigilance météorologique.
Cinétique lente
Remontée de nappe > Suivi du remplissage des
nappes (BRGM…).
Pour un tronçon surveillé sur VigiCrues, des actions
peuvent être à mener dès le niveau de vigilance COMMENT FAIRE ?
jaune dans certaines communes alors que pour
d’autres, même en niveau de vigilance orange ou Identifier les outils disponibles et définir leur
rouge, les conséquences des inondations pourront mode d’utilisation par rapport au contexte
être très faibles. communal.
Cf. Fiche D : Organiser l’anticipation
des phénomènes.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 19
L’IMPORTANCE DE L’ANTICIPATION DANS LA PRISE DE DÉCISION
> DEUXIÈME PARAMÈTRE :
LE TEMPS NÉCESSAIRE POUR ILLUSTRATION
METTRE EN ŒUVRE UNE ACTION
Si l’action consiste à évacuer un secteur
Le temps nécessaire pour réaliser une action corres- à risque dans des conditions de sécurité
pond à l’intervalle de temps entre la prise de déci- optimale, c’est-à-dire avant la présence
sion et la fin de la réalisation de l’action. On peut le d’eau, il faut tenir compte de l’ensemble des
décomposer selon la formule suivante : opérations nécessaires pour que l’évacuation
soit terminée avant l’arrivée de l’eau.
TEMPS
POUR RÉALISER
UNE ACTION IMPORTANT
= La préparation, avec la planification, la formation
TEMPS ENTRE et les entraînements ou les exercices, permet de
LA PRISE DE DÉCISION réduire le temps de réalisation d’une action.
ET LE DÉBUT DE L’ACTION
+
TEMPS ENTRE LE DÉBUT COMMENT FAIRE ?
ET LA FIN DE L’ACTION Construire sa réponse opérationnelle en
fonction du risque, des informations de
La décision du déclenchement de l’action doit donc prévision disponibles et de ses ressources.
être anticipée. Il faut pour cela adapter la réponse de Cf. Fiche E : Élaborer la réponse opérationnelle
la commune par rapport aux informations existantes
de vigilance et de prévision et aux risques locaux.
P. 20 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
PARTIE COMMENT AGIR
PAR ANTICIPATION ?
L’anticipation est la clé de voûte de tout dispo- anticipée de la commune. Cela revient à définir des
sitif de gestion de crise. Anticipation lors du tra- seuils de déclenchement des actions du disposi-
vail de planification des secours et de la sauvegarde tif propres à la commune pour construire un (ou
où l’on prépare l’organisation et les réponses pos- des) plan d’intervention gradué(s) en fonction du
sibles en fonction des risques identifiés du terri- (ou des) phénomène(s) possible(s) sur le territoire et
toire, mais également anticipation lors de la gestion des conséquences générées.
d’un évènement.
Concernant le risque inondation, les prévisions et
observations hydrométéorologiques fournies par IMPORTANT
les dispositifs d’anticipation précités doivent per- Les réflexions sur les seuils de déclenchement
mettre à la commune de mettre en place une des actions sont un des enjeux principaux
logique d’adaptation progressive tenant compte du volet « inondation » du PCS. Il n’y a pas
du contexte local du risque. Il s’agit de sortir d’une de standard en la matière et ces seuils ne
logique du tout ou rien en termes de réponse opé- peuvent être que déterminés localement.
rationnelle pour passer au concept de montée en
puissance de l’organisation et des actions à mettre
en œuvre. > 4.1. PRÉPARER SA GESTION
Cette montée en puissance de la réponse opéra- OPÉRATIONNELLE
tionnelle doit être planifiée par la commune en
fonction de : La gestion opérationnelle d’un évènement consiste
à faire monter en puissance le dispositif de ges-
> son organisation ; tion de crise en fonction des informations délivrées
> ses ressources ; par les outils d’anticipation. La mobilisation doit être
> son exposition au risque. en relation avec la gravité des conséquences atten-
C’est en considérant l’exposition au risque et les dues mais aussi en fonction des incertitudes et des
informations délivrées par les dispositifs de surveil- délais d’anticipation.
lance et de prévision que se construit la réponse
SCHÉMA DE MONTÉE EN PUISSANCE
EN FONCTION DES INFORMATIONS DES DISPOSITIFS DE PRÉVISION
QUELQUES 24 HEURES À COURT TERME
JOURS ET EN TEMPS RÉEL
Veille Vérification des
Activation Activation des mesures
Organisation disponibilités
du dispositif préparées ou adaptation
ou renforcement des personnes
de suivi en fonction de la situation
du dispositif de suivi et du matériel
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 21
LES PROCESSUS
ILLUSTRATION DE RAISONNEMENT OPÉRATIONNEL
POUR LES INONDATIONS
Pour les inondations à cinétique rapide, compte
tenu des incertitudes de prévision et des
caractéristiques propres de chaque territoire par
rapport aux risques, un changement de couleur Analyse des informations
de vigilance « pluie-inondation » constitue la délivrées par les outils
première étape de la phase d’anticipation. Le d'anticipation
préfet, après analyse du contexte, peut prendre si pour déterminer
nécessaire des mesures préventives et procéder le phénomène possible
à l’alerte de certains services et maires. Cette
alerte des acteurs a pour objectif de déclencher
une montée en puissance des dispositifs de Mise en œuvre du plan
d'intervention gradué
sauvegarde et de secours. Pour autant, en correspondant
fonction de la situation, des actions et des
décisions locales sont à prendre sans attendre
l’alerte départementale. Au niveau local, pour Adaptation à
les maires concernés, cela doit se traduire par la situation réelle
une posture d’anticipation par rapport à leur
territoire consistant à assurer un suivi actif.
En fonction des informations collectées, de la
connaissance du fonctionnement hydrologique
local et des risques sur la commune, un dispositif
de surveillance peut être activé pour observer et
suivre l’évolution des précipitations et des débits > 4.2. PLANIFIER LES ACTIONS
des cours d’eau sur le territoire communal. À METTRE EN ŒUVRE
Le travail de planification du volet « inondation » du
La gestion opérationnelle d’un évènement consiste PCS est l’occasion pour tous les acteurs impliqués :
ainsi, dans un premier temps, à identifier le phéno-
mène possible puis, dans un second temps, à mettre > d’acquérir des connaissances
sur le ou les risques ;
en œuvre un plan d’intervention gradué pour y
répondre. Ensuite, en fonction des remontées d’in- > de clarifier leur posture, leur rôle et leur
formations du terrain, il conviendra si nécessaire responsabilité en cas d’évènement ;
d’adapter les actions prévues dans le plan d’inter- > de se former et se préparer à la gestion
vention gradué à la situation réelle. opérationnelle du phénomène.
SIMILITUDES DES RAISONNEMENTS
ENTRE PLANIFICATION ET GESTION OPÉRATIONNELLE
Planification Gestion opérationnelle
Analyse du risque Analyse de la situation
- À quel type d'évènements -À quoi est-on confronté
peut-on être confronté ? (exercice, cas réel, etc.) ?
- Quels sont les enjeux concernés ? - Quel est le bilan ?
- Quels sont les scénarios possibles ? - Quelles sont les évolutions possibles ?
Quelle est la stratégie la plus appropriée Quelle est la stratégie la plus appropriée
à mettre en œuvre en fonction des à mettre en œuvre en fonction de
scénarios prévus ? la situation réelle ?
ABOUTISSEMENT
- Quels sont les objectifs en fonction de la stratégie retenue ?
- Quelles sont les actions à réaliser pour chaque objectif et qui réalise ces actions ?
Source : Ministère de l'Intérieur, Plaquette ORSEC, 2008
P. 22 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
DÉMARCHE DE PLANIFICATION > 4.3. CRÉER DES OUTILS ADAPTÉS
POUR UN PHÉNOMÈNE DÉTERMINÉ POUR LES INTERVENANTS
EN GESTION DE CRISE
Dispositif aux composantes techniques, humaines
Définir le scénario et organisationnelles, un PCS n’est pas qu’un simple
de conséquences avec document papier ou informatique. Il doit égale-
des niveaux de gravité ment être composé d’outils adaptés, permettant
VOIR FICHE aux membres de l’organisation de crise de pou-
voir gérer la crise liée à l’inondation plus
aisément.
Déterminer le temps Les principaux outils utiles au pilotage de
d'anticipation disponible toute gestion de crise sont les suivants :
en fonction des outils > l’exploitation d’une main courante
d'anticipation afin de classifier les différentes
VOIR FICHE informations reçues ;
> la création de supports d’aide à la
réalisation de points de situation ;
Établir le plan d'intervention > la tenue d’un tableau de suivi des actions ;
gradué des actions > l’utilisation de la cartographie opérationnelle.
à mettre en œuvre selon
les niveaux de gravité Pour les inondations, ces outils s’appuient sur le
plan d’intervention gradué.
VOIR FICHE
COMMENT FAIRE ?
Construire les outils de pilotage de la gestion
de crise. Cf. Fiche F : Développer des outils
Il permet de définir et d’organiser par anticipation pour le Poste de Commandement Communal.
les actions à mettre en œuvre par la collectivité
pour limiter ou atténuer les conséquences des
inondations. La planification est un des moyens de
réduire le temps de réalisation des actions.
La mise en œuvre des actions doit ainsi être
organisée chronologiquement. Pour chaque
scénario d’inondation identifié, il faut élaborer un
plan d’intervention gradué qui définit les seuils
de déclenchement des actions en fonction des
conséquences (de la gravité) du phénomène sur la
commune et des ressources mobilisables.
IMPORTANT
Les niveaux du plan d’intervention gradué
doivent être déterminés par des niveaux
de mobilisation pouvant être chiffrés. Afin
d’éviter toute confusion, le code couleur
du plan d’intervention gradué ne doit pas
reprendre celui des dispositifs officiels
de vigilance météorologique et crues.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 23
PARTIE COMMENT
METTRE EN PLACE UN VOLET
« INONDATION » DANS SON PCS ?
La mise en place d’un volet spécifique inondation ÉTAPE 1.
dans son PCS passe par différentes étapes afin de CONSTRUIRE SON PROJET DE VOLET
s’assurer de son caractère opérationnel. Il est ainsi SPÉCIFIQUE INONDATION
conseillé de structurer les étapes du projet, phase
FICHE Évaluer son niveau de préparation
par phase, pour aboutir à des plans d’intervention
gradués prenant en compte pour chaque phéno- FICHE ecenser et connaitre le rôle
R
mène d’inondation susceptible d’impacter le terri- des acteurs du territoire
toire les capacités d’anticipation possibles, la liste
des actions à réaliser, les outils à utiliser et les par-
tenaires à associer à la démarche. ÉTAPE 2.
DÉFINIR LE RISQUE INONDATION
> 5.1. STRUCTURER LES ÉTAPES DU TERRITOIRE ET COMPRENDRE
DU PROJET L’ANTICIPATION POSSIBLE
Il est conseillé, pour réaliser le volet inondation de FICHE iagnostiquer le risque sur
D
son PCS qui soit le plus opérationnel possible, de le territoire pour une approche
suivre les quatre étapes suivantes. « gestion de crise »
FICHE Organiser l’anticipation
des phénomènes
ÉTAPE 3.
PLANIFIER LA RÉPONSE OPÉRATIONNELLE
FICHE Élaborer la réponse opérationnelle
FICHE évelopper des outils pour le Poste
D
de Commandement Communal
ÉTAPE 4.
PRÉPARER LES ACTEURS DU TERRITOIRE
FICHE artager la connaissance du risque,
P
la réponse opérationnelle associée
et les retours d’expérience
P. 24 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
> 5.2. IMPLIQUER LES PARTENAIRES > l’ensemble des acteurs du territoire
DANS LA DÉMARCHE communal devant se préparer à faire
face à l’évènement en cohérence avec le
Réaliser ou réviser le volet « inondation » de son volet « inondation » du PCS (population,
PCS nécessite une implication large de différents gestionnaires d’Établissements Recevant
acteurs en lien avec la commune pour la prévention du Public (ERP), campings, établissements
et la gestion des risques. d’enseignement, gestionnaires de réseaux...) ;
Ce travail partenarial et participatif est une réelle > l’ensemble des partenaires en coordination
opportunité de consolider le réseau, de mieux avec la commune pour gérer
comprendre l’articulation et les synergies entre l’évènement (préfecture, associations
acteurs avant, pendant et après la crise. Il permet agréées de sécurité civile…).
des échanges de données (zones inondables, carac- Quelques partenaires clés sont mention-
téristiques des enjeux exposés, annuaires...) et de nés ci-après. La liste n’est pas exhaustive
pratiques de nature à optimiser les diverses planifi- et doit être adaptée au contexte local.
cations en jeu et de gagner en efficacité pour gérer
une crise future.
Parmi les acteurs à associer, on distingue : IMPORTANT
> les partenaires pouvant apporter des La création ou le renforcement du réseau
compétences et des données spécifiques sur d’acteurs et de partenaires en amont d’une
l’inondation pour la phase de planification tels crise lors de l’élaboration du volet « inondation »
que les syndicats de rivières et services de du PCS est une opportunité à ne pas manquer.
prévision des crues, Météo-France, le référent C’est aussi l’occasion de développer une vision
départemental inondation (RDI) des Directions plus large du risque à l’échelle intercommunale
Départementales des territoires (DDT) et de la ou du bassin versant. Cette démarche doit
Mer (DDTM), des experts tels que l’ONF-RTM en permettre, au-delà de l’échange de données,
territoire de montagne, des intercommunalités d’identifier les liens opérationnels, les solidarités
et autres porteurs de la GEMAPI (Gestion de et les interactions possibles pour anticiper et
l’Eau, des Milieux Aquatiques et Prévention faire face à une inondation. Au-delà du travail
des Inondations), des gestionnaires d’ouvrages de planification, la mobilisation du réseau
hydrauliques, des services de secours et de peut être entretenue grâce aux exercices.
sécurité (sapeurs-pompiers, gendarmerie
nationale et police nationale notamment)
et des gestionnaires de réseaux ;
ÉCHELLES TERRITORIALES CONCERNÉES
Commune Intercommunalité Bassin versant Département
> Population > Communes > Syndicat de rivière > Préfecture
> Associations voisines ou de bassin > DDTM
citoyennes et > EPCI > EPTB > SDIS
comités de > Porteurs de > Porteur d’un PAPI
quartier
> Gestionnaires
GEMAPI > Porteur de la SLGRI de réseaux
> Réserve > ... > ... > Experts :
communale de
Météo-France,
Partenaires sécurité civile
SPC, ONF-RTM
> Services > Associations
municipaux
agréées de
> Gestionnaires sécurité civile
d’enjeux sensibles
et stratégiques
> ...
> ....
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 25
PARTIE COMMENT GARANTIR
LE CARACTÈRE OPÉRATIONNEL
DU DISPOSITIF ?
Il est clairement apparu au fil
des évènements vécus ces der-
nières années que la prépara-
tion, de l’organisation com-
munale mais également des
personnes, à gérer une crise
au niveau local était essen-
tielle. La gestion d’un évène-
ment dans un contexte parti-
culier (mobilisation possible à
tout moment de la structure),
dégradé (ressources insuffi-
santes, temps compté, incer-
titudes...) et stressant (situa-
tion potentiellement domma-
geable, manque de moyen,
surprise...) ne s’improvise pas.
L’engagement d’une véritable
démarche de participation et
de responsabilisation dans la
collectivité à tous les niveaux
impliquant les élus, le per-
sonnel communal mais aussi
les acteurs locaux jusqu’au Information des membres du poste de commandement communal
sur les zones inondables à Bourgoin-Jallieu © IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
citoyen, est une condition
nécessaire mais non suf-
fisante pour aboutir à une réponse collective > 6.1. FAVORISER L’APPROPRIATION
coordonnée la plus pertinente possible en cas
d’évènement. L’appropriation du volet spécifique inondation par
Pour ce faire, il est impératif de compléter le travail les élus, les agents et les habitants de la commune
réalisé pour l’élaboration du volet « inondation » est un des facteurs clés permettant une réponse
des PCS par des actions permettant à chacun : territoriale opérationnelle face à l’évènement.
> de s’approprier le rôle qu’il tiendra et > INFORMER ET FORMER LES MEMBRES
les actions qu’il devra réaliser en cas DE L’ORGANISATION DE CRISE SUR
d’inondation (information, formation, LE VOLET « INONDATION »
entrainement, exercice) ; La gestion d’une inondation au niveau local est
> de faire évoluer le dispositif dans le temps délicate car elle comporte une exigence d’anticipa-
(mise à jour, retour d’expérience, exercice). tion et de coordination dépassant les frontières du
P. 26 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
fonctionnement habituel des services des collecti- volet « inondation », en particulier, peut être réali-
vités, de leurs attributions et prérogatives respec- sée au moyen de plusieurs outils :
tives. Une fois le PCS et son volet « inondation« > le plus exhaustif : le questionnaire d’auto-
achevé, il est donc nécessaire d’informer l’ensemble évaluation, dont l’objectif est d’identifier les
des membres de la collectivité sur : procédures et outils à développer ou à conforter
> l’existence du plan et de son volet spécifique ; (Cf. fiche A : Évaluer son niveau de préparation) ;
> son contenu et les informations qui > le plus simple à organiser : l’étude de cas. Elle
méritent une attention particulière. consiste à proposer, par exemple, à l’occasion
L’étape suivante consiste à réaliser des formations d’une réunion d’élus municipaux ou
adaptées pour les membres de l’organisation de du personnel, un thème de réflexion
crise. Ces formations permettent aux participants de pratique consistant à se demander
s’approprier le dispositif, d’acquérir et partager une comment faire face à un évènement
culture commune. Chacun sait ce qui est attendu de donné. Divers aspects du PCS
lui et est en capacité de réagir en cas de crise. peuvent être étudiés au cours de
cette séance. Cette méthode a
l’avantage d’être concrète, simple
IMPORTANT et rapide mais elle manque de
réalisme en ne permettant pas, comme
Dans l’optique de garantir le caractère l’exercice, de reproduire les conditions
opérationnel du PCS dans le temps, il d’un évènement réel. Toutefois, elle permet
semble pertinent pour une commune très utilement de développer l’expérience
de prévoir une formation continue des des participants en matière de raisonnement
« personnes clés » de l’organisation, opérationnel et elle favorise l’appropriation du
concernant en particulier la connaissance PCS. Aussi, elles doivent être régulièrement
des phénomènes et des vulnérabilités, la organisées à destination des élus et du
veille et l’astreinte, le fonctionnement du personnel communal impliqué dans le PCS ;
dispositif de crise et sa coordination…
> le plus pertinent et le plus pragmatique :
la mise en situation (entrainement ou
exercice). Elle est indispensable. Les
mises en situation assurent une cohésion
ILLUSTRATION de l’équipe, facilitent l’organisation et
De nombreuses communes réalisent permettent d’évaluer le PCS en constatant
chaque année des sessions de formation ou les points du plan à préciser ou à améliorer
sensibilisation des membres de l’organisation de au regard des réactions des participants.
crise afin de mieux connaitre ou de rappeler ce
qu’est le PCS. Les sujets traités peuvent alors être
nombreux : processus d’alerte (qui, comment, IMPORTANT
pourquoi...), l’organisation de la cellule de crise
Les mises en situation (entrainements et
(composition, rôles et missions...), les procédures
exercices) participent, au premier chef, à
et volets spécifiques, les outils à disposition.
l’appropriation, la formation et l’accoutumance
Elles peuvent être complétées par des séquences
des personnes appelées à participer à la
d’entrainement pour développer ou améliorer les cellule de crise. L’évaluation de la qualité du
compétences en gestion de crise de chacun. Ces PCS est le second objectif de ces actions.
actions de formation peuvent être réalisées par
un agent de la collectivité ou par un prestataire.
POUR EN SAVOIR PLUS :
> ÉVALUER RÉGULIÈREMENT La méthode d’organisation des exercices
SON NIVEAU DE PRÉPARATION PCS fait l’objet d'un mémento « PCS,
L’évaluation du caractère réaliste et opération-
s’entrainer pour être prêt : les exercices »
nel d’un PCS peut être réalisée, comme pour toute publié par le ministère de l’Intérieur
organisation, par un audit externe. Le présent guide avec le concours de IRMa : https://
ne développe pas ce processus mais s’intéresse à [Link]/content/
l’auto-évaluation du PCS que la commune (ou l’in- download/73163/535192/file/
tercommunalité) peut réaliser avec lucidité. L’auto- memento%20exo%[Link]
évaluation du PCS de manière générale et de son
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 27
> 6.2. FAIRE ÉVOLUER SON DISPOSITIF > METTRE À JOUR PÉRIODIQUEMENT
DANS LE TEMPS LES DONNÉES : CHANGEMENTS DE
L’ORGANISATION, ÉVOLUTION DU
Le PCS, comme tout dispositif de gestion de crise, TERRITOIRE ET DES CONNAISSANCES...
s’appuie sur des moyens humains, logistiques, de Les documents composant le PCS, pour être les plus
communication et sur des procédures définies à opérationnels, doivent être complets, pratiques et
un instant « T » . L’ensemble du dispositif doit donc être conçus pour faciliter les mises à jour. En effet,
nécessairement être adapté aux changements de la le maintien à jour des données est une condition
collectivité. essentielle de l’efficacité de l’outil. Le jour de l’évè-
> CAPITALISER LES ENSEIGNEMENTS nement, si les numéros de téléphone ne sont plus
DES RETOURS D'EXPÉRIENCE attribués ou les listes de matériels incomplètes, l’or-
ganisation perdra un temps précieux et donc sera
Le retour d’expérience (RETEX) est un élément de moins efficace en gestion de crise.
progrès indispensable à toute organisation. Il est
utile pour comprendre la nature et l’amplitude des Pour répondre à cette problématique de mise à jour,
écarts entre le dispositif préparé et les pratiques la fiche 27 « Le maintien à jour des données » du
réellement applicables. Au-delà de sa capacité à guide « Plan Communal de Sauvegarde : guide pra-
tique d’élaboration » du Ministère de l’Intérieur
faire évoluer les organisations, le RETEX consti-
indique qu’il convient de désigner une personne en
tue avant tout une opportunité de partage et d’ap-
charge du suivi du plan et qui dispose d’une procé-
prentissage pour l’ensemble des acteurs, quels que
dure qui précise pour l’ensemble du document :
soient leurs niveaux hiérarchiques et leurs statuts.
En complément de l’expérience locale, il est égale- > quelles sont les données à contrôler ?
ment pertinent de s’intéresser aux retours d’expé- > quelle est la périodicité de vérification
rience d’autres collectivités ayant été confrontées à pour chacune de ces données ?
des inondations. > quels sont les moyens de contrôle
du maintien à jour ?
> qui est la personne (ou le service) ressource
POUR EN SAVOIR PLUS qui doit faire remonter l’information
Le retour d’expérience ou assurer cette vérification ?
- Voir fiche 30 « Le retour d’expérience »
page 162 du guide « Plan Communal de IMPORTANT
Sauvegarde : guide pratique d’élaboration »
Le PCS est généralement présent en plusieurs
du Ministère de l’Intérieur https:// exemplaires au sein de la commune (un dans
[Link]/content/ chaque cellule du PCC, un chez un élu ou dans
download/73159/535169/file/guide%20 une « mallette PCS »). La mise à jour des fiches,
[Link] ; des annuaires ou des autres documents doit
- Voir partie concernant le retour impérativement inclure toutes les versions en
circulation. Pour ce faire, il est essentiel d’avoir mis
d’expérience sur le site Mémentodumaire : en place une procédure de suivi documentaire.
[Link]
dispositions-generales-2/la-post-
catastrophe/dgp6-retour-dexperience.
ILLUSTRATION
Il est conseillé qu’une fiche « mise à jour
IMPORTANT et périodicité » soit annexée au PCS
et fasse apparaitre les informations à
Chaque mise en œuvre du PCS (entrainement, vérifier et la périodicité associée.
exercice ou évènement réel) doit faire La procédure de suivi documentaire consiste
l’objet d’un retour d’expérience et d’un plan à indiquer, sur chaque fiche ou document :
d’amélioration du dispositif de gestion de crise. - un numéro de version (ex. : V.1.0 pour la
rédaction initiale, V1.1 pour la 1re révision...) ;
- la date de la mise à jour ou
de la sortie de la fiche ;
- un tableau récapitulatif dans le PCS qui liste
l’ensemble des fiches composant le classeur (ou
le document), le numéro de révision en cours
pour chaque fiche et la date correspondante.
P. 28 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
CHAPITRE II.
FICHES PRATIQUES
D’ÉLABORATION
Fiche : Évaluer son niveau de préparation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
> A.1 Auto-évaluer les dispositions générales du PCS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
> A.2 Auto-évaluer les dispositions inondation du PCS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Fiche : Recenser et connaitre le rôle des acteurs du territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
> B.1 Associer les partenaires spécifiques au risque inondation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
> B.2 Mobiliser les partenaires de la gestion de crise. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
> B.3 Impliquer les acteurs du territoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Fiche : Diagnostiquer le risque sur le territoire
pour une approche gestion de crise. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
> C.1 Identifier les phénomènes sur les territoires et leurs caractéristiques. . . . . . . . . . . 44
> C.2 Identifier les conséquences envisageables pour chacun des phénomènes. . . . . . . 51
> C.3 Définir les seuils de gravité en fonction des conséquences. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
> C.4 Étudier les phénomènes combinés d’inondation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
> C.5 Étudier les défaillances possibles des ouvrages hydrauliques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Fiche : Organiser l’anticipation des phénomènes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
> D.1 Identifier les dispositifs d’anticipation disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
> D.2 Bien comprendre le fonctionnement des dispositifs d’anticipation. . . . . . . . . . . . . . 60
> D.3 Exploiter de manière complémentaire les dispositifs en situation. . . . . . . . . . . . . . . 66
> D.4 Organiser la montée en puissance de la réponse communale. . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Fiche : Élaborer la réponse opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
> E.1 Définir la stratégie opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
> E.2 Planifier les missions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
> E.3 Rédiger le plan d’intervention gradué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Fiche : Développer des outils pour le poste de commandement communal. . . . . . . . 79
> F.1 Tenir une main courante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
> F.2 Organiser des réunions de décisions et d’actions communales. . . . . . . . . . . . . . . . . 80
> F.3 Rédiger un compte rendu d’actions communales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
> F.4 Tenir un tableau de suivi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
> F.5 Utiliser des cartographies opérationnelles du risque inondation . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Fiche : Partager la connaissance du risque, la réponse opérationnelle
associée et les retours d’expérience. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 29
FICHE : ÉVALUER SON
NIVEAU DE PRÉPARATION
L’évaluation du niveau de préparation de la com- IMPORTANT
mune peut être réalisée, comme pour toute orga-
nisation, par un audit externe. Le présent guide ne Cette enquête initiale sur le niveau de
développe pas ce processus mais s’intéresse à l’auto- préparation est un outil très efficace de
évaluation que la commune (ou l’intercommunalité) sensibilisation. Les résultats obtenus
peut réaliser avec lucidité par le biais d’un ques- peuvent être présentés lors d’un conseil
tionnaire d’auto-évaluation. municipal afin d’en exposer les conclusions
et de permettre aux élus de bien
Pour les communes ne disposant pas d’un PCS,
comprendre l’enjeu du travail à réaliser.
se reporter au guide méthodologique PCS du
Ce questionnaire part du principe que
ministère de l’Intérieur.
la commune dispose déjà d’un PCS.
Ce questionnaire peut être utilisé pour préparer son projet
d’élaboration du volet « inondation » du PCS.
Objectif
Pour évaluer le PCS existant et tout particulièrement
son volet « inondation ».
Pourquoi
Le questionnaire proposé est scindé en deux parties :
> une première partie généraliste qui concerne l’organisation générique du PCS ;
> une seconde partie orientée sur le risque inondation, composée
de questions dont la réponse peut susciter des interrogations
Comment complémentaires. L’objectif de ce questionnement est d’identifier les
faire ? procédures du volet « inondation » du PCS à développer, à conforter ou
à modifier. De même les réponses à certaines questions peuvent aboutir
à des réflexions sur la mise en place de mesures de prévention.
Le questionnaire proposé est à adapter en fonction des besoins et caractéristiques
de la commune. Il peut être utilisé soit dans sa globalité pour évaluer l’ensemble
Important de l’organisation, soit de manière sectorielle pour évaluer un sujet en particulier.
P. 30 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> A.1. AUTO-ÉVALUER LES DISPOSITIONS GÉNÉRALES DU PCS
> CADRE GÉNÉRAL Oui Non
La commune est-elle soumise à un Plan de Prévention des
Risques (PPR Inondation ou Littoral) ou à un Plan Particulier
d’Intervention (PPI) en cas de rupture de Grand Barrage ?
La commune dispose-t-elle d’un Plan Communal de Sauvegarde ?
Le Plan Communal de Sauvegarde a-t-il été mis à jour depuis moins de 5 ans ?
Le PCS est-il connu des élus et des agents ?
La répartition de la population par secteurs, par quartiers, ou
hameaux, selon les périodes de l’année est-elle connue ?
Les établissements sensibles sur la commune sont-ils identifiés ?
Les personnes vulnérables à domicile sont-elles connues ?
Les entreprises (industries, commerces et exploitations)
sont-elles connues et recensées ?
Les réseaux urbains (électricité, eau, gaz, communications, assainissement,
chauffage urbain, transport...) sont-ils connus et recensés ?
L’ensemble de ces données est-il accessible et exploitable en
situation de crise, notamment sous format cartographique ?
La commune dispose-t-elle d’un annuaire avec les coordonnées des élus,
agents, exploitants, opérateurs des différentes entités (ERP, entreprises…) ?
Les données relatives aux enjeux sont-elles régulièrement mises à jour ?
Les derniers évènements vécus sur la commune sont-ils connus ?
Ont-ils fait l’objet d’un retour d’expérience ?
> ORGANISATION DE GESTION DE CRISE Oui Non
Une astreinte « élus » est-elle organisée ?
Une astreinte « technique » est-elle organisée ?
Les modalités de contact permanent avec la préfecture sont-elles
organisées (réception des alertes préfectorales) ?
Un Poste de Commandement Communal (PCC) est-il prévu ?
Les modalités d’armement (procédure, emplacement du PCS et des
cartes…) et de fonctionnement du PCC (plans...) sont-elles prévues ?
La commune dispose-t-elle de moyens de transmission
(autres que téléphones) utilisables en cas de crise ?
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 31
> RECENSEMENT ET MOBILISATION DES MOYENS Oui Non
La commune dispose-t-elle de moyens logistiques ?
Ces moyens sont-ils recensés dans le PCS ?
Le recensement des moyens est-il mis à jour régulièrement ?
Les modalités de leur emploi en cas de crise sont-elles déterminées ?
Des moyens intercommunaux sont-ils mobilisables en cas de crise ?
Ces moyens sont-ils recensés dans le PCS ?
Les modalités de leur emploi en cas de crise sont-elles déterminées ?
Des moyens (autres que publics) sont-ils mobilisables sur le
territoire communal : entreprises, exploitation agricole… ?
Ces moyens sont-ils recensés ?
Des procédures de contact avec leurs détenteurs sont-elles établies ?
Existe-t-il un recensement des citoyens de bonne volonté mobilisables au
travers d’associations, d’autres organismes ou par initiative individuelle ?
Une procédure de mobilisation de ces bonnes volontés est-elle préparée ?
> ORGANISATION DE L’ALERTE ET Oui Non
DE L’INFORMATION DES POPULATIONS
La commune dispose-t-elle d’un dispositif propre d’alerte des populations :
automates d’appels en masse, véhicule « haut-parleur », sirène… ?
Des modalités d’activation de l’alerte communale sont-elles
prévues 7 jours sur 7 et 24h/24 ?
Ces modalités prévoient-elles le rôle des personnes chargées de
cette action et les modes d’emploi des différents systèmes ?
La population est-elle informée régulièrement de l’existence de ces dispositifs ?
P. 32 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> ORGANISATION DU SOUTIEN DES POPULATIONS Oui Non
Les lieux susceptibles de faire office de centre d’accueil
et de regroupement (CARE) sont-ils recensés ?
Leurs capacités d’accueil et de couchage sont-elles connues ?
Les modalités de mise en œuvre du ou des CARE sont-elles définies ?
Un recensement des lits, couchettes et matelas mobilisables
sur le territoire existe-t-il dans le PCS ?
Des capacités de ravitaillement des populations sont-elles
recensées (nourriture et eau potable) ?
> A. 2. AUTO-ÉVALUER LES DISPOSITIONS INONDATION DU PCS
> INFORMATION INITIALE DES POPULATIONS Oui Non
La population et les différentes entités (ERP, entreprises, réseaux…) sont-elles
informées préventivement du risque d’inondation existant dans la commune ?
Les exploitants ou opérateurs (ERP, entreprises, réseaux…)
sur la commune ont-ils été incités à préparer leur propre
organisation de gestion de crise face aux inondations ?
Les habitants des zones inondables sont-ils invités à
se préparer à faire face aux inondations ?
> VIGILANCE ET SUIVI Oui Non
Une procédure interne à la mairie de prise en compte
d’une vigilance météo ou crues est-elle prévue ?
Une organisation communale de suivi de la montée des eaux (par évaluations
locales et/ou informations en provenance d’organismes) est-elle prévue ?
> ÉVALUATION DE L’IMPACT ET RÉPONSE Oui Non
La commune dispose-t-elle de documents, bases de données et autres
outils pour lister les enjeux concernés par la montée des eaux (populations
en habitat individuel ou collectif, en habitat de plain-pied, population
vulnérable, établissements recevant du public, entreprises, bâtiments
d’exploitation agricole, réseaux de transport ou de fluides…) ?
La commune dispose-t-elle de documents, bases de données et autres
outils permettant de suivre l’impact de la montée des eaux ?
La commune dispose-t-elle de documents, procédures ou outils pour
mettre en place des actions en fonction de la montée des eaux ?
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 33
> ALERTE ET INFORMATION DES POPULATIONS Oui Non
Des procédures d’alerte des populations concernées
en cas d’inondation sont-elles prévues ?
Des procédures d’alerte spécifiques pour certains types de
populations (notamment les populations vulnérables) ou enjeux
sensibles en cas d’inondation sont-elles prévues ?
Le délai nécessaire pour alerter la population comprise
dans les zones inondables est-il estimé ?
Ce délai est-il compatible avec la cinétique de l’évènement ?
La population est-elle régulièrement informée des
consignes à appliquer en cas d’alerte ?
Des moyens sont-ils prévus pour informer régulièrement les habitants
des zones inondées de l’évolution de la situation en cas d’évènement ?
La population est-elle régulièrement informée des procédures à mettre
en place en phase post évènement (nettoyage, assurances) ?
La population est-elle incitée à préparer un Plan Familial
de Mise en Sûreté (PFMS) et un kit d’urgence ?
> DÉPLOIEMENT DES MESURES Oui Non
Des ouvrages de protection collective contre les inondations existent-ils ?
Des mesures de surveillance ou de renforcement des ouvrages de
protection collective contre les inondations sont-elles prévues ?
Des mesures de contrôle ou de nettoyage sont-elles
prévues en cas de mise en vigilance ?
La surveillance de la formation d’éventuels embâcles
dans les cours d’eau en crue est-elle prévue ?
Une procédure pour lutter contre ces phénomènes existe-t-elle ?
Des moyens spécifiques de lutte contre les effets des
inondations existent-ils dans la commune ?
Les zones de premiers débordements sont-elles connues ?
L’évacuation des habitants en zones inondables / inondées est-elle
prévue et anticipée ? (À pied sec /en présence d’eau)
Une procédure d’évacuation préventive des parkings et routes
situés en zone inondable est-elle prévue en cas d’inondation ?
Des zones non inondées permettant de stocker
les véhicules sont-elles identifiées ?
Des mesures permettant la mise à l’abri d’équipements
publics en zone inondable sont-elles prévues ?
P. 34 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> DÉPLOIEMENT DES MESURES Oui Non
L’information des entreprises en zone inondable est-elle anticipée ?
Une assistance à la mise à l’abri des biens et des bâtiments des particuliers (pose
de batardeaux, par exemple) avant l’arrivée du phénomène est-elle anticipée ?
Les personnes isolées et fragiles sont-elles prises en compte par une
procédure d’assistance à l’évacuation et à la mise à l’abri de leurs biens ?
Une procédure de recensement des populations évacuées
et accueillies dans les CARE est-elle prévue ?
Les animaux domestiques et d’élevage sont-ils pris en
compte dans les procédures de gestion de crise ?
Un plan de déviation et de bouclage de la circulation routière
spécifique aux zones inondables est-il prévu ?
IMPORTANT
Sur la base des résultats de cette auto-évaluation,
la commune peut déterminer son plan d'action
pour améliorer son dispositif.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 35
FICHE : RECENSER ET
CONNAITRE LE RÔLE DES
ACTEURS DU TERRITOIRE
En cas d’inondation et pour obtenir une réponse opérationnelle adaptée au territoire, résiliente et har-
monisée entre les différents acteurs, il convient au préalable de partager les connaissances respectives
sur le phénomène, ainsi que les procédures et habitudes de travail de chacun. De nombreux partenaires
sont donc à associer à la démarche. Le recensement et la connaissance du rôle et des missions des diffé-
rents acteurs du territoire en situation de gestion de crise apparaissent ainsi comme fondamentaux pour
réagir efficacement.
Cette fiche a pour objectifs de rappeler les rôles et missions des
différents acteurs du territoire et d’expliquer quels peuvent être
Objectif les apports de chacun avant, pendant et après l’inondation.
Pour mieux préparer les acteurs du territoire à faire
face aux différents évènements possibles.
Pourquoi Réduire les conséquences des inondations sur ces acteurs.
Identifier tous les acteurs du territoire pouvant être
concernés, de près ou de loin, par l’inondation.
Pour chaque acteur :
> identifier son niveau d’exposition et les conséquences sur son
Comment fonctionnement ;
faire ?
> comprendre son organisation ;
> connaitre son rôle et ses missions en situation de crise.
Mieux connaitre les rôles et missions des différents acteurs du
territoire permettent à chacun de mieux agir en situation réelle en
Important sachant qui doit faire quoi, pourquoi il le fait et comment.
P. 36 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
Mieux connaitre le ou les risques auxquels nous Ils doivent informer le maire de tout risque de sur-
sommes exposés sur nos lieux de vie (habitat, loi- verse, de brèches, de dépassement du niveau de
sirs, travail…) et savoir s’y préparer est de la respon- protection de l’ouvrage… Il est essentiel de les infor-
sabilité de tous. La connaissance des phénomènes, mer, voire de les convier à la réflexion sur le volet
de leurs conséquences tout comme la connaissance « inondation » car ils peuvent avoir des études, tra-
mutuelle des rôles et des missions de chacun des vaux et projets pour mieux prendre en compte le
différents acteurs en cas d’évènement participe à risque inondation sur le territoire.
cette préparation.
> LES EXPERTS
> B . 1. ASSOCIER LES PARTENAIRES Le Service de Prévision des Crues (SPC), Météo-
SPÉCIFIQUES AU RISQUE France, ou l'ONF-RTM si vous êtes en territoire de
INONDATION montagne peuvent être utilement consultés. Ils
peuvent disposer de données et prodiguer des
> LES SYNDICATS DE RIVIÈRE OU DE conseils techniques utiles à la définition des seuils
BASSIN ET LES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS locaux de déclenchement du plan d’intervention
TERRITORIAUX DE BASSIN (EPTB) gradué.
La gestion équilibrée des usages de l’eau et la prise
en compte des risques d’inondations sont essen-
> B. 2. MOBILISER LES PARTENAIRES
tielles pour un développement équilibré des acti- DE LA GESTION DE CRISE
vités humaines à l’échelle d’un bassin versant.
Les syndicats de bassin interviennent en ce sens
> LES SERVICES DE L’ÉTAT
et sont, pour certains, en capacité d’accompa- S’ils ne sont pas forcément associés à l’ensemble
gner la démarche du volet « inondation » des PCS. de la démarche PCS, des échanges avec les services
Ils peuvent apporter un appui technique utile en de l’État (préfecture, DDT(M), DDPP...) peuvent per-
matière de connaissance du territoire, de fonction- mettre de partager des données clés en matière de
nement des cours d’eau et d’analyse des données connaissance des risques, des dispositifs de surveil-
hydro-météorologiques. Certains se sont par ail- lance et d’alerte et d’articulation de l’organisation
leurs organisés pour contribuer à la gestion de crise de crise locale avec les planifications supra-commu-
(surveillance, information…). nales de type ORSEC. La préfecture doit être infor-
> LES PORTEURS DE PROGRAMMES mée des travaux du PCS.
D’ACTIONS POUR LA PRÉVENTION > LES INTERCOMMUNALITÉS
DES INONDATIONS (PAPI)
Les intercommunalités ont la possibilité de mettre
Si votre commune est située sur un bassin versant en place des plans intercommunaux de sauvegarde
concerné par un PAPI labélisé, des actions de ce ou de proposer, a minima, des moyens humains,
programme (surveillance, gestion de crise, études…) matériels et techniques supplémentaires à la com-
peuvent vous aider et contribuer à votre projet com- mune. Elles ont un rôle clé dans l’expression de la
munal d’élaboration ou de révision du volet inon- solidarité intercommunale.
dation du PCS. Il est fortement conseillé de se
> LES COMMUNES VOISINES
rapprocher du porteur de ce programme pour l’in-
former, l’associer à votre démarche et voir en quoi Dans une logique d’anticipation et de gestion
elle peut s’intégrer dans le programme en cours et « amont-aval » des inondations sur un bassin versant
éventuellement bénéficier d’appuis spécifiques. et du fait des solidarités de proximité possibles en
cas de crise, il parait fondamental d’informer voire
> LES PORTEURS DE GEMAPI (GESTION
DE L’EAU, DES MILIEUX AQUATIQUES d’associer les communes voisines à la démarche.
ET PRÉVENTION DES INONDATIONS) Les échanges menés entre communes sont l’occa-
sion d’identifier ou de réaffirmer les collaborations,
Les porteurs de GEMAPI (compétence des EPCI de les mutualisations de moyens, les actions d’anticipa-
type communauté de communes, d’agglomération, tion ou les réponses à apporter de façon conjointe
Métropoles ou syndicats de rivières) ont aujourd’hui ou complémentaire. Ils favorisent la connaissance
de nombreuses compétences et de responsabilités mutuelle des pratiques et des actions program-
dans le domaine de la gestion des risques. Ils ont en mées et contribuent à la cohérence et à la bonne
charge la surveillance des ouvrages hydrauliques. articulation des réponses sur le territoire.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 37
EXEMPLE FICHE DE SYNTHÈSE INONDATION
CONCERNANT LA COMMUNE D’ACHÈRES
PAGE 1/2
Source : SDIS 78, 2019
P. 38 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
EXEMPLE FICHE DE SYNTHÈSE INONDATION
CONCERNANT LA COMMUNE D’ACHÈRES
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Source : SDIS 78, 2019
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 39
> LES SERVICES DE SECOURS ET DE > B. 3. IMPLIQUER LES ACTEURS
SÉCURITÉ (SAPEURS-POMPIERS, DU TERRITOIRE
GENDARMERIE ET POLICE NATIONALE)
Les services de secours sont des partenaires obli- > L’ÉQUIPE MUNICIPALE
gatoires de la collectivité en cas d’inondation. Ils Les travaux sur le volet « inondation » du PCS consti-
disposent souvent de données issues de retours tuent un projet communal autour duquel les diffé-
d’expérience d’évènements passés (historiques des rentes équipes de la collectivité doivent se mobiliser.
interventions, situations ayant causé des victimes Son élaboration nécessite un travail pluridiscipli-
et des dégâts importants...). De plus, ils sont inté- naire (risques, urbanisme, eau-assainissement,
ressés par la démarche pour recueillir des infor- déchets, transport, scolaire, voirie, police munici-
mations à intégrer dans leurs propres procédures pale…) et inter-équipe pour bénéficier des compé-
opérationnelles (routes impraticables, lieux d’ac- tences et des expériences croisées de tous. Au-delà
cueil des évacués...). des services, les élus doivent porter la démarche. Ils
> LES ASSOCIATIONS AGRÉÉES disposent de la connaissance du territoire. De plus,
DE SÉCURITÉ CIVILE les élus sont ceux qui auront la charge d’utiliser et
de faire fonctionner le PCS. Leur implication lors des
Les associations agréées de sécurité civile (article phases de l’élaboration est donc primordiale, que ce
L.725-3 du Code de la Sécurité Intérieure) sont soit sur le fond du document (données ou informa-
engagées, à la demande de l'autorité de police com- tions à faire apparaître) ou sur la forme (quelle mise
pétente (maire ou préfet) pour participer aux opéra- en page appliquer, quel jeu de couleur...). En effet,
tions de secours et à l'encadrement des bénévoles pour que le document soit utilisé et « opération-
dans le cadre des actions de soutien aux popula- nel », il faut qu’il soit « validé » et compréhensible
tions. Elles peuvent être mobilisées en cas d’évène- par l’ensemble des acteurs.
ment pour assister la commune dans différentes
missions prédéfinies du PCS. Les échanges lors
de la démarche sont utiles pour clarifier leur rôle,
leur apport et leur insertion dans l’organisation
communale.
Mobilisation des bénévoles de la Protection Civile - crues du Var de juin 2010 © IRMa, Sébastien GOMINET, 2010
P. 40 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> LES ÉTABLISSEMENTS RECEVANT
IMPORTANT DU PUBLIC ET AUTRES ÉTABLISSEMENTS
SENSIBLES ET STRATÉGIQUES
En fonction de la complexité du territoire et
Il est recommandé d’associer à la démarche les
des contraintes, notamment en termes de
gestionnaires des enjeux sensibles et stratégiques,
moyens, la collectivité peut choisir de s’appuyer
prioritaires au regard du risque. En effet, ces éta-
sur un prestataire pour l’aider. Sans vouloir
blissements (écoles, crèches, maisons de retraite,
recommander un travail systématique en
campings, sites industriels, zones commerciales…)
régie, il semble particulièrement important
doivent se préparer au travers de leurs plans
d’insister sur le fait que la collectivité doit être
internes à faire face à une inondation. Il est essentiel
impliquée au premier chef dans la construction
de favoriser une connaissance réciproque, d’identi-
de son dispositif de gestion de crise. Elle doit
fier les interactions opérationnelles et de veiller à
en connaitre et maitriser les principes ainsi
une mise en cohérence de l’ensemble des disposi-
que l’activation et le déploiement. Il ne faut, en
tions et des réponses prévues à chaque niveau.
effet, pas oublier que le propre d’une crise, et
particulièrement d’une inondation, est de bien
souvent isoler les acteurs et les collectivités qui ILLUSTRATION
doivent alors gérer seules durant les premières
heures de l’évènement. Une dépendance trop La ville de Grenoble a engagé en 2016, avec
forte à une prestation externe pour déployer son l’IRMa, une démarche de réalisation de Plans
plan peut en ce sens fragiliser l’organisation. d’Organisations et de Mises en Sûreté dans
les Établissements (POMSE) pour aider leurs
responsables à savoir comment réagir et
> LES GESTIONNAIRES DE RÉSEAUX mettre en sûreté les salariés et les usagers en
cas de risques majeurs : [Link]
En concertation avec les pouvoirs publics, les ges- [Link]/01actualite/01articles_
tionnaires de réseaux (eau potable, électricité, gaz, [Link]?id_actualite=691
axes routiers, télécommunications…) doivent agir,
en cas d’inondation ou lors de tout autre phéno-
mène à risque, pour limiter les conséquences et
pour réduire le plus possible la durée des coupures
de réseaux. Il est conseillé d’échanger avec les ges-
tionnaires de réseaux, afin de réaliser avec eux un
diagnostic des installations exposées aux différents
phénomènes d’inondations. Ces diagnostics visent
à déterminer quels sont les réseaux qui peuvent
être impactés, à anticiper des mesures préventives,
d’éventuelles coupures ou une réorganisation du
service, et estimer le temps de remise en service.
IMPORTANT
Il est fortement conseillé de vérifier avec
le fournisseur électrique de la commune
que la mairie sera toujours alimentée
en électricité pendant l’inondation, tout
comme les bâtiments envisagés pour
accueillir temporairement les sinistrés...
Plaquette POMSE © IRMa, 2017
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 41
> LA POPULATION > LA RÉSERVE COMMUNALE DE
SÉCURITÉ CIVILE (RCSC)
La loi du 13 août 2014 de modernisation de la sécu-
rité civile met en avant le rôle du citoyen comme Travailler sur le volet « inondation » du PCS doit
premier acteur de la sécurité civile. À ce titre, il est être l’occasion d’associer et de préparer la Réserve
fondamental d’informer la population de l’existence Communale de Sécurité Civile qui viendra en sou-
de dispositions communales spécifiques pour gérer tien des équipes municipales en cas d’évènement.
les risques d’inondation. Informer les citoyens sur Il s’agira notamment de définir et de tester les mis-
l’inondation grâce à une synthèse du contenu du PCS sions susceptibles d'être confiées à la RCSC en cas
est essentiel. Nombre d’outils communaux peuvent d’inondation. On peut citer par exemple :
être mobilisés en ce sens : DICRIM, site internet, bul- > l’accueil des sinistrés dans un
letin municipal, information via les comités de quar- centre de regroupement ;
tier, organisation de réunions dédiées…
> la participation à l'alerte des populations
ou à l'évacuation d'un quartier ;
ILLUSTRATION > l’aide à la protection des biens des
personnes en zone inondable ;
Certaines communes mettent à disposition
de la population une version adaptée et
> le suivi des personnes vulnérables ;
pédagogique du PCS et des volets « spécifiques » > la surveillance de digues ou de cours d'eau ;
du plan dont celui sur l’inondation. > l’aide à la mise en place du poste de
commandement communal ;
Cette information doit permettre une meilleure > l’aide au nettoyage et à la remise
appropriation des réflexes et de l’organisation en en état des habitations ;
cas de crise et donc une préparation optimisée > l’aide aux sinistrés dans leurs
pour faire face à un évènement. Elle contribue éga- démarches administratives ;
lement à la responsabilisation par l’identification > la collecte et distribution de dons
de la conduite à tenir et des capacités d’action que au profit des sinistrés.
chacun peut avoir à son niveau tant en prévention
qu’en réaction face à l’évènement. Certains citoyens
ou groupes de citoyens peuvent par ailleurs jouer IMPORTANT
un rôle actif tant en prévention qu’en gestion de
l’évènement et du post-évènement. La réserve communale de sécurité civile, pour
être efficace et performante, a besoin de vivre
et d’être mobilisée régulièrement. Il convient
ILLUSTRATION donc, dans l’idéal, d’équiper la réserve avec
du matériel spécifique (tenues, véhicules, etc.)
Sur certains territoires (ex : sur bassin versant et de la convier à diverses manifestations,
de l’Arc dans le département des Bouches-du- actions et projets tout au long de l’année
Rhône en lien avec le Syndicat d’Aménagement pour s’assurer de son opérationnalité et
du Bassin de l’Arc - SABA), des citoyens ne pas démotiver les bénévoles (gestion
« sentinelles » sont identifiés, formés et préparés de manifestation, suivi de campagne
à surveiller des parties de cours d’eau, des zones d’information, distribution du DICRIM, etc.).
de premiers débordements, ou des secteurs
particulièrement exposés aux inondations en
fonction des niveaux de vigilance. Ces remontées
de terrain en des points stratégiques sont POUR EN SAVOIR PLUS :
une aide précieuse pour disposer en poste de
commandement d’une vision claire de la situation. Consultez la plaquette du Ministère de
D’autres citoyens peuvent également avoir l’Intérieur : [Link]
une mission de référent de quartier, de relais fr/content/download/91719/714583/
des informations et de l’alerte sur des secteurs file/plaquette_RCSC.pdf
particulièrement sensibles. Cette situation a
Consultez le guide du CEPRI : [Link]
par exemple été rencontrée sur la commune de
Roquevaire sur le bassin versant de l’Huveaune [Link]/tl_files/Guides%20CEPRI/
dans le département des Bouches-du-Rhône. Guide%20reserve%[Link]
P. 42 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE : DIAGNOSTIQUER LE
RISQUE SUR LE TERRITOIRE POUR
UNE APPROCHE GESTION DE CRISE
De nombreuses informations existent sur les crues les données disponibles puis de les exploiter
et les inondations. Elles sont produites par de multi- pour les rendre utilisables en gestion de crise.
ples acteurs en fonction de leurs besoins mais rare- Dans un second temps, si nécessaire, la produc-
ment pour la gestion de crise. Dans le cadre de la tion de données supplémentaires manquantes
démarche PCS, il s‘agit en premier lieu d’identifier peut être envisagée.
Élaborer pour chacun des phénomènes pouvant générer des
inondations sur le territoire communal un scénario de
Objectif conséquences avec des niveaux de gravité.
Éviter de se faire surprendre par rapport aux phénomènes
possibles (le séisme d’Indonésie de 2004 ou la tempête
Xynthia de 2010 ont remis en avant les risques de tsunamis
ou de submersion marine alors qu’il existe de nombreux
témoignages ou données historiques sur de tels évènements
Pourquoi au niveau de nos territoires).
Disposer d’une première base de travail pour élaborer un plan
d’intervention gradué pour chacun des phénomènes identifiés.
Identifier tous les phénomènes possibles sur le territoire et
les caractériser (vitesse de montée des eaux, zone inondée
selon les hauteurs d’eau ou durée de submersion).
Pour chaque phénomène :
Comment
faire ? > déterminer les conséquences sur le territoire ;
> définir des niveaux de gravité des conséquences.
Le nombre de scénarios est fonction du contexte communal.
Le travail réalisé (définition des scénarios, des niveaux de gravité et les cartes
associées) n’a pas de portée réglementaire en termes d’urbanisme, il s’agit
Important uniquement d’éléments d’aide à la décision pour la gestion de crise.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 43
Les sources d’information sont multiples, internes à Une fois l’identification faite des phénomènes
la commune (riverains, services techniques, obser- « simples » menaçant la commune, le résultat
vateurs particuliers…) mais aussi externes : services attendu est d’aboutir pour chacun d’eux à établir
de l’État (DDT(M), SPC…), Météo-France, syndicat de un scénario progressif d’évolution du phéno-
rivière, établissements publics territoriaux de bas- mène en fonction de son intensité, c’est-à-dire
sin, archives départementales, universités… allant des premiers débordements aux cas les
La connaissance préalable du risque inondation plus extrêmes. Il s’agit de définir les emprises terri-
peut se présenter sous des formes très variées : toriales concernées en fonction des intensités.
> archives historiques (dossiers, Cette approche de gestion de crise est à bien distin-
photographies, courrier…) ; guer de celle de gestion de l’aménagement du ter-
ritoire qui s’appuie sur les Plans de Prévention des
> relevés de hauteurs ou laisses de crues ; Risques (d’inondations ou littoraux). Le niveau d’aléa
> dossiers sur le risque d’inondation ; utilisé pour établir le PPRI (ou PPRL) n’est qu’un des
> repères de crues historiques ; niveaux d’intensité à retenir pour le PCS.
> études hydrauliques ou hydrologiques ; Le choix de niveaux à étudier doit être fait avec
> documents réglementaires (PPRI, PPRL, RIC) ; discernement. L’objectif important pour la ges-
tion de crise est d’arriver à établir un lien entre
> documents d’informations, de porter
à connaissance (AZI, ZIP, TRI…) ; chacun des niveaux d’intensité retenus et des
repères exploitables par la commune quant à
> … l’emprise du territoire impacté (hauteur d’eau à
une échelle limnimétrique locale ou amont ou autre
> C. 1. IDENTIFIER LES PHÉNOMÈNES point de repère local, débits prévus, intensité de
SUR LES TERRITOIRES ET LEURS pluie, niveau de protection d’une digue, repères de
CARACTÉRISTIQUES crues …). Ce lien peut être établi à partir :
L’identification et la caractérisation de tous > des données des services de
les phénomènes pouvant générer des inonda- prévision des crues ;
tions sur le territoire communal sont le point de > de la documentation existante ;
départ de la démarche de préparation. Il s’agit de
prendre en compte tout le réseau hydrographique > de l’expérience passée et des
retours d’expérience ;
du territoire, c’est-à-dire l’ensemble des éléments
naturels (rivières, torrents, ruisseaux, nappe, mer, > de la connaissance empirique des
océan) ou artificiels (réseaux, canaux), drainant riverains et des services ;
l’eau, de manière permanente ou temporaire. > d’observations à dire d’expert.
Dans le cas de la submersion marine ou de la rup-
ture d’ouvrages hydrauliques (digues ou barrages),
il faut bien penser que l’eau peut se propager loin ILLUSTRATION
à l’intérieur des terres. Des zones basses éloignées
peuvent ainsi être inondées.
Le travail est d’abord à mener sur les phénomènes
« simples » d’inondation, c’est-à-dire ceux où un
seul évènement est à l’origine de l’inondation sur le
territoire :
> crue du cours d’eau principal ;
> fortes précipitations sur la commune ou à
proximité engendrant une réaction locale des
« petits » cours d’eau ou du réseau pluvial ;
> rupture d’un ouvrage hydraulique Repère de crue sur la Garonne
(barrage, digue) ;
– crue de mars 1930
> remontée de nappe ;
> submersion marine ;
> tsunami ou raz de marée.
P. 44 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
Le résultat recherché pour cette étape est d’arriver, Il faut bien avoir conscience que ce travail sur les
pour chacun des phénomènes identifiés, à recueil- scénarios et les niveaux d’intensité a pour fina-
lir les informations disponibles permettant de les lité de donner des repères et d’aider à anticiper
caractériser par rapport au territoire, et tout parti- la prise de décisions. Il n’a donc aucune portée
culièrement celles sur : réglementaire notamment en termes d’aménage-
> les repères de terrain exploitables pour ment. Il s’agit d’estimer au mieux l’aléa, c’est-à-dire
définir l’intensité du phénomène ; de manière la plus réaliste possible. Le principe est
d’arriver à définir, si possible rapidement et simple-
> les zones de premiers débordements ; ment, des ordres de grandeur, des intervalles et des
> les hauteurs d’eau dans ces zones ; cartes utilisables. Il ne faut pas perdre du temps et
> la vitesse de montée des eaux ; des moyens pour tenter d’avoir des résultats extrê-
> les différentes emprises géographiques mement précis.
selon l’intensité du phénomène ;
> la durée potentielle de submersion.
IMPORTANT
Le travail de préparation consiste d’abord à faire le
point sur les données existantes (cf. tableau page Malgré le travail de planification, la multiplicité
suivante) puis à les exploiter pour aboutir à une des facteurs conduisant à une inondation
représentation de plusieurs niveaux d’intensité de fait que l'on ne peut jamais prévoir son
chacun des phénomènes. déroulement exact.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Quatre types de méthodes permettent de inondations, à partir de débits prédéterminés,
produire des données géographiques sur afin de calculer en tout point du champ
l’aléa inondation : d’inondation les caractéristiques de
> l’approche historique consiste à l’écoulement (hauteur et vitesse). Plusieurs
cartographier les zones inondables à partir types de modèles hydrauliques et de
d’une ou plusieurs crues/submersions paramètres peuvent être utilisés (1D, 2D, à
marines réellement constatées (relevés in casiers, en régime permanent, transitoire…) ;
situ de laisses de crues/de mer, repères de > les méthodes numériques alternatives,
crues/submersions marines historiques, telles que le modèle EXZECO, qui permet
interprétation de photographies aériennes ou de déterminer des zones potentiellement
satellites, archives…) ; inondables à l’aide des modèles numériques
> la méthode hydrogéomorphologique de terrain (c’est-à-dire une représentation
(HGM) consiste en une analyse de traces numérique de la topographie), notamment
morphologiques et sédimentologiques qui sur de petits bassins versants.
permettent d’identifier les différentes entités Peu importe la méthode utilisée, les
de la plaine alluviale (lit mineur, moyen et enveloppes de zones inondables (ou
majeur, sièges des crues les plus fréquentes inondées) qui en résultent peuvent être utiles.
aux crues les plus exceptionnelles) ou de la Il faut seulement connaitre les hypothèses
zone littorale (dynamiques sédimentaires, prises en compte et les limites d’utilisation
zone de cordons dunaires) ; des méthodes.
> les modélisations hydrauliques
consistent à simuler numériquement des
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 45
PRINCIPALES CARTOGRAPHIES DES ZONES INONDABLES
PRODUITES PAR LES SERVICES DE L’ÉTAT
Nom et
Limites
destination Description, commentaires Producteur Couverture Utilisation
d'utilisation
originelle
Connaissance des phénomènes DREAL. Échelle : Sur la Tous types :
d’inondation par débordement 1/25000. grande Localiser le
des cours d’eau. AZI HGM : majorité phénomène
En fonction des cours d’eau/ pas de des cours d’inondation
littoral, utilisation de différentes référence à d’eau (à première
méthodes (historique, un débit ou à principaux. vue).
hydrogéomorphologique (HGM) une mesure Améliorée
Pour les AZI
Atlas des ou modélisation hydraulique). de hauteur au fur et à
HGM : avoir
Zones d’eau. mesure.
Enveloppe plutôt maximaliste une idée de
Inondables des inondations par la progres-
(AZI) débordement de cours d’eau sivité des
Information ou par submersions marines. inondations.
préventive Si méthode HGM : première
idée de la progressivité des
inondations sur le cours d’eau
(lit mineur/moyen/majeur) ou
sur le littoral, même s’il n’est pas
possible d’y associer directement
une mesure (débit ou hauteur)
et une période de retour.
Enveloppe utilisée pour la DREAL. Échelle : France Identifier les
réalisation de l’Évaluation Rassem- 1/100000. entière. zones non
Préliminaire des Risques blées par Pas de carac- 2011. inondables.
d'Inondation (EPRI). le Cerema térisation de Localiser le
Agglomération de différents pour la l’aléa en hau- phénomène
types de zones potentiellement DGPR. teur d’eau d’inondation
inondables, parmi lesquelles : ou en débit. (à première
> les Atlas des Zones vue), en
Enveloppe Inondables (AZI) ; particulier
Approchée > les zonages des Plans en tête
des de bassin
de Prévention des
Inondations versant.
Risques d’Inondation,
Potentielles ou de submersion ;
(EAIP) > les zones inondées
Information constatées (Plus Hautes
préventive Eaux Connues après crues,
laisses de crue/de mer...) ;
> les zones de formations
d'alluvions récentes le long
des cours d’eau, issues des
cartes géologiques du BRGM ;
> l’enveloppe issue du
modèle EXZECO (25m)
présenté ci-après.
P. 46 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
PRINCIPALES CARTOGRAPHIES DES ZONES INONDABLES
PRODUITES PAR LES SERVICES DE L’ÉTAT
Nom et
Limites
destination Description, commentaires Producteur Couverture Utilisation
d'utilisation
originelle
Méthode simple développée par Cerema. Échelle : MNT 25 m : Déterminer
le Cerema, qui permet, à partir 1/10 000 (in- France en première
de la topographie, d’obtenir dicatif) voire entière. approche
des emprises potentiellement plus pour MNT 5 m : des zones
inondables sur de petits bassins Exzeco 5 m. secteurs de potentielle-
versants, tout en couvrant des Pas de carac- l’arc médi- ment inon-
EXZECO zones potentiellement étendues. térisation de terranéen. dables sur
Utilisée initialement pour la l’aléa en hau- les parties
directive inondation avec des teur d’eau amont des
modèles numériques de terrain ou en débit. bassins
au pas de 25 mètres, la méthode versants.
est aujourd’hui utilisée avec
des MNT au pas de 5 mètres.
Outil de planification urbaine DDT(M). Échelle Communes Localiser le
permettant aux services de l'État fonction concernées phénomène
de réglementer la construction du secteur par un d’inondation
en zone inondable (interdiction d’étude. arrêté de selon le
de construction, prescriptions). Seul un prescription niveau
Caractérisation des zones scénario est de PPRI. d’intensité
aléas (fort/moyen/faible) représenté, de référence
pour l’évènement centennal appelé crue (centennal).
Plan de ou plus fort évènement de référence,
Prévention connu s’il est supérieur. en général
du Risque Caractérisation de l’aléa sur le ou
d’Inon- submersion marine les cours
dation en tenant compte du d’eau prin-
(PPRI) changement climatique. cipaux de la
et de sub- commune.
Croisement avec les
mersion enjeux afin de définir un Si le zonage
(PPRL) zonage réglementaire. réglemen-
Réglemen- taire des
Ce sont les données d’aléa qui
tation PPRI est
intéressent la commune, ou au
toujours
minimum l’enveloppe du zonage
disponible,
réglementaire (enveloppe de
les zonages
l’évènement dit de référence).
d’aléas des
PPRI les plus
anciens ne
le sont pas
toujours.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 47
PRINCIPALES CARTOGRAPHIES DES ZONES INONDABLES
PRODUITES PAR LES SERVICES DE L’ÉTAT
Nom et
Limites
destination Description, commentaires Producteur Couverture Utilisation
d'utilisation
originelle
Dans tous les Territoires à DREAL de Échelle : Dans tous Avoir une
Risques Importants d’Inondations bassin. 1/25000. les TRI. idée de
(TRI), une cartographie des Se référer la pro-
surfaces inondables couvre au rapport gressivité
les zones géographiques de présen- des inon-
susceptibles d’être inondées tation de dations
selon trois niveaux d’intensité : la carto- selon trois
aléa fréquent, de forte graphie de niveaux
probabilité, pour une période chaque TRI. d’intensité.
Cartogra- de retour de 10 à 30 ans ;
phie des aléa moyen, probabilité
surfaces moyenne, pour une période
inondables de retour probable supérieure
dans les TRI ou égale à 100 ans ;
Information aléa extrême, faible probabilité,
préventive soit une période de retour
d’environ 1000 ans.
Pour chaque niveau, les éléments
suivants apparaissent : l’étendue
de la zone inondable, les hauteurs
d’eau ou les cotes exprimées dans
le système de nivellement général
de la France, selon le cas et le cas
échéant, la vitesse du courant ou
le débit de crue correspondant.
Sur les cours d’eau du dispositif SPC. Échelle : En cours de Avoir une
Vigicrues, alimentée par les À deman- 1/25000, déploie- idée de la
services de prévision des crues, der au voire plus ment : progres-
cette base de données est DDT (M). précise. Demander sivité des
constituée pour les besoins de la Se référer aux DDT(M). inonda-
gestion de crise. Elle recense : à la fiche tions selon
> systématiquement, l’enveloppe descriptive plusieurs
Zones
de la zone inondée ; de chaque niveaux
inondées
« ZIP ». d’intensité.
potentielles > en complément, un découpage
(ZIP) de cette enveloppe par
Pour classes de hauteur d’eau (iso-
la gestion classes de hauteur d’eau) ;
de crise > plus rarement, les lignes de cote
d’inondation (isocotes) de la zone inondée
exprimées dans le système de
nivellement général de la France.
Toutes sont associées à une
hauteur d’eau mesurée au
niveau d’une (ou plusieurs)
station(s) hydrométrique(s).
P. 48 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
POUR EN SAVOIR PLUS :
Les Zones Inondées Potentielles (ZIP)
Pour certains secteurs des cours d’eau destinées avant tout aux services de l’État et
surveillés présentant des enjeux importants, aux différents acteurs de la gestion de crise,
le réseau VIGICRUES s’est donné l’objectif notamment aux collectivités, pour les aider
de compléter la prévision des crues par à la réalisation ou l’amélioration de leurs
une prévision des zones susceptibles d’être documents de planification (PCS, stratégie
inondées, appelées ZIP. Pour un linéaire de locale de gestion des risques d’inondation...) et
cours d’eau défini et une station de référence mener à bien leurs missions opérationnelles.
donnée, différents scénarios d’inondation sont Ces ZIP peuvent également contribuer plus
étudiés, allant des premiers débordements largement à améliorer les dispositifs locaux
à la crue de référence. Les résultats de ces de prévention sur le risque inondation. Ces
scénarios sont présentés sous forme de cartes font l'objet d'une politique de diffusion
couches géomatiques définissant l’aléa, du ministère de la Transition écologique et
qui peuvent être superposées à d’autres solidaire vers les collectivités territoriales.
informations géographiques telles que des Des syndicats de rivières ou EPTB produisent
fonds de plan ou des données portant sur des données qui sont l’équivalent des ZIP, y
des enjeux particuliers. De fait, elles sont compris hors secteurs couverts par Vigicrues.
EXEMPLE DE PLANCHE CARTOGRAPHIQUE DE L’ATLAS DYNAMIQUE
DES ZONES INONDABLES PRODUIT PAR LE SYNDICAT MIXTE
D’AMÉNAGEMENT DE LA VALLÉE DE LA DURANCE (SMAVD)
Source : SMAVD, 2019
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 49
POUR EN SAVOIR PLUS :
EXZECO (EXtraction des Zones d’ÉCOulement)
Le Cerema a développé une méthode qui Exzeco et une expertise et/ou des contrôles
permet, grâce à des modèles numériques de terrain sont souhaitables. L’application
de terrain qui représentent la topographie, d’Exzeco au territoire de l’arc méditerranéen
de mettre en évidence les fonds de vallée a été réalisée dans le cadre d‘une étude
susceptibles d’être inondés, notamment interrégionale relative à la gestion des risques
sur les petits bassins versants. Ainsi, il est de ruissellement. Pour plus d’informations,
possible de disposer de différentes surfaces, une fiche explicative est disponible sur le site
représentant les points susceptibles de de la DREAL PACA actuellement [Link]
drainer des superficies choisies. Les cuvettes [Link]/
présentes sont également fournies. Il ruissellement-sur-l-arc-mediterraneen-
convient d’être prudent avec les résultats, [Link]). Les données
car des inondations peuvent survenir sur sont mises en accès libre sur cdata, l’open
des zones non couvertes par les couches data du Cerema.
EXEMPLE DE PLANCHE CARTOGRAPHIQUE
RÉALISÉE GRÂCE À EZXECO PRODUIT PAR LE CEREMA
Source : Cerema, 2018
P. 50 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> C. 2. IDENTIFIER LES > cycle annuel : saison touristique, scolaire ;
CONSÉQUENCES ENVISAGEABLES > cycle hebdomadaire : jour de semaine,
POUR CHACUN DES PHÉNOMÈNES week-end, jour avec école ou sans ;
L’étape suivante consiste à étudier pour chaque > cycle journalier : journée/nuit ;
scénario retenu les conséquences, directes ou indi- > variation ponctuelle : évènement important
rectes, sur le territoire en fonction des zones inon- type foire, festival, manifestation sportive...
dées selon les niveaux d’intensité. On passe ainsi
pour chaque phénomène d’un scénario d’aléa
inondation à un scénario de conséquences des IMPORTANT
inondations.
Au niveau des conséquences, il ne faut pas
L’étude des conséquences doit porter sur les enjeux oublier de prendre en compte les impacts
suivants (non exhaustif) : indirects en dehors des zones inondables,
> les quartiers, les hameaux ; car ils sont un des facteurs importants
> les personnes (habitants, touristes, pour bâtir la réponse opérationnelle.
professionnels), le type de bâtiments où
elles sont (avec ou sans étage), les catégories
de population (personnes autonomes
ou nécessitant une assistance...) ; ILLUSTRATION
> les axes de circulations (routes, - Un gymnase, lieu possible d’hébergement
ponts, passages à gué…) ; provisoire identifié dans les ressources
> les biens communaux : mairie, service générales du PCS, peut ne pas être inondé
technique, salle des fêtes, école… ; mais privé d’électricité ou inaccessible et
donc non utilisable en cas d’inondation.
> les réseaux d’eau potable, d’assainissement, - Un autocommutateur téléphonique peut
d’énergie, de télécommunications… ;
être inondé, l’alerte ou la transmission
> les biens privés (établissements recevant du d’informations par téléphone fixe ne pourront
public (ERP), commerces, entreprises… pas être assurées dans sa zone de couverture.
Pour certaines communes, notamment celles tou- - L’inondation d’un transformateur électrique
ristiques, il peut être intéressant dans certains cas peut priver d’électricité des zones hors d'eau.
d’établir plusieurs hypothèses de personnes concer-
nées en fonction de la période :
Pont de Villegailhenc détruit par la crue d'octobre 2018 © IRMa, Sébastien GOMINET, 2018
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 51
EXEMPLE DE SCÉNARIO DE PRÉSENCE DE POPULATION SUR HYÈRES,
COMMUNE TOURISTIQUE VAROISE
Source : Cerema, 2019
> C. 3. DÉFINIR LES SEUILS
DE GRAVITÉ EN FONCTION IMPORTANT
DES CONSÉQUENCES
Il existe d’autres outils que le site Vigicrues
Pour finaliser ce travail, il convient de fixer les seuils pour définir ces seuils de gravité (échelle
de gravité pour chacun des scénarios de consé- limnimétrique, pluviomètres, stations
quences. Deux cas sont possibles : hydrométriques, hauteur d’eau à une
> les seuils d’intensité définis dans l’étude des échelle ou à un repère donné…). Ces
phénomènes correspondent bien en termes dispositifs non institutionnels apportent
de gravité et donc, les seuils de gravité des informations supplémentaires ou
sont identiques aux seuils d’intensité ; complémentaires à celles de Vigicrues.
> dans certains cas, il se peut que les seuils
d’intensité définis dans l’étude des phénomènes C’est sur la base de ces scénarios de gravité que
ne rendent pas bien compte de l’augmentation de la stratégie de réponse opérationnelle (cf. fiche E)
la gravité. Il faut alors définir des seuils de gravité va être construite en prenant en compte les para-
et retravailler par rapport à l’aléa pour identifier mètres suivants :
les repères exploitables et les zones inondables
> le délai d’anticipation rendu possible
correspondantes et ainsi aligner les niveaux par la prévision du phénomène ;
d’intensité sur les niveaux de gravité retenus.
> le délai nécessaire pour mener les
Les résultats peuvent être représentés sous diverses actions nécessaires de protection.
formes : tableaux, carte, échelle de gravité.
P. 52 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
TABLEAU RÉCAPITULATIF DES ENJEUX DE GESTION DE CRISE IMPACTÉS
EN FONCTION DES NIVEAUX D'EAU
À L'ÉCHELLE DE MÂCON, COMMUNE DE BELLEVILLE
BELLEVILLE - ENJEUX GESTION DE CRISE INONDATION IMPACTÉE
Thème Type Enjeux N° enjeux Q 2 ans Q 5 ans Q 10 ans Q 20 ans Q 50 ans Q 100 ans Q 1840
Cote échelle MACON 4,79 m 5,64 m 6,05 m 6,19 m 6,96 m 7,18 m 7,99 m
Niveau VIGICRUES 1 : VERT 2 : JAUNE 3 : ORANGE 4 : ROUGE
Gymnase
25 0-0,5 m 0,5-1 m 1-1,5 m
Établissement pour de la Tannerie
Bâtiments
l'accueil des sinistrés
utiles à Gymnase
(salles polyvalentes, 10 0,5-1 m
la gestion J. Rosselli
gymnases, établisse-
de crise
ments scolaires...) Gymnase inter
26 0-1 m
communal Gardent
Le Port 0-0,5 m 0,5-1,5 m 0,5->2 m
Zones industrielles
La Sablière 0-1,5 m 0-1,5 m 0-1,5 m 0,5-2 m 0,5->2 m
ou d'activités
Les Sablons 0-0,5 m 0-1 m
0-0,5 m 0-1 m 0-1,5 m 0-2 m 0-2 m 0,5->2 m
Le Port
10 p 20 p 50 p 100 p 110 p 110 p
0-0,5 m 0-1 m 0-1,5 m 0,5-2 m
La Ville Est
10 p 560 p 900 p 1 440 p
Quantifier
0-1 m 0-1 m 0,5-2 m
la La Blanchisserie
40 p 60 p 135 p
population
ou les 0-1,5 m 0,5-2 m
Zones d'habitation L'Abbaye
activités 30 p 150 p
(carroyage INSEE
impactées 200 * 200 m ) Les Sablons 0,5-1 m
Est/Ouest 80 p
0,5-2 m
La Commanderie
6p
Grande Terre / 0,5-1 m
Petit Quart 2p
Total Population 10 p 20 p 60 p 700 p 1 100 p 1 925 p
Bateaux-logts,
? ? ? ? ? ? ? ? ?
étab. flottants
Source : DDT 69, 2014
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 53
EXEMPLE DE TABLEAU DE SCÉNARIO DE CONSÉQUENCES POUR LE PHÉNOMÈNE :
DÉBORDEMENT DU COURS D’EAU PRINCIPAL
Secteur 1 : Secteur ... :
Ensemble de la commune
Quartier X Quartier X
Niveau de
gravité*
Impacts Stratégie Impacts Stratégie Impacts Stratégie
théoriques opératoire théoriques opératoire théoriques opératoire
Premiers Routes D1 et Pas d’impacts
impacts sur D2 inondées sur le
Niveau 1
la commune par 30 cm quartier.
Hauteur entrainant d’eau.
d’eau des
…m inondations Voir Fiche Voir Fiche Voir Fiche
ou localisées sur
débit : les routes.
… m3/s
Impacts sur Maisons Camping
les premières aux n°15 à impacté.
Niveau 2
habitations 32 route D3
Hauteur situées en inondées par
d’eau bordure du 20 cm d’eau
…m cours d’eau et Voir Fiche Pont centre- Voir Fiche Voir Fiche
ou le camping. ville … plus
débit : Pont centre- accessible.
… m3/s ville plus
accessible.
Centre-ville Ensemble Camping
inondé par du quartier totalement
Niveau 3
50 cm d’eau. impacté par inondé et
Hauteur 50 cm d’eau. habitations
d’eau aux n°3 à 8
…m Voir Fiche Voir Fiche rue D4 Voir Fiche
ou impactées.
débit :
… m3/s
… … … … … …
Niveau 4 …
* hauteur d’eau à l’échelle du pont … ou débit annoncé par le SPC à la station …
P. 54 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> C. 4. ÉTUDIER LES PHÉNOMÈNES La réglementation confie au gestionnaire du sys-
COMBINÉS D’INONDATION tème d’endiguement la responsabilité de la réalisa-
tion d‘une étude de dangers (EDD). Cette EDD doit
Une fois la réflexion menée sur les phénomènes apporter notamment des éléments d’information
« simples », il convient de s’interroger sur la possi- sur les performances du système d’endiguement
bilité d’être confronté à des phénomènes « combi- et ses limites utiles pour la gestion de crise :
nés » d’inondation, c’est-à-dire à plusieurs aléas en
> définition des crues ou des submersions marines
même temps sur le territoire. contre lesquelles le système d’endiguement
Pour les phénomènes complexes retenus, il convient apporte une protection (niveau de protection) ;
alors d’appliquer la même méthode de définition
> présentation et affichage des
des seuils de gravité. limites de la protection :
- le niveau de protection ;
ILLUSTRATION - la ou les zone(s) protégée(s) ;
- Crue du cours d’eau principal et réaction locale - les aléas naturels non pris en compte
des affluents ou du réseau pluvial, liée aux fortes (inondation par un cours d’eau
précipitations (cas de Draguignan en juin 2010) ; secondaire, remontée de nappe,
- Arrivée concomitante des crues de ruissellement, laves torrentielles...) ;
deux cours d’eau importants ; > justification de l’adéquation entre l’organisation
- Crue du cours d’eau principal et des et les moyens mis en œuvre pour entretenir et
conditions maritimes défavorables (marée très surveiller le système d’endiguement d’une part et
importante, tempête) ou submersion marine ; le niveau de protection affiché d’autre part ;
- Crue du cours d’eau principal et remontées > présentation et affichage des dangers en cas de
de nappes (crues de Loire,…) ; crues ou de submersions dépassant le niveau de
-… protection et indication des moyens du gestion-
naire pour anticiper ces évènements, pour aler-
ter les autorités compétentes pour la sécurité des
> C. 5. ÉTUDIER LES DÉFAILLANCES populations et contribuer ainsi à leur efficacité.
POSSIBLES DES OUVRAGES
HYDRAULIQUES
L’étude des défaillances possibles des ouvrages POUR EN SAVOIR PLUS :
hydrauliques est un sujet très technique qui fait Consulter Le guide « Étude de dangers
l’objet actuellement de nombreuses évolutions. Ce
de systèmes d’endiguement Concepts
chapitre présente simplement les éléments princi-
paux sur les changements en cours de la gestion
et principes de réalisation des études » de
des ouvrages hydrauliques de protection contre les juin 2018 Collection référence du Cerema :
inondations. [Link]
La loi n°2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisa- prevention-risques/risques-naturels/
tion de l’action publique territoriale et d’affirmation inondations-submersion
des métropoles (loi MAPTAM) a instauré la mise en
place de la compétence obligatoire de gestion des
milieux aquatiques et de prévention des inonda-
tions (GEMAPI). Elle est confiée exclusivement à la IMPORTANT
commune, avec transfert à un établissement public Au titre de l’accompagnement des communes
de coopération intercommunale à fiscalité propre concernées, le gestionnaire du système
(EPCI) depuis le 1er janvier 2018. Les modalités pra- d’endiguement doit informer les communes
tiques d’exercice de la compétence GEMAPI sont intéressées par le périmètre et les conclusions
potentiellement assez diverses, nous appellerons de l’étude de dangers. Le résumé non technique,
« gestionnaire du système d’endiguement », l’auto- accompagné de la cartographie appropriée,
rité compétente pour la prévention des inondations, est un support utile pour la réalisation ou la
qui assure la gestion d’un système d’endigue- mise à jour du volet inondation du PCS.
ment dans le cadre de l’exercice de sa compétence
GEMAPI.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 55
FICHE : ORGANISER
L’ANTICIPATION DES PHÉNOMÈNES
L’identification des outils d’anticipation disponibles le délai d’anticipation que la prévision ou l’obser-
pour la commune, de leurs modes d’accès et la com- vation peuvent donner. Ces informations sont
préhension de leur fonctionnement est primordiale. indispensables pour bâtir la réponse opération-
Cela permet de réfléchir à la façon dont on peut anti- nelle. Ce travail peut être mené en parallèle du
ciper la survenance d’un phénomène générant des diagnostic du risque inondation.
inondations sur le territoire communal et d’estimer
Déterminer pour chacun des phénomènes pouvant générer
des inondations sur le territoire communal les outils
d’anticipation disponibles, leurs informations utiles et
Objectif la façon de les exploiter pour anticiper la survenue de ces
phénomènes et estimer le délai d’anticipation possible.
Permettre d’organiser la montée en puissance du dispositif
communal en fonction du temps possible d’anticipation.
Disposer de la deuxième base de travail nécessaire pour
Pourquoi élaborer un plan d’intervention gradué pour chacun
des phénomènes identifiés.
Identifier les outils d’anticipation possibles sur le territoire
et les informations utiles qu’ils fournissent.
Comment Définir un mode d’utilisation de chaque outil.
faire ? Estimer le délai d’anticipation possible selon les phénomènes.
La prévision apporte les meilleures informations possible en fonction des
moyens et des connaissances disponibles. Il est nécessaire de mettre en place
Important une surveillance terrain pour disposer d’informations sur la situation réelle.
P. 56 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
IMPORTANT IMPORTANT
Une fonction de veille continue doit être Attention, il existe un risque important de
mise en place dans la commune. Il s’agit confusion entre les différentes cartes de
d’être en mesure de réceptionner, évaluer et vigilance que l'on peut trouver sur internet. Au-
retransmettre tous avertissements, toutes delà de la vigilance officielle produite par Météo-
informations ou alertes provenant des France et le réseau Vigicrues, des sites de météo
divers canaux et ce en toutes circonstances amateurs peuvent produire leur propre carte de
(heures ouvrables/non ouvrables, semaine/ vigilance selon des critères et une expertise qui
week-end). Cette fonction n’est pas ne sont pas clairement définis. Il existe aussi des
spécifique au risque inondation, c’est une sites de météo qui produisent automatiquement
des bases de l’organisation d’un PCS. des "vigilances" sans aucune expertise
humaine. Si la consultation de ces sites peut
être intéressante car elle peut donner une idée
> D. 1. IDENTIFIER LES DISPOSITIFS de l'incertitude de la prévision et des différents
D’ANTICIPATION DISPONIBLES scénarios possibles, il faut savoir comprendre
et interpréter leurs productions. En termes
Le panel des informations liées à l’anticipation des de responsabilité des acteurs de la gestion
phénomènes mis à disposition des autorités de de crise, il faut rappeler que la consultation
police (maires et préfets), responsables de la ges- des vigilances officielles produites par Météo-
tion de la crise, s’est considérablement enrichi ces France et Vigicrues doivent rester la base de
dernières années. Ces informations sont délivrées l'anticipation des phénomènes météorologiques.
par divers dispositifs. Seuls les outils portés par les
services publics sont présentés dans ce document :
Certains de ces dispositifs sont en accès libre au
> vigilance météorologique produite grand public, tels que les vigilances météorolo-
par Météo-France ;
giques de Météo-France ou VigiCrues, d’autres,
> APIC (Avertissement Pluies Intenses comme APIC ou VigiCrues Flash, sont réservés aux
à l’échelle des Communes) ; acteurs institutionnels (État, collectivités et services
> pluviomètres ; de secours). Pour ces deux derniers outils, il est
> vigilance crue produite par le réseau VigiCrues (le nécessaire que la commune se crée un compte en
réseau VigiCrues est composé du Service Central se connectant à la plateforme APIC ([Link]
d’Hydrométéorologie et d’Appui à la Prévision [Link]/) pour savoir si elle est éligible. En fonc-
des Inondations (SCHAPI) et des Services de tion du résultat, la commune peut paramétrer son
Prévision des Crues (SPC). Il est responsable abonnement gratuit à ces services.
de la production de données et d’informations
sur les phénomènes hydrologiques) ;
> VigiCrues Flash ;
> stations hydrométriques ;
> systèmes d’avertissements locaux
mis en œuvre par une collectivité
territoriale ou un groupement.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 57
PRÉSENTATION DES DISPOSITIFS D’ANTICIPATION DISPONIBLES
Échelle
Apport pour
Nature de Support géographique
Dispositifs Accès l’anticipation
l’information d’information des
des phénomènes
informations
Prévision et Site internet Grand public Départementale Suivi de la dyna-
observation vigilance avec [Link] pour la carte et mique de l’évè-
sur tout le carte et tableau [Link]- tableau chro- nement pluvieux
territoire des chronologique teofrance. nologique. sur le territoire.
pluies, des des phénomènes com/. Infradéparte- Indicateur du
orages et du au niveau mentale pour risque de crue
risque de départemental. les bulletins de dans les bassins
submersion Dès le niveau suivi et les cu- versants concer-
Vigilance marine. orange des muls de pluie. nés par les pluies.
météo bulletins de Indicateur du
suivi, national et risque de débor-
local, détaillant dement des ré-
les prévisions, seaux pluviaux/
actualisés en assainissement.
général toutes les
Indicateur du
3h et carte des
risque de sub-
cumuls observés
mersion marine.
de pluie.
Qualification Message sur Message sur Communale. Sur la commune,
de la rareté abonnement. abonnement Abonnement indicateur de
de l’intensité Si message, gratuit possible à risque de ruisselle-
des pluies accès internet [Link] plusieurs ment ou crue des
observées à une carte. [Link]. communes « ruisseaux » ou
par radar (10 maxi). débordements des
(intense ou réseaux pluviaux /
très intense). assainissements.
APIC
Si abonnement
aux communes à
proximité, suivi local
de la dynamique de
l’évènement pluvieux
ou indicateur de
crue possible « des
petits cours d’eau ».
Observation Site internet. Grand public. Ponctuelle. Observation des
Stations en temps cumuls de pluie.
pluviomé- des cumuls
triques de pluies.
P. 58 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
PRÉSENTATION DES DISPOSITIFS D’ANTICIPATION DISPONIBLES
Échelle
Apport pour
Nature de Support géographique
Dispositifs Accès l’anticipation
l’information d’information des
des phénomènes
informations
Prévision et Site internet Grand public Tronçon de Prévision de crue
observation Vigicrues avec https:// cours d’eau sur les cours
des crues sur cartes nationales, www. à une échelle d’eau surveillés.
les tronçons par SPC et accès vigicrues. intercommunale. Indicateur du risque
surveillés aux données [Link]/. Ponctuelle pour de crue pour les
dits régle- observées de les stations affluents des cours
mentaires. 1650 stations hydrométriques. d’eau surveillés.
hydrométriques.
Vigicrues Des stations Observation de
Dès le niveau sont disponibles crue au niveau
jaune bulletins de en dehors des des stations hy-
suivi, national et tronçons surveillés. drométriques.
local, détaillant
les prévisions,
actualisés en
général toutes
les 3h.
Prévision et Message sur Message sur Tronçon de cours Indicateur de forte
qualification abonnement. abonnement d’eau à l’échelle probabilité de crue
de la rareté de Si message, gratuit communale dans les heures à
l’intensité de accès internet [Link] venir sur les cours
la crue (forte à une carte. [Link]. d’eau éligibles.
ou très forte) +
sur les cours
indicateur de risque
Vigicrues d’eau éligibles
de crue sur les
Flash non couverts
autres cours d’eau
par Vigicrues.
de la commune
non éligibles.
Modélisation
hydrologique
basée sur les
pluies observées.
Variable de Site internet Diverses Tronçon ou De l’observation
l’observation parfois message. pratiques : ponctuelle. des niveaux d’eau
Système en temps réel consulta- aux stations à de
d’alerte des crues à la tion libre ou la prévision.
local prévision de message.
crue pour les
plus élaborés.
Station Observation Site internet. Grand public. Ponctuelle. Observation des
hydromé- en temps réel niveaux d’eau.
trique des crues.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 59
> S’APPROPRIER LES PRINCIPES
POUR EN SAVOIR PLUS : FONDAMENTAUX DES VIGILANCES
« Prévision et anticipation des crues et des La carte de vigilance météorologique matérialise
selon un code couleur, à quatre niveaux d’intensité
inondations » Les guides du Centre Européen
croissante (vert, jaune, orange et rouge), la dangero-
de Prévention du Risque Inondation (CEPRI) : sité des phénomènes potentiels attendus.
[Link]
Guide_prevision.html.
Guide Méthodologique : conception et mise IMPORTANT
en œuvre d’un système d’alerte local aux Les couleurs utilisées par les dispositifs
crues ([Link] institutionnels de vigilance (Météo-France
[Link]. ou Vigicrues) sont souvent reprises comme
fr/conception-et-mise-en-oeuvre-d-un- « références » de graduation du risque par
d’autres acteurs, mais sur la base de seuils
[Link]).
qui leur sont propres. Il faut donc faire
Site internet Météo-France ([Link] attention de bien distinguer l’origine des
[Link]/). informations, selon qu’elles proviennent de
sites officiels de vigilance ou d'autres sources.
ILLUSTRATION La carte n’est que la synthèse forcément réduc-
trice d’une prévision détaillée dans les bulletins
Consultation des données et informations
de suivi associés. La définition des niveaux de vigi-
des stations hydrométriques :
lance et la représentation départementale de la
- stations en dehors des tronçons surveillés
carte ont été conçues pour optimiser la réponse des
par VigiCrues mais accessibles sur les
services en charge de la sécurité civile aux niveaux
onglets des SPC du site internet VigiCrues
départemental et national. Le niveau orange corres-
([Link] ;
pond ainsi à une mobilisation possible de moyens
- réseau Hydroréel : serveur de données
à l’échelle du département et le rouge à une mobi-
hydrométriques en temps réel sur le bassin
lisation de moyens extradépartementaux. Ce n’est
Rhône-Méditerranée et la région Auvergne-
donc pas une échelle communale de risque. Des
Rhône–Alpes ([Link]
conséquences significatives peuvent avoir lieu loca-
com/hydroreel2/[Link]).
lement dès la vigilance jaune.
Il en est de même pour VigiCrues qui affiche des
niveaux en fonction des conséquences déterminées
IMPORTANT pour des tronçons qui couvrent plusieurs com-
munes. Ainsi, pour une même couleur annoncée
Certains opérateurs privés peuvent également sur un tronçon, les conséquences d’une commune
utiliser ces données pour apporter du conseil, à l’autre peuvent être très variables. De même à
une assistance à l’analyse du risque et à l’échelle d’une commune pour un même niveau de
l’interprétation du phénomène ou une aide couleur du tronçon, les conséquences peuvent être
à la prise de décision pour les collectivités. très différentes selon l’intensité de la crue.
> D. 2. BIEN COMPRENDRE
IMPORTANT
LE FONCTIONNEMENT
DES DISPOSITIFS D’ANTICIPATION Il est nécessaire de se construire une échelle
locale de référence du risque inondation.
Une bonne exploitation de ces outils suppose donc Il peut y avoir des conséquences locales
d’être à la fois capable de comprendre les notions dès le niveau de vigilance jaune.
techniques sur lesquelles ils se basent, de savoir
trier parmi les informations disponibles celles
utiles en fonction de ses besoins et aussi d’être en
mesure d’exploiter les informations implicites qu’ils
apportent. Cette capacité peut être interne à la com-
mune ou mutualisée (syndicats, EPCI…).
P. 60 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> ACCÉDER AUX INFORMATIONS
LES PLUS PERTINENTES IMPORTANT
La lecture des dispositifs de vigilance uniquement
Pour avoir des informations « techniques »
axée sur les niveaux de couleur n’est pas suffi-
de prévision plus pertinentes pour anticiper
sante pour gérer un évènement. Les cartes sont
et gérer un évènement au niveau local,
la représentation la plus synthétique des informa-
il faut consulter systématiquement les
tions de prévision. Elles sont destinées à faciliter les
bulletins de suivi associés aux cartes.
échanges et la communication. Pour une gestion
opérationnelle, il est nécessaire de consulter les
sites internet pour accéder aux données (prévues
ou observées) les plus précises. Ces informations
sont accessibles sous différentes formes, notam-
ment des bulletins de suivi actualisés régulièrement
(dès le niveau jaune pour VigiCrues et dès le niveau
orange pour la météorologie) ainsi que des prévi-
sions graphiques.
CARTE DE VIGILANCE MÉTÉOROLOGIQUE MÉTÉO FRANCE
Source : Météo-France, 2019
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 61
EXEMPLE DE BULLETIN DE SUIVI MÉTÉOROLOGIQUE DÉTAILLÉ
ACCESSIBLE EN CLIQUANT SUR LE DÉPARTEMENT DE
LA CARTE DE VIGILANCE MÉTÉOROLOGIQUE
Bulletin du 9 août 2019 à 10h pour le Puy-de-Dôme © Météo-France, 2019
> DISTINGUER LES NOTIONS crues) précise pour la mise en vigilance orange que
DE VIGILANCE ET D’ALERTE « des phénomènes dangereux peuvent se pro-
duire. Néanmoins, le dispositif à mettre en œuvre
La vigilance est un état de veille et de suivi. Elle
peut être précédé d’une période de veille et/ou de la
constitue un avertissement qui permet d’attirer l’at-
mise en place progressive d’actions conformément
tention sur l’occurrence probable de phénomènes
aux dispositions ORSEC. ». Ainsi dans ce cas-là, les
potentiellement dangereux sur une zone donnée et
préfectures doivent procéder à l’analyse de la situa-
de permettre de se mettre en situation de réagir de
tion basée sur les données techniques de prévision,
manière appropriée si le danger se précise. Ce prin-
vérifier la disponibilité effective des services placés
cipe est valable pour tout le monde, gestionnaire de
sous astreinte et si nécessaire procéder à l’alerte
crise ou population. Pour les préfets, la circulaire
des acteurs pertinents (services opérationnels,
du 3 octobre 2011 relative à la procédure de vigi-
maires…) pour qu’ils mettent en œuvre les actions
lance et d'alerte météorologiques (complétée par
relevant de leurs domaines de compétences.
l’instruction interministérielle du 11 juin 2014 rela-
tive à la mise en œuvre de la procédure de vigilance
P. 62 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> DISTINGUER LES PICTOGRAMMES
IMPORTANT « PLUIE-INONDATION » PUIS
« INONDATION » DE LA CARTE
Dans le cadre d’une vigilance, une alerte DE VIGILANCE MÉTÉOROLOGIQUE
transmise par la préfecture aux maires a La couleur du département pour la carte de vigi-
comme objectif de les faire passer d’un mode lance météorologique dans le cas du phénomène de
de veille courant à une posture de suivi « pluie-inondation » résulte d’une analyse conjointe
opérationnel. Le but est que les communes
des risques de « fortes précipitations » par Météo-
surveillent l’évolution du phénomène et se
France et des risques de « crues » par VigiCrues.
préparent à agir selon les besoins en fonction de
leur analyse menée à partir des connaissances Le pictogramme « inondation » indique quant à lui
locales du risque, des informations techniques que le département n’est pas ou plus concerné par
de prévision et de leurs observations de terrain. le risque de fortes pluies mais uniquement par celui
Cette posture de suivi opérationnel peut d’inondation.
être déclenchée par la commune de sa
propre initiative, sans attendre une alerte
transmise par le préfet, en fonction du ILLUSTRATION
contexte local (par exemple pour certaines
communes dès la vigilance jaune).
Pluie-inondation
L’alerte des gestionnaires de crise doit être dis-
tinguée de l’alerte des populations qui est défi-
Inondation
nie dans le Guide ORSEC G4 – alerte et information
des populations de 2013. L’alerte des populations
« consiste en la diffusion, par les autorités compé- Pictogrammes Météo-France
tentes (Maire ou Préfet) et en phase d’urgence, d’un
signal destiné à avertir des individus d’un danger,
imminent ou en train de produire ses effets, sus-
ceptible de porter atteinte à leur intégrité physique
et nécessitant d’adopter un comportement réflexe
de sauvegarde. »
IMPORTANT
La vigilance n'est pas une alerte, elle indique la
forte probabilité de survenue d'un évènement
et appelle les différents acteurs à se mettre
dans une posture de vigilance en surveillant
régulièrement l'évolution des phénomènes au
moyen des bulletins de suivi de la vigilance et
des données d'observation. Ainsi dans le cadre
des bulletins de vigilance météorologique, le
changement de couleur ne correspond pas à
une alerte de la population par les autorités,
mais à une diffusion d’information par Météo-
France. C’est ensuite aux maires et préfets qu’il
revient de décider des actions à réaliser en
fonction du contexte local du risque inondation :
information ou déclenchement si nécessaire
d’une alerte des populations exposées.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 63
> COMPRENDRE LES APPORTS > EXPLOITER VIGICRUES POUR LES
DE VIGICRUES À L’ÉCHÉANCE DE 24 H INONDATIONS À CINÉTIQUE RAPIDE
La carte de VigiCrues, point d’entrée du dispositif de La vigilance porte uniquement sur les lits majeurs
prévision des crues, synthétise l’information sur les des cours d’eau surveillés. Elle ne prend pas en
cours d’eau surveillés. La même représentation gra- compte les têtes de bassin, les affluents et les phé-
phique pour tous les tronçons peut laisser sous-en- nomènes de ruissellement associés.
tendre que le phénomène inondation est unique et Pour les cours d’eau à cinétique rapide, cela génère
homogène et que l’information disponible est de souvent des incompréhensions sur les prévisions,
même nature quel que soit le cours d’eau. Or, il n’en car les personnes sont surprises par la dynamique
est rien, les possibilités d’anticipation sont très de l’inondation. En effet, les inondations débutent
variables selon les capacités techniques de prévi- souvent sur des zones non surveillées (têtes de bas-
sion liées aux types d’inondation, lente ou rapide. sins ou petits affluents) ou par des phénomènes
Ainsi, une mise en vigilance pour les 24 heures à non pris en compte de ruissellements généralisés
venir n’a pas la même signification selon la ciné- entrainant les débordements des ruisseaux, des
tique de réaction du cours d’eau : cours d’eau intermittents, des réseaux d’évacua-
> pour les cours d’eau surveillés à cinétique tion de pluie ou d’assainissement avant de se pour-
rapide, la mise en vigilance à cette échéance suivre par la montée des eaux et le débordement
traduit un risque de crue, donc un danger du cours d’eau « principal », objet de la surveillance
potentiel qui a de fortes chances de se pro- du Service de Prévision des Crues.
duire. Dans ce cas, l’incertitude est double, elle
porte à la fois sur la survenance même du phé-
nomène et en cas de réalisation sur son intensité IMPORTANT
(niveau atteint et extension) : la prévision chiffrée.
La mise en vigilance d’un tronçon surveillé
Cela s’explique par les incertitudes liées à la loca-
à cinétique rapide doit être interprétée
lisation et l’intensité des pluies ;
comme une indication de risque de crue
> pour les cours d’eau à cinétique lente, la réali- des autres « petits » cours non surveillés
sation de la crue est certaine, l’incertitude ne du bassin versant associé à ce tronçon.
concerne que son intensité.
IMPORTANT
Pour gérer les incertitudes, il est possible de
prévoir une réponse graduée en fonction à la
fois des informations d’anticipation disponibles
et du contexte communal du risque. Cela
revient à définir des seuils de déclenchement
des actions du dispositif propres au territoire.
CARTE D'INFORMATION SUR LE RISQUE DE CRUES
DES PRINCIPAUX COURS D'EAU EN FRANCE
P. 64 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
CARTE D'INFORMATION SUR LE RISQUE DE CRUES
DES PRINCIPAUX COURS D'EAU EN FRANCE
Le 9 août 2019 à 12h © SCHAPI, 2019
RELEVÉ OBTENU EN CLIQUANT SUR UNE STATION VIGICRUES,
COMMUNE DE CHAUVIGNY, LA VIENNE
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 65
> D. 3. EXPLOITER DE MANIÈRE confronté, par exemple :
COMPLÉMENTAIRE LES DISPOSITIFS > inondation due à la propagation d’une onde
EN SITUATION de crue sur un cours d’eau important ;
Chaque dispositif apporte des informations par > inondation due à la réaction locale des
rapport à un ou plusieurs phénomènes et à dif- petits cours d’eau ou du réseau pluvial ou
férentes échelles géographiques ou temporelles. d’assainissement, liée à de fortes précipitations
Météo-France est le premier contributeur à l’iden- sur la commune ou à proximité ;
tification et la qualification des phénomènes > inondation due à la concomitance sur le
hydrométéorologiques. territoire de l’arrivée de l’onde de crue
L’exploitation complémentaire et croisée des outils du cours d’eau principal et de la réaction
doit aider à identifier le phénomène hydrologique locale, des affluents ou du réseau pluvial,
potentiel auquel le territoire communal peut être liée aux fortes précipitations…
ÉCHELLE TEMPORELLE D’UTILISATION DES DISPOSITIFS
QUELQUES 24 HEURES À COURT TERME
JOURS ET EN TEMPS RÉEL
Prévision Bulletin de suivi météo et
informations associées
Bulletin de suivi Vigicrue
Station
hydrométrique
Système Surveillance
d’avertissement de terrain
local
P. 66 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
> le caractère « permanent » et solide du point d’ob-
servation qui devra rester intact en toute situa-
IMPORTANT
tion et ne pas se retrouver dégradé ou déplacé
Pour les inondations à cinétique très rapide (échelle limnimétrique ou niveau par rapport à la
sur des petits bassins versants, hormis les berge, une infrastructure…) ;
systèmes d’alerte locaux, les autres dispositifs > la possibilité d’analyser facilement la situation via
ne sont que des indicateurs du risque. Seule le point d’observation (présence de marquages,
une surveillance locale est en capacité d’établir de pictogrammes ou de repères visuels permet-
la concrétisation ou non du phénomène. tant une prise de décision rapide).
Certaines collectivités utilisent des web caméras
ou leur dispositif de vidéo-surveillance pour suivre
> D. 4. ORGANISER l’évolution de la situation sur le terrain.
LA MONTÉE EN PUISSANCE Il est intéressant de compléter le diagnostic en
DE LA RÉPONSE COMMUNALE essayant d’identifier dans les évènements pas-
sés locaux ou les retours d’expérience de territoire
> SE CONSTRUIRE UNE ÉCHELLE
similaire les conditions qui peuvent favoriser la
LOCALE DU RISQUE
réalisation des inondations. Cela peut être des
La lecture des dispositifs d’anticipation uniquement facteurs tels que l’état des sols (saturation en eau
axée sur les niveaux de couleur n’apporte pas une liée aux pluies précédentes, sols gelés…), le niveau
information suffisante pour répondre aux besoins de remplissage des nappes, des karsts ou des bas-
de gestion de crise au niveau local. Le diagnostic sins de rétention, la période de l’année (état de la
des risques doit permettre de prévoir une échelle végétation). En cas de prévision d’un évènement,
communale du risque. l’état de ces paramètres peut être observé au niveau
Cette échelle doit s’appuyer sur des points d’ob- local et servir à moduler la réponse en fonction des
servation locaux, agissant sur le même principe circonstances.
que les données de hauteurs ou de débits diffusées
par les stations de référence des cours d’eau ins-
trumentés. Ces points d’observation, basés sur des IMPORTANT
repères « physiques » doivent permettre d’analyser Pour les phénomènes de ruissellement
visuellement et rapidement la situation. Ils doivent ou d’inondation rapide, il est important
être préparés, réfléchis et définis en prenant en d’avoir des repères locaux par rapport à
compte plusieurs facteurs : la pluviométrie moyenne ou extrême sur
> l’accessibilité en tout temps et toute heure du le territoire. Pour cela il est intéressant de
site d’observation (l’accès au site d’observation ne consulter le site « Pluies extrêmes » de Météo
doit pas être inondé, le site ne doit pas être ver- France : [Link]
rouillé, etc.) ;
EXEMPLE DE POINTS D’OBSERVATION AVEC DES NIVEAUX DE RÉACTION
PCS DE LA COMMUNE DE SAINT-LAURENT-DU-PONT
Source : Saint-Laurent-du-Pont, 2016
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 67
EXEMPLE DES RECORDS DE PLUIES EXTRÊMES
DANS LE DÉPARTEMENT DU VAUCLUSE SUR 1, 2 OU 3 JOURS
Source : Météo-France, [Link] 2019
> PRÉPARER LA MONTÉE EN PUISSANCE
DE L’ORGANISATION
L’exploitation des outils de prévision doit permettre Elle peut notamment décider de mettre en place un
une montée en puissance de l’organisation com- dispositif de surveillance de terrain, se renseigner
munale et ainsi sortir d‘une logique de tout ou en contactant des communes situées en amont ou
rien. La commune peut adapter sa posture en fonc- surveiller les réseaux sociaux.
tion de ses risques et des informations délivrées.
Cellule de crise de la commune de Chabeuil © IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
P. 68 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
EXEMPLE DE MONTÉE EN PUISSANCE DE L’ORGANISATION COMMUNALE
Informations Actions liées à
Posture communale Qui évalue la situation
disponibles l’organisation interne
Personne assurant > Suivi courant des
Flux continu courant Veille
la permanence informations
Identification d’une
situation potentielle > Information du maire
à risque à suivre Personne assurant
et noyau du PCC*
(Vigilance météo ou la permanence
crues de niveau jaune Suivi +
> Évaluation de
la situation
ou supérieur, alerte consultation du maire
de la préfecture ou et noyau dur du PCC*
> Activation de la
identification locale surveillance terrain
par la veille)
> Réunion du noyau
dur pour évaluer
Précision sur l’impact la situation
potentiel sur le
territoire communal > Vérification des
disponibilités de
Faisceau convergent Pré-alerte Noyau dur PCC* l’équipe du PCC*
d’informations
> Pré-alerte des
Situation particulière équipes de terrain
(manifestation…)
> Renforcement de la
surveillance terrain
> Activation partielle ou
Confirmation de l’impact complète du PCC*
sur le territoire ou > Mobilisation des
Mobilisation Noyau dur ou PCC
premier débordement équipes de terrain
dans certaines zones selon le plan d’in-
tervention gradué
* PCC : poste de commandement communal
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 69
FICHE : ÉLABORER LA
RÉPONSE OPÉRATIONNELLE
Cette fiche donne des pistes de réflexion et des > définir le moment où il faut déclencher
recommandations à adapter à son contexte local. les différentes actions.
Ce travail de préparation doit permettre à la com- Le but est d’aboutir à une trame chronologique
mune de mettre en place une logique d’adaptation d’actions à réaliser prenant en compte :
progressive avec montée en puissance de son organi- > l’évolution possible du phénomène ;
sation et gradation de sa réponse opérationnelle, en
fonction des risques du territoire. Pour chaque phé-
> l’augmentation et l’évolution
des enjeux impactés ;
nomène retenu dans le diagnostic des risques, il faut :
> la stratégie de réponse définie au préalable ;
> arrêter une stratégie de réponse opérationnelle
selon les conséquences attendues ; > le délai nécessaire pour mettre en
œuvre les différentes actions.
> définir les missions et actions nécessaires
pour la mettre en œuvre ; Cette trame est appelée plan d’intervention
gradué.
Prévoir les actions à mener en fonction du risque et des délais
d’anticipation du phénomène et de réalisation des actions.
Objectif
Disposer d’une trame chronologique d’aide à la décision.
Pourquoi
Élaborer pour chaque scénario retenu un plan d’intervention gradué.
Sur la base du travail réalisé en suivant les fiches C et D, définir la
stratégie de réponse pour les différents niveaux de gravité.
Comment Développer les différentes actions à mettre en œuvre par la commune
faire ? pour réaliser cette stratégie et définir les niveaux de déclenchement
des actions pour aboutir au plan d’intervention gradué.
Le plan d’intervention gradué doit être réaliste, c’est-à-dire tenir compte des
ressources de la commune et des délais effectifs de réalisation des actions.
Important
P. 70 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
STRATÉGIE Dans une première étape de réflexion sur un scé-
nario, il est possible de raisonner par secteur géo-
CHOIX D’UNE RÉPONSE graphique et niveau de gravité pour déterminer
OPÉRATIONNELLE une stratégie globale à l’échelle de la zone étudiée.
À METTRE EN ŒUVRE Le tableau page suivante illustre cette approche.
+
PLANIFICATION DES MISSIONS IMPORTANT
DÉFINITION DES ACTIONS Il convient d’identifier les acteurs du territoire
À RÉALISER, COMMENT LES FAIRE, qui pourraient avoir besoin de plus de temps
À QUEL MOMENT ET AVEC QUI pour effectuer leur mise en sécurité (camping,
hôpital, maison de retraite, …). Il faut pour
= cela déterminer avec eux à quel moment il est
PLAN D’INTERVENTION GRADUÉ important de les alerter pour qu’ils puissent
agir avec un délai suffisant. Il est nécessaire
que ces acteurs élaborent ensuite leur
IMPORTANT propre plan d’action en cas d’inondation.
Il faut élaborer un plan d’intervention gradué
pour chacun des phénomènes retenus lors de
la phase de diagnostic du risque inondation. ILLUSTRATION
La caserne de sapeurs-pompiers de Decize (58)
est l’un des premiers bâtiments impactés sur
> E. 1. DÉFINIR LA STRATÉGIE la commune lors des crues de la Loire et peut
OPÉRATIONNELLE se retrouver sous plus d’un mètre d’eau. Il était
donc nécessaire de prévoir une évacuation
La principale préoccupation est d’assurer la sécu- préventive du site, pour assurer la continuité
rité des personnes. Les consignes en cas d’inonda- des secours sur le secteur en cas de besoin. Le
tion indiquent qu’il faut se réfugier dans les étages SDIS 58 prévoit ainsi dès qu’une crue importante
ou entreprendre une évacuation si l’habitation n’en de la Loire est annoncée, de déplacer l’ensemble
comporte pas ou si l'on y est forcé par la crue. Ces des véhicules, matériels et personnels sur
consignes, justes mais de caractère général, ne per- d’autres sites. Cette évacuation peut durer
mettent pas d'aborder la complexité et la variété plusieurs heures en fonction des disponibilités
des situations d'inondation et de vulnérabilité. des agents. Le SDIS 58 anticipera donc en
Le choix du mode de mise à l’abri des personnes réalisant l’évacuation des locaux plusieurs
dans un lieu sûr (sur place en étage ou après éva- heures avant l’inondation réelle de la zone.
cuation) nécessite une réflexion locale approfondie
prenant en compte :
> le type de phénomène et ses caractéristiques,
notamment la vitesse de montée des eaux
et la durée de submersion ;
> l’anticipation possible ;
> la vulnérabilité des bâtiments (plain-pied
ou avec étage) et de leurs accès ;
> la vulnérabilité des résidents.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 71
EXEMPLE DE TABLEAU D’AIDE À LA DÉFINITION DE LA STRATÉGIE GLOBALE PAR
SECTEUR GÉOGRAPHIQUE, SCÉNARIO DE DÉBORDEMENT DU COURS D’EAU PRINCIPAL *
Secteur 1 : Secteur ... :
Ensemble de la commune
centre-ville quartier périphérique
Niveau de
gravité*
Impacts Impacts Impacts
Stratégie Stratégie Stratégie
théoriques théoriques théoriques
Premiers Mise en place Routes D1 et Mise en place Pas d’im- Information
impacts sur déviation et D2 inondées déviation et pacts sur le sur le risque
la commune interdiction par 30cm interdiction quartier de tous les
entrainant de circuler d’eau de circuler habitants
des sur les routes sur les routes Contact
Niveau 1 inondations inondées inondées direct
Hauteur localisées sur Information Information avec les
d’eau les routes sur le sur le risque personnes
…m risque de la de tous les exposées
ou population habitants du niveau 2
débit : Contact (directeur du
avec les camping)
… m3/s
personnes
exposées du
niveau 2
Impacts sur Première Maisons aux Mise en Camping Début
les premières évacuation n°15 et 32 place des impacté évacuation
habitations Mise en place route D3 protections camping vers
Niveau 2
situées en d’équipes sur inondées par provisoires le gymnase
Hauteur bordure du 20cm d’eau pour la
chaque rive
d’eau cours d’eau rue D3
car franchis- Pont plus
…m et le camping sement du accessible Mise en
ou Pont centre- cours d’eau place de
débit : ville plus plus possible deux équipes
… m3/s accessible une sur
chaque rive
Centre-ville Évacuation Ensemble Évacuation Camping Camping
Niveau 3 inondé par du centre- du quartier du quartier totalement évacué
Hauteur 50 cm d’eau ville et la impacté par rive gauche inondé et ha- Évacuation
d’eau totalité du 50 cm d’eau vers salle bitations aux des maisons
…m camping polyvalente, n°3 et 8 rue impactées
rive droite D4 impactées vers le
ou
vers école Y gymnase
débit :
… m3/s
… … … … … …
Niveau 4 …
* Déclinaison du tableau p. 54
P. 72 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
SCHÉMA D’AIDE AU RAISONNEMENT
PAR RAPPORT AU BÂTIMENT
Le bâtiment est-il Donner les consignes
dans une zone NON adaptées selon
dangereuse ? les phénomènes
OUI
Le bâtiment
dispose-t-il d‘un NON Évacuation
étage refuge ?
OUI
La structure du bâti- L‘étage refuge
ment peut-elle pourrait-il Mise en sécurité
NON NON possible
être atteinte par être inondé ?
OUI OUI
Nécessité d'évaluer
les capacités
des résidents
à se mettre
Évacuation Évacuation en sécurité
Dans une deuxième étape, il faut affiner en fonc- dernier cas, il faut préciser les modalités (à pied,
tion des vulnérabilités particulières de la zone : avec véhicules individuels ou collectifs), les itiné-
nature des bâtiments ou du type de résidents. raires et le moment de déclenchement pour être
Pour les inondations rapides, il est nécessaire de sûr qu’elle puisse se faire en toute sécurité.
voir si le bâtiment peut offrir un espace refuge et
si celui-ci peut être atteint par les résidents (voir
schéma d’aide au raisonnement ci-dessus). IMPORTANT
Si la mise en sécurité dans le bâtiment est pos- La stratégie retenue peut avoir des implications
sible, il faut s’assurer que les personnes rési- en dehors de la commune (par exemple la mise
dentes aient à la fois les capacités physiques et en place de déviations routières) ou nécessiter
le temps suffisant pour s’y réfugier. Une atten- des ressources extracommunales (hébergement
tion particulière doit être portée aux personnes des personnes sur une autre commune…).
recensées comme vulnérables (personnes âgées, Il est nécessaire de se coordonner avec les
isolées, en situation de handicap et/ou souffrant de autres acteurs : communes, intercommunalité,
problèmes de santé…). conseil départemental, préfecture.
Pour l’évacuation, deux solutions sont envisa-
geables, une évacuation de proximité dans un bâti-
ment voisin ayant un espace refuge suffisant ou une
évacuation en dehors de la zone à risque. Dans ce
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 73
> E. 2. PLANIFIER LES MISSIONS – réseaux sociaux ;
– site internet, en page d’accueil (mise à jour
Une fois la stratégie choisie il faut la décliner pour très régulièrement) ;
une mise en œuvre concrète sur le terrain en :
– ensemble mobile d’alerte sur
> d étaillant la réalisation des missions véhicule communal.
sous forme d’actions : que faire ?
> r éunions d’information de quartier :
> c onstruisant le mode de réalisation des – mise en place d’un numéro
actions : qui le fait ? Comment et avec quoi ? d’appel téléphonique dédié ;
> d éfinissant le moment où elles doivent être – porte-à-porte ;
déclenchées : à quel moment faire ?
– …
> DÉFINITION ET HIÉRARCHISATION
ÉVENTUELLE DES MISSIONS POUR EN SAVOIR PLUS :
SPÉCIFIQUES AU RISQUE INONDATION La préparation et la mise en œuvre de ces
(NON EXHAUSTIF) : QUE FAIRE ?
actions sont développées dans le guide
Les missions à réaliser dans un objectif de gestion pratique PCS au chapitre 3 « la priorité
d’une inondation afin de protéger les personnes, de du PCS : alerte et information de la
réduire les dégâts et d’accélérer le rétablissement
post-inondation sont de natures diverses et variées.
population ».
Elles peuvent être classées en grandes catégories
de missions et comporter plusieurs types d’actions.
Elles sont à adapter au phénomène prévisible, IMPORTANT
notamment crues lentes ou crues rapides :
Toutes les missions et actions suivantes doivent
> é valuer la situation : faire l’objet d’une information ou de consignes
– exploitation des dispositifs d’anticipation ; en direction des populations.
– mise en place d’une surveillance locale ;
– enregistrement régulier des niveaux
d’eau et des secteurs inondés ; > s écuriser les personnes :
– mise à l’abri par évacuation ou
– relevés photographiques ;
par montée dans les étages ;
– …
– fermeture d’établissements ;
> r etarder ou réduire les effets de la crue dès la – annulation de manifestation ;
mise en vigilance (jaune ou orange) :
– organisation de la vie courante dans le secteur
– gestion des systèmes de régulation des eaux inondé si la solution de l’évacuation n’est pas
(manœuvre de vannes, vidange de bassin…) ; retenue (passerelle, navettes en bateau…) ;
– mise en place de système de protection – recenser les personnes impactées
temporaire (« digues amovibles », (évacuées ou demeurant sur place) ;
fermetures de portes étanches…) ;
– …
– inspection et nettoyage préventif
d’ouvrages sur les réseaux d’eau > écuriser les cheptels ;
s
pluviale, les piles de ponts... ; > g érer la voirie :
– surveillance des digues, levées – mesure d’interdiction de la circulation ;
et murs anti-crue ; – bouclage des zones à risque ;
– … – mise en place de déviations routières
> i nformer et alerter la population et les acteurs sur le réseau communal ;
du territoire tout au long de l’évènement, par – …
des moyens redondants : >m ettre en sûreté les biens pour réduire
– affichage de rue (à proximité les dégâts de manière anticipée :
des points de barriérage) ; – évacuation ou surélévation de
– panneaux à messages variables ; matériels ou des biens ;
– message téléphonique (télé-alerte – évacuation des voitures en
communale) ; dehors des zones à risque ;
P. 74 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
– mise en place de batardeaux > c onduire des actions de retour à la normale
pour les bâtiments ; immédiatement après le retrait des eaux :
– démontage de certains matériels ; –n ettoyage des voiries ;
– … –p ompages ;
>m
ettre en place un centre d’accueil –g estion des systèmes de régulation des eaux ;
et de regroupement ; – r elevé de laisses de crue ;
– organisation de la gestion des déchets ;
POUR EN SAVOIR PLUS : – …
De plus, il est important de rappeler que la
La préparation et la mise en œuvre de cette
commune peut être impliquée de différentes
mission est développée dans la plaquette manières dans la réalisation de ces missions :
« PCS, organiser le soutien des populations :
> e n tant qu’administrateur du territoire et de
mettre en place un centre d’accueil et de son fonctionnement. Elle prend les décisions,
regroupement ». organise les missions, les décline à son niveau,
donne des consignes aux autres acteurs
pour qu’ils mettent en œuvre des actions ;
> c entraliser les aides spontanées de > e n tant que propriétaire d’un patrimoine
solidarité et organiser leur répartition :
immobilier et matériel qui peut être
– propositions d’hébergement ; inondé. Elle aura alors à réaliser des actions
– offres de prestation ; de sécurisation ou protection du bâti en
– fournitures de produits ou de biens ; question. Ces actions de protection des biens
communaux peuvent soit nécessiter des
– …
moyens matériels ou humains importants,
> r edéployer les prestations des soit avoir un impact important sur la gestion
services de proximité : de l’évènement et les dommages.
– distribution postale ;
– ramassage scolaire ;
POUR EN SAVOIR PLUS :
– assistance à domicile des
personnes vulnérables ; Tout gestionnaire d’établissement
– collecte des ordures ménagères ; recevant du public peut élaborer un
– … Plan d’Organisation et de Mise en Sûreté
>p rotéger et gérer les réseaux : (POMSE). L’objectif principal du POMSE est
– électricité ; de mettre en place une organisation interne
– eau potable et assainissement ; aux établissements permettant d’assurer la
– gaz ;
sécurité des personnes et des biens présents
dans l’établissement, jusqu’à la fin de
– communications électroniques filaires ;
l’alerte ou l’arrivée des secours.
– chauffage urbain ;
– …
Guide de l’IRMA « Le Plan d’Organisation de
Mise en Sûreté (POMSE) dans les entreprises
et les établissements recevant du public »
POUR EN SAVOIR PLUS : de 2013 : [Link]
com/01actualite/01articles_afficher.
Guide du CEPRI « Le territoire et ses réseaux
php?id_actualite=529
techniques face au risque d’inondation » de
2016 : [Link]
Guides%20CEPRI/Guide%[Link]
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 75
> DÉCISION DE DÉCLENCHEMENT
IMPORTANT D’UNE ACTION : À QUEL MOMENT FAIRE ?
L’incertitude de prévision est de nature différente
- Lorsque l’utilisation de matériels (barrières,
selon le type de phénomène. Ainsi à une échéance
panneaux, véhicules…) ou de bâtiments est
de 24 h, l’incertitude n’est pas la même selon le
prévue dans le cadre d’un plan d’intervention
type d’inondation :
gradué, il faut être sûr qu’ils seront disponibles
le moment venu, donc pas directement impactés > pour un cours d’eau à cinétique lente,
ou inaccessibles (exemple : le PCC doit être la crue est en cours, l’incertitude porte
positionné en dehors des zones inondables car uniquement sur les niveaux d’eau prévus ;
il est très déstabilisant de devoir déménager > pour un cours d’eau à cinétique rapide,
une cellule de crise en cours d’évènement) ; l’incertitude concerne à la fois la concrétisation
- La protection des biens communaux permet de la crue et les niveaux d’eau possibles. En
de réduire les dommages et d’accélérer effet, la prévision de l’inondation est faite à partir
la remise en service des installations. de la prévision pluviométrique (localisation,
intensité, cumul, limite pluie/neige…). La
réalisation du phénomène et son intensité
> CONSTRUCTION DES ACTIONS : QUI dépendent de la pluie réellement tombée.
FAIT, COMMENT, AVEC QUOI ET QUAND ?
Les actions prévues doivent pouvoir être réalisées
Cette phase de travail doit permettre de répondre à en toute sécurité, aussi bien pour les intervenants
la question « comment faire pour accomplir les mis- de la collectivité que pour les personnes impactées.
sions ». Il s’agit de préciser :
> Qui fait quoi ?
ILLUSTRATION
> Comment ?
> Avec quels moyens ? En combien de Pour les inondations à cinétique rapide, il
temps et pendant combien de temps ? est nécessaire d’anticiper des actions car
Il faut répartir les missions en fonction des res- certaines ne peuvent pas être réalisées
sources qui seront disponibles. Cela nécessite un quand le phénomène se déclenche. C’est le
travail de réflexion et de priorisation des actions afin cas de l’évacuation en dehors d’une zone
d’être sûr de pouvoir mettre en œuvre les tâches à risque. L’évacuation d’un tel secteur peut
qui ont été prévues. être envisagée de manière progressive en
fonction des prévisions et des incertitudes :
- évacuation des personnes vulnérables
recensées (à mobilité réduite, âgées, isolées…) ;
IMPORTANT
- évacuation de maisons de plain-pied à
La construction des actions est développée proximité immédiate du cours d’eau ;
dans le guide pratique PCS au chapitre 4 -…
« Avec quoi faire face à un évènement : On peut aussi prévoir l’évacuation des
recensement des moyens ». parkings souterrains et la mise en sécurité
des véhicules hors zone inondable.
ILLUSTRATION > E. 3. RÉDIGER LE PLAN
Pour les ressources humaines, il faut raisonner D’INTERVENTION GRADUÉ
en partant d’une hypothèse basse de personnes
La dernière étape consiste à élaborer le déroule-
disponibles lors du déclenchement du dispositif.
ment chronologique des actions pour chaque sec-
En effet il est plus simple d’intégrer des forces
teur identifié. L’ensemble des déroulés de tous les
supplémentaires que de réadapter un dispositif
secteurs est à synthétiser pour obtenir le plan d’in-
surdimensionné pour lequel il faut redéfinir des
tervention gradué par rapport au scénario étudié.
priorités au dernier moment. Les paramètres
En passant de scénarios de gravité à trame chro-
cruciaux dont il faut tenir compte sont :
nologique des actions, l’équipe municipale dispose
- la période de la semaine (jour ouvrable/
ainsi d’un outil d’aide à la décision pour piloter et
week-end), de la saison (scolaire, vacances) ;
anticiper la gestion de l’évènement.
- la disponibilité des personnes en fonction de leur
lieu de résidence qui peut être affecté s’il est en zone
inondable, des temps de trajets ; des difficultés
d’accès (routes inondées, pont infranchissable)…
P. 76 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
EXEMPLE DE PLAN D’INTERVENTION « GRADUÉ »
EN FONCTION DE LA STRATÉGIE RETENUE *
Mise en sécurité de toutes les personnes exposées niveau 3
Évacuation des personnes vulnérables exposées au niveau 3
Mise en sécurité de toutes les personnes exposées niveau 2
(installations dans les étages ou évacuation vers…)
Alerte des personnes exposées niveau 3 pour leur demander
de mettre en œuvre les mesures de protection des biens
(évacuation des voitures, surélévation des biens…)
Contact avec personnes vulnérables recensées du niveau 3
Début d’évacuation du camping
Mise en place de l’organisation sur chaque rive
Contact téléphonique avec acteurs « particuliers »
(établissements sensibles, organisateur de
manifestation, commerçants…) du niveau 3 et 4
Alerte des habitants exposés au niveau 2 pour leur demander
de mettre en œuvre les mesures de protection des biens
(évacuation des voitures, surélévation des biens…)
Alerte du directeur du camping
Fermeture des routes D1 et D2 et mise en place des déviations
Information de la population du risque d’une inondation
* Déclinaison du tableau p. 72
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 77
PLAN D'ACTION SPÉCIFIQUE EN CAS D'INONDATION,
SAINT-PAUL-EN-JAREZ
Source : Saint-Paul-en-Jarez (42), Maximilien NUEL, 2016
P. 78 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE : DÉVELOPPER DES
OUTILS POUR LE POSTE DE
COMMANDEMENT COMMUNAL
La réalisation d’outils d’aide à la gestion de l’évè- À partir des outils proposés et de l’adaptation de
nement n’est pas une fin en soi, mais bien une des ceux-ci faite par chaque collectivité, les membres
étapes du volet « inondation » du PCS. Ces outils, du Poste de Commandement doivent être
à vocation opérationnelle, doivent ainsi être adap- capables de suivre l’évolution de l’évènement
tés aux risques, en prenant en considération le (ou et être orientés sur les actions à engager ou en
les) plan(s) d’intervention gradué(s). Ils doivent per- cours. Ces outils doivent donc être clairs, intuitifs,
mettre à la commune de disposer en cas de sur- concis et simples de mise à jour. Ces outils sont
venue de l’évènement, des éléments techniques par ailleurs utilisables pour d’autres types de
et organisationnels indispensables à la bonne crise que les inondations.
conduite des opérations.
Élaborer et s’approprier des outils opérationnels d’aide
au pilotage de l’évènement.
Objectif
Se faciliter la gestion de l’évènement.
Pourquoi
Adapter les modèles présentés à son besoin.
Comment S’approprier leur utilisation par la formation et les entrainements.
faire ?
Les outils concourent à suivre la situation et à
partager les informations importantes.
Important
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 79
Le volet « inondation » du PCS doit aussi préciser être utile en phase opérationnelle pour retrouver la
les relations spécifiques avec les représentants des trace d’un élément particulier, perdu au milieu d’un
autres services de l’État ou des collectivités (exemple flux d’informations, quelques heures ou quelques
– rôle et missions de l’officier de liaison du SDIS pré- jours après son signalement. Cette conservation est
sent au PCC). également utile a posteriori au titre de la traçabilité
Afin de suivre au mieux la gestion de l’inondation au juridique des évènements.
sein du PCC, cinq outils sont proposés : Au minimum, chaque information y est enregistrée
> la main courante est un document écrit qui en mentionnant son heure d’arrivée et son ori-
permet de suivre la situation au fil de l’eau, elle gine. Ensuite, les informations peuvent être caté-
recense les faits qui la jalonnent. Y sont inscrites gorisées selon leur importance, leur gravité ou leur
les informations qui parviennent au PCC ; destinataire (voir tableau ci-dessous).
Doit-on inscrire sur la main courante toutes les
> la réunion de décisions et d’actions commu- informations qui parviennent au PCC ?
nales rassemble des membres du PCC autour du
maire et permet de faire le point sur l’évènement, Selon la taille du PCC et de la commune, l’ampleur
les actions entreprises et les décisions à prendre ; et la cinétique de l’évènement, les informations
à inscrire sur la main courante peuvent être fil-
>
le compte rendu d’actions communales
trées en fonction de leur nature ou de leur qualité,
reprend par écrit l’état général de la situation et
voire synthétisées (trop d’information peut nuire à
le relevé de décisions du maire ;
l’information).
> le tableau de suivi permet de suivre et de par- En fonction de la taille du PCC, plusieurs mains
tager le déroulement des actions principales, les courantes peuvent également coexister et s’articu-
éléments factuels importants (exemples : niveau ler durant la phase opérationnelle de la gestion de
de montée des eaux attendu, adresse du Centre crise :
d’accueil et de regroupement et son taux d’occu-
pation, numéro de téléphone ouvert au public…). > une main courante globale ;
Il est facilement visible dans le PCC (exemple : > des mains courantes par métier /
affichage en grand format) ; service / activité…
> les cartes permettent de visualiser les zones Dans ce cas la main courante globale est une com-
inondables et les zones inondées et d’y indiquer pilation des mains courantes « métier » en y repre-
des points sensibles ou de localiser les actions en nant les informations les plus importantes ou celles
cours. Elles sont facilement visibles dans le PCC qui ne concernent pas exclusivement un seul ser-
(exemple : affichage en grand format). vice ou acteur sur des aspects mineurs.
Ces différents outils sont développés ci-après. > F. 2. ORGANISER DES RÉUNIONS
> F. 1. TENIR UNE MAIN COURANTE DE DÉCISIONS ET D’ACTIONS
COMMUNALES
La main courante est un document écrit sur sup-
> DÉFINITION ET OBJECTIFS DE LA RÉUNION
port papier ou numérisé tenu en permanence au
DE DÉCISIONS ET D’ACTIONS COMMUNALES
sein du PCC lorsqu’il est activé. Elle a pour objectif
d’enregistrer les éléments d’information parvenant La réunion de décisions et d’actions communales
au PCC et de les partager. Elle doit être consultable est un outil de synthèse central, à la disposition
au sein du PCC. du Poste de Commandement Communal lors de
Elle permet de conserver la mémoire des informa- la phase de réponse opérationnelle durant la ges-
tions. Cette conservation est importante. Elle peut tion de crise. Il s’agit d’un temps réservé, qu’il faut
EXEMPLE DE STRUCTURE SIMPLE DE MAIN COURANTE
Origine de
Heure d’arrivée Destinataire Information Priorité
l’information
15h30 Police Municipale PCC Rue Hugo inondée 2
sur toute sa longueur, barrière
posée angle rue Voltaire
P. 80 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
prendre en suivant un rythme fixé par le maire ou le permet de gagner du temps lors du déroulement
responsable des actions communales. de la réunion.
Il se déroule sous la forme de réunions régu- Participants :
lières au sein du PCC permettant de réaliser un Il ne s’agit en aucun cas d’une réunion publique.
état des lieux verbal de la situation. Ce moment De plus, l’ensemble des membres du PCC ne doit
d’échanges indispensable entre les responsables du pas être présent. En effet, le nombre de partici-
PCC (physiquement réunis au même endroit et tous pants doit être limité par souci d’efficacité dans
ensemble) permet de synthétiser les informations les échanges. Seuls le maire, le Responsable des
disponibles : Actions Communales et les responsables de la
> la situation actuelle ; main courante des cellules ou des services doivent
y participer. Les participants doivent préparer en
> la situation possible (évolution envisageable) ; amont les éléments qu’ils présenteront afin d’aller
> le bilan humain et matériel ; à l’essentiel.
> les actions en cours ; Durée :
> les actions à prévoir ; La réunion de décisions et d’actions communales
doit être succincte, rapide et ne doit pas bloquer les
> les difficultés ;
différents responsables pendant de trop longues
> les besoins. minutes. Elle est donc focalisée uniquement sur
Cela permet à tous : les informations réellement pertinentes lors de la
> d’avoir le même niveau d’information ; phase de réponse opérationnelle. En règle générale,
elle doit durer une quinzaine de minutes maximum.
> de savoir ce qu’il se passe réellement sur le ter-
rain en fonction des éléments remontés par les Déroulement général :
différentes cellules ou les acteurs ; La réunion est présidée par le maire ou son repré-
sentant. Un secrétariat est désigné pour en rédiger
> de connaitre les actions réellement engagées ; un compte rendu (voir paragraphe F3). Les principes
> d’envisager les actions à engager. suivants de déroulement de la réunion peuvent être
L’objectif final de cette réunion est de prendre des rappelés :
décisions, sous l’autorité du maire, concertées > fixer un ordre de parole, qui devra être respecté,
entre les principaux membres du dispositif pour pour que tous les participants puissent intervenir,
aboutir à la réalisation d’actions sur le terrain. par ordre de priorité ;
Cette réunion permet également de mobiliser dif-
férents acteurs, afin de faire un point coordonné
> aller à l’essentiel, (ne pas rentrer dans les détails),
se focaliser sur les informations réellement
entre les services sur la situation. Des représentants
pertinentes ;
des sapeurs-pompiers, des forces de police ou de
gendarmerie, des associations agréées de sécurité > rester concentré sur la situation en cours (dans
civile peuvent avantageusement y participer. Ils se l’idéal, les téléphones ne doivent pas être utilisés) ;
nourriront de ces informations pour réaliser avec > savoir écouter les autres, sans intervenir en cou-
précision les missions qui leur sont respectivement pant celui qui a la parole ;
dévolues.
> conclure la réunion en reformulant les points
> RÉALISATION ET MANAGEMENT actés et les décisions prises afin que les objectifs
DE LA RÉUNION DE DÉCISIONS ET ou les missions soient clairs pour tous (ces déci-
D’ACTIONS COMMUNALES sions sont reprises dans le compte rendu écrit) ;
Lieu de la réunion : > annoncer l’heure de la prochaine réunion.
Pour s’assurer que la réunion de décisions et d’ac- Pour mieux structurer la réunion, il est également
tions communales soit réalisée dans de bonnes conseillé de s’appuyer sur le tableau de suivi (voir
conditions, il est souhaitable que celle-ci ait lieu paragraphe F.4 de la présente fiche) pour synthé-
dans une salle à l’écart de la salle principale du tiser les informations à disposition et ne conser-
PCC. Il convient de s’isoler des nuisances relatives ver que celles réellement opérationnelles et utiles.
aux conversations téléphoniques, aux portes qui L’utilisation active de ce tableau durant la réunion
s’ouvrent, aux sonneries, aux personnes qui dis- permet de faire un point méthodique et exhaustif
cutent, etc. Une salle calme facilite la réflexion et des actions engagées.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 81
> FRÉQUENCE DE TENUE DES RÉUNIONS DE
DÉCISIONS ET D’ACTIONS COMMUNALES IMPORTANT
Cette fréquence dépendra fortement de la ciné-
En règle générale, les comptes rendus
tique de l’évènement. Par exemple, dans le cas des
d’actions communales se focalisent
crues de la Seine en mai et juin 2016, des réunions
successivement sur différents aspects au fur
de décisions et d’actions communales étaient réali-
et à mesure de l’évolution de la situation :
sées toutes les 6 ou 8 heures. Dans le cas de crues
torrentielles du Sud de la France, des réunions En phase initiale :
étaient réalisées à des fréquences beaucoup plus - recueillir les premières informations
rapprochées. En cas de nécessité et sur décision du disponibles sur l’évènement ;
maire ou du Responsable des Actions Communales, - fixer les actions urgentes à réaliser ;
une réunion de décisions et d’actions communales - définir les premiers besoins pour la
pourra être organisée en dehors des fréquences gestion de la crise : moyens logistiques,
régulières si des informations importantes appa- ressources humaines supplémentaires…
raissent ou si l’évènement évolue plus rapidement En phase de réponse opérationnelle :
ou défavorablement que prévu. - rappeler les informations à disposition
concernant l’évènement (débit, hauteur d’eau,
> F. 3. RÉDIGER UN COMPTE RENDU
secteurs impactés, actions engagées, etc.) ;
D’ACTIONS COMMUNALES - présenter l’évolution envisageable de la
L’essentiel des échanges tenus lors de la réunion de situation et ses conséquences possibles ;
décisions et d’actions communales est repris sous - évaluer les difficultés réelles ou potentielles ;
la forme d’un état écrit appelé « compte rendu d’ac- - choisir la stratégie à mettre en œuvre par le
tions communales ». Il est numéroté et horodaté. Il maire, à son initiative ou sur proposition de
formalise : son Responsable des Actions Communales ;
- définir clairement et répartir les
> les principales informations recueillies ; différentes actions entre les cellules (par le
> les actions engagées ; Responsable des Actions Communales).
> les décisions prises. En phase de retour à la normale :
L’ensemble de ces grandes informations a voca- - rappeler ce qu’il s’est passé et la phase
tion à être partagé auprès des partenaires externes dans laquelle nous nous trouvons ;
et internes : Préfecture (COD), sapeurs-pompiers, - présenter la situation actuelle et les
forces de police ou de gendarmerie, intercommu- difficultés rencontrées par la commune
nalité, associations, membres du dispositif commu- pour gérer cet évènement ;
nal sur le terrain... - organiser, en concertation des différentes
équipes, le soutien et l’accompagnement
Enfin, le compte rendu d’actions communales une
administratif des sinistrés sur le long terme.
fois rédigé permet d’aborder le volet communica-
tion. En effet, il constitue une excellente base d’infor-
mations vérifiées, agrégées et validées par le maire.
Les différents services (communication notamment)
et partenaires (Préfecture par exemple) peuvent
s’en inspirer pour produire des éléments de com-
munication formalisés notamment à destination de
la presse.
Il est possible que le relevé de décisions de l’auto-
rité fasse l’objet d’un document distinct de cette
synthèse générale.
P. 82 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
MÉTHODE RÉFLEXE D’AIDE À LA RÉALISATION
D’UN COMPTE RENDU D’ACTIONS COMMUNALES
Source : IRMa, 2018
> F. 4. TENIR UN TABLEAU DE SUIVI Par exemple : évacuation d’un quartier, alerte de la
population, activation d’un centre d’accueil, mise
Le tableau de suivi est un outil, permettant au en place de déviations routières, information de la
maire et à ses équipes de contrôler et de suivre population… en précisant :
les décisions prises et, en conséquence, les prin- > l’entité ou les personnes chargées de
cipales actions engagées sur le terrain. Il est for- la mise en œuvre de l’action ;
malisé en version papier, sur tableau effaçable ou
en version informatisée. Ce tableau permet d’avoir
> les moyens mis en œuvre ;
une vision d’ensemble de la situation et de par- > un degré de priorité ;
tager facilement des informations importantes au > un délai de réalisation, éventuellement, et
sein du Poste de Commandement Communal. Il surtout un indicateur de suivi. L’exploitation
s’agit donc d’un outil essentiel de suivi et d’aide à la la plus simple de ce suivi, sous la forme
prise de décision. Les informations pouvant appa- d’une grille, consiste à attribuer à certaines
raître dans un tableau de suivi sont nombreuses. Il cases soit un indicateur de suivi de la
est important de les sélectionner et d’en organiser réalisation (généralement vert, jaune
la présentation. et rouge) soit un indicateur temporel
(non commencé, en cours, terminé).
> CONTENU DU TABLEAU DE SUIVI
Le suivi des actions peut être synthétisé
En priorité peuvent être mentionnées dans un ainsi (voir tableau page suivante).
tableau de suivi les actions décidées et engagées.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 83
EXEMPLE DE GRILLE SIMPLE DE SUIVI D’ACTIONS
RÉALISATION
ACTIONS MOYENS HEURE DÉBUT
PRIORITÉ PAR SUIVI
(quoi ?) (comment ?) (quand ?)
(qui ?)
Fermeture 2 Police municipale 10 barrières + PL 14h15 En cours
circulation + Sces techniques
rue Berlioz
Évacuation 1 Sces techniques + 2 agents 15 parents 12h10 Terminé
mobilier 2 parents d’élèves à 13h30
classes RDC
École Poulenc
(mis à l’étage)
Le tableau de suivi peut également comporter > la mention d’échéances
des zones permettant de visualiser et d’exploiter temporelles importantes ;
facilement des informations clés telles que : > la logistique en détaillant :
> les grandes valeurs de l’inondation (débit, – les moyens humains et matériels
hauteur d’eau et précipitations) ; déployés (bilan) ;
> l’anticipation (comment la situation – l’état actuel de l’hébergement d’urgence
est-elle susceptible d’évoluer) ; (sites ouverts, nombre de personnes
> la désignation des secteurs sinistrés accueillies, nombre de blessés, etc.).
(en lien avec la cartographie), les En effet, le maire et ses équipes ont besoin de savoir
enjeux (population concernée) ; ce qui se passe, d’être informés sur les futurs envisa-
> le nombre de personnes évacuées et le nombre geables, de connaitre l’état des capacités humaines
de personnes accueillies (bilans généraux et matérielles, d’être avertis des rendez-vous à
utiles pour le point de situation), etc. ; venir…
Utilisation du tableau de bord - exercice test du PCS pour le SM3A © IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2019
P. 84 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
TABLEAU DE BORD / SUIVI DES ACTIONS
Source : Espinasse-Vozelle, Philippe MONDET, 2018
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 85
TABLEAU DE SUIVI SOUS FORMAT PAPIER
Source : IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
Les communes qui utilisent les tableaux de suivi les
produisent généralement sur un tableau effaçable
IMPORTANT
permettant des échanges de proximité au sein du
Le tableau de suivi met en exergue les éléments PCC. Certaines communes les produisent sur des
essentiels de la gestion de l’évènement. supports plus élaborés et informatisés grâce aux-
Il doit être exploité en complément de la quels le tableau peut être partagé avec les diffé-
main courante qui enregistre dans l’ordre rents intervenants (services de secours, préfecture,
chronologique sans différenciation de agents sur le terrain, etc.). Ainsi, il peut être consulté
domaine ou d’importance les informations. facilement sous réserve d’un accès à internet. Le
gain opérationnel est évident, mais c’est aussi la fia-
bilité des informations qui est garantie par cette lec-
Il est conseillé de préparer la structure du tableau
ture partagée.
de suivi à l’avance dans le cadre des travaux de
planification. Par ailleurs les informations proposées dans le
tableau de suivi peuvent être démultipliées sous
forme de tableaux thématiques, voir illustration
IMPORTANT ci-dessous d’un tableau de suivi de la mobilisation
des élus :
Il est conseillé de compartimenter le tableau
de suivi en zones. Chaque zone correspond
à une donnée opérationnelle, issue du
travail réalisé par les différentes cellules
présentes dans l’organisation de crise.
P. 86 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
TABLEAU DE MOBILISATION DES ÉLUS
Source : IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2016
> EXPLOITATION DU TABLEAU
DE SUIVI LORS DE LA PHASE DE IMPORTANT
RÉPONSE OPÉRATIONNELLE
Il est conseillé d’archiver les différents états
Dès l’activation du PCC, il faudra donc renseigner le
successifs du tableau (nouvelle page papier,
tableau de suivi. Soit chaque cellule du PCS le com-
photographie ou sauvegarde informatique).
plète, soit une personne désignée s’en charge. Dans
ce cas le responsable du tableau de suivi reçoit les
informations des cellules ou va les recueillir auprès > LIEN ENTRE LE PLAN D’INTERVENTION
de celles-ci. GRADUÉ ET LE TABLEAU DE SUIVI
Dans tous les cas, le RAC doit prendre le temps de
Le tableau de suivi est un outil qui ne se substitue
s’assurer régulièrement (par exemple toutes les ½
pas au plan d’intervention gradué. Mais il permet
heures en cinétique rapide ou toutes les ½ journées
de suivre l’évolution de l’évènement et d’afficher
pour une cinétique lente) de la cohérence globale
de manière synthétique les données sur celui-ci.
du tableau.
Aussi, le tableau de suivi intervient en soutien du
Enfin, avant la réalisation d’une réunion de situa- déploiement du plan d’intervention gradué.
tion et de décision, le tableau de suivi sera systé-
En effet, le plan d’intervention gradué a été réfléchi
matiquement actualisé. Il servira aux réflexions lors
et organisé pour pouvoir prendre en compte plu-
des échanges. Chaque participant du PCC se doit
sieurs facteurs : actions à mener, temps disponible
d’avoir vérifié l’actualisation du tableau. Ainsi avant
pour agir et moyens disponibles. Le tableau de suivi
le début de la réunion, le RAC pourra récapituler les
permet avant tout de suivre l’évolution de l’évène-
informations à sa disposition et demander quelles
ment et de synthétiser les informations relatives à
sont les évolutions de la situation et si quelqu’un a
celui-ci. Un lien entre les deux sera donc à envisa-
des remarques à formuler (changement de situa-
ger : les actions du plan d’intervention gradué
tion, nouvelles informations, etc.).
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 87
seront en toute logique, tôt ou tard, mises en Elles doivent donc comporter un certain nombre
œuvre et ainsi mentionnées dans le tableau de d’éléments directement utiles à la gestion de la
suivi. Si le volet « inondation » du PCS est conçu avec crise (zones d’aléas, enjeux exposés, numéros de
rigueur et réalisme, l’élaboration de son tableau de rues et carroyage des sapeurs-pompiers a minima).
suivi associé sera facile. Tout ou partie des actions Ces supports permettront, par la suite, de prioriser
du plan d’intervention gradué peuvent aussi figurer et de faire appliquer des mesures de sauvegarde
dans la première colonne d’une grille de suivi spéci- (alerte et évacuation) et d’information de la popu-
fique préparée à l’avance. lation sur les conduites à tenir.
L’ensemble du territoire doit ainsi être représenté
> F. 5. UTILISER DES CARTOGRAPHIES sur la cartographie, y compris une partie des com-
OPÉRATIONNELLES DU RISQUE munes limitrophes, notamment en cas d’évacua-
INONDATION tion. Sur ce point, il est souhaitable de disposer
d’une carte générale positionnant la commune dans
> L’INTÉRÊT DE LA CARTOGRAPHIE le bassin versant concerné, et présentant idéale-
« OPÉRATIONNELLE » DANS L’AIDE ment les zones inondées en amont et en aval de
À LA PRISE DE DÉCISION la commune pour les scénarios considérés. Cette
Une grande majorité de PCS dispose aujourd’hui information permettra d’échanger utilement avec
de cartes permettant de représenter les aléas et les les communs limitrophes pour anticiper la crise.
enjeux du territoire. Elles sont parfois très simples
(un unique fond IGN sur lequel on aura colorié à la
main les zones d’aléas) parfois plus élaborées avec un IMPORTANT
réel travail de traitement opérationnel des données. Durant la crise, il est préférable que cette carte
L’intérêt de ces cartes est qu’elles doivent per- soit partagée en étant affichée en plein milieu
mettre, pour un public initié ou non à la carto- de la cellule de crise communale, à la portée
graphie, de visualiser très simplement les zones et à la vue de tous les membres de la cellule,
potentiellement sinistrées de la commune et sur- pour faciliter les échanges d’informations
tout d’identifier quels seraient les enjeux impactés et pour représenter les actions en cours ou
ou points de vulnérabilités en fonction des scéna- réalisées (quartier évacué par exemple).
rios d’aléas choisis.
Utilisation de la cartographie opérationnelle, Gières © IRMa, Sébastien GOMINET, 2017
P. 88 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
La carte opérationnelle d’aide à la gestion de crise > le référent départemental inondation (RDI) ;
doit être réalisée dans un grand format, adapté à > les communes proches et l’intercommunalité si
la mise en commun des informations (affichage au elle dispose de compétences en gestion de crise ;
mur ou sur une table) et permettant la rédaction sur
celle-ci (au moyen de stylos effaçables et de sup-
> les associations agréées de sécurité
civile susceptibles d’intervenir.
ports de protection). Nous retrouvons ainsi, le plus
souvent, des cartes en format A1 ou A0. Retenons > LES ÉLÉMENTS À AFFICHER SUR
alors que le format A0 semble plus adapté à la mise LA CARTE OPÉRATIONNELLE
en commun des informations et permet également Les cartographies opérationnelles du PCS doivent
de disposer d’une échelle (un niveau de zoom) per- permettre d’afficher et de traiter facilement cer-
tinente pour l’exploitation de la carte. taines données essentielles en cas d’évènement.
Ces informations doivent a minima reprendre :
IMPORTANT > l’emprise des zones d’aléas
théoriques (zones inondables) ;
Le grand format autorise un niveau de zoom > les enjeux bâtimentaires du territoire ;
important tout en prenant en compte l’ensemble
> les axes de communication et cours d’eau ;
de la commune, ce qui permet de faire
apparaître, entre autres, les divers bâtiments, > les numéros de rues ;
routes et numéros de rues de la commune. Ce > le carroyage des sapeurs-pompiers.
niveau de zoom peut également permettre de En complément des données essentielles à afficher
faire apparaitre d’autres informations, telles dans tous les cas, d’autres données peuvent être
que les courbes de niveau, l’utilisation du sol ou ajoutées pour compléter le travail et disposer d’in-
autres sans pour autant rendre illisible la carte. formations supplémentaires :
Le fait de disposer d’une carte grand format
> les courbes de niveaux (prise
permet également d’afficher une petite partie en compte du relief) ;
des communes limitrophes et donc engager
une réflexion à une échelle plus importante que > les types de bâtiments (pour
celle de la commune isolée (intercommunalité distinguer les différents enjeux) ;
ou bassin versant). En effet, si une inondation > l’emplacement des parkings et
majeure d’un cours d’eau avait lieu, il y a fort autres aires de stationnement ;
à parier que plusieurs communes amont / aval > l’utilisation du sol pour un repérage plus facile ;
seraient impactées. Le fait de disposer d’une > l’emplacement des réseaux (eau
carte permettant de visualiser les impacts des potable, électricité...).
communes limitrophes sur quelques centaines
de mètres autorise la réflexion intercommunale > FAUT-IL DISPOSER D’UNE CARTE PAPIER
en termes de prise en compte des habitants OU JUSTE D’UNE CARTE INFORMATISÉE ?
sinistrés ou de fermeture des différentes voiries Il existe trois approches différentes lorsque l’on
et permet d’engager les réflexions en termes évoque la cartographie du risque inondation dans
d’entraide intercommunale et de solidarité. les PCS :
> la cartographie papier réalisée à l’aide des
cartes non prévues à cet effet, le plus souvent
> LE PARTAGE DES CARTES peu lisible et difficilement exploitable ;
Dans une volonté de coordination et d’entraide > la cartographie papier réalisée de manière
intercommunale, nous conseillons que les carto- plus développée et opérationnelle ;
graphies opérationnelles (ou a minima les données > la cartographie informatique, souvent travaillée,
informatiques) soient partagées avec les parte- à la fois en termes de données et d’exploitation.
naires suivants, avant l’évènement :
Si cette dernière tend à se démocratiser, il ne faut
> les sapeurs-pompiers, gendarmes et pour autant pas négliger l’importance du papier en
policiers des casernes, brigades ou situation de crise et donc réfléchir, si l’on souhaite
commissariats les plus proches ; mettre en œuvre un outil informatique, à la robus-
> le syndicat de bassin ou l’établissement tesse des outils de gestion de l’évènement le jour
public territorial de bassin ; où les ordinateurs ne fonctionnent pas (problème,
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 89
panne de courant, etc.). Ainsi et dans tous les cas,
disposer d’un support papier semble rester une
IMPORTANT
obligation. Rappelons également que le support
informatique, quant à lui, sera fortement dépen- La carte papier a l’avantage d’être toujours
dant de la capacité de la commune à administrer et disponible, même en cas de problème technique
faire vivre les bases de données en situation calme, (électricité ou ordinateur qui ne fonctionne pas)
mais également à utiliser l’outil lors d’évènements et ne nécessite pas de compétence particulière,
de sécurité civile. dès lors qu’elle est réalisée. Elle est le plus
souvent simple d’utilisation, à condition que
l'on sache se repérer sur une carte. À l'inverse,
elle présente quelques limites telles que la
difficulté de mise à jour après impression ou
la limite de diffusion pendant l’évènement ;
La carte informatisée a quant à elle l’avantage
d’être évolutive et très interactive si l’on sait
utiliser l’outil. Elle est également facilement
partageable en situation de crise, tant que l’on
dispose d’une connexion internet. Pour autant,
sans électricité ou sans ordinateur équipé
d’un logiciel de SIG, elle n’est pas exploitable.
CARTE OPÉRATIONNELLE DU RISQUE LIÉ À L'INONDATION,
COMMUNE DES AVENIÈRES-VEYRINS-THUELLIN
Source : IRMa, 2018
P. 90 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE : PARTAGER LA
CONNAISSANCE DU RISQUE,
LA RÉPONSE OPÉRATIONNELLE
ASSOCIÉE ET LES RETOURS
D’EXPÉRIENCE
Les inondations doivent être anticipées afin que des informations qu’elle contient, il est conseillé
leurs conséquences directes (ex : zones inondées) d’adopter la mise en forme suivante :
et indirectes (ex : quartiers isolés) sur le territoire >
une partie de présentation des phéno-
ne provoquent pas de perturbations en capacité mènes résumant le contexte communal, le
de mettre en défaut toute l’organisation de crise risque d’inondation sous la forme de scéna-
prévue. De nombreuses collectivités font réguliè- rios d’inondation et les principaux enjeux spé-
rement le constat dans leurs retours d’expérience cifiques (mairies, services techniques, centres
suite à des inondations vécues qu’elles se sont de secours, commissariats, routes, etc.) et sen-
retrouvées isolées sans services de secours à leur sibles (écoles, crèches, hôpitaux, etc.) exposés
côté. Lors de l’évènement, les services de secours aux phénomènes en fonction des scénarios
se sont retrouvés bloqués car ils n’avaient pas anti- d’inondations. Son objectif est de permettre
cipé le caractère inondable des routes qu’ils souhai- une appropriation simple et rapide du
taient emprunter. sujet par tous les publics ;
Il est dont très important de pouvoir partager l’infor- >
une partie opérationnelle réservée aux
mation disponible avec tous les acteurs concernés acteurs de la gestion de crise pour l’aide à la
en cas d’inondation. Il est conseillé à la commune prise de décision et la réalisation des actions
de réaliser une fiche de synthèse récapitulant les dans le cadre des inondations. On y retrouve
informations importantes du volet inondation. notamment des informations sur la gestion
Ces fiches, récapitulant les scénarios d’inondation et opérationnelle de l’évènement, telles que les
les conséquences envisagées, sont envoyées à l’en- principales consignes opérationnelles défi-
semble des partenaires pour que ceux-ci puissent nies pour chacun des plans d’intervention gra-
s’organiser, adapter leurs modes d’intervention en dués, les rôles et missions de chaque acteur,
fonction des évènements et surtout avoir accès aux les listes de matériels mobilisables ou des car-
principales données les intéressant. tographies opérationnelles (voir fiche dédiée).
Pour que la fiche de synthèse soit facilement Ces fiches doivent être simples, claires et exploi-
exploitable de par sa forme et par l’organisation tables de façon instantanée par les utilisateurs.
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 91
Note : Voir la cartographie associée page 3/3
EXEMPLE DE FICHE DE SYNTHÈSE INONDATION
PAGE 1/3
Source : IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
P. 92 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
FICHE
Note : Voir la cartographie associée page 3/3
EXEMPLE DE FICHE DE SYNTHÈSE INONDATION
PAGE 2/3
Source : IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
P. 93
FICHE
EXEMPLE DE CARTOGRAPHIE ASSOCIÉE À UNE FICHE DE SYNTHÈSE INONDATION
PAGE 3/3
Source : IRMa, Mathias LAVOLÉ, 2018
P. 94 PLAN COMMUNAL DE SAUVEGARDE
APIC. . . . . . . . . . . Avertissement Pluies Intenses sur les Communes
AZI. . . . . . . . . . . . . Atlas des Zones Inondables
BRGM. . . . . . . . . Bureau de Recherche Géologique et Minier
CARE. . . . . . . . . . Centre d’Accueil et de Regroupement
CEREMA. . . . . . Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l’environnement, la mobilité et l'aménagement
CEPRI . . . . . . . . . Centre Européen de Prévention du Risque Inondation
COD. . . . . . . . . . . C entre Opérationnel Départemental
CODIS. . . . . . . . . Centre Opérationnel Départemental d’Incendie
et de Secours
DDPP. . . . . . . . . . D irection Départementale de la Protection des populations
DDSC. . . . . . . . . . Direction de la Défense et de la Sécurité Civile
DDT(M). . . . . . . Direction Départementale des Territoires (et de la Mer)
DGPR. . . . . . . . . . Direction Générale de la Prévention des Risques
DGSCGC. . . . . . Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion
ABRÉVIATIONS
des Crises
DICRIM. . . . . . . Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs
DREAL. . . . . . . . Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement
et du Logement
EAIP. . . . . . . . . . . Enveloppes Approchées des Inondations Potentielles
EPCI. . . . . . . . . . . Établissement Public de Coopération Intercommunale
EPRI. . . . . . . . . . . Évaluation Préliminaire des Risques d’Inondation
EPTB . . . . . . . . . . Établissement Public Territorial de Bassin
ERP. . . . . . . . . . . . Établissement Recevant du Public
GEMAPI . . . . . . Gestion de l’Eau, des Milieux Aquatiques et Prévention
des inondations
HGM . . . . . . . . . . Hydro-Géo-Morphologique
IGN. . . . . . . . . . . . Institut National de l’Information Géographique
et Forestière
IRMa. . . . . . . . . . Institut des Risques Majeurs
MIIAM. . . . . . . . Mission Interrégionale Inondation Arc Méditerranéen
MTES . . . . . . . . . Ministère de la Transition Écologique et Solidaire
ONF. . . . . . . . . . . Office National des Forêts
PAPI. . . . . . . . . . . P rogramme d’Action et de Prévention des Inondations
PCC. . . . . . . . . . . . Poste de Commandement Communal
PCS. . . . . . . . . . . . Plan Communal de Sauvegarde
PPR. . . . . . . . . . . . Plan de Prévention des Risques (Naturels ou
Technologiques)
RAC. . . . . . . . . . . . Responsable des Actions Communales
RCSC . . . . . . . . . . Réserve Communale de Sécurité Civile
RDI. . . . . . . . . . . . . Référent Départemental Inondation
RETEX. . . . . . . . . R etour d’Expérience
RIC. . . . . . . . . . . . . Règlement de surveillance, de prévision et de transmission
de l’Information sur les Crues
RTM. . . . . . . . . . . (service de) Restauration des Terrains en Montagne
SCHAPI. . . . . . . Service Central d'Hydrométéorologie et d'Appui à
la Prévision des Inondations
SDIS. . . . . . . . . . . Service Départemental d’Incendie et de Secours
SNGRI. . . . . . . . . S tratégie Nationale de Gestion du Risque Inondation
SPC. . . . . . . . . . . . Service de Prévision des Crues
TRI. . . . . . . . . . . . . Territoire à Risque Important d’Inondation
ZDS. . . . . . . . . . . . Zone de Défense et de Sécurité
ZIP. . . . . . . . . . . . . Zones d’Inondation Potentielles
SE PRÉPARER À FAIRE FACE AUX INONDATIONS
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Chefs de projet
Mathias Lavolé (IRMa)
Pascal Belin (Cerema)
Rédaction
Ghislaine Verrhiest-Leblanc
(MIIAM - DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur),
Philippe Blanc (DGSCGC),
François Giannoccaro (IRMa)
Conception graphique
François Blaire
[Link]
Clara Chambon
[Link]
Publication automne 2019
N° ISBN : 978-2-11-152046-2