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Devoir Surveill En: Samedi 1er Mars 2003

Le devoir surveillé No7 aborde des concepts avancés de mathématiques, notamment la dualité en dimension finie et la réduction des endomorphismes nilpotents. Il se compose de plusieurs parties, chacune traitant des propriétés des formes linéaires, des sous-espaces, des endomorphismes nilpotents et de leur représentation sous forme de matrices de Jordan. Les résultats et démonstrations sont essentiels pour comprendre la structure des espaces vectoriels et les transformations linéaires associées.

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Le devoir surveillé No7 aborde des concepts avancés de mathématiques, notamment la dualité en dimension finie et la réduction des endomorphismes nilpotents. Il se compose de plusieurs parties, chacune traitant des propriétés des formes linéaires, des sous-espaces, des endomorphismes nilpotents et de leur représentation sous forme de matrices de Jordan. Les résultats et démonstrations sont essentiels pour comprendre la structure des espaces vectoriels et les transformations linéaires associées.

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Devoir surveillé No7

Samedi 1er mars 2003


- Durée : 4 heures -

L’épreuve est composée d’un problème.


Les quatre premières parties introduisent les notions essentielles relatives à la dualité. Le
résultat de la partie V. n’est pas réutilisé dans la suite du problème. Les quatre dernières parties
sont consacrées à la réduite de Jordan des endomorphismes nilpotents.

Dualité en dimension finie.


Applications à la réduction des endomorphismes nilpotents.

Dans tout le problème, K désigne un corps commutatif, E un K-espace vectoriel de dimen-


sion finie n  1.
On rappelle qu’une forme linéaire de E est une application linéaire de E dans K. L’espace
dual E ∗ est l’ensemble des formes linéaires de E. Si (e1 , . . . , en ) est une base de E, on note
(e∗1 , . . . , e∗n ) la base duale de E ∗ qui est définie par :

∗ 1 si i = j
ei (ej ) = δij = pour tout 1  i, j  n.
0 si i =
/j

I. Dualité et hyperplans
1) Soit u ∈ E ∗ non nulle. Montrer que H = ker u est un hyperplan de E.
On dit que ”u(x) = 0” est une équation cartésienne de l’hyperplan H.
2) Soient u et v dans E ∗ non nulles. On suppose que ker u = ker v. On note H = ker u. On
fixe a ∈ E\H. Démontrer qu’il existe λ ∈ K ∗ tel que v(a) = λu(a). En déduire que v = λu.
3) Soit H un hyperplan de E. Construire une forme linéaire u ∈ E ∗ telle que ker u = H.
4) Conclure en énonçant un théorème d’existence et d’unicité d’équations cartésiennes pour
un hyperplan donné H.

II . Le crochet de dualité
On pose pour u ∈ E ∗ et x ∈ E : < u, x >= u(x). (u, x) ∈ E ∗ × E −→< u, x >= u(x) ∈ K
est une application appelée crochet de dualité.
1) Démontrer que le crochet de dualité est bilinéaire i.e. pour tout (u, x) ∈ E ∗ × E, les
applications v ∈ E ∗ −→< v, x >∈ K et y ∈ E −→< u, y > sont linéaires.
Soient u ∈ E ∗ et x ∈ E. On dit que u et x sont orthogonaux si < u, x >= u(x) = 0. Si
A ⊂ E et B ⊂ E ∗ , on définit ainsi l’orthogonal de A :

A⊥ = {u ∈ E ∗ , ∀x ∈ A, < u, x >= 0}
et l’orthogonal de B :

B o = {x ∈ E, ∀u ∈ B, < u, x >= 0}

2) a . Montrer que si A ⊂ E, A⊥ est un sous-espace de E ∗ .


b . Soit A1 ⊂ A2 ⊂ E. Que peut-on dire de A⊥ ⊥
1 et A2 ?
c . Soit A ⊂ E. Montrer A⊥ = [Vect (A)]⊥ .
d . Soit A ⊂ E. Montrer que A ⊂ (A⊥ )o .
3) Enoncer sans démonstration des propriétés similaires concernant l’orthogonal des parties
de E ∗ .
4) Déterminer (E ∗ )o .

III . Représentations cartésiennes des sous-espaces


1) a . Soit (u1 , . . . , up ) ∈ E ∗ p un système libre de formes linéaires sur E. Exprimer F =
{u1 , . . . , up }o à l’aide des noyaux ker ui . Préciser la dimension de F .
On dira dans ces conditions que (u1 , . . . , up ) est une représentation régulière cartésienne du
sous-espace F et on écrira :


 u1 (x) = 0

 u2 (x) = 0
F : ..

 .

 up (x) = 0

b . Soit G un sous-espace de E ∗ . Etablir dim G + dim Go = dim E.


2) Soit F un sous-espace de E.
a . Démontrer l’existence de (u1 , . . . , up ) ∈ E ∗ p , système libre de E ∗ constituant une
représentation régulière de F .
b . Etablir dim F + dim F ⊥ = dim E.
3) Soient F un sous-espace de E et G un sous-espace de E ∗ . Montrer que (F ⊥ )o = F et
(Go )⊥ = G.  
1
4) On suppose K = R et E = R et e = 3  2 . Donner une représentation régulière de
3
F = Re.

IV . Transposée d’un endomorphisme


Soit f ∈ L(E).
1) Montrer que l’application :

E∗ −→ E ∗
t
f : u −→ u ◦ f

est un endomorphisme de E ∗ .
t
f est appelé transposée de f .
2) Soit B = (e1 , . . . , en ) une base E. On note A la matrice de f dans la base B. Démontrer
que la matrice de t f dans la base B ∗ = (e∗1 , . . . , e∗n ) est t A.
3) Soient (f, g) ∈ L(E)2 et λ ∈ K. Démontrer les égalités suivantes :
t
(f + g) =t f +t g, t
(λf ) = λt f, t
(g ◦ f ) =t f ◦t g, rg f = rg t f

4) Montrer que kert f = (im f )⊥ et (ker f )⊥ = im t f .


V. Multiplicateurs de Lagrange
Soit (u1 , . . . , up , v) ∈ (E ∗ )p+1 . On suppose que pour tout x ∈ E :
u1 (x) = u2 (x) = . . . = up (x) = 0 =⇒ v(x) = 0
Montrer l’existence de λ1 , . . . , λp dans K tels que :
v = λ1 u 1 + λ2 u 2 + · · · + λ p u p

VI . Indice de nilpotence d’un endomorphisme nilpotent


On dit que f ∈ L(E) est nilpotent s’il existe p ∈ N∗ tel que f p = 0. On appelle indice
de nilpotence le plus petit de ces entiers naturels. Soit f ∈ L(E) nilpotent et p son indice de
nilpotence.
1) Montrer que ker f = / {0}.
2) Soit k ∈ N. Démontrer que si ker f k+1 = ker f k , pour tout l  k, ker f l = ker f k .
3) En déduire que p  n.
VII . Réduction des endomorphismes nilpotents d’indice n
Soit f ∈ L(E). On suppose que f n = 0 (f est nilpotent) et f n−1 = / 0.
1) Montrer l’existence de e ∈ E tel que (e, f (e), f (e), . . . , f (e)) soit une base de E.
2 n−1

2) En déduire l’existence d’une base B = (e1 , . . . , en ) telle que la matrice de f dans cette
base soit :
 
0 1 0 ... ... 0
 .. 
0 0 1 .
. .. 
. ... ... 
. .
Jn =  . 
 .. 0 1 0 
 
 .. 
. 0 1
0 ... ... ... ... 0
Jn est appelée matrice de Jordan de taille n.

VIII . Réduction des endomorphismes nilpotents dans le cas général


Soit f ∈ L(E) nilpotent d’indice de nilpotence p < n. On fixe e ∈ E tel que f p−1 (e) =/ 0.
1) Montrer que E1 = Vect (f k (e))0kp−1 est un sous-espace de E, stable par f , de dimen-
sion p.
2) Justifier l’existence de u ∈ E ∗ tel que u(f p−1 (e)) =/ 0.
3) Démontrer que G = Vect (t f k (u))0kp−1 est un sous-espace de E ∗ stable par t f de
dimension p.
4) Montrer que Go est stable par f .
5) Montrer que Go ∩ E1 = {0}.
6) En déduire l’existence d’une base de B de E telle que la matrice de f dans cette base
soit de la forme :
 
Jp1 0 0 ... 0
 
 0 Jp2 ... 0 
 
 .. ... .. 
M = . . 
 . . 
 .. Jpk−1 .. 
 
0 ... ... 0 Jpk
où les Jpi (1  i  k) sont des matrices blocs de Jordan de taille pi (voir partie VII.). Cette
matrice porte le nom de réduite de Jordan de l’endomorphisme f .

IX . Unicité des tailles des blocs de Jordan


Soit f ∈ L(E) un endomorphisme nilpotent et B une base de E telle que la matrice de f
dans cette base soit :
 
  0 1 0 ... ... 0
Jp1 0 0 ... 0  .. 
  0 0 1 .
 0 Jp2 ... 0  . .. 
  . .. .. 
 . .. ..  . . . .
M =  .. . .  avec Jpi =  .  ∈ Mpi (K)
 . ..   .. 0 1 0
 ..   
 J pk−1 .   .. 
. 0 1
0 ... ... 0 Jpk
0 ... ... ... ... 0

pour 1  i  k. On suppose de plus p1  p2 . . .  pk  1. On admettra que si l  0 :


 
Jl 0 0 ... 0
 p1 
 
 0 Jpl 2 ... 0 
 
 . ... .. 
M l =  .. . 
 . 
 .. Jpl k−1 .. 
.
 
 
0 ... ... 0 Jpl k

1) Prouver que dim ker f = k.


2) Prouver dim ker f 2 = k + Card{i ∈ [[ 1, k]] , pi  2}.
3) Conclure à l’unicité de k et des entiers p1 , . . . , pk .

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