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Part 2

Le document analyse les relations diplomatiques de l'État de Berghouatas avec divers acteurs politiques, notamment les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides, mettant en lumière des tensions dues à des divergences religieuses et politiques. Les relations avec les Omeyyades étaient marquées par l'exploitation des berbères, tandis que celles avec les Idrissides et les Fatimides étaient également conflictuelles, en raison de l'imposition de doctrines religieuses. En parallèle, les Berghouatas ont tenté de s'unifier face à ces menaces, mais ont finalement fait face à des révoltes internes et à des invasions de mouvements comme les Almoravides et les Almohades.

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Part 2

Le document analyse les relations diplomatiques de l'État de Berghouatas avec divers acteurs politiques, notamment les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides, mettant en lumière des tensions dues à des divergences religieuses et politiques. Les relations avec les Omeyyades étaient marquées par l'exploitation des berbères, tandis que celles avec les Idrissides et les Fatimides étaient également conflictuelles, en raison de l'imposition de doctrines religieuses. En parallèle, les Berghouatas ont tenté de s'unifier face à ces menaces, mais ont finalement fait face à des révoltes internes et à des invasions de mouvements comme les Almoravides et les Almohades.

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2.

Berghouata et sa politique extérieur avec les autres ;

3-1 avec les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides ;


3.1.1 Avec les Omeyyades ;
Les relations diplomatiques entre l’État de Berghouatas et les acteurs politiques
de l’époque étaient soumises à l’influence d’un contexte particulier celui de la stabilité
du Maghreb, en l’occurrence dans le domaine religieux, politique et social. Ces rapports
étaient influencés par l’environnement géopolitique de l’époque entre l’Etat de
Berghouatas et ses voisins intérieurs et extérieurs.
C’est dans ce cadre que l’on peut voir autrement les relations politiques de l’Etat
en question avec les Omeyyades. En effet, les rapports avec les Omeyyades répondaient
à deux approches différentes.
L’autorité politique centrale de l’Orient, dans sa conquête du Maghreb Médiéval,
s’est assignée comme objectif l’enseignement des pratiques de l’Islam. Les tribus
berbères se sont converties à cette religion sans conditions préalables, ce qui montre leur
bonne foi. Cependant, la politique de l’autorité centrale commence à diverger dans la
mesure où elle devient axer sur l’humiliation, la discrimination et l’exploitation des
autochtones. Ceci s’est avéré premièrement à travers le fait d’imposer aux habitants une
taxe appelée Kharaj (taxe normalement imposée aux non converti à l’Islam), ce qui
s’opposait aux dictats de la religion musulmane. Deuxièmement, les gouverneurs de
l’autorité centrale de l’Orient se sont accaparé des richesses de la région en organisant
des caravanes qui exportaient les produits agricoles de la région vers l’Orient sans
contrepartie. De plus, l’hégémonie des gouverneurs leur donnait le droit de mettre la
main sur les terres les plus fertiles. Pire encore, ces gouverneurs exportaient les femmes
berbères à l’Orient pour travailler dans les palais des Califes en tant qu’esclaves.
Troisièmement, l’exploitation des berbères arrive à son comble au moment où les
guerriers berbères ont été utilisés en tant que soldats de premiers rangs et en tant que
bouclier, causant ainsi la mort de plusieurs d’entre eux et préservant la vie des soldats
venus de l’Orient. Cette situation a poussé les grands chefs de guerre des tribus berbères
en l’occurrence Maysara et son compagnon Tarif à se révolter contre l’autorité centrale
de l’Orient et contre les gouverneurs au Maghreb63. Ce soulèvement à causer la mort de
plusieurs morts surtout les gouverneurs et les soldats arabes. Ayant reçu des renforts,
l’autorité centrale de l’Orient va pouvoir créer un schisme au sein des berbères guidés
par Maysara. Un schisme qui causera la mort de ce chef de guerre. C’est à ce moment
que nous assisterons au retrait de Tarif et de ses soldats. Un retrait qui va lui permettre
de s’installer à Tamesna et de penser à instaurer un Etat berbère dans la perspective de
défendre les intérêts des tribus autochtones au Maghreb.
Ainsi, on peut constater que les relations entre l’autorité politique centrale de
l’Orient avec les tribus berbères était une relation tendue, voire sanglante.
Néanmoins, Les rapports entre les dirigeants de l’Etat de Berghouatas et les
Omeyyades de l’Andalousie étaient très différents, voire à l’opposé de ce qui se passait
vis-à-vis de l’Orient. En effet, des directives ont été données aux grands chefs des tribus
berbères de consolider les rapports avec l’Andalousie et faire perdurer la bonne entente

63
M. Dernouny, op. clt, p.90 et 91

16
qui régnait entre les deux Etats64. Une telle entente a permis un échange fructueux
surtout sur le plan économique. Les produits agricoles exportés auparavant à l’Orient
sont destinée d’ores et déjà à l’Andalousie en contrepartie les tribus berbères recevaient
les armes, les vêtements et les marchandises qui leur faisaient défaut.
3.1.2Avec les Idrissides ;
Les mêmes relations tendues avec les Omeyyades, ont été vécues avec la dynastie
Idrissides. Ayant fui l’Orient pour des raisons politiques, Idriss Premier vient s’installer
au Maghreb et surtout dans la région de Zerhoun (région du Fès actuel). C’est la tribu
Aouraba (tribu berbère issu du Sanhadja) qui l’a accueilli et l’a nommé chef religieux
puisqu’il s’est présenté comme étant un descendant du prophète Mahomet. Le
chirifisme commence à s’instaurer dans la région et dans le Maghreb Médiéval. Avec le
temps, le statut d’Idriss Premier s’est métamorphosé d’un chef religieux en un chef
politique. La dynastie Idrisside voit le jour.
L’instauration de cet Etat n’était pas facile dans un contexte connu par
l’ambigüité religieuse notamment l’existence de la doctrine chiite, kharijite, sunnite issu
de l’Orient sans parler de la présence des religions chrétienne, juive et païenne. D’autres
difficultés viennent s’ajouter à ce climat : la sécheresse qu’a connue la région de
Zerhoun et de ses environs ainsi que le manque de pâturages et de terres fertiles
pousseront la dynastie à convoiter les richesses des régions voisines, en particulier la
région de Tamesna. Leur stratégie s’articule, d’une part, autour du contrôle des routes
commerciales au Sud-est aux frontières de l’Emirat du Sijilmassa. Ainsi, cette dynastie
s’attirera des conflits provenant des dynasties voisines. D’autre part, le manque des
ressources hydrauliques et de terres fertiles pousseront les Idrissides à s’orienter vers les
frontières des Berghouatas. C’est ce qui enclenchera des tensions entre les deux
dynasties65.
3.1.3 Avec les Fatimides ;
Les relations des Berghouatas avec les Fatimides n’étaient pas mieux que celles
de ses prédécesseurs Idrissides. Ayant gouverné au Maghreb Central (l’Algérie actuelle),
les fatimides étaient de confession chiite sous le commandement de Abd al-Rahman b.
Rustum fondateur de l’Emirat de Tahart, une ville de l’Algérie actuelle. Le conflit entre
les deux Etats était surtout d’ordre confessionnal. En effet, les Fatimides qui étaient de
confession chiite voulaient imposer leur doctrine aux berghouatiens qui adoptaient la
doctrine kharijite.

3-2 avec les tribus berbères ;


Tarif Matghari s’est assigné la mission d’unifier les tributs berbères dans la
perspective de d’instaurer les piliers d’un Etat indépendant. Pour ce faire, il s’est érigé
comme étant un chef de guerre qui a adopté la doctrine kharijite. C’est pourquoi il a
convoqué plusieurs tribus notamment les Zeouagha, les Djeraoua, les Beni Abi Nouh,
les Mendjesa, les Beranès, les Matghara, les Matmata, les Beni Bouregh. Ainsi, les tribus
berbères ont fédéré leurs forces autour de la famille de Tarif pour instaurer une
dynastie berbère qui marquera l’histoire du Maghreb Médiéval. Aussi les liens se sont
renforcés surtout avec la tribu de Zenâta de la montagne, Beni Ilit, les Nomaleta, les
Beni Ouaoucint, les Beni Naghit, les Beni ‘n-Noman, les Beni Ifellouça, les Beni Kouna,

64
Al-Bakri, op. clt, p.264;
65
M. Talbi, version arabe Al-Bargawãṭîyûn fi Al-Maghrib, p. 74

17
les Beni Isker, les Beni Assada, les Regana, les Menada, les Macina, les Resana, les Beni
Ifren66, et d’autres.

Après avoir senti le déclin de l’Etat des Berghouatas, ces tribus adoptèrent une
attitude différente. Elles se sont retournées contre leurs dirigeants. L’opportunisme était
le principe dominant : en 1039, l’émir Temim l’Ifrenid, prit les armes contre eux, et,
s’étant emparé de leur pays, il y fixa sa résidence, après avoir expulsé une partie de la
population et réduit le reste à l’esclavage67. Le même comportement était adopté par la
tribu de Haskoura et la tribu de Sanhadja et quelques tribus de la montagne de l’Atlas
occidental. Les Jabliyines, quant à eux, ont combattu les Berghouatas pour élargir leur
territoire sur les plaines des berghouatiens. « Echchaker lillah », émir de l’Emirat de
Sijilmassa déclarera lui aussi la guerre sainte aux berghouatiens. De confession chiite, il
guerroya les berghouatiens de confession kharijite ce qui approfondira les problèmes de
l’Etat de Berghouata.

Malgré les différents aléas et les différentes crises vécus par l’Etat des Berghouatas,
en particulier la mort du roi Aba Issa Mansour ben Abi al-Ansar al-berghouati, tué par
Bologhirine ben Ziri ben Mennad Es-Sanhadji, chef de la tribu de Sanhadja, celui-ci a
pu résister à tous les coups et à tous les défis lancés contre lui.

3-3 Avec les Almoravides ;


Les origines du mouvement Almoravide sont mal connues, car les sources qui en parlent
sont très postérieures. Elles rapportent que le chef d’une tribu berbère du Sanhadja,
Yahya b. Ibrahim, partit, dans les années 1030, faire le pèlerinage à la Mecque. C’est ici
qu’il aurait pris conscience des erreurs répandues dans les croyances et les pratiques de
ses contribules. Lors de son retour, il fait appel à un savant religieux (‘alim), qui
prendra en charge de restituer l’Islam saint au sein des tribus berbères. Il s’agit de ‘Abd
Allah b. Yassin. C’est ainsi que commence l’apparition des Almoravides, un
mouvement de réforme des murãbitûn, qui signifie les gens «liés entre eux», soit les
«gens du ribat », le «ribat» étant un lieu de retraite ascétique sur une île du fleuve
Sénégal68. Sous ses ordres, il a déclaré la guerre sainte aux berghouatiens, sous le
commandement du chef Abou Hafs Abdellah.

Les deux armées ont vécu une bataille sans merci. Les berghouatiens ont combattu les
Almoravides avec courage et résistance, ce qui leur a permis de tué leur chef de guerre
Abdellah Ibn Yassine en 1059 à Krufla69, non loin de l’actuelle ville de Rabat. Abou
Bakr Omar, successeur d’Abdellah Ibn Yassine, continua la mission de son prédécesseur
celle de lutter contre les berghouatiens. Cette guerre n’avait d’autre perspective que de
corriger l’élan religieux des berghouatiens et de purifier leurs pratiques dans le but
d’instaurer le vrai sunnisme de rites malikite. Lequel rite enseigné dans le centre culture

66
Al-Bakri, op, clt, p. 270
67
Al-Bakri, op, clt, p. 271.
68
P. Buresi et [Link], op. clt, p. 30.
69
P. Buresi et [Link], op. clt, p. 33.

18
du Kairouan sous la direction d’imminents oulémas en particulier Ibn Muhriz (m.
1050), al-Suyûri (m. 1067) et ‘Abd al-Hamid al-Sã’igh (m.1093)70.

Les Almoravides, pendant la première moitié du XIIe siècle au Maghreb occidental,


ont construit de nombreuses forteresses dans la région du sud du Maghreb, et dotent
beaucoup de villes d’un rempart, d’une mosquée cathédrale et d’une forteresse habitée
par un gouverneur et garnie de soldats étrangers au pays. Les Almoravides avec Ibn
Yassin ont vaincu l’émir de Sijilmassa en 105871.

En 1062 le gouverneur de Fès, Tamim Ibn Mwansar al-Maghrawi s’est allié aux
Berghouatiens au moment où il a combattu et vaincu al-Mahdi Ibn Yusuf al-Keznay un
allié des Almoravides. Yusuf Ibn Tyashfin, successeur de Abubakr Ibn ‘Umar et
fondateur de la dynastie Almoravides, a senti l’ampleur du pouvoir de ces ennemis le
gouverneur de Fès et les berghouatiens, a pu quitter précipitamment le siège de la
Qala’at al-Mahdi dans le Fazaz72.

Ceci montre la grande résistance de l’Etat des Berghouatas, et que le mouvement des
Almoravides trouvaient des difficultés à éliminer l’existence de cet Etat malgré la
stratégie qui visait d’une part la destruction totale de certaines villes et d’autre part la
déportation forcée des habitants de ces villes en d’autres lieux soumis à leur contrôle.
Enfin, à travers le fait de prendre certains berghouatiens comme prisonniers ou
esclaves. C’est dans ce contexte que le docteur Ibrahim Harakate parle de la destruction
totale de l’Etat des Berghouatas.

Cependant, certains historiens mettent en perspective l’aspect clément et pacifiste de


Yusuf Ibn Tyashfin qui, après la fondation de la ville de Marrakech, a décidé d’envoyer
des oulémas sunnites, faisant appel à tous les berghouatiens d’abandonner la doctrine de
Salih ben Tarif, et de revenir à l’Islam, sinon ils seront traités comme des prisonniers ce
qui poussera les habitants de Tamesna à quitter leur ville en direction de la ville de Fès,
fief des Idrissides. Toutefois le roi des Idrissides, contrairement aux attendes des
rescapés, les a massacré sans merci.

3-4 Avec les Almohades ;


Les berghouatiens se sont également opposés au mouvement Almohade qui était sous
le commandement d’Ibn Tûmart en 1120. Celui-ci, avant de faire face aux
berghouatiens, commença par affronter la grande puissance politique de l’époque à
savoir la dynastie Almoravides. Pour cela, il leur fera des reproches quant à leur
corruption et leur hérésie. Le mouvement des Almohades adoptera trois stratégies
principales. La première, visera les erreurs et les incorrections des almoravides quant
aux pratiques musulmanes qu’il fallait réformer impérativement. Deuxièmement, Ibn
Tûmart affrontera les oulémas almoravides à travers une pratique discursive à base
d’une conférence (ilm al-kalam) où il démontrera la justesse de ses propos et les

70
P. Buresi et M. Ghouirgate Histoire du Maghreb médiéval XIe et XVe siècle)
71
P. Buresi et [Link], op. clt, p. 24.
72
Michael Peyron op. Clt, p. 170

19
défaillances de la pensée et des pratiques de la religion musulmane comme elle a été
conçue par les almoravides. Enfin, Ibn Tûmart fera usage de stratagèmes pour pouvoir
faire régner le désordre et les troubles au sein de l’Etat des Almoravides, sous le règne
de ‘Ali b. Tashfîn (1106-1143)73. Ainsi, plusieurs tribus berbères ont pu rejoindre la
cause de Ibn Tûmart (da’wa) et parvinrent à se rallier à une partie de la confédération
des Haskûra qui contrôlaient la route de Sijilmassa. Après une blessure reçue au cours
des combats, Ibn Tûmart cèdera la place à un autre chef de guerre ‘Abd Allãh b.
Muhsin al-Wanshrîsî, surnommé al-Bashir74.

Face au pouvoir ascendant des Almohades, le chef de guerre des almoravides ’al-
Massi (dit al-Hadi), originaire de Salé adoptera, en 1147, la cause des habitants de
Tamesna et de Sous, pour combattre le mouvement almohade, sans pouvoir enregistré
aucun succès. L’année d’après, les berghouatiens se sont confrontées directement avec
‘Abd al-Mu’min Ibn Ali, fondateur de la dynastie des Almohades, avec l’appui du
gouverneur almoravide de Sebta, Yahya Ibn Abubakr Sahrawi qui a infligé une défaite
écrasante à l’émir almohade avant d’être mis à mal à son tour lors de la bataille
suivante. C’était en 1149 que les berghouatiens ont vécu leurs derniers jours avec le
dénommé Abi Mezkida (bu tmezgida, « homme de la mosquée ») qui va mener le reste
des berghouatiens sur le sentier de la guerre, jusqu’à sa mort au combat. Les
Berghouatiens ne trouvant plus de chefs issus de la lignée de Salih Ibn Tarif (exception
faite d’un certain Frhil al-Barghouati mort au combat de Tit nwagurramt), seront
plongés dans une situation très difficile et vont être dispersés dans tout le Maghreb sous
forme de pauvres bougres, prêcheurs de conditions modestes. On peut dire aussi qu’ils
étaient les premiers marabouts (igwerramn) marocains75, c’est ainsi que commence le
début de soufisme au Maghreb…

Somme toute, l’Etat des Berghouatas a été affaiblit par les guerres intenses menées
par les tribus berbères, la dynastie Idrisside, les Almoravides et les Almohades. Ceci
mettra l’Etat des Berghouatas en difficulté, et mettra tous ses territoires sous le contrôle
de ses ennemis. C’est ainsi qu’on peut constater que l’Etat des Berghouatas est digne
d’être cité dans l’Histoire du Maroc. Son importance réside dans l’élan talentueux de
ses chefs à instaurer un Etat en mettant en scène des stratégies, le moins qu’on puisse
dire ingénieuses, que ce soit sur le plan religieux, militaire, économique ou diplomatique.

3. Le déclin de la dynastie des Berghouata ;


4-1 Les causes ;
4.1.1 Interne ;

D’après tous les historiens postérieurs ou contemporains, les causes internes qui ont
accéléré la dissolution de la dynastie des Berghouata touchent plusieurs aspects de la
gestion de l’Etat. Sur le plan religieux, La critique était destinée surtout à la

73
P. Buresi et [Link], op. clt, p. 44
74
P. Buresi et [Link], op. clt, p. 45
75
Michael Peyron, op. clt, p. 173

20
direction vers laquelle on doit prier : leur prière se retournait vers Al-qods
(Jérusalem) ou lieu de se retourner vers al-Masjid al-Haram à la Mecque ; alors que
le texte coranique était clair là-dessus. En plus, l’annulation de l’appelle à la prière a
suscité la critique de plusieurs religieux. D’autres pratiques étaient sujets à
controverse et à la critique en particulier le nombre de prières. Salih Ibn Tarif à
autoriser à tous les berghouatiens de faire cinq prières le jour et cinq le soir. Des
changements ont altéré également le mois du jeûne : Salih a imposé le jeûne pendant
le mois de redjeb et à manger pendant le mois de ramadan ; la célébration de la fête
du sacrifice devient le onzième jour de moharrem au lieu du dixième jour de
Delhijja…

Toutes ces raisons attiseront la colère des ennemis de l’Etat de Berghouata ce


qui mènera à la mobilisation de ses opposants et de les combattre au nom de la
guerre sainte principalement les mouvements Idrisside, Moravide, et Almohades.
Aussi les berghouatiens n’ont pas pu développer une pensée politique qui permette
de voir plus loin, et d’élargir les territoires contrôlés par l’État…
Toutes ces raisons attiseront la colère des ennemis de l’Etat de Berghouata ce qui
mènera à la mobilisation de ses opposants et de les combattre au nom de la guerre
sainte principalement les mouvements Idrisside, Moravide, et Almohades.
D’autres raisons vont participer au déclin de cet Etat : La richesse du Tamesna, la
fertilité de ses terres ainsi que la diversité de ses ressources naturelles ont fait de
cette région un lieu convoité par tous les ennemis tribus et dynasties voisines
surtout celles qui souffraient de difficultés économiques. L’instabilité sociale a
également participé à la destruction de l’Etat. En effet, la société des Berghouatas
était une société à structure fermée : elle était fermée sur elle-même puisque les
liens du mariage ne pouvaient se réaliser qu’au sein et entre les membres des
tribus berbères. Cette attitude les privera d’une éventuelle alliance avec d’autres
tribus ou avec des Etats voisins.
La faiblesse des rois et des gouverneurs berghouatiens dépassés par les
évènements et à laquelle on peut ajouter l’absence d’un développement d’une
pensée politique capable de les mener plus loin et d’élargir leur territoire ont
favorisé également l’accélération de ce déclin.
4.1.2 Externe :
Des facteurs externes ont participé également à la dissolution de l’Etat : La
région du Tamesna était soumise à l’impact du contexte régional en l’occurrence
l’existence d’une mouvance d’élargissement du territoire du monde islamique sous
l’égide de l’autorité centrale de l’Orient. L’instabilité politique et le conflit entre
les Omeyyades et les Abbasides ont perturbé le contexte politique de l’époque.
Le blocus économique dont souffrait l’Etat des Berghouatas a accéléré également
son déclin. Effectivement, les berghouatiens n’arrivaient pas à exporter tous leurs
produits à l’extérieur et leur flotte maritime était tout le temps sous les attaques
des ennemis et ils ne pouvaient pas la protéger ipso facto ils vivaient une réclusion
économique. S’ajoute à ceci les différentes guerres menées dans tous les sens et
contre plusieurs Etats voisins ce qui affaiblira l’Etat et la rendra vulnérable.

21
La communauté des berghouata commence alors à perdre confiance en soi et
perdre tous ses alliés à l’extérieure. Et c’est ainsi qu’un grand chapitre de
l’histoire du Maghreb Médiéval vivra sa clôture.

4-2 Les répercussions postérieures ; la dissolution de l’État et la dispersion


de tous les Berghouatiens dans toutes les régions du Maroc ;
Nous avons assisté à la dissolution de l’État des Berghouata comme entité territoriale
et comme structure politique indépendante, cependant comme vue politique et comme
mode de vie, il existe toujours dans la mémoire des tribus berbères jusqu’à nos jours.

Dans le domaine religieux, on remarque que la présence de la prière du coq est


toujours en pratique. La première prière du jour, ‘fjer s’appelle tazallit n ufullus en
amazigh’, chez la tribu d’Ayt Hadiddu et les Ayt Yahya de Tunfiyt le coq est sacré chez
ces tribus, ce qui nous rappelle la doctrine des berghouatiens76. De même le nom de Dieu
chez les Berghouata ‘Yâkush’, a pris le nom ‘yush’ en Amazigh, ‘bu itran’ qui signifie
(maître des étoiles). Cette diversité du champ lexical dans la langue Amazighe montre
l’impact de la culture des Berghouatas sur la culture berbère. De surcroît, les
berghouata étaient connus par leur pratique de la magie, actuellement, il y a des tribus
berbère au sud du Maroc sont célèbre par leur force dans la pratique de certains rituels
magiques ; c’est le cas des Ayt Sukhman. L’utilisation de la salive des saints pour guérir
des maladies, cette coutume nous rappelle l’utilisation de la salive de Salih Ibn Tarif
comme un homme sacré, ces coutumes on les trouve toujours chez les (sains de la région
de Buja’ad) une petite ville dans la région de Chawiya proche de la ville de Khouribga.
D’autres signes hérités on les trouve dans le quotidien des tribus berbères, qui sont
gravés dans le mémoire de ces tribus, comme l’habillement, les tatouages chez les
femmes amazighes, la cuisine berbère, et même le mouvement Berghouatien été inspiré
par d’autres mouvements qui vont assurer la continuité des hérésies politiques sous
forme d’opposants religieux, comme la zawiya de Dilayin77 qui est installée dans la
région du Tadla qui dispose d’un enseignement religieux orthodoxe, et qui va essayer
aussi d’instaurer un royaume indépendant dans cette région du Maghreb extrême.

Conclusion ;
En somme, l’Etat de Berghouata est toujours présent dans l’imaginaire de tous les
Marocains et principalement dans l’imaginaire de la communauté amazighe, et ce à
travers plusieurs coutumes et traditions qui apparaissent de temps à autre, ce qui va
mettre tous les acteurs de la culture marocaine authentique, l’intelligentsia berbère et les
historiens, devant des responsabilités historiques pour tirer au claire le silence qui
enveloppe l’histoire de ce royaume qui a existé pendant quatre siècles dans l’histoire du
Maghreb. Nous espérons restituer l’histoire de l’Etat de Berghouata, pour dépasser la
carence dans la documentation concernant cet Etat, à travers des recherches

76
Al-Bakri, op. clt, p. 268-269.également Michael Peyron, op. clt, p. 179.
77
Michael Peyron, op. clt, p. 177.

22
archéologiques notamment dans les sites de Challah à Rabat, Azemmour, Anfa et ses
régions, Mohammadia… et d’autres.

L’identité amazighe a produit un patrimoine très riche qui permettrait à l’histoire du


Maroc et à sa culture d’avoir une diversité et une richesse extraordinaire. Cependant,
oublier ce patrimoine laisserait un vide dans l’histoire du Maroc Médiéval. La difficulté
de trouver des manuscrits anciens, excepté les écrits d’Al-Bakri, d’Ibn Khaldûn et
d’autres, nécessite le déploiement d’efforts considérables pour faire surgir le patrimoine
des Berghouata. Combler les lacunes de l’histoire du Maroc nécessite une objectivité de
la part des spécialistes des études amazighes pour éclairer et mieux comprendre
l’avènement de cet État qui a régné sur la région du Tamesna durant plus de quatre
siècles en utilisant la langue amazighe, avec ses rois, son armée, ses institutions de l’état,
son organisation socioreligieuse, son idéologie, son projet de société… Tout ce
patrimoine incite les chercheurs en histoire à décrisper en toute objectivité le débat et
analyser la stratégie des Berghouata pour montrer et découvrir les fondements de cet
état, afin de comprendre la place qu’il occupe dans la continuité historique du Maroc.
Enfin, pour combler l’histoire du Maroc, puisqu’il reste beaucoup à faire, il serait
intéressant de tourner vers l’archéologie en exploitant des sites historiques en
l’occurrence le site de Chella à Rabat et à travers une étude des traditions orales héritées
depuis plusieurs siècles78.

Notre travail dans ce modeste projet, consiste également en la compilation de faits de


divers auteurs, pour suggérer une discussion objective et l’analyse des faits proposés.
Nous pensons qu’il serait possible de combler le vide de l’histoire du Maghreb au moyen
âge, à partir de certaines mesures. On signale l’absence de recherches sur l’histoire de
l’islamisation et l’arabisation du monde berbère au Maghreb médiéval par des
chercheurs berbères eux-mêmes. A part certaines recherches contemporaines qui sont
basées sur la langue berbère et sur l’héritage oral des berbères à savoir (Mehdi
Ghouirgate, Mohammed Meouak, S. Chakire, Yassir Benhima…, en collaboration avec
d’autres chercheurs du monde occidentaux, comme C. Aillet, P. Buresi et d’autres.

Les études historiques qui ont porté sur les événements du royaume du Berghouata
n'ont pas pu être mise en valeur par les instances du pouvoir politique. On aurait dû
prendre soin des diverses facettes du Royaume que ce soit sur le plan politique,
religieux, militaire, économique, social ou culture. L’absence d’une volonté politique de
la part des dirigeants a pu rendre une partie de l’histoire du Maroc lacunaire.

78
Michael Peyron, op. clt, p. 181.

23
SOMMAIRE

A) Les Berghouata dans le contexte historique du Maghreb médiéval :

a) Introduction : Le Maghreb médiéval avant les Berghouata ;

1-1 l’origine des Berghouata ;

1-2 La naissance de la dynastie des Berghouata au Maghreb médiéval :

a) Fondateur de l’État des Berghouata et ses frontières : Tarif Matghari,

b) la constitution de l’État des Berghouata : Salih ben Tarif

1-3 Les rois des Berghouata ;

B) Berghouata et sa politique de renforcement de l’État ;

2-1 sur le plan politique ;

2-2 sur le plan économique ;

2-3 sur le plan militaire ;

2-4 sur le plan de la société : protection des rituels de la société berbère ;

2-5 sur le plan religieux et spirituel ;

C) Berghouata est sa politique extérieure avec les autres ;

3-1 avec les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides ;

3-2 avec les tribus berbères ;

3-3 avec les Almoravides ;

3-4 avec les Almohades ;

D) Le déclin de la dynastie des Berghouata ;

4-1 les causes ;

a) - Interne ;

b) - Externe ;

4-2 les répercussions postérieures ; la dissolution de l’État et la dispersion de tous les


Berghouatiens dans toutes les régions du Maroc ;

4-3 Conclusion ;

24
Translittération de l’Arabe
Pour rendre la langue arabe dans un alphabet latin, l’arabe doit être translittéré pour
conserver ses sonorités et ses prononciations, nous avons écrit la translittération utilisée
dans ce mémoire comme suite :
Lettres arabes Transcription de ce Les voyelles arabes Les voyelles
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SOMMAIRE
A) Les Berghouata dans le contexte historique du Maghreb
médiéval :
a) Introduction : Le Maghreb médiéval avant les Berghouata ;
1-1 l’origine des Berghouata ;
1-2 La naissance de la dynastie des Berghouata au Maghreb
médiéval :
a) Fondateur de l’État des Berghouata et ses frontières :
Tarif Matghari,
b) la constitution de l’État des Berghouata : Salih ben Tarif
1-3 Les rois des Berghouata ;
B) Berghouata et sa politique de renforcement de l’État ;
2-1 sur le plan politique ;
2-2 sur le plan économique ;

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2-3 sur le plan militaire ;
2-4 sur le plan de la société : protection des rituels de la société
berbère ;
2-5 sur le plan religieux et spirituel ;
C) Berghouata est sa politique extérieure avec les autres ;
3-1 avec les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides ;
3-2 avec les tribus berbères ;
3-3 avec les Almoravides ;
3-4 avec les Almohades ;
D) Le déclin de la dynastie des Berghouata ;
4-1 les causes ;
a) - Interne ;
b) - Externe ;
4-2 les répercussions postérieures ; la dissolution de l’État et la
dispersion de tous les Berghouatiens dans toutes les régions du
Maroc ;
4-3 Conclusion ;

Bibliographie :
A) Les sources primaires en langue arabe et française ;
1) Kitab al- masalik wal Mamalik li ibn Haoukal (bibliotheca geographrm Arabicorum)
Edit : MJ de GOEJE/ Abu’l-kasim ibn Haukal. LUGDUNI BA

MJ de GOEJE’S Classic Édition (1873).

2) Târikh ibn Khaldûn : kitâb Al-’ibar wa diwân al- mobtda’ wa lkhabar fi ‘yâm al-‘rab wa
al-barbar wa man ‘âsarahom min ẕawy soltân al-‘kbar.

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Dar ettakadomiya/ édition1/ 2011

3) Al-Idrissi, Le Maghreb aux 12 siècles de l’hégire (6e siècle après J-C.),

Texte établi et traduit en français d’après Nuzhat al-Mustaq par Mahamad hadj- Sadok

Puplisud / Co-edition Puplisud- O.P.U., 1983.

25 rue de l’Espérance – 75013 Paris.

4) Mafâḫir Al-barbar, son auteur original inconnu, publier par Abdelkader Bou baya.
Université Hassan 2. Casablanca.

Dirāsa wa tahkīk ‘abdl-kādr bŭbāya/ dar ‘Abi raqrāq lițțibā’a wa naṡr 1993.

B) les sources secondaires en langue française ;


5) Histoire du Maghreb médiéval/ Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate / Armon Colin, Paris,
2013 ,2014

6) La langue berbère au Maghreb médiéval.

Texte, contextes, analyses/ Mohamed Meouak, Leiden/Boston

7) Islamisation et arabisation de l’Occident musulman médiéval

Auteur : Cyrille Aillet, Allaoua Amara, Nelly Amri, Yassir Benhima Marbelle.

Date de publication 2015/ Publication de la Sorbonne.

8) du musée Guimet, REVUE l’histoire des religions/ publier sous la direction de MM.
RENE DUSSAUD et PAUL ALPHANDERY/ [Link] recherches : La religion des
Berbères, PARIS / ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 1910.

9) GEORGES SPILLMAN, ESQUISSE D’HISTOIRE RELIGIEUSE DU MAROC

Confréries et Zaouïas / éditeur : Faculté des Lettres et Sciences humaines- Rabat/2011

10) L'OCCIDENT MUSULMAN ET DE LA MEDITERRANEE / Numéro 25-1er


SEMESTRE / TITRE DE L'article: LES BARGHWATA (l’OROGINE DE LEUR NOM)

11) LA RESISTANCE MAROCAINE A TRAVERS L'HISTOIRE OU LE MAROC DES


RESISTANCES, PEYRON Michael.

12) Aspects de la culture et de l'Islam du Maghreb médiéval le cas de l'hérésie Bergwata,


Mohammed Dernouny ;

13) Quelques remarques sur les conditions de l'islamisation du MAGRIB AL-AQSA:


Aspects religieux, Yassir BENHIMA.

C) Les sources secondaires en arabe :

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14) Al – Berghwāțyŭn fi al-maghrib / Talbi Mohammed

15) al- maghrib al ‘qṣ â wa mamlakat bani tarif / Chakrouf mustapha.

16) Dowal Al-khawārij wa al-alawīne fī bilād al-maghrib wa al-Andalus/ son auteur


Bouziyani Edrraji/ Sa 2e publication 2007.

17) Addiyāna ‘inda al-amāzīrīyīn / son auteur : Jamil Hamdaoui.

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