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Le document traite de l'histoire du royaume des Berghouatas au Maghreb médiéval, couvrant la période de 742 à 1148 après J.C. Il explore les origines, la constitution de l'État, ainsi que ses politiques internes et externes, tout en mettant en lumière le déclin de la dynastie. L'étude vise à combler les lacunes historiques concernant cette période et à restituer l'importance des Berghouatas dans le contexte du Maghreb médiéval.

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Le document traite de l'histoire du royaume des Berghouatas au Maghreb médiéval, couvrant la période de 742 à 1148 après J.C. Il explore les origines, la constitution de l'État, ainsi que ses politiques internes et externes, tout en mettant en lumière le déclin de la dynastie. L'étude vise à combler les lacunes historiques concernant cette période et à restituer l'importance des Berghouatas dans le contexte du Maghreb médiéval.

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Le royaume des Berghouatas au Maghreb médiéval

Introduction: ...............................................................................................................................2
1. Le Royaume des Berghouatas dans le contexte historique du Maghreb médiéval ;...3
1.1 Le Maghreb médiéval avant les Berghouatas .......................................................3
1.2 l’origine des Berghouatas: ................................................................................................4
1-3 La naissance de la dynastie des Berghouatas au Maghreb médiéval : ............................5
1.3.1 Tarif Matghari, Fondateur de l’état des Berghouatas et ces frontières : ...................5
1.3.2 La constitution de l’Etat des Berghouatas : Salih Ben Tarif ...............................8
1-4 Les rois des Berghouatas ;................................................................................................9
1. Les Berghouatas et leur politique de renforcement de l’Etat ; ........................................12
2-1 sur le plan politique ; ......................................................................................................12
2.1.1 L’aspect extérieur : ..................................................................................................12
2.1.2 L’aspect l’intérieur : ...............................................................................................13
2-2 sur le plan économique ; ................................................................................................13
2-3 Sur le plan militaire ; ......................................................................................................13
2-4 Sur le plan sociétal : protection des rituels de la société berbère ; .................................14
2-5 Sur le plan religieux et spirituel ; ...................................................................................15
2. Berghouata et sa politique extérieur avec les autres ; ................ Erreur ! Signet non défini.
3-1 avec les Omeyyades, les Idrissides, et les Fatimides ; ............ Erreur ! Signet non défini.
3.1.1 Avec les Omeyyades ; ...................................................... Erreur ! Signet non défini.
3.1.2Avec les Idrissides ; ........................................................... Erreur ! Signet non défini.
3.1.3 Avec les Fatimides ; ......................................................... Erreur ! Signet non défini.
3-2 avec les tribus berbères ; ......................................................... Erreur ! Signet non défini.
3-3 Avec les Almoravides ; ........................................................... Erreur ! Signet non défini.
3-4 Avec les Almohades ;.............................................................. Erreur ! Signet non défini.
3. Le déclin de la dynastie des Berghouata ; ................................. Erreur ! Signet non défini.
4-1 Les causes ; ....................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4.1.1 Interne ; .......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4.1.2 Externe : ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4-2 Les répercussions postérieures ; la dissolution de l’État et la dispersion de tous les
Berghouatiens dans toutes les régions du Maroc ; ........................ Erreur ! Signet non défini.
Conclusion ;....................................................................................... Erreur ! Signet non défini.

Introduction:
Le thème que je compte étudie est un thème historique de l’époque médiévale
sur le Maghreb, cette époque qui a connu des changements décisifs sur le plan
politique, économique, géographique, linguistique, et spirituel, aussi cette époque
a connu le début de l’instauration officielle de l’arabisation et l’islamisation du
Maghreb et la période de l’expansion de l’islam sunnite de rite malikite, et le
développement du chirifisme dans le cas du Maroc, aussi c’était une période de
début de l’indépendance politique et spirituelle du Maghreb par rapport à
l’autorité centrale de l’Orient.

Cette étude va être basée sur l’école « événementielle » puisque toutes les études
historiques sont orientées vers l’étude de l’Histoire de l’homme qu’on cherche à
démontrer ou approuver. Chaque pays a une histoire, et certaines périodes de
l’histoire du Maghreb (Le Maroc actuel) demeurent ambigües (floue) et
lacunaires. Et c’est dans la perspective de restituer une histoire crédible du
Maghreb médiéval que s’inscrit ce modeste travail.

En effet, la période qui sera prise en charge par ce projet d’étude serait la
période du règne des Berghouata entre 742 à 1148 après J.C, pour faire la lumière
sur un État qui a régné quatre siècles sur la région de Tamesna au Maroc, entre
742 à 1148 après J.C, sans laisser de la moindre trace dans l’histoire au Maroc, les
archives qui les concernant ont été détruites pour effacer les traces des tribus
amazighes qui dérangeaient les idéologies arabo- islamiques.

Notre recherche consiste à combler les lacunes des périodes ambigües et qui ne
figure pas dans l’histoire du Maroc, et qui sont floues, surtout la période des
ordres religieux avant et au début la dynastie Idrisside et l’apparition Almoravide
et les Almohades, s’était le Royaume des Berghouata qui était apparu entre la
période de 742 à 1148 après J.C, un État qui a défendu les intérêts politiques,
économiques, religieux ainsi que le rituel de la société berbère au Maghreb
médiéval, ceci dit par des historiens enceins ou contemporain, mais d’autres voient
que cet État qui a adopté la doctrine kharidjite est désigné par eux comme État
voyou( kharijiya) sur le plan religieux.

On jettera la lumière sur la dynastie des Berghouatas, son existence, son


idéologie et ce – ci à travers des recherches des historiens arabo- musulmans et
occidentaux en se basant sur des références bibliographiques sélectives en Arabes
et en français et de différentes périodes : ( des anciens historiens comme Al- Bakri
ou Ibn Khaldoune et d’autres… et des historiens contemporains comme Buresi et
Mehdi Ghouirgate, Talbi Mohamed et d’autres… , qui évoquent d’après les
anciens, des faits et des évènements parfois contradictoires, qui doivent être biens
choisi avec une grande précaution pour ne pas être aligné avec ou contre.

1. Le Royaume des Berghouatas dans le contexte


historique du Maghreb médiéval ;
1.1 Le Maghreb médiéval avant les Berghouatas
Le Maghreb Médiéval a connu, durant son histoire, une série d’expansions
et d’invasions. Il a côtoyé en 1100 av JC l’expansion des Phéniciens qui s’installent
sur le long des côtes de la méditerranée et sur les côtes de l’est de l’Océan
Atlantique profitant ainsi d’un échange commercial avec les tribus berbères de la
région. Entre 264 et 146 av JC, on assiste à une invasion romaine de l’Afrique du
Nord et surtout de Carthage où se déclareront les guerres puniques entre
Carthage et Rome. Cette invasion se terminera par la victoire des Romains et la
destruction totale de la ville de Carthage. C’est à ce moment que les Romains vont
instaurer leur première province de Rome en Afrique du Nord nommée Africa qui
se situe au nord de la Tunisie actuelle. Entre 112 et 105 av JC, l’occupation
romaine à rencontrer une féroce révolte menée par le berbère Jugurtha. Une autre
révolte a été menée, vers l’an 17 apr. J.-C., par le Numide Tacfarinas. Sans pour
autant pouvoir repousser l’invasion romaine.
Pendant le 1er et le 2e siècle par JC, les Romains vont imposer le
christianisme aux Berbères comme symbole de leur pouvoir. L’autorité politique
se voit renforcée par l’autorité spirituelle. Au 3e siècle apr. J.-C., L’Empire romain
décide la romanisation de tous les citoyens de l’Afrique du Nord. Néanmoins, au
4e siècle apr. J.-C. commence la répression contre les chrétiens en particulier
contre les tribus berbères qui seront poussées à adopter le donatisme pour
manifester leur résistance. Ces mêmes tribus vont connaître des évêques d’origine
berbère en l’occurrence auguste de Thagaste élu d’Hippone (actuelle Annaba
d’Algérie). Entre l’an 439 et 533 apr. J.-C., Le Maghreb souffrira plus avec
l’invasion des Vandales qui chasseront les Romains et occuperont Carthage1.
Une autre étape de l’histoire des invasions changera le profil du Maghreb
médiéval. La conquête arabo-musulmane de l’Afrique du Nord, vers le 7e siècle,
constituera une étape de construction des identités nationales maghrébine face à
tous les envahisseurs. Cette période était une expérience très dure pour les tribus
berbères pour conserver leur identité contre d’autres envahisseurs2 … La
conquête des Arabes musulmans du Nord-Africain n’était pas considérée comme
un phénomène religieux d’après Cyrille Aillet, qui s’est assigné la tâche de décrire
les éléments de l’islamisation et de l’arabisation des Amazighs au Maghreb, mais
c’était : « comme un processus d’interaction sociale, associant la conversion des
populations autochtones à la construction et à la diffusion des normes de l’Islam
sur un territoire donné, jusqu’à ce que ces normes deviennent locales, c’est-à-dire

1
Morrakechi : Al-mu’jab fî Tâlḫîṣ Aḫbâr Al-maghrib, p:347. Ibn ‘ḏârî: Al-Bayân Al- Moghrib
v1,p 6 et 7.
Ch. A. Julien : Histoire de l’Afrique du Nord, p15.
2
Histoire du Maghreb médiéval XIe au XVIe siècle de Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate.
Chapitre1 page 17.
intégrées au tissu social »3, puisque la pratique de la langue berbère représente un
frein puissant devant la diffusion de la culture arabo-musulmane, selon Mehdi
Ghouirgate4, qui a affirmé que les tribus berbères voulaient garder leurs
traditions et leurs rites, même s’ils adoptent cette nouvelle religion, puisque ces
tribus amazighes étaient fidèles à d’autres religions monothéistes et païennes.
L’invasion arabo-musulmane constitue à cette époque le premier contact des
tribus berbères de l’extrême du Maghreb, le Maroc actuel, avec les Arabes du
Moyen-Orient.
Entre 682 et 683 après J.C, le Maghreb Médiéval connaîtra un coup de
théâtre. Lors de son second retour à Ifriqiya Oqba ibn Nafaa a changé sa politique
envers les Berbères et leurs chefs capturés. D’ores et déjà sa politique sera basée
sur l’humiliation et le mépris de tous les Berbères convertis à l’Islam. Ceux-ci
seront soumis à des impôts et des pillages par l’armée arabe encouragée dans son
entreprise par tous les gouverneurs qui représentent l’autorité centrale de
Damas…
En 739 après J.C, une délégation, composée de chefs de tribus berbères conduites
par Maysara al-Madghari, sera dépêchée à Damas pour demander audience au
calife, déposer plainte contre les agissements de l’armée arabe au Maghreb et
protester contre les inégalités entre arabe et Berbère instiguée par les gouverneurs
qui ne respectent pas les instructions islamiques envers les Berbères musulmans
et les nouveaux convertis. Cependant, cette audience n’a pas eu lieu, et la
délégation berbère retournera au Maghreb. Un tel acte, le refus d’accueillir la
délégation berbère, provoquera la colère des autochtones par la suite. Une colère
qui prendra la forme de soulèvements et de contrattaques contre l’envahisseur
arabe. Ces tensions seront la cause de la mort de plusieurs gouverneurs et chefs de
guerre arabes en l’occurrence Oqba Ibn Nafaa. Les Berbères ont livré une bataille
sans merci contre l’invasion arabo-musulmane dans plusieurs régions au
Maghreb5. C’était le désordre total dans tout le Maghreb et plus exactement al-
Maghreb al-aqsa le Maroc actuel. C’est ainsi que commence l’idée de
l’indépendance politique et spirituelle vis-à-vis de l’autorité centrale de l’Orient.
Les forces seront regroupées pour récupérer al-Maghreb Al-aqsa. Sur le plan
spirituel, c’est la doctrine kharidjite qui sera adoptée. Ce contexte religieux
donnera satisfaction aux tribus berbères.

1.2 l’origine des Berghouatas:


Dans l’ouvrage anonyme Mafakhir al-Barbar6, on situe l’apparition de
l’État des Berghouatas durant le règne de Hicham Ben Abdel-Malik Ben

3
Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate, Histoire du Maghreb médiéval XI°-XV° SIÈCLE, page 18,
CURSUS.
4
Mehdi Ghouirgate ,Nation et nations au Moyen Âge, XLIVe Congrès de la SHMESP (Prague,
23 mai- 26 mai 2013), p 80 « Les mérites d’al – Andalus, la dépréciation du Maghreb ».
5
Ibn ‘Idhari, Kitab Bayan al-Mughrib fi akhbar muluk al-Andalus wa-l-maghrib, éd. R. Dozy,
Leyde, Brill, 1848 – 1851 ; rée. G. S. Collin, E. Levi —provençal, Leyde, Brill, 1948-1951, 2vol.
Et voir aussi Mafakhir al barbare page 91, édit, Dar Abi Rakrak, 2e édition 2008.
6
Mafakhir al-barbar, texte établi par ‘A. BuBAYA, Rabat réedi. 2008 p. 151.
Marouane l’un des Califes Omeyyades7. Mohamed Talbi8 déclare que l’état des
Berghouatas a émergé d’un nationalisme amazigh sous le commandement de
Maysara- t-el - Matghari, surnommé El-Hakir « le méprisable » qui a adopté la
doctrine professée par les Sufrites9. Dans les récits de Mafakhir al-barbar,
l’origine de l’état des Berghouatas était la tribu de Zenâta. Ibn Khaldoune, quant
à lui déclare que l’origine des Berghouatas a été la tribu Masmouda10. D’autres
historiens voient que l’état de Berghouatas est issu d’un regroupement de tribus
amazighes en l’occurrence la tribu de Masmouda, Zenâta et d’autres tribus dont
la perspective est de former une confédération Amazigh, qui défie l’autorité
centrale de l’Orient qui n’avait pas respecté les instructions islamiques comme
elles ont été dictées par Dieu et son prophète. Et puisque l’intérêt des Arabes
envahisseurs de l’Afrique du Nord n’était pas centré sur le fait de répandre
l’Islam, mais surtout dans la perspective de préserver leurs intérêts personnels et
le bien du Califat qui se trouve à Damas, les Amazighs vont s’unir entre eux pour
combattre les envahisseurs venus pour exploiter leurs biens et contrôler la richesse
agricole de toutes les tribus amazighes11. C’est ainsi que commence l’idée de l’état
amazigh qui s’est assigné la mission de défendre et de protéger les biens des
Amazighs12.

1-3 La naissance de la dynastie des Berghouatas au


Maghreb médiéval :
1.3.1 Tarif Matghari, Fondateur de l’état des Berghouatas et ces
frontières :
D’après ce qui est rapporté par M. Meouak dans son livre « La langue
berbère au Maghreb médiéval, textes, contexte, analyse », et en signalant une
notice intéressante sur la genèse du nom Baġrawãṭî dans laquelle on lit : « Étant
de Barbaṭ, il désigna tous ceux qui le suivaient du nom de Barbaṭî ; puis ils le
passèrent vers leurs langues en le restituant dans leurs dialectes ( ?), et ils dirent
Baġrawãṭî (ṯumma aḥâlûhu bi –alsinatihim wa –raddûhu ilâ luġâtihim fa-qâlû
Bargawãṭî) »13 (« dans leur langue »), d’après le récit qui provient de Zemmour,
surnommé Abou-Saleh membre de la tribu des Berghouatas, « Tarif le grand-père
des rois des Berghouatas, était fils de Chemaoun, fils de Yacoup, fils d’Ishac. Il
prit part aux expéditions de Meicera-t-el-Matghari… » Aussi ce qui a été raconté
par Abou-al-Abbass Fadl ben Mifdal al – mazhaji que les grands-pères et les
ancêtres de Tarif étaient d’origine Barbaṭî est n’est pas de Baġrawãṭî d’où vient
le mot Baġrawãṭã, ce qui a été évoquée par l’auteur de Mafakhir al Babar, et Ibn

7
Mafakhir al-barbar, texte établi par ‘A. BuBAYA, Rabat réedi. 2008 p. 151.
8
Mohamed Talbi, Kitab Al-Berghouatiyoune Fi —al — Maghrib, p 8, edit. Ittissalat Sabou, 3e
édit. 2014.
9
Al-Bakri, Kitab al-Masalik wa-l -Mamalik, Description de l’Afrique septentrionale, éd. Et
trad. Fr. M.G. De Slane, P. Geuthner, Édition FRONTISPICE CASABLANCA 2012.
10
Ibn Khaldûn, Kitab - « al-’Ibar, éd. S. Zakkar, Kh. Shuhada, Beyrouth, 2000. Fr. De Slane,
Histoire des Berbères, Paris, Paul Geunther, 1956, 4 vol.
11
Johadi L’hocein, Kitab, Namodej al-Mokawama al-maghribiya fi Dawlat Berghouata al-
amazighiya,édit 1, 2014, Mâtbât ennajah — Casablanca, p 27 et 28.
12
Même ouvrage page 30 et 31. Ver arabe.
13
M. Meouak, La langue berbère au Maghreb médiéval, textes, contexte, analyse , p.50,
édit. Leid, Boston.
Abi Zar’ al-Bakri et Ibn Khaldŭn.14 Abou Saleh Zemmour rapporte que, lors de
l’assassinat de Maisara, tous ses partisans se dispersèrent, et Tarif était roi de
Zenâta et Zouara à cette époque. Il regagne Tamesna et ses environs et s’y installa
près de la tribu de Masmouda. Les Berbères les considèrent comme chefs de
guerre, et c’est lui qui les a mobilisés pour s’allier contre l’envahisseur arabe qui
envisage d’exploiter leurs richesses agricoles. Il est à noter tout de même qu’il
resta toujours fidèle à la religion islamique jusqu’à sa mort.
Cependant, la plupart des historiens déclarent que Tarif n’était pas le vrai
fondateur de l’état des Berghouatas, qu’il était seulement le premier instaurateur
de cet Etat, et que c’est lui qui a facilité la tâche à son fils Saleh Ben Tarif. Celui-
ci ayant vécu tous les évènements de guère, d’expédition et de paix depuis son
jeune âge avec son père Tarif, et qu’il a même combattu, à ses côté dans des
guerres, et des batailles contre les Arabes et d’autres, Saleh Ben Tarif va être au
courant de tous les secrets et les projets de son père. Ce dernier va transmettre les
idées de Tarif à son successeur et qui seront transmettrez d’un roi à l’autre, pour
que tous les rois participèrent à cette entreprise de l’Êta des Berghouatas.

14
Ibn khaldun, Kitab al ‘ibar, Al-Bakri, Description d’Afrique septentrionale, et Mafaghir al-
barbar, M. Talbi.
Le royaume des Berghouatas entre le 7e et le 10e siècle
La carte montre le territoire de l’État des Berghouatas et ses frontières,
avec quelques villes où la présence des Berghouatas a été très signifiante. La carte
met en scène également les dynasties qui ont existé à la même époque. On signale
la présence de l’Émirat de Nkur au nord-ouest du Maroc, dans la ville d’Al-
Hoceima le Maroc actuel. Au centre, il s’agit de la dynastie Idrisside ; au sud-ouest
du Maroc c’est l’Émirat de Sijilmassa qui se trouve dans la région de Tafilalet, on
note également la présence de la ville d’Aghmate qui se trouve au sud-ouest de
l’Etat des Berghouatas, cette ville historique qui a été témoins de plusieurs
évènements décisifs dans l’histoire du Maroc médiéval.
Les frontières de l’Etat des Berghouata étaient instables, elles variaient
selon les conjonctures politiques de l’époque et les rapports de force. Ainsi, on
peut constater et d’après la description d’ancienne géographes en l’occurrence Al-
Idrissi, qu’il y a au nord-est, le Bu Rgrag, comprenant la ville de Challah, qui va
être la capitale de l’Etat des Berghouatas ; puis la vallée de l’Wad Baht jusqu’à sa
source dans fazaz au Tamesna orientale. À l’est et au sud-est, on trouve le cour
supérieure du Wad et le Jbal Lyrujan, puis l’Umm Rabi’, jusqu’ au Tadla ; enfin
le Wad Tensift, et ses environs. Aux frontières sud-ouest se trouvent la ville d’Asfi
et la région des Hahas, un des périphériques de la ville d’Essaouira
d’aujourd’hui ; c’est le Tamesna occidentale. L’extrémité nord du pays est séparé
du reste des terres des Berghouatas par le port de Sebta, qui été un petite royaume
Taifa semi-indépendant et qui jouait un rôle très important dans la mesure où il
se considérait comme une fenêtre ouverte sur l’Andalou ; cependant ses rapports
avec les Berghouatas étaient très ambigus15.
Traiter des frontières de l’Etat des Berghouatas nécessite également un
traitement particulier des rois qui se sont succédés sur son trône. Presque tous les
historiens postérieurs ou contemporains qui ont jeté la lumière sur Royaume
désignent Salih ben Tarif comme le fondateur principale, car ce lui qui a instauré
les grandes piliers de la monarchie avec toutes ces institutions qui vont faire de
l’Etat des Berghouatas une puissante dynastie durant quatre siècles.

1.3.2 La constitution de l’Etat des Berghouatas : Salih Ben Tarif


D’après le récit de Zemmour16, c’est Saleh Ben Tarif qui succédera son
père Tarif. Il est présenté comme le vrai fondateur de l’État des Berghouatas
puisqu’il a instauré tous les piliers de l’État avec toutes les institutions pour
assurer la continuité du royaume dans les différents domaines économique,
politique, militaire, religieux, législatif… Saleh Ben Tarif, selon Zemmour, « se
présenta aux Berbères en qualité de prophète, et leur enseigna les doctrines
religieuses qu’ils professent de nos jours ». Ces propos montrent que Saleh Ben
Tarif a joué un rôle prépondérant dans la constitution de l’Etat des Berghouatas.
D’après M. REDJALA dans son article, « les Barghawata l’origine de leur nom
»17, Saleh Ben Tarif qui s’est investi dans l’entreprise de mettre sur pied l’Etat
des Berghouatas. Il a instauré les fondements de l’Etat après la mort de son père
Tarif en 748 par J.C. Il a pu renforcer l’union entre les tribus berbères et faire
face aux envahisseurs arabes qui voulaient imposer leur projet de société, depuis
l’Orient. Saleh devient ainsi un symbole de résistance contre la politique
d’humiliation dont furent victime les Berbères, et aussi pour conserver un mode
de vie, d’un système socioculturel. C’est comme dirait Pierre Marthelot : « une
intimité avec la terre, le soi et l’eau, avec la piste coutumière et avec
l’aménagement d’une nature dominée par la règle communautaire »18. Les
Berbères sous le règne de Saleh ont senti leur puissance et la valeur de l’Etat qu’ils
ont fondé par le regroupement des tribus berbères, pour arriver enfin à
reconquérir leur indépendance et leur liberté comme ils étaient toujours le cas.
Saleh Ben Tarif était un homme digne de respect chez les tribus berbères grâce à

15
Al-Bakri, description d’Afrique septentrionale, p. 259, 260, 261, aussi voir Al-Idrissi, Le maghrib
au 6e siècle de l’hégire (12e siècle après J-C.) Texte établi et traduit en français d’après Nuzhat Al-
Mustaq par Mahamad Hadj-Sadok, 82 et 83. Bilingue Français-Arabe, PUBISUD. Aussi voir les
documents de Michael PEYRON de l’Université Al-Akhawayne, Ifrane, actes du colloque
internationale sur : La résistance marocaine à travers l’histoire ou le Maroc des résistances :
Baghawatas et résistance, p ; 167-168,
16
Al-Bakri, op, clt, p. 258 , 259, 260, 261.
17
[Link], « LES BERGHOUATAS (ORIGINE DE LEUR NOM) sur la Revue de l’Occident
musulman et de la méditerranée N° 35/premier trimestre 1983, p116 »
18
M. Darnouny, « Aspect de la culture et de l’Islam du Maghreb médiéval le cas de l’hérésie
Berghouata », CULTURE POPULAIRE, peuple Méditerranéens 34, janv. Mars 1986, publié avec le
concours du centre national des terres. P. 92.
son savoir-faire dans les situations belliqueuses. C’est grâce à lui que les tribus
berbères se sont trouvées et ont trouvé le sens du nationalisme19.

1-4 Les rois des Berghouatas ;


En se basant sur le récit de Saleh Zemmour de Berghouatas, rapporté par
Al-Bakri et d’autres historiens, Tarif Al-Matghari, fils de Chemaoun, fils de
Yacoup, fils d’Ishac20, était considéré comme étant la figure emblématique des
Berghouatas, Tarif était un kharidjite et compagnon de Maysara Al khatire qui
a mené des expéditions en faveur des Arabes en Andalousie. Ses deux chefs de
guerres amazighs furent d’abord pour le conquérant arabe venu d’Orient, des
alliés et de précieux collaborateurs avant de se retourner contre eux21. Tarif a
choisi Tamesna pour s’installer et fait instaurer son Etat. Le choix de cet endroit
n’était pas aléatoire, mais il émanait d’une profonde réflexion, puisque la région
de Tamesna se considérait comme étant un rempart la protégeant contre les
ennemis et avait le privilège d’avoir des ressources naturelles variées.
De surcroit, Tamesna se considérait comme étant un des points
stratégiques capable de dominer l’ensemble du Maroc, et aussi comme étant une
région vitale pour l’économie de ce pays22. Tarif était le chef de guerre des tribus
qui se sont regroupées dans une confédération tribale en l’occurrence les tribus
de Zenâta, Masmouda, Zouara, et d’autres tribus … Selon M. Darnouny, Tarif
était le premier roi des Berghouata. Il s’était trouvé confronter à un problème
élémentaire : comment légitimer son pouvoir ? À cette question, A. Adam, va
apporter un éclaircissement sur l’hérésie et notamment kharidjite et
donatiste : « …les instincts, les pulsions, les affinités où les haines, les intérêts
même ne suffisent pas pour mouvoir puissamment les groupes humains. Il faut un
élément spirituel pour unir en un faisceau, les énergies facilement divergentes,
pour légitimer et fonder en raison une grande ambition, pour amener la conscience
collective au degré de coalescence qui seul permet au groupe de sortir de lui-même,
de se dépasser »23. Cette attitude va lui permettre de rester attaché à l’Islam. Le
successeur de Tarif, son fils, ne pouvait pas se réclamer d’une autre religion que
la religion islamique. Nonobstant des réformes nécessaires s’imposaient puisqu’il
fallait adapter la religion islamique aux coutumes et aux traditions des tribus
berbères. C’est grâce à cette approche que Saleh Ben Tarif arrivera à rassembler,
et réunir les tribus berbères autour de lui et les amener à croire à son idée, celle
d’ « d’instaurer un Etat Amazigh dans la région de Tamesna ». Tarif, et jusqu’à
sa mort, adoptera la doctrine kharidjite sans pour autant renoncer aux pratiques
de l’Islam.24

- Saleh Ben Tarif25 ;


Il devint le deuxième roi de l’Etat des Berghouatas en 748 apr. J.C. Etant,
depuis son jeune âge, le compagnon de son père, Saleh a pu participer à toutes
19
M. Talbi, Al-Barghoutiyoun Fi Al-Maghrib, vers Ar. P.13.
20
Al-Bakri, op. Clt, p. 259.
21
M. Darnouny, op. Clt, p 91.
22
M. Darnouny, op. Clt, p 92
23
A. Adam, in actes du congrès d’étude des cultures méditerranéennes d’influences arabo-
berbère, p.440.
24
Al-Bakri, op. Clt. P. 260.
25
Al-Bakri, op. Clt, p. 259, 260, 261. Ibn khaldŭn, al-‘bar,
les guerres bénéficiant ainsi de l’accumulation d’une ample expérience touchant
tous les domaines notamment religieux, scientifique et également dans la gestion
des différentes tribus berbères. Cette expérience lui a permis de prendre des
décisions importantes pour l’instauration d’un Etat puissant.
Par ailleurs, Saleh avait la particularité d’être distingué par sa culture, son
savoir et sa crédibilité. D’après Ibn ’dari, Saleh est né en 728 apr. J.-C. Il a étudié,
selon Ibn Hawkl et Al-Bakri, en Irak. Il se présenta aux Berbères en qualité de
prophète, et leur enseigna les doctrines religieuses qu’il professe. Saleh affirme
que son nom est déjà cité dans texte saint, le Coran, sous le nom de Saleh el-
Moumenin signifiant en arabe le « saint ». Il affirmait également qu’en syriaque
le nom qui le désignait était Malik qui veut dire « possesseur ». Dans Ajami, le
nom auquel il fait référence est Alim devenant ainsi l’équivalent de « savant ». Il
affirmait qu’il a été cité même en hébreu sous le nom d’Ourabia signifiant « mon
seigneur » et enfin en berbère le nom qui le désignait était Ouryawera, c’est-à-dire
« celui après lequel il n’y a rient »26 .
Il demande à son fils EL-Yas, qui va lui succéder, de vivre en symbiose
avec le souverain de l’Andalou. EL-Yas serras chargé de garder les secrets de son
père Saleh et conserver la doctrine des Berghouatas. Il lui enseigna les lois et les
prescriptions de la religion qu’il voulait instaurer avec les tribus berbères. El-Yas
va aussi transmettre tous ces lois et doctrines d’une façon secrète à ses fidèles
sympathisants, Saleh demande, ensuite, à son fils de ne pas publier sa doctrine
avant d’acquérir assez de force pour la protéger et la conserver. Saleh a promis à
ses sectateurs de revenir parmi eux quand le septième de leurs rois serait
intronisé27. Il déclara aussi qu’il était le Mehdi (le messie) attendu qui va
combattre Ed-Dejjal « l’antéchrist », et Jésus Christ, fils de Marie va faire la
prière derrière lui…Saleh Ben Tarif va disparaitre de la scène politique de l’Etat
des Berghouatas. Les historiens postérieurs ou contemporains n’arrivaient pas à
expliquer cette disparition subite. Il a terminé son règne par un voyage en
l’Orient28, et fini par céder sa place à son fils El-Yas.

- Le roi El-Yas ;
El-Yas était le troisième roi de l’Etat des Berghouatas. Il a pour mission de
continuer la consolidation et le renforcer du jeune Etat Amazigh en mettant en
œuvre tous les moyens des tribus berbères et les richesses naturelles de la région
de Tamesna aux services de l’Etat et sa protection contre tous conquérants
intérieur ou extérieur. El-Yas va montrer son attachement à l’Islame et incitent
tous ses sectateurs à ne pas répandre la doctrine de son père Saleh, jusqu’au
moment où ils auront assez de forces. El-Yas à déployer un grand effort pour
consolider l’Etat et instaurer toutes les institutions dans la perspective de passer à
une autre phase qui permettra au prochain roi de finir le travail de leurs grands-
pères Tarif et Saleh, et cela à travers le passage à la phase décisive ou ils vont
annoncer publiquement la doctrine adoptée par l’Etat des Berghouatas. Aussi
feront-ils face à tous ceux qui s’opposent à cette doctrine.

26
Al-Bakri, op. Clt, p. 259 , 260, 261.
27
Même livre d’Al-Bakri, p. 260 et 261.
28
Al-Bakri, OP. clt, p. 259, 260, 261, Ibn ‘dari, kitab Bayan al-Mughrib fi akhbar muluk al-Andalus
wa-l-maghrib, Ibn Khaldûn, Kitab Al-‘ibar.

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