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LIENS
FACULTE DE PHARMACIE
MEMOIRE
du DIPLOME D’ETUDES SPECIALISEES
de Biologie Médicale
Le 21 avril 2017
THESE
pour le DIPLOME D’ETAT
de DOCTEUR en PHARMACIE
__________
Titre
DOYENS HONORAIRES
Chantal FINANCE
Claude VIGNERON
PROFESSEURS EMERITES
Jeffrey ATKINSON
Jean-Claude BLOCK
Max HENRY
Alain MARSURA
Claude VIGNERON
MAITRES DE CONFÉRENCES
PROFESSEUR ASSOCIE
En attente de nomination
4
S ERMENT DES A POTHICAIRES
5
« LA FACULTE N’ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION, NI IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES
DANS LES THESES, CES OPINIONS DOIVENT ETRE CONSIDEREES COMME PROPRES A LEUR AUTEUR ».
6
REMERCIEMENTS
A mon président de thèse, Professeur Jean-Marc LESSINGER, pour l’honneur que vous me
faites de présider cette thèse, veuillez trouver ici l’expression de ma sincère reconnaissance.
A mon directeur de thèse, Docteur Marius TELETIN, pour m’avoir proposé ce sujet, pour
avoir accepté de diriger ce travail et pour le temps que tu m’as accordé. Je garderai un
excellent souvenir de ta positivité et de ta bienveillance.
Docteur Jeanine OHL, gynécologue obstétricien, pour l’honneur que vous me faites de siéger
parmi les membres du jury, veuillez trouver ici l’expression de ma sincère reconnaissance.
Merci également pour les conseils et pour toutes les discussions que nous avons eu lors de
mon passage au CMCO.
Docteur Fabienne SCHNEIDER, pharmacien d’officine, pour l’honneur que vous me faites de
siéger parmi les membres du jury, veuillez trouver ici l’expression de ma sincère
reconnaissance. Je vous remercie sincèrement pour tous ce que vous avez faits pour moi
depuis ma première année de faculté.
A la femme de ma vie qui m’a soutenu et supporté toutes ces années, malgré mon caractère.
Je te dois tout, si j’en suis là c’est beaucoup grâce à toi, ta patience, ta gentillesse… et à
toutes tes qualités qui font ce que tu es pour moi.
A mes parents… je vous dois tellement de choses que je ne saurais les énumérer. Merci de
m’avoir permis de faire les bons choix, d’avoir tout fait pour que ces années d’études
passent facilement et surtout de m’avoir offert cet avenir.
A ma sœur,
A mon frère,
A mes Grands-parents, Manou, Mamie, Papi et Bon-Papa, pour votre indéfectible soutien.
7
A tous mes amis, de fac ou non, je ne vous citerai pas tous, vous êtes tellement nombreux à
compter pour moi. Depuis 2007 on s’est éclaté entre Strasbourg, Reims, Metz et Nancy.
Vous m’avez fait passer tellement de moments inoubliables, je vous remercierai jamais assez
de faire partie de ma vie.
8
Table des matières
9
A. INTRODUCTION :.................................................................................................................................... 12
1. HISTOIRE ..................................................................................................................................................... 13
2. RAPPELS...................................................................................................................................................... 16
a. Anatomie de l’appareil génitale mâle :................................................................................................ 16
b. Régulation hormonale : ....................................................................................................................... 17
c. La spermatogénèse :............................................................................................................................ 19
3. DÉFINITIONS ................................................................................................................................................ 20
a. Azoospermie Excrétoire ....................................................................................................................... 20
b. Azoospermie Sécrétoire ....................................................................................................................... 21
c. Bilan devant une azoospermie............................................................................................................. 21
d. Chirurgie : ............................................................................................................................................ 22
4. GÉNÉTIQUE ET AZOOSPERMIE.......................................................................................................................... 31
5. ACTUALITÉ:.................................................................................................................................................. 32
C. RESULTATS : ........................................................................................................................................... 40
D. DISCUSSION : ......................................................................................................................................... 62
E. CONCLUSION ......................................................................................................................................... 68
10
F. BIBLIOGRAPHIE : .................................................................................................................................... 70
G. ANNEXES ............................................................................................................................................... 76
11
A. Introduction :
12
1. Histoire
C’est le 25 juillet 1978, en Angleterre, que naquit le premier enfant conçu par fécondation in
vitro (FIV). Ce jour-là, le biologiste Robert Edwards et le gynécologue Patrick Steptoe
démontraient à la communauté scientifique que les travaux réalisés depuis plus d’une
vingtaine années chez les petits mammifères étaient transposables à l’espèce humaine. Un
espoir extraordinaire se levait pour toutes les femmes atteintes de stérilité tubaire
définitive.
Trente ans plus tard, on mesure le chemin parcouru. La FIV s’est enrichie de tout un panel de
techniques collatérales : cryoconservation, ICSI (intracytoplasmic sperm injection), DPI
(diagnostic préimplantatoire), don de gamètes, etc.
Entre 1 et 3 % des enfants, en Europe, sont issus de ces techniques et, pour l’année 2002, on
estimait leur nombre à 230 000 environ dans le monde (1). En 2012, pour le vingtième
anniversaire de l’ICSI, A. Van Steirteghem publiait dans Human Reproduction que le nombre
d’enfants nés grâce à cette technique avait dépassé les 2.5 millions(2).
Si l’on fait un petit tour de la préhistoire de la FIV, on constate que les prémices de la culture
in vitro d’embryon de mammifères, au préalable conçu in vivo, se situent vers 1880 grâce à
Schenk (3). Il tenta également, sans succès, la fécondation in vitro dans le milieu extérieur.
La première fécondation in vitro fût réalisée par G. Pincus en 1930 chez le lapin,
malheureusement aucune naissance n’est observée. Enzmann, en 1934, découvre qu’il faut
environ 12 heures de culture pour qu’un ovocyte, prélevé dans un follicule immature,
reprenne la méiose et atteigne le stade de métaphase 2 (4). En 1954 a lieu la première
fécondation in vitro réussie, chez le lapin, documentée scientifiquement et attribuée au
français François Charles Thibault (5). En 1963, la première FIV chez le hamster aboutit grâce
à Yanagimachi et Chang (6).Puis vint le tour de la souris (1968), de la vache, du porc,… Tous
ces essais menant à la naissance de Louise Brown en 1978.
13
traumatique, aseptique, avec le minimum de milieu possible). Une fois ces contraintes
respectées, l’équipe commence à réaliser le transfert in utero des embryons clivés chez des
femmes atteintes de stérilité tubaire définitive, de manière à ce qu’il n’y ait aucun doute
quant à la réalité d’un éventuel succès. Cependant, aucune grossesse n’est obtenue. Parmi
toutes les causes qui auraient pu expliquer ces échecs, Dr. Edwards désigne un responsable,
le corps jaune. En effet, le traitement par hMG-hCG entraînant une phase lutéale courte de
8-9 jours, il semblait indispensable de réaliser une supplémentation en progestérone pour
compenser ce déficit lutéal et favoriser l’implantation et le début de la grossesse.
14
En cas d’absence de spermatozoïde à l’examen direct du sperme, deux situations sont
envisageables:
Ainsi, certaines équipes ont proposé le recours à la biopsie testiculaire chez ces patients
dont la numération spermatique est extrêmement faible (17–20).
15
2. Rappels
Avant de donner des précisions sur les termes employés dans les premiers paragraphes,
détaillons quelques points techniques concernant l’appareil génital mâle, la spermatogénèse
et les régulations hormonales qui y ont lieu.
Il est composé des testicules, des voies excrétrices intra et extra-testiculaires : tubes droits,
rete-testis, canaux efférents, épididyme, canal déférent, urètre. Ainsi que des glandes
annexes : vésicules séminales, prostate et glande de cowper.
Référence : [Link]
Situé au centre de l'encéphale, l'hypothalamus est une petite structure nerveuse constituée de
plusieurs noyaux gris recevant de multiples afférences d'origine sensorielle et émettant de
nombreuses efférences ascendantes et descendantes. Il participe ainsi à bon nombre de fonctions
centrales et intervient également dans de nombreuses régulations hormonales par l'intermédiaire de
l’hypophyse, située juste en dessous.
Le fonctionnement des testicules est placé sous le contrôle de deux gonadostimulines hypophysaires
(FSH et LH) et d'une gonadolibérine hypothalamique (GnRH).
FSH et LH sont synthétisées par les cellules de l'antéhypophyse. Ce sont deux glycoprotéines formées
d'une chaîne α de 90 acides aminés commune aux deux molécules et d'une chaîne β de 115 acides
aminés spécifique à chaque gonadostimuline. Les deux sont identiques dans les deux sexes mais
ayant d'abord été découvertes chez les femelles de mammifères, leur appellation fait référence à la
physiologie féminine :
La GnRH (Gonadotrophin Releasing Hormone) est quant à elle un décapeptide fabriqué par les
neurones du noyau arqué de l'hypothalamus. Elle est libérée de manière pulsatile à raison d'une
décharge toutes les 90 minutes en moyenne. Comme elle stimule les cellules productrices de LH et
de FSH, il en résulte que ces dernières sont également libérées de manière pulsatile dans la
circulation sanguine.
Ces hormones étant de nature peptidique, elles ne pénètrent pas dans leurs cellules-cibles. Leur
action s'exerce en se fixant sur des récepteurs membranaires spécifiques, ce qui déclenche une
cascade de réactions enzymatiques faisant intervenir un messager intracellulaire (l'AMP cyclique
désigné pour cette raison second messager hormonal).
Schématiquement, on peut considérer que la FSH agit sur la fonction exocrine du testicule
(spermatogenèse) alors que la LH agit sur son activité endocrine (production de testostérone).
La LH agit directement sur les cellules de Leydig en stimulant la production de testostérone. Comme
elle est libérée de manière pulsatile, il s'ensuit que la sécrétion de testostérone obéit au même
rythme et qu'elle se traduit par de brefs épisodes de libération intense séparés dans le temps par des
intervalles plus ou moins longs, variables au cours de la journée et pouvant atteindre plusieurs
heures.
17
La FSH agit indirectement sur la spermatogenèse en stimulant la production d'ABP (Androgen Binding
Protein) par les cellules de Sertoli. Cette glycoprotéine de liaison, libérée dans la lumière des tubes
séminifères, présente une grande affinité pour la testostérone et la dihydrotestostérone. L’ABP a un
rôle de stockage, de transport des androgènes vers les organes cibles de l’appareil génital et a
également une action sur la maturation des cellules de la lignée spermatique. Elle est à l’origine
d’une augmentation de la concentration des hormones qu’elle transporte au niveau de la lumière
des tubes séminifères et donc en contact direct avec les cellules germinales et libère
progressivement les androgènes de ces tubes jusque dans l’épididyme.
La LH et la FSH exercent ainsi en permanence leurs effets sur le testicule et lui permettent d'assurer
ses fonctions exocrine et endocrine de manière continue. Toutefois, leur libération se faisant sous le
contrôle de la GnRH, toute modification des paramètres centraux est susceptible d'entraîner des
répercussions sur la production de testostérone et de spermatozoïdes. Enfin, il faut signaler que le
fonctionnement du complexe hypothalamo-hypophysaire est lui-même soumis à deux
rétrocontrôles négatifs :
d'une part, le taux de testostérone circulante exerce un effet inhibiteur sur la production
de LH et de GnRH ;
d'autre part, les cellules de Sertoli fabriquent une glycoprotéine, l'inhibine, libérée de
manière pulsatile en même temps que la testostérone, qui exerce un effet inhibiteur sur la
production de FSH.
[Link]
18
c. La spermatogénèse :
La spermatogenèse est le fruit de l'interaction étroite entre les cellules de Sertoli et les
cellules germinales à l’intérieur des tubes séminifères ainsi que des interactions entre les
cellules de Sertoli et de Leydig à l'extérieur de ces mêmes tubes. Le tout rythmé par les
productions hormonales.
La spermatogenèse se définit comme étant l’ensemble des processus qui transforment la
cellule germinale immature (spermatogonie initiale et diploïde) en une cellule haploïde très
spécialisée (le spermatozoïde). C'est un processus complexe et fragile qui débute à la
puberté et est efficace jusqu'à un âge très avancé. À partir du moment où elle est entamée,
c'est un processus continu qui ne s'interrompt pas. La durée d’un cycle de spermatogenèse
est fixe dans chaque espèce. Chez les humains, il est de 74 jours. Il aboutit à la production de
plusieurs millions de spermatozoïdes en continu. Toute altération peut être responsable
d'une diminution de la quantité et/ou de la qualité des spermatozoïdes.
19
3. Définitions
Pour que le sujet soit parfaitement posé il nous reste à définir quelques termes.
Commençons par ceux relevant de la spermiologie :
Il existe deux types d’azoospermie : Excrétoire par obstacle sur les voies génitales ou
sécrétoire par défaut de production des spermatozoïdes. La distinction repose sur plusieurs
arguments : données cliniques, spermiologiques, hormonales, échographiques, génétiques
et histologiques.
a. Azoospermie Excrétoire
Dans ce cas de figure, on observe les caractéristiques suivantes : FSH plasmatique normale,
testicules normaux.
agénésie/ atrésie des canaux déférents et/ou vésicules séminales autrement nommé
ABCD (anomalie lié à une mutation du gène CFTR).
séquelles d’infections génitales
antécédent de vasectomie
plus rare, kyste prostatique compressif.
20
b. Azoospermie Sécrétoire
Il s’agit d’un déficit sécrétoire de cause périphérique ou centrale, associant FSH plasmatique
élevée et testicules régulièrement atrophiés :
Cause périphérique
o origine génétique (syndrome de Klinefelter, micro-délétions du chromosome
Y, mutations inhibitrices du récepteur de la FSH)
o origine acquise (cryptorchidie, chirurgie inguino-scrotale, toxiques,
traumatismes, orchites, torsion testiculaire, rôle cofacteur de la varicocèle…)
o idiopathique
Cause centrale
o hypogonadisme hypo-gonadotrope congénital : syndrome de Kallmann de
Morsier, syndrome de Prader-Willy, mutations des gènes de récepteur à la
GnRH, FSH ou LH, mutations du gène GPR 54…
o hypogonadisme hypo-gonadotrope acquis : tumeur hypophysaire, atteinte
prostatique, iatrogénie médicamenteuse
L’interrogatoire et l’examen clinique sont des étapes cruciales pour préciser les facteurs
susceptibles d’altérer la fertilité.
C’est en 1940 que sont publiées les premières biopsies testiculaires pour le diagnostic des
infertilités masculines (20). Puis se succèdent les publications. Tout ceci permettant, au fur
et à mesure, la mise en place d’une classification histologique précise de l’ensemble des
troubles de la spermatogenèse.
[Link] histologique :
Grâce à cette biopsie, nous espérons avoir un aperçu de ce qui se passe au niveau
testiculaire et ainsi déterminer la ou les anomalies potentielles.
22
i. Normal
[Link]
23
ii. Hypospermatogénèse
[Link]
24
iii. Blocage de Maturation
[Link]
25
iv. Cellule de Sertoli isolée
[Link]
Seules persistent les cellules de Sertoli, ces cellules ayant, exclusivement, un rôle de soutien
pour les cellules germinales de la lignée spermatique, l’absence de ces dernières rend donc
impossible la mise en place de la spermatogénèse.
26
[Link] Techniques chirurgicales
Réalisés à l’aide d’une aiguille ou d’un pistolet automatique. Plusieurs échantillons sont
aspirés au même site de ponction. Cette technique est la moins invasive mais ne permet pas
d’analyse histologique et possède une moins bonne rentabilité par rapport à la biopsie
chirurgicale (22–25).
Ses risques sont : hémorragies, fragments ininterprétables du fait de leur taille, souvent
dilacérés, développement d’anticorps anti-spermatozoïdes décrits.
[Link]
27
ii. La biopsie chirurgicale ou TESE (testicular sperm
extraction)
Le Pr. Jacqmin, référent à Strasbourg, utilise uniquement cette technique pour deux raisons
principales. De manière général, une seule intervention est nécessaire et la BT peut être
réalisée de manière asynchrone (BT et stimulation ovarienne réalisées en décalé) évitant
ainsi toute stimulation inutile en cas d’absence de spermatozoïde dans le prélèvement.
[Link]
29
iii. Microdissection TESE
Cette technique limite les prélèvements aux seuls tubes séminifères susceptibles de
présenter une spermatogenèse en les détectant au microscope et en les micro-disséquant.
En effet, les tubes séminifères qui présentent une spermatogenèse sont de diamètres plus
importants et plus opaques que les autres. Le rendement d’extraction est ainsi amélioré,
avec limitation des complications vasculaires (23).
[Link]
30
iv. Les prélèvements épididymaires ou PESA
[Link]
4. Génétique et Azoospermie
Il faut souligner l’ampleur considérable que revêt la génétique dans la problématique qui
nous occupe. De plus en plus de gènes candidats dans la stérilité masculine sont découvert
chaque année (CFTR, NR5A1, TAF4B, ZMYND15, SOHLH1, Wt1, NPAS2, TEX11, BOULE…)(27).
31
5. Actualité:
32
B. MATERIELS & METHODES
33
Ce travail sera présenté sous la forme d’une étude rétrospective, et aura pour objectif
principal de dévoiler les résultats statistiques concernant les ICSI réalisées au CMCO et
utilisant des spermatozoïdes issus de prélèvement testiculaire (ICSI(BT)).
Voici, en résumé, les points importants à connaitre pour bien comprendre ce document et
les choix qui y sont faits :
- Notion d’assistance médicale à la procréation
- Notions d’infertilité masculine et féminine
- La biopsie testiculaire (pour qui, par qui et comment)
- La cryoconservation des spermatozoïdes
- La stimulation ovarienne
- La ponction ovarienne, qualité ovocytaire
- La technique d’ICSI
- Développement embryonnaire
- Transfert d’embryon frais/congelé
- Béta-hCG plasmatique
Pour effectuer ce projet, nous nous sommes servis de tous ces points de manière à définir le
nombre d’années à étudier, quels couples inclurent et lesquels exclurent tout en limitant un
maximum les biais de sélection.
1. Période d’étude :
C’est à partir de 2013 que la plupart des informations, concernant les couples pris en charge
en AMP au CMCO, ont été informatisées. L’étude va donc commencer au début de l’année
2013 pour se terminer en octobre 2016.
2. Patients :
119 couples, dont le conjoint est azoosperme, ont été pris en charge par le CMCO dans le
but de réaliser une ICSI, avec des spermatozoïdes d’origine testiculaire.
Chez 28 patients aucun spermatozoïde n’a été retrouvé à la biopsie testiculaire.
7 couples ont abandonné en cours de stimulation et pour 2 couples la ponction ovocytaire
n’a pas fonctionné (PO blanche), ces 9 couples ont donc été exclus de l’étude.
Tous les couples dont la conjointe présente une insuffisance ovarienne précoce ont été
écartés (1 couples en 2015 et 1 couple en 2014). L’insuffisance ovarienne précoce étant
définie ici comme une déplétion prématurée des follicules ovariens avant l’âge de 40 ans et
pour l’étude les limites d’exclusion sont les suivantes : AMH < 1 ng/mL et âge < 35 ans.
34
Ces exclusions se justifient de manière à ce que la seule anomalie majeure de la fertilité
présente au sein du couple soit l’absence de spermatozoïdes.
L’étude porte donc sur 80 couples, ce qui représente sur 4 années 137 tentatives et 177
cycles de stimulations.
Parmi les conjoints, 53 ont une azoospermie d’origine excrétoire, 17 ont une azoospermie
d’origine sécrétoire, 2 ont une cryptozoospermie et 8 ont une azoospermie d’origine
indéterminée.
3. Bilan andrologique :
De la recherche de micro-délétions des régions AZFa, AZFb et AZFc situées sur le bras
long du chromosome Y.
35
D’une spermoculture afin d’éliminer une infection spermatique.
Des sérologies virales (VIH, VHC, VHB, syphilis) obligatoires avant toute prise en
charge en assistance médicale à la procréation en France.
4. La conjointe :
Les conjointes bénéficient d’un bilan hormonal complet (œstradiol, FSH, LH, AMH,
testostérone, prolactine, TSHus), d’une échographie pelvienne entre le 2ème et le 5ème jour
du cycle menstruel afin d’évaluer leur réserve ovarienne, ainsi qu’une
hystérosalpingographie.
À l’issue de ce bilan, nous pouvons distinguer différents groupes de patientes. Celles
présentant une baisse de la réserve ovarienne (AMH inférieure à 1,5 ng/mL ou 11 pmol/l
(33) et/ou moins de 5 follicules / ovaire à l’échographie), ou celles atteintes d’un syndrome
des ovaires polykystiques (défini selon les critères de Rotterdam) (34), d’une endométriose
ou d’une pathologie tubaire et bien sûr celles sans anomalie.
Les patientes ont bénéficié d’un protocole de stimulation ovarienne contrôlée associant un
agoniste ou un antagoniste de la GnRH (Gonadotrophin-releasing hormone) et des
gonadotrophines (FSH recombinante ou urinaire ou HMG). La dose quotidienne de
gonadotrophine est choisie en tenant compte de l’âge, de l’IMC, de l’AMH et du compte de
follicules antraux. Au cours de la stimulation, les patientes bénéficient d’un monitorage
consistant en des dosages hormonaux (taux d’œstradiol et de LH) couplés à une échographie
pelvienne par voie vaginale. Lorsque la réponse est jugée satisfaisante (plus de 3 follicules >
17 mm), une injection sous-cutanée de 250 μg d’HCG recombinante (OVITRELLE , Merck-
Serono Lyon, France) est réalisée pour assurer la maturation folliculaire et ovocytaire
terminale.
La ponction ovocytaire, échoguidée, a lieu 36 heures après l’injection d’HCGr, sous
diazanalgésie, au bloc opératoire, par voie transvaginale. Les ovocytes ainsi recueillis sont
immédiatement placés dans une étuve à 37°C et transportés au laboratoire de biologie de la
reproduction afin d’y être analysés.
Dès le soir de la ponction, les patientes reçoivent un soutien de phase lutéale par
progestérone en intravaginale à raison de 200 mg, 3 fois par jour, jusqu’à la réalisation du
test de grossesse.
36
5. Procédure d’ICSI :
[Link]
Dans un premier temps le patient vient en personne au CECOS pour signer les documents
nécessaires à la sortie de ses paillettes, auto-conservées à partir de sa biopsie testiculaire. Le
nombre de paillettes utilisées est fonction du nombre d’ovocytes matures en métaphase II
obtenus lors de la ponction ovocytaire et du nombre de spermatozoïdes mobiles ou vivants
injectables observés après décongélation par paillette. Les spermatozoïdes sont sélectionnés
en fonction de leur mobilité et de leur morphologie. Lorsque les spermatozoïdes observés
sont immobiles, un test hypo-osmotique permet d’évaluer la vitalité spermatique. Seuls les
spermatozoïdes vivants seront utilisés pour l’injection des ovocytes. Le spermatozoïde choisi
est aspiré par une pipette dite « d’injection » et est déposé directement dans le cytoplasme
d’un ovocyte mature (en métaphase II), à l’aide d’un micromanipulateur. Si cela est possible,
tous les ovocytes matures sont micro-injectés (nécessitant parfois de décongeler plusieurs
pailles).
Le lendemain de l’injection ovocytaire, les signes de fécondation sont observés : la
fécondation sera dite normale en présence de 2 pronucléi (PN) au sein du cytoplasme
ovocytaire. L’ovocyte à ce stade est un zygote.
La cinétique et la qualité embryonnaire sont ensuite observées au 2ème jour (J2) et/ou au
3ème jour (J3) suivant la ponction ovocytaire. Dans certaines situations, l’embryon pourra
continuer d’évoluer en culture in vitro jusqu’au 5ème voire jusqu’au 6ème jour suivant la
ponction ovocytaire.
Les embryons « top quality » sont définis par la présence de 4 à 5 blastomères à J2 ou de 7 à
8 blastomères à J3, blastomères typiques, réguliers et avec un taux de fragmentation
inférieur à 10% (29).
Le transfert intra-utérin du ou des embryons se fait généralement à J3 ou à J5 par le médecin
gynécologue à l’aide d’un cathéter. La patiente est installée en position gynécologique avec
37
mise en place d’un spéculum. Le cathéter contenant l’embryon choisi, est introduit dans la
cavité utérine puis celui-ci est déposé à environ 2 centimètres du fond de la cavité. Le
cathéter est ensuite immédiatement examiné au microscope après le geste afin de s’assurer
que l’embryon a bien été déposé dans la cavité utérine.
En fonction de leur qualité, les embryons surnuméraires sont cryo-conservés. Dans tous les
cas, 2 semaines après la ponction ovocytaire, les patientes réalisent un dosage d’HCG
plasmatique quantitatif. En cas de positivité, le traitement par progestérone en intra-vaginal
sera poursuivi jusqu’à 8 semaines d’aménorrhée.
On parle de grossesse clinique, lorsque l’on visualise un sac embryonnaire en échographie.
Les grossesses évolutives sont définies par l’évolution favorable de la grossesse au-delà de
12 semaines d’aménorrhée.
[Link]
38
6. Récapitulatif de la prise en charge :
39
C. RESULTATS :
40
L’ensemble des tests statistiques réalisés dans cette étude suivent une loi Normale centrée
réduite N(0,1).
pA = proportion du groupe A
pB = proportion du groupe B
Formule :
Avec Zα = 1.96 si on recherche une différence (Valeur statistique répertoriée dans les tables
statistiques)
Ou avec Zα = 1.645 si on recherche une supériorité/infériorité.
41
Le calcul de l’Odd Ratio, lorsque il est pertinent de le réaliser.
Il s’agit d’une mesure d’effet relatif calculé comme un rapport d’odds (ou de cotes). Un «
odd » correspond au rapport de deux probabilités complémentaires : la probabilité P de
survenue d'un événement divisée par la probabilité (1-P) que cet événement ne survienne
pas.
Méthode :
événement Absence Effectif total Odd Ratio
d’événement
Groupe 1 A B n1 OR = (A.D)/(B.C)
Groupe 2 C D n2
Le calcul de la « p value » est pour sa part réalisé à l’aide d’un logiciel (GMRC
shinystats)
Valeurs de p :
p value Interprétation statistique
>0.05 PS = pas significatif
0.05 à 0.01 * = faible différence
0.01 à 0.001 ** = moyenne différence
<0.001 *** = forte différence
42
1. Choix des points de comparaison :
La première partie à détailler, et surement l’une des plus importantes, concerne le choix des
patients chez lesquels il est possible de réaliser une biopsie testiculaire dans de bonnes
conditions. Le Pr. Jacqmin est la seule personne, à Strasbourg, autorisée à pratiquer cet acte,
c’est également lui qui définit les critères d’acceptation des patients. Selon le Pr Jacqmin, la
meilleure indication à la biopsie testiculaire est l’azoospermie excrétoire (ABCD, échec de
Vaso-vasostomie, sténose post-infectieuse,…), il n’exclut pas les autres étiologies même si la
concentration en FSH plasmatique est élevée. La seule situation pour laquelle il conseille de
dissuader le patient est lorsque celui-ci a une azoospermie sécrétoire associant FSH haute et
testicule de petite taille, mais malgré tout si le patient insiste l’opération pourra être
réalisée.
Mais d’autres questions fondamentales s’imposent. Comment répartir les patients pour
effectuer des comparaisons sensées ? Quels paramètres choisir ? Quels seuils définir ?
Pour cela nous nous sommes concentrés sur les notions de base de la procréation, soit la
numération spermatique, la mobilité des spermatozoïdes, le type d’anomalie porté par le
patient, la concentration en FSH plasmatique ou encore le nombre d’embryon(s)
disponible(s) et leurs qualités respectives.
Pour définir les seuils (par exemple : répartition des patients en fonction de leur numération
spermatique) nous nous sommes appuyés sur des publications préexistantes et sur la façon
de faire au LBDR-CMCO. Nous avons repris des bornes identiques pour créer nos
cohortes/groupes de comparaison (tout en gardant des populations suffisamment grande
pour pouvoir réaliser des tests statistiques respectant les critères de la loi Normal.)
43
2. Résultats de la Biopsie :
Au total, entre le 1er janvier 2013 et le 31 octobre 2016, 119 patients ont eu une biopsie
testiculaire, dans le cadre de l’AMP. Pour 28 d’entre eux le prélèvement n’a pas permis de
congeler de spermatozoïdes et parmi eux 23 ont une azoospermie d’origine sécrétoire.
Autrement dit, sur ces 4 années près de 82% des patients n’ayant des spermatozoïdes ni
dans l’éjaculat ni dans la biopsie, présentent une azoospermie sécrétoire (FSH élevée par
ailleurs). Ces patients étant éliminés de la cohorte un biais de sélection est inévitable,
faussant certains résultats détaillés plus bas. Le volume testiculaire n’étant pas
régulièrement renseigné, nous n’avons pas calculé de moyenne ni réalisé de comparaison
statistique entre les différents groupes. Cependant, sur les quelques valeurs utilisable, il
apparaît une baisse nette du volume testiculaire dans le groupe ayant une biopsie négative.
44
3. Caractéristiques de la population:
Les transferts d’embryons issus d’ICSI utilisant des spermatozoïdes d’origine testiculaire
représentent 6% des actes réalisés au CMCO sur la période étudiée. Même si ce n’est pas
l’activité principale du laboratoire, les ICSI(BT) font partie du paysage de l’AMP
Strasbourgeoise.
On observe relativement peu d’écart entre la population générale et celle retenue pour
l’étude.
45
A l’exception de trois points remarquables :
- L’âge moyen des femmes, de la population étudiée, lors de la prise en charge est de 2
années inférieures à l’âge de la population générale prise en charge au CMCO. La courbe
ci-dessous montre une corrélation entre l’âge maternel et le taux de succès en cas de
recours à l’AMP, plus l’âge maternel avance plus les chances de réussite en AMP sont
minces. Cet effet est également largement décrit dans la littérature. (35)
- Les anomalies génétiques sont beaucoup plus fréquentes (47XXY, microdélétion de l’Y,
Translocation t(13 ;14)…)
46
4. Résultats de l’ICSI :
Le taux de fécondation obtenu est honorable, d’après le tableau 2 (36) comparant divers
études réalisées sur le sujet.
Le taux de grossesse par cycle est remarquablement élevé (37.3%), si on compare ce résultat
à celui des groupe ayant une population statistiquement équivalente.
Retenons que les résultats du laboratoire de biologie de la reproduction du CMCO sont bons.
Tableau 2
47
5. Numération spermatique :
48
Après extraction des données, 2 groupes d’individus se détachent. En effet, le taux de
grossesse apparaît comme nettement meilleur lorsque la concentration en spermatozoïdes
testiculaire dépasse les 2 millions de spécimens par millilitre de sperme (p<0.001).
Il s’agit de bornes choisies de manière à ce que les deux groupes soient comparables
(nombre d’échantillons du groupe 1 statistiquement équivalent au nombre d’échantillons du
groupe 2) et que la valeur soit simple à retenir.
Il faut noter qu’il s’agit de la numération spermatique avant congélation à -196°C.
Plus on a de spermatozoïdes dans le prélèvement de départ, plus on en retrouve après
décongélation et plus la sélection du/des spermatozoïde(s) pour l’ICSI est simple et donc
meilleur est le rendement.
49
6. Mobilitée :
50
Ces chiffres sont en lien direct avec les résultats, obtenus au point précédent, concernant la
numération. Meilleure est la mobilité, meilleurs sont les taux de
réussite/fécondation/grossesse (z(%G/tentative)=3.54, OR = 4.6 et p < 0.001).
Les 2 catégories représentent, finalement, pour l’une les mobiles et pour l’autre ceux qui ne
le sont pas.
Aucune publication ne fait mention de mobilité spermatique post-TESE.
51
7. Nombre d’ovocyte :
Il s’agit d’une répartition des individus de la cohorte suivant des critères arbitraires. Ces
critères sont définis de manière à ce que chaque groupe soit comparable statistiquement.
52
Le taux de grossesse par cycle ne dépend pas, statistiquement (p>0.05), du nombre
d’ovocytes obtenu à la ponction. Ce qui confirme l’adage : la quantité ne fait pas la qualité.
53
8. Nombre d’embryon :
La répartition des groupes est modifié pour permettre de réaliser des tests statistiques
respectant les conditions de la loi Normale N (0 ; 1), autrement dit n ≥ 30 :
55
9. Type d’azoospermie :
Dans ce découpage, on obtient 4 groupes. Azoospermie excrétoire (de très loin majoritaire),
azoospermie sécrétoire (groupe amputé de 23 patients en raison de l’absence de
spermatozoïdes à la biopsie testiculaire), le groupe « autres » dont les OATS sévères et les
cryptozoospermies font partie quasi intégrante et un groupe « indéterminé » pour lesquels
nous ne possédons pas assez d’information.
56
***
***
PS
PS
PS = Pas
Significatif
57
10. FSH :
58
Seuls deux groupes sont significatifs statistiquement (n>30) : Concentration en FSH
plasmatique de 1.5 à 12 UI/mL (valeurs normales) et Concentration en FSH plasmatique
supérieure à 12 UI/mL (ou supérieur à la normale).
Le groupe majoritairement représenté étant celui dont la concentration est normale. Le
choix des groupes est réalisé ici suivant les valeurs biologiques usuelles reconnues. Il faut
noter que le graphique ci-dessus est superposable à celui montrant la répartition des
patients en fonction du type d’azoospermie, ce qui confirme ce qui est souvent décrit dans la
littérature : Azoospermie d’origine excrétoire associée à une FSH plasmatique normale.
59
11. Taux de grossesse, fausse couche et naissance:
Tableau 3
Etude Population général
Nombre de grossesse total 66 659
Nombre de grossesse en Cours 10 94
Nombre de grossesse terminée 56 565
Nombre de naissance vivante 35 (62,5%) 381 (67,4%)
Nombre de Grossesse arrêtée 21 184
Nombre de Grossesse Biochimique 2 41
Nombre de Fausse Couche Spontanée (FCS) 17 129
Nombre de Grossesse Extra-Utérine (GEU) 1 5
Nombre d'IMG après 22 SA 1 9
Taux de Grossesse / cycle 37,30% 35%
Taux de Grossesse / Tentative 48,20% 42%
Finalement, les résultats obtenus pour les deux populations sont similaires (tableau 3). Cette
observation est réconfortante. À partir du moment où l’embryon est considéré transférable
les chances de réussite sont identiques quelle que soit l’origine des gamètes utilisés au
départ.
60
12. Autres résultats statistiques :
Les points précédents comparent tous les taux de grossesses par tentative ou par cycle en
fonction d’un paramètre hormonal, spermatique, ou ovocytaire propre à chaque groupe.
Il s’agit maintenant d’établir un lien entre d’une part les différents paramètres étudiés plus
haut (numération spermatique, mobilité) (tableau 4) et d’autre part l’observation ou non
d’une grossesse. C’est une façon différente de voir les choses, mais les conclusions sont
similaires.
Tableau 4
Moyenne Absence Grossesse p value Interprétation :
Grossesse différence oui/non
61
D. DISCUSSION :
62
L’étude révèle un premier problème, la sélection des patients candidats à la biopsie
testiculaire. Cette sélection doit être faite en analysant l’ensemble des facteurs cliniques et
biologiques préopératoires.
Existe-t-il des hommes pour lesquels l’exploration testiculaire est inutile, leur faisant perdre
espoir d’une paternité génétique, mais permettant de proposer d’emblée le recours à
l’insémination avec sperme de donneur (IAD) ou à l’adoption ?
Selon une étude rétrospective réalisée en 2012 à Nancy (37), l’étiologie présumée et le
volume testiculaire étaient les deux principaux facteurs significativement associés aux
résultats des prélèvements testiculaires avec un risque augmenté d’extraction négative si le
volume testiculaire est faible ou en cas d’azoospermie d’origine sécrétoire.
a. L’âge
L’âge moyen des patients est de 39.8 ans (de 25 à 64 ans), il n’est pas observé de rapport
entre l’âge paternel et le taux de grossesse, mettant en évidence le caractère indépendant
de ce facteur. En effet, même si l’âge maternel a clairement un rôle sur la fertilité, il existe
encore des controverses quant à l’influence de l’âge paternel dans la littérature. Certains
décrivent une augmentation des anomalies structurales chromosomique des
spermatozoïdes, d’autres des maladies génétiques du conceptus, et une augmentation du
nombre des fausses couches.
Kidd et al. (38) ont conclu à une diminution du liquide séminal, de la mobilité, et de
morphologie typique des spermatozoïdes mais pas de leur concentration dans le sperme.
D’autres auteurs suggèrent une modification de la vascularisation testiculaire et une
raréfaction des cellules de Sertoli et de Leydig, avec diminution du taux de testostérone
(39).
b. Le tabagisme
En ce qui concerne le tabagisme, 27.8% des patients de l’étude sont exposés à ce facteur.
Dans la population générale on recense plus du tiers des hommes comme étant fumeurs
réguliers (plus d’une cigarette par jour).
Les investigations sur la répercussion du tabac dans la fertilité masculine n’ont été que
récemment proposées. Elles font suite à la constatation de la baisse de la conception
naturelle chez les fumeurs (40). La numération (41), la vitalité (42), la mobilité (43) ainsi que
la morphologie des spermatozoïdes semblent altérées en cas d’exposition tabagique. Il s’agit
d’une altération globale de la qualité du sperme et probablement d’une diminution du
63
pouvoir fécondant. Cependant il n’existe pas d’azoospermie vraie en relation avec la
quantité de cigarettes fumées, tout au plus une oligospermie.
Il est admis que les chances de fécondation en AMP seraient inversement proportionnelles à
la quantité de tabac consommé chez l’homme et réversible après deux ans de sevrage (44).
Ce qui incite à proposer à chaque homme consultant pour infertilité une aide au sevrage
tabagique.
c. L’étiologie
d. Le volume testiculaire
Dans la littérature, il est démontré à plusieurs reprises que le volume testiculaire est corrélé
au résultat de la biopsie. Est également observé une différence significative de la taille
testiculaire moyenne entre le groupe de patients ayant une biopsie négative et le groupe
pour lequel la biopsie se révèle positive, notamment avec un volume plus faible chez les
hommes ayant une extraction négative. En général, une hypotrophie testiculaire était mise
en évidence chez les patients ayant une azoospermie sécrétoire. (46)
64
2. Limites de l’étude :
3. Avantages de l’étude
Il y a bien sûr des points positifs. Le nombre de patients inclus est suffisamment grand pour
pouvoir comparer différents groupes selon divers paramètres. L’étude étant rétrospective,
on peut sélectionner aisément les patients selon des critères d’inclusion prédéfinis et ainsi
obtenir comme seule anomalie majeure de la fertilité d’un couple: l’azoospermie (L’avantage
principal d’une étude rétrospective est de pouvoir étudier des maladies rares). Et ainsi
montrer que ces patients peuvent finalement, assez largement même, espérer être parents.
De plus le cout est uniquement « temporel », récupérer tous les dossiers manuscrits aux
archives et en sortir les données prend du temps mais n’est en aucun cas compliqué.
Tous nos prélèvements ont été réalisés par biopsie chirurgicale testiculaire du type TESE.
Ceci est non seulement dû à une habitude opératoire dans notre service mais aussi à une
bonne reproductibilité de la technique. Actuellement, il est admis que le choix de la
méthode d’extraction des spermatozoïdes est essentiellement guidé par la clinique, et
l’habitude de l’opérateur. La meilleure méthode consiste à assurer le prélèvement avec un
65
nombre suffisant de spermatozoïdes et de minimiser le traumatisme testiculaire. Mais il est
difficile de recommander une méthode plutôt qu’une autre(47).
Dans notre étude, la biopsie testiculaire était non synchrone à la tentative d’ICSI. En effet, il
est maintenant admis que les résultats des tentatives d’ICSI sont identiques, que celle-ci soit
réalisée en parallèle de la stimulation ovarienne ou non (48–50). Les spermatozoïdes, dans
leur très large majorité, supporte très bien le processus de cryoconservation.
Il est préférable d’avoir les résultats de la biopsie avant de commencer le traitement de la
conjointe. Lorsqu’on réalisait la biopsie testiculaire en parallèle de la stimulation on exposait
le couple à un risque d’échec de la tentative en cas d’absence de spermatozoïde. La ponction
pouvait avoir lieux malgré tout, mais la congélation des ovocytes ne présente pas un
rendement aussi bon que celle de la congélation d’embryon.
66
épididymaire (57). Cette condensation est indispensable à la protection du génome paternel
contre les agressions extérieures. De plus, les spermatozoïdes acquièrent leur pouvoir
fécondant au cours de leur passage dans l’épididyme, ce qui leur permet, outre l’obtention
des capacités fusogènes, de participer au développement embryonnaire précoce (57,58).
Enfin, l’ADN spermatique va subir au cours de la spermatogenèse, mais également au cours
du transit épididymaire, des modifications épigénétiques qui se traduisent sur le plan
moléculaire par des modifications du profil de méthylation de certains gènes (59). Ces
phénomènes de méthylation ont un rôle important dans le développement embryonnaire
précoce (60). Tous ces processus physiologiques de maturation post-testiculaire des
spermatozoïdes conduisent à se poser la question légitime du risque de malformations ou de
pathologies génétiques en cas d’ICSI avec spermatozoïdes testiculaires. Malgré tout, dès lors
que rien ne contre-indique le prélèvement, on ne peut refuser la réalisation de la biopsie à
un patient. Puisque, si l’on trouve des spermatozoïdes, le patient aura de grandes chances
de réaliser son projet parental avec succès
67
E. CONCLUSION
68
La biopsie testiculaire s’impose comme un outil thérapeutique indispensable pour la prise en
charge de l’infertilité masculine et est parfaitement irremplaçable pour les patients
présentant une azoospermie. C’est en effet leur seule et unique possibilité de procréer.
Les facteurs décisionnels se résument en facteurs cliniques (un volume testiculaire normal,
une étiologie obstructive, et l’absence d’exposition tabagique) et hormonaux (un taux de
FSH normal) Tous ces facteurs sont de bon pronostic quant à l’obtention de spermatozoïdes
dans le prélèvement testiculaire.
Le geste chirurgical doit toujours être proposé (37), quel que soit le résultat de la prise en
charge clinique et paraclinique préopératoire, au risque d’obtenir un résultat médiocre. Effet
dans cette étude on note près de 15% de biopsies négatives, dont la plus large majorité
possède une FSH supérieure à la norme, mais pour certaines biopsies dont le résultat est
positif la FSH est également supérieur à la normale. Cette étude montre également que
lorsqu’il y a des spermatozoïdes dans le prélèvement alors le taux de grossesse ne dépend
plus de l’étiologie. Finalement on en revient toujours au fait qu’aucun paramètre n’apparaît
comme clairement rédhibitoire.
Par ailleurs, seule l’analyse histologique définitive permet de poser un diagnostic précis
concernant « l’avenir » de la spermatogenèse. Elle permet entre autres de noter la présence
de cellules germinales et permet également de donner une réponse diagnostique précise au
patient.
Pour finir, il semble, d’après les résultats obtenus, que la numération spermatique est
directement corrélée au taux de réussite de l’ICSI. Ceci pouvant notamment s’expliquer par
une plus grande facilité d’exécution lors de la réalisation d’une ICSI avec un prélèvement de
bonne qualité.
69
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75
G. ANNEXES
76
1. Annexe 1 : Liste de abréviations :
- AE = Azoospermie Excrétoire
- AMH = Anti-Mullerienne Hormone
- AMP = Assistance Médicale à la Procréation
- AS = Azoospermie Sécrétoire
- BhCG = Béta human Chorionique Gonadotrophine
- BT = Biopsie Testiculaire
- CMCO = Centre Médico-Chirurgical Obstétrique
- DPI = Diagnostic Préimplantatoire
- FIV = Fécondation In Vitro
- FSH = Folliculo-Stimulante Hormone
- GnRH = Gonadotrophin Releasing Hormone
- hCGr = human Chorionique Gonadotrophine recombinante
- hMG-hCG = human Menopause Gonadotrophin - human Chorionique Gonadotrophine
- ICSI = Intra-Cytoplasmique Sperm Injection
- ICSI(BT) = Intra-Cytoplasmique Sperm Injection with testicular spermatozoïde
- IMC (=BMI) = Indice de Masse Corporelle
- LBDR = Laboratoire de Biologie de la Reproduction
- LH = Hormone Lutéinisante
- PESA = Percutaneous Epididymal Sperm Aspiration
- PN = Pronucléi
- PO = Ponction ovarienne
- RIA = Radio Immuno Assay
- TESA = Testicular Sperm Aspiration
- TESE = Testicular Sperm Extraction
- TSHus = Thyroid Stimulating Hormone ultra-sensible
77
2. Annexe 2: Calculs Statistiques:
a. Numération :
G2 <2M/ml 19 42 61 IC=[1.99-8.64]
G2 <2M/ml 19 54 73 IC=[1.32-4.95]
78
b. Mobilité :
G2 <1% 8 28 36 IC=[1.9-11.6]
G2 <1% 8 33 41 IC=[1.29-7.03]
79
c. FSH
Comparaison de pourcentage entre les groupes : G1 FSH >12UI/ml et G2 FSH = 5-12 UI/ml
Valeur de Z Valeur de Zα Hypothèse statistique
80
d. Nombre d'ovocyte (NO)
G2 NO=10-15 22 24 46 IC=[0.66-4.98]
G2 NO=10-15 22 34 56 IC=[0.4-2.1]
81
Comparaison de pourcentage entre les groupes : G2 NO = 10-15 et G3 NO = 5-10
Valeur de Z Valeur de Zα Hypothèse statistique
G2 NO=5-10 22 25 47 IC=[0.46-2.35]
G2 NO=5-10 22 37 59 IC=[0.51-2.31]
82
Comparaison de pourcentage entre les groupes : G3 NO = 5-10 et G4 NO < 5
Valeur de Z Valeur de Zα Hypothèse statistique
G2 NO<5 7 13 20 IC=[0.55-4.82]
G2 NO<5 7 15 22 IC=[0.45-3.61]
83
e. Nombre d’embryon (NE)
84
f. Type d’azoospermie
G1 AE 53 42 95 OR = 2.10/5.31 0.11/<0.001
85
Comparaison de pourcentage entre les groupes : G2 AS et G3 Autre
Valeur de Z Valeur de Zα Hypothèse statistique
86
87
N° d’identification :
TITRE
RESUME :
Expérimentale ■
Docteur Marius TELETIN Laboratoire de biologie de la
reproduction - LBDR - CMCO Bibliographique □
Thème □
Thèmes 1 – Sciences fondamentales 2 – Hygiène/Environnement
3 – Médicament 4 – Alimentation – Nutrition
5 - Biologie 6 – Pratique professionnelle