INTRODUCTION
GENERALE
1 MOTIVATION
L’exploitation des mines à ciel ouvert dans la province du Lualaba, en
particulier dans la région de Kolwezi, est confrontée à des défis
géotechniques majeurs lies à la stabilité des talus et des massifs rocheux.
Parmi les facteurs influençant cette stabilité, la présence de la circulation
des eaux souterraines jouent un rôle déterminant.
Dans plusieurs exploitations minières du Katanga, les instabilités
observées dans les fosses sont souvent associées à l’augmentation des
pressions interstitielles, à la saturation des formations géologiques et à la
modification des paramètres mécaniques des roches. Ces phénomènes
peuvent entrainer des glissements, des éboulements, ou des ruptures
partielles des talus, mettant en danger le personnel, les équipements et la
continuité de la production.
La mine à ciel ouvert de Kamfundwa constitue un cas d’étude pertinent en
raison de son contexte géologique, de sa stratigraphie katanguienne et de
la présence d’aquifères susceptibles d’influencer le comportement
mécanique du massif rocheux. L’analyse couplées des aspects
hydrogéologiques et géomécaniques apparait ainsi indispensable pour
comprendre les mécanismes d’instabilités.
Le choit de ce sujet s’inscrit également dans la volonté de renforcer les
compétences en hydrogéologie minière et en mécanique des roches,
disciplines fondamentales pour tout ingénieur ou technicien supérieur en
géomines. Cette étude vise donc à contribuer à une meilleure gestion des
risques géotechniques dès les exploitations minières à ciel ouvert du
Katanga.
2 BUT ET OBJECTIF
2.1 BUT
Le but de ce travail est d’analyser l’influence des écoulements
souterraines sur la stabilité du massif rocheux dans la mine à ciel ouvert
de Kamfundwa, afin d’identifier les mécanismes d’instabilité lies à l’eau et
de proposer des mesures techniques adaptées pour améliorer la sécurité
et la durabilité de l’exploitation.
2.2 OBJECTIFS
2.2.1 Objectifs général
L’objectif général de cette étude est d’évaluer l’impact hydrogéologique
sur le comportement géomécanique du massif rocheux de la mine de
Kamfundwa, en tenant compte des caractéristiques géologiques,
structurales et hydrauliques du site.
2.2.2 Objectifs spécifiques
Pour atteindre cet objectif général, il s’agira de :
o Décrire le contexte géologique et structural du gisement de
Kamfundwa.
o Identifier les principales sources d’eau et les modes de
circulation souterraine dans le massif.
o Analyser l’effet des pressions interstitielles sur la contrainte
effective des roches.
o Etudier l’influence de la saturation sur la cohésion et l’angle de
frottement interne.
o Evaluer le facteur de sécurité des talus en présence de l’eau.
o Proposer des solutions techniques (drainage, rabattement de
nappe, optimisation des pentes) adaptées au contexte de la
mine.
3. PROBLEMATIQUE
Dans les mines à ciel ouvert, la stabilité des talus dépend fortement des
conditions géotechniques et hydrogéologiques. La présence d’eaux
souterraines peut augmenter les pressions interstitielles, réduire la
résistance des roches et diminuer le facteur de sécurité des pentes.
A la mine de Kamfundwa, ces phénomènes peuvent constituer un risque
pour la sécurité et la production.
La question principale est donc la suivante :
Comment les écoulements souterrains influencent ils la stabilité du massif
rocheux à Kamfundwa et quelles solutions techniques peuvent être
envisagées pour limiter les risques d’instabilité ?
Cette interrogation conduit à examiner les interactions entre les
caractéristiques géologiques, les propriétés hydrogéologiques et le
comportement mécanique du massif rocheux afin d’apporter une réponse
scientifique et opérationnelle adaptée au site étudie.
4 HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
L’hypothèse scientifique constitue une proposition de réponse anticipée au
problème pose par la recherche. Dans le cadre de cette étude, elle permet
de vérifier le lien entre les écoulements souterrains et la stabilité du
massif rocheux au sein de la mine a ciel ouvert de Kamfundwa.
Hypothèse principale
La présence et la circulation des eaux souterrains dans le massif rocheux
influencent négativement la stabilité des talus de la mine à ciel ouvert de
Kamfundwa, en modifiant les pressions interstitielles et en diminuant la
résistance mécanique des roches fracturées.
Hypothèses spécifiques
1. L’augmentation du niveau piézométrique dans le massif provoque
une hausse de pressions interstitielles, réduisant la contrainte
effective et donc la stabilité globale du massif
2. La perméabilité et la fracture du massif rocheux contrôle la vitesse
et la direction des écoulements souterrains, et influencent les zones
susceptibles de glissement ou d’éboulement.
3. Les zones saturées en eau présentent une cohésion réduite et un
angle de frottement interne plus faible, favorisant les ruptures
localisées.
4. L’application des méthodes d’analyse hydrogéologique (telles que
les mesures piézométriques, la classification RMR ou la méthode de
l’équilibre limite) permet de modéliser et prédire l’effet de l’eau sur
la stabilité des pentes.
CHAPITRE 1. GENERALITES SUR LE
SECTEUR D’ETUDE
1.1 INTRODUCTION
Le secteur de Kamfundwa, rattache au siège de Kambove, constitue l’un
des sites miniers importants du Groupe Centre de le Gécamines. Son
évaluation historique s’inscrit dans le développement progressif de
l’industrie minière dans la province du Katanga.
L’étude de l’historique de la mine permet de comprendre les différentes
phases d’exploitation ainsi que les mutations techniques et
organisationnelles intervenues au fil du temps.
1.2 Historique de la mine de Kamfundwa
Kambove a été découvert en 1911 par Jules Cornet, un Géologue
Belge, la curiosité l’a poussée à commencer par une exploitation
artisanale du cuivre que pratiquaient les autochtones qui ramassaient les
minéraux de cuivre qu’on trouvait pratiquement en surface. Ce n’est qu’en
1913 que l’exploitation industrielle débutera à Kambove et le siège de
Kambove fait partie de du Groupe Centre et est actuellement le seul siège
minier qui reste à la Gécamines.
En effet, il est à la fois siège minier métallurgique
indispensable. C’est à Kambove que la société compte ses mines en
différentes phases et son concentrateur en activité.
Kambove est aujourd’hui la charnière indispensable entre les
mines et les usines métallurgiques, ainsi sur 4 mines à ciel ouvert du
siège, seul la mine de Kamfundwa est en activité.
Les activités de la mine souterraine avaient débuté à Kambove
en 1963 pour sarrète en 1988 suite a une insécurité aggravante
(éboulement, perte des engins, la stabilité).
1.3 Aperçu géographique
La mine a ciel ouvert de Kamfundwa est située dans la partie sud-est de la
république démocratique du Congo (RDC), au cœur de la ceinture
cuprifère katangaise, l’une des zones minières les plus importantes du
pays. Administrativement, elle se trouve dans la province du haut-Katanga
territoire de mutshatsha à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Kolwezi.
Le site est rattaché au siège de Kambove dépendant du Groupe Centre de
la Gécamines la mine se situe entre les latitudes 10°30’ et 10°45’ sud et
les longitudes 25°20’ et 25°35’ Est.
Elle est accessible depuis Kolwezi par la route nationale reliant les
principaux gisements du district minier katangais tels que Musonoi,
Kamoto et Kamoa.
1.3.1 Relief climat et végétation du secteur d’étude
[Link] relief
Le relief de la région de Kamfundwa est modérément accidenté, formé de
collines tabulaires séparées par des vallées étroites et des zones de bas-
fonds.
Les altitudes varient entre 1200 et 1400 mètres et le paysage est dominé
par des plateaux légèrement ondulés appartenant à la chaîne du Katanga.
Ce relief, combiné à la nature géologique du terrain favorise le drainage
naturel des eaux de surface et influence le régime hydrogéologique local,
en orientant les écoulements vers les zones les plus basses où
s’accumulent les nappes phréatiques.
Les pentes, bien que modérées, jouent un rôle déterminant dans les
phénomènes d’érosion et de glissement, particulièrement en saison
pluvieuse.
[Link] climat
La région est soumise à un climat tropical humide de type Aw selon la
classification de Koppen, caractérisé par deux saisons bien marquées :
Une saison pluvieuse : de novembre à mars, durant laquelle les
précipitations atteignent en moyenne 1200 à 1500 mm /an ;
Une saison sèche : d’avril à octobre dominée par des températures
élevées et une forte évaporation.
Les températures moyennes annuelles varient entre 20 °C et 24°C. Le
régime pluviométrique exerce une influence directe sur la recharge des
nappes souterraines, la formation des eaux d’infiltration, ainsi que sur les
conditions de stabilité des talus miniers : en période de forte pluie,
l’augmentation du niveau piézométrique peut accentuer les pressions
interstitielles et provoque des instabilités.
[Link] végétation
La végétation de la région appartient au domaine de la forêt claire de type
Miombo, typique du plateau katangais.
Elle est dominée par des essences comme brachystegia spiciformis,
julbernardia paniculata, isoberlinia angolensis et des herbacées denses.
Cette couverture végétale naturelle limite le ruissellement et favorise
l’infiltration progressive de l’eau dans le sol, contribuant ainsi à la
recharge des nappes.
Cependant, les activités minières et artisanales ont entrainé une
déforestation locale et la dégradation du couvert végétal, exposant
davantage les versants à l’érosion et à la déstabilisation du massif
rocheux.
1.4 aperçu géologique
1.4.1 introduction
La mine de Kamfundwa fait partie de la ceinture cuprifère katangaise, un
ensemble géologique d’importance mondiale qui s’étend du sud-est de la
République Démocratique du Congo jusqu’au nord de la Zambie.
Cette région appartient au Supergroupe du Katanga, une série
sédimentaire d’âge Néoprotérozoïque (= 880 à 560 millions d’années),
déposée dans un bassin intracontinental avant d’être plissée et
métamorphisée lors de l’orogenèse lufilienne.
Le cadre géologique Kamfundwa est donc caractérisé par des formations
sédimentaires métamorphosées, fortement fracturées et plissée, qui
constituent un milieu propice à la circulation d’eaux souterraines et à la
minéralisation cuprifère.
1.4.2 stratigraphies du katanguien
La statigraphie de la region de kamfundwa, comme dans l’ensemble du
katanga,se divive en trios grands groupes lithostratigraphiques
superposes (du bas vers le haut) :
1. Groupe roan
Il constitue la base de la serie katangaise et renferme la majorite des
gisements cupriferes et cobaltifres .
Il est composer degres dolomitiques, de dolomies, de schistes, et de
calcaires .
C’est dans ces niveaux que se trouvent les roches reservoirs des fluides
mi,eralisateurs et les principaux horizons oxydes exploites a kamfundwa.
2. Groupe nguba
D’age neoproterozique moyen, il repose en discordance sur le Roan.
Ces formations jouent souvent un roles de couche impermeable, limitant la
circulation verticale de leau dans le massif.
3. Groupe kundelungu
C’est la formation la plus recente du kantanga .
Elle est composer des sillites,constituent generalementla couche de
couverture des structuires cupriferes.
Ces roches , plus compactes , constituent generalement la couche de
couverture des strictures cupriferes.
La mineralisation de kamfundwa est directement associee au Roan
inferieur, notamment aux horizons dolomitiques fractures, favorisables a la
precipitation du cuivre et du cobalt a partit de solutions hydrothermales.
1.4.3 Le socle precambrien la couverture phanerozoisue
a) Le socle précambrien
le socle précambrien forme la base rocheuse du katanga. Il est constitué
de gneiss migmatites granites et schistes cristallins d’age archéen à
protérozoique inférieur ces roches anciennes très compactes et un peu
perméable servent de socle imperméable aux formations sédimentaires du
supergroupe du katanga hydrogéologiquement ce socle limite la
profondeur des nappes et bloque la circulation d’eau en profondeur.
B) la couverture phanérozoique
La couverture phanérozoique repose en discordance sur le socle
précambrien elle comprend surtout des grès conglomérats et dépots
alluvionnaires récents ces formations d’origine continentale témoignent
d’une sédimentation postérieure à l’orogenèse lufilienne les grès
présentent une bonne porosité favorisant la circulation d’eau tandis que
les niveaux argileux ou conglomératique jouent un role imperméable
En résumé le socle constitue une base rigide et imperméable tandis que la
couverture phanérozoique représente un ensemble plus perméable qui
contrôle localement la répartition des eaux souterraines.
1.4.4 LA MINERALISATION DU KATANGIEN
La mineralisation du katangien est l’une des plus importantes du monde
car elle renferme les grands gisements de cuivre et de cobalt s’étendant
du congo jusqu’au nord de la zambie.
Elle est essentiellement strafiforme c’est-à-dire qu’elle se présente en
couches parallèles aux formation sédimentaires du groupe du roan qui
constitue la principale unité minéralisée.
Les minerais oxydés (malachite chrysocolle cuprite hétérogénite) occupent
la partie supérieure des gisements tandis que les minerais sulfurés
(chalcopyrite bornite carrolite) se trouvent en profondeur
La genèse de ces gisements est liée à la circulation de solution
hydrothermales riches en cuivre et cobalt qui ont précité leurs minéraux
dans les zones perméables et fracturées du roan
Sur le plan hydrogéologique cette fracturation et la présence de dolomies
altérées favorisent la circulation d’eau souterraine ce qui influence
directement la stabilité du massif rocheux dans les mines à ciel ouvert
comme celle de Kamfundwa.
1.4.5 la stratigraphie regionale
1. Le groupe du Roan
Forme de gres dolomotiques, dolomies et schistes ;
C’est la formatuon la plus mineralisee, contenant les principeaux
gisements de cuivre et de cobalt
2. Le Groupe du nguba
Composee de calcaires et schistes argileux ;
Jouent souvent le role de couche impermeable seoarant les niveux
aquiferes.
3. Le Goupe du kundelungu
Constutué de tillites, conglomerats et quartzites ;
Represente la couche de couverture la plus recente du katanga
Sur le pan hydrogeologique, le Roan forme le principal horizon aquifere,
tandis que les formations du Nguba et du Kundelungu limitent la
circulation de l’eau et influencent la stabilites des talus à la mine de
Kamfundwa.
1.4.6 La structure regionale
La structure regionale du Katanga meridional est marquee pae une
tectonique intense due a l’orogenese lufilienne (=560 millions d’annees).
Cette formation a provoqué le plissement, le chevauchement et la
fracturation des formations du Supergoupe du Katanga.
L’orientation generales des structures est nord-est – sud-ouest(NE—SW),
avec des plis serrés et des failles inverses.
Ces accidents geologique ont joué un role majeur dans la mise e, lace des
gisements cupriferes et des eaux souterraines.
Sur le plan hydrogeologique, la formation du massif favoris la permeabilié
secondaire, ce qui facilite les infiltrations d’eaux et influence la stabilité du
massif rocheux dans la mine de Kamfundwa.