Chapitre 5 : Dérivation globale
I- Fonctions dérivables sur un intervalle
1) Définition
Définition 1 :
Soit une fonction définie sur un intervalle de ℝ.
1) On dit que est dérivable sur lorsque admet un nombre dérivé, pour tout réel de ,
noté ’().
2) On appelle fonction dérivée de sur , notée ’, la fonction définie sur par : ⟼ ′()
Exemple 1 : On a démontré dans le chapitre 4 que la fonction carré : ⟼ admet un
nombre dérivé en tout réel :
( + ℎ) − () ( + ℎ) − + 2ℎ + ℎ − 2ℎ + ℎ ℎ(2 + ℎ)
= = = = = 2 + ℎ
ℎ ℎ ℎ ℎ ℎ
Le nombre dérivé de en est 2 donc est dérivable sur ℝ et, pour tout réel, () = 2.
2) Fonctions dérivées des fonctions de référence
Ensemble de Ensemble de Fonction dérivée
Fonction ()
définition dérivabilité ′()
() =
ℝ ℝ () = 0
(fonction constante)
() = +
ℝ ℝ () =
(fonction affine)
() = ( entier naturel ≠ 0)
ℝ ℝ () =
(fonction puissance)
1
() = 1
] − ∞; 0#∪]0; +∞# ] − ∞; 0#∪]0; +∞# () = −
(fonction inverse)
() = √ #0; +∞# ]0; +∞#
1
() =
(fonction racine carrée) 2√
() = || 1 si > 0
ℝ ] − ∞; 0#∪]0; +∞# () = '
(fonction valeur absolue) −1 si < 0
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3) Opérations sur les fonctions dérivées
Théorème 1 :
Soient , et / deux fonctions dérivables sur un intervalle de ℝ.
1) Soit un réel. La fonction × , est dérivable sur et ( × ,) = × ,′
2) La fonction , + / est dérivable sur et (, + / ) = , + /′
3) La fonction , × / est dérivable sur et (, × / ) = , × / + , × /′
14
4) Si la fonction , ne s’annule pas sur , alors la fonction est dérivable sur et 2 3 = −
1 1 15
1 1 14 616 4
5) Si la fonction / ne s’annule pas sur , alors la fonction est dérivable sur et 2 3 =
6 6 65
Exemple 2 : Calcul de dérivées :
() = 3 + 5 − 4 = 3 + (5 − 4) : est définie et dérivable sur ℝ (d’après le 1) et le 2)
du théorème 1)
En effet, la fonction est une somme de deux fonctions dérivables sur ℝ.
(3 ) = (3 × ) = 3 × ( ) = 3 × 2 = 6
(5 − 4) = 5
Donc ′() = 6 + 5
;() = 7 √ ∶ ; est définie sur #0; +∞# et dérivable sur ]0; +∞# (d’après le 3) du théorème 1)
En effet, la fonction ; est un produit de deux fonctions dérivables sur ]0; +∞#.
(7) = 7
1
>√? =
2 √
1 7 7 21
Donc ; () = ⏟ 7×√ E + 7
E× = 7 √ + = 7 √ + √ = √
1 6 1 2
F √ 2 √ 2 2
6
2 − 3 2
ℎ ( ) = ∶ ℎ est définie et dérivable sur ℝ − P Q (d’après le 5) du théorème 1)
3 − 2 3
En effet, la fonction ℎ est un quotient de deux fonctions dérivables sur ℝ − ' W.
V
(2 − 3) = 2
(3 − 2) = 3
2 × (3 − 2) − (2 − 3) × 3 (6 − 4) − (6 − 9)
Donc ℎ () = =
(3 − 2) (3 − 2)
6 − 4 − 6 + 9 5
= =
(3 − 2) (3 − 2)
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Théorème 2 :
Soit ; une fonction dérivable sur un intervalle de ℝ.
Pour tout réel tel que + appartient à , la fonction définie par () = ;( + ) est
dérivable et ′() = × ;′( + ).
Exemple 3 :
1) Calcul de la dérivée de la fonction définie sur ℝ par () = (3 − 1)Y :
La fonction est de la forme ;( + ) avec ;() = Y , = 3 et = −1.
La fonction ; est dérivable sur ℝ et pour tout réel, ; () = 5 [
On en déduit que la fonction est dérivable sur ℝ et, pour tout réel :
() = × ; ( + ) = 3 × 5(3 − 1)[ = 15(3 − 1)[
2) Calcul de la dérivée de la fonction définie sur \− ; +∞\ par () = √5 + 1 :
Y
La fonction est de la forme ;( + ) avec ;() = √, = 5 et = 1.
La fonction ; est dérivable sur ]0; +∞#, et pour tout ∈ ]0; +∞# , ; () =
√^
+ appartient à se traduit ici par 5 + 1 > 0 et donc ∈ _− ; +∞\
Y
On en déduit que la fonction est dérivable sur _− ; +∞\ et, pour tout ∈ _− ; +∞\ :
Y Y
1 5
() = × ; ( + ) = 5 × =
2√5 + 1 2√5 + 1
II – Sens de variation
1) Relation entre dérivée et sens de variation
Théorème 3 :
Soit une fonction définie sur un intervalle de ℝ.
La fonction est croissante sur si et seulement si, pour tout ∈ , ′() ≥ 0.
La fonction est décroissante sur si et seulement si, pour tout ∈ , ′() ≤ 0.
La fonction est constante sur si et seulement si, pour tout ∈ , () = 0.
Remarque 1 :
Si pour tout ∈ , () > 0, on dit que la fonction est strictement croissante sur .
Si pour tout ∈ , () < 0, on dit que la fonction est strictement décroissante sur .
La grande majorité des fonctions étudiées sont strictement croissantes ou strictement
décroissantes sur des parties de leur ensemble de définition.
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Exemple 4 : Dans l’exemple 1, nous avons calculé les dérivées de 3 fonctions :
() = 3 + 5 − 4 ∶
est dérivable sur ℝ et a pour dérivée la fonction ′ définie sur ℝ par ′() = 6 + 5
5 5 5
() = 0 pour = − , () < 0 sur b−∞; − c et () > 0 sur b− ; +∞c
6 6 6
5
Donc la fonction est strictement décroissante sur b−∞; − c et dtrictement croissante
6
5
sur b− ; +∞c.
6
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;() = 7 √ ∶
; est définie sur #0; +∞# et dérivable sur ]0; +∞# et a pour dérivée la fonction ;′ définie sur
]0; +∞# par ;′() = √
; () > 0 sur ]0; +∞# donc la fonction ; est strictement croissante sur ]0; +∞#.
2 − 3
ℎ ( ) = ∶
3 − 2
2 2
ℎ est dérivable sur ℝ − P Q et a pour dérivée la fonction ℎ définie sur ℝ − P Q par
3 3
5
ℎ ( ) =
(3 − 2)
ℎ () > 0 sur ℝ − ' W donc la fonction ℎ est strictement croissante sur ℝ − ' W.
V V
2) Notion d’extremum et d’extremum local
Définition 2 : Soit une fonction définie sur un intervalle I et e ∈ .
On dit que admet un maximum en e sur si, pour tout ∈ , () ≤ (e)
On dit que admet un minimum en e sur si, pour tout ∈ , () ≥ (e)
Dire que admet un extremum sur signifie que admet un maximum ou un minimum sur .
Remarque 2 : Attention à ne pas confondre maximum et majorant (ou minimum et minorant) :
Un maximum (respectivement un minimum) est atteint par la fonction en un réel e ∈ et se
note donc (e).
Sur le graphique ci-dessus, on observe que admet un maximum « global » en f de valeur
(f ), un minimum « local » en de valeur ( ) et un maximum « local » en de valeur
( ).
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Théorème 4 :
Soit une fonction dérivable sur un intervalle I « ouvert » et e ∈ .
Si admet un extremum en e sur alors (e) = 0.
Remarque 3 : Attention, la réciproque est fausse en général. En effet, une fonction dont la
dérivée s’annule en e n’admet pas forcément un extremum en e.
Exemple 5 :
Étude de la fonction () = V sur ℝ :
() = 3 donc (0 0
Mais est croissante sur ℝ et ne présente pas
d’extremum sur ℝ.
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