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UNIVERSITÉ PARIS DIDEROT (Paris 7)
ECOLE DOCTORALE : ED107
DOCTORAT
Physique
DAVID HAGENMÜLLER
JURY
Introduction générale 5
A Annexes 169
A.1 Éléments de matrice des composantes de Fourier . . . . . . . . . 169
A.2 Structure de l’espace de Hilbert bosonique . . . . . . . . . . . . 171
A.3 Théorème "no-go" pour l’électrodynamique quantique en cavité 173
A.4 Magnéto-plasmons dans le graphène . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Remerciements 181
4 Table des matières
Introduction générale
1. La chiralité se réfère ici au fait que la direction du mouvement des électrons est imposée
par le champ magnétique.
8 Introduction générale
est alors possible de donner une description des champs de fermions en terme
de fonctions analytiques d’opérateurs bosoniques, permettant ainsi de calcu-
ler les différentes observables du système de façon non-perturbative[25]. On
comprend maintenant que si l’interaction lumière-matière dans ce type de sys-
tème est suffisamment forte, nous disposerons alors d’un arsenal de méthodes
analytiques permettant non seulement une étude approfondie des propriétés
optiques liées au couplage ultrafort, mais aussi de mettre en évidence comment
la présence d’une cavité peut influencer les effets physiques inhérents aux sys-
tèmes à effet Hall Quantique. Plus de trente ans après la découverte des effets
Hall quantique entier[26] et fractionnaire[27], ces systèmes continuent en effet
de susciter l’engouement de la communauté tant au niveau expérimental que
théorique, témoignant du fait que ces derniers n’ont certainement pas encore
livré tous leurs secrets. En particulier, des progrès technologiques considé-
rables permettent aujourd’hui d’obtenir des échantillons à très haute mobilité,
ouvrant la voie à une meilleure résolution expérimentale, mais également à
l’exploration d’autres phénomènes auparavant masqués par le désordre lié à la
fabrication des hétérostructures semiconductrices.
Parmi les développements récents de la physique à deux dimensions, com-
ment ne pas citer l’exemple du graphène et ses fameux fermions de Dirac...
Dès les années 40, Wallace avait calculé la structure de bande du graphène et
montré un comportement semi-métallique inhabituel dans ce type de matériau
[28]. Il a cependant fallu attendre jusqu’en 2004 pour que Geim et Novoselov
parviennent à isoler une couche monoatomique d’atomes de carbone et à la ca-
ractériser sans ambiguités [29]. À partir de là, un nombre impressionnant d’ar-
ticles ont vu le jour [30], prédisant de nombreuses propriétés inhabituelles allant
du paradoxe de Klein [31] jusqu’à l’effet Hall quantique relativiste [32, 33] en
passant par le "Zitterbewegung" qui se manifeste lorsque l’on cherche à confi-
ner les électrons de Dirac[34]. En outre, la possible existence de transitions de
phases quantiques a récemment fait l’objet de plusieurs travaux théoriques.
Dans une transition de phase quantique, les fluctuations quantiques entre en
compétition avec l’ordre du système, et des symétries peuvent alors être spon-
tanément brisées à température nulle [35]. En introduisant une distorsion du
réseau selon un axe donné par l’une des liaisons covalentes, on peut par exemple
caractériser une transition de phase topologique semi-métal/isolant de bande
en variant le paramètre associé à cette distorsion. La symétrie électron-trou
est brisée 2 , les points de Dirac collapsent et un gap s’ouvre au niveau de Fermi
2. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une brisure spontanée de symétrie. La transition corres-
9
Introduction à l’électrodynamique
quantique en cavité
∇ · E(r, t) = 0 (1.1)
∇ · B(r, t) = 0 (1.2)
1 ∂B(r, t)
∇ × E(r, t) = − (1.3)
c ∂t
1 ∂E(r, t)
∇ × B(r, t) = . (1.4)
c ∂t
En réécrivant ces équations dans l’espace de Fourier engendré par les ondes
planes eiq·r , on peut séparer les parties longitudinale (projection sur q/|q|)
et transverse (perpendiculaire à q) des champs. Les équations (1.1) et (1.2)
impliquent alors que les champs électrique et magnétique sont purement trans-
verses. En mécanique quantique, il est nécessaire de considérer les potentiels
U et A reliés aux champs E et B par les équations
1 ∂A(r, t)
E(r, t) = −∇U (r, t) − et B(r, t) = ∇ × A(r, t). (1.5)
c ∂t
Les champs sont alors invariants dans la transformation de jauge
vecteur s’annule. D’après (1.5), on voit que le potentiel U est constant en tout
point de l’espace, i.e. U (r, t) = cste. Les variables indépendantes du champ en
jauge de Coulomb correspondent donc avec les parties transverses du potentiel
vecteur et du champ électrique, respectivement notées A(r, t) et E(r, t).
X X
E(r, t) = E
eq,j (t)uq,j (r)ej , B(r, t) = B
eq,j (t)uq,j (r)ej , (1.8)
q,j q,j
Z X
dr u∗q (r) · uq0 (r) = δq,q0 , u∗q (r) · uq (r0 ) = δ(r − r0 ). (1.9)
q
Il est clair que la forme de ces fonctions dépend des symétries du sys-
tème. Dans l’espace libre (invariance par translation dans les trois directions
de l’espace), la décomposition précédente n’est autre qu’une transformation de
Fourier et l’indice modal q correspond au vecteur d’onde q, i.e.
1
uq,j (r) ≡ uq (r) = √ eiq·r j = x, y, z. (1.10)
V
Les conditions aux limites périodiques dans les trois directions de l’espace
imposent la quantification du vecteur d’onde q selon
2πnx 2πny 2πnz
q≡ , , , (1.11)
Lx Ly Lz
avec nx , ny , nz ∈ Z. Les équations de Maxwell nous permettent alors de
déterminer la dépendance temporelle des variables E eq,j e−iωq t et
eq,j (t) = E
14
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
Beq,j (t) = B eq,j e−iωq t . Notons que la fréquence ωq des modes vérifie la rela-
tion de dispersion ωq = c|q| correspondante à la propagation du champ dans
le vide. En combinant les variables E eq,j (t) et B
eq,j (t), on peut introduire un
nouveau jeu de variables normales que l’on remplace par des opérateurs bq,j (t)
et b†q,j (t) suivant la même évolution temporelle. En représentation de Schrö-
dinger, l’opérateur champ électrique admet finalement la représentation
X h i
E(r) = i Eωq ej bq,j uq (r) − b†q,j u∗q (r) , (1.12)
q,j
X Eωq
√ aq,η eiq·r − a†q,η e−iq·r eq,η
E(r) = i (1.14)
q,η
V
X Aωq
aq,η eiq·r + a†q,η e−iq·r eq,η
A(r) = √ (1.15)
q,η V
X Aωq
aq,η eiq·r − a†q,η e−iq·r q × eq,η ,
B(r) = i √ (1.16)
q,η
V
Figure 1.1.1 – Schéma du trièdre (eq,1 , eq,2 , eq,3 ) servant de base à la repré-
sentation des états du champ électromagnétique quantique. Le vecteur d’onde
q est dirigé selon eq,3 , et les différents modes ont leur composantes dans le
plan contenant les deux vecteurs eq,1 et eq,2 .
√
aq,η |nq,η i = nq,η |nq,η − 1i (1.17)
†
p
aq,η |nq,η i = nq,η + 1 |nq,η + 1i . (1.18)
N
L’état fondamental du champ libre |0i = q,η |0q,η i appelé champ du vide
s’écrit donc comme le produit tensoriel des états |0q,η i définis par la relation
aq,η |0q,η i = 0. A l’aide des equations (1.14) et (1.16), le Hamiltonien du champ
libre peut être exprimé en fonction des opérateurs aq,η et a†q,η selon
X Eω2q
Z
1 2 2 † 1
Hray = dr E (r) + B (r) = aq,η aq,η + . (1.19)
8π q,η
2π 2
16
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
p
En prenant Eωq = 2π~ωq , ce hamiltonien s’identifie finalement à celui
d’un ensemble d’oscillateurs harmoniques indépendants, les modes de vibration
(ou excitations) associés étant appelés photons :
X
† 1
Hray = ~ωq aq,η aq,η + . (1.20)
q,η
2
4πρ(r, t)
∇ · E(r, t) = (1.22)
1 ∂E(r, t)
∇ × B(r, t) = + 4πj(r, t) , (1.23)
c ∂t
1.2. Le régime de couplage fort 17
ρ(r0 , t)
Z
1
U (r, t) = dr , (1.25)
|r − r0 |
et l’on constate qu’en présence de sources, les résultats de la section 1.1
restent valables à la différence près que le potentiel U n’est plus égal à zero
et s’identifie avec le potentiel Coulombien crée par la distribution de charge
ρ(r0 , t). Pour cette raison, on appellera désormais VC ≡ q ∗ U (r, t), l’énergie
d’interaction Coulombienne entre les particules.
1. V(r) peut par exemple décrire le potentiel crée par les noyaux atomiques si l’on consi-
dère un système constitué d’atomes ou encore le potentiel cristallin dans le cas d’un solide.
2. Dans le cas où l’on néglige les variations spatiales de A (voir section 1.2.3), ce terme
q ∗2 2
peut être réécrit comme 8m ∗ c2 (B×r) , responsable de l’apparition d’un moment magnétique
X p2
0 i
H = + V(ri ) + VC − d · E(0) + Hray + Hdip , (1.27)
i
2m∗
P 2π
où Hdip = q,η V (d · eq,η )2 représente un terme d’énergie propre dipolaire.
Dans cette représentation, le couplage lumière-matière est donc décrit par le
seul terme −d · E(0) qui s’interprète facilement. Comme en électrodynamique
classique, ce dernier fait intervenir le moment dipolaire de la distribution de
charges dans la direction du champ ainsi que le champ électrique pris au ba-
rycentre de la distribution. Cette transformation étant unitaire, elle ne change
évidement pas les prédictions physiques, et les spectres des deux hamiltoniens
H et H0 sont donc identiques. Notons que cet argument reste valable ordre
par ordre dans le cadre de la théorie des perturbations mais ne fonctionne
plus en général si l’on se restreint à décrire la dynamique du système dans des
sous-espaces de l’espace de Hilbert total [38, 39]. On doit alors choisir de façon
phénoménologique la représentation donnant les prévisions physiques les plus
proches de la réalité.
entre ces deux états en interagissant avec les photons confinés au sein de la
cavité.
q
où la constante de couplage Ω = 2πω d est appelée fréquence de Rabi du
~V eg
vide. Dans cette base, le couplage lumière-matière fait apparaître deux types de
termes. Les termes |gi he| a† et |ei hg| a décrivent des processus où l’atome, ini-
tialement dans son état fondamental, peut absorber un photon à l’énergie ~ω0
et ainsi passer dans son état excité. Il peut ensuite se désexciter en émettant
un photon à la même énergie et retourner dans son état fondamental. Classi-
quement, les photons confinés entre les parois de la cavité effectuent des allers
et retours donnant lieu à ces processus lors de chaque passage. Les deux autres
termes |gi he| a et |ei hg| a† sont appelés termes antirésonants et décrivent des
processus où l’atome transite de |gi (|ei) à |ei (|gi) en émettant (absorbant)
un photon d’énergie ~ω. En utilisant la représentation de Heisenberg, on peut
voir que ces termes oscillent à la fréquence ω0 + ω et sont donc fortement non-
résonants. En les négligeant, on tombe sur le hamiltonien de Jaynes-Cummings
[37]
HJC = ~ω0 |ei he| + ~ωa† a + i~Ω |gi he| a† − |ei hg| a .
(1.30)
Lorsque le couplage est nul (Ω = 0), les états propres du système sont
les états produits tensoriels |g, ncav i et |e, ncav i qui représentent respective-
ment le système à deux niveaux dans l’état fondamental et dans l’état excité,
avec ncav photons peuplant le mode du champ. Il est clair que ce hamiltonien
conserve le nombre total d’excitations Nexc = a† a + |ei he|. Par conséquent, on
peut le diagonaliser dans chaque sous-espace caractérisé par un nombre d’ex-
citation donné, ces derniers étant engendrés par les deux vecteurs |g, ncav i et
|e, ncav − 1i. Dans le sous-espace caractérisé par un nombre de photons ncav ,
on trouve les vecteurs propres
1
|±, ncav i = √ [|g, ncav i ± |e, ncav − 1i] . (1.33)
2
22
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
Les niveaux d’énergie pour une valeur de ncav quelconque sont donnés sur
la figure 1.2.2. Cette forme hyperbolique est appelée un anticroisement de
niveaux. A résonance, ces deux branches sont séparées par l’écart énergétique
√
(ou splitting) 2~Ω ncav . Notons que dans ce cas, le couplage lumière-matière
ne modifie pas l’état fondamental |Gi = |g, 0i du système total qui s’écrit
comme le produit tensoriel du champ du vide et du système à deux niveaux
dans l’état |gi.
et/ou les pertes suffisamment faibles pour pouvoir entrer dans ce régime de
couplage et ainsi résoudre spectroscopiquement le splitting des niveaux d’éner-
gie. Or, nous avons vu que la fréquence de Rabi est proportionnelle au moment
dipolaire atomique et d’après l’équation (1.21), à la variance du champ élec-
trique du vide. On comprend donc la nécessité d’utiliser à la fois un système
électronique dont le moment dipolaire est le plus grand possible (large orbite de
Bohr), mais également une cavité dont le volume suffisamment faible permet
d’augmenter les fluctuations du vide.
Sur la figure 1.2.4, nous avons représenté une autre expérience dans la-
quelle les auteurs utilisent un jet d’atomes de Rydberg interagissant un à
un avec les photons d’une cavité supraconductrice de très grand facteur de
qualité (Q ∼ 108 , ce qui correspond à un temps de stockage des photons de
l’ordre de 1ms) [12]. On considère alors la transition micro-ondes entre deux
états excités de grand nombre quantique principal (N ∼ 50) correspondant à
une fréquence de 50GHz. Dans cette expérience, les taux de perte sont donc
extrêmement faibles (le temps de cohérence atomique peut lui aussi atteindre
plusieurs dizaines de millisecondes) ce qui permet de réaliser des états intriqués
à plusieurs qubits, ou encore des états quantiques mésoscopiques (contenant
un grand nombre de photons), réalisation expérimentale du célèbre chat de
Schrödinger [12]. Parallèlement, les grands rayons de Bohr (∼ 250nm) mis en
jeu dans cette expérience ont permis d’augmenter le couplage de deux ordres
de grandeur ( Ωω ∼ 10−7 ).
1.2. Le régime de couplage fort 25
On pourrait bien sur imaginer d’autres systèmes que des atomes pour faire
ces expériences d’électrodynamique quantique en cavité [41–44]. Les boîtes
quantiques semiconductrices constituent dès lors un exemple assez naturel du
fait de la nature discrète de leur spectre. On les appelle d’ailleurs pour cette
raison des atomes artificiels. Le régime de couplage fort a notamment été dé-
montré en 2004 dans une cavité semiconductrice constituée de micropiliers
comportant une couche mince de boîtes quantiques InGaAs. Pour une tran-
sition de longueur d’onde λ = 0.9µm, les auteurs ont observé un splitting de
33GHz ce qui correspond à Ωω ∼ 10−4 [43]. À la fin des années 80, l’avènement
de l’électronique quantique a permis l’invention d’autres types d’atomes artifi-
ciels. L’utilisation de jonctions Josephson au sein d’un circuit électrique permet
en effet de créer des systèmes mésoscopiques possédant un spectre discret, cer-
tains pouvant être décris par un système à deux niveaux. L’intégration de
ces "circuits quantiques" au sein d’une ligne de transmission supraconductrice
servant de résonateur peut alors permettre de réaliser le modèle de Jaynes-
Cummings [40, 45, 46].
26
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
Remarque
Jusqu’ici, nous n’avons pas considéré les degrés de liberté internes des
particules. Il est toutefois possible de lever cette restriction en ajoutant aux
observables r et p l’opérateur de spin S. En raison du moment magnétique
q∗
Mi = gL 2m ∗ c Si associé à ce spin (gL est le facteur de Landé intrinsèque de la
Ω Ω2
|Gi = |g, 0i − i |e, 1i + O( 2 ), (1.35)
2ω0 ω0
portante. L’exemple le plus naturel est alors le solide cristallin dans lequel la
longueur de cohérence (essentiellement limitée par la diffusion avec les phonons
du réseau) peut dans certains cas devenir de l’ordre de la taille de l’échantillon
(∼ mm). Dans ce cas, on s’attend à ce que la fréquence de Rabi soit proportion-
nelle à la racine carrée de la densité électronique. Lorsque les bandes d’éner-
gie sont gapées, c’est à dire si les électrons peuvent transiter d’une bande à
l’autre avec une fréquence finie, on est alors en mesure d’augmenter le couplage
lumière-matière de façon importante en jouant sur le dopage de la structure.
Cette idée à notamment été appliquée au cas des semiconducteurs, en
considérant la transition entre les deux premières sous-bandes de la bande
de conduction couplée à un mode de cavité [57–59]. Dans ce type de systèmes,
la fréquence de transition est située dans l’infrarouge et les temps de cohé-
rence sont typiquement très faibles (les facteurs de qualité sont de l’ordre de
10 − 1000 pour des temps d’amortissement électroniques ∼ 10 − 100ps). En
revanche, N est un nombre macroscopique ce qui permet d’obtenir des dipôles
collectifs très grands.
On peut notamment citer l’exemple de la référence [57] où les auteurs uti-
lisent une région active constituée de 70 puits quantiques GaAs dopés d’une
largeur de 6.5nm, séparés par des barrières AlGaAs de 8nm. Le dopage est
choisi de telle sorte que seule la première sous-bande est remplie, la deuxième
demeurant complètement vide. La transition "intersousbande" correspondante
a une fréquence ∼ 30THz et la constante de couplage mesurée est de l’ordre
de 10% de cette fréquence de transition. Cette expérience a permis de mettre
clairement en évidence les contributions dues à la présence des termes antiréso-
nants et du terme diamagnétique, et constitue ainsi la première démonstration
expérimentale du régime de couplage ultrafort de l’électrodynamique quan-
tique en cavité (figure 1.3.4).
La plus grande valeur de couplage obtenue dans ce type de système est don-
née dans l’article [59]. Le système est alors constitué d’une structure contenant
25 puits quantiques GaAs/AlGaAs dopés et couplés à un mode d’une boîte op-
tique (le confinement du champ a lieu dans les trois directions) de très petite
taille (figure 1.3.5). Dans cette expérience, la transition intersousbande a une
énergie de 3THz pour un splitting reporté valant 48% de cette fréquence de
transition ( Ωω ∼ 0.24). Dans le chapitre 3, nous verrons qu’il est possible de
dépasser cette valeur en considérant la transition cyclotron entre deux niveaux
de Landau consécutifs couplée à un résonateur opérant également dans le té-
rahertz.
32
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
Une autre expérience récente a permise d’aller encore plus loin dans l’ex-
ploration du régime de couplage ultrafort [58]. Les auteurs ont ici considéré
une région active constituée de 50 puits quantiques GaAs non dopés séparés
par des barrières AlGaAs. Dans ce cas, seule la bande de valence est com-
plètement remplie et l’idée consiste à utiliser une impulsion laser ultracourte
(∼ 12fs) résonante avec la transition entre le haut de la bande de valence et
la première sous-bande de la bande de conduction. Ce processus permet ainsi
de contrôler la population d’électrons de la première sous-bande, électrons qui
vont ensuite effectuer des transitions entre les deux sous-bandes en interagis-
sant avec les photons de cavité (la cavité est accordée pour que le mode du
champ soit résonant avec la transition intersousbande considérée). Ce dispo-
sitif a non seulement permis de caractériser les excitations lumière-matière
sur une large plage allant du couplage faible au couplage ultrafort, atteignant
entre autre un rapport de couplage ωΩ0 ≈ 0.1, mais également de mettre en
évidence le fait que les nouvelles excitations issues du couplage ultrafort ap-
paraissent instantanément après que la pompe ait promu les électrons dans
la première sous-bande. Plus précisément, ces excitations apparaissent après
un temps plus court que la période d’oscillation du champ électrique associé
aux photons de cavité (∼ 37fs). Il est donc possible d’allumer ou d’éteindre
l’interaction lumière-matière sur un temps de l’ordre de 10fs, ce qui pourrait
permettre d’observer les photons du vide relâchés dès lors que le nouvel état
fondamental |Gi n’est plus état propre du système 11 (figure 1.3.6).
Maintenant que nous avons défini les concepts clés qui entrent en jeu en
électrodynamique quantique en cavité et donné quelques exemples parmi les
expériences pionnières de ce domaine, nous sommes désormais en mesure de
passer à la description du premier système qui va nous intéresser dans ce ma-
nuscrit. Nous verrons alors que l’on peut prédire un couplage lumière-matière
ultrafort dont découlent certaines des propriétés non-conventionnelles que nous
avons évoquées au cours de ce chapitre.
11. Lorsque l’interaction est éteinte, l’état fondamental du système est donné par |g, 0i
qui ne contient aucun photon.
36
Chapitre 1. Introduction à l’électrodynamique quantique en cavité
j 2 π 2 ~2 ~2 q2
Eq,j = 2
+ . (2.2)
2m∗ lQW 2m∗
1 e
L(r, ṙ) = m∗ ṙ2 − A0 (r) · ṙ, (2.4)
2 c
et satisfait aux équations d’Euler-Lagrange
d ∂L ∂L d ∂L ∂L
− = 0 et − = 0. (2.5)
dt ∂ ẋ ∂x dt ∂ ẏ ∂y
∂L e ∂L e
px = = m∗ ẋ − A0x et py = = m∗ ẏ − A0y , (2.8)
∂ ẋ c ∂ ẏ c
où les deux couples de variables conjuguées (x, px ) et (y, py ) vérifient les
relations de commutation canoniques. A partir des vitesses données par l’équa-
tion (2.6), on peut introduire un jeu de moments invariants de jauge :
e e
Πx ≡ m∗ ẋ = px + A0x , Πy ≡ m∗ ẏ = py + A0y . (2.9)
c c
En effectuant une transformation de Legendre sur le Lagrangien (2.4), on
peut alors écrire le hamiltonien du système comme
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
42 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
∂L ∂L 1
Π2x + Π2y ,
H = ẋ + ẏ −L= ∗
(2.10)
∂ ẋ ∂ ẏ 2m
qui d’après l’équation (2.6) ne dépend que des seules coordonnées relatives
ηx et ηy . Comme attendu, ce hamiltonien peut être obtenu directement à partir
p2
du hamiltonien libre 2m ∗ à B = 0 en effectuant le couplage minimal standard
[x, px ] = [y, py ] = i~ et
[x, y] = [px , py ] = [x, py ] = [y, px ] = 0. (2.12)
q
~c
En introduisant la longueur cyclotron l0 = eB , on voit facilement que les
moments conjugués (2.9) vérifient les relations de commutation invariantes de
jauge
2. On peut tout aussi bien faire le choix A0 (r) = −Byex .
2.1. Quantification de Landau d’un gaz d’électron bidimensionnel43
2
~
[Πx , Πy ] = −i et [Πx , Πx ] = [Πy , Πy ] = 0. (2.13)
l0
l0 1
dr = √ (Πy + iΠx ) = √ (ηx − iηy )
~ 2 l0 2
l0 1
d†r = √ (Πy − iΠx ) = √ (ηx + iηy ) , (2.14)
~ 2 l0 2
l02 l02
X =x− Πy , Y =y+ Πx , (2.17)
~ ~
1 1
dc = − √ (X + iY ) , d†c = − √ (X − iY ) . (2.19)
l0 2 l0 2
Physiquement, la non-commutativité de ces deux constantes du mouvement
est liée au fait que l’invariance par translation est partiellement brisée [25]. Si
les états propres de H ne sont plus invariants sous l’action du générateur des
translations T = (Tx ≡ px , Ty ≡ px ), on peut néanmoins considérer le système
comme invariant sous l’action du groupe des translations magnétiques généré
par les opérateurs
~ ~
Tx = Y et Ty = − 2 X, (2.20)
l02 l0
~2
[x, Tx ] = [y, Ty ] = i~, [y, Tx ] = [x, Ty ] = 0, et [Tx , Ty ] = i . (2.21)
l02
Jauge de Landau
~2 ∆
1 ∗ 2 2
− ∗ + ω0 xpy + m ω0 x ψ(r) = Eψ(r). (2.22)
2m 2
Remarquons que le hamiltonien de l’équation précédente ne dépend pas
de y et que seule l’impulsion py y apparaît. Cette propriété d’invariance par
translation dans la direction y nous permet alors d’écrire les solutions de (2.22)
sous la forme factorisée :
1
ψk (r) = √ e−iky χk (x). (2.23)
L
En injectant cette solution dans (2.22), nous obtenons l’équation suivante
vérifiée par la fonction χk (x) :
p2x
1 ∗ 2 2 2
+ m ω0 x − kl0 .χk (x) = Eχk (x). (2.24)
2m∗ 2
Il s’agit bien là de l’équation d’un oscillateur harmonique à une dimen-
sion avec comme position d’équilibre la quantité kl02 . Cette équation admet les
solutions :
2
(x−kl20 )
x − kl02
1 −
2l2
χN,k (x) = p √ e 0 HN . (2.25)
2N N !l0 π l0
2.1. Quantification de Landau d’un gaz d’électron bidimensionnel47
Figure 2.1.4 – Module carré de la fonction d’onde |ψN,k (r)|2 dans la jauge de
Landau pour N = 5. Cette fonction est délocalisée dans la direction y mais
exponentiellement localisée dans la direction x. Le trait blanc en pointillés cor-
respond à la position d’équilibre X = kl02 .
Lx S
répétée au maximum que N = ∆ x
= 2πl 2 fois, ce qui détermine précisément
0
la dégénérescence N d’un niveau de Landau. Dans cette jauge, un électron
se comporte finalement comme un oscillateur harmonique à une dimension
dont la position d’équilibre correspond au centre de guidage X = kl02 tel que
X |N, ki = kl02 |N, ki. Notons également que les opérateurs d’échelle dc et d†c
associés au centre de guidage n’ont pas ici d’interprétation physique simple. En
revanche, on peut générer tous les états physiques (N, k) en jauge de Landau
par application des opérateurs d†r et Qx , i.e.
(d†r )N
|N, ki = √ (Qx )k |0, 0i , (2.27)
N!
où |0, 0i correspond à l’état fondamental de l’oscillateur harmonique avec
la position d’équilibre X = 0.
Jauge symétrique
2 2
r M
e−r /4l0
2
N − M! z M r
ψN,M (r) = p 2 {Θ(M ) √ LN −M (2.29)
2πl0 N! l0 2 2l02
r ∗ −M 2
N! z −M r
+ Θ(−M ) √ LN }, (2.30)
N − M ! l0 2 2l02
l02 ~
Π2x + Π2y − 2 X 2 + Y 2 = ~ d†r dr − d†c dc , (2.31)
Lz = xpy − ypx =
2~ 2l0
2 2
e−r /4l0 −iz ∗
iz
ψN,l (r) = p 2 Θ(N − l)GN,l + Θ(l − N )Gl,N , (2.33)
2πl0 l0 l0
où la fonction G est définie dans l’annexe A.1. Notons pour finir que la
fonction d’onde de moment cinétique nul (N = l) est donnée par
5. Notons que l’on multiplié la fonction d’onde obtenue pour N < l (M < 0) par un
l−N
facteur de phase (−1) , de façon à ce
√ que les fonctions d’onde finales vérifient exactement
√
les quatre relations d’échelles E |Ci = C |C − 1i et E † |Ci = C + 1 |C + 1i avec C = N, l et
E = dr , dc .
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
50 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
2 2
e−r /4l0 r2
ψN,N (r) = p 2 L0N . (2.34)
2πl0 2l02
Bxy
A0S (r) = A0L (r) + ∇χ(r) avec ,χ(r) = −
(2.35)
2
où les indices L et S se réfèrent respectivement à la jauge de Landau et
à la jauge symétrique. La forme (2.35) implique que les fonctions d’onde se
transforment comme
e
ψS (r) = e−i ~ χ(r) ψL (r), (2.36)
et l’on obtient bien une deuxième classe de fonctions propres en jauge
symétrique. Finalement, ces fonctions s’écrivent comme le produit des fonctions
d’onde dans la jauge de Landau (section 2.1.5) multipliées par un facteur de
phase local :
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 51
1 i xy2
ψN,k (r) = √ e−iky e 2l0 χN,k (x) . (2.37)
L
Pauli pour montrer que le seul élément de matrice de dˆ non nul est donné
el0 † eRC
√
par d ∼ √ 2
hν| d r |ν − 1i = 2
. R C = l0 2ν désigne ici le rayon cyclotron
correspondant à l’extension spatiale du mouvement relatif au niveau de Fermi.
Cette relation caractéristique de l’oscillateur harmonique signifie que seuls les
électrons du dernier niveau de Landau rempli (N = ν − 1) peuvent transiter
dans les états du premier niveau vide 8 (N = ν). On se retrouve finalement
dans un cas similaire à celui de la section 1.2.3 à la différence près que ce
sont maintenant N systèmes à deux niveaux, séparés par l’énergie ~ω0 , qui se
couplent au mode du résonateur. En utilisant la relation (1.14) et en choisissant
un mode résonant avec la transition cyclotron (ω = ω0 ), la fréquence de Rabi
adimensionnée peut s’écrire comme
4π √
r r
Ω dEω N eRC
∼ = N. (2.38)
ω0 ~ω0 V 2 ~Sλω0
√
Rappelons que le facteur N à été introduit en raison du couplage collectif
qui fait intervenir les N électrons du niveau N = ν−1. En utilisant les relations
√ et N = S 2 , nous obtenons finalement
ω = λ2πc 2πl
0
r
Ω αν
∼ √ , (2.39)
ω0
2
où α = e~c ≈ 137
1
désigne la constante de structure fine. La fréquence de Rabi
adimensionnée est donc proportionnelle à la racine carrée du facteur de rem-
plissage des niveaux de Landau. On comprend dès lors qu’il est possible d’entrer
dans le régime de couplage ultrafort (Ω/ω0 . 1) dans la limite ν 1, ce qui
complète l’analogie avec les atomes de Rydberg. Comme ν ∝ ρ2DEG /B, ceci
correspond bien au régime des faibles champs magnétiques et/ou des hautes
densités électroniques. Comme nous l’avons déjà signalé, la possibilité d’at-
teindre de fortes densités est un avantage du gaz d’électron bidimensionnel.
Les techniques de croissance modernes comme l’épitaxie par jets moléculaire
(MBE), ou encore le dépôt chimique en phase vapeur (MOCVD) permettent en
outre de superposer plusieurs puits quantiques (typiquement de l’ordre d’une
dizaine) au sein d’un même échantillon. Lorsque l’écrantage dans la direction
de croissance est suffisamment important, les gaz d’électrons bidimensionnels
apparaissant à chaque interface sont indépendants, parallèles entre eux, et
séparés par une distance (∼ 0.1µm) beaucoup plus petite que la longueur ty-
8. Notons que cet argument reste valable si l’on se restreint aux processus à un photon.
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
54 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
Effet Zeeman
gL µB B
EZ = ± . (2.41)
2
9. À proprement parlé, ceci n’est valable que pour les modes optiques de grande longueur
d’onde
10. Dans le GaAs, le facteur de Landé effectif vaut gL = −0.44.
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 55
Le couplage magnétique
4π √
r r
WSF gL µB 2πAω N
∼ = gL µB N, (2.42)
ω0 ~ω0 λ V ~Sλω0
2πc
où nous avons utilisé les relations Aω = cEω /ω, ω = √ ,
λ
ainsi que la
condition de résonance ω = ω0 . On obtient finalement
11. Ces excitations apparaissent en plus des excitations dipolaires électrique discutées
précédemment
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
56 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
v0 m∗
r
WSF α
∼ gL √ , (2.43)
ω0 c m0
où v0 = ω0 l0 correspond à la vitesse d’un électron dans le plus bas niveau
de Landau (vitesse de point zéro). Une rapide inspection de la relation (2.43)
montre que l’on a WωSF
0
1 quelque soit la valeur de B. Si l’on considère main-
tenant un mode du champ électromagnétique résonant avec le gap Zeeman
ω = ∆Z , il est facile de voir que l’énergie de couplage des modes "ondes de
spin" vérifie W∆SW
Z
WωSF0
1. Par conséquent, on peut dire que le couplage
dipolaire électrique domine complètement l’interaction lumière-matière, par-
ticulièrement dans le régime ν 1. Nous négligerons dans ce manuscrit les
couplages magnétiques provenant de l’interaction entre les spins et le champ
du vide.
Interactions de Coulomb
12. Remarquons que le paramètre de corrélations rs peut être également obtenu en fai-
sant le rapport entre l’échelle d’énergie Coulombienne e2 /RC et l’énergie de la transition
cyclotron ~ω0 .
13. Lorsque l’on se limite aux excitations neutres, l’invariance par translation est restaurée
et il devient possible d’associer un vecteur d’onde conservé à ces modes. En prenant en
compte les degrés de liberté de spin, notons que les modes collectifs impliquant des états de
spin différents (voir paragraphe précédent) acquièrent également une dispersion calculable
dans le cadre de la même approximation de champ moyen [62].
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
58 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
dans la théorie des modes collectifs introduite par Nozières et Pines dans le
cas B = 0[63], on observe dans le secteur |q|RC 1 (partie longue portée
des interactions Coulombiennes prise en compte par la RPA) l’émergence d’un
mode collectif appelé plasmon, correspondant classiquement à une polarisa-
tion du système à longue portée. Dans ce secteur, il est intéressant de consta-
ter que les deux premières contributions se compensent exactement, et seule
reste la contribution RPA qui s’annule lorsque q → 0[25]. Cette propriété est
en fait une manifestation du très élégant théorème de Kohn qui stipule qu’en
l’absence de désordre, un champ électromagnétique extérieur homogène ne se
couple qu’aux degrés de liberté associés au centres d’orbites [64]. Par consé-
quent, les effets Coulombiens affectant le mouvement relatif des électrons ne
peuvent être sondés par un tel champ, et l’on s’attend à ce que les énergies
des magnéto-excitons tendent vers leurs valeurs non perturbées m~ω0 dans la
limite q → 0.
Mentionnons ici que la validité de la RPA à été étendue au régime des hauts
facteurs de remplissage ν 1 par Westfahl et al. au moyen d’une procédure
de bosonisation analogue au modèle de Luttinger pour le problème unidimen-
sionnel à B = 0 (voir section 2.2.5) [21]. En présence d’une cavité, le couplage
dipolaire avec un mode optique q sélectionne un mode de magnéto-exciton
correspondant à une modulation de la densité électronique de longueur d’onde
2π/|q|. Le point crucial est que les vecteurs d’onde optiques alors mis en jeu
vérifient toujours la condition |q|RC 1. Autrement dit dans un résonateur
optique, la renormalisation de l’énergie de la transition cyclotron est due à la
partie longue portée des interactions, et en vertu du théorème de Kohn on peut
d’ores et déjà s’attendre à une faible correction pour des facteurs de remplis-
sage raisonnables. Nous reviendrons plus précisément sur ces propriétés dans
les sections suivantes.
X 1 h e i2
H= pi + At (ri , z) + V(z) + VC + Hray (2.44)
i
2m∗ c
Figure 2.2.3 – Schéma du système considéré dans cette section. Une hétéro-
structure contenant nQW puits quantiques est placée à l’intérieur d’une cavité
planaire. On suppose que la largeur lQW de chaque puits ainsi que la largeur
totale de l’hétérostructure sont négligeables devant Lz . L’ensemble est soumis
à un champ magnétique statique et homogène B0 .
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
64 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
r
X 2π~ωq,n
aq,n,η uq,n,η − a†q,n,η u∗q,n,η
E(r, z) = i (2.48)
q,n,η
s
X 2π~c2
aq,n,η ∇ × uq,n,η + a†q,n,η ∇ × u∗q,n,η
B(r, z) = (2.49)
q,n,η
ωq,n
s
X 2π~c2
aq,n,η uq,n,η + a†q,n,η u∗q,n,η ,
A(r, z) = (2.50)
q,n,η
ωq,n
Hamiltonien libre
X 1 h e i2
HL = pi + A0 (ri ) + V(z). (2.54)
i
2m∗ c
Dans la section 2.1.1, nous avons vu que le mouvement dans le plan était
indépendant du mouvement dans la direction de croissance du puits. En outre,
nous considérons que seule la première sous-bande est remplie et que la lar-
geur du puits est suffisamment petite pour que l’on puisse négliger les tran-
sitions intersousbandes apparaissant à plus haute énergie que la transition
cyclotron, i.e. E2 − E1 ~ω0 (section 2.1.1). Dans ce cas, les fonctions
d’onde électroniques s’écrivent sous la forme factorisée ψN,k (r)ξ(z) où la par-
tie planaire ψN,k (r) (jauge de Landau) est donnée par les équations (2.23) et
(2.25), et ξ(z) ≡ ξj=1 (z) par l’équation (2.3). En seconde quantification, on
introduit les champs de fermions qui se développent dans la base des états
P †
propres selon Ψ(r, z) = N,k ψN,k (r)ξ(z)cN,k , où l’opérateur cN,k (cN,k ) dé-
truit (crée) un fermion dans l’état à une particule (N, k) dans la première
sous-bande. Ces opérateurs vérifient les règles d’anticommutation des fermions
2 2
{cN,k , c†N 0 ,k0 } = δN,N 0 δk,k0 . En négligeant la constante 2mπ∗ l~2 , le hamiltonien
QW
libre s’écrit finalement comme
Z Z
†
X 1 †
HL = dr dz Ψ (r, z)HL Ψ(r, z) = ~ω0 N + c cN,k , (2.55)
N,k
2 N,k
R l /2
où l’on a utilisé la condition de normalisation −lQW
QW /2
dz ξ ∗ (z) ξ(z) = 1.
Comme précisé dans la section (2.2.2), nous considérons que l’état fondamen-
tal du hamiltonien libre (2.55) à plusieurs électrons consiste en ν niveaux de
Landau complètement remplis :
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 67
ν−1
YY N
|F i = c†N,k |0i . (2.56)
N =0 k=1
Hamiltonien de Coulomb
2πe2
Z
1X 0
ṼC (q) = dr VC (r)e−iq·r = et VC (r − r0 ) = ṼC (q) eiq·(r−r ) ,
|q| S q
(2.58)
on voit que le hamiltonien d’interaction fait intervenir les composantes de
Fourier de la densité ρ̂(r) = Ψ† (r)Ψ(r) dans le plan (xOy) :
XX
ρ̂q = hN, k| e−iq·r |N 0 , k 0 i c†N,k cN 0 ,k0 . (2.59)
N,k N 0 ,k0
où
X |q|2 l2 2
e−iqx (k+qy /2)l0 GN,N (−q ∗ l0 ) c†N,k+qy cN,k
0
ρ̂0,q = e− 4 (2.61)
N,k
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
68 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
1 X iq·r νN
hF | ρ̂(r) |F i = e hF | ρ̂0,q |F i = = ρ2DEG . (2.62)
S q S
Dans le cas d’un facteur de remplissage fractionnaire, c’est cet opérateur qui
permet de décrire les excitations du liquide de Laughlin en utilisant l’algèbre
des densités projetées [61]. En revanche, lorsque le facteur de remplissage est
entier, le principe de Pauli implique que les seules excitations possibles sont
†
générées par l’opérateur de magnéto-exciton βq,m (βq,m ) créant (détruisant)
une superposition d’excitations entre les niveaux de Landau N et N + m pour
tout N . Son expression en seconde quantification est donnée par la relation
X |q|2 l2 2
eiqx (k−qy /2)l0 GN +m,N (−q ∗ l0 ) c†N +m,k−qy cN,k ,
† 0
βq,m = e− 4 (2.63)
N,k
ν−1
X |q|2 l2
0
Fm (ql0 ) = e− 2 GN +m,N (ql0 ) GN +m,N (−q ∗ l0 ) (2.65)
N =ν−m
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 69
†
βq,m βq,m
b†q,m = p et bq,m = p (2.67)
N Fm (ql0 ) N Fm (ql0 )
1X
VC = ṼC (q)ρ̂−q ρ̂q . (2.71)
2 q
Figure 2.2.4 – Dans le régime des facteurs de remplissage entiers, les excita-
tions collectives (magnéto-excitons) sont des superpositions de paires électron-
trou dans chaque centre d’orbite k et chaque niveau de Landau N , correspon-
dantes à des transitions entre les états quantiques (N, k) et (N + m, k − qy )
(invariance par translation dans la direction y). Chaque état individuel est mo-
2
dulé par un facteur de phase ∝ eikqx l0 . Pour ν 1 et m ν, ces excitations
sont bosoniques et chaque mode est donc caractérisé par les nombres quantiques
(q, m)[21].
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 71
N √
ζq,m,m0 = ṼC (q) mm0 Jm (|q|RC ) Jm0 (|q|RC ) . (2.73)
2~S
2
En se servant du paramètre rs = a∗ √πρ1 2DEG où a∗B = m~∗ e2 désigne le rayon de
B
Bohr effectif des électrons, la constante de couplage normalisée peut finalement
s’écrire comme
ζq,m,m0 νrs gS √
= mm0 Jm (|q|RC ) Jm0 (|q|RC ) . (2.74)
ω0 2|q|RC
Notons que le préfacteur apparaissant dans l’équation précédente peut s’ex-
νrs gS gS e2
primer comme 2|q|R C
= 2|q|l0 l0 ~ω0
, et l’on reconnait l’échelle caractéristique qui
quantifie l’importance du mélange de niveaux dans le régime des facteurs de
remplissage entiers. Concernant la contribution en énergie cinétique, il convient
maintenant de chercher une représentation du hamiltonien HL (équation 2.55)
dans la base générée par les modes bosoniques b†q,m . Au regard des définitions
(2.56) et (2.91), on constate immédiatement que l’état fondamental fermio-
nique |F i coïncide avec le vide de bosons, i.e. bq,m |F i = 0. Par conséquent,
l’espace de Hilbert bosonique est engendré par l’application successive des opé-
rateurs b†q,m sur l’état fondamental |F i, i.e.
Y b†q,m nq,m
|{nq,m }i = p |F i , (2.75)
q,m
nq,m !
Dans l’annexe A.2, nous montrons que les espaces de Hilbert fermionique et
bosonique sont égaux si l’on se restreint au sous-espace à une excitation. Dans
ce sous-espace, la bosonisation n’introduit donc pas d’états non-physiques.
Comme nous l’avions déjà évoqué dans la section 1.3.2, c’est finalement cette
propriété qui confirme que notre traitement n’est valide que dans la limite d’un
faible nombre d’excitations. Les modes propres électroniques s’obtiennent en
diagonalisant le hamiltonien de "magnéto-plasmons"
X XX †
Hmp = m~ω0 b†q,m bq,m + ~ζq,m,m0 b†q,m + b−q,m b−q,m0 + bq,m0 ,
q,m q m,m0
(2.78)
somme des contributions (2.72) et (2.77), au moyen d’une transformation
de Bogoliubov généralisée [21]
X
mq,j = Uq,m,j bq,m + Vq,m,j b†−q,m (2.79)
m
où les modes propres λq,j sont solutions de l’équation aux valeurs propres
[mq,j , Hmp ] = ~λq,j mq,j . En résolvant le système d’équations correspondant,
on peut alors montrer que les fréquences propres sont solutions de l’équation
transcendante
X 4mω0 ζq,m,m
= 1, (2.81)
m
λ2q,j − m2 ω02
donnant les pôles de la fonction diélectrique obtenus par Kallin et Halpe-
rin dans le cadre de la RPA et dans la limite des forts champs magnétiques
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 73
[21, 62]. Sur la figure 2.2.5, nous avons représenté les fréquences de ces magnéto-
plasmons normalisés par la fréquence cyclotron λq,j /ω0 en fonction du vecteur
d’onde adimensionné |q|RC (traits pleinsp bleus). La courbe en pointillés noirs
correspond à la fréquence ωp,q /ω0 = 1 + gS νrs |q|RC /2 du plasmon en unités
de ω0 (voir ci dessous). La densité du gaz est fixée à ρ2DEG = 4 · 1011 cm−2 de
façon à obtenir rs ≈ 1. Étant intéressés par le régime des hauts facteurs de
remplissage, nous avons pris ν = 50, ce qui correspond à un champ magnétique
B = 0.15T. On peut remarquer sur la figure 2.2.5 et d’après les relations (2.74)
et (2.81), que les énergies des magnéto-plasmons tendent vers leurs valeurs non-
perturbées m~ω0 lorsque |q| → 0. Cette propriété est donc intrinsèque à ce
modèle qui permet de retrouver la contribution RPA, et dont la pertinence à
décrire les interactions pour |q| → 0 est justifiée par le théorème de Kohn [64].
Comme on s’y attendait, la faible valeur du champ magnétique implique que
2 √
l’échelle quantifiant le mélange de niveaux l0e~ω0 = rs ν est de l’ordre de 7.
Ceci à pour conséquence un mélange de niveaux de Landau important. Chaque
branche j possède un poids non nul sur tous les modes de magnéto-excitons
m = 1, 2, · · · . En raison de la présence des termes antirésonants b†q,m b†−q,m0 et
bq,m b−q,m0 , l’état fondamental contient un nombre fini de paires électron-trou
correspondantes à des transitions entre les niveaux de Landau N et N + m
∀N, m. On remarque également que les différentes branches s’anticroisent pour
des valeurs particulières du vecteur d’onde. Ces anticroisements sont appelés
modes de Bernstein [78] et ont été mesuré par des techniques de spectroscopie
dans les gaz d’électrons bidimensionnels [79]. On peut constater numérique-
ment que les coefficients Uq,m=1,j et Vq,m=1,j saturent presque complètement la
décomposition (2.79) pour les parties du spectre (q, j) confondues avec la ligne
en pointillés noirs (|q|RC . 1). Dans ces zones, la transition dipolaire m = 1
domine, si bien que l’on peut pratiquement réduire le hamiltonien (2.78) à la
seule contribution m = m0 = 1 :
X
Hmp ∼ ~ω0 b†q bq + ~ζq b†q + b−q b†−q + bq , (2.82)
|q|RC 1
q
avec
e2 gS αcgS |q|ν
ζq ≡ ζq,1,1 = J 2 (|q|RC ) ∼
2 1
. (2.83)
2~|q|l0 |q|RC 1 4
Ce hamiltonien s’écrit sous la forme diagonale Hmp = q ~ωp,q d†q dq qui
P
p
fait apparaitre un mode collectif de fréquence ωp,q = ω02 + gS νrs ω02 |q|RC /2,
correspondant au plasmon à deux dimensions modifié par le champ magnétique
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 75
[80, 81]. Notons que la différence principale tient au fait que son énergie ne
tend pas vers 0 lorsque |q| → 0.
Dans la section 2.2.3, nous avons évoqué le fait que les vecteurs d’ondes mis
en jeu lors du couplage du gaz d’électrons avec les modes de cavité vérifient
toujours la condition |q|RC 1. Autrement dit, la longueur d’onde de ces
modes de cavité ∼ Lz est beaucoup plus grande que le rayon de l’orbite cyclo-
tron des électrons au niveau de Fermi. Choisissons un facteur de remplissage
élevé de l’ordre de ν = 50 (B = 0.1T et ρ2DEG = 2.5 · 1011 cm−2 ) et un mode
de longueur d’onde λ = 100µm (infrarouge lointain). On voit dans ce cas que
l’échelle de dispersion des magneto-plasmons |q|RC est de l’ordre de 5 · 10−2 ,
et l’on constate que le couplage aux modes de cavité ne fait intervenir que
la partie longue portée de la dispersion des magnéto-plasmons. Les magnéto-
excitons associés à la transition cyclotron d’énergie ~ω0 sont renormalisés en
un mode de plasmon de fréquence ωp,q , très proche de ω0 mais qui disperse
de plus en plus vite lorsque l’on augmente le facteur de remplissage. Dans
notre cas, il est clair que cette procédure de bosonisation est particulièrement
adaptée au traitement des interactions en présence du résonateur, notamment
parce qu’elle a pour avantage d’étendre le domaine d’application de la RPA au
régime des champs magnétiques faibles correspondant avec celui du couplage
ultrafort lumière-matière ν 1.
Nous allons maintenant dériver l’expression du hamiltonien de couplage
lumière-matière dans la base des états de Landau et des modes du champ
électromagnétique (N, k) ⊗ (q, n, η).
Hamiltonien de couplage
(†)
cul d’éléments de matrice du type hN, k| e±iq·r dr |N 0 , k 0 i ∝ hN, k| e±iq·r |N 0 ± 1, k 0 i
donnés dans l’annexe A.1. Concernant le mouvement selon z, il apparaît aussi
les deux intégrales
Z Lz
Lz nπz Lz
dz ξ(z − ) sin ξ(z − ) et (2.86)
0 2 Lz 2
Z Lz
Lz nπz ∂ Lz
dz ξ(z − ) cos ξ(z − ). (2.87)
0 2 Lz ∂z 2
Par raisons de symétrie, on voit tout de suite que la dernière de ces inté-
grales est nulle. En considérant que le puits quantique est placé au milieu de la
cavité (z = Lz /2), on peut alors approximer la première au simple facteur géo-
métrique sin nπ
2
. Ceci impose que les modes possédant un noeud en z = Lz /2
ne sont pas couplés au résonateur, et fixe donc la parité de n. Introduisons le
nombre m = |N 0 − N | correspondant à la différence entre les deux indices de
niveaux impliqués dans une transition entre niveaux de Landau distincts. Dans
le régime des hauts facteurs de remplissage N ∼ ν 1, pour des excitations
√
de basse énergie (m ν), et dans le secteur |q|l0 ν, le hamiltonien de
couplage se met finalement sous une forme quadratique et bosonique :
+∞
XX
Hint = i~Ω(1) †
q,n,m cos θq,n bq,m − b−q,m a†−q,n,1 + aq,n,1
q,n m=1
+∞
XX
+ ~Ω(2) †
q,n,m bq,m + b−q,m a†−q,n,2 + aq,n,2 . (2.88)
q,n m=1
√
r
2m m Jm (|q|RC ) ανgS ω02
|q|RC √ √ pour n impair
Ω(1)
q,n,m = π n2 +|q̃|2 (2.89)
0 sinon,
2√mJ 0 (|q|RC )
r
ανgS ω02
m √ √ pour n impair
Ω(2)
q,n,m =
π n2 +|q̃|2 (2.90)
0 sinon,
p
d’onde adimensionné |q̃| = |q|Lz /π, cos θq,n = n/ n2 + |q̃|2
avec le vecteur p
et sin θq,n = |q̃|/ n2 + |q̃|2 . Jm désigne la fonction de Bessel de première
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 77
0
espèce et d’ordre m, et Jm sa dérivée. Notons la présence du facteur gS qui
prend en compte la dégénérescence de spin. Les opérateurs de magnéto-excitons
(†) (†)
bq,m et b−q,m apparaissant dans (2.88) sont donnés par la forme asymptotique
1 X i[qx (k−qy /2)l02 −m(φq −π/2)] †
b†q,m = √ e cN +m,k−qy cN,k (2.91)
mN N,k
dérivée dans la section précédente. Notons que la présence de ces opérateurs
n’est pas vraiment surprenant dans la mesure où le couplage lumière matière
considéré ici est d’origine dipolaire électrique, et fait donc apparaître des modes
collectifs correspondant aux excitations de la densité de charge aux vecteurs
d’onde optiques q sélectionnés par la cavité. Comme nous l’avons déjà évoqué
dans la section précédente, la limite des excitations optiques correspond à la
condition |q|RC 1. Nous allons donc développer les constantes de couplage
en puissances du petit paramètre |q|RC . D’autre part, l’échelle des variations
spatiales du couplage lumière-matière est donnée par le vecteur d’onde norma-
lisé par la longueur de cavité Lz , |q̃| = |q|Lz /π. On pourra donc caractériser
les excitations du système par leur dispersion en fonction de |q̃|. Au regard de
(2.88), on constate que le hamiltonien de couplage prend la forme d’un déve-
loppement multipolaire (m = 1, 2, 3, · · · ) dont les contributions correspondant
à un m donné commutent deux à deux. À l’ordre zéro en |q|RC , on obtient
√ √ m−1
√ 0
2m m m |q|RC
Jm (|q|RC ) ∼ 2 mJm (|q|RC ) ∼
|q|RC |q|RC 1 |q|RC 1 m − 1! 2
(2.92)
et comme on s’y attendait, le couplage lumière-matière est complètement
dominé par la transition cyclotron m = 1. Nous nous bornerons par conséquent
à étudier le hamiltonien dipolaire
X
Hint = i~Ωq,n cos θq,n b†q − b−q a†−q,n,1 + aq,n,1
q,n
X
+ ~Ωq,n b†q + b−q a†−q,n,2 + aq,n,2 n impair, (2.93)
q,n
Sur la figure 2.2.7, nous avons représenté les constantes de couplage norma-
lisées apparaissant dans le hamiltonien (2.93), en fonction du vecteur d’onde
optique |q̃| = |q|L
π
z
pour ν = 50 et nQW = 8. La polarisation η = 2 est cou-
plée aux modes électronique via la fréquence de Rabi du vide Ωq,n (traits en
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 79
p
1 + |q|2 , couplé aux modes optiques de la cavité planaire. Il parait par consé-
quent raisonnable d’exprimer Le hamiltonien d’interaction Hint en fonction des
opérateurs d†q et dq de la section précédente. Ceci s’effectue au moyen de la
transformation
ωp,q + ω0 ωp,q − ω0 †
bq = √ dq − √ d
2 ωp,q ω0 2 ωp,q ω0 −q
ωp,q − ω0 ωp,q + ω0 †
b†−q = − √ dq + √ d , (2.96)
2 ωp,q ω0 2 ωp,q ω0 −q
conduisant à
r
X X ωp,q
Hint = i~Ωq,n cos θq,n d†q − d−q a†−q,n,1 + aq,n,1
q n impairs
ω0
ω0
r
X X
+ ~Ωq,n d†q + d−q a†−q,n,2 + aq,n,2 . (2.97)
q n impairs
ωp,q
Hamiltonien diamagnétique
X e2
Hdia = A2 (ri , z). (2.98)
i
2m∗ c2
X
(i)
Hdia = ~Dq,n,n0 cos θq,n cos θq,n0 a−q,n,1 + a†q,n,1 aq,n0 ,1 + a†−q,n0 ,1
q,n,n0
X
+ ~Dq,n,n0 a−q,n,2 + a†q,n,2 †
aq,n0 ,2 + a−q,n0 ,2 (2.100)
q,n,n0
Ωq,n Ωq,n0
Dq,n,n0 = . (2.101)
ω0
Le second terme ∝ A2z provient de la composante du potentiel vecteur selon
z et regroupe les contributions des modes pairs (n, n0 = 0, 2, 4, · · · ) :
X
(p)
Hdia = Nn N ~D
n0 q,n,n0 sin θq,n sin θq,n0 a−q,n,1 + a†q,n,1 †
aq,n ,1 + a−q,n0 ,1 .
0
q,n,n0
(2.102)
p
Le facteur Nn = 1/ 1 + δn,0 prend en compte la normalisation spécifique
du mode n = 0. Nous avons vu dans la section précédente (équations (2.93)
et (2.94)) que les modes pairs ne sont pas couplés au gaz d’électrons. De plus,
21. La forme particulière de cette relation provient du fait que les états propres électro-
niques ont une structure d’oscillateur harmonique. Dans le cas des transitions intersous-
bandes [17] ou des atomes artificiels en électrodynamique quantique des circuits [82], on a
en général D 6= Ω2 /ω0 tout en conservant la relation de proportionnalité D ∝ Ω2 /ω0 (voir
annexe A.3). Nous verrons au chapitre 3 que cette propriété a des conséquences importantes
sur la nature des excitations lumière-matière.
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
82 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
Figure 2.2.8 – Les trois plus grands éléments de matrice du couplage dia-
magnétique normalisé en fonction du vecteur d’onde optique dans le plan |q̃|
et dans le régime ν 1. Pour les modes de polarisation η = 2 (traits en
pointillés), ces éléments de matrices correspondent à Dq,1,n ω0
(n = 1, 3, 5) qui
décroissent en 1/|q̃|. Les modes de polarisation η = 1 (traits pleins) font appa-
raître les facteurs géométriques cos θq,1 cos θq,n (n = 1, 3, 5), et décroissent plus
rapidement en 1/|q̃|3 . On voit alors clairement que le terme diamagnétique est
important en régime de couplage ultrafort. Paramètres : = 13, nQW = 8,
ν = 50.
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 83
(p)
X X
~ωq,n a†q,n,1 aq,n,1 + Hdia
(p)
H1 = (2.103)
q n pairs
(p)
X X
H2 = ~ωq,n a†q,n,2 aq,n,2 . (2.104)
q n pairs
X 4ωq,n Dq,n,n
= 1, (2.105)
ω̃ 2 − ωq,n
n pairs q,j
2
qui peut être résolue numériquement et nous permet alors de calculer les
(p)
nouvelles résonances ω̃q,j . Dans la nouvelle base, le hamiltonien H1 prend
finalement la forme diagonale
(p)
XX
H1 = ~ω̃q,j ã†q,j,1 ãq,j,1 , (2.106)
q j
Sur la figure 2.2.9, nous avons représenté les 5 premières fréquences propres
normalisées ω̃q,j /ω0 (traits bleus) en fonction du vecteur d’onde |q̃|, obtenues
par une diagonalisation numérique du hamiltonien (2.103). Les fréquences des
modes non-perturbés ωq,n (n = 0, 2, 4, · · · ) correspondent aux traits noirs.
Une convergence satisfaisante est atteinte en prenant 8 branches photoniques
en compte (nc = 14). Notons à ce propos que la relation (2.105) implique une
convergence rapide en 1/n4 . On constate que la branche de plus basse énergie
n = 0 est fortement repoussée de sa valeur non-perturbée ωq,0 . En particulier, le
splitting correspondant est maximum pour |q̃| = 0, ce qui provient du fait que
Dq,0,0 sin2 θq,0 diverge lorsque |q̃| → 0. L’équation aux valeurs propres (2.105)
ne fait intervenir que les termes diagonaux Dq,n,n . En remarquant que pour n 6=
0, Dq,n,n sin2 θq,n → 0 lorsque |q̃| → 0, on est en mesure d’expliquer pourquoi
l’énergie des modes n 6= 0 n’est pas renormalisée à |q̃| = 0. Notons cependant
que le splitting du mode n = 2 n’est plus négligeable lorsque Dq,2,2 sin2 θq,2
atteint sa valeur maximale autour de |q̃| = 2. En effet, il est facile de voir
que les constantes de couplage Dq,n,n sin2 θq,n tendent vers 0 (∼ 1/|q̃|) lorsque
|q̃| → +∞, et les fréquences propres tendent asymptotiquement vers leurs
valeurs non-perturbées. On comprend donc maintenant l’origine du "Polariton
Gap" évoqué dans la section 1.3.2. En effet, les modes propres associés aux
degrés de liberté photoniques n’ont pas les mêmes énergies selon la valeur du
paramètre |q̃| servant à caractériser leur dispersion. À |q̃| = 0, le "blue shift"
est maximal alors que l’on retrouve l’énergie des modes libres pour |q̃| →
+∞. Il ne nous reste désormais que les contributions impaires pour les deux
polarisations
X X (i)
H (i) = ~ωq,n a†q,n,η aq,n,η + Hdia , (2.107)
q,η n impairs
XX X X
H (p) = ~ω̃q,j ã†q,j,1 ãq,j,1 + ~ωq,n a†q,n,2 aq,n,2 , (2.108)
q j q n pairs
dont les valeurs propres ont été tracé sur la figure 2.2.9. La contribution
Hint décrivant le couplage linéaire entre le plasmon et les modes de cavité est
donnée par l’équation
r
X X ωp,q †
†
Hint = i~Ωq,n cos θq,n dq − d−q a−q,n,1 + aq,n,1
q n impairs
ω0
ω0
r
X X
+ ~Ωq,n d†q + d−q a†−q,n,2 + aq,n,2 . (2.109)
q n impairs
ωp,q
X X
(i) † †
H = ~Dq,n,n0 cos θq,n cos θq,n0 a−q,n,1 + aq,n,1 aq,n0 ,1 + a−q,n0 ,1
q n,n0 impairs
X X
+ ~Dq,n,n0 a−q,n,2 + a†q,n,2 aq,n0 ,2 + a†−q,n0 ,2
q n,n0 impairs
X X
+ ~ωq,n a†q,n,η aq,n,η , (2.110)
q,η n impairs
Il convient de remarquer que l’on peut pas séparer les contributions associées
à chaque polarisation η = 1, 2 de façon à former deux termes qui commutent.
Les différents modes n étant directement couplés via le terme diamagnétique,
seuls les modes q sont indépendants ce qui provient du fait que l’impulsion
totale dans le plan est conservée. Autrement dit, tant que l’on se limite aux
excitations neutres, le vecteur d’onde dans le plan demeure un bon nombre
quantique. En introduisant des variables d’impulsion et de position fictives,
combinaisons linéaires des opérateurs électroniques et photoniques, on peut
alors montrer que le hamiltonien précédent est défini positif quelque soit la
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 87
X (1)
X (2)
pq,j = Wq,n,j aq,n,1 + Wq,n,j aq,n,2 + Xq,j dq
n n
X X
Yq,n,j a†−q,n,1
(1)
Yq,n,j a†−q,n,2 + Zq,j d†−q ,
(2)
+ + (2.112)
n n
X (1)
X (2)
X (1)
X (2)
|Wq,n,j |2 + |Wq,n,j |2 + |Xq,j |2 − |Yq,n,j |2 − |Wq,n,j |2 − |Zq,j |2 = 1.
n n n n
(2.114)
Il est alors commode d’introduire les notations
~ q,1 = (Ωq,1 cos θq,1 , Ωq,3 cos θq,3 , Ωq,5 cos θq,5 , · · · )T
Ω
~ q,2 = (Ωq,1 , Ωq,3 , Ωq,5 , · · · )T ,
Ω (2.115)
T
(1) (2) (1) (2)
V~q,j = Wq,1,j , · · · , Wq,1,j , · · · , Xq,j , Yq,1,j , · · · , Yq,1,j , · · · , Zq,j , (2.117)
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
88 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
et la matrice de Hopfield
!
Qq Kq
Mq = † . (2.118)
−Kq −QTq
Notons que 0 désigne une matrice de zéros de même taille que ω q et Dq,i
(i = 1, 2).
Sur la figure 2.2.10, nous avons représenté les fréquences des 7 premiers
modes propres (magnéto-polaritons) normalisées par la fréquence cyclotron
Eq,j
~ω0
(j = 1, 2, · · · , 7), en fonction du vecteur d’onde optique adimensionné |q̃|
(traits pleins). Ces modes propres sont obtenus par diagonalisation numérique
de la matrice de Hopfield 2.118, en utilisant un cutoff nc = 15 suffisant pour
atteindre la convergence. La fréquence cyclotron ω0 ainsi que les fréquences
des modes optiques ωq,n sont respectivement représentées par des lignes en
pointillés et en tirets noirs. Au vecteur d’onde résonant |q̃| = 0, le splitting
des différentes branches de polaritons est maximal, tout comme le mélange des
composantes photoniques et électroniques. La branche de plus basse énergie
j = 1 (trait plein noir) est alors clairement déplacée vers 0 et possède un poids
électronique |X0,1 |2 − |Y0,1 |2 ≈ 0.9. L’état fondamental |Gi du système total
définit par pq,j |Gi = 0, ainsi que les états excités obtenus par application
des opérateurs p†q,j sur |Gi sont des états intriqués lumière-matière, analogues
aux états de Bell (1.32) du chapitre 1. Lorsque l’on s’éloigne de la résonance
(|q̃| → +∞), il y a désintrication des degrés de liberté électroniques et pho-
toniques, les fréquences propres convergent vers les fréquences des excitations
non-couplées. En particulier, la fréquence de la branche j = 1 tend vers la
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 89
E
La figure 2.2.11 représente les énergies propres normalisées ~ω0,j0 en fonction
de la racine carrée du facteur de remplissage (la fréquence de Rabi normalisée
Ω0,1 √
ω0
est proportionnelle à ν), pour le vecteur d’onde résonant avec la transi-
tion cyclotron |q̃| = 0. Les courbes en tirets noirs correspondent aux fréquences
des modes optiques à |q| = 0 (ω0,n /ω0 = n). On voit que le splitting entre les
2.2. Couplage ultrafort à un résonateur optique 91
Figure 2.2.12 – Valeurs moyennes des nombres d’excitations sur l’état fon-
√
damental |Gi en fonction de ν, à résonance (|q̃| = 0). Paramètres : = 13,
nQW = 8, |q̃| = 0.
Sur la figure 2.2.12, nous avons représenté les valeurs moyennes des nombres
√
d’excitations sur l’état fondamental |Gi en fonction de ν, à résonance (|q̃| =
0). Il est facile de montrer que ces valeurs moyennes sont reliées aux modules
(i)
carrés des coefficients de Hopfield Y0,n,j et Z0,j (η = 1, 2),
X
ha†0,n,η a0,n,η i =
(η)
|Y0,n,j |2 (2.121)
j
X
hd†0 d0 i = |Z0,j |2 . (2.122)
j
On constate que les nombres de photons des deux polarisations sont égaux,
ce qui n’est pas surprenant étant donné la symétrie du hamiltonien total (à
|q̃| = 0, on a cos θ0,n = 1). Les coefficients de Hopfield "anormaux" apparais-
sant dans l’équation précédente permettent d’estimer l’importance des termes
Chapitre 2. Couplage ultrafort de la transition cyclotron aux
92 modes optiques d’un résonateur, le cas des semiconducteurs
Nous arrivons ici à l’un des points clé de ce travail de thèse, au cours de
laquelle les prédictions théoriques présentées dans le chapitre précédent ont
donné lieu à une vérification expérimentale spectaculaire dans le contexte de
la spectroscopie térahertz de transmission [86]. Dans ce chapitre, nous pré-
sentons les résultats de l’article [86], démontrant que le couplage ultrafort est
atteint dans un "métamatériau" térahertz où la transition cyclotron d’un gaz
d’électrons bidimensionnel à haute mobilité est couplée aux modes photoniques
d’un réseau de résonateurs "split-ring". Nous verrons en particulier que la loi
de scaling donnant le rapport entre la fréquence de Rabi du vide et la fréquence
√
de la transition cyclotron ωΩ0 ∼ ανnQW est en bon accord avec les données
expérimentales. α, ν et nQW désignent respectivement la constante de struc-
ture fine, le facteur de remplissage des niveau de Landau et le nombre de puits
quantiques de la structure. Finalement, le spectre des excitations peut être
reproduit avec un modèle à deux modes bosoniques indépendants dans lequel
la géométrie particulière du résonateur n’intervient qu’à travers un facteur de
forme d’ordre unité.
Chapitre 3. Couplage ultrafort de la transition cyclotron d’un gaz
96 d’électrons 2D à un métamatériau térahertz
3.1.2 Le résonateur
Le type de résonateur utilisé dans cette expérience est basé sur la techno-
logie des métamatériaux. Ces derniers consistent en un agencement périodique
de petites boucles métalliques appelées résonateurs "split-ring", dont la taille
est de l’ordre de quelques microns. Ces boucles admettent des résonances de
type LC dans le domaine du térahertz avec de bons facteurs de qualité, et
surtout des composantes du champ électrique dans le plan importantes. À
la différence des résonateurs utilisés dans la référence [59] où la polarisation
électronique est dirigée selon l’axe (Oz), le champ électrique confiné sous la
métasurface considérée ici est essentiellement contenu dans le plan. Soulignons
que c’est cette propriété qui permet le couplage des modes optiques avec la
transition cyclotron du gaz d’électrons bidimensionnel. Les deux résonateurs
R et R0 considérés dans cette expérience sont respectivement schématisés sur
les figures 3.1.2 et 3.1.3. A champ magnétique nul, R admet une résonance de
type LC (notée j = 1) à une fréquence f1 ≈ 0.9THz, ainsi qu’une autre réso-
nance de type "cut-wire" (notée j = 2) à f2 ≈ 2.3THz. Dans le premier cas, le
champ électrique dans le plan est principalement concentré sur les armatures
de la capacité situé au centre du résonateur. Le second mode est en revanche
délocalisé sur les bords (figure 3.1.2).
3.1. Système physique 97
E (B)
Sur la figure 3.2.2, nous avons représenté la transmission |T | = | ES4S,R(0) |
4
de l’échantillon S4 (contenant 4 puits quantiques) en fonction du champ ma-
gnétique B, après déposition d’une métasurface de type R. Comme précédem-
ment, la transmission est normalisée par le champ électrique ES4 (0) transmis
à travers l’échantillon "nu" et à champ magnétique nul. Le splitting observé
montre clairement que le système atteint le régime de couplage ultrafort. En
utilisant la même procédure de fit que précédemment, on trouve en effet un
rapport de couplage Ωω11 = 0.36 pour le premier mode, supérieur à la valeur 0.1
à partir de laquelle la contribution des termes antirésonants devient observable
[57]. De plus, on peut remarquer qu’à champ magnétique nul, la fréquence du
Chapitre 3. Couplage ultrafort de la transition cyclotron d’un gaz
102 d’électrons 2D à un métamatériau térahertz
avons vu dans la section 2.2.7 du chapitre 2 que la partie longue portée des
interactions de Coulomb provoque l’apparition d’un mode de plasmon de fré-
quence ωp,q modifié par le champ magnétique. C’est alors le théorème de Kohn
qui justifie une description
q de ces interactions en terme de magnéto-excitons
2
|q|
donnant ωp,q = ω02 + 2πe ρm2DEG
∗ . Dans le cas des vecteurs d’onde optiques
1
vérifiant la condition |q|l0 1 , on voit que la renormalisation de la fré-
quence cyclotron est très faible, à l’exception du cas B = 0 (ω0 = 0) où
l’on retrouve la q
fréquence du plasmon bidimensionnel à champ magnétique nul
2
|q|
ωp,q (B = 0) = 2πe ρm2DEG
∗ . Bien que la résolution spectrale de l’expérience
ne nous permette pas d’observer la renormalisation de la fréquence cyclotron à
B 6= 0, on peut tout de même caractériser la présence de ce mode de plasmon
à champ magnétique nul.
2
Hj /~ = ω0 b†j bj + ωj a†j aj + Ωj bj + b†j aj + a†j + Dj aj + a†j , (3.5)
√ Ω2
Ωj = χj ω0 , et Dj = ω0j = χ2j . Nous avons vu au chapitre précédent
que trouver les modes propres du hamiltonien (3.5) revient à diagonaliser la
matrice de Hopfield-Bogoliubov
√ √
ω0 χj ω0 0 χj ω0
√ √
χj ω0 ωj + 2χ2j χj ω0 2χ2j
Mj (B, χj ) = √ √ , (3.6)
0 −χj ω0 −ω0 −χj ω0
√ √
−χj ω0 −2χ2j −χj ω0 −ωj − 2χ2j
qui pour chaque mode j = 1, 2 admet deux valeurs propres distinctes no-
th
tées ωi,j (B, χj ) avec i = LP, UP (LP et UP se réfèrent aux branches basse et
exp
haute de polaritons). Appelons ωi,j (B, χj ) les valeurs expérimentales corres-
pondantes à chaque résonance, et Bp , p ∈ (1, 2, · · · , Nexp ), les valeurs du champ
magnétique associées à chaque point de mesure. On utilise ici la méthode dite
"des moindres carrés" qui consiste à calculer la quantité
sP 2
Nexp P exp th
p=1 i=LP,UP ωi,j (Bp , χj ) − ωi,j (Bp , χj )
Ξj (χj ) = , (3.7)
2Nexp
que l’on minimise par rapport au paramètre
√
de fit correspondant dans
Ωj χ j ω0
ce cas au rapport de couplage ωj = ωj . Sur la figure 3.3.1, nous avons
Ξj (χj )
représenté la déviation ωj
normalisée pour les deux modes j = 1, 2 du
Ω
résonateur de type R, en fonction de ωjj . Pour l’échantillon S, les rapports
de couplage qui minimise la déviation sont donnés par Ωω11 = 0.17 et Ωω22 =
0.075, avec une erreur maximale de 1.5%. Pour l’échantillon S4 , les valeurs
correspondantes sont Ωω11 = 0.36 et Ωω22 = 0.15 avec une erreur maximale de
5%. Concernant l’échantillon S4 en présence du résonateur de type R0 , on peut
appliquer la même procédure pour le mode unique de pulsation ω = 2πf .
Chapitre 3. Couplage ultrafort de la transition cyclotron d’un gaz
106 d’électrons 2D à un métamatériau térahertz
Ξj (χj )
Figure 3.3.1 – Déviation normalisée ωj
pour les deux modes j = 1 (courbe
Ω
bleue) et j = 2 (courbe rouge) en fonction du rapport de couplage ωjj . (a)
Pour l’échantillon S contenant un puits quantique. (b) Pour l’échantillon S4
contenant quatre puits.
√
δ0 = −a 3/2ex + a/2ey (4.1)
√
δ1 = a 3/2ex + a/2ey (4.2)
δ2 = −aey . (4.3)
√ √
a 3 3a a 3 3a
a1 = ex + ey et a2 = − ex + ey , (4.4)
2 2 2 2
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
112 transition de phase quantique
Figure 4.1.1 – Réseau en nid d’abeille constitué des deux sous réseaux A
(points noirs) et√ B (points gris). On peut
√
définir une base formée par les deux
a 3 a 3
vecteurs a1 = 2 ex + 2 ey et a2 = − 2 ex + 3a
3a
e . Les flèches vertes corres-
2 y
pondent aux vecteurs de déplacement reliant un atome de type A à ces trois
plus proches voisins de type B.
2π 2π 2π 2π
a∗1 = √ ex + ey et a∗2 = − √ ex + ey , (4.5)
a 3 3a a 3 3a
avec la propriété ai · a∗j = 2πδi,j . Sur la figure 4.1.2, nous avons représenté
la première zone de Brillouin dans laquelle on peut distinguer plusieurs points
remarquables. En particulier, les six coins de la première zone de Brillouin sont
appelés points de Dirac (ou vallées) et jouent un rôle prépondérant pour décrire
les propriétés électroniques du graphène. Nous verrons au paragraphe suivant
que les excitations de basse énergie sont en effet localisés en leur voisinage.
Notons que parmi ces six points, deux seulement sont non équivalents 1 . Nous
choisirons donc deux vallées K et K 0 désignées par les vecteurs
4π
K± = ± √ ex (4.6)
3a 3
1. Au sens où ils ne peuvent pas être connectés par un vecteur du réseau réciproque.
4.1. Électrons de Dirac dans le graphène 113
Figure 4.1.2 – Réseau réciproque engendré par les vecteurs de base a∗1 et a∗2 .
L’hexagone du centre représente la Première Zone de Brillouin. On a repré-
senté les deux points de Dirac inéquivalents K et K 0 ainsi que le centre de zone
ΓBZ . Le dégradé de couleur représente la dispersion des bandes d’énergie cal-
culée avec le modèle de liaisons fortes décrit dans la section suivante (équation
4.22).
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
114 transition de phase quantique
p2
H= + V(r), (4.7)
2m0
où m0 désigne la masse d’un électron "nu", et où le potentiel du cristal
V(r) se décompose en deux contributions associées à chaque sous-réseau :
X
V(r) = v (r − R) + v (r − R + d) . (4.8)
R
X X
ψqA (r) = eiq·R φ(r − R) et ψqB (r) = eiq·R φ(r − R + d). (4.11)
R R
Notons que les sommes apparaissant dans les équations (4.8) et (4.11)
portent sur tous les sites R d’un sous réseau donné que nous avons choisi
comme coïncidant avec le sous-réseau A. Autrement dit, le réseau en nid
d’abeille est engendré par le sous-réseau A avec un motif à deux atomes atta-
ché à chacun de ces noeuds. Déterminons à présent le spectre du hamiltonien
précédent. Pour cela, on cherche à résoudre le système d’équations obtenu en
4.1. Électrons de Dirac dans le graphène 115
Z Z
∗ 0
dr φ (r − R)φ(r − R ) = δR,R0 dr φ∗ (r − R)φ(r − R + d) = 0.
(4.14)
p2
+ v(r − R) φ(r − R) = Eφ φ(r − R), (4.16)
2m
et
Z " #
X X
∗
Ecry = dr φ (r − R) v(r − Rm ) + v(r − Rm + d) φ(r − R)
Rm 6=R Rm
(4.17)
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
116 transition de phase quantique
ainsi que la somme des facteurs de phase correspondants à chacun des sauts
entre plus proches voisins
√ !
v
u
u √ qx a 3
3qy a
E±,q = ±t|fq | = ±t 3 + 2 cos qx a 3 + 4 cos
t cos ,
2 2
(4.22)
caractérisées par l’indice ±. Notons que l’existence de ces deux bandes est
étroitement liée à la présence des deux sous-réseaux, au sens où chaque état de
Bloch possède un degré de liberté supplémentaire correspondant physiquement
à un pseudo-spin. La relation E±,q = −E∓,q signifie que ces deux bandes sont
symétriques par rapport au plan (qx Oqy ), ce qui se traduit physiquement par
l’existence d’une symétrie électron-trou. Notons toutefois que cette symétrie
est brisée si l’on ne se limite plus aux recouvrements entre premiers voisins.
Comme chaque atome de carbone contribue pour un électron 2pz , la bande
de plus basse énergie (bande de valence −) est complètement remplie tandis
que la bande de conduction + est vide. Le niveau de Fermi affleure aux points
4.1. Électrons de Dirac dans le graphène 117
=fq
tan Θq = . (4.24)
<fq
On peut alors montrer que la densité d’états s’annule aux points de Dirac
ce qui fait du graphène un semi-métal, mauvais conducteur, mais pas tout à
fait isolant car il existe des états inoccupés au voisinage du niveau de Fermi.
2iπ 2iπ
−tfq ≈ −t 1 + e∓ 3 (1 − iκ · a1 ) + e± 3 (1 − iκ · a2 ) (4.25)
= ~vF (±κx + iκy ) , (4.26)
3. Dans ce cas, la vitesse de la lumière est remplacée par la vitesse de Fermi vF = 106 m·s−1
des électrons.
4. Cet argument ne tient que si la distance entre les plans successifs est suffisamment
faible pour garantir une amplitude de saut non négligeable.
4.1. Électrons de Dirac dans le graphène 119
0 −a†
0 −a
H+ = i~ω0 , H− = i~ω0 (4.30)
a† 0 a 0
pour chacune des deux vallées K et K 0 . Les états propres correspondants
~±,ξ = A±,ξ
ψ (4.31)
B±,ξ
~±,ξ = E± ψ
s’obtiennent en résolvant l’équation de Schrödinger Hξ ψ ~±,ξ , ce
qui conduit aux expressions
~±,N,+ = √1 ∓i |N − 1i ~±,N,− = √1 |N i
ψ , ψ , (4.32)
2 |N i 2 ±i |N − 1i
avec N 6= 0. Les composantes de ces vecteurs propres sur les deux sous-
réseaux correspondent à deux niveaux de Landau consécutifs. Notons qu’à la
différence des fermions massifs du gaz d’électrons bidimensionnel, la solution
~±,0,+ = 0 ~±,0,− = |0i
ψ , ψ (4.33)
|0i 0
5. En présence d’un champ magnétique, c’est la longueur l0 qui joue le rôle de la longueur
d’onde de Fermi.
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
120 transition de phase quantique
pour N = 0 a une énergie nulle. Cet état n’admet donc pas de mouve-
ment de point zero comme c’est le cas pour un oscillateur harmonique. En
√
introduisant la fréquence caractéristique ω0 = vF 2/l0 , on trouve les énergies
propres
√
EN = ±~ω0 N , (4.34)
6. valable lorsque la longueur magnétique est beaucoup plus grande que le pas du réseau.
4.2. Le graphène en cavité, limite continue 121
7. N’ayant pris en compte que les sauts entre plus proches voisins, il n’est pas surprenant
de constater que le moment dipolaire correspond à une transition entre les deux sous-réseaux
A et B.
4.2. Le graphène en cavité, limite continue 123
r
Ω αν
∼ √ , (4.36)
ω0 ∆ν π
ce qui montre que l’on peut aussi atteindre le régime de couplage ultrafort
entre la transition cyclotron du graphène et les modes d’une cavité dans la
limite ν 1.
Interactions de Coulomb
L’effet des interactions de Coulomb dans le graphène est une question ou-
verte ayant déjà reçue de nombreuses réponses théoriques [81, 89–91] et expé-
rimentales, notamment dans des expériences de spectroscopie de transmission
infrarouge [92, 93]. Qualitativement, la présence d’un gap au niveau de Fermi
nous permet là encore de traiter les interactions entre électrons de façon per-
turbative lorsque le facteur de remplissage est un entier. En outre, le paramètre
√
e2 πρ
de corrélations donné par le rapport entre l’énergie de Coulomb moyenne
√
et l’énergie cinétique d’un électron au niveau de Fermi (~ω0 ν dans le gra-
e2
phène) est donné par αG = ~v F
≈ 2.2
. Ce paramètre, dont la notation αG
fait référence à la constante de structure fine, est donc une constante qui ne
dépend que de la permittivité relative du milieu. Sur un substrat standard en
dioxide de Silicium ( ∼ 4), le graphène se situe dans un régime de corréla-
tions intermédiaire 8 . Parallèlement, le mélange de niveaux de Landau induit
2 √
par les interactions à q 6= 0 est quantifié par le rapport l0 ~ωe 0 ∆ν ∼ αG ν. Si
ce rapport est du même ordre de grandeur que pour les fermions massifs et à
tendance à augmenter avec ν (la fréquence de la transition cyclotron diminue),
les transitions dipolaires entre la bande de valence et la bande de conduction
provoque une augmentation du mélange de niveaux qui n’est pas présente dans
le cas du gaz d’électrons bidimensionnel.
Dans le régime ν & 1, les interactions peuvent être prises en compte au ni-
veau de l’approximation de Hartree-Fock dépendante du temps, ce qui permet
de calculer la dispersion des magnéto-excitons du graphène. En particulier,
plètement écrantés, si bien que l’on ne peut espérer doper les feuillets internes
en utilisant un dispositif simple de contact avec la grille [30]. Toutefois, des
expériences récentes [94] ont démontré que certains échantillons de graphène
multicouches déposés par épitaxie moléculaire sur un substrat en Carbure de
Silicium (SiC) manifestaient des propriétés électroniques indistinguables d’un
simple échantillon de graphène. Dans ce cas, le découplage des plans est dû
à une forte concentration de défauts d’empilement au niveau de l’interface
avec le substrat [95]. Comme ce type d’échantillon est fortement dopé à l’état
naturel (ρ ∼ 4 · 1012 cm−2 dans chaque plan), et possèdent des mobilités im-
portantes (µ ∼ 2500cm2 V −1 s−1 ), on pourrait alors penser les utiliser dans le
but d’augmenter fortement le couplage au champ électromagnétique.
Spin et vallées
Nous avons vu dans la section 4.1 que les niveaux de Landau du graphène
possèdent une sous-structure particulière en raison des degrés de liberté de
spin et de vallée. Comme pour le gaz d’électrons, la dégénérescence de spin
est levée par le couplage Zeeman avec le champ magnétique B. La brisure
de la symétrie SU(2) associée à pour conséquence l’apparition d’excitations
collectives mélangeant des états de spin différents. Il s’agit des modes "onde
de spin" et "spin flip" de la section 2.2.2. Lorsque le facteur de remplissage est
de l’ordre de 1, on peut alors calculer la dispersion de ces modes dans le cadre de
l’approximation de Kallin et Halperin [89–91]. En présence d’un résonateur,
le couplage dipolaire électrique ne permet pas cependant de distinguer ces
modes, et l’on peut prendre en compte la dégénérescence associée au moyen
d’un facteur supplémentaire gS = 2.
En l’absence de termes levant la dégénérescence de vallée 9 , il est clair que le
hamiltonien sans les interactions Coulombiennes respecte une symétrie SU(2)
associée à cet isospin. Lorsque l’on prend en compte ces interactions, il est alors
possible de montrer que les processus de diffusion "inter-vallées" brisant cette
2 2
symétrie sont exponentiellement supprimés (par un facteur e−l0 /a 1) [98].
En outre, la création d’une paire électron-trou entre les deux vallées K et K 0
requiert un vecteur d’onde transféré de l’ordre de |K+ − K− | ∼ a, beaucoup
plus grand que le vecteur d’onde typique ∼ 1/L d’un mode de cavité. Par
conséquent, nous nous limiterons dans ce manuscrit aux processus respectant
9. Cette levée de dégénérescence peut par exemple être induite par des effets orbitaux
[96], et même associée avec une brisure spontanée de symétrie induite par une déformation
structurale [97].
4.2. Le graphène en cavité, limite continue 127
Pour finir cette section, discutons brièvement des effets affectant la réso-
lution de la résonance cyclotron dans les échantillons de graphène. Comme
dans le cas du gaz d’électron bidimensionnel, la résonance cyclotron reste bien
définie tant que l’élargissement Γ des niveaux de Landau induit par les phé-
nomènes de diffusion est plus petit que le gap d’énergie associé à la transition
entre deux niveaux consécutifs. En considérant la transition entre les niveaux
N = ν − 1 et N = ν, cette condition se traduit par ω0 ∆ν τ > 1 où l’on a intro-
duit le temps de vie τ = ~/Γ. Précédemment, nous avons vu que le couplage
ultrafort pouvait également être atteint dans le graphène lorsque le facteur de
remplissage est suffisamment élevé (ν 1). C’est donc encore le régime des
faibles champs magnétiques qui nous intéresse ici. Dans la référence [99], les
auteurs ont mesuré la résonance cyclotron dans une expérience de spectrosco-
pie terahertz (ω ∼ 2THz) d’un plan de graphène résidant à l’état naturel à la
surface d’un échantillon de graphite. Les champs magnétiques correspondants
aux différentes transitions sont dans ce cas de l’ordre de 10mT. Les électrons
des couches inférieures sont responsables d’un faible dopage correspondant à
une densité ρ ∼ 3 · 109 cm−2 , ce qui donne ν ≈ 3 dans cette expérience 10 .
La largeur des pics de résonance permet alors de donner une estimation du
temps de vie de la résonance cyclotron τCR ∼ 20ps du même ordre de grandeur
que dans le cas des fermions massifs du gaz d’électrons bidimensionnel. Pour
√ √
B ≈ 10mT, la transition cyclotron de fréquence ω0 ( 3 − 2) est résonante
avec la sonde ce qui donne ω0 ∆ν τCR ∼ 40. Là encore, ce temps de vie est limité
par la mobilité des électrons qui dépend fortement du substrat utilisé. Cette
mobilité est reliée au temps de transport τt au moyen de la masse cyclotron
√ eτt
mC = ~ω0 ν/vF2 selon µ = m C
.
Dans les échantillons de graphène déposés sur un substrat en dioxide de Sili-
cium, les mobilités varient entre 2000 et 25000cm2 V−1 s−1 , µ = 25000cm2 V−1 s−1
à ρ = 5 · 1012 cm−2 étant la plus grande valeur reportée dans la littérature [100].
En utilisant des échantillons de graphène suspendu (on minimise la surface de
contact avec le substrat), les auteurs de la référence [101] ont mesuré des mo-
bilités µ ∼ 2 · 105 cm2 V−1 s−1 pour des densités intermédiaires de 2 · 1011 cm−2 ,
ce qui correspond à un temps de transport de l’ordre du dixième de picose-
conde. Finalement, la plus haute mobilité reportée µ & 107 cm2 V−1 s−1 à faible
dopage (ρ = 3 · 109 cm−2 ) correspond à l’expérience [99] évoquée précédem-
ment, et demeure tout à fait comparable aux mobilités atteintes avec un gaz
d’électrons bidimensionnel dans une structure GaAs. En supposant un temps
de vie constant τCR ∼ 20ps et en augmentant la densité reportée dans la ré-
férence [99] à ρ = 5 · 1010 cm−2 , on voit que le régime ν = 50 correspondant
à B = 10mT parait à première vue accessible en vertu de ω0 ∆ν τCR ≈ 8 avec
ω0 ∆ν ∼ 400GHz. Remarquons que les phonons optiques du réseau entrent en
jeu dans le régime des champs magnétique intenses. On citera par exemple
la résonance "magnéto-phonon" prédite dans l’infrarouge (E ∼ 0.2eV) pour
un champ magnétique B ∼ 30T [102]. À champ faible, le couplage avec les
phonons acoustiques domine ce qui induit une dépendance de la mobilité en
fonction de la température.
πnx πny πnz
q≡ , , , (4.37)
L L Lz
avec la forme spatiale 11 [77]
2Cnx n πx
x
n πy
y nz πz
uq,x (r) = √ cos sin sin (4.38)
V L L L
z
2Cn nx πx ny πy nz πz
uq,y (r) = √ y sin cos sin (4.39)
V L L L
z
2Cn nx πx ny πy nz πz
uq,z (r) = √ z sin sin cos . (4.40)
V L L Lz
2πx 2πy
cos L
sin L
cos θ
2 2πx 2πy
u1 (r) = √ sin L
cos L
cos θ , (4.41)
V
0
p
11. La constante de normalisation est donnée par Cnj = 2 − δnj ,0 (j = x, y, z).
4.2. Le graphène en cavité, limite continue 131
Hamiltonien total
X e
H= vF pi + At (ri ) · σ + VC + Hray , (4.44)
i
c
vF e
HL = vF Π · σ, Hint = A · σ. (4.45)
c
Dans la limite continue, le hamiltonien de couplage entre les fermions de
Dirac et le champ du vide ne fait donc pas intervenir de terme diamagnétique.
Nous verrons un peu plus loin que cette propriété change complètement la
nature des excitations.
Hamiltonien d’interaction
Les fonctions ψN,k (r) sont définies par la relation (2.23) du chapitre 2 et
l’opérateur cN,k (c†N,k ) détruit (crée) un fermion de Dirac dans l’état caractérisé
par les nombres quantiques +, N , k et ξ = +. En utilisant les résultats du
chapitre 2, les éléments de matrice apparaissant dans (4.46) se calculent aisé-
ment, et dans l’approximation où seule la transition dipolaire m = 1 contribue
au couplage, nous obtenons l’expression
r
2πkl02 π π †
1 XX
b1 = ± sin + ± c c 2π (4.50)
N N,k ± L 2 4 N,k N +1,k± L
r
2πkl02 π π †
1 XX
b2 = cos + ± c c 2π . (4.51)
N N,k ± L 2 4 N,k N +1,k± L
De façon analogue au chapitre 2, on peut montrer que ces modes vérifient les
règles de commutation hF | [bη , b†η0 ] |F i = δη,η0 où |F i désigne l’état fondamental
fermionique donné par la relation (2.56). Dans ce cas, les deux polarisations
du champ électromagnétique η = 1, 2 sont couplées de façon indépendantes aux
modes collectifs b1 et b2 qui commutent mutuellement.
Hamiltonien libre
En second quantification, l’énergie cinétique s’écrie sous la forme diagonale
√
Z X
HL = drΨ ~ † (r)HL Ψ(r)
~ = ~ω0 νc†N,k cN,k . (4.52)
N,k
Hamiltonien de Coulomb
2
Intéressons nous maintenant au hamiltonien VC (r−r0 ) = |r−re
0 | décrivant les
nx π(x − x0 ) ny π(y − y 0 )
X
0
VC (r − r ) = Ṽnx ,ny cos cos , (4.54)
nx ,ny
L L
Cnx ,ny L L e2
Z Z n πx n πy
x y
Ṽnx ,ny = dr cos cos
S 0 0 |r| L L
2
Cnx ,ny e
= p , (4.55)
2L n2x + n2y
et où la somme apparaissant dans (4.54) porte sur tous les entiers positifs
nx , ny de zero à l’infini 13 . Notons que le terme divergent nx = ny = 0 est
compensé si l’on introduit un fond continu de charge positives et peut donc
être retiré de la sommation 4.54. Avec ces conventions, la contribution du mode
(nx = 2, ny = 2) au hamiltonien de Coulomb peut s’écrire comme
1 X
VC = Ṽ2,2 ρ̂2i,j , (4.57)
2 i,j
r
2πkl02 π π †
1 XX
e1 = sin + ± c c 2π (4.61)
N N,k ± L 2 4 N,k N +1,k± L
r
2πkl02 π π †
1 XX
e2 = ± cos + ± c c 2π , (4.62)
N N,k ± L 2 4 N,k N +1,k± L
2
Hη /~ = ωa†η aη + ω0 ∆ν b†η bη + Ωη bη + b†η aη + a†η + ζγη bη + γη b†η . (4.63)
branche basse ωLP,1 s’annule pour une certaine densité critique. On parle dans
ce cas d’une excitation "sans gap" signalant la présence d’une instabilité du
système (le hamiltonien précédent n’est plus diagonalisable). Ceci se produit
4.2. Le graphène en cavité, limite continue 137
Figure 4.2.4 – Fréquences des modes propres ωj,η /ω (j = LP, UP, lignes
pleines noires et bleues) dup hamiltonien (4.63) normalisées par la fréquence
cπ 2 en fonction de la densité ρ. La ligne ho-
du mode optique ω = Lz √ 1 + 8γres
rizontale en pointillés noirs désigne la fréquence du mode optique, tandis que la
courbe en pointillés noirs correspond au mode de plasmon normalisé ωp /ω. Les
deux traits verticaux indiquent les densités ρ = 1011 cm−2 et ρ = 2.1 · 1011 cm−2
(voir figure suivante). On constate que la fréquence de la branche basse ωLP,1
s’annule pour une densité critique ρc . Paramètres : = 4, Lz = 700µm,
γres = 0.1, B = 25mT, gS = gV = 2.
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
138 transition de phase quantique
p !2
ω 2 )
π(1 + 8γres
ρc = √ ≈ 2.1 · 1011 cm−2 , (4.70)
4αvF gS gV
Figure 4.2.5 – Fréquences des modes propres ωj,η /ω (j = LP, UP, lignes
pleines noires et bleues) du
p hamiltonien (4.63) normalisées par la fréquence
cπ 2 en fonction du champ magnétique B. La
du mode optique ω = Lz √ 1 + 8γres
ligne horizontale en pointillés noirs désigne la fréquence du mode optique, tan-
dis que la courbe en pointillés noirs correspond au mode de plasmon normalisé
ωp /ω. (a) Pour une densité ρ = 1011 cm−2 . (b) Juste avant la densité densité
critique ρc = 2.1 · 1011 cm−2 Paramètres : = 4, Lz = 700µm, γres = 0.1,
gS = gV = 2.
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
140 transition de phase quantique
1 1
e = √ (ex + iey ) e∗ = √ (ex − iey ) (4.72)
2 2
1 1
A = √ (Ax + iAy ) A† = − √ (Ax − iAy ) . (4.73)
2 2
Pour les deux réseaux, les électrons seront traités dans le cadre d’un modèle
de liaisons fortes où l’on ne prend en compte que les recouvrements entre
plus proches voisins au moyen du paramètre de saut t (voir section 4.1.2).
Choisissons maintenant un point particulier M de la première zone de Brillouin
repéré par le vecteur M. Au voisinage de ce point, on peut écrire le vecteur
d’onde sous la forme q = M + κ avec |κ|a 1, si bien que les excitations de
basse énergie sont décrites par le hamiltonien à un électron
Z−1
X
H(κ) = −t Zj e−iκ·δj , (4.74)
j=0
Z−1
X i e
H = −t Zj exp − Π · δj + A · δj . (4.75)
j=0
~ c
Z−1
X a † −iθj iθj
exp Λ Ae−iθj − A† eiθj
H = −t Zj exp √ dr e − dr e (4.76)
j=0
l0 2
q
a 2α
où Λ = L
√
est un petit paramètre sans dimension (en choisissant
L ∼ 1µm, on a Λ . 10−5 ). Nous allons maintenant développer les fonctions
exponentielles de l’expression (4.76) jusqu’au second ordre en a/l0 et Λ, puis
appliquer successivement le résultat au cas des réseaux carré et en nid d’abeille.
√
2ta2
† 1 2 2Λta † †
dr A + dr A + 2Λ2 t A† A + AA† + O(a4 ).
H= 2 dr dr + +
l0 2 l0
(4.77)
Par conséquent, on voit que les trois contributions dominantes sont du
même ordre O(a2 ). En outre, l’absence formelle de terme linéaire O(a) nous
~2
permet de définir une masse effective de bande m∗ = 2ta 2 . En introduisant
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 143
Figure 4.3.1 – Réseau carré de paramètre a. Les 4 premiers voisins sont ca-
ractérisés par les angles θj = jπ/2 correspondant aux vecteurs de déplacement
δ0 = aex , δ1 = aey , δ2 = −aex et δ3 = −aey .
3ita
H = − √ dr − 3itΛA† + O(a2 ), (4.79)
l0 2
et l’on constate que les deux contributions dominantes sont du premier
ordre en a. À la différence du cas général précédent, c’est donc la combinaison
de plusieurs facteurs géométriques particuliers qui provoque l’apparition de ces
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 145
0 H
H= , (4.80)
H† 0
e
H = vF Π + A · σ. (4.81)
c
On comprend dès lors que la forme matricielle liée à la présence des deux
sous-réseaux est également cruciale, au sens où c’est elle qui permet aux termes
linéaires de l’équation (4.79) de ne pas disparaître lorsque que l’on en calcule
les éléments de matrice. En effet, sans cette forme matricielle, les éléments de
matrice de l’énergie cinétique qui entrent en jeu en seconde quantification sont
nuls en raison de la relation hN | dr |N i = 0, et l’on doit alors aller chercher
les contributions du deuxième ordre en a comme pour les fermions massifs.
Lorsque le hamiltonien possède une forme matricielle similaire à (4.80), le
même terme fait apparaitre l’élément de matrice hN − 1| dr |N i qui est non
nul et permet d’aboutir au hamiltonien de Dirac.
En se limitant à l’ordre O(a3 ) dans le développement (4.76), on peut voir
qu’il existe formellement les termes diamagnétiques
1 3tΛ2 2
Hdia = A
2
3itaΛ2
2
√ dr A† A + AA† ,
Hdia = (4.82)
2l0 2
Π2 e e2
HL = , Hint = Π · A, Hdia = A2 , (4.83)
2m∗ m∗ c 2m∗ c2
et où le potentiel vecteur électromagnétique A est donné par l’équation
(4.71). En utilisant l’expression des opérateurs d’échelle (2.14), on montre fa-
cilement que le hamiltonien d’interaction pour N ∼ ν s’écrit
X ~Ω † X i~Ω †
Hint = − √ cN +1,l cN,l (a1 −a†1 )+ √ cN +1,l cN,l (a2 −a†2 )+h.c., (4.84)
N,l
N N,l
N
X ~ω0
HL = c†ν,l cν,l − c†ν−1,l cν−1,l + ~ω0 ν1, (4.86)
l
2
P † †
où 1 = l (cν,l cν,l + cν−1,l cν−1,l ) désigne l’opérateur identité. Il convient
maintenant d’introduire les opérateurs collectifs de moments cinétiques
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 147
X
J+ = c†ν,l cν−1,l J− = J+†
l
X1 †
et Jz = cν,l cν,l − c†ν−1,l cν−1,l , (4.87)
l
2
X 2Ω 2Ω X
H/~ = ω0 Jz + ωa†η aη − √ Jy (a†1 +a1 )+ √ Jx (a†2 +a2 )+ D(a†η +aη )2 ,
η=1,2 N N η=1,2
(4.88)
1 i Ω2
avec Jx = 2 (J+ + J− ), Jy = 2 (J− − J+ ) et D = ω0 . Introduisons l’opérateur
correspondant au nombre total d’excitations du système : Nexc = η a†η aη +
P
ce qui donne [H, Πexc ] = 0. Nous verrons dans la section suivante que
cette symétrie peut être spontanément brisée dans le cas du graphène. L’idée
consiste maintenant à trouver une représentation des opérateurs collectifs de
moments cinétiques apparaissant dans l’équation précédente, en terme de fonc-
tions analytiques d’opérateurs bosoniques b et b† . Ceci correspond précisément
à la transformation de Holstein-Primakoff [104]
p p N
J+ = b† N − b† b, J− = N − b† b b, J z = b† b − , (4.90)
2
où b et b† vérifient exactement la relation de commutation [b, b† ] = 1. Intro-
duisons le nombre d’excitations électroniques nel = hb† bi contenues dans l’état
fondamental du hamiltonien (4.88). Si l’on suppose que ce nombre est petit
devant N , le développement de la racine carrée apparaissant dans l’équation
précédente se réduit à l’ordre zéro 15 , et le hamiltonien prend la forme quadra-
tique
15. Notons que cette hypothèse est largement confortée par les résultats du chapitre 2.
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 149
3
X
H= Ej p†j pj , (4.92)
j=1
qui n’admet pas de point critique quantique pour une valeur finie du facteur
de remplissage, et possède un état fondamental |Gi non-dégénéré 16 . Comme
nous l’avons évoqué précédemment, ce hamiltonien commute avec l’opérateur
qui définit la parité des excitations. Dans ce cas, |Gi est aussi vecteur propre
de Πexc ce qui signifie que les états propres du système possèdent une parité
donnée 17 .
evF
HL = vF Π · σ, Hint = A · σ, σ ≡ (σ x , σ y ), (4.93)
c
et où le potentiel vecteur électromagnétique A est donné par l’équation
(4.71). Comme précédemment, en prenant N = ν − 1 1 et en utilisant
l’expression des opérateurs d’échelle (2.14), on peut montrer d’une part que le
hamiltonien d’interaction prend la forme
16. Notons que l’on s’attendait à ce résultat car ce système rentre dans le cadre du théo-
rème no-go (c.f. annexe A.3) qui assure la stabilité de |Gi.
17. Pour Ω = 0, on a |Gi = |F i ⊗ |0, 0i (|0, 0i désigne le champ du vide pour les deux
polarisations), ce qui implique par continuité que l’état fondamental aura un nombre pair
d’excitations pour tout Ω.
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
150 transition de phase quantique
X i~Ω † X ~Ω †
Hint = √ cν,l cν−1,l (a†1 + a1 ) + √ cν,l cν−1,l (a†2 + a2 ) + h.c., (4.94)
l
N l
N
X ~ω0 † √
HL = √ cν,l cν,l − c†ν−1,l cν−1,l + 2~ω0 νN 1
l
4 ν
~ω0
= √ Jz + cte. (4.96)
2 ν
ω0 X 2Ω 2Ω
H/~ = √ Jz + ωa†η aη − √ Jy (a†1 + a1 ) + √ Jx (a†2 + a2 ). (4.97)
2 ν η=1,2 N N
ω0 X
H/~ = √ b† b + ωa†η aη + iΩ(b† − b)(a†1 + a1 ) + Ω(b† + b)(a†2 + a2 ), (4.98)
2 ν η=1,2
3
X
H= Ej p†j pj . (4.99)
j=1
√ p p
aη → ãη + γ et b → b̃ − β − i β ou
√ p p
aη → ãη − γ et b → b̃ + β + i β, (4.101)
v
u √ † iπ iπ
√
u b̃† b̃ ∓ β b̃ e 4 + b̃e− 4 β † iπ β iπ 2
− iπ † 4 − iπ
t
1− ≈ 1± b̃ e + b̃e
4 4 − 2 b̃ e + b̃e 4 ,
K 2K 8K
(4.102)
où l’on a définit le nombre K = N − β d’ordre O(N ). Les déplacements
√ √
β et γ sont ensuite déterminées en remplaçant l’expression précédente dans
le hamiltonien (4.98), et en éliminant les termes linéaires ∝ (ã†η + ãη ) et ∝
(b̃† ± b̃) 19 . On obtient le système d’équation
√γ = 2 Ω Kβ
q
ω N
(4.103)
√β − ω√0 + 4Ω2 N −2β = 0.
2 ν ω N
√
( β, √γ) = (0, 0) pour ν < νc
√ (4.104)
( β, √γ) = (± N (1−µ) , ± Ω N (1 − µ2 ) pour ν > νc ,
q p
2 ω
avec µ = 8Ωωω
2 ν . En injectant ces deux solutions dans le développement du
√0
X ω0 Zµ
H= ωã†η ãη + √ b̃† b̃ − Ω(ã†1 + ã1 )(Yµ b̃ + Yµ∗ b̃† ) + iΩ(ã†2 + ã2 )(Yµ∗ b̃ − Yµ b̃† )
η
2 ν
ω0 Xµ iπ iπ
+ i √ (b̃† − b̃e 4 )(b̃† + b̃e− 4 ) (4.105)
2 ν
√ p
hG± | aη |G± i = ± γ et hG± | b |G± i = ∓ β, (4.107)
3itaΛ2
2
√ dr A† A + AA† .
Hdia = (4.108)
2l0 2
En calculant ses éléments de matrice dans la base des spineurs donnés par
l’équation (4.32), on peut alors mettre ce terme sous la forme
Chapitre 4. Le graphène en cavité : couplage ultrafort et
156 transition de phase quantique
Figure 4.3.4 – Énergie des modes propres normalisée par l’énergie du mode de
E
cavité ~ωj (j = 1, 2, 3) du hamiltonien (4.98) pour ν < νc et (4.105) pour ν > νc ,
en fonction de la racine carré du facteur de remplissage. Les lignes en tirets
et en pointillés noirs correspondent respectivement à la fréquence cyclotron
normalisée 2ωω√0 ν et à celle du mode de cavité. Comme prévu, l’énergie de la
branche basse E1 s’annule lorsque le facteur de remplissage atteint sa valeur
√
critique, que l’on a fixée arbitrairement
√
à νc = 50 ( νc ≈ 7) en utilisant la
condition de résonance ωω0 = 2αgSπg√V 50 . On remarque également que la branche
intermédiaire E2 admet un point anguleux au facteur de remplissage critique.
Paramètres : = 4, gS = gV = 2.
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 157
X
Hdia = − ~D(a†η + aη )2 , (4.109)
η=1,2
avec la constante
2 ν−1
a ω0 αgS gV X √
D= √ N. (4.110)
l0 2π N =0
En notant la fréquence de la transition cyclotron ω0 ∆ν ∼ 2ω√0ν (ν 1), et
√ √
en utilisant la relation ν−1
P
N =0 N < ν ν, on arrive finalement à l’inégalité
2
|D| a 2π
<ν = ρa2 1, (4.111)
Ω2 l0 gS gV
ω0 ∆ ν
dans l’article [110] met en exergue le rôle des transitions interbandes, i.e. entre
les niveaux de Landau de la bande de valence et ceux de la bande de conduc-
tion, que nous n’avons pas pris en compte dans notre modèle. Ces transitions,
bien que fortement hors résonance dans le régime des hauts facteurs de rem-
plissage, sont en nombre important (à l’ordre dipolaire) et font naturellement
apparaître le cutoff ultraviolet qui délimite grossièrement la validité du mo-
dèle de Dirac à haute énergie. La prise en compte de ces transitions conduit
à deux nouvelles contributions au hamiltonien. La première compense exacte-
ment la contribution cyclotron qui donne lieu à la transition de phase dans le
cadre de notre modèle, alors que l’autre est une contribution divergente qui
déplace le point critique vers le régime des petits facteurs de remplissage (aide
la transition de phase de Dicke).
L’argument donné par les auteurs de l’article [110] revient finalement à éli-
miner le terme divergent "à la main", en se basant sur une propriété liée à la
réponse linéaire d’un système : en l’absence de brisure de l’invariance de jauge,
un système ne répond pas lorsqu’il est soumis à un potentiel vecteur statique.
Dans le graphène, on élimine alors la contribution divergente afin d’obtenir
une réponse physique du système limω→0 χρ̂q ,ρ̂q (q, ω) = 0. Finalement, l’élimi-
nation de ce terme dans notre cas revient à soustraire le Hamiltonien du même
système mais dans le cas non-dopé, i.e. lorsque l’énergie de Fermi est nulle. Re-
marquons d’ailleurs que soustraire la contribution "non-dopé" correspondant
au terme diamagnétique (4.108) nous permet de retomber sur le hamiltonien
4.109 lorsque l’on prend en compte le comptage des électrons de la bande de
valence.
Le point crucial de leur papier est que l’on retombe exactement sur le hamil-
tonien du gaz d’électrons massifs (absence de transition de phase) lorsque l’on
élimine ce terme divergent. Autrement dit, leur argument revient à affirmer
que la stabilité de l’état fondamental est assurée par la présence des transi-
tions interbandes, fortement hors résonance dans le régime des hauts facteurs
de remplissage, et impliquant la superposition cohérente de transitions à haute
énergie. De telles superpositions sont d’une façon générale très sensibles aux
phénomènes de décohérence lié à l’environnement, ce qui pourrait affecter leur
contribution effective dans un système physique plus proche de la réalité ex-
périmentale que celui que nous avons considéré. De plus, il convient de garder
à l’esprit que la présence de bandes contenant des états d’énergie arbitraire-
ment grande n’est pas spécifique au cas du graphène. Par exemple, la bande
de valence de masse effective négative dans le cas du gaz d’électrons du semi-
4.3. Le couplage lumière-matière en jauge symétrique 159
Premièrement, nous avons montré que les fermions de Dirac du graphène sont
couplés ultrafortement aux modes optiques d’une cavité dans le régime des
hauts facteurs de remplissage. Comme dans le cas des semiconducteurs, des
modes collectifs bosoniques apparaissent dans la limite diluée, superpositions
de paires électrons-trou entre deux niveaux de Landau consécutifs et impli-
quant tous les centres d’orbites. Ces modes de magnéto-excitons sont renor-
malisés par la partie longue portée des interactions de Coulomb qui provoquent
l’émergence d’un mode de plasmon bidimensionnel modifié par le champ ma-
gnétique. En considérant un échantillon de graphène placé à l’intérieur d’une
boîte optique confinant le champ électromagnétique dans les trois directions
de l’espace, nous avons montré que l’absence de terme diamagnétique dans la
limite continue est responsable de l’existence d’une densité critique indépen-
dante du champ magnétique, et au delà de laquelle le hamiltonien bosonique
n’est plus diagonalisable. Pour cette densité critique, l’énergie des branches
basses de polaritons s’annulent et leur dispersion en fonction du champ magné-
tique devient fortement asymétrique. Nous avons alors généralisé ces résultats
en jauge symétrique et en considérant un pas de réseau fini. En comparant le
cas d’un réseau carré avec celui du réseau en nid d’abeille, nous avons mis en
évidence que le premier est convenablement décrit par un hamiltonien de type
Schrödinger avec une masse effective de bande, et systématiquement accompa-
gné d’un terme diamagnétique qui garantie la stabilité de l’état fondamental.
En revanche, la combinaison des facteurs particuliers au cas du réseau en nid
d’abeille provoque l’échec d’une description des propriétés de basse énergie en
terme d’une masse effective. Dans la limite continue, le terme diamagnétique
disparaît ce qui permet l’existence d’une transition de phase quantique pilo-
tée par le facteur de remplissage et analogue à celle du modèle de Dicke. En
jauge symétrique, nous avons montré que le système peut être décrit comme
un ensemble de systèmes à deux niveaux couplés aux deux champs bosoniques
correspondants aux deux polarisations des modes de cavité. Un des intérêts
provient alors du nombre macroscopique d’états du centre de guidage qui per-
met d’atteindre de fait la limite thermodynamique de ce modèle de Dicke gé-
néralisé. Au delà du facteur de remplissage critique, la symétrie de parité des
excitations est spontanément brisée, il apparaît une polarisation des systèmes
à deux niveaux et des cohérences photoniques et électroniques d’ordre macro-
scopique. Enfin, nous avons vérifié que le terme diamagnétique provenant des
corrections au modèle de Dirac est bien trop faible pour empêcher l’existence
de cette transition de phase quantique.
Conclusion et perspectives
bosons libres est tout à fait pertinente à prendre en compte les interactions
de Coulomb en présence du résonateur et dans le régime des hauts facteurs de
remplissage. Enfin, nous avons caractérisé les excitations issues du couplage
ultrafort (magnéto-polaritons) en diagonalisant un Hamiltonien quadratique
et bosonique prenant en compte l’ensemble des modes de la cavité planaire.
Dans ce cas, l’état fondamental du système contient un petit nombre d’excita-
tions électroniques et photoniques en raison des contributions antirésonantes
au Hamiltonien.
Dans le chapitre 3, nous avons montré que la prédiction théorique discu-
tée précédemment à donné lieu à une vérification expérimentale spectaculaire
dans le contexte de la spectroscopie térahertz de transmission. En particulier,
la loi d’échelle donnant la fréquence de Rabi du vide proportionnelle à la racine
carrée du facteur de remplissage des niveaux de Landau à été vérifiée, démon-
trant ainsi la grande accordabilité de ce système, allant du couplage faible au
couplage ultrafort caractérisé par un rapport Ωω = 0.58, correspondant à la
plus grande valeur obtenue dans les systèmes semiconducteurs. Les données
expérimentales ont été convenablement décrites par un modèle où la transi-
tion cyclotron est couplée de façon indépendante aux deux modes optiques du
résonateur. Finalement, la géométrie spécifique de ce résonateur est prise en
compte à travers un facteur de forme d’ordre unité. Les fréquences de couplage
ont été déterminées au moyen d’une procédure de fit du spectre de transmis-
sion du système, mettant en évidence un excellent accord du modèle avec les
données expérimentales.
Dans le chapitre 4, nous avons étendu la théorie du couplage ultrafort pour
les fermions massifs du semiconducteur au cas des fermions de Dirac du gra-
phène. En particulier, la loi d’échelle donnant la fréquence de Rabi du vide
proportionnelle à la racine carrée du facteur de remplissage des niveaux de
Landau est également valable dans ce cas, montrant ainsi la possibilité d’at-
teindre le régime de couplage ultrafort entre les fermions de Dirac et les modes
optique de cavité. Toutefois, nous avons démontré que l’absence de terme dia-
magnétique dans la limite continue est responsable de l’apparition d’un point
critique quantique, au delà duquel l’état fondamental du système est modifié
de façon non-perturbative. En considérant un modèle dans lequel la transition
cyclotron est couplée de façon indépendante aux deux polarisations d’un mode
de la boîte optique confinant le champ dans les trois directions de l’espace,
nous avons mis en évidence l’existence d’une densité critique indépendante
du champ magnétique à laquelle l’énergie des branches basses de polaritons
163
le facteur de remplissage est suffisamment élevé. Cet effet est donc d’autant
plus efficace à mesure que l’on diminue l’intensité du champ magnétique, tout
en restant dans les limites de résolution fixées par la mobilité du gaz d’élec-
trons. Dans ce type de systèmes, le transport quantique à basse fréquence
possède justement des propriétés non-triviales donnant naissance aux fameux
paliers d’effet Hall quantique pour la résistance transverse, ainsi qu’au compor-
tement oscillant de la résistance longitudinale. La période de ces oscillations
de Shubnikov-De Haas est alors fixée par le rapport entre l’énergie de Fermi
et celle de la transition cyclotron, et leur forme par les caractéristiques du
désordre au sein de l’échantillon. Des calculs célèbres menés par Ando dans
les années 70 ont montré que c’est à la modification de la densité d’état in-
duite par la diffusion avec les impuretés du réseau que l’on doit attribuer ce
comportement oscillant [112–115].
D’autre part, nous avons fait des calculs préliminaires montrant que la
fonction spectrale des fermions libres sous champ magnétique est fortement
modifiée par la présence de la cavité. En utilisant la procédure de bosonisation
développée par Westfahl et al., on peut en effet calculer analytiquement l’ex-
pression du propagateur hc†N,k (t)cN,k iG (|Gi désigne l’état fondamental lumière-
matière), de façon analogue à celle du modèle de Luttinger pour les fermions
unidimensionnels [21, 116]. Ce dernier se trouve alors relié au propagateur
des fermions libres hc†N,k (t)cN,k iF (|F i est donné par la relation 2.56) par une
équation intégrale pouvant être résolue numériquement. En supposant que la
résonance cyclotron est décrite par une lorentzienne de largeur arbitraire, on
a pu mettre en évidence l’émergence de deux nouveaux pics dans le spectre
des excitations, correspondant à une perte de poids spectral de la résonance
cyclotron au profit des deux nouvelles résonances de type polariton. On peut
donc s’attendre à priori à une modification au moins quantitative des pro-
priétés de transport à basse fréquence, provoquée par le fait que le champ
électromagnétique à l’intérieur de la cavité est traité comme un degré de li-
berté intrinsèque au système. Pour vérifier cela, on peut alors penser à dériver
une équation de Dyson permettant de relier de façon auto-consistante le propa-
gateur hc†N,k (t)cN,k iG à celui du même système mais en présence d’un potentiel
de désordre simple. De façon analogue au calcul de Ando, ceci pourrait nous
permettre de remonter à l’expression de la fonction de réponse courant-courant
et par conséquent de dériver une expression de la conductivité en présence de la
cavité et du désordre. Autrement dit, les effets dus au couplage ultrafort avec
les modes optiques du résonateur sont calculés de façon non-perturbative, et
165
le cas d’un couplage ultrafort avec des photons de cavité, nous avons vu qu’au
delà du facteur de remplissage critique, il apparaît une polarisation spontanée
entre le dernier niveau de Landau rempli et le premier niveau vide. On peut
alors s’attendre à une modification des propriétés d’écrantage du système in-
duite par le couplage aux mode de cavité. De plus, les cohérences photoniques
et électroniques dans les deux états fondamentaux dégénérés |Gi± sont des
choix possibles de paramètre d’ordre. Elles sont nulles dans la phase normale
et acquièrent des valeurs macroscopiques dans la phase superradiante. En reve-
nant à l’expression des opérateurs bosoniques b et b† , cette propriété se traduit
par des relations du type l hc†ν,l cν−1,l iG± ∼ N , indiquant l’apparition d’une
P
onde densité de charge. En suivant les arguments introduits par Fröhlich [121],
si cette dernière possède une charge totale nulle et ne peut par conséquent
porter aucun courant, elle peut néanmoins "glisser" sans résistance à travers
l’échantillon si sa période est incommensurable avec le pas du réseau. En pré-
sence de désordre, Lee, Rice et Anderson ont toutefois montré que cette onde
de densité de charge pouvait être piégée par les impuretés de l’échantillon[122].
On pourrait alors essayer de voir si il est possible de contrôler ces propriétés en
modifiant les paramètres du couplage lumière-matière. En outre, on s’attend
dans ce cas à une forte augmentation de la constante diélectrique induite par
la présence de la cavité.
Parallèlement, on pourrait tenter de généraliser ce raisonnement à tem-
pérature finie. En effet, Hepp et Lieb ont montré que la transition de phase
quantique de Dicke donnait lieu à une transition de phase classique à T 6=
0[123, 124]. On peut alors calculer analytiquement la fonction de partition du
système 21 , et dériver ainsi l’expression des différentes quantités thermodyna-
miques qui révèlent des anomalies lorsque l’on se rapproche du point critique.
Un autre développement intéressant serait de regarder ce qu’il advient de
nos résultats lorsque le facteur de remplissage est fractionnaire, et en parti-
culier dans la limite du couplage ultrafort ν 1. Comme nous l’avons déjà
évoqué, des travaux récents ont montré que le système admet dans ce cas une
instabilité qui favorise l’apparition d’une onde de densité de charge pour les
électrons du dernier niveau de Landau partiellement rempli[70]. De façon ana-
logue à l’instabilité de Peierls induite par le couplage électron-phonon dans
les conducteurs organiques unidimensionnels, un gap s’ouvre au niveau de la
21. Initialement effectué dans le cadre de l’approximation RWA, ce calcul à été ensuite
généralisé en présence des termes antirésonants, non-négligeables en régime de couplage
ultrafort[125].
167
Annexes
†
|q|2 l2 q ∗ l0 dr ql0 dr
0 −i √ −i √
hN | e−iq·η |N 0 i = e− 4 hN | e 2 e 2 |N 0 i
†
|q|2 l2 q∗ l d ql d
−i √0 r −i √0 r
0
X
= e− 4 hN | e 2 |ji hj| e 2 |N 0 i
j
N0
N −N 0 X N 0 −j
r
N 0! −iq ∗ l0 |q|2 l02
|q|2 l2
0 N!
−
=e 4 √ −
N! 2
j=0
(N − j)! (N 0 − j)!j! 2
r N −N 0
N 0 ! −iq ∗ l0
2 2
|q|2 l2
− 4 0 N −N 0 |q| l0
=e √ LN 0 , (A.1)
N! 2 2
0 si j > N
−iq ∗ l0 †
√ dr
hN | e 2 |ji = (A.2)
q ∗
N −j
N!
1 −iq
√ l0
j! (N −j)! 2
si j ≤ N,
N 0
−N 0
X N! (−x)j
LN
N0 (x) = . (A.3)
j=0
(N 0 − j)! (N − N 0 + j)! j!
|q|2 l2
0
hN | e−iq·η |N 0 i = e− [Θ (N − N 0 ) GN,N 0 (q ∗ l0 ) + Θ (N 0 − N ) GN 0 ,N (ql0 )] .
4
(A.4)
Dans l’équation précédente, les fonctions G sont définies par la relation
r N −l
|z|2
l! −iz −l
GN,l (z) = √ LN
l , (A.5)
N! 2 2
∗
et vérifient la propriété GN,l (z) = GN,l (−z ∗ ). En jauge symétrique, le calcul
de la contribution associée au mouvement du centre de guidage hl| e−iq·R |l0 i
s’effectue de façon analogue, et les éléments de matrice se mettent finalement
sous la forme
|q|2 l2
0
hN, l| e−iq·r |N 0 , l0 i = e− 2 ξN,N 0 (ql0 ) ξl,l0 (−q ∗ l0 ) , (A.6)
q x l2
0 Ty qy l2
0 Tx qx qy l2
0
hN, k| e−iq·r |N 0 , k 0 i = hN, k| e−iq·η ei ~ e−i ~ |N 0 , k 0 i ei 2 . (A.8)
p·u
En utilisant la propriété e−i ~ f (r) = f (r − u) ainsi que l’expression des
fonctions d’onde données par les relations (2.23) et (2.25), on trouve facilement
qx (k+k0 )l2
0
hN, k| e−iq·r |N 0 , k 0 i = e−i 2 hN | e−iq·η |N 0 i δk,k0 +qy , (A.9)
|q|2 l2
0 qx (k+k0 )l2
0
hN, k| e−iq·r |N 0 , k 0 i = e− 4 e−i 2 ξN,N 0 (ql0 )δk,k0 +qy . (A.10)
Y b†q,m nq,m
|{nq,m }i = p |F i , (A.11)
q,m
nq,m !
En s’appuyant sur les définitions (2.45) et (2.91), on voit tout de suite que
la composante qy varie entre 0 et 2π(NL −1) , ce qui donne N valeurs possibles
ikqx l02
pour qy . D’un autre côté, la période q2π 2 de la modulation sinusoïdale e
x l0
nel
X N 2! N 2!
DBnel = + (1 − nel ) , (A.13)
p=1
(N 2 − p)!(p − 1)! (N 2 − nel )!nel !
P
avec q nq,1 = nel et nel ≤ N . En comparant les expressions (A.12) et
(A.13), on voit facilement que si DBnel DFnel dans le cas général, on a exac-
A.3. Théorème "no-go" pour l’électrodynamique quantique en
cavité 173
tement DB1 = DF1 , et l’on peut dire que la bosonisation n’introduit pas d’états
non-physiques tant que l’on se restreint au sous-espace à un boson engendré
les états |1q i = b†q |F i. Notons que cette propriété n’est valable que pour la
transition d’énergie ~ω0 (m = 1 pour les bosons). Par exemple, on voit que 4
niveaux de Landau peuvent être impliqués dans une transition d’énergie 2~ω0 ,
ce qui modifie le dénombrement et l’expression de DFnel .
XX qi∗2
Hdia = j
A2 (a + a† )2 . (A.16)
j ij
2m∗ij c2
iΩ
Hint = √ (a + a† )(J− − J+ ) (A.19)
N
√
où Ω = ω~c0 d0 · A N est la fréquence de Rabi du vide
√ collective qui tient
compte de l’augmentation du couplage d’un facteur N . Parallèlement, le
terme diamagnétique (A.20) s’écrit en seconde quantification comme
2. Il est important de souligner que cette relation n’est valable que si les fonctions d’onde
atomiques à N électrons s’annulent aux bords du domaine d’intégration. En fait, cette condi-
tion est brisée si l’on considère des atomes artificiels faits de boîtes à paires de Cooper car
les fonctions d’onde doivent alors être 2π-périodiques. Dans ce cas précis, le no-go théorème
ne s’applique plus et le système admet un point critique quantique [82].
A.3. Théorème "no-go" pour l’électrodynamique quantique en
cavité 175
X qi∗2
Hdia = j
N A2 (a + a† )2 = ~D(a + a† )2 , (A.20)
ij
2mij
iΩ
H = ω0 Jz + ~ωa† a + √ (a + a† )(J− − J+ ) + ~D(a + a† )2 . (A.21)
N
ω02 ω02
Ω2 = N |d 0 · A| 2
≤ N |d0 |2 |A|2 . (A.22)
~2 c2 ~2 c2
X qi∗2 −i X X qi∗j
j ∗
= hg| [ q ri · u, pi · u] |gij , (A.23)
ij
2mij 2~ j i ij j i
mij j
j j
X qi∗2 X (ωσ − ωg ) X
j
= | hg|j qi∗j rij · u |σij |2
ij
2mij σ
~ ij
ω0 X ω0
≥ | hg|j qij rij · u |eij |2 = |d0 |2 , (A.24)
~ ij
~
Ω2
D≥ . (A.25)
ω0
Pour un ensemble d’atomes identiques et indépendants, chacun pouvant
être approximé par un système à deux niveaux, cette relation montre que le
determinant de la matrice de Hopfield ne s’annule jamais ce qui fait disparaitre
le point critique quantique du modèle. La raison fondamentale provient donc
de la relation entre le terme diamagnétique et la fréquence de Rabi du vide.
Mais qu’en est-il dans le graphène ? Nous avons vu en effet dans les sections
4.2.3 et 4.3.5 que le Hamiltonien des fermions du graphène en cavité ne fait pas
intervenir de terme diamagnétique dans la limite continue. Pour cette raison, le
système peut subir une transition de phase quantique qui change complètement
la nature de l’état fondamental. Il est alors légitime de se demander en quoi
ce modèle viole t-il le théorème no-go démontré précédemment. En outre, le
Hamiltonien (A.14) avec N = 1, m∗ = m0 la masse d’un électron nu, et
q ∗ = −e, semble à première vue apte à décrire les électrons des orbitales 2pz
en supposant que chacun d’entre eux est localisé au voisinage d’un site j donné.
Cependant, on comprend dès lors que cette vision où les électrons sont localisés
sur les sites du réseau ne peut en aucun cas rendre compte des propriétés de
basse énergie du graphène. En effet, la linéarité de la relation de dispersion ou
l’impossibilité de décrire les propriétés de basse énergie au moyen d’une masse
effective de bande est précisément due à l’amplitude de saut non-négligeable
entre les sites premiers voisins. Ceci nous fait donc d’office sortir du cadre de
ce modèle, autorisant ainsi la possibilité d’une transition de phase quantique.
√
Z X
HL = drΨ ~ † (r)HL Ψ(r)
~ = ~ω0 νc†N,k cN,k . (A.26)
N,k
1X
VC = ṼC (q)ρ̂−q ρ̂q , (A.28)
2 q
mc
X m~ω0 †
HL = √ bq,m bq,m . (A.32)
m=1
2 ν
X m~ω0 XX
Hmp = √ b†q,m bq,m + ~ζq,m,m0 b†q,m + b−q,m b†−q,m0 + bq,m0 ,
q,m
2 ν q m,m0
(A.33)
au moyen de la transformation de Bogoliubov généralisée
4. Notons que l’on reste dans le cadre de l’approximation bosonique utilisée jusqu’ici.
A.4. Magnéto-plasmons dans le graphène 179
X
mq,j = Uq,m,j bq,m + Vq,m,j b†−q,m . (A.34)
m
Sur la figure A.4.1, nous avons représenté les fréquences des magnéto-
plasmons du graphène normalisés λq,j /ω0 en fonction du vecteur d’onde adi-
mensionné |q|RC (traits pleins noirs). Nous avons pris = 4 ce qui donne
rs ≈ 0.5. Le facteur de remplissage est quant à lui fixé à ν = 50 comme pour
le gaz d’électron bidimensionnel. L’échelle quantifiant le mélange de niveaux
√
de Landau rs 2ν est de l’ordre de 5 ce qui est tout à fait comparable au cas
des fermions massifs de la section 2.2.7. On peut constater numériquement que
180 Annexe A. Annexes
Je souhaite remercier ici toutes les personnes qui ont contribué d’une façon
ou d’une autre à ce travail de thèse.
Je sais gré aux membres du jury d’avoir accepter l’invitation, pris le temps
de lire mon manuscrit malgré leurs agendas chargés, et bien sur de s’être dé-
placé le jour de ma soutenance. Un merci particulier à Marc Oliver Goerbig qui
s’est montré très disponible, et dont l’expertise et les conseils m’ont été très
profitables. Je remercie également Pascal Degiovanni et Vincenzo Savona pour
leurs remarques constructives qui m’ont permis d’améliorer la qualité de ce ma-
nuscrit. Merci à Marek Potemski pour ses suggestions, ainsi qu’au président
du jury, Carlo Sirtori, pour sa présence et son enthousiasme scientifique. Par
ailleurs, je tiens à remercier sincèrement le groupe d’optoélectronique quan-
tique de Zürich dirigé par Jérôme Faist ; notre collaboration fructueuse m’a
permis d’apprendre beaucoup de choses. Un merci particulier mêlé d’admira-
tion à Giacomo Scalari, pour son talent d’expérimentateur, sa persévérance et
sa gentillesse.
pour les nombreuses discussions, conseils, aide, mais aussi les très agréables
moments passés ensemble. Je dois dire que je suis infiniment reconnaissant
à Simon de m’avoir supporté en face de lui pendant ces trois ans. Simon,
je m’excuse pour les chants affreux, l’humour médiocre, les bruits d’animaux
agonisants et les pétages de câbles en tout genre... Un grand merci à tous
les anciens thésards, dont quelques sacrés personnages : Sébastien, Nicolas,
Carole, Quentin, Daria, Xavier. Je garde des souvenirs géniaux des soirées pa-
risiennes et weekends en province ! Merci aussi à Pauline pour son aide C2i
et Jean pour son énergie peu commune. Concernant les membres permanents,
je souhaite remercier chaleureusement Edouard, Yann, Yanko, Stefano pour
les discussions stimulantes, Giuliano et Maximilien pour leur sens de l’humour
et leur contact très agréable, ainsi qu’Idranil pour sa disponibilité. Un grand
merci à Anne Servouze pour son soutient et sa gentillesse, ainsi qu’un merci
général à tous les membres du laboratoire avec qui j’ai eu l’occasion de parta-
ger quelque chose durant ces trois ans !
Un grand merci à Aurore qui m’a supporté et encouragé avec amour dans
les moments difficiles, ainsi qu’au seul de mes frères qui ne me ressemble pas,
Adrien. Merci à Christine pour son soutient et à Hicham pour les agréables
discussions et moments passés à Toulouse. Merci également à mon ami de tou-
jours : Romain, ainsi qu’à Enguerran (dédé), Eddy (Sousou) et Grégoire (le
clown).
bois » (c’est quand même plus sympa de bosser avec quelques macarons !),
mon pote JD (une bonne garrot et une bonne bière...), ma pote Ludivine (le
« lâcher-prise » !) , et mon pote Loig (la coupe du monde 2010 avec Seb !).
Je pense également à Yousra (uf !) et Colline (désormais « femme de bois »).
Je me souviendrai longtemps des weekends dans le morvan... Merci à Juliana
ainsi qu’à Étienne et Hayley (là aussi bon souvenir de Boston).
Merci à tous...
184 Remerciements
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