0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues7 pages

Amélioration de La Représentativité Lors Du Prélèvement D'échantillons de Sols Contaminés: Description D'une Méthode Alternative D'échantillonnage

Ce document présente une méthode alternative d'échantillonnage des sols contaminés qui améliore la représentativité des échantillons, réduisant le coefficient de variation de près de 40% à moins de 20%. L'étude souligne les limitations des méthodes conventionnelles d'échantillonnage, souvent biaisées et peu représentatives, et propose une approche basée sur des principes théoriques pour minimiser les erreurs de classification des niveaux de contamination. Les résultats montrent une augmentation significative de la représentativité des échantillons, essentielle pour une caractérisation environnementale précise.

Transféré par

charleefokack
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues7 pages

Amélioration de La Représentativité Lors Du Prélèvement D'échantillons de Sols Contaminés: Description D'une Méthode Alternative D'échantillonnage

Ce document présente une méthode alternative d'échantillonnage des sols contaminés qui améliore la représentativité des échantillons, réduisant le coefficient de variation de près de 40% à moins de 20%. L'étude souligne les limitations des méthodes conventionnelles d'échantillonnage, souvent biaisées et peu représentatives, et propose une approche basée sur des principes théoriques pour minimiser les erreurs de classification des niveaux de contamination. Les résultats montrent une augmentation significative de la représentativité des échantillons, essentielle pour une caractérisation environnementale précise.

Transféré par

charleefokack
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

Amélioration de la représentativité lors du


prélèvement d’échantillons de sols contaminés :
description d’une méthode alternative
d’échantillonnage
Jean-Philippe Boudreault, Jean-Sébastien Dubé et Mirela Sona
École de technologie supérieure, Montréal, Québec, Canada
Éric Hardy
Qualitas-Quéformat, Longueuil, Québec, Canada

ABSTRACT
The representativeness of soil samples collected during the environmental characterization is most often ignored and
overlooked. Current methods of sampling, principally grab sampling, are characterized by high bias and high variability
(coefficient of variation calculated to nearly 40% in this study). It therefore becomes necessary to develop methods of
representative sampling in order to avoid classification errors in the decision of contamination levels. The sampling
method developed in this study has increased by 4 the degree of representativeness of the samples (coefficient of
variation just under 20%).

RÉSUMÉ
La représentativité des échantillons de sol prélevés lors de la caractérisation environnementale est très souvent ignorée
et laissée pour compte. Les méthodes actuelles d’échantillonnage ayant recours au grappillage sont caractérisées par
un biais élevé et une forte variabilité (coefficient de variation de près de 40% obtenu dans la présente étude). Il devient
donc inévitable, afin d’éviter les erreurs de classification lors de la prise de décision, de développer des méthodes
d’échantillonnage plus représentatives. La méthode alternative développée dans le cadre de ce projet a permis de
réduire par 4 la variance relative par rapport à l’échantillonnage conventionnel (coefficient de variation d’un peu moins
de 20%).

1 INTRODUCTION d’échantillonnage est dite «non probabiliste» étant donné


qu’elle fait intervenir le jugement d’une personne lors de
Il est reconnu que le développement durable des villes la sélection des incréments et est caractérisée par une
passe par la réhabilitation des sites urbains contaminés. forte incertitude et un grand biais (Gerlach et al. 2002;
Ces sites demeurent très difficiles à caractériser en Gy, 2004; Petersen et al. 2004). Ce biais sur les données
raison de la présence de remblais, ou sols anthropiques, environnementales de la méthode actuelle
ceux-ci étant empreints d’une très forte hétérogénéité tant d’échantillonnage engendre donc des conséquences
physique que chimique. En effet, ces remblais sont critiques lors de la détermination du niveau de
composés d’un mélange de sol naturel, de débris (brique, contamination des sols (classification par rapport aux
béton, métal, plastique) et de résidus industriels et critères génériques légaux), d’autant plus en présence de
domestiques (scories, mâchefers, cendre). En outre, la sol anthropiques urbains (de par leur forte hétérogénéité
contamination de ces milieux est souvent mixte, de constitution).
principalement par des métaux lourds (plomb, cuivre, La qualité des données environnementales est ainsi
zinc, étain) et des hydrocarbures aromatiques compromise par la mauvaise qualité et le manque de
polycycliques. Cette très forte hétérogénéité de représentativité des échantillons prélevés, caractéristique
constitution des sols anthropiques rend ainsi leur souvent laissée pour compte. Crumbling et al. (2003)
échantillonnage très difficile et lui confère une forte mentionne que 95% de la variabilité des données
incertitude. environnementales provient des erreurs engendrées lors
Dans la pratique actuelle, l’échantillonnage des sols de l’échantillonnage.
contaminés, appelé ici «échantillonnage conventionnel», La théorie de l’échantillonnage développée par Pierre
consiste à prélever par grappillage un certain volume de Gy fait mention de ces erreurs et est décrite par de
sol dans le godet de l’excavatrice, directement sur la nombreux auteurs (Dubé et al. 2008; François-Bongarçon
paroi de l’excavation ou dans une pile de sol excavé et et al. 2002; Gerlach et al. 2003; Gy 1996; Minkkinen
généralement de forme conique. L’endroit de ce 2004; Petersen 2005; Pitard 1993). Deux parties
prélèvement est déterminé par le préleveur et est basé composent cette théorie: la partie qualitative et la partie
sur son jugement. La quantité d’incréments (parties quantitative. La première partie porte sur les moyens à
distinctes) composant l’échantillon est également variable prendre pour réduire les erreurs d’échantillonnage,
d’un préleveur à un autre. En général, le volume total de notamment en utilisant des outils de prélèvement
l’échantillon est de 250 ml et le nombre d’incréments ne adéquats, en ayant recours au broyage des particules et
dépasse pas 10 (généralement 1 à 6). Cette méthode en appliquant des techniques représentatives de

185
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

réduction de masse. La deuxième partie de cette théorie, Les stations d’échantillonnage ont été effectuées à
la partie quantitative, permet d’estimer l’erreur totale l’aide d’une mini-excavatrice (minipelle) sur chenilles.
d’échantillonnage pour toute stratégie d’échantillonnage. Basé sur le Guide de caractérisation des terrains du
Dans la partie qualitative, il est question de broyage et Ministère du Développement durable, de l’Environnement
techniques représentatives de réduction de masse. Le et des Parcs du Québec (MDDEP, 2003), un point de
broyage des particules permet la réduction de prélèvement par 0,5 m de profondeur a été déterminé ou
l’hétérogénéité de constitution tandis que la réduction de pour chaque strate de matériaux distincts rencontrés au
masse représentative permet de minimiser droit de la tranchée (station d’échantillonnage).
l’hétérogénéité de distribution (liée entre autres à la Le prélèvement des échantillons s’est également
ségrégation). Parmi les techniques de réduction de limité à la profondeur du remblai (sol anthropique), dont
masse, la séparation séquentielle rotative s’est avérée la moyenne sur l’ensemble de la zone a été calculée à
être la plus représentative (Petersen 2004). Par contre, le 1,8 m. Au total, 141 points de prélèvement ont été
grappillage, est reconnu comme étant la technique la plus échantillonnés, soit de 3 à 5 points de prélèvement par
variable et la plus biaisée au sens de la théorie. station d’échantillonnage.
Dans cette optique, les objectifs de la présente étude
sont: 1) de développer une méthode alternative
d’échantillonnage basée sur les principes de la théorie de 3 MÉTHODE
Gy, 2) d’en évaluer sa représentativité, 3) de la comparer
à la méthode d’échantillonnage conventionnelle. Afin d’évaluer la variabilité de la méthode alternative
d’échantillonnage développée dans cette étude, 12 points
de prélèvement ont été préalablement déterminés
2 SITE ÉTUDIÉ (appelés ci-après points de contrôle). À cette fin, 6
stations d’échantillonnage ont été choisies (identifiées par
Le site étudié est un remblai urbain situé au centre-ville les carrés rouges à la figure 1) et pour chacune d’entre
de Montréal (Québec, Canada). Selon des rapports de elles, 2 points de contrôle ont été déterminés: un premier
caractérisation antérieurs, ce site est contaminé à la fois dans une couche superficielle du remblai (entre 0 et 1 m
en métaux, en hydrocarbures aromatiques polycycliques de profondeur) et un deuxième dans une couche
et en hydrocarbures pétroliers, résultant des nombreuses inférieure (entre 1 m de profondeur et la profondeur
activités industrielles ayant eu lieu dans le passé. De maximale du remblai).
nombreux résidus industriels et domestiques ainsi que Pour chacun de ces 12 points de contrôle, un
d’anciennes structures de fondations sont aussi présents échantillonnage conventionnel a été accompli en
dans le remblai. parallèle à notre méthode alternative d’échantillonnage.
L’échantillonnage a été limité à une portion du site
2
représentant 1288 m de ce site, soit une zone 3.1 Échantillonnage conventionnel
investiguée de 28 m par 46 m. Les travaux de terrain ont
été réalisés au printemps 2007. Un total de 38 stations Dans le cadre de ce projet, l’échantillonnage
d’échantillonnage a été effectué sur cette zone, ce qui conventionnel a été réalisé par un technicien
correspond à un intervalle d’environ 5 m entre les expérimenté. Les échantillons obtenus par grappillage
stations. La configuration des stations d’échantillonnage (étape appelée «grappillage 1») ont été formés à partir de
est présentée à la figure 1. 6 incréments pour un volume total de 250 ml de sol
prélevé, ce qui correspond à une masse approximative
de sol humide de 300 g (ou une masse approximative de
sol sec déterminée au laboratoire de 250 g).
Afin de quantifier la variabilité de cette méthode
d’échantillonnage, 2 pots par point de contrôle ont été
recueillis, soit un total de 24 pots. Ceux-ci ont été par la
suite transportés au laboratoire de génie
géoenvironnemental de l’École de technologie supérieure
(ÉTS), séchés à l’étuve à une température de 60°C et
tamisés à 2 mm. En vue de l’analyse chimique, un
second grappillage (étape appelée «grappillage 2») a été
effectué sur le tamisat de chacun des pots, à raison de 6
échantillons de 1 g par pot. À cette étape, 144
échantillons de 1 g ont été préparés (6 échantillons par
pot x 2 pots par point de contrôle x 12 points de contrôle).
Un schéma de cette procédure de grappillage est
présenté à la figure 2 (partie droite) pour un seul point de
contrôle.

Figure 1. Localisation des 38 stations d’échantillonnage


et des 12 points de contrôle

186
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

Figure 2. Schématisation des 5 étapes pour la méthode alternative d’échantillonnage et les 2 étapes du grappillage.
Méthode alternative: 1) prélèvement de 2 sacs de 13,25 kg, 2) réduction par pelletage fractionné en 5 et retenue de 2
fractions de 2,65 kg, 3) réduction par pelletage fractionné en 5 et retenue de 2 pots de 530 g, 4) broyage à 1 mm et
réduction en 8 puis retenue de 2 tubes de 50 g, 5) broyage à 0,212 mm et réduction en 8 puis retenue de 3 échantillons
de 1 g. Grappillage: 1) prélèvement dans la pile de 2 pots de 250 g, 2) prélèvement de 6 échantillons de 1 g par pot.

3.2 Échantillonnage alternatif masse facilement transportable par une personne,


chaque incrément a été limité à une demi-largeur de la
La méthode d’échantillonnage développée s’est déroulée pile. Ces deux incréments ont été recueillis avec une
en 2 phases distinctes : une première sur le terrain et une pelle à fond plat en aluminium dans un même sac de
deuxième en laboratoire. polyéthylène.

3.2.1 Échantillonnage de terrain

La première étape de la méthode d’échantillonnage


alternative consiste à disposer le sol excavé en des piles
linéaires (rectangulaires). L’excavation s’effectue en
minces couches de sol de 100 à 150 mm d’épaisseur
étendues les unes sur les autres à la surface du sol
jusqu’à concurrence d’une excavation de 0,5 m de
profondeur ou d’un changement de matériaux. Le but de
ces minces couches de sol est de reproduire
l’hétérogénéité verticale présente dans le sol non
remanié au sein d’une même strate identifiée. Cette
hétérogénéité verticale en strate est due en grande partie
à la ségrégation naturelle des particules de sol de
différentes tailles et de densités variées. Pour chaque
couche excavée de 100 à 150 mm, l’excavatrice étend,
sur toute la longueur de la pile rectangulaire, le contenu Figure 3. Schéma d’une pile rectangulaire : Les deux
de son godet. incréments d’un même sac sont représentés par un X.
Par la suite, deux incréments sont prélevés de façon Chaque couche teintée en gris représente les minces
transversale à la pile rectangulaire et dont la position est couches de 100 à 150 mm excavées avec la minipelle
choisie aléatoirement le long de la celle-ci (étape appelée dans un même matériau identifié (strate du remblai). La
«pile rectangulaire»). Dans un cas idéal, l’incrément couche 1 (en gris foncé) est étalée en premier sur la
devrait traverser complètement la largeur de la pile. Par surface du sol puis la couche 2 (en gris moins foncé) et
contre, dans le présent projet, afin de s’en tenir à une ainsi de suite jusqu’à un changement de matériau ou une
profondeur d’excavation de 0,5 m.

187
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

La masse moyenne des sacs prélevés durant le projet


a été de 13,25 kg de sol sec (environ 16 kg de sol
humide). Deux sacs ont été prélevés par pile
rectangulaire et ce, pour les 12 points de contrôle. La
figure 3 présente une schématisation de la pile
rectangulaire. La figure 4 présente des photographies
prises lors des travaux de terrain.

Figure 5. Pelletage fractionné d’un lot en 5 fractions

3.2.2 Échantillonnage de laboratoire

Dès leur réception au laboratoire, les pots ont été séchés


à l’étuve à une température de 60°C. Par la suite, chaque
pot a été tamisé au 10 mm et les particules grossières
ont été rejetées. Le taux moyen de refus sur le tamis 10
mm a été établi à 10%.
Le tamisat a été par la suite broyé dans un bol en
agate avec un broyeur planétaire jusqu’à ce que l’on
atteigne 95% de passant sur le tamis 1 mm. Il est à noter
que tous les tamis utilisés étaient en plastique afin
d’éviter la contamination en métaux. Le tamisat a été
séparé en 8 au séparateur rotatif (appareil construit au
laboratoire de l’ÉTS et fabriqué en aluminium anodisé) et
2 tubes d’environ 50 g ont été choisis aléatoirement
(étape appelée «séparation rotative 1»). La figure 6
Figure 4. Photographies prises durant l’échantillonnage présente le séparateur rotatif utilisé lors de la réduction
de terrain de masse en laboratoire.

Une fois le sac prélevé, celui-ci a été soumis à un


pelletage fractionné qui consiste à réduire la masse du
sol prélevé en un nombre déterminé de fractions
similaires. Cette étape (appelée «pelletage fractionné 1»)
a été accomplie avec une petite pelle en aluminium sur
une table recouverte d’une tôle en aluminium. Le lot (le
sac de 13,25 kg) a été divisé en 5 fractions d’environ 2,65
kg de sol sec et ce, en composant chaque fraction de 20
à 30 pelletées (incréments). La figure 5 présente une
photographie prise lors de l’étape du pelletage fractionné
effectué sur le site.
Par la suite, 2 fractions ont été retenues aléatoirement
(avec un dé) et divisées à leur tour de la même façon que
e
l’étape précédente. À la fin de cette 2 étape de pelletage
fractionné (appelée «pelletage fractionné 2»), 2 sous-
fractions par fractions retenues à l’étape précédente ont
été une fois de plus choisies aléatoirement et ont été
ensuite disposées dans des pots de 500 ml (masse
approximative de sol sec de 530 g). Ces pots ont été Figure 6. Photographie du séparateur rotatif utilisé pour la
finalement transportés au laboratoire de l’ÉTS. Pour réduction de masse : Les particules de sol sont placées
l’ensemble des points de contrôle, un total de 96 pots (2 dans un entonnoir de l’alimentation vibrante et tombent
pots par fraction x 2 fractions par sac x 2 sacs par pile graduellement dans le séparateur rotatif tournant à une
rectangulaire x 12 points de contrôle) a été conservé. vitesse de 90 rpm. Le lot est ainsi séparé en 8 et chaque
fraction résultante est retenue dans un tube de plastique.

188
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

Ces tubes ont été resoumis à une phase de broyage s


2
afin d’obtenir 95% des particules passant le tamis 0,212 srel = CV = srel = [3]
mm. Ensuite, chacun de ces tubes a été redivisé jusqu’à x
l’obtention d’échantillons de 1 g. À cette étape (appelée
«séparation rotative 2»), 3 échantillons de 1 g ont été 4 RÉSULTATS ET DISCUSSION
retenus par tube (toujours de manière aléatoire) afin de
les analyser pour leur contenu en métaux. Pour Afin de comparer la méthode alternative développée avec
l’ensemble des points de contrôle, un total de 576 l’échantillonnage conventionnel (le grappillage), une
échantillons de 1 g a été obtenu (96 pots x 2 tubes par comparaison de deux paramètres a été réalisée: 1) une
pot x 3 échantillons de 1 g par tube). comparaison de la représentativité par contaminant pour
chacune des méthodes (par la comparaison des
3.3 Analyse en laboratoire variances relatives respectives), 2) une comparaison des
moyennes par contaminant pour chacune des méthodes.
Tous les échantillons de 1 g ont été soumis à une
digestion acide avec de l’acide nitrique et de l’acide 4.1 Représentativité de l’échantillonnage
chlorhydrique conformément au protocole MA. 200 Mét.
1.1 (section métaux extractibles dans les sols) développé La variance relative moyenne pour les 12 points de
par le Centre d’expertise en analyse environnementale du contrôle a été calculée pour chaque métal. Ces résultats
Québec (CEAEQ, 2008). Le produit de la digestion a été sont présentés à la figure 7 et au tableau 1. Un deuxième
filtré et soumis à une analyse spectrométrique à l’aide axe vertical a été ajouté à la figure 7 : l’écart-type relatif
d’un spectromètre d’émission atomique au plasma (CV).
d’argon (ICP-OES). Les métaux analysés ont été le
cadmium (Cd), le cobalt (Co), le chrome (Cr), le cuivre
(Cu), le nickel (Ni), le manganèse (Mn), le plomb (Pb) et
le zinc (Zn). Il est à noter que seuls les métaux ont été
analysés dans ces échantillons.

3.4 Définitions des termes statistiques utilisées

La représentativité d’un échantillon est la qualité de celui-


ci à reproduire les caractéristiques de la population, qui
est, dans le contexte des sites contaminés, le sol
environnant au point de prélèvement. La représentativité
se définit statistiquement par la somme du carré du biais
relatif (carré de la moyenne des erreurs relatives) et de la
variance relative. L’équation 1 représente cette relation.

r 2 ( ETE ) = m 2 ( ETE ) + s 2 ( ETE ) [1]

2
où ETE est l’erreur totale d’échantillonnage, r (ETE) Figure 7. Variances relatives classées par métal pour la
2
est la représentativité, m (ETE) est le carré du biais relatif méthode alternative (en bleu) et le grappillage (en gris)
2
et s (ETE) est la variance relative. Étant donné que la
concentration réelle est rarement connue, le biais ne peut
ainsi être connu. Dans le présent projet, nous avons fait Pour la totalité des métaux, la variance relative est
abstraction du biais en considérant que la représentativité plus grande pour le grappillage que pour la méthode
est fonction seulement de la variance relative. alternative développée. Le cuivre s’avère être le métal
La variance relative est définie par l’équation 2. Elle ayant le plus fort coefficient de variation, suivi du zinc et
est égale à la variance divisée par le carré de la du plomb. Le CV moyen résultant pour la méthode
moyenne. alternative est de 19,2% tandis que pour le grappillage,
ce CV moyen est de 38,5%.
En moyenne (tous les métaux confondus), la méthode
alternative est 4 fois plus représentative (voir ratio moyen
2 2 s2 du tableau 1). Ce ratio varie entre 2 et 24 selon le métal.
s ( ETE ) = s rel = 2 [2]
Le gain en représentativité est ainsi significatif (basé sur
x les résultats d’une ANOVA à deux facteurs, p = 0,0004 <
0.05) en ayant recours à la méthode alternative
d’échantillonnage développée.
L’écart-type relatif (ou coefficient de variation: CV) est
égale à l’écart-type divisé par la moyenne ou tout
simplement la racine carrée de la variance relative. Cette
relation est donnée par l’équation 3.

189
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

Tableau 1. Sommaire des variances relatives pour où ∆rel est la différence relative, Calt est la
chaque méthode concentration moyenne de la méthode alternative et Cgrap
est la concentration moyenne de la méthode par
Méthode grappillage.
Grappillage : Ratio des
alternative :
Métal variance variances
variance La différence relative moyenne pour les huit métaux
relative relatives
relative est de 11,5%. Une ANOVA à deux facteurs (points de
Cadmium 0,009 0,046 5,2 contrôle et métaux) a révélé que les concentrations ne
Cobalt 0,003 0,045 14,7 sont pas significativement différentes (p = 0,56 > 0.05).
Chrome 0,003 0,057 17,1
Cuivre 0,214 0,444 2,1
Manganèse 0,002 0,038 23,9 Tableau 2. Sommaire des concentrations moyennes pour
Nickel 0,008 0,051 6,6 chaque méthode
Plomb 0,024 0,246 10,3
Zinc 0,032 0,260 8,1 Méthode Grappillage :
Moyenne 0,037 0,148 4,0 alternative : concentration Différence
Métal concentration moyenne relative
moyenne (Cgrap en (∆rel en %)
4.2 Comparaison des concentrations moyennes (Calt en ppm) ppm)
Cadmium 11,9 10,5 12,1%
La comparaison des concentrations moyennes par Cobalt 9,4 8,6 8,2%
méthode d’échantillonnage a été également accomplie. Chrome 21,8 18,8 14,2%
Les concentrations moyennes (en mg/kg ou ppm) pour Cuivre 88,4 62,8 29,0%
les 12 points de contrôle ont été calculées pour chaque Manganès
métal. Ces résultats sont présentés à la figure 8. e 490,1 464,3 5,3%
Nickel 25,6 22,5 12,0%
Plomb 405,8 390,6 3,7%
Zinc 300,1 278,1 7,3%
Moyenne 11,5%

5 CONCLUSIONS

La représentativité des échantillons de sol prélevés lors


de la caractérisation environnementale est très souvent
ignorée et laissée pour compte. Des données
environnementales non représentatives peuvent entraîner
des conséquences critiques lors de la prise de décision:
1) laisser en place une zone contaminée qui aurait due
être décontaminée (conséquence environnementale) et
2) décontaminer une zone qui est en réalité propre
(conséquence monétaire).
La non représentativité des échantillons est
directement liée aux erreurs d’échantillonnage. Il est donc
nécessaire d’améliorer les techniques d’échantillonnage
Figure 8. Concentrations moyennes classées par métal actuelles afin d’éviter ces conséquences néfastes
pour la méthode alternative (en bleu) et le grappillage (en découlant d’une mauvaise classification de la
gris) contamination.
L’objectif de la présente étude était donc de
développer une méthode alternative d’échantillonnage qui
Pour l’ensemble des métaux, la concentration améliorerait la qualité des échantillons de sol prélevés.
moyenne est légèrement plus élevée pour la méthode La méthode développée, basée sur les principes
alternative que pour le grappillage. Les différences fondamentaux de la théorie de Gy et ayant recours à des
relatives ont été calculées conformément à l’équation 4 et étapes successives de réduction de masse et de
sont regroupées dans le tableau 2. broyage, a permis d’augmenter par un facteur de 4 la
représentativité des échantillons en comparaison avec un
échantillonnage conventionnel, c’est-à-dire par
Calt − C grap grappillage. Le coefficient de variation de la méthode
∆ rel = [4] développée a été de 19,2% par rapport à 38,5% pour le
Calt grappillage.
Cependant, aucune différence significative n’a été
mesurée entre les concentrations moyennes des métaux

190
GeoHalifax2009/GéoHalifax2009

mesurées dans les échantillons produits par la méthode Ministère du Développement durable, de l’Environnement
alternative et ceux produit par le grappillage. et des Parcs du Québec - MDDEP. 2003. Guide de
En conclusion, les erreurs d’échantillonnage se caractérisation des terrains. Sainte-Foy: Les
répercutent sur les prises de décision de tout projet de Publications du Québec.
réhabilitation environnementale. Il est donc primordial Petersen L, Minkkinen P, Esbensen K.H. 2005.
d’appliquer des méthodes d’échantillonnage dites Representative sampling for reliable data analysis:
représentatives et ce, du prélèvement primaire sur le Theory of Sampling. Chemometrics and Intelligent
terrain jusqu’à l’analyse finale en laboratoire. Laboratory Systems, 77: 261-277.
Petersen L, Casper K.D., Esbensen K.H. 2004.
Representative mass reduction in sampling – a critical
REMERCIEMENTS survey of techniques and hardware. Chemometrics
And Intelligent Laboratory Systems, 74: 95-114.
Les auteurs tiennent à remercier le Conseil de recherche Pitard, F.R. 1993. Pierre Gy’s Sampling Theory and
en sciences naturelles et génie du Canada (CRSNG) Sampling Practice: Heterogeneity, Sampling
pour leur support financier à travers le Programme de Correctness, and Statistical Process Control. Second
subventions de recherche et développement coopérative Edition, CRC Press, Boca Raton, FL, USA.
(RDC) accordé au professeur J.-S. Dubé. Les auteurs
remercient également Qualitas-Quéformat pour leur
support financier et leur expertise lors de la description
des tranchées de même que R. Bost lors des travaux
réduction de masse sur le terrain.

RÉFÉRENCES

Centre d'expertise en analyse environnementale du


Québec - CEAEQ. 2008. Détermination des métaux :
méthode par spectrométrie de masse à source
ionisante au plasma d’argon. MA. 200 – Mét 1.1, Rév.
4, Ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs du Québec.
Crumbling, D.M., Griffith, J., Powell, D.M. 2003. Improving
decision quality: Making the case for adopting next-
generation site characterization practices.
Remediation Journal, 13(2), 91-111.
Dubé, J.-S., Boudreault, J.-P., Bost, R., Hardy, É., 2008.
Laboratory sampling of urban anthropogenic soil.
CSCE 2008 Annual General Meeting and Conference,
10th Environmental Specialty Conference, Quebec,
QC, Canada.
François-Bongarçon, D. and Gy, P. 2002. The most
common error in applying 'Gy's formula' in the theory
of mineral sampling, and the history of the liberation
factor. Journal of The South African Institute of
Mining and Metallurgy, 102: 475-479.
Gerlach, R.W., Nocerino, J.M., Ramsey, C.A., Venner,
B.C. 2003 Gy sampling theory in environmental
studies: 2. Subsampling error estimates. Analytica
Chimica Acta, 490: 159-168.
Gerlach, R.W., Dobb, D.E., Raab, G.A., Nocerino, J.N.
2002. Gy Sampling theory in environmental studies I:
Assessing soil splitting protocols. Journal of
Chemometrics, 16: 871-878.
Gy, P.M., 2004. Sampling of discrete materials – a new
introduction to the theory of sampling 1. Qualitative
Approach. Chemometrics and Intelligent Laboratory
Systems, 74: 7-24.
Gy, P.M. 1996. L’échantillonnage des lots de matière en
vue de leur analyse. Masson, Paris.
Minkkinen P. 2004. Practical applications of sampling
theory. Chemometrics and Intelligent Laboratory
Systems, 74: 85-94.

191

Vous aimerez peut-être aussi