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Introduction

Cette recherche examine la requête civile comme voie de recours extraordinaire en République Démocratique du Congo, en analysant ses fondements juridiques, son régime procédural et son application pratique. L'étude vise à identifier les obstacles à son utilisation, tout en proposant des solutions pour améliorer son efficacité dans un contexte où l'accès à la justice est souvent limité. Les résultats devraient enrichir la doctrine congolaise et servir de référence pour les praticiens et chercheurs dans le domaine du droit.

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Introduction

Cette recherche examine la requête civile comme voie de recours extraordinaire en République Démocratique du Congo, en analysant ses fondements juridiques, son régime procédural et son application pratique. L'étude vise à identifier les obstacles à son utilisation, tout en proposant des solutions pour améliorer son efficacité dans un contexte où l'accès à la justice est souvent limité. Les résultats devraient enrichir la doctrine congolaise et servir de référence pour les praticiens et chercheurs dans le domaine du droit.

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1

INTRODUCTION GENERALE

a) Présentation de l’objet de recherche (objet et contexte de la recherche)

Le droit au recours juridictionnel constitue l’un des piliers fondamentaux de l’Etat de


droit, car il garantit à chaque justiciable la possibilité de contester une décision judiciaire
qu’il estime injuste, illégale ou entachée d’erreurs graves1.

Dans cette perspective, les voies de recours occupent une place essentielle dans
l’architecture du procès civil, en ce qu’elles permettent le contrôle des décisions judiciaires,
assurent la cohérence, et la légalité de la justice rendue. En République Démocratique du
Congo, l’organisation judiciaire repose sur des principes fondamentaux tels que
l’indépendance du pouvoir judiciaire qui est une garantie fondamentale de la séparation des
pouvoirs essentielle pour la crédibilité de la justice et la protection des droits humains, le
respect des droits de la défense aperçu comme un système indépendant censé de veiller au
respect des droits fondamentaux, y compris le droit à un procès équitable, intrinsèquement lié
aux droits de la défense2, et l’autorité de la chose jugée qui est un principe qui assure la
sécurité juridique, garantissant que les décisions judiciaires définitives ne peuvent être
remises en cause indéfiniment, stabilisant ainsi le droit.

La requête civile constitue un moyen de recours essentiel dans le système judiciaire


de la République Démocratique du Congo (RDC). Elle permet à une partie d’intervenir auprès
du juge en dehors des voies de recours ordinaires afin de faire valoir ses droits. Ce
mécanisme, souvent méconnu, joue un rôle capital dans la protection des intérêts des
justiciables. En contexte congolais, où l’accès à la justice rencontre plusieurs obstacles, la
requête civile offre une procédure rapide et efficace. Cette étude se propose d’examiner ce
moyen de recours extraordinaire afin d’en comprendre les fondements et les implications
pratiques. Le cadre juridique et institutionnel spécifique de la RDC sera ainsi analysé pour
mieux cerner la portée de cette procédure.

Le système procédural civil prévoit plusieurs voies de recours afin d’assurer le


contrôle des décisions juridiques3. En droit procédural congolais, à l’instar des autres
systèmes juridiques d’inspiration romano-germanique, les voies de recours se divisent
1
Henri MOTULSKY, Principes d’une réalisation méthodique du droit privé, Paris, Dalloz, 1978, p. 43.
2
Art. 149-19 de la Constitution de la RDC telle modifiée en ces jours.
3
Loïc Cadiet, Droit judiciaire privé, Paris, LGDJ, 2019, pp. 215-126.
2
traditionnellement en voies de recours ordinaires (opposition et appel) et voies de recours
extraordinaires, parmi lesquelles figure la requête civile. Cette dernière se distingue des
premières par son caractère extraordinaire et exceptionnel, tant du point de vue de ses
conditions d’exercice que de ses effets sur les décisions judiciaires passées en force de chose
jugée.

La requête civile apparait ainsi comme un mécanisme procédural destiné à remettre


en cause une décision judiciaire définitive lorsque celle-ci est affectée de vices partiellement
graves, tels que la fraude, le dol, la découverte de pièces décisives retenues ou ignorées, ou
encore certaines erreurs de fait imputables au juge4. Elle constitue, de ce fait, une atteinte
encadrée au principe fondamental de l’autorité de la chose jugée, principe indispensable à la
stabilité juridique et à la sécurité des relations sociales.

En République Démocratique du Congo, la requête civile est prévue et réglementée


par le Code de procédure civile, lequel en fixe plus les conditions de recevabilité, les délais, la
compétence juridictionnelle ainsi que les effets. Toutefois, dans la pratique judiciaire
congolaise, cette voie de recours demeure relativement méconnue, peu utilisée ou parfois
confondue avec d’autres mécanismes procéduraux, ce qui soulève de nombreuses
interrogations quant à son effectivité réelle et à son rôle dans la protection des droits des
justiciables.

Le présent travail a pour objet l’étude approfondie de la requête civile en tant que
voie de recours extraordinaire en droit congolais, tant dans sa conception théorique que dans
son application pratique. Il s’agit d’analyser son fondement juridique, son régime procédural,
ses conditions d’exercice et ses effets, tout en mettant en lumière les difficultés rencontrées
dans la pratique judiciaire et les perspectives d’amélioration envisageables.

b. Objectifs visés par la recherche (objectifs, choix et intérêt du sujet)

L’objectif comme on peut l’entendre, est un but clair, précis et réalisable, formulé
par le chercheur pour définir l’intention, la portée et la finalité d’une étude. Il sert de guide
méthodologique pour orienter la collecte de données, analyser un phénomène, et évaluer les

4
LUKOMBE NGHENDA, Manuel de procédure civile congolaise, Kinshasa, Presses Universitaires du Congo, 2012,
p. 151.
3
résultats pour répondre à une problématique 5. C’est dans ce sens que les objectifs de notre
recherche se déclinent en un objectif général qui est but global, et en des objectifs spécifiques
qui sont des étapes opérationnelles.

 Objectif général

L’objectif général de cette recherche est d’analyser de manière critique la requête


civile comme voie de recours extraordinaire en RDC, afin d’en apprécier la portée juridique,
l’effectivité pratique et la contribution à la réalisation de la justice. Nous visons à identifier les
conditions d’application de cette procédure et à analyser ses avantages et ses limites.

 Objectifs spécifiques

De manière spécifique, cette étude vise à :


- Définir la notion de requête civile et à en dégager les éléments constitutifs ;
- Examiner le fondement légal et le régime juridique de la requête civile ;
- Analyser la pratique judiciaire congolaise relative à cette voie de recours ;
- Relever les difficultés juridiques et pratiques liées à son application ;
- Proposer des pistes de solution en vue d’une meilleure efficacité de la requêté civile.
Ainsi, ces objectifs fixés nous conduisent à justifier le choix porté à notre sujet.

Le choix de ce sujet découle de l’importance croissante de la requête civile dans la


résolution des litiges, surtout dans un contexte où les voies de recours ordinaires peuvent
s’avérer longues et coûteuses. Cette étude permettra également de suggérer des pistes
d’amélioration pour renforcer l’accès à la justice.

C’est en ce sens qu’il se justifie par son intérêt scientifique, juridique et pratique.
Scientifiquement, la requête civile est un mécanisme peu étudié en doctrine congolaise, alors
qu’elle joue un rôle important dans le système des voies de recours ; cette étude sur ce plan
contribuera à enrichir la réflexion doctrinale sur les recours extraordinaires en droit congolais.
Juridiquement, elle pose un délicat équilibre entre la recherche de la justice matérielle et le
respect de l’autorité de la chose jugée. Pratiquement enfin, elle constitue un instrument
précieux pour les justiciables victimes de décisions rendues sur la base de manœuvres
frauduleuses ou d’erreurs graves.
5
Https://[Link] (Consulté le 30/01/2026 à 12h05’).
4
c. Problématique et question de la recherche

Edith Jaillardon et Dominique Roussillon cité par Aimé BANZA définissent la


problématique comme « un ensemble cohérent, organisé, des questions et concepts relatifs à
un sujet déterminé, permettant d’ouvrir sur des hypothèses dont la démonstration constitue le
cœur de la recherche ».

C’est à cet effet que le professeur Aimé BANZA définit à son tour la problématique
comme l’étape dans laquelle l’auteur construit clairement les problèmes constatés par rapport
au sujet et les reformule en questions scientifiquement pertinentes. Pour une recherche en
Droit, la problématique devra consister à dégager les constats des problèmes liés au sujet et
ensuite formuler quelques questions y relatives au regard des théories juridiques en présence6.

Toutefois, l’expérience judiciaire démontre que certaines décisions passées en force


de chose jugée peuvent être entachées de vices graves, tels que la fraude, l’usage de faux
documents ou la dissimulation de pièces décisives. Sous cette observation exceptionnelle, le
maintien rigide de l’autorité de la chose jugée risquerait de consacrer l’injustice au détriment
de la vérité judiciaire ; ce qui nécessite un équilibre entre la stabilité des décisions judiciaires
et la recherche de la justice matérielle. Pour pallier ce problème, le législateur a prévu les
voies de recours dites ordinaires et extraordinaires selon que l’on est en matière civile,
commerciale ou pénale.

Au regard des définitions découlant de la problématique susmentionnées, la requête


civile malgré sa consécration légale, demeure une voie de recours rarement exercée en RDC,
s’expliquant soit par la rigueur excessive des conditions de recevabilité d’une part, par la
méconnaissance de cette procédure par les justiciables et même par certains praticiens du
droit, ou encore par des insuffisances du cadre légal et jurisprudentiel d’autre part.

Dès lors, la problématique centrale de cette recherche résulte de la méconnaissance


de la requête civile comme voie de recours en RDC dont l’inapplicabilité de celle-ci par les
praticiens du droit, notamment les avocats, les défenseurs judiciaires et assimilés, n’assure pas
les droits des justiciables pour corriger les injustices résultant de décisions judiciaires
définitives, tout en préservant la sécurité juridique.

6
Aimé BANZA, Cours de méthodologie de recherche, UNILU, 2024, Inédit.
5
Cette problématique est d’autant plus pertinente que les recours extraordinaires (la
requête civile) sont souvent perçus comme des voies de recours, parfois mal maîtrisées par les
justiciables et les professionnel du droit. De cette problématique découle la question
principale de recherche qui se reformule de la manière suivante : quelle est la portée réelle de
la requête civile comme voie de recours extraordinaire en RDC et quelles sont les limites de
son application pratique ? Cette question nous permet à proposer nos hypothèses.

d. Hypothèses de recherche

L’hypothèse est une série de réponses supposées ou provisoires, mais vraisemblables


au regard des questions soulevées par la problématique et lesquelles réponses peuvent être
confirmées, infirmées ou nuancées au bout de la recherche. Elles sont donc des réponses
temporaires, à vérifier, aux questions de recherche posées; qui orientent la recherche dans leur
direction7. Il s’agit ici, d’une ou plusieurs propositions de réponses qui ne sont que des
simples possibilités formulées préalablement qui seront, à la lumière de cette recherche,
valides ou invalides. C’est pourquoi nous voulons dans une certaine mesure considérer que
l’hypothèse est hypothétique. De ce fait, l’hypothèse joue un rôle de faire éclairer la voie que
le chercheur doit emprunter dans son travail.

Au regard de cette définition, nous formulons l’hypothèse que : la requête civile, bien
qu’étant un moyen de recours extraordinaire, demeure sous-utilisée en RDC en raison d’un
manque d’information et de formation, aspect qui se fonde en partie par une insuffisante
maitrise de cette procédure par les justiciables et les praticiens du droit, ce qui rend inefficace
le type du recours sujet de notre recherche. Une clarification du cadre légal et une
harmonisation de la jurisprudence pourraient renforcer l’efficacité de la requête civile sans
compromettre l’autorité de la chose jugée.

Par ailleurs, nous supposons que les contraintes procédurales et administratives


aperçues comme des conditions de recevabilité strictes et une application jurisprudentielle
restrictive, limitent l’efficacité réelle de cette voie de recours. Cependant, nous pensons aussi
que la requête civile constitue en droit congolais une voie de recours juridiquement pertinente,
un outil précieux pour désengorger les tribunaux et garantir une justice plus rapide. L’étude
visera donc à confirmer ou infirmer ces hypothèses doctrinales, jurisprudentielles et
empiriques.

7
A. BANZA, Op. Cit., pp. 179, 181.
6
e. Méthodes et techniques de recueil et d’analyse des données

Disons ici que la méthode est une manière de guider le raisonnement juridique dans
le processus systématique et rigoureux conduisant à l’acquisition de nouvelles connaissances
dont la recherche scientifique8. Pour atteindre les objectifs poursuivis, la présente recherche
repose sur plusieurs méthodes scientifiques, notamment :
- la méthode juridique analytique, consistant à analyser les textes légaux et réglementaires
relatifs à la requête civile ;
- la méthode descriptive, permettant de présenter le régime juridique et la pratique de
cette voie de recours ;
- la méthode comparative, utilisée de manière accessoire pour confronter le droit
congolais à certains systèmes juridiques voisins ou d’inspiration similaire.

Les techniques de recherche utilisées comprennent l’analyse documentaire (ouvrages


doctrinaux, articles scientifiques), l’étude des textes juridiques et l’examen de certaines
décisions jurisprudentielles pertinentes.

f. Apports et limites de l’étude

Cette étude entend contribuer à l’enrichissement de la doctrine congolaise en matière


de procédures civiles et de voies de recours extraordinaires. Elle apporte à cette fin, une
nouvelle compréhension de la requête civile en RDC, en mettant en lumière ses potentialités
et obstacles. Elle vise également à servir d’outil de référence pour les étudiants, praticiens et
chercheurs intéressés par la requête civile, en offrant des recommandations pratiques pour
améliorer son usage et son efficacité.

Toutefois, certaines limites sont à relever, notamment la difficulté d’accès à certaines


données judiciaires (l’accès restreint à la jurisprudence publiée et la rareté des travaux
doctrinaux spécifiques sur la requête civile en RDC), et la possibilité des pratiques selon les
régions. De plus, la portée de l’étude reste circonscrite à la situation congolaise, ce qui limite
la généralisation des résultats. Néanmoins, cette étude ouvre des pistes pour des recherches
futures sur les recours extraordinaires en droit africain.

8
A. BANZA, Op. Cit., p. 137.
7
g. Structure du texte

Outre l’introduction générale, le travail s’organise en trois chapitres, sanctionnés par


la conclusion. Le premier chapitre présente le cadre théorique, en définissant les concepts clés
et en exposant les théories explicatives. Le deuxième chapitre est consacré au cadre
empirique, avec une description du champ d’étude et des méthodes utilisées. Le troisième
chapitre analyse les résultats obtenus de la recherche, les discute et propose des solutions. La
conclusion synthétise les principaux enseignements, et enfin, le document se clôt par les
références bibliographiques ainsi que les textes juridiques pertinents.

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