REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROUN
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COLLEGE CATHOLIQUE BILINGUE DE LA RETRAITE LA RETRAITE CATHOLIC BILINGUAL COLLEGE
LES METHODES DE CONTRACEPTIONS
THEME :
MEMBRES DU GROUPES :
- ABOUBAKAR Garba
- ABOUNA Priscile
- KYANE Anthony
- MATCHANG Magloire
- NGAMBOU Aline
- NGUIEDJO Manuel
- NOUMBA Suzanne
- OLA Vanilla
- TALTO Marc
- TCHEKAM Ibana
- VOULA Evrarde
SOUS LA SUPERVISION DE : L’Abbé Benjamin MVENG
PLAN DE TRAVAIL
INTRODUCTION
I- LES METHODES CONTRACEPTIVES ET LEURS CARACTERISTIQUES
1- La planification familiale naturelle
2- Les méthodes chimiques
3- Les repèreséthiques
II- POSITION DES GRANDES RELIGIONS SUR LES METHODES CONTRACEPTIVES
1- La religion catholique
2- La religion protestante
3- La religion musulmane
CONCLUSION
INTRODUCTION
La contraception désigne l’ensemble des moyens utilisés pour empêcher la survenue d’une
grossesse. Si elle constitue aujourd’hui un instrument essentiel de régulation des naissances et de
santé publique, elle soulèveégalement des interrogations profondes d’ordre moral et religieux. En effet,
dans de nombreuses traditions religieuses la sexualité humaine ne se réduit pas à une simple
dimension biologique ; elle possède une signification spirituelle, liée au mariage, à l’amour et à la
transmission de la vie. La question de la contraception touche donc directement à la conception
religieuse de la personne humaine et du dessein de Dieu sur le couple. Les méthodes contraceptives
jouent un rôle important dans la sante de la mère, de l’enfant et dans la société en général.
I- LES METHODES CONTRACEPTIVES ET LEURS CARACTERISTIQUES
1- La planification familiale naturelle
La contraception naturelle repose sur l’observation du cycle menstruel de la femme afin
d’identifier les périodes fertiles et infertiles. Elle comprend notamment la méthode du calendrier, la
méthode de la température et la méthode de l’observation de la glaire cervicale.
*méthode du calendrier : elle consiste à identifier la période fertile en calculant les jours à risque
généralement entre le 8e et le 18e jour du cycle pour s’abstenir des rapports sexuels
*méthode de la température : elle permet de suivre la fertilité basée sur l’augmentation de la
température basale d’environ 0,2°C à 0,5°C après l’ovulation provoquée par la progestérone. Elle
nécessite de prendre sa température chaque matin, au réveil, avant de se lever avec le même
thermomètre et de noter les valeurs sur un graphe pour repère la période fertile.
* méthode de l’observation de la glaire cervicale : L’observation de la glaire cervicale consiste à
examiner quotidiennement la consistance et la couleur des pertes vaginales pour identifier la période
fertile. La glaire devient filante, transparente et glissante (comme du blanc d’œuf cru) à l’approche de
l’ovulation, et épaisse/collante en période non fertile.
Cette méthode n’implique aucune intervention chimique ou mécanique. Elle respecte le
fonctionnement biologique naturel du corps. Sur le plan religieux, elle est généralement mieux acceptée
car elle ne modifie pas artificiellement l’acte conjugal. Elle demande toutefois discipline, connaissance
du corps et dialogue au sein du couple. Son principal inconvénient est son efficacité variable.
2- Les méthodes chimiques
La contraception artificielle regroupe les méthodes qui interviennent médicalement pour
empêcher la fécondation ou l’ovulation. On distingue :
a) Les méthodes hormonales
Elles incluent la pilule, les injections et l’implant. Elles agissent principalement en bloquant
l’ovulation. Les méthodes de contraception hormonales utilisent des hormones de synthèses
(œstrogènes et/ou progestatives) pour bloquer l’ovulation, épaissir la glaire cervicale et affiner
l’endomètre, prévenant ainsi les grossesses. Disponibles sur prescription, elles incluent la pilule, le
patch, l’anneau, l’implant, l’injection et le DIU hormonal, avec une haute efficacité. Voici un panorama
des méthodes hormonales :
*Pilule contraceptive (orale) : Prise quotidienne (21 jours + 7 jours d’arrêt ou en continu) pour
bloquer l’ovulation.
*Micropilule : Prise en continu, souvent adaptée si contre-indication aux œstrogènes.
*Patch (timbre) contraceptif : Appliqué sur la peau à changer chaque semaine pendant 3
semaines, suivi d’une semaine de pause.
*Anneau vaginal : Anneau souple inséré dans le vagin pour 3 semaines, retiré pour la 4ème
semaine.
*Implant contraceptif : Bâtonnet inséré sous la peau du bras, efficace pendant 3 ans.
*DIU (Stérilet) hormonal : Dispositif inséré dans l’utérus, efficace de 3 à 7 ans.
Avantages :
Très haute efficacité : Idéalement utilisés, ces moyens sont extrêmement sûrs.
Bénéfices non-contraceptifs : Règles moins douloureuses, moins abondantes, ou absence de règles.
Réduction de l’acné et risque moindre d’endométriose ou de kystes ovariens.
Contrôle : Gestion autonome de la contraception.
Inconvénients :
Effets secondaires courants : Saignements irréguliers, nausées, douleurs mammaires, prise de poids,
maux de tête, baisse de libido, sautes d’humeur.
Absence de protection IST : Ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles.
Contraintes d’utilisation : Nécessite une prise quotidienne (pilule) ou un suivi médical (implant, stérilet).
Risques : Risque faible mais existant de caillots sanguins (thrombose).
Contre-indications : Tabagisme (surtout après 35 ans), antécédents de caillots, hypertension.
b) Les méthodes mécaniques
Le préservatif masculin ou féminin et le dispositif intra-utérin (DIU) empêchent la rencontre des
gamètes.
-Le préservatif masculin : Gainé en latex ou polyuréthane, il protège des grossesses et des
Infections Sexuellement Transmissibles (IST/VIH).
-Le préservatif féminin: Gaine souple placée dans le vagin, protégeant également des IST.
-Le Diaphragme : Membrane en silicone/latex placée devant le col de l’utérus à associer
impérativement à des spermicides pour une efficacité optimale.
-La Cape cervicale : Plus petite que le diaphragme, elle couvre uniquement le col de l’utérus.
-DIU au cuivre (Stérilet) : Dispositif inséré dans l’utérus par un professionnel, il est très efficace
(99,4%) sur une longue durée.
Avantages :
Sans hormones : Pas d’effets secondaires liés aux hormones (humeur, poids, acné).
Protection IST : Le préservatif (masculin ou féminin) est la seule méthode protégeant contre les
IST/VIH.
Ponctuel : Le préservatif et le diaphragme s’utilisent uniquement lors des rapports.
Longue durée : Le DIU au cuivre est efficace pendant 5 ans.
Inconvénients :
Efficacité variable : Les méthodes barrières (diaphragmes, capes) sont moins efficaces que les
méthodes hormonales ou le DIU.
Contraintes d’utilisation : Nécessitent une application correcte et une interruption du rapport.
Effets secondaires (DIU cuivre) : Règles plus douloureuses et abondantes.
Allergies : Risque d’allergie au latex pour certains préservatifs.
c) Les méthodes définitives
La stérilisation masculine ou féminine empêche définitivement la procréation.
-Vasectomie (Contraception masculine) : Section ou blocage des canaux déférents pour
empêcher les spermatozoïdes d’atteindre le sperme. Elle est Simple et rapide, avec peu de
complications, pas d’hormones, et n’affecte pas la libido ni l’é[Link] contre elle est non
immédiate (nécessite une autre contraception pendant 8 à 16 semaines) et ne protège pas contre
les IST.
-Ligature des trompes (Contraception féminine) : Blocage ou section des trompes de Fallope
pour empêcher la rencontre ovule-spermatozoïde .Elle est d’une efficacité immédiate, pas
d’hormones et n’affecte pas le cycle menstruel. C’est une chirurgie plus invasive (sous
anesthésie générale), risques faibles de complications chirurgicales (infections, saignements),
cet action est très difficilement réversible.
Ces méthodes sont généralement plus efficaces que les méthodes naturelles. Cependant, sur le plan
religieux, elles suscitent davantage de débats, car elles peuvent être perçues comme une séparation
volontaire entre sexualité et procréation.
II- POSITION DES GRANDES RELIGIONS SUR LES METHODES CONTRACEPTIVES
1- La religion catholique
L’Église catholique enseigne que la contraception artificielle (pilule, préservatif, stérilet, stérilisation) est
moralement inacceptable, car elle rompt le lien indissociable entre l’union conjugale et la procréation.
Seule la régulation naturelle des naissances (observation des cycles) est autorisée pour espacer les
naissances, selon l’encyclique Humanae Vitae (1968). L’Église distingue cependant la contraception
artificielle de la régulation naturelle des naissances. Les méthodes naturelles sont acceptées car elles
respectent le rythme biologique du corps sans intervention technique. Dans cette perspective, les époux
ne ferment pas volontairement l’acte à la vie, mais utilisent les périodes naturellement infertiles.
La position catholique repose donc sur :
• Le respect de l’ordre naturel voulu par Dieu
• L’unité inséparable entre amour conjugal et procréation
• La conviction que l’homme ne doit pas manipuler artificiellement la fécondité
• Contraception artificielle interdite : Considérée comme une entrave à la vie, elle est jugée
contraire à la loi naturelle.
• Méthodes naturelles autorisées : L’Église encourage la « paternité responsable » en permettant
l’utilisation des rythmes naturels
• Fondement théologique : L’acte sexuel doit toujours rester ouvert à la transmission de la vie, un
principe réaffirmé notamment par Paul VI dans *Humanae Vitae*.
• Cas du préservatif : Bien que généralement rejeté, son usage peut être toléré dans des cas très
spécifiques où la vie d’un partenaire est en danger (risque de maladie grave).
Malgré cet enseignement officiel, de nombreux couples catholiques pratiquants utilisent des
contraceptifs modernes. Cependant, cette position suscite des débats, y compris au sein des fidèles,
car certains estiment que la contraception peut être un acte de responsabilité
2- La religion protestante
Le protestantisme adopte généralement une approche plus souple. Il ne considère pas que la
contraception artificielle soit intrinsèquement immorale. L’accent est mis sur la responsabilité
personnelle devant Dieu et sur la décision éclairée du couple.
Pour beaucoup d’Églises protestantes, la sexualité conjugale ne se limite pas à la procréation ; elle
participe aussi à l’expression de l’amour et à l’équilibre du couple. Ainsi, l’usage de la contraception
peut être moralement acceptable s’il est motivé par une intention responsable. La majorité des Églises
protestantes considère la contraception comme une question relevant de la responsabilité et de la
conscience de chaque couple devant Dieu, plutôt que d’une interdiction dogmatique. La plupart des
dénominations acceptent les méthodes contraceptives pour la régulation des naissances et le bien-être
familial, favorisant une « parentalité responsable ».
Voici les points clés de la position protestante :
Liberté de conscience : Le recours à la contraception est une décision personnelle, le protestantisme
valorisant le discernement individuel.
Contraception active : Contrairement au catholicisme, la plupart des Églises protestantes ne font pas de
distinction stricte entre méthodes naturelles et artificielles.
Finalité : La sexualité est vue comme un don de Dieu, associant plaisir, union du couple et procréation,
sans que chaque acte doive obligatoirement mener à une conception.
Variations : Si les branches libérales et classiques sont très ouvertes, des nuances peuvent exister
dans certaines branches plus conservatrices ou évangéliques, qui peuvent mettre davantage l’accent
sur la souveraineté de Dieu.
3- La religion musulmane
En islam, la contraception est généralement permise si elle est temporaire et ne nuit pas à la santé. Le
consentement mutuel des époux est requis. La stérilisation définitive est en principe interdite, sauf
nécessité médicale grave. L’islam insiste à la fois sur la valeur de la descendance et sur la
responsabilité dans l’éducation des enfants. La religion musulmane autorise généralement la
contraception pour l’espacement des naissances et la planification familiale, surtout si elle vise à
préserver la santé de la mère, le bien-être de la famille ou à éviter des difficultés économiques. La
méthode du retrait était pratiquée du temps du Prophète, mais l’utilisation de méthodes modernes doit
se faire idéalement dans le cadre du mariage.
Points clés sur la position de l’islam :
Permission et Justification : L’Islam, dans son principe de modération, n’interdit pas la contraception
pour des raisons de santé (physique ou mentale de la mère), de sécurité ou pour le bien-être des
enfants.
Contraception Temporaire : L’espacement des naissances est largement accepté. Cependant, les
méthodes de stérilisation définitive (irréversible) sont généralement interdites, sauf en cas de nécessité
médicale impérieuse.
Méthodes : Les méthodes réversibles (pilule, stérilet, préservatif, etc.) sont autorisées tant qu’elles ne
nuisent pas à la santé et sont utilisées de manière temporaire.
Avortement : L’avortement est généralement proscrit, sauf si la vie de la mère est en danger,
notamment après 120 jours de grossesse, période à laquelle l’âme est considérée comme insufflée.
Principe de Foi : Bien que la contraception soit permise, la foi musulmane rappelle de ne pas pratiquer
la contraception par peur de la pauvreté matérielle seule, la subsistance provenant de Dieu.
En somme, la planification familiale est admise pour des raisons valables, dans un esprit de modération
et de responsabilité familiale
CONCLUSION
La question des méthodes contraceptives dépasse le simple cadre médical. Elle touche à la
conception religieuse de la vie, du mariage et de la responsabilité humaine. Si l’Église catholique insiste
sur l’ouverture inconditionnelle à la vie et rejette les méthodes artificielles, le protestantisme adopte une
approche plus centrée sur la conscience individuelle, tandis que l’islam autorise certaines formes de
régulation. Ainsi, le débat sur la contraception montre que la foi et la morale cherchent à concilier
respect de la vie et responsabilité familiale dans un monde moderne confronté à de nouveaux défis.