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Section Ii

Le document traite des effets relatifs des contrats, en précisant que les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes, sauf exceptions comme la représentation. Il aborde également la situation des tiers, notamment les tiers absolus et les créanciers chirographaires, ainsi que les contrats destinés à produire des effets à l'égard des tiers, comme la stipulation pour autrui. Enfin, il aborde la notion de simulation, définissant les conditions de validité et les effets de la contre-lettre entre parties et envers les tiers.

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Le document traite des effets relatifs des contrats, en précisant que les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes, sauf exceptions comme la représentation. Il aborde également la situation des tiers, notamment les tiers absolus et les créanciers chirographaires, ainsi que les contrats destinés à produire des effets à l'égard des tiers, comme la stipulation pour autrui. Enfin, il aborde la notion de simulation, définissant les conditions de validité et les effets de la contre-lettre entre parties et envers les tiers.

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SECTION II/ Le contrat et les tiers

§1/ L’effet relatif des contrats


- Art. 1165 CC : « les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes ; elles ne
nuisent point au tiers, et elles ne lui profitent que dans le cas prévu par l’art. 1121 » ;
- S’agissant de sa portée :
 Le principe de l’effet relatif ne concerne que les droits de créances ;
 Le cas de la représentation
- La représentation est le mécanisme par lequel une personne (le représenté) fait
conclure un contrat pour son compte par un intermédiaire ou représentant.
- Conditions de la représentation :
 Le représentant doit avoir le pouvoir d’engager les biens d’autrui (ce pouvoir peut
découler de la loi, d’un jugement ou d’un contrat) ;
 Le représentant doit avoir l’intention d’agir pour le compte du représenté.
- Effets de la représentation :

 Dans le cas de la représentation parfaite (lorsque le représentant agit au nom


et pour le compte du représenté) :
 Le contrat conclu crée des droits et obligations à l’égard du représenté ;
 Il n’en produit aucun envers le représentant qui demeure un tiers ;
 Si le représentant dépasse ses pouvoirs, il est personnellement tenu des obligations qu’il a
souscrites en dehors de sa mission ;
 Un dépassement de pouvoirs peut cependant être opposable au représenté en cas de mandat
apparent ;
 Dans le cas de la représentation imparfaite (lorsque le représentant agit pour
le compte du représenté mais en son nom personnel) :
 Seul le représentant est partie au contrat ;
 Le représentant doit transférer ses droits au représenté qui devient partie.
 Les tiers devenant parties
- Il s’agit de personnes qui, lors de la conclusion du contrat, avaient la qualité de tiers, mais
qui deviennent ultérieurement partie du fait, soit du décès de l’une des parties, soit de la
cession du contrat ;
- Le décès d’une partie :
 Principe : en principe, les droits et obligations se transmettent aux ayant-cause
universel ou à titre universel de la personne décédée ;
 Exceptions :
 Lorsque les contractants avaient prévu que les contrats ne produisent pas d’effet à l’égard
des ayant-cause concernés ;
 Lorsque le contrat avait été conclu intitu personae.
- La cession du contrat :
 Elle peut provenir d’un accord de volonté entre le cédant et le cessionnaire ou
résulter de la loi ;
 Le cessionnaire est substitué au cédant.
§2/ La situation des tiers
 Les tiers absolus ou penitus extranei
- Ce sont toutes les personnes totalement étrangères au contrat et aux contractants, c’est-
à-dire qu’elles n’en sont pas les ayant cause ni les créanciers.
- Le contrat ne fait naître ni droit ni obligation à leur égard mais il leur est opposable en
tant que fait.
- Les parties peuvent opposer le contrat aux tiers :
 Si le contrat contient un droit réel, la règle est indiscutable puisque par nature,
un droit réel est opposable à tous.
 S’il s’agit de droits de créances, les tiers sont tenus de les respecter.
- Le tiers a la faculté d’invoquer le contrat :
 Il s’agit de l’hypothèse où il peut en faire état comme un élément de preuve.
 De l’hypothèse où il peut se prévaloir d’un contrat dont l’exécution lui a causé
un dommage.
 Les personnes se trouvant dans une situation intermédiaire
- Il s’agit de l’ayant cause à titre particulier et des créanciers chirographaires.
- L’ayant cause à titre particulier : c’est l’ayant cause auquel l’auteur ne transmet qu’un
ou plusieurs droits déterminés (ex : acheteur, donataire, légataire particulier).
- L’acheteur d’un bien est-il tenu des dettes et profite-t-il des créances attachées à ce bien
par le précédent propriétaire ?
 1ère situation : voir TGO Filiga
 2ème situation : voir TGO Filiga
 3ème situation : voir TGO Filiga
 Les créanciers chirographaires
- Ce sont les créanciers qui ne bénéficient pas d’une sûreté (ex : une hypothèque, un gage,
un nantissement, privilège général ou spécial) pour garantir le recouvrement de leur
créance.
- Mais ils ont un droit de gage général sur tous les biens de leur débiteur, ce qui leur
permet de saisir les biens si le débiteur n’exécute pas son obligation.
- Ils sont considérés comme des tiers au contrat conclu par leur débiteur mais dispose de
l’action paulienne, l’action directe ou l’action oblique pour se protéger.
§3/ Les contrats destinés à produire des effets à l’égard des tiers
 La stipulation pour autrui
- La stipulation pour autrui est l’opération convenue dans un contrat, par laquelle une
personne, le stipulant, obtient de son cocontractant, le promettant, un engagement au
profit d’un tiers bénéficiaire.
- Les conditions d’existence et de validité :
 La stipulation est soumise aux conditions de validité des actes juridiques
(capacité, consentement, objet et cause licites) ;
 Les parties doivent avoir l’intention de stipuler pour autrui ;
 La stipulation pour autrui doit avoir pour support un contrat valablement conclu
entre le stipulant et le promettant (contrat quelconque : assurance, vente,
donation, bail, etc.) ;
 Le tiers bénéficiaire doit être déterminé ou déterminable ;
 Le contrat doit conférer au tiers un droit ou un avantage quelconque.
- Les conditions de consolidation du droit du tiers :
 L’absence de révocation de la stipulation. Les questions qui se posent à cet
égard sont :
 Qui peut révoquer la stipulation : le stipulant ou ses héritiers après son
décès ;
 Le moment : la révocation peut se faire tant que le bénéficiaire ne l’a pas
accepté ;
 Le comment : la révocation peut être tacite ou expresse à condition d’être
sans équivoque ;
 L’acceptation du bénéficiaire :
 Qui peut accepter : le bénéficiaire ou ses héritiers après son décès ;
 Quand : A tout moment à condition que le stipulant n’ait pas révoqué la
stipulation ;
 L’acceptation peut être tacite ou expresse dès lors qu’elle n’est pas
équivoque ;
 Effets : à partir de l’acceptation, la stipulation devient irrévocable.
- Les rapports juridiques nés de la stipulation pour autrui :
 Le bénéficiaire a un droit direct contre le promettant et peut agir directement
contre lui pour le contraindre à exécuter son obligation
 Le stipulant a la faculté d’agir contre le promettant afin de défendre les intérêts
du tiers (il peut prendre des mesures conservatoires, exiger l’exécution contrat).
 La prohibition de la promesse pour autrui
- Selon l’article 1119 CC : « On ne peut s’engager… que pour soi-même » ;
- Il n’est pas possible d’enger autrui par un contrat car nul ne peut devenir débiteur d’une
obligation contractuelle sans avoir donné son consentement à moins d’être un ayant
cause du contractant dans les conditions examinées plus haut.
 La validité de la promesse de porte-fort
- La promesse de porte-fort est l’hypothèse où une personne s’engage à l’égard de son
cocontractant à faire en sorte qu’un tiers s’oblige : le promettant est obligé mais le tiers
n’a pas d’obligation tant qu’il ne donne pas son consentement.
- Validité : article 1120 CC
- Quant à ses effets :
 Le promettant est tenu d’une obligation de faire qui est de résultat : si le résultat
(engagement du tiers) n’est pas obtenu, la responsabilité du promettant est
engagée. Distinction porte-fort et promesse de bons offices : TGO Filiga.
 Si le tiers s’engage, ratifie le contrat, deux conséquences en découlent :
 La première conséquence est que le promettant a exécuté son obligation
et est libéré ;
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 La deuxième conséquence tient en ce que le tiers est rétroactivement
engagé dès le jour où le contrat de porte-fort a été conclu (Art. 1204 CC)
SECTION III/ La simulation
§1/ La notion
- La simulation est l’opération par laquelle les parties conviennent de cacher leur accord
réel, appelé contre-lettre, derrière un acte apparent.
- C’est donc un accord entre cocontractants tendant à faire croire à l’existence d’une
convention (acte apparent ou simulé) ne correspondant pas à leur volonté véritable,
exprimée par un autre acte dénommé contre-lettre.
 L’objet et les manifestations
- La simulation peut porter sur :
 L’existence même du contrat ou de l’opération ;
 La cause ou la nature du contrat ;
 L’objet du contrat ;
 La personne même d’une partie : c’est l’interposition de personne.
 Les conditions d’existence
- La simulation suppose la réunion de trois conditions :
 Un mensonge concerté : le mensonge d’une seule personne peut constituer un
dol, mais non une simulation ;
 L’acte secret doit être contemporain de l’acte apparent : si les parties font un
acte postérieur, c’est un acte qui modifie l’accord antérieur et non une contre-
lettre ;
 L’acte apparent ne doit pas révéler l’accord secret sinon il n’y aurait pas de
véritable simulation ;
- La preuve : un écrit est en principe nécessaire conformément à l’article 1341 CC.
Cependant, la loi établit parfois des présomptions de simulation.
§2/ La validité
- La simulation n’est pas en elle-même une cause de nullité : l’acte secret est valable s’il
réunit les conditions de validité des contrats ;
- Cependant, si l’acte secret ne réunit pas ces conditions, il est en principe nul, l’acte
apparent ne produit pas d’effets ;
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- Dans certaines hypothèses, la loi prononce directement la nullité de la contre-lettre et
selon les cas, les parties sont liées ou non par l’acte apparent. C’est le cas de :
 La donation déguisée ou faite à personne interposée dans le but de dissimuler la
donation à un incapable…
 L’accord prévoyant un supplément de prix occulte dans la cession d’un
immeuble, d’un fonds de commerce ou d’un office ministériel.
§3/ Les effets de la contre-lettre
- Entre les parties, la contre-lettre produit tous ses effets si elle est valable ;
- A l’égard des tiers :
 Les contre-lettres n’ont pas d’effet à leur égard ;
 Les tiers peuvent s’en prévaloir s’ils y ont un intérêt
- Preuve : en tant que fait juridique, la simulation peut être prouvée par tous moyens.
- La [Link] en cas de conflit fait prévaloir l’acte apparent sur la contre-lettre.
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