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LL Roman

Le poème 'Roman' de Rimbaud, écrit à seize ans, retrace l'histoire d'un amour d'adolescence en quatre sections chronologiques. Il explore l'insouciance juvénile, les premiers émois amoureux, la rencontre d'une jeune fille et le dénouement, tout en utilisant une ironie qui démythifie les stéréotypes romantiques. À travers des images sensorielles et des références littéraires, Rimbaud exprime les complexités et les contradictions de l'adolescence.

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LL Roman

Le poème 'Roman' de Rimbaud, écrit à seize ans, retrace l'histoire d'un amour d'adolescence en quatre sections chronologiques. Il explore l'insouciance juvénile, les premiers émois amoureux, la rencontre d'une jeune fille et le dénouement, tout en utilisant une ironie qui démythifie les stéréotypes romantiques. À travers des images sensorielles et des références littéraires, Rimbaud exprime les complexités et les contradictions de l'adolescence.

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« Roman » : lecture linéaire 3

Intro : Ce huitième poème du premier des deux « Cahiers de Douai », est daté du 29 septembre 1870, date de sa
mise au propre effectuée alors que Rimbaud séjourne chez les tantes de son professeur Izambard, après sa
première fugue et son court passage en prison. Il n’a donc que seize ans. Peu avant, le 24 mai, il commençait
déjà ainsi une lettre adressée déjà au poète Théodore de Banville : « Nous sommes aux mois d’amour ; j’ai dix-
sept ans… »
Le titre « Roman » introduit d’ailleurs déjà la dimension imaginaire. Rappelons qu’à l’origine, au Moyen
Âge, c’est un récit écrit en langue romane, et d’abord en vers, une fiction qui raconte les aventures, souvent
amoureuses, vécues par un héros. Ce poème nous présente, en effet, en quatre étape chronologiques, chacune de
deux quatrains, la brève histoire d’un amour d’adolescence.
On peut ainsi diviser le poème en 4 parties suivant les sections que Rimbaud nous propose :

I . L’insouciance adolescente (section I, v. 1-8)/ II. Les premiers émois amoureux (section II, v. 9-16) /III La
rencontre d’une jeune fille (section III, v. 17-24)/ IV. Le dénouement (section IV, v. 25-32)
I . L’insouciance adolescente (section I, v. 1-8)
Les quatrains nous l’avons dit suivent une progression temporelle, en marquant nettement les étapes de l’
aventure amoureuse

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.


- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !


L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

l’insouciance adolescente est celle d’abord d’un adolescent de 17 ans, un beau soir d’été et qui cherche
loin des café de la ville une communion avec la nature propice à accueillir son désir amoureux .

A / En effet, le premier vers du poème :« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. » semble donc se
présenter d’abord comme une confidence autobiographique, mais l’emploi et la répétition du pronom indéfini
« on » modère cette première impression pour suggérer une expérience plus large, universelle, à laquelle le
lecteur peut s’identifier. En répétant, au début et à la fin du poème, « on n’est pas sérieux, quand on a dix-sept
ans », avec la diérèse qui amplifie l’adjectif et le présent à valeur de vérité générale, il fait de ce bref « roman »
l’illustration même de l’adolescence. C’est l’âge de la contestation, du rejet de la morale adulte qui voudrait
imposer à la jeunesse le « sérieux » dont elle est dépourvue. Mais l’adolescence est une période ambivalente,
comme suspendue entre l’enfance et le monde adulte, hésitation reflétée par les deux boissons citées, « les
bocks » ou « la limonade ». Même le langage poétique traduit cette ambivalence, en conservant une expression
parfois enfantine, par exemple avec la répétition, « Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! »,
En outre, le choix du « on » - et non l’emploi du « je », cher aux poètes romantiques pour exprimer leurs états
d’âme - révèle aussi le souhait de Rimbaud d’opérer une distance critique et de s’écarter des codes lyriques
traditionnels pour relater avec ironie ses premiers élans amoureux.

B/ Cette insouciance adolescente s’exprime dans un cadre spatio temporel défini:


*Le point de départ temporel de cette histoire, comme dans un conte, est posé par la formule qui annonce
déjà l’événement exceptionnel, celui qui viendra briser la banalité quotidienne : « – Un beau soir ». La scène se
déroule au début de l’été : « dans les bons soirs de juin « La saison ainsi que l’heure sont donc propices à la
rencontre amoureuse.
* Le décor mêle deux aspects contrastés, le cœur de la ville et la nature, opposition soulignée par les tirets
aux vers 2 et 4. Mais, la formule « foin de » traduit le rejet de la ville, même si son imprégnation se fait au gré
des « parfums de bière » qui sature l’air de la nature. C’est le rejet de son bruit, de son activité, des « cafés
tapageurs aux lustres éclatants » : d’ailleurs les caractérisants des cafés sont intéressants et traduisent le rejet de
l’artifice, du trop plein comme le suggère la métonymie qui personnifie les cafés bruyants « tapageurs » et
l’adjectifs « éclatants ». Trop de bruit et de lumière pour ce désir amoureux qui point et qui a besoin pour
prendre toute son ampleur de l’ombre, du mystère et du refuge de la nature ( résurgence romantique ? ) : « sous
les tilleuls verts de la promenade «.
*Ainsi, le poète profite de la nature environnante qui éveille tous ses sens : sa vue (« les tilleuls verts, v. 4),
son odorat (« les tilleuls sentent bon », v. 5), son ouïe (le « vent chargé de bruits », v. 7) puis son goût (« parfums
de bière », v. 8). Le jeune poète s’ouvre avec délectation à la sensualité du monde. Cet enthousiasme sensoriel se
traduit également par l’usage d’une ponctuation expressive avec les deux points d’exclamation des vers 3 et 5
qui révèlent la joie éprouvée par le poète. Cette association d’impressions sensorielles différentes forme une
synesthésie ( dans le sillage des symbolistes) qui suggère déjà le trouble ressenti par l’adolescent , presque
une sorte d’ivresse, de vertige qu’il explicitera dans la deuxième partie : « On se laisse griser », « On divague »,
écrit-il dans le quatrième quatrain. Mais n’anticipons pas trop…
*Pour conclure, cette partie le cadre spatial, choisi pour cette rencontre amoureuse : « les tilleuls verts », et
temporel, cette « nuit de juin » douce et parfumée, répond à une image traditionnelle dans la poésie romantique ;
mais Rimbaud, habité d’un esprit d’émancipation y introduit des éléments qui viennent rompre cette
atmosphère idyllique ( démythification du romantisme)

II Les premiers émois amoureux (section II, v. 9-16)


Cette deuxième section du poème retrace les premiers émois amoureux du jeune poète et leurs conditions. A/
A/ Les vers 9 à 12 évoquent la genèse de son émoi amoureux, de sa rêverie sentimentale déclenchée par la
vue « voilà qu’on aperçoit », d’« un tout petit chiffon / D’azur sombre »
- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
* Cette évocation repose sur une ambiguité de sens : de quoi s’agit-il ? De la nuit evoquée de manière métaphorique «
chiffon d’azur sombre »/ « étoile » ou du vêtement de couleur bleu porté par la jeune femme entrevue par le poète et qui fera
son entrée ultérieurement…à moins que les deux visions entre en collision et se superposent par contamination….en tous les
cas le rejet « d’azur sombre » et le procédé de l’enjambement convoqué sur toute la strophe participe de cet effet de surprise,
d’interrogation…

*Ce qui est manifeste dans cette strophe c’est que le poète atténue le romantisme de l’évocation . Sa description
semble rétrécir le cadre nocturne, avec la répétition de l’adjectif « petit » et la métaphore qui ôte à la nuit toute sa
splendeur romantique : « – Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon / D’azur sombre, encadré d’une petite branche ». Ce
même rétrécissement s’applique au ciel, une seule « mauvaise étoile », à peine distincte, « petite et toute blanche ». Rimbaud
atténue donc le lyrisme et met à distance le sublime du romantisme par la répétition de l’adjectif « petit » répété à 3 reprises
(v. 9, 10, 12) + l’adjectif évaluatif négatif « mauvaise »dépréciant la beauté de la nuit.

B/ Mais cette vision menée de manière plutôt péjorative s’ ouvre paradoxalement sur l’exaltation de l’adolescent,
son émoi qui s’exprime à la strophe suivante :

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.


La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
• L’enthousiasme amoureux de l’adolescent s’exprime par de nombreux procédés, notamment les exclamatives du vers
13 (« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! »). La brièveté de ces deux phrases nominales brise le rythme et la régularité de
l’alexandrin pour signifier l’ivresse qui s’empare du jeune homme. Le vers 14 évoque de manière métaphorique le désir
adolescent liant la nature à un état d’ ivresse des sens : « « La sève est du champagne et vous monte à la tête… » Cette sève
symbolise bien l’éveil du jeune homme à une sensualité qui le rend [Link] effet, l’adolescence correspond à l’éveil
de sensualité, des désirs, encore flous ; les points de suspension semblent prolonger l’ivresse sensorielle, sensuelle.

• Cette ardeur se signale aussi par l’emploi massif du champ lexical de l’ivresse (« griser », v. 13 ; « champagne », v. 14 ;
« monte à la tête », v. 14 ; « divague », v. 15). L émoi adolescent, la montée du désir du poète se placent sous le signe de
l’excellence : le « champagne », boisson noble, se substitue à la bière (v. 8) au caractère populaire et prosaïque.

• Enfin, d’une manière globale l’usage des points de suspension aux vers 12, 14 et 16 témoigne avec ironie de la
difficulté d’expression du poète, submergé par ses émotions, qui en vient à perdre la parole .

*Avant d’être vécue, l’aventure amoureuse est d’abord rêvée, dans une expression de sensualité : « on se sent aux
lèvres un baiser / Qui palpite là, comme une petite bête… » la comparaison suggère que le désir la sensualité dévorent le
jeune homme et le travaille au corps de manière presque animale ..

III La rencontre d’une jeune fille (section III, v. 17-24)


Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

A/ L’adolescence est donc l’âge où un « cœur fou » est prêt à se laisser prendre par l’amour et le désir que les »
romans » d’amour décrivent.

* Le vers 17 s’ouvre sur une double référence. La première évoque le personnage de Robinson Crusoë, le célèbre
protagoniste du roman éponyme de l’écrivain anglais Daniel Defoe (1660-1731) paru en 1719. C’est à partir de ce prénom
évoquant un héros partant à l’aventure que Rimbaud forge le néologisme « Robinsonne » qui signifie « vagabonder ». La
seconde référence (« à travers les romans ») fait écho à l’univers romanesque des romans d’amour dont les aventures
sentimentales font rêver le jeune poète. Ainsi, toutes les lectures semblent, à travers le néologisme « et le pluriel, venir
soutenir les rêves amoureux de l’adolescent.

B/ Et c’est ainsi qu’apparait l’évocation de celle qui va permettre d’incarner ce désir fou qui le travaille, celleu sur
laquelle va se cristalliser l’éveil amoureux du poète : « une demoiselle aux petits airs charmants ».

*Au vers 18, « lorsque » introduit l’événement perturbateur, traditionnel, celui d’une rencontre

*Trois éléments de description rendent la jeune fille attirante aux yeux de l’adolescent : « ses airs charmants », v. 19 ;
son allure « alerte », v. 23 ; et enfin son empathie pour lui puisqu’elle le trouve « immensément naïf », v. 21. Il exprime enfin
son attirance par la mention des « lèvres » de la jeune femme qui évoquent la possibilité d’un baiser. Néanmoins, à y regarder
de plus, on réalise que cette apparition est l’objet d’une Démythification du romantique : Enfin, la jeune fille ne surgit pas
dans un rayon éclatant de lune, mais « dans la clarté d’un pâle réverbère ». Elle n’est d’ailleurs pas décrite, car, finalement,
peu importe : il ne s’agit pas de vivre l’amour unique, de trouver l’âme-sœur chère aux romantiques, mais seulement
d’éprouver quelques moments d’ivresse.

B/ Comme dans les romans d’amour stéréotypés, l’amour se heurte aussi à un obstacle qui oblige les amants à le
dépasser. Ici la jeune fille n’est pas seule. Elle est accompagnée de son sinistre père dont l’ombre la cache. Elle marche
« sous l’ombre du faux-col effrayant de son père ».

*Négative, cette ombre devient même angoissante puisque le père n’est désigné ici que par la synecdoque « faux-col » (v.
20), qualifié d’« effrayant ». l’hypallage « effrayant » qui caractérise le « faux-col » et qui conviendrait mieux au
comportement du père qui l’enveloppe de son « ombre » suggère une noirceur destinée à la rendre inaccessible

*Plus que le désir de reconduire stéréotypes d’histoire d’amour qui font des obstacles , une épreuve qui consolide
l’amour des amants, on peut lire ce vers comme une façon pour Rimbaud de renouer avec une veine satirique : l’objet de
la satire est la société bourgeoise . Le père bourgeois n’a pas de visage mais apparaît à travers la synecdoque du « faux col »
qui introduit dans & par le jeu de mots l’idée de tromperie / la lourdeur empesée paternelle s’oppose à la légèreté de la jeune
fille. La préposition « sous » renforce le caractère étouffant d’une société patriarcale / le terme ombre assimile culture
bourgeoise à de l’obscurantisme.

C/ La surveillance du père n’empêche pas la demoiselle de marquer son intérêt pour le poète lorsque leur regard se
rencontre : « Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif… » (v. 23). Les points de suspension suggèrent une action qui ne
peut être dite et qui trouble le poète par sa sensualité.

*Néanmoins, les caractérisants « petite bottines » » » petits airs » amoindrissent le caractère sublime, attendu de cette
rencontre ; ils donnent un caractère dérisoire à l’amour décrit aux antipodes de l expérience amour romantique vécu
sur le mode singularité , et exception.
*De plus, j fille décrite en mouvement semble se se dérober au poète ( préfiguration de son départ final) : on note une
allitération en T « tout »/ ‘ trotter »/ « petites »/ « bottines » qui fait entendre la vivacité des petits pas de j fille ; le chp
lexical du mvmt inscrit la jeune fille dans un moment transitoire « passe », « trotter », « alerte »/ tourne / le mvmt rapide
suggère le passage rapide femme et traduit un lyrisme amoureux transitoire ; le mouvement de la jeune fille suggère
qu’elle prend l’initiative face à un jeune homme moins hardi comme le suggère peut-être le terme évaluatif « naif » dont
l’effet est renforcé par l’adverbe pré posé « immensément » qui suggère le regard amusé du narrateur : « Et, comme elle
vous trouve immensément naïf ».
*Malgré tout l’amour est au rendez vous comme le suggère de manière elliptique le vers 24 : L’adverbe « alors » prend
une valeur consécutive mise en relief par la césure : la conséquence de la rencontre est le coup de foudre : « Sur vos lèvres
alors meurent les cavatines ». le recours au mot précieux « cavatines » souligne à nouveau usage vocabulaire détonnant
aqui repose sur artiuclation voca familier et simple et mots soutenus, précieux. Il s’isncrit ds volonté symboliste d’utiliser
un langage approprié pr exprimer de nouvelles sensations…est ce une façon de suggérer de manière symboliste un
baiser ?
*Après le pronom « on », le moment du coup de foudre introduit un glissement, non pas au « je » lyrique » mais au
« vous » : « – Sur vos lèvres alors meurent les cavatines… » C’est comme si intervenait un dédoublement entre le poète
écrivant et l’adolescent vivant le « roman », le premier contemplant le comportement du second avec un sourire amusé et
se moquant gentiment de son exaltation naive.

IV. Le dénouement (section IV, v. 25-32)

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.


Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,


Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

A/ Le coup de foudre est immédiat


* c’est une possession entière, traduit par la répétition anaphorique de « Vous êtes amoureux » qui montre
l’enthousiasme redoublé et quelque peu naif du poète dont le narrateur se moque gentiment à la faveur de cette répétition qui
est une mise à distance de cet amour que le poète naivement croit absolu et éternel . Le jeune poète revêt, pour complaire à
sa dame, les habits du poète courtois dans la tradition médiévale reprise par le romantisme : Il s’agit alors de conquérir celle
qui, est désignée comme « l’adorée », divinisée par la majuscule du pronom « la » ; conquête qui réactive la fonction
assignée à la poésie amoureuse
* mais « Vos sonnets La font rire » : manifestement la poésie dédiée à son « adorée » obtient des réactions bien
éloignées de l’émotion espérée : L’adolescent amoureux n’est guère pris au sérieux. Pourtant l’amour étend sur l’univers
du jeune homme son empire et exclut toute autre personne : l’amour rend-il bête ? puisque : « tous vos amis s’en vont, vous
êtes mauvais goût’. L’amant se place ainsi sous la dépendance totale de la femme aimée,

B/ Pourtant loin du mythe romantique de l’amour éternel, l’histoire d’amour se révèle n’être finalement qu’une
passion passagère comme le suggère le verbe « loué » (v. 25) qui marque le caractère temporaire de l’idylle entre les deux
jeunes gens, qui comme un bail peut être résilié. L’histoire d’amour n’aura duré qu’un mois environ comme le suggère la
mention temporelle qui clôt le vers « jusqu’au mois d’août »,donc jusqu’à la fin de l’été . Cette évocation temporelle permet
de contextualiser un nouvel événement, introduit par l’adverbe temporel « puis », élément de résolution « – Puis
l’adorée, un soir, a daigné vous écrire… ! », qui conduit à la situation finale : « – Ce soir-là,… – vous rentrez aux cafés
éclatants, ». Notons aussi le rôle des points de suspension qui ponctuent chacun de ces moments, comme pour laisser le
lecteur imaginer le trouble et les sentiments de l’adolescent.
*Que s’est-il passé ? Le jeune homme a reçu une lettre. « Puis l’Adorée a daigné vous écrire … ! » Le poème s’achève
avec humour sur la rupture amoureuse. La jeune fille quitte le poète de sa propre initiative (v. 28) : celle qu’il qualifie d’«
Adorée » finit enfin par lui écrire, mais ce n’est qu’une lettre de rupture ; cette lettre, tant attendue ( « daigné »), met fin à ce
beau « roman », qui n’était, en réalité, qu’une amourette d’été.
*On le devine à la présence de plusieurs indices :les points de suspension, l’indice antérieur, « jusqu’au mois d’août », et le
retour dans les « cafés », donc la reprise du cours ordinaire de l’existence, qui permettent de penser qu’elle met fin aux
quatre chapitres de ce « roman ». Les points de suspension participent de cette évocation elliptique : c’est au lecteur de
combler le vide…cela suggère aussi le trouble et l’émotion du poète.

*L’hyperbole « l’adorée » associée à l’exclamation peut rétrospectivement paraître ironique puisque l’amour fiévreux
qu’éprouvait le poète pour la jeune fille n’a jamais été réciproque. Rimbaud caricature l’adolescent : l hyperbole crée
décalage comique entre importance apparente j fille et sa disparition et marque encore une fois distance ironique à
l’égard lyrisme et émotions d’ado, comme il le rappelle par la répétition du vers 1 : « on n’est pas sérieux quand on a
17 ans » mimant ainsi la sagesse d’une personne âgée alors que Rimbaud n’a même pas encore 17 ans. la promesse
d’une histoire exaltante du vers 1 est vue rétrospectivement au vers 31 et semble sonner avec humour la fin des illusions. La
distance ironique est mise en scène par recours points de suspensions qui surjoue ironiquement un suspense
imaginaire et renvoie au mvmt circulaire poème . Cette reprise se fait sur le mode d’une modification : R reprend les
mêmes rimes mais ds un ordre inversé comme si écriture remontait le temps du poème ?

B/ La circularité du poème visible dans la dernière strophe nécessite une analyse plus poussée : elle dévoile un
processus de reprise et de rupture qui marque la naissance d’une écriture novatrice.

*En effet, il n’y a pas que la reprise du vers 1 par le vers 31 qui marque cette circularité mais le retour au lieu du
début : les cafés que le poète fuyait au début. S’ils étaient auparavant pour l’adolescent synonymes d’une vie qu’il
cherchait à fuir tant elle était peu conforme à ses désirs, les cafés représentent à présent un refuge où, dépité, le poète se
console dans la boisson. Le « champagne » du vers 14 semble bien loin : le poète retourne piteusement et ironiquement à ses
bières et à sa limonade du début, signifiant la fin de l’idéal .
* Mais la manière dont R formule ce retour est intéressante, novatrice et cela se devine à une autre modification : le vers
« Les cafés tapageurs aux lustres éclatants « se transforme en « vous rentrez aux cafés éclatants » : on note l
hypallage sur le mot « éclatant » de même, on note l’évolution du lien coordinatif entre l’expression « les bocks et la
limonade et « les bocks ou la limonade … » à savoir dc le passage de l’adjonction à l’alternative qui interroge : est-on face à
poésie du lien ou à une poésie disjonctive ? Sans aller jusque là, nous pouvons plutôt conclure que Rimbaud cultive la
surprise et suggère le flou comme si tt n’était qu’une illusion, un rêve…une mise à distance de ce qui a été dit…comme si on
oubliait déjà, que cela s’effaçait, que le souvenir se modifiait sous l’effet temps …

*Enfin, le dernier vers constitue une chute inattendue à double titre . Il est remarquable dans sa construction même : le
dernier vers se distingue par une rupture de la construction syntaxique qui interroge le [Link] d’abord, Le poème se
clôt sur l’image triviale des tilleuls, inconvenante pour achever un poème dédié à la passion amoureuse, où l’évocation de
l’idylle amoureuse aurait été de mise dans la grande tradition lyrique. Surtout, l’anacoluthe ( syntaxe fautive…lien possessif
illogique) « Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade … » au lieu de « on va « marque une rupture dans la construction
syntaxique qui renforce également la surprise de cette fin. Rimbaud se joue ici des codes du lyrisme traditionnel et crée ainsi
une poésie originale et nouvelle

* Finalement, l’adjectif « verts » qui clot poème rappelle le vers poétique : homophonie montre que le véritable enjeu
de ce poème = l’écriture poétique…

CONCLUSION

Ce poème est bien éloigné du ton lyrique propre à l’expression amoureuse. Il est plutôt la reconstitution d’un moment léger
de l’adolescence vagabonde de Rimbaud, qui ne se souvient de ses lectures que pour mieux en sourire. Car tout est sourire
ici, les occupations d’un soir d’été, l’ivresse, les rêves sensuels, l’amour rêvé plus que vécu, et même les « sonnets » alors
composés qui « font sourire ». Mais ce sourire conduit à démythifier cette aventure, « roman », c’est-à-dire inventée le temps
d’un poème, témoignage de l’illusion qu’est l’amour, au-delà de l’élan et des enthousiasmes. Ainsi, le poème traite de
façon originale ce qui était un thème conventionnel de la poésie lyrique.

« Roman » :

Arrêtons-nous sur le titre qui sonne de manière dissonnante car cela ne cadre pas avec son genre mais n’évoque-t-il pas une
matière digne d’un beau roman d’amour ?

La composition du poème suscite attention : Rimbaud répète dans le désordre la première strophe du poème à la dernière …
les première et dernière strophe contrastent en ce que la première déprecie l’atmosphère des cafés tdis que la dernière la
célèbre.

Les nombreux points de suspension, R permet au lecteur de laisser errer sa ppre imagination ( des souvenirs
semblables ….une façon de traduite le caractère prsque caricatural de ces amours adolescents )

Srrt poésie ironique qui montre irreverence à l’égard lyrisme romantique / dès le titre qui déroute car référence au
genre du roman / je lyrique effacé au profit du on et vous / on est loin de la superbe héros romantique > singularité
banalisé par l’usage pronom impersonnel on + p de vérité générale … & experience amoureuse vécue par ts / sublime
romantisme

Critique à l’égard du lyrisme trad et de la société bourgeoise de son temps, Rimbaud ppse une
nvelle forme poétique

Les strophes st regroupées en chapitre numérotés comme si le poète voulait abolir les frontières
entre genres + emploi de néologisme comme « robinsonne » : v inventé + majuscule > poésie voix
de la simplicité et nature comme Robinson

Nveau lyrisme qui passe par un jeu sur pronoms…on puis vous ( effet d’identificatio poète / lecteur ?
)/ désir de renouveler poésie apparait srtt ds la dernière strophe qui est rééecriture de la première

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