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Comment étudier la Bible
Étudier la Bible, c’est suivre l’exemple
de Jésus et des apôtres
Jésus n’a pas fréquenté l’école rabbinique où l’on étudiait les
textes de l’ancienne alliance, pourtant il les connaissait bien.
C’est même cela qui a frappé ses auditeurs : « Comment peut-
il connaître à ce point les Écritures, sans avoir jamais étudié ? »
(Jean 7 : 15). Preuve qu’il en faisait souvent usage. On a calculé
que « sur 1 800 versets qui relatent ses discours dans les quatre
Évangiles, 180 sont des citations ou des allusions directes à la
révélation écrite 2 ».
Il cite 22 livres différents, rien que dans les paroles qui nous
ont été rapportées. Si les deux disciples d’Emmaüs, auxquels il
a expliqué « ce qui se rapportait à lui dans toutes les Écritures »
(Luc 24 : 27), avaient consigné cette étude biblique par écrit, nous
aurions certainement une notion encore plus juste de ses connais-
sances bibliques. Dans sa lutte contre Satan (Matthieu 4 : 4, 7, 10),
aussi bien que dans ses discours avec les Juifs, il emploie constam-
ment comme arme la Parole de Dieu : « N’avez-vous donc pas
lu ? » (Matthieu 12 : 3, 5 ; 19 : 4 ; 22 : 31). « N’avez-vous donc jamais
lu cette parole… » (Matthieu 21 : 16, 42). « Quel commandement
Moïse vous a-t-il donné ? » (Marc 10 : 2-3). « N’est-il pas écrit dans
votre propre Loi » (Jean 10 : 34). En enseignant ses disciples, il se
réfère à elle comme à l’autorité suprême (Luc 4 : 16-21 ; 10 : 26 ;
18 : 31).
Il en connaissait le sens (Luc 20 : 17), la portée prophétique
(Luc 4 : 16-21 ; 23 : 46 ; Jean 19 : 28-30), aussi bien que la teneur
exacte (Matthieu 22 : 32 ; Jean 10 : 34, où il base son argumenta-
tion sur une expression du texte).
Une telle connaissance des Écritures ne s’acquiert que par
une étude assidue et prolongée. Durant les « années obscures »
précédant son ministère public, Jésus a dû consacrer tous les loi-
sirs que lui laissait son métier à la lecture, la méditation et l’étude
de la Parole de Dieu.
2 Pache R., L’Inspiration et l’Autorité de la Bible, Éd. Emmaüs, p. 201.
9
Introduction
Et pourtant, plus que tout autre homme, il aurait pu se passer
de l’étude de la Bible et accéder à une connaissance intuitive et
immédiate de la pensée de Dieu. Or, il n’en fut rien : Jésus s’est
astreint à étudier les Écritures pour comprendre la pensée de son
Père.
Les apôtres étaient, eux aussi, des « hommes du peuple sans
instruction » (Actes 4 : 13). Ils n’avaient pas étudié la théologie,
ils étaient des « laïcs ». Cependant, ils ont suivi leur Maître dans
l’étude de la Parole de Dieu. Les discours des Actes font constam-
ment appel à l’Ancien Testament (près de la moitié des versets
qui nous les rapportent sont des citations). Les lettres de Jacques,
de Pierre, de Jean – pour ne pas citer l’ancien rabbin Paul – sont
imprégnées de citations et d’allusions aux Écritures ; l’Apocalypse
à elle seule en contient 245. Une telle connaissance ne s’expli-
que que par une étude sérieuse des livres inspirés. Or, une telle
étude était bien plus difficile en ce temps-là qu’aujourd’hui : les
manuscrits étaient rares, chers et souvent difficiles à consulter,
ils étaient écrits en hébreu ou en grec, alors que la langue mater-
nelle des disciples était l’araméen. La Bible n’était pas divisée en
chapitres et versets, il n’existait pas de concordance ; pour trans-
crire littéralement un verset (comme c’est souvent le cas dans les
épîtres), il fallait donc presque connaître le texte par cœur pour
retrouver le passage sur les rouleaux.
L’argumentation basée sur l’Écriture prouve un effort intense
de réflexion au sein de la communauté chrétienne. Il suffit de
lire l’épître aux Hébreux pour se convaincre de l’étendue et de
la sagacité de cette étude des écrits sacrés (cf. Hébreux 1 : 5-13 ;
2 : 6-8, 12 ; 4 : 7 ; 5 : 5… Cette seule épître contient 85 citations ou
allusions à l’Ancien Testament). Apollos – l’un de ceux qui a pu
l’écrire – était un homme « qui connaissait très bien les Écritures »
(Actes 18 : 24). Mais il n’était pas le seul. Paul pouvait écrire à
Timothée : « Depuis ton enfance, tu connais les Saintes Écritures »
(2 Timothée 3 : 15) – et pas seulement : « tu les lis ». Silas (sécré-
taire-interprète de 1 Pierre), Barnabas, Luc, étaient tous des fami-
liers de l’Écriture.
10
Comment étudier la Bible
Luc donne les chrétiens de Bérée comme modèles : « Ils exa-
minaient chaque jour les Écritures pour voir si ce que leur disait
Paul était exact » (Actes 17 : 11).
Les membres de nos Églises, disent G. R. Osborne et S. B. Woodward,
doivent devenir des chrétiens « béréens » capables de vérifier dans la
Bible si ce que le pasteur leur annonce du haut de la chaire est exact.
L’erreur de l’Église romaine dans ce domaine était l’une des cau-
ses de la Réformation. Mais est-ce que le « sacerdoce universel des
croyants » est vraiment mis en pratique aujourd’hui ? Combien souvent
des « déclarations papales » venant de la chaire sont considérées comme
des vérités ex cathedra par la congrégation ! L’Église doit commencer
à former des gens qui étudient la Bible au lieu de chrétiens orientés
essentiellement vers l’expérience, peu motivés pour poursuivre une
étude intensive de l’Écriture. Beaucoup de divisions dans l’Église n’ont
pas leur origine dans des débats doctrinaux, mais dans l’incapacité des
congrégations d’étudier par elles-mêmes les questions en litige. Le défi
devant lequel se trouve l’Église est d’insister sur l’importance de l’étude
personnelle de la Bible parmi ceux qui croient en la Bible.
Les chrétiens doivent acquérir une juste compréhension du minis-
tère d’enseignement du Saint-Esprit. Beaucoup de secteurs de l’Église
sont caractérisés aujourd’hui par un anti-intellectualisme qui dépré-
cie une étude approfondie de la Bible. Les racines de cette attitude se
trouvent au début du 20e siècle dans l’envahissement des facultés de
théologie par le libéralisme. L’aile évangélique s’est alors repliée sur
elle-même et a développé une suspicion à l’égard de toute approche
académique de l’Écriture. Beaucoup se sont mis à enseigner que la
seule façon d’étudier la Parole, c’est de le faire directement, sans aide
externe, en permettant au Saint-Esprit d’illuminer le passage. Cette idée
est fondée sur une fausse interprétation de Jean 14 : 26 ; Hébreux 8 : 11
et 1 Jean 2 : 27, donnant l’impression que le Saint-Esprit n’utilise jamais
les commentaires… Le vrai rôle de l’Esprit dans notre étude de la Bible
est celui d’un guide (Jean 14 : 26 ; 16 : 13). Pendant que nous étudions la
Parole, d’abord par nous-mêmes, puis à l’aide de commentaires, l’Esprit
nous donne du discernement, nous conduisant vers la vérité. Chaque
chrétien – laïc, prédicateur ou professeur – a besoin des lumières de
ceux qui ont étudié la Bible avec compétence pour stimuler sa compré-
hension d’un passage.
Un jour, John Wesley a reçu un billet formulé ainsi : « Le Seigneur
m’a dit de vous dire qu’il n’a pas besoin de votre savoir livresque, de
votre grec et votre hébreu ». Wesley a répondu : « Merci, Monsieur. Votre
lettre était inutile, car je savais déjà que le Seigneur n’avait pas besoin
de mon « savoir livresque », comme vous l’appelez. Toutefois – bien que
le Seigneur ne m’ait pas dirigé pour le dire – je voudrais vous dire sous
11
Introduction
ma propre responsabilité que le Seigneur n’a pas non plus besoin de
votre ignorance 3 ».
Étudier la Bible, c’est imiter l’exemple
d’hommes de Dieu
D’innombrables serviteurs de Dieu ont été bénis dans leur
activité, au cours de l’histoire de l’Église. Les chrétiens des pre-
miers siècles attachaient un grand prix à la lecture et à l’étude
des saintes Écritures. Leurs conducteurs les y exhortaient : « Vous
avez lu l’Écriture et vous en êtes bien instruits ; conservez-la
dans votre mémoire et repassez-la souvent dans votre esprit ;
Appliquez-vous avec soin aux Écritures qui sont les vrais oracles
de Dieu » (Clément de Rome). « J’ai cette confiance en vous que
vous vous exercez aux saintes Écritures et que rien ne vous en
reste caché » (Polycarpe). « Ignorer les Écritures est un abîme
dangereux » (Chrysostome). « Les laïcs doivent abonder dans la
connaissance des saintes lettres » (S. Jérôme). Les écrits de ces
« Pères de l’Église » sont imprégnés de sève biblique et contien-
nent de nombreuses citations de l’Ancien Testament et des écrits
apostoliques.
Les Réformateurs ont trouvé dans la Bible l’inspiration de
leurs réformes. Luther l’a traduite et expliquée oralement et par
écrit ; plusieurs milliers de pages dans ses œuvres témoignent
d’une connaissance approfondie de la révélation. Calvin l’a com-
mentée, Zwingli la suivait, livre après livre, dans ses sermons.
Les « hommes du Réveil » étaient des « hommes du Livre ».
Le Réveil de Genève a éclaté grâce à l’étude biblique que
l’Écossais Robert Haldane faisait de l’épître aux Romains dans
un petit groupe comprenant, entre autres, Merle d’Aubigné,
Frédéric Monod, Louis Gaussen et César Malan. Son commen-
taire compte 660 pages de petits caractères. Spurgeon, bien que
n’ayant fréquenté aucune faculté de théologie ou école biblique,
étudia inlassablement l’ensemble de la Bible : ses sermons et ses
livres témoignent d’un labeur infatigable ; son commentaire des
3 OsbORne Grant R. & WOOdWaRd Stephen B., Handbook for Bible Study, Baker, Grand
Rapids, 1979, p. 12-14.
12
Comment étudier la Bible
Psaumes à lui seul comprend 7 volumes de 500 pages. Moody,
l’ancien apprenti vendeur devenu le plus grand évangéliste
de son siècle, a exalté l’étude de l’Écriture : « Dieu ne veut pas
que nous nous contentions de lire la Bible, il nous faut l’étudier
consciencieusement, la « sonder » : à la recherche des grandes
vérités… Si peu de chrétiens croissent (dans la foi) parce que si
peu d’entre eux étudient la Bible 4 ».
Tous les réveils dans la Bible (2 Rois 22 : 8-13 ; 23 : 2-3 ;
Néhémie 8 : 1-8 ; 9 : 1-37 ; 13 : 1-3) et dans l’histoire de l’Église
étaient liés à une redécouverte de la Parole de Dieu.
Les Vaudois du Piémont ont commencé par recopier et diffu-
ser des portions de la Bible. La Réformation était tout entière liée à
l’Écriture. Chaque jour on la lisait et on l’expliquait dans les Églises
de la Réforme 5
. Les études bibliques surgissent presque sponta-
nément dans le réveil piétiste, chez les Moraves, les Méthodistes,
à Genève, dans la « Mission intérieure » de Wichern 6
, etc.
Actuellement, dans les pays anglo-saxons, nous assistons à
un renouveau spirituel considérable par la multiplication des cel-
lules bibliques. Tom Rees ne craint pas de dire que c’est la chose
la plus significative qui se soit produite dans le domaine spirituel
depuis le 18e siècle 7
. Dans beaucoup de pays d’outre-mer, des
missionnaires remplacent l’évangélisation d’avant-guerre par les
études bibliques de maisons. En Extrême-Orient, en particulier,
l’Église croît de manière explosive grâce aux cercles bibliques
commençant par deux ou trois dans un foyer. En Corée, quelque
4 Pleasure and Profit in Bible Study.
5 Luther avait institué des cultes de semaine pour l’explication suivie de la Bible (W.
A. XIX, 79). Les ordonnances ecclésiastiques du 16e siècle demandent qu’ils soient
quotidiens. Parfois, il y en a même eu plusieurs par jour. À Strasbourg, par exemple,
en 1526, il y a eu journellement quatre prédications (à 4 heures en été, 5 heures en
hiver, 7 heures, 8 heures et 16 heures). Ainsi les membres des Églises apprennent
à connaître toute la Bible. Calvin rapporte l’habitude de Strasbourg à Genève où il
introduit également le sermon quotidien dans lequel on étudie, l’un après l’autre, les
livres de la Bible en lecture suivie (dimanche et jours de semaine, sans en excepter les
jours de fête). Lui-même prêchait près de trois cents fois par an. Zwingli fit de même
à partir de 1524 dans ses lectures bibliques expliquées. Parfois, dans ces diverses
réunions, les fidèles pouvaient participer à l’étude en posant des questions ou en
ajoutant leurs propres pensées.
6 Voir WuRsteR P., Die Bibelstunde, Quell-Verlag, Stuttgart, 1920, p. 23-26.
7 Break-through, Kent, Hildenborough Hall. s.d., p. 1.
13
Introduction
1 500 étudiants se sont convertis dans des études bibliques. Aux
Philippines, on a vu s’implanter quelque 10 000 groupes bibli-
ques dans les maisons. Les Groupes bibliques universitaires mul-
tiplient les cercles d’études dans le monde entier. Les Groupes
bibliques lycéens les introduisent parmi les jeunes de 14 à 18
ans. L’intérêt pour la Bible déborde actuellement toutes les fron-
tières confessionnelles, nationales ou raciales.
Si nous voulons accomplir une œuvre féconde pour le
Seigneur, il nous faudra, comme tous ces hommes de Dieu, étu-
dier notre Bible. Si nous voulons entrer dans ce grand courant de
renouveau spirituel amorcé par l’étude biblique en commun, il
nous faut connaître intimement la Parole de Dieu afin de pouvoir
participer activement à un tel groupe ou le diriger.
Que nous apporte l’étude de la Parole
de Dieu ?
L’étude systématique de la Parole de Dieu est très importante
pour notre développement spirituel : elle nous fait connaître la
volonté et le plan de Dieu, nous fait croître harmonieusement,
nous garde de l’erreur et nous permet d’aider les autres à trouver
le chemin du salut et à y progresser.
L’étude de la Bible nous fait connaître la volonté
de Dieu et comprendre son plan
Il a peut-être suffi d’une parole extraite du saint livre pour
nous amener à la conversion. Une phrase peut nous faire réflé-
chir et nous amener à changer de comportement. Une promesse
piquée au vol dans une Bible ouverte au hasard nous redonne
forces et courage au moment opportun. Mais pour comprendre
le plan de Dieu dans son ensemble et connaître toute sa volonté
à notre égard comme à l’égard de l’humanité, il est indispensable
d’étudier avec sérieux et persévérance toute la Bible.
En principe, Dieu n’accorde pas de révélation particulière de
sa volonté là où il l’a déjà fait connaître dans sa Parole. À nous
de la chercher dans l’Écriture. La règle : « Nul n’est censé igno-
14
Comment étudier la Bible
rer la loi » s’applique aussi à la loi de Dieu. Si je la transgresse
– consciemment ou non – je porterai la peine des conséquences
de ma transgression. J’ai donc tout intérêt à me familiariser avec
les « ordonnances » divines, si je veux éviter de graves inconvé-
nients.
Inversement, beaucoup de bénédictions dépendent de notre
connaissance de la Parole : nous pouvons nous fonder sur les pro-
messes de Dieu et les lui présenter dans la prière pour en deman-
der l’exaucement. C’est pourquoi Jésus a dit : « Si vous demeurez
en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce
que vous voudrez, vous l’obtiendrez » (Jean 15 : 7). Nous jouirons
des « bénédictions de l’Esprit dans le monde céleste qui, toutes,
sont en Christ » (Éphésiens 1 : 3), si nous nous les approprions par
la foi sur la base de la révélation biblique.
Le psalmiste chantait : « Ton commandement me rend sage…
Quand on découvre tes paroles, c’est la lumière : on y trouve le
discernement… Grande est la paix de celui qui aime ta Loi » (Psa
ume 119 : 98, 130, 165).
Les indications sur la prière, le Saint-Esprit, l’Église, sont épar-
pillées ici et là dans l’Écriture. Si je veux avoir une idée claire de
la pensée divine sur l’un de ces sujets, il faut que je rassemble
tout ce qui est dit et que je classe méthodiquement les différen-
tes pensées. Si je ne fais pas une étude d’ensemble qui tienne
compte de toutes les affirmations bibliques sur un sujet, je ris-
que fort d’être séduit par l’interprétation particulière d’un ou de
deux versets isolés. Voici deux exemples : d’après Luc 24 : 49 et
Actes 1 : 4, on pourrait croire qu’après la conversion, il nous faille
attendre le Saint-Esprit. Si nous isolons 1 Corinthiens 15 : 34 et
2 Corinthiens 13 : 5 de leur contexte et de l’ensemble des nota-
tions concernant l’Église, nous pouvons penser que les Églises
primitives étaient composées de croyants et d’incroyants 8
.
De même, le plan d’ensemble de Dieu pour notre vie ne se
trouve exposé dans aucun passage isolé. Il se dégagera d’une
étude systématique de l’ensemble de la révélation biblique.
8 Voir Kuen A., Je bâtirai mon Église, Éd. Emmaüs, p. 142-143.
15
Introduction
Cela est encore plus vrai pour le plan de Dieu à l’égard de l’hu-
manité : rôle d’Israël, de l’Église, sort des nations, retour de Christ,
fin des temps… Or la vision de ce plan général de Dieu déter-
mine l’orientation de notre action. Pour avoir une vision claire
de la volonté et du plan de Dieu pour notre vie, il nous faut donc
étudier par thèmes ce que la Bible dit à ce sujet.
L’étude de la Bible nous fait croître harmonieusement
Presque tous les passages bibliques qui parlent de la crois-
sance spirituelle la lient à la connaissance de Dieu et du Seigneur
Jésus-Christ (Éphésiens 4 : 15 ; Colossiens 1 : 10 ; 2 Pierre 3 : 18). Or,
nous ne pouvons connaître Dieu et son Fils que par la Bible dans
laquelle il lui a plu de se révéler. La véritable croissance est donc
liée à notre connaissance de la Parole de Dieu. C’est pourquoi
le psalmiste déjà comparait celui « qui met toute sa joie dans
la Loi de l’Éternel et la médite jour et nuit » à « un arbre planté
près d’un courant d’eau et qui donne toujours son fruit lorsqu’en
revient la saison et son feuillage est toujours vert » (Psaume 1 : 2-
3). L’apôtre Pierre, de son côté, nous dit : « Comme des enfants
nouveau-nés, désirez ardemment le lait pur de la Parole, afin qu’il
vous fasse grandir en vue du salut » (1 Pierre 2 : 2).
Le Seigneur disait, reprenant une parole du Deutéronome,
que « L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre,
mais aussi des paroles que Dieu prononce » (Deutéronome 8 : 3 ;
Matthieu 4 : 4 ; cf. Psaume 119 : 93). Comme nous ne pouvons croî-
tre physiquement sans manger, ainsi nous ne pouvons grandir
spirituellement sans nous nourrir de la Parole de Dieu. Mais pour
assimiler la nourriture, il ne suffit pas de l’avaler précipitamment
telle qu’elle se présente à nous dans la nature. La plupart des ali-
ments demandent à être préparés, accommodés, mâchés pour
pouvoir être digérés. Ainsi, bien des paroles de l’Écriture doivent
d’abord être interprétées et méditées (« ruminées » comme dit
l’hébreu) avant de pouvoir être intégrées à notre pensée et de
contribuer à l’édification de notre « homme intérieur ».
Nous croîtrons « dans la grâce » si nous connaissons mieux le
« Dieu de toute grâce » ; or nous apprenons à le connaître en étu-
16
Comment étudier la Bible
diant de près dans quelles circonstances il a témoigné sa grâce
aux hommes. Nous croissons « en sagesse » par l’obéissance à ses
commandements, si nous nous laissons avertir des conséquen-
ces de nos désobéissances par les exemples rapportés dans la
Parole.
Dieu veut que nous parvenions « à l’état d’adultes, à un stade
où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ.
De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants… »
(Éphésiens 4 : 13-14). Pour cela, il a donné à l’Église des apôtres,
des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs
(v. 11). Plusieurs d’entre eux ont laissé des écrits qui furent inté-
grés dans la Bible. En étudiant la Parole de Dieu, nous nous met-
tons au bénéfice des ministères accordés à l’Église primitive pour
l’édification des croyants.
La connaissance de l’ensemble de la révélation biblique est
nécessaire à une croissance harmonieuse. Chaque partie, cha-
que livre de la Bible insiste davantage sur un aspect du message
divin : sur la loi ou la conduite morale. Si nous ne voulons pas
que notre foi ou notre piété soit déséquilibrée, il ne faut pas nous
cantonner à l’étude de quelques livres favoris de la Bible. Nous
avons besoin de « toute l’Écriture » pour parvenir à la maturité
spirituelle – aussi de l’Ancien Testament : les livres historiques
de l’Ancien Testament nous familiarisent avec les principes du
gouvernement divin, les Psaumes nous apprennent à louer Dieu,
Job nous fait prendre patience dans l’épreuve, l’Ecclésiaste nous
pousse à réfléchir au pourquoi de notre existence, les prophètes
secouent notre apathie et ouvrent notre vue aux perspectives du
plan de Dieu. Certains chrétiens relisent indéfiniment les mêmes
livres du Nouveau Testament, aux dépens des autres jugés trop
difficiles ; or, sans la perspective donnée par les épîtres, les évan-
giles ne présentent qu’un modèle inaccessible. Les lettres de
Paul elles-mêmes, qui expliquent le mieux le message central du
Nouveau Testament, demandent à être complétées par celles de
Jacques, de Pierre et de Jean. Si les écrits de Paul fondent notre
foi, les lettres de Jean exaltent notre amour et son Apocalypse
nourrit notre espérance.
17
Introduction
L’Écriture forme un tout indivisible. Ceux qui l’étudient systé-
matiquement dans son intégralité croîtront harmonieusement.
L’étude de la Bible nous garde de l’erreur
et de la chute
Déjà le psalmiste disait : « La Loi de leur Dieu, gravée dans leur
cœur, les garde à l’abri de tous les faux pas » (Psaume 37 : 31 ; cf.
Ésaïe 51 : 7) et Jésus dit aux sadducéens : « Vous êtes dans l’erreur,
et en voici la raison : vous ne connaissez pas les Écritures ni quelle
est la puissance de Dieu » (Marc 12 : 24).
La caractéristique des enfants est, d’après l’apôtre Paul,
d’être « ballottés comme des barques par les vagues et empor-
tés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la
merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur »
(Éphésiens 4 : 14).
La seconde moitié du premier siècle fut caractérisée par
l’invasion de fausses doctrines dans les Églises. Les épîtres qui
datent de la fin de l’ère apostolique (1-2 Timothée, Tite, 2 Pierre,
Jude, épîtres de Jean) sont remplies d’avertissements contre les
faux docteurs et les faux prophètes ; elles insistent sur la néces-
sité de la connaissance. La première épître de Jean à elle seule
emploie, dans le texte original, une cinquantaine de fois les mots
connaître et savoir. Dans ces lettres, les apôtres luttent davantage
contre les hérésies en exposant le plan de Dieu qu’en dénonçant
sa contrefaçon, car la connaissance de la vérité est l’arme la plus
efficace contre l’erreur. Le souci des apôtres n’est d’ailleurs pas
uniquement la pureté doctrinale : l’erreur doctrinale s’accom-
pagnait généralement d’inconduite (1 Timothée 1 : 3-4 ; 6 : 3ss ;
2 Timothée 2 : 14ss ; 2 Pierre 2 : 1-19 ; 1 Jean 2 : 18-27 ; 4 : 1-6 ; 2
Jean 7-10 ; Jude 3-6).
La connaissance de la vérité préserve à la fois de l’erreur et
de la chute. La fin de l’ère chrétienne ressemble à la fin de l’âge
apostolique par la floraison des hérésies, par leur pouvoir séduc-
teur et leurs caractéristiques doctrinales et morales. Beaucoup de
chrétiens sont vacillants dans leur foi et se laissent entraîner par
des doctrines nouvelles parce qu’ils n’ont qu’une connaissance