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Soumaïla SEBECO
Juriste
Email : sebecopagiri@[Link]
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DESCRIPTION
• Principaux thèmes abordés : les sources du droit et les principes de la sécurité sociale,
l’organisation générale de la sécurité sociale et les branches de la sécurité sociale.
• Bibliographie :
2
- Décret N°2023-0132 PRES-TRANS PM/MFPTPS/MEFP portant fixation de de l’âge
de départ à la retraite des travailleurs salariés et assimilés
- Décret N°2023-0131 PRES-TRANS PM/MDAC/MFPTPS/MATDS/MTMUSR
portant institution de la carte d’affiliation des transporteurs routiers à la Caisse nationale
de sécurité sociale
- Décret N°2023-0129 PRES-TRANS PM/MFPTPS/MEFP portant fixation du taux
d’appel des cotisations au titre du régime de sécurité sociale applicable aux travailleurs
salariés et assimilés au Burkina Faso
- Décret n° 2007-413/PRES/PM/MFB du 10 juillet 2007 portant statut général des
Etablissements Publics de Prévoyance Sociale
- Décret n° 2007-735/PRES/PM/MTSS du 14 novembre 2007 portant transformation de
la CNSS en Etablissement Public de Prévoyance Sociale
- Décret n° 2007-736/PRES/PM/MTSS du 14 novembre 2007 portant adoption des
statuts particuliers de la Caisse nationale de Sécurité sociale
-
- Arrêté n° 2022-070 Fixant le montant des allocations familiales
- Arrêté n° 2022-069 Modalités d’allocation de subventions aux employeurs
- Arrêté n° 2022-068 Modalités de versement des prestations aux personnes à charge en
cas de peine privative de liberté
- Arrêté n° 2022-067 Fixation du plafond des salaires soumis à cotisation du régime
- Arrêté n° 2022-066 principe de non cumul des allocations familiales
- Arrêté n° 2022-065 Modalités de partage de l’allocation de survivants en cas de pluralité
de bénéficiaires
- Arrêté n° 2022-064 Règle d’établissement et de maintien de la réserve technique dans
la branche des risques professionnels
- Arrêté n° 2022-063 Modalités d’affiliation, de liquidation et de paiement des Pres AV
- Arrêté n° 2022-062 fixation de la périodicité de paiement des rentes
- Arrêté n° 2022-061 Affiliation des employeurs, immatriculation des travailleurs
- Arrêté n° 2022-060 fixant le montant des allocations prénatales
- Arrêté n° 2022-059 portant règlementation du service des prestations de la sécurité
sociale 2
3
- Arrêté n° 2022-059 portant règlementation du service des prestations de la sécurité
sociale 1
- Arrêté Conjoint n°2023-024 portant création, composition, attributions et
fonctionnement d’un comité de santé chargé de déterminer l’origine professionnelle
d’une maladie
- Arrête Conjoint n°2023-023 portant modalités d’octroi des prestations d’action sanitaire
et sociale
- Arrêté n°2023-018 portant détermination des conditions et modalités d’application de
la majoration du taux de cotisation au titre de la branche des risques professionnels
- Arrêté n°2023-017 portant détermination de l’assiette de cotisations et les modalités
d’évaluations des avantages en nature
- Arrêté n° 2008-001/MTSS/SG/DGPS portant règlementation du service des Prestations
de la Sécurité Sociale
- Arrêté n° 2008-002/MTSS/SG/DGPS portant modalités d’affiliation, de liquidation et
de paiement des prestations au titre de l’assurance volontaire
- Arrêté n° 2008-003/MTSS/SG/DGPS portant modalités de partage de l’allocation de
survivants en cas de pluralité de bénéficiaires
- Arrêté n° 2008-004/MTSS/SG/DGPS portant règles d’établissement et de maintien de
la réserve technique dans la branche des risques professionnels
- Arrêté n° 2008-005/MTSS/SG/DGPS fixant le taux d’incapacité permanente donnant
droit au paiement mensuel des rentes
- Arrêté n° 2008-006/MTSS/SG/DGPS portant fixation des règles d’évaluation des
avantages en nature
- Arrêté n° 2008-007/MTSS/SG/DGPS portant modalités de versement des prestations
aux personnes à charge en cas de peine privative de liberté
- Arrêté n° 2008-008/MTSS/SG/DGPS relatif à l’affiliation, à l’immatriculation des
travailleurs et autres assurés au régime géré par la Caisse nationale de sécurité sociale
et aux obligations incombant aux employeurs dans le fonctionnement de ce régime
- Arrêté conjoint n° 2008-023/MTSS/SG/DGPS portant modalités d’octroi des
prestations d’action sanitaire et sociale
- Arrêté conjoint n° 2008-024/MTSS/SG/DGPS portant création, composition,
attributions et fonctionnement d’un comité de santé chargé de déterminer l’origine
professionnelle d’une maladie
4
- Arrêté conjoint n° 2008-025/MTSS/SG/DGPS portant réglementation de l’expertise
médicale
- Arrêté conjoint N°98-008/METSS/MD/MATS/MTT portant détermination et modalités
de contrôle de la carte d’affiliation des transporteurs routiers
-
5
INTRODUCTION
Nous expliquerons le concept de sécurité sociale et son évolution, avant de donner un aperçu
historique de la sécurité sociale sur un plan international.
L’expression renvoie d’abord à une idée, celle de protection sociale. Dans la société, l’être
humain fait face à une diversité de risques pour lesquels il cherche à se protéger : la maladie, la
vieillesse, la pénurie alimentaire provenant de causes également diverses etc., sans compter les
risques tels que les guerres et les catastrophes naturelles (tremblements de terre, éruptions
volcaniques…).
L’idée d’assurance sociale n’apparaît qu’avec l’organisation de cette protection dans le cadre
supra familial et même supra corporatif. Et cette organisation est somme toute assez récente.
L’expression sécurité sociale peut aussi renvoyer, en second lieu, aux institutions qui prennent
en charge cette mission de protection. Ainsi, selon Gilles HUTEAU, « la sécurité sociale est
une institution ou un ensemble d’institutions qui ont pour fonction de garantir collectivement
les individus, de toutes conditions pécuniaires, contre un certain nombre de risques de
l’existence susceptibles de porter atteinte à leur sécurité économique et auxquels la société
attache une importance particulière ».
Ce n’est qu’a la fin du 19è siècle, début 20ème siècle que l’on peut voir émerger l’idée de sécurité
sociale s’appuyant sur des institutions spécifiques et des techniques particulières de garantie
contre les risques sociaux.
- soit sur un système inorganisé essentiellement fondé sur les techniques de l’épargne et
de l’assistance ;
- soit, un peu plus tard, sur des formes spontanées d’organisation(en dehors de la
puissance publique), reposant sur les techniques de l’assurance et de la mutualité.
Ces systèmes demeuraient inadaptés ou peu efficaces ou peu efficaces en ce sens que le nombre
de bénéficiaires, de même que les risques couverts, restaient très limités.
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L’épargne est une technique de garantie individuelle qui suppose la capacité à dégager un
surplus de revenus que l’on réserve pour les périodes de « vache maigre ».
L’assistance est une protection précaire parce que la générosité et la charité ne sont pas sans
limites, notamment celles de la lassitude ou des ressources de l’assistant lui-même.
Les techniques de l’assurance et de la mutualité sont plus évoluées, mais celles ne caractérisent
pas encore l’idée de sécurité sociale.
L’assurance suppose l’intervention d’un tiers, l’assureur, qui, contre paiement d’une prime,
s’engage à verser une indemnité en cas de survenance du risque envisagé. La limite de ce
système, dans le cadre d’une protection contre des « risques sociaux » réside dans son caractère
commercial.
La mutualité repose sur le même principe que l’assurance, mais sans intervention du tiers et
sans caractère commercial : les membres d’une profession ou d’un groupe social versent des
« cotisations » qui serviront à indemniser ceux qui seront victimes de la survenance des risques
envisagés.
Une autre forme classique de protection, faisant appel à l’intervention d’un tiers, et
spécialement appliquée au risque « accident du travail », est la mise en jeu de la responsabilité
du tiers sur la base de l’article 1382 C. civ.
Toutes ces techniques classiques sont encore aujourd’hui utilisées. Mais la sécurité sociale
n’apparaît véritablement qu’avec l’intervention de l’Etat qui a permis le recours à des
techniques plus efficaces.
C’est en Allemagne que le mouvement d’intervention de l’Etat sera lancé par l’empereur
Bismarck avec l’instauration de l’assurance maladie en 1883, de l’assurance accident du travail
en 1884 et de l’assurance invalidé en 1889.
Les autres pays d’Europe vont progressivement emboîter le pas et reconnaître que
l’organisation de la protection sociale des individus contre certains risques fait partie des
missions de l’Etat. L’expression « sécurité sociale » n’a été introduite dans le langage juridique
qu’à partir de 1935. Avec l’adoption par Francklin D. Roosevelt dans le cadre de sa politique
de « New Deal », de la « Social security act » du 14 août 1935.
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La protection sociale a connu, depuis la fin du 19ème siècle, un développement prodigieux à
plusieurs points de vue.
D’abord, elle a connu une évolution dans ses techniques juridiques, passant de la protection
ancienne reposant sur les techniques individuelles (épargne, assistance, responsabilité civile)
ou collectives (assurances privées, mutualité) à l’assurance sociale impulsée par les pouvoirs
publics qui la rendent obligatoire.
En second lieu, la protection sociale a évolué dans ses buts et, partant, dans son champ
d’application matériel. Les risques garantis sont préalablement définis, mais leur nombre
s’étend de plus en plus, dans les pays développés du moins.
Enfin, le droit de la sécurité sociale est devenu un droit universel. Cette universalisation a été
consacrée par la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’Organisation des Nations
Unies de 1948 qui dispose, en son article 22 : « toute personne, en tant que membre de la
société, a droit à la sécurité sociale… ». L’article 25 est plus précis : « toute personne a droit à
un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment
pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services
sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de
veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de
circonstances indépendantes de sa volonté ».
La sécurité sociale émergera progressivement, entre 1883 et 1945. L’Allemagne est considérée
comme le pays qui a ouvert la voie de l’institution des assurances sociales. Bismarck par ses
lois de 1883, 1884 et 1889 (sur l’assurance invalidité et vieillesse) pose les bases de l’Etat-
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providence « répartiteur des avantages et des charges sociales » ou garant de la diffusion du
bien-être à tous les citoyens.
Les lois ci-dessus seront réunies en 1911 dans un « code des assurances » en y ajoutant une
assurance décès et un régime d’assurance invalidité et vieillesse pour les employés. Puis en
1929 sera créée une assurance chômage.
Ce système aura une grande influence sur beaucoup de pays européens (Pays-Bas, Suède,
Norvège, Italie, France…), mais il reste encore limité, quant aux bénéficiaires, par rapport à la
vision de la sécurité sociale : il concerne les ouvriers de l’industrie et les prestations sont
destinées à compenser une partie de la perte de salaire.
L’étude qui a eu un impact retentissant et profond est celle de l’économiste Lord William
Beveridge, étude menée à la demande du gouvernement anglais en 1941 et rendue publique en
1942. Ce rapport renouvelle l’idée de protection sociale en proposant de la fonder sur une autre
base que le système Bismarckien qui repose sur la solidarité professionnelle.
Quelques textes furent adoptés dès 1946 pour étendre le bénéfice des assurances sociales à des
catégories non salariées. Mais c’est en 1948 (loi du 17 janvier 1948) que la généralisation de
l’assurance vieillesse fut rendue effective. Cette loi de 1948 marqua aussi l’abandon de l’unité
du système de sécurité en créant trois régimes autonomes (pour l’industrie et le commerce, pour
l’artisanat et pour les professions libérales)
Mais la généralisation ne peut être considérée comme véritablement réalisée qu’avec la mise
en place, par la loi du 27 juillet 1999 entrée en vigueur le 1er janvier 2000, de la « couverture
maladie universelle » (CMU).
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Le système français de sécurité sociale comprend essentiellement quatre grands blocs de
régimes légaux et des régimes de source conventionnelle. Les régimes légaux se composent :
- du régime général, qui couvre les principales branches de la sécurité sociale (assurance
maladie, assurance vieillesse, prestations familiales, assurances accidents et maladies
professionnelles) et concerne -ne serait-ce que pour une de ses branches-plus de 80%
de la population ;
- du régime agricole, qui couvre les exploitants et salariés agricoles ;
- des régimes des professions non-salariés non agricoles, qui ne concernent que moins de
5% de la population ;
- des régimes spéciaux qui ont été maintenus parce qu’ils accordent des avantages
supérieurs à ceux des autres régimes (régime des mines, régime de la SNCF ou Société
Nationale des Chemins de Fer de, régime de l’Opéra).
Les régimes de source conventionnelle sont des protections sociales organisées à l’initiative des
partenaires sociaux, par des négociations collectives, pour pallier l’insuffisance de protection
des régimes légaux. Les principaux régimes conventionnels sont :
C’est après l’adoption du code du travail d’Outre-Mer que la sécurité sociale va prendre son
essor.
Le code de 1952 contenait des dispositions qui serviront de point d’appui pour l’institution de
la sécurité sociale. Ainsi, l’article 237 instituait légalement les prestations familiales pour les
travailleurs régis par le code et l’article 142 fait obligation à l’employeur de fournir gratuitement
les soins et les médicaments au travailleur malade, dans des limites définis.
10
salariés de Haute-Volta et de l’arrêté n°1094 du 31/12/1955 portant organisation et
fonctionnement de la « Caisse territoriale de compensation des prestations familiales ». Un
décret du 27 février 1957 relatif aux accidents du travail fut adopté en complément du code du
travail.
En 1958, un régime d’assurance vieillesse fut institué, non par la loi, mais par accord
professionnel conclu le 27 mars 1958 entre les organisations patronales et syndicales. Cet
accord crée l’Institution de Prévoyance retraite de l’Afrique occidentale française (IPRAOF)
qui deviendra IPRAO après l’accession à l’indépendance des territoires.
En 1959, le début du 27 février 1957 relatif aux accidents du travail fut remplacé par la loi n°
3-59 ATL du 30 janvier 1959 instituant un régime de réparation et de prévention des accidents
du travail et des maladies professionnelles.
Après l’indépendance, l’évolution s’est poursuivie avec l’institution par la loi n° 78-60 AN du
6 octobre 1960 de l’assurance vieillesse, invalidité et décès, au profit des travailleurs soumis au
code du travail. Les différents textes furent réunis en 1972 dans un seul texte portant code de
sécurité sociale par la loi n°13/72/AN du 28 septembre 1972 et ses arrêtés d’application.
L’organisme de gestion (la CCPF & AT) qui avait déjà changé de dénomination après la loi de
1960 et dont le siège avait été transféré à Ouagadougou dès 1963, pris le nom de Caisse
nationale de sécurité sociale (CNSS).
La loi de 1972 a été remplacée par la loi n° 015-2006/AN du 11 mai 2006 portant régime de
sécurité sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés.
Ainsi la sécurité sociale burkinabè couvre les risques sociaux suivants : accidents du travail et
maladies professionnelles, charges de famille, maternité, vieillesse, invalidité, décès (protection
des survivants). Par rapport aux neufs risques dont la couverture est recommandée par rapport
aux neufs risques dont la couverture est recommandée par la convention n° 102 de 1952 de
l’OIT, dite norme minimum, on remarque l’absence de couverture des risques : maladies (soins
médicaux), maladie (compensation des pertes de revenus) et chômage.
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1) Le champ d’application restreint de la sécurité sociale en Afrique
Le caractère restreint de la sécurité sociale burkinabè s’observe aussi bien dans son champ
d’application personnel que dans son champ d’application matériel.
Organisée sur une base professionnelle, la sécurité sociale ne touche, en Afrique, qu’une très
faible proportion de la population.
Elle ne concerne, dans le champ d’application, personnelle, que les salariés qui ne représentent
qu’une faible proportion de la population active (moins de 20%).
Il résulte de cette base professionnelle de la sécurité sociale que les secteurs économiques les
plus importants et où la population est la plus vulnérable sont exclus de la sécurité sociale.
Il résulte de son champ d’application personnel et matériel restreint que la sécurité sociale ne
concerne en Afrique subsaharienne que 5 à 10% des travailleurs.
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Un bon degré de développement économique rend possible l’extension de la sécurité sociale,
que ce soit par la technique de l’assurance privée, de l’assurance sociale (gérée par les
organismes publics ou mutualistes) ou la technique de protection financée par la fiscalité.
La protection des ménages contre certains aléas par la sécurité sociale favorise la
consommation.
Les prélèvements opérés par la sécurité sociale sont ressentis par les entreprises comme des
charges sociales qui peuvent grever leurs rentabilités et leur compétitivité.
L’inadaptation de la sécurité sociale classique héritée des modèles européens résulte d’une
discordance entre les fins de la sécurité sociale et les moyens mis en œuvre.
C’est peut-être dans ce sens que la loi de 2006 et ses textes d’application, notamment l’arrêté
n°2008-02 du 10 mars 2008 portant modalités d’affiliation, de liquidation et de paiement des
prestations au titre de l’assurance volontaire et l’arrêté n°2008-08 du 10 mars 2008 relatif à
l’affiliation, à l’immatriculation des travailleurs et autres assurés, tente décloisonner la sécurité
sociale en levant certaines restrictions au recours à l’assurance volontaire et en préconisant
l’ouverture au secteur informel.
De même, le décret n°2008-736 du 17 novembre 2008 recherche les voies d’institution d’une
assurance maladie. Ce décret porte création, attributions, composition et fonctionnement du
comité de pilotage des études de faisabilité d’un système national d’assurance maladie. Les
études menées dans ce cadre ont abouti à l’adoption de la loi n°060-2015/CNT du 5 septembre
2015 portant régime d’assurance maladie universelle au Burkina Faso (RAMU).
Avant l’adoption de la loi RAMU, différentes mesures avaient été prises pour concourir à
l’avènement de la sécurité sociale universelle :
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- adoption en 2012 de la politique nationale de protection sociale ;
- adoption d’une stratégie de développement des mutuelles sociales ;
- élaboration d’une loi portant mutualité sociale.
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CHAPITRE I – LES SOURCES DU DROIT ET LES PRINCIPES DE LA SECURITE
SOCIALE
On abordera d’abord les sources avant d’esquisser les traits et les principes généraux de la
sécurité sociale.
1/- La constitution
Les dispositions constitutionnelles en matière de sécurité sociale sont très peu nombreuses. La
disposition générale est celle de l’article 18 de la constitution : « l’éducation, l’instruction, la
formation, le travail, la sécurité sociale, le logement, le sport, les loisirs, la santé, la protection
de la maternité et de l’enfance, l’assistance aux personnes âgées ou handicapées et aux cas
sociaux, la création artistique et scientifique, constituent des droits sociaux et culturels reconnus
par la présente constitution qui vise à les promouvoir ».
L’article 26, qui dispose que « le droit à la santé est reconnu. L’Etat œuvre à le promouvoir ».
La DUDH reconnait la sécurité sociale comme un droit fondamental de l’être humain. Elle
énonce, en son article 22, que « toute personne, en tant que membre de la société, a le droit à
la sécurité sociale ; … »
L’article 25, 1 de la même déclaration est plus explicite : « toute personne a droit à un niveau
de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour
l’alimentation , l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services
sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage , de maladie, d’invalidité, de
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veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de
circonstances indépendantes de sa volonté ».
L’article 16 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples dispose que « 1. Toute
personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable
d’atteindre. Les Etats parties à la présence charte s’engagent à prendre les mesures nécessaires
en vue de protéger la santé de leurs populations et de leur assurer l’assistance médicale en cas
de maladie »
L’article 9 de ce pacte dispose : « les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de
toute personne à la sécurité sociale, y compris les assurances sociales » ;
L’article 11 reconnaît « …le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même
et sa famille… » et le droit fondamental qu’a toute personne d’être à l’abri de la faim… »
Par l’article 12 les Etats « reconnaissent le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état
de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre… »
2/- La loi
Le pouvoir législatif, aux termes de l’article 101, al. 2, de la constitution, a compétence pour
« déterminer les principes fondamentaux du droit de travail, du droit syndical et les institutions
sociales ». Pour l’essentiel, le législateur a compétence pour créer des branches de sécurité
sociale comme le précise l’art. 1er du Code de Sécurité Sociale.
3/- Le règlement
Le pouvoir réglementaire est chargé de prendre les dispositions d’application de ces lois. Ces
textes d’application sont assez d’application sont assez nombreux. La loi portant régime de
sécurité sociale fait un abondant renvoi à des mesures d’application prises par décret ou par
arrêté.
4/- La jurisprudence
La jurisprudence est très peu fournie en droit de la sécurité sociale, contrairement à ce qu’il en
est en droit du travail. Elle a un rôle d’interprétation et d’adaptation des règles du droit.
16
5/ Les sources professionnelles
Les sources professionnelles concernent les règles de protection sociale ayant pour origines les
accords collectifs conclus entre organisation de travailleurs et d’employeur(s).
En dehors des conventions collectives et des pratiques d’entreprise, les sources professionnelles
peuvent découler des conventions conclues entre la CNSS et les professions de santé (médecins,
pharmaciens) ou entre ces derniers et des mutuelles de santé.
Le droit de la sécurité sociale burkinabè est très largement influencé par les sources
internationales.
Les sources internationales du droit sont les traités qui se subdivisent en accords bilatéraux et
accords multilatéraux. Les accords bilatéraux, en matière de sécurité sociale, ont pour objet de
régler les conflits entre les législations de deux Etats afin d’éviter par exemple le double
assujettissement ou la perte de droits acquis ou en cours d’acquisition. Les accords
multilatéraux ont pour objet de coordonner les législations nationales dans le but de résoudre
les difficultés engendrées par les législations internes de plusieurs Etats ou par des accords
internationaux. Les accords multilatéraux comprennent les conventions universelles conclues
sous l’égide de l’OIT et les conventions régionales.
Les principes essentiels de la sécurité sociale tirent leurs origines des conventions et
recommandations adoptées sous l’égide de l’O.I.T. On peut relever, parmi les plus importantes :
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- la convention n° 102 O.I.T. de 1952 « concernant la norme minimum de la sécurité
sociale » qui fixe de manière souple des objectifs de protection sociale que les Etats
devraient chercher à établir ;
- les conventions n°17 et 18, concernant respectivement la réparation des accidents du
travail et des maladies professionnelles ;
- la convention n°19 du 05 juin 1952 sur l’égalité de traitement des travailleurs étrangers
et nationaux en matière de réparation des accidents de travail ;et
- les conventions n°97 et 143 sur les travailleurs migrants.
Les traités créant des organismes d’intégration font plus ou moins directement référence à la
sécurité sociale. L’article 61, 2 b) du traité de la CEDEAO engage les Etats membres à
« harmoniser leurs législations du travail et leurs régimes de sécurité sociale ». On peut noter,
dans le sens de la mise en œuvre de cette disposition, qu’il a été élaboré un avant-projet d’acte
1
Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale.
18
additionnel relatif à la convention générale de sécurité sociale des Etats membres de la
CEDEAO.
a) …
b) Permettant d’assurer aux travailleurs migrants et à leurs ayants droit, la continuité
de la jouissance des prestations susceptibles de leur être assurées au titres des
périodes d’emploi successives sur le territoire de tous les Etats membres ».
Le Burkina Faso est tout de même membre d’une Convention multilatérale en
matière de sécurité sociale, la « convention générale de sécurité sociale des
travailleurs de l’OCAM ( Organisation commune africaine et malgache) « adopté le
29 janvier 1971 à N’Djamena par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement.
Le Burkina Faso a conclu peu d’accords bilatéraux en matière de sécurité sociale. La seule
véritable convention de sécurité sociale est celle conclue avec le Mali, le 14 novembre 1992.
Cette convention est appuyée d’un arrangement administratif général relatif aux modalités
d’application.
Avec la Côte d’Ivoire, il n’existe que des arrangements administratifs ou des conventions de
coordination entre les organismes gérant la sécurité sociale et des arrangements administratifs
dans le cadre de l’IPRAO et dans le cadre de l’ex-Régie de chemins de fer Abidjan-Niger.
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SECTION II- LES TRAITS ET PRINCIPES GENRERAUX DE LA SECURITE
SOCIALE
Selon l’article 4 de la loi n°004-2021/AN du 6 avril 2021 portant régime de sécurité sociale
applicable aux travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso « sont assujettis au régime de
sécurité sociale institué par la présente loi tous les travailleurs soumis aux dispositions du code
du travail sans aucune distinction de race, de nationalité, de sexe et d’origine lorsqu’ils sont
occupés en ordre principal sur le territoire national pour le compte d’un ou plusieurs
employeurs nonobstant la nature et le montant de la rémunération
Y sont également assujettis, les salariés de l’Etat et des autres personnes morales de droit public
qui ne bénéficient pas, en vertu des dispositions légales ou règlementaires, d’un régime
particulier de sécurité sociale.
Sont assimilés aux travailleurs salariés prévus au premier alinéa du présent article, les élèves
et étudiants des écoles ou des centres de formation professionnelle, les stagiaires, les apprentis
et les volontaires nationaux.
Les branches et les modalités d’assujettissement les concernant sont déterminés par voie
règlementaire ».
La sécurité sociale est instituée au profit des « travailleurs soumis aux dispositions du code du
travail… » et aux « salariés de l’Etat et des collectivités publiques ou locales qui ne bénéficient
pas …d’un régime particulier de sécurité sociale » (article 4, al. 1).
D’une manière générale, la sécurité sociale burkinabè concerne les salariés du secteur privé et
du secteur public, dans la mesure où les fonctionnaires de l’Etat bénéficient d’un régime
particulier analogue à celui du code de sécurité sociale. Il s’agit donc d’une protection contre
20
certains risques sociaux que courent les individus occupant un emploi salarié. Ce trait est appelé
à se modifier avec la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle.
L’idée de se prémunir contre les risques n’est pas propre à la sécurité sociale, puisqu’elle est
née dans les assurances marchandes.
Mais la sécurité sociale s’en tient à la notion de risques sociaux. Dans une approche
économique, le risque social est « tout évènement qui menace la situation d’un individu ou d’un
ménage et dont le coût correspond aux dépenses de protection sociale engagées pour s’en
prémunir ou obtenir une indemnisation ». Dans une approche institutionnelle, est un risque
social » le risque qui est pris en considération par un système de sécurité sociale ». L’assuré
peut être protégé contre tous les risques sociaux prévus ou contre certains risques. D’où la
distinction en branches ou en régimes de la sécurité sociale.
Il s’agit ici, des principes généraux qui se rencontrent dans les différents systèmes de sécurité
sociale : le caractère territorial, le caractère d’ordre public, le caractère non discriminatoire et
la gestion participative.
Mais le principe de territorialité reçoit une application nuancée, selon qu’il s’agit de
l’assujettissement ou du bénéfice des prestations. En ce qui concerne l’assujettissement, tout
travailleur, national ou étranger doit être affilié par l’employeur à la sécurité sociale.
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jurisprudence française considère que le principe de territorialité n’a pas valeur
constitutionnelle.
Le caractère impératif de la loi de sécurité sociale est garanti par des sanctions pénales. Par
exemple, l’article 131 de la loi dispose que :
« l’employeur qui a contrevenu aux prescriptions de la présente loi et de ses textes d’application
est poursuivi devant les juridictions pénales, soit à la requête du ministère public,
éventuellement sur la demande du ministère en charge de la sécurité sociale, soit à la requête
de toute partie intéressée et notamment de l’établissement public de prévoyance sociale chargé
de gérer le régime institué par la présente loi ».
La sécurité sociale a un caractère non discriminatoire. Suivant l’article 4, elle s’applique « sans
aucune distinction de race, de nationalité, de sexe et d’origine… ».
Le régime de sécurité sociale est géré avec la participation des employeurs et des travailleurs.
Cette gestion peut être organisée selon un modèle tripartite ou un modèle paritaire.
La sécurité sociale burkinabè est de tradition gérée selon le modèle tripartite. Le tripartisme se
traduit par la représentation des travailleurs, des employeurs et de l’Etat dans les organes
d’administration et de gestion (conseil d’administration, commission permanente) de la Caisse
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nationale de sécurité sociale. La représentation des employeurs et des travailleurs n’est pas
purement formelle : ceux-ci représentent les 2/3 des membres du conseil d’administration.
23
CHAPITRE II : L’ORGANISATION GENRALE DE LA SECURITE SOCIALE
On abordera d’abord l’entrée dans le régime unique de sécurité sociale (section 1) étant
conditionné par le statut de travailleur salarié, puis l’organisation administrative et financière
de la sécurité sociale (section 2).
L’entrée dans le régime de sécurité sociale pose deux questions : une de fond et une de forme.
La première est relative aux critères d’assujettissement, c’est-à-dire les conditions qui donnent
vocation à entrer dans le système et même obligent à y entrer, dans la mesure où le régime de
sécurité sociale est un régime obligatoire : tous ceux qui entrent dans le champ d’application
personnel doivent y adhérer. La deuxième question concerne les formalités à remplir pour
bénéficier effectivement de la qualité d’assuré social. Cette qualité s’acquiert par
l’immatriculation et l’affiliation.
L’assujettissement est le fait d’être soumis à la loi ou à la réglementation, le fait d’entrer dans
le champ d’application de cette loi ou de cette réglementation. S’agissant d’un système de
sécurité sociale de type professionnel (et non pas universel), sont assujettis tous ceux qui sont
dans des rapports de travail salarié ou rapports contractuels de travail. L’existence d’un contrat
de travail est l’élément distinctif du travailleur dépendant, et donc assujetti, d’avec le travailleur
indépendant non assujetti.
Selon l’article 4 « sont assujettis au régime de sécurité sociale institué par la présente loi, les
travailleurs soumis aux dispositions du code du travail sans aucune distinction de race, de
nationalité, de sexe et d’origine lorsqu’ils sont occupés en ordre principal sur le territoire
national pour le compte d’un ou plusieurs employeurs, nonobstant la nature, la forme, la
validité du contrat, la nature et le montant de la rémunération ».
La qualité d’assujetti est indiquée par renvoi au code du travail qui dispose en son article 2 C.
trav. 2008 qu’est considéré comme travailleur « toute personne qui s’est engagée à mettre son
24
activité professionnelle moyennant rémunération, sous la direction et l’autorité d’une autre
personne, physique ou morale, publique ou privée, appelée employeur ».
Les critères de l’existence du contrat de travail qui confèrent la qualité de travailleur, sont la
subordination et la rémunération. Mais, encore plus qu’en droit du travail, le code du travail, le
code de sécurité sociale édulcore ces critères, non pas seulement par les extensions et
assimilations légales, mais par la propension à ne retenir que l’existence d’une convention qui
place une des parties sous une certaine dépendance.
La notion de dépendance est très relative et a donné lieu à beaucoup de controverses sur la
question de savoir s’il fallait retenir la situation de dépendance économique ou juridique. La
sécurité sociale avait semblé pencher en faveur du critère de la dépendance économique, en
accordant la qualité de travailleur « nonobstant la nature, la forme, la validité du contrat, la
nature et le montant de la rémunération » et à une personne mettant son activité professionnelle
au service de plusieurs employeurs.
a) L’article 1er s’accorde au principe de l’existence d’une rémunération, plus qu’à sa nature
(en espèce ou en nature) ou à son montant. Mais en réalité, la nature ou le montant peut
être pris en compte pour l’assujettissement à la sécurité sociale. Ainsi, des
rémunérations fictives, sans rapport avec le travail presté, peuvent conduire au rejet de
l’affiliation. Ces situations concernent les cas : des dirigeants de société, administrateur
ou propriétaire de l’entreprise, qui se fixe lui-même son salaire alors qu’il est un
commerçant ; le conjoint qui ne peut être considéré comme salarié que s’il participe
effectivement à l’activité à titre professionnel et constant et bénéficie d’une
rémunération correspondant au salaire normal de sa profession et non pas d’une
rémunération sans rapport avec sa participation à l’entreprise.
b) La loi se voit se veut plus incitative à l’immatriculation des catégories de personnes à
faible revenu : l’article 4 évoque la situation des travailleurs temporaires ou
occasionnels, en renvoyant également à un arrêté pour déterminer les modalités
particulières d’application mais pour la première fois ces dispositions particulières ont
été prises. Par cette démarche, on peut considérer que ces catégories relèvent du régime
obligatoire. C’est l’arrêté n°2008-008/MTSS/SG/DGPS du 10 mars 2008 relatif à
l’affiliation, à l’immatriculation des travailleurs et autres au régime géré par la Caisse
nationale de sécurité sociale et aux obligations incombant aux employeurs dans le
25
fonctionnement de ce régime qui prévoit pour la première fois, en son chapitre IV, les
dispositions particulières aux travailleurs occasionnels, temporaires et journaliers. Selon
l’article 10 de cet arrêté, ceux-ci sont immatriculés aux différentes branches de la
sécurité sociale. L’article 11, al.1 précise que « est considéré comme travailleur
occasionnel, toute personne exerçant une activité professionnelle de quelque nature que
ce soit, ponctuelle, rémunérée à l’heure ou à la tâche, recrutée sur la base d’un contrat
qui arrive à terme avec la fin de la tâche à exécuter ». L’alinéa 2 de cet arrêté donne
une définition du travailleur journalier qui est analogue à celle donnée par l’article 53
point 1 du code du travail, en mettant l’accent sur le paiement chaque jour : « est
considéré comme travailleur journalier, toute personne exerçant une activité
professionnelle de quelque nature que ce soit, recrutée sur la base d’un contrat et dont
la rémunération est fixée et payée par jour de travail ». Au-delà des définitions, il y a
des dispositions qui visent à faciliter leur affiliation : d’abord, l’employeur doit établir
chaque trimestre une liste nominative et exhaustive des travailleurs occasionnels,
temporaires et journaliers occupés au cours du trimestre et adresser à la CNSS (art. 12
de l’arrêté) ; il doit joindre une demande d’immatriculation de ceux qui ne sont pas
encore immatriculés (art. 13 de l’arrêté) et surtout les art. 15 et 16 règlent les modalités
pratiques concernant les cotisations. Selon l’art. 13, « Les cotisations dues au titre des
journaliers et occasionnels sont versées par trimestre dans un délai de 15 jours suivant
la fin dudit trimestre ». Elles sont déterminées conformément à l’art. 16 qui dispose que
« les cotisations dues par l’employeur sont déterminées en appliquant les taux de
cotisation prévus par les dispositions en vigueur au montant total des rémunérations
perçues par les travailleurs occasionnels et journaliers au cours du trimestre ». La part
du travailleur s’obtient en appliquant le taux de cotisation à la charge du salarié à la
rémunération perçue lors de chaque paie (art. 17 de l’arrêté. Rappelons que la paie du
journalier se fait chaque jour).
La précarité de ces emplois n’empêche pas que ces travailleurs (temporaires, journaliers,
occasionnels) soient assujettis à la sécurité sociale mais peut avoir des incidences sur les droits
des intéressés, notamment au regard des exigences d’un seuil minimum de cotisation pour
bénéficier des prestations dans certaines branches. L’art. 10 de l’arrêté d’application 2008-008
dispose que « les travailleurs occasionnels, temporaires ou journaliers titulaires d’un contrat de
travail conformément aux dispositions du code de travail sont immatriculés aux différentes
branches de sécurité sociale gérées par la CNSS ».
26
c) Notons que les religieux de toute confession, sont visés, au titre de l’assurance
volontaire par les art. 5 et 6 de l’arrêté n°2008-002 du 10 mars 2008 portant modalité
d’affiliation, de liquidation et de paiement des prestations au titre de l’assurance
volontaire. Ce fait devrait faciliter a fortiori, l’acceptation de leur immatriculation, le
cas échéant, à titre de travailleur salarié.
d) Sont également assujettis à la sécurité sociale par assimilation aux travailleurs salariés,
selon l’art. 4 de la loi, les élèves et étudiants des écoles ou des centres de formation
professionnelles et les apprentis pour les branches et selon les modalités qui seront
déterminées par arrêté conjoint des ministres concernés après avis de la commission
consultative du travail. Les art. 8 et 9 de l’arrêté n°2008-008 relatif à l’affiliation, à
l’immatriculation des travailleurs et autres assurés précisent que les apprentis titulaires
de contrat d’apprentissage et les stagiaires titulaires d’un contrat de stage sont assujettis
au régime de pension et des risques professionnels alors que les élèves et étudiants des
écoles au centre de formation professionnelle, de quelque nature qu’il soit, sont
immatriculés à la branche des risques professionnels et bénéficient des dispositions
relatives à cette branche pour les accidents de travail survenus par le fait ou à l’occasion
de l’enseignement ou de la formation qu’ils reçoivent. Ces assimilations n’appellent pas
de commentaires particuliers dans la mesure où elles sont de règle en matière de droit
du travail, notamment en ce qui concerne les apprentis.
e) En outre, conformément à l’art. 6 peuvent demeurer dans le système de sécurité sociale
à titre d’assurés volontaires, les personnes qui ont été affiliées au régime de sécurité
sociale pendant un certain temps et qui ont cessé de remplir des conditions
d’assujettissement.
f) Jusqu’au code de 2006, la législation burkinabè ne comportait pas de cas d’extensions
légales. On peut entendre par extension le fait pour la loi d’assujettir au régime de
sécurité sociale des personnes qui exercent une profession non salariée (artistes, auteurs
d’œuvres littéraires, musicales, cinématographiques, etc…) ou n’exercent aucune
profession (chômeurs, demandeur d’un premier emploi…pour lesquelles M. Chauchard
parle d’affiliation par fiction. Par contre, on peut parler d’assimilation lorsque la loi opte
de considérer comme travailleurs dépendants assujettis au régime général de la sécurité
sociale des personnes dont l’activité aurait pu les faire considérer comme travailleurs
indépendants (travailleurs à domicile, porteurs de bagages dans les gares, présidents et
directeurs généraux des sociétés anonymes, artistes de spectacles, journalistes
pigistes…).
27
A l’inverse de l’extension légale, le code de sécurité sociale français établit une présomption
légale de non assujettissement pour certaines catégories de personnes : personnes inscrites au
registre du commerce, au répertoire des métiers… Il s’agit d’une présomption simple qui peut
être écartée si la subordination juridique est établie.
28
- Secteur médical et paramédical (médecins, pharmaciens, vétérinaires, infirmiers et
autres spécialistes de la santé humaine et animale) ;
- Secteur technique (architectes, experts-comptables, comptables, assureurs,
interprètes, traducteurs, conseillers d’entreprises, décorateurs,,…) ;
- Secteur artistique (peintres, écrivains, imprésarios, dessinateurs, auteurs-
compositeurs, metteurs en scènes, chefs d’orchestres…) ;
- Le secteur de l’enseignement ;
- Secteur confessionnel (clergé, imans, pasteurs…).
Les personnes assujetties au régime de sécurité sociale entrent effectivement dans le système
de sécurité sociale par la formalité de l’immatriculation.
L’immatriculation est l’opération administrative par laquelle une personne est officiellement
inscrite par la caisse sur la liste des assurés sociaux. Elle se distingue de l’affiliation en ce que
celle-ci ne désigne pas une formalité à accomplir, mais la situation de droit résultant de
l’immatriculation. Le travailleur immatriculé est affilié, c’est-à-dire rattaché à l’organisme de
sécurité sociale et plus précisément à un service déconcentré de la CNSS (Direction régionale,
direction provinciale ou secteur). Mais la notion d’affiliation peut être attendue dans deux sens :
« désigne parfois le rattachement obligatoire à un régime déterminé avec un sens voisin de celui
de l’assujettissement, parfois le lien qui se noue entre l’assuré et la caisse dont il dépend ».
29
C’est dans le sens voisin de l’assujettissement que l’art.1 de l’arrêté n°2008-008 du 10 mars
2008 relatif à l’affiliatif, à l’immatriculation des travailleurs et autres assurés au régime géré
par la CNSS et aux obligations incombant aux employeurs dans le fonctionnement de ce régime
dispose : « est obligatoirement affilié à la CNSS en qualité d’employeur, toute personne
physique ou morale, publique ou privée, occupant un ou des travailleurs salariés ».
Tout employeur occupant un ou plusieurs travailleurs est assujetti à la sécurité sociale. Il est
tenu d’adresser à la caisse une demande d’immatriculation établie sur un imprimé fourni par la
caisse dans les 8 jours qui suivent, soit l’ouverture ou l’acquisition de l’entreprise, soit le
premier embauchage d’un salarié lorsque cet embauchage n’est pas concomitant au début de
l’activité (art.2, al. 2 arrêté 2008-008). La CNSS lui délivre un numéro d’affiliation. L’article 2
de l’arrêté ne prévoit plus expressément une formalité simplifiée d’immatriculation en faveur
des employeurs de gens de maison comme cela était le cas dans l’arrêté de 1976. L’absence de
demande d’immatriculation est une infraction pénalement et civilement sanctionnée.
30
L’immatriculation est une formalité accomplie une fois pour toute. Elle n’a pas à être renouvelé
car l’assuré concerne le même numéro quel que soit les changements intervenus d’employeurs
ou de lieux de travail. Par exemple, lorsqu’il perd son emploi, il conserve son numéro
d’immatriculation, mais il peut être radié de la liste des bénéficiaires de prestations s’il n’a pas
contracté une assurance volontaire (assurance facultative continuée). Même l’assuré volontaire
conserve son numéro d’immatriculation du régime obligatoire.
Quelques dispositions particulières sont prévues en ce qui concerne les apprentis et élèves des
écoles professionnelles et les transporteurs routiers. L’institution d’une carte de transporteur
routier vise certainement à renforcer l’obligation d’immatriculation pour cette catégorie de
travail, très exposé aux accidents de travail notamment les accidents de la circulation. Les
transporteurs doivent être détenteur de leurs cartes à l’exception des conducteurs propriétaires.
La présentation de cette carte est exigée lors des contrôles de police. Les apprentis, les
stagiaires et les élèves et étudiants des écoles et centres de formation professionnelle sont
immatriculés seulement à quelques branches de la sécurité sociale : aux branches des pensions
et des risques professionnels pour les apprentis et stagiaires ; à la branche des risques
professionnels pour les élèves et étudiants des écoles ou des centres de formation
professionnels, publics ou privés, qui bénéficient, en particulier, des dispositions relatives aux
accidents de travail et ceux survenus par le fait ou à l’occasion de l’enseignement ou de la
formation.
Concernant l’affiliation, le travailleur indépendant doit formuler une demande qui, outre
l’identification et l’adresse personnelle, doit indiquer la nature de l’activité exercée, la
profession ou le métier, la période de paiement de la cotisation, la date du début de l’assurance.
Le demandeur qui a la qualité de travailleur indépendant doit joindre à sa demande les
déclarations de revenus, d’existence, d’inscription au registre de commerce (art.10 de l’arrêté).
Les anciens salariés doivent joindre les pièces certifiant leur état d’ancien salarié : copie du
31
dernier certificat ou attestation de travail. Copie de la carte d’affiliation ou du bulletin de salaire
ou tout autre moyen certifiant la qualité d’ancien travailleur.
S’agissant des cotisations, l’article 12 de l’arrêté 2008-002 indique « le revenu mensuel devant
servir de base aux calculs des cotisations et à celui des prestations ne peut être inférieur au
salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)2 ou supérieur au plafond en vigueur ».
Toutefois, selon l’article 19 de cet arrêté 2008-002, « le revenu soumis à cotisation peut être
modifié aussi bien à la hausse qu’à la baisse, à la demande de l’assuré », mais seulement dans
la fourchette de 25%. La cotisation qui est entièrement à la charge de l’assuré (art. 13 de l’arrêté
2008-002), peut être acquitté mensuellement ou trimestriellement, au choix de l’assuré (art.14
de l’arrêté). Selon l’article 16 al.1, l’assuré qui suspend le versement de ses cotisations pendant
une période de 12 mois perd la qualité d’assuré. Si la suspension n’excède pas 12 mois, il peut
reprendre le versement soit à la date où il met fin à la suspension, soit de manière rétroactive, à
condition de payer les intérêts de retard (art.16, al. 2).
Ces dispositions ne permettent probablement pas à tous les travailleurs indépendants (y compris
le secteur informel de souscrire à l’assurance volontaire mais elle devrait progressivement
amener une part de plus en plus grande d’actifs à bénéficier d’une couverture de certaines
branches de sécurité sociale.
Le régime de sécurité sociale est géré par la CNSS. La CNSS a été successivement, une EPS
(Etablissement Public à caractère Spécifique), puis, un établissement public à caractère
industriel et commercial (EPIC) doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Elle établit régit par le Kiti n°An VI-024 du 18 avril 1989, successivement modifiée par le kiti
An VIII-273 bis du 4 avril 1991 et le décret n°93-211/PRES/ETSS du 15 juillet 1993.
Aujourd’hui, elle a le statut d’EPPS de par la loi n°016-2006/AN du 16 mai 2006 portant
création de la catégorie des établissements publics de prévoyance sociale. Cette catégorie
regroupe la CNSS et la CARFO. Ce sont des établissements « chargés de gérer tout ou partie
d’un régime de sécurité sociale créé par la loi » selon l’art.2 de la loi n°016-2006.
2
Le SMIG est passé de 33139 F à 45000 F depuis le 1er juillet 2023.
32
Le reclassement dans la catégorie des EPPS se justifie par la suppression de l’EPIC et marque
l’effectivité de cette suppression.
L’EPPS reste très proche de l’EPIC en ce qui concerne les prérogatives d’autonomie et
d’exercice d’activités commerciales. L’EPPS est définit par sa mission : celle de gérer un
régime de sécurité sociale, selon l’article 2 de la loi 016-2006, reprise par l’article 2 du décret
n°2014-679 du 1er août 2014 portant statut général des établissements publics de prévoyance
sociale. Son deuxième trait de particularité porte sur sa composition : il a une composition à la
fois bancaire (Etat et organisation professionnelle) et tripartite (Etat-employeur-travailleur).
Selon l’article 8 du décret n°2014-679, « les établissements publics de prévoyance sociale sont
administrés par un conseil d’administration dont la composition est paritaire entre l’Etat, les
organisations professionnelles des travailleurs et les organisations professionnelles
d’employeurs le cas échéant ». Il reste à espérer que l’habit d’EPPS se montre plus adapté que
celui d’EPIC ou celui d’EPS.
Le CA est composé selon le principe de tripartisme recommandé par l’OIT en matière sociale :
Etat-Employeur-Travailleur. Selon l’article 8 du décret n°2014-679, les EPPS « sont
administrés par un CA dont la composition est paritaire, entre l’Etat et les organisations
professionnelles des travailleurs et les organisations professionnelles des employeurs le cas
échéant ». Selon l’article 9 de ce décret, le nombre des membres du CA ne peut être supérieur
à 16 suivant l’article 8 des statuts particuliers de la CNSS, « la caisse est administrée par un CA
de 15 membres dont 5 représentants de l’Etat, 5 représentants des organisations professionnelles
33
d’employeurs et 5 représentants des travailleurs dont un représentant des personnels de la
caisse ».
On remarque que l’Etat est représenté par 1/3 des membres et les travailleurs et employeurs
pour 2/3. Cette répartition est censée privilégier le rôle des organisations professionnelles dans
la gestion du régime de sécurité sociale. Mais l’Etat y joue le rôle de véritable arbitre, si ce n’est
le décideur principal. Notons que les travailleurs retraités y sont représentés par deux membres
ayant la qualité d’observateurs et donc sans voix délibérative.
b) Attributions
Le conseil d’administration est l’organe délibérant qui connaît des principales questions
touchant le fonctionnement et la gestion de l’établissement ou, selon l’article 16 du décret n°
2014-679 du 1er août 2014 portant statut général des établissements publics de prévoyance
sociale, « le Conseil d’administration est l’organe d’orientation, de décision et de gestion de
l’établissement public de prévoyance sociale ». Ses attributions sont essentiellement de :
34
- de veiller au bon fonctionnement de l’établissement par l’exercice régulier de son
contrôle ;
- de faire réaliser toute étude notamment les études actuarielles une fois au moins tous
les cinq ( 5) ans.
Les décisions du Conseil d’administration sont soumises à l’approbation des autorités de tutelle
(Ministre chargé du Travail et de la sécurité sociale et Ministre de l’économie et des finances)
notamment celles relatives à l’adoption du budget, aux programmes de placement des fonds et
aux comptes des résultats qui doivent recueillir l’avis du Ministère chargé des finances. D’une
manière générale, les délibérations du conseil d’administration deviennent exécutoires, soit par
avis de non opposition des ministres de tutelles, soit par l’expiration d’un délai de trente (30)
jours à partir de la date de dépôt au cabinet des ministres. Le Ministère chargé de la sécurité
sociale, qui est le Ministère de tutelle technique, dispose du délai de 30jours pour faire
opposition, ce qui a pour effet de suspendre les décisions qu’il estime contraires aux lois et
règlements en vigueur ou de nature à compromettre l’équilibre financier du régime de sécurité
sociale. Passé ce délai, les délibérations deviennent exécutoires, l’approbation étant considérée
comme tacitement accordée. En cas d’opposition, le Ministère doit statuer dans le délai d’un
mois à partir de la date de l’opposition.
c) Organisation interne
L’organisation interne du Conseil d’administration diffère quelque peu de schéma standard des
Conseils des établissements publics, et ce fait traduit une plus grande autonomie de la CNSS.
Selon l’article 14 du décret n°2014-679 portant statut général des EPPS, le Conseil
d’administration « doit obligatoirement comporter en son sein : une commission permanente
chargée de suivre la gestion courante de l’établissement public de prévoyance sociale… ; deux
commissions techniques, l’une chargée du contrôle général des activités de l’établissement et
l’autre chargée des recours gracieux formulés par les employeurs et les assurés ». Pour ce qui
concerne la CNSS, le Conseil d’administration comprend comme structures internes : le
Président du Conseil, la commission de contrôle interne, la commission permanente et la
commission de recours gracieux.
35
membre représentant le personnel de la Caisse. Les textes actuels ont essayé de responsabiliser
les présidents des Conseils des établissements publics en leur faisant obligation de séjourner
pendant un certain temps dans l’établissement (article 4 du décret n° 2000-190 du 17 mais 2000)
et de faire des rapports périodiques ou circonstanciés au ministre de tutelle technique. Il répond
personnellement des défaillances de fonctionnement telle que la non tenue des réunions des
instances de l’institution ou la non élaboration des rapports et comptes financiers à soumettre à
l’Assemblée générale des sociétés d’Etat.
Institué au sein du conseil, la commission permanente est chargée de surveiller l’exécution des
décisions du Conseil, de décider pour le compte du Conseil lorsqu’elle en a reçu délégation et
éventuellement de donner son avis sur un point particulier. Elle peut recevoir toute autre
attribution par délégation accordée par le Conseil et est habilitée à prendre, en cas d’urgence,
les décisions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la CNSS. Elle doit faire un
rapport de ses décisions et avis à la prochaine session du Conseil. La commission permanente
est composée de cinq (5) membres dont le PCA et de deux (2) membres par collège autre que
celui du président.
Il est également institué au sein du Conseil d’administration une commission de contrôle interne
« du contrôle de la régularité et de l’opportunité des actes de gestion de la Caisse ». Elle
surveille l’exécution du budget, vérifie la comptabilité et examine les comptes annuels de la
Caisse. Elle procède au moins une fois par an à une vérification, à l’improviste, de caisse et de
comptabilité. Cette commission est composée de cinq membres dont le président du Conseil
d’administration et quatre autres membres choisis parmi, les administrateurs appartenant aux
deux collèges autres que celui du Président à deux membres par collège.
En outre, le Conseil d’administration constitue en son sein une commission de recours gracieux
chargée de statuer les réclamations adressées à la Caisse et de notifier aux intéressés la décision
prise. Cette commission est également composée de cinq membres dont le PCA et deux
membres par collège pour les collèges autres que celui du Président.
L’action de cette commission permanente de contrôle n’exclut pas les autres formes de contrôles
qui pèsent sur les établissements publics. Ainsi, la Caisse est soumise au contrôle de un ou
plusieurs commissaires aux comptes (article 65 des statuts particuliers) et aux autres corps de
contrôle de l’Etat que sont : l’autorité supérieur de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la
36
corruption (ASCELC), l’inspection des finances et le contrôle juridictionnel de la Cour des
comptes. Le ou les commissaires aux comptes, sont chargés de contrôler la gestion du directeur
général pour le compte du C.A. Ils ne doivent pas être des administrateurs. Ils sont désignés par
le Conseil d’administration qui fixe leurs honoraires (article 66 des statuts particuliers)
La comptabilité de la Caisse est tenue suivant les règles et principes du plan comptable de la
CIPRES (Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale) sous la supervision d’un directeur
financier et comptable (article 50 des statuts particuliers). La Caisse bénéficie d’un régime fiscal
de faveur accordé au EPPS, qui l’exempte de l’impôt sur les bénéfices industriels et
commerciaux (IBIC), de la taxe de prestations de service pour les prestations prévues par le
code de sécurité sociale et de l’impôt sur le revenu des créances et dépôt (IRC).
2) La direction générale
La CNSS est dirigée par un directeur général nommé par décret en conseil des ministres sur
proposition du Ministre en charge de la sécurité sociale et après avis du Conseil
d’administration. Il détient les pouvoirs les plus étendus pour agir au nom du conseil
d’administration. Il est chargé d’organiser le travail des services de la caisse, de gérer le
personnel, d’évaluer le projet de budget, de représenter la Caisse dans les actes de la vie civile.
- Le secrétariat général ;
- Les services centraux ; direction des ressources humaines ; direction du
recouvrement et du contentieux ; direction financière et comptable ; direction de
l’informatique et de la statistique ; direction des investissements et de la gestion
immobilière ; direction de la prévention et de l’action sanitaire et sociale ; direction
centrale des prestations ;
- Les directions régionales ; Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Dédougou,
Ouahigouya, Fada N’Gourma ;
- Des services provinciaux : Banfora, Koudougou ;
- Des sections locales : Diébougou, Kaya, Dori, Tenkodogo ;
- Des guichets : Tougan, Gaoua, Poura, Pama.
37
administratives par la création de services qui ne couvraient qu’un nombre insignifiant
d’assurés sociaux. La bonne gestion financière est, en effet, un élément primordial de la mission
de la Caisse.
§ 2 – LA TUTELLE
La tutelle exprime le compromis entre autonomie et étatisme. L’Etat exerce son contrôle,
certains diraient sa mainmise, à travers la tutelle. Beaucoup plus que le contrôle que l’Etat
exerce sur tout organisme, même privé, ne serait-ce que du point de vue fiscal, la tutelle exprime
le droit de regard de l’Etat sur la gestion, le fonctionnement et la manière dont l’organisme
accomplie sa mission ou son objet. Le contrôle de tutelle s’oppose au contrôle hiérarchique qui
suppose juridiquement une absence d’autonomie parce qu’elle s’opère à l’intérieur de la même
personne morale. Le mot tutelle est critiqué pour sa connotation péjorative, notamment en
matière de décentralisation territoriale mais il permet de différencier les types de contrôle.
S’agissant des établissements publics, ce contrôle est théoriquement plus étroit par rapport à
celui exercé sur des organismes privés ou de droit privé (société d’Etat, SEM). Cela se vérifie
en ce qui concerne l’organisme de sécurité sociale, mais celui-ci bénéficie de mécanismes
particuliers d’aménagement de son autonomie de décision, notamment en matière de gestion
financière.
La CNSS est soumise, comme tous les établissements publics, à deux types de tutelle : la tutelle
technique, et la tutelle financière et de gestion.
La tutelle financière a pour objectif de « veiller à ce que les activités de la caisse s’insèrent dans
le cadre de la politique financière du gouvernement » et de « veiller à la gestion la plus saine et
la plus efficiente possible de la Caisse » (article 4 des statuts particuliers et article 5 al.3 du
décret 2014-679 portant statut général des EPPS). Elle est exercée par le Ministre de l’économie
et des finances, mais rien n’empêche le ministre de tutelle technique de relever une décision
financière illégale ou inopportune.
Aux différents contrôles exercés par les ministères de tutelle s’ajoutent les contrôles des
différents corps de contrôle de l’Etat, en vertu de l’article 68 décret n°2014-679 portant statut
général des EPPS. Cet article dispose que « les établissements publics de prévoyance sociale
38
sont soumis aux vérifications des différents corps de contrôle habilités à cet effet ». Ces corps
de contrôle sont assez nombreux. Les principaux sont : L’inspection générale des finances,
l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption et la Cour des comptes.
L’organisation financière de la sécurité sociale est d’abord liée au choix des techniques de
financement du système de sécurité sociale. A partir de la technique de la technique de
financement choisie, il se pose les questions de détermination de l’assiette, du taux et du
recouvrement des contributions. Constitue aussi une question primordiale celle de la gestion
des fonds affectés à la couverture des risques.
a) Il peut reposer sur les cotisations, qui consistent à prélever une somme sur les
revenus professionnels des assurés pour les affecter à la garantie collective des
risques envisagés. Cette technique est issue de l’expérience des mutuelles et est
empruntée à l’assurance. Elle est appliquée dans les systèmes de sécurité sociale
dits de type professionnel. Elle organise une solidarité dans le cadre des groupes
professionnels (salariés ou travailleurs indépendants, agriculteurs ou
commerçants etc.)
b) Le financement peut aussi être assuré par fiscalisation. Cette technique consiste
à affecter certains impôts ou surtout des taxes parafiscales à la couverture de
certains risques. Elle est mise en œuvre dans les systèmes de sécurité sociale de
type universel, dont l’ambition est de garantir tous les citoyens contre certains
risques. Son avantage est d’organiser une solidarité nationale dans la mesure où
le bénéfice de la protection ne repose ni sur l’exercice d’une profession ni sur
des capacités contributives. Son inconvénient est de n’être praticable que par les
pays à économie forte capable de dégager des surplus généraux pouvant être
affectés à une garantie collective. Ce surplus est ainsi redistribué vers les moins
nantis.
c) Le financement peut encore être assuré par voie de budgétisation : la prise ne
charge du risque est inscrite au budget de l’Etat, sous forme de budget annexe
ou de subvention. Ce système était pratiqué au Burkina Faso en ce qui concerne
les pensions des fonctionnaires et militaires, jusqu’à la création en 1986 ( Kiti
39
n°86-178 du 07 mai 1986) et la mise en œuvre effective en 1993 de la Caisse
Autonome de Retraite des Fonctionnaires (CARFO).
d) Enfin, dans le cadre des régimes- lorsqu’il existe plusieurs régimes de sécurité
sociale- ou des branches d’un même régime, le financement d’un régime ou
d’une branche peut partiellement être pris en charge par voie de compensation :
une partie des ressources d’un régime ou d’une branche excédentaire va servir à
combler le déficit d’une autre branche ou d’un régime. La compensation inter
régime est consacrée en France. La compensation entre branches est en principe
proscrite au Burkina Faso : selon l’article 24, al.1 de la loi « chacune des
branches du régime de sécurité sociale fait l’objet d’une gestion financière
distincte, les ressources d’une branche ne pouvant être affectées à la couverture
des charges d’une autre branche ». Mais chaque branche doit contribuer aux frais
d’administration selon une répartition déterminée par arrêté du ministre en
charge de la sécurité sociale.
40
Les deux dernières rubriques paraissent assez formelles : les dons et legs sont toujours prévus
pour le principe mais ils sont très rares ; la possibilité pour la CNSS de recevoir d’autres
ressources prévues par un texte législatif ou réglementaire renvoi à l’idée de subvention par
l’Etat ou de financement par la fiscalité. Cette éventualité ne s’est pas encore produite. Cette
dernière rubrique constitue en quelque sorte une garantie de bonne fin assurée par l’Etat : en
cas de déséquilibre financier du régime, il incombe à l’Etat de veiller à combler le déficit, soit
par le relèvement des cotisations, soit par des subventions fiscales soit même par un
financement partiel par la fiscalité. Le financement par la fiscalité serait, en Afrique
subsaharienne où les plus pauvres sont exclus de la couverture sociale, très discutable.
Les ressources de la CNSS sont essentiellement constituées par les cotisations, les produits des
placements de ses réserves et, dans une certaine mesure, par les produits des pénalités.
L’équilibre du système est d’abord tributaire de l’assiette et du taux des cotisations.
Les éléments sur lesquels sont assises les cotisations sont déterminés par la loi. Selon l’article
10 de la loi 04-2021, « Les cotisations dues au titre du régime institué par la présente loi sont
assises sur l’ensemble des rémunérations perçues par les personnes assujetties, à l’exclusion
des frais ayant un caractère de remboursement, dans la limite d’un plafond. L’assiette de
cotisation, les modalités d’évaluation des avantages en nature et le plafond de l’assiette sont
déterminés par voie règlementaire »
Les cotisations sont assises sur l’ensemble rémunération du travailleur, c’est-à-dire le salaire
de base plus les compléments et accessoires de salaire. Comme dans le critère
d’assujettissement où la nature et la validité du contrat importent peu, l’emploi du terme
rémunération marque certainement une volonté de ne pas se limiter au salaire au sens strict.
La notion de salaire est ici entendue de façon très large. On inclut dans l’assiette des cotisations
les avantages en nature, les pourboires, les primes et gratifications. Ne sont expressément exclus
que les remboursements de frais et les prestations familiales. Les remboursements de frais
s’entendent du remboursement des dépenses effectuées par le travailleur dans l’intérêt de
l’entreprise, appelés « frais d’entreprise » et les dépenses ayant un caractère de « frais
professionnel ». Cette dernière notion est définie en droit français comme les sommes « qui
sont versées aux travailleurs ou assimilés pour couvrir des charges de caractère spécial,
inhérentes à la fonction ou à l’emploi ». Cette dernière notion est celle même assez floue. On
peut y inclure par exemple, les primes de salissures, les frais de blanchissage ou les frais
41
d’habillement dans les emplois où des contraintes d’habillement sont imposées aux travailleurs.
Seront aussi exonérés les frais d’alimentation et les frais de déplacement liés aux conditions de
travail telles que le travail nocturne, posté ou continu. Il peut en être de même des frais de
transport des représentants voyageurs ou du travailleur en mission. Par contre, des frais de
transport versés à l’ensemble des travailleurs en guise de sursalaires ne pourraient être déduits.
Les problèmes d’interprétation concernent surtout les substituts de salaires. Sont inclus dans
l’assiette de cotisation, les indemnités de préavis, les indemnités de congés payés, les
indemnités de fin de départ à la retraite, les indemnités de non-concurrence versées en
compensation de cette contrainte particulière, ainsi que les indemnités de fin départ dans les
contrats à durée déterminée. Ces indemnités ne sont pas de véritables remboursements de frais
mais des sommes versées en relation avec le travail. Sont par contre exclus de l’assiette de
cotisation, les indemnités de licenciement, les dommages et intérêts pour rupture abusive de
contrat, les indemnités de rupture anticipée de contrat de contrat à durée déterminée, les
indemnités journalières compensatrices de la rémunération perdue pour cause de maladie ou
d’accident professionnel, les prestations, familiales, les frais de logement ou toute somme
constituant un remboursement de frais réels.
L’assiette de cotisation est comprise entre un plancher (un minimum), le SMIG, qui est de 45000
FCFA par mois soit 1918 FCFA ou 240 FCFA par heure pour les travailleurs agricoles et 260
FCFA pour les travailleurs non agricoles au 1er juillet 2023, et un plafond qui est de l’ordre de
huit cent milles (800000) francs CFA par mois. Ce plafond de 800000 francs date du 30 août
2022. Ce plafond était de deux cents mille (200000) francs CFA et avait été fixé par l’arrêté
1181 du 30 décembre 1974, soit presque 50 ans auparavant. Cette lourdeur dans le réajustement
du plafond de cotisation devrait pousser à prévoir peut-être un mécanisme automatique de
réajustement à l’occasion, par exemple, des réajustements des barèmes de salaires. La
multiplication par quatre du plafond indique que celui-ci ne répondait plus depuis longtemps à
aucune base objective.
L’existence d’un plancher de cotisation se justifie par le fait que, normalement, aucun travailleur
ne devrait être payé en deçà du SMIG mais aussi par des considérations de gestion ; les frais de
gestion pourraient être trop lourds au regard de cotisations et de prestations dérisoires.
Toutefois, dans le contexte burkinabè, le système de plancher contribue à dissuader tous ceux
qui ne respectent pas le SMIG de déclarer le travailleur à la CNSS. Par ailleurs, il peut se poser
le problème des travailleurs à temps partiel, certes peu nombreux, qui peuvent être payés dans
le respect du SMIG horaire, sans que cela soit suffisant pour être immatriculé à la sécurité
42
sociale. La réglementation était lacunaire sur cette question. Le même problème se posait en
ce qui concerne les travailleurs temporaires. L’arrêté n°2008-002 du 10 mars 2008 relatif à
l’assurance volontaire réaffirme les mêmes principes de plancher du SMIG et de plafond (article
12) mais facilite les affiliations en prévoyant des conditions souples de versement des
cotisations et même de suspension et de reprise de cotisation.
L’existence d’un plafond, par contre, tire sa source de l’idée d’assurance où l’assureur limite
ses engagements. Le plafond est généralement critiqué parce qu’il limite la solidarité au niveau
de la sécurité sociale et la proportionnalité dans la cotisation : certains cotisent pour l’ensemble
de leurs salaires alors que ceux qui ont de hauts salaires cotisent pour seulement une fraction.
C’est pourquoi le déplafonnement total ou partiel des cotisations est considéré comme une
orientation très moderne du financement de la sécurité sociale.
Pour certaines catégories d’assujettis, l’assiette de cotisation peut être fixée forfaitairement. Il
en est ainsi des apprentis titulaires d’un contrat d’apprentissage pour lesquels, à défaut de salaire
ou en cas d’allocation inférieur au SMIG, les cotisations sont assises sur le SMIG. Pour les
élèves des établissements d’enseignement technique, des centres d’apprentissage et des centres
de formation professionnelle publics ou privés, les cotisations sont assises sur le salaire
minimum de la catégorie et de l’échelon de l’emploi où l’élève serait classé à la sortie de
l’établissement ou du centre. Toutefois, si la rémunération réelle allouée aux élèves par
l’employeur ou l’organisme gestionnaire de l’établissement est supérieur, c’est cette
rémunération qui sera prise en considération.
L’assiette de cotisation pour l’assurance volontaire et pour l’assurance facultative continuée est
proposée par l’assuré volontaire lui-même, sans qu’elle ne puisse être inférieure au SMIG.
b/ Le taux de cotisation
Chaque branche du régime de sécurité sociale dispose de ses propres recettes qui servent à
couvrir les dépenses de la branche. Celle -ci fait donc l’objet d’une gestion distincte. Les
recettes sont constituées de cotisations des employeurs et des travailleurs mais pour les
prestations familiales et les risques professionnels, les cotisations sont exclusivement à la
charge de l’employeur. Les taux de cotisation ont également été modifiés sur la base du décret
n°2023-0129/PRES-TRANS/PM/MFPTPS/MEFP du 24 février 2023 portant fixation du taux
d’appel de cotisation pour l’ensemble des branches du régime de sécurité sociale.
43
Ce décret opère une légère baisse des charges de sécurité sociale en retenant un taux de 14% à
la charge de l’employeur et de 5,5% à la charge du travailleur, soit une charge globale de 19,5%
au lieu de 21,5% antérieurement. Suivant la branche, le taux de cotisation varie.
En ce qui concerne la branche des pensions (ou assurance vieillesse) le taux est de 11% du
salaire reparties à concurrence de 5,5% à la charge de l’employeur et 5,5% au compte du
travailleur. C’est dans cette branche qu’il y a eu un relèvement des cotisations qui étaient de 9%
réparties à égalité entre l’employeur et le travailleur. Ce relèvement, loin de pénaliser le
travailleur, lui est profitable parce qu’ils se répercute sur les prestations en entraînant une
augmentation des diverses pensions de l’âge de la retraite qui est passée de 55 ans à 60 ans, la
réforme de 2003 permet une amélioration des pensions.
Pour la branche des prestations familiales, le taux de cotisation, supporté par l’employeur seul,
passe de 7% à 6% du salaire, soit une baisse appréciable de 1%.
Ces réaménagements ont été suggérés par l’étude actuarielle et ont pour but essentiel de
repenser l’équilibre du régime de sécurité sociale, en tenant compte de l’évolution de la
structure sociale des pensionnés et des cotisants aux différentes branches du régime.
Il ne suffit pas d’avoir des taux de cotisation bien étudiés, il faut pouvoir recouvrer les
cotisations en limitant au maximum les évasions. Pour ce faire, les employeurs se voient
imposés un certain nombre d’obligations et la CNSS dispose de moyens de contrôle et de
sanctions pour en assurer la bonne exécution.
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1/ Les obligations de l’employeur
Lorsque le salarié est occupé au service de deux ou plusieurs employeurs, chacun des
employeurs est responsable du versement de la part de cotisation proportionnellement à la
rémunération qu’il paie à l’intéressé. L’exception au système de précompte ne concerne que
l’assuré volontaire qui, étant son propre employeur, doit verser lui -même ses cotisations.
Etant débiteur vis-à-vis de la Caisse, l’employeur est tenu de verser dans les délais impartis la
cotisation globale comprenant sa part et celle du travailleur. Il ne peut par convention faire
supporter sa propre contribution par le travailleur. Le fait générateur de la dette de cotisation
est le salaire dû et non pas le salaire effectivement versé. En effet, pour une raison ou pour une
autre, le salaire dû peut n’avoir pas été versé en totalité ou en partie ou peut être versé en retard.
Ce serait accordé une prime à l’employeur que de reculer l’exigibilité de la dette de cotisation
jusqu’au versement effectif des salaires. L’arrêté n°2008-008 du 10 mars 2008 prévoit une
périodicité de versement différenciée selon le nombre de salariés employés par l’entreprise. Le
principe est que le versement est mensuel et devrait être opéré dans les quinze premiers jours
du mois suivant le paiement des rémunérations. Mais si l’employeur occupe moins de vingt
travailleurs, le versement est trimestriel et doit intervenir dans le premier mois de chaque
trimestre civil. De même, le versement est trimestriel en ce qui concerne les journaliers et
45
occasionnels. Le montant des cotisations devient immédiatement exigible en cas de cession de
l’entreprise ou de cessation d’activité.
La troisième obligation pour l’employeur est de produire les déclarations qui permettent à la
Caisse de contrôler les paiements.
2/ Le contrôle du paiement
L’article 18, al.1, fait obligation à l’employeur de produire une déclaration trimestrielle
indiquant, pour chacun des salariés qu’il a occupé au cours du trimestre concerné, le montant
total des rémunérations ou gains perçus, ainsi que la durée du travail effectué. Cette déclaration
nominative doit être adressée à la Caisse dans le premier mois de chaque trimestre à l’appui du
versement des cotisations. En outre, l’employeur qui occupe vingt salariés, ou plus, devra
adresser à la caisse en même temps que le règlement mensuel de ses cotisations une déclaration
faisant ressortir le nombre de salariés occupés et le montant global de rémunérations ou gains
comptabilisés entre le premier et le dernier jour du mois antérieur.
Ces documents servent, pour la Caisse, de points d’appui pour la Caisse pour vérifier non-
seulement les bases de calcul des cotisations mais aussi le respect par l’employeur de ses
obligations préliminaires d’immatriculation de tous les travailleurs qu’il occupe. La déclaration
permet à la CNSS de suivre le compte de l’employeur et le compte individuel de l’assuré,
notamment par la vérification des bases de détermination des salaires soumis à cotisation. La
détermination de la masse salariale, le calcul des cotisations et la justification de paiement des
prestations. La caisse procède au vérifications, redresse éventuellement les déclarations et
adresse, s’il y a lieu, à l’employeur un avis de débit au cas où ce dernier aurait payé en dessous
du montant réel ou un avis de crédit à faire valoir sur les prochains paiements, s’il y a un trop
payé.
Ce contrôle sur pièces n’est pas suffisant pour assurer le respect de la réglementation. Des
contrôleurs de la CNSS, agents assermentés, effectuent en outre des contrôles sur place de
manière périodique ou ponctuelle. Le contrôle périodique dans l’entreprise permet de dissuader
les employeurs de faire des fausses déclarations ou d’occuper des travailleurs « au noir ». Le
contrôle ponctuel peut être effectué à la demande des responsables de la Caisse, des travailleurs
ou lorsque l’entreprise change de statut par suite de cession, de fusion ou de cessation d’activité.
Les contrôleurs ont le pouvoir de contrôler les documents comptables de l’entreprise : registre
« employeur », livre de paie ou journal de paie, libre de banque, caisse, bilan, état de versement
à l’IUTS (Impôt unique sur les traitements et salaires).
46
Malgré tous ces mécanismes de contrôle dissuasifs, la CNSS est amenée à recourir au
recouvrement forcé et à appliquer des sanctions.
Le recouvrement forcé n’est pas en tant que tel une sanction mais les deux s’accompagnent en
raison de l’inexécution et des retards de paiement qui donnent lieu à des pénalités.
a) La procédure
Lorsque l’employeur ne s’acquitte pas régulièrement des cotisations, la Caisse peut recourir à
l’exécution forcée. Cette procédure commence par le préalable de la mise en demeure. Celle-
ci est adressée à l’employeur défaillant sous de lettre recommandée, ou tout autre moyen de
notification avec accusé de réception, l’invitant à régulariser sa situation dans un délai de
quinze jours au moins et de trois mois au plus. Ampliation de cette lettre est communiquée à
l’inspection du travail.
La CNSS, en tant qu’établissement public, dispose d’une autre voie, beaucoup plus sommaire
et non visée par le Code de sécurité sociale, qui consiste à saisir l’autorité de tutelle pour dresser
un état exécutoire qui est recouvré par les services du trésor.
En ce qui concerne les communes et autres personnes morales de droit public débitrices, la
Caisse peut saisir l’autorité de tutelle technique qui ordonne, dans les trois mois suivants la
date d’échéance des cotisations, le paiement d’office des sommes dues par arrêté tenant lieu de
mandat de l’ordonnateur de la personne moral débitrice. Celui-ci est tenu d’exécuter
immédiatement l’ordre de paiement ou, en cas d’insuffisance de fonds, de suspendre tout
paiement à l’exception des salaires du personnel jusqu’à exécution de l’ordre de paiement.
Par ailleurs, et d’une manière générale, la Caisse dispose aussi des voies juridictionnelles pour
obtenir le paiement des cotisations. Elle peut, par exemple, saisir les juridictions pénales par
voie de citation directe ou par la plainte avec constitution de partie civile, dans la mesure ou le
non- paiement de cotisations constitue une infraction pénale. Théoriquement, elle peut, devant
47
les juridictions civiles, mettre l’employeur débiteur en faillite à l’effet d’obtenir le paiement de
ses dettes de cotisations, mais cette solution radicale est un pis-aller dont la CNSS n’a pas
intérêt à prendre l’initiative.
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l’entreprise. Si la comptabilité de l’entreprise ne permet pas d’établir le chiffre exact des
salaires, le montant des salaires est fixé forfaitairement par la Caisse en fonction des
taux de salaires pratiqués dans la profession.
Les sanctions pénales sont prévues par les articles 132 et suivants. La loi dispose d’une manière
générale, que l’employeur qui a contrevenu aux prescriptions du code de sécurité sociale peut
être poursuivi devant les juridictions pénales, soit à la requête du ministère public
éventuellement sur demande du ministre de travail, soit à la requête de toute personne
intéressée, notamment de la CNSS.
L’employeur est passible en cas de délits, en sus du paiement des cotisations et majorations de
retard, d’une amende de deux cent milles à cinq cent mille (200 000 à 500 000) ; il peut faire
l’objet d’une peine d’emprisonnement (articles 132 et suivants de la loi 04-2021).
En plus de ces peines, l’art. 136 de la loi prévoit que le tribunal peut prononcer les peines
complémentaires de publications dans la presse et d’affichage de la sanction. Une des formes
des sanctions complémentaires efficaces et que l’employeur qui est en situation irrégulière vis-
à-vis du versement des cotisations ne pourra postuler dans les appels d’offres pour les marchés
publics (ou achats publics).
L’action publique contre l’employeur ou son préposé en vertu de l’art.137 se prescrit après un
an révolu à compter de l’expiration du délai imparti par la mise en demeure prévue à l’article
21 de la loi 04-2021.
49
CHAPITRE 3 : LES BRANCHES DE LA SECURITE SOCIALE
Le système burkinabè de sécurité sociale comprend trois branches qui couvrent six risques : la
vieillesse, l’invalidité, le décès, les risques professionnels (maladie et accident professionnels),
la maternité et les charges de famille ou prestations familiales. Ces branches sont : la branche
des risques professionnels ; la branche des pensions couvrant la vieillesse, l’invalidité et le
décès ; et la branche des prestations familiales qui est aussi chargée des prestations de
maternité. Nous aborderons successivement ces trois branches.
La branche des risques professionnels a été créé par la loi n°03/59 du 30 janvier 1959 instituant
un régime de réparation et de prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles. Elle vise à protéger les travailleurs contre les risques inhérents à l’exercice
d’une activité professionnelle donnée. Ces risques sont les accidents du travail et les maladies
professionnelles, lesquels ont été un des premiers facteurs d’organisation du système de
sécurité sociale, en raison de leurs caractères dramatiques et parfois massifs, si l’on pense aux
accidents dans les mines. Le système traditionnel consistant en la mise en cause de la
responsabilité civile a montré ses limites en ces domaines, en raison des difficultés à établir la
responsabilité de l’employeur dans les accidents ou les maladies. Même si la responsabilité
d’un auteur du dommage est établie, ou dans le cadre d’une responsabilité présumée de
l’employeur, il se pose souvent le problème de sa solvabilité pour faire face à l’obligation de
réparer. L’employeur étant le premier bénéficiaire de l’activité du travailleur, il lui incombe de
veiller à sa sécurité sur les lieux de travail en prenant les mesures propres à prévenir les risques,
et de réparer en cas de réalisation du risque. C’est sur la base de la théorie du risque et de
l’obligation de sécurité, que les cotisations en matière d’accidents du travail et de maladies
professionnelles sont entièrement à la charge de l’employeur. La protection sociale contre les
risques professionnels a pris de l’ampleur sur le plan universel, au fur et à mesure du progrès
scientifique qui permet d’établir une relation de cause à effet entre l’exercice d’une profession
et certaines maladies. La liste des maladies professionnelles s’allonge avec l’apparition de
nouvelles maladies ou de nouveaux outils de travail. Par exemple, le SIDA (ou Ebola) est une
nouvelle maladie qui prend un caractère de risque professionnel pour les travailleurs de la
santé. L’ampleur des risques se constate de même au Burkina Faso, où l’industrialisation et
l’urbanisation ont rendu sensible la question de la protection contre les risques liés à l’exercice
50
d’une profession. Nous distinguerons les conditions à remplir pour bénéficier de cette
protection, d’une part et, d’autre part, les différentes prestations qui sont servies.
La condition de fond est relative à la notion d’accident de travail dont il convient d’en donner
une définition générale avant de préciser la notion d’accident, son caractère professionnel et le
cas de l’accident de trajet ou de l’accident subi par le travailleur en déplacement dans un cadre
professionnel.
a) Définition générale
Selon l’article 56, al.1 de la loi dispose que : « est considéré comme accident du travail, quelle
qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail, à toute personne
salariée ou travaillant à quelque titre que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ». L’accident
du travail couvre de ce fait deux évènements : l’accident de travail proprement dit et l’accident
de trajet.
L’accident de trajet est celui survenu entre le lieu de travail, première extrémité du trajet,
envisagée de manière extensive, et les points suivants :
51
• Le lieu de résidence ;
• Le lieu où il prend habituellement ses repas ;
• Le lieu où il perçoit sa rémunération.
Le lieu du travail est tout lieu où le salarié se rend ou s’est rendu sur ordre de son employeur,
et pas nécessairement un lieu fixe où il exerce habituellement.
En France et dans quelques législations africaines, il est pris en compte la résidence principale
et la résidence secondaire. Par ailleurs la législation française vise une extrémité dont
l’application ne semble pas aisée : le lieu où le travailleur se rend habituellement pour des
motifs d’ordre familial.
Résidence principale
Lieu où le travailleur se
rend habituellement pour
motifs d’ordre familial
Source : J. J. Dupeyroux, 8ème édition, p. 523
Est aussi considéré comme accident du travail, l’accident survenu pendant les voyages du
travailleur dont les frais sont supportés par l’employeur. Il s’agit des trajets : du lieu de
résidence habituelle au lieu de l’emploi ; du lieu de l’emploi au lieu de résidence habituelle
dans les cas d’expiration du contrat, de réalisation du contrat du travailleur qui a acquis droit
aux congés, ou de rupture du contrat même en cas de faute lourde ou de force majeure. Il s’agit
des déplacements du travailleur dans une localité, soit parce qu’il y a été envoyé en mission
ponctuelle, soit parce que ces genres de déplacements sont liés à sa profession. La présence du
travailleur dans la localité est motivée par l’intérêt de l’entreprise. Sont toutefois exclues les
situations d’accident à la suite d’actes d’agrément ou d’intérêt personnel tels que les
52
promenades et les excursions touristiques hors de l’hôtel. Lorsque le travailleur est en
déplacement, la détermination des situations prises en compte et des situations exclues est
délicate car il faut faire la distinction entre les actes accomplis dans le cadre de la mission et les
actes qui ne supposent plus cette mission est un rapport de dépendance.
La formule de l’article 56 est très large : elle englobe tous les accidents survenus au travailleur
dans l’exercice de ses fonctions. Mais que recouvre la notion d’accident ?
b) La notion d’accident
Cette conception a été abandonnée parce que les critères de la violence et de la cause extérieure
sont souvent inopérants et constitue des exigences restrictives. Par exemple, constitueraient des
éléments extérieurs. La voiture, le marteau, l’arme. Mais les juridictions admettent des éléments
qui ne sont pas extérieurs à la victime comme constitutifs d’un accident. C’est le cas lorsqu’une
personne fourni beaucoup d’effort au cours de son travail et se blesse (entorse, faux
mouvements, etc..). Le critère d’extériorité peut, par conséquence, être inopérant.
Le critère de la violence n’est pas précis car il n’est pas fait de distinction entre violence
physique et violence psychique. Les juges y font rarement état.
Le seul critère nécessaire est celui de la soudaineté, car c’est le critère qui distingue l’accident
du travail de la maladie professionnelle caractérisée par une évolution lente. Mais l’aggravation
ou la révélation soudaine par l’effet du travail, d’un état pathologique préexistant est un accident
du travail.
« L’accident du travail serait donc, une brusque survenance d’une lésion de l’organisme aux
temps et lieu de travail ». Au critère de la soudaineté qui caractérise l’accident s’ajoutent
d’autres critères (au temps et lieu ; par le fait ou l’occasion du travail) qui donnent un caractère
professionnel de l’accident.
Une fois la matérialité de l’accident établi, des difficultés peuvent naître lorsqu’il s’agit de
déterminer son caractère professionnel. Comment prouver que l’accident est survenu par le fait
53
ou à l’occasion du travail ? La jurisprudence s’appuie sur la théorie du risque et du profit et sur
la théorie de la subordination juridique pour palier les difficultés qu’éprouve les travailleurs à
faire cette preuve. Elle écarte l’application du droit commun de la responsabilité pour établir
une présomption d’imputabilité de l’accident au travail.
Il faut que l’activité soit exercée sous la subordination juridique du chef d’entreprise. Si
l’accident est survenu sur les lieux et pendant les heures du travail, il y a présomption du
caractère professionnel. Mais l’employeur peut rapporter la preuve contraire. Par exemple,
lorsque la victime quitte son poste de travail, pour se livrer à des activités personnelles, il s’est
soustrait à l’autorité de l’employeur.
Toutefois, le nom respect des ordres, tel que le non-respect des mesures de sécurité ou les
désobéissances, ne veut pas dire soustraction à l’autorité de l’employeur, c’est à dire absence
de subordination. Dans le cas de violation de consignes, le travailleur encourt seulement des
réductions de prestations pour faute inexcusable : s’il pénètre dans un lieu interdit, cela veut
que c’est en connaissance de causes, des conséquences dommageables et qu’il a accepté
d’avance ces conséquences.
La présence sur les lieux de travail peut être étrangère à l’accident. Le travailleur peut être
victime d’une crise cardiaque qui résulte d’un état pathologique sans lien avec le travail.
Si l’accident s’est produit hors des lieux de travail et en dehors des heures normales de travail,
il faut apprécier selon les circonstances. Par exemple, il y a accident de travail si un travailleur
est envoyé dans une localité et il est victime d’une calamité survenue dans la zone (tremblement
de terre à Haïti) la causalité est ici présumée (préjudice tenant à l’accident) et si, pour certains
travailleurs tels que les VRP (Voyageurs Représentants Placiers), les routiers, les visiteurs (ou
délégués médicaux), les personnels navigants de l’aviation civile, le critère du lieu de travail
devient inopérant. Il est écarté au profit du temps d’exécution de travail. Dans le cas de
l’accident de trajet, le travailleur est protégé dans les deux sens. S’il se rend de son lieu de
travail à sa résidence ou au lieu où il prend habituellement ses repas, ou au lieu il se rend pour
percevoir sa rémunération.
Le lieu de travail s’entend de tout lieu où le travail se rend sur ordre de son employeur. Ce n’est
pas nécessairement le lieu où est situé l’entreprise ou l’atelier. Mais il est à noter qu’il n’est pas
protégé s’il n’y allait pas pour travailler (ex. travailleur en congé qui se rend au lieu de travail
pour des raisons personnelles ; travailleur en grève qui s’y rend pour faire le piquet).
54
d) L’interruption ou le détour de trajet
Le parcours protégé est celui qui va du lieu de travail à divers lieux lorsque le déplacement est
effectué pour les besoins du travail. Il s’agit des itinéraires accomplis en relation ou par le fait
du travail dans la limite des extrémités définies et sans détour ou interruption. Il n’est toutefois
pas imposé au travailleur un tracé fixe et invariable. Celui-ci peut emprunter telle ou telle voie
en fonction de diverses variables : chemins plus carrossables ou présentant moins de risque
d’embouteillage, etc. Il est seulement exigé, dans son exécution, que le trajet soit le plus direct,
c’est-à-dire le plus court et le moins dangereux. Cette exigence fait appel à la notion de trajet
normal. Le trajet doit aussi avoir été exécuté dans un temps proche du début de la cessation du
travail. Il ne doit pas y avoir suspension c’est-à-dire interruption délibérée du parcours. La
notion de suspension pourrait s’appliquer au travailleur qui reste trop longtemps au service
après la cessation du travail pour des raisons non liées au travail.
Dans quelques cas, le travail sera couvert lorsqu’il a eu à interrompre ou à détourner son trajet.
Il en est ainsi si le trajet a été interrompu ou détourné dans l’intérêt du travail (achat
d’instrument de travail). Il ne sera pas couvert si le détour ou l’interruption a été fait dans un
intérêt personnel. Toutefois, le travailleur restera couvert si l’interruption ou le détour est justifié
par des actes de la vie courante, liée aux contraintes inhérentes à l’exécution du travail. Par
exemple, s’arrêter pour des achats alimentaires ou pour poster une lettre ne pas sans relation
avec les contraintes horaires imposées par le statut de travailleur salarié. L’interruption de trajet
est d’interprétation étroite parce que le travailleur n’est sous l’autorité directe de l’employeur.
Seront exclus les actes préparatoires au départ au travail.
Lorsqu’il s’agit d’un accident du travail, l’employeur doit déclarer l’accident dans les 48 heures
à la CNSS et lui fournir tous les renseignements nécessaires au calcul des indemnités (période
de travail, nombre de journées, montant du salaire, date de paie…). Il doit remettre au salarié
une feuille d’accident de travail, pour le bénéfice des prestations en nature. Selon l’article 56
al.2 de la loi et l’article 35 al. 2 de l’arrêté n°2008- 01 du mars 2008, « en cas de carence ou
d’impossibilité de l’employeur, la déclaration peut être faite par la victime, ses représentants ou
55
ses ayants droits dans un délai de deux (2) ans suivant la date de l’accident ou de la première
constatation médicale de la maladie professionnelle ».
L’employeur doit de même, dans les 48 heures, déclarer l’accident à l’inspection du travail
(article 56 de la loi 04-2021 et article 246 C. trav. 2008). Cette déclaration a pour but de
permettre à l’inspecteur de déclencher, s’il y a lieu, une enquête sur les causes et les
circonstances de l’accident. L’enquête est obligatoire s’il y a décès ou une personne gravement
blessée. La Caisse elle-même procède à ses propres vérifications du caractère professionnel et
peut déclencher l’enquête légale si l’accident a entraîné la mort ou est susceptible d’entraîner
la mort ou une incapacité partielle ou totale supérieure à 15% ou lorsque la déclaration est
douteuse ou incomplète.
Les causes et circonstances de l’accident entrent en ligne de compte pour le calcul des droits de
la victime. L’employeur qui néglige de faire les déclarations d’accident s’expose à des sanctions
pénales ou civiles. Au plan pénal, il encourt une amende de 5000 à 50000 FCFA et un
emprisonnement de 3 à 15 jours. En cas de récidive dans les délais d’un an, l’amende passe de
50000 à 100000 FCFA et la peine d’emprisonnement de 15 jours à 1 mois.
Les sanctions civiles consistent en l’action en remboursement des prestations versées à l’assuré
par la caisse.
Il n’y a pas non plus de définition légale de la maladie professionnelle. Celle i est un risque
existant auquel s’expose le travailleur en exerçant telle ou telle profession. La maladie
professionnelle peut être définie comme « une maladie survenue au travailleur par le fait et à
l’occasion de manipulation et de l’emploi d’agent nocif au cours de son activité salariale ».
Sont des maladies professionnelles celles causées par l’exercice ou à l’occasion d’exercice de
certaines professions bien déterminées comportant la manipulation et l’emploi d’agents nocifs.
Il est établi une liste de maladie professionnelle, indiquant les travaux, profession ou emploi
qui expose au risque de les contracter. L’art. du décret n°2015-866/PRES-
TRANS/PM/MFPTSS/MS du 14 juillet 2015 portant liste des maladies professionnelles au
Burkina Faso « Les différentes manifestations morbides présentées par les travailleurs exposés
d’une manière habituelle :
Le travailleur qui estime être touché par une maladie professionnelle doit établir :
- qu’il est atteint d’une maladie inscrite sur la liste des maladies professionnelles ;
- qu’il a exercé une activité susceptible de faire contracter la maladie prévue au tableau
des maladies professionnelles ;
- que le délai d’incubation n’est pas dépassé. Ce délai d’incubation prend pour base la
date de cessation de l’activité.
Si ces éléments ci-dessus sont remplis, il y a présomption que la maladie est effectivement due
à l’activité professionnelle. L’avantage du système de liste énumérative est de créer cette
présomption et donc de faciliter la preuve de la relation entre la maladie et l’exercice de
l’emploi. Son inconvénient est d’exclure de la réparation des maladies qui peuvent s’avérer
d’origine professionnelle. Le système de listes suppose une mise à jour périodique-obligation
prévue par l’art.57 de la loi. Il peut se poser aussi, comme le relève M.P. Mouton, le problème
57
de l’adaptation de cette liste, empruntant à l’ancienne métropole, par rapport à la nature des
activités, aux conditions climatiques et au niveau d’industrialisation.
Sur le plan des formalités particulières, l’employeur doit, comme en matière d’accident de
travail, déclarer toute maladie professionnelle dont est victime un salarié sur des imprimés
fournis par la Caisse. En cas de carence de l’employeur, la déclaration peut être faite par la
victime ou ses représentants. La déclaration d’accident de travail ou de maladie professionnelle
doit être faite dans le délai légal de 48 heures après l’accident ou la constatation de la maladie
professionnelle. Le médecin traitant établit un certificat médical qui doit indiquer, en cas de
maladie professionnelle, la nature de la maladie et notamment les manifestations mentionnées
au tableau des maladies professionnelles qui sont constatées, ainsi que les suites probables.
- les soins médicaux nécessité par les lésions résultant de l’accident qu’il y ait ou non
interruption du travail ;
En outre le service des prestations familiales est maintenu pendant la durée de l’incapacité
temporaire ou permanente ou au profit des bénéficiaires des rentes de survivants.
Ces prestations sont de deux types : les prestations en nature et les prestations en espèce. Les
prestations en nature sont celles que la Caisse ou l’employeur prennent directement en charge
dans le cadre des soins à apporter à la victime d’accident du travail ou de maladie
professionnelle. L’article 66 de la loi précise que les prestations de première urgence sont mises
58
à la charge de l’employeur. Les prestations en espèces sont des substituts aux salaires perdus
par le travailleur par suite de l’inactivité ou de la réduction de sa capacité de travail.
La Caisse prend directement en charge un certain nombre de frais qui sont compris dans le
terme de soins médicaux. Ces soins s’étendent à la prise en charge des frais de réadaptation,
de rééducation et de reclassement.
Les appareils d’orthopédie sont des appareils destinés à corriger les affections des membres.
Les appareils de prothèse sont, eux, destinés à remplacer un membre. La victime peut exercer
un recours devant la Commission d’appareillage si le médecin de la caisse rejette la demande
d’appareil.
59
médecin de la caisse et le médecin traitant, la décision est prise par une procédure
d’expertise. L’expert est désigné d’un commun accord par le médecin traitant et le médecin
de la Caisse. La décision de l’expert n’est pas susceptible d’un recours contentieux. C’est
la CNSS qui statue sur la nature et la durée du traitement au vu de l’avis de l’expert. Sa
décision, notifiée à la victime, est susceptible de recours contentieux. Le traitement peut
comporter l’admission dans un établissement public ou privé agrée, à la charge de la Caisse.
Le bénéficiaire doit se soumettre au traitement et mesures prescrites, aux visites médicales
et contrôles organises par la Caisse, s’abstenir de toute activité non autorisée et accomplir
les exercices et travaux prescrits.
3) La rééducation professionnelle concerne la victime qui, à la suite d’un accident ou d’une
maladie professionnelle, est devenue inapte à exercer sa profession ou ne peut plus le faire
qu’après une nouvelle adaptation. Le travailleur est, soit admis gratuitement dans un
établissement et public ou privé de rééducation professionnelle, soit placé chez un
employeur pour s’y réadapter à sa profession ou apprendre une autre profession. C’est très
fréquemment une rééducation en vue d’occuper un nouvel emploi. Un contrat type de
rééducation définit les droits et obligations des parties et les modalités de contrôle de la
rééducation par les inspecteurs du travail et par la Caisse. Les frais de rééducation incluent
les frais de voyage aller et retour, l’indemnité journalière, le prix de la journée dans
l’établissement, les frais d’appareils de prothèse nécessaires à la rééducation dans une
limite fixée.
4) Le reclassement professionnel concerne la situation où la victime d’un accident du travail
ou d’une maladie professionnelle est atteinte d’une réduction de capacité la rendant inapte
à occuper son ancien emploi. Selon la réglementation du travail, le contrat de travail du
salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle est simplement
suspendu et non rompu. Aussi l’employeur doit reprendre le salarié après sa guérison. Si
celui-ci est atteint d’une incapacité permanente, L’employeur doit l’affecter à un poste de
travail correspondant à ses aptitudes. Si l’employeur ne dispose d’aucun emploi permettant
le reclassement, il soumet le licenciement du travailleur à la décision de l’inspecteur du
travail. L’article 84 de l’arrêté n°2008-001 du 10 mars 2008 fait obligation aux employeurs
de réserver une part de leurs emplois aux mutilés du travail. La victime d’un accident du
travail est ainsi un travailleur protégé.
B- Les prestations en espèces
60
Les prestations en espèce ont pour but de compenser les pertes de revenus résultant, pour la
victime, de son incapacité temporaire de travailler ou de son incapacité permanente. Il est servi
à la victime d’accident du travail ou de maladie professionnelle des indemnités journalières, en
cas d’incapacité temporaire, et une rente, en cas d’incapacité permanente.
La victime a droit, pendant toute la période qui précède la guérison, la consolidation de la lésion
ou le décès, à une indemnité journalière (I.J.) dont le montant est égal aux tiers (2/3) de sa
rémunération journalière moyenne, le tiers restant étant à la charge de l’employeur.
(SJM X 2)
I.J.=
3
La rémunération journalière moyenne (SJM) est obtenue en divisant le total des rémunérations
soumises à cotisation (TR) des trois derniers mois par 90 (ou, s’il n’a pas travaillé trois mois,
le salaire qu’il aurait perçu s’il avait travaillé trois mois).
TR X 3
SJM = ou SJM = (TR X 3) : 90
90
Le salaire soumis à cotisation comprend le salaire de base + les primes + les indemnités (à
l’exclusion de celles qui constituent des remboursements de frais) + les gratifications + les
commissions + la contre-valeur des prestations en nature, jusqu’à concurrence du plafond de
cotisation. Ce plafond, qui était de 200 000 francs CFA depuis les années 1970, a été porté à
600 000 par mois en 2003 soit 1.800.000 francs CFA par trimestre. Les prestations familiales
ne sont pas prises en compte.
Exemple :
1er mois : salaire de base (S.B.) 55 000, indemnité 25 000, soit un total de rémunération ( T.R)
de 80 000 ;
61
3ème mois : S.B. ; 55 000 ; Indemnités : 35 000 ; T.R = 90 000
255 000
SJM = = 3500
90
SJM X 2 3500 X 2
I.J. = = = 2333, 33
3 3
Le montant à régler sera de 233,3 multiplié par le nombre de jours d’arrêt de travail.
2ème exemple
Ind.=10 000
Ind.=8 000
Ind.=12 000
Total R= 47 000
1 500 X 2
Indemnité journalière = = 1 000
62
3
L’indemnité journalière est payée pour chaque jour d’incapacité, y compris les dimanches et
jours fériés. La caisse commence à lui verser cette indemnité à partir du 2ème jour de l’arrêt de
travail, l’employeur devant supporter la rémunération du jour de l’arrêt de travail. Mais le
montant de l’indemnité journalière est versé à l’employeur si celui-ci a continué à verser son
salaire à la victime d’accident du travail et de maladie professionnelle durant l’arrêt du travail.
Tel peut être le cas s’il est fait application de l’article 27 de la convention collective
interprofessionnelle de 1974 qui prévoit que le travailleur en état d’incapacité temporaire reçoit
une allocation calculée de manière à lui assurer son ancien salaire. L’article 68, al.2 de la loi
généralise cette solution puisque la Caisse verse 2/3 et l’employeur 1/3, ce qui revient à ce que
l’employeur verse la totalité et se fasse rembourser les 2/3. Cet article met en quelque sorte en
œuvre l’article 27 al.2 CCIP (Convention collective interprofessionnelle).
L’indemnité est payée selon la même périodicité que le salaire, sans pouvoir être inférieur à sept
jours ou supérieur à sept jours ou supérieur à un mois. Elle peut être révisée lorsqu’il y a une
augmentation générale de salaire après l’accident et que l’interruption de travail atteint trois
mois.
On dit qu’il y a incapacité permanente quand l’accident ou la maladie a entraîné une réduction
définitive de la capacité de travail de la victime. Cette incapacité peut être partielle ou totale.
63
Le degré d’incapacité permanente est déterminé d’après la nature de l’infirmité, l’état général
de la victime, son âge, ses facultés et mentales, ses qualifications professionnelles, et sur la base
d’un barème indicatif d’invalidité établi par arrêté pris après avis du comité technique national
consultatif de santé et de sécurité au travail. Exemple : les deux yeux 100% ; un œil 25 à 30% ;
les deux jambes 90 à 100% ; la main, droite 70%, la mai, gauche 65% (ou l’inverse si c’est un
gaucher) etc.
Selon le degré d’incapacité permanente, il est servi à la victime une rente ou une allocation. Il
lui est servi une rente d’incapacité permanente (R.I.P.) lorsque le degré d’incapacité est au
moins égal à 15%. Une allocation lui est versée à une seule fois si le degré d’incapacité est
inférieur à 15%.
La rente d’incapacité permanente totale (RIPT) est égale à 85% de la rémunération mensuelle
moyenne, celle-ci étant déterminée selon les mêmes critères que précédemment.
Ainsi :
SMM X 85 SJM X 30 X 85
RIPT = ou
100 100
La RIPT est égale à 30 fois la rémunération journalière moyenne divisée par 100 multipliée par
85.
RJM =3000
3000 X 30 85
RIPT = = 76 500
100
64
La rente d’incapacité permanente partielle (IPP) est proportionnelle calculée à partir d’une rente
d’incapacité permanente totale fictive. Par exemple si le taux d’incapacité (I) permanente
partielle est de 20%, la RIPP sera :
1
RIPP = RIPT X
100
SMM X 85 1
RIPP = X
100 100
3000 X 30 X 85 20 76 500 X 20
X = = 15 300
100 100 100
L’allocation d’incapacité est de trois fois le montant annuelle de la rente fictive correspondant
au degré d’incapacité. Ainsi pour une incapacité de 10% l’allocation sera :
10 76 500 X 10
Allocation = RIPT X X 12 X 3 = X 12 X 3 = 275 400
100 100
65
La rente est versée trimestriellement. Mais elle peut être versée mensuellement à la demande
de l’assuré si le taux d’incapacité atteint ou dépasse 75% car le montant de la rente, qui justifie
le versement mensuel ou trimestriel dépend de la rémunération et du degré d’incapacité. Le
paiement mensuel est obligatoire pour les victimes atteintes d’une incapacité permanente totale.
La rente, comme l’indemnités journalière, est insaisissable et incessible dans les mêmes
conditions que le salaire. Par ailleurs, les rentes, comme les pensions, font l’objet de relèvement
par décret lorsqu’il y a augmentation des salaires.
La rente peut être majorée pour assistance d’une tierce personne. Il en est ainsi quand la victime
est dans l’impossibilité d’accomplir seul les actes de la vie courante et donc obligée de recouvrir
au service d’une tierce personne. La majoration est de 50%.
c) Le rachat
La rente peut être rachetée. Le rachat consiste en une conversion de la rente en capital. Mais ce
rachat est soumis à plusieurs conditions :
66
Si l’accident ou la maladie professionnelle entraîne le décès de la victime, ses proches
bénéficient de certains droits. Une rente de survivants leur est versée, ainsi qu’une
allocation de frais funéraires (Article 75 de la loi). Les bénéficiaires de cette rente de
survivants sont les ayants droit, c’est-à-dire les personnes envers lesquelles l’assuré était
tenu d’une obligatoire alimentaire. Ce sont :
L’ensemble des rentes des survivants ne peut dépasser 85 % du salaire mensuel moyen de
l’assuré, c’est-à-dire le montant de la rente d’incapacité permanente totale.
L’allocation de frais funéraire est égale à la moitié du salaire mensuel maximum retenu pour le
calcul des cotisations. Si le décès s’est produit au cours d’un déplacement de la victime, pour
son travail hors de sa résidence, la Caisse supporte également les frais de transport du corps.
Le régime d’indemnisation peut être modifié s’il y a faute commise lors de l’accident. On peut
faire la distinction entre la faute lourde (admise et souvent invoquée en droit du travail
burkinabè), la faute inexcusable, la faute intentionnelle. Seules les fautes intentionnelles moins
et inexcusables ont une incidence sur la réparation.
La faute lourde n’a aucune incidence sur le droit à réparation. Elle n’est pas considérée de la
même façon qu’en droit du travail. En matière de sécurité sociale, ses effets sont moins graves.
La faute lourde est celle que n’aurait pas commise le travailleur le plus inexpérimenté en la
67
matière. Il peut s’agir d’une imprudence, d’une négligence, de l’irrespect de la règlementation
ou d’un ordre du supérieur hiérarchique. Elle contient une idée de connaissance supposée, mais
pas un élément intentionnel.
3/ La faute inexcusable
En droit du travail burkinabè, une distinction est faite entre faute lourde et faute grave, alors
que le droit français ne fait pas cette distinction. La distinction de la faute inexcusable par
rapport à la faute lourde peut relever de la sémantique dans la mesure où le propre de la faute
lourde en droit en droit du travail est d’être inexcusable « s’entend de celle d’une gravité
exceptionnelle dérivant d’un acte ou d’une omission volontaire, de la conscience du danger que
68
devait en avoir son auteur et l’absence de toute cause justificative et se distinguant par le défaut
d’un élément intentionnelle de la faute intentionnelle ».
- La gravité exceptionnelle ;
- l’élément connaissance ;
- l’absence de cause justificative. Constitue par exemple et une cause justificative le fait
de porter secours à une personne en danger ;
- l’absence d’élément intentionnel.
En d’autres termes, la faute inexcusable est « la faute d’une gravité exceptionnelle, commise en
toute connaissance des conséquences dommageables de l’acte ou de l’omission et caractérisée
par l’acceptation téméraire de ces conséquences sans motifs ». Cette faute peut aussi consister
en l’imprudence, la négligence grave, le non-respect des règles de sécurité, l’utilisation des
matériels défectueux, l’exécution d’un travail dangereux par un subordonné n’ayant pas
l’expérience ou les aptitudes requises. Elle coïncide souvent avec la faute pénale. Les accidents
graves du travail faisant obligatoirement l’objet d’une enquête légale, le problème de concours
entre instance civile et instance pénale peut se poser en application de la règle « le pénal tient
le civil en l’état ». La qualification de la faute donnée au pénal, en cas par exemple de relaxe,
joue sur la qualification au civil. La condamnation au pénal, n’implique pas que la faute revête
une gravité exceptionnelle au civil. L’employeur est tenu d’une obligation de sécurité et ne peut
s’exonérer en se réfugiant derrière le non refus de la victime d’exécuter le travail dangereux ou
son expérience. Mais la faute de l’employeur doit être déterminant dans la réalisation de
l’accident. Elle peut être écartée en cas de concours de fautes avec une faute de la victime
d’exécuter le travail dangereux, d’un autre salarié ou d’un tiers. La faute inexcusable de la
victime elle-même n’a pas d’incidence sur les prestations en nature et les indemnités
journalières, mais elle a une incidence sur la rente d’incapacité permanente : il y a possibilité
de diminuer le taux de la rente et, en cas de décès, de diminuer la pension versée aux ayants
droits.
En cas de faute inexcusable de l’employeur ou de son préposé, la victime touche toutes les
prestations ordinaires, mais lorsqu’il y a lieu à versement d’une rente, celle-ci est majorée en
raison de la gravité de la faute. L’employeur peut être amené à payer une cotisation
supplémentaire. La faute du préposé peut être une faute de direction si le préposé a été substitué
à l’employeur et est investi d’une délégation tacite ou expresse, ou une faute d’exécution si elle
69
émane d’un préposé sans pouvoir. Le préposé peut évidemment encourir des sanctions
disciplinaires sur la responsabilité est établie, même si la réparation ne lui est pas imputable.
La branche des pensions a été instituée par la loi n°78/60 du 6 octobre 1960. Elle est la dernière-
née du régime de sécurité sociale burkinabè mais c’est la branche la plus connue et la plus
sensible. Cette branche, qui relève de la catégorie des assurances sociales, comprend :
l’assurance invalidée, l’assurance vieillesse et l’assurance décès (ou survivants), ces assurances
servent des pensions et des allocations.
Le trait commun de tous ces risques à souligner est que l’indemnisation sous forme de pension
ou d’allocation se calcule sur les mêmes bases. Le régime d’assurance de cette branche est
moins généreux pour le travailleur que celui de la branche accident du travail et maladie
professionnelle, sur deux points :
Les conditions à remplir pour bénéficier des prestations de cette branche et les prestations
servies diffère selon qu’il s’agit de l’invalidité, de la vieillesse ou du décès.
§ 1 L’ASSURANCE INAVALIDITE
70
- La formalité à remplir, c’est-à dire la demande.
a) L’invalidité
Dans la conception classique, l’invalidité est l’altération d’une faculté physique. Par contre, la
sécurité sociale à une conception moins large. Pour elle, un coureur professionnel qui se casse
une jambe est invalide, mais pas un standardiste. De même, un pianiste qui perd un doigt est
invalide mais pas un footballeur. L’invalidité est liée à l’incapacité d’exercer sa profession.
Selon l’art. 69 l’invalidité est une réduction stabilisée de la capacité de travail ou de gain. Elle
est appréciée par le médecin désigné ou agréé par la Caisse en tenant des facteurs tel que l’état
général de l’assuré, son âge, ses facultés physiques et mentales, ses capacités restantes de
travail. La réduction de capacité de travail ou de gain est appréciée, non pas par rapport à la
situation antérieur de l’intéressé, mais par rapport à sa profession.
b) La qualité de bénéficiaire
Pour avoir la qualité de bénéficiaire, l’assuré doit avoir été immatriculé à la Caisse depuis au
moins 5 ans et doit totaliser 6 mois d’assurance au cours 12 derniers mois précédant le début
de l’invalidité (art. 69). L’assuré ne doit pas avoir atteint l’âge de la retraite car l’âge de la
retraite, l’assurance invalidité est remplacée par l’assurance vieillesse. L’âge de la retraite
varie : il est de à 56 à 63 ans pour le secteur privé, de 55 à 65 ans pour les agents de l’Etat.
Mais est dispensé des conditions de 5 ans d’immatriculations et 6 mois d’assurance dans les 12
derniers mois, l’assuré qui est devenu invalide par suite d’un accident. Cet assuré doit seulement
avoir occupé un emploi assujetti à l’assurance à la date de l’accident et être immatriculé avant
cette date.
L’assuré introduit une demande pour bénéficier de la pension d’invalidité. Son état d’invalidité
fera l’objet d’une constatation par certificat médical qui donne une série d’indication sur la
nature de l’invalidité, les causes, la nécessité ou non de l’assistance d’un tiers, la périodicité de
71
l’examen médical de révision. L’assuré peut être soumis à des examens périodiques tous les 6
mois au moins jusqu’à consolidation ou stabilisation de son état.
La demande doit préciser si l’invalidité est ou non consécutive à un accident pour lequel la
responsabilité civile d’un tiers est engagé et, éventuellement, indiquer l’identité du tiers.
B- Les prestations
Si, par exemple, l’assuré a cotisé pendant 15 ans, le taux de la pension sera de 15 périodes de
12 mois multipliées par 2 soit 30 %. S’il a cotisé 20 ans cela fera 20 X 2 = 40% ; Si c’est 30
ans, le taux sera de 30 X 2 = 60 %.
On considère comme mois d’assurance tout mois pendant lequel l’assuré a travaillé 15 jours au
moins. Pour le calcul de ces mois d’assurance, les années comprises entre l’âge de la retraite et
l’âge effectif de l’invalide à la date à laquelle la pension prend effet sont assimilées à des années
d’assurance à raison de 6 mois par année.
Par exemple, si l’assuré, qui devait prendre sa retraite à 60 ans, devient invalide à 48 ans, les
années comprises entre 60 et 48 sont prises en compte d’une ½ année par an, soit 12 ans : 2 =
6 ans d’assurance.
Le salaire mensuel moyen s’obtient en divisant par 60 le total des rémunérations soumises à la
cotisation au cours des 5 meilleures années conformément à l’art. 86, al. 1 qui dispose que « le
montant de la pension de vieillesse ou d’invalidité, de la pension anticipée de l’allocation est
fixée en fonction de la rémunération mensuelle moyenne définie comme la soixantaine partie
du total des rémunérations soumises à cotisation au cours des 5 meilleures années
d’assurance ».
72
SMM = TR X 1/60 (TR = total des rémunérations des 5 meilleures années).
Exemple de calcul :
Un assuré de 18 ans d’immatriculation devient invalide à 54 ans, alors que l’âge de retraite de
sa catégorie est de 60 ans.
Taux de la pension : 21 x 2 % = 42 %
370 000
+ 370 000
+ 350 000
+ 330 000
+ 320 000
--------------
= 1740 000
TR = 1740 000
1740000
SMM = = 29 000
60
29 000 x 42
Pension = = 12 180
100
73
Cette pension étant inférieure à 60% du SMIG, c’est-à-dire (30 684 x 60 : 100, soit 18410, 2),
il lui sera servi 60 % du SMIG qui est inférieur à 80 % DE 29 000 (qui est de 23 200).
La pension sera augmentée de 50 % si l’assuré est obligé de recourir à une tierce personne pour
les actes de la vie courante.
La pension d’invalidité n’a pas un caractère définitif : elle peut être révisée, suspendue ou même
supprimée. Elle est révisée en augmentation ou en diminution s’il a modification de l’état de
l’invalide, par exemple si son état s’aggrave ou au contraire s’il trouve un emploi rémunéré.
Elle peut être suspendue si l’invalide trouve un emploi qui lui 50 % de sa rémunération
antérieure. Elle est supprimée si son nouveau travail assure un salaire atteignant celui d’avant.
La pension d’invalidité est transformée en pension de vieillesse si l’assuré atteint l’âge de la
retraite (article 83, al. 4).
En cas de décès, les ayants droits du pensionné invalide auront droit, comme en matière
d’assurance vieillesse, à certaines prestations en espèces et en nature. Il s’agit du conjoint
survivant et des enfants à charge.
A- Conditions d’admission
Une distinction doit être faite entre l’assuré qui demande l’admission aux prestations à l’âge
légal et qui celui qui veut bénéficier d’une retraite anticipée, même si dans les cas, la notion de
vieillesse est la condition essentielle.
1- La vieillesse
La première condition parmi les plus importantes tient à la notion de vieillesse. Dans l’acception
médicale, un individu est vieux quand ses tissus sont fatigués. Cette conception est
d’application difficile car même les spécialistes ne sont pas sûrs de l’évaluation de la vieillesse.
Une deuxième conception, sociologique celle-là, se fonde sur l’utilité sociale du travailleur. Si
l’individu a travaillé pendant un certain temps, par exemple 30 ans, il est tout à fait normal
qu’on lui verse des prestations quand il ne peut plus travailler. Cette conception sociologique
veut donc que l’on accorde la retraite à partir d’un certain âge. La sécurité sociale retient cette
74
conception avec des aménagements consistant à autoriser la retraite avant l’âge fixé et à
subordonner le bénéfice des prestations à un temps minimal de cotisations. Car on est dans un
système d’assurance et non d’assistance.
Ainsi, les conditions de fond ouvrant droit aux bénéfices des prestations de retraite sont :
- avoir atteint la limite d’âge de 56, 58, 60 ou 63, selon les cas ;
- avoir cotisé pendant 180 mois au mois soit 15 ans pleins ;
- enfin, avoir cessé toute activité professionnelle.
En ce qui concerne les conditions de forme (ou formalités à accomplir), l’assuré doit déposer
une demande de liquidation de pension ou de rente à la Caisse et produire les pièces
justificatives. L’assuré doit s’engager à aviser la Caisse de toute reprise d’une activité salariée.
Cette demande peut être introduite dans les 6 mois qui précède la date à laquelle prendront fin
les services du travailleur, en précisant la date de cessation du travail. Cette précaution peut
permettre d’éviter les désagréments de la longue période d’attente de la première pension.
Le droit aux pensions, rentes et allocations de vieillesse, d’invalidité ou d’incapacité est prescrit
par dix (10) ans. Cette prescription commence à courir le lendemain du jour où les conditions
requises pour le bénéfice des prestations sont remplies.
2- LA RETRAITE ANTICIPEE
Lorsqu’il s’agit d’un assuré qui demande à prendre une retraite anticipée, c’est-à-dire avant
l’âge de 56,58,60 ou 63 il doit réunir les conditions suivantes :
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B- Les prestations
Les droits de l’assuré dépendent de ses années de cotisation. Il a droit à une pension s’il a cotisé
pendant 15 ans ou 180 mois, à une allocation ou à une allocation ou à un remboursement s’il
n’a pas atteint 15 ans de cotisation. Ces prestations sont complétées par d’autres avantages à la
charge de l’employeur : l’article 35 de la convention collective interprofessionnelle de 1974
prévoit qu’il est versé une indemnité de départ à la retraite calculée selon les mêmes règles que
l’indemnité de licenciement.
1) – La pension de vieillesse
La pension de vieillesse est payée trimestriellement. Les mêmes règles jouent en ce qui
concerne la pension anticipée.
En plus de la pension, l’assuré a droit aux prestations familiales s’il a des enfants à charge, dans
la limite de six (6) enfants au maximum. Sont considérés comme enfants à charge, les enfants
jusqu’à 15 ans révolus qui vivent avec l’assuré et dont celui-ci assure de manière permanente
l’entretien (article 37, al.1), ceux jusqu’à 18 ans qui sont placés en apprentissage et ceux jusqu’à
21 ans qui poursuivent des études ou qui, par suite d’une infirmité ou de maladie incurable, sont
incapables d’exercer une activité rémunératrice
L’assuré qui a atteint l’âge de 56, 58,60 ou 63 ans et qui va à la retraite sans avoir réuni 15 ans
ou 180 mois de cotisation a droit à une allocation de vieillesse versée en une seule fois pour
toute.
Par exemple, s’il a cotisé pendant 12 ans soit 144 mois, cela fait 24 périodes de de 6 mois. Il
aura donc 24 fois sa pension mensuelle fictive de vieillesse.
Il s’agit moins d’une assurance décès que du reversement - d’où l’expression de pension de
réversion qui marque bien qu’il s’agit d’un droit dérivé de celui du de cujus – d’une fraction
des prestations dont bénéficiait ou aurait bénéficié l’assuré décédé aux personnes qui étaient
effectivement à charge.
Les conditions d’admission aux prestations de survivant tiennent à l’assuré défunt et à la qualité
de bénéficiaire.
La nature des prestations ouvertes aux ayants droits diffère selon que, d’une part, l’assuré
décédé bénéficiait déjà d’une pension ou remplissait déjà les conditions pour en bénéficier ou,
d’autre part, ne remplissait pas ces conditions de cotisation.
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En cas de décès du titulaire d’une pension de vieillesse ou d’invalidité ou d’une pension
anticipée ainsi qu’en cas de décès d’un assuré qui, à la date de son décès, remplissait les
conditions requises pour bénéficier d’une pension de vieillesse ou d’invalidité où qui justifiait
de 180 mois d’assurance, les survivants ont droit à une pension de survivants.
Les survivants d’un assuré décédé avant l’âge de la retraite ont droit à cette pension si l’assuré
défunt justifiait de 180 mois d’assurance. Si l’assuré ne remplissait pas ces conditions, les
survivants (la veuve ou le veuf ou les orphelins) bénéficieront d’une allocation de survivant
versée en une seule fois.
La qualité de bénéficiaire relève des conditions de fond. Celles-ci sont énumérées par la loi.
Sont considérées comme survivants :
- Le conjoint survivant, à condition que le mariage ait été contracté avant le décès ;
s’il y a pluralité de veuves, elles se partagent les 50 %. L’exigence d’un acte de
mariage exclu les concubines. Le code de 1972 contenant une restriction à l’égard
du veuf qui a été supprimé : n’était considéré comme survivant que le veuf invalide
qui vivait à la charge de l’assurée ;
- Les enfants à charge du défunt tels qu’ils sont définis à l’article 38 de la présente
loi.
- Les ascendants en ligne directe qui était à la charge de l’assuré célibataire sans
enfant.
Les bénéficiaires de l’allocation de survivants sont : la veuve ou le veuf, les orphelins, les
ascendants en ligne directe à défaut d’orphelins.
Les formalités à accomplir par les bénéficiaires sont relatives aux documents faisant la preuve
que sont remplies les conditions ouvrant droit aux pensions ou à l’allocation :
Les survivants ont droit à des pourcentages qu’avait ou aurait eu droit à l’assuré. En ce qui
concerne les droits hors sécurité sociale, c’est-à-dire à la charge de l’employeur, l’art. 27 CCIP
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prévoit que celui-ci participe aux frais funéraires jusqu’à concurrence de 5 fois le taux du SMIG.
Il verse aux ayants droits l’équivalent de l’indemnité de départ à la retraite ou de l’indemnité
de rupture. Cette indemnité est égale à l’indemnité de licenciement.
En cas de décès d’un assuré ou d’un pensionné, le conjoint ou la conjointe a droit à 50% de la
pension qu’avait ou qu’aurait droit le défunt. En cas de pluralité de veuves, elles se partagent
les 50% à égalité de manière définitive. Les orphelins ont droit à 50 % de la pension repartie à
égalité de manière définitive en cas de pluralité d’orphelins. Si l’assuré était un célibataire sans
enfant, chaque ascendant en ligne directe reçoit 25%.
Mais le montant total des pensions de survivants ne peut excéder celui de la pension à laquelle
l’assuré avait ou aurait eu droit. Si le montant des pensions de survivants devait dépasser celui
de la pension, les pensions de survivants sont réduites proportionnellement, sans toutefois que
le montant de la pension d’orphelins ne puisse être inférieur à celui des allocations familiales,
qui est actuellement de 2000 FCFA par enfant.
L’allocation de survivant versée en une seule fois est calculée, c’est-dire que le montant est égal
à autant de mensualités de la pension de vieillesse à laquelle aurait pu prétendre au terme de
180 mois d’assurance qu’il avait accompli de période 6 mois d’assurance à la date du décès.
La branche des prestations familiales est la première née du régime de sécurité sociale
burkinabè. Elle a été instituée par l’arrêté n°1029 ITLS du 6 décembre 1955 avec effet le 1 er
janvier 1956 ;
Cette branche sert une diversité de prestations correspondant à des objectifs différents mais
pouvant constituer ce qu’on peut qualifier de « politique de la famille ».
La diversité des objectifs apparait à travers les prestations servies. Ces prestations comprenant :
79
- les prestations de maternité.
1) Les allocations qui sont des prestations en espèce, avaient en principe, pour but de
couvrir un risque, celui du surcroît de dépenses provoquées par la naissance d’un enfant
dans la famille. Elles répondent en Europe à une (politique nataliste). Au Burkina Faso
et en Afrique en général, où l’on reconnait que la forte natalité est un des facteurs du
blocage du développement, une politique nataliste ne peut se justifier. Cette
considération peut expliquer que les allocations familiales gardent un caractère
symbolique. L’accent est mis sur les prestations en nature en direction de la mère et de
l’enfant.
2) Les prestations de maternité ont pour objectif de compenser la perte de revenus provoquée
par l’arrêt de travail à l’occasion de la grossesse de la femme et de l’accouchement ainsi
que les dépenses s’assimilant à des dépenses de maladie, lors de l’accouchement.
3) La branche des prestations familiales est exclusivement financée par les cotisations, de
l’employeur, actuellement autours de 6%. Les prestations de la branche sont non
contributives, en ce sens qu’elles ne sont pas servies en contrepartie de cotisations versées
par le salarié.
Les personnes ouvertes par cette bénéficient aussi bien de prestations en nature qu’en
espèces. Les conditions générales d’ouvertures au bénéfice de ses prestations sont d’ordre
professionnel (exercice d’une activité salarié) ou familial (grossesse, enfant à charge).
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permanente la garde et l’entretient de l’enfant. L’allocataire peuvent donc se confondre sur
la même personne.
Ces précisions faites, quelles sont les conditions de fonds et de formes ?
La première condition générale de fond porte sur l’assuré et est d’ordre professionnel : le
travailleur être immatriculé à la caisse de sécurité sociale justifier de trois (3) mois de travail
consécutif chez un ou plusieurs employeurs. Dans le cas d’une personne non en activité, elle
remplit les conditions requises s’il s’agit soit d’un titulaire d’une pension de vieillesse ou
l’invalidité ayant des enfants en charge, soit d’une veuve d’un allocataire décédé qui n’était pas
titulaire d’une pension de vieillesse ou d’invalidité. Les titulaires de pensions conservent le
droit au bénéfice des prestations familiales. La veuve d’un allocataire non titulaire de pensions
peut continuer à bénéficier des prestations pour les enfants qui étaient à la charge du défunt, à
condition qu’elle en assure la garde et l’entretient. Mais ce droit ne peut se cumuler avec
l’attribution de pensions ou de rentes d’orphelins.
La limite d’âge des enfants pris en compte est de 15 ans au plus. La limite d’âge a été poussée
à 18 ans pour l’enfant placé en apprentissage dans les conditions prévues par le Code du travail,
et à 21 ans pour l’enfant poursuivant des études ou infirmes ou atteint de maladie incurable.
Ces différentes limites d’âge reposent sur l’idée que l’enfant n’est pas en état d’exercer une
activité professionnelle lui permettant de subvenir à ses propres besoins. En ce qui concerne les
enfants placés en apprentissage ou poursuivant des études, l’attribution de bourses ne fait pas
obstacle à l’attribution des allocations familiales.
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Outre la condition d’âge, il faut que l’enfant entre dans une des catégories suivantes :
Les conditions particulières qui peuvent s’ajouter aux conditions générales tiennent au type de
prestations. Par exemple, pour les prestations de maternité, il faut que la femme soit en état de
grossesse. Il en est de même des allocations prénatales en faveur de la femme salariée ou
conjointe d’un travailleur salarié. Pour les allocations familiales, l’assuré doit justifier d’une
activité salariée au moins égale à 18 jours ou 120 heures par mois de travail. Pour les indemnités
journalières de maternité, la femme assurée doit avoir arrêté le travail.
L’assuré doit faire une demande de prestations familiales. La caisse attribue un numéro
matricule d’allocataire et un livret familial d’allocataire. La femme de l’assuré ou la femme
elle-même assurée est tenue d’accomplir des formalités ci-après :
On distingue les prestations en nature et les prestations en espèce. Mais l’effort principale de la
caisse de sécurité sociale se porte sur les prestations en nature (hormis l’indemnité journalière
de maternité)
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A- Les prestations en nature
Les bénéficiaires de cette allocation sont toute femme salariée ou conjointe d’un travailleur
salarié en état de grossesse. Le taux de l’allocation prénatale est de 1000 francs CFA par mois
soit 9000 FCFA pour les 9 mois répartis en trois fractions payées après le premier examen
(2000), après le second examen (4000) et après le troisième (3000).
Les allocations familiales sont liquidités sur la base de 2000 FCFA par mois d’assurance et par
enfant à charge dans la limite de 6 enfants. Elles sont en principes payées à terme échu tous les
trois (3) mois, entre les mains de la mère. Mais elles peuvent être directement payées par
l’employeur ou travailleur allocataire. Le paiement de ces allocations est subordonné à des
obligations particulières. L’allocataire doit justifier :
- d’une activité salariée car l’allocation est payée par mois d’assurance. ON entend ici par
mois d’assurance, tout mois civil pour lequel l’allocataire a justifiée d’une activité
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salariale d’au moins 18 jours au d’au moins 120 heures. La justification est faite par un
bulletin de présence signé de l’employeur ;
- fourni un certificat de visite médiale tous les deux mois pour chaque enfant de moins
d’un an ;
- fourni un certificat de vie ou de scolarité tous les ans pour ceux de 1 à 6 ans .
- fournir un certificat de scolarité ou d’apprentissage pour ceux de 14 à 21 ANS, ou un
certificat médicale pour les infirmes .
3) – Les indemnités journalières de maternité
Outre la prise en charge des frais d’accouchement et des soins médicaux nécessités par la
grossesse ou l’accouchement, la femme salariée, donc elle-même assujettie à
l’immatriculation à la sécurité sociale, bénéficie d’indemnités journalières qui compensent
l’arrêt de travail exigé par son état.
La femme salariée a droit, pendant les 14 semaines de congé de maternité, à une indemnités
journalière égale à 100% de son salaire soumis à cotisation. Elle conserve donc la totalité de
son salaire à la charge de la CNSS (et non plus à 50% à la charge de la caisse et 50% à la
charge de l’employeur comme c’était le cas jusqu’en 1981). La rémunération visée est égale
à la rémunération brute (salaire de base auquel s’ajoutent les indemnités). La fraction non
soumise à cotisation est à la charge de l’employeur, l’indemnité journalière ne se cumule pas
avec les allocations prénatales. Les indemnités journalières sont calculées sur la base du
salaire des trois derniers mois ayant précédé le congé de maternité.
Dans le cas d’un repos supplémentaire justifié par une maladie résultant de la grossesse ou de
la couche, l’indemnité journalière peut être payée jusqu’à concurrence d’une période de trois
semaines. S’il y a erreur du médecin dans l’estimation de la date d’accouchement, elle
conserve son droit à l’indemnité journalière à compter de la date indiquée sur le certificat
jusqu’à la date de l’accouchement.
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