Dette
Dette
DES ENTREPRISES :
UNE ÉTUDE
SUR LONGUE PÉRIODE
Durant la dernière décennie, le taux d’endettement des
entreprises s’est allégé en France. La présente étude, après un
rappel historique, compare l’évolution de l’endettement des
entreprises françaises avec celle de leurs homologues dans les
principaux pays étrangers. Elle analyse en détail la situation
financière des sociétés françaises sur la période 1989-1995, à
partir du comportement d’entreprises adhérant à la Centrale de
bilans de la Banque de France, et permet de dégager les raisons
et les caractéristiques essentielles de ce désendettement 1.
DOMINIQUE BOISSONADE
ALAIN TOURNIER
Direction des Entreprises
Observatoire des entreprises
1
Cf. « Endettement des entreprises de 1989 à 1995 » – Banque de France – 96/08 – Dominique Boissonade et
Alain Tournier
600000
500000
400000
300000
200000
100000
-100000
-200000
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De 1975 à 1982
Au cours de cette période, les besoins de financement des firmes sont principalement couverts par le
recours au crédit bancaire tandis que l’autofinancement demeure faible. Le flux d’endettement auprès
des établissements de crédit double, passant de 84,56 milliards de francs en 1975 à 181,94 milliards en
1982.
En fin de période, l’endettement auprès des banques représente 78 % du financement de
l’investissement physique ou financier des sociétés non financières, le financement auprès des marchés
17 % et le financement auprès des associés 5 %.
De 1983 à 1986
Entre ces deux dates, seul le flux d’endettement auprès des marchés financiers enregistre une
progression à partir de 1985, en raison de la déréglementation qui s’y opère. Il passe ainsi de
34,6 milliards de francs en 1983 à 44,3 milliards en 1986.
Les entreprises profitent de cette période pour restaurer leurs comptes et modèrent fortement leur
endettement auprès des établissements de crédit, qui continue cependant à représenter structurellement
leur mode de financement privilégié.
De 1987 à 1990
Cette période est essentiellement marquée par la levée de l’encadrement du crédit, en 1987, qui
entraîne une augmentation substantielle de l’endettement auprès des banques, de 149,7 milliards de
francs en 1987 à 387,3 milliards. Le recours au système bancaire représente, en fin de période, plus des
trois quarts du financement total des entreprises non financières.
Parallèlement, l’endettement auprès des marchés, en faible augmentation en 1987, connaît de
nouveau une croissance soutenue jusqu’en fin de période.
Seul le financement auprès des associés reste plutôt stable, passant de 23,7 milliards de francs en
1987 à 25,5 milliards.
De 1991 à 1994
120
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100
90
80
70
60
1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993
Allemagne France Japon Belgique Espagne Etats-Unis
En Espagne, le commerce de détail reste le moins dépendant des prêteurs, avec un ratio
d’endettement oscillant entre 29,8 % et 34,0 %. Dans les autres activités, on constate sur la période
d’importants écarts d’endettement pouvant atteindre plus de vingt points au sein d’un même secteur. En
fin de période, c’est l’industrie qui apparaît la plus engagée financièrement.
En Italie, on observe le plus faible degré d’endettement (autour de 63 %) dans l’industrie, le plus
fort dans le secteur du bâtiment où le ratio se situe dans la tranche 85 %-90 %. Le commerce de gros et
le commerce de détail maintiennent, en fin de période, une position médiane.
Aux États-Unis, le niveau d’endettement s’est inscrit en hausse dans tous les secteurs entre 1985 et
1993, ce qui place ce pays en situation atypique par rapport aux autres nations étudiées.
Globalement, à l’exception des États-Unis et, dans une moindre mesure, de la Belgique, les données
internationales observées à partir de la base Bach montrent une tendance à la stabilisation ou à la baisse
du ratio d’endettement. L’analyse qui suit va nous permettre de confirmer ce constat pour le cas de la
France.
2.1.1. Le constat
Le ratio « endettement 2/capital engagé 3 » fournit une vision élargie de l’équilibre financier en
termes de structure bilantielle.
La période 1989-1993 a été marquée par une diminution régulière du poids de l’endettement dans le
capital engagé (de 5 points à 7 points selon le secteur). Cette évolution a été observée dans tous les
secteurs de l’industrie, du bâtiment et du commerce. Elle traduit à la fois un désendettement et un
renforcement des fonds propres (cf. 2.2.).
1
La description de l’échantillon est présentée en annexe.
2
Endettement = obligations + emprunts participatifs + autres emprunts + emprunts bancaires + crédits bancaires courants
+ billets de trésorerie + crédit bail
3
Capital engagé
= financement propre (capitaux propres + provisions + amortissements) + groupe et associés + endettement
= valeurs immobilisées + besoins en fonds de roulement d’exploitation + besoins en fonds de roulement hors exploitation
+ disponibilités
ENDETTEMENT/CAPITAL ENGAGÉ
1989 – 1993
en pourcentage
36
32
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1989 1990 1991 1992 1993
Le poids de l’endettement dans le capital engagé diffère assez sensiblement d’un secteur à l’autre :
ainsi en 1989 il était de 23,4 % dans l’industrie, contre 34,5 % dans le commerce de gros. Si la
hiérarchie entre les secteurs est restée identique au cours des années ultérieures, on observe un
resserrement des écarts. Le commerce de gros, qui reste le secteur le plus endetté, affiche toutefois le
recul le plus net du poids de l’endettement dans le capital engagé (de 34,5 % en 1989 à 27,0 % en
1993). Le commerce de détail présente également une diminution sensible de ce ratio (de 28,4 % et
21,8 % respectivement).
Depuis plusieurs années, avec le développement des marchés financiers et la banalisation des
techniques de gestion de trésorerie, un nombre croissant d’entreprises détiennent un volant de
disponibilités important à l’actif de leur bilan, tout en assumant une dette financière parfois
substantielle.
Dans ce contexte, il est important d’appréhender les conséquences de l’activité de trésorerie, grâce à
un concept d’endettement net (endettement – disponibilités, valeurs mobilières de placement
comprises). L’examen de cet endettement net (rapporté au capital engagé) confirme, et parfois amplifie,
la tendance observée sur l’endettement brut, c’est-à-dire une diminution dans la plupart des grands
secteurs économiques. En effet, au cours de la période sous revue, le poids de l’endettement dans le
capital engagé a reculé, alors que celui des disponibilités est resté stable, ou a légèrement augmenté.
Parallèlement à leur volonté de se désendetter, les entreprises ont continué de développer une activité de
trésorerie qui leur a permis de se procurer des revenus, notamment pour mieux assurer le service de la
dette.
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10
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1989 1990 1991 1992 1993
Le ratio « endettement net/capital engagé » a diminué de façon régulière de 1989 à 1993 dans
l’industrie et le commerce de gros, parallèlement à une légère augmentation du poids des disponibilités.
La forte progression des disponibilités a permis aux entreprises du bâtiment de se désendetter à
partir de 1991. Globalement, leur montant est devenu supérieur à celui de l’endettement en 1993, mais
cette évolution est essentiellement liée au comportement de quelques grandes sociétés.
Seul le commerce de détail fait apparaître un ratio « endettement net/capital engagé » quasiment
stable, car les disponibilités ont diminué dans les mêmes proportions que l’endettement au cours de la
période considérée. Ainsi, les valeurs mobilières de placement ont enregistré un recul sensible en 1993
(elles représentent 7,7 % du capital engagé, contre 10,3 % en 1992).
Tout au long de la période 1989-1993, le poids de l’endettement net est plus important dans le
commerce de gros et dans l’industrie. Ce ratio est, au contraire, moins élevé dans le commerce de détail
qui bénéficie de disponibilités plus importantes, grâce aux paiements comptant de ses clients, et dans le
bâtiment, grâce au système des avances sur travaux. Ces disponibilités sont en grande partie placées sur
le marché financier. Dans le bâtiment, les valeurs mobilières représentent entre 12 % et 14 % du capital
engagé.
Au vu de cette première analyse, les entreprises ont globalement réduit leur endettement sur la
période. Cette évolution doit être précisée en fonction de la taille de l’unité considérée.
En 1993, dans l’industrie, le poids de l’endettement représentait 24,5 % du capital engagé dans les
unités de moins de 100 salariés, 21,6 % dans celles dont les effectifs sont compris entre 100 salariés et
500 salariés, et 15,8 % pour celles de plus de 500 salariés.
Le poids de l’endettement des PME du bâtiment est plus faible que dans les autres secteurs, mais
reste supérieur à celui des grandes entreprises.
Dans le commerce de gros, secteur le plus endetté, la même hiérarchie entre tailles d’entreprises est
observée (le ratio s’élève en 1993 à 28,0 % dans les entreprises de moins de 500 salariés et à 22,5 %
dans les grandes sociétés).
Le commerce de détail présente en 1993 des niveaux d’endettement assez hétérogènes selon la taille.
Dans ce secteur également, les plus grandes firmes sont les moins endettées : cependant les plus petites
entreprises (moins de 100 salariés) ont un ratio endettement/capital engagé inférieur à celles de taille
intermédiaire (de 100 salariés à 500 salariés).
L’observation de l’évolution de 1989 à 1993 permet de constater que le poids de l’endettement dans
le capital engagé s’est allégé quels que soient la taille ou le secteur d’appartenance de l’entreprise.
Toutefois, si l’amélioration de l’autonomie financière a été générale, le niveau d’endettement reste
d’autant plus élevé que la taille de l’entreprise est petite.
1
Excédent brut global = excédent brut d’exploitation après affectations des charges et des produits financiers
Le désendettement, qui apparaît à partir de 1991 ou 1992 selon les secteurs, est lié pour une large
part au ralentissement généralisé de l’activité économique et à la baisse des besoins de financement qui
en a résulté. En effet, au cours de la période, les investissements ont fortement diminué et les besoins en
fonds de roulement se sont sensiblement contractés. Ce dernier mouvement a été amplifié par
l’adoption par les entreprises d’un mode de gestion des stocks plus rigoureux.
La baisse des besoins de financement a été générale, quels que soient le secteur et la taille, à
l’exception notable des PME du commerce de détail.
Entre 1989 et 1993, l’autofinancement des entreprises françaises s’est fortement contracté dans
l’industrie (– 7,7 points, à 13,3 % de la valeur ajoutée en 1993), et, dans une moindre mesure, dans le
bâtiment et le commerce de gros (– 2,4 points, à respectivement 8,0 % et 12,8 % de la valeur ajoutée en
1993).
Seul le secteur du commerce de détail a réussi à accroître régulièrement ses ressources internes,
puisque l’autofinancement y a gagné près de cinq points sur la période, à 19 % de la valeur ajoutée en
1993.
Mais malgré son recul, l’autofinancement a pu couvrir des proportions de plus en plus importantes
de l’ensemble des emplois nets, eux aussi en repli sensible, en raison à la fois de la baisse des
investissements et des besoins en fonds de roulement 1. En fin de période, cette couverture a même été
intégrale pour les grandes entreprises dans tous les secteurs. Il en a été de même dans les PME de
l’industrie, du bâtiment et du commerce de gros.
L’investissement productif a été totalement autofinancé dans l’ensemble des secteurs dès 1991.
Dans les activités de commerce, cette couverture n’a cessé de s’élargir, passant de 126,7 % à 147,1 %
dans le commerce de gros et de 82,2 % à 138,7 % dans le commerce de détail. Ce constat s’applique
quelle que soit la taille des firmes.
L’augmentation des capitaux propres s’effectue notamment par apport de capital social en faisant
appel aux actionnaires ou au marché financier. Ces apports ont été continuellement plus élevés dans les
grandes entreprises que dans les PME, dont l’accès au marché de capitaux demeure plus difficile. En
fait, ces dernières ne peuvent intervenir que sur le marché hors cote et sur le second marché. L’accès à
ce dernier étant soumis à certaines contraintes, seules les plus grosses PME peuvent y emprunter
directement.
1
Emplois nets = investissements productifs + acquisition de participations et variation des autres actifs
immobilisés – cessions et subventions d’investissements reçus + variation des besoins en fonds de roulement
d’exploitation + variation des besoins en fonds de roulement hors exploitation + variation des disponibilités
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Un second effet de substitution semble s’être opéré, les entreprises se finançant davantage grâce aux
prêts du groupe et des associés en fin de période, notamment dans l’industrie et le commerce de détail
où leur montant représentait respectivement 6,9 % et 8,6 % du capital engagé à fin 1993, contre 6,1 %
et 7,2 % en 1989.
Seul le commerce de gros se démarque de ce constat (– 1,4 point, à 5,7 % du capital engagé en fin
de période).
En termes de taille d’entreprises, ce sont là encore les firmes de plus de 500 salariés qui sont les plus
concernées par ce type d’apport, quel que soit leur secteur d’appartenance.
Le niveau du ratio est demeuré beaucoup plus élevé et relativement stable dans les PME (89,1 % en
1989, 88,9 % en 1993), pour lesquelles les concours bancaires restent la principale source de
financement.
Le secteur du bâtiment a suivi la même tendance que l’industrie, le ratio endettement
bancaire/endettement reculant de 5,9 points entre 1989 et 1993, pour se situer à 81,2 % en fin de
période. Là encore, les grandes firmes ont réussi à réduire sensiblement leur recours au secteur bancaire,
le ratio revenant de 78,4 % en 1989 à 59,1 % en 1993. Les PME sont, en revanche, restées fortement
engagées vis-à-vis des banques, le taux d’intermédiation bancaire atteignant 92 % en fin de période.
De son côté, le secteur du commerce a continué de recourir fortement aux banques pour couvrir ses
besoins de financement.
Dans le commerce de gros, le niveau très élevé du ratio endettement bancaire/endettement s’est
maintenu sur la période. À 94,2 % en 1989, il n’a perdu qu’un point en 1993, pour s’inscrire à 93,3 %.
Les engagements bancaires des grandes entreprises ont été moins importants que ceux de leurs
homologues de petite taille, le ratio d’intermédiation bancaire s’élevant à 84,4 % en 1993, contre
95,4 % pour les PME.
Le commerce de détail demeure le seul domaine d’activité, parmi les quatre grands secteurs étudiés,
à avoir davantage recouru aux concours bancaires entre 1989 et 1993. Le ratio endettement
bancaire/endettement a connu une croissance de plus de dix points, à 91,7 % en fin de période,
croissance due principalement aux grandes unités.
français où les activités de substitution au crédit sont limitées (les activités de service, bien qu’en
augmentation, ne génèrent que 25 % environ du produit net bancaire).
Au total, il semble que le ralentissement du crédit aux entreprises résulte davantage d’un tassement
de la demande émanant des sociétés que d’un resserrement de l’offre de crédit.
ENDETTEMENT/CAPITAL ENGAGÉ
1993 – 1994
en pourcentage
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1993 1994
1
Sources : Statistiques monétaires de la Banque de France
À l’instar de la période précédente, les entreprises ont continué en effet d’accroître leurs capitaux
propres à un rythme soutenu (+ 3,5 points de valeur ajoutée dans l’industrie).
Dans le même temps, l’encours de l’endettement a de nouveau reculé dans tous les secteurs (– 1,9 %
de la valeur ajoutée dans l’industrie, – 1,4 % dans le bâtiment, – 7,7 % dans le commerce de gros et
– 1,0 % dans le commerce de détail).
Outre la progression des fonds propres, ce moindre recours aux financements externes reflète des
besoins toujours limités, malgré la reprise de l’activité. Dans l’industrie, les besoins en fonds de
roulement et les investissements ont à nouveau reculé à un rythme, il est vrai, moins rapide qu’en 1993.
Dans le commerce de gros, ces besoins ont également fléchi. Seul, le commerce de détail a maintenu
son effort d’investissement, mais ses besoins en fonds de roulement ont sensiblement diminué.
Dans tous les secteurs, le montant de l’autofinancement de l’exercice 1994 a, de nouveau, été
suffisant pour couvrir les emplois nets.
La poursuite de la baisse de l’endettement des entreprises semble toujours s’expliquer par les mêmes
facteurs.
Dans le bâtiment, la légère amélioration globale masque une divergence selon la taille des
entreprises ; en effet, les PME ont subi une légère détérioration du ratio, alors que les plus grandes ont
connu une amélioration (de 26,5 % en 1993 à 20,6 % en 1994). Néanmoins, les PME de ce secteur
présentent une contrainte de solvabilité moins forte (17,3 % en 1994) que celle des grandes sociétés.
L’amélioration de la solvabilité a été sensible dans le commerce de gros. Elle est revenue de 31,5 %
en 1993 à 23,0 % en 1994.
Dans le commerce de détail, secteur où les frais financiers pèsent le moins lourdement dans
l’excédent brut global, cette contrainte s’est encore allégée en 1994.
Plusieurs facteurs ont contribué à l’amélioration du ratio charges financières/excédent brut global.
– Les encours de dettes ont baissé à partir de 1991.
– Le coût du crédit aux entreprises a commencé à diminuer sensiblement en fin d’année 1993. Ainsi,
le taux moyen des crédits à moyen et long terme est passé de 11,0 % au premier trimestre 1993 à 8,93 %
au dernier trimestre 1993. Il est descendu en dessous de 8 % à partir du deuxième trimestre 1994.
– Les résultats se sont améliorés en 1994. La variation de l’excédent brut global a été positive dans la
plupart des secteurs. Dans l’industrie, il s’est accru de 13,6 % en 1994, après trois années de baisse
consécutive. Son évolution a été moindre dans le commerce de gros et le commerce de détail. Elle est
restée négative dans le bâtiment.
1
Source : Banque de France – Service central des Risques
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L’étude annuelle de l’Observatoire des entreprises réalisée sur les sociétés industrielles 1 permet de
compléter et d’expliquer ces variations de l’endettement.
Contrairement à 1994, la croissance de l’activité en 1995 s’est accompagnée d’une progression des
investissements (+ 5 %, contre – 4 % en 1994). Le recul des demandes de crédit à moyen et long terme
des entreprises industrielles semble indiquer que les chefs d’entreprise ont continué de privilégier
l’autofinancement par rapport aux ressources externes pour leurs investissements.
La hausse des crédits bancaires courants semble, notamment dans les petites et moyennes
entreprises, être liée au gonflement des besoins en fonds de roulement. Elle peut être due également au
léger resserrement de trésorerie observé en fin d’année.
Malgré cette petite progression de l’endettement, les entreprises industrielles françaises ont continué
à renforcer leur autonomie financière.
La période 1985-1995 a été marquée par une diminution régulière du poids de l’endettement dans le
total des capitaux engagés, recul qui traduit tout à la fois la poursuite du renforcement des fonds propres
et un désendettement à partir de 1991.
Cet assainissement financier des entreprises devrait leur permettre, dans l’hypothèse d’une poursuite
des investissements, d’obtenir dans de bonnes conditions des financements externes.
1
Cf. La situation du système productif en 1995 – Banque de France – septembre 1996
MÉTHODOLOGIE
La deuxième partie de cette étude a été réalisée à partir d’échantillons 1 constitués d’entreprises
toutes soumises à l’impôt sur les sociétés et ayant remis les documents comptables de deux exercices
consécutifs. Le champ couvert comprend l’industrie (y compris l’industrie agro-alimentaire mais hors
énergie), le bâtiment, le commerce de gros et le commerce de détail.
Les chiffres ont été calculés sur échantillon glissant (constants sur deux ans), afin de permettre
l’analyse de l’évolution d’une année à l’autre. De ce fait, un ratio présente pour une même année deux
valeurs qui peuvent être différentes en raison de l’évolution des échantillons. Les graphiques présentés
et commentés dans l’étude ne font apparaître toutefois qu’une de ces valeurs afin d’en faciliter la
lecture. Il a été vérifié que cette simplification ne modifie pas le commentaire effectué sur le niveau et
l’évolution des divers ratios analysés.
Le ratio moyen est utilisé car il donne le niveau global sur la population étudiée et présente
l’avantage de permettre des décompositions. Mais, obtenu par l’agrégation de données individuelles, il
est fortement influencé par ceux des grandes entreprises. Pour cette raison, une distinction par taille
d’entreprises (en classes d’effectifs) a été opérée.
1
Les échantillons constants sur deux années consécutives seulement permettent d’obtenir un nombre de données
nettement plus important que celui obtenu à partir d’un échantillon constant sur six ans de 1989 à 1994. Ils permettent
d'améliorer le taux de couverture et l’image du comportement des entreprises. Toutefois, les comparaisons inter-annuelles
sont plus difficiles car des différences peuvent apparaître dans la valeur de certains ratios : en effet, les entrées et les
sorties d’entreprises peuvent modifier la structure des échantillons.