Conception et réalisation
d’une installation solaire thermique active « low-tech »
pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire
Pourquoi stocker la chaleur solaire dans une cuve d’eau chaude ?
Le solaire thermique, source qui sera encore disponible pendant quelques milliards
d’années, est utilisable pour servir les usages de chaleur (chauffage et eau chaude) dans
des bâtiments d’habitation ou de bureaux. La principale difficulté dans son utilisation est
de le stocker au moment où il arrive (variable et majoritairement en été), pour l’utiliser au
moment des besoins, qui sont, sous nos latitudes moyennes, principalement en hiver pour
le chauffage. Le rôle du stockage est donc crucial. Il peut se faire de deux manières :
dans les parois du bâtiment et/ou dans une cuve de stockage d’eau chaude.
Le principe de stockage de chaleur dans les parois s’appelle « maison solaire passive » et
consiste à concevoir un bâtiment pour qu'il capte l'énergie solaire et la stocke dans sa
structure lourde (planchers, murs porteurs), pour qu'elle soit restituée dans le logement
quand le soleil est absent. Cette technique a l'avantage de la simplicité : elle ne nécessite
pas d'équipements complexes à installer et entretenir, elle n'a pas besoin de réseaux
d'eau chaude ou d'air chaud pour répartir la chaleur. Mais, comme la capacité de
stockage de chaleur dans la maçonnerie n’est pas très élevée, la quantité de chaleur
stockée ainsi n’est pas très importante, et ne suffit pas, en général, à couvrir tous les
besoins. Le « taux de couverture » solaire (quantité fournie par le solaire par rapport au
total des besoins) de ce stockage « passif » n’est pas très élevé, et varie entre 30% et 60%
au maximum. Ces bâtiments « solaires passifs » nécessitent en général un système
d'appoint, le plus souvent électrique ou bois-énergie, pour apporter un complément lors
des pannes de soleil trop longues, généralement en novembre-décembre-janvier. Cet
appoint peut être coûteux à l’installation (bois-énergie) ou au fonctionnement (électricité
directe). Il peut aussi être indésirable pour des raisons écologiques (émissions de fumées
polluantes pour le bois-énergie, émissions de produits radio-actifs pour l’électricité
nucléaire), ou de volonté d’autonomie maximale. Pour plus de détails, voir mon article de
blog : [Link]
Pour améliorer le taux de couverture solaire, la solution « active » consiste à mettre en
place un système de stockage de chaleur longue durée dans un ballon d’eau chaude.
Cela permet en principe de fournir de la chaleur pendant tout l’hiver, ou presque. Ce qui
est visé, c’est un taux de couverture solaire très élevé (> 90% des besoins de chauffage et
d’eau chaude sanitaire). Dans ce cas, les occupant.e.s du logement acceptent une
température inférieure à 19 °C pendant quelques jours de l’hiver, ce qui leur permet de se
passer d’appoint.
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Ce stockage dans un ballon d’eau chaude est chauffé par des capteurs thermiques
plans. C’est ce que l’on appelle du « solaire actif ». La raison de ce choix est que l’eau a
une capacité de stockage de chaleur très élevée, quasiment du double de la capacité
de la pierre ou du béton, pour un même volume. L’eau étant une ressource facilement
disponible, on peut donc avoir ainsi, pour un coût très raisonnable, un stockage de
chaleur en quantité importante et de longue durée (plusieurs semaines, voire plusieurs
mois), à condition qu’il soit très bien isolé.
Ce principe est utilisé par la profession spécialisée pour proposer des systèmes complets
appelés « Systèmes Solaires Combinés » (SSC), qui fournissent chauffage et eau chaude
sanitaire à partir d’un ensemble [ panneaux capteurs / circulation de fluide caloporteur /
cuve de stockage / système de diffusion de chaleur dans la maison]. Voir par exemple :
- le système proposé par l’entreprise HELIOFRANCE (qui est l’entreprise sélectionnée par
Twiza pour l’achat groupé de systèmes solaires thermiques) :
[Link]
- le système proposé par l’entreprise SOLISART :
[Link]
L’idée présentée ici consiste à repenser ces installations solaires thermiques classiques
dans un esprit « low-tech » :
1- Adapter les principes du solaire actif de la manière la plus simple possible, à travers des
systèmes techniques rustiques et intrinsèquement sécurisés, sans trop sacrifier la
performance énergétique globale du système. Cette approche permet une conception
de systèmes très résilients, qui fonctionnent sans connexion aux réseaux publics d’énergie,
donc adaptés aux situations extrêmes (guerre, effondrement socio-politique).
2- Utiliser si possible et autant que possible des équipements issus du réemploi ou de la
récupération (matériels et équipements d’occasion). Sous l’impulsion des pouvoirs publics
et de quelques entreprises innovantes, il existe en France un réseau de fournisseurs
d’équipements et de matériaux issus de la déconstruction, en vue du réemploi.
L’utilisation de cette filière devrait permettre de dimensionner largement les équipements,
car si on trouve, par exemple, des capteurs thermiques de « seconde main », on peut en
poser une grande surface pour un prix raisonnable. Pour autant, bien sûr, que les
équipements aient les caractéristiques requises et soient en bon état.
Ces choix permettent, en principe, de concevoir des systèmes à coût réduit par rapport
aux installations classiques « clé-en-main » proposées par les entreprises citées ci-avant, et
qui sont, du fait de leur prix très élevé, dimensionnées au plus juste pour limiter
l’investissement. Le fait de passer par le marché de l’occasion peut faire sauter en partie
cette barrière de l’investissement, ce qui permet de sur-dimensionner l’installation (surface
de capteurs et volume de stockage) pour qu’elle atteigne le taux de couverture très
élevé que nous recherchons.
Limites du concept :
1- Ces systèmes ne sont pas « prêts à l’emploi » comme ceux que l’on trouve sur le
marché traditionnel. Ils nécessitent une appropriation par les personnes utilisatrices, à la
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construction puis à l’usage, pour optimiser et surveiller leur fonctionnement quotidien. Ces
installations sont sans garantie, ce sont les personnes utilisatrices qui assurent l’entretien.
Mais comme les systèmes sont conçus pour être très simples, cet entretien l’est, en
principe, aussi.
2- On ne peut espérer un taux de couverture très important, pour se passer d’appoint,
que si le bâtiment a des consommations très faibles. Une installation solaire thermique est
toujours possible, mais, pour les bâtiments peu ou mal isolés (par ex. rénovation d’une
maison ancienne avec ponts thermiques), l’investissement sera conséquent et le taux de
couverture faible (50 à 70%), ce qui donnera des périodes assez longues avec une
température intérieure des locaux inférieure à 19°C. Il faudra donc probablement un
appoint, ce qui augmente l’investissement (double système). L’intérêt économique n’est
donc pas évident dans ce cas, même si on utilise des équipements à faible coût. Comme
dans toute démarche énergétique, il faut d’abord viser la réduction des besoins (sobriété)
avant de concevoir un système qui apporte l’énergie.
DESCRIPTION DES « LOW-TECH » PROPOSÉES :
Schéma de principe d’un Système Solaire Combiné :
captage transfert stockage
échange
Les techniques simples présentées dans ce document concernent :
1- le choix des capteurs thermiques plans
2- l’implantation des capteurs (orientation et inclinaison)
3- l’installation éventuelle de volets réfléchissants
4- le fonctionnement de la pompe de circulation
5- le choix du schéma hydraulique
6- la cuve de stockage et ses équipements intérieurs
7- la fourniture de chaleur à l’ECS et au chauffage
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1- Utilisation de capteurs avec circuit hydraulique « en harpe »
Il existe deux sortes de parcours du fluide dans les capteurs plans : soit un serpentin avec
un seul tube coudé en S (a), soit une grille de plusieurs tubes en parallèle, dits « en harpe »
(b & c).
Source : [Link]
solaire-a-eau-chaude-d1/
Pour être « low-tech », on cherche à avoir un système le plus autonome possible, et qui
consomme le moins d’énergie électrique pour faire circuler le fluide dans les tubes.
Solution a) : Au fur et à mesure qu’elle s’échauffe, l’eau caloporteuse monte dans le
serpentin. Mais, comme la pente est faible, les coudes nombreux et la longueur
importante, les pertes de charge (les frottements qui freinent la circulation) sont
relativement importantes et l’effet thermosiphon est faible. Il faut un circulateur assez
puissant.
Solution b) : Au fur et à mesure qu’elle s’échauffe, l’eau caloporteuse monte dans les
tuyaux verticaux avec des pertes de charge très faibles, l’effet thermosiphon est maximal,
le circulateur peut être peu puissant. En outre, les entrée et sortie étant opposées, le fluide
se répartit spontanément et de manière équilibrée dans tous les tubes (boucle de
Tickelman), ce qui améliore l’efficacité thermique globale du capteur.
Solution c) : L’effet thermosiphon de la grille ascendante est annulé par l’effet contraire
de la partie descendante, il est globalement nul. Un circulateur puissant est obligatoire.
Les constructeurs traditionnels ont conçu leurs capteurs en partant du principe qu’un
circulateur est toujours présent dans une installation. Pour des raisons de coût de
fabrication, le système a) est très fréquent (peu de soudures). Quant au système c), il
facilite les branchements en série des capteurs. Mais le système b) est le seul qui permet
des installations en thermosiphon. Il est donc préférable d’utiliser ce modèle.
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Il faut donc faire attention à ce point, surtout si on recherche des matériels d’occasion.
Ces trois systèmes fonctionnent, simplement le système b) est meilleur que les autres.
On n’étudie pas ici les autres types de capteurs, moins fréquents et qui ne sont pas low-
tech (tôles soufflées à haute pression « roll-bond » ou capteurs tubulaires sous vide). On
n’étudie pas non plus l’auto-fabrication des capteurs plans, qui est possible mais dépasse
le cadre de ce projet.
2- Installation des capteurs en position verticale ou proche (> 80°).
Course apparente du soleil dans l’année à Paris – Angle A : orientation, hauteur du soleil : inclinaison
Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas que les capteurs thermiques soient trop
orientés vers le haut du ciel. Le soleil étant bas en hiver sous nos latitudes, au moment où
on a besoin de chauffage, la productivité est la meilleure quand les capteurs sont en
position verticale ou proche. Le diagramme ci-après présente l’énergie moyenne
quotidienne reçue (en kWh) sur un plan de 1 m² orienté Sud et placé verticalement.
3,5
2,5
1,5
0,5
0
Jan Fev Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Lille
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4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
Jan Fev Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Poitiers
4,5
4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
Jan Fev Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Montelimar
Source : Atlas énergétique du rayonnement solaire pour la France – J.-F. Tricaud Pyc Editions
On voit que le soleil nous envoie, sur un plan vertical Sud, une quantité d’énergie qui varie
peu chaque mois de l’année (rapport de 1 à 2), avec un creux en décembre. On voit
également que la fourniture solaire est très forte en septembre-octobre, ce qui nous
donne pour objectif que le stockage soit capable de se charger pendant cette période,
pour fournir ensuite la chaleur qui n’arrive pas suffisamment pendant les trois mois de
l’hiver suivant. On vise donc une « autonomie » de 3-4 mois.
Cette position verticale des capteurs assure une production maximale en hiver, et limite
fortement la production en été (le soleil très haut dans le ciel ne rentre que très peu dans
les capteurs verticaux), ce qui évite naturellement les surchauffes des capteurs et de l’eau
caloporteuse. Ainsi, la meilleure intégration de capteurs solaires thermiques plans, pour le
chauffage, est en façade verticale Sud. C’est aussi la plus simple.
Notons tout de même que l’orientation n’est pas un point critique. En effet, la quantité
d’énergie solaire qui traverse la vitre du capteur est importante même si le rayonnement
arrive en biais. Le schéma ci-après indique que le taux de pénétration (transmittance) est
quasiment le même jusqu’à une incidence de 50 °. Les concepteurs peuvent donc
orienter les panneaux avec une certaine tolérance autour de la direction Sud, qui n’est
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pas impérative. Néanmoins, plus les panneaux sont inclinés vers le ciel et plus les
surchauffes d’été sont certaines.
Source : Solar Engineering of Thermal Processes – Duffie-Beckman – Wiley Edition p. 205
3- Installation de volets de fermeture sur les capteurs solaires thermiques
On peut concevoir des volets qui pivotent selon la ligne horizontale basse des capteurs
pour les recouvrir en position fermée. Ce système a un triple avantage :
a) en position ouverte, il augmente la quantité de rayonnement incident, donc le
productible, par effet miroir de la face intérieure du volet,
b) en position fermée, il assure une isolation thermique du capteur, ce qui annule les
risques de gel et permet d’utiliser une eau caloporteuse sans antigel,
c) il permet également de protéger le capteur en dehors des heures de fonctionnement,
ce qui le met à l’abri des chocs et des intempéries et augmente considérablement sa
durée de vie.
L’effet miroir d’amplification du rayonnement peut être optimisé pour les mois de
septembre et octobre, qui sont, nous l’avons vu, les mois critiques pour le remplissage de
chaleur dans le stockage. Selon la latitude du lieu, et donc la course du soleil (hauteur
moyenne en journée), on pourra calculer l’inclinaison du volet pour que la surface de
captage soit plus importante. Ainsi, on peut espérer une augmentation de 20 à 30 % de la
chaleur récupérée.
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L’ouverture et la fermeture des volets peuvent être réalisés, dans un esprit low-tech, de la
manière suivante :
- l’ouverture est manuelle et tend un ressort de rappel ;
- la fermeture est soit manuelle soit automatisée en utilisant le ressort de rappel ; elle peut
être commandée, à l’heure prévue, par une horloge mécanique à l’ancienne.
Ce système permet aussi de réguler la production, en fermant le volet quand la
température du ballon est maximale.
Limite : en hiver et température extérieure négative, il peut arriver que des passages
nuageux en journée ensoleillée arrêtent pour un moment la récupération de
rayonnement solaire. Le capteur risque alors de se refroidir jusqu’à une température
négative. Il faudra, soit surveiller les capteurs et fermer les volets, soit utiliser un antigel
dans le fluide caloporteur.
4- Utilisation d’une pompe de circulation alimentée par un capteur photovoltaïque (PV)
« au fil du soleil »
Un panneau PV peut fournir l’électricité nécessaire à la pompe pour qu’elle fasse circuler
le fluide caloporteur quand les capteurs fonctionnent et ainsi évacuer la chaleur vers la
cuve de stockage. Quand le soleil disparaît, la circulation s’arrête naturellement, et
reprend quand le soleil réapparaît. Cette auto-régulation procure une sécurité intrinsèque
au système en évitant toute surchauffe dans les capteurs.
J’appelle ce système « PV-Siphon » en référence au thermosiphon, système qui transfère,
sans pompe, l’eau chaude des capteurs dans un ballon situé au-dessus d’eux (la chaleur
monte). Ce système de « PV-Siphon » permet de transférer la chaleur des capteurs dans
un stockage situé au même niveau que lui sans électricité extérieure : le système
fonctionne de manière autonome et la recharge en chaleur du stockage se fait même si
le réseau public électrique tombe en panne.
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Pompe de circulation conçue
pour être alimentée directement
par un capteur photovoltaïque
L’ultime avantage de ce système est le suivant : comme la puissance de la pompe est en
permanence proportionnelle à la puissance thermique récupérée par le capteur (même
ensoleillement direct instantané), la température en sortie de capteur est à peu près
constante. Si le rayonnement est intense, la pompe va tourner au maximum et si le
rayonnement diminue, la pompe va diminuer son débit en même temps, en même
proportion que le rayonnement reçu par le capteur, qui va ainsi fournir moins de chaleur,
mais comme le débit de la pompe sera réduit, la température de l’eau caloporteuse en
sortie de capteur sera (à peu près) constante.
Limites du concept de PV-Siphon :
1- Cela implique une adaptation précise des caractéristiques du capteur thermique et du
capteur électrique pour que ce fonctionnement soit fiable. Il faudra trouver le bon
dimensionnement [puissance électrique pompe] / [puissance thermique capteur] pour
que les variations d’ensoleillement provoquent des variations bien proportionnelles des
grandeurs physiques nécessaires à ce fonctionnement optimal.
2- Et surtout il faut que la température en sortie des capteurs soit suffisamment élevée
pour réchauffer le ballon ; cela signifie, en tenant compte des pertes dans le circuit
primaire, une température de sortie au moins égale à 55-60 °C pour fournir une
température de 50 °C en haut de ballon. L’inconvénient est une diminution moyenne du
rendement de l’installation. En effet, le rendement d’un capteur diminue avec
l’augmentation de la température interne (augmentation des pertes). Dans ce
fonctionnement, le capteur ne travaille pas à la température pour laquelle il a les
meilleures performances. Il faudra en tous cas veiller à ce que la température en sortie de
capteurs reste en dessous de 60 °C, température au-dessus de laquelle le rendement
chute beaucoup.
5- Utilisation du schéma hydraulique avec stockage « à eau morte » dans lequel le stock
de chaleur est une cuve d’eau cylindrique verticale, avec un circuit direct de l’eau
caloporteuse des capteurs plans vers la cuve ; cette solution améliore le rendement (pas
d’échangeur primaire) et permet aussi de se dispenser de vase d’expansion, la cuve
étant à l’air libre (couvercle muni d’un évent). La chaleur est stockée dans cette « eau
morte », et la production d’eau chaude sanitaire se fait par échangeur instantané, en
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haut du ballon, comme dans une chaudière murale gaz : il n’y a donc aucun risque de
légionellose.
Limite : ce système avec cuve sans pression (à l’air libre) ne peut pas fonctionner si le
niveau haut des capteurs est plus haut que le niveau haut de l’eau dans la cuve, car,
dans ce cas, les capteurs risquent de se vider dans la cuve. Donc si la cuve doit être
placée plus bas (par ex. dans un sous-sol), il faudra opter pour un système classique de
circuit fermé sous pression avec vase d’expansion.
Ce schéma, tiré d’un livre
technique, comprend une
chaudière d’appoint ; le but
recherché ici est de ne pas
installer d’appoint.
Source : Solar Heating Systems for Houses – AIE – Werner Weiss éditeur – p. 84
6- L’élément central est la cuve de stockage, qui est de forme générale cylindrique
verticale pour provoquer une stratification de température en son sein. Cette stratification
de la chaleur dans le ballon (la chaleur monte) se produit spontanément quand le
système apporte de l’eau chaude venue des capteurs. Elle est très utile pour fournir deux
niveaux de température selon les usages : 50 °C en haut de cuve pour l’ECS, 30 °C en
partie moyenne pour le chauffage basse température (plancher ou murs chauffants, air
chaud pulsé).
Cette cuve est cylindrique verticale, à l’air libre (sans pression), d’une capacité de
quelques m3, dans laquelle sont installés :
- un système d’amélioration de la stratification de température (pour éviter que des
mouvements hydrauliques spontanés ne mélangent les eaux chaudes et froides, ce qui
ferait baisser la température en haut de la cuve)
- les échangeurs noyés pour récupération des chaleurs moyenne température et basse
température.
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Cuve de stockage de 1000 litres fabriquée et
vendue par l’entreprise suisse Jenni
[Link]
Cette cuve est sous pression, elle ne correspond
pas à notre système, mais on voit ici les
échangeurs intérieurs (serpentins) ainsi que les
entrées et sorties dirigées vers le bas pour éviter
les effets de thermosiphon dans les départs de
tuyauteries.
Cette cuve doit être fortement isolée pour limiter les pertes à long terme (au moins 50 cm
d’isolant d’excellente qualité sur toute la hauteur et le couvercle) et être munie d’entrées-
sorties hydrauliques coudées vers le bas pour éviter les pertes de chaleur par circulations
non contrôlées dans ces orifices (effets de petits thermosiphons dans les tuyauteries qui
font circuler l’eau chaude vers l’extérieur de la cuve et augmentent les pertes).
Une cuve d’occasion de type agricole, en résine armée, fibre de verre ou polymère, peut
être utilisée. Les avantages sont la légèreté, la résistance à la corrosion et la facilité de
percement pour placer les différentes entrées-sorties hydrauliques (eau caloporteuse
primaire et échangeurs).
Il faut que le couvercle soit amovible pour placer les éléments à l’intérieur avant de tout
noyer dans l’eau.
Cuve agricole de
4,5 m³ en fibre de
verre proposée à
525 €HT sur un site
de petites
annonces
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Système d’amélioration de la stratification intérieure
Il est très important que la stratification des températures dans ce ballon soit stabilisée le
mieux possible. En effet, le mélange des eaux chaude et froide en haut de ballon rend
impossible la production d’eau chaude sanitaire à 50 °C. On installera un système de type
« canne de stratification » qui permet à l’eau chaude en provenance des capteurs de se
diffuser dans la ballon à la hauteur correspondant à la bonne température. L’eau
caloporteuse est ainsi apportée dans le ballon juste dans la bonne zone, sans provoquer
de mélange indésirable.
Tubes munis de clapets anti-retour
horizontaux. On superpose 3 ou 4
de ces tubes pour réaliser une
canne de stratification à l’intérieur
du ballon de stockage.
Plaques séparatrices
Source : Stratifier SOLVIS [Link]
On pourra aussi installer une ou deux plaques séparatrices permettant d’éviter les
turbulences et les mélanges entre couches d’eau de différentes températures.
Échangeurs de chaleur
Les échangeurs noyés, pour l’ECS et pour le chauffage, peuvent être des radiateurs acier
d’occasion branchés en série et posés sur des supports en bois à la bonne hauteur dans la
cuve. En effet, le bois noyé dans l’eau, même chaude, conserve parfaitement ses
propriétés mécaniques sur de très longues durées.
Afin de vérifier en permanence l’état de la stratification des températures, il peut être très
utile d’installer dans la cuve un système de mesure de la température de l’eau stockée,
par exemple tous les 20 cm le long d’une règle verticale de bas en haut. Cette mesure
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peut être réalisée soit par des thermocouples fixés le long d’une règle verticale placée à
l’intérieur, soit par une série de thermomètres placés dans des « doigts de gant » sur toute
la hauteur de la cuve.
Attention : une cuve de 2000 litres pleine d’eau fait plus de deux tonnes, il faut donc
prévoir un support adapté, de type radier en béton.
7- La fourniture de chaleur instantanée à l’eau chaude sanitaire (ECS) est réalisée grâce à
un échangeur placé en haut de la cuve. Pour faire varier la température fournie au
robinet, on peut, soit utiliser un robinet-mélangeur (ou un mitigeur) classique, qui mélange
de l’eau froide à l’eau chaude pour atteindre la bonne température, soit utiliser
simplement une variation du débit : un petit débit fournira une température élevée
(proche de la température du haut du ballon), un fort débit fournira une eau à
température moins élevée (du fait que, lors du soutirage, l’eau froide circulera plus vite et
restera moins longtemps dans l’échangeur). Dans ce deuxième cas, un seul robinet
manuel suffit.
Attention : si la température en haut de ballon est supérieure à 60°C, l’eau chaude en
sortie de robinet risque de dépasser cette valeur de 60°C, ce qui est interdit pour raisons
de sécurité (risques de brûlures).
La fourniture de chaleur au plancher ou mur chauffant se fait grâce à un circuit classique
sous pression avec circulateur, qui récupère la chaleur du ballon par l’échangeur en
milieu de cuve puis la distribue en régulant la température par une vanne 3 voies.
Document édité sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Pour voir une copie de cette licence, visiter
[Link]
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