0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues8 pages

Fintech

L'inclusion financière au Burkina Faso progresse grâce à la transformation digitale, avec un taux de bancarisation de 22,8 % en 2023 et un usage massif des services financiers via mobile money. Les fintechs jouent un rôle central dans cette dynamique, soutenues par un cadre réglementaire modernisé par la BCEAO, permettant l'émergence de nombreux acteurs dans le secteur. Ce document examine l'évolution historique des fintechs, leur définition, le cadre réglementaire, ainsi que les différents acteurs et leur impact sur l'inclusion financière.

Transféré par

kafandolalassane
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues8 pages

Fintech

L'inclusion financière au Burkina Faso progresse grâce à la transformation digitale, avec un taux de bancarisation de 22,8 % en 2023 et un usage massif des services financiers via mobile money. Les fintechs jouent un rôle central dans cette dynamique, soutenues par un cadre réglementaire modernisé par la BCEAO, permettant l'émergence de nombreux acteurs dans le secteur. Ce document examine l'évolution historique des fintechs, leur définition, le cadre réglementaire, ainsi que les différents acteurs et leur impact sur l'inclusion financière.

Transféré par

kafandolalassane
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Thème : Les fintechs

Introduction

L’inclusion financière dans l’espace de la Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine


(UEMOA) connaît une progression remarquable, principalement portée par la transformation digitale
des services financiers. Au Burkina Faso, la population est estimée à environ 22,1 millions d’habitants
en 2022 selon l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD 2022), ce qui souligne
l’ampleur du défi en matière d’accès aux services financiers formels. D’après la Banque Centrale des
États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), le taux de bancarisation strict dans l’UEMOA est passé de
24,4 % en 2022 à 25,6 % en 2023, tandis qu’au Burkina Faso il s’établit à 22,8 % (BCEAO, 2025),
révélant qu’une part significative de la population demeure en dehors du système bancaire classique.
Les institutions de microfinance contribuent également à l’élargissement de l’accès financier, avec un
taux de pénétration estimé en 2021 à 0,72 pour les banques et 0,58(MINISTERE DE L’ECONOMIE,
DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE (2022)) pour les institutions de microfinance,
confirmant leur rôle dans le financement des ménages et des petites activités. Toutefois, l’accélération
la plus marquante provient des fintechs et du mobile money : le Taux Global d’Utilisation des Services
Financiers (TGUSF), incluant les comptes de monnaie électronique, atteint 80,91 % au Burkina Faso,
au-dessus de la moyenne régionale de 70,92 % (BCEAO, 2023), traduisant l’adoption massive des
services financiers via le téléphone mobile. Dans ce contexte, le numérique financier s’impose comme
un levier stratégique central et constitue un pilier majeur de la Stratégie Nationale d’Inclusion
Financière 2023-2027 du Burkina Faso, dont l’objectif est de réduire les barrières géographiques,
abaisser les coûts de transaction et renforcer l’accès universel aux services financiers 1.
Dans ce travail sur les fintechs, nous allons d’abord présenter leur évolution historique pour
comprendre comment la technologie a progressivement transformé les services financiers. Ensuite,
nous expliquerons clairement ce qu’est une fintech et le cadre réglementaire appliqué dans l’espace
UEMOA sous la supervision de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. Puis, nous
décrirons les différents acteurs présents au Burkina Faso, comme les banques, les établissements de
monnaie électronique et les microfinances, ainsi que leur rôle dans le système financier. Enfin, nous
analyserons l’impact des fintechs sur l’inclusion financière, avant de présenter les principales
difficultés du secteur et les perspectives d’avenir.

2. Historique des Fintech


Bien que le terme « FinTech » semble être une invention récente, il désigne en réalité un processus de
co-développement successif entre les services financiers et l'innovation technique. Ce qui a permis de
transformer la monnaie, autrefois simple objet physique, en une technologie complexe d'échange de
valeur et d'information. Il se décomposer en quatre ères distinctes :

FinTech 1.0 (1866 – 1967) : L'infrastructure de la mondialisation analogique


Dès la fin du XIXᵉ siècle, la combinaison entre innovation technologique (télégraphe, chemins de fer)
et développement financier (banques) a donné naissance à la première mondialisation financière.
Comme l’illustre John Maynard Keynes (1920), un investisseur à Londres pouvait déjà acheter des
produits du monde entier et placer son capital dans des entreprises situées à l’étranger presque sans
contrainte physique.

1866 - 1933 : L’installation du premier câble télégraphique transatlantique en 1866, ce qui a permis de
transmettre des informations financières presque instantanément entre l’Europe et l’Amérique,
réduisant fortement l’asymétrie d’information et les délais de transaction. Ensuite, en 1918 on assiste à
la mise en place de la Réserve fédérale américaine (Federal Reserve System) et le Fedwire (système

1
[Link]
électronique de transfert de fonds), modernisant ainsi les paiements interbancaires aux États-Unis en
permettant des transferts électroniques sécurisés entre institutions financières.

1945 - 1967, La création de Diners Club International en 1950 (la première carte de paiement moderne
au monde) introduit la première carte de paiement moderne, transformant les habitudes de
consommation et amorçant la dématérialisation des paiements.

FinTech 2.0 (1967 – 2008) : La transition du monde analogique vers le numérique


Cette période est caractérisée par une transformation technologique profonde du système financier,
marquée notamment par l’installation du premier distributeur automatique de billets par la banque
Barclays à Enfield, au Royaume-Uni en 1967, événement symbolisant le passage vers l’automatisation
bancaire. Elle se poursuit avec la création du NASDAQ, premier marché boursier électronique, l’essor
du téléphone mobile en 1983 favorisant la mobilité financière, puis aboutit à la crise financière
mondiale de 2008. Comme l’a souligné Paul Volcker (2009), le distributeur automatique de billets
demeure l’innovation financière la plus marquante des dernières décennies, car il a profondément
amélioré l’accès aux services bancaires en permettant aux clients d’effectuer des retraits sans se rendre
en agence.

FinTech 3.0 (2008-2014) : L'essor des startups et la démocratisation mobile

Elle marque un changement majeur : la technologie ne sert plus seulement à améliorer les banques
traditionnelles, elle devient la base de nouveaux modèles financiers créés par des start-ups innovantes.
Après la crise financière de 2008 (Global Financial Crisis), beaucoup de professionnels de la finance
et d’ingénieurs ont voulu proposer des services plus simples, moins chers et plus transparents. C’est à
ce moment que le terme « FinTech » commence à désigner ces nouvelles entreprises qui
concurrencent les banques dans des domaines précis comme le paiement mobile, le financement
participatif et la gestion automatisée de l’épargne.

Le développement du smartphone et du Big Data a fortement accéléré cette révolution. En 2009, le


lancement de Bitcoin introduit la technologie blockchain, qui propose un système financier
décentralisé, sans intermédiaire bancaire classique.

Dans les pays émergents, n’ayant pas un réseau bancaire traditionnel très développé, ils sont passés
directement aux solutions mobiles. Par exemple, M-Pesa lancer au Kenya en 2007 par Safaricom, ce
service de transfert d'argent par mobile a permis d'inclure des millions de personnes non bancarisées à
accéder aux services financiers.

Fintech 3.5 (2014 –2017) : La mondialisation

La Fintech 3.5 correspond à la période où les services financiers numériques se sont développés
partout dans le monde, surtout dans les pays en développement. Des pays comme la Chine et l’Inde,
qui n’avaient pas beaucoup de banques physiques, ont adopté rapidement les solutions digitales. Cette
période est marquée par l’arrivée de nombreuses nouvelles entreprises fintech qui ont profité des
nouvelles technologies et d’un marché encore peu structuré.

Fintech 4.0 (2018–aujourd’hui) : Les technologies de rupture

La Fintech 4.0 est basée sur des technologies innovantes comme la blockchain et l’intelligence
artificielle. Les néo-banques proposent des services 100 % numériques, simples et moins coûteux que
les banques traditionnelles. On voit aussi le développement des paiements intégrés dans les logiciels
de gestion.

Fintech d’aujourd’hui : Coopération et concurrence


Aujourd’hui, les banques traditionnelles et les startups fintech ne sont pas seulement concurrentes,
elles collaborent aussi. Les fintechs ont souvent besoin des banques pour le financement et les
partenariats. De leur côté, les banques investissent dans les fintechs ou les rachètent pour moderniser
leurs services. La fintech continue de croître rapidement et touche de nombreux secteurs de
l’économie numérique.

Dans la zone UEMOA :

En 2015, la BCEAO a modernisé le cadre réglementaire (Instruction N°008-05-2015/IGB) qui


régissait les conditions et modalités d’exercice des activités des émetteurs de monnaie électronique
dans les États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). Cette réforme a permis aux
entreprises non bancaires, surtout les sociétés de télécommunications, d’émettre de la monnaie
électronique. Grâce à ce changement, les services financiers numériques comme le mobile money se
sont rapidement développés au Burkina Faso entre 2016 et 2020, facilitant l’accès aux services
financiers pour une grande partie de la population. À la fin de l’année 2022, le Bureau de
Connaissance et de Suivi des FinTech de l’UEMOA (BCSF-UEMOA) avait identifié plus de 131
FinTech, principalement actives dans les secteurs bancaire et financier. Le Bureau de Connaissance et
de Suivi des Fintech (BCSF-UMOA) créé en 2022 est l'organe principal de la BCEAO dédié aux
technologies financières.

3. Définitions
1- Qu'est-ce qu'une entreprise de technologie financière (FinTech) ?
Etymologiquement, « FinTech » est une abréviation du vocable anglais « financial technology » qui
résulte de la contraction des mots « finance » et « technologie ».
Dans son rapport intitulé Sound Practices Implications of fintech developments for bank and bank
supervisors, (2018), le Conseil de Stabilité Financière définie la fintech comme « une innovation
financière, fondée sur la technologie, pouvant se manifester par des nouveaux modèles commerciaux,
applications, processus et services ou produits ayant un impact sur les marchés financiers, les
institutions financières et la fourniture de services financiers »
Selon le dictionnaire le robert (dico en ligne), la fintech est une entreprise innovante utilisant les
nouvelles technologies pour proposer des services bancaires et financiers.

4. Agrément et Régulation
Le secteur des fintechs est régi par l’instruction n°001-01-2024 du 23 janvier 2024 relative aux
services de paiement dans l'Union Monétaire Ouest Africaine et de l’Instruction N°008-05-2015
régissant les conditions et modalités d’exercé des activités des émetteurs de monnaie électronique dans
les états membre de l’UMOA.

a. Les conditions à remplir pour obtenir un agrément


Pour avoir le droit de fonctionner comme un établissement de paiement et proposer des services
(comme les retraits, les transferts de fonds, etc.), il faut obligatoirement obtenir l'autorisation
(l'agrément) de la Banque Centrale avant de commencer ses activités.
La condition principale est financière : L'établissement (société anonyme, société à responsabilité
limité ou de coopérative) doit disposer d’un capital social minimum. Cet argent doit être entièrement
disponible et déposé en espèces et en francs CFA au moment de l'agrément. Le montant de ce capital
dépend des services que l'entreprise veut proposer :
 10 millions de FCFA : Pour l’agrégation de comptes uniquement
Exemple : une application qui affiche les soldes de plusieurs banques en un seul écran.
 20 millions de FCFA : Pour l’initiation de paiement uniquement
Exemple : une plateforme qui déclenche un paiement depuis votre compte bancaire vers un
commerçant.
 30 millions de FCFA : Pour agrégation + initiation
 100 millions de FCFA : Si l'entreprise propose d'autres services de paiement plus classiques
(dépôt/retrait d'espèces, virements, paiements par carte, transferts de fonds, etc.).

b. Les services de paiement autorisé


Sont considérées comme services de paiement autorisés, les prestations suivantes :
i) le versement ou le retrait d'espèces et les opérations de gestion de compte ;
ii) l'exécution des opérations de paiement suivantes :
1. les virements et prélèvements unitaires ou permanents ;
2. les opérations de paiement effectuées avec une carte de paiement ou un dispositif similaire ;
iii) les opérations de transfert de fonds ;
iv) les opérations de paiement effectuées par tout moyen de communication ;
v) l'émission d'instruments de paiement ;
vi) l'acquisition d'opérations de paiement ;
vii) les services d'initiation de paiement ;
viii) les services d'agrégation de comptes ou d'information sur les comptes.

c. Les interdits
Il est interdit aux établissements de paiement :
1. d'accorder du crédit de quelque manière que ce soit ;
2. de verser des intérêts, ou toute rémunération ou tout autre avantage sur les fonds d'un compte de
paiement ;
3. d’effectuer des opérations de paiement basées sur les moyens de paiement cambiaires à savoir le
chèque, la lettre de change, le billet à ordre ainsi que le crédit documentaire ;
4. de recourir à des distributeurs pour fournir des services de paiement ;
5. d'utiliser les fonds d'un compte de paiement pour effectuer des placements autres que ceux
énumérés ci-après :
a. dépôts à vue auprès d’une ou de plusieurs banques ou institutions de microfinance ;
b. dépôts à terme auprès d’une ou de plusieurs banques ou institutions de microfinance ;
c. titres émis par les États membres de l’Union d’une maturité résiduelle d’un an au plus.

d. Le retrait forcé (Sanction de la Banque Centrale)

La Banque Centrale peut vous retirer votre agrément et vous interdire d'exercer si :

1. Vous ne respectez plus les conditions du départ.


2. Vous avez triché, menti ou utilisé des moyens illégaux pour obtenir votre agrément.
3. Vous n'avez mené aucune activité pendant au moins un (1) an.
4. Vous violez de manière grave ou répétée les lois et règlements du secteur.
5. Votre entreprise devient une menace ou un danger pour la stabilité du système financier global
géré par la Banque Centrale.
6. Vous décidez de fermer l'entreprise (dissolution) ou de déplacer le siège social en dehors de la
zone UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine).

e. Le retrait volontaire (À la demande de l'établissement lui-même)

L'établissement peut décider d'arrêter ses activités et demander lui-même le retrait de son
agrément. Pour cela, il doit :

 Envoyer une demande officielle au Gouverneur de la BCEAO.


 Fournir des garanties pour que cela se passe bien, notamment :
o Un plan expliquant comment l'entreprise va fermer (plan de liquidation).
o Un plan pour rembourser tous les clients
o Un plan pour dédommager les employés de l'entreprise.

5. Typologie des Fintech (UEMOA et Burkina Faso)


Selon la liste des établissements de Monnaie Électronique de la BCEAO à la date du 30 juin 2025, la
BCEA a un total de 78 EME donc 10 EME pour le BURKINA2.

EME : Établissement de Monnaie Électronique + SFD (Systèmes Financiers Décentralisés) +


TRESORS (Trésors Publics).

TRESORS PUBLICS :
 Trésor Public du Burkina : Carte prépayée
ETABLISSEMENTS DE MONNAIE ELECTRONIQUE (EME) :
 ORANGE MONEY BURKINA FASO : ORANGE MONEY
PARTENARIATS ENTRE BANQUES ET OPERATEURS DE TELECOMMUNICATION OU
PRESTATAIRES TECHNIQUES (8) :
 UBA BURKINA et MOOV AFRICA : MOOV MONEY
 CORIS BANK INTERNATIONAL et TAGPAY : CORIS-MONEY
 UBA BURKINA et WAVE SA : WAVE
 ORABANK BURKINA et WAVE SA : WAVE
 BANQUE ATLANTIQUE BURKINA FASO et WIZALL : WIZALL
 ECOBANK BURKINA et MOOV AFRICA BF : MOOV MONEY
 WENDKUNI BANK INTERNATIONAL & TELECEL : TELECEL
 La BANQUE POSTALE et SANK : SANK MONEY
 CORIS BANK BURKINA : CORIS MONEY

6. Les Acteurs du Système Financier


Le paysage financier au Burkina Faso est composé de :
 Banques Commerciales : 16 banques
 SFD (Microfinance) : Acteurs clés du crédit rural
 Établissements de Monnaie Électronique (EME)
 Marché Financier : La BRVM et le CREPMF (Conseil Régional de l'Épargne Publique et des Marchés
Financiers) est l'organe de régulation du marché financier de UMOA

7. Fintech et Inclusion Financière au Burkina Faso


Selon l’évaluation des indicateurs de suivi de l’inclusion financière dans l’UEMOA en 2024, le taux
de pénétration démographique au Burkina Faso montre une très forte disparité entre les acteurs. Avec
0,69 point de service pour 10 000 adultes, les banques disposent d’une présence relativement faible au
regard de la population. Les institutions de microfinance font encore légèrement moins, avec 0,47
point de service pour 10 000 adultes, ce qui traduit une capacité d’accueil physique limitée. En
revanche, les services de monnaie électronique affichent 102,16 points de service pour 10 000 adultes,
révélant une accessibilité extrêmement élevée. Le total de 104 confirme que la quasi-totalité des points
de services disponibles dans l’espace UEMOA provient des réseaux d’agents mobile money.

Le taux de pénétration géographique au Burkina Faso confirme cette tendance. Les banques disposent
de 3,63 points de service pour 1 000 km², ce qui indique une couverture territoriale faible, souvent
concentrée dans les centres urbains. Les microfinances présentent 2,47 points pour 1 000 km²,
illustrant également une implantation limitée dans l’espace. À l’opposé, les services de monnaie
électronique atteignent 537,58 points pour 1 000 km², traduisant une présence extrêmement dense sur
2
[Link]
le territoire, y compris dans les zones rurales et enclavées. Le total de 544 montre que la couverture
géographique du système financier est presque entièrement assurée par le réseau des agents de
monnaie électronique.

S’agissant du taux d’utilisation, les écarts demeurent significatifs. Les banques enregistrent un taux de
17,68 %, ce qui signifie qu’environ 18 adultes sur 100 possèdent un compte bancaire. Les institutions
de microfinance atteignent 14,52 %, confirmant leur rôle d’inclusion, mais à une échelle modérée. En
revanche, la monnaie électronique affiche un taux de 93,86 %, indiquant une adoption massive par la
population adulte. Le total de 93,34 % suggère que près de neuf adultes sur dix utilisent au moins un
service financier formel, principalement via le mobile money.

De manière globale, ces indicateurs montrent que l’inclusion financière dans l’UEMOA en 2024 est
structurellement dominée par la monnaie électronique. Les banques et les microfinances conservent un
rôle institutionnel important, mais leur capacité d’accès physique et leur taux d’utilisation restent
nettement inférieurs. Le véritable moteur de l’inclusion financière dans la région est donc le mobile
money, qui assure à la fois la densité des points de service, la couverture territoriale et l’adoption
massive par la population.

8. Limites ou difficultés
Environnement Réglementaire : Nécessité de se conformer aux normes de la BCEAO (lutte contre le
blanchiment, cybersécurité, conformité).
Infrastructure et Connectivité : Faible couverture internet dans certaines zones, limitant la portée des
services digitaux.
Confiance et Éducation : Manque de confiance des clients envers les services financiers dématérialisés
et faible culture financière.
Ressources Humaines : Difficulté à retenir les talents locaux, souvent débauchés par de grandes
institutions.
Concurrence/Synergie : Besoin de renforcer les partenariats entre les fintechs et les institutions
financières traditionnelles.
Contexte sécuritaire : L'insécurité entrave le déploiement des infrastructures et l'inclusion financière. 3

9 . Défis et Perspectives Stratégiques


Infrastructures et Connectivité : Connectivité Internet limitée, coûteuse et faible couverture en fibre
optique, particulièrement hors des zones urbaines.

Cadre Réglementaire : Nécessité d'adapter la réglementation aux innovations (BCEAO), de lutter


contre la cybercriminalité et de sécuriser les données.

Inclusion Financière : L'éloignement géographique et le coût d'installation des agences freinent


l'inclusion, rendant le Mobile Money crucial mais nécessitant une meilleure interopérabilité.

Digitalisation des Services Publics : Dématérialisation des procédures pour améliorer la gouvernance
et l'efficacité fiscale.

3
[Link]
#:~:text=Quant%20au%20financement%2C%20CinetPay%20et,peu%20favorable%20%C3%A0%20l'investissement%20;
Renforcement du capital humain : Formation de jeunes (notamment des filles) et d'agents spécialisés
aux TIC.

Expansion Mobile et E-commerce : Développement des paiements digitaux pour accompagner l'essor
du e-commerce et améliorer la bancarisation

Conclusion

En conclusion, les fintechs jouent aujourd’hui un rôle central dans l’amélioration de l’inclusion
financière au Burkina Faso et dans l’espace de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine.
Grâce au mobile money et aux innovations numériques, l’accès aux services financiers s’est fortement
élargi, dépassant largement celui des banques traditionnelles et des microfinances. Ce développement
est encadré par la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, qui assure la régulation et la
stabilité du système. Malgré des défis liés aux infrastructures, à la cybersécurité et à l’éducation
financière, les fintechs représentent un levier stratégique pour le développement économique et la
réduction de l’exclusion financière dans la région.

Bibliographie
FinTech: Evolution and Regulation, consulté le février 25, 2026, [Link]
[Link]

Exploring the Interrelation: A Bibliometric Analysis and Systematic Literature Review of the Current Landscape and Future Trajec, consulté
le février 25, 2026, [Link]

World's first ATM - Around the world 7 - Quora, consulté le février 25, 2026, [Link]

How Online Banking Evolved Into a Mainstream Financial Tool - Nasdaq, consulté le Online Banking: History & Features | PDF - Scribd,
consulté le février 25, 2026, [Link]

The rising trend of Digital Banking: Mobile Banking Services | SmartDev, consulté le février 25, 2026, [Link]
trend-of-digital-banking-mobile-banking-services/

(Evolution of FinTech: A Systematic Literature Review Ewolucja FinTechów - Nowoczesne Systemy Zarządzania, consulté le février 25,
2026, [Link]

INSTRUCTION N°008-05-2015 REGISSANT LES CONDITIONS ET MODALITES D’EXERCICE DES ACTIVITÉS DES
EMETTEURS DE MONNAIE ELECTRONIQUE DANS LES ETATS MEMBRES DE L’UNION MONETAIRE OUEST AFRICAINE
(UMOA)

[Link]

[Link]

INSTRUCTION N°001-01-2024 RELATIVE AUX SERVICES DE PAIEMENT DANS L'UNION MONÉTAIRE OUEST AFRICAINE

INSTRUCTION N°008-05-2015 REGISSANT LES CONDITIONS ET MODALITES D’EXERCICE DES ACTIVITÉS DES
EMETTEURS DE MONNAIE ELECTRONIQUE DANS LES ETATS MEMBRES DE L’UNION MONETAIRE OUEST AFRICAINE
(UMOA).
EVOLUTION DES INDICATEURS DE SUIVI DEL’INCLUSION FINANCIERE DANS L’UEMOA AU TITRE DE L’ANNEE 2024

Rapport d'activités 2023 - ARCEP

Vous aimerez peut-être aussi