Cours Probabilités Chapi 3
Cours Probabilités Chapi 3
Oujda - (UMPO)
Faculté Pluridisciplinaire de Nador (FPN)
Probabilités
3 Variables aléatoires 3
3.1 Définition générale : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.2 Variables aléatoires discrètes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2.1 Loi d’une variable aléatoire discrète : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2.2 Fonction de répartition : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2.3 Espérance et variance d’une variable aléatoire discrète : . . . . . . . . . 7
3.3 Variables aléatoires continues : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3.1 Fonction de densité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3.2 Fonction de répartition d’une v.a.r continue : . . . . . . . . . . . . . . 11
3.3.3 Espérance et variance d’une v.a.r continue : . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.4 Couple de variables aléatoires : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.4.1 Couples aléatoires discrets : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.4.2 Vecteurs aléatoires : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.4.3 Couple aléatoire continu : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1
2 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 3
Variables aléatoires
Chaque résultat d’une expérience aléatoire peut être codé au moyen d’une application qui,
si elle permet d’associer une probabilité à chacune de ses valeurs numériques discrètes, sera
appelée variable aléatoire discrète.
De même, on peut associer aux résultats d’une expérience aléatoire un ensemble de valeurs
qui forment un (ou plusieurs) intervalle(s) réel(s). Si on peut calculer la probabilité de tous
les intervalles qui sont inclus dans cet ensemble, l’application qui réalise ce codage se nomme
variable aléatoire (v.a.) continue.
La loi de la variable aléatoire discrète est alors déterminée par les probabilités de toutes
ses valeurs possibles. Elle est souvent caractérisée par les deux premiers moments :
— l’espérance, caractéristique de valeur centrale,
— la variance, caractéristique de dispersion autour de cette valeur centrale.
La loi de probabilité d’une variable aléatoire continue est généralement définie par une
densité qui sera la dérivée de la fonction de répartition. Le calcul des moments s’effectue à
l’aide de cette densité par une intégration.
Les variables aléatoires sont dites discrètes si elles peuvent prendre un nombre fini ou
dénombrable de valeurs, continues dans le cas contraire.
Exemple : On considère l’expérience aléatoire qui consiste à lancer un dé à 6 faces. L’univers
des résultats possibles est alors défini par :
Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
Définissons une variable aléatoire, notée X, comme une application qui prend la valeur
100 lorsque le résultat du lancer est un nombre pair, et 200 lorsque le résultat est un nombre
impair.
3
4 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES
Exemple : Lancer de 2 pièces de monnaie identiques dont l’issue est soit P (Pile) soit F
(Face).
L’univers est :
Ω = {PP, PF, FP, FF}
Cet univers n’est pas numérique, mais on peut s’intéresser au nombre de fois où face (F)
apparaît. Cela permet de définir la variable aléatoire suivante :
X : Ω → {0, 1, 2} ⊂ R
Issue PP PF FP FF
X (Nombre de Faces) 0 1 1 2
Cette application ne prenant qu’un nombre fini de valeurs, la variable aléatoire X est dite
discrète, avec :
X(Ω) = {0, 1, 2}
Les événements de la forme {X = xi } (où xi est une valeur possible de X) sont appelés
événements élémentaires de X.
Ainsi, pour cet exemple :
— {X(P P ) = 0} : “Aucun Face n’a été tiré” (issue : PP)
— {X(P F ) = 1 ou X(F P ) = 1} : “Un seul Face a été tiré” (issues : PF ou FP)
— {X(F F ) = 2} : “Deux Faces ont été tirés” (issue : FF)
On définit donc naturellement des variables aléatoires en associant un nombre réel à chaque
événement élémentaire. Comme on le verra, l’étude systématique des variables aléatoires fournit
un cadre théorique rigoureux pour l’analyse des phénomènes aléatoires.
3.2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES : 5
Définition :
Soit X une v.a.r discrète telle que X(Ω) est fini de cardinal n. Nous appelons loi de
probabilité ou distribution de X la probabilité Pi = PX qui, à chaque élément xi pris
par X, i = 1, . . . , n, associe la probabilité Pi de l’événement " X = xi " :
Pi = PX ({X = xi })
Remarque :
Pn
Les probabilités Pi , i = 1, . . . , n sont toutes positives et vérifient : i=1 Pi = 1. Définir
la loi de probabilité d’une expérience aléatoire revient à :
— déterminer toutes les valeurs possibles xi , i = 1, . . . , n prises par X ;
— calculer les probabilités Pi , i = 1, . . . , n des événements correspondants ;
— regrouper les résultats dans un tableau du type :
X(Ω) = {1, 2, 3, 4, 5, 6}
1
P (X = i) = , pour i = 1, . . . , 6
6
Valeurs xi 1 2 3 4 5 6
Probabilités Pi 1
6
1
6
1
6
1
6
1
6
1
6
On a bien :
6
X 1 1 1 1 1 1
pi = + + + + + =1
i=1
6 6 6 6 6 6
Ainsi, X suit une loi uniforme discrète sur {1, 2, 3, 4, 5, 6}, notée :
X ∼ U({1, 2, 3, 4, 5, 6})
Définition :
Soit X une variable aléatoire réelle (v.a.r). On appelle fonction de répartition de X la
fonction F = FX de R dans [0, 1] définie par :
Propriétés :
On suppose que les valeurs de l’univers sont telles que x1 < x2 < · · · < xn .
La fonction de répartition F de X possède les propriétés suivantes :
1. F est croissante sur R ;
2. F est continue à droite en tout point ;
3. lim F (x) = 0 ;
x→−∞
4. lim F (x) = 1 ;
x→+∞
5. P (a < X ≤ b) = P (]a, b]) = F (b) − F (a) ;
6. P (X > a) = 1 − P (X ≤ a) = 1 − F (a) ;
7. P (X = a) = lim F (x) − lim F (x) = F (a) − lim F (x).
x→a+ x→a− x→a−
Par conséquent, pour tout a où F est continue, on a :
P (X = a) = 0
Remarque :
On suppose toujours que les valeurs de l’univers sont telles que x1 < x2 < · · · < xn .
Alors, on peut exprimer la fonction de répartition F en remarquant que, pour tout x ∈ R :
{X ≤ x} = i∈N {X = xi }
S
xi ≤x
Puis, par la σ-additivité de la probabilité (car les événements {X = xi } sont disjoints),
on en déduit :
[ X
F (x) = P (X ≤ x) = P
{X = xi }
= P (X = xi )
i∈N i∈N
xi ≤x xi ≤x
1
P (X = i) = , pour i = 1, . . . , 6.
6
0 si x<1
1
si 1≤x<2
6
2
6
si 2≤x<3
3
FX (x) = 6 si 3≤x<4
4
4≤x<5
6
si
5
si 5≤x<6
6
x≥6
1 si
1 - Espérance mathématique :
Définition :
L’espérance mathématique, notée E(X), d’une variable aléatoire discrète X définie sur
X(Ω) = {x1 , . . . , xn } est égale à :
n
X n
X
E(X) = xi P (X = xi ) = xi pi
i=1 i=1
Exemple 1 : On considère une variable aléatoire Y définie sur Y (Ω) = {0, 2, 4, 6}, telle
que sa loi de probabilité est caractérisée par les probabilités suivantes :
Réalisation de Y Probabilité
Y =0 P (Y = 0) = 0,1
Y =2 P (Y = 2) = 0,3
Y =4 P (Y = 4) = 0,4
Y =6 P (Y = 6) = 0,2
4
X
E(Y ) = yi · P (Y = yi ) = 0 × 0,1 + 2 × 0,3 + 4 × 0,4 + 6 × 0,2 = 3,4
i=1
Cela signifie qu’en « moyenne » les réalisations obtenues pour plusieurs tirages dans la loi
de probabilité de cette variables seront environ égales à 3,4.
2 - Variance et écart-type :
Définition :
Soit X une variable aléatoire discrète d’espérance E(X).
• Variance : On appelle variance de la variable aléatoire X le réel noté Var(X) ou V (X)
qui vaut :
Calcul de l’espérance :
6
X 1 1 21
E(X) = i× = (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6) = = 3.5
i=1
6 6 6
Calcul de la variance :
6
X 1 1 17.5
V (X) = (i − 3.5)2 = (6.25 + 2.25 + 0.25 + 0.25 + 2.25 + 6.25) = ≈ 2.9167
i=1
6 6 6
Calcul de l’écart-type :
q √
σ(X) = V (X) = 2.9167 ≈ 1.71
Remarque :
— L’espérance E(X) est la moyenne des valeurs pondérées par les probabilités pi .
— La variance permet de caractériser l’étalement des valeurs de la variable aléatoire X
autour de sa moyenne E(X).
— Pour une variable aléatoire X, on peut démontrer que la variance V ar(X) peut
s’écrire sous la forme suivante (formule de Koenig) :
2
V (X) = E(X 2 ) − E(X) .
Propriétés :
Soit X et Y deux variables aléatoires. On a :
Pn
1. Pour toute fonction φ, on a : E(φ(X)) = i=1 φ(xi )pi .
2. E(X + Y ) = E(X) + E(Y ).
3. V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2Cov(X, Y )
4. Pour tout a ∈ R : E(aX) = aE(X), V (aX) = a2 V (X).
5. Si X = c est une constante, alors : E(c) = c, V (c) = 0.
6. Si X et Y sont indépendantes, alors : E(X · Y ) = E(X) × E(Y ), V (X + Y ) =
V (X) + V (Y ).
On dit aussi que X est une variable aléatoire (v.a.r.) continue de densité f .
Propriétés :
Pour tous réels a et b :
— P(X = a) = 0 ;
— P(a ≤ X ≤ b) = P(a ≤ X < b) = P(a < X ≤ b) = P(a < X < b) ;
— P(X > a) = 1 − P(X ≤ a) ;
— P(a < X < b) = P(X < b) − P(X ≤ a).
10 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES
Exemple :
• Montrons que la fonction f1 est une fonction de densité de probabilité, elle définie par :
si x < 0,
0
f1 (x) = 1 si 0 ≤ x ≤ 1,
0 si x > 1,
• Montrons que la fonction f2 est une fonction de densité de probabilité, elle définie par :
0 si x ≤ −1,
x + 1 si − 1 < x ≤ 0,
f2 (x) =
−x + 1 si 0 < x ≤ 1,
0 si x > 1,
Sur chaque intervalle ouvert ] − ∞, −1], ] − 1, 0[, ]0, 1[ et ]1, ∞[, f2 est une fonction poly-
nomiale (constante ou affine), donc continue.
Vérifions que f2 est positive :
— Pour −1 < x ≤ 0, x + 1 ≥ 0 car x > −1.
— Pour 0 < x ≤ 1, −x + 1 ≥ 0 car x ≤ 1.
Calculons l’intégrale sur R :
Z +∞ Z 0 Z 1
f2 (x) dx = (x + 1) dx + (−x + 1) dx.
−∞ −1 0
" #1
x2
Z 1
1 1
(−x + 1) dx = − + x = − +1 −0= .
0 2 0
2 2
Donc,
Z +∞
1 1
f2 (x) dx = + = 1.
−∞ 2 2
Propriétés :
Soit X une variable aléatoire continue de densité f et fonction de répartition F .
Les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. F est croissante sur R.
2. F est dérivable et sa dérivée est la densité : F ′ (x) = f (x), ∀x ∈ R.
Rb
3. Pour tous a, b ∈ R avec a ≤ b : P (a ≤ X ≤ b) = a f (t) dt = F (b) − F (a).
Ra
4. Pour tout a ∈ R : P (X > a) = 1 − P (X ≤ a) = 1 − −∞ f (t) dt = 1 − F (a).
Remarque :
On peut montrer que la variance de X vérifie la relation suivante :
2
Var(X) = E(X 2 ) − E(X) ,
où Z +∞
E(X 2 ) = x2 f (x) dx.
−∞
1. Espérance E(X) :
Z +∞ Z 0 Z 1
E(X) = xf2 (x) dx = x(x + 1) dx + x(−x + 1) dx
−∞ −1 0
Développons et calculons :
" #0 !
x3 x2 (−1)3 (−1)2
Z 0
1 1 1
2
(x + x) dx = + = (0 + 0) − + = 0− − + =−
−1 3 2 −1
3 2 3 2 6
" #1
x3 x2
Z 1
1 1 1
2
(−x + x) dx = − + = − + =
0 3 2 0
3 2 6
Donc :
1 1
E(X) = − + = 0
6 6
2. Variance Var(X) :
Z +∞ Z 0 Z 1
Var(X) = x2 f2 (x) dx = x2 (x + 1) dx + x2 (−x + 1) dx
−∞ −1 0
Développons :
" #0
x4 x3
Z 0
1 1 1 1 1 1
3 2
(x + x ) dx = + =0− − =− − =− − =
−1 4 3 −1
4 3 4 3 12 12
" #1
x4 x3
Z 1
3 2 1 1 1
(−x + x ) dx = − + =− + =
0 4 3 0
4 3 12
Donc :
1 1 1
Var(X) = + =
12 12 6
3.4. COUPLE DE VARIABLES ALÉATOIRES : 13
3. Écart-type σX :
r
q 1 1
σX = Var(X) = =√
6 6
Propriétés :
Soit X une variable aléatoire réelle continue de densité f , admettant une espérance et une
variance. Alors, pour tous a, b ∈ R, on a les propriétés suivantes :
— Linéarité de l’espérance : E(aX + b) = a E(X) + b
— Espérance d’une somme ou d’une différence :
Remarque :
Soit X une variable aléatoire continue d’espérance E(X) et d’écart-type σX .
On définit la variable aléatoire centrée réduite associée à X, notée X ∗ , par :
X ∗ = X−E(X)
σX
Alors X ∗ est une variable aléatoire continue centrée réduite, c’est-à-dire :
E(X ∗ ) = 0,
σ(X ∗ ) = 1.
Définition :
On appelle couple aléatoire un couple (X, Y ) de variables aléatoires définies sur le même
espace probabilisé (Ω, A, P). Le couple (X, Y ) est aussi appelé vecteur aléatoire de
dimension 2.
Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret. On pose :
∀i ∈ I, ∀j ∈ J, pij = P(X = xi , Y = yj )
Exemple : Une urne contient 4 boules blanches, 2 boules noires et 4 boules rouges. On tire
3 boules sans remise. Soit X le nombre de boules blanches et Y le nombre de boules noires.
On cherche la loi conjointe du couple (X, Y ), que l’on représente par un tableau à double
entrée. Les variables aléatoires X et Y peuvent prendre respectivement les valeurs :
Y \X 0 1 2
0 4/120 12/120 4/120
1 24/120 32/120 4/120
2 24/120 12/120 0
3 4/120 0 0
Propriétés :
On a :
∀i ∈ I, ∀j ∈ J, pij ≥ 0,
et XX XX
pij = pij = 1.
i∈I j∈J j∈J i∈I
2 - Fonction de répartition :
Définition :
On appelle fonction de répartition du couple aléatoire (X, Y ) la fonction F(X,Y ) définie
sur R2 par :
∀x ∈ R, ∀y ∈ R, F(X,Y ) (x, y) = P(X ≤ x, Y ≤ y)
On a alors :
3 - Lois marginales :
Définition :
Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret. On pose :
X X
∀i ∈ I, pi· = pij et ∀j ∈ J, p·j = pij
j∈J i∈I
Exemple : Voici le tableau de la loi conjointe du couple (X, Y ) avec ses lois marginales :
Y \X 0 1 2 pi·
0 4/120 12/120 4/120 20/120
1 24/120 32/120 4/120 60/120
2 24/120 12/120 0 36/120
3 4/120 0 0 4/120
p·j 56/120 56/120 8/120 1
4 - Indépendance :
Définition :
Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret. Les variables aléatoires X et Y sont dites indé-
pendantes si :
Dans ce cas, la loi conjointe est égale au produit des lois marginales.
Propriétés :
Soient A et B deux événements d’un espace probabilisé.
Les événements A et B sont dits indépendants si :
Cette définition est équivalente à dire que les variables aléatoires indicatrices 1A et 1B
sont indépendantes, c’est-à-dire :
On a :
b−1
P(X2 = 1/X1 = 1) =
a+b−1
Et :
b
P(X2 = 1/X1 = 0) =
a+b−1
Alors :
b b−1 a b b
P(X2 = 1) = · + · =
a+b a+b−1 a+b a+b−1 a+b
Calculons la probabilité conjointe :
b b−1 b(b − 1)
P(X1 = 1, X2 = 1) = · =
a+b a+b−1 (a + b)(a + b − 1)
Mais :
b2 b(b − 1)
P(X1 = 1) · P(X2 = 1) = 2
· valeur différente de
(a + b) (a + b)(a + b − 1)
Donc :
P(X1 = 1, X2 = 1) ̸= P(X1 = 1) · P(X2 = 1)
On en conclut que X1 et X2 ne sont pas indépendantes dans le cas d’un tirage sans
remise.
Exemple 2 :
On considère deux lois conjointes données par les probabilités pij :
3.4. COUPLE DE VARIABLES ALÉATOIRES : 17
Premier cas :
1 1
pij = · , pour tout entier i, j.
e2 i!j!
On calcule les lois marginales :
∞ ∞ ∞
X X 11 1 X 1 1 1
pi = pij = 2
· = 2 = 2 ·e= .
j=0 j=0
e i!j! e i! j=0 j! e i! ei!
De même :
∞ ∞ ∞
X X 1 1 1 X 1 1 1
pj = pij = · = 2 = 2 ·e= .
i=0 i=0
e2 i!j! e j! i=0 i! e j! ej!
Ainsi :
1 1 1
pi · pj = = = pij .
ei! ej! e2 i!j!
Conclusion : X et Y sont indépendantes dans ce cas.
Deuxième cas :
1 i+j
pij = · , pour tout entier i, j.
2e2 i!j!
Les lois marginales sont données par :
i+1 j+1
pi = , pj = .
2i!e 2j!e
Alors :
i+1 j+1 (i + 1)(j + 1)
pi · pj = = ,
2i!e 2j!e 4i!j!e2
ce qui est différent de :
i+j
pij = .
2e2 i!j!
Conclusion : X et Y ne sont pas indépendantes dans ce cas, car pij ̸= pi · pj .
5 - Covariance :
Propriétés :
Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret tel que X et Y ont une variance. La variable
aléatoire XY a une espérance et on a :
P(Y = aX + b) = 1
18 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES
Définition :
On appelle covariance de X et de Y le réel défini par :
Cov(X, Y )
ρ(X, Y ) =
σX σY
Propriétés :
Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret tel que X et Y ont une variance. Soient a et b
deux réels. On a les propriétés suivantes :
— Cov(X, X) = Var(X),
— Cov(X, Y ) = Cov(Y, X),
— Cov(aX + bZ, Y ) = a Cov(X, Y ) + b Cov(Z, Y ),
— |ρ(X, Y )| ≤ 1,
— |ρ(X, Y )| = 1 ⇐⇒ Y est presque sûrement une fonction affine de X.
Variance d’une somme : Soit (X, Y ) un couple aléatoire discret tel que X et Y ont une
variance, alors :
Exemple : On tire au hasard 2 boules en même temps d’une urne qui contient : 1 boule
blanche, 3 boules noires et 6 boules jaunes.
Solution :
L’ensemble des valeurs possibles pour le couple (X, Y ) est :
{(0, 0), (1, 0), (0, 1), (1, 1), (0, 2), (1, 2)}.
3.4. COUPLE DE VARIABLES ALÉATOIRES : 19
1.
Il s’ensuit que la loi conjointe du couple (X, Y ) est donnée par le tableau suivant :
X\Y 0 1 2 pi·
5 6 1 12
0
15 15 15 15
2 1 3
1 0
15 15 15
7 7 1
p·j 1
15 15 15
2. À partir du tableau, on a : X :
xi 0 1
12 3
pi·
15 15
Y:
yj 0 1 2
7 7 1
p·j
15 15 15
3. Suivant les différentes positions de x et y par rapport à 0, 1 et 2, on calcule la fonction de
répartition conjointe du couple (X, Y ) :
0 si x < 0 ou y < 0,
5
si 0 ≤ x < 1 et 0 ≤ y < 1,
15
11
si 0 ≤ x < 1 et 1 ≤ y < 2,
15
12
F(X,Y ) (x, y) = si 0 ≤ x < 1 et y ≥ 2,
15
7
si x ≥ 1 et 0 ≤ y < 1,
15
14
si x ≥ 1 et 1 ≤ y < 2,
15
1 si x ≥ 1 et y ≥ 2.
20 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES
3 11
E(Y ) = yj · p·j = , E(Y 2 ) = yj2 · p·j =
5 15
s 2 √
q
2)
11 3 2 21
⇒ σY = E(Y − [E(Y )]2 = − =
15 5 15
1,2 1
E(XY ) = Σi=0,j=0 xi · yj · pij =
15
D’où la covariance :
1 1 3 1 3 4
Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ) = − · = − =−
15 5 5 15 25 75
Et enfin, le coefficient de corrélation :
4 4
Cov(X, Y ) − 75 − 75 1
ρ(X, Y ) = = √ = √ = − √ ≈ −0.218
σX σY 2
· 2 21 4 21 21
5 15 75
Définition :
Soit (X1 , · · · , Xn ) un vecteur de n variables aléatoires discrètes. On appelle matrice de
variance-covariance la matrice carrée d’ordre n dont les termes sont Cov(Xi , Xj ). C’est
une matrice symétrique.
3.4. COUPLE DE VARIABLES ALÉATOIRES : 21
2 - Indépendance mutuelle :
Définition :
Soit (X1 , · · · , Xn ) un vecteur de n variables aléatoires discrètes. On dit que les variables
aléatoires sont mutuellement indépendantes si, pour tout n-uplet (x1 , · · · , xn ) ∈ X1 ×
· · · × Xn , on a :
n
Y
P (X1 = x1 , · · · , Xn = xn ) = P (Xi = xi )
i=1
Propriétés :
Soit (Ai )1≤i≤n une famille d’événements. Les Ai sont mutuellement indépendants si et
seulement si les variables aléatoires indicatrices 1Ai sont mutuellement indépendantes.
Définition :
Soit (X1 , · · · , Xn ) un vecteur de n variables aléatoires discrètes. On a :
n n
!
X X X
Var Xi = Var(Xi ) + 2 Cov(Xi , Xj ).
i=1 i=1 1≤i<j≤n
Exemple : Soit X une variable aléatoire suivant une loi binomiale B(n, p). On peut inter-
préter X comme la somme de n variables aléatoires indépendantes Xi , chacune suivant une
loi de Bernoulli de paramètre p. Donc :
n
X
X= Xi avec Xi ∼ B(1, p), 1 ≤ i ≤ n.
i=1
Définition :
Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur le même espace probabilisé (Ω, A, P ).
La loi du couple (X, Y ) est définie à partir de sa fonction de répartition conjointe par :
Propriétés :
On a les propriétés suivantes pour la fonction de répartition conjointe FX,Y :
1. FX,Y est totalement croissante au sens large, c’est-à-dire que les fonctions par-
tielles FX,Y (x, ·) et FX,Y (·, y) sont croissantes pour tous réels x et y.
2. FX,Y (x, ·) et FX,Y (·, y) sont continues à gauche.
3. On a les limites : limy→−∞ FX,Y (x, y) = 0, et limx→+∞ FX,Y (x, x) = 1.
Définition :
Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur le même espace probabilisé (Ω, A, P ).
S’il existe une fonction positive f : R2 → R telle que, pour tous réels x et y,
Z x Z y
FX,Y (x, y) = f (u, v) du dv,
−∞ −∞
Propriétés :
On a les propriétés suivantes pour la densité de probabilité conjointe f du couple (X, Y ) :
RR
Pour tout A élément de A, P (X, Y ) ∈ A =
1. RR A f (u, v) du dv. En particulier,
R2 f (u, v) du dv = 1.
∂2F
2. En tout point (x0 , y0 ) où f est continue, on a : f (x0 , y0 ) = ∂x ∂y (x0 , y0 ).
3. Les densités marginales de X et Y sont données par :
R R
fX (x) = R f (x, y) dy et fY (y) = R f (x, y) dx.
RR RR
4. E(X) = R2 x f (x, y) dx dy, et E(Y ) = R2 y f (x, y) dx dy.
RR
5. Pour toute fonction mesurable h, on a : E h(X, Y ) = R2 h(x, y) f (x, y) dx dy.
E(X))2 f (x, y) dx dy,
RR RR
6. Var(X) = R2 (x − et Var(Y ) = R2 (y −
2
E(Y )) f (x, y) dx dy.
Remarque :
Lorsque les quantités sont définies, on pose, comme dans le cas discret,
Cov(X, Y )
Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ), ρ(X, Y ) = .
σX σY
Soit (X, Y ) un couple de variables aléatoires ayant une densité de probabilité f . Soit fX la
densité de probabilité marginale de X et un réel x tel que fX (x) ̸= 0. La loi conditionnelle
3.4. COUPLE DE VARIABLES ALÉATOIRES : 23
3 - Indépendance :
Définition :
Les variables aléatoires X et Y sont indépendantes si, pour tous réels x et y,
Propriétés :
On a :
1. X et Y sont indépendantes si et seulement si, pour tous réels x et y,
Dans ce cas, on a
Cov(X, Y ) = 0.
Z x Z y
FX,Y (x, y) = P(X ≤ x, Y ≤ y) = fX,Y (u, v) du dv.
−∞ −∞
Z x Z y
2 2 2 2
FX,Y (x, y) = 4 ue−u du × ve−v dv = 1 − e−x 1 − e−y , ∀x, y ≥ 0.
0 0
2
FX (x) = lim FX,Y (x, y) = 1 − e−x 1R+ (x),
y→+∞
2
FY (y) = lim FX,Y (x, y) = 1 − e−y 1R+ (y).
x→+∞
2
fX (x) = FX′ (x) = 2xe−x 1R+ (x),
2
fY (y) = FY′ (y) = 2ye−y 1R+ (y).
Définition :
1. Soient X1 , . . . , Xn des variables aléatoires indépendantes et identiquement distri-
buées suivant la loi normale N (0, 1). Alors la variable aléatoire Yn = ni=1 Xi suit
P
0.35 χ2 (5)
t(5)
0.3 F (5, 3)
0.25
Densité
0.2
0.15
0.1
5 · 10−2
0
−6 −4 −2 0 2 6 4 8 10 12 14
x2
Figure 3.1 – Les graphes des densités des lois Khi2 χ (5), Student t(5) et de Fisher F (5, 3).
Propriétés :
1. Si X suit une loi du Khi-deux χ2 (n), alors E(X) = n et Var(X) = 2n.
2. Si X et Y sont deux variables aléatoires indépendantes suivant respectivement des
lois du Khi-deux χ2 (n) et χ2 (p), alors la variable X + Y suit une loi du Khi-deux
χ2 (n + p).
3. Si X suit une loi de Student t(n) à n ≥ 3 degrés de liberté, alors
n
E(X) = 0 et Var(X) = n−2 .
4. Si X suit une loi de Fisher F (n, p), alors
p
pour p > 2, E(X) = ,
p−2
2p2 (n + p − 2)
pour p > 4, Var(X) = .
n(p − 2)2 (p − 4)
Remarque :
Ces trois dernières lois seront utiles dans la théorie des tests. L’expression explicite des
densités de ces lois n’est pas à connaître (sauf pour la loi normale). Des tables statistiques
et des logiciels permettent de les manipuler