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Le document traite de la conservation et de l'amélioration des sols, soulignant leur importance pour la sécurité alimentaire et la prospérité humaine. Il présente un système de classification des terrains basé sur leur capacité agrologique, qui détermine leur utilisation appropriée pour la culture ou la végétation permanente. Les différentes catégories de sols sont décrites, allant des terres appropriées à la culture aux terrains impropres, avec des recommandations pour leur gestion et conservation.

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Le document traite de la conservation et de l'amélioration des sols, soulignant leur importance pour la sécurité alimentaire et la prospérité humaine. Il présente un système de classification des terrains basé sur leur capacité agrologique, qui détermine leur utilisation appropriée pour la culture ou la végétation permanente. Les différentes catégories de sols sont décrites, allant des terres appropriées à la culture aux terrains impropres, avec des recommandations pour leur gestion et conservation.

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1

INTRODUCTION

Le principe fondamental de conservation et d’amélioration des sols est subordonné à


l’utilisation et au traitement des diverses catégories de terrains selon leur possibilité de
rendement et leurs besoins particuliers.
Une bonne terre arable constitue en tout temps la plus importante ressource naturelle de
l’homme. Car, elle est la source du maintien de la vie et de la sécurité alimentaire humaine
et animale.
En effet, c’est de la terre que l’homme tire sa nourriture, la plupart de ses matériaux de
construction et les fibres nécessaire à la fabrication des tissus, du papier et mille autres
articles dont il se sert chaque jour. La terre est en tout temps, de paix comme de guerre, la
principale des matières premières utilisées par les industries.
Partout dans le monde, la nécessité d’ajuster l’agriculture au milieu physique, de mieux
utiliser les diverses catégories de terrains, se fait sentir de façon pressante, non seulement
pour accroitre le rendement des cultures vivrières de chaque hectare, mais aussi pour
assurer le maintien d’une économie saine au niveau mondial au cours des générations
futures. Cette pressante nécessite est particulièrement vraie pour des régions gravement
touchées par l’érosion et la baisse de rendement, et des régions dont la population est
dense, dont les moyens de transport sont trop restreints et dont la terre arable est
insuffisante pour produire la nourriture nécessaire à la population.
La conservation du sol pratiquée par les conservateurs du sol qualifies est à la fois une
science et une technique de l’utilisation et du traitement rationnel de la terre permettant de
protéger le sol et d’augmenter en même temps sa productivité en conservant le sol
proprement dit, ses éléments naturels de fertilité et les engrais qui lui sont fournis par
l’homme, ainsi que une quantité précieuse d’eau de pluie qui autrement sa perdrait.
La conservation est d’une importance primordiale, parce que, sans elle, la terre arable ne
pourrait être protégée contre les éléments destructeurs, ni maintenue dans cet état de
fertilité si nécessaire pour subvenir aux besoins des peuples.
Le sol et l’eau sont nos deux principales ressources naturelles. Et, notre prospérité présente
et future dépend en grande partie de la gestion de ces ressources et des produits végétaux et
animaux que l’homme en tire.
La conservation et l’emploi judicieux du sol et de l’eau dans les terres arables, les
pâturages, les prairies et les forets sont indispensables pour la productivité de nos terres.
Le sol est une ressource naturelle non renouvelable ; une fois détruite, il est pratiquement
perdu pour toujours à l’échelle humaine. Sa formation sous plusieurs conditions s’effectue
au rythme de 2.54 cm tous les 250 à 1200 ans. Il faut en général entre 3000 et 12000 ans
pour qu’une terre devienne productive sur le plan agricole.
Pour réussir à conserver et à améliorer un sol, il faut d’abord comprendre parfaitement les
principes fondamentaux de la conservation du sol ; il faut acquérir une connaissance de
technique et des méthodes permettant d’obtenir une production constante de la terre sans la
détériorer.
Dans ce cours, nous débuterons par les pratiques qui sont à la base des érosions, et nous
aborderons ensuite des suggestions pratiques destinées à améliorer les méthodes agricoles
en vue d’obtenir une production accrue et constante, sans cesser d’assurer à la terre une
protection nécessaire et évidente.
2

Chapitre I. CLASSEMENT DES TERRAINS

Ce chapitre explique comment a été établi le classement des terrains en fonctions de leurs
possibilités de production et sur de capacité agrologique du sol à appliquer pour chaque
catégorie. La conservation du sol exige que chaque hectare de terrain soit utilisé
conformément à ces besoins et à ses facultés d’adaptation. L’une des premières mesures à
prendre consiste en l’établissement des cartes d’aptitudes des sols, après l’inventaire
physique du terrain qui fournit les éléments d’une classification de son tache technique de
topographie qui exige une connaissance des systèmes de classification et l’habitude de
distinguer entre les différents sols, les diverses catégories de pente, la nature et le degré de
dégradation ou d’érosion. Il s’en suit une classification l’on doit s’appuyer aussi bien sur
les connaissances des cultivateurs dresse une carte où les diverses catégories de terrains
sont indiquées au moyen des symboles ou des couleurs.

INTRODUCTION

Classification des capacités agrologiques des terrains.

La capacité agrologique d’un terrain est l’ensemble des caractéristiques qui le désignent
pour un emploi déterminé. En production des produits végétaux qui nécessitent un travail
de labour, soit pour la production d’une végétation permanente (pâturages ou cultures
pérennes) qui ne nécessite pas ou très peu de labour. En classant les diverses capacités de
production d’un terrain, on doit chercher tout d’abord la réponse aux questions suivantes :
 Cette terre convient-elle pour la production des cultures vivrières ?
 Peut-on la cultiver en toute sécurité sans provoquer l’érosion du sol ?
 Son exploitation sure et permanente est-elle limitée à la production d’une
culture pérenne ?
Il est évident que certains terrains ne peuvent être utilisés en toute sécurité que pour des
récoltes intermittentes ; on peut, par exemple, y produire des céréales tous les deux ou trois
ans avant d’utiliser le terrain pour une culture de légumineuse fourragère.
L’emploi et la conservation du sol sont influencés par sa nature, le degré auquel il a été
touché par la dégradation et par l’érosion, sa pente et le climat. D’autres éléments du sol
entrant en ligne de compte sont : sa texture, sa structure, sa profondeur, son acidité, sa
fertilité actuelle etc… On doit prendre en compte le climat, parce qu’il est un des éléments
qui déterminent la pâture des récoltes que l’on peut obtenir et la densité de la végétation.
Les facteurs que nous avons énumérés peuvent, soit individuellement, soit en association,
limiter les possibilités d’emploi d’un sol donné. La rapidité de la dégradation et de
l’érosion du sol dépendent des propriétés du sol, de sa couverture végétale (cultures mises
en place), du climat et, de la déclivité des pentes.
Les capacités agrologiques de terrains sont classées en huit catégories (classification
américaine) qui se rassemblent en quatre groupes suivants :
 Terrains appropriés à la culture ;
 Terrains appropriés à une culture occasionnelle ou limitée ;
 Terrains non appropriés à une culture mais appropriés à une végétation
permanente ;
 Terrains non appropriés à la culture, au pâturage ou à la forêt.
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1.1. Terres appropriées à la culture.

Toutes les terres appropriées à la culture sont susceptibles d’être travaillées, c’est-à-dire
qu’elles sont suffisamment profondes et exemptes des pierres pour qu’on puisse les
cultiver. Elles doivent être suffisamment productivités, compte tenu du climat ainsi que du
sol, pour donner tout au moins un rendement modère de certaines récoltes courantes.
Les terres humides doivent être drainés ou drainables, et appropriées à la culture après
drainage.
Les terres basses doivent être suffisamment à l’abri des inondations pour pouvoir être
cultivées. Les facteurs qui différencient les trois catégories de ce groupe sont ceux qui
concernent tout l’ensemble des pratiques et mesures nécessaires à une culture, susceptible
d’être poursuivie en toute sécurité, pendant une longue période. Les principaux facteurs
sont la susceptibilité à l’érosion, la pente, le drainage naturel, la perméabilité, le danger
d’inondation et la fertilité naturelle.

A. Catégorie I.

Les terres de cette catégorie sont susceptibles d’être cultivé sans procédés spéciaux.
Tout comme les terres des catégories II et III, elles doivent pouvoir être travaillées et
donner tout au moins une production modérée. En outre, elles doivent être presque
horizontales ; elles ne doivent être sujettes à l’érosion qu’à un degré modéré, quelque soit
la façon dont elles sont travaillées ; elles doivent être à l’abri des inondations qui peuvent
entraver la plantation, la croissance ou récolte ; elles doivent être assez bien drainées, soit
naturellement, soit artificiellement pour pouvoir donner tout au moins des rendements
modérés des récoltes ordinaires.
Les terres irriguées de la catégorie I doivent être suffisamment horizontales pour qu’on
puisse les irriguer sans beaucoup d’effort ; en général, la pente doit être inférieure à un
pourcent (1%), et la perméabilité du sol doit être suffisante.
Les terres de la catégorie I sont fréquemment celles qui donnent la plus haute production,
et généralement, elles sont celles qu’il est particulièrement avantageux d’employer, parce
qu’elles ne nécessitent pas de procédé spéciaux de mise en culture. Sa gestion requiert
cependant l’application de méthodes culturales simples.
Les terres de la catégorie II peuvent être adaptées à une culture permanente si l’on emploie
des procédés agricoles simples.

B. Catégorie II.

Les terres de la catégorie II peuvent être adaptées à une culture permanente si l’on
emploie des procédés agricoles simples. Les principales pratiques nécessaires semblent
devoir être :
 des mesures qui permettent de mettre un terme à l’érosion ;
 des mesures de conservation des eaux ;
 un simple drainage ;
 un procédé simple d’irrigation ;
 l’enlèvement des pierres ou des autres obstacles ;
 l’amélioration du taux de fertilité par des engrais ou des amendements du sol.
4

Les méthodes auxquelles on recourt le plus couramment pou endiguer l’érosion et


conserver l’humidité sur des terrains de la catégorie II sont : le labour le long de courbes
de niveau ; la culture en bandes alternantes ; la culture des végétaux de couverture ; un
système de rotation comprenant des graminées et des légumineuses, un système simple de
terrassement ; des labours ; de paillage. Cependant, il est impossible de classer tel ou tel de
ces procédés comme une mesure simple ou intensive, étant donné que l’intensité ou la
difficulté d’application peut être un facteur aussi important que la nature du procédé. Les
procédés de culture en bandes alternantes et de rotation de récoltes peuvent être considérés
comme des méthodes simples sur une pente de 7% ou comme des méthodes intensives sur
une pente de 12%. En général, l’aménagement des terrasses et d’un système
d’épanchement des eaux est considéré comme une méthode intensive, mais certains
terrains qui ont besoin d’être aménagés en terrasses sont classés dans la catégorie II. C’est
sur le terrain que l’on doit déterminer quelles sont les méthodes ou les catégories de
méthodes simples ou intensives, et la classification à laquelle ont a aboutit doit toujours
donner des résultats pratiques et utiles.
Exemple d’une terre irriguée de la catégorie II possédant une pente de 5% qui nécessite
des simples mesures de protection pour empêcher le gaspillage du sol et de l’eau
d’irrigation dégringolant le long des sillons contribue également à la perte de l’humus.
Dans ce cas, les pratiques agricoles recommandées sont : la plantation annuelle d’une
couverture végétale avant la saison des pluies ; le rayonnage en bassins parallèlement aux
courbes de niveau ; plantation et irrigation d’une nouvelle culture sur les lignes
approximativement parallèles aux courbes de niveau.

C. Catégorie III.

Les terrains de la catégorie III sont susceptibles d’être mis en culture permanente au
moyen de procédé de culture intensive. Ce sont ces terrains qui exigent une application
minutieuse et intensive des meilleures pratiques de culture susceptibles d’être employées
pour arrêter l’érosion du sol ou pour mettre le sol en culture.
Les diverses catégories de pratiques nécessaires, dont certaines sont les mêmes que
celles employées pour les terres de la catégorie II, sont les suivants :
 les mesures destinées à supprimer l’érosion ;
 les mesures de conservation des eaux ;
 le drainage ;
 les pratiques intensives d’irrigation ;
 l’enlèvement des pierres particulièrement larges et nombreuses ;
 le relèvement de la fertilité par des engrais ou par des amendements.

Si le sol peut être travaillé et donner des récoltes productives, mais que les pentes soient si
prononcées qu’il est indispensable de contrôler l’érosion, plusieurs procédés seront
nécessaires. Ils peuvent comprendre de longues rotations de récoltes, des cultures alternées
en bandes étroites, des terrassements et des déversoirs d’évacuation des eaux, des
plantations en rangées de soutient, des rigoles de déviation, des passages pour
l’écoulement des eaux, des labours pratiqués le long des courbes de niveau, de culture de
couverture, du paillis, des labours de dégrossissage et des rayonnages en bassins. Le
système de drainage ou d’irrigation qu’on devra employer pourra être plus difficile à
aménager ou exiger des soins d’entretien plus actifs que sur les terres de la catégorie II, ou
5

bien la terre une fois drainée ou irriguée pourra demander des soins supplémentaires pour
donner des rendements modérés ou élevées.
Il est nécessaire de combiner pratiques des agricoles pour assurer une bonne culture, saine
et permanente des terrains de la catégorie III. Ils exigent un plus haut degré d’habileté
technique que les terrains de la catégorie II et, doivent bénéficier d’une protection
intensive contre l’érosion par l’eau.
Exemple : Un verger irrigué, situé sur une pente de 12% ayant souffert d’une érosion
modérée. Ce verger irrigué doit être protégé contre de nouveaux dommages par la culture
des plantes de couverture, par la culture le long de courbe de niveau, par le creusement
annuel des fossés d’irrigation et par des plantations en rangées de soutien. Des pratiques
appropriées d’irrigation et l’application d’engrais azotés sont également indispensables.

1.2. Terrains susceptibles d’être employés pour une culture occasionnelle ou limitée.

Catégorie IV.

Ce sont des terres de la catégorie IV qu’on retrouve dans ce type de terrains ; leur
pente peut être plus forte que celle des terrains de la catégorie III. Ces terres peuvent avoir
été plus gravement érodées et plus susceptibles à l’érosion.
Elles sont plus difficiles à drainer ou à irriguer, moins fertiles, plus ouvert et plus poreuses,
ce qui leur donne une perméabilité excessive. Pour diverses raisons, les terrains de la
catégorie IV peuvent être moins facilement susceptibles d’être cultivés que ceux de la
catégorie III. Cette catégorie ne contient pas de bonne terre pour des cultures intensives. La
meilleure façon d’utiliser ces sols consiste à les recouvrir d’une végétation permanente.
Dans les régions humides, on peut de temps à autres cultiver les terres de la catégorie IV
en employant une longue rotation de céréales tous les cinq ou six ans, suivies de prairies
pour le foin ou le pacage pendant plusieurs années. Une culture intensive ne saurait être
employée que temporairement. Certains des terrains presque horizontaux et parfaitement
drainés qui ont été classés dans la catégorie IV ne sont pas pour les cultures intercalaires à
cause du temps que réclame le sol pour sécher et en raison de leur taux de fertilité très bas
lorsqu’on veut les mettre en culture de ce genre.
Dans les régions semi-arides, les terrains classés dans cette catégorie IV conviennent à une
culture fourragère.
Dans les régions humides, la plupart de terrains classés dans cette catégorie IV
conviennent parfaitement pour les forêts. A moins qu’on ait besoin pou en faire des
pâturages, il n’est pas opportun, en règle générale de déboiser les régions actuellement
couverts d’arbres.
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1.3. Terrains impropres à la culture mais susceptible d’être employés pour une
végétation permanente.

A. Catégorie V.

Les terrains de cette catégorie sont impropres à la culture ; mais peuvent être employés
pour une végétation permanente utilisable pour le pacage des animaux ou pour la
production de bois sans aucune restriction spéciale.
Un terrain de cet ordre doit être presque horizontal et ne doit pas être accessible à l’érosion
par les eaux ou par le vent, même si la couverture végétale devait être enlevée. Si cette
couverture végétale est en bon état, un tel terrain ne demande aucune restriction ou aucune
pratique spéciale pour sa protection.
Un terrain sur lequel la végétation a été temporairement épuisée par des mauvais
procédés de culture peut exiger des restrictions modérées ou même sérieuse pendant une
certaine période de temps. Si ces mesures sont seulement destinées a permettre la repousse
de la végétation ou si le terrain n’est pas sujet à l’érosion et s’il est capable de produire des
rendements modérés ou élevés de fourrage ou de bois, il sera classé dans la catégorie V,
quels que soient la nature, la densité ou l’état de la végétation actuelle. Un terrain de la
catégorie V ne doit pas être soumis à l’érosion par les eaux de pluies ou par le vent ; il ne
convient pas à la culture. Cette catégorie est composée en grande partie des terres trop
humides ou trop caillouteuses pour pouvoir les cultivées, mais qui produisent du fourrage
et du bois. Aucune restriction ou pratique spéciales ne sont nécessaires pour protéger ces
terrains, bien qu’il puisse être avantageux d’imposer certaines restrictions de pacage et de
coupes de bois afin d’améliorer le rendement.

B. Catégorie VI.

Les terrains de cette catégorie conviennent pour une végétation permanente qui peut
être employés pour le pacage ou pour les produits forestiers, avec des restrictions
modérées. Ils ne peuvent être employés pour la culture. La plus grande partie de ces
terrains se trouvent sur des pentes modérées et, sont donc exposés à l’érosion par l’eau ou
le vent. Le pacage sera limité à la capacité du terrain, et, les restrictions consistent à
instituer des rotations de pacage afin de permettre à l’herbe de reprendre de forces. Parmi
les pratiques nécessaires pour réaliser les limitations indispensables on retrouve le
clôturage, la répartition des points d’eau, l’approvisionnement en sel, le choix rotationnel
de la répartition des troupeaux. Parmi les sévères restrictions temporaires nous pouvons
citer l’exclusion totale du bétail des pâturages de grands parcours épuisés par un pacage
excessif. En général, les terrains de la catégorie VI sont plus abrupts ou plus exposés aux
érosions éoliennes que ceux de la catégorie IV.
Des terrains de la catégorie VI situés dans les régions humides possèdent un sol peu
profond sur une pente d’environ 20%. Ils sont impropres à la culture, mais ils donneront un
bon pâturage s’ils sont chaulés et engraissées régulièrement. Les recommandations d’ordre
général concernent le chaulage, l’engrais et l’ensemencement dont les détails pratiques
différent d’une localité à une autre.
7

C. Catégorie VII.

Les terrains de cette catégorie sont situés sur des pentes plus inclinées que celle de
la catégorie VI, et possèdent un sol encore plus mince. Ils ne peuvent être mis en pâture
qu’avec des sévères restrictions.
Les terrains de la catégorie VII sont impropres à la culture et doivent faire l’objet
des soins attentifs lorsqu’ils sont employés comme pâturage comme forêt.
Les pâturages de la catégorie VII, situés dans les régions humides ont généralement besoin
d’une répartition d’engrais et d’une réglementation soigneuse du pacage. Plusieurs de ces
terrains ont besoin d’être chaulés et réensemencées.
Il est plus judicieux de recommander la conversion en bois qu’en pâturage la
majeure partie des terrains de la catégorie. La plus grande partie des terrains gravement
ravinés, situés dans les régions humides entrent dans la catégorie VII et doivent être
boisés.
La plus grande partie des terrains de cette catégorie possèdent une pente raide ; ils sont en
général rocailleux, érodés ou susceptibles d’être gravement affectés par l’érosion éolienne.
Cependant, tous les terrains de cette catégorie peuvent être employés pour la production de
bois ou d’herbages. Parmi les terrains de la catégorie, on rencontre ceux dont la capacité
d’utilisation est considérablement restreinte par l’insuffisance de pluies. Les autres ont
souffert gravement de l’érosion, ou bien se trouvent sur une pente très abrupte ou encore
possèdent une terre extrêmement rocailleuse.

1.4. Terrains impropres à la culture, au pâturage, et à la forêt.

Catégorie VIII.

Les terrains de cette catégorie sont impropres à la culture ou à la production d’une


végétation permanente ayant une valeur quelconque. Ils sont composés essentiellement des
terrains accidentés, rocheux, stériles ou de fondrières et de marécages impossible à mettre
en valeur. Cependant certaines parties des terrains de cette catégorie et en particulier les
fondrières et les marécages, peuvent être avantageusement aménagées comme réserves
pour la faune sauvage.

1.5. Utilisation de l’inventaire physique.

La classification des sols en huit catégories de capacités agrologiques de terrains faite


plus faite plus haut n’est pas définitive. Un sol peut passer d’une catégorie à une autre.
Parmi les facteurs qui influent sur la capacité de production d’une terre, plusieurs
d’entre eux, tels que le drainage naturel, l’approvisionnement des plantes en éléments
nutritifs et le climat influent également sur la production du terrain. D’autres, tels que la
nature et la susceptibilité à l’érosion, n’ont sur la production qu’un effet direct minime.
Selon les facteurs dominants, la relation entre les catégories de capacité agrologique de
terrains et leur groupement d’après leur productivité peut être étroite ou infime. Une prairie
qui pousse sur un sol de couleur sombre et sur une pente suffisamment inclinée pour qu’on
la classe à la catégorie IV peut, pendant un certain temps, donner une production beaucoup
plus abondante, aussi longtemps qu’elle conserve son humus, qu’un sol de couleur claire,
située sur une pente douce de la catégorie II. Cependant, toutes les terres des catégories I,
8

II, et III doivent être au moins suffisamment productives pour donner des rendements
modérés ou élevés de certaines récoltes sans avoir à subir pour cela des traitements
exceptionnels ou à recevoir des doses considérables d’engrais.
Afin de figurer dans l’une des trois premières catégories, un terrain doit être suffisamment
productif pour qu’il soit avantageux de la cultiver régulièrement.

Une fois établie, la classification des terrains est généralement permanente, mais des
modifications dans la qualité du sol ou dans les méthodes d’emploi ou de protection
nécessiteront une nouvelle classification. C’est ainsi que l’érosion du sol modifie, presque
sans exception, la capacité agrologique d’un terrain et le situe dans une catégorie moins
propre à la culture. L’érosion éolienne peut ruiner un champ cultivé en une seule saison, ou
même en plusieurs semaines. Et, dans certains cas extrêmes, l’érosion par l’eau peut
creuser des profondes ravines en quelques heures. Il est possible qu’on doive également
faire une nouvelle classification, si l’expérience démontre que certaine pentes et certains
sols qui étaient considérés autrefois comme étant trop susceptibles à l’érosion pour pouvoir
être cultivés, peuvent suffisamment protégés par l’application de meilleures méthodes. Il
peut exister d’autres causes nécessitant une nouvelle classification, telles que par exemple,
la mise en valeur de nouvelle sources pour l’irrigation d’une terre aride, de nouveaux
canaux d’évacuation pour le drainage de terrains humides qui étaient jusqu’alors
considères comme impossibles à drainer, ou encore l’aménagement d’un vaste système de
digues pour mettre certaines terres à l’abri des inondations qui rendraient jusque là toute
culture impossible.

CHAPITRE II : ROLE DE LA SYLVICULTURE DANS LA CONSERVATION DU


SOL ET DE L’HUMIDITE.

2.1. Introduction.

Dans les régions humides, une couverture de forêts constitue le moyen le plus efficace
de conserver le sol et l’humidité. Cependant, la pression démographique dans ces régions
contraint souvent les hommes à employer les terres à d’autres fins que la production
forestière. Et, certaines terres couvertes de forêts, sont par la constitution de leur sol, plus
particulièrement susceptibles que d’autres d’être utilisées à des fins qui compromettent la
conservation du sol.
La meilleure façon d’utiliser un terrain ne coïncide pas nécessairement avec le
maximum de sécurité au point de vue de la conservation du sol. Les capacités physiques
d’une zone détermine son niveau d’utilisation au dessus du quel il serait dangereux de la
soumettre. Un second groupe de facteur majeurs dont la nature est essentiellement
économique, déterminé l’utilisation la plus judicieuse ou avantageux de tel ou tel terrain,
qui ne peut se situer au-dessus du plafond de capacité agrologique.
Les facteurs "économiques" sont de nature plus ou moins temporaire, et une
modification de l’un ou de plusieurs d’entre eux peut entrainer un changement dans la
détermination de l’emploi optimum d’un des terrains donnés.
Les efforts dans le domaine de la sylviculture doivent avoir pour but de satisfaire aux
nécessités des terrains dont la nature a déterminé qu’ils doivent être convertis en forêts
plutôt que de continuer, sans discrimination, à employer comme forêt un terrain qui
conviendrait d’être utilisé autrement. Par conséquent, la première mesure importante
9

consiste a déterminer quelle est l’utilisation du terrain qui s’impose, compte tenu des
facteurs physiques et économiques.

2.1. Foresterie et Agroforesterie

La première étape dans la plantation des arbres est généralement la plus importante ;
elle concerne la sélection des espèces qui prospéreront sur un emplacement donné pour
produire des résultats escomptés. Il est donc nécessaire de planter des arbres sur des terres
forestières. Ainsi, dans l’œuvre de conservation et d’amélioration du sol et de l’humidité,
les emplacements qui ont souffert le plus gravement de l’érosion et qui ont été
profondément appauvris sont généralement désignés pour le reboisement.
Le but du reboisement doit être, dans ce cas, d’établir une couverture végétale
protectrice du sol.
En général, il est souhaitable d’employer plusieurs essences d’arbres. Car, des plantations
composées d’une seule essence d’arbres sont généralement plus vulnérables aux influences
destructrices, notamment aux ravages des insectes et aux maladies.
Dans les régions humides, la plantation des arbres s’effectue juste au début de la saison de
croissance dans sol humide.

Afin de mieux protéger le sol contre les érosions et de cultiver ces terrains, il est
possible d’associer le reboisement aux cultures, c’est l’agroforesterie.
Par leur enracinement profond, les arbres stabilisent le sol, permettant ainsi à l’eau de
s’infiltrer en profondeur, assurant par la même occasion l’humidité du sol. Ils ramènent en
surface les éléments minéraux puisés en profondeur. Ainsi, les cultures associées
bénéficient de ces éléments et des conditions favorables à leur croissance.
En effet, en agroforesterie, on fait de la culture associée ou en couloir. On constitue
généralement des haies d’arbres séparées d’une plate bande réservée à la culture. Cette
pratique améliore la fertilité du sol, son humidité, sa résistance à l’érosion, son aération et
son drainage.
Le ruissellement superficiel sur une zone forestière est insignifiant ou nul ;
naturellement il n’existe pas d’érosion sur cet emplacement. L’eau qui n’est pas évaporée
ou utilisée par la végétation pénètre lentement dans le sol pour alimenter des sources et des
ruisseaux ou pur remplir des réservoirs plus profonds.
Cette association du végétal et de l’eau fonctionnant en présence d’une abondante quantité
d’air et de lumière préserve et renouvelle perpétuellement l’existence de chacun des
éléments associés.
La densité foliaire et les conditions du sol qui se rapprochent le plus de celles de la forêt
vierge représentent également les conditions nécessaires a une bonne protection du sol.
Une ancienne forme d’Agroforesterie qui s’est développée dans certaines zones
d’Afrique occidentale est communément connue sous la dénomination de jardins
forestiers. Ils fournissent une palette très variée des produits destinés à la consommation et
à la vente et assurent une protection permanente contre l’érosion des sols. Ce système qui
est parfois qualifié de primitif est en fait très productif.
En effet, comme les forêts, les jardins forestiers se composent de plusieurs strates ou
niveaux de plantations végétales. En partant du haut, on retrouve souvent le palmier à huile
en Afrique de l’Ouest ou le cocotier dans les Caraïbes ou Pacifique, ou ne espèce similaire
de grande taille. Ces arbres peuvent fournir du bois de chauffage ou de construction, des
10

fruits, du fourrage, de l’ombrage ou des aliments sous forme de noix, de fleurs et de


feuilles comestibles.
Au deuxième niveau, on peut retrouver le bananier, le papayer, le goyavier, des agrumes,
le manguier, l’avocatier ou autres arbres producteurs d’épice tel le muscadier etc…
Le troisième niveau est occupé par des arbres encore plus petits tels que le cacaoyer, et par
des arbustes tels que caféier et le théier.
Au sol, le dernier niveau est représenté par des cultures de rapport telles que l’ananas, et
par les céréales, les plantes à tubercule, les légumineuses te les légumes forment les
cultures de base pour l’alimentation de population locale.
D’autres catégories des plantes condimentales etc… peuvent également faire partie des
jardins forestiers. Et, ce système d’agroforesterie proche du système naturel inclut souvent
le bétail, quelque soit sa taille.
Les jardins forestiers constituent une évolution progressive ; ils semblent avoir évolué
avec les systèmes de culture itinérante et de jachère en brousse.
L’implantation des arbres et des autres cultures parait à première vue irrégulière, ou le fruit
du hasard, mais les plantes se situent en fait toutes dans des endroits où elles peuvent être
facilement protégées, arrosées et récoltées. On observe cependant que la densité culturale
croit avec la densité de la population et la rareté des terres.
A l’Est du Nigeria, l’implantation des jardins forestiers s’effectue comme décrit ci-
après.
Les agriculteurs éclairent une parcelle de forêt adulte, ils vendent les plus grands arbres
pour disposer de fonds et plantent des arbres fruitiers dans les zones dégagées autours des
arbres restants.
Une autre technique consiste à éclaircir des parcelles de forêt plus grandes, mais aussi plus
espacées les unes des autres, et à y planter des arbres fruitiers ou d’autres types d’arbres en
formant de petits bosquets
Une troisieme solution est de planter des arbres forestiers et fruitiers en les alternant. Dans
tous les systèmes, le bois taillis de coupe est éclairci pendant la saison sèche avant que les
arbres fruitiers ne soient plantés.
Selon Oyating Ichire de l’université de Calabar au Nigeria, avec ces techniques, les fruits
du cacaoyer et des agrumes viennent à maturité plus tôt et l’on obtient en outre une bonne
production de bananes. Cependant, le palmier à huile prospère mieux quand il n’est pas
intégré dans un tel système. Les cultures au sol, comme l’ananas et les aliments de base
sont quant à elles protégées par les végétaux plus grands, à condition que ceux-ci ne leur
fassent pas de l’ombrage.
Les jardins forestiers constituent des systèmes économiques respectueux de
l’environnement et biologiquement viables ; à condition toute fois d’apprendre à optimiser
l’équilibre entre les espèces, surtout celles qui prospèrent à différents niveaux d’ombre.
Quoi qu’il en soit, il est clair que les jardins forestiers offrent un potentiel non négligeable,
aussi bien en ce qui concerne l’apport alimentaire et financier que la protection des sols et
de la biodiversité biologique.

Les arbres jouent un rôle primordial dans la vie des hommes.


Lloyd Timberlake écrivait : lorsque les arbres disparaissent, les produits essentiels
deviennent plus rares, le paysage devient vulnérable à l’érosion par le vent et par les eaux,
la fertilité des sols diminue. Dans une région donnée, la raréfaction des forêts ou des arbres
est le signe le plus marquant de la dégradation de l’environnement et du sol.
11

En effet, les arbres favorisent la régénération des sols en restituant par leurs feuilles les
éléments nutritifs qu’ils vont chercher en profondeur, ils facilitent l’infiltration de l’eau et
son maintien de la production agricole indispensables à la régénération des terres cultivées,
ils le sont aussi au maintien des populations dans les zones rurale à qui ils fournissent des
compléments alimentaires, des produits pharmaceutiques et de fourrage pour le bétail.

CHAPITRE III : CONSTRUCTION DES TERRASSES POUR LA CONSERVATION


DE L’EAU ET DU SOL.

Lorsqu’ils veulent produire des récoltes et élever du bétail, les agriculteurs doivent
résoudre le problème de la conservation du sol et des eaux de pluie sur les terres en pente.
L’importance de ce problème a été négligée dans le passé et la perte continuelle de la
couche superficielle du sol, sous les effets de l’érosion, a déjà rendu inutilisable des
étendues de bonne terre arable qui ne peuvent plus donner des bons rendements. Les
fermiers doivent adopter des procédés de conservation du sol sur les pentes sujettes à
l’érosion avant de pouvoir pratiquer un procédé de culture susceptible de donner des
résultats permanents.
Lorsque les terrasses sont bien construites, employées et entretenues d’une manière
rationnelle, elles retardent le processus d’écoulement des eaux.
Ce chapitre donne quelques documentations sur la construction des terrasses et sur leur
entretien en coordination avec d’autres procédés recommandés pour la conservation du sol.
L’utilisation du terrain conformément à ses capacités agricoles doit servir de guide pour
déterminer quelles sont les zones ou les champs qui doivent être aménagés en terrasses.
La terre utilisée pour la culture doit être aménagée en terrasses lorsque l’écoulement des
eaux et l’érosion ne peuvent pas être maitrisés par la reconstruction de la couverture
végétale ou par les procédés de cultures nécessaires, conformément au plan de rotation.
Les terres qui ne conviennent pas à la culture ne doivent pas être aménagées en terrasses,
sauf dans certains cas particuliers. Par exemple : lorsqu’une terre a été épuisée par de
mauvais procédés de culture, il se peut qu’on doive l’aménager en terrasses pour aider à
créer une végétation permanente. En l’occurrence, les terrasses sont employées comme une
mesure temporaire, et leur construction doit être beaucoup moins minutieuse que celles de
terrasses permanentes.

3.1. Mesures agronomiques de lutte contre l’érosion.

Au point de vue économique, on ne saurait justifier la construction de terrasses sur les


terres cultivées susceptibles d’être protégées par des méthodes de conservation moins
onéreuses.
Des mesures agronomiques telles que le labour pratiqué le long des bandes alternantes
représentent tout ce qu’il est nécessaire d’effectuer sur plusieurs zones de terrains en pente.
Ces mesures agronomiques peuvent suffire à elles seules pour assurer une protection
suffisante :

 lorsque l’intensité des chutes de pluie est assez basse et que le sol absorbe
rapidement l’eau ;
 lorsque le sol résiste à l’érosion et que les pentes sont douces ;
12

 lorsque l’on peut introduire des rotations qui assurent le maintien d’une couverture
végétale résistante à l’érosion pendant une grande partie du cycle de rotation, et en
particulier pendant les saisons des pluies.

Mais lorsque la susceptibilité d’un sol à l’érosion, la longueur des pentes et l’intensité
considérable des chutes de pluie sont des facteurs dominants du problème, et lorsqu’on
doit suivre un cycle de rotations très brèves pour assurer un revenu avantageux, ces
mesures agronomiques risquent de n’apporter qu’un remède partiel. Elles doivent être
renforcées par l’aménagement en terrasses, qui est un procédé mécanique de lutte contre
l’érosion, si l’on veut assurer une protection suffisante contre ce fléau.
Il ne suffit pas de construire des terrasses, encore faut-il employer les meilleurs
procédés de culture, car en elles-mêmes, les terrasses sont insuffisantes pour améliorer la
fertilité du sol.
Toutefois, elles retiennent la couche arable fertile et permettent de conserver les engrais et
la chaux appliqués.
La construction des terrasses ne se justifie que dans la mesure où les champs aménagés en
terrasses donnent pendant plusieurs années de meilleurs rendements que les champs quine
sont pas aménagés en terrasses et dont la production pourrait rapidement décroitre sous
l’effet des pertes entrainées par l’érosion.

3.2. Principes hydrauliques à observer dans la construction des terrasses.

Un taux élevé de précipitation d’eau de pluie est susceptible de créer un écoulement


superficiel considérable qui s’accumulera dans les dépressions et dégringolera le long des
pentes. Généralement, lorsque cet écoulement atteint une vitesse d’environ 60-90cm ou
plus par seconde, il est capable d’ameublir et de transporter le sol cultivable de la surface
des champs qui n’auront pas été protégées contre l’érosion. Des vitesses inférieures
déterminent fréquemment de l’érosion sur certains terrains sablonneux ou argileux fins. Au
sommet d’une pente, la quantité de ruissellement est généralement minime et son
mouvement assez lent, si bien que ce dommages ; mais à mesure que l’eau descend la
pente, son volume et sa vitesse ne cessent d’augmenter et elle acquiert une vitesse
croissante qui lui permet d’arracher des particules de terre sur son chemin.
Le but visé dans la construction de terrasses est d’interceptent le ruissellement avant
qu’il n’ait atteint une rapidité suffisante pour pouvoir décaper le sol dans des proportions
importantes. Elles doivent permettre à l’excédent d’eau de pluie de s’écouler à la surface
du champ à une vitesse qui ne soit pas susceptible de susciter de l’érosion et de diriger cet
excès d’eau de pluie vers des bassins hydrographiques dont l’écoulement des eaux sont les
premiers facteurs dont on doit tenir compte lorsqu’on fait le plan d’un système de
terrasses.

A. Pente de la surface du terrain.

Sur les pentes abruptes, la vitesse et la puissance d’écoulement sont plus grandes que
sur des pentes courtes et peu prononcées. Les terrasses apportent un moyen de diminuer
l’érosion en raccourcissant les pentes. Ainsi, afin que les terrasses puissent plus
efficacement atteindre ce but, on doit faire varier l’espacement entre les terrasses en
fonction de la pente.
13

En d’autres termes, plus la est abrupte, plus courte doit être la distance entre deux
terrasses. Chaque terrasse doit intercepteur l’écoulement des eaux provenant de la terrasse
qui la surplombe avant que la puissance d’érosion de ces eaux d’écoulement ne soit
devenue suffisamment considérable pour emporter le sol. Ainsi, lorsqu’on fait le plan d’un
système de terrasses, il est important de savoir quel est l’accroissement de la vitesse et de
puissance d’érosion qu’on peut prévoir au fur et mesure que le degré de la pente augmente.
Par exemple : si la pente d’un champ est telle qu’elle produise une rapidité d’écoulement
des eaux qui atteigne 60cm par seconde théoriquement cette pente ne devra être que quatre
fois plus accentuée pour produire une rapidité d’écoulement qui atteigne 1.20m par
seconde. Or un écoulement de 1.2.m/s possède une puissance d’érosion ou d’arrachement
du sol quatre fois plus considérables que si ce taux d’écoulement n’était que de 60cm/s. Et,
l’eau d’écoulement peut transporter un volume de matériel 32 fois plus considérables. En
général, lorsqu’une vitesse d’écoulement atteint le double de sa vitesse initiale, sa
puissance d’érosion est multipliée par quatre et sa puissance de transport multipliée par 32.
Ainsi, si la pente qui a produit une vitesse d’écoulement de 60cm/s augmente
suffisamment pour produire une vitesse, une rapidité d’écoulement qui atteigne 2.40m/s,
les puissances d’érosion et de transport seront respectivement de 16 et 1024 fois plus
considérables.
La vitesse d’écoulement des eaux augmente non seulement avec l’angle de la pente,
mais encore avec sa longueur. La rapidité avec laquelle l’eau descende une pente n’est pas
constante, elle dépend des conditions du terrain donné. Le volume des eaux d écoulement
croit également à mesure que l’eau se précipite le long de la pente, en toison de
accumulation aconit davantage viennent s’y précipiter. Cette accumulation accroit
davantage encore la rapidité de chute des eaux de ruissellement ; car, à mesure que leur
volume augmente, les eaux tendent graduellement à se concentrer dans les fissures
profondes et étroites, si bien que leur cours est beaucoup plus rapide que si elles se
répandaient régulièrement sur toute la surface du champ.
La rapidité et le pouvoir d’érosion de ces eaux d’écoulement peuvent être maitrisés
par le raccourcissement de la longueur de la pente. C’est précisément ce que réalise une
série de terrasses construites en travers d’un champ, car la longueur de la pente ne
représente plus alors que la distance d’une terrasse à l’autre.

B. Calcul du taux d’écoulement des eaux.

Lorsqu’on calcule la capacité d’écoulement que doit posséder une canalisation, le taux
moyen d’écoulement de l’aire d’alimentation des eaux est un facteur beaucoup plus
significatif que la quantité totale qui sera déversée après une chute de pluie, à moins qu’on
se propose d’accumuler ou de conserver tout l’excédent des eaux de pluie. Le taux
d’écoulement d’une zone de drainage est conditionné par les caractéristiques des chutes de
pluie et du bassin hydrographique.
Les caractéristiques des chutes de pluie sont l’intensité, la durée et la fréquence.
Les caractéristiques du bassin hydrographique qui influencent le taux d’écoulement des
eaux sont : la catégorie à laquelle appartient le sol, son relief et sa couverture végétale.
En règle générale, une terrasse est conçue de manière à pouvoir assurer l’écoulement
des pluies maximum susceptibles de se produire au cours d’une période de cinq à dix ans.
La capacité des eaux d’écoulement s’exprime en mètres cubes par seconde. On la
calcule en multipliant la surface de la section transversale du canal, exprimée en mètres
14

carrés, par sa rapidité d’écoulement évaluée en mètres par seconde. Par exemple, un canal
de 80cm de profondeur sur 1.80m de large ayant aune vitesse d’écoulement de 50cm par
seconde transportera un volume d’eau égale à 0.80m x 1.80m x 0.50m= 0.720m 3 d’eau par
seconde.
En pratique, pour déterminer la dimension du canal à construire, on considère qu’il est
avantageux de lui donner des dimensions légèrement supérieures à celles qui sont
indiquées par le calcul des charges prévues, en raison de l’incertitude sur le volume de
l’écoulement des eaux à certaines périodes, et en raison de la difficulté qu’on aurait à
maintenir exactement pendant toutes les périodes de l’année, les spécification exigées pour
la construction des terrasses.

3.3. Catégories de terrasses.

L’objectif ultime de toutes les terrasses est la conservation du sol. On atteint cet
objectif en construisant des terrasses qui permettent d’intercepter et de détourner
l’écoulement superficiel des eaux ou de le capter en augmentant la puissance d’absorption.
D’un point de vue fonctionnel, les terrasses sont classées en deux catégories : 1°. Terrasses
d’interception et de dérivation des eaux, 2°. Terrasses d’absorption.
La classification au point de vue construction doit comprendre également une
troisième catégorie : les terrasses en gradins employés sur les pentes plus prononcées.
Ainsi, nous aurons exprimé par des expressions aussi brèves que possible :
 Terrasses de canalisation ;
 Terrasses d’absorption en remblai ;
 Terrasses en gradins.
Dans certaines régions, l’absorption et la dérivation des eaux sont des objectifs
importants du travail d’aménagement en terrasses, mais il existe aussi des vastes régions
où la dérivation présente une importance primordiale, et d’autres dans lesquelles
l’absorption représente le but essentiel à atteindre.
Des régions ayant des chutes de pluie modérées et des conditions favorables du sol
auront à faire face à des terrasses qui réunissent les caractéristiques des deux catégories.
Les dimensions en coupe transversale de toutes les catégories de terrasses différeront entre
elles d’après la nature de terrain, les caractéristiques des chutes de pluie et les machines
employées pour la construction. Mais le fait que les dimensions doivent être adaptées aux
conditions locales n’invalide pas la classification de toutes les terrasses d’après leurs
fonctions essentielles.

A. Terrasses de canalisation.

La terrasse de canalisation agit essentiellement comme un cal de drainage destiné à


conduire l’excès des eaux de pluie provenant des champs en amont à une vitesse qui ne
leur donne pas un pouvoir d’érosion. Etant donné qu’on doit réaliser le drainage d’une
surface dont le ruissellement n’a qu’une faible vélocité, c’est le canal et non le pas le
remblai qui présente une importance primordiale. Un canal assez large et relativement peu
profond, de pente faible, ayant des berges en pente douce et une ample capacité
d’écoulement des eaux, donnera les résultats les plus souhaitables. La terre venant des
excavations est employée pour donner à la rive inferieure du canal une profondeur qui
suffise à lui assurer la capacité d’écoulement nécessaire. Un remblai élevé n’est pas utile
15

car il constitue un obstacle sérieux aux travaux de culture, augmente les frais de
construction et nécessite l’utilisation d’une grande partie de la terre arable du champ. Dans
les terrasses de canalisation, le remblai doit être considéré comme auxiliaire du canal
d’écoulement et doit graduellement se fondre dans les pentes de la surface afin de réduire
au minimum les difficultés d’exploitation.
En général, la terrasse de canalisation est indiquée pour des sols qui sont relativement
imperméables et lorsque la répartition des pluies est suffisamment régulière pendant la
saison de croissance végétale.

B. Terrasses d’absorption en remblai.

La lutte contre l’érosion au moyen de la terrasse d’absorption en remblai est effectuée


pour la conservation de l’eau. Afin d’accroitre l’absorption du sol, on construit
cetteterrasse de manière que les eaux d’écoulement captées se répandent sur une zone aussi
large que possible. Pour qu’elles soient efficaces, les pentes de la surface des terrasses
doivent être suffisamment plates, le remblai doit avoir une hauteur suffisante pour retenir
l’eau sur une surface relativement large, et la terre nécessaire à la construction de ce
remblai doit être creusée avec précaution, de manière à éviter que les eaux d’écoulement
ne se concentrent sr une zone restreinte. Dans cette catégorie, le remblai présente une plus
grande importance que la construction du remblai. Ces terrasses sont aménagées sur un
plan horizontal et bouchées à chaque extrémité ; mais à titre de mesure de sécurité, on
évite souvent de boucher les extrémités de la terrasse afin que l’excès de pluie puisse
s’écouler avant de déborder par-dessus le remblai.
Dans certaines régions, les extrémités des terrasses sont partiellement obturées lorsqu’on a
jugé nécessaire de prévoir à titre de mesure de sécurité, l’évacuation des précipitations
excessives dont on n’a pas pu tenir compte dans la détermination du coefficient de
fréquence prévu à plan d’aménagement. Si l’eau de pluie retenue sur des terrasses
horizontales risque d’endommager les récoltes, il pourra être nécessaire de prévoir une
légère pente de canalisation, en particulier près de l’endroit où s’épanche l’excédent d’eau.
En général, les terrasses d’absorption en remblai sont destinées aux zones de basses
précipitations et pour de terrains dont la perméabilité du sol est très bonne et des pentes
très douces. Toutefois, ces terrasses peuvent également être utilisées avec un succès très
marqué sur des zones de sols sablonneux en pente douce où les chutes de pluie sont plus
élevées.

C. Terrasses en gradins.

Les travaux de terrassement consistent à transformer des terrains dont la pente est
relativement abrupte en une série des bandes horizontales construites en travers de la
pente. Ces bandes sont séparées par les pentes presque verticales consolidées par des rocs
ou par une végétation à croissance dense. Cette catégorie de terrasses est conne sous le
nom de terrasses en gradins, et elle sert d’exemple pour comprendre le sens original du
mot terrasse. Il s’agit là d’une des méthodes mécaniques les plus anciennement employées
pour arrêter l’érosion, et qu’on a utilisées pendant des siècles dans des pays dont la densité
de population et les conditions économiques nécessitaient la mise en culture de terrains
accidentés. L’emploi des terrasses en gradins sur des pentes très prononcées a pour résultat
non seulement de freiner les pertes de terrains, du sol, causées par l’érosion, mais aussi de
16

faciliter les travaux de culture sur ces terrains en pente. En général, les terrasses en gradins
sont construites sur des pentes abruptes dont le sol est très fertile.
Le but essentiel de l’emploi de saines pratiques de culture sur les terrasses est
d’améliorer la fertilité du sol, de réduire les glissements annuels de terrains entre les
terrasses et de maintenir au minimum les frais d’entretien des terrasses.
En règle générale, les terrasses sont construites sur des pentes ne dépassant pas 12 %. La
limite extrême des pentes sur lesquelles on peut employer le plus efficacement possible les
terrasses d’absorption en remblai, au point de vue de la conservation de l’eau, est en
général d’environ 3%. Pour des pentes plus accentuées, le remblai devra avoir une grande
hauteur pour pouvoir conserver un coefficient d’humidité appréciable.

La règle facile pour l’obtention de distance entre les terrasses, qui donne
approximativement l’intervalle vertical (en pieds) des terrasses construites dans des
conditions normales, consiste à diviser la pente (en pourcentage) par 4 et ajouter 2 au
quotient. IV= 2 + P/4. Pour convertir le résultat en unité métrique, il suffit de multiplier par
0,305 selon la formule : IV= (2 + P/4) X 0,305
ou : IV= intervalle vertical en mètres ;
P = pente de terrain en %
Les espacements de terrasses que nous reprenons ci-dessous sont fondés sur les
recommandations des stations expérimentales de conservation du sol et de l’eau des USA.
17

Distance entre les terrasses.

Pentes en % Distances le long de Intervalle vertical Distance horizontale


la pente
4 22.86 m 0.91 m 22.86 m
5 19.81 m 0.99 m 19.81 m
6 17.78 m 1.07 m 17.78 m
7 16.35 m 1.14 m 16.33 m
8 15.27 m 1.22 m 15.24 m
9 14.33 m 1.30 m 14.29 m
10 13.77 m 1.37 m 13.72 m
11 13.21 m 1.44 m 13.16 m
12 12.78 m 1.52 m 12.70 m
13 12.42 m 1.60 m 12.32 m
14 12.09 m 1.67 m 11.97 m
15 11.81 m 1.75 m 11.68 m
18

CHAPITRE IV : CATEGORIES ET EMPLOIS DES CULTURES EN BANDES


ALTERNANTES.

4.1. Introduction

Il existe quatre catégories généralement connues sous le nom de culture en bandes


alternantes : bandes alternantes le long des courbes de niveau, bandes alternantes
transversales continues, bandes alternantes contre l’érosion éolienne et bandes alternantes
de soutien.

1°. Bandes alternantes le long des courbes de niveau.

Les cultures ou récoltes sont disposées en planches ou bandes le long des courbes de
niveau et à angle droit avec la pente naturelle du terrain. Généralement, les bandes
contiennent des récoltes qui suivent une séquence de rotation bien définie. Ce genre de
culture en bandes alternantes est employé généralement pour réprimer l’érosion par les
eaux. Il est généralement employé efficacement sur les terrains en pente, dans des régions
où l’érosion éolienne pourrait être aussi dangereuse que l’érosion par les eaux.

2°. Bandes alternantes continues.

Ces bandes alternantes ont une longueur uniforme ; elles sont disposées au travers de la
ligne générale de pente, mais ne sont pas incurvées pour s’adapter aux courbes de niveau.
Ce procédé n’est recommandé que dans des régions où la topographie est trop irrégulière et
les ondulations du terrain trop prononcées pour que des bandes alternantes le long de
courbe de niveau soient pratiquées.

3°. Bandes alternantes contre l’érosion éolienne.

Ces bandes ont une largeur uniforme ; généralement, elles sont rectilignes et disposées
que possible à l’angle droit par rapport à la direction des vents prédominants. Ces bandes
sont d’égales largeurs, parallèles, et leur direction coupe la ligne des vents dominants.
Ce procédé est recommandé sur des terrains horizontaux où l’érosion par les eaux est sans
importance.

4°. Bandes alternantes de soutien.

Ces bandes plantées en herbes ou en légumineuses sont aménagées entre des bandes
plantées en céréales suivant une rotation régulière. Ces bandes peuvent être larges ou
étroites et avoir une largeur constante ou variable. Elles peuvent être placées seulement sur
les parties abruptes et dangereusement érodées ou érodables d’une pente, ou disposées à
intervalle plus ou moins réguliers au travers de la pente. Ces bandes sont employées pour
assurer une protection plus forte contre l’érosion que celle qu’on pourrait obtenir d’une
culture compacte de céréales ou des récoltes intercalaires.
Le choix de la bande alternante dépend d’un certain nombre des conditions locales,
telles que la nature des récoltes que peut produire le terrain, la nature de l’érosion (par le
vent ou par les eaux de pluie), les caractéristiques physiques du sol.
19

4.2. Rotations.

Il est nécessaire d’insister sur l’importance de la rotation dans le système des bandes
alternantes, aussi bien pour le choix des récoltes que pour la disposition de chaque récolte
dans le plan de rotation et sur le champ ou l’unité de culture. Des rotations prévoyant des
cultures en bandes alternantes d’herbes vivaces à croissance dense et de légumineuses
alternent avec des cultures intensives ou des céréales constituent la disposition la plus
efficace pour réduire l’érosion sur les terres cultivées.

4.3. Largeur des bandes alternantes.

Il n’existe aucune règle pour déterminer la largeur des bandes alternantes selon un
système qui puisse s’appliquer à toutes les conditions. Dans des régions humides, on
emploie des bandes alternantes de 20 à 50m de large. Le degré et la longueur de la pente,
la perméabilité du sol, sa susceptibilité à l’érosion, la quantité et l’intensité des chutes de
pluie, la nature des récoltes et leurs dispositions dans le plan de rotation, et l’importance de
l’équipement agricole constituent certains des facteurs qui influencent la détermination de
largeur des bandes alternantes. Dans les régions où l’on pratique la méthode de "dry
farming" destinée à la lutte contre l’érosion éolienne, on peut employer efficacement des
bandes alternantes d’arachide, par exemple, dont la largeur ne dépasse pas 4m et des
bandes de céréales secondaires dont la largeur peut atteindre et dépasser 100 mètres.
Dans les différentes conditions d’instabilité du sol, la largeur de la bande alternante peut
varier d’après la nature du sol, le système de culture et la vitesse des vents. Lorsqu’on a
besoin d’assurer une protection contre l’érosion par les vents et par les eaux, la largeur
maximum de la bande alternante ne doit pas dépasser les limites de sécurité de l’une ou
l’autre catégorie.
Les terrasses ont pour effet de raccourcir la pente ; en d’autres termes, la longueur de la
pente ne représente que la distance entière du sommet au bas du champ. Pour cette raison,
les terrasses, lorsqu’elles sont utilisées avec un système de bandes alternantes, influencent
la largeur des bandes.
En général, on doit donner aux terrasses la largeur qui convient le mieux pour les
travaux de culture, sans être cependant telle qu’elle permette la concentration des eaux
écoulement et des pertes excessives d’humus. On s’est aperçu que les pertes en humus et
en eaux d’écoulement pourront être beaucoup plus grandes si l’on dispose des bandes
alternantes trop loin des courbes de niveau que si l’on construit des bandes de culture
intercalaires trop larges. Sur des pentes irrégulières où des bandes alternantes ne suivent
pas de près les courbes de niveau, il pourra être nécessaire, si l’on veut empêcher l’érosion,
de les faire plus étroites que des bandes établies sur des pentes uniforme qui ne
s’écarteraient qu’à un degré insignifiant des courbes de niveau.
20

CHAPITRE V : CULTURES DE COUVERTURE POUR LA CONSERVATION ET


L’AMELIORATION DU SOL.

Les expériences ont démontré que le sol est beaucoup plus susceptible à l’érosion
lorsque les champs sont dépouillés de végétation. Elles indiquent également que les sols
qui ont une faible teneur en matière organique ou de fertilité sont plus facilement attaqués
par des érosions que ceux qui ont une teneur élevée en matière organique et humus. En
outre, elles montrent qu’à l’exception de terrains en pentes très modérées, les pertes
d’humus occasionnées par l’érosion produite par les eaux de pluie se produiront
certainement si le sol n’est pas maintenu par une couverture végétale. Cette situation est
tout particulièrement grave ; car, les trois quarts environ de toutes les récoltes cultivées
sont produites sur des terrains dont la pente est suffisante pour déclencher de l’érosion si le
sol n’est pas protégé par une couverture végétale adéquate ou par d’autres mesures de
répression de l’érosion.
Toute culture qui sert en même temps de solide couverture végétale pour protéger le
sol est une culture de couverture, qu’elle ait été ou non expressément plantées à cet effet.
C’est ainsi qu’une culture de céréales au début de sa croissance, les herbes, les pâturages,
les plantes qu’on enfouit dans le sol comme engrais vert, sont des cultures de couverture.
Toutefois, l’usage général restreint ce terme d’une façon plus précise aux cultures qui sont
plantées tout spécialement pour réprimer l’érosion du sol, lui ajouter des matières
organiques et améliorer sa fertilité ; ces cultures présentent une importance primordiale
pour la conservation du sol.
On peut résumer brièvement les principaux avantages d’une culture de couverture
comme suit :
 elle réduit l’écoulement des eaux de pluie et conserve ainsi l’humidité ;
 elle empêche l’excès d’érosion du sol ;
 elle améliore la couche arable du sol en y ajoutant des matières
organiques ;
 elle empêche l’écoulement des éléments fertilisants dont dispose la plante et en
particulier des produits azotés ;
 lorsqu’elle est enfouie dans le sol, elle forme de l’humus et libère des substances
minérales indispensables à la nutrition végétale ;
 elle peut servir de pâturage ;
 elle protège les différentes constructions destinées à lutter contre l’érosion ;
 elle accroit le rendement en maïs, en coton et d’autres céréales ;
 elle accroit la capacité d’absorption de l’eau et l’infiltration de l’eau dans le sol.
Les avantages des cultures de couvertures l’emportent généralement de beaucoup sur
toutes les objections qu’elles pourraient susciter. Néanmoins, les principales
caractéristiques qui pourraient se relever désavantageuses dans l’emploi d’une culture de
couverture sont :
 le coût des semences ;
 le coût de la main-d’œuvre nécessaire à la préparation du terrain et au semis ;
 la possibilité que cette couverture végétale serve de refuge à des insectes
nuisibles qui attaqueront ensuite le maïs ou les autres récoltes.
21

La culture de couverture n’est pas une panacée, elle ne représente qu’un des procédés
recommandés dans un programme bien établi et complet de conservation et amélioration
du sol.
Les cultures en larges sillons de récoltes telles que le coton, le maïs, la pomme de
terre, le tabac, entraînent des pertes considérables d’humus. On doit les cultiver selon un
plan de rotation systématique et faire entrer dans la rotation des plantes constituant une
couverture végétale si l’on veut réduire au minimum les pertes d’humus et maintenir les
rendements.
Dans les régions où le sol est sablonneux et où les chutes de pluies peuvent être
importantes et la vélocité du vent excessive, les cultures de couverture sont indispensables,
à moins que la teneur du sol en matière organique ne soit exceptionnellement élevée.
Lorsqu’on sème et que l’on fait pousser des plantes de couverture végétale, on imite
la méthode employée par la nature pour maintenir le sol en place. A mesure que les
procédés naturels de formation d’humus progressaient à travers les âges, la nature toujours
protégé son travail en le recouvrant de différents couvertures végétales.
Dans les conditions naturelles, certaines espèces végétale occupent le sol pendant
toute leur saison de croissance et laissent un résidu organique qui le couvre pendant la
saison morte. Si l’agriculture doit être permanente, le sol doit être cultivé de manière que
sa productivité soit maintenue, nono point par la conservation apports temporaires
d’éléments nutritifs, amis par la conservation du sol lui-même réalisée au moyen de
l’emploi de cultures de couverture dans le plan de rotation ou en association avec des
cultures intensives ou encore en association avec une plantation d’arbres fruitiers, des
arbustes ou avec d’autres récoltes qui n’occupent le terrain que pendant une partie de la
saison de croissance ou ne peuvent donner au sol qu’une couverture partielle.
Le procédé consistant à utiliser les végétaux de couverture comme engrais vert ou de
les retourner dans le sol lorsqu’ils sont encore verts est un excellent procédé. Ainsi
employées, les plantes améliorent et augmentent la quantité de l’humus dans le sol en
ajoutant de la matière organique et en apportant des éléments nutritifs pour les futures
récoltes ; en outre, un végétal employé comme engrais vert apporte de cette façon une
couverture végétale et empêche l’érosion pendant sa période de croissance, pour
augmenter ensuite la fertilité du sol.
Les cultures de couvertures utilisées comme engrais verts doivent être enfouies dans
le sol lorsque l’humidité est abondante et avant qu’elles n’atteignent un point de maturité
qui rendrait leur décomposition difficile. En règle générale, en délai de deux semaines
avant la plantation du maïs ou de trois semaines avant la plantation du coton sera
suffisante.
La nature de la culture de couverture à employer doit être déterminée par des
conditions, les besoins locaux et les objectifs spéciaux qu’on désire atteindre.
Sur les terrains qui ne produisent pas de récoltes rentables et où l’érosion est grave, il est
souvent à conseiller d’employer un mélange d’herbes vivaces adaptées au climat et au
terrain pour servir de couverture végétale, afin que les herbes qui seront les mieux adaptées
et les plus vigoureuses finissent par constituer une couverture permanente qui pourra au
bout d’un certain temps naturellement ou artificiellement être remplacée par une forêt.
22

CHAPITRE VI : DIVERSES CATEGORIES DE CULTURES.

6.1. Introduction.

Les cultures se différencient les unes des autres dans leurs effets sur la conservation du
sol et de l’eau. On dit de certaines cultures qu’elles "épuisent" le sol et de l’eau. On dit de
certaines autres qu’elles "conservent" le sol, et d’autres enfin qu’elles "restaurent" ou
"reconstruisent" le sol. Il apparait donc nécessaire de comprendre le sens de ces termes et
les raisons de cette différenciation.
Ces expressions : épuisement du sol, conservation du sol et restauration du sol ne
doivent pas être confondues avec les procédés qui entrainent l’épuisement, la conservation
et reconstruction du sol.
Un sol peut être épuisé par un mauvais système de culture et de mauvais soins d’entretien,
même s’il n’est pas ensemencé pour restauration du sol comprennent l’application de la
chaux et d’amendements, la pratique des rotations et l’emploi d’autres mesures qui vont
beaucoup plus loin que le simple rait d’utiliser certaines cultures.
Les plantes exigent pour leur croissance la disponibilité des éléments minéraux dont (le
calcium, le potassium, le phosphore) ainsi que les éléments mineurs dont (le manganèse, le
cuivre, le fer, le zinc, le bore, le molybdène.) A cette liste on ne saurait omettre l’azote qui
provient principalement de la matière organique et de l’air atmosphérique. Un sol peut être
épuisé au point de vue éléments minéraux ou bien au point de vue de sa teneur en matière
organique, ou bien encore des deux à la fois.
6.2. Cultures qui épuisent le sol.

Une culture peut être considérée comme entrant dans la catégorie de celles qui
épuisent le sol lorsqu’elle entraine la destruction de la matière organique ou une perte de
minéraux en excédent de ceux dont elle a besoin pour son développement. La matière
organique est détruite à cause de l’excès de travaux de culture que réclame cette récolte.
Les minéraux sont perdus parce que la culture laisse le sol exposé à l’érosion. Ce terme
doit être pris dans un sens relatif ; car, certaines récoltes épuisent le sol plus que d’autres.
Tous les éléments minéraux qui se trouvent dans les tissus d’une plante proviennent du
sol dans lequel cette plante a poussée. Si cette plante est laissée sur le terrain pour qu’elle
s’y décompose, ou si elle est enfouie dans le sol, les minéraux qu’elle contient sont
restitués au sol. Le contenu minéral des sols peut être épuisé par la culture, le lessivage de
la terre ou l’érosion ; il peut être conservé par des pratiques agricoles adéquates qui
réduisent le lessivage et l’érosion.
Toutes les cultures retirent quelque chose du sol, et dans une certaine mesure, le sol
s’épuise. Le coton et le maïs ainsi que le manioc sont classés parmi les récoltes qui
épuisent le sol ; la raison principale en est que les cultures : du coton et du maïs laissent le
sol exposé à l’érosion, et lors de la récolte, beaucoup d’éléments minéraux sont exportés
du sol. La plupart des récoltes d’herbages conservent le sol et celles des légumineuses
améliorent le sol.
Les quantités de minéraux enlevés par les plantes sont petites en comparaison avec
ceux qui sont entrainés par l’érosion. Mais, sur des sols relativement pauvres en minéraux,
23

les prélèvements constants d’éléments nutritifs par les plantes, pendant une succession
d’années, a un effet considérable.
Cet épuisement du sol en produits minéraux est tout simplement inévitable si l’on veut
utiliser les produits de la récolte. Dans le temps, il est impérieux de remplacer les minéraux
enlevés au sol, exportés par les produits récoltés, sinon une diminution graduelle de
rendements s’en suivra ; même en dehors de toute érosion.
La matière organique est indispensable au sol et l’azote qui est un élément important
des produits fertilisants du sol en fait partie. Les cultures qui conservent le sol et celles qui
le reconstruisent doivent être essentiellement examinées au point de vue des effets qu’elles
ont sur la matière organique des sols.
Lorsque le sol est couvert d’un gazon, la matière organique est accrue au lieu d’être
diminuée ; mais dans des terrains cultivés, qu’il s’agisse ou non des légumineuses, la
matière organique est consommée, elle est littéralement brulée.
La destruction de la matière organique est suscitée par un processus d’oxydation de la
matière résultant de la croissance de microorganismes ; elle est accélérée par l’aération du
sol qui résulte des travaux de labour. Plus le labour est intense, plus la destruction de la
matière organique est considérable. La matière organique se trouve principalement dans la
couche humifère de surface ; c’est cette couche superficielle qui est entrainée par les eaux,
et la matière organique est alors entrainée avec elle. L’érosion est facilitée entre autre par
le retournement du sol, son ameublissement. Par conséquent, les récoltés qui épuisent le
sol ou celles qui le conservent doivent être étudiées au point de vue de leurs effets sur les
produits minéraux du sol qu’elles exportent. Des cultures qui reconstruisent le sol ne
peuvent effectuer un changement que sur la quantité et la qualité de la matière organique
contenue dans le sol.

6.3. Les cultures qui conservent le sol.

Les cultures que l’on peut produire en remuant la terre au minimum sont, à de degrés
divers, de cultures qui conservent le sol. Ainsi, les minéraux qui se trouvent dans le sol ne
peuvent pas être entièrement conservés si l’on utilise la récolte. Mais la perte des
minéraux, exception faite de celle qui provient de l’érosion, n’est pas très élevées et, l’on
peut remplacer des minéraux d’une manière suffisamment économique. Les plantes qui ne
nécessitent pas des travaux de culture comme les herbes fourragères et les herbes des
pâturages, les plantes de couverture conservent la matière organique dans le sol, et c’est
cela qui est important. Par conséquent, ces plantes ont tendance à conserver le sol, même si
elles emportent quelques éléments fertilisants au moment de la récolte.
Ces herbes et légumineuses à végétation dense et basse empêchent l’érosion, avec la
perte de matière organique et des minéraux qui l’accompagnent.
Par comparaison à une prairie, une céréale secondaire est une récolte qui épuise le sol. Il y
a lieu de souligner à ce propos que l’expression récolte ou culture qui conserve le sol est
tout à fait relative. Les récoltes conservent le sol dans la mesure où leur bouleversement
des différentes couche du sol et en proportion de la densité et de la permanence de la
couverture végétale qu’elles apportent. Le retrait des éléments nutritifs par la plante, qui
est inévitable joue un rôle mineur dans l’appauvrissement du sol. Le retrait des éléments
nutritifs par la plante, qui est inévitable joue un rôle mineur dans l’appauvrissement du sol.
Le concept de conservation du sol contient dans ses éléments le maintien de la
productivité ; les récoltes qui donnent les meilleurs résultats au point de vue du maintien
24

de la productivité du sol, tout en étant utilisées, sont les meilleures au point de vue de la
conservation du sol.
6.4. Récoltes qui reconstruisent le sol.

Ces récoltes doivent non seulement conserver ce qui existe, mais elles doivent
reconstituer et améliorer le sol. Ici encore, c’est la matière organique qui importe. Les
plantes ne peuvent pas reconstruire les minéraux ; tout ce qu’elles contiennent est venu de
la terre, du sol. Si les plantes sont enfouies dans le sol, c’est exactement tout ce qu’elles
contiennent, qu’elles ont puisé du sol qui retourne au sol. Si le sol a besoin de quantité
supplémentaire de certains éléments minéraux tels que le calcium, le phosphore ou le
potassium, on doit les ajouter au sol.
Toutefois, les plantes peuvent reconstruire la matière organique et, avec elle, le
contenu du sol en azote. Les légumineuses sont naturellement celles qui donnent les plus
remarquables résultats au point de vue de la fixation de l’azote. Semées à la volée ou
plantes en rangées serrées, les légumineuses comme le Vigna sinensis, le Mucuna etc…
aident dans certains mesure à freiner l’érosion ; mais si, on les récoltes, elles ne
construisent pas alors le sol. Elles ne peuvent avoir cet effet que lorsqu’on les enfouit.
Cependant, même dans ce cas, on ne tire qu’une autre récolte ne soit prête à l’utiliser.
Toutes les cultures de légumineuses annuelles ont un système radiculaire relativement
pauvre, qui ne dépasse pas généralement 10 à 12% du poids total de la plante. Pour le
trèfle cependant, un tiers environ du poids total de la plante se trouve dans le sol. Ainsi,
lorsqu’on le récolte, des quantités considérables de matière organique et de l’azote restent
donc dans le sol pour maintenir sa productivité.

6.5. Le processus de reconstruction du sol.

Lorsqu’on discute sur les récoltes qui reconstruisent le sol, il ne suffit pas de suggérer
aux cultivateurs l’emploi des légumineuses ; il est nécessaire de spécifier non seulement la
légumineuse à employer mais aussi de quelle façon elle doit être utilisée pour aider à
reconstruire le sol. La reconstruction du sol est un processus extrêmement lent. Dans le
sens agricole, il désigne l’accroissement permanent de la capacité de production d’un sol.
Dans ce sens, la reconstruction du sol ne peut se produire que dans une seule direction :
l’augmentation de la teneur du sol en matière organique. Si cela peut être réalisé, d’autres
effets chimiques et physiques en découleront. Il va de soi que la teneur du sol en produits
minéraux ne sera pas augmentée par telle ou telle culture, bien qu’on puisse la conserver
en évitant les procédés de gaspillage.
Un sol sablonneux dans un climat chaud ne produit aucune augmentation permanente
de matière organique. Une abondante récolte de légumineuses enfouie dans le sol
sablonneux chaud est brulée et une saison par les travaux de culture. Sur des sols plus
lourds et sous climat plus frais, il se produit un certain accroissement de matière organique
lorsque les plantes sont enfouies dans le sol mais cet accroissement est très lent.
Il est plus exact de considérer l’enfouissement de l’engrais vert comme une mesure de
conservation du sol plutôt que de reconstitution du sol. Le résultat maximum qu’on puisse
en espérer sera le maintien de la matière organique à un niveau satisfaisant pour assurer la
production de bonnes récoltes. L’enfouissement de l’engrais vert associé à de méthodes de
répression de l’érosion doit toutefois maintenir la capacité de production.
25

Le procédé de reconstruction du sol qui est générale préconisé en pratique agricole est
un processus temporaire. Il vrai que lorsqu’on enfouit dans le sol un engrais vert. Cette
amélioration provient en partie du supplément d’azote fourni par la légumineuse enfouie
dans le sol et en partie d’une augmentation de matière organique. Si cette matière
organique n’est pas retirée ensuite par les procédés de culture, l’humus pourrait être
reconstruit, mais en fait elle est retirée, tout au moins en grande partie.
La matière organique doit être constamment renouvelée si l’on veut maintenir la
capacité de productivité du sol.
Lorsqu’on veut réellement reconstituer l’humus, il est nécessaire de transformer le
terrain en gazon permanent. Un gazon permanent augmentera la teneur du sol en matière
organique principalement par la croissance de ses racines. Un gazon vigoureux produit de
nouvelles racines chaque année, et la décomposition des anciennes racines augmente la
quantité de la matière organique dont la plus grande partie est conservée, puisque le sol
n’est pas remué. Ces racines meurent et se renouvellent constamment et dans une période
relativement brève reconstituent réellement la teneur du sol en matière organique. Les
arbres construisent l’humus trop lentement pour que l’homme puisse immédiatement
l’utiliser. La prairie constitue par contre une couverture végétale qui ait une efficacité de
cent pour cent dans la reconstitution de l’humus. Il est plus exact de dire que les plantes
conservent le sol plutôt que de dire qu’elles reconstruisent l’humus.
En employant des cultures et des rotations appropriées, en donnant au sol de chaux (en
chaulant) et des éléments minéraux lorsque c’est nécessaire et en suivant les procédés
consacrés par l’usage pour la lutte contre l’érosion, on a la possibilité de conserver le sol,
de manière a empêcher la constante diminution de rendement qui caractérise les pratiques
d’épuisement du sol.

CHAPITRE VII : LA FERTILITE DES SOLS, FACTEUR ESSENTIEL DE LA


CONSERVATION DES SOLS ET DE L’EAU DU SOL

Le terme fertilité se réfère à la capacité inhérente d’un sol d’apporter les éléments
fertilisants (nutritifs) en quantité adéquate et dans des proportions souhaitables. La
productivité est une notion qui est en relation avec l’habilité d’un sol à produire plus large,
tandis que la fertilité est seulement un des nombreux facteurs qui déterminent
l’importance, la hauteur des rendements des cultures, des récoltes.
En bref, la fertilité d’un sol est son aptitude à produire des récoltes en fonction de ses
qualités intrinsèques et des conditions environnementales, des techniques culturales
utilisées. On distingue deux types fondamentaux de fertilité : la fertilité actuelle et, la
fertilité potentielle.

 La fertilité actuelle est l’aptitude d’un sol à produire des récoltes dans des
conditions actuelles, présentes, de culture qui se mesure par le rendement
présentement obtenu ;
 La fertilité potentielle étant l’aptitude d’un sol à produire des récoltes dans des
conditions optimales de nutrition, par suite de l’intervention de l’action de
l’homme sur les facteurs modifiables de la fertilité ; elle se mesure par le
rendement maximum que l’on obtient.
26

La notion de fertilité potentielle dépend des techniques disponibles pouvant modifier


certains facteurs limitants et des choix à faire entre les facteurs modifiables et les non-
modifiables que l’on accepte comme contrainte ou facteurs réellement limitants.
Les seuls facteurs qui nous intéressent dans ce cours sont ceux augmentation ou un
maintien de rendement dans son état actuel.
Les facteurs limitants modifiables se référent à la richesse du sol en éléments minéraux, à
son humidité.
L’humidité d’un sol c’est sa teneur en eau ; elle peut être corrigée soit par le drainage dans
le bas où il ya excès d’eau, soit par l’irrigation dans le cas de sécheresse du sol. Ce velte ne
sera pas exploité dans ce chapitre ni ailleurs dans ce cours.
La teneur en matière organique a été largement explicitée dans les chapitres précédents.
L’acidité d’un sol, son pH est un facteur limitant corrigeable par l’apport de la chaux.
L’acidité joue un rôle très important dans la fertilité des sols dans la mesure où la
disponibilité des éléments minéraux pour la plante est fonction de l’acidité du milieu. Il ya
une gamme de pH où les éléments sont fixés, donc indisponibles pour la plante ; la
figure… illustre le comportement des différents éléments minéraux en fonction de l’acidité
du milieu ou son pH. L’application de la chaux permet de modifier le pH d’un sol acide.

7.1. La chaux et la conservation de la fertilité du sol.

Le maintien de la fertilité du sol à un niveau satisfaisant dans les régions humides


dépend d’une application judicieuse de la chaux. Le pH et la condition nutritionnelle du sol
y associé est déterminée par le taux, la quantité de la chaux. Par ailleurs, une grande
application des engrais azotés acidophiles accroit l’acidité du sol, rendant ainsi plus
important le maintien d’un état de base favorable dans le sol.
C’est par la chaux et l’engrais que la grande quantité de calcium et magnésium est
apporté au sol. Les grandes pertes s’effectuent par le lessivage et l’érosion. Ces éléments
calcium contenues dans les superphosphates.
Figure 1. Les différentes modes par lesquels le calcium et le magnésium sont apportés
et exportés des sols.

Résidus Engrais Minéraux


des récoltes commerciaux du sol

Calcium et le Magnésium
disponible du sol Chaux

Exportation par Pertes par Pertes par


des lessivage
récoltes érosion
7.2. L’utilisation pratique et la conservation de l’azote du sol.
27

L’azote stimule la croissance des tiges et des feuilles ; il donne à la plante sa couleur
verte. Il peut être prélève de l’atmosphère par des légumineuses. Ces plantes ont cependant
besoin de calcium qui leur est fourni sous forme de carbonate ajouté au sol. L’azote peut
également être amené au sol sous forme d’engrais tels que le nitrate d’ammonium, le
sulfate d’ammonium ou même sous forme d’urée.
Le contrôle de l’azote dans le sol se bute à deux faits très importants :
 Le maintien dans le sol d’un apport qui correspond exactement à l’effet
recherché, un apport adéquat ;
 La régulation du turnover pour assurer une disponibilité immédiate pour
rencontrer les demandes des cultures, des récoltes.
La figure 2 ci-dessus représente les majeurs gains et pertes de l’azote disponible du
sol.
Alors que les différentes additions et pertes par des mécanismes variés différent beaucoup
d’un sol à un autre, les principes illustrés dans la figure 2 demeurent valables.
Les plus grandes pertes de l’azote à partir de plusieurs sols sont celles qui proviennent des
plantes cultivées. Une bonne récolte, culture de blé ou de coton peut exporter environ
140kg par hectare de l’azote, presque la moitie de ce qui doit être retourné au sol dans les
fanes ou résidus des récoltes. Les bonnes récoltes enlèvent plus que ces quantités.

Les pertes par érosion, le lessivage et volatilisation sont déterminées à un faible degré
par les pratiques d’utilisation de l’eau, l’irrigation. La hauteur des pertes est si dépendant
des situations spécifiques que les généralisations sont difficiles.

La figure 2. Gains et pertes de l’azote disponible du sol.

Fixation d’Azote Engrais Minéraux


Symbiotique Non symbiotique

Résidus des
récoltes et AZOTE
le Pluie
DISPONIBLE
lisier Atmosphère
DU
SOL
Matière Volatilisation
organique du sol

Pertes par
récoltes Pertes par
lessivage
Pertes par
érosion
Cependant, les modes d’utilisation des sols et des cultures qui donnent des rendements
optimums de récoltes vont vraisemblablement réduire ces sources de perte d’azote à un
minimum satisfaisant.
En pratique, les déficits en azote sont recouverts de quatre manières :
28

 Les résidus des récoltes ;


 Les déchets des fermes ;
 Les légumineuses et les engrais commerciaux.

Journalier ment, les déficits sont utilisés comme source supplémentaire. Dans certaines
autres fermes ou exploitations, les engrais jouent cependant un rôle important. Là où des
légumes et d’autres récoltes grand demandeurs des éléments nutritifs croissent, le déficit
de l’azote sera presque couvert par les engrais minéraux. Aussi, avec les grandes cultures
modernes peuvent être maintenus seulement par l’utilisation des engrais.

Les régulations du turnover. La plus grande difficulté de deux problèmes généraux du


contrôle de l’azote est la régulation de cet élément après qu’il soit entré dans le sol. La
disponibilité en temps voulu et en quantité convenable, avec un minimum de perte est
l’idéal. Et même quand les engrais minéraux sont utilisés, pour suppléer plus d’azote
disponible n’est pas une affaire facile.
Les sols sous chaque climat tendent à assumer ce que l’on peut appeler la teneur
normale ou équilibre de l’azote. Cependant, par des méthodes ordinaires, des méthodes
usuelles de culture, les fumiers, et autres tendent à augmenter la teneur en azote à un seuil
matériellement plus élevé que celui qui sera normalement atteint après une perte inutile
due au drainage et autres pertes.
En même temps, l’azote doit être gardé disponiblement actif par l’utilisation des
légumineuses et autres matériels organiques avec un faible ratio (rapport) C/N et après les
applications de la chaux et des engrais minéraux.
En bref, le problème pratique, crucial est d’apporter une quantité convenable, adéquate
d’azote au sol, de la garder mobile disponible, et de la protéger des pertes excessives
d’azote causées par lessivage, la volatilisation et l’érosion.

7.3. Contrôle et conservation du phosphore disponible.

Le phosphore est un élément indispensable au développement de graine ainsi que


d’autres parties de la plante. On peut le fournir au sol sous forme de superphosphate
(engrais fabriqué à partir de phosphate de roc broyé et traité aux acides). On peut
également employer de la poudre d’os ou des sous produits de la sidérurgie.
Il est difficile de décrire en détail les fonctions que joue le phosphore dans les plantes.
Il contribue toutefois à la croissance végétale à travers ses effets dans :

 La formation de graisse, albumine et la division cellulaire ;


 La floraison, la fructification et la formation des semences ;
 La maturation des récoltes, contrariant ainsi les effets d’applications excessives de
l’azote ;
 Le développement racinaires, particulièrement les radicelles et les poils absorbants ;
 La longueur des tiges des céréales, aidant ainsi à la prévention des "averses " ;
 La qualité des récoltes, spécialement les légumes et fourrages ;
 La résistance à certaines maladies.
Outre l’azote, aucun autre élément n’est aussi critique dans la croissance des plantes
dans le champ que le phosphore. La carence en cet élément est sérieusement ressentie
29

d’autant plus qu’il peut prévenir que d’autres ne soient absorbés par les plantes. Par
exemple : avant l’utilisation intensive des engrais, beaucoup d’azote du sol était
indirectement dépendant de l’apport du phosphore. Cela était dû à l’influence vitale du
phosphore sur la croissance des légumes.
Pratiquement, la figure de l’utilisation du phosphore n’est pas encourageant.
L’utilisation inefficiente, des phosphores appliqués, par les plantes est bien connue. Les
deux principales destinées du phosphore sont l’apport des engrais phosphatés et la fixation
des formes insolubles de cet élément. Il ya lieu de retenir que la quantité de phosphore
disponible dans le sol à tout moment est relativement faible, spécialement en comparaison
avec le calcium, le magnésium et le potassium.

Figure 3. Les Apports et pertes de phosphore dans le sol.

Résidus des récoltes Engrais Phosphore des


Déchets des animaux phosphatés Minéraux
du sol

Matière Phosphore
organique Disponible
du sol dans le sol

Exportations par Pertes par Perte par érosion Fixation


des récoltes lessivage

7.4. Le potassium dans le sol.

Le potassium donne aux plantes des tiges vigoureuses. Les engrais potassiques sont
faits des sels potassiques extraits des gisements de potasse.
La présence d’une quantité convenable de potassium dans le sol est importante pour la
croissance et la vigueur des plantes.
Cependant, en augmentant la résistance des récoltes à certaines maladies et en provoquant
les systèmes racinaires vigoureux, le potassium tend à prévenir des "averses" indésirables
des plantes en contrariant les effets de l’azote et du phosphore ; il est important dans la
formation de grains de céréales.

En considérant la relation entre la teneur en potassium dans la plante et dans le sol, il


apparait que l’excès et exige un rendement optimum. Cette consommation de luxe peut
être une perte, spécialement si les récoltes sont complètement exportées du sol.
La figure 4 résume le problème du maintien de potassium dans le sol. Les exportations
du potassium par les cultures dépassent celles des autres éléments essentiels, avec une
exception possible qui concerne l’azote. Les pertes annuelles dues aux exportations par les
récoltes dépassent facilement 112kg par hectare, plus spécialement si c’est une culture de
30

légumineuse qui est coupé plusieurs fois l’an pour le fourrage ou litière. Cependant,
comme on peut s’y attendre, les retours de résidus de récoltes et de la litière et des
excréments des animaux sont très importants pour le maintien du potassium dans le sol.
Les pertes annuelles de potassium libre par lessivage et l’érosion dépassent de loin celles
de l’azote et du phosphore.
Cependant, elles ne sont pas aussi élevées que les pertes correspondantes de calcium et de
magnésium disponibles du sol.
La diminution du potassium du sol due à l’érosion prend une grande importance au regard
du potassium total enlevé de cette manière qui excède celle de chacun des autres éléments
nutritifs. La perte des sources potentielles de potassium disponible (minéraux du sol) peut
ne pas être sérieuse.

Figure 4. Gains et pertes de POTASSIUM dans le sol,


dans des conditions moyennes de champ.
Résidus des récoltes, Engrais Potassium des minéraux
Excréments des animaux minéraux altérables du sol

POTASSIUM
disponible
dans le sol

Exportation Pertes par Pertes Fixation


par lessivage par
des récoltes érosion

7.5. L’utilisation des engrais verts.

La place des engrais verts dans les systèmes de culture varie en fonction des conditions
climatiques, (de la nature) du type de culture et du système de fertilisation du sol.
Dans les pays développés, l’emploi des engrais relativement peu couteux n’incite plus
à l’usage d’engrais verts comme source, apport d’azote. Dans ces cas, ces cultures peuvent
se justifier pour d’autres raisons que l’apport d’éléments nutritifs.
Dans des régions où les engrais minéraux azotés sont très couteux et inaccessibles, des
légumineuses servant d’engrais verts sont bénéfiques. L’azote apporté par ces cultures peut
être effectivement utilisé par les principales cultures qui les suivent.
Dans des régions tropicales humides où l’on peut faire plusieurs cultures par an,
l’utilisation des engrais verts doit être encouragée.
Les engrais verts comme cultures qui conservent le sol et les éléments minéraux sont
applicables sous conditions climatiques humides. Même dans des pays où il ya beaucoup
31

d’engrais minéraux et moins chers, l’usage de culture de couverture pour aider à (régulier)
équilibrer le flux des éléments nutritifs des champs agricoles où des vallées est important
et deviendra probablement plus important dans le future. Aussi, le rôle des engrais verts
dans le contrôle de l’érosion et l’envahissement concomitant des réservoirs et des lacs est
très important. Seulement, dans l’aménagement du sol et des cultures et, l’humidité du sol
doit être réservée à la principale culture.

7.6. Considérations générales sur la fertilité d’un sol.

Un sol très fertile produit une végétation plus dense qui protège le sol contre l’érosion
par l’eau ou par le vent. Un sol recouvert d’arbres ou d’une bonne couche d’herbe, n’est
pas emporté par l’eau de ruissellement.
En fait, ces conditions font que le sol se forme plus vite qu’il ne s’érode. Lorsque la
végétation naturelle est enlevée pour faire place à des cultures exploitées qui laissent le
terrain nu pendant des longues périodes, c’est alors que se produit l’érosion.
Pour prévenir l’érosion, il est indispensable que le sol soit muni ne sera abondante que si le
sol est fertile.
Une végétation épaisse issue d’un sol fertile exige plus d’eau qu’une maigre croissance
sur un sol appauvri. Le sol fertile retiendra dons plus d’eau après chaque pluie, réduisant
ainsi l’importance du ruissellement.
Toute végétation en croissance prélève au sol des quantités considérables d’eau et cette eau
s’évapore ensuite par tous les pores des feuilles. Plus le sol est fertile, plus grande est la
quantité d’eau dont il dispose pour son bon usage et plus élevé est le rendement des
cultures qui y seront mises.
Un sol fertile absorbe facilement l’eau des précipitations réduisant ainsi le
ruissellement.
Dans des terres bien exploitées, les sols prennent une structure granulaire. Pour accroitre la
granulation d’un sol, le meilleur moyen consiste à lui procurer des matières organiques.
Pour ce faire, les paysans, pour fournir des matières organiques à leurs terres, y plantent
des légumineuses. Ces plantes fixent l’azote atmosphérique et l’emmagasinent dans leurs
tissus, racines, tiges et feuilles. Et, le sol les matières organiques dont il a besoin. D’autres
végétaux peuvent fournir également de la matière organique nécessaire. Mais, les
légumineuses offrent l’avantage d’un grand apport en azote.
Un sol riche produit une végétation plus dense et en conséquence, une plus grande quantité
de matières organiques ; même les racines et les brins d’herbes laissées sur le pré après la
fanaison fournissent des matières organiques. Et, lorsque le foin sert à nourrir le bétail, un
nouvel apport de matière organique est fourni à la terre sous forme de fumier.
Dans un sol fertile, le rendement des cultures est tellement accru que le besoin se fait
moins sentir de pratiquer la culture sarclée sur les terrains en pente, où l’érosion fait le plus
de ravages. Sur ces derniers terrains, il est préférable de planter de l’herbe et des arbres ;
les cultures de couverture s’avèrent dès lors très importantes.
Avec une fertilité accrue, les cultures les plus rentables peuvent se pratiquées sur une
superficie plus petite.
Tous les végétaux ont besoin d’une dizaine d’éléments minéraux pour leur nutrition ; les
principaux éléments étant ceux qui ont été décrits. Il y a cependant d’autres éléments
communément appelés éléments mineurs ou oligo-éléments qui n’ont pas été décrits dans
32

ce cours. La conservation de tous ces éléments dans le sol pour une meilleure productivité
de ce dernier est d’une grande importance.
33

DESIGNATION APPLICATION UNITE QUANTITE DES COMPOSANTES


quantité unité Matériaux

Béton cyclopéen
pour semelles de fondations, 1m3 125 Kg ciment
largeur 40 cm et haut. 30 cm 250 litres sable gros
(sur bon sol : gravier/latérite) 500 litres gravier, caillasse
ou pierrailles
300 litres moellons
200 litres eau
Béton armé (cl. C) Dosage en ciment 350kg/m3 1m3 350 Kg ciment
400 litres sable gros
800 litres caillasse
ou pierrailles lavée
200 litres eau
100 kg fer à béton
300 m² bois de coffrage
Béton ordinaire (béton B) à 250 kg/ m3 ou 1m3 250 Kg ciment
dosage Valée et proportionnel 400 litres sable gros /fin
pour application diverse. 800 litres caillasse
ou pierrailles lavée
200 litres eau
(béton A) à 250 kg/ m3 pour 1m3 20 Kg ciment
sous-pavement de 10 cm 50 litres sable gros /fin
d’épaisseur 80 litres gravier
10 litres eau
Enduit sur mur 1m² 7 Kg ciment
25 litres sable fin
litres eau
1m² 5 Kg ciment
25 litres sable fin
litres eau
1m² 1,5 Kg ciment
6 litres sable fin
litres eau
Chape de plancher 1m² 8 Kg ciment
35 litres sable fin
litres eau
Mur de fondation 1m3 80 Kg ciment
400 litres sable fin
1200 m3 moellons
100 litres eau
1m3 60 Kg ciment
300 litres sable fin
450 m3 moellons
100 litres eau
Mur d’élévation 1m3 65 Kg ciment
400 litres sable fin
1,2 m3 moellons
100 litres eau
1m3 30 Kg ciment
180 litres sable fin
65 m3 bloc
100 litres eau
1m3 35 Kg ciment
200 litres sable fin
120 m3 blocs (30 x 20 x 15)
100 litres eau
1m3 50 Kg ciment
300 litres sable fin
450 m3 brique (20 x 10 x 8)
100 litres eau

TRAVAUX DE MACONNERIE

Proportion des matériaux


34

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