Chapitre 2
Les thèmes préoccupant les bioéthiciens sont nombreux. Par commodité, on
pourrait les rassembler en trois groupes, sans prétendre que les frontières en
soient étanches ni qu’il ne puisse y avoir des déplacements importants au
cours des prochaines années.
1-Noyau central
Tous les auteurs et intervenants considèrent que certains thèmes révèlent de
la bioéthique. Ils en constituent en quelque sorte le noyau central :
-Avortement, diagnostic prénatal, diagnostic pré-implantatoire, conseil
génétique ;
-Insémination artificielle, fécondation artificielle, banque de sperme, bébé
éprouvette, mère porteuse ;
-Manipulation génétique, clonage ;
-Stérilisation des handicapés, eugénisme ;
-Don d’organe
-Sida
-Soins en fin de vie, acharnement thérapeutique, euthanasie ;
-Expérimentation sur l’être humain, sur l’embryon
-Politique de santé
-Allocation des ressources
2-Thémes périphériques
Certains auteurs y ajoutent d’autres thèmes importants sur lesquels une
réflexion éthique s’impose :
-Contraception ;
-Contrôle démographique ;
-Recherche et développement des armements biologiques
-Torture ;
-Peine de mort
-Recherche sur l’animal ;
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3-Questions sous-jacentes
Par ailleurs, en dehors des thèmes particuliers se posent et se discutent des
questions fondamentales qui conditionnent la réflexion et la pratique au
quotidien :
-Sens de la médecine
-Rapport éthique et droit
Rq : la liste des thèmes cités dans les trois groupes n’est pas exhaustive
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI)
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) dont la première réalisation a été
rapportée en 1990, est une variante du diagnostic prénatal. L’embryon obtenu
par fécondation in vitro est analysé afin de rechercher l’existence d’une
anomalie génétique. L’embryon sain sera injecté dans l’utérus de la mère. Le
DPI n’est pratiqué que dans des centres certifiés.
Les couples bénéficiant d’un DPN, sont les couples à risque élevé de
transmettre une maladie génétique grave sans traitement connu et qui ne
souhaitent pas recourir au diagnostic prénatal pour plusieurs raisons (morale,
religieuse, expérience douloureuse).
Problèmes éthiques soulevés par la pratique du DPI :
-Un problème d’ordre philosophique et ou religieux : est celui de savoir si
l’embryon est une personne ou non. Ceux qui pensent par l’affirmative
rejettent toute idée du DPI et la condamnent. Il existe de nombreux points de
vue culturels différents quant au moment où la vie humaine débute. Étant
donné la diversité des points de vue, il est peu probable qu’on parvienne un
jour à un accord universel sur cette question.
Il n’y a pas dans le monde un consensus en ce qui concerne le moment où la
vie humaine commence, ou le moment où elle acquiert une signification
morale, il n’y pas non plus d’accord concernant le statut de l’embryon.
-Le risque d’eugénisme : utilisation du DPI à d’autres fins autres que celles
d’ordre médical. Un exemple condamné par de nombreux pays est celui de la
sélection du sexe comme choix parental (en dehors de tout contexte médical).
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La sélection du sexe pour des raisons sociales, on parle dans ce cas-là de la
discrimination sexiste évidente. Certains parents, pour équilibrer les deux
sexes dans la fratrie, sont demandeurs pour un deuxième enfant de sexe
opposé au premier.
La transplantation des cellules souches : une autre application
controversée. Parfois la transplantation des cellules souches est le seul
traitement efficace dans certaines maladies. Donc la sélection d’embryon
présentant d'antigènes leucocytaires humains compatibles afin qu’il puisse
fournir ultérieurement des cellules souches pour un membre de la fratrie plus
âgé souffrant d’une maladie tel que l’anémie de Fanconi. Ces personnes
pourraient avoir la sensation que leur vie a peu de valeur, puisque elle a été
sélectionnée sur la base de leur compatibilité en tant que donneur.
Bien entendu, les parents devraient souhaiter un enfant pour lui-même et non
pas un enfant dans un but thérapeutique.