0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues10 pages

Vdocuments - MX RDM Methode de Cross

La méthode de Cross est une technique de calcul des portiques, permettant de déterminer les moments aux extrémités des barres en fonction des rotations aux nœuds. Elle est basée sur des approximations successives et est adaptée aux systèmes à nœuds fixes et déplaçables, bien que ses résultats soient approximatifs avec une erreur d'environ 5%. Le document détaille le principe de la méthode, les coefficients de répartition et les facteurs de rigidité, illustrant le processus par des exemples pratiques.
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues10 pages

Vdocuments - MX RDM Methode de Cross

La méthode de Cross est une technique de calcul des portiques, permettant de déterminer les moments aux extrémités des barres en fonction des rotations aux nœuds. Elle est basée sur des approximations successives et est adaptée aux systèmes à nœuds fixes et déplaçables, bien que ses résultats soient approximatifs avec une erreur d'environ 5%. Le document détaille le principe de la méthode, les coefficients de répartition et les facteurs de rigidité, illustrant le processus par des exemples pratiques.
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1 78 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

dans l'exécution pratique de la méthode, le calcul des rotations n'est pas explicité,
on travaille directement sur les moments agissant aux extrémités des barres.

Convention des signes :


Vu le caractère systématique de la méthode, on adopte M>0 M<0
pour le moment fléchissant une convention différente de
Chapitre 8 celle de la RDM. Un moment sera considéré comme positif
s'il tend à provoquer une rotation dans le sens trigonomé- Figure 8.1
MÉTHODE DE CROSS trique (Figure 8.1).

8.2 REPARTITION ENTRE LES BARRES D'UN MOMENT APPLIQUE


A UN NŒUD COMMUN
Considérons un nœud (A) (qui ne subit pas de translation) auquel aboutissent
n barres qui sont encastrées ou articulées à leur autre extrémité et appliquons lui
un couple MA (Figure 8.2).
Les portiques peuvent être avantageusement calculés par ce qu'on appelle la
méthode de Cross, du nom de son auteur Hardy Cross (USA, 1930). Cette mé- Sous l'action de MA, le nœud A tourne d'un
thode est en fait une version améliorée, sur le plan des calculs, qui sont plus angle ωA. Le moment repris par chacune des 1
barres est proportionnel à la rotation ωA et peut 2
simples, de la méthode des déplacements. Si les méthodes des forces et des dé-
placements sont exactes du point de vue résistance des matériaux (RDM), la s'écrire : MA
méthode de Cross est approximative même du point de vue; l'approximation est
MAi = -KAiωA (8.1)
toutefois acceptable, l'erreur étant de l'ordre de 5%. A
KAi étant une constante appelée facteur de 4
Conçue principalement pour le calcul des systèmes dits à nœuds fixes (sys-
rigidité de la barre Ai. C'est le moment fléchis-
tèmes dont les nœuds subissent uniquement des rotations), la méthode a été gé-
sant (en valeur absolue) à l'extrémité A de la
néralisée aux systèmes à nœuds déplaçables, c’est-à-dire pouvant subir aussi bien
barre Ai sous l'action d'une rotation unitaire 3
des rotations que des translations.
appliquée en A (ωA=1). Notons que le signe
La méthode de Cross a suscité l'intérêt de nombreux auteurs qui se sont atta- moins devant le deuxième membre de (8.1)
chés à la perfectionner en simplifiant davantage les calculs et en développant de montre que les moments de reprise s'opposent
Figure 8.2
nouvelles méthodes de calcul pour les systèmes à nœuds déplaçables, où la mé- au moment appliqué (MA).
thode originale de Cross était assez fastidieuse.
Le nœud étant en équilibre, les moments de reprise doivent équilibrer le mo-
ment appliqué MA, c’est-à-dire qu'on a :
8.1 PRINCIPE DE LA METHODE
n
La méthode mise au point par Cross est inspirée du procédé mathématique de
résolution par approximations successives des systèmes linéaires. Pour bien
MA + ∑M
i =1
Ai
=0
montrer le principe de la méthode, on raisonnera sur le cas des systèmes à nœuds
fixes. compte tenu de (8.1), on tire :
On suppose qu'à l'état initial les nœuds de la structure sont bloqués et ne peu- MA
vent subir aucune rotation. Après application des charges, on libère successive- ωA = n
ment chacun des nœuds qu'on laisse tourner, puis on le bloque à nouveau avant
de passer au nœud suivant.
∑K
i =1
Ai

Ces opérations sont répétées jusqu'à ce que la libération des nœuds ne provo- L'équation (8.1) s'écrit alors :
que plus de rotation. Cela signifie alors que l'état d'équilibre est atteint.
K Ai
Comme à chaque étape du calcul il n'y a qu'un seul nœud libre, il en résulte M Ai = − MA
n


qu'à chaque étape il n'y a qu'une seule inconnue, la rotation du nœud libéré. Ain-
K Ai
si, le système d'équations d'équilibre propre à la méthode générale, se résume à
i =1
une seule équation à une inconnue dont la résolution est immédiate. Notons que
Méthod e des rotations 179 1 80 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

Posons : Lorsque E, I et S sont constants, les expressions précédentes deviennent :


K Ai L 1 L 1
C Ai = (8.2) a=c= + b= −
n 3 EI LGS 6 EI LGS
∑K
i =1
Ai
Si on néglige la déformation due à l'effort tranchant, les deux dernières for-
mules se réduisent à :
CAi est appelé coefficient de répartition de la barre Ai.
L L
a=c= b=
Remarques 3 EI 6 EI
1) on peut vérifier que : ∑CAi = 1.
8.3.2 Facteurs de rigidité et de transmission
2) Cij ≠ Cji en général.
Ces facteurs s'expriment en fonction des coefficients a, b et c. On distingue
Les couples de reprise s'expriment alors par : deux types de barre : bi-encastrée ou encastrée à l'une des extrémités (nœud A) et
articulée à l'autre.
M iA = −C Ai M A (8.3)
1) Barre AB encastrée aux deux extrémités
La rotation ωA provoque également une transmission de couples aux extrémi-
tés des barres. Les couples transmis sont proportionnels aux moments de reprise c b
K AB = λ AB =
et sont donnés par : ac − b² c
(8.5)
a b
M iA = λ Ai M Ai (8.4) K BA = λ BA =
ac − b² a
La constante λAi est appelée facteur de transmission du nœud A vers le nœud i.
2) Barre AB encastrée en A et articulée en B
On notera que pour des barres comme Ak, qui est articulée à son autre extré-
mité, le facteur de transmission est nul puisque MkA = 0. 1
K AB = λ AB = 0
c
b (8.6)
8.3 FACTEURS DE RIGIDITE – FACTEURS DE TRANSMISSION 1 λ BA =
K BA = a
Ces coefficients ne dépendent que des caractéristiques géométriques (S, I, L) c
et mécaniques (E, G) de la barre considérée (voir méthode des déplacements). Dans le cas où la barre est de section constante, de même nature, et si on né-
glige l'influence de T on a :
8.3.1 Coefficients de souplesse d'une barre
4 EI
Soit une poutre bi-articulée AB de longueur L, de section S et de modules K AB = K BA = A B
L (a)
d'élasticité E et G. On appelle coefficients de souplesse ou caractéristiques mé- 1) (8.7)
1
caniques de la poutre AB, les coefficients suivants : λ AB = λ BA =
2
L L
x 2 dx 1 dx

a = γ uAA = ( 1 −
o
) +
L EI L2 ∫ κ GS
0 3 EI
(b)
A B

K AB = K BA =
L L 2) L (8.8)
x 2 dx 1 dx 1 Figure 8.3
c = γ uBB = (

0
) +
L EI L2 ∫
0
κ
GS
λ AB = 0 , λ BA =
2
Afin d'alléger l'exposé, nous ne considérerons que le cas des barres prismati-
L L
x x dx 1 dx ques (influence de T négligeable) ; le raisonnement est évidemment valable pour
∫ ∫
u
b =γ BA
= (1 − ) − κ les autres cas.
L L EI L2 GS
0 0
Méthod e des rotations 181 1 82 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

8.3.3 Exemple 8.4 SYSTEMES A NŒUDS FIXES


Soit à calculer les coefficients CAi et λAi de la structure représentée à la figure
8.4.1 Exposé de la méthode
8.4. On a :
Afin de fixer les idées nous raisonnerons sur la structure représentée à la fi-
K Ai gure 8.5.
C Ai = 4

∑K
j =1
Aj
B C E
Fi-
4(3EI) 12EI 4(2EI) 8EI
K A1 = = K A2 = =
L L L L
3(5EI) 15EI 4(EI) 4EI Figure 8.5
K A3 = = K A4 = =
L L L L
D

1 A
L ; 3EI
Supposons que les nœuds B et C ont été bloqués (verrouillés) avant l'applica-
tion des charges. Les barres sont donc bi-encastrées (barres AB, BC et CD) ou
4 A 2 Figure 8.4 encastrée et articulée (barre CE) et peuvent être considérées séparément.
L ; EI L ; 2EI
L ;5EI Dans ce cas, les moments aux extrémités de chaque barre, dus aux charges
extérieures, peuvent être calculés par l'une des méthodes exposées dans les cha-
pitres précédents.
3
Ces moments, désignés par M , sont appelés moments d'encastrement parfait
4

∑K
39EI ou plus simplement moments d'encastrement. Ainsi, aux appuis on a les mo-
et Aj =
L ments :
j =1

M AB en A, M DC en D , M EC = 0 en E
12 8 15 4
d’où : C A1 = C A2 = C A3 = C A4 =
39 39 39 39 et aux nœuds :

De plus : M B = M BA + M BC en B , M C = M CB + M CD + M CE en C

1 Du point de vue mécanique, bloquer les nœuds B et C revient à appliquer à


λ A1 = λ A2 = λ A4 = et λ A3 = 0 ces nœuds des moments, dits de fixation ou de blocage, qui valent "-MB" et
2
"-MC", respectivement.
Pour parvenir à l'état final réel, il faut que tous les nœuds soient débloqués
(libres). Au lieu de déverrouiller tous les nœuds simultanément, avec la méthode
de Cross on libère un nœud à la fois.
Commençons par débloquer le nœud B par exemple qui va pouvoir tourner.
Effectuer cette opération de déverrouillage, équivaut à appliquer un moment
M(1)B = MB en B. Les nœuds A et C étant toujours bloqués, le couple M(1)B sera
réparti entre les barres BA et BC selon la relation (8.3).
Méthod e des rotations 183 1 84 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

On obtient : Or : CCB + CCD + CCE = 1 ; donc on a bien M = 0.


r( 1 )
M BA = −C BA M B
(1) r( 1 )
M BC = −C BC M B
(1) Nous avons ainsi accompli un tour complet des nœuds c’est-à-dire que nous
avons réalisé la première itération (1er cycle), d'où le (1) porté en puissance.
Quant aux moments transmis, ils sont donnés par la formule (8.4). On notera également que le moment en B est désormais différent de zéro
r( 1 ) (1) r( 1 ) puisque on a :
t( 1 ) M BA MB t( 1 ) M BC M B( 1 )
M AB = = −C BA M CB = = −C BC r( 1 ) (1)
2 2 2 2 t( 1 ) M CB MC
M BC = = −CCB
Faisons maintenant le bilan des moments agissant en B avant de le bloquer à 2 2
nouveau. Le moment résultant en B vaut : Ce moment sera noté M (2)
et représente le nouveau moment de libération du
B
nœud B.
M= M BA + M BC − M B(1) + M B(1) r(1)
+ M BA r(1)
+ M BC
On bloque ensuite le nœud C (en équilibre maintenant) et on entame la 2ème
M=
r(1)
M BA + M BC + M BA
r(1)
+ M BC =
(1)
MB
(1)
− C BA M B
(1)
− C BC M B itération (2ème cycle) en procédant comme lors de la 1ère itération.
Débloquer B revient à appliquer un moment de libération valant M(2)B. On
M = M B(1) (1 − C BA − C BC ) calcule à nouveau les moments répartis et les moments transmis, etc.
Comme : CBA + CBC = 1, il en résulte M = 0, c’est-à-dire que le nœud B est Au bout de 3 ou 4 itérations, les moments de fixation (ou de libération) de-
en équilibre. On fixe maintenant le nœud B dans sa position d'équilibre, sans viennent négligeables et on peut alors arrêter les opérations. Cela signifie qu'on
devoir appliquer un moment de fixation puisque le moment résultant est nul. peut libérer les nœuds sans qu'il y ait modification sensible des moments existant
aux nœuds. L'équilibre est atteint.
Avant de libérer le nœud suivant, en l’occurrence le nœud C, il convient de
préciser son moment de fixation. En effet, aux moments d'encastrement initiaux Le moment final à l'extrémité d'une barre sera la somme algébrique de tous
est venu s'ajouter le couple transmis
t( 1 )
M CB ; donc le couple de blocage vaut : les moments correspondant à cette extrémité c’est-à-dire :
- le moment d'encastrement parfait,
F t(1) t(1) - les moments répartis,
M C = − M C − M CB = −(M CB + M CD + M CE + M CB ) - les moments transmis.
avec : Par exemple, le moment MCB agissant à l'extrémité C de la barre CB vaut :
(1) r( 1 ) r( 2 ) t( 1 ) t( 2 )
t( 1 ) MB M CB = M CB + M CB + M CB + ... + M BC + M BC + ... (8.9)
M CB = −C BC
2
Nous libérons le nœud C en lui appliquant un moment de libération qui vaut : 8.4.2 Les étapes de la méthode
M(1)C = MFC et qui sera réparti comme suit : Pour résumer ce qui a été exposé, on retient que la méthode de Cross s'appli-
r( 1 ) (1) r( 1 ) (1) r( 1 ) (1) que de la façon suivante :
M CB = −CCB M C M CD = −CCD M C M CE = −CCE M C
a) on calcule les facteurs de répartition ;
Les couples transmis correspondants valent :
b) on bloque tous les nœuds et on calcule les moments d'encastrement sous
r( 1 ) r( 1 ) (1) l'action des charges extérieures ;
t( 1 ) M CB M C( 1 ) t( 1 ) M CD MC t( 1 )
M BC = = −C CB ; M DC = = −CCD ; M EC = 0 c) on calcule les moments de fixation (ou de blocage) ;
2 2 2 2
Le nœud C est maintenant en équilibre comme on peut le constater en faisant d) on libère un nœud, de préférence celui qui possède le moment de fixation
le bilan des moments. le plus élevé en valeur absolue et on calcule les moments répartis ;
t(1) (1) (1) r(1) r(1) r(1) e) on calcule pour chacune des barres le couple qui est transmis à l'autre ex-
M = M CB + M CD + M CE + M CB − M C + M C + M CB + M CD + M CE trémité ;
(1) r(1) r(1) r(1) (1) (1) (1) (1) f) le nœud libéré étant en équilibre, ou le bloque à nouveau avant de libérer le
M = M C + M CB + M CD + M CE = M C − CCB M C − CCD M C − CCE M C
nœud suivant.
(1)
M = M C (1 − CCB − CCD − CCE )
Méthod e des rotations 185 1 86 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

8.4.3 Procédé pratique d'exécution de la méthode de Cross 8.4.4 Calcul des éléments de réduction
Vu le caractère systématique de la méthode, il est commode d'effectuer les • Moment fléchissant
calculs sous forme de tableau (voir tableau page suivante).
Les moments aux extrémités étant connus, chaque barre est à considérer iso-
Les trois premières lignes du tableau comportent les nœuds (1ère ligne), les lément et isostatique. Elle sera soumise aux charges extérieures qui lui sont di-
barres (2ème ligne) et les coefficients de répartition changés de signe (3ème ligne). rectement appliquées et aux moments calculés de Cross (faire attention au signe).
Le signe moins est ajouté pour éviter le risque de l'oublier lors du calcul des
Le diagramme final des moments de la structure est constitué par les dia-
couples répartis. Ces 3 lignes restent identiques quel que soit le type de charge-
grammes de l'ensemble des barres (considérées chacune séparément).
ment.
• Effort tranchant
La 4ème ligne comporte les moments d'encastrement aux extrémités de chaque
barre. Désignons par TFx l'effort tranchant dans la section courante d'abscisse x de la
barre AB (de longueur L) supposée isostatique sous l'action des charges qui lui
Dans le reste du tableau on distingue :
sont directement appliquées. Alors l'effort tranchant total est donné par :
a) les 2 premières colonnes de gauche
- dans la 1ère colonne on indique le numéro du nœud libéré, F M AB + M BA
Tx = Tx + (8.10)
- dans la deuxième colonne on porte la valeur (avec son signe) du moment L
de libération correspondant. MAB et MBA sont les moments de Cross (c’est-à-dire avec la convention de signes
b) le reste des colonnes de la méthode de Cross). Avec la convention classique de la résistance des maté-
Elles comportent les couples de reprise et les couples transmis. Chaque li- riaux, l'expression devient :
gne de cette partie du tableau correspond à la libération d'un nœud.
M BA − M AB
On arrête les calculs lorsqu'on constate que les couples de libération sont né- T x = T xF + (8.11)
gligeables. L
Chaque fois qu'un nœud a été libéré, on trace un trait horizontal traversant • Effort normal
toutes les colonnes relatives aux barres aboutissant à ce nœud (trait discontinu Les efforts tranchants dans les différentes barres étant connus, les efforts
dans le tableau). Cette trace horizontale signifie qu'à cet instant le nœud en ques- normaux s'obtiennent en vérifiant les conditions d'équilibre de translation de
tion est en équilibre (ΣM = 0). chaque nœud.
Le tableau se termine par une ligne des totaux. On porte dans chaque case la
Noeud (ou appui) A B C D E
somme algébrique de tous les couples qui y ont été inscrits. Cette somme repré-
sente le moment réel (avec le signe de Cross) agissant à l'extrémité considérée. Barre (ou extrémité) AB BA BC CB CD CE DE EC

Remarques : Coef. de répartition x (-) -CBA -CBC -CCB -CCD -CCE


- la ligne des barres est en fait la ligne des "extrémités des barres" (4 barres = 8 Mot. d’encastrement parfait M AB
M BA M BC M CB M CD M CE M CD 0
extrémités dans l'exemple considéré).
- la dernière colonne n'est pas nécessaire dans le cas qui nous a servi d'exemple Noeud Moment de libéra-
puisqu'il s'agit d'une articulation (M = 0). Libéré tion
- les coefficients de répartition CAB, CDE et CEC ne sont pas nécessaires car il (1)
s'agit d'appuis et non de nœuds. B M B = M BA + M BC

Moments aux extrémités


des barres

Tableau d’exécution de la méthode de Cross.


Méthod e des rotations 187 1 88 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

8.4.5 Exemple d'application Noeud (ou appui) 4 1 2 5 3

On veut résoudre le portique représenté par la méthode de Cross. La charge Barre (ou extrémité) 41 14 12 21 23 25 52 32
répartie vaut 1 t/ml. Coef. de répartition -0.25 -0.75 -0.50 -0.333 -0.167
x (-1)
Mot. d’encastrement
q 0.0 00 3.0 -3.0 0.0 0.0 0.0 0.0
(tm)
1 2 3
Nœud Mot de
libéré libér. (tm)
Figure 8.6 1 3 - 0.375 -0.75 -2.25 -1.125
6m
m 2 -4.125 1.031 2.063 1.375 0.688 0.344 0.688

4 5

6m 4m 1 1.031 - 0.129 -0.258 -0.773 -0.387

2 -0.387 0.097 0.194 0.129 0.065 0.033 0.065


Les facteurs de rigidité valent :
1 0.097 - 0.012 -0.024 -0.073 -0.036
K 12 = K 21 = 3 ; K 23 = K 32 = 2 ; K 14 = K 41 = K 25 = K 52 = 1
2 -0.036 0.009 0.018 0.012 0.006 0.003 0.006
Solution :
Mots aux extrémités
a) Facteurs de répartition - 0.516 -1.032 1.041 -2.273 1.516 0.759 0.380 0.759
des barres

K14 1 K12 3 Diagrammes M, N et T


C14 = = = 0.25, C12 = = = 0.75, et C14 + C12 = 1
K14 + K12 4 K14 + K12 4
Pour les diagrammes de M et de T, on étudie chaque barre séparément, sup-
K 23 2 K 21 3 posée isostatique et chargée par les sollicitations extérieures qui lui sont directe-
C 23 = = = 0.333, C 21 = = = 0.50 ment appliquées et par des moments aux extrémités obtenus par la méthode de
K 21 + K 23 + K 25 6 K 21 + K 23 + K 25 6
Cross (dernière ligne du tableau de Cross). Les efforts normaux dans les barres
K 25 1 sont obtenus à partir des conditions d'équilibre de translation horizontale et verti-
C 25 = = = 0.167 et C21 + C 23 + C25 = 1 cale des nœuds 1 et 2.
K 21 + K 23 + K 25 6

N.B. : Tous les coefficients de transmission valent 1/2. 2.28

b) Moments d'encastrement parfait. 1.52

Seule la travée 12 est chargée. Avec la convention de Cross on a : 1.03

qL² 0.76
M 12 = − M 21 = = 3 tm
12 0.76
M(tm)
Les autres moments sont nuls.
Le reste des calculs est montré dans le tableau de la page suivante. La der-
nière ligne donne les moments recherchés aux extrémités des barres. 0.52 0.38
Méthod e des rotations 189 1 90 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

A partir des équations (b) on obtient :


2.79
d d
0.57
M ij − λ ji M ji
0.26 C θi = (c)
C
K ij ( 1 − λij λ ji )
0.07
Si la barre ij est de rigidité constante, donc λij = λji = 0.5, il vient :
C C d 1 d
T(t) N(t) M ij − M
4 2 ji
3.21 θi = (c')
3 K ij
0.26 0.19 2.79 3.78
Pour une barre ij encastrée en i et articulée en j on a :
Figure 8.8
M ij = M ij + K ijθ i et M ji = 0
8.4.6 Vérifications
D’où :
Au cours des calculs il est nécessaire d'effectuer les vérifications suivantes :
d
d M ij
a) S'assurer que la somme des coefficients de reprise de chaque nœud vaut M ij = M ij - M ij = K ijθ i et θi =
bien "1". K ij
b) Vérifier que le moment de libération est bien équilibré par la somme des Application :
couples de reprise.
Vérifions la rotation du nœud 1 de l’exemple traité. En considérant la barre
Les diagrammes peuvent être contrôlés en s’assurant que : 12 on trouve en 1 :
c) L'équilibre de rotation, et éventuellement l'équilibre de translation, s'il n'a
d 1 d 1
pas été vérifié lors du calcul des efforts normaux, de chaque nœud sont vérifiés. M 12 − M 21 ( 1.041 − 3.000 ) − ( −2.273 − ( −3.000 ))
4 2 4 2
Il y a lieu de noter que la condition d’équilibre de rotation des nœuds a été déjà θ1 = = = −1.032
utilisée pour la répartition des moments, il s’agit ici de s’assurer qu’il n’y a pas 3 K 12 3 3
eu d’erreur par la suite.
Si on considère la barre 14 on trouve :
d) Les barres qui aboutissent au même nœud subissent la même rotation. En
raison de la rigidité des nœuds, toutes les barres concourant en un nœud tournent d 1 d 1
M 14 − M (-1.032 − 0.000 ) − ( −0.516 − 0.000 )
d’un même angle. Les moments aux extrémités des barres étant connus (tableau 4 2 41 = 4 2
θ1 = = −1.032
de Cross), les rotations des nœuds peuvent être déterminées. 3 K 14 3 1
Considérons une barre ij et désignons par θi et θj les rotations des extrémités, Le signe moins indique que le nœud tourne dans le sens inverse au sens posi-
donc des nœuds i et j. tif de Cross, c’est-à-dire qu’il tourne dans le sens horlogique.
Le moment à l’extrémité i par exemple s’écrit, dans le cas d’une barre bi-
encastrée :
M ij = M ij + K ijθ i + λ ji K jiθ j (a1)

De même, on a en j :

M ji =M ji + K jiθ j + λ ij K ij θ i (a2)

Des équations (a) on tire :

M ijd = M ij − M ij = − K ij θi + λ ji K ji θ j
(b)
M dji = M ji − M ji = K ji θ j + λij K ij θi
Méthod e des rotations 191 1 92 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

Exemples d’application Barre AB :


q=600 kg/m
ql ²
M AB = + = 800
P 12
B E ql ² MAB MBA
C
2EI
M BA =− = −800 l=5m
2EI 12
q 2,00m 3,00m
4,00m
Barre CE :
I I 3
P=10 kg
3
P = 10 kg M EC = 0
C E
q = 600 kg/m MCE Pa.b
M CE = ( b + a 2 ) = 960 kg .m
A D a=2m b=3m l²

5,00 m 5,00 m
Nœuds A B C D E
1) Raideurs des barres : Barres AB BA BC CB CD CE DC EC
I 2I Coefficient de
R AB = ; R BC = répartition Cij -0.3846 -0.6153 -0.4211 -0.2622 -0.3158
4 5 pris en (-)
I 3 2I 3I
RCD = ; RCE = . = Moments
4 4 5 10
d’encastrement 800 -800 0 0 0 960 0 0
2) Coefficients de répartition des barres : parfait Mij

1er Cycle
R BA 14 
C BA = = ≅ 0.3846  B bloqué
R BA + R BC 1 4 + 2 5  MB(1)=-800
 MB=MB(1)
R BC 25
C BC = = ≅ 0.6154  C bloqué
R BC + R BA 2 5 + 1 4  MC(1)=1206.12
 MC=MC(1)

Vérification : ΣCij=1 ; CBA+CBC = 0.3846 + 0.6153 = 0.9999 ≅ 1 C débloqué -253.95 -507.90 -317.45 -380.89 -158.73 0

RCB 25  2ème Cycle


C CB = = ≅ 0.4210 
RCB + RCD + RCE 2 5 + 1 4 + 3 10 B bloqué
 MB=MB(2)
MB(2)=-253.95
RCD 14 
C CD = = ≅ 0.2632 B débloqué +48.83 +97.67 +156.26 +78.13
RCD + RCB + RCE 1 4 + 2 5 + 3 10 
RCE 3 10  C bloqué
MC(2)=78.13
C CE = = ≅ 0.3158  MC=MC(2)
RCE + RCD + RCB 3 10 + 1 4 + 2 5  C débloqué -16.45 -32.90 -20.56 -24.67 -10.28
CCB+CCD+CCE = 1 ; 0.4210 + 0.2632 + 0.3158 = 1 3ème Cycle
B bloqué
MB(3)=-16.45
MB=MB(3)

B débloqué 3.16 6.33 10.12 5.06


C bloqué
MC(3)=5.06
MC=MC(3)

C débloqué -1.07 -2.13 -1.33 -1.60 -0.67 0

3) Calcul des moments d’encastrement parfaits :


Méthod e des rotations 193 1 94 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

B bloqué
MB(4)=-1.07
MB=MB(4) A B
B débloqué 0.20 0.41 0.66 0.33

4ème Cycle 1600


387,91
C bloqué 1006 387,91 _
MC(4)=0.33
MC=MC(4) A B
C débloqué -0.07 -0.14 -0.09 -0.10 -0.04 0 707,22

Σ 1006 -387.91 387.74 -213.43 -339.43 552.74 -169.72 0

q=600 kg/m

Trace du diagramme de M ql²/8=1200

387,74 P 1600
213,43
B C 552,74 E
387,91
339,43
387,91
A
2,00 m 3,00 m
+
4,00 m q 492,78

2,00 m 2,00 m
169,72
1006
A D

5,00 m 5,00 m

Diagramme de M le long de AB Diagramme de M le long de CE


Méthod e des rotations 195 1 96 C A L C U L D E S S T R U C T U R E S H Y P E R S T A T IQ U E S

Diagramme de M sur toute la structure


552,74
3
P=10 552,74
387,74
C E 213,43
387,91
552,74 332,43

552,74 _
868,36
C E 492,78
331,64

3
P=10 196,72
1006
C E

+
2,00 m 3,00 m
1200
552,74

868,36

M le long de BC M le long de DC

387,74 213,43 169,72 339,43

B C D C

339,43
387,74
213,43
_ _
B C D C
+

169,72

Vous aimerez peut-être aussi