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Pro 6

Le document traite des couples et vecteurs de variables aléatoires discrètes, en se concentrant sur la loi conjointe, les lois marginales et les transformations de variables aléatoires. Il présente des exemples illustrant la loi conjointe de couples de variables, ainsi que des calculs pour obtenir les lois marginales. Enfin, il aborde la loi d'une fonction de variables aléatoires et démontre des propriétés fondamentales telles que l'additivité des espérances.

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Pro 6

Le document traite des couples et vecteurs de variables aléatoires discrètes, en se concentrant sur la loi conjointe, les lois marginales et les transformations de variables aléatoires. Il présente des exemples illustrant la loi conjointe de couples de variables, ainsi que des calculs pour obtenir les lois marginales. Enfin, il aborde la loi d'une fonction de variables aléatoires et démontre des propriétés fondamentales telles que l'additivité des espérances.

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Couples et vecteurs de variables al´eatoires

Pr´eparation `a l’agr´egation interne


1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4Couples
et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
Couples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi
conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord
que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.
On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.
1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2
Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
Couples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous
P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
Couples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
Couples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).
Preuve : On a
{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=
{X= x,Y= y}.
y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout
P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.
Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a
P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)
=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
Couples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.

loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω) ECE2-B 2019-2020
CH VIII : Couples de variables aléatoires réelles
discrètes
Avant d’entamer ce chapitre, il faut être à l’aise avec la notion de v.a.r.
discrètes (cf chapitre précédent). Si X est une v.a.r. discrète, on rappelle

X(Ω) = {xi |i∈I} où I ⊂N


que X(Ω) peut se noter sous la forme :

(par définition, X(Ω) est une partie au plus dénombrable de R)


I. Lois associées à un couple de v.a.r. discrètes
I.1. Loi d’un couple de v.a.r. discrètes
I.1.a) Définition de la notion de couple de v.a.r.
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soient X et Y deux v.a.r. discrètes.
• On appelle couple de v.a.r. (X,Y) l’application définie par :
Ω → R2
ω → (X(ω),Y(ω))
Exemple
1) On lance deux fois de suite un dé à 6 faces.
• On note X la v.a.r. égale au plus petit des deux résultats obtenus.
• On note Y la v.a.r. égale au plus grand des deux résultats obtenus.
Alors, (X,Y) est un couple de v.a.r. discrètes.
2) Une urne contient 3 boules blanches, 4 boules vertes et 5 boules bleues.
On tire simultanément 3 boules dans l’urne.
• On note X la v.a.r. égale au nombre de boules blanches obtenues.
• On note Y la v.a.r. égale au nombre de boules vertes obtenues.
Alors, (X,Y) est un couple de v.a.r. discrètes.
3) On lance indéfiniment une pièce non équilibrée pour laquelle la probabi-
lité d’obtenir Pile vaut 3
4 (et celle d’obtenir Face vaut donc 1
4 ).
On appelle chaîne toute séquence constituée uniquement de Pile ou uni-
quement de Face.
• On note X la v.a.r. égale à longueur de la première chaîne obtenue.
• On note Y la v.a.r. égale à la longueur de la deuxième chaîne.
Alors, (X,Y) est un couple de v.a.r. discrètes.
(par exemple, si ω= PPPPFFP..., X(ω) = 4 et Y(ω) = 2)

boules (n ∈ N∗) dont n sont blanches et n sont noires. L’expérience


4) On dispose d’une pièce de monnaie et d’une urne contenant en tout 2n

aléatoire consiste à lancer la pièce jusqu’à obtenir le premier pile. Puis


à tirer autant de tirages avec remise dans l’urne que de lancers effectués
pour obtenir Pile.
• On note X la v.a.r. égale au nombre de lancers de pièce effectués.
• On note Y la v.a.r. égale au nombre de boules blanches obtenues lors
des tirages.
Alors, (X,Y) est un couple de v.a.r. discrètes.
1ECE2-B 2019-2020
I.1.b) Loi d’un couple de v.a.r. discrètes
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• On appelle loi de probabilité du couple (X,Y) ou loi conjointe des
v.a.r. X et Y et on note P(X,Y) l’application :
Exemple
1) On reprend l’exemple 1) précédent consistant à lancer deux dés à 6 faces.
× Ω = 1,6 2. Ainsi, Card(Ω) = Card( 1,6 2) = 6 ×6 = 36.
× Ω est muni de la probabilité uniforme notée P.
((Ω,P(Ω),P) est un espace probabilisé)
On a donc :
Card(A)

(x , y) → P(X,Y)(x,y) = P([X= x] ∩[Y= y])


P(X,Y) : X(Ω) × Y(Ω) → R

valeurs P([X= x] ∩[Y= y]) pour x décrivant X(Ω) et y décrivant Y(Ω)


• Autrement dit, la loi du couple (X,Y) est la donnée de l’ensemble des

(i.e. (x,y) décrivant X(Ω) ×Y(Ω)).


(c’est cette définition que l’on retiendra)
Remarque

[X= x,Y= y] en lieu et place de [X= x] ∩[Y= y].


• Dans la littérature, on pourra trouver la notation [(X,Y) = (x,y)] ou

• Si X est une v.a.r. discrète, on rappelle qu’on a utilisé une notation simi-
laire (PX(x) = P([X= x])) pour définir la loi de la v.a.r. X.
(à ne pas confondre avec la fonction de répartition FX !)
• Dans le cas d’un couple (X,Y) composé de deux v.a.r. X et Y finies, on

∀A∈A , P(A) = Card(A)


peut représenter la loi de (X,Y) sous forme d’un tableau à double entrée.

Card(Ω)
=
36
• Déterminons la loi de (X,Y).

• Soit i∈ 1,6 et soit j ∈ 1,6.


Tout d’abord : X(Ω) = 1,6 et Y(Ω) = 1,6.

L’événément [X= i] ∩[Y= j] est réalisé



réalisé L’événément [X= i] est
et l’événement [Y= j] est

⇔ Le plus petit des 2


réalisé

résultats obtenus vaut i et le plus grand des 2


résultats obtenus vaut j
Trois cas se présentent.

[X= i] ∩[Y= j] = ∅
× Si i>j, alors :

En effet, le plus petit des deux résultats ne peut être strictement plus
grand que le plus grand.

[X= i] ∩[Y= j] = {(i,j),(j,i)}


× Si i<j, alors :

(cet événement est réalisé par deux 2-tirages : celui où le 1er dé vaut
i et le suivant j et celui où le premier dé vaut j et le suivant i)
2ECE2-B 2019-2020

[X= i] ∩[Y= j] = {(i,i)}


× Si i= j, alors :

(cet événement est réalisé par un unique 2-tirages : le 1er lancer donne
i et le deuxième aussi)

∀(i,j) ∈ 1,6 2
• On en conclut :

, P [X= i] ∩[Y= j] =

0
36 si i>j
2
36 si i<j
1
36 si
i= j
• Cerésultat peut aussi être présenté sous forme de tableau.
Card(A)
220
y∈Y(Ω)
x∈X(Ω)
123456
11
36
2
2
2
2
2
36
36
36
36
36
201
2
2
2
2
36
36
36
36
36
3001
36
2
2
2
36
36
36
40001
2
2
36
36
36
500001
36
2
36
6000001
36
2) On reprend maintenant le deuxième exemple.
On note B= {b1,...,b12}l’ensemble de boules de l’urne.
(les boules b1, ..., b3 sont blanches, les boules b4, ..., b7 sont vertes et
les boules b8, ..., b12 sont bleues).
× Ω est l’ensemble des parties à 3 éléments de l’ensemble B.
Ainsi, Card(Ω) = 12
3 = 220.
× Ω est muni de la probabilité uniforme notée P.
((Ω,P(Ω),P) est un espace probabilisé)

∀A∈A , P(A) = Card(A)


On a donc :

Card(Ω)
=
• Déterminons la loi de (X,Y).

• Soit i∈ 0,3 et soit j ∈ 0,3.


Tout d’abord : X(Ω) = 0,3 et Y(Ω) = 0,3.

L’événément [X= i] ∩[Y= j] est réalisé



réalisé L’événément [X= i] est
et l’événement [Y= j] est


réalisé

boules blanches Le 3-tirage contient i


et le 3-tirage contient j

Un 3-tirage réalisant [X= i] ∩[Y= j] est entièrement déterminé par :


boules vertes
× le choix des i boules blanches tirées : 3
i possibilités.
× le choix des j boules vertes tirées : 4
j possibilités.
× le choix des boules complétant le tirage : 5
3−i−j possibilités.
(ce sont forcément des boules vertes)

∀(i,j) ∈ 0,3 2
• On en conclut :

, P([X= i] ∩[Y= j]) =


3
i
4
j
5
3−i−j
12
3
3ECE2-B 2019-2020
• Ce résultat peut aussi être représenté sous forme de tableau.
y∈Y(Ω)
x∈X(Ω)
0123
0 10
220
40
30
4
220
220
220
1 30
220
60
18
0
220
220
2 15
220
12
00
220
31
220
000
I.1.c) Système complet d’événements associé à un couple de v.a.r.
discrètes
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• On appelle le système complet d’événements associé au couple

[X= x] ∩[Y= y]x∈X(Ω)


(X,Y) la famille :

y∈Y(Ω)

P([X= x] ∩[Y= y]) =


• Cettefamille est un système complet d’événements. En particulier :

P([X= x] ∩[Y= y])


x∈X(Ω) y∈X(Ω)

x∈X(Ω)
y∈Y(Ω)
=

P([X= x] ∩[Y= y]) = 1


y∈X(Ω) x∈X(Ω)

Remarque
De ces premières études, on peut tirer plusieurs remarques.
• Afin de déterminer la loi d’un couple (X,Y), on commence TOUJOURS par
déterminer X(Ω) et Y(Ω).
• Il est fréquent d’avoir à réaliser une disjonction de cas lorsque l’on déter-
mine la loi d’un couple de v.a.r. .
• Si l’on somme tous les éléments du tableau, on obtient 1.

Ceci provient du fait que ([X= x] ∩[Y= y])x∈X(Ω)


(c’est une mesure de vérification!)

est le système com-


y∈Y(Ω)
plet d’événements associé au couple (X,Y).
Démonstration.
1) Démontrons que cette famille est constituée d’événements 2 à 2 incom-

Soit (x1,y1) ∈X(Ω) ×Y(Ω) et (x2,y2) ∈X(Ω) ×Y(Ω) tels que :


patibles. Choisissons deux événements distincts de cette famille.

(x1,y1) ̸= (x2,y2)
([X= x1] ∩[Y= y1]) ∩([X= x2] ∩[Y= y2])
On a alors :

= ([X= x1] ∩[X= x2]) ∩([Y= y1] ∩[Y= y2])


=∅
En effet, on a forcément x1 ̸= x2 ou y1 ̸= y2 car (x1,y1) ̸= (x2,y2).
4ECE2-B 2019-2020

[X= x] ∩[Y= y]
2) Démontrons que la réunion de ces événements est Ω.

x∈X(Ω)
y∈Y(Ω)
=

[X= x] ∩[Y= y]
x∈X(Ω) y∈Y(Ω)

[X= x] ∩
x∈X(Ω)

[Y= y] (car ∩est distributive


y∈Y(Ω)

par rapport à ∪)
=

([X= x] ∩Ω) (car ([Y= y])y∈Y(Ω)


x∈X(Ω)

est un sce)
=
x∈X(Ω)
[X= x] = Ω (car ([X= x])x∈X(Ω)
est un sce)
On en déduit notamment :

P([X= x] ∩[Y= y])


x∈X(Ω) y∈X(Ω)

=
x∈X(Ω)

P([X= x] ∩[Y= y])


y∈Y(Ω)

= P(
x∈X(Ω)
y∈Y(Ω)

[X= x] ∩[Y= y] )
= P(Ω) = 1

I.2. Lois conditionnelles


Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.

1)• Pour tout y ∈Y(Ω) tel que P([Y= y]) ̸= 0, on appelle loi condi-
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.

tionnelle de X sachant (que l’événement) [Y= y] (est réalisé)


l’application :

x → P[Y=y]([X= x]) = P([X= x] ∩[Y= y])


X(Ω) → R

P([Y= y])
• Autrement dit, la loi conditionnelle de X sachant [Y= y] est la donnée
des réels :

2)• Pour tout x ∈X(Ω) tel que P([X= x]) ̸= 0, on appelle loi condi-
P[Y=y]([X= x]) pour tout x∈X(Ω)

tionnelle de Y sachant (que l’événement) [X= x] (est réalisé)


l’application :

y → P[X=x]([Y= y]) = P([X= x] ∩[Y= y])


Y(Ω) → R

P([X= x])
• Autrement dit, la loi conditionnelle de Y sachant [X= x] est la donnée
des réels :
P[X=x]([Y= y]) pour tout y∈Y(Ω)
Remarque
On souligne que cette démonstration est valable dans le cas où X(Ω) et
Y(Ω) sont finis mais aussi dans le cas où ils sont infinis (dénombrables).
Cela implique alors que les sommes considérées sont infinies.
5ECE2-B 2019-2020
Remarque

Par définition : P[X=x]([Y= y]) = P([X= x] ∩[Y= y])


Soit x∈X(Ω) tel que : P([X= x]) ̸= 0.

P([X= x])
• Ainsi, si on connaît :
× la loi du couple (X,Y),
× la loi de X,
alors on obtient la loi conditionnelle de Y sachant [X= x].
• On peut aussi lire l’égalité dans l’autre sens. Si on connaît :
× la loi de X,
× la loi conditionnelle de Y sachant [X= x] pour tout x∈X(Ω),
alors on obtient la loi du couple (X,Y).
I.3. Lois marginales
I.3.a) Définition
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• On appelle 1ère loi marginale du couple (X,Y) la loi de la v.a.r. X.
• On appelle 2ème loi marginale du couple (X,Y) la loi de la v.a.r. Y.
Remarque
L’expression « loi marginale » n’a de sens que dans un contexte d’étude
d’un couple de v.a.r. (X,Y). Aux concours, cette expression ne sera pas
forcément utilisée, même dans les sujets sur les couples. On parlera alors
tout simplement de loi de X (resp. Y) en lieu et place de 1 ère (resp. 2ème)
loi marginale du couple (X,Y).
I.3.b) Détermination en pratique des lois marginales
Théorème 1.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.

∀x∈X(Ω), P([X= x]) =


1) Loi de X via la loi du couple (X,Y)

P([X= x] ∩[Y= y])


y∈Y(Ω)
Loi de X via les lois conditionnelles de X sachant [Y= y] pour tout

On suppose : ∀y∈Y(Ω), P([Y= y]) ̸= 0. Alors :


y∈Y(Ω) :

P([X= x]) =
P([Y= y]) P[Y=y]([X= x])
y∈Y(Ω)

∀y∈Y(Ω), P([Y= y]) =


2) Loi de Y via la loi du couple (X,Y)

P([Y= y] ∩[X= x])


x∈X(Ω)
Loi de Y via les lois conditionnelles de Y sachant [X= x] pour tout

On suppose : ∀x∈X(Ω), P([X= x]) ̸= 0. Alors :


x∈X(Ω) :

P([Y= y]) =
x∈X(Ω)
P([X= x]) P[X=x]([Y= y])
6ECE2-B 2019-2020
Démonstration.
• Les v.a.r. X et Y jouent des rôles analogues.
Ainsi, les démonstrations des points 1) et 2) sont similaires.
Démontrons le point 1).
• La famille [Y= y] y∈Y(Ω) est un sce.
Soit x∈X(Ω). Par la formule des probabilités totales :

P [X= x] ∩[Y= y]
P [X= x] =

on sait de plus : ∀y∈Y(Ω), P([Y= y]) ̸= 0, alors :


y∈Y(Ω)

P [X= x] ∩[Y= y] = P [Y= y] ×P[Y=y] [X= x]


• Si

Exemple

∀x∈X(Ω), P([X= x]) =


Lorsque les v.a.r. X et Y sont finies, la formule :

P([X= x] ∩[Y= y])


y∈Y(Ω)
peut se lire sur le tableau de la loi du couple (X,Y).
Reprenons l’exemple du double lancer de dé 6.
y∈Y(Ω)
x∈X(Ω)
1 2 3 4 5 6 Loi de X
11
36
2
2
2
2
2
11
36
36
36
36
36
36
201
2
2
2
2
9
36
36
36
36
36
36
Remarque
• On retiendra que pour obtenir une loi marginale à partir de la loi du couple
ou d’une loi conditionnelle, il suffit d’appliquer la formule des probabilités
totales.
• Cela permet de construire des énoncés du type :
1) Reconnaître la loi de X.
2) Déterminer la loi du couple (X,Y) (si l’énoncé a un parti-pris couple).

Pour tout x ∈X(Ω), déterminer la loi conditionnelle de Y sachant


OU

[X= x] (si l’énoncé a un parti-pris couple).


3) Déterminer la loi de Y.
• Rappelons enfin que les sommes présentes dans la formule des probabilités
totales peuvent être infinies. C’est le cas si les ensembles images des v.a.r.
considérées sont infinies. Les écritures restent vraies sans ajout d’autre
hypothèse.
3001
36
2
2
2
7
36
36
36
36
40001
2
2
5
36
36
36
36
500001
36
2
3
36
36
6000001
1
36
36
Loi de Y 1
3
5
7
9
11
1
36
36
36
36
36
36
Si x= 1, alors la formule se lit : P([X = 1]) =

P([X = 1] ∩[Y= j]).


6

j=1
Ainsi, on obtient P([X = 1]) en sommant tous les éléments de la première
ligne. De manière générale, on obtient P([X= i]) en sommant tous les élé-
ments de la ième ligne.
7ECE2-B 2019-2020
Déterminer la loi du couple (X,Y).
Parti-pris lois conditionnelles :

On lance une pièce donnant pile avec probabilité p ∈]0,1[ et face avec
Exercice

probabilité q = 1−p. On note X le rang d’apparition du premier pile et Y


le rang d’apparition du deuxième pile.
Les lancers sont considérés indépendants.
1. Déterminer la loi de X.
2. Parti-pris couple :
Pour tout i∈N∗, déterminer la loi conditionnelle de Y sachant [X= i].
3. En déduire la loi de Y.
4. Que vaut
+∞
j=2
+∞

P([X= i] ∩[Y= j]) ?


i=1

Retrouver ce résultat par calcul.


5. Parti-pris lois conditionnelles :
Soit i∈N∗. Que vaut
+∞
P[X=i]([Y= j]) ?
j=2
Retrouver ce résultat par calcul.
Démonstration.
1. • L’expérience consiste ici en une succession infinie d’épreuves de Ber-
noulli (lancer de pièce) indépendantes et de même paramètre de succès
p (correspondant à la probabilité d’obtenir Pile).
• La v.a.r. X est le rang d’apparition du premier succès de cette expé-
rience.

Soit i∈N∗et soit j ∈N \{0,1}.


• Déterminons la loi du couple (X,Y).

L’événément [X= i] ∩[Y= j] est réalisé



réalisé L’événément [X= i] est
et l’événement [Y= j] est


réalisé

ième tirage Le 1er Pile est obtenu au


et le 2ème Pile est obtenu au
jème tirage
Deux cas se présentent.

[X= i] ∩[Y= j] = ∅
× Si i j, alors :

Ainsi : P([X= i] ∩[Y= j]) = P(∅) = 0.


En effet, le premier pile ne peut apparaître après le deuxième.

× Si i<j, alors :

[X= i] ∩[Y= j] = F1 ∩...∩Fi−1 ∩Pi ∩Fi+1 ∩...∩Fj−1 ∩Pj


Ainsi, X →G(p).

P([X= i] ∩[Y= j])


Par indépendance des lancers, on a alors :

= P(F1) ×...×P(Fi−1) ×P(Pi) ×P(Fi+1) ×...×P(Fj−1) ×P(Pj)


= qi−1 p qj−i−1 p
= qj−2 p2
Parti-pris lois conditionnelles.
2. Parti-pris couple.
• Tout d’abord : X(Ω) = N∗et Y(Ω) = N \{0,1}.
Eneffet,lepremierPilepeutapparaîtredèslepremiertirage;ledeuxième
apparaît au mieux lors du deuxième tirage.
• Tout d’abord : X(Ω) = N∗et Y(Ω) = N \{0,1}.
Eneffet,lepremierPilepeutapparaîtredèslepremiertirage;ledeuxième
apparaît au mieux lors du deuxième tirage.
8ECE2-B 2019-2020
• Soit i∈N∗. Déterminons la loi conditionnelle de Y sachant [X= i].
Deux cas se présentent.

P[X=i]([Y= j]) = P([X= i] ∩[Y= j])


× Si j i, alors :

P([X= i])
=
P(∅)
P([X= i]) = 0
En effet, le premier pile ne peut apparaître après le deuxième.
× Si j >i :

P[X=i]([Y= j]) = P([X= i] ∩[Y= j])


• On pouvait rédiger en revenant à la loi de couple en écrivant :

P F1 ∩...∩Fi−1 ∩Pi ∩Fi+1 ∩...∩Fj−1 ∩Pj


P([X= i])

P F1 ∩...∩Fi−1 ∩Pi
(par indépendance
des lancers)
− Si [X= i] est réalisé, c’est que le premier Pile apparaît lors du i ème
tirage. Dans ce cas, l’événement [Y= j] est réalisé si et seulement
si le deuxième Pile apparaît lors du jème tirage.
− Aprèscesipremierstirages,l’expérienceconsisteenunesuccession
infinie d’épreuves de Bernoulli (lancer de pièce) indépendantes et
de même paramètre de succès p (correspondant à la probabilité
d’obtenir Pile).
− La loi conditionnelle de Y sachant (que l’événement) [X= i] (est
réalisé) est celle d’une v.a.r. i+ T où T → G(p). En effet, le
rang d’apparition du deuxième Pile est donné par le nombre i
de tirages effectués dans l’expérience initiale auquel on ajoute au
rangd’apparitiondupremierPile(donnéparT)dansl’expérience
débutant après ces i tirages.
Ainsi, pour tout j >i :
P[X=i] [Y= j] = P [i+ T= j]
= P [T= j−i] = qj−i−1 p
Remarque
• Généralement, la loi conditionnelle à déterminer est une loi usuelle (cf
exercice suivant). Le parti-pris lois conditionnelles ne semble pas for-
cément pertinent ici puisque la loi conditionnelle n’est pas directement
une loi usuelle mais la loi d’une transformée affine d’une loi usuelle.
=
=
...
=
qi−1 p qj−i−1 p
qi−1 p
= qj−i−1 p
Dans ce cas, il serait préférable que l’exercice soit présenté avec un
parti-pris couple.
3. La famille ([X= i])i∈N∗ forme un sce.
Soit j ∈N \{0,1}. D’après la formule des probabilités totales :
=
=
=
P([Y= j])
+∞
i=1
+∞
i= 1
i<j
j−1

P([X= i] ∩[Y= j])


i=1

P([X= i] ∩[Y= j]) +


+∞
i= 1

P([X= i] ∩[Y= j])


ij

P([X= i] ∩[Y= j])


Parti-pris couple.
j−1

P([X= i] ∩[Y= j]) =


i=1

j−1
i=1
qj−2 p2 = (j−1) qj−2 p2
9ECE2-B 2019-2020
Parti-pris lois conditionnelles.
4.•
j−1

P([X= i] ∩[Y= j]) =


i=1

j−1
i=1
P([X= i]) P[X=i] P([Y= j])
=
j−1
i=1
qi−1 p qj−i−1 p
=
j−1
i=1
qj−2 p2 = (j−1) qj−2 p2
+∞
j=2
+∞

P([X= i] ∩[Y= j]) = 1. En effet :


i=1

+∞
j=2
+∞

P([X= i] ∩ [Y= j] =
i=1

P([X= i] ∩[Y= j])


i∈N∗
j ∈N \{0,1}
=P
i∈N∗
j ∈N \{0,1}
[X= i] ∩[Y= j] = P(Ω) = 1
car la famille ([X= i] ∩[Y= j]) i∈N∗
j ∈N \{0,1}
forme un sce.
• On peut retrouver ce résultat par calcul.
+∞
j=2
+∞

P([X= i] ∩ [Y= j]) =


i=1

=
+∞
j=2
+∞
j=2
P([Y= j])
(j−1) qj−2 p2 = p2
+∞
j=2
= p2
+∞
j=1
jqj−1 = p2 1
(1−q)2
en reconnaissant la somme d’une série géométrique de raison q.
(j−1) qj−2
=
p2
p2 = 1
5. • Soit i∈N∗. On a :
+∞
j=2
P[X=i]([Y= j]) = 1.
En effet :
+∞
j=2
P[X=i]([Y= j]) = P[X=i](
+∞
j=2
[Y= j]) = P[X=i](Ω) = 1
car la famille ([Y= j])j∈N\{0,1}forme un sce.
• On peut retrouver ce résultat par calcul.
+∞
j=2
P[X=i]([Y= j]) =
=
=p
i
j=2
+∞
j=i+1
+∞
j=0
P[X=i]([Y= j]) +
qj−i−1 p= p
+∞
j=i+1
+∞
j=i+1
P[X=i]([Y= j])
qj−i−1
qj = p
1
1−q
=
p
p
=1
Exercice
Deux joueurs A et B procèdent chacun à une succession de lancers d’une
même pièce. À chaque lancer, la probabilité d’obtenir pile est p (p fixé, p∈
]0,1[), et celle d’obtenir face est q= 1−p.
Le joueur Acommence et il s’arrête quand il obtient le premier pile. On note
X la variable aléatoire égale au nombre de lancers effectués par le joueur A.
Le joueur B effectue alors autant de lancers que le joueur Aet on note Y la
variable aléatoire égale au nombre de piles obtenu par le joueur B.
1. Rappeler la loi de X et, pour tout k 1, donner la loi conditionnelle de
Y sachant [X= k].
2. Quelles sont les valeurs prises par Y ?
3. Montrer : P([Y = 0]) =
+∞
pq2k−1 =
k=1
q
1 + q.
4. Soit n un entier naturel non nul.
Montrer : P([Y= n]) =
+∞
k=n
k
n
pn+1q2k−n−1
.
10ECE2-B 2019-2020
xm

5. On admet : ∀m∈N∗
.

, ∀x∈]0,1[,
+∞
k=m
k−1
m−1
xk =
(1−x)m.
Montrer : P([Y= n]) = 1
(1 + q)2
q
1+q
n−1
1. Rappeler la loi de X et, pour tout k 1, donner la loi conditionnelle de
Y sachant [X= k].
Démonstration.
• L’expérience consiste en une succession infinie d’épreuves de Bernoulli
(lancer de pièce) indépendantes et de même paramètre de succès p(cor-
respondant à la probabilité d’obtenir Pile).
• La v.a.r. X est le rang d’apparition du premier succès.
Ainsi, X →G(p).
• Soit k 1. Déterminons la loi conditionnelle de Y sachant [X= k].
− Si [X= k] est réalisé, c’est que le premier Pile a été obtenu lors du
kème lancer. Dans ce cas, le joueur B procède alors à k lancers de
pièces.
− Cette expérience consiste en la répétition de k épreuves de Bernoulli
(lancer de pièce) indépendantes, de même paramètre de succès p
(correspondant à la probabilité d’obtenir Pile).
− La v.a.r. Y compte le nombre de succès obtenus lors de cette expé-
rience.
Ainsi, la loi conditionnelle de Y sachant [X= k] est la loi binomiale de
paramètre (k,p).
Remarque
Oncomprenddanscettequestiontoutl’intérêtdesloisconditionnelles:on
effectue d’abord une expérience initiale dont le résultat défini l’expérience
qui va suivre. La v.a.r. X dépend du résultat de l’expérience initiale. La
v.a.r. Y dépend du résultat de la deuxième expérience (qui dépend elle-
même de la 1ère). Il est donc logique de vouloir déterminer la loi de la
v.a.r. Y connaissant le résultat de l’expérience initiale.
2. Quelles sont les valeurs prises par Y ?
Démonstration.
• On a vu dans la question précédente que si [X= k] est réalisé alors Y
peut prendre toutes les valeurs de 0,k.
• Comme X(Ω) = N∗alors X peut prendre toutes les valeurs k∈N∗
.
On en déduit que Y peut prendre toutes les valeurs de N.
Y(Ω) = N
Remarque
On peut faire cette démonstration en revenant une nouvelle fois à l’expé-
rience réalisée :
× pour tout i∈N∗, le joueur B peut obtenir ipiles. Cela est notamment
réalisé si le joueur Aa obtenu le premier pile lors de son ième lancer et
si le joueur B n’a obtenu que des piles lors de ses lancers.
× le joueur B peut aussi obtenir 0 pile et ce quel que soit le nombre de

∀i∈ 0,k, P[X=k]([Y= i]) = k


tirages dont il dispose.

∀i k+ 1, P[X=k]([Y= i]) = 0
i pi (1−p)k−i

11ECE2-B 2019-2020
3. Montrer : P([Y = 0]) =
+∞
k=1
pq2k−1 =
q
1 + q.
Démonstration.
La famille [X= k] k∈1,+∞
Ainsi, par la formule des probabilités totales :
est un système complet d’événements.
P([Y = 0]) =
+∞

P([X= k] ∩[Y = 0])


k=1

=
+∞
k=1
P([X= k]) ×P[X=k]([Y = 0]) (valide car
P([X= k]) ̸= 0)
=
+∞
k=1
(1−p)k−1 p×
k
0 p0 (1−p)k−0
=
+∞
k=1
(1−p)2k−1 p=
+∞
k=1
p q2k−1
=p
+∞
k=1
q2k−1 = p
=p
+∞
k=0
q2k+1 = pq
+∞
k=0
+∞
k=0
q2
k
q2(k+1)−1 (par décalage
d’indice)
= pq

1−q2 (car q2 ∈]−1,1[)


1

=pq
1
(1−q) (1 + q)
=
q
1+q
(valide car
P([X= k]) ̸= 0)
(car pour tout k<n,
P[X=k]([Y= n]) = 0)
P([Y = 0]) =
+∞
k=1
pq2k−1 =
q
1+q
4. Soit n un entier naturel non nul.
Montrer : P([Y= n]) =
+∞
k=n
k
n
pn+1q2k−n−1
.
Démonstration.
• La famille [X= k] k∈1,+∞
Ainsi, par la formule des probabilités totales :
est un système complet d’événements.
=
=
=
=
=
=
=
P([Y= n])
+∞

P([X= k] ∩[Y= n])


k=1
+∞
k=1
n−1
k=1
P([X= k]) ×P[X=k]([Y= n]) P([X= k]) ×P[X=k]([Y= n]) +
+∞
k=n
+∞
k=n
P([X= k]) ×P[X=k]([Y= n])
P([X= k]) ×P[X=k]([Y= n])
+∞
k=n
(1−p)k−1 p
k
n
+∞
k=n
k
n
pn+1 (1−p)2k−n−1
pn (1−p)k−n
pn+1
(1−p)n+1
+∞
k=n
k
n (1−p)2k =
k
P([Y= n]) = pn+1
qn+1
+∞
k=n
k
n
q2
k
pn+1
qn+1
+∞
k=n
k
n
q2
12ECE2-B 2019-2020
k
qn+1
pn+1
+∞
k=n
k
n

5. On admet : ∀m∈N∗
q2 k

, ∀x∈]0,1[,
+∞
k=m
k−1
m−1
Montrer : P([Y= n]) = 1
(1 + q)2
q
1+q
n−1
.
xk =
xm
(1−x)m.
Démonstration.
• D’après la question précédente :
P([Y= n]) = pn+1
qn+1
• Or, par décalage d’indice :
+∞
k=n
k
n
q2 k
=
+∞
k=n+1
k−1
n
q2 k−1
=
1
q2
+∞
k=n+1
k−1
n

• En appliquant la formule fournie par l’énoncé à m = n+ 1 ∈N∗, et


q2 k

x= q2 ∈]0,1[, on obtient :
+∞
k=n+1
k−1
n
q2 k−1
=
q2
n+1
(1−q2)n+1
• En combinant tous les résultats obtenus :
P([Y= n]) = pn+1
qn+1
+∞
k=n
k
n
q2
k
=
=
=
=
=
pn+1
1
q2
+∞
k=n+1
k−1
n
q2
qn+1
1
q2
q2
n+1
(1−q2)n+1
1
q2
q2
q
n+1
pn+1 1
(1−q)n+1 (1 + q)n+1
1
q2 qn+1 pn+1 1
pn+1 (1 + q)n+1
qn−1
=
1
(1 + q2)
qn−1
(1 + q)n+1
(1 + q)n−1
Pour tout n∈N∗
, P([Y= n]) = 1
(1 + q2)
q
1+q
n−1
.
13ECE2-B 2019-2020
II. Indépendance de variables aléatoires discrètes
II.1. Indépendance de deux variables aléatoires discrètes
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• Lesv.a.r. X et Y sont indépendantes (pour la probabilité P) si :
Exemple
1) Reprenons l’expérience aléatoire consistant à tirer 3 boules dans une urne

P([X = 3] ∩[Y = 3]) = 0 ̸= P([X = 3])


contenant 3 boules blanches, 4 vertes et 5 bleues. Alors :

×P([Y = 3])
̸=0

∀x∈X(Ω), ∀y∈Y(Ω),
̸=0

P([X= x] ∩[Y= y]) = P([X= x]) ×P([Y= y])


Ainsi, X et Y ne sont pas indépendantes.
2) Si on reprend l’exemple du lancer de pièces avec X le rang d’apparition

P([X = 2] ∩[Y = 1]) = 0 ̸= P([X = 2])


du premier pile et Y le rang d’apparition du deuxième pile, alors :

×P([Y = 1])
̸=0
• Autrement dit, les v.a.r. X et Y sont indépendantes si pour tout x∈X(Ω)
et tout y∈Y(Ω), les événements [X= x] et [Y= y] sont indépendants.
Remarque
• Dans les énoncés, on trouvera souvent la question :
« les v.a.r. X et Y sont-elles indépendantes? ».
Ainsi énoncée, cette question attend généralement la réponse : NON.
• Il s’agit alors de démontrer la négation de la propriété d’indépendance.

NON(∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω),P([X= x] ∩[Y= y]) = P([X= x]) ×P([Y= y]))


Or :

⇔ ∃x∈X(Ω),∃y∈Y(Ω),P([X= x] ∩[Y= y]) ̸= P([X= x]) ×P([Y= y])


On en déduit la méthodologie suivante.
MÉTHODO Démontrer que deux v.a.r. discrètes ne sont pas
indépendantes
• Pour démontrer que X et Y ne sont pas indépendantes, il suffit de trouver

P([X= x] ∩[Y= y]) ̸= P([X= x]) ×P([Y= y])


x∈X(Ω) et y∈Y(Ω) tels que :

P([X= x] ∩[Y= y]) = 0 et P([X= x]) ̸= 0, P([Y= y]) ̸= 0


• Souvent, on essaiera de trouver x∈X(Ω) et y∈Y(Ω) tels que :

̸=0
Ainsi, X et Y ne sont pas indépendantes.
Remarque
Soient X et Y sont deux v.a.r. discrètes indépendantes.
Alors, tout événement ne dépendant que de la variable X est indépendant
de tout événement ne dépendant que de la variable Y.

• P ([X= x] ∩[Y y]) = P([X= x]) ×P([Y y]),


Plus précisément, pour tout x∈X(Ω), pour tout y∈Y(Ω) :

• P ([X x] ∩[Y y]) = P([X x]) ×P([Y y]),


• P ([X x] ∩[Y >y]) = P([X x]) ×P([Y >y]),
• P ([X >x] ∩[Y <y])) = P([X >x] ×P([Y <y]),
• ...
Cela provient essentiellement du fait que :
[Y y] =
yj ∈Y(Ω)
yj y
[Y= yj]
et que [X= x] est indépendant de tout événement [Y= y j].
14ECE2-B 2019-2020
Remarque
Il arrive (même si c’est rare!) qu’on ait à démontré que deux v.a.r. X et Y
sont indépendantes. Ceci se fait parfois par retour à la définition.
Il s’agit alors de démontrer une propriété quantifiée universellement.
Exemple
On considère l’expérience aléatoire consistant en deux lancers succesifs d’un
dé à 6 faces. On note X le résultat du 1er lancer et Y le résultat du 2ème
.
• Ω = 1,6 2 est muni de la probabilité uniforme noté P.

• Soit i∈ 1,6 et soit j ∈ 1,6.


• On a : X(Ω) = 1,6 et Y(Ω) = 1,6.

On a : P([X= i]) = 1
et P([Y= j]) = 1
6

Or : P([X= i] ∩[Y= j]) = 1


6.

36.

• On a alors, pour tout i∈ 1,6 , et pour tout j ∈ 1,6 :


(il n’y a qu’un lancer dont le résultat du 1er dé vaut i et le 2ème vaut j)

P([X= i] ∩[Y= j]) = 1


1
=
36
1
6
= P([X= i]) ×P([Y= j])
Théorème 2.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.

1) Supposons : ∀x∈X(Ω), P([X= x]) ̸= 0. Alors :


Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.

6
Démonstration.

⇔ ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω), P([X= x] ∩[Y= y]) = P([X= x]) P([Y= y])


X et Y sont indépendantes

⇔ ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω),
P([X= x] ∩[Y= y])
P([X= x])

⇔ ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω), P[X=x]([Y= y]) = P([Y= y])


= P([Y= y])

Remarque
On retiendra que l’on peut se servir des lois conditionnelles pour démontrer
l’indépendance de deux événements. Évidemment, choisir cette caractérisa-
tion plutôt que la définition dépend du contexte et de ce qui a déjà été
déterminé dans l’exercice.
II.2. Indépendance mutuelle de variables aléatoires discrètes
Définition
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soient X1,X2,...,Xn (avec n 2) des v.a.r. discrètes.
• Les v.a.r. X1,X2,...,Xn sont (mutuellement) indépendantes(pour la
probabilité P) lorsque :

⇔ ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω), P[X=x]([Y= y]) = P([Y= y])


X et Y sont indépendantes

∀(x1,...,xn) ∈X1(Ω) ×...×Xn(Ω),


P
n
i=1
[Xi = xi] =
n
i=1

2) Supposons : ∀y∈X(Ω), P([Y= y]) ̸= 0. Alors :


P([Xi = xi])

⇔ ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω), P[Y=y]([X= x]) = P([X= x])


X et Y sont indépendantes

• Si (Xn)n∈N∗ est une suite de var aléatoires définies sur (Ω,A ,P).
(Xn)n∈N∗ est une suite de variables (mutuellement) indépendantes (pour

∀n 2, les variables X1,X2,...,Xn sont mutuellement indépendantes


la probabilité P) lorsque :

15ECE2-B 2019-2020
Remarque
Soient X1,X2,...,Xn des v.a.r. discrètes mutuellement indépendantes.
Alors toute famille de névénements dont chacun est construit à l’aide d’une

Plus précisément, pour tout x1 ∈X1(Ω), ..., xn ∈Xn(Ω) :


v.a.r. Xi est une famille d’événements mutuellement indépendants.

• les événements [X1 = x1],[X2 x2],...[Xn xn] sont mutuellement in-


dépendants,
• les événements [X1 x1],[X2 >x2],...[Xn xn] sont mutuellement in-
dépendants,
• ...
Théorème 3 (Lemme des coalitions).
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
Soient f : X(Ω) →R et g: Y(Ω) →R deux fonctions.
• Cas de 2 v.a.r.
Exemple
• Soient X1,...,X5 des v.a.r. discrètes mutuellement indépendantes. Alors :
× lesv.a.r.X1,X2
2
,2 X3,eX4 −1 et|X5|sontmutuellementindépendantes.
× les v.a.r. 2 X1X3−X5 et X2
2 sont indépendantes.
× les v.a.r. min(X1,X2) et max(X3,X4,X5) sont indépendantes.
• Soit (Xn)n∈N∗ une suite de v.a.r. mutuellement indépendantes.
Alors, pour tout n∈N∗
, Sn =
n
Xk et Xn+1 sont indépendantes.
k=1
• SiX2 et Y2 ne sont pas indépendantes, alors, en procédant par l’absurde,

X et Y indépendantes ⇒ f(X) et g(Y) sont indépendantes


on démontre que X et Y ne le sont pas non plus.

• Généralisation à n v.a.r.
Soient X1, ..., Xn des v.a.r. discrètes.
Soient f1 : X1(Ω) →R, ..., fn : Xn(Ω) →R des fonctions.
X1,...,Xn v.a.r.
discrètes mutuellement

⇒ f1(X1),...,fn(Xn) v.a.r. discrètes


indépendantes

mutuellement indépendantes
X1,...,Xn v.a.r.
discrètes mutuellement


indépendantes

Toute v.a.r. s’exprimant en


fonction des v.a.r. X1,...,Xp est
indépendante de toute v.a.r.
s’exprimant en fonction des v.a.r.
Xp+1,...,Xn (pour p∈ 2,n−1 )
16ECE2-B 2019-2020
III. Opérations sur les v.a.r. discrètes
Dans cette section, on étudie des v.a.r. du type Z= g(X,Y) où (X,Y) est
un couple de v.a.r. discrètes et g: X(Ω) ×Y(Ω) →R.
III.1. Cas général : loi de g(X, Y )
Théorème 4.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
Soit g: X(Ω) ×Y(Ω) →R.
• Z est un v.a.r. discrète.
• L’ensemble des valeurs prises par Z= g(X,Y) est donnée par :

⊆ {g(x,y) |x∈X(Ω), y∈Y(Ω)}


Z(Ω) = {g(X(ω),Y(ω)) |ω∈Ω}

• La loi de Z= g(X,Y) est donnée par :


Remarque
• Le théorème précédente stipule que la loi de g(X,Y) est fournie par la loi
conjointe de X et de Y.
• Si on sait de plus que X et Y sont indépendantes, les lois de X et de
Y suffisent à obtenir la loi de g(X,Y). L’indépendance fournit un cadre
simple pour l’étude de la loi de g(X,Y).
III.2. Cas particuliers (opérations classiques)
III.2.a) Loi de la somme de deux v.a.r. discrètes
Théorème 5.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• X+ Y est une v.a.r. discrète.

∀z∈Z(Ω), P(Z= z) =
• La loi de X+ Y est fournie par, pour tout z∈(X+ Y)(Ω) :

(x,y) ∈X(Ω) ×Y(Ω)

P([X= x] ∩[Y= y])


z= g(x,y)

P([X+ Y= z]) =
x∈X(Ω)
z−x∈Y(Ω)
=
z−y∈X(Ω)

P([X= x] ∩[Y= z−x])


y∈Y(Ω)

P([X= z−y] ∩[Y= y])


Démonstration.

∀z∈Z(Ω), [Z= z] =
Il suffit de remarquer :

(x,y) ∈X(Ω) ×Y(Ω)

[X= x] ∩[Y= y]
z= g(x,y)

et que ([X= x] ∩[Y= y])x∈X(Ω)


est une famille d’événements deux à deux

y∈Y(Ω)
incompatibles (car c’est un sce).
Démonstration.
La famille ([X= x])x∈X(Ω) forme un sce.
Ainsi, d’après la formule des probabilités totales :

P([X= x] ∩[X+ Y= z])


P([X+ Y= z]) =

x∈X(Ω)
=

P([X= x] ∩[Y= z−x])


x∈X(Ω)

17ECE2-B 2019-2020
Remarque
Il faudra refaire cette démonstration dans tous les exercices consistant à
déterminer la loi d’une somme de deux v.a.r. discrètes.
Exemple
On considère deux v.a.r. X et Y tels que X →U( 1,6 ) et Y →U( 1,4 )
(par exemple les résultats d’un lancer de dés à six faces et à quatre faces).
Déterminons la loi de X+ Y.
• Ω = 1,6 × 1,4 est muni de la probabilité uniforme P.
• X(Ω) = 1,6 et Y(Ω) = 1,4
• (X+ Y)(Ω) = 2,10.
• Soit k∈ 2,10 . On a alors :

[X= i] ∩[Y= k−i]


[X+ Y= k] =

i∈ 1,6

= [X = 1] ∩[Y= k−1]
k−i∈ 1,4

∪ [X = 2] ∩[Y= k−2]
∪ [X = 3] ∩[Y= k−3]
∪ [X = 4] ∩[Y= k−4]
∪ [X = 5] ∩[Y= k−5]
∪ [X = 6] ∩[Y= k−6]

par un tirage (attention : si k−i̸= 0, [Y= k−i] = ∅).


Chacun des événements apparaissant dans l’union n’est réalisé au plus que

On en déduit la loi de X+ Y.

• On note que la probabilité P([X= x] ∩[Y= z−x]) est nulle dès que z−x
À RETENIR

n’appartient pas à Y(Ω) puisqu’alors [Y= z−x] = ∅.

calcul de P([X= x] ∩[Y= z−x]).


• Ceci a pour conséquence de restreindre les indices de sommation lors du

Exercice
Soit X et Y deux v.a.r. discrètes indépendantes suivant toutes deux la loi
géométrique G(p) (avec p∈]0,1[).
En utilisant un sce associé à X, montrer que pour tout n 2 :
P([X+ Y= n]) = (n−1) p2 qn−2
Stabilité des lois classiques
Théorème 6.
1) Stabilité des lois binomiales
Soit p∈]0,1[ et soient m∈N∗ et n∈N∗
.

• X et Y indépendantes ⇒ X+ Y →B(m+ n,p)


• X →B(m,p) et Y →B(n,p)

2) Stabilité des lois de Poisson


Soient λ∈R∗
+ et µ∈R∗
+.
k∈(X+ Y)(Ω) 2 3 4 5 6 7 8 9 10

et Y indépendantes ⇒ X+ Y →P(λ+ µ)
•X →P(λ) et Y →P(µ)
•X
P([X+ Y= k]) 1
24
2
3
4
4
4
3
2
1
24
24
24
24
24
24
24
24
18ECE2-B 2019-2020

1) Comme X(Ω) = 0,m et Y(Ω) = 0,n , on a : (X+Y)(Ω) ⊂ 0,m+n.


Démonstration.

La famille ([X= i])i∈0,m est un sce.


Soit k∈ 0,m+ n . D’après la formule des probabilités totales :
P([X+ Y= k])
=
m

P([X= i] ∩[X+ Y= k])


i=0

=
m

P([X= i] ∩[Y= k−i])


i=0
=
m
i=0
P([X= i]) P([Y= k−i]) (par indépendance)
=
m
i= 0
k−i∈ 0,m
+
m
i= 0
k−i̸∈ 0,m
P([X= i]) P([Y= k−i])

[Y= k−i] = ∅)
P([X= i]) P([Y= k−i]) (car si k−i̸∈ 0,m ,

=
m
k−i∈ 0,m
m
i= 0
i pi(1−p)m−i n
k−i pk−i (1−p)n−k+i
= pk(1−p)n+m−k
m
k−i∈ 0,m
m
i= 0
i
n
k−i
=
n+ m
k pk(1−p)n+m−k
en utilisant la formule de Vandermonde.

2)• Comme X(Ω) = N et Y(Ω) = N, on a : (X+ Y)(Ω) ⊂N.


Ainsi, X+ Y →B(m+ n,p).

• La famille ([X= i])i∈N est un système complet d’événements.


Soit k∈N. D’après la formule des probabilités totales :
P([X+ Y= k])
=
+∞

P([X= i] ∩[X+ Y= k])


i=0

=
=
=
=
+∞
i=0
+∞
i=0
+∞
i= 0
k−i∈Y(Ω)
+
+∞

k−i / ∈Y(Ω)
i= 0

P([X= i] ∩[Y= k−i])


P([X= i]) P([Y= k−i]) P([X= i]) P([Y= k−i])
P([X= i]) P([Y= k−i]) k
i=0
P([X= i]) P([Y= k−i])
(par indépendance

(car [Y= k−i] = ∅


de X et Y)

si k−i / ∈Y(Ω))
• La dernière ligne est obtenue en constatant :
k−i∈Y(Ω) = N


i∈ 0,+∞

0 k−i


0i

⇔0ik
ik

0i
19ECE2-B 2019-2020
• Ainsi, en reprenant les égalités précédentes :
P([X+ Y= k])
=
=
k
i=0
k
i=0
P([X= i]) P([Y= k−i])
λi
i! e−λ µk−i
(k−i)! e−µ (car X →P(λ)
et Y →P(µ))
= e−λe−µ
k
i=0
1
i! (k−i)! λiµk−i
= e−(λ+µ) 1
k!
k
i=0
k!
i! (k−i)! λiµk−i
= e−(λ+µ) 1
k!
k
i=0
k
i
λiµk−i
= e−(λ+µ) 1
k! (λ+ µ)k (d’après la formule du
binôme de Newton)
Finalement : X+ Y →P(λ+ µ).
Exercice
Soit X et Y deux v.a.r. indépendantes.
On suppose que X →P(λ) et Y →P(µ) où λ>0 et µ>0.
Soit n∈N. Reconnaître la loi de X sachant [X+ Y= n].
Démonstration.
• Les v.a.r. X et Y étant indépendantes, X+ Y →P(λ+ µ).
On en déduit : P([X+ Y= n]) = e−(λ+µ) (λ+ µ)n
n! ̸= 0.

P[X+Y=n]([X= k]) = P([X= k] ∩[X+ Y= n])


• Soit k∈N. Par définition :

P([X= k] ∩[Y= n−k])


P([X+ Y= n])

=
P([X+ Y= n])
P([X= k]) P([Y= n−k])
(car X et Y sont
indépendantes)
=
P([X+ Y= n])

× Si k>n : alors [Y= n−k] = ∅. Et donc P[X+Y=n]([X= k]) = 0.


On distingue alors deux cas :

× Si k n :
P[X+Y=n]([X= k]) = e−λλk
k! e−µ µn−k
(n−k)! eλ+µ n!
(λ+ µ)n
=
n!
k!(n−k)!
λk µn−k
(λ+ µ)k (λ+ µ)n−k
=
n
k
λ
λ+ µ
k
1−
λ
λ+ µ
n−k
On reconnaît la loi binomiale de paramètre (n, λ
λ+µ).
Exercice
Soient X1,...,Xk des v.a.r. mutuellement indépendantes.
Déterminer la loi de X1 +···+ Xk lorsque :
(i) X1 →B(p),..., Xk →B(p).
(ii) X1 →B(n1,p),..., Xk →B(nk,p).
(iii) X1 →P(λ1),..., Xk →P(λk).
20ECE2-B 2019-2020
III.2.b) Loi du produit de deux v.a.r. discrètes
Théorème 7.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
• XY est une v.a.r. discrète.
• On détermine la loi de XY à l’aide d’une des deux rédactions suivantes.
1) La famille ([X= x])x∈X(Ω) est un sce.
Ainsi, d’après la formule des probabiltés totales :
e−n

∀z∈(XY)(Ω), P([XY= z]) =


.

x∈X(Ω)
=

P([X= x] ∩[XY= z])


x∈X(Ω)

P([X= x] ∩[xY= z])


On illustre ce cas sur un exemple (issu de EML 2007).
Exercice
On considère une v.a.r. Y dont la loi est définie par :

× ∀n∈N, P([Y= n]) = 1−


× Y(Ω) = N,

1
e
1. a) Montrer que la v.a.r. Y + 1 suit une loi géométrique dont on précisera
le paramètre.
b) En déduire l’espérance et la variance de Y.
On considère maintenant une v.a.r. U, indépendante de Y, dont la loi est
définie par :
× U(Ω) = {−1,1},
× P([U=−1]) = 1
2
Enfin, on note T= U ×Y.
2. Démontrer que T est une v.a.r. discrète dont on déterminera la loi.
Démonstration.
1. a)• (Y + 1)(Ω) = N∗
.
• Soit n∈N∗. Alors :
P([Y + 1 = n]) = P([Y= n−1])
= e−(n−1) (1−e−1)
=
1
e
n−1
1−
1
e
et P([U = 1]) = 1
2.
2) La famille ([Y= y])y∈Y(Ω) est un sce.

∀z∈(XY)(Ω), P([XY= z]) =


Ainsi, d’après la formule des probabiltés totales :

y∈Y(Ω)
=

P([Y= y] ∩[XY= z])


y∈Y(Ω)

P([Y= y] ∩[yX= z])


Le choix de l’introduction du sce ([Y= y])y∈Y(Ω) ou ([X= x])x∈Y(Ω) est
guidé par les lois de X et Y. On optera toujours pour le sce le plus simple.
Ainsi : Y + 1 →G 1−
1
e
.
21ECE2-B 2019-2020
b)• La v.a.r. Y + 1 suit une loi géométrique donc admet une espérance
et une variance.
• Or : Y = (Y + 1)−1. Donc Y admet donc une espérance et une
variance en tant que somme de v.a.r. qui admettent une variance.
• On détermine enfin E(Y) et V(Y).
Par linéarité de l’espérance :
E(Y) = E(Y + 1)−E(1) = E(Y + 1)−1
=
=
1
−1 =
1−
1
e
e−(e−1)
e−1
e
=
e−1−1
1
e−1
Par propriété de la variance :
V(Y) = V(Y + 1) = V(Y)
1−(1−
1
e)
=
=
(1−
1
e )2
1
1
e
=
=
e (e−1
e )2
(1−
e2
e (e−1)2
=
2. • T est une v.a.r. en tant que produit de deux v.a.r. .
• T(Ω) = Z. Ainsi, T est une v.a.r. discrète.
• Soit n∈Z. La famille ([U=−1],[U = 1]) forme un sce.

P([T= n]) = P([U=−1] ∩[T= n]) + P([U = 1] ∩[T= n])


Ainsi, d’après la formule des probabilités totales :

= P([U=−1] ∩[UY= n]) + P([U = 1] ∩[UY= n])


= P([U=−1] ∩[Y=−n]) + P([U = 1] ∩[Y= n])
=
1
2
P([Y=−n]) + P([Y= n])
L’avant dernière égalité est vérifiée par indépendance des v.a.r. U et Y.
× Si n>0
× Si n<0
1
e )2
e
(e−1)2
Trois cas se présentent.
× Si n= 0
P([T = 0]) = 1
2
P([Y = 0]) + P([Y = 0])
1
=
2 P([Y = 0])
2
= P([Y = 0]) = 1−e−1
P([T= n]) = 1
2
P([Y=−n]) + P([Y= n])
1
=
e−n(1−e−1)
2
P([T= n]) = 1
2
P([Y=−n]) + P([Y= n])
1
=
e−n(1−e−1)
2
Exercice
Soient X et Y deux v.a.r. indépendantes.
On suppose que X →B(p) et Y →B(q) (avec p∈]0,1[ et q= 1−p).
Déterminer la loi de Z= XY.
Démonstration.

• P [XY = 1] = P [X = 1] ∩[Y = 1]
• Comme X(Ω) = {0,1}et Y(Ω) = {0,1}alors : XY(Ω) = {0,1}.

= P [X = 1] ×P [Y = 1] (car X et Y sont
indépendantes)
= pq
Ainsi, XY →B(pq).
22ECE2-B 2019-2020
III.2.c) Loi d’un maximum de deux v.a.r. discrètes
Théorème 8.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soient X et Y deux v.a.r. discrètes indépendantes.
On note FX et FY les fonctions de répartition de ces v.a.r.
On note U = min(X,Y) et V = max(X,Y).

∀t∈R, [max(X,Y) t] = [X t] ∩[Y t]


Remarquons tout d’abord :

• Soit t∈R.
FU(t) = P(U t)
= 1−P(U >t)

= 1−P([X >t] ∩[Y >t])


= 1−P(min(X,Y) >t)

= 1−P [X >t] P [Y >t] (car X et Y sont


indépendantes)

∀t∈R, [min(X,Y) >t] = [X >t] ∩[Y >t]


= 1− 1−FX(t) 1−FY(t)

1)• U = min(X,Y) est une v.a.r. discrète.

∀t∈R, FU(t) = 1− 1−FX(t) 1−FY(t)


• La fonction de répartition de U = min(X,Y) vérifie :

2)• V = max(X,Y) est une v.a.r. discrète.

∀t∈R, FV(t) = FX(t) FY(t)


• La fonction de répartition de V = max(X,Y) vérifie :

Démonstration.
• Soit t∈R.
Remarque
Une fois connu le maximum de 2 v.a.r. , on peut en déduire le minimum en
utilisant le fait que X+ Y = min(X,Y) + max(X,Y).
Exercice
Soient X et Y deux variables aléatoires discrètes indépendantes.
On suppose que X →G(p1) et Y →G(p2) où p1 et p2 sont dans ]0,1[.
Notons U = min(X,Y) et V = max(X,Y).
1. a) Pour tout n∈N, déterminer P([X >n]).
b) En déduire, pour tout n∈N, P([U >n]).
c) En déduire la loi de U.
2. a) Pour tout n∈N, déterminer P([V n]) puis P([V >n]).
b) Soit m∈N∗
.
Démontrer :
m
n=1
nP([V= n]) =
m−1
n=0
P([V >n])−mP(V >m).
c) En déduire que V admet une espérance et la calculer.
FV(t) = P([Z t])

= P([X t] ∩[Y t])


= P([max(X,Y) t])

= P([X t]) P([Y t]) (car X et Y sont


indépendantes)
= FX(t) FY(t)
23ECE2-B 2019-2020
Démonstration.
1. a) Soit n∈N. Alors : P([X >n]) = qn
1.
(car P([X >n]) = 1−P([X n]) et [X n] =
n
i=1
[X= i] ...)

P([U >n]) = P([X >n] ∩[Y >n])


b) Soit n∈N. Alors :

= P([X >n]) P([Y >n]) (par indépendance


de X et Y)
= qn
1 qn
c)• Comme X(Ω) = N∗et Y(Ω) = N∗, alors : U(Ω) ⊂N∗
2= (q1 q2)n

.
• Soit n∈N∗

[U >n−1] = [U= n] ∪ [U >n]


.

Comme [U= n] et [U >n] sont incompatibles :


P [U >n−1] = P [U= n] + P [U >n]
On en déduit :
P([U= n]) = P [U >n−1]−P [U >n]
= (q1 q2)n−1
−(q1 q2)n = (q1 q2)n−1 (1−q1 q2)

× U(Ω) ⊂N∗
On a donc :

× ∀n∈N∗
.

, P([U= n]) = (1−q1 q2) (q1 q2)n−1

Comme q1 q2 ∈]0,1[, on en déduit : U →G(q1 q2).


.

P([V n]) = P([X n] ∩[Y n])


2. a) Soit n∈N. Alors :

= P([X n]) P([Y n]) (par indépendance


de X et Y)
= (1−qn
1 ) (1−qn
2 ) = 1−qn
1−qn
2 + qn
1
Et ainsi : P([V >n]) = 1−P([V n] = qn
1 + qn
2−qn
1 qn
2.
b)
m
n=1
nP([V= n])
=
m
n=1
n P([V >n−1])− P([V >n]) (d’après la question
précédente)
=
m
n=1
nP([V >n−1])−
m
n=1
nP([V >n]) (par linéarité)
=
m−1
n=0
(n+ 1) P([V >n])−
m
n=1
nP([V >n]) (par décalage d’indice)
=
=
=
m−1
n=0
m−1
n=1
m−1
n=0
n P([V >n]) +
n P([V >n]) +
m−1
n=0
m−1
n=0
P([V >n])−
m
n=1
P([V >n])−
m−1
n=1
n P([V >n])
n P([V >n] + m P([V >m])
P([V >n])−m P([V >m])
c) V admet une espérance ssi la série
n P([V= n]) est absolument
n1
convergente i.e. convergente puisque cette série est à termes positifs.
D’après la question précédente :
m
n=1
n P([V= n]) =
m−1
n=0
qn
1+
m−1
n=0
qn
2−
m−1
n=0
(q1 q2)n
−mP([V >m])
×
m−1
n=0
qn
1 −→
m→+∞
1
1−q1
1
=
et
p1
m−1
n=0
qn
2 −→
m→+∞
×
m−1
(q1 q2)n −→
n=0
m→+∞
× mP([V >m]) −→
1
1−q1 q2
0
=
1
p1 + p2−p1 p2
m→+∞
On en déduit que V admet une espérance et :
1
1
=
E(V) = 1
p1
1
+

p2
1
p1 + p2−p1 p2
1−q2
p2
24ECE2-B 2019-2020
IV. Calculs d’espérance
IV.1. Espérance de Z= g(X, Y )
Théorème 9 (Théorème de transfert).
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
Alors, sous réserve de convergence absolue :
• Le cas X infinie et Y finie est similaire.

Si pour tout j ∈ 1,n , la série


X(Ω) = {xi |i∈N}et Y(Ω) = {y1,...,yn}.

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj]) est


i0
absolument convergente alors g(X,Y) admet une espérance et :
E(g(X,Y)) =
+∞
i=0
n

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj])


j=1
E(g(X,Y)) =
x∈X(Ω) y∈Y(Ω)
=

g(x,y) P([X= x] ∩[Y= y])


y∈Y(Ω) x∈X(Ω)

g(x,y) P([X= x] ∩[Y= y])


Précisons l’expression « sous réserve de convergence absolue ».
1) Si X et Y sont finies
Dans ce cas, X(Ω) = {x1,...,xm}et Y(Ω) = {y1,...,yn}.
La v.a.r. g(X,Y) admet alors une espérance donnée par :

Dans ce cas, X(Ω) = {xi |i∈N}et Y(Ω) = {yj |j ∈N}.


3) Si X est infinie et Y infinie

Il faut alors démontrer :

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj]) est abso-


a) pour tout i∈N, la série

j0
lument convergente.
b) la série
i0
+∞

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj]) est absolumentconver-


j=0

gente.
Alors g(X,Y) admet une espérance donnée par :
E(g(X,Y)) =
m
i=1
n

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj])


j=1

E(g(X,Y)) =
+∞
i=0
+∞

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj])


j=0

• Dans ce cas, X(Ω) = {x1,...,xm}et Y(Ω) = {yj |j ∈N}.


2) Si X est finie et Y infinie

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj]) est


Si pour tout i∈ 1,m , la série

j0
absolument convergente alors g(X,Y) admet une espérance et :
E(g(X,Y)) =
m
i=1
+∞

g(xi,yj) P([X= xi] ∩[Y= yj])


j=0

Exercice
Considérons deux variables aléatoires X et Y à valeurs dans N dont la loi

∀(i,j) ∈N2, P([X= i] ∩[Y= j]) = i+ j


conjointe est définie par :

e 2i+j i! j!
Calculer l’espérance de Z = 2X+Y
.
25ECE2-B 2019-2020
e i! j!
Démonstration.
(il s’agit du cas 3) précédent)
Ici, Z = 2X+Y = g(X,Y) pour g: (x,y) →2x+y
.

g(i,j) P([X= i] ∩[Y= j]) = 2i+j i+ j


a) Soit i∈N. On remarque :

e 2i+j i! j!
=
i+ j
e i! j!
i+ j
La série
j
e i! j! est à termes positifs. Démontrer qu’elle est absolument

Soit N ∈N.
convergente revient donc à démontrer qu’elle est convergente.

N
j=0
(i+ j)
=
=
N
j=0
i
e i!
i
e i!
1
j! +
1
e i!
j
j!
N
j=0
1
j! +
1
e i!
N
j=0
j
j!
Or
N
j=0
1
j! −→
N→+∞
e1 et
N
j=0
j
j!
=
N
j=1
j
j!
=
N
j=1
1
(j−1)! −→
N→+∞
Ainsi la série
j
i+ j
e i! j! est convergente de somme :
+∞
j=0
i+ j
e i! j!
=
i
e i! e +
1
e i! e =
i
i! +
1
i!
i
1
b) Lasérie
i
i!+
i! étantàtermespositifs,démontrerqu’elleestabsolument

Soit N ∈N.
convergente revient donc à démontrer qu’elle est convergente.

N
i=0
i
i! +
1
i!
=
N
i=0
i
i! +
N
i=0
i
i!
Or, comme vu précédemment :
Ainsi la série
i
i
i! +
N
i
i=0
i! −→
e1 et
N→+∞
N
i=0
1
i! −→
e1
N→+∞
1
i! est convergente et on peut alors conclure :
E 2X+Y
=
+∞
i=0
+∞
i=0
i+ j
e i! j!
=
+∞
i=0
i
i! +
1
i! = 2 e
.
IV.2. Espérance d’une somme

Soit (λ1,...,λn) ∈Rn


Théorème 10 (Linéarité de l’espérance).

.
Soient X1,...,Xn des v.a.r. discrètes admettant une espérance.
1) Alors λ1 X1 +...+ λnXn admet une espérance.
2) De plus :
e1
.
E(
n
i=1
λiXi) =
n
i=1
λiE(Xi)
En particulier, lorsque pour tout i∈ 1,n , λi = 1, on obtient :
E
n
i=1
Xi =
n
i=1
E(Xi)
Exemple
Soient X1,...,Xn des v.a.r. discrètes, mutuellement indépendantes, telles
que Xi →B(p). Notons X= X1 +...+ Xn. Alors :
• X →B(n,p) (X compte le nombre de succès dans une répétition de n
épreuves de Bernoulli indépendantes et de même paramètre p)
• E(X) = E(X1 +...+ Xn) = E(X1) +...+ E(Xn) = np
26ECE2-B 2019-2020
IV.3. Espérance d’un produit
IV.3.a) Cas général
Théorème 11.
Soit (Ω,A ,P) un espace probabilisé.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.
1) Alors XY admet une espérance.
2) De plus :
E(XY) =

xy P([X= x] ∩[Y= y])


x∈X(Ω) y∈Y(Ω)

Exemple
On reprend l’exemple de début de cours mais avec des dés à trois faces.
On note X le minimum des résultats et Y le maximum.
Déterminer la loi de (X,Y) puis calculer E(XY).
Démonstration.
Nous avons déjà déterminé (en début de chapitre) la loi de (X,Y).
• X(Ω) = 1,3 et Y(Ω) = 1,3.
• On peut représenter la loi de (X,Y) sous forme d’un tableau.
y∈Y(Ω)
x∈X(Ω)
•X et Y admettent chacune un moment à l’ordre 2 car elles sont finies.
E(XY) =

xy P([X= x] ∩[Y= y])


x∈X(Ω) y∈Y(Ω)

ij P([X= i] ∩[Y= j])


i∈1,3 j∈1,3

ij P([X= i] ∩[Y= j])


(i,j)∈1,3 2

(i,j) ∈ 1,3 2
=
i>j

(i,j) ∈ 1,3 2
+
i= j

(i,j) ∈ 1,3 2
+

ij P([X= i] ∩[Y= j])


i<j

ij P([X= i] ∩[Y= j])

(i,j) ∈ 1,3 2
=0+
i= j
=
1
9 14 + 1
9
11 = 36
9
i2 1
9+
3
i=1
3
j=i+1
ij
=4

ij P([X= i] ∩[Y= j])


2

9
123
11
9
2
2
9
9
Exercice
Calculer E(XY) en considérant maintenant :
× X →U( 1,n ),
× Y →U( 1,n ).
(autrement dit, on reprend l’exemple précédent avec deux « dés à n faces »)
201
2
9
9
3001
9
27ECE2-B 2019-2020
Théorème 12.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose :• X et Y admettent une espérance.
• X et Y sont indépendantes.
Alors XY admet une espérance et :
E(XY) = E(X) E(Y)
Remarque
• Ainsi, le calcul de E(XY) est aisé lorsque X et Y sont indépendantes.
Reprenons l’exemple précédent.
On considère maintenant Z1 et Z2 les v.a.r. égales respectivement au ré-
sultat du 1er dé et du 2ème dé. Ces v.a.r. étant indépendantes, on obtient :
E(Z1Z2) = E(Z1) E(Z2) = 2 ×2 = 4
On tombe sur le résultat de E(XY) !
C’est fort logique. En effet, X = min(Z1,Z2) et Y = max(Z1,Z2). Donc :
XY = min(Z1,Z2) ×max(Z1,Z2) = Z1Z2
(cette constatation aurait pu nous éviter les précédents calculs ...)
• Ce théorème peut aussi être utilisé pour montrer que deux v.a.r. discrètes
ne sont pas indépendantes. Il suffit de vérifier que E(XY) ̸= E(X) E(Y).
Reprenons une nouvelle fois l’exercice précédent.
E(X) = 14
et E(Y) = 22
14 ×22
donc E(XY) = 4 ̸=
= E(X) E(Y)
9
9
(il est simple d’obtenir la loi de X et celle de Y)
Ainsi, X et Y ne sont pas indépendantes.
Exercice
Soient X1, X2 et X3 indépendantes et de même loi B(p) où p∈]0,1[.
Montrer que les v.a.r. Y1 = X1X2 et Y2 = X2X3 ne sont pas indépendantes.
92
Démonstration.
• Comme X1 et X2 sont indépendantes et admettent une espérance, la v.a.r.
Y1 = X1 X2 admet une espérance et :
E(Y1) = E(X1 X2) = E(X1) E(X2)
• De même, Y2 admet une espérance et :
E(Y2) = E(X2 X3) = E(X2) E(X3)
• Comme X2 →B(p), X2
2 = X2. Et ainsi :
Y1 Y2 = X 1 X2 X2 X3 = X 1 X2
2 X3 = X 1 X2 X3
Comme X1, X2, X2 sont indépendantes, par le lemme des coalitions les
v.a.r. X1 X2 et X3 sont indépendantes. Ces deux v.a.r. admettent une
espérance. On en déduit que Y1 Y2 admet une espérance et :
E(Y1 Y2) = E(X1 X2 X3) = E(X1 X2) E(X3)
= E(X1) E(X2) E(X3) = p3
• E(Y1) E(Y2) = E(X1 X2) E(X2 X3)

• Or p3 = p4 ⇔ p3 (p−1) = 0 ⇔ p= 0 OU p= 1.
= E(X1) E(X2) E(X2) E(X3) = p4

Ainsi, E(Y1 Y2) ̸= E(Y1) E(Y2) et les v.a.r. ne sont pas indépendantes.
Ce théorème n’énonce pas un équivalence. Autrement dit, il existe
des variables aléatoires X et Y :
× qui ne sont pas indépendantes,
× qui vérifient E(XY) = E(X) E(Y).
28ECE2-B 2019-2020
e−n
.
Exemple
On reprend l’exemple issu de EML 2007.
• U v.a.r. telle que :
× U(Ω) = {−1,1}.
× P([U = 1]) = 1
2 et P([U=−1]) = 1
2.
• Y v.a.r. telle que :

× ∀n∈N, P([Y= n]) = 1−


× Y(Ω) = N.

1
e
• On considère enfin T= U ×Y.

P([Y = 0] ∩[UY = 1]) = P([U = 0] ∩[0 = 1]) = 0


a) Les v.a.r. Y et T= UY ne sont pas indépendantes. En effet :

puisque [0 = 1] = ∅. Or : P([Y = 0]) ̸= 0 et P([UY = 1]) ̸= 0.


b)• YT= Y UY= UY2
Or U et Y sont indépendantes.
Donc, d’après le lemme des coalitions, U et Y2 sont indépendantes. Ces
deux v.a.r. admettant une espérance (Y2 admet une espérance car Y
admet une variance - déjà démontré). Ainsi :
E(YT) = E(UY2) = E(U) E(Y2) = 0 ×E(Y2) = 0
• De même : E(T) = E(UY) = E(U) E(Y) = 0 ×E(Y) = 0
Les v.a.r. X et Y ne sont pas indépendantes et pourtant :
E(YT) = 0 = E(Y) E(T)
V. Calculs de variance et covariance
V.1. Covariance
V.1.a) Définition
Définition
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.
La covariance de X et Y est définie par :
Cov(X,Y) = E ((X−E(X))(Y−E(Y)))
V.1.b) Calcul en pratique
Théorème 13 (Formule de Kœnig-Huygens).
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.
Alors : En particulier, on a :
Cov(X,Y) = E(XY)−E(X) E(Y)
Cov(X,X) = V(X)
Démonstration.
• Par définition :
Cov(X,Y)
= E (X−E(X))(Y−E(Y))
= E XY−E(Y)X−E(X)Y + E(X)E(Y)
= E(XY)−E(Y)E(X)−E(X)E(Y) + E(X)E(Y) (par linéarité de
l’espérance)
= E(XY)−E(X)E(Y)
• Cov(X,X) = E (X−E(X))(X−E(X)) = E (X−E(X)) 2 = V(X)
29ECE2-B 2019-2020
Exemple
On reprend l’exemple des v.a.r. Z1 et Z2 qui représentent respectivement le
résultat de premier dé et du deuxième dé lors du lancer de deux dés à 3 faces.
Cov(Z1,Z2) = E(Z1 Z2)−E(Z1) E(Z2) = 4−2 ×2 = 0
(c’est toujours le cas lorsque Z1 et Z2 sont indépendantes, puisqu’alors on
a : E(Z1Z2) = E(Z1) E(Z2))
V.1.c) Propriétés de la covariance
Théorème 14 (Propriétés de la covariance).
Soient X, Y, Xi, Yi des v.a.r. discrètes.
Supposons que ces v.a.r. admettent chacune un moment d’ordre 2.
L’opérateur de covariance vérifie les propriétés suivantes.
1) Cov(X,Y) = Cov(Y,X)

2) ∀(λ,µ) ∈R2
(propriété de symétrie)

, Cov(λX1 + µX2,Y) = λCov(X1,Y) + µCov(X2,Y)

3) ∀(λ,µ) ∈R2
(linéarité à gauche)

2) Soit (λ,µ) ∈R2. Comme X1 et X2 admettent un moment d’ordre 2, c’est


, Cov(X,λY1 + µY2) = λCov(X,Y1) + µCov(X,Y2)

aussi le cas de λX1 + µX2. De plus :


Cov(λX1 + µX2,Y)
= E((λX1 + µX2) Y)−E(λX1 + µX2) E(Y) (par la formule
de Kœnig)
= E(λX1 Y + µX2 Y)−(λE(X1) + µE(X2)) E(Y) (par linéarité de
l’espérance)
= λE(X1 Y) + µE(X2 Y)−λE(X1) E(Y)−µE(X2) E(Y) (par linéarité de
l’espérance)
= λ(E(X1 Y)−E(X1) E(Y)) + µ(E(X2 Y)−E(X2) E(Y))
= λCov(X1,Y) + µCov(X2,Y) (par la formule

3) Soit (λ,µ) ∈R2


de Kœnig)

.
Cov(X,λY1 + µY2)
= Cov(λY1 + µY2,X) (par symétrie)
= λCov(Y1,X) + µCov(Y2,X) (par le point 2))
4) Soit a∈R. Cov(X,a) = E(aX)−E(a) E(X) = aE(X)−aE(X) = 0.

∀a∈R,Cov(X,a) = Cov(a,X) = 0
(linéarité à droite)

4) Démonstration.
1) D’après la formule de Kœnig-Huygens :
Cov(Y,X) = E(YX)−E(Y) E(X)
= E(XY)−E(X) E(Y)
= Cov(X,Y)
30ECE2-B 2019-2020
V.1.d) Une condition nécessaire d’indépendance
Théorème 15.
Soient X et Y deux v.a.r. (discrètes).

X et Y indépendantes ⇒ Cov(X,Y) = 0
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.

Démonstration.
On utilise la formule de Kœnig-Huygens :
Cov(X,Y) = E(XY)−E(X) E(Y)
Or, comme les v.a.r. X et Y sont indépendantes, E(XY) = E(X) E(Y).
On en déduit que Cov(X,Y) = 0.
Remarque
• Généralement c’est la contraposée de cet énoncé qui est utilisée. Elle per-

Cov(X,Y) ̸= 0 ⇒ X et Y ne sont pas indépendantes


met de démontrer que deux v.a.r. X et Y ne sont pas indépendantes.
Ce résultat N’EST PAS une équivalence. Autrement dit, il existe des
variables aléatoires X et Y :
× qui ne sont pas indépendantes,
× qui vérifient Cov(X,Y) = 0.
V.2. Variance d’une somme
V.2.a) Cas général
Théorème 16.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.
(i.e. X et Y admettent une variance)
1) Alors X+ Y admet une variance.
2) De plus : V(X+ Y) = V(X) + V(Y) + 2 Cov(X,Y)
Démonstration.
1) Comme : (X + Y)2 = X2 + 2 XY + Y2, et que chaque élément de la
somme admet une espérance, X+ Y admet un moment d’ordre 2.
2) On utilise la formule de Kœnig-Huygens :
V(X+ Y)
= E((X+ Y)2)−(E(X+ Y))2
= E X2 + Y2 + 2XY−(E(X) + E(Y))2
= E X2 + E Y2 + 2E(XY)−E(X)2
= V(X) + V(Y) + 2Cov(X,Y)
−E(Y)2
−2E(X)E(Y)
Exemple
On reprend l’exemple issu de EML 2007.
On a déjà démontré :
× Y et T (= UY) ne sont pas indépendantes,
× vérifient : E(YT) = E(Y) E(T)
Ainsi : Cov(Y,T) = E(YT)−E(Y) E(T) = 0.
31ECE2-B 2019-2020
V.2.b) Variance d’une somme de v.a.r. indépendantes
Théorème 17.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2.
(i.e. X et Y admettent une variance)

X et Y indépendantes ⇒ V(X+ Y) = V(X) + V(Y)


1) Alors la v.a.r. X+ Y admet une variance. De plus :

2
2) Généralisation
3
On suppose :• X1,...,Xn admettent une variance.
• X1,...,Xn mutuellement indépendantes.
Alors X1 +...+ Xn admet une variance et :
V(X1 +...+ Xn) = V(X1) +...+ V(Xn)
Démonstration.
1) Si X et Y sont indépendantes, alors Cov(X,Y) = 0.
Donc, d’après le point précédent, V(X+ Y) = V(X) + V(Y).
2) Par récurrence sur n.
Remarque
Soient X1,...,Xn des v.a.r. discrètes, mutuellement indépendantes, telles
que Xi →B(p). Notons X= X1 +...+ Xn. Alors :
• X →B(n,p) (X compte le nombre de succès dans une répétition de n
épreuves de Bernoulli indépendantes et de même paramètre p)
• V(X) = V(X1 +...+ Xn) = V(X1) +...+ V(Xn) = npq
Exemple
Considérons à nouveau l’exemple du lancer de 2 dés à 3 faces.
• On note Z1 le résultat du 1er dé et Z2 le résultat du 2ème
.
• On note X le maximum des résultats et Y le minimum.
1) Il s’agit de déterminer V(X+ Y).
Afin de s’épargner tout calcul, on remarque :
X+ Y = min(Z1,Z2) + max(Z1,Z2) = Z1 + Z2
Comme Z1 et Z2 sont indépendantes et admettent une variance :
V(Z1 + Z2) = V(Z1) + V(Z2) = 32
−1
32
12 +
−1
12
=
2
3+
=
(si Z1 →U( 1,n ) alors V(Z1) =n2
−1
12 )
Ainsi, X+ Y admet une variance qui vaut :
V(X+ Y) = V(Z1 + Z2) = 4
3
2) Déterminons alors Cov(X,Y).
Cov(X,Y) = E(XY)−E(X) E(Y)
14
22
4 ×92
−14 ×22
= 4−
=
=
9
9
92
92
3) Déterminons alors V(X) et V(Y). Par la formule de Kœnig-Huygens :
V(X) = E(X2)−(E(X))2
=
=
9 ×26
92 −
12 ×5 + 22 ×3 + 32 ×1
9−
142
234−196
92
92
14
9
2
=
26
9−
38
=
=
92
9 ×58−222
On peut faire de même pour V(Y) (=
92 ) ou remarquer :
V(Y) = V(X+ Y)−V(X)−2 Cov(X,Y) = 8
38
3−
92 −
32
92
=
38
92
4
3
324−308
16
=
14
9
2
92
32ECE2-B 2019-2020
V.3. Coefficient de corrélation linéaire
Définition
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent des variances non nulles.
Le coefficient de corrélation linéaire de X et de Y est :
ρ(X,Y) = Cov(X,Y)
σ(X) σ(Y)
16
92
16
8
Théorème 18.
Soit (X,Y) un couple de v.a.r. discrètes.
On suppose que X et Y admettent des variances non nulles.
1) Inégalité de Cauchy-Schwarz :
92
38
38
19
|Cov(X,Y) | σ(X) σ(Y)

2) |ρ(X,Y)| = 1 ⇔ une des v.a.r. est, presque sûrement,


On en déduit (reformulation) : |ρ(X,Y)| 1

une fonction affine de l’autre


3) Plus précisément :
× ρ(X,Y) = 1 ssi une des v.a.r. est presque sûrement une fonction affine
strictement croissante de l’autre v.a.r. .
Cela signifie qu’il existe a>0 et b∈R tels que :
P [X= aY + b] = 1 OU P [Y= aX+ b] = 1
× ρ(X,Y) =−1 ssi une des v.a.r. est presque sûrement une fonction
affine strictement décroissante de l’autre v.a.r. .
Cela signifie qu’il existe a>0 et b∈R tels que :
P [X=−aY + b] = 1 OU P [Y=−aX+ b] = 1
Remarque
• Les valeurs intermédiaires entre−1 et 1 renseignent sur le degré de dé-
pendance linéaire entre les deux v.a.r. . Plus le coefficient est proche des
valeurs extrêmes−1 et 1, plus la corrélation entre les v.a.r. est forte.
• Deux v.a.r. dont la covariance est nulle (et donc le coefficient de corrélation
linéaire est nul) sont dites non corrélées.
Exemple
On reprend l’exemple précédent.
ρ(X,Y) = Cov(X,Y)
V(X) V(Y)
=
16
92
38
92
38
92
=
=
=
Démonstration.
1)• Considérons la fonction f : t→V(tX+ Y).
Remarquons tout d’abord que cette fonction est bien définie. En effet,
la v.a.r. tX+ Y admet une variance en tant que somme de v.a.r. qui
admettent une variance.
• Par ailleurs :
f(t) = V(tX+ Y) = Cov(tX+ Y,tX+ Y)
= Cov(tX,tX+ Y) + Cov(Y,tX+ Y) = Cov(tX,tX) + Cov(tX,Y) + Cov(Y,Y)
+ Cov(Y,tX)
= t Cov(X,tX) + t Cov(X,Y) + Cov(Y,Y)
+ t Cov(Y,X)
= t2 Cov(X,X) + 2t Cov(X,Y) + Cov(Y,Y)
= V(X) t2 + 2 Cov(X,Y) t+ V(Y)
Ainsi, la fonction f est polynomiale de degré 2.
On note P le polynôme de degré 2 associé.
(par linéarité
à gauche)
(par linéarité
à droite)
33ECE2-B 2019-2020
• Or, pour tout t∈R : f(t) = V(tX+ Y) 0.
Cette fonction polynomiale étant de signe constant, on en déduit que
le discriminant de P est de signe négatif. Or :
∆ = (2 Cov(X,Y))2
−4V(X)V(Y) = 4(Cov(X,Y))2
−4V(X)V(Y)

∆ 0 ⇔ 4 (Cov(X,Y))2 4 V(X)V(Y)
Et enfin :

⇔ (Cov(X,Y))2 V(X)V(Y) (par stricte

⇔ |Cov(X,Y) | V(X) V(Y)


croissance de √.)

⇔ |Cov(X,Y) | σ(X) σ(Y)


⇔ |Cov(X,Y) |

⇔ |ρ(X,Y) | 1
σ(X) σ(Y) 1

2) Déterminons maintenant sous quelle condition a lieu l’égalité de l’énoncé.

⇔ Cov(X,Y) 2
|ρ(X,Y)|= 1

⇔∆=0
⇔ Le polynôme P admet une unique racine α∈R
⇔ ∃! α∈R, P(α) = 0
⇔ ∃! α∈R, V(αX+ Y) = 0
⇔ ∃! α∈R, αX+ Y est constante presque sûrement
⇔ ∃! α∈R, ∃β ∈R, Y=−αX+ β presque sûrement
Cov(X,Y) 2

= V(X) V(Y) ⇔
La v.a.r. Y est une transformée

affine de X, presque sûrement

ρ(X,Y) ∈{−1,1}
3) Rappelons que d’après le point précédent :

⇔ |ρ(X,Y)|= 1
⇔ Le polynôme P admet une unique racine α∈R
⇔ ∃! α∈R, ∃β ∈R, Y=−αX+ β presque sûrement
Par la formule des racines des polynômes de second degré, on obtient que
l’unique racine α de P s’écrit sous la forme :
α =−2 Cov(X,Y)
2 V(X)
Cov(X,Y)
σ(X) σ(Y)
=−
V(X)
Cov(X,Y)
σ(X) σ(Y)
σ(X) σ(Y)
= V(X) V(Y)
=−
σ(X) σ(Y)
V(X)
=−ρ(X,Y) σ(Y)
σ(X) (car V(X) = σ(X) 2)

ρ(X,Y) = 1 ⇔ ∃β ∈R, Y=
On en déduit finalement, d’après ce qui précède :

σ(Y)

ρ(X,Y) =−1 ⇔ ∃β ∈R, Y=−


σ(X) X+ β presque sûrement

σ(Y)
σ(X) X+ β presque sûrement
34ECE2-B 2019-2020
Exercice ESSEC II - 2001
1. Covariance des v.a.r. X et Y
a) ExprimerCov(λX+Y,λX+Y) enfonctiondeV(λX+Y) etendéduire
la formule suivante pour tout nombre réel λ :
V(λX+ Y) = λ2V(X) + 2λCov(X,Y) + V(Y)
b) En déduire : (Cov(X,Y))2 V(X)V(Y).
A quelle condition nécessaire et suffisante a-t-on l’égalité :
(Cov(X,Y))2
= V(X)V(Y)
2. Coefficient de corrélation linéaire des v.a.r. X et Y.
On suppose dans cette question les variances V(X) et V(Y) de X et Y
strictement positives.
a) Exprimer le coefficient de corrélation linéaire ρdes variables aléatoires
X et Y en fonction de Cov(X,Y) et des écarts-types σ(X) et σ(Y)
des variables aléatoires X et Y et montrer que ρappartient à [−1,+1].
Préciser de plus à quelle condition nécessaire et suffisante ρest égal à
−1 ou +1.
b) Donner la valeur de ρ lorsque les variables aléatoires X et Y sont
indépendantes.
Bilan du chapitre : liens entre les différentes lois
Il faut savoir :
× faire le lien entre la loi de couples et les lois conditionnelles.
× déterminer les lois marginales si on connaît la loi du couple,
× déterminer les lois marginales si on connaît les lois conditionnelles.
Les liens en ces différentes notions sont rappelés dans le schéma suivant.
Loi de X sachant
[Y= y] pour
tout y∈Y(Ω)
FPT
Loi de Y
def
FPT
Loi du
couple (X,Y)
FPT
Loi de X
def
Loi de Y sachant
[X= x] pour
tout x∈X(Ω)
Onretiendraquelaformuledesprobabilitéstotalesestlaclépourdéterminer
les lois marginales. Si la détermination de la loi du couple / les lois condi-
tionnelles constitue généralement la plus grande difficulté d’un exercice sur
les couples, la détermination des lois marginales se résume simplement à une
application de la formule des probabilités totales. Des difficultés calculatoires
peuvent apparaître mais il n’y a aucune difficulté méthodologique.
35

Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R


est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne
change pas la valeur de cette somme. On a donc


z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles
P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).
I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.

1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
RCouples et vecteurs de variables al´eatoires
Pr´eparation `a l’agr´egation interne
1 Couples et vecteurs al´eatoires discrets
1.1 Loi conjointe

{yj,j ∈N}. La loi conjointe du couple (X,Y) est donn´ee par (X,Y)(Ω) (ou par X(Ω) et
On se donne X et Y deux variables al´eatoires discr`etes avec X(Ω) = {x i,i∈N}et Y(Ω) =

P(X= x,Y= y) = P{ω,X(ω) = x et Y(ω) = y}, pour tout couple (x,y) ∈(X,Y)(Ω).
Y(Ω)) ainsi que par les probabilit´es

Remarque : On doit bien entendu avoir x,y P(X= x,Y= y) = 1.


loi conjointe du vecteur (X1,...,Xn) est donn´ee par l’ensemble-image (X1,...,Xn)(Ω) ⊂Nn
Plus g´en´eralement, si X1,...,Xn sont n variables al´eatoires discr`etes `a valeurs dans N, la

ainsi que par les probabilit´es P(X1 = i1,...,Xn = in), pour tout n-uplet (i1,...,in) ∈Nn
.
Exemple 1 : Fixons p∈]0,1[ et λ>0 et consid´erons le couple de variables al´eatoires (X,Y) `a
valeurs dans {0,1}×N dont la loi est donn´ee par :
P(X = 0,Y = 0) = 1−p
P(X = 1,Y= k) = pe−λλk/k!, pour tout k∈N
P(X= j,Y= k) = 0 sinon.
On a bien i,j P(X= i,Y= j) = 1 : on a donc bien ´ecrit la loi d’un couple al´eatoire discret.
Exemple 2 : On dispose d’une urne contenant quatre jetons num´erot´es de 1 `a 4, et on tire au
sort successivement deux jetons sans remise. On note (X,Y) les r´esultats des deux tirages.
On a : P(X= i,Y= i) = 0 pour tout i entre 1 et 4 et P(X= i,Y= j) = 1/12 si
1 ≤i,j ≤4 et i̸= j.
On peut ´ecrire les probabilit´es sous la forme du tableau suivant (o`u par exemple dans la
deuxi`eme case de la premi`ere ligne, on lit P(X = 1,Y = 2)) :
X\Y 1 2 1/12 3 4
1/12
4 1/12 1 0 1/12 2 1/12 0 1/12 1/12
3 1/12 1/12 0 1/12
1/12 1/12 0
Exemple 3 : Loi trinomiale. On se fixe un nombre entier nstrictement positif et deux param`etres

tel que (X,Y)(Ω) ∈N2 et donn´ee pour tout (i,j) ∈N2 tels que i+ j ≤n par :
r´eels positifs px et py tels que px+py ≤1. La loi trinomiale (n,px,py) est la loi du couple (X,Y)

P(X= i,Y= j) = n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
,2
et P(X= i,Y= j) = 0 sinon.
Exercice : Montrer que l’on d´efinit bien ainsi la loi d’un couple al´eatoire.
La loi trinomiale est une extension de la loi binomiale. Imaginons en effet une exp´erience
qui a trois issues possibles, not´ee x, y et z, avec comme probabilit´e de r´ealisation p x, py et
pz = 1−px−py. R´ep´etons nfois cette exp´erience (nest fix´e) de fa¸con ind´ependante et comptons
le nombre d’apparitions de x (nombre not´e X) et de y (not´e Z) parmi ces n r´ep´etitions. C’est
alors un exercice de d´enombrement que de d´emontrer que le couple (X,Y) suit alors une loi
trinomiale de param`etres (n,px,py).
1.2 Lois marginales
D´efinition 1.1 Les (deux) lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´ea-
toires X et Y. On les obtient de la fa¸con suivante :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(Y= y) =
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= y),
P(X= x,Y= y).

{X= x}= {X= x,Y ∈Y(Ω)}=


Preuve : On a

{X= x,Y= y}.


y∈Y(Ω)
Comme la r´eunion est d´enombrable et disjointe, il vient :
P(X= x) =
y∈Y(Ω)
P(X= x,Y= y).
Plus g´en´eralement, un vecteur (X1,...,Xn) `a valeurs dans Zn poss`ede n lois marginales
unidimensionnelles, mais ´egalement n(n−1) lois marginales bidimensionnelles, et ainsi de suite.
On a par exemple
P(X1 = x) =
(x2,...,xn)∈Zn−1
P(X1 = x,X2 = x2,...,Xn = xn).
Reprenons les exemples pr´ec´edents :
Exemple 1.
D´eterminons la loi de X : X est `a valeurs dans {0,1}et on a :
P(X = 0) =
j∈N
P(X = 0,Y= j) = 1−p.
De la mˆeme fa¸con :
P(X = 1) =
j∈N
P(X = 1,Y= j) =
pe−λλj/j! = p.j≥03
La variable al´eatoire X suit donc une loi de Bernoulli de param`etre p. Calculons aussi la loi de
Y:
P(Y = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
.
Et pour tout j ≥1,
P(Y= j) = P(X = 0,Y= j) + P(X = 1,Y= j) = pe −λλj/j!.
P(X= j,Y= k)
Exemple 2 : Il suffit de sommer en colonne pour avoir la loi de X, et en ligne pour obtenir celle
de Y. En pratique, on peut ajouter une colonne et une ligne au tableau pour y ´ecrire les lois de
X et Y. Et avant de conclure, on prend le soin de v´erifier que la somme de cette colonne (et de
cette ligne) vaut 1.
On trouve ici que X et Y suivent une loi uniforme sur {1,2,3,4}.

marginale de X : fixons j ∈{0,...,n}et ´evaluons P(X= j).


Exemple 3 : On consid`ere le couple (X,Y) de loi trinomiale (n,p x,py). D´eterminons la loi

On a
P(X= j) =
=
n
k=0
n−j
k=0
n−j
k=0
P(X= j,Y= k) +
n
k=n−j+1
P(X= j,Y= k)
n!
=
j!k!(n−j−k)!pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k + 0
n!
=
j!(n−j)!pj
x
n−j
(n−j)!
k!(n−j−k)!pk
y(1−px−py)n−j−k
k=0
=
n
j pj
x(1−px)n−j
La variable al´eatoire X suit donc une loi Bin(n,px). Un calcul similaire montre que Y suit
une loi binomiale Bin(n,py).
1.3 Loi de f(X,Y)
Probl`eme : On dispose d’un couple de variables al´eatoires discr`etes (X,Y) dont on connaˆıt
la loi conjointe et on voudrait connaˆıtre la loi de la variable al´eatoire Z= f(X,Y), o`u f :
X(Ω) ×Y(Ω) →R est une fonction donn´ee. Par exemple, on a souvent besoin de connaˆıtre la
loi de X + Y, ou celle de X−Y, ou de XY. Et d´eterminer la loi de X `a partir de celle de

Proposition 1.2 On a Z(Ω) = f((X,Y)(Ω)) et pour tout z ∈f((X,Y)(Ω)), on a


(X,Y) revient `a consid´erer la fonction f(x,y) = x.

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),f(x,y)=z
P(X= x,Y= y).4
Exemple : Reprenons une nouvelle fois l’exemple 1 et consid´erons la fonction f(x,y) = xy. La
variable al´eatoire XY est `a valeurs dans N et on a
P(XY = 0) = P(X = 0,Y = 0) + P(X = 1,Y = 0) = 1−p+ pe −λ
et, pour tout k∈N∗
,
P(XY= k) = P(X = 1,Y= k) = pe−λλk
k!.
Un cas particulier important. Nous consid´erons ici la fonction f(x,y) = x+ y. On obtient :
P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω),x+y=z
=
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
=
P(X= z−y,Y= y)
y∈Y(Ω)
Plus g´en´eralement, si X = (X1,...,Xn) est un vecteur al´eatoire discret et f : X(Ω) →R
est une fonction donn´ee, on a :
P(f(X1,...,Xn) = z) =
x1,...,xn,f(x1,...,xn)=z
P(X1 = x1,...,Xn = xn).
On en d´eduit le corollaire fondamental suivant :
Proposition 1.3 Soient X et Y deux variables al´eatoires discr`etes et int´egrables. Alors la
variable al´eatoire Z= X+ Y est int´egrable et on a E(X+ Y) = E(X) + E(Y).

donn´ee par : pour tout z ∈(X+ Y)(Ω),


Preuve : En effet, on vient de voir que Z est une variable al´eatoire discr`ete et que sa loi est

P(X+ Y= z) =
P(X= x,Y= z−x)
x∈X(Ω)
On a donc
Puis
E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)

E(|X+ Y|) =
z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)

|z|
x∈X(Ω)
P(X= x,Y= z−x)

|x+ (z−x)|P(X= x,Y= z−x)
5
En utilisant l’in´egalit´e triangulaire, il vient :
E(|X+ Y|) ≤
z∈(X+Y)(Ω)

z∈(X+Y)(Ω)

x∈X(Ω)
(|x|+ |z−x|)P(X= x,Y= z−x)


x∈X(Ω)
+
z∈(X+Y)(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
+
 x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x) 
´
Etudions tout d’abord la premi`ere somme :

z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|x|P(X= x,Y= z−x)
=
x∈X(Ω)
=
x∈X(Ω)

|x|
z∈(X+Y)(Ω)
[|x|P(X= x)] = E(|X|)
P(X= x,Y= z−x)

Passons `a la deuxi`eme somme : sommer sur x ∈X(Ω) ou sur x tel que z−x ∈Y(Ω) ne

change pas la valeur de cette somme. On a donc




z∈(X+Y)(Ω)
x∈X(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)
=
z∈(X+Y)(Ω)
z−x∈Y(Ω)
|z−x|P(X= x,Y= z−x)


=
z∈(X+Y)(Ω)
y∈Y(Ω)

=
y∈Y(Ω)
|y|
z∈(X+Y)(Ω)
|y|P(X= z−y,Y= y)

P(X= z−y,Y= y)

=
|y|P(Y= y) = E(|Y|)
y∈Y(Ω)
On remarque donc que si X et Y sont int´egrables, X + Y l’est ´egalement, et en effectuant le
mˆeme calcul sans les valeurs absolues, on conclut que E(X+ Y) = E(X) + E(Y).
Exemple : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi de X+ Y.
Cette variable al´eatoire est `a valeurs dans N et on a, pour tout entier k :
P(X+ Y= k) =
n
j=0
P(X= j,Y= k−j).
Pour tout k>n, chacun des termes de cette somme est nul donc P(X+ Y= k) = 0.6
Fixons maintenant un entier k∈{0,...,n}. On a :
P(X+ Y= k) =
=
=
=
k
j=0
k
j=0
P(X= j,Y= k−j)
n!
j!(k−j)!(n−k)!pj
xpk−j
y (1−px−py)n−k
n!
(n−k)!(1−px−py)n−k
k
j=0
n!
1
j!(k−j)!pj
xpk−j
y
k!(n−k)!(1−px−py)n−k(px + py)k
.
La variable al´eatoire X+ Y suit donc une loi binomiale Bin(n,p x + py).
1.4 Loi conditionnelle
Consid´erons un couple (X,Y) de variables al´eatoires discr`etes, dont on connaˆıt la loi jointe
et fixons y tel que P(Y= y) >0.
La loi conditionnelle de X sachant l’´ev´enement {Y= y}est donn´ee par le fait que c’est
une loi sur X(Ω) ainsi que par les probabilit´es conditionnelles P(X= x|Y= y) pour tout
x∈X(Ω).
On v´erifie ais´ement que
P(X= x|Y= y) = 1
x∈X(Ω)
ce qui implique que la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}est la loi d’une variable al´eatoire.
De plus, la formule des probabilit´es totales implique que
P(X= x) =
P(X= x|Y= y)P(Y= y).
y∈Y(Ω)
Cette d´efinition de la loi conditionnelle s’´etend `a des vecteurs al´eatoires : par exemple pour
un triplet al´eatoire (X,Y,Z), on peut ´etudier la loi conditionnelle de X sachant {Y= y}, la loi
conditionnelle de X sachant {Y= y et Z= z}, la loi conditionnelle du couple (X,Y) sachant

Exemple 1 : La loi de Y sachant {X = 1}est donn´ee par Y(Ω) ∈N et, pour tout entier
{Z= z}...

positif k, on a
1
P(Y= k|X = 1) = P(Y= k et X = 1)
P(X = 1)
= pe−λλk
k! ×
p
= e−λλk
k!.
La loi conditionnelle de Y sachant que {X = 1}est donc une loi de Poisson de param`etre
λ.7
Exemple 2 : La loi de X sachant {Y = 1}est la loi uniforme sur {2,3,4}.
Exemple 3 : Supposons que (X,Y) suit une loi trinomiale (n,px,py) et calculons la loi

que si j <0 ou j >n−k, P(X= j|Y= k) = 0. Fixons maintenant un entier j ∈{0,...,n−k}.


conditionnelle de X sachant {Y= k}, pour un entier k∈{0,...,n}. Remarquons tout d’abord

On a
P(X= j|Y= k) = P(X= j et Y= k)
P(Y= k)
n! pj
xpk
y(1−px−py)n−j−k
k!(n−k)!
=
j!k!(n−j−k)!
n! pk
y(1−py)n−k
(n−k)!
=
j!(n−k−j)!
px
1−py
j 1−px−py
1−py
.
La loi conditionnelle de X sachant {Y= k}est donc une loi binomiale (n−k,p x/(1−py)).
n−k−j
1.5 Ind´ependance de variables al´eatoires discr`etes

tout x ∈X(Ω) et tout y ∈Y(Ω), les ´ev´enements {X= x}et {Y= y}sont ind´ependants,
D´efinition 1.4 Deux variables al´eatoires discr`etes X et Y sont dites ind´ependantes si pour

c’est-`a-dire :
P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y).

y ∈Y(Ω) et tout x ∈X(Ω) tels que P(Y= y) > 0 et P(X= x) > 0, P(X= x|Y= y) =
Si X et Y sont deux variables al´eatoires discr`etes ind´ependantes, on aura donc, pour tout

P(X= x) et P(Y= y|X= x) = P(Y= y).

n `a n) ind´ependantes si, pour tout choix de x1 ∈X1(Ω),...,xn ∈Xn(Ω), on a


Plus g´en´eralement, les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont (mutuellement ou

P(X1 = x1,...,Xn = xn) = P(X1 = x1)...P(Xn = xn).


Remarques :
´
•L’ind´ependance n`a nentraˆıne l’ind´ependance 2 `a 2 (mais la r´eciproque est fausse).
Ecrire
la preuve de ce r´esultat pour n= 3.
•Des ´ev´enements A1,...,An sont ind´ependants si et seulement si les variables al´eatoires
1A1 ,...,1An
le sont.
Proposition 1.5 Si les n variables al´eatoires discr`etes X1,...,Xn sont ind´ependantes alors
on a X(Ω) = X1(Ω) ×···×Xn(Ω).
Remarque : Lorsque les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes, connaˆıtre les lois
marginales permet donc de connaˆıtre la loi jointe du couple (X,Y), alors que pour des variables
al´eatoires quelconques, cela ne suffit pas.8
1.6 Esp´erance, matrice de covariance
Dans un souci de clart´e, tous les r´esultats de ce paragraphe et du suivant sont ´enonc´es pour
les couples de variables al´eatoires discr`etes, et ils s’´etendent sans peine aux vecteurs al´eatoires
discrets.
On consid`ere un couple al´eatoire discret (X,Y).
D´efinition 1.6 •L’esp´erance du couple (X,Y) est d´efinie si X et Y sont int´egrables et on
a alors : E(X,Y) = (E(X),E(Y)).
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la covariance de X et de Y,
ou covariance du couple (X,Y), est donn´ee par
cov(X,Y) = E(XY)−E(X)E(Y) = E[(X−E(X))(Y−E(Y))].
•Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, la matrice de covariance du
couple (X,Y) est la matrice
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y).
Plus g´en´eralement, la matrice de covariance d’un vecteur (X1,...,Xn), dont chacune des com-
posantes est de carr´e int´egrable, est une matrice n×n dont les termes diagonaux sont les
variances des Xi et dont le terme (i,j) est la covariance cov(Xi,Xj) pour tout i̸= j.
Remarque : Le calcul de l’esp´erance de X ou de Y ne fait intervenir que les lois marginales,
mais nous allons voir qu’il n’est pas n´ecessaire d’expliciter ces lois marginales.
Proposition 1.7 Si (X,Y) est un couple de variables al´eatoires discr`etes, pour toute fonction
h: R2 →R telle que
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) <∞,
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
la variable al´eatoire h(X,Y) est int´egrable et on a
E(h(X,Y)) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
h(x,y)P(X= x,Y= y).

est discr`ete et on a, pour tout z ∈(h(X,Y))(Ω),


Preuve : Notons Z= h(X,Y). On a une ´ecriture explicite de la loi de Z : cette variable al´eatoire

P(Z= z) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y)
La variable al´eatoire Z est donc int´egrable si la somme
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 |z|
(x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
P(X= x,Y= y) 9
converge. Or cette somme peut s’´ecrire
S=
z∈(h(X,Y))(Ω)
 (x,y)∈(X,Y)(Ω),h(x,y)=z
=
|h(x,y)|P(X= x,Y= y)
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
|h(x,y)|P(X= x,Y= y) 
La mˆeme proc´edure appliqu´ee `a la somme sans les valeurs absolues permet d’obtenir le r´esultat
d´esir´e pour E(h(X,Y)).
Application : Cette proposition permet d’´ecrire notamment les esp´erances de X, de Y ou de
XY sans expliciter la loi de ces variables al´eatoires. Si le couple (X,Y) est discret, on a ainsi
E(X) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(Y) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
E(XY) =
(x,y)∈(X,Y)(Ω)
xP(X= x,Y= y)
yP(X= x,Y= y)
xyP(X= x,Y= y)
lorsque les s´eries convergent.
Revenons maintenant `a la matrice de covariance :
Proposition 1.8 1. Une matrice de covariance C est toujours une matrice sym´etrique et
positive (i.e., pour tout v∈Rn
, <v,Cv>≥0).
2. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et int´egrables, on a E(XY) =
E(X)E(Y) et donc cov(X,Y) = 0. La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
3. Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes et f et g deux fonctions telles que
les variables al´eatoires f(X) et g(Y) sont int´egrables, on a E(f(X)g(Y)) = E(f(X))E(g(Y)).
La r´eciproque de ce r´esultat est fausse.
4. Si les variables al´eatoires X1,...,Xn sont ind´ependantes et de carr´e int´egrable, alors la
matrice de covariance de (X1,...,Xn) est diagonale. La r´eciproque de ce r´esultat est
fausse.
Preuve : 1. Soit X = (X1,...,Xn) un vecteur al´eatoire dont chaque composante est de carr´e
int´egrable, notons C sa matrice de covariance et fixons v = (v1,...,vn) un vecteur de Rn
.
Quitte `a remplacer chaque Xi par Xi−E(Xi), on supposera les variables al´eatoires centr´ees
(d’esp´erance nulle).10
On a
<v,Cv>=
Cijvivj
i,j
=
E(XiXj)vivj
i,j
=E
i,j
viXivjXj
=E
i
viXi ×
j
= E  i
viXi
2 
vjXj
On a donc bien <v,Cv>≥0.
2. Consid´erons deux variables al´eatoires discr`etes X et Y ind´ependantes et int´egrables. Mon-
trons que XY est int´egrable et calculons son esp´erance. On a
E(|XY|) =
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
|xy|P(X= x,Y= y)
Comme X et Y sont ind´ependantes, P(X= x,Y= y) = P(X= x)P(Y= y) donc
E(|XY|) =
|xy|P(X= x)P(Y= y)
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
=
x∈X(Ω)
 |x|P(X= x)
y∈Y(Ω)
=  x∈X(Ω)
|x|P(X= x)  y∈Y(Ω)
= E(|X|)E(|Y|).
|y|P(Y= y) 
|y|P(Y= y) 
On montre alors par un calcul similaire que E(XY) = E(X)E(Y), puis on en d´eduit que
cov(X,Y) = 0.
3. et 4. se d´eduisent ais´ement de 2.
La proposition suivante, bien que tr`es simple `a prouver, est fort utile :
Proposition 1.9 Si X et Y sont deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y) + 2cov(X,Y).
Si de plus, X et Y sont ind´ependantes, on a
var (X+ Y) = var (X) + var (Y).11
De plus, pour deux variables al´eatoires de carr´e int´egrable, il est possible d’obtenir une
majoration de cov(X,Y) `a partir des variances de X et Y :
Proposition 1.10 (In´egalit´e de Cauchy Schwarz) Soient X et Y deux variables al´eatoires
de carr´e int´egrable. On a
|E(XY)|≤E(|XY|) ≤ E(X2)E(Y2]
|cov(X,Y)|≤ var (X)var (Y)
Preuve : Le deuxi`eme point s’obtient en appliquant le premier `a X−E(X) et Y−E(Y).
Le premier point se montre de la mˆeme fa¸con que dans le cas classique (produit scalaire de
deux vecteurs) : on ´etudie le polynˆome
R(λ) = E(X2)λ2
−2E|XY|λ+ E(Y2).
Ce polynˆome se factorise en
R(λ) = E[(λ|X|−|Y|)2].
Il n’admet donc pas deux racines r´eelles distinctes, ce qui signifie que son discriminant (r´eduit)
est n´egatif :
(E|XY|)2
−E(X2)E(Y2) ≤0.
On ´etudie de la mˆeme fa¸con le cas d’´egalit´e : le discriminant n’est nul que si le polynˆome admet
une racine r´eelle double. Dans ce cas, il existe donc λ0 tel que
E[(λ0|X|+ |Y|)2] = 0;
l’esp´erance d’une variable al´eatoire positive ne pouvant ˆetre nulle que si la variable al´eatoire est
(presque sˆurement) nulle, on aura alors : |Y|=−λ0|X|, presque sˆurement.
Les preuves sans les valeurs absolues sont similaires.
1.7 Fonction g´en´eratrice d’un couple
D´efinition 1.11 La fonction g´en´eratrice d’un couple de variables al´eatoires discr`etes positives
est la fonction d´efinie sur [0,1]2 par
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY) =
sxtyP(X= x,Y= y).
x∈X(Ω),y∈Y(Ω)
Proposition 1.12 La fonction g´en´eratrice d´etermine la loi du couple (X,Y) au sens o`u si deux
couples de variables al´eatoires positives ont la mˆeme fonction g´en´eratrice, alors ils suivent la
mˆeme loi.
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet de retrouver par exemple :
•la fonction g´en´eratrice de X : GX(s) = G(X,Y)(s,1) et de Y,
•l’esp´erance de X si X est int´egrable : E(X) = ∂
∂sG(X,Y)(1,1),
•l’esp´erance de X2 si X est de carr´e int´egrable : E(X2) = ∂2
∂s2 G(X,Y)(1,1) + ∂
∂sG(X,Y)(1,1),12
•l’esp´erance de XY si X et Y sont de carr´e int´egrable : E(X,Y) = ∂ 2
∂s∂tG(X,Y)(1,1).
Une autre utilit´e importante de la fonction g´en´eratrice est de permettre de calculer simple-
ment la loi de somme de variables al´eatoires, `a partir du moment o`u on connaˆıt leur loi jointe.
En effet, on a le r´esultat suivant :
Proposition 1.13 Soient (X,Y) un couple de variables al´eatoires positives dont on connaˆıt la
loi jointe. Notons GX,Y la fonction g´en´eratrice du couple. On a alors GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s).
Preuve : On a G(X,Y)(s,s) = E(sXsY) = E(sX+Y) = GX+Y(s).
Si X et Y sont `a valeurs enti`eres, il ne reste plus qu’`a d´ecomposer la fonction G X+Y en s´erie
enti`ere pour obtenir les probabilit´es P(X+ Y= k).
Il est facile de voir que si X et Y sont deux variables al´eatoires positives ind´ependantes,
alors on a G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t). La r´eciproque de ce r´esultat est ´egalement vraie :
Proposition 1.14 Les variables al´eatoires positives X et Y sont ind´ependantes si et seulement
si

Remarque : La fonction g´en´eratrice du vecteur al´eatoire X = (X 1,...,Xn) v´erifiant X(Ω) ⊂


G(X,Y)(s,t) = GX(s)GY(t).

Nn est la fonction G: [0,1]n →R+ d´efinie par


G(s1,...,sn) = E(sX1
1 ×...×sXn
n ).
Cette fonction de n variables caract´erise la loi du n-uplet, permet de retrouver les lois margi-
nales ...
1.8 Exemple d’utilisation de la fonction g´en´eratrice
Calculons la fonction g´en´eratrice de la loi trinomiale (n,px,py).
Soit (X,Y) un couple de variable al´eatoire de loi trinomiale (n,p x,py).
On a
G(X,Y)(s,t) = E(sXtY)
=
sitjP(X= i,Y= j)
i,j∈{0,...,n},i+j≤n
=
n
n−i
sitj n!
i!j!(n−i−j)!pi
xpj
y(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i
n−i
(n−i)!
j!(n−i−j)!(tpy)j(1−px−py)n−i−j
i=0
j=0
=
n
n!
i!(n−i)!(spx)i(1−px−(1−t)py)n−i
i=0
= (1−(1−s)px−(1−t)py)n
.13
En prenant t= 1 dans le r´esultat ci-dessus, on trouve : G (X,Y)(s,1) = (1−(1−s)px)n; on
reconnaˆıt la fonction caract´eristique d’une loi binomiale (n,p x) ce qui prouve que X suit une
loi binomiale (n,px).
La fonction g´en´eratrice de (X,Y) permet ´egalement de calculer celle de X + Y. On a en
effet :
E(sX+Y) = E(sXsY) = G(X,Y)(s,s).
On trouve ici : GX+Y(s) = (1−(1−s)(px + py))n; on retrouve donc que X + Y suit une loi
binomiale (n,px + py).
1.9 Somme de deux variables al´eatoires de loi de Poisson et ind´e-
pendantes
Consid´erons deux variables al´eatoires X et Y ind´ependantes et de loi de Poisson de para-
m`etre respectivement µ1 >0 et µ2 >0, et calculons la loi de X+ Y.
Premi`ere m´ethode
Commen¸cons par calculer la fonction g´en´eratrice de la loi de X. On a
GX(s) = E(sX)
=
n≥0
=
n≥0
= e−µ1 eµ1s
= e−µ1(1−s)
snP(X= n)
sne−µ1 µn
1
n!
De la mˆeme fa¸con, on a GY(t) = e−µ2(1−t). Comme X et Y sont des variables al´eatoires
ind´ependantes, on en d´eduit la fonction g´en´eratrice du couple (X,Y) :
G(X,Y)(s,t) = e−µ1(1−s)e−µ2(1−t)
.
La fonction g´en´eratrice de X+ Y est donc
GX+Y(s) = G(X,Y)(s,s) = e−(µ1+µ2)(1−s)
.
On reconnaˆıt ici la fonction g´en´eratrice d’une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2 et on peut
conclure que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ1 + µ2.
Attention : La variable al´eatoire X−Y ne suit pas une loi de Poisson : cette variable al´eatoire
prend ses valeurs dans Z et non dans N et, en cons´equence, on ne peut pas calculer sa fonction
g´en´eratrice.

On a ´evidemment (X+Y)(Ω) ⊂N. Fixons donc n∈N et calculons directement la probabilit´e


Deuxi`eme m´ethode

P(X+ Y= n).14
On a
P(X+ Y= n) =
P(X= k,X+ Y= n)
k≥0
=
k≥0
=
k≥0
=
n
k=0
= e−(µ1+µ2) 1
n!
P(X= k,Y= n−k)
P(X= k)P(Y= n−k)
e−µ1 µk
1
2
k! e−µ2 µn−k
(n−k)!
n
n!
k!(n−k)!µk
1µn−k
2
k=0
= e−(µ1+µ2) (µ1 + µ2)n
n!
On retrouve donc que X+ Y suit une loi de Poisson de param`etre µ 1 + µ2.
2 Couples al´eatoires `a densit´e
2.1 Densit´e d’un couple
D´efinition 2.1 Un couple (X,Y) de variables al´eatoires r´eelles sera dit « `a densit´e par rapport
`a la mesure de Lebesgue de R2 »s’il existe une fonction f : R2 →R+ telle que, pour tous

P(X ∈I et Y ∈J) =
intervalles I et J et pour toute fonction continue born´ee ou positive h on ait :

I×J
f(x,y) dxdy et E(h(X,Y)) =
h(x,y)f(x,y) dxdy.
R2
Remarque :
– La densit´e f est toujours une fonction positive, int´egrable et dont l’int´egrale sur R 2 par
rapport `a la mesure de Lebesgue vaut 1.
– On peut montrer que la d´efinition de la densit´e est ´equivalente `a : pour tout ouvert U de

P((X,Y) ∈U) =
R2

U
f(x,y) dxdy.

1. Soit D= {(x,y) ∈R2,x2 + y2 ≤1}le disque unit´e de R2 et f la fonction d´efinie sur R2


Exemples :

par : f(x,y) = 1D(x,y)/π. f est bien une densit´e de probabilit´e sur R2 : c’est la densit´e
de la loi uniforme sur D, c’est-`a-dire la loi que l’on obtient en jetant un point au hasard
et uniform´ement sur D.
2. Soit X une variable al´eatoire de loi exponentielle. La loi du couple (X,X) n’admet pas
de densit´e par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2. En effet, si une telle densit´e f15
existait, elle devrait ˆetre (presque partout) nulle en dehors de la droite {x= y}puisque
P(X ̸= Y) = 0. On aurait alors
1=
R2
f(x,y) dxdy=
f(x,y) dxdy.
{x=y}⊂R2
Or une droite est de mesure nulle pour la mesure de Lebesgue sur R2, donc l’int´egrale,
toujours par rapport `a la mesure de Lebesgue sur R2, de n’importe quelle fonction sur ce
domaine est nulle. On aboutit donc `a une contradiction.
2.2 Loi marginale
Les lois marginales du couple (X,Y) sont les lois des variables al´eatoires X et Y. On peut
v´erifier ais´ement la proposition suivante :
Proposition 2.2 Soit (X,Y) un couple de variables al´eatoires de densit´e (conjointe) f : R 2 →
R+. Alors les deux variables al´eatoires X et Y ont chacune une densit´e, not´ee respectivement
fX et fY donn´ees par :
fX(x) =
y∈R
f(x,y) dy et fY(y) =
x∈R
f(x,y) dx.

P(X ≤t) = P(X ∈] −∞,t] et Y ∈R)


Preuve : En effet, soit t∈R et calculons la fonction de r´epartition de X. On a

=
f(x,y) dxdy
]−∞,t]×R
=
t
−∞ y∈R
f(x,y)dy dx
Ce principe s’applique aux vecteurs `a densit´e, `a ceci pr`es que les lois marginales d’un triplet
sont les lois de chacune des variables qui le constituent ainsi que les lois des couples de variables.
Exercice : Calculer les lois marginales du couple (X,Y) de loi uniforme sur le disque D de
centre 0 et de rayon 1.
2.3 Ind´ependance
Rappelons la d´efinition de l’ind´ependance de variables al´eatoires :
D´efinition 2.3 Les variables al´eatoires X et Y sont ind´ependantes si, pour tous intervalles

P(X ∈I et Y ∈J) = P(X ∈I)P(Y ∈J).


I et J, on a

Plus g´en´eralement, n variables al´eatoires X1,...,Xn sont (mutuellement) ind´ependantes


si, pour tous intervalles I1,...,In, on a
P
{Xk ∈Ik}=
k≤n

P{Xk ∈Ik}.k≤n16
Le lien entre densit´es et ind´ependance est clair :
Proposition 2.4 Deux variables al´eatoires (X,Y) de densit´e respectivement f et g sont in-
d´ependantes si et seulement si la loi du couple admet une densit´e et que cette densit´e est la
fonction (x,y) →f(x)g(y).
2.4 Esp´erance, covariance
D´efinition 2.5 On d´efinit, comme pour les couples discrets l’esp´erance d’un couple de variables
al´eatoires int´egrables comme ´etant le couple des esp´erances E(X,Y) = (E(X),E(Y)), et il est
facile de v´erifier que
E(X) =
R2
xf(x,y) dx dy et E(Y) =
R2
yf(x,y) dx dy,
lorsque ces int´egrales sont absolument convergentes.
Si les variables al´eatoires sont de carr´e int´egrable, on d´efinit ´egalement la matrice de cova-
riance du couple (X,Y) par
C=
var (X) cov(X,Y)
cov(X,Y) var (Y)
Les termes non-diagonaux de cette matrice seront
cov(X,Y) = E((X−E(X))(Y−E(Y))) = E(XY)−E(X)E(Y)
o`u
E(XY) =
xyf(x,y) dxdy.
R2
La matrice de covariance est, comme dans le cas discret, une matrice sym´etrique et positive (au
sens des formes bilin´eaires).
Ces d´efinitions s’´etendent naturellement au cas des vecteurs al´eatoires `a densit´e, en rempla¸cant
les int´egrales doubles par des int´egrales multiples.
Remarque : Pour identifier la densit´e d’un couple, on utilise habituellement une fonction test
h: R2 →R continue et born´ee et on essaie d’´ecrire E(h(X,Y)) sous la forme
E(h(X,Y))) =
R2
h(x,y)f(x,y) dx
,dy.
La fonction f : R2 →R+ ci-dessus, si elle existe, sera la densit´e du couple (X,Y).
Les propri´et´es vues dans le cas discret restent vraies pour les couples `a densit´e : notamment,
si le couple est form´e de variables al´eatoires ind´ependantes et de carr´e int´egrable, cov(X,Y) = 0
et var (X+ Y) = var (X) + var (Y), et, tout comme dans le cas discret, la covariance de deux
variables al´eatoires dont le couple admet une densit´e, peut ˆetre nulle sans que les variables
soient ind´ependantes : reprendre par exemple l’exemple du couple de loi uniforme sur le disque
de centre 0 et de rayon 1.17
2.5 Loi de la somme
On peut v´erifier que si le couple (X,Y) a une densit´e, la variable X + Y aura ´egalement
une densit´e, et on peut expliciter cette densit´e :
Proposition 2.6 – Si le couple (X,Y) admet pour densit´e la fonction f, alors la densit´e
de la variable al´eatoire X+ Y est la fonction g d´efinie par
g(z) =
R
f(x,z−x) dx=
R
f(z−y,y) dy.
– Si X et Y sont deux variables al´eatoires ind´ependantes de densit´e f X et fY, la densit´e,
not´ee g, de X+ Y est le produit de convolution de fX et fY :
g(z) =
R
fX(x)fY(z−x) dx=
R
fX(z−y)fY(y) dy.
Preuve : Soit h: R →R une fonction continue par morceaux et born´ee. On a
Eh(X+ Y) =
R2
=
R
h(x+ y)f(x,y) dx
,dy
h(z)
R
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.
f(x,z−x) dx dz
en posant x = x et z = x+ y. Si on avait effectu´e le changement de variables z = x+ y et y,
on aurait obtenu l’autre expression annonc´ee.

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