Ensoleillement
Ensoleillement
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Préambule
L’article que vous vous apprêtez à lire constitue
une référence fondamentale pour comprendre les
principes astronomiques et physiques qui
régissent l’ensoleillement. Il pose les bases
indispensables de la mécanique céleste et de la
science climatique. Cependant, depuis sa
rédaction, une révolution silencieuse mais
fulgurante a transformé notre rapport au soleil, propulsant la mesure et la prédiction de l’ensoleillement
dans une nouvelle ère : celle de l’intelligence artificielle, des satellites nouvelle génération et de
l’Internet des Objets (IoT).
Ce préambule a pour vocation de vous immerger dans ce nouveau paradigme, en contextualisant les
concepts théoriques de l’article dans l’écosystème technologique de 2025. Nous ne sommes plus
simplement face à une science d’observation, mais à un domaine d’ingénierie prédictive où chaque
rayon de soleil est une donnée précieuse, analysée et optimisée en temps réel.
L’intelligence artificielle est devenue le nouveau soleil de la météorologie. En novembre 2024, Google
DeepMind a annoncé que son IA de prévision météorologique surpassait les modèles traditionnels, une
avancée confirmée en août 2025 par la publication d’un modèle d’IA open source par IBM et la NASA
pour prédire la météo solaire. Ces technologies ne se contentent plus de prévoir le temps ; elles
anticipent l’irradiation solaire avec une précision de 90% à court terme, transformant chaque
installation photovoltaïque en centrale énergétique intelligente.
Les satellites météorologiques sont nos nouveaux yeux dans le ciel. Là où l’article se base sur des
données au sol, les satellites modernes comme Meteosat Third Generation (MTG) et Sentinel-3 nous
offrent une vision continue et globale de l’ensoleillement avec une résolution spatiale et temporelle
révolutionnaire. Couplés à l’IA, ces “yeux qui ne dorment jamais” cartographient l’énergie solaire
disponible avec une finesse inégalée, permettant une optimisation dynamique des réseaux énergétiques.
Les capteurs IoT tissent une toile de lumière sur la Terre. Le marché des capteurs de rayonnement
solaire, en pleine explosion (prévu pour atteindre 1,24 milliard USD en 2031), témoigne de cette
transformation. Les pyranomètres connectés, les stations météo intelligentes et les capteurs spectraux
créent un maillage dense de points de mesure, fournissant des données locales ultra-précises qui
alimentent les modèles d’IA et affinent les prévisions.
De la théorie à l’application, l’ensoleillement est devenu une ressource active. Les concepts théoriques
de l’article trouvent aujourd’hui des applications concrètes et systémiques. La prévision photovoltaïque
intelligente, l’optimisation des smart grids, la gestion automatisée des bâtiments (stores, éclairage),
l’agriculture de précision et l’urbanisme climatique ne sont plus des visions futuristes, mais des réalités
opérationnelles qui dépendent toutes d’une mesure et d’une prédiction précises de l’ensoleillement.
Cet article original reste une référence pour quiconque souhaite maîtriser les fondamentaux de
l’ensoleillement. Mais à travers ce préambule, nous vous invitons à le lire avec un regard nouveau :
celui de 2025. Un regard qui perçoit, derrière chaque formule mathématique et chaque donnée
climatique, une cascade d’innovations qui font de l’ensoleillement non plus une simple donnée
astronomique, mais le cœur battant d’un écosystème énergétique intelligent, prédictif et durable.
Le rayonnement solaire
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En tant que source d’énergie, l’ensoleillement est un facteur climatique dont on a intérêt à tirer parti (de
manière passive, via les ouvertures vitrées, et/ou de manière active pour produire de l’énergie) mais
dont on doit aussi parfois se protéger pour éviter les surchauffes en été.
La maîtrise de l’énergie solaire nécessite donc de connaître la position correcte du soleil (hauteur et
azimut) ainsi que l’intensité du rayonnement à tout moment.
Énergie la plus abondante sur Terre, l’énergie solaire est à l’origine du cycle de l’eau, du vent et de la
photosynthèse, elle-même à l’origine des énergies fossiles. C’est l’ensemble de la vie sur Terre qui
dépend de cette source énergétique. Heureusement pour l’humanité, selon les astronomes, le soleil ne
devrait pas s’éteindre avant 5 autres milliards d’années.
Les théories actuelles présentent le rayonnement solaire comme une émission de particules. Ce flux de
particules, appelées photons, atteint la terre avec différentes longueurs d’ondes à la quelle correspond
une énergie spécifique décrite par la relation :
E [J] = hv = h . c/λ
Avec,
Avec sa température d’émission de 5 500°C, le soleil rayonne la plus grande partie de son énergie dans
les hautes fréquences (courtes longueurs d’onde).
La lumière visible représente 46 % de l’énergie totale émise par le soleil. 49 % du rayonnement
énergétique émis par le soleil se situe au-delà du rouge visible, dans l’infrarouge. C’est ce rayonnement
que nous ressentons comme une onde de chaleur. Le reste du rayonnement solaire, l’ultraviolet,
représente l’ensemble des radiations de longueur d’onde inférieure à celle de l’extrémité violette du
spectre visible.
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2. Constante solaire : 1 370
W/m².
3. Rayonnement réfléchi.
4. Rayonnement absorbé et
diffusé.
5. Rayonnement solaire à la
surface de la Terre (max : 1
000 W/m²).
Le rayonnement solaire reçu sur une surface varie donc au cours du temps en fonction de la position du
Soleil et de la couverture nuageuse. La puissance solaire maximale à la surface de la Terre est d’environ
1 000 W/m² pour une surface perpendiculaire aux rayons.
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Puissance solaire pour différents ciels.
Le mouvement Terre-Soleil
La course de la Terre autour du Soleil décrit une
ellipse légèrement aplatie. Dans cette ronde
annuelle autour du Soleil, la Terre effectue un
tour complet sur elle-même en 24 heures autour
de l’axe des pôles. Cet axe nord – sud fait un
angle de 23°27′ avec la direction perpendiculaire
au plan de l’orbite terrestre autour du Soleil.
H = 90° – L
H = 90° – L + 23°27
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Au solstice d’hiver (22 décembre), l’angle
d’inclinaison est inversé et c’est le tropique du
capricorne (latitude 23°27′ S) qui bénéficie d’un
rayonnement perpendiculaire. La hauteur du
Soleil à midi est de 23°27′ inférieure à celle de
l’équinoxe.
H = 90° – L – 23°27′
Le mouvement apparent du
Soleil
Pour bien comprendre et utiliser l’influence du
Soleil dans le choix et le traitement d’un site, il
faut bien sûr connaître à tout instant la position
du Soleil dans le ciel. Cette information est
indispensable pour le calcul des apports solaires,
pour le choix de l’exposition d’un immeuble, l’implantation de systèmes actifs solaires (thermique ou
photovoltaïque), l’aménagement des parties extérieures voisines, l’éclairage naturel des pièces
intérieures, l’emplacement des fenêtres, des protections solaires et de la végétation, etc.
À un instant donné, la hauteur et l’azimut du Soleil déterminent la position du Soleil dans le ciel. Ainsi
est connue la direction du rayonnement solaire et peuvent être calculées les surfaces ensoleillées du
bâtiment. Ces calculs tiendront compte des effets d’ombrage dus au relief, au cadre bâti, à la végétation
ou au bâtiment lui-même.
En un lieu,
Pour en savoir plus sur la construction d’un diagramme solaire : LIENS (dernier point).
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En regardant plus précisément, la valeur de
l’azimut à différents moments de l’année, on
constate que l’expression “le Soleil se lève à l’est
et se couche à l’ouest” n’est pas exacte. En effet,
en décembre, il se lève au sud-est pour se
coucher au sud-ouest, tandis qu’en juin, il se lève
pratiquement au nord-est pour se coucher au
nord-ouest. Ceci donne 7 heures d’ensoleillement
maximum en décembre et plus de 16 heures en
juin : ce sont les deux époques des solstices de
l’année. Ce n’est qu’aux équinoxes de printemps
et d’automne que la durée du jour est égale a
celle de la nuit.
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Temps Soleil : Soleil :
universel hauteur degré azimut degré
16 33,9 85,9
17 24,4 97,4
18 15,2 108,3
19 6,5 119,2
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à la feuille, les pointes sont serrées au maximum : la densité d’énergie par unité de surface est la plus
grande. Lorsqu’on incline ensemble tous ces crayons parallèles, les pointes s’écartent et couvrent des
surfaces de plus en plus allongées : la densité d’énergie diminue avec l’étalement des traces.
Irradiation solaire annuelle et ressources connues d’énergie par rapport à la consommation énergétique
mondiale annuelle.
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Et cette énergie reçue est énorme ! Même si toute
l’énergie solaire reçue sur Terre n’est pas
exploitable, on estime que la partie qui pourrait l’être
représente trois fois plus que l’énergie consommée
mondialement. Cette énergie qui semble inépuisable
à l’échelle humaine est totalement respectueuse de
l’environnement : son utilisation ne produit ni
déchets ni émission polluante. Un véritable défi pour
l’avenir !
L’emploi de matériaux réfléchissants (vitrages) peut également influencer l’exposition effective d’un
bâtiment. Ainsi, un édifice orienté nord et doté de larges vitrages clairs pour tirer parti de la lumière
naturelle peut se retrouver dans une situation sud si on construit en face un bâtiment équipé de vitrages
réfléchissants, précisément pour se protéger de l’ensoleillement. À l’évidence, les conditions de
confort, dans le premier bâtiment, sont profondément modifiées par la construction du second.
L’ensoleillement en Belgique
Sous notre climat, le Soleil nous apporte annuellement environ 1 000 kWh/m² au sol, l’équivalent
énergétique de 100 litres de mazout par m² !
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La quantité d’énergie solaire reçue en un lieu est
inégalement répartie au fil des saisons. Elle varie
suivant le jour et l’heure considérés, et est influencée
par les conditions météorologiques et le niveau de
pollution de l’air. On considère en général que l’on
reçoit 250 kWh du 15 octobre au 15 avril et
750 kWh du 15 avril au 15 octobre.
Mois J F M A M J J A S O N D
S/So (%) 23 28 34 39 46 40 41 45 43 35 24 17
Par exemple, une insolation directe relative de 34 %
au mois de mars à Uccle indique qu’en moyenne
seulement 34 % du temps est ensoleillé entre le lever
et le coucher du Soleil.
Annuellement, c’est environ de 60 % de l’énergie solaire qui nous arrive sous forme de rayonnement
diffus, et 40 % sous forme de rayonnement direct.
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Global [kWh/m².an] Direct [%] Diffus [%]
Normale 980 40 60
2002 990 44 56
2003 1 151 52 48
2004 1 034 44 56
2005 1 056 47 53
2006 1 040 47 53
2007 998 45 55
Rayonnement annuel reçu sur une surface d’1m² au sol.
Source IRM.
Afin de tenir compte des conditions météorologiques, les tableaux ci-après donnent l’éclairement
énergétique solaire global pour un ciel moyen et un ciel couvert, à Uccle (Bruxelles), le 15 des mois de
mars, juin, septembre et décembre, d’une surface horizontale et d’une surface verticale d’orientation
sud, nord, est et ouest.
Par exemple, l’éclairement énergétique solaire global pour un ciel moyen et un ciel couvert à Uccle est,
le 15 mars à 9huniv. (10hoff) de 197 W/m² et 89 W/m² pour une surface horizontale,
le 15 juin à 9huniv. (11hoff) de 419 W/m² et 130 W/m² pour une surface verticale est.
Ciel moyen.
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Ciel couvert.
KLEINE- SAINT-
Wh/m2 MIDDELKERKE UCCLE CHIEVRES BROGEL FLORENNES SPA HUBERT
Janvier 23 324,1 19 934,9 18 946 21 429,49 20 193,282 21 701,74 22 207,33
Février 38 408,6 35 366,7 34 127,7 37 347,43 36 886,284 39 867,08 42 403,39
Mars 82 762,2 70 736,2 70 311,2 73 494,77 74 980,998 75 783,84 77 881,23
Avril 120 012 106 964 104 289 110 814,4 108 247,55 111 258,9 112 953,5
Mai 155 199 142 253 133 433 142 964,2 139 408,37 144 247,7 147 089,5
Juin 161 996 148 892 139 511 149 189,7 149 189,71 152 095,5 154 251,2
Juillet 156 251 140 136 131 869 141 958,6 144 339,32 144 247,7 148 684,1
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KLEINE- SAINT-
Wh/m2 MIDDELKERKE UCCLE CHIEVRES BROGEL FLORENNES SPA HUBERT
Aout 133 588 120 135 113 045 122 898,7 120 976,34 127 024,1 124 579,4
Sept. 97 249,4 89 548,8 85 518 89 726,62 90 176,658 93 757,5 95 727,1
Octobre 60 666 54 359,9 54 087,7 57 785,18 58 599,132 61 316,02 59 199,18
Nov. 28 288,4 24 577 24 771,4 27 132,73 26 249,322 27 085,5 25 560,38
Déc. 18 576,5 15 690,1 15 940,2 18 120,89 16 820,79 17 654,19 18 279,24
ANNEE 1 076 322 968 591 925 849 992 862,8 986 067,77 1 016 040 1 028 816
La Belgique se caractérise par des variations géographiques relativement faibles, inférieures à ± 5 %
pour l’ensemble du pays, à l’exception de la région côtière et du pays gaumais où des écarts annuels de
10 % par rapport à Uccle sont atteints et même dépassés (+ 18 % à Luxembourg).
Du tableau précédent, les écarts par rapport à Uccle s’établissent comme suit selon les saisons : en hiver
(H); printemps (P); été (E); automne (A) et période de végétation (V) couvrant les mois de mai, juin et
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juillet.
H P E A V Année
Middelkerke + 13 % + 12 % + 10 % + 10 % + 9 % + 11 %
Chièvres –3% –4% –6% –2% –6% –4%
Kleine-Brogel + 9 % + 2 % + 1 % + 3 % + 1 % + 2 %
Florennes + 4 % + 1 % + 1 % + 4 % 0 % + 2 %
Spa + 12 % + 4 % + 3 % + 8 % + 2 % + 5 %
Saint-Hubert + 17 % + 6 % + 4 % + 7 % + 4 % + 6 %
L’Institut Royal Météorologique de Belgique a établi une distribution du rayonnement solaire basée sur
la répartition de l’insolation effective selon les zones climatiques de la Belgique sachant que les
variations de celle-ci par rapport à Uccle sont approximativement les suivantes :
Littoral + 10 %
Polders et Pays de Waes de + 5 % à + 2 % selon l’éloignement de la zone côtière.
Campine et Flandre limoneuse + 2 %
Hesbaye –2%
Pays de Herve –5%
Gileppe – Warche –7%
Plateau ardennais +2%à+5%
Pays gaumais +5%
Grand-Duché de Luxembourg + 10 %
La carte ci-dessous en a été déduite.
L’influence de l’orientation et de
l’inclinaison
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Lorsque l’on connaît l’azimut et la hauteur
solaire, on n’a aucune peine à situer la position
du Soleil dans le ciel.
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