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« Tout le monde sait ce qu’est une émotion jusqu’à ce qu’on lui demande de la définir ». Les émotions
considérées comme fondamentales sont la joie, la tristesse, la peur, le dégout, la surprise et la colère.
James (1884) « Il n’y a pas de limite au nombre des différentes émotions qui peuvent exister et c’est
pourquoi les émotions des différents individus peuvent varier indéfiniment à la fois quant à leur constitution et
quant aux objets qui les engendrent, car il n’y a rien de fixe de toute éternité dans l’action réflexe. »
Tantôt on recherche les émotions, tantôt on les fuit. Les émotions optimisent mais peuvent aussi entraver
notre fonctionnement. Dans certaines philosophies orientales, on cherche à atteindre le nirvana = supprimer toute
émotion. Certaines psychothérapies ont pour objectif de libérer l’expression émotionnelle, l’ouverture aux
émotions. Tout ceci reste dans le même esprit, atteindre une meilleure qualité de vie. Damasio (1990) considère
l’émotion comme indispensable à la survie. Il faut simplement apprendre à les réguler.
Darwin, « l’expression des émotions chez l’homme et les animaux ». Dans son livre, il considère que
l’émotion a une fonction de signal pour les congénères pour informer un danger ou la présence d’un événement
important, sert de communication avec les pairs : préparation à l’action. Plus l’émotion était intense, mieux elle était
perçue/reconnue.
Chez les animaux, l’émotion passe par le canal olfactif, visuel et auditif. Darwin explique que chez les
primates, l’expression, la reconnaissance émotionnelle et la musculature faciale sont plus développées. L’expression
des émotions est innée : chez les bébés aveugles, expressions faciales d’émotions même sans les avoir vues.
James (philosophe et docteur en médecine américain) et Lange (physiologiste) ont chacun développé des
théories similaires à la même époque pour répondre à 2 questions :
Qu’est-ce qui différencie une expérience émotionnelle d’un autre type d’expérience, non émotionnelle ?
Qu’est-ce qui différencie une expérience émotionnelle comme la peur d’une autre comme la tristesse ?
A l’époque, jusque dans les années 80/90, on avait déjà notion qu’il y avait 3 composantes dans l’émotion :
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Cannon (1927), physiologiste américain, s’est opposé à cette théorie avec les arguments suivant :
Sujets de l’étude : étudiants de psychologie de 1ère année « étude de l’effet de vitamines sur la vision » ; en
réalité ils injectaient de l’adrénaline aux sujets : augmentation du rythme cardiaque, du flux sanguin musculaire, de
la respiration, chaleur…
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4 groupes expérimentaux :
Adrénaline informée : les sujets avaient une explication des symptômes qu’ils allaient ressentir ;
Adrénaline pas informée : les sujets n’avaient aucune explication sur les symptômes ;
Adrénaline mal informé : les sujets avaient des informations fausses sur ce qu’ils allaient ressentir ;
Placébo : les sujets n’avaient pas d’adrénaline injectée.
Dans l’étude, un compère induisait soit une euphorie, soit une colère.
Mesures :
On demandait aux sujets si ils étaient plus ou moins en colère ou plus ou moins euphoriques ;
On demandait s’ils ressentaient des effets secondaires aux vitamines ;
Mesure de leur pouls.
Résultats :
Les sujets les plus euphoriques étaient les mal informés, ensuite les pas informés, ensuite les placebos et
enfin les informés.
Les sujets les plus en colère étaient les pas informés, suivis des informés = placebos.
Quand on n’a pas eu l’explication, on est sensible à l’émotion tandis que si on sait on est moins sensible au
climat émotionnel. Cette étude a permis aux auteurs d’insister sur le rôle de la cognition dans l’interprétation des
changements physiologiques.
Zajonc et al. : les émotions sont primaires, pas besoin de cognitions développées pour éprouver une
émotion, le traitement cognitif intervient secondairement.
Lazarus, Mandler et Scherer = participation cognitive essentielle dans la perception, le raisonnement, le
jugement et l’évaluation de la situation pour donner lieu à une émotion ou un autre.
L’appréciation cognitive détermine l’intensité et permet de différencier les émotions entres elles.
Lazarus : l’émotion dépend de l’évaluation de la situation et de l’activation qui lui succède ; 2 temps :
stimulus évalué et ensuite le sujet évalue ses propres capacités :
Mandler insiste sur le fait que pour qu’il y ait émotion, il faut rupture dans le plan d’action du sujet.
L’expérience et les comportements émotionnels résultent d’une interaction complexe entre activation automatique
et une interprétation cognitive. = rupture dans le déroulement d’un plan d’action qui donne naissance à l’émotion
sinon pas d’émotion. (Surprise pas prévue).
Expériences affectives qui interviennent sans évaluation cognitive : les sujets peuvent parfois répondre de
façon émotionnelle sans le savoir, ni pouvoir identifier ou nommer son émotion (prise de conscience après-coup). Il
y a interprétation cognitive mais elle n’est pas indispensable.
Emotion = rupture dans le déroulement de l’action suivie d’une orientation de l’attention sur la cause de
cette rupture. Les émotions sont perturbatrices car elles viennent interrompre mais en même temps il y a une
notion d’adaptation. Mais la joie suite à un succès a plus un effet de stimulation que d’interruption (potentialise sa
motivation). Emotions perturbatrices adaptatives et motivationnelles (paradoxe du début).
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Emotion
Elle est brève, dure de quelques secondes à quelques minutes voire quelques heures ; stimulus déclencheur,
expression physiologique, comportementale, ressenti subjectif et tendance à agir : provoque une action de la part du
sujet. L’intensité de l’émotion a tendance à s’ajouter quand deux émotions se cumulent (intensité 1 + intensité 2),
peut sembler disproportionnée : transfert d’activation physiologique.
Humeur
Durée plus longue (peut durer plusieurs jours), intensité faible à modérée, peu/pas de situation
déclenchante (ou difficile de connaitre la source), peu/pas de corrélat comportemental ou physiologique par rapport
à l’émotion (attention on parle ici d’humeur chez le sujet sain, pas de celle en psychopathologie). Humeur =
disposition affective.
Affect
Terme général qui reprend émotions et humeur, tout état affectif : sentiment, émotion, aujourd’hui surtout
utilisé par le courant psychodynamique, psychanalyse (en anglais, il n’y a pas de différenciation entre affect et
émotion).
Sentiment
Etat affectif indéterminé provoquant ou non un état de besoin (définition du vocabulaire de psychologie).
Etat affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations. « Le sentiment est la perception du
corps réel modifié par l’émotion » (James), vécu subjectif que retire le sujet de l’émotion.
Tempérament
Ensemble des particularités physiologiques et morphologiques qui différencient les individus entre eux et
agissent sur le caractère = facteurs biologiques de la personnalité.
Dantzer (1988) : « le terme d'émotion désigne des sentiments que chacun de nous peut reconnaître en lui-
même par introspection ou prêter aux autres par extrapolation […] le fait de ne pas rester purement
cérébrales mais d'être accompagnées de modifications physiologiques et somatiques constituent une
caractéristique importante qui permet de différencier les émotions des simples sentiments".
Ekman (1992) : « les émotions sont des entités psychophysiologiques et comportementales discrètes, en
nombre fini : les émotions de base qui ont en commun un déclenchement rapide, une courte durée, une
survenue spontanée, une évolution automatique et des réponses cohérentes »
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Modèle de R. Plutchik :
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Stimulus
Emotion Fonction adaptative Comportement Corrélat biologique
déclencheur
Destruction Mordre Energie dirigée vers les
Obstacle
La colère Préparation au combat Frapper muscles
Injustice
Intimidation Crier Décuple la force
Corps paralysé un instant
Protection Menace
La peur Vigilance Sang dirigé vers les muscles
Prépare à l’action : 3F Attente d’un
(à distinguer de l’anxiété) S’enfuir Cœur et respiration
Fight, Flight, Freeze danger
s’accélèrent
Perte réelle ou Ralentissement
Réinsertion psychique d’une Baisse de la motivation
Pleurer
La tristesse Réflexion personne ou d’un Evalue la conséquence de
Appeler à l’aide
introspection objet la perte
Echec et réoriente le but
Haussement des sourcils
Orientation
S’arrêter Elargir le champ visuel
La surprise Yeux écarquillés Objet nouveau
Alerter Augmentation du rythme
pour mieux voir
cardiaque et de la vigilance
Inhibition des
Atteinte d’un Sauter de joie
La joie Exploration comportements négatifs
objectif Explorer
Augmentation de l’énergie
Personne Vomir
Le dégout Rejet Objet nuisible Jeter Nausées
Immonde Rejeter
Rend plus indulgent
La honte Rend sympathique
(renvoie à une vision Normes de groupe Rougir
Fonction de communication Sueurs
négative de soi-même ; à Echecs à les Se cacher le visage
Signal d’alarme par rapport rougeurs
distinguer de l’embarras qui atteindre Disparaitre
renvoie au comportement) au risque de transgression
des normes
RECONNAISSANCE EMOTIONNELLE
Méthodes objectives
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Duchenne de Boulogne expliquait que le mouvement isolé d’un seul muscle pouvait donner une impression
émotionnelle différente ; il parlait de la distinction entre le vrai et le faux sourire.
Le vrai sourire :
Les comédiens savent difficile de prendre une expression émotionnelle et d’en éprouver une autre ;
Sourire au milieu des pleurs -> annonce généralement un répit car le sourire et les pleurs sont incompatibles.
Hypnose : un sujet ne peut pas adopter l’attitude motrice d’une émotion et en éprouver une autre.
Congruence entre l’expression faciale et le ressenti des émotions
Méthodes subjectives
Méthode des composants : photos et films d’expressions dans différentes situations avec des individus de
différentes cultures et comparaison.
Méthode des jugements : présenter à différentes cultures des photos d’expression faciales et leur demander
d’identifier les émotions.
Universalité oui, mais… uniquement pour les émotions de base et pas pour les émotions secondaires ou complexes.
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Variations dans :
Déclencheurs de l’émotion ;
Conséquences / comportements
Règles de conventions sociales (ex au Japon : masques des émotions négatives en société).
Universalité :
Schizophrénie : difficultés dans la reconnaissance, l’identification et l’expression, déficit supérieur pour les
émotions négatives ;
Dépression : difficultés dans le traitement des expressions faciales ; focalisation sur les émotions de tristesse,
les reconnaissent plus rapidement que d’autres ;
Alcoolisme : difficulté de décodage des expressions faciales, tendance à surestimer l’intensité des
expressions émotionnelles et plus d’erreurs dans la reconnaissance des expressions entre colère et mépris ;
TED : difficulté à interpréter ses propres émotions et celles d’autrui.
Sujets âgés : notamment Alzheimer, difficulté à reconnaitre émotion.
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L’EXPRESSION EMOTIONNELLE
Rétroaction faciale : le ressenti émotionnel dépend de l’expression faciale, différent pour chaque émotion.
En psychothérapie
Méthodes de relaxation
Méthode de biofeedback (rétroaction biologique)
Se basent sur ces modèles pour apprendre aux sujets à gérer le stress, l’anxiété, les tensions. Aider le patient
à identifier, exprimer et réguler ses émotions…
Relations d’intensité
Deux modèles rendent compte des relations d’intensité entre les indicateurs mimiques, physiologiques et
subjectifs d’une émotion.
Modèle d’activation
Il est issu de la rétroaction faciale et de la posture : intensité identique entre toutes les composantes de
l’émotion.
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Il postule l’inverse : relation inverse entre activité mimique et activité physiologique = modèle énergétique
où émotion = forme d’énergie qui obéit aux règles de conservation d’énergie. Quand il y a activation importante
d’une émotion, c’est au détriment d’une autre ; les paramètres physiologiques vont diminuer ou augmenter selon la
mimique : équilibre entre les différentes énergies. Ex : sujets qui répriment leur colère mais qui du coup deviennent
tout rouge, commencent à suer… Dans ce cas, quand l’émotion s’exprime par musculature faciale, la réactivité
physiologique diminue. A l’inverse, si l’expression faciale est bloquée (par les mécanismes de défense…), il y aura
une augmentation des activités physiques. On observe de ce fait un décalage entre le physiologique et l’expression
des émotions : le sujet peut ressentir une émotion moins intensément que ce qu’il n’y parait.
Variations individuelles
Cf. le sexe des émotions, Braconnier : synthèse des travaux sur les différences individuelles
H/F diffèrent moins par la nature du ressenti émotionnel que par son expression : les H/F ressentiraient les
émotions de façon identique mais les exprimeraient différemment.
Deux fois plus de femmes que d’hommes qui expriment leur anxiété ;
Trois fois plus d’hommes expriment leur colère ;
Différences précoces chez les bébés : les bébés filles sourient et vocalisent avant et plus que les garçons.
Cependant, on privilégierait plus souvent le mode relationnel et affectif avec les bébés filles.
Le sens commun dit que les femmes seraient plus émotives mais elles les exprimeraient simplement plus
facilement et percevraient davantage ce que l’autre ressent. Plutôt qu’émotives, les femmes communiquent mieux
leurs émotions. Les femmes parlent plus de ce qu’elles ressentent et les hommes de ce qu’ils font (action).
On n’observe pas de variations individuelles H/F concernant les émotions positives. A l’inverse, on en
retrouve au niveau des émotions négatives, ce qui peut entrainer des incompréhensions. Par exemple lorsque les
femmes sont en colère, elles peuvent se mettent à pleurer tandis que les hommes crient. Les femmes pleurent plus
facilement dans d’autres situations qu’uniquement dans des situations de tristesse (quand contentes, émues…).
Exemple de Braconnier : une femme rêve d’un voyage aux tropiques ; son mari propose de l’emmener en
voyage, elle est contente mais pas tant que ça, finalement il organise un voyage avec des amis à Los Angeles (peu de
temps en couple). Elle rentre frustrée mais n’a rien dit, le mari se rend compte qu’elle n’est pas satisfaite et ne
comprend pas car elle a eu son voyage. Parler aurait clarifié les choses mais la femme ne l’a pas fait.
Modèles de personnalité qui influent aussi sur les variations individuelles : concept d’arousal ; chaque sujet a
besoin d’avoir un niveau optimum de stimulation ; recherche de sensations. Ex : fuir ou aimer la monotonie, avoir
besoin de silence ou de bruit pour travailler… module l’expression et le ressenti émotionnel des sujets.
Dit que 3 composantes ne suffisent pas à expliquer les émotions mais 5 composantes :
1. Evaluation du stimulus (selon les cognitivistes : traitement cognitif de la situation précédant l’émotion) ;
2. Modifications biologiques et physiologiques ;
3. Modifications expressives et comportementales ;
4. Tendance à l’action : l’émotion nous prépare à agir ;
5. Expression subjective.
Scherer cherche une définition de la fonction de l’émotion : mécanisme qui permet une bonne adaptation
du comportement du sujet à des stimulations externes ou/et internes. Selon lui :
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Comme vu précédemment, Plutchik décrivait 7 émotions primaires. Théories de l’évaluation = des émotions
sont produites et sont différenciées par une évaluation cognitive.
Selon Scherer, l’évaluation cognitive de la situation repose sur 5 grands critères (Cf. tableau ci-dessous) :
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Pour certains : identification des émotions à partir des modifications physiologiques : augmentation du
rythme cardiaque, réponse électrodermale, température corporelle, rétrécissement des pupilles.
= pattern physiologique propre à certaines émotions, mais pas de configuration typique et spécifique des
paramètres physiologiques propre à chaque émotion.
Variations interindividuelles à prendre en compte.
Ce débat est encore actuel : l’imagerie ne vient pas déterminer quelle est la cause et quel est l’effet dans le
couple évaluation/émotion (se mesure en microsecondes…).
Ils ont construit l’échelle de conscience émotionnelle : scénarios basiques et scénarios plus complexes
(conflits…), comment le sujet pense qu’il réagirait dans cette situation (peut concerner le sujet mais aussi autrui - « si
vous voyez quelqu’un dans la même situation »). Cotation pour voir à quel niveau de conscience émotionnelle sont
les sujets. Outil développé suite aux travaux sur l’alexithymie.
L’identification des émotions d’autrui est aussi indispensable que l’identification de ses propres émotions. En
effet, les émotions :
Des études montrent que le regard vient accentuer l’intensité de l’émotion mais peu sa nature.
Evidemment un peu des deux. Dès que dans l’environnement la stimulation est pertinente : déclenchement
d’une séquence routinière… Ce sont des processus qui, par l’apprentissage, deviennent automatiques :
l’environnement devient plus prévisibles, rapidité de réaction. La difficulté des réactions de type réflexe est qu’elle
sera très difficile à inhiber, moduler. Continuum entre les deux processus.
Neuro-imagerie
Accès à des zones du cerveau ; observation du fonctionnement cérébral selon les émotions ;
Emotions = réseau fonctionnel impliquant plusieurs régions qui diffèrent selon la tâche émotionnelle ;
Régions classiques : amygdale, hypothalamus et cortex cingulaire
Autres zones cérébrales qui peuvent être impliquées : cortex préfrontal, orbito-frontal, somato-sensoriel,
temporal et ganglions de la base.
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Amygdale :
Détecte les menaces potentielles ;
Rôle surtout dans les émotions négatives (peur, colère), moins pour les positives ;
Agit au niveau pré attentionnel pour permettre des réactions rapides ;
Analyse des informations qui seront mémorisées ;
Coder l’association entre l’apparence du stimulus et la réponse affective pour les réactions ultérieures.
Ganglions de la base = noyaux gris centraux : activés pour les réponses positives et qui se répètent. Ils
encodent lentement des séquences comportementales qui ont été récompensées.
Cortex Orbito-frontal : associe les sensations émotionnelles (automatiques et implicites). Mémorise cette
relation qui sera réactivée ; participe aux processus de décision.
Emotions facilitent les processus de décisions dans un système d’anticipation des expériences émotionnelles.
Cortex cingulaire antérieur : intervient dans les tâches de conscience émotionnelle : quand le sujet parle de
ses émotions ou quand il y a une représentation des émotions chez autrui. Détermine s’il est nécessaire de
chercher à donner du sens ou à contrôler les réponses émotionnelles.
Ce qui détermine l’adaptation du sujet n’est pas tant l’émotion en tant que telle mais ce que l’individu en fait
(ou pas) : interprétation du sujet. Le sujet doit être capable d’identifier les émotions, d’en extraire une valeur
informative mais aussi de les réguler. Le concept de compétences émotionnelles découle du concept d’intelligence
émotionnelle.
L’intelligence émotionnelle => « les capacités à identifier, comprendre, gérer et utiliser ses émotions et celles
d’autrui sont au moins aussi importantes pour la réussite que les capacités dites cognitives ou intellectuelles. »
Goleman se positionne contre cet ouvrage et explique que l’intelligence émotionnelle est aussi importante
que le QI dans la prédiction du succès professionnel et personnel et peut être apprise.
Paradoxe dû à la terminologie : l’intelligence réfère à la raison tandis que l’émotion réfère à la passion ->
basculement sur la notion de compétences émotionnelles : les individus diffèrent dans la manière dont ils
identifient, comprennent, expriment (en fonction des codes sociaux), régulent et utilisent leurs émotions et celles
d’autrui.
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MSCEIT
Mayer Salovey Caruso Emotional Intelligence Test (Mayer et al., 2002): 141 items qui mesurent des niveaux
de connaissance et des habiletés. Question à choix multiples et question échelle de Likert 5 points. 30-45 minutes.
Ce test identifie 4 dimensions : perception des émotions / utilisation des émotions pour faciliter la pensée /
compréhension des émotions / régulation des émotions.
TMMS
Trait Meta Mood Scale (Salovey et al, 1995) : 30 items qui mesurent du niveau trait auto-rapportée. Echelle
Likert 5 points. 10 min. Cette échelle identifie 3 dimensions : Attention portée aux sentiments / Clarté dans la
discrimination de sentiments / Régulation de l’humeur.
SREIT
Self report Emotional Intelligence Test (Schutte et al., 1998) : 33 items qui mesurent du niveau trait auto-
rapportée. Echelle Likert 5 points. 10 min. Ce test identifie 3 dimensions : évaluation et expression des émotions /
Régulation des émotions / Utilisation des émotions.
TEIQue
Trait Emotional Intelligence Questionnaire (Petrides et al, 2003) : 153 items qui mesurent du niveau trait
auto-rapportée. Echelle Likert 7 points. 30 min. Ce questionnaire identifie 4 dimensions : Bien être / Contrôle de soi /
Emotionalité / Sociabilité.
Il a été reproché à ces outils (sauf MSCEIT) d’évaluer trop peu de dimensions en lien avec les capacités
émotionnelles et d’être trop corrélés aux traits de personnalité : nouvel outil pour palier à cela : PEC.
PEC
Les scores globaux de compétences émotionnelles sont souvent supérieur chez les femmes mais :
Identifier et exprimer les émotions > femmes
Réguler les émotions face au stress > hommes
Corrélation faible avec l’âge, mais surtout la régulation émotionnelle augmente avec l’âge : meilleure
capacité à gérer leurs émotions avec l’âge.
Des compétences émotionnelles élevées sont associées à une réussite professionnelle plus importante ; mais
plus prégnant si elle concerne des activités de service (clientèle, patientèle…). Une étude montre que les
infirmières aux compétences émotionnelles élevées sont plus respectueuses des patients et des consignes ;
ce qui implique donc un meilleur soin.
Les compétences émotionnelles sont plus faibles si l’individu est sans emploi (mais souvent lié à une
dévalorisation de soi, question de circularité).
Les compétences émotionnelles contribuent à l’adaptation et l’intégration sociale de l’individu.
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Des compétences émotionnelles élevées sont associées à un risque moins important de développer
dépression, anxiété, TOC, burnout… ;
Elles sont également corrélées à une moindre consommation d’alcool, de cannabis, de drogues, de
cigarettes… (qui sont des régulateurs émotionnels, plus les compétences émotionnelles sont élevées, moins
le sujet a besoin d’agents extérieurs) ;
Mais causalité circulaire : un bas niveau de compétences émotionnelles favorise les troubles psychiques ou
physiques ; ces troubles rétroagissent sur les compétences émotionnelles à leur tour : humeur instable : la
régulation émotionnelle est donc plus difficile.
Expérience de Louvain : Formation de 3 jours pour améliorer les compétences émotionnelles, puis suivi par
internet pendant un mois. Formation centrée sur la capacité à identifier, comprendre, exprimer, réguler et utiliser
ses émotions : ils ont montré une amélioration des compétences émotionnelles après les 3 jours de formation, et ce
jusqu’à 1 an après ; les sujets trouvaient un réel bénéfice à avoir fait cette formation.
Contrepartie ? Finalement est-ce qu’il ne pourrait pas y avoir un effet dangereux avec des sujets qui
utiliseraient ces compétences à mauvais escient (pervers de la contrepartie de la compétence émotionnelle. Etude
chez les psychopathes et les sujets machiavéliques… ils pourraient y avoir des sujets qui utilisent à mauvais escient
leurs compétences émotionnelles mais finalement ce n’était pas spécialement corrélé avec le niveau de compétence
émotionnel. Comme dans tout domaine, il y a toujours des sujets qui pourraient manipuler autrui… notamment les
sujets plus vulnérables…
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LA REGULATION EMOTIONNELLE
Dans la vie quotidienne, on est contraint de réguler ses émotions. Quand faut-il les réguler ? Quels sont les
moyens de régulation ? Pourquoi est-ce important ?
Les émotions facilitent l’adaptation, colorent l’existence. Certaines émotions sont à réguler quand elles
deviennent perturbatrices ou sont inadaptées, inappropriées au contexte, en désaccord avec notre plan d’action.
Certaines pourraient être des émotions qui nuisent :
La régulation émotionnelle porte sur des émotions négatives ET positives. Le but est de faire diminuer toutes
les émotions négatives ou positives à court terme pour avoir des objectifs à long terme : augmenter le bien-être
physique et mental des sujets.
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Ce que l’on rencontre le plus fréquemment est la diminution des émotions négatives et ensuite le maintien
ou l’augmentation des émotions positives.
Régulation qui se fait de manière automatique inconsciente. Peut se faire aussi de manière contrôlée ou
consciente. Puis les choses s’automatisent petit à petit et rend la vie plus facile, demande moins d’effort cognitif
(moins couteux) et plus rapide. En contrebalancement, il est plus difficile d’inhiber ce comportement pour faire
autre chose (quand la réaction émotionnelle automatique est inadaptée). Ex : ne pas se mettre en colère
systématiquement quand on nous fait un reproche.
Les travaux montrent que les capacités de régulation émotionnelles ont des conséquences dans 5 domaines
de la vie :
Les relations sociales : quand il y a moins de capacités de régulation, les sujets ont moins d’amis, ont plus de
conflits avec les autres et des relations conjugales de moins bonne qualité ;
Les performances académiques ou professionnelles : réussissent moins bien leur vie académique, moins de
réussite professionnelle (de qualité, de bien-être professionnel et conserve moins facilement leur emploi).
Ex : les étudiants qui n’arrivent pas à réguler leur anxiété vont passer du temps à ruminer ou procrastiner.
Dans les milieux professionnels, pour tous les gens qui ont affaire à des emplois dans le service, il y aura plus
de risque de se retrouver au chômage et plus de difficulté à se faire embaucher.
Bien-être et troubles psychologiques : sujets qui se dépriment plus facilement, troubles anxieux notamment
phobies, développement burnout.
La santé physique : facteur de risque plus élevé de développer des troubles comme l’asthme, le diabète, les
troubles cardiovasculaires, des maladies intestinales et certaines formes de cancer…
Contrepartie biologique des émotions : la colère entraine l’augmentation du rythme cardiaque, la crispation
des muscles, l’activation du système nerveux, l’activation de la libération de certaines hormones et les
réactions immunitaires sont temporairement amoindries (ce qui est valable aussi pour la peur). Ces sujets
deviennent plus vulnérables aux maladies. La production de cortisol lorsque les individus sont en colère va
être nécessaire et productive mais va entrainer des dérèglements de la glycémie, des troubles intestinaux,
une baisse de libido et une baisse de l’immunité si cette production est quotidienne.
Gestion des ressources matérielles et financières : les gens qui travaillent en bourse ou dans les banques ne
réagiront pas de la même manière lors d’une perte d’argent. Le sentiment positif qui suit un gain est
inférieur au sentiment négatif qui suit une perte. Les investisseurs ont donc tendance à maximiser les gains
et minimiser les pertes. Effet d’habitude : explique pourquoi les investisseurs garderaient trop longtemps
des actions qui s’écroulent et vendraient trop vite des actions qui augmentent : théorie appliquée à la fierté
et au regret : recherche de la fierté et évite les regrets, ce qui influence les sujets.
Différences individuelles
Des travaux génétiques mettent en évidence des gènes impliqués dans la régulation émotionnelle.
Facteurs environnementaux sur les liens d’attachement : les enfants avec un lien d’attachement secure
éprouvent moins d’émotions négatives et les ressentent de manière moins intense que ceux à attachement
insecure. La régulation émotionnelle se fait donc plus facilement chez les enfants à attachement secure. Et si
les parents gèrent bien leur émotions, les enfants gèrent à leur tour mieux leurs émotions (par observation
et imitation).
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Notion des traumatismes précoces : y être exposé est un facteur de vulnérabilité par rapport à des
événements extérieurs. Enfants fragilisés qui ont plus de difficulté à gérer leurs émotions, retentissement
sur la maturation cérébrale.
Dépression maternelle + stress chronique chez une mère, notamment pendant la grossesse, rend l’enfant
plus vulnérable.
Interaction facteur génétique et environnementaux va donner lieu à une vulnérabilité chez l’enfant.
Des travaux ont montré que des sujets qui régulent bien leurs émotions ont le cortex préfrontal gauche plus
activé que le droit, même au repos. Ces hémisphères correspondraient à des systèmes fondamentaux qui sous-
tendent des registres émotionnels différents : gauche pour fierté, régulation des émotions positives ; droit pour
retrait de simulation aversive. On a donc une meilleure régulation émotionnelle quand le gauche est plus activé.
Ces facteurs influencent la capacité du sujet à réguler les émotions. Le cortex préfrontal interagit mais
également l’amygdale. Par exemple, la peur d’un sujet pour une performance : l’amygdale envoie une information
pertinente -> sujet en état d’alerte -> cortex préfrontal permet de diminuer ou d’atténuer l’émotion de peur. Lors de
ce monologue intérieur du sujet : activation du cortex préfrontal qui va diminuer l’action de l’amygdale et calmer le
sujet.
L’anticipation : ne pas monter un projet avec des personnes conflictuelles qui suscitent des émotions
négatives chez nous ; cette stratégie sera dysfonctionnelle quand les sujets ne prennent pas en compte leur émotion
au moment de prendre une décision comme celle-ci… Mauvaise anticipation :
Biais d’impact : le sujet surestime la durée et l’intensité des émotions ; ex : rester avec un conjoint avec
lequel ça se passe mal car on pense que la rupture serait pire que ce qu’elle ne serait.
Biais de projection : le sujet a tendance à mélanger l’état physiologique au moment de prendre la décision
avec l’état physiologique qu’il pense qu’il aurait après la survenue de l’émotion (ex : faire les courses
alimentaires quand on a faim ou quand on vient de manger).
Biais de mémoire : souvenir d’émotions désagréables qui influencent le comportement qu’on va avoir. Ex :
plonger la main dans de l’eau glacée 60 sec + 30 sec dans l’eau froide plutôt que juste 60 sec dans l’eau
glacée.
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Les sujets devraient choisir les choses positives dans le long terme : parfois mauvais à court terme mais
mieux sur le long terme ; alors qu’on a souvent tendance à privilégier ce qu’il se passe dans le court-terme :
l’impulsivité va alors parasiter les choix du sujets. Désir parfois d’être rationnel alors que ça peut avoir un biais sur
les résultats dans le long terme. Dans l’idéal il faudrait peser le pour et le contre à long terme et non à court terme.
Evitement de la situation : pas au niveau de l’évaluation de la situation en tant que telle mais la perception
que le sujet en a. Ex : examen ou expérience de sensation forte… Le sujet peut changer la perception qu’il a de la
situation ou changer les ressources dont il dispose pour affronter la situation. La régulation va l’aider dans les
mêmes expériences à venir : passe en automatique. Ex : moines bouddhistes qui anticipent les situations qui arrivent
pour prendre du recul et les accepter. Mais l’automatisation peut aussi donner lieu à des évaluations non bénéfiques.
La confrontation à la situation évitable : s’engager dans une relation avec quelqu’un qu’on sait colérique,
violent… ; où l’on sait qu’à long terme ça ne va pas bien se passer.
Evitement de situations difficiles à court terme mais bénéfiques à long terme. Ex : arachnophobie : sujet ne
veut jamais aller à la cave parce qu’il pourrait être confronté à sa phobie…
La procrastination : remettre à plus tard des choses qu’on pourrait faire maintenant. On le fait pour des
choses qui nous ennuie, en situation d’anxiété trop importante ou quand on peut faire des choses plus agréables.
Mais il y a toujours plus agréables à faire donc on est encore plus stressé en plus. Des travaux montrent une relation
au travail complexe : dans la majorité des cas, la procrastination donne lieu à un travail de moins bonne qualité mais
pour certains individus, ils ont besoin de reporter à la dernière minute pour rendre un travail de bonne qualité.
3 situations
Situation imprévue
Situation inévitable : notamment parce que les bénéfices à long terme sont positifs ;
Situation à réaction conditionnée, résultat d’un apprentissage : par transmission orale « fais attention il y a
des serpents dans ce pays » ; par observation (agression par quelqu’un en vert) ; par expérience personnelle
(s’être blessé avec un outil… ; avoir été agacé plusieurs fois par quelqu’un et ensuite dès qu’on entend la
voix ça agace alors qu’il ne fait plus rien de mal).
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Réorientation de l’attention : si on est focalisé sur une situation négative, on ne voit que le négatif ; il faut
casser la spirale et voir ce qu’il y a parallèlement (il y a aussi des aspects positifs) sinon le sujet aura tendance à
ruminer. Voir d’autres choses que les aspects négatifs :
Distraction interne : penser à autre chose, imaginer un bon souvenir ou imaginer quelque chose qui va se
passer dans le futur.
Distraction externe : faire autre chose.
Oblige le sujet à se tourner vers d’autres émotions. Débat qui dit qu’il vaudrait peut-être mieux affronter les
problèmes – 2 avis : distraction bénéfique et délétère. Des travaux montrent que lorsque l’on cherche à enlever un
effet négatif, il y a un effet rebond ; mais d’autres travaux montrent que ce n’est le cas que pour les sujets qui
présentent des troubles psychopathologiques (ex : sujets déprimés). Se distraire peut aussi servir à prendre de la
distance par rapport aux événements négatifs pour mieux les gérer ensuite ; cela permet aussi un répit des émotions
négatives.
La distraction est efficace quand les difficultés sont mineures ou que le sujet ne peut absolument pas gérer
les problèmes (ex : sujet anxieux avant une présentation alors qu’il a répété 10 fois). Des travaux montrent que pour
des événements qui provoquent une émotion intense et qui nécessitent de s’investir, il vaut mieux parfois se
distraire à un moment. En revanche la distraction est délétère quand le sujet est uniquement dans la distraction : les
choses ne s’améliorent pas dans le long terme.
A ne pas confondre avec le déni qui n’est pas la distraction (qui elle correspond à prendre de la distance,
différer le moment où on va s’occuper du problème), il s’agit de refuser l’existence même du problème, sa gravité et
ses conséquences.
Réévaluation de la situation : effort cognitif important, se fait petit à petit plus facilement ; ou examiner ses
croyances pour essayer de voir si un biais cognitif n’est pas intervenu dans l’examen de la situation (ex :
mauvaise interprétation d’un mail), décentration de la pensée mais demande un effort cognitif...
Distorsion cognitive : le tout ou rien (pensée dichotomique) ; la surgénéralisation ; le filtre mental (se centrer
sur un détail négatif et s’y attarder) ; rejeter le positif et se focaliser sur le négatif ; tirer des conclusions
hâtives ; biais de catastrophisation ou de minimisation ; raisonnement à partir de ses émotions (tout le
monde pense comme eux, qu’ils sont nuls etc.) ; la personnalisation (responsable de ses échecs et réussite
due au hasard)
Si on n’a pas réussi à réévaluer la situation, on réévalue les choses : on essaie de voir les bénéfices à long
terme.
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EMOT CM
L’acceptation des choses qu’on ne peut pas changer, modifier. Notamment les situations incontrôlables :
traumatismes, maladies, perte d’un proche… la réévaluation positive n’est plus possible. La meilleure
solution sera l’acceptation. Accepter ne veut pas dire adhérer, ni se rendre complice, cela veut juste dire
arrêter de se blâmer ou de blâmer quelqu’un d’autre ou de culpabiliser, de se battre dans le vide. Processus
cognitif qui se fait progressivement. Ce n’est pas l’impuissance acquise, l’acceptation est un processus actif :
on accueille l’événement, avec les émotions qui en découlent, savoir que la période est difficile à passer mais
que dans le futur les choses peuvent s’améliorer : accepter les émotions que ça procure, lâcher prise pour
pouvoir aller de l’avant. Les sujets qui peuvent accepter vont mieux sur le plan physique et psychique. La
mindfulness se base beaucoup sur cette acceptation. Thérapie où on accompagne le patient dans
l’acceptation de son état.
Expression des émotions : Raconter ce qu’on vient de vivre, que les émotions soit négatives ou positives.
Prolongent les émotions positives et diminuent les émotions négatives.
Partage social : partager avec autrui, quand la personne n’est pas à l’origine de l’émotion ressentie.
Selon Rimé, ce n’est pas l’effet cathartique qui est bénéfique dans le partage social mais les effets indirects
que le partage social ont sur l’individu : restaure un sentiment d’appartenance à un groupe social, un réseau
social, etc. Permet d’obtenir de la chaleur, de l’affection, de la tendresse, de la compréhension d’autrui.
C’est une valorisation car l’autre reconnait qu’on a vécu quelque chose d’important, notion d’estime. Aide à
la réévaluation cognitive et aide à la distraction. Il faut bien sur choisir son interlocuteur.
L’expression clarificatrice : quand la personne est à l’origine de l’émotion. Discuter avec la personne. Pouvoir
dire à la personne que ce qui a été dit a blessé. Ne résout pas toujours le problème mais augmente la
probabilité qu’il le soit. Mais il faut que ce soit dit avec diplomatie et au bon moment. Parfois ça vaut la
peine d’attendre. Souvent c’est bénéfique de pouvoir le dire.
Techniques physio-relaxantes : agir sur le corps en apaisant le côté physiologique de l’émotion (induire un
relâchement musculaire, réduire le rythme cardiaque…) ; ne va pas supprimer les pensées négatives mais va faciliter
leur appréhension et permet de retrouver une énergie nécessaire.
La régulation est plus efficace si elle intervient tôt après l’émotion, importance d’utiliser plusieurs stratégies.
Ex : colère : la réguler au plus vite pour enrailler le processus de violence.
L’impuissance acquise : souvent chez les sujets déprimés ; vulnérabilité pour la dépression.
La rumination peut être fonctionnelle à court terme quand elle est orientée vers l’action mais quand elle est
faite de façon passive elle devient dysfonctionnelle et délétère. Elle favorise le risque de dépression et augmente la
durée et le nombre d’EDM. Le déni est délétère sur le long terme car il empêche de voir la gravité des événements.
Parfois adaptatif sur le court terme pour permettre de mobiliser ensuite une adaptation positive.
Catastrophisation : voir tout en noir, rien de positif ne peut sortir. Recherche de bouc émissaire : blâmer un
tiers, reporter sur ses proches la responsabilité et les échecs.
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EMOT CM
Retrait social : évitement social (honte, tristesse, culpabilité) ; peut être fonctionnel dans un premier temps
pour prendre du recul mais conduit à la rumination sur le long terme. Suppression des émotions : masquer ses
émotions (toujours pareil, délétère sur le long terme car on ressent quand même). De plus généralement, autrui
n’est pas dupe si on cache ses émotions ou qu’on feinte une émotion. Mieux vaut les exprimer que les masquer ou
les feindre car délétère sur le long terme. Expression inadéquate : choisir le bon moment pour montrer ses
émotions, choisir ses interlocuteurs… Agression verbale : souvent en réponse à de la culpabilité, de la honte ou de la
colère. Emotion inappropriée… peut soulager mais en général ne fait qu’augmenter les soucis interpersonnels et
même s’il y a une impression de décharge, ça ne fait qu’augmenter les manifestations physiologiques.
Abus d’alcool, anxiolytiques : occasionnellement peut être adapté. Si la stratégie est adoptée régulièrement,
beaucoup plus délétère, entraine une dépendance. Ne modifie en rien les pensées du sujet et le fonctionnement
cognitif du sujet.
HUMEUR ET EMOTION
Définition des mots « humeur » et « thymie ». Excès de bile noire : va vers la mélancolie, rend un individu
taciturne hébété dans l’antiquité ; modification des états thymiques. De « Thymie » a dérivé :
La dysthymie : état de dépression chronique et modérée qui évolue dans le temps ; dans le DSM5 on parle
de troubles dépressifs persistants.
L’athymie : sur un versant dépressif émotionnellement déficitaire ; sujets qui expriment peu d’émotions ;
absence de tout envie d’être, désespoir, souvent accompagné d’idées de mort.
L’euthymie.
Delay (Les dérèglements de l’humeur, 1946) dit que c’est une notion difficile à entendre mais facile à définir.
« L’humeur est l’ensemble des dispositions affectives et instinctives qui déterminent la tonalité fondamentale de
l’activité psychique capable d’osciller entre les deux pôles de l’euphorie extensive et de la dépression douloureuse. »
C’est intéressant de voir l’intérêt qu’il a porté à l’humeur et en a montré le rôle essentiel qu’elle joue dans les
pathologies.
L’humeur n’a pas besoin d’un déclenchement, d’un stimulus pour la provoquer contrairement à l’émotion.
La notion de réaction de réactivité est moins importante. Quand un événement provoque une humeur, on n’a pas
besoin que l’événement soit toujours présent pour provoquer l’humeur ensuite. L’humeur est plus durable. Mais le
seul critère de durée et d’intensité ne suffit pas à la distinction entre humeur et émotion.
Hypothymie VS hyperthymie
Selon Delay, l’affect de l’hypothymie dans la schizophrénie : anesthésie affective : avec anhédonie,
émoussement affectif, retrait social, apathie. Lorsque les patients évoluent vers un état déficitaire, ils vont vers
l’hypothymie. Selon lui, l’hypothymie serait propre à la schizophrénie (contrairement à d’autres auteurs qui
considèrerait l’hypothymie également dans la dépression).
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EMOT CM
L’hypothymie serait quelque chose qui se placerait dans le temps, une inhibition de l’humeur (contrairement
à la dépression avec anhédonie qui serait plutôt temporaire).
Hyperthymie : exagération de l’humeur, humeur expansive que ce soit sur un versant positif ou négatif. Une
hyperthymie douloureuse est celle qu’on rencontre davantage dans la dépression ; hyperhumeur dépressive qui
vient inhiber l’activité du déprimé, et à partir de là découlerait la dépression. Etat fort de l’humeur : hyperthymie,
triste douloureuse rencontré chez le patient mélancolique et déprimé / et euphorie expansive du patient maniaque.
Aujourd’hui en parlant d’hyperthymie, on fait plutôt référence à des patients maniaques avec humeur positive.
D’autres auteurs avaient parlé de personnalité hyperthymique dans le versant positif également.
Le dysthymique (mélancolique)
L’hyperthymique (sanguin)
Le cyclothymique (colérique)
Le timide-inhibé (flegmatique)
L’irritable.
Selon Akiskal, ces tempéraments seraient inhérents à l’individu et prédisposeraient les sujets à développer
des troubles de l’humeur. Le tempérament hyperthymique pourrait protéger les sujets de la dépression pendant un
certain temps ; mais ils pourraient déclencher un EDM plus tard quand même.
Avant on disait que la dépression était une tristesse pathologique. Kraepelin disait que la tristesse des
déprimés était une tristesse particulière. En même temps le seul critère de la tristesse ne suffit pas à définir une
dépression (certains peuvent ne pas être tristes…).
Une étude (1987) propose des listes d’adjectifs à des sujets déprimés (EDM), à des sujets hospitalisés pour
problèmes somatiques et à des sujets suivis pour autres troubles psychiatriques (anxieux, schizophrénie, addiction).
Il leur est demandé de choisir les adjectifs qui correspondraient le plus à la tristesse selon eux. 40 adjectifs.
Les adjectifs choisis permettaient de distinguer le groupe des déprimés des deux autres groupes. Pour les
déprimés, les adjectifs cochés le plus fréquemment : fatigante, interne, incontrôlable, permanente, durable, sans
espoir, inexplicable, lâche et rare. Pour les autres, tristesse « normale » : calme, externe, contrôlable, variable,
brève, espoir, explicable, vaillante, courageuse. Pour ces auteurs, l’utilisation de ces adjectifs pourrait aider à
diagnostiquer une dépression.
Dans une dépression légère et modérée, comment arrive-t-on à identifier une tristesse normale et une
pathologique ? Toujours d’actualité. C’est pour cela qu’au-delà de la tristesse, d’autres critères doivent être présents
pour parler de dépression.
Certains auteurs ont proposé de tenir compte du rapport à autrui en proposant que dans la tristesse
normale, le sujet est triste par rapport à autrui alors que dans une dépression avérée, le rapport à autrui est
perturbé, dans une dépression mélancolique, autrui n’existe plus en tant que personne, il y a un désintérêt, une
desaffectisation pour les autres. Il y a une notion que la tristesse touche essentiellement la vie psychique de
l’individu alors que dans la dépression avérée, le corps est altéré. Si on ne fait qu’observer le patient, on le voit dans
sa gestuel, son comportement…
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Cette échelle permet au-delà de la seule tristesse et du seul EDM d’aller affiner ce qui se passe en tant
qu’humeur dépressive. Jouvent a identifié 5 composantes :
Anhédonie
Irritabilité
Expressivité émotionnelle : hypoexpressivité à hyperexpressivité sur un continuum
Tristesse
Hyperesthésie
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L’ANHEDONIE
Des auteurs considèrent que 1/3 des sujets schizophrènes seraient anhédoniques, notamment sur le plan
physique.
2ème champ d’étude : la dépression dans laquelle l’anhédonie acquiert un statut central :
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EMOT CM
Aujourd’hui, l’anhédonie est un des symptômes qui est souvent corrélé à la sévérité de la dépression, facteur
de risque pour les conduites et idées suicidaires ; symptôme qui souvent persiste.
En général l’anhédonie dans la dépression s’accompagne d’un manque d’expressivité des émotions positives
(hypoexpressivité) ; plus de difficulté à se souvenir de choses agréables. Paradoxe : sujets qui décrivent une
indifférence émotionnelle/affective mais qui en souffrent. La prise de conscience de cette indifférence entraine une
plus grande souffrance, une plus grande humeur triste. Si on demande à un sujet déprimé de raconter un événement
émouvant, il va raconter quelque chose de négatif contrairement à un individu sain qui racontera une expérience
positive (mariage, naissance).
Certains sujets ont un abrasement total des affects et ne souffrent plus de ne rien ressentir mais c’est un très
faible % de déprimés.
L’anhédonie est un symptôme parmi d’autre ; on considère que c’est un facteur de risque ou de vulnérabilité
pour développer des pathologies en lien avec la schizophrénie et avec la dépression. L’idée serait de parler de
« l’anhédonieS » au pluriel.
Des travaux ont montré que les sujets sains anhédoniques sont des sujets moins bons en compétences
sociales, des sujets plus isolés (plus en retrait socialement) mais pas en lien avec un déficit pour communiquer avec
les autres.
Etude avec Rorschach et anhédonie : réponses similaires à ceux de protocoles de patients schizophrènes.
Etude où l’anhédonie serait parfois liée à des symptômes anxieux, dysthymiques, troubles attentionnels…
peut donc être considérée comme un facteur de risque.
On distingue l’anhédonie physique de l’anhédonie sociale. Des travaux ont montré que l’anhédonie sociale
était en lien avec des personnalités schizotypiques ou schizoïde. D’autres travaux ont montré que l’anhédonie
sociale semblait être un meilleur prédicteur pour la personnalité schizotypique, mais également la dépression et les
troubles anxieux.
Loas : l’anhédonie est plus un état chronique permanent mais pas forcément un trait de personnalité.
Une anhédonie primaire qui serait plus un trait de personnalité et donc considérée comme un facteur de
risque.
Une anhédonie secondaire qui serait plutôt un état, quelque chose d’adaptatif (façon de moins ressentir les
choses, moins souffrir).
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EMOT CM
Consensus pour la considérer comme un trait de personnalité ou un état chronique. Elle va diminuer une fois
qu’ils sont guéris chez certains patients ; à l’inverse certains sujets chez lesquels il y a une persistance de
l’anhédonie. Des auteurs défendent qu’il faille distinguer l’anhédonie physique et sociale.
Annick Pierson : travaux sur l’anhédonie et les potentiels évoqués : montre que sujets sains anhédoniques
montraient une hyporéactivité physiologique lors de stimulation affective alors qu’ils présentaient une
hypervigilance dans d’autres stimulations non affectives. Pour un stimulus neutre, la fréquence cardiaque était plus
élevée chez les sujets anhédoniques que les sujets sains : phénomène d’habituation. Des sujets anhédoniques
naturellement hyperréactifs auraient tendance à mettre en place des mécanismes de protection contre l’excitation
qui induiraient un ressenti amoindri. Cette hyporéactivité représenterait finalement un MDD vis-à-vis des
stimulations. Ils ont distingué deux attitudes face aux stimulations :
Individus hypersensibles : hyperréactivité lors de réactions émotionnelles, souffriraient d’un trop plein
d’émotions ; l’anhédonie serait adaptative.
Individus avec un faible niveau de réactivité aux stimuli émotionnels, où l’anhédonie serait plutôt un trait ; et
ils seraient à la recherche de stimulations, de sensations. Certains sujets anhédoniques étaient des forts
chercheurs de sensations (l’anhédonie serait alors un trait, primaire).
Distinction anhédonie physique et anhédonie sociale : selon l’anhédonie que présente les sujets, facteur de
risque pour différentes pathologies…
Fonctionnement cognitif des sujets anhédoniques VS des sujets non anhédoniques : idée que les
dysfonctionnements renverraient à des altérations du fonctionnement attentionnel, en lien avec les processus
attentionnels. Patients anhédoniques : plus de difficulté dans les épreuves où gros effort cognitif soutenu demandé.
Les traitements automatiques ne semblent pas altérés.
Etude où distinction : Patients déprimés, émoussés ralentis VS Patients déprimés, irritabilité, expressivité.
Dans une tâche de Go/no Go : mesure électrophysiologique : montre que l’altération de la P300 seulement chez les
sujets émoussés, ralentis et d’autres pathologies (pas le cas pour l’autre groupe). Serait donc en lien avec
l’anhédonie. Anhédoniques perturbés quand effort cognitif à fournir ou répartition de l’attention : déficit cognitif et
attentionnel.
Travaux de Dudal : pas uniquement un déficit attentionnel mais une flexibilité mentale moins importante
chez les sujets anhédoniques qui aurait plus de difficultés à s’adapter : temps de réaction plus long mais plus
contrôlé, réalisent souvent avec moins d’erreurs que sujets sains qui sont dans l’impulsivité.
Sujets très anhédoniques chez lesquels les déficits sont plus marqués. Variation selon les sujets. Chez les
sujets schizophrènes et anhédoniques : on aurait des sous-groupes. Facteur de risque suicidaire dans la dépression.
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Evaluation de l’anhédonie
Entretiens + hétéroquestionnaires :
Echelle d’humeur dépressive – EHD : partie que l’on côte selon ce qu’on demande aux patients et ce que l’on
perçoit chez le patient
Autoquestionnaires :
o Anhédonie physique : 60 items, vrai/faux (Laos et al. 1993)
o Anhédonie sociale : 40 items vrai/faux (Kosmadakis, Bungener, Jouvent, Widlöcher, 1995)
Etude où le sujet est mis direct en situation : test d’hédonie visuelle : images plaisantes et évaluer le plaisir
ressenti. Montre que les sujets anhédoniques jugent moins plaisantes les images que les sujets contrôle (fréquence
cardiaque augmentait moins). L’auteur a sélectionné des images positives sur différents thèmes, et exploré soit un
plaisir physique, soit un plaisir social.
Résultats :
45 images côtés grand plaisir : test où le sujet devait dire ce qu’il ressentait. Au bout d’un moment les sujets
sont sensibles à la monotonie des images : répondent plus rapidement et côte moins bien. L’effet de monotonie
apparait moins rapidement chez les sujets anhédoniques.
On peut identifier des processus cognitifs distincts chez les sujets anhédoniques ou non même chez ceux qui
ne présentent pas de pathologies psychiatriques. Donc l’anhédonie serait un facteur de risque pour développer
certains troubles (notamment attentionnel…).
L’ALEXITHYMIE
Lien avec la pensée opératoire décrite par Marty et M’Uzan (1963). Concept issu des observations cliniques
de patients atteints de maladies somatiques (principalement serre gastrique et polyarthrite rhumatoïde) -> patients
avec certaines caractérisations :
Avant on considérait l’alexithymie comme une défense psychologique mais des auteurs ont remarqué que
c’était stable. Ils ont décrit le fonctionnement psychique de ces patients chez lesquels il y a une réduction de pensée
symbolique, pensée plutôt focalisée sur des faits concrets type opératoire. Ce sont des patients qui rêvent peu, ont
peu de fantasme.
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EMOT CM
John Nemiah et Peter Sifneos ont proposé un nouveau terme en 1972 : « alexithymie » - pas de mots pour
décrire les émotions. Tout le débat était de savoir à quel niveau on se situe : verbalisation, expression ou ressenti
des émotions. Au départ les auteurs ont dit que c’était l’expression verbale et le ressenti mais finalement c’est plus
que ça.
« Pseudo » normalité de ces patients qui distinguent difficilement les émotions entre elles, ils sont dans la
description de leurs symptômes physiques, peine à accéder à leur fonctionnement psychique. Sujet qui ont peu de
capacité d’insight, peu de créativité, ont des décharges émotionnelles intempestives mal contrôlés, ont de la peine à
comprendre les sentiments des autres. Ils ont de la difficulté à décrire leur état émotionnel, comme si il ne
comprenait pas le sens du mot émotion ; et surtout l’incapacité à verbaliser ce qu’ils ressentent.
Dans les années 70/80, on considérait que ces patients pourraient avoir une émotion mais auraient du mal
du point du vue subjectif à distinguer leurs émotions. Comme certaines émotions sont physiologiquement proches,
ces patients auront du mal à les distinguer. Est-ce une non-reconnaissance des émotions ou une absence de la
compréhension de ces mots ? Le patient a-t-il du mal à verbaliser certaines émotions ou toutes ? Et peut-il les voir
chez les autres ?
Idée que c’est vraiment au niveau du traitement cognitif des émotions qu’apparaitrait un déficit.
Question de la stabilité : la primaire serait plus stable ? Il semble qu’il y ait une stabilité relative (Luminet et
al. 2001) et non absolu (niveau moyen d’alexithymie équivalent chez les différents sujets). Les travaux actuels
s’orientent vers une conception dimensionnelle.
Ce n’est pas une pathologie en tant que telle ou un type de personnalité. C’est une notion clinique qu’on
décrit chez les patients et que l’on considère comme facteur de vulnérabilité chez certains patients. Facteurs de
risque pour développement de différents troubles : troubles mentaux et troubles somatiques.
Dans la population générale : environ 10% de sujets alexithymiques (Mattila et al. 2006) ; 30 à 60% de
population de patients (Franz et al. 2008).
Pas de consensus au niveau du lien avec l’âge, le sexe… Bien que des études disent que les hommes seraient
plus alexithymiques que les femmes.
En revanche, la prévalence de sujets alexithymiques est plus importante chez les niveaux éducatifs et
socioculturels faibles.
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EMOT CM
Hypothèses étiologiques :
Vulnérabilité génétique ;
Développementale : attachement / acquisition et développement des émotions ;
Environnementales ;
Cognitives, neuronales, psychodynamiques…
Multifactoriel, concours de circonstances (comme souvent).
Beaucoup d’auteurs disent que dans le début du développement psychoaffectif du bébé, notamment lors
d’une situation difficile, traumatisante chez l’enfant, se met en place une protection pour ne pas ressentir
d’émotions négatives / lien aussi avec type d’attachement insecure.
Le fait d’être alexithymique est un facteur de moins bonne compliance au traitement : s’engage plus
difficilement dans un processus psychothérapeutique. Ce sont des patients qui ont tendance à s’inscrire dans la
chronicité (troubles anxieux…), moins de rémission des troubles.
Selon les théories, on parle d’un aspect adaptatif suite à des situations difficiles, conflictuelles… pour sortir
de la situation ou s’y adapter. D’autres auteurs disent que c’est un trait de personnalité.
Beaucoup d’études ont montré lien entre anhédonie et alexithymie. Mais problème de la TAS qui mesure un
peu d’items dépressifs (alors en lien avec l’anhédonie). Sifneos dit :
Un sujet anhédonique peut être ou pas alexithymique ;
Un sujet alexithymique est toujours anhédonique.
Aujourd’hui, les études ne sont pas toujours d’accord.
La dépression est plus liée à F1 (identification) et F2 (description) de la TAS. L’anxiété trait est en lien avec
l’alexithymie mais pas l’anxiété état. Avec le BVAQ on distingue l’alexithymie affective et cognitive.
Névrosisme : + alexithymique ;
Extraversion : - alexithymique ;
Ouverture : - alexithymique ;
Pas de relation avec la consciencieusité et l’agréabilité.
Montreuil et al. ont mis en évidence chez des patients atteints de SEP un test de saisie visuelle parallèle pour
modéliser l’alexithymie. Il a découvert, au niveau du corps calleux, une défaillance du transfert inter-hémisphérique
et un hyperfonctionnement de l’hémisphère gauche chez les patients alexithymiques. Double traitement de
l’information mais chez certains patients, un hémisphère domine plus que l’autre.
Test : 4 photos en noir et blanc : deux paysages et deux situations d’interaction sociale. Transparent sur ces
photos avec forme géométrique. On dit au patient de relier les triangles entre eux. Quand il a terminé, on récupère
le document et on demande au patient de dire ce qu’il a vu sur les images. Tout le monde voit au moins quelques
indices.
Résultats : Nombre maximum d’indices = 18 ; Population générale = +/- 14 indices ; Deux étapes : Rappel et
reconnaissance + Qualification affective. Les sujets alexithymiques se rappellent de beaucoup moins d’indices que
les sujets sains.
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EMOT CM
Test qui permet de distinguer les sujets qui sont alexithymiques de ceux qui ne le sont pas. Test validé chez
environ 700 étudiants avec taux de 6% d’alexithymiques. La corrélation entre alexithymie et ce test a été retrouvée
dans plusieurs études.
Etudes neurophysiologiques
Voir si cette dissociation entre la représentation cognitive de l’éprouvé émotionnel et la réalité émotionnelle
objectivée par le sujet peut se vérifier. Une étude sur des sujets sains montre que les sujets alexithymiques
qualifiaient de la même façon que les sujets contrôles les éléments plaisants et désagréables…
Distinction en termes d’intensité et de tonalité des émotions… La dissociation existe donc effectivement. Dans
ces travaux, les sujets alexithymiques ne semblaient pas être anhédoniques contrairement à ce qu’avançait Sifneos.
Modèle de Lane et Schwartz : niveaux de conscience émotionnelle : pour eux l’alexithymie correspondrait à
un déficit global de la conscience émotionnelle et pas uniquement de la verbalisation et/ou traitement de
l’information -> capacité d’un sujet de se représenter son propre éprouvé émotionnel et celui d’autrui.
Pour eux, l’organisation de ce processus cognitif obéirait à une distinction entre différentes étapes qui
résultent de la maturation cérébrale. La capacité à se représenter de manière conscience un éprouvé émotionnel
peut être évalué à travers la verbalisation qu’ont les sujets de leur ressenti.
Conscience des sensations corporelles associées à des émotions. Emotions décrites comme des sensations
physiques et perçues comme sensations corporelles indifférenciées : stade sensori-moteur réflexe.
Termes globaux, pas vraiment de référence aux émotions ; reconnait les tendances à l’action suscitées par les
émotions : stade sensori-moteur ;
Capacité à identifier et à nommer les émotions ; commence à les distinguer et à les décrire : stade préopératoire ;
Prend conscience d’émotions plus complexes : stade opératoire concret ;
Capacité à se représenter et à comprendre ses émotions et celles d’autrui : stade opératoire formel.
Echelle LEAS : Level of Emotional Awareness Scale – niveau de conscience émotionnel. 20 situations
émotionnelles –> codage avec 3 scores : patient lui-même, autrui et score global. Des études ont montré une
correspondance (négative) entre le niveau de conscience émotionnelle et le niveau d’alexithymie.
Alexithymie = équivalent émotionnel de cécité corticale : // avec certains patients aveugles qui dans
certaines tâches de poursuite oculaire montrent des performances préservées. Lane & Schwartz ont proposé
l’hypothèse de « blindfeel » : ces patients aurait une atteinte du cortex cingulaire antérieur qui conduirait à une
conscience appauvrie où les sujets n’auraient pas conscience des émotions qu’ils ressentent et expérimentent même
si il y a une activation par rapport à des stimuli émotionnels (altérations des processus cognitifs et physiologiques).
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EMOT CM
Les PEC ne vont pas fonctionner aussi bien avec des patients alexithymiques : il faut un aménagement
quelque soit le courant (dynamique ou TCC). Ce sont des sujets qui ont du mal à s’engager dans le processus
thérapeutique, ils ont peu d’insight et verbalisent mal les émotions.
Approches éducatives : apprendre aux patients ce qu’est l’alexithymie, ce que sont les émotions, travailler avec
eux à partir de stimuli émotionnels pour les aider à identifier ce qu’ils ressentent…
Approches corporelles : apprendre aux sujets ce qu’ils ressentent dans leur corps, méthode de relaxation
(contraction et relâchement musculaire) pour pouvoir ensuite faire un travail de verbalisation de tout ça. Les
patients qui ont une SEP passent par une approche corporelle qui permet ensuite de proposer au patient un
travail davantage psychothérapeutique.
Thérapies de soutien.
Aménagements des thérapies dynamiques ou TCC. Corcos propose des aménagements en disant que ce sont des
patients avec qui il faut éviter la frustration, le silence, respecter un cadre régulier, ne pas donner trop
d’interprétations ; parler au patient mais pas uniquement sur l’interprétation, pouvoir être interactif ; travailler
sur le transfert, être présent dans la relation. Travailler progressivement avec le patient à son rythme ; que le
thérapeute évolue au rythme des progressions du patient. Souvent les patients alexithymiques ont d’autres
troubles associés : maladies somatiques, neurologiques… il s’agit donc souvent de thérapie de soutien, travail
plus ponctuel, en restant à un niveau plus superficiel vis-à-vis des patients. Mais aider les patients à mieux
identifier leurs émotions… qu’ils prennent conscience que les difficultés de gestion ou de verbalisation donnent
des difficultés, peuvent entrainer des conflits interpersonnels dans la vie de tous les jours.
Mesures de l’alexithymie :
BVAQ-B (20 items) (traduit par Zech et al. 1999 ; Berthoz et al. 2000). Il existe la forme A et B (mais B est la
plus pertinente, la plus utilisée actuellement).
Excitabilité émotionnelle ;
Fantasmatisation ;
Analyse de ses émotions ;
Identification de ses émotions ;
Verbalisation de ses émotions.
Distinction alexithymie cognitive (facteurs 3, 4 et 5) et alexithymie affective (facteurs 1 et 2).
L’alexithymie cognitive serait plus en lien avec la dépression… distinction actuellement en débat.
Observer Alexithymia Scale OAS : demander à quelqu’un qui connait bien le patient d’évaluer si le sujet est
alexithymique ou pas car forcément le sujet aura du mal à évaluer lui-même ses émotions.
Prise de distance ;
Manque d’introspection ;
Somatisation ;
Manque d’humour ;
Rigidité psychique.
Entretiens cliniques structurés qui permettent aussi d’évaluer l’alexithymie chez les patients mais très long.
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EMOT CM
Toute maladie chronique engendre stress, souvent une symptomatologie dépressive et anxieuse
(suffisamment importante pour nécessité une PEC psychique ou médicamenteuse même si le sujet ne répond pas
forcément aux critères), une adaptation/ajustement psychologique. S’adapter au diagnostic de la maladie et faire
avec (souvent évolutive, aggravation des symptômes, perte d’autonomie…).
Face à une source de stress, il y a tout d’abord une étape de perception et d’évaluation de la situation et des
événements de vie : on évalue le stress perçu puis le contrôle perçu (qu’est-ce que l’individu peut faire face à cette
situation) : le sujet met en place des stratégies de coping desquelles vont découler des issues psychologiques et
somatiques. En fonction des issues, un feedback positif ou négatif opérera sur la perception/évaluation de la
situation et sur les stratégies de coping (renforcement si adéquat ou annulation si inadéquat).
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EMOT CM
LE COPING
« To cope with » = faire face, gérer, s’adapter,… = stratégies de coping, stratégies d’ajustement, mécanismes
adaptatifs.
Les MDD sont inconscients tandis que les stratégies de coping sont plus accessibles à la conscience ;
Les MDD ont pour but de diminuer l’angoisse alors que les stratégies de coping ont pour but de s’adapter à
la situation de stress.
Certains MDD sont pathologiques tandis que les stratégies de coping vont dépendre de la situation et du
sujet pour le niveau adaptatif.
Coping = processus dynamique qui se modifie en fonction de la demande. Permet au sujet de s’adapter à
une situation de stress :
« Efforts cognitifs et comportementaux, constamment changeants, destinés à gérer les exigences internes
et/ou externes spécifiques qui sont perçues comme menaçant ou débordant les ressources d’une personne. »
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EMOT CM
Pour certains auteurs, aller vers autrui n’est pas une stratégie distincte car :
Chercher de l’aide revient à se centrer sur le problème si on demande de l’aide ;
Se faire consoler revient au versant émotionnel.
Endler dit qu’il est à distinguer du coping émotionnel. Pendant un certain temps, on ne pense pas au
problème ; 2 composantes :
Diversion sociale : aller voir d’autres personnes pour penser ou parler d’autres choses ;
Distraction : adopter une tâche de remplacement (cinéma, exposition, sport…)
Intégrer le contexte (événements de vie, soutien social) : qui vient modifier l’évaluation cognitive de la
situation.
Il propose de s’intéresser aussi aux caractéristiques biologiques (âge, sexe, génétique) et aux caractéristiques
physiologiques (constitution) qui modulent les transactions individu/environnement.
Coping actif/cognitif : analyse logique ou pas de la situation (trouver des moyens pour résoudre le problème),
faire un recadrage positif (penser à quel point on est mieux que d’autres) ;
Coping actif/comportemental : recherche de soutien (parler avec quelqu’un), mettre en œuvre un plan d’actions
pour résoudre les problèmes ;
Coping évitant/cognitif : oublier, déni, répression, acceptation résignée (accepter le problème mais perdre espoir)
Coping évitant/comportemental : recherches d’autres activités et décharges émotionnelles.
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Relations santé/coping :
Endler (psychologue canadien) distingue le coping palliatif des stratégies émotionnelles et d’évitement ; pour
les maladies somatiques et graves : toutes les réponses qui visent à alléger les aspects désagréables de la situation.
Ex : se ménager, se reposer, dormir… notion de conserver son énergie et de rester dans un environnement calme.
Dimension qui est corrélée au coping évitant mais ici dans le but de se reposer pour se préparer à une action future.
« EFFICACITE » DU COPING
Le coping « problème » est la stratégie la plus adaptée, la plus efficace pour diminuer la détresse
émotionnelle (dépression et anxiété) et c’est la stratégie corrélée à une meilleure qualité de vie. Inversement le
coping centré sur l’émotion est corrélé avec une dépression et une anxiété plus importante et une moins bonne
qualité de vie.
Toutefois des travaux ont montré que directement suite à l’annonce d’un diagnostic important (cancer,
maladie génétique…), la période qui suit l’annonce présente un coping centré sur l’émotion qui permet au sujet de
mobiliser ses ressources psychiques pour adopter ensuite une stratégie plus adaptée. Période de transition qui reste
adaptative tant que ça dure un certain temps…
Lorsque la situation est totalement incontrôlable de la part du sujet, chez certains sujets le coping problème
peut être considéré comme peu adapté car le sujet ne pourra pas changer l’action et donc mènera à un épuisement
du sujet en essayant de trouver des solutions pour une situation inchangeable.
Ways of Coping Checklist WCC (Vitaliano et al., 1985 ; Cousson et al., 1996)
Coping inventory for Stressful Situation CISS (Endler et al. et Rollan, 1998)
Coping with Health Problems and Injuries CHIP (Endler et al. 1998)
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Capacité à se souvenir de la stratégie employée (difficulté à se replacer dans une situation de stress).
Désirabilité sociale.
Ambiguïté de certains items : quelles stratégies ? Problème de formulation des outils en français.
Question des événements futurs (sujet malade qui est dans l’attente des résultats), beaucoup centré sur
événements passés ;
Question des émotions positives pas suffisamment prises en compte (souvent uniquement le négatif) ;
Question de la régulation émotionnelle ;
Coping spécifique : deuil (le non pathologique : comment le sujet s’adapte et comment cela peut évoluer),
religion (mis à part la prise en compte dans l’outil du Brief Cope)
1. Le coping « proactif »
Des auteurs ont dit que cela s’apparentaient à la self régulation, à la réalisation des buts et à l’évolution
personnelle.
Le stress engendre du négatif ET du positif. Même lors de situations négatives douloureuses, les émotions
positives permettent (même si courtes et fugaces) :
Soulagement, répit de la souffrance ;
Motivation pour lutter ;
Reconstitution des ressources ;
Donner du sens ;
Trouver une cohérence entre la vie personnelle et les événements vécus.
Aide le sujet à mobiliser ses ressources et à adopter des stratégies plus efficaces, plus adaptées.
3. La régulation émotionnelle
Coping « émotionnel » regroupe trop de notions et n’est pas toujours que négatif :
Expression émotionnelle : pleurer, crier, … ;
Répression émotionnelle ;
Déni ;
Culpabilité / auto dépréciation ;
Réévaluation positive voire l’acceptation.
Greenglass et Fiksenbaum (2009) ont introduit la notion de coping proactif et du support social dans leur
modèle. Pour prendre en compte les affects positifs, l’état cognitif et les motivations du sujet pour enfin pouvoir
évaluer les issues qui se présentent au sujet.
Coping émotionnel « Meaning focus coping » (Folkman, 2011). Elle propose de travailler sur la réévaluation
qui permet de modifier l’interprétation de la situation et de limiter l’impact de la maladie -> positif. Cela donne lieu à
une diminution des émotions négatives du sujet et des comportements ; pas d’effet sur la mémoire (pas de travail
sur la mémoire qui doit être effectué).
Elle oppose ce travail à la suppression : inhibe les signes émotionnels extérieurs -> négatif. Entraine une
diminution de l’expression comportementale mais pas subjective et donc affecte sa mémoire : nécessite donc un
effort cognitif au sujet plus important car le sujet va réinterpréter les événements de sa vie dans sa mémoire…
4. Coping spécifique
Ces nouvelles perspectives sont intéressantes mais elles nécessitent de s’intéresser davantage aux processus
émotionnels et de créer et valider des nouveaux outils.
PROCESSUS EMOTIONNELS
Baker et al. (2010) est parti de l’idée que la régulation émotionnelle se base sur :
Les émotions négatives : traitement inconscient, rapide, basé sur la mémoire, les expériences et les
cognitions du sujet.
L’expérience de l’émotion sera déterminée par le sens attribué à l’émotion.
L’émotion peut être supprimée, réduite, modifiée.
L’émotion est reconnue en tant que « … » (selon les individus : challenge à relever, quelque chose de négatif
à dépasser, etc.). L’interprétation de l’émotion lui donnera une valeur différente.
A quel point un individu est-il conscient de ses émotions, de ses sensations physiques ? Lier les émotions à
des événements, nommer les émotions, identifier et reconnaitre les émotions.
Les processus émotionnels peuvent être dysfonctionnels. Baker a construit une échelle de processus
émotionnels. Echelle de 25 items qui permet d’identifier 5 dimensions. Validation française chez 189 patients
atteints de SEP (Cf. exemple du cours). 5 processus de régulation émotionnelle :
Suppression
Mauvais traitement
Non régulation
Evitement
Expérience émotionnelle appauvrie
Processus émotionnels dysfonctionnels qui amènent à des coping inadaptés et sur lesquels on pourrait
donc travailler.
COPING DYADIQUE
Tout individu confronté à une situation de stress ne le vit généralement pas seul. La gestion du stress se fait
beaucoup avec les autres : conjoint, parent, enfant (même quand il s’agit d’aller voir quelqu’un pour de l’aide ou se
confier : va modifier sa réaction de coping).
Le stress et sa gestion : phénomène interactif entre deux partenaires. L’entourage joue donc un rôle dans la
façon dont le sujet gère le stress. Les signes de stress de l’un déclenchent des réactions de gestion chez l’autre. ->
gestion dyadique du stress.
« Ensemble des efforts d’un ou des deux partenaires destinés à gérer les événements stressant ainsi que les
tensions éprouvées par l’un (stress individuel) ou par les deux partenaires (stress dyadique) ». (Bodenmann, 1995)
Communication autour du stress : parler de son stress à son partenaire (y a-t-il une verbalisation autour du
stress ?) ;
Coping dyadique : réaction du partenaire (minimisation du partenaire, trouver des solutions alternatives) ;
Feedback : efficacité perçue et satisfaction ? (augmente le stress ou le diminue ?)
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Coping dyadique positif : aider le partenaire sur le plan émotionnel (soutien émotionnel) mais aussi sur le
plan pratique (aide le patient à se rendre à ses rendez-vous médicaux, etc.).
Coping dyadique négatif : hostilité (toi t’es tout le temps malade), ambivalence (sujet qui se veut soutenant
mais ne peut pas s’empêcher de faire des remarques désagréables), superficialité (sujet qui ne se sent pas
concerné, tourne en dérision, ne considère pas la maladie comme aussi grave).
Gestion commune
On identifie si au sein du couple coping positif ou négatif et si gestion commune ou non.
Revue de la littérature
Coping « émotion » corrélé a une moins bonne qualité de vie, un moins bon ajustement psychosocial et plus
d’intensité dépressive.
Coping « problème » corrélé a une meilleure qualité de vie, un meilleur ajustement et moins d’intensité
dépressive.
Touche généralement le jeune adulte ; la SEP est une atteinte neurologique par poussées qui va durer de
quelques heures à quelques jours.
L’imprévisibilité de l’évolution influence le coping. Lors d’une imprévisibilité importante, le coping « émotion »
est plus présent.
Méthodologie
Thèse de doctorat de Sébastien Montel « Coping et qualité de vie en lien avec l’humeur et les émotions
dans la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson » (2007). Le coping est évalué à partie du WCC et du CHIP
Neuro.
Résultats
Les résultats sont différents selon l’échelle utilisée et selon les formes de SEP. Globalement, on constate :
CONCLURE :
Il faut réfléchir :
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LE TEMPERAMENT
« Ensemble des particularités physiologiques et morphologiques qui différencient les individus entre eux et
agissent sur le caractère. »
1. Air - humide et chaud - climats tempérés - printemps - sang - enfant - tempérament sanguin - maladies
sanguines. => Sanguin serait optimiste et prompt ;
2. Feu - chaud et sec - climats chauds et secs - été - bile - jeunesse - tempérament bilieux - maladies bilieuses.
=> Colérique serait fort, combatif, irascible ;
3. Terre - sec et froid - climats secs et froids - automne - l’atrabile - âge viril - tempérament mélancolique -
maladies cachectiques. => Atrabilaire serait mélancolique, triste et morose ;
4. Eau - froid et humide - climats froids et humides - hiver - pituite - vieillesse - tempérament pituiteux -
maladies catarrhales (respiratoires). => Flegmatique serait faible et apathique.
Chaque tempérament constituait une vulnérabilité pour chaque pathologie et serait plus fréquent à certains
âges de la vie. Un tempérament doit être inné et a son origine très précoce dans le développement. Le sujet nait
avec un tempérament, c’est quelque chose de général et le sujet va vivre toute sa vie avec.
Au XIXème siècle, on s’est à nouveau intéressé à cette notion : petit à petit on a eu des descriptions plus
précises ; notamment une distinction entre personnalité et tempérament de Strelau (1983).
1. Les facteurs biologiques jouent un rôle plus important sur le tempérament que sur la personnalité. La
personnalité semble davantage déterminée par des facteurs sociaux et environnementaux.
2. Le tempérament se manifeste dès la première enfance, alors que la personnalité est visible plus tard après
l’impact de l’apprentissage et de la socialisation avec autrui.
3. Le tempérament peut se voit dans d’autres espèces animales contrairement à la personnalité qui reste à
l’apanage des êtres humains (le moi ou le self).
4. Le tempérament décrit des caractéristiques comportementales (activité ou réactivité). Les traits de
personnalités sont relatifs au contenu et à la finalité du comportement (besoin de réussite, domination…).
5. La personnalité est plus malléable, plus modifiable que le tempérament.
Ensuite le tempérament a été défini comme étant un risque et une vulnérabilité pour des troubles
émotionnels. Certains tempérament objectivables déjà chez l’enfant peuvent donner lieu à des troubles (notamment
l’anxiété et certaines phobies… surtout l’anxiété de séparation qui était un risque aussi de développer des troubles
anxieux à l’âge adulte). D’autres études ont montré que des enfants pour lesquels il y avait une inhibition, un
tempérament plutôt calme étaient des sujets qui pouvaient présenter des troubles anxieux à l’âge adulte. Certains
types de tempérament chez l’enfant seraient disposables à certains troubles de l’humeur.
Galien a repris 4 tempéraments : hyperthymique (prédisposé aux états dépressifs), dysthymique, colérique
et inhibé – tempéraments qui peuvent précéder un trouble de l’humeur.
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EMOT CM
Des auteurs ont aussi observé chez des enfants d’autres dimensions. L’émotionnalité, l’activité, la sociabilité
et la timidité chez l’enfant permettait de définir des enfants plus à risque de développer des troubles de l’humeur
(notamment l’émotionnalité pour les troubles de l’humeur chez les filles).
LA PERSONNALITE
Définition
Modèle de Eysenk
L’introversion/extraversion est basé sur le niveau d’activation. Il a été le 1er à lier des dimensions de la
personnalité à des niveaux d’activation. Il y a présence d’un dysfonctionnement si les sujets n’ont pas le
niveau d’activation qu’il convient.
Dimension de névrosisme : le sujet a tendance à percevoir le monde extérieur comme plutôt hostile, dans
les émotions négatives, il a un seuil émotionnel faible. Idée qu’on est sur du dimensionnel.
Dimension psychoticisme : sujets qui font preuve de froideur, de manque d’empathie et d’impulsivité.
Le EPQ-R Eysenk personnality questionnaire (Eysenck et al. 1985) met en évidence ces différentes
dimensions. La dernière version est à 100 items.
5 dimensions de la personnalité :
Ouverture aux expériences : Sujets imaginatifs, intéressé par la nouveauté, absence de dogmatisme,
curiosité intellectuelle, sensibilité artistique développée.
Conscience : Sujets dans le gout de l’ordre, le contrôle, sens des responsabilités, plutôt fiables, dans la
persévérance, plutôt disciplinés VS sujets dans la nonchalance, l’hédonisme.
Extra/introversion : sujets dans la sociabilité, la gaité, vivacité, énergie, enthousiaste, qui recherche l’activité
et les sensations, dans l’impulsivité VS sujets timides, réservés, tranquilles.
Agréabilité : sujets sympathiques, en qui on peut avoir confiance, qui suscite de l’affection VS sujets
méfiants, intransigeants, agressifs, dans l’indifférence.
Névrosisme : sujets dans l’instabilité émotionnelle, tendance à la dysphorie ou à la dépression, irritabilité,
anxiété, affects négatifs VS sujets résistants au stress, calme avec une stabilité émotionnelle.
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Ce que mesure l’outil (absence ou présence de ces aspects) en fonction des 5 dimensions :
4 dimensions de la personnalité :
Recherche de nouveauté
Recherche d’expérience et susceptibilité à l’ennui… Tendance à manifester de l’intérêt face à des stimuli
nouveau et y répondre avec une certaine excitation, but de recevoir satisfactions, récompenses, augmenter leur
niveau d’activation et éviter la monotonie. Régulé par l’activité dopaminergique des sujets. Sujets plutôt dans
l’impulsivité, extravagants mais peuvent aussi avoir un manque de contrôle émotionnel. Mais souvent se lassent de
leurs nouvelles activités. Ceux à l’opposé seront des sujets plus réfléchis, rigides, davantage fiables, plus
persévérants.
Les sujets en recherche de nouveauté ont été associés à de la vulnérabilité (notamment les addictions,
joueurs pathologiques ou achats pathologiques). Selon Cloninger, ces sujets sont aussi en lien avec l’évitement.
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Tendance d’un sujet à répondre plus ou moins intensément à des stimuli aversifs, éviter la frustration. Sujets
prudents, craintifs, timides et plus rapidement fatigables. A l’inverse des sujets insouciants, optimistes, détendus,
confiants. Dimension en lien avec le système sérotoninergique.
Dépendance à la récompense
Réponse intense devant des signaux de récompense avec l’évitement de la punition, sujets dépendants de
l’approbation sociale, sensibles au rejet, grande réactivité émotionnelle, sujets qui recherchent la gratification VS
sujets introvertis, solitaires et indépendants. Dimension dépendant du système noradrénergique.
(Persistance)
Dimension ajoutée plus tard. Distinct de la dépendance à la récompense : capacité à maintenir des
comportements en dépit de la frustration, la fatigue ou l’absence de renforcement. Dépendrait de la boucle
d’interaction entre les systèmes d’inhibition et d’activation cérébrale (hippocampe et noyau accumbens).
Chaque dimension est donc en lien avec des systèmes biologiques (dopaminergique,
noradrénergique, sérotoninergique). Selon Cloninger, l’évitement du danger apparaitrait en 1er dès le début
de l’enfance (dimension stable au cours du développement et à l’âge adulte), ensuite la recherche de
nouveauté puis la dépendance à la récompense.
o Détermination
Niveau de maturité et d’autonomie du sujet. Capacité à s’adapter à ses objectifs de réalisation personnelle
qui vont donner lieu à un sens des responsabilités, des ressources importantes, une acceptation de soi, des capacités
à réguler les émotions (notamment les négatives).
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o Coopération
Conscience sociale du sujet, rapports interpersonnels du sujet. Sujets dans l’empathie, dans la solidarité,
dans l’indulgence : s’approche de l’altruisme.
o Transcendance
Réalisation spirituelle (de nature religieuse ou laïque) ; comment le sujet se représente vivre au sein de
l’univers. Détachement de soi, communion avec Dieu ou avec la nature ; investissements dans des actions
humanitaires.
Les dimensions de caractères en revanche apparaitraient plus progressivement par rapport à la maturité
du sujet et son lien avec l’environnement.
Pour Cloninger, les interactions entre le développement de la personnalité et le caractère pour arriver à une
organisation stable dépendent de la maturité du sujet. Par exemple, si on prend un sujet qui a une recherche de
nouveauté élevé, un évitement au danger faible et une dépendance à la récompense faible ; son adaptation sociale
va dépendre de sa maturité : si élevée -> leader ; si faible -> pourrait se marginaliser. Les réponses que le sujet donne
face à certains stimuli dépendent de la façon dont le sujet appréhende les situations (sa maturité et l’environnement
dans lequel il évolue).
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Recherche de sensations
DEFINITION DE ZUCKERMAN
« Trait caractérisé par le besoin d’expériences et de sensations variées, nouvelles, et complexes, et la volonté
de s’engager dans des activités physiques et sociales risquées, expériences recherchées pour elles-mêmes »
Zuckerman, 1979.
Permet d’identifier des sujets qui éventuellement auront des comportements de prise de risque ou de
dépendance.
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QUESTIONNAIRE DE ZUCKERMAN
72 items pour 1ère version puis 40 items (validée par Carton et al., 1992) ; Cotation VRAI/FAUX. Echelle qui
peut sembler un peu désuet. Evalue 4 dimensions : recherche de danger et d’aventure, désinhibition, recherche
d’expériences et susceptibilité à l’ennui. Ce questionnaire permet de dresser un profil et d’identifier les dits « hauts »
chercheurs de sensations et les « bas » chercheurs de sensations.
Recherche de danger et d’aventure correspond à toutes les activités et les sports dits à risque, ou qui
suscitent des émotions de peur (vitesse ou danger) ; concerne des activités généralement socialement
acceptées. Des études montrent que les gens qui font du parachutisme, du parapente, du deltaplane ont des
niveaux de recherche de danger et d’aventure particulièrement élevés. Cette dimension est plus importante
chez les sujets jeunes adultes et a tendance à décroitre avec l’âge.
La recherche d’expériences nouvelles : sujet qui cherche à avoir des expériences, faire des nouvelles choses ;
que ce soit intellectuel ou sensoriel, pas forcément dangereux (nouveau plat, nouveau restaurant etc.).
Sujets qui aiment un style de vie non conventionnel, plutôt à la recherche de la nouveauté.
Susceptibilité à l’ennui : n’aime pas les activités routinières et répétitives ; intolérance à la monotonie.
Les amateurs de sensations sont souvent des sujets qui sont volontaires pour essayer de nouvelles choses,
pour essayer de nouvelles molécules pharmacologiques. Ce sont donc souvent ceux qui se portent volontaires pour
les études -> biais dans la sélection des sujets. Mais ils s’ennuient s’il y a répétition dans l’expérience et donc il peut y
avoir une diminution de leur performance. Ces sujets ont une imagerie mentale plus riche car ils s’imaginent faire
des choses qu’ils auraient envie de faire pour compenser les situations dans lesquelles ils ont tendance à s’ennuyer.
CORRELATIONS
Etude avec des patients alcooliques en cure de sevrage. L’auteur a essayé d’affiner avec les sous scores :
Recherche de danger et d’aventure était corrélé négativement à la peur de l’inconnu (sous dimension
de l’évitement du danger).
La désinhibition était corrélée à l’anticonformisme, au besoin de changement et aux dépenses.
La désinhibition et la susceptibilité était corrélé à la peur de l’inconnu.
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Est-ce l’ensemble des dimensions de la recherche de sensations ou est-ce plus important par rapport à
certaines dimensions ? Qu’est ce qui fait la différence entre la recherche de sensation d’un patient qui fait du saut à
l’élastique, d’un fumeur ou autre ?
Etude chez les lycéens et les jeunes adultes pour la consommation d’alcool et de cannabis :
La recherche d’expérience favorise la consommation à un âge plus jeune.
La dimension recherche de danger et d’aventure avait un effet sur l’installation de la dépendance.
Les sujets dans la désinhibition étaient plus à l’affut de recherche des produits qui avaient un effet
d’euphorie plus important (tandis que d’autres cherchent propriétés plus sédatives et anxiolytiques).
Peu d’études longitudinales ont été faites. La recherche de sensation semble être prédictive de la
consommation et donc de l’installation d’une dépendance. Ces sujets développaient plus rapidement une
dépendance avec un besoin d’augmenter la consommation.
Il faudrait pouvoir avoir des opérations de prévention tôt au lycée. Ces sujets qui développent une
dépendance sont-ils aussi à risque de développer des conduites à risque (sport à haut risque, sexualité à risque…) ?
La recherche de sensation n’est pas présente dans toutes les formes d’alcoolisme : surtout dans l’alcoolisme
jeune, chez les hommes, l’alcoolisme précoce, le masculin avec une dépendance qui s’installe rapidement. Les
alcoolismes plus tardifs sont moins dépendants de la recherche de sensation d’eux-mêmes.
Les consommateurs dits occasionnels avaient des scores de recherche de sensation supérieurs aux non
consommateurs. Mais finalement ce qui différenciait les patients alcooliques des occasionnels étaient la
susceptibilité à l’ennui qui était plus importante chez les patients alcooliques. La désinhibition semblait plus
importante dans l’instauration de la conduite alcoolique. Puis la dimension de susceptibilité à l’ennui jouerait un rôle
dans la poursuite de la dépendance à l’alcool.
Finalement la recherche de sensation est plus élevée lorsqu’il y a poly-addictions, moins à l’usage d’un
produit unique. Les sujets à recherche de sensation minimiseraient le risque : sous-estimation du risque ?
Finalement il n’y a pas eu de preuve de cela dans les travaux. Simplement, la recherche de l’activation et des
sensations que procure le risque avec conscience du danger et du risque (finalement en prenant généralement les
précautions nécessaires), recherche d’adrénaline.
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Dissocier ce qui est véritablement recherché par le sujet qui se livre à la recherche de sensation : en termes
d’émotions plaisantes, d’excitations physiologiques, physiques, ce ne sont pas particulièrement des sujets à l’affut de
sensations désagréables.
Question de l’hédonisme et du plaisir : que se passe-t-il chez les sujets anhédoniques ? Chez des patients
déprimés (chez un sous-groupe où anhédonie était plutôt primaire), on a noté qu’ils étaient plutôt chercheurs de
sensation pour arriver à éprouver quelque chose. Chez ces sujets, la recherche de sensations viendrait compenser
une anesthésie préexistante. Chez les patients anhédoniques : luttent contre un ennui, dimension de désinhibition
relativement élevée chez ces patients.
En termes de psychopathologie, il existe une relation positive chez des sujets à personnalité antisociale,
sujets qui présentent troubles des conduites et sujets lors d’épisodes maniaques ou hypomaniaques.
Benjistes : chercheurs de sensation mais avec une dimension de susceptibilité à l’ennui corrélée au nombre de
sauts des sujets (devient presque une addiction au saut).
Plongeurs : attrait pour le danger mais pas dans la prise de risque en tant que telle et finalement la recherche
de sensation est équivalente chez les sujets qui étaient à risque et ceux qui n’étaient pas à risque.
En revanche, la susceptibilité à l’ennui était relativement peu importante chez les plongeurs : ritualisation de
préparation du matériel comme explication. (Alors que peut-être que chez les benjistes, d’autres personnes
s’occupent de ça).
Joueurs : thèse de Céline Bonnaire : population de joueurs différents : sur les hippodromes, sur les machines
à sou, ou jeux traditionnels (cartes et roulettes en casino) ; joueurs occasionnels/réguliers/pathologiques :
Recherche de sensation plus élevée chez les joueurs pathologiques et chez les joueurs sur les hippodromes.
Joueurs de poker avaient une recherche de sensation qui n’étaient pas plus élevé que la population normale
(mais sans que ce soit des joueurs pathologiques).
Sur l’hippodrome : recherche de sensation avec désinhibition et susceptibilité à l’ennui élevée chez les joueurs
pathologiques.
Pour les machines à sous : les joueurs occasionnels avaient des scores de susceptibilité à l’ennui supérieurs à
ceux qui étaient réguliers (joueurs pathologiques).
Pour toutes les dimensions : les joueurs pathologiques : scores supérieurs aux autres joueurs (surtout
hippodrome).
Jeux actifs (courses de chevaux sur l’hippodrome) ; jeu plus pour une recherche de sensation de ces sujets
sur l’hippodrome.
Jeux passifs (machine à sous ou jeux de bar à tabac). Pour ces joueurs, le jeu aurait plus une fonction de
réduire ou de mettre à distance les affects désagréables, lutter contre l’ennui (et non dans la recherche de
sensation).
Tenir compte des typtologies de la recherche. Ex : drogues = certains en consomment pour l’effet anxiolytique
et d’autres pour une désinhibition. En thérapie, il sera préférable avec ces patients de proposer de faire d’autres
activités qui procurent des sensations que de supprimer les sensations à des personnes qui en ont besoin.
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Les émotions sont des processus fondamentaux et adaptatifs. Elles peuvent être soit fonctionnelles et
adaptatives, soit dysfonctionnelles et donc source de souffrance pour l’individu. Elles sont présentes dans tous les
troubles mentaux. Elles sont là pour aider la relation à l’autre mais quand elles sont pathologiques, cela vient
perturber les relations avec les autres.
Ex : La tristesse dans le cours du deuil a un côté adaptatif pour se détacher de la personne décédée
progressivement, d’investir de nouveaux objets et de nouvelles personnes – mais le deuil peut devenir pathologique si
il persiste et qu’il ne peut y avoir de nouveaux investissements possibles. Dans la vie quotidienne, on aura des
expressions émotionnelles plus ou moins appropriées…
Les troubles émotionnels sont souvent présents en psychopathologie : dans les troubles de l’humeur, on
aura l’anhédonie, l’euphorie etc. ; l’émotion prépondérante dans les troubles anxieux est la peur ; dans les troubles
de la personnalité, beaucoup d’émotions se retrouvent.
Emotion suractivée
La suractivation émotionnelle est la plus fréquente avec les patients. Ils ne savent pas les gérer, les maitriser,
ils souffrent de trop d’émotions : peur, tristesse, colère, anxiété… Une petite frustration donnera lieu à des colères
inconsidérables… ce sont des sujets qui ont de la peine à se maitriser. Des émotions intenses apparaissent parfois
sans lien avec la réalité quotidienne : ex phobies ; émotions apprises de façon erronée, dysfonctionnelle. Peut
concerner la peur, le dégout. Le sujet peut aussi réagir à une émotion par une autre émotion (réagir avec de la colère
face à la tristesse ou par la tristesse face à la colère).
Emotion sousactivée
Sujet qui souffre d’un manque d’émotion. Ex typique : l’anhédonie. Ciblé sur certaines émotions positives
mais peut aller jusqu’aux émotions négatives aussi : émoussement affectif.
Pourrait être dû à un état d’épuisement suite à une situation de stress intense, le sujet n’a plus l’énergie ni les
ressources nécessaires pour éprouver l’émotion.
Epuisement physique qui fait que le sujet ressent moins de stimulations en faisant moins de chose ;
Evitement émotionnel : ex : sujet qui a une anxiété sociale et donc restreint ses activités sociales -> peut donner
lieu à un appauvrissement de la sphère émotionnelle -> évitement des émotions ;
Sujets qui ressentent moins d’émotions comme les psychopathes mais ici ne fait pas souffrir le sujet.
Plus ou moins délibéré par le sujet.
Emotion inhibée
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Peut concerner les aspects expressifs : l’inhibition chronique de l’expression émotionnelle est souvent associée
à une réactivité émotionnelle plus forte qui va se traduire somatiquement. Peut aussi donner des problèmes
relationnels : la personne a de la peine à savoir ce que l’autre exprime.
Peut concerner le ressenti émotionnel : pour masquer ses émotions ou s’empêcher de ressentir une émotion.
Peut donner lieu à des situations de dissociation (sujet s’empêche de ressentir les émotions car c’est trop
violent). Ex : état de dissociation pendant la relation sexuelle quand une femme a été abusée plus jeune, est
ensuite incapable d’en reparler.
Ou simplement individus qui se protègent avec un déni de certaines émotions : répression émotionnelle. Se
protéger d’émotions trop fortes qui induiraient des conséquences qu’ils ne maitrisent pas. Décrit comme un
facteur de risque pour développer des troubles psychopathologiques ou somatiques.
Le sujet ne sait pas comment gérer et exprimer ses émotions. Il y a certains milieux où ce n’est pas valorisé
d’exprimer ses émotions – codes sociaux qui varient selon les cultures (ex : culture asiatique). Il faut alors
travailler avec les sujets pour les aider à développer les compétences émotionnelles.
Déficit de la reconnaissance émotionnelle : difficulté dans la communication avec autrui.
EMOTION-FOCUSED THERAPY
Leslie Greenberg (2002) a proposé une thérapie centrée sur les émotions TCE. Il part de l’idée d’identifier les
émotions considérées comme pathologiques. Face à une émotion, se demander si elle est trop forte ou trop faible et
si elle est sous ou sur-contrôlée. Ensuite il propose d’évaluer si la réaction émotionnelle est en accord avec la
situation. Voir si le sujet réagit fortement (mais de façon adéquate) ou de façon disproportionnée, y a-t-il une
intellectualisation ? Le sujet ressent-il corporellement l’émotion ? Les émotions sont-elles toujours les mêmes ou
sont-elles différentes de ce qui est ressenti habituellement. Est-ce que le sujet en prend conscience ? L’expression
émotionnelle est-elle un signe de détresse ou de résolution de la détresse (pleure car a perdu quelque chose ou
parce qu’incapable de faire quelque chose) ?
Réponse émotionnelle dans une situation où il y a une évaluation réaliste de la situation, sujet adapté (colère
pour injustice, triste quand perte). Emotions primaires brèves, rapides, dans l’ici et maintenant. Elles concernent les
émotions fondamentales mais aussi les plus complexes comme la jalousie et l’appréciation. Ce sont des émotions
adaptatives car elles permettent au sujet de mettre en place un plan d’action. Greenberg dit que l’une des facettes
de l’intelligence émotionnelle est de prendre conscience que le sujet ressent telle émotion. Il fait l’association avec
les niveaux de conscience émotionnelle de Lane et Schwartz (favorise la prise de conscience émotionnelle adaptée).
L’évaluation que fait le sujet ne correspond pas aux enjeux réels que le sujet fait de la situation. Ex : phobie
où peur inconsidérée. Peut aussi concerner la colère ou l’humiliation dans des situations qui ne sont pas sensées
créer ces émotions. Crée une situation de souffrance à court terme mais a aussi un impact à long terme en
empêchant le sujet d’avoir certaines relations. C’est généralement les résultats d’apprentissages passés : sujet
apprend à avoir une réaction émotionnelle disproportionnée -> utilisation des techniques comportementales et
d’exposition pour réduire ces émotions primaires inadaptées.
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Emotion secondaire
Réponse aux émotions primaires ou pensées émotionnelles mais plus complexes. Elles viennent masquer
une émotion, ce que la personne ressent réellement. Le sujet n’est pas conscient de l’émotion primaire car
finalement il ressent l’émotion secondaire. Ex : crainte du supérieur hiérarchique mais en fait ce n’est pas de la peur
mais un sentiment de ne pas être respecté qui entraine la colère qui n’est pas un sentiment acceptable dans la
situation donc la colère est masquée par l’anxiété qui sera l’émotion ressentie. Ça peut-être un travail conscient mais
peut-être inconscient. Peut-être une tentative de contrôler une émotion primaire ou inconscient. Ex : sujet
impuissant (secondaire) face à une situation où colère (primaire) inacceptable. Ou sujet cynique (secondaire) face à
une rupture sentimentale car la tristesse (primaire) n’est pas tolérable.
Il est important d’identifier l’émotion primaire sous-jacente en tant que thérapeute. Ex : situation de couple
où les sujets ont peur d’exprimer la colère (à la place ils expriment de l’irritabilité)… Cependant cette
distinction est difficile et relève du travail clinique. Il faut évaluer la souffrance qu’exprime l’individu et
évaluer les situations émotionnelles conflictuelles répétitives. Ou évaluer quand il y a discordance entre
l’évaluation objective de la situation et l’émotion qu’exprime le sujet.
Emotion instrumentale
Emotions pas réellement ressenties mais exprimées par le sujet pour en tirer un bénéfice secondaire. Ex :
enfant qui tombe, qui regarde autour de lui et se met à pleurer si des adultes le voient/sujet qui se met en colère pour
intimider. Emotions plutôt feintes ou exagérées mais qui à priori ne sont pas véridiques. Certaines peuvent être
socialement adaptées comme avoir l’air triste à un enterrement ou sourire quand on nous offre quelque chose :
favorise relations sociales ou évite certains conflits. En thérapie, ces émotions sont cependant à proscrire : mieux
vaut ne pas exprimer d’émotions plutôt qu’en exprimer une feinte. Insister sur le fait que le cadre de la thérapie
n’est pas l’endroit pour exprimer des émotions feintes.
Greenberg dit qu’il faut s’adresser aux émotions primaires : aux besoins et aux désirs réels de l’individu.
Sinon le travail est voué à l’échec car un écran vient masquer une réelle émotion. Le thérapeute doit donc toujours
garder en mémoire qu’une émotion peut toujours en cacher une autre.
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Dans les processus psychologiques intra-individuels, il y en aurait deux qui rendent compte de la
psychopathologie émotionnelle :
L’émotion sera soit l’outil, soit l’objet en thérapie. Elle va être utilisée pour favoriser le changement mais elle
sera aussi la cible de la thérapie si les émotions sont dysfonctionnelles. Double aspect : on travaille AVEC les
émotions et SUR les émotions. La place centrale accordée aux émotions et aux processus émotionnels dans les
interventions psychothérapeutiques est relativement récente. Souvent l’émotion est conçue comme une réponse ou
une conséquence des processus émotionnels mais elle n’a pas toujours été considérée comme un objet direct de la
thérapie. Selon les courant, l’attention était surtout focalisée sur :
Les travaux de Leslie Greenberg et la thérapie centrée sur l’émotion TCE : s’appuie sur les travaux de Rogers
centrés sur la personne avec une ouverture aux approches comportementales et cognitives. Empathie dans
la thérapie et encourager le patient à écouter ses émotions. Greenberg a été le 1er à inclure les émotions
dans ses thérapies.
La 3ème vague des TCC qui se centrent sur l’émotion : reconnaissance et acceptation de l’émotion. Idée que
ces représentations cognitives, souvent implicites et automatiques, et que les émotions viennent colorer
autant les comportements et les cognitions de l’individu. Peut être contre-productif si les émotions ne sont
pas prises en compte. Ex : vouloir empêcher la colère peut envenimer les choses alors que la comprendre
aidera. Essayer d’explorer le vécu émotionnel des patients. Les thérapeutes se servent aussi beaucoup de
leurs propres émotions.
// Psychopathologie cognitive : processus cognitifs qui induisent ou maintiennent des pathologies en y
incluant les émotions.
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Les thérapies de la 3ème vague mettent toutes l’accent sur l’ouverture aux émotions. Mais cela crée un cercle
vicieux avec la tentative de supprimer l’émotion qui sera intolérable avec une tentative de régulation d’émotion
mais qui donnera lieu à une amplification de l’émotion. Cercle vicieux qu’il va falloir enrayer et permettre au sujet
d’avoir des stratégies de régulation de l’émotion plus adaptées. De nombreux problèmes viennent d’un problème
d’identification de l’émotion (qui sont intolérables, inacceptables). Il faut aussi que les sujets aient un vocabulaire
émotionnel assez développé pour faire la distinction entre les différentes émotions : il peut y avoir un travail pour
aider l’individu à mieux décrire ces processus émotionnels distincts.
Thérapie organisée en deux grandes phases : la phase d’arrivée et la phase de départ. (Métaphore :
impossible de quitter un endroit dans y être arrivé).
1. Phase d’arrivée
Promouvoir la conscience émotionnelle : souvent les sujets parlent d’un mal-être diffus. Il faut que le sujet
développe une conscience corporelle et développe le langage par rapport à son corps, des pensées et des images
mentales qui viennent accompagner les sensations corporelles.
Faciliter l’attitude d’accueil et l’acceptation de l’expérience émotionnelle : permettre au sujet de vivre ses
émotions, ne pas seulement les agir mais aussi les ressentir et observer ce qu’il ressent : l’encourager à voir ce
que l’émotion dit de lui-même. Le laisser vivre son émotion, voir ce que cela suscite en lui : accepter l’expérience
émotionnelle. Apprendre au sujet à comprendre comment le sujet réagit dans telle situation. Et laisser aussi le
sujet voir que l’émotion peut diminuer spontanément. Voir ce qu’est la signification que le sujet donne à une
émotion qui peut entrainer un malaise, ce n’est pas toujours la réalité objective.
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Promouvoir la mise en mot : encourager la verbalisation de l’émotion, essayer de mettre les bons mots et avoir
un vocabulaire suffisamment riche et différencié, permet la communication de l’émotion -> renvoie au partage
social de l’émotion. La verbalisation de l’émotion permet aussi l’encodage mnésique de l’émotion et donc le
rappel de l’émotion sera plus facile. La mise en mot de l’émotion va permettre aussi de mentaliser l’émotion et
non de l’agir d’emblée, mais aussi de prendre de la distance. Le sujet va percevoir puis dire ce qu’il ressent. Deux
techniques :
o L’étiquetage précis : donner des mots et faire la distinction entre les différents mots (ex : distinction au sein de
la tristesse). Mais l’étiquetage peut aussi être très coloré socialement et culturellement donc il faut s’assurer
qu’il parle au sujet.
o Les métaphores.
Identifier l’émotion primaire : important de la repérer sous l’émotion secondaire. La repérer grâce à la
dissociation entre les événements relatés et l’émotion rattachée ou l’empathie émotionnelle du thérapeute qui
peut le mettre sur la voie. Ex : conjoint en colère qui en fait a peur de ne pas être suffisamment aimé.
Greenberg dit que le travail thérapeutique pourrait se terminer après la 1ère phase. Peut permettre au sujet
d’avoir une meilleure qualité de vie, une meilleure relation avec les autres… ex : accepter sa peur pour un sujet
phobique peut diminuer la peur ressentie ; accepter la colère ou la tristesse peut aider à y faire face. Mais si il
persiste une souffrance, alors il vaut mieux poursuivre la thérapie et procéder à la 2ème phase.
2. Phase de départ
Evaluer si l’émotion primaire est saine ou destructrice : imaginer les conséquences personnelles et sociales
qu’auraient le fait de suivre l’émotion (favorise ou non des relations constructives avec l’environnement). Si
émotions de haine, d’anxiété etc. : rarement adaptatif.
Identifier les croyances destructrices attachées aux émotions inadaptées : souvent un sujet sait qu’une émotion
n’est pas adaptée. Proposer au sujet des croyances alternatives qui aideraient ces émotions.
Faciliter les émotions alternatives adaptées : changement d’une émotion inadaptée en une émotion adaptée ou
constructive. Focaliser sur une émotion présente en arrière fond qui ne serait pas prise en compte dans les
moments difficiles. Ex : situation où sujet abattu, faire émerger la colère pourrait aider le sujet à faire face… Ou
l’aider à se focaliser sur des éléments positifs même si la situation est difficile (ex : deuil où on arrive à évoquer
des moments heureux). Pouvoir se servir d’émotions en arrière-plan pour alléger l’émotion du premier plan ou
servir de levier pour sortir de l’émotion en premier plan. L’idée est de ne pas se focaliser sur une seule émotion.
L’exploration des besoins, des buts et des préoccupations qui sous-tendent les émotions pénibles. Il faut que le
sujet puisse trouver des alternatives pour faire face aux situations qui posent problèmes. Trouver une autre
manière de se comporter, de réagir face à cette situation. Mettre en place des stratégies de résolution de
problème. Une des techniques qui peut être utilisée est le jeu de rôle. Importance de l’attitude soutenante du
thérapeute. Pourquoi ne pas parfois faire participer l’entourage quand le contexte s’y prête.
Faciliter la transformation des émotions inadaptées et des croyances destructrices en émotions alternatives
constructives. Permet au sujet d’accéder à une meilleure estime de lui-même et d’avoir une attitude bienveillante
envers lui-même. Greenberg encourage une approche rogérienne de l’acceptation humaine et chaleureuse. Le
sujet doit prendre de la distance par rapport à des émotions négatives, notamment par rapport à des
événements traumatiques (importance du soutien du thérapeute). Ressentir des émotions alternatives pour que
les croyances liées à cela puissent évoluer aussi.
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Attitude du thérapeute
Le patient doit se sentir totalement accepté par son thérapeute. Le patient pourra se lancer dans
l’exploration de ses émotions. Greenberg dit qu’il est important que le thérapeute ait une conscience émotionnelle
personnelle pour être bien empathique (et faire la distinction sur ce qu’il ressent lui-même lors des échanges
thérapeutiques : capacités d’introspection du thérapeute et prise de conscience de ses émotions). Il est aussi
important que le thérapeute face preuve de transparence et de volonté de communiquer son vécu ; doit se faire de
manière authentique et pas de manière impulsive ou de manière négative vis-à-vis du patient. Le thérapeute peut
être amené à partager une expérience avec le patient si cela a un sens dans la thérapie en insistant sur le fait que ce
n’est pas le contenu qui est important mais les stratégies utilisées.
Greenberg dit que le thérapeute doit savoir si c’est de la colère ou de la frustration de ne pas aider le patient
ou une peur d’être incompétent quand le patient n’est pas compliant par exemple. C’est pourquoi la relation doit
être basée sur la confiance, la transparence et la communication.
Des études ont montré des résultats très positifs de cette thérapie dans la dépression ou dans des troubles
phobiques.
Pleine conscience : état de conscience qui résulte du fait de porter son attention intentionnellement sur
l’expérience qui se déploie au moment présent sans la juger. Sensations corporelles, images, émotions, cognitions…
Le sujet se centre sur les émotions et les sensations que ça suscite avec un accueil sans jugement.
Toutes les thérapies ont pour but de supprimer la souffrance, du moins l’alléger. La souffrance a des causes
diverses souvent liées à des expériences du passé, présentes ou parfois futures par anticipation (stress, anxiété,
dépression, problèmes interpersonnels, événements de vie).
L’objectif est de modifier la relation que le patient entretien avec la souffrance. L’aider à faire face à la
souffrance. Idée que le sujet sera moins réactif par rapport à ce qui lui arrive dans l’instant présent. Voir la réalité
objectivement telle qu’elle est et non uniquement à travers le prisme du conditionnement de son propre vécu, ses
désirs, ses aversions, ses représentations…
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Développée pour aider des patients qui présentaient des douleurs chroniques ou différents troubles liés au
stress. Puis il l’a utilisé avec les étudiants, le personnel soignant, les patients atteint du cancer ou les patients VIH.
Programme qui se fait en 8 séances : thérapie de groupe (20 à 30 personnes). 1 séance/ semaine de 2h. Idée
que la 6ème séance dure une journée complète (normalement).
On le verra plus souvent avec les patients même si il faut qu’ils soient stabilisés. Conçue pour prévenir les
rechutes dépressives. Partie psychoéducative centrée sur dépression, stratégies de coping adaptées, signes avant-
coureurs d’une rechute + éléments de thérapie cognitive. 3 processus cognitifs intégrés :
Apprendre au sujet à repérer son humeur, se décentrer de ses ruminations dépressives et refocaliser son
attention sur l’instant présent. Thérapies en groupe. Il n’y a pas un objectif ou un but fixé. Amener le patient à
développer une acceptation de son expérience émotionnelle, une meilleure gestion des émotions : le changement
surviendra mais il ne faut pas l’attendre. C’est progressivement que le sujet en prendra conscience.
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Pour certains auteurs, on ne serait plus dans une thérapie à proprement parlé mais plutôt dans une
approche de développement personnel pour une meilleure gestion des émotions difficiles et pénibles.
Travaux dans les troubles anxieux, la dépression, les TCA, les douleurs chroniques, les troubles
psychosomatiques (psoriasis ou fibromyalgie), en rémission de cancer… Mais il faut que les patients s’engagent dans
le processus et fassent les exercices réguliers de méditation etc.
Conseils pratiques : insister sur le rôle actif et profond du patient. Il faut qu’il s’investisse, il ne peut pas juste
venir aux séances. Trouver un créneau horaire où les patients sont pleinement disponibles. Il faut expliquer au
patient qu’il ne faut pas se forcer à se relaxer, que ça vienne de lui-même, qu’il devienne de plus en plus conscient
de ce qui se passe en lui. Ce n’est pas une méthode de guérison en tant que telle mais plus une méthode de
changements par rapport aux émotions et pensées négatives.
Barlow est l’un des pionniers des TCC, beaucoup de travail avec les troubles anxieux. Idée de proposer un
protocole vérifiable empiriquement qui reposait sur une thérapie valide avec moyen d’évaluer les processus en jeu
et les bénéfices de la PEC.
Processus pathogène fondamental selon lui : le refus de se confronter aux expériences qui sont sources
d’anxiété. Selon lui, la plupart des troubles de l’axe I résulte de l’évitement et de la non acceptation de certaines
émotions. Aider le patient à les accepter même si source d’anxiété pour ensuite mieux les gérer.
Synthèse des différents modèles de TCC + expérience direct du patient. Pouvoir accepter ses émotions –
même pénibles – contribue à diminuer la souffrance qu’elles engendrent. Utilisée avec aussi TCA, dépendances et
parfois avec patients schizophrènes stabilisés en phase de réinsertion.
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Essentiellement adaptée pour la dépression. Les ruminations sont le moteur cognitif du trouble dépressif et
donc il propose une thérapie en 4 étapes :
Psychoéducation : apprend aux patients à faire la différence entre les pensées abstraites et évaluatives qui
sont plus les causes et les conséquences des actions du sujet. Ruminations par rapport à des faits passés
mais aussi par rapport à des faits actuels qui entravent les résolutions de problème. Sujet qui est beaucoup
dans le pourquoi. Amener le patient à être plutôt dans des pensées concrètes et expérientielles (vécu
immédiat) -> rendre les ruminations du « pourquoi » au « comment ». Qu’est-ce que le sujet peut faire dans
l’instant présent. Ex : voiture ne démarre pas le jour d’un entretien : au début « pourquoi moi ? » puis
demander au sujet d’évaluer ce qu’il ressent et ce qu’il pourrait faire (alternatives : transports en commun,
taxi, voisin, appeler pour décaler). Quand le sujet est dans l’action et le concret, l’humeur sera moins
négative et moins intense.
Observation des ruminations : quelles circonstances, contenus, durée, déroulement ? Que le sujet en
devienne plus conscient (moins automatiques).
Analyse fonctionnelle des ruminations : utilité des ruminations, qu’est-ce qu’elles provoquent ? Avantages et
inconvénient. Pourquoi ? Trouver des alternatives aux ruminations.
Interventions sur les ruminations : activités alternatives et activités antagonistes pour enrailler le processus
des ruminations (faire autre chose…). Que le sujet puisse aussi mieux explorer ce qui se passe pour d’autant
plus trouver des modèles alternatives et mettre à distance les ruminations.
Beaucoup de travaux sur patients dysphoriques, dépressifs, troubles anxieux mais manque de travaux pour
les autres troubles.
Intégration de différents modèles thérapeutiques. Proposition d’une méthode intégrative, basée sur
l’émotion (Philippot, 2011). Mettre en avant l’intérêt de l’exploration de l’émotion et de l’acceptation de l’émotion
surtout. Ceci est possible avec des sujets qui acceptent de s’investir mais aussi avec des patients qui ont des
capacités à pouvoir accepter des émotions difficiles (où ils peuvent se confronter à leurs émotions). Problème des
troubles où les sujets ne peuvent gérer, intégrer leurs émotions : anticiper.
Dimension interpersonnelle essentielle. Il faut que le thérapeute s’implique dans la thérapie. Dialogue entre
thérapeute et patient pour identifier les processus émotionnels du patient à l’aide d’entretiens cliniques mais
pourquoi pas aussi tests etc. Egalement une étape de psychoéducation : émotions, régulation émotionnelle… Pour
que le patient soit capable d’évaluer les processus émotionnels qu’il utilise et ceux qui sont défaillants. Voir les
personnes impliquées dans les situations émotionnelles.
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3 aspects :
CONCLUSION
Travailler sur les émotions est un paradigme de choix qui permet de travailler sur la psychopathologie et la
psychothérapie dans une perspective biopsychosocial et intégrative.
Travail qui permet de soigner la pathologie (aide les patients à troubles psychopathologiques) mais aussi
d’avoir une attitude préventive :
Prévention primaire : renforcer des processus sains chez le patient et chez le sujet. Permettre au sujet
d’avoir une meilleure conscience émotionnelle, travail sur la perception dans l’ici et maintenant de ses
émotions. Stratégies adaptatives plus performantes dans des situations de stress.
Prévention secondaire : pour les processus dysfonctionnels chez un sujet qui présente des signes
pathologiques avant-coureur par exemple. Apprendre au sujet à mieux gérer et prévenir d’une rechute.
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Du côté du thérapeute
Travail d’acceptation : le thérapeute a un rapport différent aux émotions et peut développer cette capacité-
là chez le patient. Quand il s’est lui-même confronté à l’acceptation d’émotions négatives, il peut mener plus
facilement à terme le processus avec le patient.
Supervision : notamment quand on travaille avec des patients où les émotions sont trop destructrices. +
thérapeute doit se livrer lui-même à ses exercices quotidiens.
Permet d’accueillir le patient et développer de l’empathie : ne pas juger les émotions, les pensées du patient
et reconnaitre leur utilité sans avoir d’a priori : neutralité bienveillante et position d’acceptation.
Changement trop rapide favorise l’évitement ou la répression : accepter que le patient n’aille pas tout de
suite mieux. Faire comprendre au patient qu’il n’y aura pas tout de suite de changements manifestes et que
même si c’est une étape douloureuse, c’est une étape nécessaire au travail thérapeutique. Pouvoir accepter
le fonctionnement, la souffrance du patient pour ensuite avoir un bénéfice. Vouloir un changement trop
rapide : façon de non légitimer sa souffrance. Ne pas vouloir immédiatement supprimer les émotions
réprimées, permettre au sujet de les expérimenter avant de vouloir les modifier, les supprimer (sinon on fait
encore passer au sujet que ce n’est pas légitime). Il faut faire comprendre que cela peut être douloureux de
vivre des émotions mais que ce n’est pas dangereux.
Absence de risque à vivre ses émotions. Ce n’est pas délétère au fonctionnement du patient. On ne meurt
pas d’une émotion ou d’une attaque de panique même si ça nous fait penser le contraire.
Sert de modèle au patient. Modèle identificatoire du thérapeute possible ; il a pu se construire malgré des
événements difficiles.
Exprimer les émotions n’est pas un signe de faiblesse : pas d’impact sur l’estime de soi, dépend de la
personnalité que l’on a. on peut aussi avoir une meilleure reconnaissance/conscience de ses émotions
même si on ne les exprime pas au quotidien. Tout ressenti émotionnel peut être adapté.
Permet d’accroitre l’empathie qu’on a vis-à-vis du patient notamment quand le thérapeute est dans le doute
par rapport à la progression du patient. L’acceptation permet de renforcer l’attitude empathique du
thérapeute. Importance de rassurer le patient !
Il n’y a pas de définition de régulation émotionnel, c’est au cas par cas, dépend de la souffrance que cela
peut engendrer chez quelqu’un au quotidien (en ne communiquant pas assez ses émotions par exemple…).
Se questionner sur le comment et non le pourquoi au niveau des ruminations n’est pas en contradiction avec
l’approche psychanalytique mais en parallèle.
Travaux avec des sujets qui étaient formés à la mindfulness qui ont montré un changement physiologique au
niveau des connexions cérébrales (IRM) même à court terme. Mais on ne sait pas si ces nouvelles connexions
persistent quand les sujets arrêtent de pratiquer les exercices.
Pour l’examen, comprendre le principe et pourquoi travailler sur les émotions et la dysrégulation
émotionnelle, ce qui est bien pour telle pathologie ou pas, ce qu’on pourrait proposer etc.
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