Partie Ii
Partie Ii
Le deuxième acteur est le planificateur provincial, qui opère au niveau des Directions
Provinciales. Ses besoins portent sur la consultation des données détaillées de sa province, la
remontée d'informations vers le niveau régional, l'élaboration de propositions d'ouverture ou de
fermeture de classes, et la production de la carte scolaire provinciale. Il utilise le système à un
niveau de granularité plus fin que le planificateur régional, en se concentrant sur les établissements
et les communes de son ressort territorial.
Le troisième acteur est le directeur d'établissement, dont le rôle dans le système est
principalement de consultation et de saisie. Il consulte les données relatives à son établissement,
saisit les informations complémentaires non disponibles dans MASSAR (état des infrastructures,
besoins spécifiques), et accède aux projections concernant son établissement. Cet acteur représente
le niveau le plus opérationnel du système.
À partir de l'analyse des besoins des acteurs et des thèmes émergents de notre enquête de
terrain, nous avons identifié et spécifié les besoins fonctionnels du système, organisés en six
modules fonctionnels.
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Création de scénarios, ouverture/fermeture, Planif. régional,
M4 Simulation
redistribution, comparaison provincial
Rapports auto (situation, projections, carte scolaire),
M5 Rapports Tous les acteurs
export PDF/Excel
Gestion utilisateurs/droits, imports MASSAR/PSP,
M6 Administration Administrateur
configuration système
Tableau 5.2 — Spécification des modules fonctionnels (M1-M6) du SIAMPS
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Le module « Rapports » (M5) assure la production de documents de synthèse. Il comprend
la génération automatique de la carte scolaire provisoire, la production de rapports statistiques
personnalisables, l'exportation des données en formats standards (Excel, PDF), et la génération de
supports pour le Conseil d'Administration de l'AREF.
Le diagramme de cas d'utilisation général du SIAMPS représente les interactions entre les
quatre acteurs identifiés et les principaux cas d'utilisation du système. Nous avons identifié un total
de vingt-trois cas d'utilisation, répartis entre les six modules fonctionnels. Les cas d'utilisation les
plus critiques, ceux qui concentrent la valeur ajoutée du système, sont « Consulter le tableau de
bord régional », « Visualiser la carte scolaire interactive », « Générer des projections d'effectifs »,
« Simuler un scénario de planification », et « Générer un rapport de planification ».
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Le planificateur peut modifier ces paramètres ou conserver les valeurs par défaut. Le système
calcule les projections en utilisant le modèle sélectionné (projection par cohorte ou modèle
prédictif). Les résultats sont affichés sous forme de tableaux et de graphiques, avec la possibilité
de comparer différents scénarios. Le planificateur peut enregistrer le scénario et l'exporter sous
forme de rapport.
Le package « Entités scolaires » comprend les classes Établissement, Cycle, Classe (au
sens de groupe-classe), Salle, et Infrastructure. La classe Établissement est la classe centrale du
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modèle. Elle est caractérisée par un identifiant unique (code MASSAR), un nom, une adresse, des
coordonnées GPS (latitude, longitude), un type (école primaire, collège, lycée, satellite), une
capacité d'accueil, et un état général. Elle est liée à Commune par une association « est situé dans
» et possède une composition avec les classes Cycle, Salle et Infrastructure. La classe Cycle
contient les attributs identifiant, libellé (primaire, collégial, qualifiant) et nombre de niveaux. La
classe Classe contient les attributs identifiant, niveau, effectif et enseignant_responsable.
Les relations entre les classes reflètent la structure organisationnelle du système éducatif
marocain et les processus de planification. La relation entre Région et Province est une
composition de type 1..* (une région contient au moins une province). La relation entre Province
et Commune est également une composition 1..*. La relation entre Commune et Établissement est
une association de type 0..* (une commune peut contenir zéro ou plusieurs établissements). La
relation entre Établissement et Cycle est une composition de type 1..3 (un établissement propose
au moins un cycle et au maximum trois). La relation entre Établissement et IndicateurScolaire est
une association de type 1..* avec une qualification temporelle (un établissement possède des
indicateurs pour chaque période de référence).
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Une attention particulière a été portée à la modélisation des relations spatiales. La classe
Établissement hérite de la classe abstraite EntitéGéolocalisée, qui fournit les attributs de
géolocalisation (latitude, longitude, géométrie) et les méthodes de calcul de distance. La classe
ZoneDesserte est calculée dynamiquement à partir de la localisation des établissements et de la
répartition de la population, en utilisant les algorithmes de tessellation de Voronoï et les calculs
d'isochrones.
Le processus de simulation de scénario est plus complexe car il implique des interactions
itératives entre l'utilisateur et le système. Le planificateur crée un nouveau scénario en spécifiant
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un nom et une description. Il définit ensuite les paramètres de la simulation : par exemple, il
indique l'ouverture d'un nouvel établissement dans une commune donnée, avec une capacité de 12
classes. Le SimulationController calcule l'impact de cette modification sur l'ensemble des
indicateurs : redistribution des effectifs entre les établissements de la zone de desserte,
modification des taux d'encombrement, évolution des ratios élèves/enseignant, estimation des
besoins en personnel enseignant.
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1.5.1. Le modèle physique de données
Le modèle physique de données du SIAMPS est conçu selon une approche hybride qui
combine un schéma relationnel classique pour les données transactionnelles et un modèle en étoile
pour l'entrepôt de données décisionnel. Le schéma relationnel comprend les tables principales
suivantes : la table « etablissements » qui stocke les informations de référence des établissements
scolaires (code MASSAR, nom, type, coordonnées GPS, commune de rattachement) ; la table «
effectifs » qui enregistre les effectifs par établissement, par niveau et par année scolaire ; la table
« personnels » qui contient les informations sur les enseignants et leur affectation ; la table «
infrastructures » qui décrit l'état des bâtiments et des équipements ; et la table «
donnees_demographiques » qui stocke les projections de population par commune.
Le modèle en étoile de l'entrepôt de données est centré sur une table de faits «
fait_planification » qui enregistre les mesures clés (effectif élèves, nombre de classes, nombre
d'enseignants, capacité d'accueil) pour chaque combinaison des dimensions suivantes : dimension
« temps » (année scolaire, trimestre), dimension « géographie » (région, province, commune,
établissement), dimension « cycle » (primaire, collégial, qualifiant), et dimension « type_milieu »
(urbain, rural, périurbain). Ce modèle dimensionnel permet des requêtes analytiques performantes
avec des agrégations selon différents axes d'analyse, ce qui est essentiel pour la production des
tableaux de bord et des rapports.
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Figure 5.6 — Modèle en étoile de l'entrepôt de données du SIAMPS
L'intégration des données constitue un enjeu critique pour le SIAMPS, dans la mesure où
les données proviennent de sources hétérogènes : le système MASSAR (données scolaires), les
bases du HCP (données démographiques), la plateforme PSP (données de planification), et les
relevés de terrain (données géographiques et d'état des infrastructures). Nous adoptons une
approche ETL (Extract-Transform-Load) structurée en trois phases.
La phase d'extraction consiste à récupérer les données depuis les systèmes sources. Pour
MASSAR, les données seront extraites sous forme de fichiers CSV ou Excel, conformément aux
formats de sortie disponibles dans le système. Pour les données du HCP, nous utiliserons les
projections de population publiées au format numérique. Pour les données géographiques, nous
exploiterons les bases de données cartographiques disponibles (OpenStreetMap) enrichies par les
données de géolocalisation des établissements. La phase de transformation comprend le nettoyage
des données (traitement des valeurs manquantes, correction des anomalies, harmonisation des
formats), la réconciliation des identifiants entre les systèmes sources, le calcul des indicateurs
dérivés, et la consolidation selon les dimensions du modèle en étoile. La phase de chargement
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consiste à alimenter l'entrepôt de données de manière incrémentale, avec un mécanisme de
versionnage permettant de conserver l'historique des chargements.
Ces composants communiquent entre eux via des interfaces bien définies, ce qui permet de
les développer, de les tester et de les faire évoluer de manière indépendante. Par exemple, le
composant AnalyticsEngine expose une interface IAnalytics avec des méthodes telles que
calculateIndicators(), generateProjection() et generateRecommendation(), qui sont consommées
par les composants de présentation et de simulation. Le composant GISModule expose une
interface IGeoServices avec des méthodes telles que geocodeEstablishment(),
calculateIsochrone() et computeVoronoi(), utilisées par les composants d'analyse et de simulation.
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web standard, sans installation locale, à travers le réseau intranet de l'AREF ou via Internet avec
authentification sécurisée.
Cette architecture présente plusieurs avantages : la centralisation des données garantit leur
cohérence et leur sécurité ; l'absence d'installation locale facilite le déploiement et la maintenance
; la compatibilité avec des postes clients modestes (navigateur web) respecte la contrainte du parc
informatique hétérogène identifiée lors de notre enquête de terrain.
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Couche Technologie Version Rôle
Framework web principal, gestion des vues et
Back-end Django 4.2 LTS
modèles
Django REST Framework 3.14 API REST pour l'alimentation du front-end
Python 3.11 Langage principal de développement
Données PostgreSQL 15 Base de données relationnelle principale
PostGIS 3.3 Extension spatiale, analyse géographique
Analytics Pandas 2.1 Manipulation des données tabulaires
Scikit-learn 1.3 Modèles d'apprentissage automatique
GeoPandas 0.14 Analyse spatiale et zones de desserte
Front-end Bootstrap 5.3 Framework CSS responsive
[Link] 4.4 Graphiques et visualisations
[Link] 1.9 Cartes interactives et couches SIG
Tableau 6.1 — Stack technologique du prototype SIAMPS
Le projet Django est organisé en six applications, correspondant aux six modules
fonctionnels identifiés lors de la conception. L'application « core » contient les modèles de données
de base (établissements, communes, provinces), les utilitaires communs et les mécanismes
d'import de données. L'application « dashboard » implémente les vues du tableau de bord et les
calculs d'indicateurs. L'application « cartography » gère le module SIG et les fonctionnalités de
visualisation spatiale. L'application « projections » implémente les algorithmes de projection et les
modèles prédictifs. L'application « simulation » gère la création et l'exécution de scénarios.
L'application « reports » assure la génération des rapports et l'exportation des données.
La base de données a été initialisée avec les données de référence suivantes : la structure
territoriale de la région Souss Massa (2 préfectures, 4 provinces, 175 communes), le référentiel
des établissements scolaires issu de MASSAR, les données démographiques communales du HCP,
et les données de géolocalisation des établissements issues d'OpenStreetMap et de relevés de
terrain. L'ensemble de ces données a été intégré via des scripts ETL développés en Python,
conformément à la stratégie d'intégration décrite au chapitre 5.
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Le module tableau de bord constitue la première brique fonctionnelle développée. Les
indicateurs sont calculés dynamiquement à partir des données de l'entrepôt, en utilisant les
capacités d'agrégation de Django ORM et de PostgreSQL. Le taux de scolarisation net est calculé
comme le rapport entre le nombre d'élèves inscrits dans la tranche d'âge officielle et la population
totale de cette tranche d'âge, pour chaque zone géographique. Le taux d'encombrement est calculé
comme le pourcentage de classes dont l'effectif dépasse le seuil normatif (40 élèves selon les
normes de l'AREF). Le ratio élèves/enseignant est obtenu en divisant l'effectif total par le nombre
d'enseignants en poste. Le taux d'utilisation des infrastructures compare le nombre de salles
effectivement utilisées au nombre total de salles disponibles.
Les indicateurs sont pré-calculés et mis en cache pour optimiser les temps de réponse. Un
mécanisme de rafraîchissement périodique assure la mise à jour des indicateurs lorsque de
nouvelles données sont importées dans le système. L'interface du tableau de bord présente les
indicateurs sous forme de cartes synthétiques (cards) avec un code couleur (vert, orange, rouge)
indiquant le niveau de conformité par rapport aux normes, accompagnées de graphiques de
tendance montrant l'évolution sur les dernières années scolaires.
L'interface du tableau de bord a été conçue selon les principes du design centré utilisateur,
en tenant compte du profil des planificateurs de l'AREF. La page d'accueil présente une vue
synthétique de la situation régionale, avec les indicateurs clés agrégés au niveau de la région. Un
système de filtres permet de naviguer vers les niveaux provincial, communal et par établissement.
Chaque indicateur est cliquable et ouvre une vue détaillée avec des graphiques d'évolution
temporelle, une décomposition par cycle et par milieu (urbain/rural), et un classement des entités
territoriales. Les graphiques sont interactifs grâce à [Link] : le survol d'un point affiche les valeurs
exactes, et le clic sur un élément permet de driller down vers un niveau de détail plus fin.
Le module cartographique est implémenté avec [Link] côté client et GeoDjango côté
serveur. Les établissements scolaires sont représentés sur la carte par des marqueurs dont la couleur
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indique le cycle d'enseignement (bleu pour le primaire, vert pour le collégial, rouge pour le
qualifiant) et la taille est proportionnelle à l'effectif. Les données géographiques sont servies au
format GeoJSON via l'API REST de Django, ce qui permet un chargement dynamique en fonction
de la zone géographique affichée par l'utilisateur.
Plusieurs couches d'information peuvent être superposées sur la carte : les limites
administratives (provinces, communes), la densité de population (carte de chaleur basée sur les
données du HCP), les zones de desserte des établissements (polygones de Voronoï calculés avec
les fonctions spatiales de PostGIS), et les isochrones de 15, 30 et 45 minutes de trajet (calculées à
partir du réseau routier d'OpenStreetMap). L'utilisateur peut activer ou désactiver chaque couche
via un panneau de contrôle latéral, ce qui permet de visualiser les données selon différentes
perspectives.
L'une des fonctionnalités les plus utiles du module cartographique est l'identification
automatique des zones de tension, c'est-à-dire les zones où l'offre scolaire est insuffisante par
rapport à la demande. Cette fonctionnalité combine l'analyse spatiale et les indicateurs du tableau
de bord. Le système identifie les communes où le taux d'encombrement dépasse le seuil critique,
les zones où la distance moyenne entre les habitations et l'établissement le plus proche dépasse un
seuil normatif, et les zones où la projection démographique indique une croissance significative
de la population scolaire. Ces zones sont matérialisées sur la carte par un halo coloré (rouge pour
critique, orange pour attention), permettant aux planificateurs d'identifier visuellement les priorités
d'intervention.
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projection (1 à 5 ans). Pour chaque année de l'horizon et chaque niveau, l'effectif projeté est calculé
comme la somme des élèves promus du niveau inférieur, des redoublants du même niveau, et, pour
la première année du cycle, des nouveaux entrants. L'implémentation en Python utilise des
matrices de transition stockées dans des DataFrames Pandas, ce qui permet un calcul vectorisé
efficace.
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Figure 6.4 — Performance du modèle prédictif : valeurs réelles vs prédites et importance des variables
Les résultats de l'évaluation montrent que le modèle de forêt aléatoire obtient un coefficient
de détermination (R²) de 0,94 et une erreur absolue moyenne (MAE) de 12 élèves par
établissement, ce qui est satisfaisant pour un outil d'aide à la décision. La comparaison avec la
méthode de projection par cohorte montre que le modèle prédictif est légèrement plus performant
pour les établissements situés dans des zones à forte dynamique démographique, où les relations
non linéaires entre les variables explicatives sont mieux capturées par l'algorithme de forêt
aléatoire. Les deux méthodes sont proposées à l'utilisateur, qui peut comparer les résultats et
choisir la projection qui lui semble la plus pertinente selon le contexte.
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Après chaque modification, le moteur de simulation recalcule automatiquement l'ensemble
des indicateurs affectés, les zones de desserte, la distribution des effectifs, et les projections. Les
résultats sont présentés en mode comparatif, avec un affichage côte à côte de la situation actuelle
et du scénario simulé. Un indicateur synthétique de « score de planification » agrège les différentes
dimensions (couverture, encombrement, accessibilité, efficience) pour faciliter la comparaison
globale des scénarios. Le planificateur peut enregistrer plusieurs scénarios, les comparer entre eux,
et exporter le scénario retenu sous forme de rapport.
Pour le cas spécifique de la simulation d'ouverture d'un nouvel établissement, nous avons
implémenté un algorithme d'allocation optimale qui détermine la répartition des élèves entre les
établissements existants et le nouveau. Cet algorithme est formulé comme un problème
d'optimisation sous contraintes : l'objectif est de minimiser la distance moyenne de déplacement
des élèves, sous les contraintes de capacité des établissements et de continuité pédagogique (un
élève ne change d'établissement qu'en cas de passage de cycle ou de déménagement). L'algorithme
est implémenté en utilisant la bibliothèque SciPy pour la résolution du problème d'optimisation
linéaire, et les distances sont calculées en utilisant les fonctions spatiales de PostGIS.
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des indicateurs, les algorithmes de projection, et les mécanismes d'import de données. Les tests
d'intégration vérifient le bon fonctionnement des interactions entre les composants, notamment
entre le module analytique et la base de données, et entre le module cartographique et le serveur
de données géographiques. Les tests fonctionnels valident les cas d'utilisation principaux du point
de vue de l'utilisateur final. Au total, plus de 120 tests automatisés ont été développés, avec un
taux de couverture du code supérieur à 80 %. Ces tests garantissent la fiabilité des calculs et
facilitent la maintenance évolutive du système.
Conclusion du chapitre 1
Ce chapitre a permis de traduire le cadre conceptuel et les choix techniques définis dans la
première partie en un prototype fonctionnel du SIAMPS. La conception détaillée, guidée par le
Processus Unifié et formalisée à travers les diagrammes UML, a abouti à une architecture
modulaire en six composants faiblement couplés, s'appuyant sur un modèle de données hybride
combinant schéma relationnel et entrepôt dimensionnel en étoile. L'implémentation du prototype
a démontré la faisabilité technique de l'ensemble des fonctionnalités envisagées : tableaux de bord
dynamiques avec indicateurs en temps réel, cartographie interactive intégrant l'analyse spatiale et
l'identification des zones de tension, projections par cohorte et par apprentissage automatique avec
des performances satisfaisantes (R² de 0,94, MAE de 12 élèves), moteur de simulation permettant
l'évaluation comparative de scénarios, et génération automatisée de rapports. L'ensemble, couvert
par plus de 120 tests automatisés, constitue désormais un prototype opérationnel prêt à être soumis
à la validation des utilisateurs, objet du chapitre suivant.
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réflexion en discutant les contributions scientifiques et pratiques de notre recherche, ses
implications pour les politiques éducatives au Maroc, et les perspectives de recherche et de
développement qui en découlent.
La validation a été conduite selon une méthodologie mixte, combinant des éléments
quantitatifs et qualitatifs. La composante quantitative repose sur un questionnaire d'évaluation
structuré autour de l'échelle SUS (System Usability Scale), un instrument standardisé et largement
utilisé dans l'évaluation de l'utilisabilité des systèmes interactifs, développé par Brooke (1996).
L'échelle SUS comprend dix items évalués sur une échelle de Likert à cinq points, et produit un
score global d'utilisabilité compris entre 0 et 100. Un score supérieur à 68 est considéré comme
acceptable, et un score supérieur à 80 est considéré comme bon.
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La composante qualitative repose sur des entretiens semi-directifs post-démonstration,
conduits avec chaque participant après la session de test. Ces entretiens, d'une durée de 20 à 30
minutes, visent à recueillir les impressions générales des utilisateurs, à identifier les points forts et
les points faibles du système, et à collecter les suggestions d'amélioration. Cette combinaison de
méthodes quantitatives et qualitatives assure une évaluation riche et nuancée du prototype.
Les sessions de validation ont été conduites auprès de huit participants, sélectionnés parmi
les acteurs de la planification scolaire au sein de l'AREF Souss Massa. L'échantillon comprend
deux cadres de la Division de la Planification de l'AREF, trois responsables de la planification au
niveau des Directions Provinciales (Agadir, Inezgane et Taroudannt), un chef d'établissement, et
deux cadres chargés des systèmes d'information. Cet échantillon, bien que de taille modeste,
couvre les quatre profils d'acteurs identifiés dans notre modèle et garantit une diversité de
perspectives.
Chaque session de validation s'est déroulée en trois temps. Dans un premier temps (15
minutes), une présentation générale du système a été réalisée, exposant ses objectifs, son
architecture et ses principales fonctionnalités. Dans un deuxième temps (45 minutes), le participant
a réalisé un scénario de test guidé, comprenant cinq tâches représentatives : consulter le tableau de
bord régional et naviguer vers le niveau provincial, visualiser la carte scolaire interactive et activer
les couches d'information, générer une projection des effectifs pour une province sur trois ans,
créer un scénario de simulation d'ouverture d'un nouvel établissement et comparer les résultats
avec la situation actuelle, et enfin générer un rapport de synthèse. Dans un troisième temps (20
minutes), le participant a rempli les questionnaires d'évaluation et a été interviewé dans le cadre
de l'entretien post-démonstration.
L'analyse des résultats de l'échelle SUS a produit un score moyen de 76,5 sur 100, avec un
écart-type de 8,2. Ce score se situe au-dessus du seuil d'acceptabilité de 68 et correspond, selon la
grille d'interprétation de Bangor et al. (2009), à un niveau d'utilisabilité qualifié de « bon ». Les
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scores individuels varient entre 65 et 90, les scores les plus élevés étant obtenus par les cadres de
la Division de la Planification et les responsables des systèmes d'information, tandis que les scores
les plus bas correspondent au chef d'établissement et à un responsable provincial moins familier
avec les outils informatiques.
L'analyse détaillée des items de l'échelle SUS révèle que les items les mieux notés sont
ceux relatifs à l'intégration des fonctionnalités et à la confiance dans l'utilisation. Les items les
moins bien notés concernent la complexité perçue et le besoin de formation préalable. Ces résultats
suggèrent que si le système est globalement bien conçu et cohérent, certaines fonctionnalités,
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notamment les modules de projection et de simulation, nécessitent un accompagnement et une
formation pour être pleinement maîtrisées.
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Figure 7.2 — Scores d'adéquation fonctionnelle par module
Les entretiens post-démonstration ont permis de recueillir des retours riches et nuancés.
Trois thèmes principaux ont émergé de l'analyse. Le premier thème est la reconnaissance de la
valeur ajoutée du système. L'ensemble des participants a reconnu que le SIAMPS apporte une
valeur ajoutée significative par rapport aux outils actuels. Un cadre de la Division de la
Planification a souligné que « pour la première fois, on peut voir la situation scolaire de la région
de manière intégrée, au lieu de jongler entre dix fichiers Excel différents ». Un responsable
provincial a insisté sur le fait que « la carte interactive change complètement la manière dont on
appréhende les problèmes de planification ».
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1.3.1. Forces du système
Malgré ses forces, le prototype présente des limites qu'il convient de reconnaître. La
première limite concerne la qualité des données. Le système est tributaire de la fiabilité des
données de MASSAR, qui ne sont pas toujours à jour. Le principe « garbage in, garbage out »
s'applique pleinement : un mécanisme plus robuste de détection d'anomalies et de validation des
données à l'import serait nécessaire. La deuxième limite concerne l'interprétabilité des modèles
prédictifs. Les résultats de la validation ont confirmé que les utilisateurs éprouvent des difficultés
à comprendre les prédictions du modèle de forêt aléatoire, perçu comme une « boîte noire ».
L'intégration de techniques d'IA explicable (SHAP, LIME) constituerait une amélioration
significative.
La troisième limite est liée à la taille de l'échantillon de validation. Avec huit participants,
notre validation ne permet pas de généraliser les résultats de manière statistiquement robuste. Une
validation à plus grande échelle, impliquant des planificateurs de plusieurs AREF, serait
nécessaire. La quatrième limite concerne la performance du modèle prédictif. Le coefficient de
détermination de 0,94, bien que satisfaisant, a été obtenu sur un ensemble de données relativement
homogène. La généralisation à d'autres régions nécessiterait un réentraînement sur des données
locales, et la performance n'a pas été évaluée en conditions réelles de prévision, ce qui constitue
une limitation méthodologique.
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Au terme de cette validation, il convient de revenir à notre problématique initiale :
comment concevoir un système intelligent, fondé sur les principes de l'Educational Analytics,
capable d'assister les responsables de la micro-planification scolaire au sein de l'AREF Souss
Massa ? Les résultats montrent que le SIAMPS apporte une réponse concrète et opérationnelle, en
intégrant quatre niveaux d'analytics dans un système cohérent et adapté au contexte. L'analyse
descriptive est assurée par le tableau de bord, l'analyse diagnostique par le module cartographique,
l'analyse prédictive par les modèles de projection, et l'analyse prescriptive par le moteur de
simulation.
Les besoins réels des planificateurs, identifiés de manière inductive, portent sur la
centralisation des données, la visualisation spatiale, les outils de projection et l'automatisation des
tâches. Les données mobilisables dans les systèmes existants, principalement MASSAR et les
bases du HCP, sont suffisantes pour alimenter un système d'aide à la décision, sous réserve d'un
travail rigoureux de nettoyage et d'intégration. Les techniques d'analyse les plus adaptées au
contexte combinent des méthodes classiques de projection par cohorte et des méthodes
d'apprentissage automatique, dans un cadre de complémentarité plutôt que de substitution.
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La deuxième contribution est d'ordre méthodologique : notre recherche illustre la fécondité
de l'approche inductive dans le domaine de la conception de systèmes d'information. En partant du
terrain plutôt que d'hypothèses théoriques prédéfinies, nous avons pu construire un système
véritablement adapté aux besoins des utilisateurs et au contexte institutionnel. Cette démarche,
inspirée de Thomas (2006) et de la tradition de la Grounded Theory (Strauss et Corbin, 1998),
offre une alternative pertinente aux approches déductives classiques.
La troisième contribution est d'ordre technique : l'intégration d'un module SIG dans le
processus de planification scolaire, couplé à des algorithmes d'analyse spatiale et d'optimisation
de la localisation, constitue une innovation significative. La fonctionnalité d'identification
automatique des zones de tension, combinant indicateurs scolaires et données spatiales, offre un
outil d'aide à la décision inédit pour les planificateurs.
Sur le plan pratique, le prototype SIAMPS constitue un outil fonctionnel déployable par
les planificateurs de l'AREF Souss Massa. Les choix technologiques open source garantissent un
coût d'acquisition nul et une indépendance vis-à-vis de tout éditeur commercial. L'architecture
modulaire permet une mise en service progressive, en commençant par les modules les plus
demandés. Par ailleurs, le prototype peut servir de base à un déploiement dans d'autres AREF du
Maroc, moyennant un paramétrage des données de référence, ce qui constitue un atout dans un
contexte d'harmonisation nationale des pratiques de planification.
Les résultats de notre recherche ont des implications directes pour les politiques éducatives
au Maroc, à plusieurs niveaux. Au niveau stratégique, notre travail met en évidence le potentiel
largement sous-exploité des données éducatives disponibles dans les systèmes existants, en
particulier MASSAR. La loi-cadre n° 51.17, qui inscrit la gouvernance et l'amélioration continue
parmi les leviers fondamentaux de la réforme éducative, fournit le cadre juridique favorable à
l'intégration de ces approches analytiques dans le processus décisionnel.
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outils d'analyse de données et aux systèmes d'information géographique apparaît comme un
investissement prioritaire. De même, la mise en place de procédures formalisées pour la collecte,
la validation et la mise à jour des données est un prérequis indispensable. L'expérience de l'IIPE-
UNESCO (2025), qui recommande le renforcement des compétences des planificateurs à l'ère du
numérique, conforte cette analyse.
Au niveau technologique, notre recherche plaide pour une évolution de la plateforme PSP
vers l'intégration de fonctionnalités d'aide à la décision et d'analyse spatiale. L'ajout d'un module
SIG, de tableaux de bord interactifs, et de capacités d'analyse prédictive permettrait de transformer
la PSP en un véritable système d'aide à la décision, au service de l'ensemble des AREF du
Royaume.
La deuxième piste porte sur l'IA explicable (Explainable AI) dans le contexte de la
planification éducative. Les résultats de notre validation ont montré que l'interprétabilité des
modèles est un facteur critique d'adoption. La recherche sur les méthodes d'explication des
prédictions (SHAP, LIME, attention mechanisms) appliquées au domaine éducatif constitue un
champ encore peu exploré. La question fondamentale est de savoir comment rendre les
recommandations d'un système intelligent suffisamment transparentes pour que les décideurs
puissent les comprendre et les évaluer critiquement.
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Une recherche comparative, déployant le système dans plusieurs AREF aux profils contrastés,
permettrait de tester cette transférabilité et d'identifier les adaptations nécessaires.
Conclusion du chapitre 2
Au terme de ce chapitre, la validation du prototype SIAMPS a permis de confirmer sa
pertinence fonctionnelle et son utilisabilité globalement satisfaisante, comme en témoignent un
score SUS moyen de 76,5 et des scores d'adéquation fonctionnelle supérieurs à 3,8 sur 5 pour
l'ensemble des modules. Les retours qualitatifs des participants ont par ailleurs mis en lumière la
valeur ajoutée perçue du système, tout en identifiant des axes d'amélioration importants,
notamment en matière d'interprétabilité des modèles prédictifs et de formation des utilisateurs. Au-
delà de la validation, ce chapitre a permis de situer notre travail dans une perspective plus large,
en soulignant ses contributions au champ de l'Educational Analytics et ses implications pour la
modernisation de la planification scolaire au Maroc. Les perspectives de recherche et de
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développement identifiées ouvrent la voie à des travaux futurs visant à enrichir, généraliser et
pérenniser le système proposé.
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