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Exposé Tfisc

La fiscalité internationale régule l'imposition entre États pour éviter la double imposition et lutter contre la fraude fiscale, particulièrement importante dans un contexte de mondialisation. Madagascar, attirant des investissements étrangers, a signé plusieurs conventions fiscales pour équilibrer attractivité et préservation de ses ressources budgétaires. Les enjeux majeurs incluent la double imposition, la fraude fiscale et la nécessité d'une coopération internationale pour assurer une justice fiscale.

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Exposé Tfisc

La fiscalité internationale régule l'imposition entre États pour éviter la double imposition et lutter contre la fraude fiscale, particulièrement importante dans un contexte de mondialisation. Madagascar, attirant des investissements étrangers, a signé plusieurs conventions fiscales pour équilibrer attractivité et préservation de ses ressources budgétaires. Les enjeux majeurs incluent la double imposition, la fraude fiscale et la nécessité d'une coopération internationale pour assurer une justice fiscale.

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EXPOSE T-FIS

Introduction

Définition et portée de la fiscalité internationale

La fiscalité internationale désigne l’ensemble des règles fiscales qui régissent les situations
impliquant plusieurs pays, que ce soit pour des personnes physiques, des entreprises ou des
flux financiers. Elle organise la répartition du droit d’imposer entre les États et cherche à
répondre à une question centrale : à qui revient l’impôt lorsque le revenu ou le patrimoine
dépasse les frontières nationales ?

Importance dans le contexte mondial

Avec la mondialisation des échanges, la montée en puissance des investissements étrangers et


l’expansion des multinationales, la fiscalité internationale occupe une place stratégique. Elle
permet d’éviter les doubles impositions qui freinent les flux économiques, mais aussi de lutter
contre la fraude et l’évasion fiscales qui privent les États de ressources considérables. Elle
constitue ainsi un levier essentiel d’équité et de justice dans l’économie mondiale.

Spécificités du cas malgache

À Madagascar, ce domaine prend une importance particulière. Le pays attire des


investissements étrangers, notamment dans les secteurs miniers, énergétique et industriel.
Dans ce contexte, il doit assurer un équilibre entre attractivité fiscale pour encourager les
investisseurs et préservation de ses ressources budgétaires pour financer le développement.
Madagascar a donc signé plusieurs conventions fiscales bilatérales, par exemple avec la
France, Maurice ou encore la Chine, afin d’encadrer la fiscalité des échanges et de limiter les
risques de double imposition.
Les fondements de la fiscalité internationale

A- Les principes fondamentaux

I. Principe de la résidence

○ Chaque État peut imposer les revenus de ses résidents, même si ces revenus
sont générés à l’étranger. Ce principe repose sur l'idée que le contribuable
bénéficie des services publics et de la protection de l'État où il réside, justifiant
ainsi une imposition globale.

○ Exemple : une entreprise française doit déclarer ses bénéfices mondiaux en


France.

1) Critères de détermination de la résidence


a) Pour les personnes physiques :
● Résidence habituelle ou domicile fiscal
● Durée de séjour (généralement 183 jours par an)
● Centre des intérêts vitaux (liens familiaux, économiques, sociaux)
● Nationalité (critère subsidiaire)
b) Pour les personnes morales :
● Lieu du siège social
● Lieu de direction effective
● Lieu d'incorporation
● Lieu de contrôle
2) Avantages et limites

Avantages :

● Simplicité conceptuelle
● Correspondance avec le bénéfice des services publics
● Facilite la progressivité de l'impôt

Limites :

● Difficultés de détermination en cas de résidences multiples


● Risque de double imposition
● Possibilités d'évasion fiscale par changement de résidence

II. Principe de la source

○ Chaque État peut imposer les revenus générés sur son territoire, même si le
bénéficiaire n’y réside pas. Ce principe se justifie par le fait que l'État source
fournit l'infrastructure économique, juridique et sociale nécessaire à la création
de richesse.

○ Exemple : un investisseur étranger touchant des dividendes à Madagascar est


imposable à Madagascar sur ces dividendes.

Autres cas récurrents :

Revenus immobiliers : Imposition systématique dans l'État de situation de l'immeuble

Bénéfices d'entreprise : Imposition des profits réalisés par l'intermédiaire d'un établissement
stable

Revenus de capitaux mobiliers : Application de retenues à la source, souvent à taux réduit

Revenus d'activité : Imposition selon le lieu d'exercice de l'activité

III. Principe de territorialité

○ Conception restrictive :

Le principe de territorialité stricte limite l'imposition aux seuls revenus de source nationale. Il
s'oppose au principe de résidence en excluant l'imposition des revenus étrangers, même pour
les résidents fiscaux.
○ L’impôt est limité au territoire de l’État, sans chercher à imposer les revenus
mondiaux.

○ Exemple : certains pays n’imposent que les revenus réalisés dans leur
territoire, pas ceux de l’étranger.

B- Les enjeux majeurs

1. La double imposition

○ Problème : un même revenu peut être imposé deux fois (dans l’État de
résidence et dans l’État de la source).

○ Solution : les conventions fiscales bilatérales (traités) évitent ou réduisent


cette double imposition (par crédit d’impôt, exonération, répartition du droit
d’imposer).

2. La fraude et l’évasion fiscale

○ Certaines entreprises ou particuliers cherchent à échapper à l’impôt (paradis


fiscaux, prix de transfert artificiels…).

○ Réponse : coopération internationale, normes OCDE (BEPS), échange


automatique d’informations entre administrations fiscales.

3. L’équité et la justice fiscale

○ Objectif : éviter que certains paient trop (double imposition) et d’autres pas du
tout (fraude).

○ Assurer une répartition juste de l’impôt entre pays et entre contribuables.


○ Exemple : débat actuel sur la taxation des multinationales du numérique
(Google, Facebook, Amazon…).

Les instruments de régulation

Ce sont les moyens utilisés par l’État ou une autorité compétente pour encadrer, contrôler et
orienter les comportements économiques, fiscaux ou sociaux.

1. Instruments juridiques
o Conventions fiscales bilatérales (pour éviter la double imposition et l’évasion
fiscale).
o Conventions multilatérales (OCDE, Conseil de l’Europe).
o Directives et règlements régionaux (ex. Union Européenne).
2. Instruments économiques et fiscaux
o Imposition minimale mondiale (OCDE/G20 – taux minimum de 15 % sur les
multinationales).
o Mesures anti-abus (clauses fiscales pour limiter les montages artificiels).
o Taxes spécifiques (taxe sur les services numériques, droits de douane, etc.).
3. Instruments informationnels
o Échange automatique d’informations entre administrations fiscales (OCDE,
FATCA).
o Declaration pays par pays (Country by Country Reporting).
o Transparence sur les bénéficiaires effectifs (lutte contre sociétés écrans).
4. Instruments institutionnels
o OCDE (projet BEPS, forum sur la transparence).
o Union Européenne (liste noire des paradis fiscaux, directives ATAD).
o Nations Unies (coopération fiscale internationale).
o Organisations régionales (UEMOA, SADC, etc.).
Conventions fiscales bilatérales et multilatérales

1. Conventions fiscales bilatérales :


Les conventions fiscales bilatérales sont des accords signés entre deux pays pour organiser la
fiscalité des revenus et bénéfices qui circulent entre eux. Leur rôle principal est d’éviter que
les revenus ou bénéfices soient imposés deux fois, une fois dans chaque pays, ce qui s’appelle
la double imposition. Elles permettent aussi de lutter contre l’évasion fiscale, en empêchant
que des revenus soient cachés pour échapper à l’impôt. De plus, elles facilitent les échanges
économiques et les investissements entre les deux pays, car elles donnent confiance aux
entreprises et aux particuliers qui réalisent des activités dans ces pays. Ces conventions
concernent généralement l’impôt sur le revenu des personnes, l’impôt sur les sociétés, ainsi
que les retenues à la source sur les dividendes, les intérêts et les redevances.

2. Conventions fiscales multilatérales :


Les conventions fiscales multilatérales, quant à elles, sont des accords signés par plusieurs
pays ou organisations internationales pour coordonner et harmoniser les règles fiscales entre
eux. Elles ont pour rôle d’harmoniser la fiscalité internationale afin que les règles soient
cohérentes entre les pays, de faciliter la coopération fiscale à travers l’échange d’informations
et l’assistance au recouvrement des impôts, et de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale à
grande échelle. Elles permettent également d’intégrer dans les conventions bilatérales des
clauses anti-abus et d’assurer une coordination générale des règles fiscales internationales.
Ces conventions concernent notamment l’échange automatique d’informations fiscales,
l’assistance administrative mutuelle, et la mise en place de mesures pour prévenir l’érosion de
la base imposable et les transferts artificiels de bénéfices.

Rôles des organisations :

1. OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) :

⮚ Élaborer des modèles de conventions fiscales (notamment le modèle OCDE pour

éviter la double imposition).


⮚ Lancer et coordonner le projet BEPS (Base Erosion and Profit Shirting) pour lutter

contre l’optimisation fiscale agressive des multinationales.

⮚ Promouvoir la transparence fiscale (échange automatique d’informations entre États).

⮚ Instaurer des réformes comme le taux minimum mondial de 15 % pour les

multinationales (Pillar 2).

2. ONU (Organisation des Nations Unies) :

Son rôle est plus axé sur les pays en développement :

⮚ Proposer un Modèle de convention fiscale de l’ONU, qui favorise davantage les pays

sources (là où les revenus sont générés).

⮚ Fournir une plateforme de discussion à travers le Comité d’experts sur la coopération

fiscale internationale.

⮚ Aider les pays en développement à négocier des conventions fiscales équitables et à

renforcer leurs administrations fiscales.

3. Union Européenne (UE) :

En matière fiscale, elle agit surtout pour harmoniser et réguler entre ses membres :

⮚ Directives fiscales (ex. Directive ATAD contre l’évasion fiscale).

⮚ Lutte contre la fraude à la TVA et harmonisation partielle des taux.

⮚ Liste noire des paradis fiscaux et sanctions.

⮚ Règles de transparence pour les entreprises (reporting pays par pays).

4. Organisations régionales (ex. UEMOA, SADC, etc.)

Leur rôle est d’assurer une harmonisation fiscale régionale :


⮚ Mettre en place des règles communes pour éviter la concurrence fiscale dommageable.


Exemple : UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine) directives sur TVA et droits

⮚ SADC (Afrique australe) coordination des politiques fiscales et douanières.

Madagascar a conclu plusieurs conventions fiscales afin d’éviter la double imposition, de


prévenir l’évasion fiscale et de renforcer sa coopération internationale. Ces conventions
peuvent être bilatérales (entre deux pays) ou multilatérales (avec plusieurs pays et
organisations internationales).

Exemples de conventions signées par Madagascar

Madagascar a signé plusieurs conventions fiscales afin d’éviter la double imposition, de


prévenir l’évasion fiscale et de faciliter la coopération internationale.

Parmi les conventions bilatérales, on peut citer :

● France – Madagascar (1962) : vise à éviter la double imposition sur les impôts directs
et à définir les droits d’imposition entre les deux pays.

● Maurice – Madagascar (1994, entrée en vigueur 1995) : permet de régler la fiscalité


des dividendes, intérêts et redevances, et favorise les investissements entre les deux
pays.

● Canada – Madagascar (2016, entrée en vigueur 2020) : fixe des plafonds pour les
retenues à la source et prévient l’évasion fiscale sur les revenus.

● Maroc – Madagascar (2022) : encourage les échanges économiques et les


investissements bilatéraux.

Concernant les conventions multilatérales, Madagascar a adhéré à :

● La convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière


fiscale (MAAC) : signée en 2022 et entrée en vigueur pour Madagascar le 1er
novembre 2025. Elle permet l’échange d’informations fiscales, l’assistance au
recouvrement des impôts et la lutte contre la fraude à l’échelle internationale.

● La convention multilatérale BEPS (Base Erosion and Profit Shirting) : signée en 2019,
elle intègre des clauses anti-abus dans les conventions bilatérales afin de limiter
l’érosion de la base imposable et les transferts artificiels de bénéfices par les
multinationales.
Conclusion

Une discipline en constante évolution

La fiscalité internationale n’est pas figée : elle évolue au rythme des transformations
économiques mondiales. Les principes de résidence, de source et de territorialité restent la
base, mais de nouveaux enjeux, tels que la digitalisation de l’économie ou les flux liés aux
multinationales, obligent les États à adapter en permanence leurs législations.

Les défis pour Madagascar

Pour Madagascar, la fiscalité internationale est à la fois une opportunité et un défi. Les
conventions fiscales offrent un cadre de coopération et facilitent l’investissement, mais le
pays doit aussi affronter des difficultés majeures : contrôle des prix de transfert, lutte contre
l’érosion de la base fiscale, et adaptation aux standards proposés par des organisations comme
l’OCDE.

Une fiscalité adaptée au contexte actuel

En définitive, l’avenir repose sur la capacité des pays à coopérer et à harmoniser leurs règles.
Pour Madagascar, une fiscalité internationale adaptée aux réalités du moment est
indispensable pour préserver sa souveraineté économique, assurer une meilleure équité fiscale
et contribuer durablement à son développement

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