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Pages de Pathologies Des Globules Rouges (Livret Photo)

Le document est un glossaire illustré en 50 fiches sur les pathologies des globules rouges, écrit par Alexandre Bocquet et Frédérique Dubois. Il vise à aider à caractériser les anomalies morphologiques des érythrocytes, en fournissant des illustrations et des étiologies possibles pour chaque anomalie. Ce livre est destiné aux professionnels de la santé pour faciliter le diagnostic des pathologies érythrocytaires.

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Le document est un glossaire illustré en 50 fiches sur les pathologies des globules rouges, écrit par Alexandre Bocquet et Frédérique Dubois. Il vise à aider à caractériser les anomalies morphologiques des érythrocytes, en fournissant des illustrations et des étiologies possibles pour chaque anomalie. Ce livre est destiné aux professionnels de la santé pour faciliter le diagnostic des pathologies érythrocytaires.

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Alexandre Bocquet

Frédérique Dubois

PATHOLOGIES
DES GLOBULES ROUGES
Glossaire illustré en 50 fiches
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Publié par
SAS JLE
30A, rue Berthollet
94110 Arcueil
France

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Editrice : Alix Thimiakis


© Conception de la couverture : Hélène Mathorel
© 2025 JLE. Tous droits réservés.

ISBN : 978‑2-7420‑1771‑3

Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de


l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), 20, rue des Grands Augustins,
75006 Paris.
À Anaé, Baptiste et Marius,
mes rayons de soleil.
F. D.

Je dédicace cet ouvrage


à mon fils Matéo qui me donne
chaque jour l’envie d’être meilleur.
A. B.
Remerciements

Nous remercions la Dr Pamela Chauvin pour la relecture des pages du paludisme et de


la babésiose, la Pr Jill Corre pour la relecture des hématies en rouleaux, le Dr Patrick
Joubaud pour la relecture des agglutinats d’hématies, acanthocytes et sphérocytes.
Nous remercions nos collègues biologistes, technicien·nes et les internes du labora­
toire pour leur transmission de cas intéressants et leur réalisation de nombreux frottis
supplémentaires avec le sourire. Nous apprenons de nouvelles choses tous les jours
ensemble. Il serait trop long de tous et toutes les citer mais nous faisons une dédi‑
cace spéciale au Dr Jean-Baptiste Rieu (pour nos discussions sur ce qu’est vraiment
un kérato­cyte et ton superbe livre sur les hémopathies malignes qui nous a inspirés),
Anne-­Sophie Fradon (experte en formation et collection de lames), la Pr Véronique
De Mas et la Dr Léa ­Ousset (pour leur enthousiasme face à ce projet), la Dr Mathilde
Marlas (on peut en effet mettre une touche de cuisine partout), Sarah ­Decheiver
(­l’anémie mégalo­ blastique n’a plus de secrets pour toi), Julien Lemaitre (maître
­chercheur en pyknocytes), Ondine Perez et la Dr Céline Verdier (pour l’étude des inter­
férences des hyperlipidémies sur les hématies).
Un grand merci spécial à tous les collègues d’Alexandre à l’Oncopole, qui lui ont permis
de travailler régulièrement sur ce projet.
Nous remercions nos conjoints respectifs qui ont supporté nos longues, très longues
soirées devant l’ordinateur.

/ IV /
L’auteur et l’autrice

Alexandre Bocquet est technicien hospitalier spécialisé en


hématocytologie depuis plus de 10 ans au sein du labo-
ratoire d’hématologie à l’Institut universitaire du cancer
Toulouse-­ Oncopole. Il dispose d’une expérience impor-
tante dans le domaine de la formation initiale et continue
des internes et techniciens de laboratoire. Il réalise de nom-
breuses formations en présentiel ou virtuel pour les nou-
veaux arrivants du laboratoire et pour plusieurs ­sociétés
de formation continue (CTCB et AFCBM-MP). Il contribue
également à la numérisation des lames et illustrations de
la correction des EEQ frottis sanguins CTCB.

Frédérique Dubois est praticienne hospitalière, spécia-


lisée dans le domaine de l’hématologie depuis presque
20 ans. Elle est actuellement responsable des secteurs
d’hématologie automatisée et d’exploration des glo-
bules rouges du laboratoire d’hématologie du Centre
hospitalier universitaire de Toulouse. Elle fait partie du
centre de référence constitutif MCGRE (maladies consti-
tutionnelles du globule rouge et de l’érythro­ poïèse)
du centre hospitalier universitaire de Toulouse. Elle est
membre de plusieurs sociétés savantes (Groupe franco-
phone d’hémato­logie cellulaire, Société française d’hémato­logie, Club du globule
rouge et du fer). Elle dispose d’une expérience depuis plus de 15 ans dans le domaine
de la formation continue en hématologie auprès des biologistes et technicien·nes de
laboratoire (CTCB, AFCBM-MP…). Elle est présidente de l’association Formation conti-
nue en biologie et médecine proposant un programme international de formation
continue en e-learning incluant e-HEMATimage.

Pathologies des globules rouges /V/


Abréviations

AHAI anémie hémolytique auto-immune


CCMH concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine
CIQ contrôle interne de qualité
CIVD coagulation intravasculaire disséminée
CRP protéine C-réactive
CST coefficient de saturation de la transferrine
CTFT capacité totale de fixation en fer de la transferrine
DPG diphosphoglycérique
EDTA acide éthylène diamine tétra-acétique
EMA éosine 5’maléimide (test)
EPO érythropoïétine
FRC globule rouge fragmenté
G6PD glucose-6-phosphate déshydrogénase
GFHC Groupe francophone d’hématologie cellulaire
GPI glucose-6-phosphate isomérase
GR globule rouge
HA hématie adulte
HbA/A2/F hémoglobine A/A2/F
HDL lipoprotéine de haute densité
HF hématie fœtale
ICG immunochromatographie
ICHS International Council for Standardization in Hematology
IDR indice de distribution des globules rouges
IGG immunochromatographie
LA(M) leucémie aiguë (myéloïde)
LAMP Loop-mediated isothermal amplification
LCAT lécithine-cholestérol-acyl-transférase
LDH lactate déshydrogénase
LLC leucémie lymphoïde chronique
LMMC leucémie myélomonocytaire chronique
LZM lymphome de la zone marginale
MAI maladie auto-immune

/ VI /


MAT microangiopathie thrombotique


MGG May Grünwald Giemsa (coloration)
MGUS gammapathie monoclonale de signification indéterminée
NMD néoplasie myélodysplasique
OMS Organisation mondiale de la santé
P5’N pyrimidine 5’nucléotidase
PCR polymerase chain reaction
PNN polynucléaire neutrophile
PTT purpura thrombocytopénique thrombotique
PTI purpura thrombopénique immunologique
QBC quantitative buffy coat
RAI recherche d’agglutinines irrégulières
RNC rapport nucléocytoplasmique
SAO ovalocytose de l’Asie du Sud-Est
SLP syndrome lymphoprolifératif
SHU syndrome hémolytique et urémique
TCMH teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine
TDA test direct à l’antiglobuline (syn EDA/test de Coombs direct)
TDR test de diagnostic rapide
TGMH teneur globulaire moyenne en hémoglobine
VGM volume globulaire moyen
VHB/VHC virus de l’hépatite B/C
VMP volume plaquettaire moyen

Pathologies des globules rouges / VII /




Préface

Les globules rouges, pourtant très nombreux, sont souvent complètement oubliés au
détriment de leurs collègues plus grands et plus colorés, les leucocytes. Ils sont cepen‑
dant très importants et doivent être regardés avec attention. Un seul champ au faible
puis au fort grossissement suffira généralement pour apporter les éléments nécessaires
au raisonnement, parfois même pour aboutir à un diagnostic ou orienter vers les exa‑
mens complémentaires nécessaires.
Cet ouvrage a pour but de vous aider à caractériser les différentes anomalies morpho‑
logiques érythrocytaires.
La cytologie est très imagée et nous avons utilisé une profusion de différents termes
pouvant aider à reconnaitre ces anomalies. À vous de retenir ceux qui vous corres‑
pondent le mieux. De nombreuses illustrations légendées sont également présentes.
Une fois l’anomalie morphologique identifiée, sont indiquées les différentes étio­
logies possibles afin de vous aider à interpréter avec les données clinicobiologiques
du patient.
Nous avons par ailleurs rajouté quelques astuces au fil des pages pour vous accompa‑
gner dans la lecture des frottis.
Les pathologies que vous aiderez à diagnostiquer seront parfois très fréquentes, ou
très rares et malheureusement, pour complexifier la situation, plusieurs étiologies
pourront être associées. En cas de suspicion de maladie héréditaire rare, n’hésitez pas
à vous référer au site internet de la filière Maladies constitutionnelles rares du globule
rouge et de l’érythropoïèse (MCGRE*), où vous trouverez les arbres décisionnels glo‑
baux avec les analyses complémentaires à conseiller.
Ce livre, que nous voulons d’un format pratique, est à utiliser au fil du temps lors de vos
rencontres avec certaines anomalies. Le classement par ordre alphabétique permet de
les retrouver plus rapidement. Il est inspiré de notre expérience et s’appuie sur divers
livres et travaux publiés sur ce sujet.

* [Link]

/ VIII /
Sommaire

RemerciementsIV
L’auteur et l’autrice V
AbréviationsVI
PréfaceVIII
Introduction2
A
Acanthocyte6
Agglutinat de globules rouges 8
Anémie10
Anisochromie12
Anisocytose érythrocytaire/IDR 14
Anneau de Cabot 16
Annulocyte/CCMH18

B
Babésiose20

C
Cible – hématie cible 22
Codocyte24
Corps de Heinz 26
Corps de Howell-Jolly 28
Corps de Pappenheimer 30
Cristal d’hémoglobine C 32
Cryoglobuline34

D
Dacryocyte36
Double population 38
Drépanocyte40

E
Échinocyte42
Elliptocyte/ovalocyte44
Érythroblaste46

Pathologies des globules rouges / IX /


Sommaire
 

F
Fer48
G
Ghost et hémi-ghost 50
H
Hématie floue 52
Hypochromie54
K
Kleihauer56
Knizocyte – hématie triconcave 58
M
Macrocytose60
Microcytose62
N
Nouveau-né64
P
Paludisme66
Poïkilocytose érythrocytaire 68
Polychromatophilie70
Polyglobulie72
Ponctuation basophile (hématie ponctuée) 74
Pyknocyte76
R
Réticulocyte78
Rouleau d’hématies 80
S
Schizocyte82
Sidérocyte et sidéroblaste 84
Sphérocyte86
Stomatocyte88
T
Thalassémie90
Résumé des anomalies érythrocytaires 94

Bibliographie99

/X/
Introduction
Introduction

è Définition cytologique
L’hématie est une cellule sanguine anucléée de forme biconcave, également appelée
globule rouge ou encore érythrocyte.
Au microscope, sa couleur est beige/rosé après la coloration au May Grünwald Giemsa
(MGG). L’hématie fait entre 6 et 7 µm de diamètre. Sa taille équivaut environ à celle du
noyau d’un petit lymphocyte.
De par sa forme, elle présente un centre clair, rond, contenant moins d’hémoglobine
sur environ un tiers de son diamètre.

❚ Rôle
L’hématie contient de l’hémoglobine dont le rôle principal est le transport des gaz res‑
piratoires dans l’organisme, assurant ainsi l’oxygénation des tissus et l’élimination du
dioxyde de carbone. L’hémoglobine contient du fer qui donne aux hématies leur couleur.
L’hématie saine est robuste, élastique et déformable, permettant ainsi son passage
dans les petits vaisseaux. Dans de nombreuses pathologies érythrocytaires, ces carac‑
téristiques se perdent, ce qui entraîne leur destruction prématurée. Une hématie nor‑
male a une durée de vie de 120 jours.

❚ Aspect quantitatif
Augmentation
On peut observer des augmentations du nombre d’hématies dans certaines érythro­
pathies, notamment les polyglobulies et les thalassémies.

Diminution
Lorsque le nombre d’hématies diminue, cela a comme conséquence une baisse de
l’hémoglobine également appelée anémie. Les causes d’anémie sont multiples. Pour
caractériser une anémie, le volume globulaire moyen (VGM) et les réticulocytes sont
primordiaux.

/2/
Introduction

Aspect des globules rouges d’un patient


sans anomalies érythrocytaires

Hématie normale

Zone de lecture idéale

Zone de lecture trop dense Zone de lecture trop dispersée

Pathologies des globules rouges /3/


Introduction

❚ Aspect qualitatif
L’analyse de la morphologie des globules rouges au microscope est très importante. Elle
peut aider au diagnostic de pathologies érythrocytaires constitutionnelles (drépano­
cytose par exemple), de pathologies malignes (dacryocytes dans les myélofibroses,
leucémie aiguë myéloïde (LAM) avec dysérythropoïèse) ou encore d’autres maladies
acquises comme les sphérocytes dans les anémies hémolytiques auto-immunes (AHAI)
ou les schizocytes dans les microangiopathies thrombotiques (MAT).
Afin de bien pouvoir distinguer les anomalies, quatre éléments sont essentiels :
• l’étalement du frottis : il ne doit pas être trop épais, afin de pouvoir observer une
monocouche d’hématies ;
• la coloration : le pH des réactifs et de l’eau est important. La coloration est réussie
si les hématies ont une coloration beige-rosée ;
• penser à regarder les hématies : ce n’est pas long, mais très souvent oublié. Vous
verrez pourtant dans ce livre que les hématies ont beaucoup de choses à nous dire !
• la zone de lecture sera primordiale : une lecture rapide au faible objectif (× 10‑20)
de tout frottis est impérative. Elle permettra de caractériser les anomalies de
répartition des hématies (rouleaux, agglutinats), de voir d’éventuelles cellules
anormales ou une population leucocytaire monomorphe et de trouver la zone
d’observation des hématies idéale : hématies les unes à côté des autres avec leur
centre clair visible. Il faudra ensuite zoomer dans cette zone de lecture idéale avec
le plus fort objectif (× 50‑100) pour observer les éventuelles anomalies érythro­
cytaires. Pour les leucocytes, il faudra ensuite se rapprocher un peu du dépôt de la
goutte de sang afin d’éviter les ombres nucléaires et faire sa formule.

/4/
Glossaire
A Acanthocyte
spur cell
è Définition cytologique
Hématie de taille normale ou diminuée, avec de grandes expansions membranaires
en forme d’épine ou de feuille d’acanthe, d’où son nom. L’aspect classiquement décrit
de l’acanthocyte est celui d’une « étoile de mer ». Les expansions sont irrégulièrement
réparties, de taille variable, peu nombreuses (entre 2 et 12), épaisses à la base. Un spicule
en relief, vers le haut comme s’il venait vers nous, est parfois observé. Le centre clair est
souvent perdu. La CCMH peut augmenter légèrement si les acanthocytes sont nombreux.
Diagnostic différentiel : échinocytes, pyknocytes, schizocytes et poïkilocytose.
À signaler si nombre modéré (5‑20 % des hématies) ou élevé (> 20 %).

❚ Physiopathologie
La forme de l’acanthocyte peut être due à une accumulation de cholestérol libre et/ou
de sphingomyéline au niveau du feuillet externe de la membrane phospholipidique de
l’hématie (diminution des capacités du foie à estérifier le cholestérol, hypercholestéro­
lémies…). Les acanthocytes peuvent également être causés par des anomalies du sque‑
lette membranaire ou de protéine membranaire comme dans le phénotype McLeod. Il
en résulte une « rigidification » de la cellule et une lyse au niveau de la rate pouvant
conduire à une anémie hémolytique, surtout dans les maladies hépatiques.

❚ Pathologies associées
• Acanthocytose héréditaire : pathologies peu fréquentes
• Abêtalipoprotéinémie congénitale ou syndrome de Bassen-Kornzweig (> 50 %) : rare,
malabsorption lipidique, cholestérol et triglycérides très bas, ataxie, neuro­pathies.
• Hypo-bêta-lipoproteinemie familiale homozygote.
• Neuroacanthocytoses (souvent > 10 %) : très rares maladies neurodégénératives,
dont la chorée-acanthocytose autosomique récessive et le syndrome de McLeod lié
à l’X, présentant des mouvements anormaux, troubles psychiatriques et c­ ognitifs.
• Hypercholestérolémie familiale : nombre modéré à très élevé (jusque 70 %).
• Anomalie de groupe sanguin : phénotype Lutheran null ou affaibli, McLeod.
• Déficit en pyruvate kinase.
• Acanthocytose acquise : + fréquemment rencontré
• Maladies hépatiques sévères (% important d’acanthocytes) : insuffisance hépato­
cellulaire, hépatite néonatale idiopathique, cirrhoses principalement alcooliques.
• Syndrome de Zieve : sur terrain d’alcoolisation chronique, stéatose hépatique sans
cirrhose, ictère, anémie hémolytique, hyperlipidémie.
• Alectinib : nombreux acanthocytes ± sphéroacanthocytes, anémie hémolytique.
• Anorexie, dénutritions et malnutritions sévères : ± anémie, neutropénie.
• Déficit en vitamine E. Hyposplénisme ou post-splénectomie (< 10 %). Grands brûlés.
• Hypothyroïdisme (< 5 %). Pan hypopituitarisme (< 5 %).

/6/
Acanthocyte

Patient connu pour un myélome


avec bilan hépatique perturbé

Acanthocytes
typiques

Acanthocytes
typiques

Acanthocyte
typique

Acanthocytes
en relief

Expansions membranaires
vues de dessus

Coupe membranaire d’un globule rouge normal Coupe membranaire d’un acanthocyte lors de cirrhose
Sphingomyéline
Band 3
Extérieur du GR
Band 3
Cholestérol libre

Extérieur du GR
Membrane
phospholipidique
Membrane
phospholipidique

Intérieur du GR Spectrine alpha


Spectrine bêta
Intérieur du GR Spectrine alpha

Ankyrine Spectrine bêta


Ankyrine

Pathologies des globules rouges /7/


A Agglutinat de globules rouges
Agglutination
è Définition cytologique
Anomalie correspondant à des amas ou « paquets » d’hématies. Le diagnostic diffé‑
rentiel est celui des rouleaux d’hématies (cf. p. 80). Il peut y être associé la présence de
sphérocytes et une polychromatophilie. Il sera plus facile d’observer cette anomalie de
répartition au faible objectif. Attention, la détection de cette anomalie au microscope
automatisé est assez peu sensible.
Remarque : cette anomalie est bien connue en hématologie car elle entraîne des
erreurs de mesure des automates détectées par une CCMH élevée à très élevée. Le
nombre de globules rouges et l’hématocrite seront fortement sous-estimés, les amas
de globules rouges étant comptés comme un seul globule rouge, voire non comp‑
tés, car trop volumineux. Le VGM et la CCMH seront surestimés. Entre 32 et 36 g/dL,
l’hémo­globine est la plus apte à libérer son oxygène. La moelle osseuse fera donc tout
pour conserver une CCMH entre ces valeurs. Une CCMH trop élevée ou trop basse
devra faire impérativement évoquer une interférence dans les mesures de l’automate
(cf. annulocytes, p. 18).

❚ Physiopathologie
Ces agglutinats sont dus à la présence d’anticorps (souvent auto-immuns) dirigés contre les
hématies. Ces hématies sensibilisées peuvent être lysées par le complément et les macro­
phages spléniques et ainsi entraîner une anémie hémolytique. Le TDA est positif, confir‑
mant la présence d’anticorps à la surface des hématies et permettant de les typer.
Ce phénomène a souvent lieu en présence d’agglutinines froides. Il s’agit d’une catégorie
particulière d’AHAI (30 % des AHAI) où les anticorps, généralement des pentamères IgM,
TDA C3d + (souvent IgG-), ont la faculté d’agglutiner les hématies préférentiellement
entre 0 et 5 °C mais avec une amplitude thermique variable (rarement jusque 37 °C).

❚ Pathologies associées
• Syndrome des agglutinines froides : secondaire, souvent à IgM polyclonales. Peut
se voir dans les déficits immunitaires, peut être aigu et transitoire principalement
chez l’enfant et le jeune adulte en post-infectieux (ex : Mycoplasma pneumoniae,
EBV, CMV, VIH, VHC…), plus souvent chronique chez l’adulte si maladie auto-­immune
(lupus, polyarthrite rhumatoïde, syndrome d’Evans…), hémopathie maligne (princi‑
palement syndromes lymphoprolifératifs) ou encore certaines tumeurs solides.
• Maladie des agglutinines froides : primaire, associée à une prolifération lymphoïde
clonale à lymphocytes B matures. Principalement chez les personnes âgées, à IgM
monoclonale.
• Auto-anticorps chauds (IgG polyclonales) ou mixtes, souvent C3d négatifs.
• Allo-anticorps : post-transfusion ou allo-immunisation néonatale (rare).
• Traitement par magrolimab (anticorps monoclonal anti-CD47).

/8/
Agglutinat de globules rouges

Agglu�nat d’héma�es

AS
TUCE Face aux agglutinats
de globules rouges, être vigilant·e
sur les lymphocytes, car cela peut
cacher un syndrome lymphoprolifératif

Agglu�nats d’héma�es

Agglu�nats d’héma�es

Pathologies des globules rouges /9/


A Anémie
Anemia
è Définition cytologique
L’anémie correspond à une baisse du taux d’hémoglobine dans le sang. Les normes
de l’hémoglobine et du VGM varient selon l’âge et le sexe. Les causes des anémies
sont diverses et parfois multifactorielles, Elles résultent d’une balance qui n’est plus
équilibrée entre la production (érythropoïèse) et la destruction (hémolyse). On peut
les classer de diverses manières : aiguës ou chroniques, périphériques ou centrales, en
fonction du VGM, du taux de réticulocytes… Attention aux erreurs analytiques (plasma
coloré…), et préanalytiques (tube mal agité, caillot, hémodilution…) !
Concentration en hémoglobine pour définir une anémie (normes simplifiées)
Homme Hémoglobine < 13 g/dL
Femme Hémoglobine < 12 g/dL
Nouveau-né Hémoglobine < 13,5 g/dL
Naissance à 6 ans Hémoglobine < 11 g/dL
6 ans à 14 ans Hémoglobine < 12 g/dL

❚ Origine périphérique : absence de problème


médullaire, réticulocytes élevés
• Cause corpusculaire (souvent congénital) : anomalie de l’hématie
• Anomalie de l’hémoglobine : drépanocytose, thalassémies…
• Anomalie membranaire : sphérocytose, elliptocytose, acanthocytose, stomatocytose…
• Anomalie enzymatique : déficit en G6PD, pyruvate kinase, P5’N.
• Perte du GPI : hémoglobinurie paroxystique nocturne (acquis).
• Cause extracorpusculaire (souvent acquis) : pas d’anomalie de l’hématie
• Perte (saignements), séquestration splénique (hypersplénisme).
• Immunologique : AHAI, PTT acquis, induit par des médicaments, allo-immun…
• Toxique : venin de serpent/insecte, champignons, plomb, cuivre, noyade…
• Infections : sepsis, paludisme, babésiose, trypanosomiase, leishmaniose…
• Mécanique : MAT, prothèse de valve cardiaque, CIVD, hémangiome géant…

❚ Origine centrale : problème de synthèse médullaire,


réticulocytes normaux/bas
• Défaut de matériel : carence en fer, carence vitamine B12/B9…
• Envahissement médullaire : métastases, hémopathies, myélofibrose.
• Aplasie : maladie de Fanconi, toxique (chimiothérapie…)
• Érythroblastopénie : Parvovirus B19, anémie de Blackfan-Diamond…
• Défaut hormonal : insuffisance rénale, surrénale, thyroïdienne…
• Dysplasie : néoplasie myélodysplasique, dysérythropoïèse congénitale.
• Inhibiteurs de l’érythropoïèse : alcool, TNF dans inflammation…

/ 10 /
Exploitation de l’anémie
TUCE Attention en cas Ferritine et CST diminués Carence martiale
AS
d’hémolyse aigüe, Dosage du fer
Ferritine augmentée ; CST normal
il faut plusieurs État inflammatoire
diminué
Microcytaire ou diminué ; CRP, FIB élevés
jours pour observer
une augmentation Dosage du fer Électrophorèse de l’Hb normale A. sidéro ou alpha-thal
des réticulocytes!
normal ou élevé Électrophorèse de l’Hb anormale Thal et/ou variant Hb
Une hémolyse
compensée n’aura pas
Anémie d’origine centrale : aplasie médullaire,
toujours d’anémie. Arégénérative NMD, moelle envahie (leucémie, lymphome,
myélofibrose, cancer)
(réticulocytes <120 G/L) Inflammation, insuffisance rénale, thyroïdienne,
parvovirus B19 …
Anémie Normocytaire
Régénérative Origine: immunologique, infectieuse, mécanique
(MAT…), toxique, anomalie de la membrane ou des
Exclure un problème
préanalytique : caillot, (réticulocytes >150 G/L) enzymes érythrocytaires, hémoglobinose …
prélèvement dilué,
mauvaise agitation du tube?
Carence en vitamine B12 ou en acide folique,
Arégénérative certains médicaments (chimiothérapie,
(réticulocytes <120 G/L) antirétroviraux, antifoliques), alcoolisme
chronique, aplasie médullaire, NMD …

Macrocytaire Le volume des réticulocytes est de 20 % supérieur à


Régénérative celui des hématies, ce qui peut augmenter le VGM
jusqu’à 110 fL en cas de grande réticulocytose.
(réticulocytes >150 G/L) La démarche est celle d’une anémie normocytaire

Pathologies des globules rouges


régénérative.

/ 11 /
Anémie
A Anisochromie/TCMH
Anisochromia/MCH
è Définition cytologique
L’anisochromie se définit par la présence d’hématies de teintes différentes. Les héma‑
ties peu colorées ont leur centre clair augmenté et sont dites hypochromes, allant
jusqu’à l’annulocyte (cf. p. 18). Les hématies normalement colorées, au centre clair
­faisant un tiers du diamètre, sont dites normochromes. Physiologiquement, les héma‑
ties hyperchromes n’existent pas. Les réticulocytes ont une couleur bleutée mais on
parlera de polychromatophilie plutôt que d’anisochromie.

❚ Physiopathologie
L’intensité de la couleur de l’hématie est liée à sa concentration en hémoglobine. Plus
la concentration en hémoglobine est basse, plus l’hématie devient pâle (hématie hypo‑
chrome). Une anisochromie indique une variation de la teneur en hémoglobine entre
les différents globules rouges du frottis. Un globule rouge vit normalement 120 jours.
Une anisochromie montre donc qu’il s’est passé quelque chose ces 4 derniers mois et
qu’à un moment donné les hématies fabriquées contenaient moins d’hémoglobine que
la normale.
La « chromie » est reliée à la TGMH et la CCMH. L’intérêt de signaler une anisochromie
est très limité quand les paramètres de l’automate sont rendus.
TCMH (ou TGMH) : teneur corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine.
Souvent calculée par les automates (hémoglobine totale/nombre total d’hématies), elle
correspond à la quantité en poids d’hémoglobine dans chaque hématie. Ses normes
chez l’adulte sont entre 27 et 32 pg.
CCMH : concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine. Mesurée et/ou calculée
par les automates (hémoglobine/hématocrite). L’hématocrite est le volume total des
hématies, il peut être calculé (VGM x nb d’hématies). Normes : entre 32 et 36 g/dL. Si
basse (< 31) ou élevée (> 37), cherchez l’interférence analytique (voir page annulocyte).

❚ Pathologies associées
L’anisochromie peut être reliée à toutes les pathologies où la TCMH/CCMH baissent,
soit principalement les anémies microcytaires.
• Installation ou correction de carence martiale dans les 4 derniers mois.
• Apparition ou correction d’anémie inflammatoire dans les 4 derniers mois.
• Transfusion d’hématies normochromes à un patient ayant des hématies hypochromes
(thalassémies, carence martiale, anémie sidéroblastique congénitale…). On pourra
dans ce cas parfois objectiver sur le frottis la double population érythrocytaire, mais
ce sera plus simple à observer sur le graphe en impédance de l’automate, car les
hématies hypochromes sont plus petites.

/ 12 /
Anisochromie/TCMH

Anémie microcytaire hypochrome


ferriprive transfusée

AS
TUCE Savoir comment sont calculés les paramètres érythrocytaires TCMH/CCMH…
(variable selon l’automate) permet de trouver d’où vient le problème
quand les CIQ ne sont pas conformes. En cas de dérive de l’automate,
les paramètres bougeant le plus seront ceux calculés.

Hématie
hypochrome

Hématie
normochrome

Pathologies des globules rouges / 13 /


A Anisocytose érythrocytaire/IDR
Anisocytosis
è Définition cytologique
Elle se définit par la présence d’hématies de tailles différentes de manière plus importante
que la normale. Sur le frottis, on observe des hématies âgées de 1 à 120 jours. Les plus
vieilles ont perdu des bouts de membrane et sont plus petites, les plus jeunes (réticulo‑
cytes) sont plus grandes. Il y a donc une anisocytose physiologique.
La question est de savoir quand le signaler. Si on hésite, c’est probablement qu’il ne
faut pas le signaler : l’anomalie doit vraiment être significative. Il est possible de s’aider
de la gradation des microscopes automatisés ainsi que de l’IDR. L’IDR-SD correspond
à la largeur du pic à 20 % de hauteur. Ses normes sont entre 37 et 50 fL. L’IDR-CV
correspond au CV de 68 % de la distribution totale. Ses normes sont entre 11 et 14 %.
Si l’IDR-CV est ≤ 22 % (seuil pour faire un frottis selon le GFHC) et à fortiori normal, ou
si l’IDR-SD est < 65 fL, l’anisocytose n’est probablement pas significative.
L’intérêt de signaler cette anomalie au clinicien est assez limité si l’IDR est rendu.

❚ Physiopathologie
Une anisocytose érythrocytaire peut montrer qu’il s’est passé quelque chose pendant
les 4 derniers mois et que les hématies fabriquées avaient un volume différent au cours
du temps. Une anémie microcytaire ou macrocytaire se corrigeant ou s’installant entraî‑
nera ainsi une anisocytose érythrocytaire. Dans les transfusions sanguines, on parlera
plutôt de double population (cf. p. 38). En cas de dysérythropoïèse, une poïkilocytose
(cf. p. 68) sera souvent associée à l’anisocytose érythrocytaire. Les hématies se fragmen‑
tant pourront également aboutir à une anisocytose majeure et sous-estimer le VGM.

❚ Pathologies associées
Elles sont nombreuses et variées, souvent liées à une anémie s’installant ou se corri‑
geant. Un IDR isolément augmenté peut être un signe avant-coureur d’anémie. L’IDR
élevé a également été décrit comme facteur pronostique péjoratif dans différentes
pathologies (cancers, maladies cardiovasculaires, grand brûlé…).
• Anisocytoses microcytaires (taille normale et petite) dans :
• les carences en fer ou inflammation se corrigeant ou s’installant ;
• certaines thalassémies même si elles sont décrites classiquement sans anisocytose.
• Anisocytoses macrocytaires (taille normale et grande) dans :
• les carences en vitamine B12 et/ou folates s’installant ou se corrigeant ;
• les dysérythropoïèses : néoplasies myélodysplasiques ou autres hémopathies,
alcoolisme chronique… ;
• les hyper-réticulocytoses (régénération, saignement, anémies hémolytiques…) ;
• certains traitements (chimiothérapie).
• Fragmentation d’hématies : schizocytoses, elliptocytoses sévères dont pyropoïkilocytose,
thalassémies sévères, troubles intrinsèques de la vitamine B12 ou folates (+ macrocytes,
macro-ovalocytes, dacryocytes), acidurie orotique (+ macro-­ovalocytes, macrocytes)…

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Anisocytose érythrocytaire/IDR

Exemple d’un patient sans anémie Exemple d’un patient avec dysplasie
IDR-CV : 12,9 % IDR-CV : 22,4 %
IDR-SD : 43,3 fL IDR-SD : 78,2 fL

Anisocytose

Syndrome
myélodysplasique
Hb : 9,5 g/dL AS
TUCE Si on hésite, c’est qu’il
VGM : 100,2 fL ne faut pas la signaler.
S’aider de l’IDR
IDR-CV : 24,8 %

Pathologies des globules rouges / 15 /


A Anneau de Cabot
Cabot ring

è Définition cytologique
Inclusion violette à l’intérieur des hématies (souvent polychromatophiles) filiforme en
forme d’anneau régulier ou irrégulier, parfois en forme de huit ou d’infini. Les anneaux
de Cabot, quand ils sont présents, sont rares. Il suffit d’en voir 3 ou 4 sur le frottis pour
les signaler. Ils sont fins et lorsqu’on en a vu un, pour bien distinguer les autres, il ne
faut pas hésiter à faire varier un peu la vis micrométrique.

❚ Physiopathologie
Il s’agirait d’un reste de fuseau mitotique (microtubules) non dépolymérisé. La struc‑
ture contient des histones riches en arginine et du fer non hémoglobinique.
Malgré leur description faite il y a plus de 100 ans par Richard Cabot, leur mécanisme
de formation n’est toujours pas parfaitement compris. Leur présence sous-entend une
anomalie au niveau de l’érythropoïèse et pourrait être reliée à un stress médullaire.

❚ Pathologies associées
Des anneaux de Cabot ont été décrits dans les pathologies suivantes :
• néoplasie myélodysplasique avec dysérythropoïèse
• myélofibrose primitive ou secondaire
• anémie mégaloblastique
• saturnisme (intoxication au plomb)
• splénectomie (ablation de la rate)
• thalassémie homozygote
• leucémie myéloïde chronique
• leucémie aigüe myéloïde
• leucémie myélomonocytaire chronique.

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Anneau de Cabot

Anneau de Cabot Anneau de Cabot


en forme d’anneau en forme de 8 (ou infini)

Anneau de Cabot
avec anneau régulier

Anneau de Cabot
en forme de 8 (ou infini)

Pathologies des globules rouges / 17 /


A Annulocyte/CCMH
Annulocyte/MCHC
è Définition cytologique
L’annulocyte est une hématie pourvue d’une zone claire centrale très large. C’est un
globule rouge d’hypochromie intense où l’hémoglobine est présente uniquement en
périphérie, formant un simple liseré fin coloré. L’hématie prend l’aspect d’un anneau,
d’où son nom. Comme pour l’hypochromie, l’intérêt de signaler les annulocytes au
clinicien est très modéré, voire nul, car ce qui importe sera plutôt le taux global de
l’hémoglobine.

❚ Physiopathologie
L’intensité de la couleur de l’hématie est liée à sa concentration en hémoglobine. Plus
la quantité d’hémoglobine est basse, plus l’hématie devient pâle.
Les annulocytes se rencontrent en cas d’hypochromie intense et possèdent une quan‑
tité d’hémoglobine très diminuée. Les patients présentant des annulocytes ont donc
une CCMH et une TCMH diminuées.
Attention, une CCMH basse en absence d’anémie et/ou d’hypochromie majeure sur
le frottis, surtout s’il y a une macrocytose associée, doit évoquer une interférence
analytique. Ainsi, dans les hyperleucocytoses majeures (> 100G/L), surtout les lympho‑
prolifératives et si anémie, les leucocytes comptés comme des hématies en impédance
peuvent augmenter faussement le VGM et le nombre d’hématies, ce qui diminuera la
CCMH (à noter qu’il est aussi possible d’observer au contraire une CCMH élevée par
surestimation de l’hémoglobine). Un prélèvement vieilli, ou réalisé à côté d’une perfu‑
sion glucosée, une hyperglycémie, un tube EDTA K2 mal rempli, ou une hypernatrémie
vont augmenter in vitro le VGM et donc baisser artéfactuellement la CCMH.
Une CCMH élevée fera au contraire évoquer la présence d’agglutinats de rouges
(fausse diminution du nombre d’hématies), d’hyperlipémie, d’hémolyse in vitro ou
in vivo, d’hyperbilirubinémie, d’immunoglobulines ou d’hyperleucocytose majeure
principalement myéloïde (par sur­estimation de l’hémoglobine), d’une hyponatrémie,
de carboxyhémoglobine (> 20 %), de certains médicaments immunosuppresseurs. On
pourra observer une « vraie » CCMH élevée dans le cas où les hématies sont déshydra‑
tées (sphérocytes, présence d’hémoglobine C, xérocytose).

❚ Pathologies associées
Toutes les fortes anémies hypochromes (microcytaires) peuvent présenter des annulocytes.
• Carence martiale essentiellement : + anisopoïkilocytose érythrocytaire souvent impor‑
tante, dont elliptocytes hypochromes, + thrombocytose.
• Thalassémie majeure : anisopoïkilocytose érythrocytaire importante, érythroblas‑
témie parfois très élevée, hématies cibles fréquentes, hématies ponctuées, souvent
double population car transfusions au long cours pouvant masquer la microcytose.

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Annulocyte/CCMH

Anémie microcytaire hypochrome ferriprive


avec de nombreux annulocytes (à faible grossissement)

AS
TUCE CCMH basse (< 31) ou élevée (> 37)
Cherchez tout d’abord
une interférence analytique.

Annulocyte

Annulocyte

Pathologies des globules rouges / 19 /


B Babésiose
Babesia
è Définition cytologique
La babésiose (ou piroplasmose) est une zoonose provoquée par un protozoaire du
genre Babesia, parasite intra-érythrocytaire. On peut observer des formes trophozoïtes
et mérozoïtes au microscope. Les parasites sont de taille et forme variable (ronds, o
­ vales
ou en forme de poire), avec un cytoplasme bleu et une chromatine rouge-violet. Il n’y
a pas de pigment (hemozoïne) dans l’hématie. Les tétrades en forme de croix de Malte
sont caractéristiques mais rares. La forme classique est celle en anneau expliquant
pourquoi le diagnostic différentiel (clinique et cytologique) est celui du paludisme à
Plasmodium sp. (cf. p. 66). Les hématies seront souvent multiparasitées. La parasitémie
est classiquement faible au début de l’infection avec moins de 1 % d’hématies para‑
sitées notamment chez les personnes immunocompétentes, mais elle peut être très
élevée ensuite (entre 1 et 10 % généralement, parfois jusque 70 %). Le diagnostic sera
confirmé par PCR spécifique. La sérologie aide au diagnostic rétrospectif (les anticorps
peuvent persister un an après la résolution de l’infection).

❚ Physiopathologie
Les différentes espèces de Babesia appartiennent au groupe des protozoaires patho‑
gènes humains tout comme Plasmodium, Toxoplasma et Cryptosporidium. Les espèces
prédominantes sont Babesia divergens, Babesia microti et Babesia venatorum.
La Babesia est transmise par une piqûre de tique (Ixodes). L’humain est un hôte acci‑
dentel. Exceptionnellement, la transmission peut avoir lieu à l’occasion de transfusion
sanguine, de passage transplacentaire ou de don d’organe.
Les sporozoïtes pénètrent dans les hématies, évoluent au stade trophozoïte (forme
annulaire) puis au stade mérozoïte (forme en « croix de Malte »). Ils entraînent alors
une lyse du globule rouge et l’infection d’autres hématies. La rate a un rôle majeur
dans l’élimination des érythrocytes parasités.

❚ Pathologie
L’incubation est de 1 à 4 semaines après la piqûre de tique mais jusqu’à 6 mois après
une transfusion de produit sanguin contaminé.
Au printemps, en été, voire au début d’automne, le patient se présentera avec de la
fièvre, des céphalées, malaises, frissons et/ou myalgies. Cette maladie peut entraîner
une anémie hémolytique, souvent une thrombopénie, parfois une leucopénie modérée.
Les infections ont souvent une sévérité minime à modérée, mais peuvent être mor‑
telles chez les patients immunodéprimés particulièrement si splénectomisés, chez les
­nouveau-nés ou encore les personnes âgées.
Le traitement consiste en l’administration d’atovaquone et d’azithromycine, voire de
quinine et de clindamycine pendant 7 à 10 jours. Une exsanguino-transfusion peut être
envisagée en cas de très forte parasitémie, atteinte rénale ou pulmonaire.

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