Pages de Pathologies Des Globules Rouges (Livret Photo)
Pages de Pathologies Des Globules Rouges (Livret Photo)
Frédérique Dubois
PATHOLOGIES
DES GLOBULES ROUGES
Glossaire illustré en 50 fiches
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Publié par
SAS JLE
30A, rue Berthollet
94110 Arcueil
France
ISBN : 978‑2-7420‑1771‑3
/ IV /
L’auteur et l’autrice
/ VI /
Préface
Les globules rouges, pourtant très nombreux, sont souvent complètement oubliés au
détriment de leurs collègues plus grands et plus colorés, les leucocytes. Ils sont cepen‑
dant très importants et doivent être regardés avec attention. Un seul champ au faible
puis au fort grossissement suffira généralement pour apporter les éléments nécessaires
au raisonnement, parfois même pour aboutir à un diagnostic ou orienter vers les exa‑
mens complémentaires nécessaires.
Cet ouvrage a pour but de vous aider à caractériser les différentes anomalies morpho‑
logiques érythrocytaires.
La cytologie est très imagée et nous avons utilisé une profusion de différents termes
pouvant aider à reconnaitre ces anomalies. À vous de retenir ceux qui vous corres‑
pondent le mieux. De nombreuses illustrations légendées sont également présentes.
Une fois l’anomalie morphologique identifiée, sont indiquées les différentes étio
logies possibles afin de vous aider à interpréter avec les données clinicobiologiques
du patient.
Nous avons par ailleurs rajouté quelques astuces au fil des pages pour vous accompa‑
gner dans la lecture des frottis.
Les pathologies que vous aiderez à diagnostiquer seront parfois très fréquentes, ou
très rares et malheureusement, pour complexifier la situation, plusieurs étiologies
pourront être associées. En cas de suspicion de maladie héréditaire rare, n’hésitez pas
à vous référer au site internet de la filière Maladies constitutionnelles rares du globule
rouge et de l’érythropoïèse (MCGRE*), où vous trouverez les arbres décisionnels glo‑
baux avec les analyses complémentaires à conseiller.
Ce livre, que nous voulons d’un format pratique, est à utiliser au fil du temps lors de vos
rencontres avec certaines anomalies. Le classement par ordre alphabétique permet de
les retrouver plus rapidement. Il est inspiré de notre expérience et s’appuie sur divers
livres et travaux publiés sur ce sujet.
* [Link]
/ VIII /
Sommaire
RemerciementsIV
L’auteur et l’autrice V
AbréviationsVI
PréfaceVIII
Introduction2
A
Acanthocyte6
Agglutinat de globules rouges 8
Anémie10
Anisochromie12
Anisocytose érythrocytaire/IDR 14
Anneau de Cabot 16
Annulocyte/CCMH18
B
Babésiose20
C
Cible – hématie cible 22
Codocyte24
Corps de Heinz 26
Corps de Howell-Jolly 28
Corps de Pappenheimer 30
Cristal d’hémoglobine C 32
Cryoglobuline34
D
Dacryocyte36
Double population 38
Drépanocyte40
E
Échinocyte42
Elliptocyte/ovalocyte44
Érythroblaste46
F
Fer48
G
Ghost et hémi-ghost 50
H
Hématie floue 52
Hypochromie54
K
Kleihauer56
Knizocyte – hématie triconcave 58
M
Macrocytose60
Microcytose62
N
Nouveau-né64
P
Paludisme66
Poïkilocytose érythrocytaire 68
Polychromatophilie70
Polyglobulie72
Ponctuation basophile (hématie ponctuée) 74
Pyknocyte76
R
Réticulocyte78
Rouleau d’hématies 80
S
Schizocyte82
Sidérocyte et sidéroblaste 84
Sphérocyte86
Stomatocyte88
T
Thalassémie90
Résumé des anomalies érythrocytaires 94
Bibliographie99
/X/
Introduction
Introduction
è Définition cytologique
L’hématie est une cellule sanguine anucléée de forme biconcave, également appelée
globule rouge ou encore érythrocyte.
Au microscope, sa couleur est beige/rosé après la coloration au May Grünwald Giemsa
(MGG). L’hématie fait entre 6 et 7 µm de diamètre. Sa taille équivaut environ à celle du
noyau d’un petit lymphocyte.
De par sa forme, elle présente un centre clair, rond, contenant moins d’hémoglobine
sur environ un tiers de son diamètre.
❚ Rôle
L’hématie contient de l’hémoglobine dont le rôle principal est le transport des gaz res‑
piratoires dans l’organisme, assurant ainsi l’oxygénation des tissus et l’élimination du
dioxyde de carbone. L’hémoglobine contient du fer qui donne aux hématies leur couleur.
L’hématie saine est robuste, élastique et déformable, permettant ainsi son passage
dans les petits vaisseaux. Dans de nombreuses pathologies érythrocytaires, ces carac‑
téristiques se perdent, ce qui entraîne leur destruction prématurée. Une hématie nor‑
male a une durée de vie de 120 jours.
❚ Aspect quantitatif
Augmentation
On peut observer des augmentations du nombre d’hématies dans certaines érythro
pathies, notamment les polyglobulies et les thalassémies.
Diminution
Lorsque le nombre d’hématies diminue, cela a comme conséquence une baisse de
l’hémoglobine également appelée anémie. Les causes d’anémie sont multiples. Pour
caractériser une anémie, le volume globulaire moyen (VGM) et les réticulocytes sont
primordiaux.
/2/
Introduction
Hématie normale
❚ Aspect qualitatif
L’analyse de la morphologie des globules rouges au microscope est très importante. Elle
peut aider au diagnostic de pathologies érythrocytaires constitutionnelles (drépano
cytose par exemple), de pathologies malignes (dacryocytes dans les myélofibroses,
leucémie aiguë myéloïde (LAM) avec dysérythropoïèse) ou encore d’autres maladies
acquises comme les sphérocytes dans les anémies hémolytiques auto-immunes (AHAI)
ou les schizocytes dans les microangiopathies thrombotiques (MAT).
Afin de bien pouvoir distinguer les anomalies, quatre éléments sont essentiels :
• l’étalement du frottis : il ne doit pas être trop épais, afin de pouvoir observer une
monocouche d’hématies ;
• la coloration : le pH des réactifs et de l’eau est important. La coloration est réussie
si les hématies ont une coloration beige-rosée ;
• penser à regarder les hématies : ce n’est pas long, mais très souvent oublié. Vous
verrez pourtant dans ce livre que les hématies ont beaucoup de choses à nous dire !
• la zone de lecture sera primordiale : une lecture rapide au faible objectif (× 10‑20)
de tout frottis est impérative. Elle permettra de caractériser les anomalies de
répartition des hématies (rouleaux, agglutinats), de voir d’éventuelles cellules
anormales ou une population leucocytaire monomorphe et de trouver la zone
d’observation des hématies idéale : hématies les unes à côté des autres avec leur
centre clair visible. Il faudra ensuite zoomer dans cette zone de lecture idéale avec
le plus fort objectif (× 50‑100) pour observer les éventuelles anomalies érythro
cytaires. Pour les leucocytes, il faudra ensuite se rapprocher un peu du dépôt de la
goutte de sang afin d’éviter les ombres nucléaires et faire sa formule.
/4/
Glossaire
A Acanthocyte
spur cell
è Définition cytologique
Hématie de taille normale ou diminuée, avec de grandes expansions membranaires
en forme d’épine ou de feuille d’acanthe, d’où son nom. L’aspect classiquement décrit
de l’acanthocyte est celui d’une « étoile de mer ». Les expansions sont irrégulièrement
réparties, de taille variable, peu nombreuses (entre 2 et 12), épaisses à la base. Un spicule
en relief, vers le haut comme s’il venait vers nous, est parfois observé. Le centre clair est
souvent perdu. La CCMH peut augmenter légèrement si les acanthocytes sont nombreux.
Diagnostic différentiel : échinocytes, pyknocytes, schizocytes et poïkilocytose.
À signaler si nombre modéré (5‑20 % des hématies) ou élevé (> 20 %).
❚ Physiopathologie
La forme de l’acanthocyte peut être due à une accumulation de cholestérol libre et/ou
de sphingomyéline au niveau du feuillet externe de la membrane phospholipidique de
l’hématie (diminution des capacités du foie à estérifier le cholestérol, hypercholestéro
lémies…). Les acanthocytes peuvent également être causés par des anomalies du sque‑
lette membranaire ou de protéine membranaire comme dans le phénotype McLeod. Il
en résulte une « rigidification » de la cellule et une lyse au niveau de la rate pouvant
conduire à une anémie hémolytique, surtout dans les maladies hépatiques.
❚ Pathologies associées
• Acanthocytose héréditaire : pathologies peu fréquentes
• Abêtalipoprotéinémie congénitale ou syndrome de Bassen-Kornzweig (> 50 %) : rare,
malabsorption lipidique, cholestérol et triglycérides très bas, ataxie, neuropathies.
• Hypo-bêta-lipoproteinemie familiale homozygote.
• Neuroacanthocytoses (souvent > 10 %) : très rares maladies neurodégénératives,
dont la chorée-acanthocytose autosomique récessive et le syndrome de McLeod lié
à l’X, présentant des mouvements anormaux, troubles psychiatriques et c ognitifs.
• Hypercholestérolémie familiale : nombre modéré à très élevé (jusque 70 %).
• Anomalie de groupe sanguin : phénotype Lutheran null ou affaibli, McLeod.
• Déficit en pyruvate kinase.
• Acanthocytose acquise : + fréquemment rencontré
• Maladies hépatiques sévères (% important d’acanthocytes) : insuffisance hépato
cellulaire, hépatite néonatale idiopathique, cirrhoses principalement alcooliques.
• Syndrome de Zieve : sur terrain d’alcoolisation chronique, stéatose hépatique sans
cirrhose, ictère, anémie hémolytique, hyperlipidémie.
• Alectinib : nombreux acanthocytes ± sphéroacanthocytes, anémie hémolytique.
• Anorexie, dénutritions et malnutritions sévères : ± anémie, neutropénie.
• Déficit en vitamine E. Hyposplénisme ou post-splénectomie (< 10 %). Grands brûlés.
• Hypothyroïdisme (< 5 %). Pan hypopituitarisme (< 5 %).
/6/
Acanthocyte
Acanthocytes
typiques
Acanthocytes
typiques
Acanthocyte
typique
Acanthocytes
en relief
Expansions membranaires
vues de dessus
Coupe membranaire d’un globule rouge normal Coupe membranaire d’un acanthocyte lors de cirrhose
Sphingomyéline
Band 3
Extérieur du GR
Band 3
Cholestérol libre
Extérieur du GR
Membrane
phospholipidique
Membrane
phospholipidique
❚ Physiopathologie
Ces agglutinats sont dus à la présence d’anticorps (souvent auto-immuns) dirigés contre les
hématies. Ces hématies sensibilisées peuvent être lysées par le complément et les macro
phages spléniques et ainsi entraîner une anémie hémolytique. Le TDA est positif, confir‑
mant la présence d’anticorps à la surface des hématies et permettant de les typer.
Ce phénomène a souvent lieu en présence d’agglutinines froides. Il s’agit d’une catégorie
particulière d’AHAI (30 % des AHAI) où les anticorps, généralement des pentamères IgM,
TDA C3d + (souvent IgG-), ont la faculté d’agglutiner les hématies préférentiellement
entre 0 et 5 °C mais avec une amplitude thermique variable (rarement jusque 37 °C).
❚ Pathologies associées
• Syndrome des agglutinines froides : secondaire, souvent à IgM polyclonales. Peut
se voir dans les déficits immunitaires, peut être aigu et transitoire principalement
chez l’enfant et le jeune adulte en post-infectieux (ex : Mycoplasma pneumoniae,
EBV, CMV, VIH, VHC…), plus souvent chronique chez l’adulte si maladie auto-immune
(lupus, polyarthrite rhumatoïde, syndrome d’Evans…), hémopathie maligne (princi‑
palement syndromes lymphoprolifératifs) ou encore certaines tumeurs solides.
• Maladie des agglutinines froides : primaire, associée à une prolifération lymphoïde
clonale à lymphocytes B matures. Principalement chez les personnes âgées, à IgM
monoclonale.
• Auto-anticorps chauds (IgG polyclonales) ou mixtes, souvent C3d négatifs.
• Allo-anticorps : post-transfusion ou allo-immunisation néonatale (rare).
• Traitement par magrolimab (anticorps monoclonal anti-CD47).
/8/
Agglutinat de globules rouges
Agglu�nat d’héma�es
AS
TUCE Face aux agglutinats
de globules rouges, être vigilant·e
sur les lymphocytes, car cela peut
cacher un syndrome lymphoprolifératif
Agglu�nats d’héma�es
Agglu�nats d’héma�es
/ 10 /
Exploitation de l’anémie
TUCE Attention en cas Ferritine et CST diminués Carence martiale
AS
d’hémolyse aigüe, Dosage du fer
Ferritine augmentée ; CST normal
il faut plusieurs État inflammatoire
diminué
Microcytaire ou diminué ; CRP, FIB élevés
jours pour observer
une augmentation Dosage du fer Électrophorèse de l’Hb normale A. sidéro ou alpha-thal
des réticulocytes!
normal ou élevé Électrophorèse de l’Hb anormale Thal et/ou variant Hb
Une hémolyse
compensée n’aura pas
Anémie d’origine centrale : aplasie médullaire,
toujours d’anémie. Arégénérative NMD, moelle envahie (leucémie, lymphome,
myélofibrose, cancer)
(réticulocytes <120 G/L) Inflammation, insuffisance rénale, thyroïdienne,
parvovirus B19 …
Anémie Normocytaire
Régénérative Origine: immunologique, infectieuse, mécanique
(MAT…), toxique, anomalie de la membrane ou des
Exclure un problème
préanalytique : caillot, (réticulocytes >150 G/L) enzymes érythrocytaires, hémoglobinose …
prélèvement dilué,
mauvaise agitation du tube?
Carence en vitamine B12 ou en acide folique,
Arégénérative certains médicaments (chimiothérapie,
(réticulocytes <120 G/L) antirétroviraux, antifoliques), alcoolisme
chronique, aplasie médullaire, NMD …
/ 11 /
Anémie
A Anisochromie/TCMH
Anisochromia/MCH
è Définition cytologique
L’anisochromie se définit par la présence d’hématies de teintes différentes. Les héma‑
ties peu colorées ont leur centre clair augmenté et sont dites hypochromes, allant
jusqu’à l’annulocyte (cf. p. 18). Les hématies normalement colorées, au centre clair
faisant un tiers du diamètre, sont dites normochromes. Physiologiquement, les héma‑
ties hyperchromes n’existent pas. Les réticulocytes ont une couleur bleutée mais on
parlera de polychromatophilie plutôt que d’anisochromie.
❚ Physiopathologie
L’intensité de la couleur de l’hématie est liée à sa concentration en hémoglobine. Plus
la concentration en hémoglobine est basse, plus l’hématie devient pâle (hématie hypo‑
chrome). Une anisochromie indique une variation de la teneur en hémoglobine entre
les différents globules rouges du frottis. Un globule rouge vit normalement 120 jours.
Une anisochromie montre donc qu’il s’est passé quelque chose ces 4 derniers mois et
qu’à un moment donné les hématies fabriquées contenaient moins d’hémoglobine que
la normale.
La « chromie » est reliée à la TGMH et la CCMH. L’intérêt de signaler une anisochromie
est très limité quand les paramètres de l’automate sont rendus.
TCMH (ou TGMH) : teneur corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine.
Souvent calculée par les automates (hémoglobine totale/nombre total d’hématies), elle
correspond à la quantité en poids d’hémoglobine dans chaque hématie. Ses normes
chez l’adulte sont entre 27 et 32 pg.
CCMH : concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine. Mesurée et/ou calculée
par les automates (hémoglobine/hématocrite). L’hématocrite est le volume total des
hématies, il peut être calculé (VGM x nb d’hématies). Normes : entre 32 et 36 g/dL. Si
basse (< 31) ou élevée (> 37), cherchez l’interférence analytique (voir page annulocyte).
❚ Pathologies associées
L’anisochromie peut être reliée à toutes les pathologies où la TCMH/CCMH baissent,
soit principalement les anémies microcytaires.
• Installation ou correction de carence martiale dans les 4 derniers mois.
• Apparition ou correction d’anémie inflammatoire dans les 4 derniers mois.
• Transfusion d’hématies normochromes à un patient ayant des hématies hypochromes
(thalassémies, carence martiale, anémie sidéroblastique congénitale…). On pourra
dans ce cas parfois objectiver sur le frottis la double population érythrocytaire, mais
ce sera plus simple à observer sur le graphe en impédance de l’automate, car les
hématies hypochromes sont plus petites.
/ 12 /
Anisochromie/TCMH
AS
TUCE Savoir comment sont calculés les paramètres érythrocytaires TCMH/CCMH…
(variable selon l’automate) permet de trouver d’où vient le problème
quand les CIQ ne sont pas conformes. En cas de dérive de l’automate,
les paramètres bougeant le plus seront ceux calculés.
Hématie
hypochrome
Hématie
normochrome
❚ Physiopathologie
Une anisocytose érythrocytaire peut montrer qu’il s’est passé quelque chose pendant
les 4 derniers mois et que les hématies fabriquées avaient un volume différent au cours
du temps. Une anémie microcytaire ou macrocytaire se corrigeant ou s’installant entraî‑
nera ainsi une anisocytose érythrocytaire. Dans les transfusions sanguines, on parlera
plutôt de double population (cf. p. 38). En cas de dysérythropoïèse, une poïkilocytose
(cf. p. 68) sera souvent associée à l’anisocytose érythrocytaire. Les hématies se fragmen‑
tant pourront également aboutir à une anisocytose majeure et sous-estimer le VGM.
❚ Pathologies associées
Elles sont nombreuses et variées, souvent liées à une anémie s’installant ou se corri‑
geant. Un IDR isolément augmenté peut être un signe avant-coureur d’anémie. L’IDR
élevé a également été décrit comme facteur pronostique péjoratif dans différentes
pathologies (cancers, maladies cardiovasculaires, grand brûlé…).
• Anisocytoses microcytaires (taille normale et petite) dans :
• les carences en fer ou inflammation se corrigeant ou s’installant ;
• certaines thalassémies même si elles sont décrites classiquement sans anisocytose.
• Anisocytoses macrocytaires (taille normale et grande) dans :
• les carences en vitamine B12 et/ou folates s’installant ou se corrigeant ;
• les dysérythropoïèses : néoplasies myélodysplasiques ou autres hémopathies,
alcoolisme chronique… ;
• les hyper-réticulocytoses (régénération, saignement, anémies hémolytiques…) ;
• certains traitements (chimiothérapie).
• Fragmentation d’hématies : schizocytoses, elliptocytoses sévères dont pyropoïkilocytose,
thalassémies sévères, troubles intrinsèques de la vitamine B12 ou folates (+ macrocytes,
macro-ovalocytes, dacryocytes), acidurie orotique (+ macro-ovalocytes, macrocytes)…
/ 14 /
Anisocytose érythrocytaire/IDR
Exemple d’un patient sans anémie Exemple d’un patient avec dysplasie
IDR-CV : 12,9 % IDR-CV : 22,4 %
IDR-SD : 43,3 fL IDR-SD : 78,2 fL
Anisocytose
Syndrome
myélodysplasique
Hb : 9,5 g/dL AS
TUCE Si on hésite, c’est qu’il
VGM : 100,2 fL ne faut pas la signaler.
S’aider de l’IDR
IDR-CV : 24,8 %
è Définition cytologique
Inclusion violette à l’intérieur des hématies (souvent polychromatophiles) filiforme en
forme d’anneau régulier ou irrégulier, parfois en forme de huit ou d’infini. Les anneaux
de Cabot, quand ils sont présents, sont rares. Il suffit d’en voir 3 ou 4 sur le frottis pour
les signaler. Ils sont fins et lorsqu’on en a vu un, pour bien distinguer les autres, il ne
faut pas hésiter à faire varier un peu la vis micrométrique.
❚ Physiopathologie
Il s’agirait d’un reste de fuseau mitotique (microtubules) non dépolymérisé. La struc‑
ture contient des histones riches en arginine et du fer non hémoglobinique.
Malgré leur description faite il y a plus de 100 ans par Richard Cabot, leur mécanisme
de formation n’est toujours pas parfaitement compris. Leur présence sous-entend une
anomalie au niveau de l’érythropoïèse et pourrait être reliée à un stress médullaire.
❚ Pathologies associées
Des anneaux de Cabot ont été décrits dans les pathologies suivantes :
• néoplasie myélodysplasique avec dysérythropoïèse
• myélofibrose primitive ou secondaire
• anémie mégaloblastique
• saturnisme (intoxication au plomb)
• splénectomie (ablation de la rate)
• thalassémie homozygote
• leucémie myéloïde chronique
• leucémie aigüe myéloïde
• leucémie myélomonocytaire chronique.
/ 16 /
Anneau de Cabot
Anneau de Cabot
avec anneau régulier
Anneau de Cabot
en forme de 8 (ou infini)
❚ Physiopathologie
L’intensité de la couleur de l’hématie est liée à sa concentration en hémoglobine. Plus
la quantité d’hémoglobine est basse, plus l’hématie devient pâle.
Les annulocytes se rencontrent en cas d’hypochromie intense et possèdent une quan‑
tité d’hémoglobine très diminuée. Les patients présentant des annulocytes ont donc
une CCMH et une TCMH diminuées.
Attention, une CCMH basse en absence d’anémie et/ou d’hypochromie majeure sur
le frottis, surtout s’il y a une macrocytose associée, doit évoquer une interférence
analytique. Ainsi, dans les hyperleucocytoses majeures (> 100G/L), surtout les lympho‑
prolifératives et si anémie, les leucocytes comptés comme des hématies en impédance
peuvent augmenter faussement le VGM et le nombre d’hématies, ce qui diminuera la
CCMH (à noter qu’il est aussi possible d’observer au contraire une CCMH élevée par
surestimation de l’hémoglobine). Un prélèvement vieilli, ou réalisé à côté d’une perfu‑
sion glucosée, une hyperglycémie, un tube EDTA K2 mal rempli, ou une hypernatrémie
vont augmenter in vitro le VGM et donc baisser artéfactuellement la CCMH.
Une CCMH élevée fera au contraire évoquer la présence d’agglutinats de rouges
(fausse diminution du nombre d’hématies), d’hyperlipémie, d’hémolyse in vitro ou
in vivo, d’hyperbilirubinémie, d’immunoglobulines ou d’hyperleucocytose majeure
principalement myéloïde (par surestimation de l’hémoglobine), d’une hyponatrémie,
de carboxyhémoglobine (> 20 %), de certains médicaments immunosuppresseurs. On
pourra observer une « vraie » CCMH élevée dans le cas où les hématies sont déshydra‑
tées (sphérocytes, présence d’hémoglobine C, xérocytose).
❚ Pathologies associées
Toutes les fortes anémies hypochromes (microcytaires) peuvent présenter des annulocytes.
• Carence martiale essentiellement : + anisopoïkilocytose érythrocytaire souvent impor‑
tante, dont elliptocytes hypochromes, + thrombocytose.
• Thalassémie majeure : anisopoïkilocytose érythrocytaire importante, érythroblas‑
témie parfois très élevée, hématies cibles fréquentes, hématies ponctuées, souvent
double population car transfusions au long cours pouvant masquer la microcytose.
/ 18 /
Annulocyte/CCMH
AS
TUCE CCMH basse (< 31) ou élevée (> 37)
Cherchez tout d’abord
une interférence analytique.
Annulocyte
Annulocyte
❚ Physiopathologie
Les différentes espèces de Babesia appartiennent au groupe des protozoaires patho‑
gènes humains tout comme Plasmodium, Toxoplasma et Cryptosporidium. Les espèces
prédominantes sont Babesia divergens, Babesia microti et Babesia venatorum.
La Babesia est transmise par une piqûre de tique (Ixodes). L’humain est un hôte acci‑
dentel. Exceptionnellement, la transmission peut avoir lieu à l’occasion de transfusion
sanguine, de passage transplacentaire ou de don d’organe.
Les sporozoïtes pénètrent dans les hématies, évoluent au stade trophozoïte (forme
annulaire) puis au stade mérozoïte (forme en « croix de Malte »). Ils entraînent alors
une lyse du globule rouge et l’infection d’autres hématies. La rate a un rôle majeur
dans l’élimination des érythrocytes parasités.
❚ Pathologie
L’incubation est de 1 à 4 semaines après la piqûre de tique mais jusqu’à 6 mois après
une transfusion de produit sanguin contaminé.
Au printemps, en été, voire au début d’automne, le patient se présentera avec de la
fièvre, des céphalées, malaises, frissons et/ou myalgies. Cette maladie peut entraîner
une anémie hémolytique, souvent une thrombopénie, parfois une leucopénie modérée.
Les infections ont souvent une sévérité minime à modérée, mais peuvent être mor‑
telles chez les patients immunodéprimés particulièrement si splénectomisés, chez les
nouveau-nés ou encore les personnes âgées.
Le traitement consiste en l’administration d’atovaquone et d’azithromycine, voire de
quinine et de clindamycine pendant 7 à 10 jours. Une exsanguino-transfusion peut être
envisagée en cas de très forte parasitémie, atteinte rénale ou pulmonaire.
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