Chapitre 2 : L’ACTIVITE PRODUCTIVE
L’organisation de la production dépend à la fois de la dimension de l’entreprise, de la
nature de la production et de la personnalité des individus.
Cela nous conduira à étudier le processus de production, les modes de production et les
différentes politiques de production.
1- PROCESSUS DE PRODUCTION
Toute production doit être préparée, mais les caractéristiques de cette production tiennent
compte de plusieurs éléments (nature du produit, la technologie mise en œuvre, la qualité
du produit, …). Le processus de production passe par les phases suivantes :
La phase d’élaboration du produit
La conception
Organisation
1- Bureau des méthodes
2- Bureau d’ordonnancement
3- Bureau de lancement
Fabrication
Ateliers de production
Contrôle
1- Atelier de contrôle
2- Service après-vente (SAV)
1.1) La phase d’élaboration et de conception (le bureau d’étude)
Il a pour rôle de concevoir les produits nouveaux et d’améliorer les produits actuels. Il
réalise son travail en collaboration avec le service mercatique et la recherche et
développement.
Ainsi ce bureau va chercher à connaitre l’usage exact auquel le produit est destiné et les
contraintes liées à la conception.
1.2) L’organisation
1.2.1) Le bureau des méthodes
Il a pour rôle de définir les différentes opérations qui devront être réalisées pour obtenir le
produit.
A partir des dessins et des nomenclatures fournies par le bureau d’études, le bureau des
méthodes met au point le processus de fabrication et d’assemblage de l’ensemble des
pièces composant le produit. Les résultats de ce travail sont consignés dans les gammes
de fabrication (une gamme de fabrication décrit dans l’ordre, pour un élément du produit,
toutes les opérations à réaliser pour le créer). Pour chaque opération, le bureau des
méthodes calcul le temps nécessaire à sa réalisation.
1.2.2) Le bureau d’ordonnancement
Il a pour rôle de définir l’enchaînement des tâches, à fixer les délais de fabrication, à
procéder, et affecter en temps opportun, les moyens humains et matériels nécessaires
(approvisionnement, outillage, …).
1.2.3) Le bureau de lancement
Il a pour rôle de déclencher les opérations de production et à en suivre le déroulement.
NB : Ces différents bureaux utilisent l’ordinateur pour une plus grande efficacité et rapidité
(la productique).
La productique est l’ensemble des applications de l’informatique aux différents domaines
de la production.
1.3) La fabrication
Elle est réalisée dans les ateliers de production à partir des documents fournis par le
bureau des études et le bureau des méthodes. Elle nécessite des matières premières, des
locaux, des hommes,…
1.4) Le contrôle de la production
Deux types de contrôle sont nécessaires au niveau de la production :
Contrôle de la qualité : il consiste à s’assurer que le produit rempli les
caractéristiques décrites par les bureaux d’études et des méthodes. Il est important
pour maintenir l’image de marque de l’entreprise.
Contrôle de conformité : il consiste à vérifier l’effectivité de la mise en œuvre des
moyens en quantité et en qualité prévus par les bureaux des méthodes et de
lancement.
2- MODES DE PRODUCTION
Le mode de production est la façon dont le produit ou le service est élaboré.
Il existe selon le rythme de production quatre grands modes de productions.
2.1) La production unitaire
Il s’agit d’une production sur commande d’un client.
La production peut porter sur un produit simple ou sur un produit complexe.
Nous avons comme avantage la qualité des produits et leur flexibilité (produit conforme aux
exigences du client).
Ex : construction navale, œuvre d’un artisan
2.2) La production par lot
Il s’agit d’une production en petites séries diversifiées de produits identiques. Elle est
le fait d’entreprise produisant, avec les mêmes équipements, des articles plus ou moins
différents. Nous avons comme avantage une production à flux tendus et flexible.
Par exemple dans l’industrie pharmaceutique, on produit alternativement un médicament
donné, sous plusieurs formes.
2.3) La production en série
Il s’agit de la production en grand nombre de biens identiques conformes à un
standard.
Elle permet à l’entreprise de réaliser des économies d’échelle.
Les entreprises produisant en série doivent s’assurer que leurs produits correspondent bien
aux besoins des clients, à partir d’une étude de marché. C’est dans la production en série
que l’automatisation et la division du travail ont été les plus poussées.
Ex : fabrication de chaussures, de portables
2.4) La production en continue
Il s’agit d’une production réalisée sans interruption (flux continu de produits
homogènes).
Une telle production très peu diversifiée, met en œuvre des équipements souvent
complexes, spécifiques et largement automatisés. Elle permet également des économies
d’échelle.
Les problèmes essentiels de ce type de production sont l’approvisionnement en matières
premières, l’écoulement des produits fabriqués, la maintenance du potentiel de production.
Ex : l’hydrocarbure, la sidérurgie.
3- LES POLITIQUES DE PRODUCTION
Les produits réalisés par l’entreprise sont obtenus selon les politiques suivantes.
3.1) La politique d’intégration
Elle consiste pour l’entreprise à développer ses activités en amont (approvisionnement) et
en aval (distribution).
3.2) La sous-traitance
C’est la réalisation par une entreprise (le sous-traitant) d’une partie ou de la totalité de la
production d’une autre entreprise (le donneur d’ordres).
3.3) L’impartition
L’impartition consiste pour une entreprise à déléguer à une firme partenaire une partie de
son activité.
C’est le choix de faire faire plutôt que de faire soi-même, d’acheter plutôt que de produire.
3.4) La politique de localisation de la production
Elle consiste pour une entreprise à produire à proximité de ses consommateurs et de ses
facteurs de production.
4- L’OST ET LES NOUVELLES FORMES D’ORGANISATION DU TRAVAIL
4.1) L’OST (organisation scientifique du travail) et la standardisation
C’est le système de production conçu par Frederick Winslow Taylor et dont le but est
d’augmenter le rendement des travailleurs.
Sa vision de l’organisation du travail repose sur les principes suivants :
La définition d’un processus optimal de la production, basé sur l’observation et le
chronométrage ;
Une nette séparation entre les tâches de conception et d’organisation d’une part, et
d’autre part les tâches d’exécution ;
Un travail d’exécution spécialisé, basé sur la répétition de gestes simples définis par
des spécialistes ;
Une rémunération des opérations liée à leur rendement.
Henri Ford ajouta aux principes de Taylor l’idée de standardisation du produit et du
travail à la chaine dans l’industrie automobile, accompagné par une politique de hauts
salaires pour favoriser la productivité.
4.2) Les formes actuelles d’organisation du travail
Comme nouvelles formes d’organisation nous avons :
La rotation des postes : elle consiste à confier successivement différents postes à
chaque salarié, afin de réduire la monotonie du travail.
L’élargissement des tâches : elle consiste à regrouper au sein d’un même poste
de travail des tâches jusque-là reparties entre différents postes, afin de réduire ici
encore, la monotonie du travail.
L’enrichissement des tâches : elle consiste à confier à un même poste de travail
des responsabilités nouvelles concernant l’organisation et le contrôle du travail.
Les groupes autonomes de production : ce sont des groupes de travailleurs
auxquels sont fixés des objectifs de production impliquant la réalisation d’ensembles
complexes de tâches. Chaque groupe décidera de l’organisation de son travail et de
la répartition des tâches entre ses membres.
5- LES STOCKS ET LEUR GESTION
5.1) Définition
Le stock est la quantité de biens accumulés en attente d’une utilisation et permettant
d’harmoniser les flux d’entrée et de sortie dont les rythmes sont différents.
5.2) Les types de stocks
Tout stock varie et entre deux approvisionnements nous avons différents types de stocks :
5.2.1) Le stock initial (SI)
C’est le stock dont dispose une entreprise avant toute commande.
5.2.2) Le stock disponible
C’est le stock obtenu après réapprovisionnement. Il se confond au stock maximum.
5.2.3) Le stock maximum (SM)
C’est le niveau de stock avant toute sortie, dès que le stock existant vient d’être renouvelé.
Il convient de ne pas le dépasser aux motifs d’insuffisance des aires de stockage, des
risques de méventes et du coût global trop élevé.
SM = SS + Quantité livrée avec SS = stock de sécurité
5.2.4) Le stock minimum (Sm)
C’est le niveau de stock qui déclenchera un réapprovisionnement compte tenu du temps
nécessaire à la passation de la commande et des délais de livraison.
Sm = Consommation × délai de livraison
5.2.5) Le stock de sécurité (SS)
C’est le niveau de stock supplémentaire, constitué en plus du stock minimum permettant de
palier les retards de livraison.
SS = SM – Commande.
5.2.6) Le stock d’alerte (SA) ou le stock critique
C’est le niveau de stock à partir duquel il est nécessaire de déclencher une nouvelle
commande.
SA = Sm + SS
5.2.7) Le stock final (SF)
C’est le niveau de stock existant après toutes les différentes consommations en fin de
période.
5.2.8) Le stock outil (So)
C’est le stock nécessaire pour le fonctionnement normal et en toute sécurité de l’entreprise.
5.3) La gestion des stocks
La gestion des stocks est l’ensemble des mesures qu’utilise une entreprise pour savoir
quelle quantité commander et à quel moment, dans l’optique d’atteindre l’équilibre entre un
coût de stockage faible et une capacité de réponse élevée face aux clients.
5.3.1) La gestion administrative des stocks
Elle consiste à mettre au point un système de classement, une nomenclature, et à attribuer
à chaque bien, une place précise dans le magasin.
Ce classement abouti à la saisie régulière de mouvement des stocks à partir de la tenue
d’une fiche de stock.
5.3.2) La gestion économique des stocks
Elle permet de déterminer le nombre optimal de commande qui permettra de minimiser le
coût total des stocks.
Cette gestion répond à deux objectifs :
Maitriser la rentabilité, en réduisant les coûts et les capitaux investis ;
Minimiser le risque, en évitant les ruptures de stock par la constitution de stock de
sécurité.
6- LES COUTS DE PRODUCTION
6.1) Le coût total (coût fixe et coût variable)
6.1.1) Le coût fixe total (CFT)
Il représente les dépenses effectuées par l’entreprise pour l’acquisition de facteurs fixes.
Ce coût doit être effectué quel que soit le niveau de production ( même si la production est
nulle).
6.1.2) Le coût variable total (CVT)
Il représente les dépenses engagées par l’entreprise pour l’achat de ses facteurs de
production variables.
Ce coût augmente à mesure que l’entreprise augmente sa taille (sa capacité de
production).
6.1.3) Le coût total (CT)
Il représente la somme minimum qu’une entreprise doit envisager pour atteindre un niveau
de production.
Il est égal à la somme des coûts fixes totaux et des coûts variables totaux. CT = CFT +
CVT
6.2) Le coût moyen (CM)
Il mesure le coût total par unité de bien produite pour une entreprise donnée.
C’est aussi le prix de revient.
CT
CM = avec Q = la quantité de biens produite.
Q
6.3) Le coût marginal (Cm)
C’est le supplément de coût résultant de la production d’une unité supplémentaire.
∆ CT
Cm = avec ∆ CT = variation du coût total et ∆ Q = variation de la quantité produite.
∆Q
7- LE BUDGET DE LA PRODUCTION
C’est la représentation finale et chiffrée de l’activité productive annuelle.
Il est la résultante des décisions prises au niveau du budget des ventes et de la politique de
stockage de l’entreprise. Ce budget est contraint par les capacités productives actuelles de
l’entreprise et leurs possibilités physiques d’évolution à court terme (en interne par
l’investissement direct, en externe par la prise de participation). C’est un outil de contrôle et
d’optimisation des ressources productives. Il recense et combine les moyens humains,
matériels et organisationnels disponibles.
Le point de départ de toute budgétisation est le programme de production.
8- LE CHOIX DES INVESTISSEMENTS
L’investissement est une opération qui consiste pour l’entreprise à acheter des biens de
production ou à effectuer des dépenses pour accroitre le potentiel de l’entreprise pour
l’avenir.
Le choix des investissements de l’entreprise est fonction d’un grand nombre de variables :
L’entreprise investie en fonction du profit qu’elle espère retirer ;
L’entreprise tient compte de la combinaison productive (prix relatif des facteurs)
Elle investit en fonction de la contribution au produit (productivité marginale).