Cours Hygiene
Cours Hygiene
PLAN DU COURS
INTRODUCTION GENERALE……………………..…..………………………………….8
INTRODUCTION GENERALE
Chaque jour, partout dans le monde, des gens tombent malades en raison des aliments qu’ils
consomment. Ces affections sont appelées maladies d’origine alimentaire et sont provoquées
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par des micro-organismes dangereux et/ou des substances chimiques toxiques. Bien que les
gouvernements du monde entier fassent de leur mieux pour améliorer la sécurité sanitaire des
aliments, la prévalence des maladies d’origine alimentaire reste un problème important de santé
publique dans tous les pays. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) estime que 1.800.000
personnes meurent chaque année des suites de maladies diarrhéiques, et que la plupart de ces
cas peuvent être attribués à des denrées ou à de l’eau contaminées (OMS, 2007). Le tribut payé
en souffrances humaines est donc énorme, en particulier pour les groupes les plus vulnérables
(nourrissons et jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées, malades,…). Associés à la
malnutrition, les maladies diarrhéiques provoquées par une insalubrité des aliments causent des
ravages insupportables et sont la première cause de
mortalité des enfants dans les pays où l’hygiène est déficiente.
Il s'agit d'assurer la sécurité et la salubrité des aliments à toutes les étapes de la chaîne
alimentaire.
La notion de sécurité est donc plus forte que celle de salubrité mais les résultats sont identiques
: des pertes de produit (insalubrité) ou de marché (insécurité).
L’application des principes de base de l’hygiène permet de réduire de manière considérable les
risques de contamination microbienne des produits alimentaires.
Les conditions de conservation au cours de l’entreposage et au cours du transport ont aussi un
impact considérable sur la qualité des denrées alimentaires.
Le non-respect des conditions de température et d’hygrométrie peut entraîner l’altération des
produits et favoriser le développement de micro-organismes pathogènes. Le respect de la «
chaîne du froid » est essentiel.
I.1.4. Notion de produit
On entend par « produit » le résultat d’une production, c’est-à-dire d’un ensemble cohérent
d’opérations (nous parlerons plus loin de « processus »).
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Au sens large, ce sont toutes les denrées alimentaires, d’origine végétale ou d’origine animale,
mises sur le marché par un producteur.
Quand nous parlerons de « produit », on désignera ainsi les produits récoltés, éventuellement
transformés, et conditionnés.
Il s’agit donc aussi des denrées qui ne sont pas « produites » au sens strict du terme, mais qui
font l’objet d’une commercialisation. Il en va ainsi des produits qui sont récoltés par cueillette
dans la nature (ex. : champignons, baies, petits fruits, plantes aromatiques, larves d’insectes ou
gastéropodes comestibles,… et même le miel produit par des colonies sauvages), des produits
de la pêche ou de la chasse.
Malgré le fait que ces denrées ne soient pas produites sous la responsabilité du producteur
puisqu’il se contente de les « prélever », sa responsabilité reste entière quant au fait qu’elles
ne peuvent pas porter atteinte à la santé des consommateurs. Il est tenu d’en vérifier la
conformité au regard des normes de santé et de sécurité.
Certains aliments peuvent être considérés comme des « aliments à risques ». En effet, à
l’origine de nombreuses contaminations on trouve principalement :
- les œufs et les produits dérivés, qui constituent environ le tiers des causes
d'intoxications alimentaires collectives (TIAC) ;
- les volailles, et tout particulièrement le poulet et la viande de volaille hachée ; - les
aliments consommés crus (fruits, légumes et poissons, viande ou coquillages).
I.2.2. Main-d'œuvre
Chacune des personnes qui manipulent les produits est potentiellement porteuse de
microorganismes pathogènes transmissibles par les aliments. À cet effet, différentes
précautions doivent être prises afin de minimiser les risques. Notons que le lavage des mains,
ainsi que le comportement du personnel, est la première étape essentielle. La tenue
vestimentaire fait aussi partie des éléments à souligner. La plupart des consignes relatives à
l'hygiène du personnel sont devenus monnaie courante, comme l'examen médical, le port d'un
tablier, d'une résille afin de recouvrir les cheveux, ou encore l'exclusion de tout bijou lors de la
manipulation des aliments.
I.2.3. Méthode
Il s'agit de l'ensemble des procédés utilisés pour la production (itinéraire technique, depuis le
semis jusqu'à la récolte), la récolte, le transport et le conditionnement jusqu'à l'expédition du
produit. Il s'agit entre autres de respecter les « GMP » ou Bonnes Pratiques de Production.
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I.2.4. Matériel
I.2.5. Milieu
Les lieux de travail, qu'il s'agisse des champs ou de la station de conditionnement, doivent rester
propres et protégés de l'intrusion des nuisibles. Il est primordial de faire en sorte, par exemple,
d'ajuster et de fermer les portes et les fenêtres, de vérifier l'hygiène des locaux et de l'ensemble
du plan de travail, de s'occuper des tuyaux d'évacuation des eaux, des dépôts de déchets, de la
ventilation et de l'éclairage.
Les mesures d'hygiène relatives à ces différents aspects seront résumées ci-dessous. On y
ajoutera des recommandations générales sur la traçabilité des produits et la formation du
personnel. Il est recommandé de se rapporter aux documents et codes d'usage du Codex pour
plus d'information. Enfin, parmi ses « principes généraux », le Codex recommande aux
producteurs de recourir à la méthode HACCP en tant que moyen d'améliorer la salubrité des
aliments et y indique comment mettre les principes d'hygiène en application.
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Les « principes généraux » du Codex fournissent aussi des directives pour l'élaboration de «
critères d'hygiène » spécifiques, éventuellement nécessaires pour certains secteurs de la chaîne
alimentaire, certains processus, ou certains produits. Nous parlerons plus loin dans ce chapitre
de l'intérêt pour chaque secteur professionnel de rédiger des « Guides de Bonnes Pratiques
d'Hygiène » adaptés aux dangers qui lui sont propres et aux mesures qui lui conviennent de
mettre en œuvre.
Il faut éviter la production dans des zones où l'environnement constitue une menace pour la
sécurité des aliments.
Les aires de production (champs, vergers, tunnels, pépinières,...), de conditionnement et
d'entreposage (hangars, silos, chambres froides,...) doivent être maintenues propres en
permanence. Il est recommandé de les localiser dans des zones qui n'ont pas servi à
l'enfouissement de déchets (il faut donc disposer d'un historique des sols) ; dans le cas contraire,
des analyses du sol doivent pouvoir démontrer l'absence de risque de contamination par des
germes ou des métaux lourds par exemple. Les déchets doivent être rassemblés et évacués
régulièrement des lieux de production.
L'eau est utilisée pour l'irrigation, la préparation des bouillies pour les traitements
phytosanitaires et l'épandage ou la distribution des engrais dans les champs et le nettoyage, non
seulement des fruits et légumes, mais aussi des tables de tri, des sols et des bacs de récolte,
par exemple.
Deux aspects sont donc à considérer :
- il faut protéger l'eau : éviter de polluer l'eau lors des opérations culturales et en station
(effluents rejetés). Il faut notamment protéger les sources d'approvisionnement en eau, les
nappes, les zones de captages, etc. La présence de bétail directement en contact avec les points
d'eau (ex. : bêtes qui s'abreuvent en entrant dans l'eau) accroît le risque de contamination par
des germes fécaux. L'excès d'engrais azotés conduit à des concentrations excessives en nitrates
dans les nappes ;
- il faut protéger les produits : éviter que de l'eau contaminée ou polluée par des agents
pathogènes ou des produits chimiques ne vienne au contact des produits.
Une attention particulière doit être accordée aux conditions de transport des produits. Des
mesures doivent être prises lors du transport pour protéger les aliments contre les sources
potentielles de contamination.
Il faut nettoyer les plateformes de chargement et les conteneurs. Il faut protéger les produits
contre les dommages susceptibles de les rendre impropres à la consommation (bâcher les
camions ; emballer correctement les produits ; les protéger du soleil et de la pluie, des
poussières, de la fumée, des oiseaux et autres animaux ; éviter le transport en vrac susceptible
d'écraser les produits ; éviter d'utiliser des sacs de réemploi ;...).
Il est fortement déconseillé d'utiliser le même véhicule pour transporter des fruits et légumes,
des engrais et des produits phytosanitaires... voire des personnes !
Selon le Codex, « les opérateurs du secteur alimentaire qui entrent directement ou indirectement
en contact avec des aliments devraient recevoir une formation et/ou des instructions en matière
d'hygiène alimentaire à un niveau adapté aux opérations qu'ils accomplissent ».
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La notion de programme pré-requis (en anglais Pre-Requisite Program) ou PRP est apparue
assez récemment avec la généralisation de la méthode HACCP ou Hazard Analysis Critical
Control Points, que l'on peut traduire comme suit : « Analyse des Dangers, Points Critiques
pour la (ou leur) Maîtrise ».
Le HACCP, peut se formuler en français : Analyse des Dangers, Points Essentiels pour la
Maîtrise. C'est une méthode pour identifier tous les dangers liés à un aliment, puis les maîtriser
en cours de fabrication par des moyens systématiques et vérifiés.
Le Haccp est une méthode pour identifier tous les dangers liés à un aliment, puis les maîtriser
en cours de fabrication par des moyens systématiques et vérifiés.
Une accumulation de moyens techniques (= les prérequis des bonnes pratiques d’hygiène) ne
peut pas donner la garantie de la sécurité. Il faut en plus une démarche rigoureuse pour adapter
les moyens à des objectifs définis (sécurité). Le Haccp propose donc une méthode structurée,
responsabilisante, spécifique, préventive, créative, qui intègre les moyens déjà connus: définir
les autocontrôles nécessaires et suffisants. Par rapport à l'assurance qualité (vise toutes les
composantes de la qualité), l'objectif du Haccp est d'assurer la sécurité (innocuité) des aliments:
c'est un plan d'assurance sécurité.
Origine: Haccp inventé par la Nasa pour éviter les Tiac des astronautes. Ne pouvant analyser
tous les aliments (contrôle destructif), on mit en place un système de maîtrise systématique de
la préparation des rations.
Le Haccp est basé sur 7 principes (étapes 7 à 13 ci-dessous). Il produit un document: le plan
Haccp. Ce plan s'applique à UN produit donné, fabriqué par UN procédé déterminé, par rapport
à UN danger identifié (ou un groupe de dangers identifiés).
Phase 1- d'abord préparer l'étude (qui agit, pour quel produit, quel procédé: étapes 1 à 6), Phase
2- puis analyser les dangers et les points de maîtrise essentiels (étapes 7, 8 et 9),
Les 14 étapes
Les 4 sous-étapes de l'analyse des dangers sont l'étude des Dangers, des Risques, des Causes,
et des Mesures préventives.
L'analyse des dangers se fait en équipe, chacun apporte ses idées et ses connaissances.
7.1- Identifier les Dangers Les dangers sanitaires sont la contamination par, ou la croissance
de, bactéries pathogènes dans un aliment, la présence de toxines ou de contaminants chimiques.
On identifie ces dangers en collectant des informations publiées ou collectées auprès des
consommateurs
7.2- Evaluer le Risque de chaque danger. Risque=Fréquence x Gravité Pour chaque danger
identifié.
on évalue le risque pour le produit: fréquence et gravité du danger (pour le consommateur, et
pour l'entreprise). Cela permet de hiérarchiser les dangers. Pour un produit donné, on se focalise
sur un (ou quelques) danger(s), on laisse tomber les autres.
7.3- Trouver les Causes. On place les dangers qui "arrivent" sur les opérations du diagramme
de fabrication. Pour chaque opération on cherche les causes des dangers identifiés ci-dessus.
On s'aide, pour trouver les causes des dangers microbiologiques, "des 5 M". Matière première,
Matériel, Milieu et Méthode de travail, et surtout Main d'oeuvre sont sources de dangers
microbiologiques pour chaque étape.
7.4- Identifier les mesures préventives, pour chaque opération On passe des dangers et de leurs
causes à l'identification des mesures préventives, actions destinées à éliminer les dangers, ou à
les réduire à un niveau acceptable. Les mesures préventives sont souvent classiques et font
partie des bonnes pratiques de fabrication (réfrigérer, cuire, former le personnel. Ce sont les
Pré-Requis (En ISO 22000 on appelle ça les «Programmes-Pré-Requis », en anglais PRP).
Certaines mesures préventives sont évidentes (réparer ou changer ce qui fonctionne mal), mais
nécessitent parfois d'être créatif (changer le procédé, inverser deux étapes, acheter un
équipement nouveau).
Le Haccp est une méthode pour identifier tous les dangers liés à un aliment, puis les
maîtriser en cours de fabrication par des moyens systématiques et vérifiés.
La méthode HACCP a été formalisée par le Codex Alimentarius et est applicable à tous les
secteurs de la production, du transport, du stockage et de la distribution des aliments. Elle
permet à un exploitant d'identifier les dangers qui peuvent exister à chaque étape du processus
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de production, ainsi que les étapes de ce processus pour lesquelles une surveillance et une
maîtrise sont critiques pour garantir la sécurité et la salubrité des produits : c'est pourquoi on
appelle ces étapes des « CCP » pour Critical Control Points. Pour chaque « CCP » identifié, on
doit pouvoir fixer des limites qui ne devront pas être dépassées pour assurer la maîtrise de la
qualité sanitaire du produit. Un CCP peut d'ailleurs avoir plusieurs limites critiques (ex. :
température et durée pour une pasteurisation).
Pour être considérés comme des « CCP », ces « points » du processus doivent pouvoir être
surveillés en continu de manière à ce que les résultats de la surveillance puissent être comparés
à des limites critiques définies. Les limites critiques sont des critères (quantitatifs ou qualitatifs)
qui séparent l'acceptable de l'inacceptable en ce qui concerne la maîtrise de la sécurité et de la
salubrité de l'aliment. Or, la propreté de la tenue de travail des opérateurs, leur niveau de
connaissance des règles de base de l'hygiène alimentaire, ou encore l'efficacité du plan de
nettoyage et de désinfection, ne peuvent pas être mesurés en continu. De plus, il serait très
difficile de définir une limite critique pour ces éléments. Ce ne sont donc pas des CCP, et
pourtant leur maîtrise est nécessaire pour garantir la sécurité et la salubrité des aliments. Il
était donc important de définir une notion complémentaire du CCP, il s'agit des programmes
pré requis (PRP).
En référence à la Norme ISO 22000, les Programmes pré requis (PRP) sont définis comme étant
les conditions et activités de base nécessaires pour maintenir tout au long de la chaîne
alimentaire un environnement hygiénique approprié à la production, à la manutention et à la
mise à disposition de produits finis sûrs et de denrées alimentaires sûres pour la consommation
humaine.
Les PRP nécessaires dépendent du type d'entreprise et du segment de la chaîne alimentaire dans
lequel l'entreprise intervient. De manière générale, les termes suivants sont utilisés pour classer
les PRP : les Bonnes Pratiques Agricoles (BPA), les Bonnes Pratiques Vétérinaires (BPV), les
Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), les Bonnes Pratiques d'Hygiène (BPH), les Bonnes
Pratiques de Production (BPP), les Bonnes Pratiques de Distribution (BPD) et les Pratiques de
Vente (BPV).
Les PRP renvoient de manière générale aux mesures de maîtrise qui ne sont pas spécifiques
à une étape du processus de fabrication. Ce sont des mesures transversales qui, selon la norme
ISO 22000, portent au moins sur les 10 points suivants :
Si la méthode HACCP est la référence au plan internationale en matière de mise en place d'un
système de management de la sécurité des aliments, son application dans une entreprise
n'apporte donc pas à elle seule de garantie de maîtrise de la qualité sanitaire des aliments. Avant
l'application du système HACCP à une quelconque entreprise du secteur alimentaire,
l'exploitant doit avoir mis en œuvre les pré requis fondés sur les bonnes pratiques appropriées
(exigences réglementaires en vigueur et/ou commerciales des clients) ou pré requis, c'est-àdire
:
- la mise en place des Bonnes Pratiques (Bonnes Pratiques d'Hygiène, Bonnes Pratiques
Agricoles, Bonnes Pratiques de récolte, Bonnes Pratiques de Transport, Bonnes Pratiques de
Fabrication, Bonnes Pratiques de manutention et de conditionnement, Bonnes Pratiques de
stockage, etc.) ;
- un ensemble d'autres conditions préalables à la transformation des aliments (locaux,
formation, organisation du travail, hygiène et santé du personnel, qualité de l'eau, maintien de
la chaîne de froid, ...).
Remarque :
Les PRP constituent la base d'une application efficace des principes HACCP et leur mise en
place doit donc précéder l'élaboration d'un système HACCP.
Les PRP et le HACCP fonctionneront encore mieux dans le cadre d'un Système de Management
de la Qualité Sanitaire (SMQS). La mise en place d'un SMQS requiert l'engagement sans
réserve et la pleine participation de la direction et du personnel, une politique, des objectifs, des
analyses de données et une revue périodique du système de management.
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Il existe trois types de danger : biologique (bactéries, parasites, virus …), chimique (résidus
chimiques, produits d’entretien…) et physique (corps étrangers, débris d’emballage…). La
diversité des produits distribués et l’ensemble des étapes logistiques qui y sont liées induisent
des dangers particuliers.
Ces dangers demandent non seulement une attention particulière des personnes responsables
des activités de distribution alimentaire, mais également une information de toutes les personnes
qui y participent.
La conséquence principale, qui doit entraîner la plus grande vigilance des responsables, est
l’apparition de Toxi-infections Alimentaires (TIA) et de Maladies Infectieuses Alimentaires
(MIA).
Les principaux dangers développés dans ce guide sont de nature biologique. La contamination
des produits par un agent infectieux et/ou la multiplication des micro-organismes dans des
conditions favorables en sont la cause. Cet agent infectieux peut être introduit par cinq facteurs
de risque, couramment nommés les 5 M (Matière première, Matériel, Milieu, Méthodes, Main-
d’œuvre).
II.1.2.1. Contaminants
Parmi les contaminants, les métaux lourds présentent, même à faible dose, une toxicité à long
terme pour l’homme. C’est le cas du cadmium, du mercure, du plomb et de l’arsenic, toxiques
par accumulation, dont les effets délétères sont observés après un temps de latence de plusieurs
mois, voire plusieurs années pour le cadmium. On dispose de peu de données concernant les
effets à long terme d’autres métaux lourds pouvant se retrouver à l’état de trace dans
l’alimentation comme, par exemple, le chrome, l’étain, le nickel et l’aluminium. Certaines
formes chimiques de l’arsenic, du cadmium, du chrome et du nickel ont toutefois des propriétés
génotoxiques avérées ou probables et pourraient donc être à l’origine de mutations voire de
cancers.
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II.1.2.2. Résidus
On entend par résidu : « un résidu de substances ayant une action pharmacologique, de leurs
produits de transformation, ainsi que d’autres substances se transmettant aux produits animaux
et susceptibles de nuire à la santé humaine ».
Concernant les produits carnés, les résidus peuvent provenir de l’emploi de facteurs de
croissance, de médicaments vétérinaires, notamment des antibactériens.
Les principales sources de risques physiques dans les aliments sont les suivantes :
- le verre : les sources courantes, dans les établissements de transformation des aliments,
sont les ampoules et les contenants en verre (bocaux, bouteilles) ;
- le métal : les sources courantes de métal sont les fragments venant de l'équipement
utilisé (éclats, lames, aiguilles cassées, morceaux d'ustensiles usés, agrafes, etc.).
L'intensification et la modernisation de l'agriculture font que la production des fruits et légumes
est de plus en plus motorisée (tracteurs, calibreuses, etc.). Si les spécifications techniques en
terme d'utilisation, de maintenance, d'hygiène et de salubrité ne sont pas suffisamment
maîtrisées, les machines peuvent être une source potentielle de contamination directe ou
indirecte de corps étrangers : pièce de métal, morceau de lame,... ;
- les plastiques : les sources courantes de plastique dur ou mou sont : le matériel
d'emballage, les gants portés par les employés, les ustensiles utilisés pour nettoyer l'équipement
ou les outils qui servent à retirer les produits adhérents aux lames des machines ;
- les pierres : les plantes de grande culture, comme les petits pois ou les haricots par
exemple, sont susceptibles de contenir des petites pierres ramassées pendant la récolte ; les
pierres peuvent aussi provenir des structures et des sols de béton de l'établissement ;
- les parties naturelles d'aliments qui sont dures, pointues, coupantes : éclats d'os dans
la viande, arêtes de poisson, morceaux de noyaux,...
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La plupart des individus mangent une grande variété d’aliments sans encourir le moindre
risque. Pour un petit pourcentage de la population (environ 2 %), cependant, des aliments ou
des composants spécifiques peuvent provoquer des réactions secondaires allant d’une légère
rougeur à une sévère réponse allergique.
Un allergène est une substance qui déclenche l’allergie, ensemble de réactions du système
immunitaire de l’organisme à la suite d’un contact, d’une ingestion, voire d’une inhalation dans
le cas d’un allergène alimentaire. L’allergène entraîne une réaction en chaîne dans le système
immunitaire aboutissant la libération d’anticorps. Ces anticorps entraînent à leur tour la
libération d’autres molécules, comme l’histamine, qui donnent libre cours à des symptômes
variés comme un nez qui coule, de la toux, un éternuement ou des démangeaisons. Dans sa
forme la plus grave, l’allergène engendre une réaction extrême (choc anaphylactique, œdème
de Quincke) qui aboutit à une insuffisance respiratoire et à la mort du consommateur. Un
consommateur souffrant d'une allergie alimentaire reconnue doit éviter de consommer des
aliments contenant la substance susceptible de lui occasionner des troubles plus ou moins
graves. La liste des principaux allergènes (reconnus par la loi) est reprise dans l’annexe du
présent chapitre).
La fréquence des allergies alimentaires et leurs conséquences sur la santé ont amené les pouvoirs
publics à instaurer des mesures d'information du consommateur. Tout produit contenant des
allergènes fait l’objet d’un étiquetage obligatoire, avec une indication de la présence de
l’allergène (même sous forme de traces). L'ingrédient doit figurer sur l'étiquetage dans la liste
des ingrédients de la denrée par une référence claire au nom de l'allergène.
Pour être complet, nous présenterons aussi brièvement les risques liés à certains additifs
technologiques et de certains arômes. Le recours à ces composés (substances antibactériennes,
conservateurs, arômes) va aller en croissant.
Les additifs alimentaires et les auxiliaires technologiques sont des substances ajoutées
intentionnellement aux denrées alimentaires au stade de leur fabrication, transformation,
préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage pour remplir certaines
fonctions technologiques, par exemple pour colorer, sucrer, améliorer l’aspect ou la
conservation.
Les additifs alimentaires sont définis comme « des substances qui ne sont normalement pas
utilisées en tant qu’aliments, mais qui sont délibérément ajoutées à des denrées alimentaires à
des fins technologiques, comme leur conservation, par exemple ». Les substances qui ne sont
pas consommées comme aliments, mais qui, utilisées dans la transformation d’aliments, ne
subsistent qu’à l’état de résidu dans le produit final et n’ont aucun effet technologique sur celui-
ci sont des auxiliaires technologiques.
Les colorants alimentaires, les conservateurs, les émulsifiants, les épaississants, les stabilisants,
les gélifiants, les exhausteurs de goût et les édulcorants font partie de ces substances.
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- les modificateurs de goût (glutamate monosodique qui rehausse le goût des plats chinois) ;
- les émulsifiants (ex. : lécithines, acides gras, morpholine30,…) utilisés pour disperser les
cires dans l’eau et faciliter ainsi le traitement des fruits,…
Certains additifs sont dangereux pour la santé (dans certaines conditions le benzoate peut
produire du benzène ; réactions allergiques ; hyperactivité chez l'enfant ; perturbation
endocrinienne ; anémies ; cancers) ou se transforment dans l'organisme (ex. : les nitrates se
transforment en nitrites qui forment des nitrosamines, composés cancérigènes). Ils font donc
l’objet d’une réglementation stricte (interdiction ou concentrations maximales autorisées). Les
additifs alimentaires ne peuvent être autorisés que si :
L'utilisation des additifs alimentaires doit toujours être étiquetée sur l'emballage des produits
alimentaires par leur catégorie (antioxydant, conservateur, colorant, etc.) avec leur nom ou leur
« numéro E ». Les modalités sur l'étiquetage des additifs dans les denrées alimentaires, et des
additifs vendus tels quels aux producteurs alimentaires et aux consommateurs sont fixées dans
la législation communautaire (Directive 2000/13/CE, Règlement (CE) 50/2000 (« Food
Labelling ») et Directive 89/107/CEE).
- Les arômes
Les arômes sont des substances utilisées pour donner du goût et/ou une odeur aux aliments. La
législation européenne définit différents types d'arômes, tels que les substances aromatiques
naturelles, naturelles-identiques ou artificielles, préparations aromatisantes d'origine végétale
ou animale, les arômes de transformation qui augmentent la saveur après chauffage et les
arômes de fumée.
Le règlement (CE) 1334/200831 expose la définition des arômes, des règles générales pour leur
utilisation, les exigences pour l’étiquetage et les niveaux maximum pour les substances qui
suscitent des inquiétudes pour la santé des personnes. Ces dernières substances sont
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naturellement présentes dans les matières de base pour les arômes (par exemple des herbes) et
sont donc également présentes dans les préparations aromatisantes. Il est interdit d’ajouter ces
substances telles quelles aux aliments. Le mot « arôme » doit être présent dans la liste
d'ingrédients sur l'emballage des produits alimentaires quand ils contiennent des arômes.
Un risque émergent est un problème qui dans le futur peut poser un risque pour la chaîne
alimentaire ».
Des projets sur les risques émergents ont été mis en place et des réseaux internationaux
d’experts et des systèmes d’information se sont créés sur ce thème
Exposition significative à un danger non reconnu précédemment
- Progrès de la science et des connaissances : - Acrylamide (qui se forme dans les pommes de
terre frites et dans les biscuits lors de la cuisson). - Benzène (qui se forme dans les boissons
rafraîchissantes type sodas). - Toxines T2 et HT2 dans les denrées alimentaires et dans les
aliments pour animaux. - Migration des résidus d’emballage (monomères plastiques). -
Nouvelles méthodes de production : - Utilisation de benzoate comme conservateur dans les
boissons rafraîchissantes, pouvant générer du benzène. - Décontamination microbienne des
produits végétaux par des dérivés chlorés (hypochlorite). - Irradiation des matériaux
d’emballage par des rayons gamma. - Comportement des matériaux d’emballage au four à
micro-ondes.
- Entrée dans la chaîne alimentaire de produits chimiques industriels et autres substances : -
Substances perfluorées (PFOS, PFOA). - Composés polybromés (PBDE). - Organo-étains.
- Phtalates (provenant des plastiques).
- Exposition nouvelle ou croissante à un danger connu
- Exposition nouvelle à un composé interdit dû à : - Un usage frauduleux (les colorants
azoïques dans la poudre de chili (colorant), les nitrofuranes et le vert de malachite dans les
produits de l’aquaculture, la mélanine dans les aliments pour animaux domestiques ou dans
la poudre de lait (contamination du lait en Chine). - Contamination accidentelle des produits
(par des pesticides, des engrais). - Contamination environnementale (teneurs en DDT
détectées dans les œufs de poules élevées en libre parcours, vert de malachite dans le
poisson, traces d’insecticide « aldrine » dans le saumon d’élevage, …).
- Exposition grandissante à un danger déjà connu dû à : - Modification des habitudes
alimentaires (toxines et contaminants dans les suppléments alimentaires, préparations à base
de plantes et d’épices, …). - Changement dans le niveau de contaminants dans les aliments
spécifiques (aflatoxine dans les poivrons hongrois ou dans le maïs italien (polenta), …).
- Exposition inattendue à un danger déjà connu dû à : - Contamination durant le processus de
production (dioxine dans la gélatine et dans la graisse due à une contamination de l’HCl et
dioxines dans les aliments pour animaux dû à la contamination des argiles, …). -
Contamination croisée (allergènes dans des denrées alimentaires spécifiques, médicaments
vétérinaires dans les aliments pour animaux, …).
Contamination environnementale (métaux lourds et dioxines dans des denrées alimentaires suite
à une activité industrielle ; PCB, dioxines et autres contaminants environnementaux dans les
œufs, dans le poisson, …).
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Pour mieux comprendre ce que sont les RCE, on peut les classer ainsi :
- Par voie d’entrée dans la chaîne alimentaire : - Toxines naturelles (végétales, fongiques,
marines, bactériennes,…). - Pesticides, médicaments, colorants et additifs non autorisés. -
Contaminants environnementaux (métaux lourds, dioxines, PCB, composés bromés et
perfluorés). - Contaminants liés aux procédés de transformation, de préparation des
aliments, l’emballage (acrylamide, furanes, benzène, semicarbazide,…).
- Par mode d’action toxicologique : - Substances cancérogènes et génotoxiques (aflatoxines,
hydrocarbures aromatiques polycycliques, colorants azoïques, furanes, composés
allyloxybenzéniques, …). - Perturbateurs endocriniens (médicaments à effets hormonaux,
certains pesticides et contaminants environnementaux (dioxines), micro-constituants
végétaux (polyphénols), …). - Substances allergènes. - Autres (substances néphrotoxiques,
hépatotoxiques, immunosuppressives,…).
- Par type de risque : - Risque aigu : toxines de plantes, phycotoxines, allergènes (ex. : algues
marines
Risque chronique : perturbateurs endocriniens, produits cancérigènes, produits
bioaccumulables, …
- Par type de facteurs pouvant influencer l’apparition des RCE :
Les facteurs agro-industriels : - Changements dans les procédés liés à la production agricole, à
la transformation et à la préparation des denrées. Exemples : Sélection variétale (enrichissement
en substances de défense potentiellement toxiques (ex. : solanine) ; problématique des OGM
interdits en Europe, facteurs antinutritionnels du soja). Amendements et fertilisation (boues
d’épuration, cadmium dans les engrais phosphatés, …). Protection des cultures et des denrées
conservées (changement dans la nature des résidus de pesticides, impuretés botaniques,
mycotoxines). - Intensification de l’aquaculture (risques d’accumulation de polluants
persistants, résidus médicamenteux, toxines, …). - Intensification de la fruiticulture et
horticulture dans des pays en voie de développement (ex. : usage intensif de pesticides pour
l’exportation). - Non confinement des filières de production (OGM, Bio) et problématique de
résidus indésirables (ex. : OGM interdits dans alimentation humaine et animale ; contamination
des productions bio par des résidus pesticides de synthèse ; contamination de plantes
médicinales par des plantes sauvages toxiques). - Contraintes économiques (pression
économique) et risques d’intensification des usages de produits illicites (pesticides,
antibiotiques dans les œufs importés d’Inde, colorants interdits). - Utilisation d’auxiliaires
technologiques de qualité insuffisante (argiles contaminées, acides minéraux, …). - Nouveaux
contaminants produits lors d’un changement de procédé (séchage, chauffage, friture,
autoclavage, …) et des matériaux en contact (emballages, films alimentaires, encre (ITX),
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colles, etc.)35 ; - Produits pauvres en sucre et sel (ex. : risque de prolifération de moisissures
dans les produits allégés). - Nouveaux flux de déchets de l’industrie agro-alimentaire et produits
secondaires de substitution (ex. : tourteaux de colza, corn gluten feed résultant de la production
de bioéthanol ou de biodiesel).
- Les facteurs sociétaux : - Voyages et engouement pour les produits exotiques et naturels
(compléments alimentaires à base de plantes exotiques, épices, plantes médicinales,
consommation de produits moins connus d’un point de vue toxicologique comme infusions
de plantes, huiles essentielles, salades de fleurs de diverses natures,…). - Echanges
transcontinentaux (ex. : importation plus importante de semences contaminées par de
nouveaux germes producteurs de mycotoxines). - Perception tronquée des risques réels
auprès des consommateurs (préférence pour des aliments et médicaments « naturels » sans
considération pour la toxicité éventuelle de toxines et contaminants présents ; préférence
aux compléments alimentaires pour combler d’éventuelles mauvaises habitudes
alimentaires avec risque de surdosage de certains constituants, végétarisme, etc.). -
Préférence pour des denrées alimentaires élaborées (prêtes à être consommées) avec
augmentation des risques de problèmes au cours du processus (contamination croisée,
utilisation de mauvais ingrédients ou auxiliaires, contamination par produits en contact, …).
La filière viande comporte plusieurs maillons étroitement liés les uns aux autres depuis
l’élevage des animaux, l’abattage, la transformation des viandes et des produits carnés, à leur
distribution dans les points de vente et enfin leur consommation. Entre chacun de ces maillons
s’intercale une étape de transport, que ce soit en bétaillère ou en camion frigorifique. La maîtrise
de l’hygiène, c’est-à-dire l’ensemble des conditions et des mesures nécessaires pour assurer, à
toutes les étapes de la filière, la sécurité et la salubrité des denrées alimentaires, est une
préoccupation constante.
• Assurer la sécurité ou l’innocuité des viandes et des produits carnés, c’est garantir que
ces denrées ne causeront pas de dommage au consommateur lorsqu’elles sont préparées et
consommées conformément à l’usage auquel elles sont destinées.
• Assurer la salubrité des viandes et des produits carnés, c’est garantir que ces denrées
seront acceptables pour la consommation humaine, c’est-à-dire que leurs qualités
organoleptiques et nutritionnelles ne seront pas altérées, sous réserve d’être consommées
conformément à l’usage auquel elles sont destinées.
1. La viande doit être saine et propre à la consommation humaine et toutes les parties
intéressées, y compris les gouvernements, le secteur et les consommateurs, ont un rôle à jouer
pour atteindre ce but1 industriel.
2. L’autorité compétente devrait bénéficier de moyens légaux pour l’établissement et
l’exécution des prescriptions réglementaires en matière d’hygiène pour la viande et assumer
l’entière responsabilité de leur respect.
Il incombera au responsable de l’établissement de produire une viande saine et propre à la
consommation humaine respectant les prescriptions réglementaires en matière d’hygiène pour
la viande. Les parties concernées devront également être tenues de fournir les informations et
l’assistance requises à l’autorité compétente.
3. Les programmes d’hygiène pour la viande doivent avoir pour objectif principal la
protection de la sante publique, être fondes sur une évaluation scientifique des dangers que peut
présenter la viande pour la santé humaine et prendre en compte tous les périls pouvant menacer
la sécurité de l’aliment, identifies par les opérations de surveillance et de recherche et autres
activités pertinentes.
4. Les principes de l’analyse des risques en matière de sécurité sanitaire des aliments
doivent être intégrés, dans la mesure du possible et, s’il y a lieu, à la conception et la mise en
œuvre de programmes d’hygiène pour la viande.
5. Dans la mesure du possible et de la praticabilité, les autorités compétentes doivent
définir des objectifs de sécurité sanitaire des aliments en fonction d’une méthodologie basée
sur l’analyse des risques, afin de définir de manière objective le niveau de maitrise des dangers
permettant de réaliser les objectifs en termes de sante publique.
6. Les prescriptions en matière d’hygiène pour la viande devront maitriser, dans la mesure
du possible, les dangers tout au long de la chaine alimentaire. Les informations disponibles
auprès du producteur primaire devront être prises en compte afin d’adapter les prescriptions
d’hygiène pour la viande au tableau de la morbidité et à la fréquence des dangers dans la
population animale productrice de viande.
22
en élevage, telles que des bonnes pratiques d’hygiène et la surveillance quotidienne des
animaux. En effet, seuls des animaux élevés dans de bonnes conditions, en bonne santé et
propres au moment de l’abattage pourront donner une viande de bonne qualité sanitaire et
organoleptique.
Cette charte prévoit la réalisation d’une analyse des risques sur l’exploitation dans le but
d’assurer la sécurité des animaux et des personnes. D’autres aspects tels que la traçabilité,
l’utilisation raisonnée de médicaments vétérinaires, l’alimentation et la protection de
l’environnement sont aussi intégrés dans cette charte. Le respect de la charte concernant, entre
autre, la propreté et l’hébergement des animaux, l’hygiène et la qualité de l’alimentation
(stockée dans un endroit sec et à l’abri) permet de diminuer le risque de contamination des
animaux. En effet, certains microorganismes pathogènes, à l’exemple des E. coli
entérohémorragiques, sont résistants dans les fourrages, l’eau d’abreuvement et
l’environnement des animaux.
III.2.1.2. Traçabilité
De nombreuses mesures permettant d’assurer la traçabilité des animaux en élevage sont mises
en œuvre :
- Le registre d’élevage : tenu par l’éleveur, il permet d’enregistrer tous les mouvements
d’animaux sur une exploitation (entrées, sorties, naissances et décès) ainsi que les informations
sur leur état de santé. Les traitements médicamenteux qui ont pu leur être administrés, à titre
préventif ou curatif, y sont également inscrits. L’éleveur doit en outre mettre en place un
système d’enregistrement assurant la traçabilité des aliments distribués aux animaux
(conservation des étiquettes par exemple). Tous ces éléments doivent être conservés pendant au
moins 5 ans.
- L’identification des animaux : elle est réalisée sur tous les animaux dès la naissance par
l’apposition de boucles auriculaires (bovins, ovins), d’un tatouage (porcs) ou d’un transpondeur
souvent appelé « puce électronique » (chevaux). Cette identification ainsi que le statut sanitaire
de l’élevage sont repris sur le document d’accompagnement qui suit l’animal jusqu’à son
24
abattage, à l’exemple du passeport pour les bovins sur lequel sont indiqués les élevages
successifs dans lesquels il a séjourné.
- L’ensemble de ces données est enregistré à l’échelon national sur des bases de données
informatiques.
Dans le cas particulier des bovins, une attestation sanitaire à délivrance anticipée (ASDA) est
attribuée par les services vétérinaires. Cette carte de couleur verte (pour les cheptels indemnes
de brucellose, de tuberculose et de leucose) ou jaune (pour les élevages d’engraissement
régulièrement contrôlés) accompagne le passeport et indique la qualification sanitaire du
cheptel d’origine des animaux au regard de certaines maladies contagieuses.
Afin d’éviter toute contamination des viandes et des produits carnés, les abattoirs, les ateliers
de découpe et de transformation sont conçus et aménagés de façon à pouvoir respecter les
grands principes d’hygiène suivants :
- Le respect du principe de la marche en avant des produits. Ainsi, à l’abattoir, depuis les étables
où se reposent les animaux avant l’abattage, vers la halle d’abattage et ses différents postes de
travail et enfin vers les chambres froides où sont stockés les carcasses et abats, aucun retour
en arrière n’est possible.
26
L’hygiène du personnel est un point clé car de nombreuses étapes de la préparation des viandes
nécessitent des manipulations. Aussi, le personnel est régulièrement formé à l’hygiène de la
production afin de respecter une stricte hygiène corporelle, vestimentaire et comportementale.
Le lavage soigneux des mains et des avant-bras à la prise de poste, en sortant des toilettes et
après chaque manipulation salissante, est obligatoire. Pour cela, des systèmes de nettoyage et
de désinfection des mains à commande non manuelle sont placés près des postes de travail. Les
tenues de travail sont changées quotidiennement. En outre, certaines personnes peuvent, sans
être malades, héberger dans leur organisme des bactéries pathogènes telles que Staphylococcus
aureus dans la gorge ou les fosses nasales : ce sont des « porteurs sains ». C’est pourquoi, pour
éviter tout risque de contamination des viandes ou des produits carnés lors de leur découpe et
transformation en ateliers spécialisés, et avant leur conditionnement, le port d’un masque
bucco-nasal de protection est obligatoire pour le personnel directement en contact avec le
produit.
Cette méthode, reconnue internationalement pour son efficacité en terme de sécurité des
aliments est fondée sur la recherche des causes possibles des dangers en s’appuyant, par
exemple, sur la méthode des 5M. La méthode HACCP permet de déterminer les étapes clés du
procédé (CCP) et de mettre en œuvre des mesures de maîtrise spécifiques. Ainsi, à titre
d’exemple :
- En abattoir, l’éviscération des animaux est en général considérée comme une étape à
risque dans la préparation des carcasses car une perforation accidentelle des réservoirs digestifs
est possible et pourrait être à l’origine d’une contamination microbienne. C’est pourquoi, en
cas d’incident d’éviscération, les opérateurs doivent signaler immédiatement toute perforation.
La carcasse est alors identifiée et ne peut en aucun cas être utilisée pour la fabrication de steaks
hachés.
- En atelier de découpe, la réception des matières premières est une étape clé, nécessitant
un contrôle rigoureux afin de vérifier la provenance des carcasses entrantes (cahier des charges
du fournisseur) et refuser, le cas échéant, celles qui seraient visiblement souillées ou qui
n’auraient pas été correctement conservées au froid.
28
III.2.4.2. 5 M
La méthode dite des 5M permet de s’interroger, à chaque étape de la fabrication, sur les causes
possibles d’apparition des dangers (biologiques, physiques ou chimiques) dans les aliments,
afin de mettre en place des mesures préventives spécifiques et adaptées pour en assurer la
maîtrise.
La méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point)
- Main d’œuvre (formation, qualification, tenue, comportement, porteurs sains, malades…)
- Milieu (lieux, locaux, environnement…)
- Matières premières (qualité des matières reçues, ingrédients, additifs)
- Matériel (appareils, machines…)
- Méthode (modes opératoires, techniques de travail…)
III.2.4.3. Autocontrôles effectués par les professionnels
L’analyse des dangers permet aussi d’identifier l’ensemble des contrôles que le professionnel
doit effectuer pour vérifier le respect et l’efficacité des bonnes pratiques d’hygiène préconisées
dans le PMS et garantir la sécurité des produits qu’il livre aux consommateurs. Qu’ils soient
29
III.2.4.4. Traçabilité
La garantie de la sécurité des aliments nécessite la mise en place d’une bonne traçabilité, c’est-
à-dire d’un système permettant, à chaque instant de la vie du produit, d’en connaître l’origine
et la composition. L’intérêt d’un tel système est de pouvoir, en cas de problème, procéder à des
retraits rapides, ciblés et précis de denrées alimentaires susceptibles de présenter un risque pour
la santé des consommateurs. En retraçant l’historique de l’aliment, la traçabilité doit aussi
permettre de comprendre l’origine des problèmes et de mettre en place des mesures correctives
adaptées pour éviter que ceux-ci ne se reproduisent.
III.[Link]. Traçabilité de toutes les denrées alimentaires
La réglementation exige que tous les établissements impliqués dans la chaîne alimentaire à
quelque niveau que ce soit, de la ferme jusqu’à la vente au détail, mettent en place un système
de traçabilité intégrant les composantes suivantes :
- une traçabilité « fournisseur » ou ascendante : traçabilité des aliments pour animaux, des
matières premières, des ingrédients et des emballages ;
- une traçabilité interne : traçabilité pendant le processus de production ;
- une traçabilité « client » ou descendante : traçabilité de la distribution du produit fini. Ces
trois composantes doivent bien entendu interagir pour que le système global soit sans faille.
Tous les documents d’enregistrement correspondants doivent être conservés par les
établissements pendant une période de 6 mois (produits périssables ne pouvant être conservés
plus de 3 mois et produits remis directement au consommateur) à 5 ans (autres produits). La
généralisation des outils informatiques et des systèmes d’identification, tels que le système à
code-barres, permet d’améliorer les systèmes de traçabilité ainsi que d’augmenter le nombre
d’informations disponibles pour chaque produit.
30
d’exemple, un animal présentant un signe clinique évoquant l’ESB lors de l’inspection ante
mortem est systématiquement écarté de la chaîne d’abattage.
- S’assurer du respect des règles relatives à la protection animale, lors du transport, du
débarquement et de l’hébergement des animaux.
Si l’un de ces points d’inspection fait défaut l’abattage pourra, soit être reporté en cas de
nécessité d’une période de repos supplémentaire, soit être réalisé dans des conditions
particulières, comme par exemple dans un abattoir sanitaire pour un animal blessé, soit être
refusé dans le cas d’un animal malade. Dans ce dernier cas, l’animal malade est euthanasié et
son cadavre livré à l’équarrissage pour destruction. Il ne peut en aucun cas se retrouver dans la
chaîne alimentaire pour la consommation humaine.
III.3.4. Dans les points de vente : grandes et moyennes surfaces (GMS) et boucheries Les
viandes et les produits carnés mis sur le marché peuvent :
- soit avoir été découpés et conditionnés dans des ateliers spécialisés agréés puis
commercialisés dans le rayon libre-service des grandes et moyennes surfaces ;
- soit être préparés à la demande et à la vue du client, comme c’est le cas chez le boucher ou
au rayon boucherie traditionnelle des GMS. Au stade de la vente, la préservation de la qualité
microbiologique de la viande et des produits carnés repose sur la température de conservation
et le conditionnement. Bien entendu, les règles générales concernant l’hygiène du personnel,
des locaux et du matériel ainsi que le nettoyage et la désinfection doivent aussi être respectés
en points de vente. Il existe à cet effet un guide des bonnes pratiques d’hygiène en boucherie.
III.4. Températures de conservation
Plus un produit est manipulé, voire haché, plus il faut limiter le risque de multiplication de
micro-organismes et donc abaisser sa température de stockage, de transport et de conservation.
Les températures de conservation à respecter sont :
- abats réfrigérés ≤ +3°C ;
- viandes découpées réfrigérées ≤ +4°C ;
- viandes hachées réfrigérées ≤ +2°C ;
- viandes et abats surgelés ≤ -18°C.
III.5. Conditionnement
En protégeant les produits carnés de l’environnement extérieur, le conditionnement va
empêcher une contamination des produits au cours des manipulations ultérieures et du stockage.
Il existe différents modes de conditionnement ayant des propriétés variables : - Le
33
conditionnement sous film étirable : il s’agit d’une barquette en polystyrène recouverte d’un
film étirable perméable à l’air. La présence d’oxygène dans le conditionnement permet à la
viande de conserver sa couleur rouge vif. La durée de conservation est comparable à celle d’une
conservation à l’air libre.
- Le conditionnement sous vide avec un matériau imperméable aux gaz et notamment à
l’oxygène. L’absence d’oxygène confère à la viande une couleur rouge sombre à brune, elle
retrouvera sa couleur d’origine au contact de l’air, une fois déconditionnée. Ce mode de
conditionnement présente un double intérêt : il limite le développement des bactéries aérobies,
comme les bactéries responsables de la putréfaction superficielle des viandes, et il permet le
développement d’une flore lactique bénéfique qui contribue à inhiber le développement des
autres germes, permettant ainsi d’augmenter sensiblement la durée de conservation des
produits.
- Le conditionnement sous atmosphère modifiée consistant le plus souvent en un mélange
d’oxygène (60-80%) et de gaz carbonique (20- 40%) ce qui maintient la couleur rouge de la
viande mais ne permet qu’une augmentation limitée de la durée de conservation. Ce type de
conditionnement peut également se faire sous gaz carbonique ou bien sous azote, purs ou en
mélange, ce qui ralentit très fortement le développement bactérien et augmente d’autant la durée
de conservation. Chez le boucher ou au rayon boucherie traditionnelle des GMS, les viandes
sont découpées à la demande et conditionnées au moment de la vente dans un papier spécifique,
le papier « boucher », qui protège des contaminations mais ne permet pas d’augmenter la durée
de conservation de la viande.
consommateur final doit aussi considérer que, lorsque la DLC est dépassée, l’aliment devient
impropre à la consommation et ne doit plus être consommé.
- de ne pas placer des aliments encore trop chauds car cela fait remonter la température du
réfrigérateur ;
- d’éviter de stocker des légumes souillés par de la terre ;
- de protéger les restes avec un film ou un papier aluminium pour éviter les contaminations
croisées entre les restes et les produits crus ; et de consommer rapidement les restes.
Lors de la préparation, comment congeler la viande et les produits carnés chez soi ?
Seuls les congélateurs 4 étoiles permettent d’abaisser suffisamment rapidement la température
à cœur du produit pour préserver au mieux ses qualités organoleptiques et d’éviter notamment
l’exsudation lors de la décongélation. Les congélateurs 3 étoiles permettent uniquement la
conservation des produits surgelés jusqu’à leur DLUO et les appareils 2 étoiles (freezer) ne
permettent de conserver les aliments surgelés que 2 ou 3 jours. La congélation de viande ou de
produits carnés est à réaliser le jour même de l’achat ou au plus tard le lendemain. Pour éviter
tout brunissement, il est préférable de conditionner le produit dans un sac prévu à cet effet (sac
de congélation) et de le fermer hermétiquement après en avoir chassé l’air le mieux possible.
Les morceaux de viande vendus sous film plastique peuvent être congelés dans leur
conditionnement d’origine. Il est recommandé d’indiquer sur l’emballage la date de congélation
afin de ne pas dépasser les durées recommandées de conservation et de toujours bien veiller à
ne pas surcharger le compartiment et à maintenir la température de l’ensemble à une valeur
inférieure ou égale à -18°C. La viande congelée à la maison ne doit pas être conservée plus de
2 à 3 mois au congélateur du fait de la relative lenteur de la phase de congélation proprement
dite.
La décongélation de la viande avant sa cuisson n’est pas obligatoire. Ainsi, il est même
recommandé de cuire directement les sautés (bourguignon ou blanquette) sans décongélation.
Il en est de même pour les steaks hachés en adaptant la durée de cuisson, forcément plus longue
qu’avec une décongélation préalable à la cuisson. Dans le cas où elle est réalisée, la
décongélation de viande ou de produits carnés doit se faire au réfrigérateur, sous un film
alimentaire ou dans le conditionnement d’origine. Elle est alors assez lente, compter 12 heures
pour de petites pièces (type steaks) et de 12 à 24h pour des morceaux plus gros (côte de bœuf,
rôti ou gigot). Pour le steak haché, la décongélation au four micro-onde est à privilégier, en
veillant à respecter les consignes de décongélation figurant sur la notice technique du four
micro-onde ou sur l’étiquette du produit. La cuisson doit suivre immédiatement la
décongélation. Une décongélation au réfrigérateur est toujours possible, pendant 12h entre 0°C
et +4°C. Dans tous les cas, il faut absolument éviter de décongeler la viande (hachée et non
hachée) à température ambiante et encore moins à côté d’une source de chaleur. En effet, cela
risquerait de favoriser la reprise d’un développement rapide des microorganismes
éventuellement présents et jusque-là inhibés par le froid.
en surface. Il est toutefois fortement conseillé aux personnes sensibles (femmes enceintes non
immunisées contre la toxoplasmose, personnes immunodéprimées) de bien cuire la viande à
cœur afin d’éviter tout risque d’infestation par Toxoplasma gondii. Pour les viandes les plus
fragiles (steaks hachés), une cuisson supérieure à +70 °C à cœur assure une parfaite sécurité
pour les populations sensibles que sont les jeunes enfants, les personnes âgées et les femmes
enceintes.
IV.1. INTRODUCTION
Pour bon nombre de populations du globe, le lait et les produits à base de lait représentent une
source riche et appréciable d’éléments nutritifs. Aussi, le commerce international des denrées à
base de lait constitue-t-il une activité importante.
Tout aliment peut provoquer des intoxications alimentaires; le lait et les produits laitiers n’y
font pas exception. Les animaux producteurs de lait véhiculent fréquemment des germes
pathogènes humains. Ces germes pathogènes présents dans le lait sont susceptibles d’accroître
les risques de maladies d’origine alimentaire.
De plus, la traite, le groupage et le stockage du lait comportent des risques de contamination
ultérieure par l’homme ou par l’environnement ou de développement des germes pathogènes
38
intrinsèques. En outre, la composition des aliments à base de lait constitue un milieu propice au
développement de micro-organismes pathogènes.
Le lait peut également être contaminé par des résidus de médicaments vétérinaires, de pesticides
ou autres contaminants chimiques. Pour toutes ces raisons, l’application de mesures appropriées
de maîtrise de l’hygiène du lait et des produits laitiers sur l’ensemble de la chaîne alimentaire
est essentielle pour garantir la sécurité sanitaire et la salubrité de ces aliments en vue de leur
utilisation prévue.
Il est établi qu’une protection et un entretien inadéquats des locaux affectés au parcage et à la
traite des animaux producteurs de lait contribuent à la contamination du lait. IV.3. Santé des
animaux
L’état sanitaire des animaux laitiers et des troupeaux devrait être géré de manière à réduire les
dangers de contamination pour la santé humaine.
Le lait devrait provenir d’animaux en bonne santé de manière à ce qu’il ne compromette pas la
sécurité sanitaire et la salubrité du produit fini en fonction de son utilisation finale.
Il est impératif de prévenir la propagation de zoonoses parmi les animaux d’une part et des
animaux (y compris des animaux laitiers) au lait d’autre part. Il est établi que le lait et les
produits laitiers provenant de certains animaux malades ne sont ni sûrs ni adéquats pour la
consommation humaine.
Des mesures adéquates de gestion devraient être appliquées pour prévenir les épizooties et pour
contrôler de manière appropriée le traitement pharmacologique des animaux ou des troupeaux
atteints. De manière plus spécifique, certaines mesures de prévention devraient être appliquées
pour éviter le développement de maladies dont les mesures suivantes:
- L’éradication des animaux malades ou la maîtrise des risques de transmission des maladies
en fonction de zoonoses précises.
- La gestion des autres animaux du troupeau et des autres animaux d’élevage présents (y
compris la séparation des animaux malades et des animaux sains). - La gestion des nouveaux
venus du troupeau.
Le lait devrait provenir de troupeaux ou d’animaux officiellement exempts de brucellose et de
tuberculose, tel que défini par le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE. S’ils ne
sont pas officiellement déclarés indemnes de ces maladies, le lait devrait provenir de troupeaux
ou d’animaux qui font l’objet de programmes officiels de maîtrise et d’éradication de la
brucellose et de la tuberculose. Si les mesures de maîtrise de la brucellose et de la tuberculose
ne sont pas appliquées de manière adéquate, le lait devrait être soumis à des mesures de maîtrise
microbiologiques ultérieures (traitement thermique, par exemple) pour assurer la sécurité
sanitaire et la salubrité du produit fini.
Le lait devrait provenir d’animaux:
- qui peuvent être clairement identifiés afin de promouvoir des pratiques efficaces en matière
de gestion des troupeaux.
- qui ne présentent aucun signe apparent de détérioration de l’état général de santé des animaux;
et
- qui ne présentent aucun signe de maladies infectieuses transmissibles aux humains par
l’intermédiaire du lait, y compris mais sans s’y limiter les maladies couvertes par le Code
sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE;
Des mesures adéquates devraient être appliquées afin de prévenir toute infection des pis, dont
en particulier:
- l’utilisation appropriée de l’équipement de traite (nettoyage, désinfection et démontage
quotidiens de l’équipement de traite, par exemple);
- l’hygiène de la traite (nettoyage du pis ou procédures de désinfection, par exemple); - la
gestion des zones de parcage des animaux (procédures de nettoyage, conception et
dimensions des zones, par exemple);
- la gestion des périodes de lactation et des périodes sèches (le traitement en période de
tarissement, par exemple).
40
Il a en outre été démontré que la protection de la santé des animaux producteurs de lait réduit la
probabilité d’introduction de germes pathogènes dans le lait par les glandes mammaires ou par
les excréments.
Les bonnes pratiques en production laitière proposées pour la santé des animaux sont présentées
sous les rubriques suivantes:
- Établir un troupeau résistant à la maladie.
- Empêcher l’introduction de maladies dans la ferme.
- Mettre en place un programme efficace de gestion de la santé du troupeau.
- Utiliser tous les produits chimiques et médicaments vétérinaires conformément aux
indications.
IV.4. Pratiques générales d’hygiène
IV.4.1. Alimentation
Compte tenu de l’utilisation finale du lait, les aliments et le fourrage destinés aux animaux
laitiers ne devraient présenter aucun risque d’introduction, directe ou indirecte, dans le lait, de
contaminants en quantités présentant un risque inacceptable pour la santé du consommateur ou
susceptibles de compromettre la salubrité du lait ou des produits laitiers.
Il a été démontré qu’un approvisionnement, une production et une manipulation inappropriés
des aliments destinés aux animaux peut entraîner l’introduction chez les animaux laitiers de
germes pathogènes, de micro-organismes de dégradation et de contaminants chimiques tels que
résidus de pesticides, mycotoxines et autres agents potentiellement dangereux pouvant porter
atteinte à la sécurité sanitaire et à la salubrité du lait et des produits laitiers.
IV.4.2. Traitement contre les nuisibles
La lutte contre les nuisibles devrait être effectuée, et de manière à éviter la présence de résidus,
tels que les pesticides à des niveaux inacceptables dans le lait.
Il est établi que les nuisibles tels que les insectes et les rongeurs sont des vecteurs d’introduction
de maladies humaines et animales dans le milieu de production. Une application inappropriée
des substances chimiques utilisées pour lutter contre ces nuisibles peut entraîner des dangers
chimiques dans le milieu de production.
IV.4.3. Médicaments vétérinaires
Les animaux malades ne devraient être traités qu’au moyen de médicaments vétérinaires
autorisés par les autorités compétentes pour l’usage prévu et dont l’utilisation ne peut avoir une
influence défavorable sur la sécurité sanitaire et la salubrité du lait en tenant compte de la
période de retrait spécifiée.
Le lait provenant d’animaux ayant été traités par des médicaments à usage vétérinaire pouvant
être transmis au lait ne devrait pas être utilisé à moins que le délai de retrait spécifié pour le
médicament en question ait été respecté.
Les résidus de médicaments vétérinaires présents dans le lait ne devraient pas dépasser des
niveaux qui présentent des risques inacceptables pour le consommateur.
Il est établi que l’utilisation inappropriée de médicaments vétérinaires entraîne la présence de
résidus potentiellement nocifs dans le lait et les produits laitiers et peut compromettre la
salubrité du lait destiné à la fabrication de produits de culture.
IV.4.4. Hygiène de la traite
La traite devrait être effectuée de manière à réduire au minimum le risque de contamination du
lait produit.
La pratique d’une bonne hygiène durant la traite est une composante fondamentale du système
de maîtrise indispensable à la production de lait et de produits laitiers sûrs et salubres. Il a été
41
Il importe d’éviter toute blessure au pis et aux mamelles lors de l’utilisation de l’équipement de
traite car de telles blessures pourraient provoquer des infections et compromettre
éventuellement la sécurité sanitaire et la salubrité du lait et des produits laitiers.
IV.4.4.2. Nettoyage et désinfection de l’équipement de traite
- L’équipement de traite et les citernes de stockage (et autres récipients) devraient être
nettoyés et désinfectés à fond après chaque traite et, si nécessaire, séchés.
- Le rinçage de l’équipement de traite et des citernes de stockage après leur nettoyage et
leur désinfection devrait entraîner l’élimination complète des détergents et des désinfectants,
sauf si les instructions du fabricant indiquent que le rinçage n’est pas nécessaire.
- L’eau utilisée pour le nettoyage et le rinçage devrait être de qualité suffisante pour ne
pas entraîner la contamination du lait.
IV.4.4.3. Santé et hygiène du personnel de traite
– Le personnel de traite devrait être en bonne santé. Tout individu connu pour souffrir ou être
porteur d’une maladie susceptible d’être transmise au lait ou simplement soupçonné de l’être,
ne devrait pas pénétrer dans les locaux de traite s’il y a la moindre chance de contamination.
Toute personne chargée de manipuler du lait devrait subir un examen médical si justifié du
point de vue clinique ou épidémiologique.
– Les mains et les avant-bras (jusqu’au coude) devraient être nettoyés régulièrement.
Ils devraient être lavés de manière systématique avant d’entamer la traite ou de manipuler du
lait.
– La traite ne devrait pas être effectuée par des personnes victimes d’écorchures ou de lésions
découvertes au niveau des mains ou des avant-bras. Toute blessure aux mains ou aux
avantbras doit être recouverte d’un pansement résistant à l’eau.
– Le personnel devrait porter des vêtements appropriés au cours de la traite et ces vêtements
devraient être propres au début de chaque période de traite.
IV.5. Manipulation, stockage et transport du lait
Compte tenu de son utilisation finale, la manipulation, le stockage et le transport du lait
devraient être effectués de manière à éviter la contamination du lait et à réduire au minimum
tout accroissement de sa charge microbienne.
Une manipulation, un stockage et un transport adéquats du lait sont des composantes
fondamentales du système de maîtrise indispensable à la production de lait et de produits laitiers
sûrs et salubres. Le contact avec un équipement insalubre et des substances étrangères est une
cause connue de contamination du lait. Une température excessive est réputée accroître la
charge microbiologique du lait. IV.5.1. Équipement de stockage
- Les citernes de stockage et les bidons devraient être conçus, construits, entretenus et utilisés
de manière à éviter l’introduction de contaminants dans le lait et à réduire au minimum la
prolifération de micro-organismes dans le lait.
L’équipement de stockage du lait devrait être installé, entretenu et vérifié de manière adéquate
et conformément aux instructions du fabricant et aux normes techniques établies par des
organismes de normalisation technique appropriés pour ce type d’équipement afin d’assurer le
bon fonctionnement de l’équipement.
Les surfaces des citernes, des bidons et des équipements connexes qui entrent en contact avec
le lait devraient être d’entretien facile pour le nettoyage et la désinfection, résistants à la
corrosion et devraient empêcher le transfert de substances au lait en quantité suffisante pour
constituer un risque pour la santé du consommateur.
43
Les citernes et les bidons de lait ne devraient pas servir au stockage de substances susceptibles
de contaminer le lait par la suite. Des précautions devraient être prises pour éviter toute
contamination ultérieure du lait si les citernes et les bidons de lait sont utilisés pour le stockage
d’aliments autres que le lait.
Les citernes et les bidons de lait devraient être nettoyés et désinfectés périodiquement et assez
souvent pour réduire au minimum ou empêcher la contamination du lait.
Les citernes de stockage ou les parties de citernes installées à l’extérieur devraient être conçues
de manière à interdire l’accès aux insectes, aux rongeurs et à la poussière afin d’empêcher la
contamination du lait.
Un processus de vérification périodique devrait être mis en place pour assurer le bon
fonctionnement de l’équipement de stockage du lait. - Locaux pour le stockage du lait et de
l’équipement de traite
Les locaux de stockage du lait et de l’équipement de traite devraient être situés, conçus,
construits, entretenus et utilisés de manière à éviter l’introduction de contaminants dans le lait.
Chaque fois que le lait est stocké, il devrait l’être d’une manière qui évite l’introduction de
contaminants dans le lait et qui réduit au minimum le développement des microorganismes.
- Procédures et équipements de collecte, de transport et de livraison
La présente section couvre également les activités du personnel chargé du transport du lait. Le
lait devrait être recueilli, transporté et livré sans délai inutile et de manière à éviter l’introduction
de contaminants dans le lait et à réduire au minimum le développement de micro-organismes.
Les camions-citernes et les bidons devraient être conçus, construits, entretenus et utilisés de
manière à éviter l’introduction de contaminants dans le lait et à réduire au minimum la
prolifération de micro-organismes dans le lait.
- Des registres devraient être tenus, selon qu’il sera nécessaire, pour accroître la capacité de
vérification de l’efficacité des systèmes de maîtrise.
- L’équipement devrait être conçu et installé de manière à éviter autant que possible des culsde-
sac ou des points morts dans les conduites de lait.
En présence de cul-de-sac ou de points morts, des procédures spéciales devraient en assurer le
nettoyage adéquat ou empêcher l’émergence de tout danger pour la salubrité.
Il convient de souligner qu’il y des exceptions à cette distinction dont l’utilisation de filtres,
d’écrans et de détecteurs de métaux pour éliminer certains dangers physiques.
La maîtrise des dangers alimentaires microbiologiques se fait par la sélection de mesures de
maîtrise appropriées et appliquées au cours de la production primaire en conjonction avec
l’application de mesures de maîtrise appropriées pendant et après la transformation. Les
résultats obtenus par l’application d’une quelconque mesure de maîtrise microbiologique
dépendent dans une large mesure de la charge microbienne (y compris de la concentration des
dangers microbiologiques) du matériau visé par la mesure. Par conséquent, il est important que
les mesures préventives soient appliquées à la production primaire dans le but de réduire la
charge initiale de micro-organismes pathogènes et éviter la contamination au niveau de l’usine.
La charge microbiologique initiale a une incidence considérable sur l’efficacité requise des
mesures de maîtrise microbiologiques appliquées pendant et après la transformation de même
que sur les exigences supplémentaires en matière de salubrité. La sécurité sanitaire et la
salubrité du produit fini ne dépendent pas uniquement de la charge microbiologique initiale et
de l’efficacité du procédé mais aussi de tout développement postérieur à la transformation des
organismes ayant survécus et de la contamination postérieure à la transformation.
Les mesures de maîtrise individuelles devraient être sélectionnées et appliquées de manière
combinée de façon à obtenir la performance requise pour que les produits finis présentent des
niveaux de danger acceptables.
Les niveaux acceptables de contaminants dans les produits finis devraient être déterminés en
fonction des facteurs suivants:
- objectifs de sécurité sanitaire des aliments, critères établis pour le produit fini et autres
exigences réglementaires, selon le cas;
- niveaux acceptables basés sur l’acheteur en tant que maillon final de la chaîne alimentaire;
- concentrations maximales considérées acceptables par le fabricant compte tenu des niveaux
acceptables convenus par le consommateur et/ou les mesures réglementaires mises en place
par les autorités compétentes en matière de santé publique.
IV.6.2. Identification et évaluation des dangers
Tout danger potentiel devrait être identifié. Cette identification constitue la première étape de
l’analyse des dangers et elle devrait précéder la sélection des mesures de maîtrise.
L’identification devrait être basée sur les descriptions initiales élaborées au cours des étapes
préliminaires ainsi que sur les connaissances acquises, les informations extérieures, les données
épidémiologiques et autres données historiques afférentes au type d’aliment à l’étude, la nature
de la matière première et des ingrédients utilisés ainsi que ceux susceptibles d’être introduit au
cours de la transformation et de la distribution.
Afin de promouvoir une approche d’ensemble, il convient d’identifier les différentes étapes du
processus de fabrication, de la sélection de la matière à la transformation et à la distribution,
qui présentent des dangers potentiels ou favorisent l’introduction de dangers. Il importe
d’évaluer chaque danger potentiel afin de déterminer la gravité de ses effets néfastes sur la santé
et les probabilités raisonnables de son occurrence.
Un système de mesures de maîtrise devrait être mis en place pour tout danger associé à des
effets néfastes graves sur la santé et/ou jugé raisonnablement susceptible de se produire.
IV.6.3. Maîtrise de la température et de la durée de stockage
Le lait cru, les produits intermédiaires et les produits finis devraient être conservés à une
température et pendant une durée appropriées de manière à réduire au minimum l’augmentation
ou le développement d’un danger pour la sécurité sanitaire des aliments et à préserver la
salubrité du produit.
45
Le lait et de nombreux produits laitiers présentent une teneur en humidité suffisante pour
permettre le développement d’agents pathogènes. Par conséquent, la régulation de la
température et de la durée de stockage se révèlent importantes pour maîtriser le développement
de ces agents pendant l’intégralité du processus de fabrication, de la manipulation du lait à la
distribution et au stockage des produits laitiers périssables (tel le lait homogénéisé de boisson,
les desserts et les fromages mous, suivant la durée de vie). À titre d’exemple, une température
de stockage plus élevée diminuera la durée de vie de la boisson laitière.
Produits périssables
– La température de stockage devrait être celle qui garantit la sécurité sanitaire et la
salubrité du produit pour sa durée de vie prévue. Si la température est le principal outil de
conservation du produit, celui-ci devra être conservé à la température appropriée. La
température sélectionnée devrait être validée sauf en présence de températures de stockage
reconnues et jugées acceptables.
– Il serait impératif de procéder à un contrôle périodique et adéquat de la température des
aires de stockage, des véhicules servant au transport et des étalages comme suit:
• là où le produit est stocké, et
• là où le produit est transporté, pendant le chargement du produit par l’entremise de systèmes
indicateurs ou enregistreurs de température;
• là où le produit est offert en vente au détail.
– Une attention particulière devrait être apportée au cours du stockage et de la distribution aux
éléments suivants:
• périodes de décongélation et de réfrigération;
• défauts thermiques; et
• surcharge des installations frigorifiques.
Produits stables à la température ambiante
Les produits entreposables à la température ambiante devraient être protégés des agents
extérieurs et de toute source de contamination, notamment l’exposition directe au soleil, une
chaleur excessive, l’humidité, des contaminants externes, etc. ou de tout changement rapide de
température susceptible d’affecter l’intégrité du contenu du produit ou la sécurité sanitaire et la
salubrité du produit.
IV.7. Établissement de la durée de vie
– Un certain nombre de facteurs ont une incidence sur la durée de vie du produit, dont les
facteurs suivants:
• les mesures de maîtrise biologiques appliquées, y compris les températures de stockage;
• les méthodes frigorifiques utilisées pour le produit;
• le type de conditionnement (par exemple, si le produit est hermétiquement scellé ou non ou
conditionnement sous atmosphère modifiée);
• les probabilités de contamination postérieure à la transformation et le type de contamination.
Les changements microbiologiques peuvent diminuer la durée de vie du produit (par exemple
dégradation et développement de micro-organismes pathogènes ou entraînant la
décomposition à des niveaux inacceptables).
– En ce qui concerne la durée de vie, c’est le fabricant qui doit s’assurer, et le cas échéant
démontrer que la sécurité sanitaire et la salubrité du produit laitier pourront être maintenues
pour la durée maximale spécifiée en tenant compte des défauts thermiques raisonnablement
prévisibles et susceptibles de se produire au cours de la fabrication, du stockage, de la
distribution, de la vente et de la manipulation par le consommateur.
46
Le flux de l’eau, de l’air, des effluents et du lait devrait être soigneusement étudié pour éliminer
tout risque de contamination croisée. Dans le même ordre d’idées, le flux du personnel devrait
être étudié pour s’assurer qu’aucune intervention dudit personnel ne contamine le lait.
Il devrait y avoir une séparation adéquate entre les zones présentant différents niveaux de risque
de contamination.
Les produits laitiers refusés et renvoyés au producteur devraient être identifiés, séparés du reste
de la production et stockés dans un lieu clairement désigné.
Lorsqu’il existe un risque de contamination croisée entre des produits finis et des matières
premières ou des produits intermédiaires et des milieux contaminés tels que des locaux en
construction, il convient d’envisager une séparation physique telle que l’application de barrières
sanitaires (l’utilisation de barrières physiques ou mécaniques pour empêcher ou réduire au
minimum le transfert de contaminants ou de sources potentielles de contaminants) et une
séparation entre milieux humides et secs. IV.10.2.2. Contamination physique et chimique
Des mesures de prévention devraient être mises en place pour réduire au minimum les risques
de contamination physique, chimique ou par des substances étrangères du lait et des produits
laitiers.
Le contrôle efficace du matériel d’entretien, des programmes d’hygiène, du personnel, des
ingrédients et des opérations de fabrication est indispensable à la prévention de toute
contamination physique et chimique du lait et des produits laitiers.
Les mesures de prévention devraient inclure des mesures qui réduiront au minimum le potentiel
de contamination croisée entre les composants allergènes et/ou les ingrédients présents dans
d’autres produits et tout produit laitier qui ne doit pas contenir de tels composants et/ou
ingrédients.
IV.11. Exigences relatives à la réception des matières premières (autres que le lait)
L’approvisionnement en ingrédients utilisés pour la transformation des produits laitiers devrait
être conforme aux spécifications et la conformité de ces ingrédients devrait être vérifiée avant
qu’ils ne soient utilisés.
Il a été démontré que des ingrédients contaminés pouvaient entraîner la production de produits
laitiers non sûrs et insalubres car de tels ingrédients sont souvent ajoutés à une étape de la
transformation durant laquelle aucune mesure de maîtrise n’est appliquée.
De préférence, des exigences spécifiques aux matières premières devraient être établies de
manière à obtenir un produit sûr et salubre. Toute matière première réputée contenir des
contaminants chimiques, physiques ou microbiologiques qui ne peuvent être ramenés à des
concentrations acceptables par transformation et/ ou triage réguliers devrait être rejetée. Les
matières premières devraient, le cas échéant, être inspectées et triées avant leur transformation.
Toute assertion de la conformité des matières premières aux exigences en matière de sécurité
sanitaire et de salubrité devrait être vérifiée régulièrement. IV.11.1. Eau
Les installations de transformation du lait devraient disposer d’eau potable qui répond, avant sa
première utilisation, aux critères spécifiés par les autorités compétentes et qui devrait être
contrôlée sur une base régulière.
L’eau recirculée à des fins de réutilisation devrait être traitée et maintenue de manière à ne
présenter aucun risque pour la sécurité sanitaire et la salubrité du produit fabriqué avec cette
eau.
L’entretien adéquat des systèmes de traitement de l’eau est indispensable pour empêcher que
ces systèmes ne deviennent des sources de contamination. À titre d’exemple, les systèmes de
filtration peuvent héberger des bactéries et leurs métabolites si l’on laisse les bactéries se
développer à même les matières organiques accumulées sur les filtres.
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Des critères de sécurité sanitaire et de salubrité adaptés aux résultats souhaités devraient être
établis pour toute eau utilisée pour la transformation du lait. Ces critères dépendront de la
provenance de l’eau et de son utilisation prévue.
Ainsi, l’eau réutilisée destinée à être intégrée à une denrée alimentaire devrait au minimum
satisfaire aux critères microbiologiques fixés pour l’eau potable. Le traitement subséquent de
l’eau réutilisée et l’utilisation d’eau récupérée, remise en circuit et recyclée devraient être gérés
en conformité avec les principes HACCP.
Toute réutilisation d’eau devrait faire l’objet d’une analyse des dangers y compris d’une
évaluation de sa capacité à subir un autre traitement. Les points critiques pour sa maîtrise
devraient, le cas échéant, être identifiés et des limites critiques devraient être établies et
contrôlées pour confirmer la conformité de l’eau.
L’approvisionnement en ingrédients utilisés pour la transformation des produits laitiers devrait
être conforme aux spécifications et la conformité de ces ingrédients devrait être vérifiée avant
qu’ils ne soient utilisés.
Les installations de transformation du lait devraient disposer d’eau potable qui répond, avant sa
première utilisation, aux critères spécifiés par les autorités compétentes et qui devrait être
contrôlée sur une base régulière.
Des critères de sécurité sanitaire et de salubrité adaptés aux résultats souhaités devraient être
établis pour toute eau utilisée pour la transformation du lait.
IV.12. Entretien et nettoyage
Les zones où ont lieu les opérations de transformation devraient être préservées autant que
possible de l’humidité.
L’utilisation de méthodes de nettoyage à sec et l’utilisation limitée d’eau dans les zones de
transformation aident à limiter la contamination par le biais de l’eau. Il a été démontré que le
nettoyage humide (autre que le nettoyage en place) pouvait provoquer la contamination du lait
en raison de la production d’aérosols.
Toutes les surfaces entrant en contact avec les produits, au niveau des conduites et de
l’équipement, y compris les zones difficiles à nettoyer telles que vannes de dérivation, siphons
de débordement, bassins de remplissage, robinets de contrôle, devraient être nettoyées de
manière adéquate.
IV.12.1. Programmes de nettoyage
Un programme régulier de vérification des techniques de nettoyage devrait être mis en place.
Tous les équipements et ustensiles utilisés pendant les opérations de transformation devraient
être nettoyés et désinfectés, rincés avec une eau sûre et salubre pour son utilisation prévue (à
moins que les instructions du fabricant n’indiquent que le rinçage n’est pas obligatoire), puis
égouttés et séchés si nécessaire.
IV.13. TRANSPORT
Exigences: Les produits visés par devraient être transportés à une température et pendant une
durée n’entraînant pas d’effet néfaste sur la sécurité sanitaire et la salubrité des produits.
Utilisation et entretien: Dans le cas des produits réfrigérés, le compartiment du véhicule destiné
au transport du produit devrait être refroidi avant le chargement et être maintenu en permanence
à une température adéquate, y compris pendant le déchargement.
50
V.1. INTRODUCTION
L’Inspection des aliments d’origine animale constitue une partie de l’hygiène de ces aliments,
elle-même, ensemble de techniques visant à prévenir les infections transmises par ces produits
et à éviter leur gaspillage alors qu’ils sont particulièrement précieux et nécessaires à la nutrition
de l’homme.
Elle comporte l’examen des viandes de boucherie et des abats, des produits laitiers, des produits
de l’aviculture, des produits de la mer, ainsi que des préparations qui en dérivent, dans un triple
but :
- Protéger la santé publique par le retrait de la consommation des produits dangereux, -
Protéger la santé du bétail grâce au dépistage à l’abattoir des maladies contagieuses qui
sévissent dans les régions d’où proviennent les animaux examinés ;
- Assurer la loyauté du commerce en retirant de la vente les produits, qui sans être
dangereux, ont une valeur alimentaire tellement faible qu’ils ne correspondent plus à la
définition d’un aliment, ni par conséquent à leur prix de vente.
Une des parties les plus importantes de l’inspection des aliments d’origine animale est
représentée par l’inspection des viandes de boucheries et des abats : elle concerne les produits
carnés qui proviennent des principales espèces domestiques : cheval, bœuf (zébu et taurin),
petits ruminants, porc.
L’hygiène des aliments d’origine animale, dont l’inspection sanitaire et de salubrité est l’une
des techniques, impose des règles qu’il est du plus grand intérêt de suivre, car leur inobservation
peut se révéler gravement préjudiciable à la santé du consommateur.
Pour situer cette question dans son importance, il convient de rappeler brièvement l’évolution
de l’hygiène alimentaire.
Depuis des millénaires, l’homme a appris qu’il devait choisir les aliments qui lui étaient
indispensables parmi les produits de ses cueillettes et de ses chasses. Il était guidé dans son
choix par son intelligence, par son expérience acquise, et par des impulsions physiologiques se
traduisant par des appétits, ou au contraire, par des répulsions.
S’il était relativement facile à l’homme se nourrissant de viande de chasse, de choisir une viande
saine, provenant d’un gibier qu’il a vu bien vivant, en bonne santé, qu’il a éviscéré luimême, il
n’en est plus de même dans une société moderne dans laquelle le consommateur se ravitaille
par l’intermédiaire de commerçants qui lui vendent des aliments dont il ne peut connaitre
l’origine.
52
Dans ces conditions apparaît la nécessité d’un contrôle du circuit de distribution pour déjouer
éventuellement le manque d’honnêteté de certains professionnels et suppléer à l’ignorance
d’une grande partie des populations en matière d’hygiène alimentaire.
Dans nos sociétés actuelles, il est donc mis en place des organismes de surveillance du circuit
de distribution capables de fournir certaines garanties au consommateur. Ces organismes
assurent en principe cette surveillance depuis l’animal vivant jusqu’à la boutique du
commerçant de détail.
L’application des règlements concernant l’hygiène des aliments d’origine animale et
généralement confiée aux services vétérinaires nationaux spécialisés, cependant que des
auxiliaires de ces services peuvent être recrutés, selon les besoins, parmi des agents capables
d’acquérir des connaissances indispensables à l’exercice de cette activité.
C’est ainsi que, dans certains postes éloignés des grands centres dans lesquels les services
vétérinaires ne sont pas représentés, l’inspection a souvent été confiée à des agents du service
de santé.
Les pouvoirs publics se doivent d’informer le consommateur afin qu’il évite les erreurs
d’hygiène alimentaire néfastes à sa santé. C’est pourquoi ils doivent connaître et faire connaître
le rôle des produits d’origine animale comme vecteurs de maladies, ainsi que les mesures
préventives qui doivent être mises en œuvre pour les écarter. Les maladies transmises par ces
produits peuvent être classées en trois groupes :
- Les maladies d’origine chimique ou toxicologique
Ce groupe comprend les intoxications dues à certains poissons ou coquillages toxiques
fréquents dans les mers tropicales, à la présence d’agents chimiques de conservation (formol,
acide salicylique).
- Les infections animales endogènes
Elles sont transmises à l’homme par les aliments (zoonoses)
On peut citer dans ce groupe une longue liste de maladies infectieuses :
- Charbon bactéridien, Tuberculose bovine, Brucellose bovine, caprine, Salmonelloses du porc,
Rouget du porc… et un certain nombre de zoonoses helminthiques :
- Cysticercose, Echinococcose, Trichinose…
substances toxiques endogènes qui se trouvent dans certains produits : l’histamine dans les
conserves de thon par exemple.
b) Les mesures suivantes permettent de protéger le consommateur contre les zoonoses :
En premier lieu, la prophylaxie collective des animaux d’élevage représente le moyen essentiel
pour éliminer les maladies animales transmissibles à l’homme, ou zoonoses. Les services
vétérinaires nationaux sont chargés de cette tâche.
De plus, l’inspection des produits d’origine animale, et plus particulièrement l’inspection des
viandes, ante mortem au marché et post-mortem à l’abattoir, sont rigoureusement
indispensables pour éliminer les produits provenant d’animaux atteints des maladies précitées
d’origines microbienne ou parasitaire.
La stérilisation des viandes par la chaleur (cuisson) est une mesure salutaire employée
instinctivement par la plupart des consommateurs ; elle détruit un bon nombre de germes
microbiens et de formes parasitaires, cependant ces consommateur doivent être instruits du fait
que certains microbes, tel celui du charbon bactéridien, résistent à ce traitement.
c) Pour protéger le consommateur contre les infections et les intoxications provoquées par une
contamination exogène des produits alimentaires, il convient de mettre en application la règle
primordiale de l’hygiène : la propreté. Cette règle est à respecter depuis le marché du bétail
jusqu’à l’étal des boucheries et des charcuteries, depuis les poulaillers jusqu’aux détaillants
des produits de l’aviculture, depuis les lieux de pêche jusqu’aux poissonneries.
* Les aliments d’origine animale sont de très bons milieux de culture pour un grand nombre de
micro-organismes pathogènes,
* Les aliments initialement salubres par eux-mêmes peuvent être contaminés par :
- Les mains sales des manipulateurs, dont les souillures apportent fréquemment les
Salmonella, germes responsables de graves paratyphoïdes chez l’homme, sur les viandes, le
poisson, dans le lait ;
- Les excrétât des manipulateurs atteints d’ulcères, de furoncles…
- Les excréments des animaux qui souillent les carcasses au cours d’abattages et
d’éviscérations malhabiles ;
-Les souillures du sol dans les abattages malpropres, à même le sol ;
- L’eau polluée, utilisée sur les aires d’abattage servant à laver les récipients recevant les
produits alimentaires ;
- Les poussières véhiculées par l’air venant se coller aux carcasses fraîches ; -Les insectes, les
rongeurs, vecteurs mécaniques de micro-organismes pathogènes.
V.2.3. Définition du rôle et des qualités de l’agent de l’inspection
L’agent de l’inspection, quel que soit son titre, technicien, contrôleur, préposé, doit, pour remplir
correctement son rôle, posséder plusieurs qualités.
Le rôle. En principe le rôle de l’agent est d’assurer une exécution permanent de l’inspection,
surtout au niveau des abattoirs, en l’absence, pour des causes diverses, d’un inspecteur
vétérinaire.
En fait, il convient de distinguer les deux cas suivants :
54
-en premier lieu, lorsque l’agent travaille sous l’autorité directe, effective, de l’inspecteur
vétérinaire, son rôle principal consiste à estampiller, pour être livrés à la consommation, les
produits et surtout les viandes et les abats qu’il a reconnus sains, et d’autre part, à empêcher
leur circulation lorsqu’il les a reconnus malsains ou suspects, jusqu’à la décision de l’inspecteur
;
-en second lieu, lorsque l’agent travaille hors de la présence effective d’un inspecteur
vétérinaire, à qui il ne peut faire appel, il est amené, en plus, à agir sous sa propre responsabilité
pour séquestrer les animaux suspects sur pied, pour saisir les produits impropres à la
consommation et les dénaturer.
Ce dernier cas se présente fréquemment dans les pays tropicaux, en raison de la dispersion
parfois considérable des points d’abattage : seuls quelques grands centres peuvent faire appel
aux services d’un inspecteur vétérinaire.
Les qualités. L’agent doit posséder des qualités psychologiques et des aptitudes physiques bien
déterminées en plus d’une solide technique professionnelle, appuyée sur l’expérience et faisant
appel à l’observation scrupuleuse des faits et au raisonnement.
Ces qualités sont l’esprit de décision et l’autorité
L’esprit de décision intervient de façon permanente puisque chaque examen est suivi
automatiquement de la décision de laisser ou non consommer les produits inspectés. Les
tâtonnements, les hésitations, les révisions de jugement constituent, pour l’agent, un lourd
handicap que certains professionnels ont vite fait d’exploiter à leur profit.
L’autorité permet à l’agent de se faire respecter du personnel placé sous ses ordres et surtout
des professionnels qu’il devra connaître aussi bien que possible tout en n’ayant aucune
obligation d’aucune sorte envers eux. Il y a là une certaine attitude à prendre qu’il est parfois
bien difficile de conserver.
Cette autorité sera mise d’autant plus à l’épreuve que l’agent est le plus souvent amené à agir
seul, sous sa propre responsabilité.
Les aptitudes physiques sont conditionnées par le fait que l’agent utilise le sens de la vue pour
se faire une opinion sur l’aspect, la couleur, les anomalies. Il utilise l’odorat pour déceler les
odeurs anormales (odeurs ammoniacale) de certaines putréfactions. Il se sert également du
toucher pour apprécier la consistance d’un produit, la friabilité d’un organe (foie). Par contre,
on n’utilise pas le sens du goût en inspection des viandes.
L’agent d’inspection devra de plus être en parfaite santé et reconnu indemne de maladies
contagieuses, de tuberculose en particulier.
V.3. INSPECTION DES VIANDES DE BOUCHERIE ET DES ABATS
V.3.1. LE MATERIEL D’INSPECTION
Le matériel utilisé pour l’inspection est d’une grande diversité. Il
dépend en effet :
- de la nature très variée des aliments à inspecter,
- du type d’examens de recherche à effectuer,
- de l’aménagement général de l’établissement où se déroule l’inspection.
Cependant, l’agent de l’inspection, quelle que soit son activité principale, doit disposer, dans
tous les cas, d’un matériel minimal que nous appelons matériel de base. Il peut, de plus, être
doté d’un matériel complémentaire pour effectuer des examens plus particuliers. V.3.1.1. Le
matériel de base Ce matériel comprend :
-les vêtements, le thermomètre médical, les couteaux d’inspection, les lavabos et les cuvettes.
55
Les encres qui servent à imprégner les estampilles sont fabriquées avec des produits spéciaux
qui le font agréables à la vue, adhésives, indélébiles, dépourvues de toxicité.
suivant les dispositions da la législation sanitaire, surtout en cas de peste bovine, de charbon
bactéridien, de péripneumonie bovine, de pasteurellose, car dans ces cas il convient de
déterminer l’origine de l’animal pour l’intervenir rapidement dans le foyer d’où il provient.
4° Cas des animaux douteux
Les animaux douteux, suspect d’être en incubation d’une affection, mais chez lesquels on ne
peut établir de diagnotic précis, seront isolés dans un local spécial de l’abattoir ou lazaret. On
évitera surtout de refouler un animal douteux, car dans ce cas, on court le risque de voir le
boucher aller l’abattre clandestinement ailleurs.
Au bout d’un certain temps, ou bien l’animal suspect se rétablit et on agit alors comme pour
un animal sain, ou au contraire l’affection se déclare et on agit comme un animal malade (cas
n° 3).
En résumé, à la suite de l’inspection sur pied :
- On abat d’urgence les animaux blessés ou malades, qu’ils soient atteins d’une maladie
contagieuse ou non ; - On diffère l’abattage des animaux fatigués ou suspect.
Dans le cas où un animal a été abattu d’urgence par le propriétaire, en dehors de l’abattoir et
par conséquent sans avoir subi l’inspection sur pied, l’agent devra toujours exiger la
présentation de toute la carcasse et de la totalité des abats.
Il se montrera très circonspect, méfiant au cours de son inspection, et n’accordera qu’une valeur
très relative aux déclarations du propriétaire.
Il saisira l’animal en totalité si tous les abats ne sont pas présentés dans toute leur intégrité.
carcasses est sectionnée dans le sens transversal en deux quartiers : un quartier antérieur et un
quartier postérieur.
Le cinquième quartier est constitué par tout ce qui ne fait pas partie des quatre autres : peau, tête,
langue, viscères thoraciques et viscères abdominaux, sang, vessie, poils, corne, onglons, etc.
On appelle abats tout ce qui est consommable dans le cinquième quartier, et issues ce qui est
inconsommable. Parmi ces issues la peau est encore qualifiée de dépouille. En résumé :
Un bœuf → une carcasse → deux ½ carcasses → 4 quartiers
↘
Un cinquième quartier ↗ abats (consommables)
↘ Issues (non consommables)
En matière d’inspection des viandes, la carcasse et le 5e quartier présentent un intérêt égal et
nous rappelons que l’agent doit exiger dans tous les cas leur présentation en totalité. Il doit
s’opposer aux pratiques de certains bouchers, qui consistent à soustraire à l’inspection certaines
parties du 5e quartier.
V.3.3.2. Déroulement général de l’inspection
Les reins
Les reins ou rognons ne font pas partie du 5e quartier, car ils restent attachés à la carcasse. On
les examine en fait au cours de l’inspection de la carcasse.
On inspecte d’abord leur surface en appréciant leur volume, leur forme. Les lésions les plus
fréquentes sont les kystes ladriques (cysticerques).
En cas de suspicion de lésion interne (abcès), on les incise suivant un plan médian allant de la
grande courbure du bord externe convexe jusqu’au hile et on ouvre les deux moitiés ainsi
séparées. Pour faciliter l’opération, on pose le rein à plat sur une table et on appuie dessus avec
la main gauche bien étendue. Les organes génitaux
Les organes de l’appareil génital sont rarement examinés, sauf lorsque l’on soupçonne une
métrite en cas d’avortement pour cause de brucellose.
Les mamelles sont examinées pour y découvrir les abcès, les lésions de tuberculose.
V.[Link]. Inspection de la carcasse
Cet examen suit normalement celui des viscères et comprend un examen habituel fait
systématiquement sur toutes les carcasses et une série d’examens particuliers qui doivent être
exécutés dès que l’on soupçonne quelque chose d’anormal. Examens habituels
L’inspection débute par un coup d’œil général, donné à distance, sur la carcasse, qui renseigne
l’agent sur son aspect dans son ensemble.
61
Cette opération, qui fait partie du découpage des bêtes de boucherie, permet d’apprécier l’état
du tissu conjonctif, son degré d’humidité, la présence de lésions hémorragiques. La section des
vaisseaux sanguins axillaires permet de juger de l’aspect du sang ; enfin, l’odeur qui se dégage
au moment du lever de l’épaule renseigne sur une putréfaction éventuelle de la carcasse.
Un autre examen, pratiqué surtout chez le bœuf, plus délicat à réaliser, comporte la levée « du
tende de tranche », c’est-à-dire des muscles cruraux internes, à la face interne de la cuisse
détachée du quartier postérieur.
Cet examen donne d’utiles renseignements sur l’état des masses musculaires des carcasses
provenant d’animaux fiévreux ou surmenés.
Si ces douze examens sont négatifs, on ne risque guère (compte tenu de l’examen de l’animal
sur pied) de laisser mettre en consommation une viande dangereuse pour l’homme. Mais cette
liste n’est pas limitative : des viandes spéciaux sont pratiqués en cas de découverte ou de
suspicion d’altérations diverses. 1) Examen de la rate
Il est important de procéder à l’examen de la rate en priorité pour dépister le charbon
bactéridien, fréquent dans les pays tropicaux. Cette maladies produit une hypertrophie de la
rate, qui devient friable et laisse écouler, quand on incise, une boue noirâtre. En cas de doute,
un frottis de rate permet de rechercher la bactéridie charbonneuse. Ce dépistage immédiat du
charbon bactéridien permet de s’entourer de toutes précautions utiles pour la manipulation
d’une viande très dangereuse, le charbon bactéridien étant transmissible à l’homme. Le
diagnostic de charbon posé entraîne la saisie en totalité des cinq quartiers et leur destruction.
Si l’on trouve des lésions de tuberculose miliaire aiguë sur la rate, il faut saisir la totalité de
l’animal.
Si la rate est très friable, mais sans présenter l’écoulement caractéristique du charbon
bactéridien, l’attention de l’inspecteur devra s’orienter vers la recherche des maladies
infectieuses.
2) Coup d’œil sur la carcasse
Il permet de juger de l’état d’embonpoint, du sexe, de la coloration de la viande, et d’apercevoir
diverses lésions ou altérations :
- lésions d’arthrite au niveau des articulations (genoux, grassets et jarrets) ;
- lésions d’œdème au niveau du tissu conjonctif, coloration jaune en cas d’ictère ;
63
- altérations de la chair, qui est pâle dans l’anémie et hydrohémie, rouge très foncé, presque
noire dans le charbon bactéridien, gorgée de sang en cas de saignée effectuée sur un animal
à l’agonie ou après da mort, jaune en cas d’ictère, décolorée et même grisâtre en cas de
cachexie ;
- lésions de la plèvre, sous forme de dépôts de fibrine jaunâtre, d’adhérences, de nodules de
pleurésie, de péripneumonie, de tuberculose ;
- aspect verdâtre de la cavité abdominale en cas d’éviscération tardive. Dans ce cas, il se
dégage une odeur désagréable ;
- aspect de la plaie de saignée : si elle est noire, souillée d’épais caillots de sang, il y a lieu de
penser que l’animal a été abattu à l’agonie, ou même frauduleusement saigné après sa mort
;
- présence d’hématomes dus à des chocs, des coups de bâton, des chutes brutales sur le sol ;
- présence d’abcès, de tumeurs ;
- aspect « mouillé » du cadavre dans l’hydrohémie.
3) Examen de la tête et de la langue
Rechercher les cysticerques ou vésicules ladriques par une incision dans les masséters (muscles
de la joue).
Examiner les muqueuses des gencives et la bouche (peste bovine, fièvre aphteuse).
Inciser les ganglions rétropharyngiens et sous-glossiens (recherche de la tuberculose). On
examine la langue d’abord par palpation de l’organe, en insistant sur les faces latérales. On peut
ainsi trouver des abcès ou des cysticerques. Il est de règle, dans certains abattoirs, d’inciser la
face inférieure de la langue sur toute la longueur pour rechercher ces derniers. 4) Examen des
poumons
On se préoccupe surtout de rechercher les lésions de péripneumonie bovine et de tuberculose.
On peut trouver des lésions de congestion, d’hépatisation (poumons ayant la consistance du
foie), d’œdème, de pneumonie. On rencontre aussi des abcès, des tumeurs, des kystes
parasitaires. Rappelons l’obligation d’inciser les ganglions bronchiques.
5) Examen du cœur
Rechercher sur la surface les cysticerques. Les lésions de péricardite sont assez fréquentes. La
présence de lésions hémorragiques (pétéchies, suffusions sanguines) sur le péricarde traduit
certaines maladies infectieuses.
6) Examen du foie
Examiner la surface de l’organe pour rechercher les abcès, les kystes parasitaires, les lésions de
distomatose. La couleur peut être jaune (ictère, maladies infectieuses) ou noirâtre (congestion).
Palper l’organe pour éprouver sa consistance, parfois dure au point d’être immangeable, parfois
friable ou ramollie dans certaines maladies infectieuses et pour déceler des lésions des tissus
profonds.
Inciser l’organe sur sa face postérieure, dans le sens longitudinal, pour rechercher les douves au
niveau des canaux biliaires.
Rechercher les lésions de tuberculose et inciser les ganglions du foie.
7) Examen des viscères digestifs
Examiner les deux faces des réservoirs gastriques pour rechercher les lésions d’inflammation et
de peste bovine.
Inciser les ganglions de la panse pour dépister la tuberculose.
64
Examiner ensuite les intestins pour rechercher les lésions de tuberculose et de peste bovine. On
examine la muqueuse de l’intestin grêle en ouvrant cet organe sur quelques centimètres.
On trouve fréquemment des petits abcès jaunâtres, de la taille d’un grain de sorgho, dus à
l’oesophagostomose.
En cas de congestion, de lésions hémorragiques, d’ulcérations, toujours penser à la peste
bovine.
Inciser les ganglions mésentériques pour la recherche de la tuberculose intestinale. 8)
Examen des filets
Retourner à la carcasse et examiner les « filets » ou muscles psoas, où l’on trouve souvent des
cysticerques.
Dans certains abattoirs, on incise ces muscles dans le sens de la longueur pour effectuer une
recherche approfondie de ces parasites, mais cette pratique détériore un morceau de viande très
prisé et d’une valeur marchande élevée. Par contre, des sections transversales ne gênent pas
pour préparer les filets sous forme de « tournedos » et elles sont tout aussi efficaces du point de
vue diagnostic que les sections délabrantes longitudinales.
9) Examen des reins
Examiner la région des reins, pis extraire les reins de la graisse qui éventuellement les entoure,
et les examiner pour rechercher de cysticerques.
Si l’organe est d’une couleur, d’une consistance ou d’un volume anormaux, l’inciser d’un coup
de couteau depuis son bord convexe jusqu’au hile, et ouvrir pour examiner l’intérieur. On peut
trouver des abcès, des kystes parasitaires, des calculs, des lésions de tuberculose.
10) Incision des muscles de la cuisse et de l’épaule
L’incision des muscles de la cuisse se fait au ras de l’os du pubis, et celle des muscles de l’épaule
au niveau des muscles ancônés.
Ces incisions ont pour but de dépister les cysticerques et d’apprécier l’état de la viande :
couleur, degré d’humidité, odeur.
11) Incision des ganglions rétromammaires et précruraux
Inciser les ganglions rétromammaires et précruraux, faciles à atteindre et à observer, et qui
renseignent sur l’état sanitaire de la mamelle et de la paroi abdominale du point de vue de la
tuberculose.
12) Incision des ganglions préscapulaires
Inciser les ganglions préscapulaires qui renseignent sur l’état sanitaire de l’encolure du point de
vue de la tuberculose.
Quand ces douze examens ont révélé un état sanitaire satisfaisant, on peut autoriser la mise en
consommation de l’animal et procéder à l’estampillage de la carcasse.
Dans le cas contraire, on procédera à des examens spéciaux, dont les courants concernent les
maladies infectieuses ou parasitaires et les altérations suivantes. Il faut préciser que certains de
ces examens sont déjà du ressort de l’inspecteur vétérinaire et du laboratoire après prélèvements
éventuels.
-Maladies :
Tuberculose bovine, Charbon bactéridien, Charbon symptomatique, Peste bovine,
Péripneumonie bovine, Cystcercose, Echinococcose, Distomatose.
-Altérations :
Viandes fiévreuses, Viandes saigneuses, Viandes putréfiées, Viandes inalibiles.
V.3.4.2. Examens spéciaux pour maladies
[Link] bovine
65
En matière de tuberculose bovine, et dans l’espèce bovine seulement, le poumon est atteint dans
99p. 100 des cas. C’est donc logiquement que l’examen de ce viscère doit se faire en premier
lieu, et toute découverte d’une lésion tuberculose pulmonaire doit entraîner une recherche
approfondie sur les autres viscères et sur la carcasse.
L’exploration des ganglions du poumon est donc une règle absolue dans l’inspection
systématique des carcasses de bovins ; c’est elle qui entraîne ou non la série des autres
investigations ganglionnaires pour la recherche des localisations tuberculoses.
Nous rappelons que l’examen des poumons se pratique l’organe suspendu à un crochet par la
trachée, la face dorsale tournée vers l’inspecteur. On examine d’abord la surface recouverte de
la plèvre, qui peut présenter des lésions de pleurite tuberculose.
On palpe ensuite le poumon à deux mains, ce qui permet éventuellement de déceler l’existence
de foyers tuberculeux superficiels ou profonds qu’on peut mettre en évidence par une large
incision.
On examine de façon attentive les ganglions bronchiques, médiastinaux et apicaux.
Les ganglions bronchiques sont situés à la bifurcation de la trachée à la naissance des grosses
bronches.
On découvre le ganglion bronchique gauche en saisissant avec la main gauche le lobe apical
gauche et en l’écartant de la trachée. On incise le tissu qui se trouve dans l’angle formé par
trachée et le lobe apical gauche et on trouve le ganglion.
On découvre le ganglion bronchique droit en procédant comme pour le gauche de façon
symétrique.
Les ganglions médiastinaux se repèrent facilement entre les gros lobes pulmonaires. On peut
en trouver de 4 à 6.
Les ganglions apicaux se repèrent en suivant le diverticale bronchique que la trachée envoie
dans le lobe apical droit.
Si le poumon apparaît indermne il ne faut cependant pas négliger d’effectuer les examens
obligatoires prévus au 7e temps (ganglions des viscères digestifs) au 11e temps (ganglions
rétromammaires et précruraux) et au 12e temps (ganglions préscapulaires).
Si, au contraire, on décèle une lésion tuberculeuse au niveau du poumon, il faut explorer
méthodiquement toute la carcasse et tous les viscères du point de vue ganglionnaire.
a) Au niveau des viscères
Foie : le ganglion rétrohépatique, qui intéresse le foie, se trouve sous l’entrée de la veine porte.
Estomac : on étale l’ensemble des réservoirs gastriques en disposant la panse à gauche et la
caillette à droite.
Intestin : incision des ganglions mésentériques qui se trouvent dans les replis du mésentère.
Rate : la rate est dépourvue de ganglion, mais la présence de lésions de tuberculose miliaire
aiguë entraîne la saisie totale de la carcasse.
Reins : quand on constate des lésions de tuberculose miliaire aiguë la saisie de la carcasse
s’impose. Examen le ganglion qui se trouve au niveau du hile.
b) Au niveau de la carcasse
On procède, dans l’ordre, à l’examen des principaux amas ganglionnaires suivants :
Ganglions iliaques : groupes de ganglions cachés par la graisse, disposés en chaîne régulière
un avant l’entrée de la cavité pelvienne.
Ganglions précruraux : allongés parallèlement au bord antérieur de la cuisse.
Ganglions rétromammaires : situés en arrière de la mamelle.
Ganglions poplités : situés dans le globe de la cuisse, au fond du creux poplité.
Ganglions sous-lombaires : situés de chaque côté de l’aorte depuis l’entrée du bassin jusqu’au
diaphragme.
66
Le ténia échinocoque est un ver plat de très petite taille (4 à 5 mm) vivant dans la partie
duodénale de l’intestin grêle des carnivores (chien, chat, chacal).
La larve ou échinocoque ou kyste hydatique parasite surtout le foie et les poumons des
herbivores domestiques (chameau, bovins, petits ruminants) et du porc. Ce kyste se présente
sous forme d’une vésicule globuleuse de dimension variable (jusqu’à la grosseur d’une petite
orange) à paroi blanchâtre, épaisse. Parfois il dégénère, se calcifie, devient dur. Les organes
parasités sont déformés et hypertrophies par les vésicules qui le parsèment.
L’homme s’infeste par l’intermédiaire du chien et contacte une maladie très grave à forme
hépatique ou pulmonaire.
Le chien s’infecte en absorbant des viscères parasités d’animaux de boucherie.
La saisie de la totalité de l’organe parasité est de règle : un simple épluchage risque de laisser
passer une lésion profonde. On doit détruire avec soin ces organes et surtout les soustraire aux
chiens qui constituent la source de la dissémination de la maladie.
Soulignons ici que, d’une façon plus générale, les chiens ne doivent en aucun cas avoir la
possibilité de pénétrer dans un abattoir. V.[Link]. Distomatose (douve du foie)
La douve siège dans les canaux biliaires du foie. Le parasite a l’aspect d’une petite feuille de
couleur grise. Les canaux biliaires sont sclérosés, c’est-à-dire épaissis et durs. Ils forment de
gros cordons blancs à la face postérieure du foie. Quand on les incise, on trouve les parasites.
Selon l’importance des lésions, le foie sera saisi en totalité ou débarrassé des canaux biliaires
sclérosés.
V.3.5. INSPECTION SYSTEMATIQUE DE LA VIANDE DE PETITS RUMINANTS
La pathologie des petits ruminants est dominée par plusieurs maladies infectieuses : charbon
bactérdien, peste des petits ruminants, maladie caséeuse du mouton, et surtout en ce qui
concerne le mouton, par plusieurs maladies parasitaires : distomatose, strongyloses
gastrointestinales, gales.
V.3.5.1. Inspection sur pied
On donne un coup d’œil général pour juger de l’état d’ensemble de l’animal. Palper les
lombes pour apprécier l’état d’embonpoint. On regarde la tête :
- Croûtes de gale,
- Jetage provenant d’affections respiratoires,
- Pâleur de la muqueuse oculaire dans les anémies parasitaires ou autres,
- Lésion de peste des petits ruminants au niveau des muqueuses de la tête.
On regarde la peau : gales, abcès, etc.
V.3.5. 2. Examen de l’animal abattu
V.[Link]. Examens systématiques
On désigne sous le nom de fressure l’ensemble des organes thoraciques ou abdominaux suivants
: poumons, cœur, diaphragme, foie, rate, du veau, du mouton et du porc préparés pour la
boucherie, laissés adhérents entre eux.
Poumons : on examine d’abord les poumons souvent lésés chez le mouton : bronchopneumonie
vermineuse, kystes parasitaires, pneumonie.
Les ganglions ont à peu près la même disposition que chez le bœuf. Ils sont surtout atteins
d’abcès caséeux, mais ceci n’est pas dû la tuberculose, qui est exceptionnelle chez les ovins.
Ces abcès sont la traduction de l’infection par un bacille pyogène (Preiz Nocard) qui cause
surtout des accidents su système lymphatique. Les abcès des ganglions sont superficiels ou
profonds, renfermant un pus épais, jaune ou vert jaunâtre, sans odeur, sans grumeaux, enfermés
dans une coque fibreuse et épais, d’où le nom de maladie caséeuse du mouton. Les autres
ganglions les plus souvent atteins sont les ganglions du flanc, les préscapulaires et ceux du foie.
Cœur : on peut y trouver des lésions de péricardite et, par exception des vésicules ladriques.
70
La gale n’intéresse l’agent d’inspection que pour autant qu’elle détermine des lésions sous-
cutanées ou un affaiblissement de l’état général. Le degré et l’étendue des lésions règlent la
conduite à tenir.
V.3.6. INSPECTION SYSTEMATIQUE DE LA VIANDE DE PORC
Les dominantes pathologiques chez le porc sont :
- Affections des poumons et du tube digestif (pneumonie, entérite infectieuse) ;
- Accidents congestifs divers dus aux maladies rouges du porc ;
- Charbon bactéridien ; - Tuberculose
- Cysticercose.
V.3.6.1. Inspection sur pied
On recherche, au cours de cet examen :
- La coloration de la peau : accidents congestifs ou hémorragiques des « maladies rouges du
porc »,
- L’état de l’appareil digestif (diarrhée),
- L’état de l’appareil respiratoire (essoufflement),
- L’état des membres (arthrites du rouget).
On détermine le sexe de l’animal ; la viande du verrat possède en effet une odeur désagréable
et même répugnante, qui peut entraîner la saisie totale à l’abattoir.
V.3.6. 2. Examen de l’animal abattu
V.[Link]. Examens systématiques
Poumons : on examine le tissu du poumon et les ganglions pour rechercher les lésions
congestives et la tuberculose, ainsi que l’échinococcose.
En matière de tuberculose, on examine attentivement les ganglions bronchiques qui réagissent
fortement et de façon précoce en cas de tuberculose pulmonaire.
REMARQUE IMPORTANTE : Nous avons vu dans la tuberculose bovine, les ganglions du
poumon réagissaient dans 99% des cas. Il n’est pas de même chez le porc, par conséquent
l’absence de lésions tuberculeuses du poumon ne dispense absolument pas de rechercher
systématiquement cette affection sur les autres ganglions.
Cœur : on recherche les lésions de congestion, les lésions hémorragiques dans les « maladies
rouges du porc » et aussi la cysticercose.
Foie : le foie du porc présente souvent des kystes parasitaires, des abcès, des lésions
tuberculeuses et des altérations diverses : couleur anormale, dégénérescence, sclérose.
Diaphragme : on recherche la cysticercose.
Rate : on recherche les lésions de charbon bactéridien, de tuberculose.
Estomac : on examine la muqueuse interne de l’estomac vidé et retourné et les ganglions
gastriques (dans la petite courbure de l’estomac) pour le dépistage de la tuberculose, qui est,
surtout chez le porc, une affection digestive.
Intestins : on recherche les lésions d’entérite et de congestion. Consulter les ganglions
mésentériques, où l’on trouve principalement des lésions de tuberculose, même en l’absence de
lésions sur le poumon, contrairement à ce qui se passe chez le bœuf. Faire très attention aux
lésions d’entérite du porc en raison de la salmonellose, dangereuse pour le consommateur. Tête
: on recherche les ganglions qui peuvent être tuberculisés. Examiner attentivement la langue
pour y rechercher la cysticercose.
Examen de la carcasse : on examine :
- La peau, qui peut porter des lésions congestives (rouget, etc),
- Les muscles du plat de la cuisse, les filets, les muscles abdominaux et le diaphragme, les
muscle de l’épaule (cysticercose),
72
- Les côtés, le sternum et surtout la fente vertébrale en passant la lame du couteau d’inspection
sur la section des corps vertébraux (lésions de tuberculose osseuse).
- Les muscles ont une odeur acide, aigrelette, due à l’accumulation en quantité anormalement
importante d’acide lactique dans le tissu musculaire.
Conduite à tenir : les viandes surmenées ne sont guère dangereuses, mais elles risquent
cependant de se putréfier rapidement. Aussi, sans prononcer de saisie, on peut effectuer un
déclassement de qualité.
Les viandes peuvent être à la fois hydrohémiques et cachectiques : on les désigne sous le nom
d’hydrocachectiques.
Conduite à tenir : les viandes hydrocahectiques, dépourvues de toute valeur alimentaire, sont
saisies. Elles présentent d’ailleurs un aspect très peu appétissant.
Les viandes hydrohémiques et les viandes cachectiques, qui ne présentent aucun danger pour
l’homme, sont livrées à la consommation.
Cependant, en raison de leur faible valeur marchande, la loyauté du commerce voudrait qu’elles
soient estampillées de façon spéciale et vendues à un prix inférieur à celui des autres viandes.
V.3.7.2. Viandes malades inapparentes
La présence de certains germes microbiens dans la viande peut n’y déterminer aucune altération
apparente. Ces infections microbiennes, heureusement rares, sont redoutables pour l’homme
qui consomme ces viandes, chez qui elles déterminent des accidents graves, parfois mortels, à
prédominance gastro-intestinale. Les germes microbiens de la famille des Enterobacteriaceae
sont particulièrement dangereux (Salmonella, colibacille).
Eléments de suspicion
Il faut se méfier des viandes provenant d’animaux présentant des diarrhées infectieuses,
entérites, broncho-pneumonie, arthrites, métrites, péritonites, météorisations aigue et affections
purulentes. Pour dépister ces maladies, l’examen des animaux sur pied revêt une importance
capitale.
L’animal peut présenter des signes cliniques de maladies qui passeront inaperçues à l’examen
de la carcasse. C’est la raison pour laquelle cette inspection ne doit jamais être négligée. On se
méfiera donc particulièrement des animaux faisant ou ayant fait l’objet d’un abattage d’urgence
pour cause de maladie.
Le diagnostic de la rage ou de tétanos, dans toutes les espèces, sur l’animal vivant, entraîne la
saisie totale. Ces deux affections redoutables ne provoquent pas de lésions caractéristiques de la
viande.
Il ne faut pas oublier de plus, que des carcasses saines, provenant d’animaux sains, peuvent être
contaminées par des entérobactériacées et d’autres microbes dangereux pour l’homme, au cours
de manipulations postérieures à l’abattage. C’est pourquoi il faut veiller tout particulièrement à
l’hygiène des lieux d’abattage, des moyens de transport des viandes des lieux d’abattage aux
lieux de distribution des viandes et du personnel qui manipule les viandes.
V.3.7.3. Conduite à tenir vis-à-vis des viandes insuffisantes non malades
Il est nécessaire d’évoquer ici un problème important du point de vue économique et social dans
le pays d’Afrique tropicale, qui souffrent à l’état permanent d’une importante pénurie de viande.
Quel doit être l’attitude de l’agent d’inspection en présence de viandes insuffisantes non
toxiques. Il est évident qu’en Afrique tropicale le bétail élevé sur le mode traditionnel subit une
baisse d’état considérable, qui retentit sur les caractères de la viande, pendant les durs mois de
la saison sèche.
En appliquant strictement les règles habituelles de l’inspection des viandes, on arriverait à saisir
pour un bon motif 50p. 100 du bétail présenté aux abattoirs de la zone sahélienne entre les mois
de mars et Juillet.
76
En conséquence une large tolérance doit être pratiquée en ce qui concerne les viandes
insuffisantes non malades, qui ne sont ni toxiques ni malsaines pour le consommateur. Cette
large tolérance existe déjà de fait dans de nombreuses régions.
Dans le même ordre d’idée on évite, autant que possible, de pratiquer des saisies totales dans
certains cas, tels que tumeurs, abcès, hématomes, contusions et on se limite à des saisies
partielles, à des épluchages, ect.
Panse et intestins : sont mouillés, bruns ou verts foncé. En déroulant leurs replis on perçoit
nettement l’odeur fétide de la pénétration.
Cervelles : très sensibles à la putréfaction, sont transformées en bouillie grise.
Cœur : brun foncé avec des taches verdâtres. Langue
: poisseuse et flasque.
Tous ces abats dégagent une forte odeur de putréfaction (odeur d’ammoniaque).
V.[Link]. Inspection des carcasses
Les carcasses putrides présentent des taches de verdissement et d’odeur de putréfaction surtout
aux endroits suivants :
- Bœuf : la putréfaction débute surtout par la face interne des cuisses, la plaie de saignée, la
région postérieure de l’épaule, la graisse qui entoure éventuellement les reins.
- Mouton : la graisse autour des reins, pli de l’aine, collet, pli du coude.
- Porc : graisse autour des reins, panne, face interne des cuisses. Les ganglions de ces carcasses
sont ramollis, les muscles bruns ou noirs et très flasques.
D’une façon générale, les caractères de la putréfaction sont nettement perceptibles au niveau du
tissu conjonctif situé sous l’épaule. C’est la raison pour laquelle on fait lever l’épaule : il se
dégage alors une odeur très caractéristique et non équivoque.
Conduite à tenir : les viandes putréfiées peuvent être extrêmement dangereuses pour le
consommateur par suite de la présence de certains bacilles. La saisie s’impose donc de la façon
suivante :
- L’abat putréfié est saisi en totalité,
- La carcasse est saisie en totalité si la putréfaction est étendue et déjà prononcée. Dans le cas
d’une putréfaction débutante et bien localisée, on ne saisit que les parties atteintes, en
pratiquant un « épluchage » large de la carcasse.
Après abattage et préparation habituels, les carcasses (bœuf, mouton, chèvre, porc) sont mises
à ressuer dans une salle bien ventilée, puis sont placées dans une chambre froide dont la
température est maintenue en permanence entre 0° et + 4°C.
La durée du séjour nécessaire pour obtenir la réfrigération est de l’ordre de 24 heures, les
viandes maintenues à cette température peuvent alors être conservées pendant deux ou trois
semaines.
Pendant cette période il s’accomplit une « maturation » des viandes consistant en une
évaporation partielle de l’eau qu’elles renferment, se traduisant par une diminution du poids des
carcasses de 2 à 3p. 100.
En ce qui concerne l’inspection, il faut retenir que les viandes réfrigérées ont l’aspect, les
caractéristiques des viandes fraîches. La seule différence consiste en une légère sensation de
sécheresse, perçue à la palpation de la surface des masses musculaires en raison de l’évaporation
d’eau due à la maturation.
Il convient de plus de retenir que les réfrigérations et les réchauffements successifs favorisent
le développement des germes de putréfactions. En conséquence, on s’appliquera
particulièrement à rechercher cette altération au cours de l’inspection des viandes réfrigérées.
Chez les commerçants de détail, les petites pièces réfrigérées (volailles, gibiers) sorties des
chambres froides pour être exposées à des étalages eux-mêmes non réfrigérés, remises plusieurs
fois dans ces chambres par suite de mévente répétée, risquent de présenter des altérations de
putréfaction. V.3.9.2. Viandes congelées
Les viandes destinées à la conservation par congélation sont soumises à de très basses
températures dans des chambres froides dans lesquelles on produit des températures de – 20°C.
Certaines de ces chambres sont parcourues par un courant d’air violent, qui permet d’abaisser
la température à – 40°C (tunnels de congélation).
La congélation rapide, brutale, fait que les sucs musculaires des viandes se cristallisent sous
forme de très fines aiguilles, qui ne détruisent pas la structure des fibres musculaires, si bien
qu’après décongélation dans de bonnes conditions, les viandes retrouvent la plupart des
caractéristiques des viandes fraîches.
La conservation des viandes congelées se fait à une température voisine de -18°C. Dans ces
conditions elle peut durer plusieurs mois. Ceci constitue donc le procédé de choix pour exporter
des viandes à longue distance.
Du point de vue inspection, il faut retenir que l’aspect des viandes congelées est profondément
modifié par rapport à celui des viandes fraîches.
Les carcasses congelées se présentent sous forme de blocs durs comme du bois, et doivent être
découpées à la scie.
Sur les carcasses congelées de petits ruminants, la paroi abdominale est tendue, rigide et résonne
quand on la percute avec le doigt recourbé ou le manche du couteau d’inspection. Dans le
conditionnement pour l’expédition, on enveloppe des carcasses soumises à la congélation dans
des toiles, en coton par exemple, à mailles plus ou moins serrées. Ces toiles laissent leur
empreinte sur les masses musculaires une fois qu’on les a enlevées. Les masses musculaires
sont, en surface, d’une coloration plus foncée qu’à l’état frais, mais par contre, les régions
profondes sont de couleur rose pâle.
Les graisses ont une consistance granuleuse et s’effritent facilement sous les doigts après
quelques mois de conservation sous congélation.
La section des vertèbres apparaît de couleur brune, grisâtre lorsque la congélation dure depuis
plusieurs mois.
De même que les carcasses, les abats supportent bien la congélation, ce qui permet de le
conserver plusieurs mois dans de bonnes conditions. Par exception, les cervelles riches en
79
certaines graisses, appelées lécithines, rancissent après deux mois environ de congélation de
congélation et prennent de ce fait un goût désagréable.
Il faut enfin rappeler que la congélation constitue une excellente technique des stérilisations des
viandes ladres, mais qu’elle ne tue pas les germes microbiens.
De même que pour la réfrigération des viandes, les congélations et décongélations successives
constituent un important facteur d’altération des viandes en raison de la pullulation des germes
microbiens de la putréfaction. En conséquence, les produits ne doivent être décongelés qu’une
seule fois pour leur mise en consommation.
C’est n’est qu’après décongélation complète que l’agent d’inspection peut se rendre compte
effectivement des altérations dont ces viandes sont atteintes, en particulier en ce qui concerne
la putréfaction.
Boîtes cabossées : elles ont été déformées, cabossées par les chocs reçus au cours de
manipulations brutales. Si les déformations se situent au niveau de la jonction du couvercle et
du corps de la boîte, celle-ci peut perdre son étanchéité et le contenu devenir dangereux. Les
boîtes ayant perdu leur étanchéité sont à retirer de la consommation.
Boîtes rouillées : elles sont la conséquence d’un entreposage de longue durée dans des magasins
humides. Cette altération ne présente pas de gravité tant que la rouille n’a pas traversé
l’épaisseur du métal et que le contenu n’a pu être contaminé. Pas de saisie de telles boîtes.
Boîtes floches : elles ont leur couvercle bombé vers l’extérieur, mais celui-ci se déprime quand
on appuie légèrement dessus et reste ensuite dans cet état. Cette anomalie est due à une
mauvaise qualité du métal de la boîte qui n’entraîne aucune altération du contenu. Pas de saisie
de ces boîtes.
Boîtes bombés : elles ne signalent par le fait que le couvercle et le fond sont bombés vers
l’extérieur et que cette déformation ne disparaît pas lorsque l’on appuie dessus ou qu’elle
disparaît pour revenir immédiatement quand on relâche la pression exercée dessus.
Le bombement peut parfois être dû à un remplissage excessif des boîtes, le bombement est alors
discret, la percussion du couvercle donne un son mat, aucun gaz ne s’échappe à l’ouverture de
la boîte.
Mais le plus souvent le bombement résulte d’un dégagement de gaz sous pression, provoqué
par des germes microbiens qui ont altéré le contenu de la boîte. La percussion du couvercle
donne un son clair indiquant la présence du gaz. Le percement des boîtes laisse échapper un gaz
malodorant qui fuse avec force. Le contenu de la boîte apparaît grisâtre, décomposé et dégage
une odeur fétide.
Le contenu de ces boîtes de conserve est extrêmement dangereux. Elles doivent être saisies,
détruites avec soin en les perçant une à une et en les enfouissant dans le sol. Conservation par
le sel
La conservation par le sel s’applique à la viande de bœuf et surtout de porc (lard, poitrine), que
ce soit par salage ou par immersion dans un bain de saumure. La viande des petits ruminants
n’est jamais traitée ainsi.
Le sel exerce plusieurs actions sur les viandes :
- Sur la composition du tissu musculaire : le sel produit une importante déshydratation
de ce tissu. Les muscles prennent en surface une teinte grisâtre, les fibres musculaires se
rétractent, si bien que les muscles longs apparaissent plus courts que les rayons osseux auxquels
ils correspondent normalement.
- Sur les germes microbiens : le sel n’est pas un bactéricide, mais, par la déshydratation
qu’il produit, il entrave le développement des germes microbiens de la putréfaction, d’où son
rôle de conservateur des viandes. Par ailleurs, il favorise la prolifération de souches
microbiennes favorables telles que les ferments lactiques, qui communiquent à la viande salée
un goût et une couleur agréables très caractéristiques.
- Sur les formes parasitaires : nous avons vu que la viande ladre, renfermant des
cysticerques, est stérilisée par immersion pendant 21 jours au moins, dans une saumure
constituée par 32 kg de sels dissous dans 100 l d’eau.
Les viandes conservées par le sel peuvent être atteintes par les altérations suivantes :
- Viandes rances : l’action de l’oxygène de l’air sur la graisse des viandes leur donne une
odeur et un goût de rance caractéristiques. Ceci se produit surtout sur les conserves trop
anciennes, qui ne présentent d’ailleurs pas de danger pour le consommateur ;
- Viandes moisies : les viandes conservées dans des locaux humides, souvent mal
ventilés, sont atteintes de moisissure superficielle due au développement de champignons
81
microscopiques. Ce développement est d’autant plus rapide que le climat est plus chaud et plus
humide.
Les viandes moisies ont un aspect verdâtre en surface. On peut procéder à un épluchage
superficiel des parties moisies.
- Viandes putréfiées : les viandes salées ne putréfient dans les mêmes conditions que les
viandes moisies : conservation dans des locaux trop chauds, trop humides, mal ventilés. La
putréfaction superficielle de ces viandes se caractérise par une pellicule grisâtre, visqueuse,
dégageant une odeur d’ammoniaque.
La putréfaction profonde, due au fait qu’on a salé des viandes qui avaient déjà subi un début de
putréfaction, se décèle par un dégagement d’odeur d’hydrogène sulfuré ou d’ammoniaque au
niveau des masses musculaires profondes situées à proximité des os.
La putréfaction pouvant être dangereuse pour le consommateur entraîne la saisie et la
dénaturation de ces viandes.
Conservation par le fumage
Le fumage ou boucanage des viandes et des poissons est une pratique très ancienne basée sur
l’action conservatrice de substances antiseptiques contenues dans certains bois, dégagées dans
les fumées produites par leur combustion (goudron, acide formique, formol, etc.).
Le fumage est surtout appliqué aux viandes de bœuf, de porc (filet, jambon, lard) et à certaines
volailles : poulets ; oies.
Les viandes fumées présentent une coloration superficielle brun doré. Les muscles apparaissent
rouge-brun à l’extérieur et rouge clair en profondeur. Le fumage entraînant une dessiccation se
traduisant par une diminution de poids de 10 à 30p. 100, la viande apparaît plus sèche, plus
ferme.
Chez le porc la graisse a une couleur très blanche.
Les viandes fumées se conservent 6 mois dans un local sec, bien ventilé. En cas de mauvaises
conditions de conservation, on constate des altérations dues aux moisissures ou à la
putréfaction.
Préparations de charcuterie
Les préparations de charcuterie résultant de la transformation de la viande et des abats de porc
sont extrêmement nombreuses.
Nous ne citons ici que les plus fréquemment rencontrées : les jambons et les saucissons. Les
jambons
On désigne sous le nom de jambons des produits préparés avec une partie du membre postérieur
du porc : la cuisse.
On réserve le nom de jambonneaux à ceux préparés avec l’épaule du porc.
Les jambons, après avoir été parés, salés à sec ou dans une saumure, sont mis à sécher dans des
locaux équipés à cet effet, puis sont soit fumés, ce qui donne les jambons cuits. Les caractères
de ces deux catégories sont donc bien différents.
Les jambons crus de bonne qualité ont une chair rose, plus ou moins pâle, parfois légèrement
irisée, une graisse blanche et une odeur faible et agréable.
Les altérations des jambons sont identiques à celles des produits conservés par le sel :
rancissement et putréfaction.
Les jambons rances se reconnaissent à l’odeur caractéristique de la graisse et à sa coloration
plus ou moins jaune.
Les jambons putréfiés présentent une odeur d’hydrogène sulfuré ou d’ammoniaque des masses
musculaires et de l’os.
On doit retirer de la consommation les jambons putréfiés.
82
Les saucissons
Les saucissons sont des préparations de charcuterie faites à base de viandes hachées ou pilées
de bœuf, de porc, présentées dans des boyaux de porc (côlon).
Certains saucissons sont cuits, d’autres préparés crus après avoir été mis à sécher dans un local
frais et sec spécialement équipé appelé séchoir. La dessiccation assure la conservation
des saucissons crus, en s’opposant à la prolifération des germes microbiens néfastes.
Les saucissons doivent être conservés dans un local frais et sec. Ils sont sujets aux altérations
déjà citées : rancissement et putréfaction.
Les saucissons rances présentent, sur la coupe, les morceaux de gras colorés en jaune et
dégagent l’odeur rance caractéristique.
Les saucissons putréfiés ont souvent été préparés avec des viandes ayant subi déjà un début de
putréfaction. Le saucisson putréfié apparaît mou, recouvert d’un enduit visqueux, grisâtre,
d’odeur forte d’hydrogène sulfure ou d’ammoniaque. Denrées à savoir car dangereuses pour le
consommateur.
V.3.10.2. Les produits surgelés
Les produits surgelés, dont la gamme déjà considérable s’étend rapidement actuellement,
comprennent des produits alimentaires d’origine animale ou végétale, soit simplement parés
(filets de poisson), soit au contraire ayant subi des préparations culinaires parfois complexes
(plats cuisinés) et congelés rapidement à très basse température.
Pour conserver toutes leurs qualités les produits surgelés doivent être impérativement conservés
en provenance sous froid (-10°C à -20°C) jusqu’au moment de leur consommations. Les
magasins de détail qui les commercialisent doivent les présenter dans des vitrines réfrigérées,
munies d’un thermomètre indiquant le température à laquelle elles maintiennent les produits.
V.3.10.3. Les produits emballés sous vide
Depuis quelques années on a vu apparaître un nouveau mode de conditionnement des produits
carnés, viandes découpées et produits de charcuterie, qui a gagné rapidement du terrain dans
les circuits modernes de la distribution au détail.
Le conditionnement de ces produits est réalisé en sachets souples de cellophane-polyéthylène,
sous vide, maintenus sous une réfrigération constante.
Les caractères organoleptiques se conservent mieux que ceux des produits emballés sous des
pellicules souples à la pression atmosphérique normale. Le vide intervient en effet comme
facteur adjuvant du procédé de conservation (froid, dessiccation) du fait qu’il soustrait les
résultant d’oxydations, telles que rancissement des graisses, détérioration de la couleur, etc.
Ces produits emballés sous vide doivent entreposés et mis en vente dans des installations
frigorifiques pouvant maintenir la marchandise à une température de 0 à 2 degrés environ. Dans
ces conditions, la durée pratique de conservation se trouve nettement augmentée par rapport à
celle des produits similaires non conditionnés sous vide.
Une terminologie spéciale définit les différentes catégories d’animaux de cette espèce présentés
à la consommation :
- Le poulet, la poulette, sont les jeunes animaux mâles et femelles de 5 mois au maximum ;
- Le chapon est le mâle castré âgé de 4 à 5 mois ;
- La poularde est la femelle adulte qui a terminé sa carrière de pondeuse (18 mois à 2 ans).
La qualité des volailles varie suivant plusieurs facteurs :
- La race. Certaines races sont spécialisées dans la production de la viande : elles donnent les
« poulets de chair ». un bon poulet de chair, bien engraissé, a une peau fine, des muscles
pectoraux bien développés, les cuisses bien musclées, le poids varie de 1 kg à 1,5 kg pour une
race à viande de format moyen, de souche améliorée (cf. Précis du petit élevage (8)).
D’une façon générale les volailles à peau épaisse, dépourvues de graisse, avec des muscles
nettement saillants, constituent des animaux de consommation assez médiocres. Cependant,
leur saveur convient bien aux populations d’Afrique tropicale qui la préfèrent à celle des
volailles de souches améliorées.
- L’âge. Les caractères décrits ci-dessus correspondent à un poulet de bonne race et d’âge
optimal pour la consommation.
Le poulet trop jeune manque de développement, les muscles pectoraux et ceux de la cuisse sont
insuffisants et le sujet paraît plat, efflanqué.
L’os du bréchet est trop souple dans sa partie postérieure, le bec très souple aussi, sans aucune
fermeté et facile à déformer.
Le mâle trop vieux (coq) se reconnaît au grand développement de la crête, des barbillons, des
ergots.
Les muscles des cuisses sont très développés ; la peau du cou, des cuisses, de couleur rougeâtre
plus ou moins foncée.
Le bec très dur et le bréchet résistant, non dépressible, constituent également des critères d’âge
avancé.
V.[Link]. Inspection des volailles
A côté des volailles de production locale abattues et présentées aussitôt à la consommation, on
trouve aussi des poulets, surtout d’importation, conservés par le froid, réfrigérés ou congelés.
La putréfaction constitue l’altération à rechercher essentiellement dans l’inspection des
volailles.
Pour détecter un début de putréfaction, on écarte du corps les ailes et les cuisses. La peau doit
y apparaître sèche et intacte. Une peau grisâtre, suintante est signe de suspicion, ainsi que
l’odeur qui s’en dégage. On décèle aussi l’odeur de la cavité abdominale par l’orifice qui a servi
à vider la volaille au moment de sa préparation.
Les volailles atteintes de putréfaction sont saisie.
chambre à air. Sa dimension varie suivant l’âge de bœuf, elle permet donc de le dater
approximativement ; elle augmente lorsque l’œuf devient plus vieux
- Le blanc de l’œuf, qui comporte des couches d’albumine épaissie, formant deux cordons en
spirale de couleur blanchâtre nommés chalazes, qu’il importe de ne pas prendre pour des
altérations du blanc de l’œuf ;
- Le jaune, de forme sphérique, de couleur variant du jaune très pâle à l’organe foncé. A la
surface on décèle une petite tache plus claire de 2 mm de diamètre qui est le germe, donnant
l’embryon et ses enveloppes lorsque l’œuf fécondé est couvé ou mis en incubation artificielles.
L’appellation « œufs clairs » désigne des œufs non fécondés.
Les œufs de poule pèsent en moyenne 35 g pour les petites races et 60 g pour les races de grand
format (Sussex, Rhode Island, etc.).
Qualité des œufs Œufs
frais
On appelle œuf frais pondu depuis une date relativement récente et qui n’a subi aucune
conservation. La qualité des œufs frais dépend de la date de la ponte que l’on n’inscrit d’ailleurs,
en principe, jamais sur la coquille.
On détermine donc l’âge approximatif en estimatif en estimant la hauteur de la chambre à air
au moyen du mirage devant une source lumineuse, l’œuf étant tenu le grand axe vertical, le gros
bout en haut.
L’œuf « extra frais » a une chambre de moins de 4 mm de hauteur ; il correspond à une ponte
de 48 heures au plus.
L’œuf « frais » a une chambre d’une hauteur comprise entre 4 et 6 mm, il est vieux de 5 à 6
jours.
Au-delà de 6 mm de hauteur de la chambre à air, l’œuf n’est plus qualifié de frais.
Lorsque l’on casse sur une assiette un œuf « frais » le jaune apparaît ferme, bien globuleux, le
blanc reste rassemblé autour du jaune. Les chalazes, cordons en forme de spirales, sont bien
marquées.
Sur un œuf déjà ancien le blanc est fluide, a tendance à couler, le jaune est affaissé, aplati ; les
chalazes peu visibles.
Un autre mode d’appréciation approximative de fraîcheur des œufs est la flottaison : on plage
les œufs dans une eau salée à 12p. 100.
L’œuf de 1 jour tombe au fond du liquide. L’œuf de 4 jours affleure, en position verticale, à la
surface de l’eau salée, les œufs tendent ensuite à flotter dans une position d’autant plus
horizontale qu’ils sont plus vieux. L’horizontalité totale est atteinte au 15e jour.
Œufs de conserve
Les moyens de conserver les œufs sont multiples : immersion dans du lait de chaux ou des
produits conservateurs divers, ou conservation par le froid.
La réfrigération constitue le moyen de choix car on peut conserver les œufs pendant plusieurs
mois en les maintenant à + 1°C sans qu’ils perdent leurs caractères d’œufs frais. Inspection des
œufs
L’agent d’inspection peut rencontrer les principales altérations suivantes, à l’ouverture des œufs
prélevés sur un contingent à inspecter.
Œufs couvés Les œufs fécondés destinés à la consommation doivent être mis dans un local frais
aussitôt après la ponte.
En effet, à la température extérieure de 33°C, souvent atteinte et même dépassée dans les régions
tropicales, le développement des œufs fécondés commence et se poursuit pendant plusieurs
85
jours. Il s’ensuit une modification de l’odeur et du goût qui les rend impropres à la
consommation.
Œufs à odeur anormale
Les œufs sont produits qui prennent l’odeur des substances placées à leur voisinage : odeur de
poisson, de paille moisie. Ils doivent donc être gardés dans des locaux et du matériel inodores,
donc rigoureusement propres, et placés à l’écart de toute substance odorante.
De plus, certains aliments pour volailles communiquent un goût désagréable aux œufs (farines
de poisson mal déshuilées).
Les œufs à odeur anormale sont à retirer de la consommation.
Œufs atteints de putréfaction
Les œufs ne possèdent pas une coquille imperméable aux germes microbiens. Lorsqu’ils sont
récoltés dans de mauvaises conditions, coquilles souillées par les excréments des pondeuses ou
fêlées au cours des manipulations, les germes de la putréfaction se développent aisément à
l’intérieur.
Au mirage les œufs apparaissent troubles, noirâtres.
A l’ouverture ils laissent échapper des gaz à odeur d’ammoniaque ou d’hydrogène sulfuré
(gaz dont l’odeur est d’ailleurs qualifiée d’odeur « œufs pourris »).
Ces œufs, répugnants et dangereux pour le consommateur, sont à éliminer.
Du point de vue pratique pour effectuer, sur les marchés, l’inspection des œufs en grande
quantité, on utilise la technique du mirage.
Un mireur d’œufs bien entraîné peut examiner des certaines d’œufs à l’heure.
Le mirage permet de reconnaître les œufs de bonne qualité, les œufs clairs ou fécondés et de
déceler les œufs couvés et les œufs pourris.
Ce mirage consiste à placer une forte source lumineuse derrière l’œuf pour l’examiner par
transparence. L’opération doit se faire dans un local sombre, en s’aidant du « mire-œuf », petit
appareil qu’on trouve dans le commerce avicole.
Ainsi examiné, l’œuf ne laisse apparaître que la masse du jaune généralement ombrée et sans
tache.
L’œuf incubé présente un réseau de fins canaux qui sont des vaisseaux sanguins, au cœur
desquels se trouve un embryon plus ou moins volumineux et formant une tache noirâtre.
L’œuf pourri a un aspect rouge sombre homogène dû à la dissolution du jaune dans le blanc.
V.3.12. Inspection du lait et des produits laitiers
V.3.12.1. Définitions
Le lait répond à une définition bien précise du point de vue commercial, suivant les standards
des pays tempérés. En Afrique tropicale il convient de se montrer moins formaliste.
Le lait est le produit intégral de la traite totale et ininterrompue d’une femelle laitière bien
portante, bien nourrie et non surmenée.
Il doit être recueilli proprement et ne pas contenir de colostrum (liquide sécrété par la mamelle
au moment de la mise bas et pendant les 5 ou 6 premiers jours de la lactation, dont la
composition diffère de celle d’un lait normal.
La dénomination commerciale « lait », sans indication d’espèce animale, ne s’applique qu’au
lait de vache. La dénomination des autres laits doit être complétée par le nom de l’espèce
animale productrice, par exemple : lait de chèvre.
La précision de la définition ci-dessus est nécessitée par le fait que la composition, les propriétés
organoleptiques d’un lait varient non seulement suivant l’animal producteur, son âge, son
alimentation, son état de santé, mais aussi suivant le moment et le mode de traité utilisé.
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Parmi la gamme très étendue des produits laitiers, l’agent d’inspection est amené à rencontrer
le plus souvent les produits suivants :
- Lait de vache,
- Crème et beurre,
- Fromages,
- Caillé africain.
V.3.12.2. Le lait de vache
Différentes qualités de lait
Le lait de vache se commercialise sous plusieurs formes, dont certaines constituent des
importations considérables pour les pays tropicaux. Lait frais
On appelle lait frais, le lait en nature, tel qu’il est produit par la vache et qui n’a subi aucun
mode de conservation.
Le lait frais se présente sous la forme d’un liquide blanc, opaque, pratiquement sans odeur et
d’une saveur très légèrement, due à la présence d’un sucre : le lactose, à la dose de 50 g par litre.
Jusqu’à une époque relativement récente, le lait frais de vache se rencontrait presque
uniquement dans le commerce traditionnel où on le vendait, par petites mesures, sur les marchés
des régions de production.
Actuellement, des centres d’élevage administratifs, des élevages particuliers fournissent aux
grands centres voisins une certaine quantité de lait frais conservé par réfrigération ou même par
pasteurisation.
L’agent d’inspection doit savoir que :
- Le lait est un produit extrêmement fragile, qui s’altère rapidement : on dit que le lait «
tourne », surtout par des temps chauds et orageux.
- Le lait constitue un milieu de prolifération excellent pour des très nombreux germes
microbiens dangereux pour l’homme. Ces germes peuvent être d’origine endogène, mammaire,
la contamination provenant alors d’une vache malade : tuberculose, brucellose, salmonellose,
affections à streptocoques ou à staphylocoques, ou encore d’origine exogène, la contamination
d’un lait sain ayant lieu au moment de la traite ou par la suite, en raison de manipulations
insalubres : fièvre typhoïde, diphtérie, etc.
Lait pasteurisé
On appelle lait pasteurisé un produit qui a subi un traitement par la chaleur pour en assurer la
conservation.
La pasteurisation a pour but de détruire les microbes du lait, pathogènes pour l’homme, sans
modifier de façon sensible les propriétés physiques, chimiques et organoleptiques du produit
frais.
La pasteurisation consiste à chauffer le lait à 820C pendant un temps très court de 15 secondes,
et aussitôt à le refroidir brusquement à 5°C. il est mis alors en bouteilles de verre stérilisées par
le chaleur hermétiquement closes, conservées dans un local frais à environ 5°C. Dans ces
conditions, les germes banaux de fermentation, de putréfaction ne peuvent se développer.
Ce produit bien entreposé ne présente, en principe, pas d’altération.
Lait en poudre
Le lait en poudre est le produit obtenu par la dessiccation par la chaleur du lait de vache. Il est
présenté en boîtes métalliques ou en emballages carton, sous forme d’une poudre très fine ou
de granulés de teinte légèrement jaune, complètement solubles dans l’eau froide ou chaude. On
trouve dans le commerce trois types de lait en poudres :
- Lait en poudre entier, renfermant 24p. 100 de matière grasse, - Lait en poudre
semi-écrémé, renfermant 12p. 100 de matière grasse.
- Lait en poudre écrémé, sans matière grasse.
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Remarquons que ces normes s’appliquent à des laits renfermant entre 35 et 40p. 1000 de matière
grasse ; or le lait des vaches des pays tropicaux a normalement une densité légèrement plus
faible puisqu’il est particulièrement riche en matière grasse : 60p. 1000 et parfois même
davantage.
L’écrémage consiste à enlever une partie des matières grasses, ce qui diminue la valeur nutritive
du produit, et, par conséquent, sa valeur commerciale.
L’écrémage se décèle par la variation de densité qu’il entraîne, mais surtout par la détermination
du taux de matière grasse (on dit du taux butyreux) effectuée dans des laboratoires spécialement
équipés.
Enfin, la plupart des Etats proscrivent formellement l’addition de toute substance chimique au
lait dans le but d’assurer sa conservation (bicarbonate de soude par exemple).
V.3.12.3. Les produits laitiers
La crème
Lorsque du lait frais est laissé au repos dans un récipient, les globules de graisse qu’il contient,
dont la densité est inférieure à celle de l’eau, se rassemblent à la partie supérieure et constituent
la crème.
Industriellement on utilise des centrifugeuses (écrémeuses) pour séparer la crème du lait. Le
sous-produit de cet écrémage se nomme le lait écrémé.
La crème se présente sous forme d’un liquide plus ou moins visqueux parfois presque solide,
de couleur blanche ou très légèrement jaune, d’odeur faible. Sa densité varie de 0,95 à 0,98. De
même que le lait, la crème peut être polluée par de nombreux germes microbiens. La crème se
conserve par réfrigération ou encore par pasteurisation
Le beurre
Le beurre provient de la crème qui subit une fermentation lactique et qui est ensuite agitée,
travaillée dans un instrument appelé baratte : les globules de crème s’agglomèrent entre eux et
forment le beurre.
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De même que le lait et la crème, le beurre peut contenir des germes microbiens pathogènes.
Aussi on le fabrique surtout avec de la crème pasteurisée, ce qui assure une bien meilleure
conservation.
Le beurre se conserve dans des locaux réfrigérés aux environs de 0°C.
Les altérations du beurre consistent en rancissement ou en saveur et odeur anormales, dues soit
à certains aliments que reçoivent les vaches laitières, soit à des substances à odeur forte (le
poisson par exemple) entreposées dans les magasins, à proximité du beurre.
Les beurres rances ou à odeur et saveur anormales sont à retirer de la consommation. L’addition
de substances chimiques est interdite.
Par exception, on autorise l’addition, soit de certains colorants végétaux, pour teinter
légèrement en jaune les beurres trop pâles, soit de sel de cuisine, dont la présence doit être
mentionnée sur les emballages.
Le beurre salé renferme 10p. 100 au maximum de sel de cuisine.
Le beurre demi-sel renferme 5p. 100 au maximum de sel de cuisine.
Les fromages
Sous l’action de la présure, diastase sécrétée par la muqueuse interne de la caillette des jeunes
ruminants et aussi par certains microbes, le lait se prend en masse, on dit qu’il caille. Le lait
caillé, égoutté, soumis à la fermentation de certains champignons microscopiques, donne les
fromages dont il existe des certaines de variétés, préparées à partir du lait de vache, de chèvre
ou de brebis. Le liquide obtenu à l’égouttage se nomme le lactosérum ou petit lait. On peut
l’utiliser pour la nourriture des porcs.
Les fromages sont des produits à conserver à basse température, en locaux réfrigérés, surtout
dans les pays tropicaux, sinon ils deviennent le siège de fermentations intenses qui altèrent leurs
propriétés organoleptiques très rapidement.
Les fromages ayant subi une fermentation excessive dégagent une odeur d’ammoniaque très
prononcée, désagréable. Ils peuvent également se putréfier. Tous ces produits altérés sont à
retirer de la consommation.
A l’ouverture de la cavité abdominale, l’intestin du poisson frais se remarque par son aspect
brillant, nacré, son odeur de marée, chez les poissons de mer.
Sur un poisson altéré l’intestin apparaît rougeâtre, gonflé par suite du dégagement de gaz, avec
présence d’un liquide roux plus ou moins abondant dans la cavité abdominale.
Enfin, il se dégage une odeur très désagréable, parfois putride, de la cavité abdominale. Ce
caractère reste toujours le plus significatif. Etude des commémoratifs
L’agent d’inspection doit toujours recueillir et estimer la valeur d’un certain nombre de
renseignements se rapportant au poisson à l’état frais qu’il est chargé d’examiner.
Ces renseignements portent sur le lieu de la pêche, la technique de pêche, le conditionnement.
Le lieu de pêche : les poissons pêchés sur les fonds vaseux ou dans des eaux stagnantes, à
proximité de sources de pollution, se putréfient avec une grande rapidité, surtout par un temps
chaud et orageux. Quelques heures seulement suffisent pour que cette altération débute. La
technique de pêche : les poissons pêchés à la ligne et sortis immédiatement de l’eau se
conservent bien. Ceux pêchés à la ligne, mais laissés plusieurs heures dans l’eau, avant d’être
relevés, accrochés aux hameçons, s’altèrent rapidement car leurs chairs s’imbibent d’eau, ils
sortent gonflés, ramollis.
Les poissons pêchés à la traîne, se trouvant au fond du filet traînant sur le fond de la mer, sont
à coup sûr contusionnés, déchirés, et de ce fait se conservent très mal.
Le conditionnement : le poisson doit être conditionné dans des emballages de faible
contenance, caissettes, paniers, de 20 kg de poisson au maximum. Dans les emballages de
grande contenance les poissons placés au fond sont écrasés par le poids des autres er se
putréfient rapidement. A plus forte raison on ne doit jamais tasser le poisson dans ces récipients,
mais l’y déposer avec un minimum de précaution.
En conséquence l’agent inspection ne devra pas se contenter d’examiner seulement le poisson
placé sur le dessus des récipients, mais la totalité du contenu des cassettes ou des paniers.
Inspection des poissons conservés
Le poison conservé se présente à l’agent d’inspection sous de nombreuses formes. Poisson
séché
Le séchage s’applique aussi bien au poisson de mer qu’au poisson d’eau douce, tel celui pêché
en grande quantité dans le delta central du Niger, au Mali, et exporté vers les Etats voisins. Le
poisson séché se trouve souvent altéré par la présence de nombreuses larves d’insectes tels les
dermestes.
Poisson fumé
Le fumage intéresse de nombreuses espèces : hareng, anguille, sprat, sardine, congre, etc. ; dans
certains Etats côtiers du golfe de Guinée il est utilisé pour conserver un tonnage important de
poisson de mer. Poisson conservé par la chaleur
L’inspection de ces produits se pratique suivant la technique exposée pour les viandes
conservées par la chaleur (page 100) en notant que les intoxications provoquées par la
consommation de conserves de poissons avariés sont particulièrement graves. Poisson
conservé par le froid La conservation des poissons par le froid s’effectue soit par réfrigération,
soit par congélation. En règle générale, la conservation par le froid doit être mise en œuvre
aussitôt que possible après la pêche. La chair du poisson commence à s’altérer très vite : la
contamination microbienne se fait par les ouïes, le tube digestif et les lésions de la peau.
Réfrigération
Les poissons réfrigérés, entreposés dans des locaux maintenus à une température voisine de
+4°C, se conservent une quinzaine de jours à condition de ne subir aucune interruption dans la
réfrigération. Congélation
La congélation du poisson doit être totale et appliquée aussitôt que possible après la pêche :
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les poissons sont placés soit dans un courant d’air froid à – 400C, soit dans une saumure à –
20°C.
Certains bateaux de pêche ont des équipements frigorigènes permettant d’effectuer à bord la
congélation du poisson immédiatement à la sorte de l’eau.
Le poisson congelé, entreposé à la température de – 15°C, se conserve pendant plusieurs mois.
En matière d’inspection, il faut retenir que le poisson congelé correctement conserve à la
décongélation, qui doit se faire uniquement au moment de la consommation, les caractères qu’il
possédait à l’état frais.
La seule différence consiste en l’opacification irréversible du globe oculaire ; de plus, le globe
oculaire éclate en raison de la solidification des milieux aqueux de l’œil.
L’agent d’inspection doit donc considérer ces modifications de l’œil comme parfaitement
normales.
Inspection des poissons vénéneux ou venimeux
Il existe plusieurs espèces de poissons, en particulier dans les mers tropicales, qui sont
dangereux à plusieurs titres.
Les poissons venimeux possèdent sur le corps des épines ou des aiguillons avec lesquels ils
inoculent un venin plus ou moins dangereux pour les personnes qui les manipulent.
Ces poissons, une fois les épines enlevées, sont en général parfaitement consommables (vive,
raie, etc.).
Les poissons vénéneux, au contraire, renferment dans les organes des substances toxiques
extrêmement redoutables, qui provoquent des intoxications parfois mortelles.
Intoxications du type « Tétrodon »
La famille des Tétrodontidés comprend un poisson bien connu dans le golfe de Guinée :
Hemiconiatus guttifer, encore appelé poisson lapin en raison de l’aspect de sa dentition,
caractérisée par le développement considérable des dents centrales des deux mâchoires. Les
viscères, et en particulier les ovaires et les œufs, provoquent des intoxications mortelles. Dans
certains Etats côtiers la législation sanitaire prescrit de rejeter à la mer ces poissons dès qu’ils
sont pêchés. Ceux qui auraient échappé à cette mesure doivent être saisis sur les marchés et
détruis.
Intoxications du type « scombroïde »
Elles sont provoquées par la chair de certains poissons de l’ordre des scombriformes : le thon.
La présence d’un poison violent, l’histamine, dans la chair de certains thons détermine des
accidents allergiques tels que crises d’urticaire, étourdissements, etc.
LES CRUSTACES
Les principaux crustacés rencontrés sur les marchés par l’agent d’inspection sont : le homard,
la langouste, les crevettes, les écrevisses, les langoustines, les crabes, etc.
Les crustacés constituent des aliments, en général d’une grande valeur commerciale, aussi il
convient qu’ils ne soient vendus qu’en parfait état, d’autant plus que l’altération de leur chair
peut aussi provoquer des troubles graves chez les consommateurs.
Les crustacés frais ont une carapace légèrement humide, luisante, les appendices solidement
attachés au corps. L’abdomen apparaît tendu, ferme. L’odeur est agréable.
Les crustacés avariés, en début de putréfaction, o nt une carapace gluante ; les appendices se
détachent très facilement du corps. Si on tient, par exemple, une langouste par le céphalothorax,
la queue et les pattes pendent flasques.
En pressant sur la membrane thoraco-abdominale, qui relie l’extrémité postérieure du thorax au
premier segment de l’abdomen, on la rompt facilement et il s’en écoule un liquide grumeleux,
d’odeur putride provenant de la liquéfaction partielle des organes sous l’action des germes de
putréfaction.
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Lorsque l’on dispose d’une estampille rouleau on trace les bandes encrées non pas au hasard,
mais de façon à ce qu’après le découpage des carcasses, suivant les techniques habituelles, les
morceaux essentiels conservent la trace de l’estampillage.
Estampillage différentiel
En général l’estampillage sert uniquement à attester que les viandes sont reconnues propres à la
consommation, sans marquer aucune différence en ce qui concerne la qualité des carcasses ou
la provenance des bêtes de boucherie.
Le problème se pose de façon différente lorsqu’apparaît sur les marchés du bétail de qualité
nettement supérieure à la qualité moyenne du cheptel élevé sur le mode traditionnel. Il s’agit du
bétail bovin, produits dans des ranches d’élevage ou des stations d’embouche, dont la viande
doit être vendue à un prix supérieur.
Il importe donc, au moment du marquage des viandes, d’utiliser des estampillages de formes
diverses ou des encres de couleurs différentes pour éviter les fraudes par substitution au stade
de la vente au détail.
Consigne
D’une façon générale, consigner une marchandise c’est l’entreposer, sous la surveillance d’une
autorité, dans un local duquel le propriétaire ne peut la faire sortir, en disposer, sans
l’autorisation de cette autorité.
L’agent d’inspection peut, pour plusieurs raisons, mettre en consigne des produits alimentaires
d’origine animale par exemple :
- Lorsqu’un examen effectué très tôt après l’abattage fait soupçonner une altération, on
peut consigner la viande pendant 12 ou 24 heures pour laisser le temps aux lésions d’apparaître
dans toute leur netteté (exemple : viandes provenant d’animaux accidentés;
- Lorsque l’agent d’inspection ne dispose pas lui-même du pouvoir de saisir les produits
à retirer de la consommation, il les consigne dans l’attente de l’intervention de l’inspecteur sous
l’autorité de qui il opère.
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Du point de vue pratique, on consigne les produits dans un local fermant à clé, dans lequel ils
ne peuvent s’altérer, donc réfrigéré. On ne peut en conséquence consigner des viandes dans un
petit abattoir ne possédant pas de chambre froide.
Saisie
Définition
La saisie est l’opération par laquelle les produits alimentaires jugés impropres à la
consommation sont soustraits au propriétaire et confisqués par mesure administrative d’intérêt
public.
Les produits impropres à la consommation sont soit dangereux pour la santé publique, soit sans
danger pour le consommateur, mais d’une composition chimique telle qu’ils ont une valeur
alimentaire pratiquement nulle ; la vente de tels « aliment » constitue alors une tromperie de la
part du commerçant vis-à-vis du client.
Pour qu’elle protège efficacement le consommateur d’une part, et que d’autre part, elle ne
dépossède pas arbitrairement les propriétaires des produits confisqués de leurs biens, la saisie
doit s’appuyer sur des bases légales bien codifiées dans une législation aussi précise que
possible particulière à chaque Etat. Modalité de la saisie
L’exécution d’une saisie comprend :
- Le prononcé de la saisie,
- La confiscation des produits saisis,
- La dénaturation et la destruction des produits saisis.
Le prononcé de la saisie
La façon de prononcer la saisie doit respecter plusieurs impératifs :
- La saisie se prononce en présence du propriétaire des produits, par exemple le boucher
ou son représentant, qui a le droit d’être averti de la décision dès l’instant où elle est prise afin
de sauvegarder son intérêt ;
- La saisie se prononce avec précision, en délimitant l’importance des produits saisis :
organes, parties de carcasses, caisses de poisson, lot de conserves, etc., et en précisant le motif
en termes son scientifiques, mais au contraire suffisamment simples et habituels pour être
compris du propriétaire. Un propriétaire d’admet pas en effet une saisie dont il n’est pas à même
de comprendre le motif ;
- La saisie est irrévocable, par conséquent l’agent d’inspection ne doit pas la prononcer à
la légère, mais après mûre réflexion. Le fait de revenir sur une saisi discrédite sûrement l’agent
s’il cède aux sollicitations du propriétaire ;
La confiscation des produits saisis
En ce qui concerne plus particulièrement les viandes de boucherie, deux cas se présentent :
- Les saisies partielles,
- Les saisies totales
Les saisies partielles portent sur une partie de la carcasse ou sur un ou plusieurs abats ou issues.
La partie restante de l’animal de boucherie est donc parfaitement consommable et ne doit en
conséquence subir aucune pénalisation, telle qu’un déclassement du fait de la saisie partielle.
En cas de saisie partielle de la carcasse l’agent d’inspection délimite avec précision, en présence
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du boucher, la partie à saisir à l’aide d’entailles faites au couteau. Le boucher ou son aide doit,
sur le champ, détacher la partie ainsi délimitée.
En cas de saisie partielle portant sur les abats, on saisit le plus souvent la pièce en entier ou on
pratique une excision de la région altérée : exemple, en cas de congestion localisée.
Les saisies totales portent par définition sur l’ensemble des quatre quartiers et des abats. A ce
sujet, l’agent d’inspection se doit de combattre l’habitude répréhensible de soustraire à son
examen certains viscères abdominaux qui risquent ainsi d’échapper à la saisie totale.
Les issues non consommables peuvent être laissées au boucher en vue d’un usage industriel,
sauf dans le cas précis de certaines maladies infectieuses, dangereuses pour l’homme par
inoculation au cours des manipulations (charbon bactéridien et tétanos). Dans ce cas, la
destruction des issues est ordonnée.
La dénaturation et la destruction des produits saisis
Les produits saisis doivent être immédiatement soustraits de la portée du propriétaire et
dénaturés aussi vite que possible.
La dénaturation a pour but de rendre les produits flanchement répugnants de façon à ce qu’aucun
consommateur ne soit tenté de les consommer.
Pour les viandes, prises au sens large du terme, les produits de l’aviculture ou de la pêche, la
dénaturation peut se faire :
- Soit en imbibant largement avec du pétrole, du crésyl en solution dans l’eau à 5p. 100, de
l’huile de vidange de moteur,
- Soit en saupoudrant avec du sable fin.
Dans les deux cas on prend la précaution de taillader abondamment au couteau les grosses
pièces pour permettre une pénétration poussée des produits dénaturants.
Après dénaturation, on procède à l’enfouissement dans le sol si les installations de l’abattoir, du
marché ne permettent pas d’autres solutions. Dans le cas de viandes charbonneuses, on doit
prendre des précautions spéciales : ces viandes sont enfouies profondément dans un lit de chaux
vive le recouvrant de toute part, au fond d’un trou suffisamment profond pour que le cadavre
soit recouvert d’au moins 1,50 m de terre.
Dans les abattoirs modernes on procède à l’incinération des viandes saisies dans des fours à
incinérer fonctionnant au gaz ou au mazout et évitant le dégagement des odeurs désagréables.
Pour les boîtes de conserve saisies, on procède à leur ouverture en les perçant avec un poinçon
et à leur désagréables.
V.4.2. OPERATIONS ADMINISTRATIVES DE L’INSPECTION DES ALIMENTS
D’ORIGINE ANIMALE
Les services chargés de l’inspection des aliments d’origine animale sont amenés à effectuer de
façon permanente les opérations administratives suivantes, en particulier en ce qui concerne les
viandes de boucherie :
- Tenue de registres d’abattoir,
- Rédaction de rapports,
- Délivrance ou réception de document
Un agent d’inspection peut être affecté à la tenue de ces documents, les rédiger ou participer à
leur élaboration.
V.4.2.1. Tenue des registres
Registre des abattages
Cette pièce, très importante, permet de juger de l’activité d’un centre d’abattage et d’établir les
statistiques indispensables à la rédaction des rapports concernant la commercialisation des
produits d’origine animale.
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Le registre est tenu chaque jour, les abattages étant enregistrés par ordre chronologique.
Il mentionne :
- la date des abattages, - le nom du boucher,
- l’espèce et le nombre des animaux abattus de chaque
espèce.
A la fin de chaque journée de travail, on effectue les totaux des abattages, qui serviront
ultérieurement à l’établissement des statistiques.
Registre des saisies
Ce registre regroupe tous les renseignements relatifs aux saisies. Il est tenu également au jour
le jour.
Ce registre mentionne :
- La date des saisies,
- Le nom du boucher,
- L’espèce animale,
- La nature et le poids des saisies,
- Le motif des saisies,
- Le numéro du certificat de saisie délivré,
- Le numéro de déclaration des malades légalement contagieuses (éventuellement).
Registre de réception des produits
Les viandes foraines fraîches ou frigorifiées et les autres aliments d’origine animale
d’importation sont reçus dans des abattoirs, des marchés, des entrepôts, frigorifiques où ils
subissent une inspection sanitaire et de salubrité, à l’issue de laquelle on les inscrit sur un
registre.
Ce document mentionne :
- La date de la réception,
- Le nom de l’expéditeur,
- Le lieu de provenance,
- Le numéro du certificat d’origine et de salubrité, - La nature du produit,
- Les quantités (poids ou nombre de pièces),
- Les saisies effectuées (éventuellement) : nature, quantité et motif.
Certificats de saisie
Le propriétaire d’un produit alimentaire saisi peut demander à recevoir un certificat de saisi lui
permettant, dans certains cas, d’obtenir de son vendeur le remboursement de la totalité ou d’une
partie de la valeur de la saisie.
Pour être utilisable, ce certificat doit comporter : -
La date de la saisie,
- Le nom du propriétaire du produit,
- La nature du produit,
- La nature de la saisie, la quantité (poids, nombre de pièces),
- Le motif de la saisie,
- La destination réservée aux produits saisis.
Dans le cas de saisies importantes portant sur des viandes de grands animaux (bovins) on pourra
établir un signalement sommaire de l’animal abattu.
V.4.2.4. Certificat d’origine et de visite de produits destinés à l’expédition
Les produits alimentaires d’origine animale (viandes foraines en particulier) voyagent
accompagnés d’un certificat d’origine et de visite qui mentionne :
- L’origine,
- La nature des produits,
- La quantité (poids ou nombre de pièces),
- Le fait qu’ils ont subi une inspection sanitaire et de salubrité à la suite de laquelle
ils ont été reconnus propres à la consommation.
L’agent d’inspection, régulièrement assermenté, est de plus amené à dresser procès-verbal, le
cas échéant, pour toutes les infractions aux dispositions des textes réglementant l’inspection
sanitaire et de salubrité des produits alimentaires d’origine animale. Les documents reçus et
conservés sont :
- Les laissez-passer sanitaires accompagnant les animaux sur pied dirigés vers un
abattoir, - Les certificats d’origine et de visite des produits reçus (importation ou
production nationale).
A ce sujet, nous avons déjà insisté sur le fait qu’en matière d’inspection, l’arbitraire ne devait
jouer en aucune façon : aucune saisie ne doit être tolérée si elle ne se justifie pas de façon
précise.
V.5.2. Nature de la législation
Les Etats d’Afrique tropicale francophone et de Madagascar possèdent tous une législation
propre adaptée aux conditions locales.
Ces diverses législations présentent entre elles de nombreux points de ressemblance
puisqu’elles dérivent directement de la législation française en cette matière. Nous donnons en
annexe un modèle de textes législatifs en vigueur en République de la Côte d’Ivoire et un
modèle de texte réglementaire s’appliquant à l’abattoir frigorifique de Niamey en République
du Niger.
V.5.3. Application de la législation
Il importe enfin de préciser l’esprit dans lequel il doit être fait application de ces textes. Ces
textes en vigueur dans les Etats d’Afrique francophone et de Madagascar, calqués sur ceux
d’un pays de zone tempérée ainsi que nous venons de le voir, doivent être interprétés avec un
esprit particulier en raison des conditions locales.
En particulier, il convient de rappeler au lecteur le fait, précédemment exposé, que la pénurie
de viandes en Afrique tropicale exige une attitude différente à l’égard de tout produit insuffisant
qui n’est ni toxique, ni malsain. Une large tolérance est de rigueur d’autant plus que les goûts
et les coutumes des populations locales ne s’opposent pas forcément à la consommation de ces
produits. Si on appliquant à la lettre ce qui est inscrit dans les textes on arriverait à certaines
saisons, dans certaines régions, à des taux de saisie des carcasses tels qu’ils interdiraient tout
commerce licite de la viande.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
0. LANOIX J.M., ROY M.L., 1976 Manuel du technicien sanitaire, OMS, GENEVE
193P
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2. COMBENEGRE JP, 1995, Les signes de la qualité des produits agro-alimentaires,
[Link]., 127 pages.
3. MULTON JL, La qualité des produits alimentaires, Tec&Doced. 754 pages.
4. CLUTTEY ST., 1985 Manual for the slaughter of small ruminants in developing
countries Rome: FAO.-310p.
5. AFNOR (2008), Hygiène des aliments : glossaire, 23 p.
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[Link]