REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, SECONDAIRE ET TECHNIQUE
ECOLE CONVENTIONNEE CATHOLIQUE
B.P: 1612
COLLEGE ALFAJIRI
SYLLABUS DE FRANCAIS :
La Littérature Négro-africaine
Fait par :
GWABALUKA BAGAYAMUKWE
Classe :
4è Sc/B
I. Vie et œuvres de l’auteur : Claude McKay
Claude McKay (1889-1948) est un écrivain noir originaire de la Jamaïque, issu d’un
milieu rural modeste. Très attaché à ses origines africaines et antillaises, il quitte tôt son
pays natal pour parcourir le monde, notamment les États-Unis et l’Europe. Pour
subvenir à ses besoins, il exerce de nombreux métiers tout en poursuivant sa formation
intellectuelle. Cette vie d’errance et de travail forge chez lui une conscience aiguë des
injustices sociales et raciales.
Claude McKay est l’une des figures majeures de la Harlem Renaissance, mouvement
culturel et littéraire noir né aux États-Unis au début du XXᵉ siècle. Ce mouvement vise à
affirmer l’identité noire, à valoriser la culture afro-descendante et à dénoncer le racisme
et la ségrégation.
L’œuvre de McKay reflète les grands drames vécus par les peuples noirs : l’esclavage, la
colonisation, la misère sociale, l’exil et la quête de dignité. Il s’exprime aussi bien par la
poésie que par le roman.
Parmi ses œuvres les plus importantes, on peut citer :
• en poésie : Songs of Jamaica, Harlem Shadows
• en prose romanesque : Home to Harlem, Banjo
Par sa critique ouverte du racisme et de l’assimilation aveugle, Claude McKay défend
l’idée d’une renaissance noire fondée sur la connaissance et l’acceptation des racines
africaines. Son œuvre influencera profondément des écrivains comme Langston
Hughes et Richard Wright et contribuera à préparer le terrain idéologique de la
négritude, avant même que celle-ci ne soit théorisée par Césaire, Senghor et Damas.
II. Compréhension du texte : Questions et réponses
1. Quelle réflexion vous inspire la conversation qui a trait aux Sénégalais ?
La conversation met en évidence une profonde division au sein du monde noir.
L’étudiant martiniquais exprime un mépris injustifié envers les Africains, qu’il désigne de
manière réductrice sous le terme de « Sénégalais ». Il les considère comme
responsables du mauvais traitement réservé aux Noirs par les Blancs. Cette attitude
révèle une aliénation culturelle, car il adopte le regard du colonisateur et rejette une
partie de son propre peuple. À travers cette scène, le texte dénonce clairement le
racisme interne et la hiérarchisation entre Noirs.
2. Expliquez la thèse de Ray.
Ray défend l’idée que la renaissance de la race noire ne peut être authentique et
durable que si elle repose sur ses racines profondes. Selon lui, il est impossible
d’ignorer les Africains ou de renier le passé de l’esclavage. Il insiste sur le rôle
fondamental du prolétariat noir, qu’il considère comme la véritable force de toute
civilisation, puisqu’il en fournit « l’os, le muscle et le sel ». Ray affirme également que les
Noirs sont encore des débutants dans la vie moderne et que seule une renaissance
solidement enracinée dans leur histoire et leur peuple pourra être véritable.
3. Qu’est-ce qui divise les personnages ?
Les personnages sont divisés par leur conception de la renaissance de la race noire.
L’étudiant martiniquais affirme y croire, mais refuse tout retour aux racines africaines,
qu’il assimile à un retour à l’état sauvage. Ray, au contraire, soutient que plonger dans
les profondeurs du peuple noir n’est pas une régression, mais une démarche culturelle
essentielle. Le conflit oppose ainsi une vision assimilatrice, influencée par les valeurs
occidentales, à une vision identitaire fondée sur l’enracinement et la fidélité à son
peuple.
4. Que faut-il reprocher à l’éducation qui était imposée à l’époque ?
Ray reproche à l’éducation coloniale d’être une éducation conçue selon le modèle de
l’homme blanc. Elle repose sur une histoire écrite par les colonisateurs et chargée de
préjugés. Cette éducation apprend aux Noirs à mépriser leur propre peuple et à admirer
les conquérants blancs. Elle produit des intellectuels déracinés, convaincus de leur
valeur, mais brutalement confrontés au rejet racial. Malgré leurs talents et leur culture,
ils restent enfermés dans la catégorie de « couleur », ce qui engendre frustration,
amertume et perte d’identité.
5. À quoi faut-il qu’on revienne finalement ?
Le texte affirme qu’il est nécessaire de revenir aux profondeurs du peuple noir. Selon
Ray, les Noirs instruits ne pourront se retrouver qu’en renouant avec leur communauté,
leur histoire et leurs racines culturelles. Ce retour n’est pas un rejet de la modernité,
mais une réconciliation avec soi-même, condition indispensable à la dignité, à l’unité et
à la véritable renaissance de la race noire.
III. Approche stylistique du texte
Sur le plan stylistique, le texte repose essentiellement sur la forme dialoguée, qui lui
donne un caractère vivant et concret. Le dialogue permet à Claude McKay de confronter
directement deux visions opposées de l’identité noire : celle d’un intellectuel influencé
par l’éducation coloniale et celle de Ray, porteur d’une pensée critique et engagée.
Cette confrontation rend le message plus fort, car les idées sont mises en débat plutôt
que simplement exposées.
Le ton du texte est sérieux, engagé et parfois polémique. À travers les paroles de Ray,
l’auteur dénonce avec vigueur le racisme, la ségrégation et surtout les divisions internes
au monde noir. Le ton devient accusateur lorsque Ray reproche aux Noirs instruits de
mépriser leur propre peuple, ce qui traduit l’urgence et la profondeur du combat pour la
dignité et la reconnaissance.
Les figures de style renforcent la force expressive du texte. Les antithèses opposent le
monde blanc au monde noir, la surface aux profondeurs, la civilisation apparente aux
racines authentiques. Les métaphores, notamment celle du « plongeon jusqu’aux
racines de notre race », suggèrent un effort profond et courageux pour retrouver une
identité véritable. L’image du monde blanc « froid, dur et blanc comme la pierre »
évoque une civilisation rigide et inhumaine.
Le champ lexical de la race, du peuple, du travail et de l’oppression domine l’ensemble
du texte. Des mots comme « race », « peuple », « prolétariat », « esclaves » ou « couleur »
rappellent sans cesse la dimension historique et sociale de la condition noire.
IV. Approche grammaticale du texte
D’un point de vue grammatical, le texte se caractérise par l’emploi fréquent du présent
de vérité générale, particulièrement dans les interventions de Ray. Ce temps verbal
donne à son discours une portée universelle, comme s’il énonçait des vérités valables
en tout temps.
Les phrases sont souvent longues et complexes, composées de propositions
juxtaposées ou subordonnées. Cette construction syntaxique traduit la densité de la
réflexion et permet de développer des arguments riches et nuancés. Elle contraste avec
les phrases plus brèves de l’étudiant martiniquais, qui révèlent son hésitation et la
faiblesse de son raisonnement.
L’usage des pronoms personnels est également significatif. Le pronom « vous » permet à
Ray d’interpeller directement son interlocuteur, rendant son discours plus accusateur et
plus convaincant, tandis que le pronom « nous » instaure une dimension collective et
appelle à l’unité du peuple noir.
Enfin, le recours fréquent à des phrases déclaratives affirmatives renforce la certitude
du discours de Ray et donne à son argumentation une forte puissance persuasive.