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Cours INE

Le document aborde les enjeux de la pollution de l'eau et son impact sur la santé et l'environnement, en mettant en lumière les sources de contamination, notamment industrielles et agricoles. Il souligne l'importance d'une gestion adéquate des déchets et des ressources en eau pour prévenir les risques sanitaires et environnementaux. La pollution chimique, en particulier, représente une menace croissante pour la qualité de l'eau potable et la biodiversité.

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Cours INE

Le document aborde les enjeux de la pollution de l'eau et son impact sur la santé et l'environnement, en mettant en lumière les sources de contamination, notamment industrielles et agricoles. Il souligne l'importance d'une gestion adéquate des déchets et des ressources en eau pour prévenir les risques sanitaires et environnementaux. La pollution chimique, en particulier, représente une menace croissante pour la qualité de l'eau potable et la biodiversité.

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INSTITUT NATIONAL DE L’EAU

CONTAMINANTS EAU, SANTE ET SOCIETE

Dr Flore DOVONOU MEHINTO


Maître-Assistant (CAMES)
Tél : 97287076

Année académique 2024-2025


Sommaire
Introduction
1-Clarification des concepts
2-Sources de pollution en ville comme à la campagne
3-Mauvaise gestion des déchets
4-Pollution chimique : un enjeu sanitaire et environnemental
5-Usages, dégradation et écotoxicité des pesticides
6-Natures et usages des autres substances dangereuses pour l’environnement
7-Principaux polluants métalliques
8-Quelques mesures de gestion et de prévention des contaminations en mettant en
lumière les défis et les opportunités associés à leur contrôle
Conclusion
Bibliographie

Introduction

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La question environnementale constitue l’un des défis majeurs des dernières décennies
(Sow, 1990). La préservation de l’environnement est aujourd’hui au centre des
rencontres internationales dans le monde. Les relations entre salubrité et santé humaine
sont réaffirmées comme facteur important de développement en raison des nombreux
enjeux de l’hygiène et de l’assainissement (sanitaire, environnementaux, socio-
économiques) et de son poids sur la santé humaine (Haman, 2000).
Selon la Banque Mondiale (1993), dans les pays en développement, 30 % de
l'ensemble des maladies sont dues à des pratiques à risques en matière d'hygiène. A
l'intérieur de ce groupe, 75 % de toutes les pertes d'années de vie sont dues à l'absence
d'un approvisionnement en eau potable, au manque d'assainissement adéquat et à la
prévalence de comportements à risques en matière d'hygiène (UNICEF, 1998). Selon
l'Organisation Mondiale de la Santé dans le 1 er article de la constitution de 1946, « la
santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et pas seulement
l'absence de maladie ou d'infirmité ». Le problème de la dégradation de
l'environnement dans les sociétés actuelles prend de plus en plus d'ampleur (Niamké,).
L’eau est la plus vitale des ressources naturelles; elle rend la vie possible, soutient les
écosystèmes et les entreprises de l'homme. L'eau est donc à la fois une ressource
stratégique et l'élément fondamental nécessaire à une économie saine. La qualité de
l'eau est un paramètre important qui touche à tous les aspects du bien-être des
écosystèmes et de l'homme tels que la santé d'une communauté. La pollution de l’eau
est un problème environnemental très grave qui est toute la modification chimique,
physique ou biologique de la qualité de l'eau qui a un effet nocif sur les êtres vivants la
consommant. Dans les pays développés et ceux en voie de développement, la qualité
de cet élément vital est en détériorations à cause des déchets des industries chimiques
déversés dans la nature.
Parmi les matières qui représentent un risque potentiel pour la nature, figure les
métaux lourds, qui sont des micropolluants de nature à entrainer des nuisances même
lorsqu’ils sont rejetés en quantités très faibles, car leur toxicité se développe par
bioaccumulation. (Ferhat, 2012). Les métaux lourds qui entrent dans l'environnement
aquatique proviennent de sources naturelles et de sources anthropogènes. Parmi les
importantes sources naturelles, citons l'activité volcanique, l'altération des continents

3
et les incendies de forêts. Les sources anthropogènes, il y a les effluents d'extractions
minières, industriels, domestiques et ruissellements orageux urbains, activités
pétrochimique et les sources atmosphériques, par exemple combustion de carburants
fossiles, incinération des déchets et émissions industrielles, cependant, l’industrie reste
responsable de la quasi-totalité des rejets de métaux, sous leurs différentes formes dans
l’eau.

1-Clarification des concepts


Certains concepts sont clarifiés dans le cadre de ce cours.
 Ressources en eau
Elles sont définies comme ‘’l’offre en eau’’ de la nature, à comparer aux demandes en
eau du point de vue social et économique. Il existe des ressources en eau naturelles
renouvelables et des ressources en eau naturelles non renouvelables (MARGAT,
1996). Autrement, elles représentent la quantité d’eau de surface ou souterraine
disponible à l’échelle mensuelle ou annuelle dans une région et susceptible de
satisfaire les besoins domestiques, industriels, agricoles ou autres (de PARCEVAUX
et al, 1990).
 Eau potable
Une eau potable ne contient pas d'organismes pathogènes (pouvant causer des
maladies), de composés chimiques dangereux ni de substances radioactives. Elle a un
bon goût et une belle apparence. Elle ne dégage pas d'odeur et ne présente pas une
couleur désagréable ([Link]).
 Assainissement
L’assainissement est une technique, qui, à l’origine visait à évacuer les eaux de
ruissellement, à mettre <<hors d’eau>> des bâtiments et de leurs accès. La
modernisation de cette technique dans le temps a conduit à évacuer également les
effluents provenant des activités humaines et industrielles (DUPUY, 1978).
L’UNESCO et la Banque mondiale définissaient l’assainissement comme <<le
maintien de conditions de propreté et d’hygiène qui aident à prévenir les maladies>>
(NASEKWA et KIZA, 2008).
 Déchet

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Du point de vue économique, un déchet est une matière ou un objet dont la valeur
économique est nulle ou négative, pour son détenteur à un moment donné et dans
un lieu donné (Aloisi, 1997 et Maystre, 1994). ORSN (2010) désigne le déchet
comme une richesse potentielle de laquelle peut être extraite une nouvelle valeur par
des techniques novatrices. Du point de vue environnemental, les déchets proviennent
des biens issus des matières premières (Maystre, 1994). Dans la loi n° 98 – 030 du 12
février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement en République du Bénin, un
déchet est « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou
d’utilisation ou tout bien meuble abandonné ou destiné à l’abandon » (ABE, 1999).
 Pollution
Situation constatée montrant la présence de polluants dans un milieu, suite à
l’introduction, directe ou indirecte par l’activité humaine, de substances susceptibles
de contribuer ou de causer un danger pour la santé de l’homme, des détériorations aux
écosystèmes ou aux biens matériels, ou une entrave à un usage légitime de
l’environnement. La pollution peut être historique ou nouvelle, résultant d’une activité
humaine passée ou récente, ou encore résiduelle, subsistant dans un milieu déterminé
après réhabilitation.
 Santé
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas
seulement en l'absence de maladie et d'infirmité (OMS, 2000). Elle est aussi l'élément
de base du développement. "La santé est une liberté de base, la première des libertés
de l'homme, celle qui lui offre l'accès aux autres libertés, celles de conduire et gérer
lui-même sa propre destinée mais, bien sûr, dans le cadre du respect des règles de sa
société et de sa culture" (Tchaou, 2008). La promotion et la protection de la santé
doivent être plus au cœur de toute politique de développement, la maladie étant un
handicap pour l'individu, pour la famille, pour la communauté. La santé est une
composante clé de l'économie et du développement c’est pour cela que la Convention
N°102 de l’OIT datant de 1952 définit l’accès aux soins de santé comme l’un des
neufs domaines dans lesquels doit intervenir la sécurité sociale (Merrien, 2013). En
effet, la quantité, la qualité et la productivité de la main d'œuvre dépendent de la santé
des individus, une économie saine, qui améliore les ressources des ménages et de

5
l'Etat, favorise les investissements dans le secteur de la santé et aussi dans les secteurs
ayant un impact sur la santé (nutrition, assainissement, logement, éducation,
approvisionnement en eau potable, etc.).
 Environnement
L’environnement est un espace où sont situés les facteurs et les conditions déterminant
l’état et l’évolution d’un être vivant, d’un écosystème ou d’un élément artificiel (de
PARCEVAUX, 1990).
Le concept "Environnement" est utilisé à tort ou à travers aussi bien par la
communauté scientifique que par les techniciens, politiciens, etc. Il ne s’agit pas ici de
faire l’apologie du concept d’environnement, mais de faire un aperçu sur ce concept à
travers les efforts de définitions de quelques auteurs, tout en montrant les liens entre
l’environnement et l’aménagement du territoire.
Selon FREMONT et al (2005), les efforts engagés au sein des organismes
scientifiques pour qualifier le secteur de recherche de l’environnement à partir du
concept d’environnement débouchent sur une question centrale : "les interactions entre
les évolutions de l’écosphère et les sociétés humaines."
LEGRAND et PERRIER (1994) renchérissent cette affirmation en mettant l’accent sur
"l’étude des interactions multiples entre les activités humaines et l’évolution des
milieux de la planète". Dans un sens usuel l’environnement désigne tout ce qui nous
entoure, qui agit sur l’homme et sur lequel l’homme agit. Du moment où l’on cherche
à expliquer l’homme et son comportement dans l’espace, l’environnement désigne un
milieu global, un ensemble intégré, un système de relations où les interactions mettent
en jeu constamment des équilibres et des déséquilibres potentiels, MICHELE cité par
GODARD (1996).
La loi n°98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement en
République du Bénin, MEHU, (1999) définit l’environnement comme l’ensemble des
éléments naturels et artificiels ainsi que des facteurs économiques, sociaux et culturels
qui influent sur les êtres vivants et que ceux-ci peuvent modifier.

2-Sources de pollution en ville comme à la campagne

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Les secteurs de l’industrie et de l’agriculture, ainsi que les activités domestiques,
génèrent la majorité des pollutions chimiques de l’eau. Dans une moindre mesure, les
eaux pluviales qui circulent dans la ville y contribuent aussi.
Les industries produisent des eaux usées durant les processus de fabrication et de
nettoyage des installations qu’elles mettent en œuvre. Selon l’activité industrielle en
cause, ces eaux peuvent être contaminées par des substances comme des solvants, des
hydrocarbures, des métaux lourds, des plastifiants, etc. Les industries doivent alors
traiter ces eaux résiduaires dans leur propre station d’épuration ou dans des stations
d’épuration collectives. Mais ces traitements n’éliminent qu’une partie des charges
polluantes et l’eau qui est rejetée dans le milieu naturel contient encore des
contaminants chimiques. Les secteurs industriels qui rejettent les plus fortes charges
polluantes sont les industries chimiques, pharmaceutiques, pétrolières, métallurgiques,
agroalimentaires, nucléaires et textiles.
L’agriculture utilise des pesticides et des engrais dont une partie rejoint les cours d’eau
et les eaux souterraines par les infiltrations ou le ruissellement. Certains pesticides
atteignent les cours d’eau également par voie aérienne. Les effluents d’élevage
constituent aussi une source de pollution chimique lorsqu’ils apportent de l’azote et du
phosphore en excès et provoquent des phénomènes de toxicité ou d’asphyxie des
milieux aquatiques. Enfin, des substances à usage vétérinaire peuvent se retrouver
dans les sols via l’urine des animaux et rejoindre ensuite les cours d’eau.
Les activités domestiques génèrent des eaux usées provenant des salles de bains, des
cuisines et des toilettes. Elles sont essentiellement chargées de déchets organiques
mais peuvent également contenir des résidus de produits d’entretien, de cosmétiques,
de médicaments, ou des microplastiques issus des lavages de textiles synthétiques.
Elles rejoignent le milieu naturel après élimination d’une partie de leur charge
polluante en station d’épuration. Enfin, les eaux de pluies qui ruissellent sur les
surfaces urbanisées, en particulier les rues, peuvent se charger de métaux lourds, de
peintures, d’hydrocarbures ou de pesticides avant d’atteindre leur exutoire naturel.
Dans le cas où elles sont collectées dans des réseaux dits unitaires, où eaux pluviales et
eaux usées sont mélangées et où leurs charges polluantes se cumulent, les capacités
d’épuration des stations peuvent vite être dépassées. Par temps de pluie, ces réseaux

7
sont saturés et déversent directement des mélanges d’eaux polluées dans le milieu
récepteur.

3-Mauvaise gestion des déchets


La mauvaise gestion des déchets a des conséquences dévastatrices sur la santé et
l'environnement à de nombreux niveaux. Tout d'abord, les décharges sauvages et les
sites d'enfouissement non réglementés peuvent contaminer les sols et les eaux
souterraines par infiltration de produits chimiques toxiques provenant des déchets. Ces
contaminants peuvent ensuite se retrouver dans la chaîne alimentaire, affectant la santé
humaine et celle des animaux qui dépendent de ces ressources.
De plus, les déchets mal gérés produisent des émissions de gaz à effet de serre, tels que
le méthane, contribuant ainsi au changement climatique et à ses conséquences néfastes
sur la santé et l'environnement. Les incendies de décharges, souvent causés par la
combustion spontanée de déchets organiques, libèrent également des substances
toxiques dans l'air, aggravant la pollution atmosphérique et les risques pour la santé
respiratoire des populations avoisinantes.
Les déchets plastiques constituent une menace particulière en raison de leur longue
durée de décomposition. Lorsqu'ils se dégradent, ils libèrent des microplastiques qui
contaminent les sols, les cours d'eau et les océans, affectant la faune et la flore marines
ainsi que la santé humaine à travers la consommation de produits contaminés.
La pollution visuelle et olfactive des sites de décharge peut également avoir un impact
sur la santé mentale et le bien-être des populations locales, en plus de déprécier la
valeur des propriétés environnantes. De plus, la présence de déchets dans les zones
urbaines peut favoriser la prolifération de vecteurs de maladies tels que les rats et les
moustiques, augmentant ainsi les risques de maladies transmissibles.
La mauvaise gestion des déchets affecte également les communautés les plus
vulnérables de manière disproportionnée, en particulier dans les pays en
développement où les infrastructures de gestion des déchets sont souvent insuffisantes.
Ces communautés sont souvent contraintes de vivre à proximité de décharges à ciel
ouvert, exposant ainsi les résidents à des risques accrus de maladies et de pollution
environnementale.

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4-Pollution chimique : un enjeu sanitaire et environnemental
 Une menace pour la disponibilité en eau potable
Environ un tiers de l’eau potable distribuée provient des eaux de surface, le reste est
issu des eaux souterraines. Pour produire une eau de ce niveau de qualité, des
traitements d’élimination de polluants (métaux lourds, pesticides, etc.) sont
nécessaires. Ils sont souvent onéreux, croissants avec la charge polluante et répercutés
sur le prix de l’eau. À cette tension sur le coût de la dépollution peut s’ajouter une
tension sur les volumes disponibles.
En effet, les limites technologiques des traitements font qu’il n’est plus possible de
rendre une eau potable à un coût raisonnable au-delà de charges polluantes critiques.
Cela oblige à trouver d’autres ressources en eau propre, quand elles existent. Enfin,
des pollutions chimiques mal maîtrisées sur les cours d’eau ou plans d’eau peuvent
atteindre les eaux souterraines et aggraver les tensions sur la disponibilité en eau
potable.
 Une cause de dégradation des milieux et de perte de biodiversité
Dans des cas extrêmes, les pollutions chimiques accidentelles induisent des mortalités
massives dans les cours d’eau, lesquels mettent des années à retrouver leur état initial.
Ainsi, le déversement de produits agrochimiques par une industrie en Suisse en 1986
avait entraîné des mortalités piscicoles dans le Rhin sur une distance de 400 km,
suivies de 20 ans d’efforts pour rétablir l’équilibre écologique. Même sans accident de
cette ampleur, des pertes de biodiversité sont mesurées dans les cours d’eau ou plans
d’eau du fait de la pollution des eaux. Ainsi, une étude de 2013 a conclu que les
pesticides étaient à l’origine d’une baisse de plus de 40 % du nombre d’espèces
d’invertébrés, dans les cours d’eau en France, en Allemagne et en Australie. Une autre,
réalisée de 2000 à 2007 au Canada, estime que des médicaments contraceptifs à faibles
doses ont entraîné en quelques années la quasi-extinction du poisson sauvage
Pimephales promelas dans les lacs.
Moins visibles, des polluants non biodégradables comme les PCB ou le méthyl-
mercure peuvent se concentrer dans les organismes, s’accumuler tout au long de la

9
chaîne alimentaire et atteindre des concentrations toxiques pour les consommateurs
ultimes, dont l’homme.
D’autres, comme le phosphore ou l’azote présents en excès, sont à l’origine de fortes
proliférations d’algues et de l’asphyxie des milieux aquatiques. Dans certains cas, ces
déséquilibres favorisent le développement de cyanobactéries émettrices de toxines
pouvant justifier des restrictions d’activités nautiques ou des mesures d’interdiction de
baignade par exemple.
Enfin, les mélanges de polluants chimiques ont des effets néfastes sur la santé humaine
ou la biodiversité, même si chaque substance n’est présente qu’à l’état de trace. Cet
effet « cocktail » implique que l’objectif de réduction des charges polluantes doit
cibler une très large gamme de substances, de nature et d’origine différentes, sans se
limiter à celles dont les concentrations sont les plus élevées.

5-Usages, dégradation et écotoxicité des pesticides


Les pesticides désignent les produits phytopharmaceutiques ou biocides utilisés, ou
ayant été utilisés, pour détruire les organismes considérés comme nuisibles. En
Europe, plus de 300 substances herbicides, insecticides et fongicides sont actuellement
approuvées. En France, elles sont surtout utilisées en milieu agricole pour traiter des
parcelles cultivées et, dans une moindre mesure, en zone non agricole notamment pour
l’entretien d’espaces verts. Depuis 2017, l’État, les collectivités locales et les
établissements publics ne doivent plus les utiliser pour entretenir les espaces verts
ouverts au public, les voiries ou les infrastructures de transport. Depuis 2022, les
pesticides sont interdits d’usage dans les propriétés privées, les parcs et jardins privés,
les résidences hôtelières, les campings, les parcs d'attractions, les zones commerciales,
ainsi que dans les établissements d’enseignement et de santé.
Un pesticide peut se transformer ou se dégrader, par réactions chimiques ou
biologiques, en de nouvelles substances appelées métabolites. Les processus de
dégradation se déroulent notamment dans l’air, dans les sols et dans l’eau.
Les nouvelles substances ainsi formées possèdent des propriétés distinctes du pesticide
initial : solubilité, durée de vie, toxicité, etc.

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Quel que soit l’endroit de leur utilisation, les pesticides et leurs produits de
dégradation, les métabolites, peuvent rejoindre les cours d’eau et impacter les
organismes qui y vivent. Ils les contaminent notamment via les eaux ruisselant sur les
surfaces traitées (parcelle de terre, route, etc.) et par dérive aérienne lors de
l’application des produits. En effet, ils sont parfois plus toxiques et plus persistants que
la substance initiale. Certaines études ont ainsi montré que les principaux métabolites
des herbicides glyphosate, métazachlore et sulcotrione présentent des persistances dans
le sol 20 à 100 fois plus élevées que leur molécule d’origine.
L’écotoxicité d’un pesticide s’exprime notamment par la concentration en dessous de
laquelle il ne provoque aucun effet néfaste visible sur l’environnement. La
concentration sans effet prévisible d’une substance (Predicted non effect
concentration, ou PNEC) est souvent déterminée à partir d’études de toxicité conduite
sur des poissons, des invertébrés aquatiques, des algues et des plantes aquatiques. Plus
le niveau de PNEC est bas, plus la substance est écotoxique : à quantité égale, un
pesticide ayant une PNEC de 0,01 μg/l est plus dangereux pour l’environnement qu’un
autre dont la PNEC est de 0,1 μg/l. Les insecticides figurent parmi les substances les
plus écotoxiques.

6-Natures et usages des autres substances dangereuses pour l’environnement


Les autres substances dangereuses pour l’environnement désignent les molécules non
pesticides dont les propriétés toxicologiques peuvent nuire aux organismes vivants
dans les milieux naturels. Elles appartiennent à de nombreuses familles chimiques
distinctes et peuvent avoir des dizaines d’usages différents. Certaines se trouvent dans
des produits de la vie quotidienne, d’autres sont des résidus de procédés de fabrication
industriels, d’autres encore sont des substances présentes naturellement mais devenant
dangereuses en concentration élevée ou après combustion.
• Les composés organiques volatils (COV) présents dans les peintures, les détergents,
les désodorisants, les vernis, les colles des meubles, et l’essence. Ils sont capables de
s'évaporer facilement à la pression et aux températures ambiantes et peuvent se
disperser loin de l’endroit où ils sont produits ou utilisés. Parmi les COV, le sous-
groupe constitué des molécules de benzène, toluène, éthylbenzène et xylène (BTEX)

11
est souvent considéré comme représentatif de l’ensemble des COV émis dans
l’environnement.
• Les phtalates, substances entrant dans la composition des plastiques, peintures,
vernis, laques, encres, produits ménagers, et pesticides. Elles se retrouvent dans des
centaines d'articles ou produits de consommation courante comme les adhésifs, les
revêtements de sol en vinyle, les huiles lubrifiantes, les condensateurs électriques, les
détergents, les câbles électriques, les déodorants, les shampooings, et les aérosols pour
cheveux.
• Les métaux considérés comme dangereux prioritaires dans l'Union européenne
(arsenic, cadmium, cuivre, mercure, nickel, plomb, zinc). S’ils sont naturellement
présents dans de nombreux minerais et dans des combustibles fossiles solides, les plus
grandes quantités émises dans l’environnement proviennent d’activités industrielles
(aciérie, sidérurgie, incinération de déchets).
• Les alkylphénols, utilisés dans la fabrication d'adhésifs, de peintures, de nettoyants
ménagers, de produits de polissage, dans les matériaux de construction, les pâtes et
papiers, les plâtres chirurgicaux, les industries du cuir, du bois, des textiles et de
l’automobile.
• Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP et dérivés). Ils proviennent
essentiellement de la combustion du carburant automobile, du chauffage domestique
au charbon ou au bois, des industries métallurgiques ou encore des incinérateurs. Ces
substances peuvent facilement se fixer sur les matières organiques particulaires en
suspension dans l’air et dans l’eau, ou s’accumuler dans les organismes et devenir
nocives.
• Les médicaments, considérés comme dangereux pour l’environnement au sens où
leurs composants biologiquement actifs peuvent nuire aux organismes vivants des
milieux aquatiques.
Parmi ces molécules, certaines sont présentes dans les fumées industrielles, les gaz
d’échappement des véhicules ou d’appareils de chauffage domestique. Elles peuvent
contaminer les cours d’eau lorsque ces fumées retombent sous forme de pluie, de neige
ou d’autres dépôts, parfois après avoir été transportées sur de très longues distances.
D’autres substances se retrouvent dans les cours d’eau via les eaux de ruissellement

12
des routes (abrasion des pneus et des pièces mécaniques des véhicules, fuites de divers
fluides automobiles, lessivage du revêtement des chaussées et des peintures routières,
etc.).
Bon nombre atteignent également les rivières et plans d’eau par les rejets de stations
de traitement d’épuration urbaines, industrielles ou hospitalières. Certains polluants
sont absorbés par des organismes vivants et s’accumulent dans leurs tissus.
Lorsqu’ils sont ingérés par des espèces migratrices, ces polluants peuvent être
propagés sur de longues distances, au-delà des frontières internationales, et contaminer
des milieux très éloignés de leur site d’origine.

7-Principaux polluants métalliques


7-1-Définition des métaux lourds
Les métaux lourds sont des constituants naturels dans les roches et dans les gisements
minéraux. Ainsi, normalement ces éléments sont présents à de faibles teneurs (à l’état
de traces, moins de 0.1%) dans les sols, les sédiments, les eaux de surface et les
organismes vivants (Alloway et Ayres, 1997 ; Callender, 2003). Elles sont des corps
simples caractérisés par leur bonne conductivité de la chaleur et de l’électricité et leur
pouvoir de refléter la lumière sans la modifier (réflexion métallique) (Le Coarer,
2003).
On parle généralement de métaux lourds pour les éléments métalliques naturels,
caractérisés par une densité élevée, supérieure à 5kg / dm³ (Andrés et al., 2007) ; parmi
lesquel son peut citer : le vanadium (V) , le chrome (Cr) , le manganèse (Mn) , le
mercure (Hg), le molybdène (Mo), le plomb (Pb), l’étain (Sn), le fer (Fr), le cobalt
(Co), le nickel (Ni), le cuivre (Cu) , le zinc (Zn) , le cadmium (Cd) et le platine (Pt).

7-2-Source de contamination
La pollution métallique en milieu aquatique peut résulter de processus dits naturels
(érosion et volcans) ou provenir des différentes activités anthropiques (transport,
industrie, agriculture) (Habi, 2010).

7-3-Types des métaux lourds

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7-3-1- Métaux essentiels
Sont des éléments indispensables à l’état de trace pour de nombreux processus
cellulaires et qui se trouve en proportion très faible dans les tissus biologiques.
Certains peuvent devenir toxiques lorsque la concentration dépasse un certain seuil.
C’est le cas du cuivre, du Zinc et du fer (Huynh, 2009).

7-3-2- Métaux toxiques


Les métaux toxiques ont un polluant avec des effets toxiques pour les organismes
vivants même à faible concentration. Ils n’ont aucun effet bénéfique connu pour la
cellule. C’est le cas du plomb et du cadmium (Huynh, 2009).

7-3-3- Toxicités des métaux lourds


La toxicité d’un métal dépend de sa spéciation (forme chimique) et la façon dont il est
absorbé (ingestion, inhalation ....), le type d’organisme (plante, animal….), l’état de
développement de l’organisme et la sensibilité des organes. La toxicité des métaux
lourds est due essentiellement à : leur non- dégradable, leur toxicité à faible
concentration, leur accumulation dans les organismes vivants le long des chaines
alimentaires ( Bensaha, 2010).
7-4-Impact sur l’environnement
7-4-1- Contamination des sols
Le sol est un support de nombreuses activités humaines (industrialisation,
urbanisation, agriculture), comparativement à l’aire et à l’eau, le sol est le milieu qui
reçoit les plus grandes quantités d’éléments en traces produites par les activités
industrielles et constitue un lieu réceptacle des métaux lourds. Deux principaux types
de pollution anthropiques sont responsables de l’augmentation des flux de métaux : la
pollution atmosphérique (rejets industriels) et la pollution liée aux activités agricoles
(Ghali, 2008).

7-4-2- Contamination de l'air


Plusieurs activités industrielle, en particulier la production d’énergie, la circulation de
véhicules, le traitement des déchets solides ont apporté une augmentation significative

14
des teneurs en polluants dans l’atmosphère. Cet apport vient s’ajouter aux apports
d’origine naturelle, provenant de sources majeures, la poussière générée par le vent, les
volcans la végétation. Les sources anthropogéniques incluent celles résultant des
processus de combustion des ressources minérales à haute température comme les
pétroles, les centrales électriques, les usines des engrais. Les métaux lourds font partie
de ces éléments qui circulent dans l’atmosphère et en particulier le Pb et le Cd
(Nakhle, 2005).

7-4-3- Contamination de l’eau


L’eau peut être polluée par des éléments chimiques. On distingue parmi les éléments
chimiques ceux qui ont un effet néfaste à des concentrations de l’ordre de quelques
milligramme par litre les micropolluants (la matière organique en suspension)
proviennent principalement des rejets urbains (les égouts) et de l’agriculture. Les
micropolluants (les métaux lourds) sont toxiques à des concentrations beaucoup plus
faibles proviennent de l’agriculture, de l’industrie, des ménages et du trafic automobile
(produits de combustion) (Henaut, 2011).

7-5- Impact sur l’homme


Les polluants peuvent atteindre l’homme par passage à travers la peau, ingestion
(diffusion par gradient de concentration jusqu’à la circulation sanguine) ou par
inhalation, les vapeurs peuvent se dissoudre dans les muqueuses de système
respiratoire ou arriver dans la circulation sanguine par l’intermédiaire des alvéoles
pulmonaires, le plomb et le cadmium peuvent prendre la place du calcium et de la
vitamine D en cas de carence (Di Benedetto, 1997).

8-Quelques mesures de gestion et de prévention des contaminations en mettant en


lumière les défis et les opportunités associés à leur contrôle
Quelques mesures de gestion et de prévention des contaminations sont proposées. Il
s’agit de :
 Sensibiliser les industries sur les pratiques de gestion des déchets pour éviter la
contamination des cours d'eau ;

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 Encourager l'agriculture durable et biologique pour réduire l'utilisation de
pesticides et d'engrais chimiques ;
 Promouvoir l'utilisation de pratiques agricoles alternatives telles que
l'agroforesterie pour limiter l'érosion des sols et le lessivage des contaminants ;
 Imposer des restrictions sur l'utilisation des produits chimiques dangereux dans
l'industrie et encourager le développement de solutions de remplacement plus
sûres ;
 Renforcer la réglementation des rejets industriels et des eaux usées municipales
pour limiter la contamination des eaux de surface et souterraines ;
 Impliquer les communautés locales dans la surveillance de la qualité de l'eau et
la gestion des ressources hydriques pour une approche plus participative et
durable ;
 Éduquer les populations sur les risques liés à la contamination de l'eau et les
moyens de prévention, notamment en matière d'hygiène et de conservation de
l'eau ;
 Élaborer des plans de gestion des crises pour faire face aux incidents de
contamination majeurs tels que les déversements d'hydrocarbures ou les fuites
chimiques ;
 Renforcer la coopération internationale pour lutter contre la pollution
transfrontalière et partager les meilleures pratiques en matière de gestion de
l'eau ;
 Renforcer la législation sur la responsabilité environnementale pour garantir
que les pollueurs paient les coûts de nettoyage et de réhabilitation ;
 Promouvoir la collaboration entre les secteurs public et privé pour développer
des solutions novatrices de gestion de l'eau et de prévention des
contaminations ;
 Établir des partenariats avec les organisations non gouvernementales et les
groupes communautaires pour renforcer les capacités locales en matière de
gestion de l'eau ;

16
 Sensibiliser les décideurs politiques sur l'importance de la protection de l'eau et
de la santé publique pour encourager l'adoption de politiques
environnementales plus strictes ;
 Encourager l'adoption de pratiques agricoles de conservation telles que la
rotation des cultures et le labour minimal pour préserver la qualité des sols et
réduire l'érosion ;
 Renforcer la collaboration entre les secteurs de la santé, de l'environnement et
de l'agriculture pour une approche intégrée de la gestion des contaminants ;
 Encourager l'utilisation de pratiques de gestion des déchets telles que le
compostage et le recyclage pour réduire la pollution des eaux souterraines par
les déchets organiques ;
 Mettre en place des programmes de sensibilisation ciblés pour les populations
vulnérables telles que les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées
pour réduire leur exposition aux contaminants et protéger leur santé.

Conclusion
L’exploration des liens entre contaminants, eau, santé et société révèle l'urgence d'agir
pour préserver nos ressources en eau et protéger la santé publique. Les contaminants
représentent une menace sérieuse pour la qualité de l'eau, avec des conséquences
potentiellement dévastatrices pour la santé humaine et l'environnement. La gestion
efficace des sources de contamination et la mise en œuvre de mesures de prévention
sont essentielles pour garantir un approvisionnement en eau sûr et durable. De plus,
l'implication du public et la sensibilisation aux enjeux de la contamination de l'eau sont
cruciales pour susciter des changements de comportement et promouvoir des pratiques
plus responsables. Enfin, il est impératif que les gouvernements, les organisations
internationales, les entreprises et la société civile collaborent pour relever ce défi
complexe et urgent.

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