Guide Intégration Adaptation FINAL
Guide Intégration Adaptation FINAL
République du Bénin
Octobre 2011
Table des matières
Liste des sigles et acronymes -------------------------------------------------------------------------------- iv
Liste des encadrés ----------------------------------------------------------------------------------------------- v
INTRODUCTION -------------------------------------------------------------------------------------------------- 1
OBJECTIF DU GUIDE --------------------------------------------------------------------------------------------- 2
PREMIERE PARTIE ----------------------------------------------------------------------------------------------- 3
Bref aperçu sur les changements climatiques, la problématique de l’adaptation et les défis
pour le développement local au Bénin --------------------------------------------------------------------- 3
1. Changements climatiques et problématique de l’adaptation ---------------------------------- 4
2. Défis des changements climatiques pour le développement local au Bénin ---------------- 5
DEUXIEME PARTIE ----------------------------------------------------------------------------------------------- 7
Approche pour l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la
planification du développement local ---------------------------------------------------------------------- 7
1. Approche pour l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la
planification du développement local ---------------------------------------------------------------------- 8
2. Activités complémentaires à l’intégration de la dimension « changements
climatiques » dans la planification du développement local --------------------------------------- 15
ANNEXES ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- I
LEXIQUE ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ II
Exemples de documents de planification pouvant faire l’objet d’intégration de l’adaptation
aux changements climatiques ------------------------------------------------------------------------------- V
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES --------------------------------------------------------------------------VI
i
Préface
L’adoption le 9 mai 1992, au siège des Nations Unies à New York, de la Convention-Cadre
des Nations Unies sur les Changements Climatiques a constitué la première réponse
internationale au problème du réchauffement planétaire et une avancée capitale dans
l’approche, les méthodes, les moyens et outils pour faire face aux impacts des changements
climatiques. L’entrée en vigueur de cet instrument international le 21 mars 1994 a lancé le
processus de sa mise en œuvre effective par les Etats.
La préoccupation de l’intégration des politiques et mesures destinées à protéger le système
climatique dans les programmes nationaux de développement est contenue dans l’article 3.4
de la Convention elle-même et dans certaines décisions de la Conférence des Parties dont
la Décision 1/CP.13 sur le Plan d’Action de Bali adoptée le 15 décembre 2007. Aux termes
de cette décision, il a été demandé à toutes les Parties de réfléchir à une action renforcée
sur l’adaptation en envisageant notamment l’intégration des mesures d’adaptation dans les
plans sectoriels et nationaux, dans des projets et des programmes spécifiques.
Le présent guide s’inscrit dans cette optique et tient des réalités nationales du Bénin.
Il importe de rappeler que dans son quatrième rapport, le Groupe Intergouvernemental
d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC, 2007), souligne que les changements climatiques
et leurs incidences sont une réalité. De son côté le PNUD en 2007 reconnait que les
changements climatiques constituent une sérieuse menace pour la croissance et le
développement durable, ainsi que pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le
Développement en Afrique.
Le réchauffement global et l’augmentation de la fréquence des phénomènes
météorologiques et climatiques extrêmes constituent des risques pour l’ensemble des
écosystèmes et des systèmes humains du territoire du Bénin.
Face à ces réalités, la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques, que le Bénin a ratifiée, a préconisé, entres autres mesures, l’adaptation pour
faire face aux effets néfastes des changements climatiques (CCNUCC, 1992). Mais pour
être efficace, l’adaptation ne doit point se limiter aux actions menées au niveau central des
pays et devrait faire l’objet d’une appropriation par les acteurs du développement local.
Le Bénin, de par sa politique de décentralisation et de déconcentration, a opté pour la
gestion du développement par les acteurs au niveau local. Cela suppose que ces derniers
doivent être capables de faire face aux nombreux défis liés au développement local dont
l’adaptation aux changements climatiques. Mais il n’est pas toujours évident que ces acteurs
disposent des capacités nécessaires pour s’adapter aux les effets néfastes des
changements climatiques. Il serait vraiment intéressant que déjà au niveau local, l’adaptation
soit une réalité. Or il n’en serait ainsi que si en amont l’adaptation aux changements
climatiques est prise en compte dans la planification du développement local.
Le présent guide qui est la capitalisation des acquis du projet de renforcement des capacités
d’adaptation des communes de l’Alibori face aux changements climatiques initié par l’ONG
IDID dans le département de l’Alibori est le fruit de la collaboration du projet avec
l’Association pour la Promotion de l’Intercommunalité dans le Département de l’Alibori
(APIDA). Une première version du guide a été élaborée pour l’intégration de l’adaptation aux
changements climatiques dans les Plans de Développement Communaux (PDC). Mais la
planification du développement local est plus large que la sphère du PDC. Pour cela, le
ii
guide a été revu et prend en compte dans la présente version le développement local dans
sa globalité.
Ce guide permettra donc de manière effective d’intégrer l’adaptation aux changements
climatiques dans les différents documents de planification du développement local. Il sert de
fil conducteur et d’appui à la prise en compte effective de l’adaptation au niveau local et
s’adresse aux élus locaux, aux agents techniques des maries et des services déconcentrés
de l’Etat.
Il est à espérer qu’il contribuera à rendre effective l’intégration de l’adaptation dans tous les
projets, programmes et stratégies de développement des 77 Communes du Bénin et
s’étendre ainsi au-delà des PDC.
iii
Liste des sigles et acronymes
APIDA : Association pour la Promotion de l’Intercommunalité dans le Département de
l’Alibori
CCNUCC : Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
Nota Bene : Un lexique figure à la fin du document et regroupe de façon abrégée tous les
termes censés être définis pour faciliter l’utilisation ou l’exploitation de cet outil.
iv
Liste des encadrés
Encadré 1 : Changement climatique - Adaptation ........................................................................... 5
v
INTRODUCTION
Plusieurs sources documentaires, en particulier le Quatrième Rapport d’Evaluation du
Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC, 2007) ont révélé que
l’Afrique est l’un des continents les plus vulnérables aux incidences de la variabilité et des
changements climatiques, en raison de pressions multiples et d’une capacité d’adaptation
réduite. Cette vulnérabilité viendra intensifier les contraintes économiques, politiques et
humanitaires que connaissent déjà les pays de la région et réduire considérablement leur
capacité d’éliminer l’extrême pauvreté. Les segments les plus pauvres de la société seront
les plus gravement touchés par ces phénomènes car ce sont eux qui sont les moins en
mesure de s’y adapter. La République du Bénin comptant parmi les Pays les Moins Avancés
(PMA) du continent, vit aussi cette triste réalité. Des interventions systématiques sont
requises à tous les niveaux (national, local), de la planification et de la mise en œuvre du
développement pour éviter de mettre un frein au progrès économique ou de compromettre le
développement.
Depuis 2003, le Bénin a mis en œuvre la décentralisation, qui implique que le
développement soit aussi pensé et géré à un niveau plus bas, la commune. De ce fait, le
développement doit se baser sur les potentialités locales qui dépendent largement des
ressources naturelles très sensibles aux changements locaux. Ainsi, la problématique de
l’adaptation aux changements climatiques doit désormais être prise en compte dans
l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de développement local afin que les efforts
de développement ne soient pas vains. Le Plan de Développement Communal, le Schéma
Directeur d’Aménagement de la Commune et bien d’autres documents constituent le fil
directeur du développement local. En conséquence, il convient que ces documents intègrent
les mesures d’adaptation aux changements climatiques aux fins d’une réduction efficace et
durable de la vulnérabilité des communautés locales. C’est dans ce contexte et dans
l’optique de renforcer les capacités des élus locaux et cadres techniques pour l’intégration de
l’adaptation aux changements climatiques dans la planification du développement local que
ce document a été élaboré. Il est la capitalisation des acquis du projet de renforcement des
capacités d’adaptation des communes du département de l’Alibori et vise la réplication et
l’adoption par d’autres communes du Bénin.
Destiné principalement aux cadres techniques en charge de la planification et de la mise en
œuvre des politiques, stratégies et programmes de développement au niveau local, aux élus
locaux et autres acteurs de développement intervenant au niveau local, ce document-guide
fournit les lignes directrices en matière de procédures d’intégration de l’adaptation aux
changements climatiques dans la planification du développement local. Son usage s’étend
également aux services déconcentrés au niveau local.
Du point de vue structure, ce guide comporte dans sa première partie, un bref aperçu sur les
changements climatiques, la problématique de l’adaptation et les défis pour le
développement local au Bénin. La deuxième partie présente une approche pour l’intégration
de l’adaptation aux changements climatiques dans la planification du développement local.
Enfin, il faut noter que les concepts ou termes-clés utilisés dans le guide sont définis dans
des Encadrés qui présentent également des étapes d’une stratégie d’adaptation. Quelques
exemples d’options de mesures d’adaptation aux changements climatiques sont présentés
dans un tableau à titre indicatif.
1
OBJECTIF DU GUIDE
L’objectif principal visé par le présent guide est de fournir des directives permettant
l’intégration des mesures d’adaptation aux changements climatiques dans la planification du
développement local, aux fins de réduire la vulnérabilité à l’égard de la variabilité et des
changements climatiques y compris les phénomènes extrêmes.
2
PREMIERE PARTIE
3
1. Changements climatiques et problématique de l’adaptation
Les sociétés ont une longue tradition d’adaptation aux caprices ou aux impacts du temps et
du climat, à travers une série de pratiques comprenant entres autres, la diversification des
cultures, l’irrigation, la gestion du risque des catastrophes. Mais les changements
climatiques engendrés par les activités de l’homme à travers l’utilisation des combustibles
fossiles, le déboisement, les pratiques culturales inadéquates, etc. font peser des risques
nouveaux pour la société.
Selon le quatrième rapport d’évaluation du GIEC, 2007, les changements climatiques et
leurs incidences sont déjà une réalité. Pour exemple, on a la hausse de la température
moyenne à l’échelle du globe (+0.7°C), l’élévation du niveau de la mer ou encore la perte de
la biodiversité sous forme de disparition d’espèces animales et végétales.
L’adaptation constitue l’une des principales façons préconisées par la Convention Cadre des
Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC, 1992) pour faire face aux
changements climatiques. Divers types d’adaptation sont à distinguer à savoir notamment
l’adaptation anticipée ou réactive, l’adaptation de caractère public ou privé et l’adaptation
autonome ou planifiée. (Voir encadré N°1)
Les pays en développement et notamment les pays les moins avancés (PMA) dont le Bénin
sont extrêmement vulnérables aux incidences de la variabilité et du changement climatique,
en raison des ressources limitées et de leur faible capacité d’adaptation.
Certains individus ou groupes au sein des sociétés c'est-à-dire les femmes et les enfants
disposent d’une capacité d’adaptation insuffisante ou apparaissent comme les plus
vulnérables aux changements climatiques. A titre d’illustration, les trois quarts des 150
millions de victimes provoquées en Afrique par les sécheresses climatiques voire agricoles
du début des années 80, ont été des femmes et des enfants.
Les besoins en matière d’adaptation doivent être coordonnés de façon intégrée avec le
développement économique et social.
La liste des réponses adaptatives à la disposition des sociétés humaines est longue, allant
des réponses purement technologiques (protection du littoral par exemple), à des réponses
comportementales (évolution des choix alimentaires), gestionnaires (modification des
pratiques agricoles) et politiques (législation de la planification).
Mais bien que les possibilités d’adaptation soient nombreuses à l’heure actuelle (adoption de
variétés culturales à cycle court, semis échelonné, etc.)1, il faut garder à l’esprit que pour
réduire la vulnérabilité aux changements climatiques futurs, il est impératif d’élargir la
fourchette étant entendu que l’efficacité des mesures d’adaptation dépend en grande partie
des facteurs de risques géographiques et climatiques spécifiques et des contraintes
institutionnelles, politiques et foncières.
1
Une liste d’options et de mesures d’adaptation aux changements climatiques figure en bas du document
4
Encadré 1 : Changement climatique - Adaptation
L’adaptation anticipative : adaptation qui a lieu avant que les effets des
changements climatiques soient observables (appelée également adaptation
proactive)
L’adaptation autonome : adaptation qui n’est pas une réponse consciente
aux stimuli climatiques mais qui résulte des changements écologiques dans les
systèmes naturels, ou d’une évolution des conditions du marché ou de l’état de
bien-être dans les systèmes humains (appelée également adaptation
spontanée)
L’adaptation planifiée : adaptation résultant d’une décision stratégique
délibérée, basée sur une perception claire du fait que les conditions ont changé
ou sont sur le point de changer et qu’il convient de prendre des mesures pour
revenir.
5
programmes qui assurent leur épanouissement par la mise en valeur des atouts de leur
territoire. Ces atouts diffèrent d’une commune à une autre et sont pour la plupart des
communes du Bénin liés de façon intrinsèque aux ressources naturelles qui définissent les
moyens et modes d’existence de la majorité des populations locales.
Les ressources naturelles étant très soumises aux risques climatiques, les moyens et modes
d’existence le sont eux-aussi. Or, les risques climatiques, les moyens et modes d’existence
varient d’une zone agroécologique à une autre et d’une commune à une autre :
Sont fortement exposés aux risques climatiques dans les zones agro-écologiques du
centre et du nord, (i) les bassins versants, l’agriculture vivrière et des ressources et
(ii) les petits exploitants agricoles, les maraîchers et exploitants agricoles
émergeants, et les pêcheurs ;
Sont fortement exposés aux risques climatiques dans les zones agro-écologiques du
sud (i) l’agriculture vivrière, les terres, les ressources en eau, la santé humaine et la
biodiversité, et (ii) les petits exploitants agricoles, les pêcheurs et les éleveurs.
Par conséquent, le défi des changements climatiques se pose plus que jamais au niveau
local. Il va sans dire que les changements climatiques, outre les efforts au niveau national,
régional et international doivent être l’affaire des acteurs locaux. En d’autres termes, les
communes ayant en charge le développement local doivent inscrire les préoccupations des
changements climatiques au rang des défis majeurs. Cependant, il faut noter que les
capacités pour inciter et renforcer l’adaptation aux changements climatiques au niveau
décentralisé sont relativement limitées. Bien que des mécanismes endogènes de
préventions existent déjà, peu d’exercice de planifications adaptatives ont actuellement lieu
et des communautés locales ne sont pas encore entièrement engagées dans les actions
adaptatives.
Il est donc opportun de développer des stratégies et mesures locales d’adaptation afin que
les effets négatifs des changements climatiques sur les populations, les ressources
naturelles et les activités économiques soient réduits. L’élaboration de ces stratégies et leur
mise en œuvre sont bien possibles si les conditions requises sont réunies. Il s’agit de la
participation active de tous les acteurs,la mobilisation effective des ressources nécessaires
et la volonté politique.
6
DEUXIEME PARTIE
7
1. Approche pour l’intégration de l’adaptation aux changements
climatiques dans la planification du développement local
La mise en place du processus d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques
dans la planification du développement local, exige que des efforts soient consentis au début
pour garantir le renforcement des liens institutionnels entre les différentes structures
impliquées dans la mise en œuvre des activités et la participation active des communautés
locales. Les liens institutionnels sont requis entre les structures chargées de la conduite du
processus d’élaboration du document de planification ciblée2 (plan de développement
communal, etc.); les services compétents des mairies responsables de la planification et du
développement (service planification et développement local) et des questions de
l’environnement (service affaire domaniale et environnementale) ; les services étatiques
déconcentrés concernés et les Organisations de la Société Civile (OSC) locales impliqués
dans la question environnementale. Il est très important que ces liens se renforcent au fil du
temps afin d’assurer la durabilité des actions entreprises. Outre ces liens institutionnels, la
participation active des communautés locales est capitale dans le processus.
Le processus d’intégration sera conduit par une commission multi-acteurs et pluridisciplinaire
mise en place avec toutes les parties prenantes. Cette commission est mise en place par la
structure la plus concernée par le document de planification ciblée. Par exemple, s’il s’agit
d’intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans le Plan de Développement
Communal, il revient au Conseil communal de mettre en place la commission.
Le processus peut être exécuté en trois phases : 1. Phase préparatoire ; 2. Phase de
diagnostic participatif ; 3. Phase de planification
Encadré 2 : Membres d’une commission en charge de la conduite du processus
d’intégration dans le cas d’un PDC
2Le document de planification ciblée fait allusion au document dans lequel sera intégré l’adaptation aux
changements climatiques. Une liste de quelques documents de planification figure en annexe.
8
1.1. PHASE 1 : Prise de conscience de l’enjeu des changements
climatiques pour le développement local
Cette phase permet aux différentes parties prenantes de prendre conscience de l’utilité
d’intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans la planification locale. Elle est
structurée en 4 étapes.
Etape 1 : Prise de décision
Objectifs
Susciter la nécessité d’intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans la
planification
Faire approprier le processus à la Commission « Intégration »
Activités
Identification des acteurs clés et des personnes ressources
Elaboration des termes de référence des personnes ressources
Elaboration du plan d’action pour l’intégration de l’adaptation aux changements
climatiques dans la planification du développement local
Outils et supports méthodologiques
Convocations
Ateliers / Forum d’échanges
Kit d’informations
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Conseil Communal
Résultats attendus
Délibération sur la décision d’intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans
la planification du développement local
Termes de références des consultants à impliquer dans le processus
Chronogramme des activités liées à l’intégration
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Représentants des structures impliquées (services étatiques déconcentrés
concernés, ONGs locales, etc.)
Résultat attendu
Des méthodes variées peuvent être utilisées pour bâtir une base d’informations pour la
planification du développement à l’échelle locale, tel que le diagnostic conjoint ou participatif.
Le diagnostic participatif est une approche de la planification du développement qui implique
une sérieuse prise en compte des points de vue de tous les membres concernés dans la
communauté et qui nécessite un consensus sur les programmes de développement
communautaire. La préoccupation majeure du diagnostic participatif est la
responsabilisation, le partage d’expériences et de connaissances en vue de créer des
consensus et générer des engagements.
Au cours de cette phase de diagnostic participatif, le degré de vulnérabilité de la commune et
les possibilités d’adaptation seront évalués.
Étape 1 : Analyse de la vulnérabilité socio-économique des modes d’existence dans la
commune
Objectif
10
Évaluer la sensibilité de la commune aux risques climatiques
Activités
Identifier les risques climatiques récurrents dans la commune
Identifier les modes et moyens d’existence vulnérables aux changements climatiques
Évaluer le degré de vulnérabilité des modes d’existence
Outils et supports méthodologiques
Revue documentaire
Guide d’entretien
Grille d’observation
Matrice de sensibilité
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Consultants
Groupes socioprofessionnels
Autres parties prenantes (services étatiques déconcentrés concernés, ONGs locales,
etc.)
Résultat attendu
Matrice de sensibilité aux risques climatiques
Encadré 3: Politiques et Mesures – Sensibilité – Vulnérabilité
11
Étape 2 : Recensement des besoins en matière d’adaptation
Objectif
Identifier les mesures d’adaptation en vue de réduire la vulnérabilité de la commune
Activités
Recenser les mesures endogènes d’adaptation
Recenser les besoins urgents d’adaptation
Identifier les options potentielles d’adaptation
Outils et supports méthodologiques
Revue documentaire
Guide d’entretien
Grille d’observation
Arbre à problèmes
Diagramme des besoins prioritaires
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Consultants
Groupes socioprofessionnels
Autres parties prenantes (services étatiques déconcentrés concernés, ONGs locales,
etc.)
Résultat attendu
Carte d’adaptation
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Consultants
12
Groupes socioprofessionnels
Autres parties prenantes (services étatiques déconcentrés concernés, ONGs locales,
etc.)
Résultat attendu
Bilan diagnostic établi et validé
1.3. PHASE 3 : Planification des priorités
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Consultants
Groupes socioprofessionnels
Autres parties prenantes (services étatiques déconcentrés concernés, ONGs locales,
etc.)
Résultats attendus
Plan d’actions prioritaires établi et validé
Plan local d’adaptation
13
Étape 2 : Intégration du plan d’actions dans le document de planification ciblée
Objectif
Intégrer le plan d’actions dans la planification du développement local
Activités
Réunion de concertation entre la Commission « Intégration » et la structure en
charge d’élaborer le document de planification dans lequel l’adaptation aux
changements climatique sera intégrée
Outils et supports méthodologiques
Ateliers
Principaux acteurs
Commission « Intégration »
Représentants des structures impliquées (services étatiques déconcentrés
concernés, ONGs locales, etc.)
Résultat attendu
Le document de planification intégrant l’adaptation aux changements climatiques est
élaboré
Étape 3 : Adoption et approbation du document de planification ciblée
Objectif
Adopter le document planification ciblée et avoir l’approbation des parties prenantes
Activités
Ateliers de validation
Outils et supports méthodologiques
Ateliers
Principaux acteurs
Toutes les parties prenantes
Résultat attendu
Plan validé par toutes les parties prenantes
14
2. Activités complémentaires à l’intégration de la dimension
« changements climatiques » dans la planification du développement local
Certaines activités doivent être mises en œuvre à la suite des démarches précédentes qui
ont abouti à l’élaboration d’un plan local d’adaptation à savoir :
1. Choix d’une option prioritaire par secteur pertinent d’activité selon les spécificités de
la commune : agriculture, élevage, pêche, ressources en eau, énergie, zones
côtières, santé, etc.
2. Elaboration des fiches détaillées de projet pour les actions prioritaires retenues
3. Elaboration d’une stratégie de mobilisation de ressources
4. Organisation d’ateliers d’information sur le contenu du document à l’endroit des
communautés
Tableau1 : Exemples d’options et de mesures d’adaptation aux changements climatiques
(tirés de la DCN et d’autres sources)
Secteur Options Mesures d’adaptation
Agriculture Développement de systèmes Intensification de la
de production adaptés aux vulgarisation et de la
changements climatiques recherche de variétés
améliorées de culture ;
Facilitation de l’accès
aux intrants agricoles
adéquats en termes de
mécanisme
d’approvisionnement, de
crédits intrants;
Mise en place des
itinéraires techniques
adaptés aux nouvelles
contraintes climatiques
Ressources en eau Gestion des besoins en eau Renforcement des
capacités des structures
techniques compétentes
pour l’évaluation des
besoins en eau pour
divers usages.
Promotion de technique
de recyclage des eaux
usées ;
Promotion des
techniques de collecte et
de stockage de
l’eauIncitations
économiques ou fiscales
aux économies d’eau
dans les ménages, les
entreprises grandes
consommatrices d’eau,
etc.
15
Littoral Protection du littoral • Lutte contre l’occupation
anarchique des zones
humides, à travers
notamment une
sensibilisation plus accrue et
la prise de mesures
juridiquement contraignantes
;
• Elaboration d’un plan de
gestion intégrée des
inondations, comportant des
actions immédiates, à moyen
et long terme.
Santé Gestion des risques Prévention et gestion des
sanitaires épidémies
16
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
De nos jours, le développement des politiques et des mesures intégrant l’adaptation aux
changements climatiques représente un défi majeur pour le développement local. En effet,
avec les effets néfastes des changements climatiques actuels déjà ressentis par les
communautés et ceux projetés, les efforts de développement seront sérieusement ralentis si
des mesures concrètes et efficaces ne sont pas mises en œuvre.
L’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la planification du
développement local et la mise en œuvre d’actions concrètes au profit des communautés
notamment les plus vulnérables s’avèrent indispensables pour impulser le développement
dans un contexte très perturbé des régimes saisonniers aggravés de temps à autre par des
phénomènes climatiques extrêmes.
Cependant, il importe de ne pas perdre de vue le fait que cette intégration ne doit point se
limiter à un listing simple d’actions à entreprendre mais à l’élaboration d’un plan dont le
contenu répond aux besoins d’adaptation spécifique des communautés les plus vulnérables.
La priorité devra donc être accordée aux groupes vulnérables, aux activités les plus
sensibles, aux écosystèmes les plus exposés, etc. La mise en œuvre effective des actions
identifiées et planifiées exige des financements. Ainsi nous formulons les recommandations
suivantes à l’endroit des acteurs les plus impliquées dans l’exécution des activités.
Un effort de mobilisation de ressources doit être effectué par les acteurs en charge de
l’intégration afin que les actions pour l’adaptation aux changements climatiques identifiées
soient effectivement mises en œuvre. Des opportunités de financement existent, et il revient
aux communautés locales de rechercher l’information d’exprimer le besoin et de mobiliser le
financement. Toutefois, pour une adaptation réelle et efficace l’engagement financier et
technique des acteurs locaux eux-mêmes s’avère très utile.
Enfin, il faut reconnaitre que ce guide ne présente pas une approche figée mais plutôt se
veut un outil dynamique pour l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans
la planification du développement local. La mise en œuvre devra être adaptée au contexte
de chaque localité afin de cerner les réalités spécifiques des communautés les plus
vulnérables.
17
ANNEXES
I
LEXIQUE
La définition donnée aux termes ci-après est celle admise par la communauté scientifique
internationale en particulier par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du
Climat et la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.
Acteur: Le terme d’acteur fait référence généralement au public dans son ensemble et peut
comprendre tout individu ou tous les individus intéressés par un problème donné.
Alerte: Signal d’un danger imminent incitant à prendre des mesures de protection.
Cadres: Ensemble des conditions, hypothèses et suppositions qui déterminent la manière
d’aborder, percevoir, comprendre ou analyser un problème ou une thermique. C’est aussi la
manière d’organiser les données afin d’analyser et construire l’information nécessaire pour
analyser et comprendre un problème ou une thématique.
Capacité d’adaptation (par rapport aux conséquences des changements climatiques):
C’est la capacité d’un système, d’une communauté, d’un individu à s’adapter aux effets et
aux impacts du changement climatique (y compris la variabilité climatique). Elle dépend
essentiellement des ressources économiques, sociales et humaines d’une société. La faculté
d’adaptation des humains dépend de facteurs tels que la richesse, la technologie,
l’éducation, l’information, les compétences, les infrastructures, l’accès aux ressources et les
capacités de gestion.
Convention - cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) :
La convention établit le cadre pour la coopération internationale visant à lutter contre les
changements climatiques et leurs effets pervers. Elle a été adoptée le 9 mai 1992 à New
York et signée en Juin 1992 lors du Sommet Planète Terre à Rio de Janeiro (Brésil) par plus
de 150 pays et par la Commission Européenne. Son entrée en vigueur est intervenue en
Mars 1994.
Danger: Menace, conséquence d’une perturbation ou d’un stress, à laquelle un système
peut être confronté.
Données: Informations exprimées sous une forme conventionnelle pour permettre leur
traitement par des moyens adéquats.
Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) : Il est créé et
installé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des
Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) pour mieux comprendre et évaluer l’ampleur et
les effets des changements climatiques, et pour envisager d’éventuelles stratégies
d’adaptation et d’atténuation des changements attendus, il est chargé d’évaluer les
informations scientifiques relatives aux changements climatiques, de mesurer les
conséquences environnementales et socioéconomiques de ces changements et de formuler
des stratégies de parade réalistes.
Incidences (des changements climatiques) : Incidences des changements climatiques sur
les systèmes naturels et les systèmes humains. Selon que l’on tient compte ou non de
l’adaptation, on peut établir une distinction entre incidences potentielles et incidences
résiduelles :
Incidences potentielles : toutes les incidences susceptibles de se produire dans le
cadre d’un changement climatique prévu, sans qu’il ne soit tenu compte de
l’adaptation.
II
Incidences résiduelles : incidences des changements après adaptation.
Indicateur: Signal qui permet de détecter un phénomène et des tendances. Variable
sélectionnée pour transmettre l’information sur la condition et l’évolution d’un système.
Indice: Agrégation des indicateurs qui utilise un processus pour attribuer des poids ou des
valeurs relatives à des phénomènes ou situations particulières. La valeur obtenue peut servir
à déduire la probabilité d’occurrence d’un événement, analyser les impacts et les effets
probables ou faire le suivi des réponses.
Menace: Événement ou situation qui annonce un danger imminent.
Moyens d’existence: Les moyens d’existence regroupent les aptitudes, les biens (y compris
les ressources sociales et matérielles) ainsi que les activités nécessaires (modes
d’existence: petits exploitants, commerçants etc.) pour assurer le bien être. Un moyen
d’existence est durable lorsqu’il permet de faire face aux contraintes et aux chocs, de s’en
remettre, de maintenir ou d’améliorer ses capacités et ses biens, que ce soit dans le présent
ou dans l’avenir, tout en évitant de porter atteinte aux ressources naturelles. Les moyens
d’existence sont basés sur cinq formes de capital à savoir:
Capital humain: Il s’agit du statut des individus c’est-à-dire leurs compétences, leur
santé, leur état de nutrition, leur accès aux services médicaux, à la formation, à
l’école, aux télécommunications. Ce sont des éléments qui rendent les humains
productifs du point de vue économique.
Capital naturel: C’est l’ensemble des actifs naturels qui produisent des biens et des
services de façon continue. Ses principales fonctions sont la production de
ressources (comme les poissons, le bois et les céréales), le captage et la rétention de
l’eau, l’assimilation des déchets, les services de soutien à la vie (fourniture
d’oxygène, absorption de CO2, protection contre les rayons UV, biodiversité).
Capital social: Ce sont les caractéristiques de l’organisation sociale (telles que les
réseaux et valeurs, y compris la tolérance, l’inclusion, la réciprocité, la participation et
la confiance) qui facilitent la coordination et la coopération débouchant sur des
avantages mutuels. Le capital social est inhérent aux relations entre les différents
acteurs dans la société.
Capital financier : Réserves d’argent, économies, pensions, etc.
Capital physique: Infrastructures et patrimoines, usines, maisons, marchés, routes,
ponts, machines etc.
Options: Ce sont les différentes possibilités de mesures technologiques, politiques ou
autres que l’on peut prendre pour répondre aux impacts et effets des changements
climatiques. Les options technologiques connues sont les technologies actuellement
opérationnelles ou au stade pilote.
Outil: Instrument qui permet de réaliser un travail. Dans le cadre des changements
climatiques, des chercheurs ont proposé des « boîtes à outils » qui proposent un ensemble
de méthodes à utiliser seules, ou en en combinaison, selon les types et les phases
d’évaluation des études de la vulnérabilité ou de l’adaptation.
Phénomènes météorologiques extrêmes : Les phénomènes météorologiques extrêmes
peuvent inclure des conditions météorologiques telles que des tempêtes inhabituellement
violentes, des vagues de chaleur ou des sécheresses qui durent plus longtemps ou sont
III
marquées par des températures plus élevées qu’en temps normal, ainsi que des
précipitations d’un niveau exceptionnellement violent. Avec la poursuite du réchauffement
climatique la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes devrait augmenter, ce
qui est déjà une réalité dans diverses régions.
Planification: Elaboration et organisation d’activités au moyen de plans établis pour une
durée de plusieurs années et en fonction de priorités établies.
Prévention: Ensemble des dispositions prises pour prévenir un danger, un risque.
Probabilité: Calcul qui permet de mesurer le caractère aléatoire (possible et non certain)
d’un événement climatique ou d’un phénomène naturel par l’évaluation du nombre de
chances de sa réalisation.
Résilience: Holling en 1986, définit la résilience comme la capacité d’un système à
maintenir sa structure et ses modèles de comportement en dépit des perturbations.
Aujourd’hui, une définition plus complexe est donnée par le réseau «Resilience alliance» à
savoir la capacité d’un écosystème d’absorber des perturbations tout en maintenant sa
structure et son comportement. Elle peut être définie comme la capacité de se protéger des
perturbations, de s’auto-organiser, d’augmenter sa capacité d’apprentissage et d’adaptation
(Berkes et al. 2003).
Risque: Probabilité et importance d’occurrence d’une perturbation ou d’un stress dans une
région en un temps donné. Exemples de risques naturels : inondation, sécheresse,
glissement de terrain…
Stratégie: Ensemble d’opérations coordonnées et mesurées pour atteindre un but.
Variabilité climatique: Désigne des variations de l’état moyen et d’autres variables
statistiques (écarts types, phénomènes extrêmes, etc.) du climat à toutes les échelles
temporelles et spatiales autres que celles de phénomènes météorologiques particuliers. La
variabilité peut être due à des processus internes naturels au sein du système climatique
(variabilité interne), ou à des variations du forçage externe anthropique ou naturel (variabilité
externe).
IV
Exemples de documents de planification pouvant faire l’objet
d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques
Plan d’urbanisme dans les zones Ils précisent les formes d’aménagement
agglomérées ; nécessaires sur le territoire de la commune
concernée et sert de base aux plans de
lotissement
Règles relatives à l’usage et à l’affectation Elles font suite au SDAC et constituent les
des sols ; bases juridiques au niveau communal de
l’occupation du sol
V
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, 1992
VI