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Histoire Des: Mathématiques

L'Histoire des mathématiques s'étend sur plusieurs millénaires, avec des développements cloisonnés jusqu'au XVIIe siècle, puis une mondialisation des connaissances à partir du XIXe siècle. Les mathématiques préhistoriques sont mal connues, tandis que les civilisations antiques comme la Mésopotamie et l'Égypte ont établi des systèmes de numération et des méthodes de calcul. La Grèce antique a introduit l'abstraction et la démonstration rigoureuse, avec des figures emblématiques comme Pythagore et Euclide qui ont profondément influencé le développement des mathématiques.

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Histoire Des: Mathématiques

L'Histoire des mathématiques s'étend sur plusieurs millénaires, avec des développements cloisonnés jusqu'au XVIIe siècle, puis une mondialisation des connaissances à partir du XIXe siècle. Les mathématiques préhistoriques sont mal connues, tandis que les civilisations antiques comme la Mésopotamie et l'Égypte ont établi des systèmes de numération et des méthodes de calcul. La Grèce antique a introduit l'abstraction et la démonstration rigoureuse, avec des figures emblématiques comme Pythagore et Euclide qui ont profondément influencé le développement des mathématiques.

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L'Histoire des mathématiques s'étend sur plusieurs millénaires et dans de nombreuses

régions du globe, de la Chine à l'Amérique centrale. Jusqu'au xviie siècle, le développement


des connaissances mathématiques s'effectue essentiellement de façon cloisonnée dans diverses
régions du monde. À partir du xixe siècle et surtout au xxe siècle foisonnent des travaux de
recherche et la mondialisation des connaissances mènent plutôt à un découpage de cette
histoire en fonction des domaines de mathématiques.

Préhistoire
Les mathématiques préhistoriques sont mal connues, puisque l'activité mathématique est
essentiellement intellectuelle et ne laisse pas de traces archéologiques. Par exemple, on peut
imaginer que l'Homme a très tôt su compter sur ses doigts, mais rien ne permet de le prouver.
De plus, les quelques traces qui nous sont parvenues sont souvent interprétables de plusieurs
manières. Par exemple une série d'encoches de 13 traits dans la pierre est-elle : un processus
de comptage ? le signe de la connaissance des nombres premiers ? un calendrier ? ou une
expression artistique dénuée de tout lien avec les nombres ?

En ce début de XXIe siècle, le développement de l'ethnomathématique et de


la pédopsychologie éclairent un peu cette période, mais les résultats sont souvent soumis à
controverse1
L'os d'Ishango (datant de plus de 20 000 av. J-C) est généralement cité comme la première
preuve de la connaissance des nombres entiers et de la multiplication, mais les interprétations
qui en sont faites sont contestées.
Grandes civilisations antiques
Le développement de l'activité mathématique est liée à celui de l'écriture, et donc à
l'apparition des grandes civilisations. Les civilisations qui suivent sont à la source des
mathématiques occidentales.
Mésopotamie
La première forme d'écriture est apparue vers 3000 av JC en Mésopotamie. C'est l'écriture
cunéiforme : elle s'appelle ainsi parce qu'elle utilise deux symboles, des « flèches » et des
« couteaux ».
Des combinaisons de ces symboles peuvent servir aussi bien à écrire des mots que des
nombres. Les nombres entiers étaient écrits dans un système de numération en base 60 non
positionnel. En particulier, les entiers 1, 60 et 60*60 = 3600 s'écrivaient de la même manière.
Article à lire : Calcul mésopotamien.
Tablette provenant d'Uruk (vers 3200-3000 av. J.-C.) enregistrant des distributions de bière,
British Museum
Les tablettes (environ 400 connues) datant de cette période (-2000 à -1600) servaient à la
comptabilité, aux conversions de mesures, aux impôts, de modes d'emploi et à l'apprentissage
des scribes. On y rencontre des calculs sur les entiers et les fractions et des problèmes se
résolvant par des algorithmes (ils pouvaient résoudre des équations du premier et du deuxième
degré).
Les méthodes de calcul des babyloniens sont astucieuses et leur élaboration a dû demander
une réflexion. Malheureusement, on ne peut pas savoir avec certitude s'ils les comprenaient
véritablement. Aucune démonstration n'est en effet donnée (cela ne leur semblait peut-être pas
nécessaire). En revanche, on est sûr que les Babyloniens savaient compter, additionner et
multiplier des nombres entiers bien avant de savoir écrire.
Concernant la géométrie, il est plausible que les Babyloniens savaient calculer le périmètre
du cercle, l'aire du disque et le volume d'un cylindre (en prenant 3 pour valeur approchée de
π) et qu'ils connaissaient le théorème de Pythagore en tant que formule (aucune démonstration
n'a été retrouvée). On sait qu'ils n'avaient pas la notion d'angle, mais il connaissaient l'égalité
des rapports entre les côtés de triangles semblables, ce qui constitue les prémisses
du théorème de Thalès et de la trigonométrie.
Ces connaissances étaient utiles aux astronomes pour établir des calendriers et
des horoscopes. Elles ont été transmises aux Grecs via les Chaldéens après le IVe siècle et les
conquêtes d'Alexandre le Grand : Hipparque de Nicée et Ptolémée les ont utilisées et
améliorées. Les savants grecs ont utilisé le système sexagésimal, qui dure encore de nos jours
dans les mesures de temps (1 min = 60 secondes et 1 h = 60 min) et dans les mesures d'angles
(1° = 60' et 1 ' = 60)
Egypte Antique

Détail de la première partie du papyrus Rhind, British Museum


Les mathématiques égyptiennes se sont développées à partir de -1800. Elles étaient basées sur
un système décimal, où il existait un symbole pour 1, un symbole pour 10, un symbole pour
100… Toutes les opérations étaient ramenées à des additions et pour des valeurs inférieures à
1, il y avait des fractions unitaires simples (1/2, 1/3, 1/4,…).
Article à lire : Numération égyptienne.
Les sources qui nous sont parvenues sont les inscriptions sur les temples (les plus anciennes
car mieux conservées) et des papyrus (tous postérieurs aux pyramides). Les papyrus les plus
connus sont le Papyrus Rhind (vers -1650) et le Papyrus de Moscou (vers -1850) ; ils
décrivent des problèmes et leur solution et étaient probablement des « manuels scolaires »
pour les scribes.
Les égyptiens utilisaient des mathématiques principalement pour le calcul des salaires, la
gestion des récoltes, le calcul de surface et de volume pour la gestion des terrains agricoles et
l'organisation des chantiers d'irrigation et de construction.
On sait qu'ils savaient résoudre des problèmes avec des algorithmes simples (problème du 1er
et du 2nd degré), utiliser des coordonnées et calculer des surfaces (rectangle et cercle) et des
volumes dans des situations parfois complexes.
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Grèce antique
L'école d'Athènes, tableau de Raphaël, présentant notamment Pythagore, Aristote, Euclide,
Archimède entouré d'étudiants et Ptolémée
La Grande nouveauté des mathématiques de la Grèce antique est qu'elles quittent le domaine
de l'utilitaire pour entrer dans celui de l'abstraction. Les Grecs ont récupéré des éléments des
mathématiques babyloniennes et égyptiennes et ont surtout cherché à les asseoir sur des bases
solides en démontrant rigoureusement les théorèmes et méthodes utilisées.
Pour les Grecs, les seuls vrais nombres sont les entiers positifs (sauf 0 et 1) et les nombres
rationnels. Malheureusement, les traités mathématiques, transmis à travers leurs
traductions arabes, ne décrivent pas les méthodes de calcul utilisées. En particulier, les
méthodes d'addition et de multiplication d'entiers nous sont connues seulement à travers la
lecture des textes littéraires !
Article à lire : Mathématiques de la Grèce antique.

Pythagore
Pythagore de Samos - Grec (-569 ; -475)

Cliquer sur l'image pour voir d'autres portraits

Pythagore est né à Samos (Grèce) vers -570 avant J.C. Sa mère s’appelle Pythais et son
père Mnesarchus.
Il est à la fois mathématicien, astronome, savant et philosophe.
Pythagore ne nous laisse aucun écrit et de ce fait nous ne savons pas grand-chose de ses
travaux et de sa vie. Certains historiens prétendent même que le personnage
de Pythagore n’aurait pas existé et que son nom est plutôt associé à une communauté de
savants.
Pythagore acquiert ses connaissances au cours de ses voyages (Syrie, Egypte, Babylone, ...).
Il fait progresser l'arithmétique (science des nombres) et agrandit l'univers des maths avec la
musique (voir plus bas) et la mécanique.

Pythagore est un des premiers à affirmer que la terre est sphérique et qu'elle gravite avec
d'autres planètes autour d'un feu central. Mais cette théorie ne repose pas sur des concepts
scientifiques mais plutôt philosophiques et esthétiques. Pythagore considère la sphère comme
le solide le plus parfait. La terre qu’il voit comme une création de Dieu, ne peut avoir qu’une
forme parfaite donc sphérique. Le mouvement des planètes repond selon lui à une harmonie
musicale : l'harmonie des sphères.

Le théorème de Pythagore bien connu des élèves de 4e, n'est en fait pas une découverte
de Pythagore, il était déjà connu sur des cas particuliers par les Chinois et les Babyloniens
1000 ans avant lui. La Columbia Institut conserve la célèbre tablette d’argile qui présente ce
théorème. Elle est écrite en caractères cunéiformes et est baptisée Plimpton 322.
Les Egyptiens connaissaient aussi le théorème. Ils utilisaient la corde à 13
noeuds (régulièrement répartis) qui une fois tendue formait le triangle rectangle 3 ; 4 ; 5 et
permettait d’obtenir un angle droit entre deux « longueurs ». Corde qui sera encore utilisée
par les maçons du XXe siècle pour s’assurer de la perpendicularité des murs.

Cependant, les pythagoriciens généralisent le théorème pour tout triangle rectangle.


La formulation de l’époque, différente de celle d’aujourd’hui, ressemble certainement à ceci :
« Si on construit des carrés reposant sur les trois côtés d’un triangle rectangle, l’aire du
grand carré est égale à la somme des aires des deux petits ».
Euclide d'Alexandrie (-320? ; -260?), dans le Livre I des "Eléments", propose une des
premières preuves du théorème.
Voir des animations externes sur le théorème de Pythagore :
Animation 1 Animation 2
Une légende raconte que pour remercier les Dieux de cette découverte, les pythagoriciens
auraient sacrifié 100 bœufs. Cette anecdote nous explique l'origine du
mot "hécatombe" (cent=hekaton ; bœufs=bous). Pourtant s’il est vrai que toute légende repose
sur un fond de vérité celle-ci paraît peu probable vu que les pythagoriciens n’autorisent pas
que l’on tue des animaux qui peuvent être la réincarnation d’un humain.
Nous devons aussi à Pythagore, la propriété connue des élèves de 5e qui dit que :
« Dans un triangle, la somme des mesures de ses angles est égale à 180° ».
Une autre légende raconte comment Pythagore aurait posé les bases de la musique.
Dans une forge, Pythagore écoute résonner une enclume frappée par des marteaux de masses
différentes. Il comprend que les différences de résonances de l’enclume répondent à une loi
mathématique. Il établit ainsi la gamme musicale qui repose principalement sur les quatre
intervalles consonants (unisson, octave, quinte, quarte). Il montre par exemple qu’à partir
d’un DO, une corde deux fois plus courte permettrait d’entendre un DO élevé d’une octave,
une corde trois fois plus courte donnerait un SOL etc…
Pour Pythagore, la musique est un acte mathématique.

A Crotone, Pythagore crée une école proche d'une secte qui donne une interprétation
mystique des nombres : la Fraternité pythagoricienne.
Cette école comprend deux catégories de disciples :
• les acousmaticiens (qui ne s'attachent qu'au résultat d'une théorie : les auditeurs)
• les mathématiciens (qui démontrent le résultat : les initiés).
Son symbole est le Pentacle ou Pentagramme formé d’un pentagone et d’une étoile à cinq
branches. Cette figure qui possède la particularité de contenir le nombre d’or peut par
enchevêtrements se reproduire à l’infini.
Le fondement de la Fraternité est : "Tout est nombre".
"Nombre" au sens d'un entier ou d'une fraction. L'erreur des pythagoriciens est d'avoir
toujours nié l'existence des nombres irrationnels.
Par la diagonale d'un carré de côté 1, ils trouvent le nombre inexprimable qui étonne
puis bouleverse les pythagoriciens. Dans un carré d'une telle simplicité niche un nombre
indicible et jamais rencontré jusqu'alors. Cette découverte doit rester secrète pour ne pas
rompre le fondement même de la Fraternité jusqu'à ce qu'un des membres, Hippase de
Métaponte, trahisse le secret. Celui-ci périra "curieusement" dans un naufrage !
Les pythagoriciens proposent aussi une classification des nombres :
- 1, 4, 9, 16, ... sont appelés les carrés.
- 1, 3, 6, 10, 15, ... soient les nombres de la forme n(n+1)/2 sont appelés les triangles.
- les nombres non premiers sont appelés les rectangles ou oblong (voir Les nombres
premiers pour comprendre).

Cette classification associée à des figures géométriques mènent les pythagoriciens à


démontrer certaines formules telles que n2 + (2n + 1) = (n + 1)2
Le terme ajouté à n2 pour obtenir (n + 1)2 s'appelle le gnomon.
Les nombres figurés par Boèce (Vème siècle)
on retrouve les nombres triangles et carrés

Outre ces théories scientifiques, Pythagore s’attache aussi à des concepts philosophiques. Il
est peut-être même à l’origine du mot « philosophie » qu’il définit comme « l’amour de la
sagesse ».
Il croit en la métempsychose, doctrine d’origine indienne basée sur la transmigration de
l’âme. Les pythagoriciens prétendent pouvoir revivre sous une autre forme, se réincarner sous
une autre apparence, humaine ou même animale …
Aux environs de 510 avant J.C., la Fraternité pythagoricienne se trouve au centre de quelques
conflits dont l’attaque des habitants de Sybaris. Pythagore finit par fuir la ville et son école
pour s’exiler à Métaponte où il meurt à un âge très avancé.
La Fraternité perdurera pendant plus d'un siècle encore.

Si vous voulez aller plus loin, choisissez les liens suivants :


 Kangourou nous offre une très belle démonstration animée.
 math93 Une biographie très complète
 Nombre - Curiosités, théorie et usages Pythagore dans l'art, la philosophie, la
musique, ...
 L'encyclopédie de l'AGORA Autre biographie
 Bibliographie
Pythagore - Palazzo Nuovo - Rome

Euclide
Euclide d'Alexandrie - Grec (-320? ; -260?)

Euclide est un des plus grands mathématiciens de l’Antiquité et pourtant on ne connaît pas
grand chose de sa vie.
Il aurait commencé ses études dans l’Académie, l’école d’Athènes fondée par Platon. Il y
apprend la géométrie d’Eudoxe de Cnide(-408 ; -355) et de Théétète d'Athènes (-415 ; -369).
On sait qu’il vit à Alexandrie en Egypte, ville érigée par Alexandre le Grand en 331 avant J.C.
et célèbre pour son phare aujourd'hui détruit.
Dans la prestigieuse Ecole d’Alexandrie, il dirige une équipe de mathématiciens qui
participent à l’écriture de son œuvre. Cette école connaîtra plus tard d’autres savants tels
qu’Archimède de Syracuse (-287 ; -212) et Apollonius de Perge (-262 ; -190).
Copie en grec des Eléménts (IXème siècle)

L’ œuvre phénoménale, « Les éléments », que nous laisse Euclide, servira de base à toute la
géométrie pendant plus de 2000 ans. Après la Bible, c'est l'ouvrage qui possède le plus
d'éditions. Une vraie encyclopédie, composée de 13 livres, qui traite des figures géométriques,
des polygones inscrits et circonscrits à un cercle, des proportions, de la géométrie dans
l’espace ainsi que des nombres. Deux autres livres seront complétés plus tard
par Archimède (cercles, cylindres, Apollonius (cônes, coniques : ellipse, parabole,
hyperbole).
Les premières démonstrations rendent cette œuvre novatrice pour l’époque. Euclide apporte
des définitions rigoureuses et démontre les grands théorèmes de ses ancêtres, comme ceux
de Thalès de Milet (-624 ; -548) et Pythagore de Samos (-569 ; -475) par exemple.
Dans "Les éléments", on trouve en particulier les cinq postulats qui fondent les bases de la
géométrie.
« Postulat » vient du latin « postulare = demander ». Un postulat est un principe que l’on
demande d’accepter, qui est admis pour établir une démonstration ou pour la poursuite d’une
théorie.

Postulat 1 :
Par deux points distincts, il passe une droite et une seule.
Postulat 2 :
Tout segment est prolongeable en une droite.

Postulat 3 :
Deux points distincts étant donnés,
il passe un cercle et un seul de centre le premier point et passant par le second.

Postulat 4 :
Tous les angles droits sont égaux entre eux.

Postulat 5 :
Par un point extérieur à une droite, il passe une droite et une seule parallèle à la droite
donnée.

Ce dernier postulat aussi appelé Postulat d’Euclide est le fondement de la géométrie


euclidienne.
Puisqu’il est admis, un mathématicien russe Nicolaï Ivanovitch Lobatchevski (1793 ; 1856),
un hongrois János Bolyai (1802-1860) et un allemand Carl Friedrich Gauss (1777-1855)
affirmeront sa négation :
« Il existe une infinité de parallèles passant par un point extérieur à une droite donnée. »
Même si cela peut paraître surprenant, ils construisent, comme Euclide une nouvelle
géométrie complète et cohérente, la première géométrie non-euclidienne.

Lobatchevski

Par la suite, d’autres géométries non euclidiennes seront créées comme la géométrie
sphérique de l'Allemand Bernhard Riemann(1826-1866) :
« Il n'existe pas de parallèle passant par un point extérieur à une droite donnée. »
Un exemple "concret" de cette géométrie se trouve par exemple sur la sphère :
« Deux droites quelconques sont sécantes en deux points. (!!!) »
Dans le livre XIII, Euclide étudie aussi les cinq polyèdres réguliers (dits de Platon). Il
démontre qu’il en existe cinq et cinq seulement : le tétraèdre, l'octaèdre, l’icosaèdre, le cube et
le dodécaèdre.
(Les faces d’un polyèdre régulier sont des polygones réguliers tous identiques.)

Les livres VII, VIII et IX parlent d'arithmétique (science des nombres). Euclide travaille en
particulier sur les nombres premiers (nombre ayant aucun diviseur autre que 1 et lui-même) et
prouve entre autre que leur nombre est infini. Il ne l'affirme pas de cette manière car les grecs
de l'Antiquité refusent toute idée de la notion d'infini actuelle. Il énonce :
« Les nombres premiers sont plus nombreux que toute multitude de nombres premiers
proposés. »
Sa démonstration va dans ce sens. Soit un nombre premier : 7 par exemple. Démontrons qu'il
en existe un plus grand. Formons alors le produit des nombres premiers inférieurs ou égaux
augmenté de 1, soit 2x3x5x7+1. Ce nombre n'est pas divisible par 2, ni par 3, 5 ou 7. Il est
donc premier et plus grand que 7.
Ce raisonnement peut être reproduit avec tout nombre premier.
Il invente aussi un algorithme bien célèbre qui porte aujourd’hui le nom d’algorithme
d’Euclide permettant de calculer le PGCD de deux nombres. Algorithme qu'il utilise
également pour donner une méthode permettant de vérifier que deux nombres sont premiers
entre eux.

Son œuvre ne s’arrête pas aux "Eléments". Il énonce 94 propositions sur les figures dans «
Data », il étudie des partages de constructions dans « Les divisions », il étudie les perspectives
dans « Optique » et dans «Phénomène», il traite d’astronomie.
Si vous voulez en savoir plus, cliquez sur les liens suivants :
 CultureMath, un article complet et très illustré sur le savant.
 Mathix un article très intéressant et fort illustré
 TrigoFACILE une rubrique très complète sur le sujet
 math93 très complet aussi
 Internet Archive Les éléments d'Euclide par Oliver Byrne
 m@ths et tiques Les cinq polyèdres de Platon
 Bibliographie

Avec le compas, Euclide (vu par Raphaël)


Archimède
Archimède de Syracuse - Grec (-287 ; -212)
Archimède, fils de l'astronome Phidéas, né en 287 avant J.C. à Syracuse (aujourd'hui en Italie,
Sicile), fut certainement le plus grand savant de l'Antiquité.
Ses découvertes nous ont été transmises par des lettres qu'il a envoyé aux mathématiciens
célèbres de son époque.

Nous le connaissons d'abord pour avoir donné une approximation très précise (3,14185)
du nombre Pi.
Les géomètres grecs de l’Antiquité savent que la circonférence d’un cercle et son diamètre
varient de façon proportionnelle. Le rapport de la circonférence au diamètre reste donc une
valeur constante, il s’agit de Pi.
La démarche d’Archimède s’inspire de la méthode d’exhaustion due à Eudoxe de Cnide (-
408 ; -355).
Elle consiste à encadrer un cercle de rayon 1 par des polygones réguliers dont il sait calculer
le périmètre de façon précise.
Il applique cette méthode en prenant des polygones à 96 côtés et obtient une valeur approchée
de la circonférence pour en déduire un encadrement de Pi :

Ce qui est remarquable à cette époque puisqu'on ne dispose pas encore d'un système de
numération performant et les figures se dessinent souvent sur le sable.
Archimède généralisera et perfectionnera la méthode d’exhaustion pour de nombreux calculs
d’aires et de volumes en construisant une autre figure « très proche » dont on connaît l’aire ou
le volume.
Il prouve par exemple que l’aire d’une sphère est égale à quatre fois celle de son grand cercle
et qu'une boule inscrite dans un cylindre occupe les deux tiers de son volume.
Cette preuve aurait demandé tant d’efforts à Archimède qu’il fait le vœu que l’on grave sur sa
tombe une sphère inscrite dans un cylindre.

Archimède est aussi l'auteur d'une étude précise sur une spirale qui porte aujourd'hui le nom
de spirale d'Archimède. Chaque point de la spirale est défini à partir d'un angle polaire et
d'un rayon variant uniformément.
En physique, il étudie la statique, la mécanique, l'hydrostatique et l'optique. Il s'intéresse par
exemple aux centres de gravité définis dans son livre sur la mécanique. Et nous lui devons
bien sûr, la poussée d'Archimède à qui, il a laissé son nom.
"Tout corps plongé dans un liquide subit de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas
vers le haut, et égale, en intensité, au poids du liquide déplacé."
L'histoire raconte que le roi Hiéron posséde une couronne qui pèse bien le poids d'or qu'il a
donné à son bijoutier mais il n‘est pas sûr que le bijoutier ne l'ait pas trompé en travaillant la
couronne avec d’autres matériaux que de l’or pur.
Il demande donc à Archimède de s'assurer de la supercherie sans refondre la couronne. Dans
son bain, Archimède prend conscience de la poussée de l'eau sur tout corps plongé. Celui-ci
est si joyeux d'avoir trouvé la solution qu'il sort de l'eau et traverse la ville de Syracuse, tout
nu, en criant "Eurêka!" (J'ai trouvé!).

Ainsi Archimède pèse de l'or dans l'eau puis hors de l'eau. Il constate que dans l'eau, l'or perd
un vingtième de son poids. Il fait la même expérience avec la couronne du roi et s'aperçoit que
dans l'eau la couronne perd plus d'un vingtième de son poids. Donc la couronne n'est pas faite
que d'or pur. Le roi a été trompé !

Archimède est aussi un fabuleux inventeur de machines de guerre avec lesquelles la ville de
Syracuse résistera contre l'envahisseur romain pendant plusieurs années.
Il met au point la catapulte qui permet de projeter de lourdes pierres sur les vaisseaux
romains, le miroir parabolique que les syracusains utiliseront, dit-on, pour mettre le feu aux
voiles des navires. Il a également l'idée des meurtrières, trous de la largeur d’une main taillés
dans la muraille pour permettre aux archers de tirer des flèches tout en se protégeant.
Archimède est aussi l'inventeur de la roue dentée, de la poulie et du levier. Il met au point
des machines capables de décupler la force que l’on y exerce pour soulever des poids très
lourds.
Citons à ce sujet d’Archimède :
"Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde"

En Egypte, Archimède invente encore la vis sans fin (appelée aussi le limaçon) et la vis à
eau servant à faire remonter de l’eau que les habitants du bord du Nil utilisent pour arroser
leurs terrains agricoles.

Vis à
eau
Vis permett
san ant de
s faire
fin remonte
r un
liquide
Après plusieurs années de siège, les romains réussissent finalement à prendre la
ville. Archimède est épargné par le général romain Marcellus.
Mais une légende raconte la mort tragique d'Archimède. Le savant traçant des figures sur le
sol, est troublé par un soldat romain.
"Tu déranges mes cercles", dit-il.
Celui-ci, vexé, tue Archimède d'un coup d'épée.

Citons Plutarque (46 ; 125) qui raconte à propos de la mort d'Archimède :

Mais rien n'affligea tant Marcellus que la mort d'Archimède. Ce philosophe était alors chez
lui, appliqué à quelque figure de géométrie; et comme il donnait à cette méditation tout son
esprit et tous ses sens, il n'avait pas entendu le bruit des Romains qui couraient de toutes
parts dans la ville, et il ignorait qu'elle fût en leur pouvoir. Tout à coup il se présente à lui un
soldat qui lui ordonne de le suivre pour aller trouver Marcellus. Il refuse d'y aller jusqu'à ce
qu'il ait achevé la démonstration de son problème. Le Romain, irrité, tire son épée et le tue.
D'autres disent qu'un soldat étant allé d'abord à lui, l'épée à la main, pour le tuer, Archimède
le pria instamment d'attendre un moment, afin qu'il ne laissât pas son problème imparfait; et
que le soldat, qui se souciait fort peu de sa démonstration, le perça de son épée. Un troisième
récit, c'est qu'Archimède étant allé lui-même porter à Marcellus, dans une caisse, des
instruments de mathématiques, tels que des cadrans au soleil, des sphères, et des angles avec
lesquels on mesure la grandeur du soleil, des soldats qui le rencontrèrent, croyant que c'était
de l'or qu'il portait dans cette caisse, le tuèrent pour s'en emparer. Mais ce qui est avoué de
tous les historiens, c'est que Marcellus fut très affligé de sa mort, qu'il eut horreur du
meurtrier comme d'un sacrilège, et qu'ayant fait chercher les parents d'Archimède, il les
traita de la manière la plus honorable.

Empire romain
Les Romains écrivaient les nombres avec des chiffres représentés par des lettres I (1), V (5),
X (10), L (50), C (100), D (500) et M (1000). Pour le calcul, ils utilisaient une planche à
compter appelée abaque, qui était pratique pour l'addition mais assez peu pour la
multiplication.
Article à lire : Chiffres romains.
Les Romains on récupéré les connaissances mathématiques grecques mais les ont très peu
développées. On peut citer les découvertes géométriques de Ptolémée (IIe siècle après J-C),
mais il les a développé principalement pour sa pratique astronomique.
On a tendance à décrire les Romains comme des pragmatiques, peu intéressés par
l'abstraction, et cherchant l'efficacité. Ils ont utilisé les mathématiques surtout pour mener à
bien leurs grands travaux (construction d'aqueducs, de temples, de monuments) pour lesquels
ils ont développé une grande précision.
Autres grandes civilisations
D'autres civilisations ont développé des mathématiques originale indépendamment des
mathématiques occidentales.
Chine
Les mathématiques chinoises sont apparues vers -1400. Les Chinois utilisaient un système de
numération à base décimale sans zéro, et savaient écrire les nombres négatifs et les nombres
décimaux.
Article à lire : Numération chinoise.

Diagramme représentant les 64 hexagrammes du Yi Jing envoyé à Leibniz en 1701


Les mathématiques chinoises se sont développées indépendamment des autres civilisations.
Leurs résultats et théorèmes précèdent parfois de plusieurs siècles leur équivalent en occident.
Au contraire des grecs, la recherche mathématiques est pratique et technique, tournant autour
de l’amélioration d’algorithmes.
La période la plus ancienne (-1400 à -200) est mal connue. Il ne nous est parvenu que
quelques ouvrages :
 Yi Jing (environ -1000) : un livre de divination utilisant un système binaire complexe
 Mo Jing (330 avant J-C) : un traité de géométrie qui définit les formes fondamentales
(point, ligne, cercle, rayon…) et donne des méthodes de mesure
 Zhou Bi Suan Jing (entre -1000 et -250) : un recueil de calculs astronomiques, qui
contient une démonstration du théorème de Gougu (équivalent du théorème de
Pythagore)
Sous la dynastie Han (-206 à 220), les mathématiques se développent grâce au suan zi (calcul
avec des baguette, ancêtre de l'abaque) et à l'invention du système de numération décimale
positionnel à 9 symboles. Les deux grands livres de l'époque, Neuf Chapitres sur l'art
mathématique (Jiǔzhāng Suànshù, Ier siècle avant J-C) et Écrits sur le calcul (Suan shu shu,
186 après J-C) détaillent des méthodes de calcul de racine carrée, de résolution d'équation et
de système d'équations (jusqu'à 5 inconnues). Elles étaient utilisées dans l'astronomie,
l'arpentage, l'ingénierie, la comptabilité et la finance.
Durant la période des 3 royaumes, Liu Hui (IIIe siècle) et Zu Chongzi (IVe siècle) calculèrent
une valeur approchée de π à 6 cinq chiffres après la virgule (ce qui ne fut pas amélioré
pendant 900 ans), utilisèrent la triangulation, donnèrent les formules du volume du cylindre et
de la sphère, et furent les premiers à développer des éléments de calcul infinitésimal. Sous la
dynastie Tang (618-907), les mathématiques intègrent la formation des fonctionnaires
impériaux.
Le XIIIe siècle sera celui de la renaissance des mathématiques chinoises. Qin Jiushao, Li Ye,
Yang Hui et Zhu Shijie (qui a écrit le Miroir de Jade des quatre éléments en 1303) donnent
des méthodes de résolution de systèmes d'équations complexes et des équations du second,
troisième et quatrième degré, notamment en utilisant la géométrie et l'algèbre. Guo Shoujing
et Shen Kuo développe la trigonométrie pour l'astronomie.
Du XIV au XVIIe siècle, la Chine se détourne des mathématiques et de la physique pour
favoriser la botanique et la pharmacologie. Cependant c'est l'époque où le boulier remplace les
baguettes pour les calculs, ce qui facilite grandement les calculs complexes. Dans les siècles
qui suivront les mathématiques occidentales arriveront et se diffuseront en Chine grâce
aux jésuites.
Amérique précolombienne
Les civilisations précolombiennes (Maya, Incas, Aztèques) ont développé des mathématiques
qui sont pour certaines assez bien documentées.
Mayas
La civilisation Maya s'est développée entre environ 2600 avant J-C à 1520 après J-C au sud
du Mexique. Elle utilisait une écriture des nombres en base 20 qui s'inspire sans doute de
l'écriture des nombres Olmèques (de 2300 avant J-C à 500 avant J-C) pour les symboles et des
nombres Zapothèques (de 500 avant J-C à 1500 après J-C) pour la base 20. Ils utilisaient
deux zéros : l'un pour indiquer une place vide dans un nombre (comme dans 101) et l'autre
pour une mesure nulle (comme dans 0 mètre).
Article à lire : Numération maya.
Les sources sont des codex écrits autour du XIIIe siècle qui ont survécu aux destructions de
l'Inquisition espagnole. Les Mayas utilisaient principalement le calcul (peu de géométrie) et
servaient surtout à l'établissement des calendriers et à l'astronomie.
Alors qu'ils ne travaillaient qu'à l'oeil nu, leurs observations de la Lune et des planètes étaient
très précises. Ils ont mesuré la durée de l'année solaire de manière plus précises que les
astronomes européens de la même époque : 365,2420 jours chez les Mayas contre 365,2425
jours pour le calendrier grégorien alors que la valeur actuelle est de 365,2422 jours.
Nazca
La civilisation Nazca s'est développée entre 200 avant J-C et 600 après J-C dans le sud du
Pérou. Elle est connu pour les lignes de Nasca. Beaucoup d'entre eux sont des formes
géométriques et selon certains archéologues 2, ils pourraient représenter un calendrier
astronomique, dont les lignes pointeraient vers des étoiles remarquables ou des constellations.
Cette théorie est contestée.
Incas

Dessin d'un quipu


La civilisation Inca s'est développée entre environ 1200 et 1530 après J-C dans les Andes.
Elle utilisait un système de numération positionnel à base 10, assez proche de celui utilisé
aujourd'hui en Occident. Cependant, comme les incas ne connaissaient pas l'écriture, ils
utilisaient des cordes à nœuds (les quipus) pour mémoriser les nombres : un type de nœud
pour l'unité, un type de nœuds pour la dizaine et un type de nœud pour la centaine.
Ces quipus servaient principalement aux statistiques de l'empire Inca : recensement de la
population et des troupeaux, état des stocks de céréales, impôts, contrats et ventes, dates
importantes… Ils étaient utilisés uniquement par des fonctionnaires spécialisés.
Aztèques
La civilisation Aztèque s'est développée entre environ 1200 et 1530 après J-C dans l'actuel
Mexique. Ils utilisaient une écriture de position à base 20, comme les Mayas. C'est la seule
civilisation précolombienne à avoir laissé des documents d'arpentage, écrit avec des glyphes.
Les mathématiques aztèques leur permettaient de tenir un registre des cadastres, de tenir les
comptes des propriétés agricoles, de calculer les impôts et d'élaborer un calendrier cyclique
précis.
Inde

Évolution des numérations indiennes et arabes


La Civilisation de l'Indus remonte à 3300 avant J-C. Les traces archéologiques les plus
anciennes retrouvées (notamment des instruments de mesure) montrent qu'elle utilisait un
système décimal et des systèmes de mesures assez précis. La religion a eu une forte influence
sur le développement des mathématiques.
Les Sulba-Sutras, des appendices aux Védas, sont des ouvrages de géométrie qui permettaient
de construire des autels conformes à la religion védique. Ils montrent que les Indiens savaient
calculer les aires des quadrilatères et du cercle, connaissaient le théorème de Pythagore et
pouvaient résoudre des équations simples.
C'est durant les premiers siècles de notre ère qu'un système décimal de position est mis en
place pour écrire les nombres. Il sera récupéré par les arabes, et transmis en Europe plus tard.
La fascination pour l'infini a eu une grande importance dans les mathématiques indiennes :
symbole pour l'infini et le zéro, différence entre dénombrable et indénombrable…
Durant la période dite classique (de 400 à 1200 après J-C), les mathématiques se développent
de manière rigoureuse, en grande partie grâce aux besoin de l'astronomie : utilisation
des nombres négatifs, tables trigonométriques, prémisses du calcul infinitésimal, résolution de
systèmes d'équations… Les grand mathématiciens de l'époque sont Aryabhata (VIe siècle),
Bhaskara I (VIIe siècle), Brahmagupta (VIIe siècle) et Bhaskara II (XIIe siècle).

Japon
Sangaku japonais datant de 1859
Le Japon a une longue histoire. Le développement des mathématiques a principalement eu
lieu durant l'époque Edo (1603-1867), quand le pays est coupé du reste du monde. Les
mathématiques japonaises (wasan) s'opposent aux mathématiques occidentales (yosan) et
seront abandonnées à l'époque Meiji(1868-1912) quand l'empereur ouvrira son pays au reste
du monde.
Les mathématiques japonaises prennent leur source dans les mathématiques chinoises. Les
mathématiciens japonais vont développer l'arithmétique et le calcul infinitésimal. Yoshida
Schichibei Koyu a écrit Jinkoki (1627), un livre sur les méthodes de calcul avec le boulier
japonais (le soroban).
Parmi les traces archéologiques, il y a les sangaku3 : des tablettes, souvent en bois, proposant
un problème mathématique (souvent géométrique) aux étudiants. Au verso, la solution est
détaillée et le résultat est donné. Ils montrent que les japonais maîtrisaient bien les théorèmes
de géométrie euclidienne(sans passer par la démonstration axiomatique des Éléments) et
résolvaient des problèmes complexes de calcul de longueurs de surface et de volume (avec
des polyèdres, des cercles, des ellipses, des paraboles, des sphères...).
Civilisation islamique
Entre 600 et 1500 après J-C, le monde arabo-musulman connaît un développement important
des mathématiques. Héritiers des Grecs et des Indiens, les mathématiciens arabes vont
profondément transformer la discipline, développant la géométrie et la trigonométrie et
fondant l'algèbre. Elles seront transmises à l'Occident vers la fin du Moyen-Âge.
Article à lire : Mathématiques de la civilisation arabo-musulmane.
Les mathématiques occidentales

Moyen-Âge et Renaissance
Manuscrit du Liber abaci, conservé à la Bibliothèque nationale de Florence
Les mathématiques stagnent en Europe médiévale. Du Ve au Xe siècle, le trivium (rhétorique-
grammaire-dialectique) domine le quadrivium (arithmétique-musique-géométrie-astronomie).
Elles connaîtront un nouvel essor à partir du Xe siècle avec la découverte des textes arabes
(en Espagne musulmane et en Sicile), qui véhiculent la science grecque.
Gerbert d'Aurillac (938-1003) va faire découvrir l'écriture des nombres en chiffres arabes.
Mais c'est durant les XIIe et XIIIe siècles que les musiciens et les commerçants vont les
adopter et les diffuser, pour des raisons de facilités de calcul. Léonard de Pise, dit Fibonacci
(Italie, 1180-1250) va écrire un traité de leur utilisation, le Liber abaci. Les nombres
irrationnels et les nombres négatifs vont être utilisés et acceptés comme solutions à des
problèmes, ce que les mathématiciens arabes avaient refusé de faire.
Omar Khayyam (livre)

En 1434, Gutenberg invente l'imprimerie. La fabrication plus rapide et facile de livres va faire
baisser les prix, ce qui permettra une diffusion plus aisée et rapide des connaissances
scientifiques. Les premiers livres de mathématiques imprimés sont Les éléments d'Euclide en
1482, De la sphère et du cylindred'Archimède et la Summa de Lucas Pacioli en 1492
(compilation du savoir mathématique de l'époque). Des bibliothèque publiques sont ouvertes
par les princes pour abriter ces ouvrages, comme à Florence ou Rome.
Giordano Bruno (livre)
Durant la Renaissance, les sciences se développent en parallèle des autres sciences,
notamment en Italie, en France, en Pologne et en Allemagne. les mathématiciens inventent de
nouvelles notations pour écrire des nombres et des calculs de plus en plus complexes. Jusqu'à
présent en effet, les résolutions se faisaient essentiellement en phrases, ce qui rendaient les
textes longs et confus. Les symboles mathématiques inventés par le français François Viète, le
hollandais Simon Stevin, l'allemand Stifel, l'anglais Recorde, l'italien Raphaël Bombelli, et
bien d'autres, permettront de les alléger considérablement.
Ce nouveau langage permettra le développement de l'algèbre fondée par les mathématiciens
arabes. Les mathématiciens italiens du XVIe siècle vont se stimuler à travers des défis et
trouver les formules pour calculer les solutions d'équations du troisième et du quatrième
degré.

François Viète - Français (1540 ; 1603)

François Viète est né en 1540


à Fontenay-Le-Comte en Vendée. Dès
l’age de 18 ans, il se lance dans des
études de droit à l’université de Poitiers.
Il y réussit et devient rapidement avocat
au parlement de Paris. En 1573, il sera
nommé conseiller au parlement de
Rennes.
Sa profession ne lui laissant que peu de
temps pour étudier les sciences, il se
consacre aux mathématiques pour le
plaisir qu’il prend comme un loisir. Et
pourtant, Viète est considéré aujourd’hui
comme l’un des plus grands
mathématiciens de son temps.

En 1571, il publie un premier ouvrage de


trigonométrie "Canon
mathematicus" où il présente de
nombreuses formules de cosinus et sinus
qui permettent de simplifier les calculs,
ainsi que des tables trigonométriques.
Viète fait évoluer la trigonométrie pour
lui donner le caractère qu’on lui connaît
aujourd’hui. Depuis Mohammed al
Battani (850 ;929) et Muhammad Abu'l-
Wafa (940 ;998) elle n’avait pas connu
de telles avancées.

En 1580, Viète est nommé maître des requêtes au parlement de Paris et conseiller privé
d’Henri IV. Il est chargé de décrypter les messages secrets interceptés que s’envoient les
espagnols. Il y arrive systématiquement ce qui provoque l’exaspération de ses ennemis qui
finissent par l’accuser de sorcellerie et le dénoncer au pape.
Pour se défendre de ses accusateurs, Viète exposera en 1590 sa méthode dans un traité.

Henri IV
En 1591, il publie un nouvel ouvrage de
18 pages, "In artem ananyticam
isagoge" qui représente une avancée
considérable pour l’algèbre. Avec Viète,
le calcul littéral trouve ses bases dans le
but de résoudre tout problème. Les
grandeurs cherchées sont désignées par
des voyelles et les grandeurs connues par
des consonnes.
Les symboles d’opérations sont
officialisés : +, -, une barre horizontale
pour : et in pour x ; la multiplication par
2 est notée bis. Pour les parenthèses, il
utilise des accolades.
La notion d’équations y est longuement
développée et une théorie sérieuse
commence à se mettre en place. Avant
les équations étaient résolues de façon
géométrique. Les identités remarquables,
par exemple, reposant par le passé sur
des concepts géométriques deviennent
avec Viète des formules proprement
dites.
Par exemple, l’équation 12 + 5 x = 20 se
note 12 + 5 in A aequatur 20.
Viète calcule également une valeur
approchée avec 10 décimales exactes
de Pi.

L'Algèbre nouvelle :Traduction en français par


En 1593, dans son "Huitième livre des Vasset de "In artem ananyticam isagoge".
réponses variées", il étudie les grands Le personnage de gauche est Apollonius et celui de
problèmes de l’Antiquité comme celui droite est Viete.
de la trisection d’un angle ou celui de la
quadrature du cercle.
François Viète restera au côté d’Henri
IV jusqu’en 1602 pour s’éteindre un an
plus tard à Paris, le 13 décembre 1603.
Evangelista Torricelli (livre)
Galilée (livre)

2e semestre
XVIIe et XVIIIe siècles
La vie scientifique
Durant cette période, la science s'autonomise, se codifie et s'éloigne de la
religion. Galilée, Francis Bacon et René Descartes établiront les règles de la méthode
scientifique. Rompant avec la pensée antique, qui cherchait à expliquer le pourquoi, il s'agit
désormais d'expliquer le comment.
Les mathématiques deviennent le langage permettant aux autres sciences de décrire la nature.
En 1623, Galilée écrit dans Il Saggiator : « L'univers est écrit en langue mathématique, et ses
caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen
desquels il est humainement impossible d'en comprendre un mot.}}
Les savants sont souvent des amateurs. S'ils ont de la chance, ils sont pris en charge par
un mécène, qui leur demande souvent d'être précepteur de leur enfant en échange. Il faut donc
suivre la cour du protecteur, et les mathématiciens sont isolés les uns des autres. Mais le
développement de la correspondance au XVIIe siècle et des périodiques au XVIIIe siècle va
permettre d'échanger des idées à travers toute l'Europe.
Les Universités, fidèles au cursus médiéval, ne jouent aucun rôle dans le développement des
sciences. Les mathématiciens sont des innovateurs et forment un réseau indépendant, souvent
en lien avec la Compagnie des Jésuites (comme Descartes, Mersenne, Fontenelle ou Cassini).
En revanche, les pouvoirs royaux vont créer des académies de savants où ils pourront se
rencontrer, mener leurs travaux et valider les avancées scientifiques : Academia dei lincei
à Rome (1603), Royal society à Londres (1645), Academia del Cimento à Florence (1657),
Académie des sciences à Paris (1666)…
Les voyages permettent le brassage des idées et des cultures. Paris, Florence, Amsterdam,
Londres, Rome sont des passages obligés pour l'étudiant en mathématiques. Le latin reste la
langue de référence pour communiquer. Cependant au XVIIIe, les idées
des Lumières poussent à diffuser la connaissance au plus grand nombre et les langues
nationales gagnent du terrain. L'Encyclopédie est écrite en français. Plusieurs de ses
rédacteurs sont des mathématiciens importants, en particulier Jean Le Rond d'Alembert.
Naissance de l'analyse
La principale avancée de cette période concerne la naissance de l'analyse, avec l'invention de
la géométrie analytique et du calcul infinitésimal. On peut aussi noter l'invention
du logarithme en 1614 par l'anglais John Napier qui facilitera et raccourcira grandement les
calculs.

Le calcul infinitésimal permet à Newton de calculer les orbites des astres du système solaire
La géométrie analytique est inventée par Renée Descartes en 1637 dans La géométrie. A la
suite de Galilée qui a amené le mouvement dans la géométrie, Descartes voit les courbes
comme l'évolution d'un point dans le temps. Il innove en plaçant ces courbes dans un repère et
en voyant les coordonnées comme des fonctions du temps. Il se lance alors dans une
classification des courbes selon l'équation qui lie leurs coordonnées.
Le calcul infinitésimal est inventé en parallèle par l'anglais Isaac Newton entre 1671 et 1704
(pour exprimer et utiliser ses lois de la gravitation) et l'allemand Gottfried Leibniz entre 1675
et 1684 (pour résoudre des problèmes de calcul d'aires et de tangentes à une courbe). Une
querelle de postérité aura lieue entre ces deux savants.
Le développement de l'analyse s'est nourri des problèmes de l'astronomie et de la physique.
Le monde et ses lois vont être traduits en équations, que l'on manipulera avec le calcul
infinitésimal et visualisera avec la géométrie analytique. Mécanique des corps, mécanique des
fluides, mécanique des ondes, optique, acoustique… aucune science n'échappera à la
mathématisation. La prédiction en 1705 par Edmund Halley du retour de la comète qui portera
son nom marquera le triomphe de la physique mathématique.
Une synthèse des connaissances en analyse sera menée au XVIIIe siècle par les deux grands
mathématiciens du siècle, le suisse Leonhard Euler (étude de la fonction exponentielle et des
fonctions trigonométriques, classification des fonctions, établissement des notations encore
utilisées aujourd'hui) et le français Joseph-Louis Lagrange (règles du calcul différentiel et du
calcul intégral).
Les autres domaines
D'autres disciplines connaissent d'importantes innovations :
 Probabilités : elles sont inventées par Blaise Pascal et Pierre de Fermat en 1654. Elles
seront développées tout au long du XVIIIe siècle.
 Algèbre : les mathématiciens recherchent sans succès les formules donnant les
solutions des équations du cinquième degré et plus ; le concept de matrice est
développé à partir de 1748 par les britanniques Colin MacLaurin et Gabriel Cramer ;
en 1746, après plusieurs tentatives infructueuses d'Euler et Lagrange, D'Alembert
démontre, mais de manière imparfaite, le Théorème fondamental de l'algèbre.
 Géométrie : de nouvelles branches émergent, développant des points de vue différents
et originaux ; Girard Desargues fonde la géométrie projective en 1636 dans Pratique
de la perspective, ses travaux seront développés par Blaise Pascal, Philippe de la Hire
et Isaac Newton et mèneront à la géométrie descriptive de Gaspard Monge dans les
années 1790 ; Leonhard Euler fonde la théorie des graphes en résolvant le problème
des sept ponts de Königsberg en 1736.
 Arithmétique : Bachet de Méziriac traduit les Arithmétiques de Dophiante en 1624 ;
Pierre de Fermat énonce un grand nombre de propositions, dont son Grand Théorème,
dont la quête de la démonstration occupera les mathématiciens pendant 300 ans ;
Mersenne, Fermat, Goldbach, Descartes et Euler s'intéressent aux nombres
premiers (formules pour en trouver, répartition dans la suite des nombres entiers).
XIXe siècle
La vie scientifique
Les mathématiques sont dominées au début du siècle par Carl Friedrich Gauss et à la fin
par Henri Poincaré. La discipline se professionnalise. Jusqu'à présent, seuls de fortunés
amateurs pouvaient soit pratiquer eux-mêmes, soit entretenir des génies. En plus, il est
désormais très difficile de maîtriser l'ensemble des sciences et les savants sont de moins en
moins polyvalents. Gauss et Poincaré sont les derniers génies universels.
Les revues spécialisées se multiplient : Journal für die reine und angewandte Mathematik de
Crelle, Journal de mathématiques pures et appliquées de Liouville,Acta Mathematica de
Mittag-Leffler… Le latin est remplacé par les langues nationales. La France et l'Allemagne
sont en pointe, suivis par la Grande-Bretagne et l'Italie.
Pour faire face aux besoins du progrès technique (machine à
vapeur, électricité, magnétisme…), la société est en demande d'ingénieurs aux méthodes
efficaces et rapides. Pour les former les universités se modernisent et accueillent les sciences
modernes et de grandes écoles sont crées : Polytechnique, Centrale… La séparation
mathématiques pures et mathématiques appliquées apparaît.
La quête des fondements
Le XIXe siècle est une longue quête de la clarification des fondements de la discipline. Les
mathématiciens rêvent d'une science absolument rigoureuse et claire : Charles Babbage
et Ada Lovelace s'interrogent sur les machines à calculer et la programmation (entre 1812 et
1844) ; George Boole établit les règles de la pensée logique (1854), Georg Cantor fonde la
théorie des ensembles en s'interrogeant sur la nature de l'infini (1872), Giuseppe Peano
détermine les axiomes fondamentaux de l'arithmétique (1889). Ces travaux sont la source de
la crise des fondements du XXe siècle.
L'arithmétisation de l'analyse
Augustin Louis Cauchy met de l'ordre dans l'analyse en définissant rigoureusement les
notions (limite, infiniment petit), en choisissant des notations rigoureuses et en redémontrant
les théorèmes fondamentaux. Cela permet à lui et ses successeurs de développer la théorie des
fonctions à variable complexe et la résolution des équations différentielles. Bernhard
Riemann (en utilisant la géométrie) et Karl Weiestrass (utilisant la logique pure)
synthétiseront ces travaux et détailleront la construction des ensembles de nombres.
L'algèbre moderne

La géométrie à la surface d'une sphère est une géométrie non-euclidienne


Le siècle commence avec un coup de tonnerre : après plusieurs siècles de recherches
infructueuses, deux jeunes mathématiciens mettent un coup d'arrêt à la recherche des formules
donnant les solutions des équations de degré 5 et plus. Niels Abel montre qu'elles n'existent
pas pour le degré 5 en 1821 et Évariste Galois qu'elles n'existent pour aucun degré supérieur
en 1832. L'algèbre moderne se développera sur leurs travaux et sera utilisée en physique au
XXe siècle (notamment dans la théorie de la relativité).
Géométries non euclidiennes
La résolution d'un autre problème millénaire aboutit à la création d'un nouveau domaine. Les
mathématiciens comprennent que le postulat des parallèles de la géométrie euclidienne peut-
être changé et qu'alors on peut construire des géométries très différentes mais tout à fait
cohérentes. Janos Bolyai (1829) et NikolaÏ Lobatchevski (1832) créent la géométrie
elliptique, Bernhard Riemann (1854) et Hermann von Helmholtz (1867) la géométrie
hyperbolique. Henri Poincaré et David Hilbert mettront en valeur l'importance de ces travaux
à la fin du siècle.
XXe siècle
La vie scientifique
Les mathématiques de la première moitié du siècle est dominée par le mathématicien
allemand David Hilbert. En 1900, au congrès international des mathématiques, il présente une
liste de 23 problèmes non résolus particulièrement importants. Ces problèmes couvrent une
grande partie des mathématiques et donnent le ton de la recherche au XXe siècle.
Grâce aux progrès des transports et des communications, la mondialisation a aussi touché la
recherche mathématique. De nouveaux pays ont émergé dans la recherche mathématique de
pointe : États-Unis, Canada, Russie, Japon, et plus récemment Chine, Brésil et Inde.
Le métier s'est fortement spécialisé : on ne rencontre plus de mathématicien maîtrisant
l'ensemble des disciplines, chacun d'entre eux est spécialiste d'un domaine particulier. Le
nombre de mathématiciens et le rythme de la recherche ont explosé : en 1900, on estime que
quelques centaines de mathématiciens publiaient environ 900 mémoires par an, contre
quelques centaines de milliers de chercheurs pour plus de 15 000 mémoires par an
actuellement.
De nombreux colloques et séminaires se sont tenus à un rythme soutenu dans toutes les
régions du monde, participant au partage des connaissances. Hormis durant les deux Guerres
Mondiales, un Congrès International des Mathématiques s'est tenu tous les quatre ans. De
nombreux prix récompensent régulièrement les grands mathématiciens.
La crise des fondements
Suite aux travaux du XIXe siècle, David Hilbert veut à donner des bases solides à l'ensemble
des mathématiques. En effet les travaux de Cantor et Peano ont révélé des paradoxes, comme
le paradoxe du barbier ou l'hôtel de Hilbert, ce qui est insupportable pour une science obsédée
par la cohérence.
Au début du siècle, Gottlob Frege cherche à réécrire l'ensemble des connaissances
mathématiques en partant de la théorie des ensembles de Cantor. Bertrand Russell pointe
les paradoxes qui surgissent quelque soit l'approche choisie. Les mathématiciens du groupe
Bourbaki mèneront un important travail de synthèse entre les années 30 et 50, ce qui
débouchera sur ce qu'on a appelé les « maths modernes ».
La quête prend fin en 1931, quand Kurt Göde énonce et démontre ses théorèmes
d'incomplétude. La réponse sonne comme un coup de tonnerre : toute théorie mathématique
complexe ne peut être ni cohérente ni complète. Il y aura toujours des paradoxes et il existe
des théorèmes qui ne peuvent pas être démontrés. Le statut des mathématiques par rapport au
réel ne sera jamais tranché.
Informatique
Enigma, la machine d'Alan Turing décodant les messages de l'armée allemande
Les mathématiques ont été profondément liées au développement de l'informatique durant la
seconde moitié du XXe siècle. Tout d'abord parce que les fondateurs de l'informatique sont
souvent des mathématiciens. Par exemple, Alan Turing a conçu la machine Enigma pour
décoder les transmissions allemandes et John von Neumann a conçu les premiers calculateurs
numériques qui ont permis de concevoir la bombe atomique.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les mathématiques ont souvent utilisé l'informatique pour
effectuer des calculs ou des constructions géométriques complexes, qui étaient auparavant
hors de portée, comme les prévisions météo. Les mathématiciens cherchent à développer et
améliorer les algorithmespour plus d'efficacité des machines.
Cependant les mathématiciens s'interrogent sur la validité d'une preuve qui ne peut pas être
vérifiée par ordinateur. Par exemple, en 1976, Wolfgang Haken et Kenneth Appel ont
démontré le Théorème des quatre couleurs à l'aide d'un ordinateur qui a effectué plus de 1200
heures de calcul, ce qui aurait été impossible par un être humain. Cela a suscité des réactions :
un théorème démontré par ordinateur est-il vraiment démontré?
Théories et découvertes notables
Le XXe siècle est riche en découvertes et théories importantes :
 Algèbre : entre 1955 et 1983, une longue recherche mobilisant une centaine de
mathématiciens vient à bout de la classification des groupes finis simples (un type
d'ensemble particulier)
 Arithmétique : en 1940, André Weil démontre une version de la Conjecture de
Riemann pour certain type de fonction et énonce les conjectures de Weil (elles seront
démontrées dans le siècle) ; en 1995, Andrew Wiles démontre le Grand Théorème de
Fermat, mettant fin à 300 ans de recherche.
 Géométrie : la topologie devient une discipline a part entière et bénéficie de
l'apparition de l'ordinateur.
 Analyse : la théorie du chaos se développe dans les années 1960-1970 à partir des
constations de Henri Poincaré sur l'incapacité à prédire l'évolution de certains
systèmes très instables (illustré par le célèbre « effet papillon » ou les fractales de
Benoît Mandelbrot).
 Probabilités : en 1902, Andreï Markov invente les chaînes de Markov, qui expliquent
comment évoluent des expériences aléatoires quand on les répète un grand nombre de
fois en 1933, Andreï Kolmogorov fait le lien entre les probabilités et l'analyse, ce qui
assoit les probabilités sur des bases solides.

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