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Partie 1: Séries Temporelles Financières (Ti-P1)

Le document traite de la modélisation et de la prévision des prix et de la volatilité des actifs financiers à travers des séries temporelles, des rendements financiers et des modèles ARMA. Il aborde également l'automatisation des décisions de trading via l'intelligence artificielle, en utilisant des techniques de machine learning, deep learning et reinforcement learning. Enfin, il souligne l'importance du backtesting pour évaluer les performances des stratégies de trading.

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Partie 1: Séries Temporelles Financières (Ti-P1)

Le document traite de la modélisation et de la prévision des prix et de la volatilité des actifs financiers à travers des séries temporelles, des rendements financiers et des modèles ARMA. Il aborde également l'automatisation des décisions de trading via l'intelligence artificielle, en utilisant des techniques de machine learning, deep learning et reinforcement learning. Enfin, il souligne l'importance du backtesting pour évaluer les performances des stratégies de trading.

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PARTIE 1: SÉRIES TEMPORELLES FINANCIÈRES (TI-P1)

Objectif général : Modéliser et prévoir les prix et la volatilité des actifs financiers.

1. FONDAMENTAUX DES SÉRIES TEMPORELLES

●​ Définition : Suite d'observations (Yt) mesurées à intervalles réguliers (jour,


mois...). Le temps est une information clé.
●​ Décomposition d'une série (Yt) :
○​ Modèle Additif : Yt = mt + st + εt (Tendance + Saisonnalité +
Erreur). Utilisé quand l'amplitude des variations saisonnières est
constante.
○​ Modèle Multiplicatif : Yt = mt × st × εt. Utilisé quand l'amplitude
des variations saisonnières augmente avec le niveau de la série (ex:
ventes).
●​ Concepts Clés :
○​ Tendance (mt) : Évolution à long terme.
○​ Saisonnalité (st) : Variations régulières intra-annuelles.
○​ Hétéroscédasticité : Variance non constante dans le temps. C'est une
caractéristique fondamentale des séries financières (périodes de
calme suivies de périodes de forte turbulence).

\2. RENDEMENTS FINANCIERS

Pourquoi les utiliser ? Ils sont généralement stationnaires, contrairement aux prix
bruts.

●​ Rendement simple : Rt = (Pt – P(t-1)) / P(t-1)


●​ Rendement logarithmique (log-rendement) : rt = ln(Pt / P(t-1)). Le plus
utilisé en finance quantitative.

3. TESTS DE TENDANCE (NON PARAMÉTRIQUES)

●​ Objectif : Savoir s'il existe une tendance significative, sans hypothèse sur la
distribution.
●​ Corrélation de Spearman : Corrélation entre les rangs des valeurs et les rangs
du temps. Un coefficient proche de +/- 1 indique une tendance.
●​ Test de Mann-Kendall : Examine le signe des différences entre toutes les
paires d'observations (xj – xi) pour j > i. Il compte le nombre de
différences positives.
4. STATIONNARITÉ ET PROCESSUS DE BASE

●​ Stationnarité (Faible) : Propriété essentielle. La série doit avoir une moyenne


constante, une variance constante et une autocovariance qui ne dépend que
du décalage k, pas du temps t.
●​ Pourquoi c'est crucial ? Les modèles ARMA ne s'appliquent que sur des séries
stationnaires.
●​ Bruit Blanc : Processus purement aléatoire : moyenne nulle, variance
constante, et aucune autocorrélation (ρk = 0 pour tout k ≠ 0). C'est le "résidu
idéal" qu'on recherche après modélisation.
●​ Autocorrélation (ACF – ρk) : Mesure la corrélation linéaire entre Xt et Xt-k. Le
corrélogramme est le graphique de l'ACF. Il aide à détecter la non-stationnarité
(décroissance lente) et à identifier les modèles.
●​ Autocorrélation Partielle (PACF) : Mesure la corrélation entre Xt et Xt-k après
avoir retiré l'effet des retards intermédiaires (1 à k-1).

5. MODÈLES DE BASE : AR, MA, ARMA

●​ AR(p) - Autorégressif : La valeur actuelle dépend de ses p valeurs passées +


un bruit blanc.
○​ Xt = φ1*X(t-1) + ... + φp*X(t-p) + εt
○​ Condition de stationnarité : Les racines du polynôme 1 – φ1*L – ...
– φp*L^p = 0 doivent être à l'extérieur du cercle unité (en pratique, leur
module > 1).
○​ Identification : PACF qui s'annule à partir du retard p.
●​ MA(q) - Moyenne Mobile : La valeur actuelle dépend des q erreurs passées
(chocs) + un bruit blanc courant.
○​ Xt = εt + θ1*ε(t-1) + ... + θq*ε(t-q)
○​ Condition d'inversibilité : Les racines du polynôme 1 + θ1*L + ... +
θq*L^q = 0 doivent être à l'extérieur du cercle unité.
○​ Identification : ACF qui s'annule à partir du retard q.
●​ ARMA(p,q) : Combine AR et MA pour plus de parcimonie.
○​ Xt = φ1*X(t-1)+...+ φp*X(t-p) + εt + θ1*ε(t-1)+...+
θq*ε(t-q)
○​ Identification : ACF et PACF décroissent toutes deux
(sinusoïdes/exponentielles).

6. IDENTIFICATION ET SÉLECTION DE MODÈLES

●​ Étape 1 : Rendre la série stationnaire (si besoin).


○​ Utiliser les tests de racine unitaire.
○​ Dickey-Fuller (ADF) : H0 = "racine unitaire" (non stationnaire). Si p-value
< 0.05, on rejette H0 → série stationnaire.
○​ KPSS : H0 = "stationnaire". Si p-value < 0.05, on rejette H0 → série non
stationnaire.
○​ Solution : Appliquer une différenciation d fois : ΔXt = Xt – X(t-1).
C'est le d du modèle ARIMA.
●​ Étape 2 : Identifier p et q (ordres AR et MA).
○​ Observer les graphiques ACF et PACF de la série rendue stationnaire.
■​ AR(p): ACF → décroissance exponentielle / sinusoïdale ; PACF
→ coupe nette à p.
■​ MA(q): ACF → coupe nette à q ; PACF → décroissance
exponentielle / sinusoïdale.
■​ ARMA(p,q): ACF et PACF → décroissance lente.
●​ Étape 3 : Sélectionner le meilleur modèle.
○​ Comparer plusieurs modèles candidats (ARIMA(1,1,1), ARIMA(2,1,0)...)
avec des critères d'information :
■​ AIC (Akaike) : log(σ²) + (2/T)*(p+q). Plus petit = meilleur
compromis qualité/complexité.
■​ BIC (Bayesian) : log(σ²) + (log(T)/T)*(p+q). Plus petit =
meilleur. Pénalise plus fortement la complexité.
●​ Étape 4 : Valider le modèle.
○​ Vérifier que les résidus se comportent comme un bruit blanc.
○​ Test de Ljung-Box : H0 = "les résidus sont indépendants". Si p-value >
0.05, on ne rejette pas H0 → le modèle est bien spécifié.

7. MODÉLISATION DE LA VOLATILITÉ : GARCH

●​ Pourquoi GARCH ? Parce que la volatilité des rendements n'est pas constante.
On modélise la variance conditionnelle.
●​ Phénomène clé : "Regroupement de volatilité" (volatility clustering) : les
grandes variations sont suivies de grandes variations, et inversement.
●​ Modèle GARCH(1,1) :
○​ σt² = α₀ + α₁ * ε²(t-1) + β₁ * σ²(t-1)
■​ σt² : Variance prévue pour la période t.
■​ α₀ : Variance moyenne à long terme.
■​ ε²(t-1) : Impact du choc (résidu au carré) de la veille (terme
ARCH).
■​ σ²(t-1) : Impact de la variance de la veille (terme GARCH).
■​ α₁ : Mesure la réaction aux chocs.
■​ β₁ : Mesure la persistance de la volatilité.
○​ Interprétation : Si α₁ + β₁ ≈ 1, la volatilité est très persistante (les
chocs mettent du temps à s'estomper).
●​ Extensions :
○​ EGARCH : Modélise le logarithme de la variance. Capture l'effet de
levier (les mauvaises nouvelles ε<0 augmentent plus la volatilité que
les bonnes nouvelles ε>0).
○​ TGARCH (GJR-GARCH) : Introduit une variable indicatrice I pour
différencier l'impact des chocs positifs et négatifs.

8. VALIDATION ET PRÉVISION (FINALE)

●​ Mesures d'erreur de prévision :


○​ RMSE (Erreur Quadratique Moyenne) : √[ (1/N) * Σ (Réel –
Prédit)² ]. Sensible aux grandes erreurs.
○​ MAE (Erreur Absolue Moyenne) : (1/N) * Σ |Réel – Prédit|. Plus
robuste.
○​ MAPE (Erreur Absolue Moyenne en %) : (100/N) * Σ | (Réel –
Prédit) / Réel |. Interprétable en %, mais instable si les valeurs
réelles sont proches de zéro.
●​ Prévision :
○​ Univariée : Une seule série (ex: ARIMA).
○​ Multivariée : Plusieurs séries liées (ex: VAR - Vector AutoRegressive).

PARTIE 2: TRADING INTELLIGENT (TI-P2)

Objectif général : Automatiser les décisions de trading avec l'IA (ML/DL/RL).

1. INTRODUCTION AU TRADING ALGO

●​ Définition : Utilisation d'algorithmes pour automatiser les décisions et


exécutions d'ordres.
●​ Types d'ordres : Au marché (immédiat), à cours limité (prix cible), stop-loss
(limiter les pertes).
●​ Stratégies classiques : Suivi de tendance, Arbitrage (profiter des différences
de prix), Retour à la moyenne (Mean Reversion), Market Making (fournir de la
liquidité).
●​ Composants : Données marché, Système d'exécution, Gestion des risques
(stop-loss), Backtesting.
●​ Trading Haute Fréquence (THF/HFT) :
○​ Objectif : Exploiter la vitesse (microsecondes). Latence minimale,
serveurs colocalisés.
○​ vs Trading Algo Classique : Le classique optimise une stratégie sur
minutes/heures, le HFT exploite la vitesse sur
microsecondes/secondes.

2. MACHINE LEARNING (ML) POUR LA PRÉVISION

●​ Régression Linéaire : ŷ = wᵀx + b. Simple, interprétable, mais trop linéaire


pour les marchés. Minimise la MSE.
●​ Régularisation (pour éviter le surapprentissage) :
○​ Ridge (L2) : Pénalise la somme des carrés des poids (||w||²). Réduit
la variance, gère la colinéarité.
○​ Lasso (L1) : Pénalise la somme des valeurs absolues des poids
(||w||₁). Peut mettre certains poids à zéro → sélection de variables.
●​ Support Vector Regression (SVR) :
○​ Principe : Trouver une fonction qui ne s'écarte pas des vraies valeurs
de plus de ε, en tolérant des erreurs hors de cette marge via des
variables ξ.
○​ Version non-linéaire : Utilise le "kernel trick" (ex: RBF) pour modéliser
des relations complexes sans calculer explicitement la transformation.

3. DEEP LEARNING (DL) POUR LE TRADING

●​ Pourquoi DL ? Capture des dépendances non-linéaires et des motifs


complexes.
●​ MLP (Perceptron multicouche) : Plusieurs couches de neurones. Utilisé pour
la prédiction ou la classification (achat/vente).
●​ CNN (Réseaux de neurones convolutifs) 1D :
○​ Principe : Applique des filtres (k) sur la séquence pour détecter des
motifs locaux (ex: figure "tête-épaules").
○​ zt = Σ (ki * x(t+i-1)) + b. Plusieurs filtres créent plusieurs
"cartes de motifs".
●​ RNN / LSTM / GRU (pour la dépendance temporelle) :
○​ RNN : ht = f(W*xt + U*h(t-1)). Combine l'info présente (xt) et la
mémoire passée (h(t-1)). Souffre du problème de la disparition du
gradient.
○​ LSTM (Long Short-Term Memory) : Architecture avancée avec une
cellule mémoire (ct) et des portes (oubli, entrée, sortie). Gère les
dépendances à long terme. Idéal pour séries temporelles.
○​ GRU (Gated Recurrent Unit) : Version simplifiée et plus rapide du LSTM.
Performances similaires, moins de paramètres.
●​ Autoencodeurs (pour anomalies & arbitrage) :
○​ Principe : Apprentissage non-supervisé. Encodeur -> "code latent"
(compression) -> Décodeur -> reconstruction (x̂). Objectif : minimiser
l'erreur de reconstruction ||x – x̂||².
○​ Application 1 - Détection d'anomalies : Entraîné sur marché "normal". Si
nouvelle donnée a une erreur de reconstruction élevée (> seuil τ),
c'est une anomalie (pic de volatilité, etc.).
○​ Application 2 - Arbitrage : Apprend les corrélations normales entre
actifs. Une erreur de reconstruction indique une rupture de corrélation
→ opportunité d'arbitrage.

4. REINFORCEMENT LEARNING (RL) POUR LE TRADING

●​ Principe : Un agent apprend une stratégie (politique π) en interagissant avec


l'environnement (le marché) pour maximiser une récompense cumulée.
●​ Modélisation (MDP - Processus de Décision Markovien) :
○​ État (st) : Information du marché (prix, indicateurs, portefeuille).
○​ Action (at) : Décision (Acheter, Vendre, Garder ; ou allocation de
capital).
○​ Récompense (rt) : Feedback immédiat (profit/perte, ratio de Sharpe).
○​ Objectif : Maximiser le retour actualisé Gt = Σ γ^k * r(t+k+1).
●​ Q-Learning :
○​ Apprend une fonction Q(s, a) qui estime la récompense future totale
si on prend l'action a dans l'état s.
○​ Mise à jour : Q(s,a) <- Q(s,a) + α [ r + γ * max Q(s', a') –
Q(s,a) ].
●​ Deep Q-Network (DQN) :
○​ Utilise un réseau de neurones (Q(s,a;θ)) pour approximer la fonction
Q quand les états sont trop complexes (ex: une série temporelle de 60
jours).
○​ Innovations :
■​ Replay Buffer (D) : Stocke les expériences passées pour casser
la corrélation entre les échantillons.
■​ Target Network (θ⁻) : Un réseau cible mis à jour lentement pour
stabiliser l'apprentissage.
■​ Loss : L(θ) = E[( r + γ * max Q(s',a';θ⁻) – Q(s,a;θ)
)²].
○​ Gestion de Portefeuille : Le RL optimise le capital. La récompense peut
être le rendement, le ratio de Sharpe, ou une pénalité pour turnover
(coûts de transaction).

5. ÉVALUATION ET BACKTESTING

●​ Backtesting : Simulation d'une stratégie sur des données historiques.


●​ Étapes : 1. Collecte données -> 2. Définition signaux -> 3. Simulation ordres ->
4. Calcul résultats -> 5. Analyse performance.
●​ Sources de données : Yahoo Finance (yfinance Python), Binance/Coinbase
API (crypto).
●​ Indicateurs de Performance Clés :
○​ PnL (Profit and Loss) : Profit ou perte total.
○​ Drawdown : La baisse maximale du capital depuis un sommet. (Pmax –
Pmin) / Pmax. Mesure le risque de la stratégie.
○​ Ratio de Sharpe : (Rp – Rf) / σp. Mesure la performance ajustée au
risque (rendement par unité de risque). >1 est bon, >2 est excellent.

6. ÉTHIQUE, RISQUES ET RÉGLEMENTATION

●​ Risques de l'IA :
○​ Flash Crash : Chute brutale causée par des algorithmes. Ex: 2010.
○​ Risque systémique : Des IA interconnectées peuvent propager une
erreur à tout le marché.
●​ Manipulations de marché par IA :
○​ Spoofing : Placer de faux ordres pour tromper, puis les annuler.
○​ Layering : Multiplier les ordres pour créer une fausse impression de
demande.
○​ Pump and dump : Acheter, publier de fausses infos, vendre.
●​ Réglementation :
○​ MiFID II (Europe) : Exige transparence, tests de robustesse, traçabilité
des ordres, et des "kill switches" (coupe-circuits).
○​ SEC (États-Unis) : Surveillance similaire pour éviter les manipulations.
●​ Biais des modèles :
○​ Survivorship bias : N'utiliser que les actifs qui ont survécu →
sous-estimation du risque.
○​ Temporal bias : Modèle entraîné sur une période spécifique (ex: taux
bas) qui ne généralise pas.
○​ Sample bias : Données d'un seul marché, non représentatives.
●​ Impact sociétal : Concentration du pouvoir chez les grandes institutions,
inégalité d'accès pour les particuliers, transformation des métiers de trader.

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