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Banque

Ce document explore la bancarisation à Madagascar en trois parties : les généralités sur les banques à l'échelle mondiale, l'analyse du système bancaire malgache, et les études de cas de pays ayant réussi leur bancarisation. Il aborde l'historique, les types de banques, et le rôle des banques dans l'économie, tout en mettant en lumière les défis et opportunités spécifiques à Madagascar. Enfin, des recommandations sont proposées pour améliorer la couverture bancaire de la population malgache.

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Ce document explore la bancarisation à Madagascar en trois parties : les généralités sur les banques à l'échelle mondiale, l'analyse du système bancaire malgache, et les études de cas de pays ayant réussi leur bancarisation. Il aborde l'historique, les types de banques, et le rôle des banques dans l'économie, tout en mettant en lumière les défis et opportunités spécifiques à Madagascar. Enfin, des recommandations sont proposées pour améliorer la couverture bancaire de la population malgache.

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INTRODUCTION 1

PARTIE I : CONCEPTS GENERAUX


Chapitre I : Généralités sur la banque 2
A- Définition de la banque 2
B- Historique de l’activité bancaire dans le monde 2
C- Les types de banques 4
Chapitre II : Rôle des banques dans l’économie 7
A- En économie de marché 8
B- En économie de subsistance 10
Chapitre III : Les systèmes bancaires des pays développés 12
A- Le système bancaire français 12
B- Le système bancaire britannique 14

PARTIE II : LE SECTEUR BANCAIRE A MADAGASCAR


Chapitre I : L’économie de Madagascar 16
A- Aperçu général 16
B- Les dépôts 18
C- Les crédits 22
Chapitre II : Le système bancaire malgache 26
A- Historique des banques à Madagascar 26
B- Analyse de la situation et évolutions 28
C- Evolutions actuelles 31
Chapitre III : Le Millenium Challenge Account (MCA) 33
A- Origine et description du MCA 33
B- Objectifs du MCA 35
C- MCA à Madagascar 35

PARTIE III : BANCARISATION A MADAGASCAR


Chapitre I : Etudes de cas 38
A- La « Grameen Bank » en Bangladesh 38
B- La Kafo-Jiginew en Mali Sud 40
C- L’Afrique du Sud : les clés du développement 42
Chapitre II : Points positifs 45
A- Grameen Bank 45
B- Kafo Jiginew 46
C- Afrique du Sud 48
Chapitre III : Vers une économie de marché à travers les 50
banques 50
A- Au niveau des pouvoirs publics 53
B- Au niveau du système financier et bancaire 55
C- Recommandations
58
CONCLUSION

ANNEXES

BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION :

L’objet de cette étude est d’essayer de trouver des méthodes, afin d’arriver à la
« bancarisation de la population malgache ».Pour ce faire, on va diviser le document en trois
grandes parties.

Tout d’abord, on va voir en première partie, les généralités sur les banques dans le monde
en faisant un aperçu global de ce qu’elle est, de son histoire et de ses formes. De même, nous
allons étudier la place qu’elle occupe tant dans l’économie de subsistance que dans l’économie
de marché. Et pour terminer cette première partie, nous verrons comment fonctionnent et
évoluent les systèmes bancaires des pays développés tels que la France et l’Angleterre.

Ensuite, dans une deuxième partie, l’on se doit de parler du système bancaire malgache
dans l’économie de Madagascar en décrivant les structures des épargnes et des crédits
bancaires depuis quelques années. On fera aussi un aperçu du secteur bancaire à Madagascar
pour savoir quelles sont ses forces et ses faiblesses et comment a t-elle évolué dans le temps.
On achèvera la deuxième partie par la présentation d’un moyen de financement appelé
Millenium Challenge Account à Madagascar. Ce financement fait partie des principales
perspectives de développement économique malgache.

Enfin, on terminera les études par la troisième partie qui est le sujet en question : la
bancarisation à Madagascar. A travers cette partie, on effectuera des études de cas de pays qui
ont également eu des problèmes d’ordre financiers mais qui ont pu s’en sortir à partir
d’institutions financières diversifiées. C’est le cas du Bangladesh avec la « Grameen Bank »
réputée dans le monde comme la première banque des pauvres ; c’est aussi celui du Mali Sud
par le biais d’une institution de microfinance appelée « Kafo Jiginew » et c’est le cas bien connu
de développement économique de l’Afrique du Sud par les réformes du système financier. On va
tirer les points positifs de leurs expériences pour savoir comment peut- on arriver à la transition
de Madagascar vers l’économie de marché à travers le système bancaire et les transformations
à prévoir pour y parvenir. On terminera avec les recommandations pour l’avenir du système
bancaire malgache dans le but d’élever le taux de couverture c’est à dire la façon dont on peut
bancariser la population malgache.

Chapitre I : GENERALITES SUR LA BANQUE

Pour mieux comprendre le sujet, il est supposé nécessaire d’avoir une connaissance
généralisée de ce que c’est une banque.

A- Définition :
« Sont considérées comme Banques les entreprises ou établissements qui font profession
habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôts ou autrement, des fonds qu’ils emploient
pour leur propre compte, en opérations d’escompte, en opérations de crédits ou en opérations
financières. »1
Donc quatre éléments essentiels font de la banque une Banque :
- fonds reçus du public (sous forme de dépôts ou autrement) ;
- fonds réemployés en opérations d’escompte, de crédit ou en opération financière ;
- fonds réemployés sous la propre responsabilité de la banque ;
- il s’agit d’une profession habituelle (et non d’un acte isolé).
Par conséquent, le banquier est celui qui pratique le commerce de l’argent et sert
d’intermédiaire entre les détenteurs de capitaux inemployés (ou épargnants) et les
utilisateurs de ces capitaux (commerçants, industriels, etc…). Il rend également de nombreux
services à la clientèle (opérations de caisse, opérations sur valeurs immobilières, location de
coffres, etc…). Sa rémunération est constituée par les intérêts (pour les sommes prêtées) et
par les commissions (pour les services rendus).

B- Historique de l’activité bancaire :


Historiquement, l’activité bancaire existe déjà depuis l’Antiquité et n’a cessé d’évoluer
jusqu’à nos jours.

L’Antiquité :
A cette époque, les temples sont les premiers centres bancaires connus (Deilphes -
Ephise). Dès le IVème Siècle avant Jésus-Christ, on trouve cependant les « trapézistes » qui
sont les banquiers laïcs en Grèce.

1
Donnée par l’article 1 de la loi du 13 Juin 1941
A Rome, les banques sont apparues assez tardivement ou plus précisément au IIème Siècle
avant Jésus-Christ.
Sous la République, l’activité bancaire est le monopole de catégories de citoyens, les Chevaliers
ou Publicains, tenaient des livres de caisse et établissaient des relevés de compte.
Le Moyen Age :
Après une période de stagnation causée par les invasions barbares, la disparition du grand
commerce et la prohibition du prêt à intérêt, l’activité bancaire reprend au XIème Siècle avec la
renaissance du commerce. Les grandes opérations financières sont pratiquées par les juifs, les
templiers (qui sont les créateurs des arbitrages de change et de la comptabilité à double partie)
et également par les Lombards.
Les grandes foires (Champagne - Lyon) développent des mouvements de fonds, mais
l’insécurité du transport donne naissance à la « lettre de paiement » qui permet le transfert
effectif de numéraire.
De la Renaissance au XVIIIème Siècle :
Le développement des échanges à la Renaissance donne une impulsion considérable à la
banque. C’est l’époque des grands banquiers (Médicis – Fugger). On voit apparaître la lettre de
change et la technique de l’escompte. On assiste à la création de véritables établissements
bancaires à Milan, Venise et notamment Gênes. Une profonde transformation part de
l’Angleterre au XVIIème Siècle. En effet, les orfèvres et les banquiers de Londres commencent à
accepter les dépôts à vue, ce qui entraîne l’usage des chèques (vers 1670).
Au XIXème siècle :
Les structures bancaires connaissent une double évolution car :
- d’une part, le développement industriel et le développement commercial ainsi que
l’apparition des grandes sociétés rendent nécessaire la création de banques puissantes ;
- d’autre part, le privilège de l’émission de billets de banque, remplaçant petit à petit la
monnaie métallique, est retiré aux banques privées au profit des banques d’émission.
L’Epoque contemporaine :
Pour les banques contemporaines, la profession est réglementée par les lois de 1941
complétées par celles de 1945.
Nul n’est autorisé à pratiquer le commerce de banque s’il n’est pas inscrit sur une liste dressée
par le Conseil National du Crédit (CNC). Ce dernier, avec la Commission de Contrôle des
Banques (CCB) et l’Association Professionnelle des Banques (APB) constituent les trois
organismes de contrôle du système bancaire. (Réf.)
Afin de mieux comprendre ce qu’est vraiment une banque, il est important de savoir
qu’elles ne sont pas toutes uniformes mais différentes selon les activités qu’elles exercent.

C- Types de banques :
Les banques contemporaines sont d’une manière générale, classées en trois grandes
catégories : les banques de dépôts, les banques d’affaires et les banques de
développement.

Les banques de dépôts :


Ces banques sont aussi les banques commerciales en France, aux USA, et des
Clearing Bank en Grande Bretagne.
Les banques de dépôts reçoivent principalement des dépôts à vue et subsidiairement
des dépôts à terme. Pour démarrer solvables, elles respectent généralement dans leurs
opérations l’emploi des ressources en crédit à court terme et la division des risques c'est-à-
dire les répartitions des engagements dans un nombre suffisamment élevé d’opérations se
rapportant elles-mêmes à des branches et à des régions diversifiées.
Les banques de dépôts assurent un certain nombre de services parmi lesquels il y a :
- le paiement des chèques
- la domiciliation des quittances
- l’exécution de transferts de fonds ou virements
- l’encaissement de chèques et d’effets de commerce ainsi que leur domiciliation
- la garde des titres et l’encaissement des coupons correspondants
- les placements des emprunts publics
- la participation aux modifications des capitaux des sociétés
- le paiement des coupons au guichet
- la délivrance de devises
- la location de coffres
- l’exécution de toutes les opérations avec l’étranger dans le cadre de la
réglementation des changes.

Elles utilisent quatre principaux types de techniques de crédit qui sont le crédit en
compte, l’escompte, le crédit sur gage et le crédit par signature. Et parmi les crédits octroyés
figurent :
- l’escompte des effets de commerce et des bons du Trésor
- les facilités de caisse et les découverts
- les avances sur marchés publics
- les avances sur marchandises et l’escompte de warrant
- les cautions de toutes sortes
- les crédits documentaires
- les crédits à court, moyen et long terme
- les avances sur titres
- les prêts personnels aux particuliers

Les banques d’affaires :


Suite à la crise de 1929-1933 qui était une grave crise boursière et bancaire, les Etats
ont été amenés à décréter la séparation entre les opérations de dépôts et celles des
émissions de titres. Sur le plan fonctionnel, on doit distinguer deux sortes d’activités
bancaires telles ; la circulation du capital et la création de facilité monétaire, dont les services
et les opérations essentielles des banques de dépôts constituent les supports techniques,
assurent la circulation du produit social et permettent aux entreprises de ne pas interrompre
le cycle de leur capital. Le financement de l’accumulation du capital, et notamment des
dépenses en capital fixe ; requiert par contre d’autres types de ressources. Techniquement,
ces derniers proviennent de deux sources : l’émission d’actions et l’autofinancement, et les
emprunts qui prennent la forme d’émission d’obligation ou de crédits à moyen et long terme
contracté auprès des banques ou d’institutions de crédits spécialisées. Et justement, les
banques d’affaires représentent les principales institutions concernées par cette seconde
catégorie de financement.
Il faut noter que les banques de dépôts et les banques d’affaires représentent deux
catégories relativement distinctes d’institutions d’après la crise de 1929 et 1933. La plupart
des Etats ont pris des mesures législatives tendant à interdire aux banques commerciales
une fraction trop importante de leurs capitaux propres dans les prises de participation.
Actuellement, cette distinction tend à s’estomper. De ce fait, les banques d’affaires exécutent
en général toutes les opérations des banques de dépôts, mais ne peuvent engager dans les
entreprises, des fonds à moins de deux ans. En Grande Bretagne, les banques d’affaires
sont connues sous l’appellation de merchant bank. Ces banques assument un rôle important
dans les opérations d’émission de titres intermédiaires, comme garant ou comme agent
fiduciaire. Elles sont non moins actives sur le marché monétaire car elles donnent
couramment leur acceptation aux effets tirés par leur correspondant. Elles escomptent les
effets ou en garantissent l’escompte auprès d’antres banques.
En quelque sorte, on pourrait dire que les banques d’affaires animent les marchés
financiers.

Les banques de développement :


Elles travaillent avec les ressources de l’Etat et pour son compte dans le financement des

opérations de développement, inscrites généralement dans un Plan et dans l’exécution desquelles la

rentabilité financière est faible, sinon nulle, et les risques plus ou moins élevés. Actuellement, les

banques de développement disparaissent progressivement.

Les banques sont donc des institutions non négligeables pour n’importe quel pays. De
ce fait, l’on se doit d’examiner la place qu’elles occupent au niveau de deux catégories
d’économie pouvant exister dans le monde.

Chapitre II : LE ROLE DES BANQUES DANS L’ECONOMIE


Le rôle des banques a beaucoup varié suivant les différents événements qui se sont
succédés depuis leur apparition dans le monde jusqu’à nos jours. Mais en général, son
principal rôle c’est de mobiliser les ressources financières, de constituer des dépôts avec
ces ressources et de les utiliser après pour l’octroie de crédits. La banque est donc
l’intermédiaire entre les épargnants et les prêteurs d’argent.

Au début de leur existence, les banques appartenaient à des catégories de gens qui
ont une bonne place au niveau de la société ainsi que de gros capitaux à utiliser. Elles
étaient des institutions privées à la recherche de profit pour leurs propriétaires. Leur rôle
était en principe celui de l’émission d’argent, elles octroyaient en même temps des
crédits à court et moyen terme pour l’Etat dans le but de financer des activités publiques
et pour les particuliers qu’elles jugent solvables.

Avec la nationalisation, les banques sont devenues en partie des propriétés d’Etat
c’est à dire des institutions publiques ou semi-publiques. Leur rôle dépendait non
seulement du système financier – c’est à dire l’ensemble des organismes bancaires, des
marchés de capitaux et des instruments de financement industriel – mais également de la
politique mise en œuvre par les dirigeants des banques, de la politique économique et
financière du gouvernement, ou des deux.

Cette nationalisation s’est manifestée différemment selon les pays, il peut s’agir tantôt de
l’expropriation des banques privées qui passent sous contrôle étatique ; tantôt de la
contrainte des banques étrangères de se constituer en société de droit interne dans le
pays d’accueil.

A cette époque, on attribuait aux banques la tâche d’aide au développement des pays par
le financement des projets et la création d’entreprises, par l’exploitation des ressources
financières disponibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays, puisqu’elles sont les
agents financiers du secteur public. La nationalisation des banques était un des facteurs
qui ont contribué au développement économiques d’un certain nombre de pays ;
malheureusement, d’autres pays n’ont pas pu en profiter.

Depuis quelques années, tous les pays ont commencé le processus de privatisation
qui est indispensable pour le développement des pays et qui est l’un des meilleurs
moyens d’épanouissement des systèmes bancaires en assurant plus de dynamisme aux
banques et plus de concurrence. D’où le rôle des banques de mobiliser l’épargne,
d’accorder des prêts à court, moyen et long terme, et de rechercher le maximum de profit.
En effet, étant donné que la banque est un acteur économique (rationnel) comme tout
autre, son but c’est de trouver ce maximum de profit dans la limite du possible avec les
biens et services qu’elle produit.

De nos jours, le rôle des banques dans une économie donnée dépend fortement du
degré d’industrialisation et de développement d’un pays. En fait, il y dans le monde
d’aujourd’hui, d’un côté les pays industrialisés où domine l’économie de marché et de
l’autre côté les pays en voie de développement (PVD) où c’est l’économie de subsistance
qui persiste.

A- En économie de marché :

« L’économie de marché désigne les systèmes économiques où les prix et les


quantités produites dépendent pour l’essentiel de la confrontation des offres et
demandes. Pour que le marché régule la vie économique, il faut préalablement, à travers
un processus historique, que le marché soit développé et qu’un ensemble d’institutions
(droit de propriété, droit des sociétés, système bancaire,…) se soit mis en place. C’est ce
processus que l’on qualifie d’« institutionnalisation du marché ».2 Autrement dit c’est le
rôle central du marché dans l’orientation de la vie économique.

Vu que dans ces pays développés, c’est le marché qui est au centre des activités
économiques et financières, les banques n’ont aucune difficulté à assumer leur rôle
d’intermédiation financière ; il leur est facile de mobiliser l’épargne et d’octroyer des
crédits même avec un taux assez élevé. Puisque :

- d’une part, l’ensemble de la population des pays développés dispose d’un


haut niveau de revenu qui leur permet d’épargner car le revenu n’est pas
totalement dépensé. Autrement dit, il y a un surplus de revenu non
dépensé même si on sait qu’il font habituellement de grosses dépenses
de consommation, de santé, d’éducation, de logement et pour le bien être
social. Ce surplus, les ménages le dépose le plus souvent en banque
parce qu’ils savent que leur argent peut être en sécurité dans les
institutions de dépôts. De plus, les dépôts bancaires sont une actualité
connue de tous chez eux. La population des pays industrialisés vivent,

2
D’après dictionnaire des sciences économiques et sociales.
travaillent et produisent donc pour le marché, leur revenu est assez
suffisant pour leur permettre de se procurer tous les biens et services
quotidiens dont ils ont besoin et même plus.

- d’autre part, la situation économique et financière de ces pays à économie


de marché est stable, ce qui donne des orientations sur les possibilités
d’investissement aux investisseurs et une certaine confiance à
l’environnement économique et à la rentabilité de ces pays. Ce qui fait
que les acteurs économiques font des crédits bancaires à moyen et long
terme pour couvrir leurs coûts d’investissement.

Ces deux situations montrent les opportunités pour les banques des pays
industrialisées de mener à bien leur rôle et leurs activités. D’ailleurs, avec la diffusion des
Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), et
l’intensification de la concurrence ; les banques offrent des services et des produits de
plus en plus modernisés à la clientèle ainsi que les informations qui lui sont nécessaires.
De plus, l’existence des marchés de capitaux dans ces pays réduit les soucis de
déstabilisation des banques car ces marchés protègent contre les risques, surtout ceux
des changements des prix au comptant indésirables et dispendieux. Un rôle
supplémentaire leur est attribué en étant les acteurs de ces marchés de capitaux.

Un atout de ces pays aussi, c’est que les banques sont beaucoup plus rassurées de
la solvabilité de leurs clients sinon, ils ont des garanties auprès des clients qui ne risquent
pas de leur faire défaut. En tout, dans les pays industrialisés, il y a satisfaction tant du
côté des banquiers que celui de leurs clients, ce qui favorise encore plus le
développement économique de ces pays.

Si tel est le cas dans les pays développés, voyons maintenant quel est le rôle tenu
par les banques dans les pays sous développés.

B- En économie de subsistance :

Dans les pays en développement, ce n’est pas la même réalité qu’on voit. En effet,
les éléments nécessaires manquaient : capitaux, informations sur les possibilités
d’investissement et entrepreneurs locaux ayant des compétences techniques et
directoriales voulues dans le domaine de l’industrie et de l’agriculture.

Le système bancaire qui ne peut offrir que des prêts à court terme, s’attache à
soutenir le secteur des échanges, qui apparaît comme un investissement rentable et
relativement sûr. Ceci implique qu’il n’y a que de petits investissements qui ne sont même
pas rentables ni pour l’investisseur, ni pour le pays ; les investissements propices au
développement sont rares.

Premièrement, l’existence de l’économie de subsistance signifie qu’il est difficile


pour les banques des pays en voie de développement de mobiliser les ressources en
raison du faible revenu perçu par la population qui est en majorité de petits opérateurs
économiques (agriculteurs, commerçants ambulants, petites entreprises informelles,
etc…). Le niveau de la production et celui du revenu qui sont insuffisants pour assurer
leur survie car presque la totalité du revenu est affectée aux dépenses de consommation.
De toute évidence, lorsque le revenu est à peine suffisant pour couvrir les besoins
essentiels, il y a peu d’épargne et peu de formation du capital.

Sachons que le principal problème auquel se heurte la mobilisation des ressources


dans les pays en développement est le bas niveau de revenu. Or, dans la plupart des
pays en développement, le niveau de vie est bas et la capacité d’épargner très inférieure
à ce qu’elle est dans les pays riches. Les pays en voie de développement doivent donc
commencer par accroître leur capacité d’épargner. Il leur faut pour cela relever les
niveaux de vie et les taux de croissance par une meilleure utilisation des terres et de la
main d’œuvre. Tant que dans ces pays, le niveau des revenus ne sera pas assez élevé
pour pourvoir à la fois à la consommation et à l’épargne, la capacité d’économiser y
restera inexistante.

Etant sous développés, ces pays cherchent les moyens efficaces de se développer
de plusieurs manières. Actuellement, les objectifs des pays en développement, c’est de
mobiliser l’épargne locale et d’élargir les opportunités d’investissement. Le rôle des
banques doit donc être celui de catalyseur pour l’atteinte de ces objectifs, à travers une
aide financière à des projets spécifiques, ainsi la mise en œuvre des projets et aide à
l’épanouissement du bien-être des individus (logement,…).

Deuxièmement, vu que les dirigeants des banques installées dans les pays sous-
développés sont des étrangers dans l’ensemble, le rôle des banques consiste toujours à
mobiliser des ressources et à prêter et répartir des fonds. Mais le grand problème est que
les objectifs de leurs décisions sont parfois dictés seulement par leur souci de rentabilité
mais pas pour le développement du pays en question. Autrement dit, l’investisseur, lors
de la promotion d’un projet, se préoccupe rarement de considérations socio-économiques
au-delà de celles figurant implicitement dans la recherche du profit qui motive sa
proposition d’investissement. Or, les responsables des banques doivent comprendre que
la croissance n’est possible que si les banques s’attachent en permanence à fournir à la
communauté les services dont elle a besoin.

Il est à noter que le plus grand rôle qui devrait être joué par les banques dans les
pays en voie de développement est la mobilisation des ressources nécessaires en faveur
du développement économique dans le domaine industriel et surtout dans celui de
l’agriculture. La vitesse de décision, la motivation personnelle, la créativité et la
compétence professionnelle sont des conditions essentielles.

Enfin, bien que reposant sur des systèmes économiques différents, les banquiers du
monde, à maints égards, ont une même optique et une même motivation dans leurs
activités. L’intermédiation financière a toujours pour principal objet la mobilisation des
ressources financières pour le secteur productif et la répartition la plus satisfaisante de
ces ressources dans l’intérêt de l’ensemble de la population.

Voilà donc les rôles que pourraient tenir les banques dans deux types d’économie,
qui si l’on peut dire, sont opposées. Et puisque Madagascar est un pays en voie de
développement, il nous est avantageux de savoir comment fonctionnent les systèmes
bancaires des pays développés et comment ils ont fait pour être dans leur situation
actuelle.

Chapitre III : LES SYSTEMES


BANCAIRES DES PAYS
DEVELOPPES
A-_Le système
bancaire français :
La France dispose de l’une des plus anciennes banques centrales appelée « Banque de
France ». L’acte officiel de naissance de cette banque est inscrit dans deux décrets du 18
Janvier 1800. Alors que dans la plupart des autres grands pays, l’institution équivalente ne date
que de la seconde moitié du XIXème Siècle, voire du XXème Siècle.
A cette époque, les principaux rôles joués par la Banque sont celui de caissier de l’Etat et
surtout celui de banquier de l’Etat. Depuis 1945, la Banque de France perd son caractère
d’établissement commercial d’escompte et développe sa mission de Banque Centrale ; et
l’influence de l’Etat dans les décisions de politique monétaire est progressivement atténuée.
Les banques les plus connues en France sont : le Comptoir National d’Escompte de Paris
(1848), le Crédit mobilier des Frères Péreires (1852), le Crédit foncier (1852), le Crédit industriel
et commercial (1859), le Crédit lyonnais (1863), la Société générale (1864).
Dans les années 70, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le système bancaire
français a opéré un redressement spectaculaire en sachant adapter son outil de production à la
reconstruction industrielle. Il a couvert le pays avec un réseau de succursales et a financé
l’accession à la propriété de millions de citoyens. Il a accompagné ses entreprises clientes dans
la conquête de marchés extérieurs.
Les résultats ont été probants malgré les circonstances économiques défavorables. Les
Trente Glorieuses ont constitué un environnement porteur mais l’appareil bancaire français a eu
le mérite de saisir sa chance, de réussir sa mutation et d’apporter une contribution majeure au
développement industriel de la France.
Quatre des dix premières banques mondiales étaient françaises en 1975 et les principales
banques françaises, en particulier Indosuez et Paribas créaient ou renforçaient leur présence
aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Asie. Les implantations dans l’ensemble des pays
européens étaient de qualité. L’essentiel de la croissance était interne.
En fait, les banques françaises assimilent les dernières technologies de l’information et
sont capables de réunir des équipes d’informaticiens d’un haut niveau de technicité, qui mettent
au point, au fil des ans, des progiciels de traitement des activités bancaires parmi les plus
performantes au monde et cités en exemple au niveau international. La France est alors à la
pointe dans les activités de marché et d’ingénierie financière.
Chaque établissement a sa place dans la société financière française et apporte une
contribution différenciée et valorisante au développement industriel du pays. Paribas et Suez se
concentrent sur le haut de bilan et le financement de projets à l’échelle internationale. La Société
Générale, la BNP et le Crédit Lyonnais bénéficient d’une position forte auprès des grandes et
moyennes entreprises. Les réseaux mutualistes utilisent leur connaissance intime et
décentralisée du terrain pour élargie leur clientèle de particuliers, d’artisans, de commerçants et
de PME/PMI. Tandis que les établissements spécialisés (crédit-bail, crédit à la
consommation,…) se multiplient, souvent parrainés par des grandes banques qui à terme les
absorbent.
Le système bancaire et financier français bénéficie d’atouts majeurs. En France, la
vigilance des organismes de tutelle se compare favorablement à celle de Londres ou de
Francfort. Les difficultés d’établissement bancaires importants n’ont à aucun moment altéré la
confiance de la communauté financière internationale dans la qualité du système bancaire
français. Contrairement aux Etats-Unis, en Espagne ou au Japon, il n’a jamais été exprimé la
moindre crainte de risque systémique.
La Banque de France et les autres organismes de tutelle tel que la Commission des
Opérations de Bourse ont aussi veillé à la qualité de la technologie de l’information, afin qu’elle
soit aussi favorable que possible à l’égard de tous les acteurs de la vie financière en France. En
matière d’interbancarité, la France bénéficie du système le plus sophistiqué d’Europe, il est
supérieur à celui des Etats-Unis ou du Japon.
Les banques françaises restent des intervenants majeurs au plan mondial dans les
techniques bancaires et financières de pointe : activité de marché, conseil et placements
collectifs. De plus, les principales banques commerciales françaises, la BNP, la Société
Générale, le Crédit Lyonnais, Indosuez et le CCF ont un savoir-faire reconnu dans les domaines
des financements de projets, des financements à l’exportation et des crédits structurés. Dans
ces métiers globaux, où il faut faire face à une concurrence intense et transnationale, les
banques commerciales françaises s’efforcent déjà de pratiquer un professionnalisme exemplaire
qui est le préalable à un haut niveau de rentabilité ; une osmose avec le client et une capacité à
intégrer sur le terrain les nouvelles technologies nécessaires au client et à l’exercice du devoir
de vigilance. La banque française se singularise par rapport aux autres systèmes bancaires ou
financiers par une ambiguïté.
B- Le système bancaire britannique :
Le rayonnement historique de la Grande-Bretagne et de sa monnaie ainsi que les
caractéristiques traditionnelles du système financier britannique complétés par une adaptation
de la réglementation, jouent un rôle international important.
Les principales banques britanniques à réseaux sont les « Clearing Banks », les plus
importantes d’entre elle sont la Midland-HSBC, la Barclays, la National Westminster et la Lloyds
(les « Big Four »), auxquelles il convient d’ajouter les grandes écossaises et ce sont les plus
importants établissements de crédit britanniques en terme d’actifs. Leur clientèle couvre tous les
segments de marché, et notamment, les particuliers et les petites et moyennes entreprises.
Les banques d’affaires britanniques ou les « Mechant banks » sont prestigieuses, elles ont
pour noms Hambros Bank, Hill Samuel and Co., Kleinwort Benson, Lazard Brothers, Rothschild
and Sons, Samuel Montaigu et Warburg….
Les activités de ces banques sont diversifiées, elles facilitent les opérations en capital et
assurent également une partie de l’apport en capitaux nécessaires à l’activité industrielle et
commerciale avec l’étranger.
Il y a aussi les « Building Societies » qui sont des caisses d’épargne et de prêts
hypothécaires dont l’origine remonte à 1775. Les ménages britanniques ont eu l’habitude
d’ouvrir des comptes dans ces établissements afin de pouvoir acquérir des actifs immobiliers.
Les crédits à long terme qui y sont proposés sont destinés à financer ce type d’opérations. Les
établissements les plus importants sont Halifax, Nationwide, Woolwich et Alliance & Leicester,
qui concentrent près de 50% des encours.
Sur le plan des nouvelles réformes, l’internationalisation des acteurs de la sphère
financière a toujours été souhaitée, cependant, les moyens, notamment humain, de cette
stratégie, ont parfois manqué dans la durée. Les raisons de cette expansion internationale sont
aisées à comprendre pour tous les types d’activités financières. Les enjeux de cette
internationalisation pour les intermédiaires financiers britanniques étaient clairs. Ils étaient
significatifs pour le pays tout entier et pour le gouvernement qui a misé sur le développement
des services financiers. Un enjeu majeur de l’internationalisation a été la perspective du marché
financier unique en été 1992 et la transformation de la place de Londres.
Tout justement, le lieu même où s’est accumulé le savoir-faire des banques britanniques,
c’est la CITY qui est devenue actuellement quasi mythique. UN atout majeur de Londres est
l’exceptionnelle concentration de toutes les activités financières (banque, assurance, courtage)
en ce lieu, qui s’étend sur un mile carré et ne compte que 5 500 habitants la nuit, contre 250 000
pendant la journée. Toutefois, le développement de Londres en tant que centre financier
international est lié à son influence dans l’utilisation des diverses méthodes nécessaires pour la
bonne gestion d’une banque. L’essor de Londres s’explique aussi par le dynamisme de ses
marchés de capitaux, alimentés par de nombreux investisseurs institutionnels tels que les fonds
de pension et les retraites. De plus, la City a su cultiver une tradition de libéralisme et de non-
ingérence du gouvernement britannique, symbolisée par l’autorité et la relative autonomie de la
Banque d’Angleterre. On peut penser que la place de Londres bénéficie pour certain marché
d’une tradition concurrentielle différente qui privilégie la concertation et l’enrichissement partagé.
Dès 1970, les quatre banques commerciales anglaises ont mis en œuvre la société
« Investors In Industry » (3 I) qui correspond à la volonté des banques anglaises de ne pas
intervenir dans la gestion et le contrôle de sociétés industrielles. La création de «3 I » permet de
mutualiser les risques et de créer une muraille entre les décisions d’investissement et l’activité
de banque commerciale.
Le succès de la place de Londres en tant que centre financier était déjà incontesté à l’aube
des années 1990.
Enfin, pour terminer avec le système bancaire britannique, il est important de parler du
« Big-Bang » qui est un événement essentiel de la vie des banques anglaises. C’est un
mouvement de réforme systématique qui a donné naissance à un ensemble de règlements et de
pratiques régénérées. On peut le considérer comme les atouts stratégiques que Londres devait
développer pour assurer la suprématie en tant que marché financier, ces atouts sont : la
modernisation des outils de travail de travail afin d’assurer, entre autres, la continuité de cotation
des instruments traités aux Etats-Unis ; un système de contrôle de place rassurant pour les
étrangers ; la dérégulation des conditions d’exploitation des différentes activités financières.
Avec l’évolution des banques dans ces deux pays, on déduit que le système bancaire d’un
pays quelconque ne devrait pas être stationnaire dans le temps et dans l’espace. Il faut des
transformations et de la mobilité car le monde, lui, évolue en fonction des besoins de la société
qui avance vers une modernisation accrue de toutes les activités économiques. Tout système
tant bancaire que financier doit donc s’efforcer de s’adapter aux changements qui interviennent
dans le monde entier, afin de devenir ou rester efficace pour la satisfaction de la clientèle. Or,
c’est encore un des plus difficiles défis à relever par les pays sous développés comme
Madagascar où le système bancaire et financier est encore très précaire.
Ce qui nous amène à voir la réalité du secteur des banques à Madagascar.
Chapitre I : L’ECONOMIE DE MADAGASCAR

A- Aperçu général :
« Madagascar est un pays en voie de développement avec 13 779 000 habitants en 1997
avec un taux d’accroissement annuel de 2.8% et un temps de redoublement de 25 ans, la
densité de la population est de 24 habitants par km². Cette population malgache est très jeune :
plus de 50% ont moins de 20 ans et l’âge médian est de 16.3 ans, 20% ont moins de 5 ans et
environ 3% ont plus de 65 ans. »
En réalité, l’évolution du taux de croissance économique annuel moyenne à Madagascar
est inférieure à celle de la croissance démographique, d’où la baisse du niveau de vie de la
population et la limite des possibilités d’emplois. A cause de l’endettement, Madagascar est
tributaire des pays riches créanciers qui mènent la nouvelle doctrine de la mondialisation. Le
moyen pour qu’il s’en sorte c’est de tirer profit des possibilités de coopérations par les
opportunités apportées par les investisseurs étrangers. En effet, la mondialisation peut favoriser
le développement de certaines branches ou filières par le biais du transfert de technologie, de
savoir-faire et d’apport de capitaux frais.
L’évolution économique de Madagascar depuis son indépendance a suivi une courbe
irrégulière car il y a eu une croissance modeste ; suivie d’une stagnation ; un brusque déclin et
près d’une décennie de stabilisation et d’ajustement. L’amélioration de la situation économique a
été perturbée par les événements de 1991. Les bouleversements qui s’en sont suivis se sont
entre autre soldés par la suspension des accords économiques internationaux. La période 1997-
2001 a été marquée par une certaine stabilité et les prémisses d’un décollage économique avec
des retombées sociales faibles. Des mesures telles que l’abaissement des barrières douanières,
la suspension des exonérations fiscales, la mise en place de nombreuses restrictions
budgétaires et de contrôle des dépenses budgétaires, la privatisation et l’élimination des
activités quasi-budgétaires de la Banque Centrale ont permis de rétablir les grands équilibres
économiques, tant au niveau des finances publiques qu’au niveau des échanges extérieurs et
de la monnaie. Le taux de croissance moyenne de l’économie est de 4.5% ; cette période a
donc donné lieu à des perspectives de relance de l’économie. Malheureusement, la population
constate que cette amélioration de la croissance économique n’a pas d’impact réellement positif
sur son vécu quotidien. Les besoins fondamentaux de la population ne sont pas encore satisfaits
et il en résulte que l’économie de Madagascar est tout à fait une économie de subsistance. De
plus, ces perspectives ont été de nouveau remises en cause par la crise post-électorale de
2001.
A travers toutes ces variations de la situation économique de Madagascar depuis l’indépendance à nos jours, on en tire que le pays est actuellement
plongé dans le fossé de la pauvreté. Cela se confirme par le seuil de pauvreté monétaire de 2001 évalué à 988 600 Fmg par an par individu ; soit une proportion
de 69.6% des malgaches qui sont pauvres. La pauvreté est différente selon les provinces et est essentiellement un phénomène rural du fait que 85% des pauvres
se trouvent en milieu rural. La majorité des ménages (67.6%) travaillent dans le secteur agricole dont 40.7% d’entre eux sont des petits exploitants agricoles. Ce
ne sont que des petits agents économiques.

Il est à savoir que, dans notre pays, le revenu maximum vaut 3.3 fois le revenu minimum
c'est-à-dire que la distribution de revenus entre catégories socio-économiques est inégalitaire.
La branche «agriculture, pêche, élevage et activités connexes » est le moins rémunérateur vis-à-
vis de celle des «banques et assurances » à cause de l’écart de niveau d’instruction des chefs
de ménages actifs. En tout, 34.2% de la masse de revenu sont détenus par les plus riches
tandis que les plus pauvres n’en disposent que les 11.9%. Non seulement le niveau de revenu
des ménages malgaches est généralement faible, mais aussi la part des dépenses affectées à
l’alimentation est la plus importante. En effet, 70% de leur revenu sont accaparés par les
dépenses de consommation, ce qui laisse peu de capacité à satisfaire les autres besoins jugés
essentiels comme la santé, l’éducation, le logement, l’habillement, etc….Cette structure des
dépenses est un signe de pauvreté chronique des malgaches et entraîne ainsi l’amélioration du
coefficient de dépendance alimentaire. Par conséquent, il n’y a que 2% de la population
malgache qui possèdent des comptes en banques ; ce taux de couverture bancaire est très
faible par rapport à d’autre pays.
En réalité, vu que la totalité du revenu des ménages est procurée aux besoins
fondamentaux pour assumer leur survie et que l’environnement économique malgache est
instable, on en déduit que les ménages n’ont pas la possibilité ni d’épargner, ni de demander du
crédit par manque de moyens financiers et par manque de communications :
- Manque de communications car un grand nombre de la population ne sont pas
au courant des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
De plus, le désenclavement empêche la diffusion des informations dans les
zones éloignées où il y a le plus de pauvres ;
- Manque de moyens financiers car déjà ils n’ont que peu de biens à leur disposition, ils
ne vont pas risquer de les perdre comme garantie au crédit. De plus, les institutions de crédit
imposent des conditions qui ne sont pas appropriées au niveau de vie de la population
pauvre. Les banques ne sont pas en mesure d’identifier les besoins financiers réels de la
majorité de la population malgache. Elles ont une certaine réticence envers les pauvres qui
ont le plus besoin d’aide pour s’en sortir. Leurs conditions sont beaucoup plus adaptées au
riches qui on les moyens d’épargner et le niveau d’instruction requis pour demander du
crédit, faire des investissements et ouvrir des comptes bancaires.
Application théorique :
Si on réfère à des théories économiques, on peut dire que l’économie de Madagascar,
est théoriquement similaire à la perception du théoricien de l’école Classique Thomas
Malthus sur les mécanismes déséquilibrant la croissance économique. En fait, Malthus voit
dans le décalage entre la croissance de la population et celle de la production, l’origine d’une
crise de subsistance.
Effectivement, l’on note que croissance démographique de Madagascar va plus vite
que la croissance économique. De plus puisque l’économie est de subsistance, le surplus de
production n’existe pas le plus souvent.
On peut aussi l’assimiler à la théorie de Sismondi qui voit que les déséquilibres de la
répartition réduit la consommation du plus grand nombre. Ceci est confirmé par le fait que
seulement 11.9% de la masse de revenu appartient aux pauvres qui sont majoritaires alors
que la minorité riche en dispose les 34.2%.
Cet aperçu général sur Madagascar et la pauvreté de notre pays mérite qu’on étudie
profondément les structures et évolution de son système de dépôts et de crédits.

B- Les dépôts :
Les dépôts sont définis comme les ressources avec lesquelles travaille une banque de
dépôts, l’intérêt de la banque est de développer ces dépôts qui peuvent être constitués soit
par les fonds que le client laisse à son compte, soit par des fonds prêtés à la banque.
A Madagascar, la mobilisation de l’épargne est un grand problème qui se pose autant
pour le pouvoir public que pour les institutions de crédit et les banques. Il est difficile de
mobiliser les ressources suffisantes tout en conciliant les besoins de l’épargnant et ceux de
l’investisseur. Le premier élément implique qu’il faut épargner et non pas consommer les
ressources, le second implique un processus de transformation créatrice. Or, consommer est
une priorité pour une population en économie de subsistance et les affamés ne mettent pas
d’argent de côté. En plus, on se heurte au problème de manque de capitaux nationaux ;
mobiliser l’épargne intérieure commence par le problème d’élever le niveau de revenu car
l’accumulation de l’épargne en vue de la formation du capital peut être la cause ou l’effet de
l’augmentation des revenus. Ce qui constitue un véritable obstacle pour nous avec la
faiblesse du niveau de revenu. Cependant, le pays peut et doit financer la majeure partie des
efforts de développement en mobilisant l’épargne intérieure.
Si on regarde l’évolution des dépôts bancaires à Madagascar depuis quelques années,
la part de dépôts détenue par les particuliers et les ménages dans les banques tend à
diminuer régulièrement, un changement important a été noté au niveau des détenteurs de
dépôts à vue. Les ménages sont de plus en plus attirés par les comptes d’épargne que les
banques et les banques ont depuis cherché à promouvoir la modification des conditions, à
savoir l’allégement des taux sur les dépôts stables. (41.3% à fin 1998 et 54.3% à fin 2002).

Tableau n°1 : Dépôts à vue par catégorie de déposants3


DAV 2000 2001 2002
DAV ménages et particuliers 42.3 40.0 39.2
DAV entreprises privées 49.5 50.4 54.3
DAV entreprises publics 7 8.7 5.7
DAV IF non bancaires 1.2 0.9 0.8
TOTAL 100.0 100.0 100.0

On constate qui le tableau confirme ce qui a été dit ci-dessus. De 200à 2002, on voit
que la baisse de la part des ménages dans les dépôts à vue s’est faite au profit de celle
détenue par les entreprises privées.

Ces variations sont peut être dues au fait que les ménages, face à la crise de 2002 ont eu des
difficultés à survivre d’où ils ont retiré une partie ou la totalité de leurs dépôts dans les banques
tandis que les entreprises privées ont eu tendance à placer leurs capitaux afin d’être mieux
rassurées.

La baisse des revenus suite à la crise sociopolitique, s’est reflétée sur l’épargne. Les
dépôts à terme et d’épargne n’ont augmenté que de 72.9 milliards (7.4%) en 2002, contre
207.9 milliards (26.7%) en 2001. Ils représentent toutefois la même proportion qu’à fin 2001,
soit 13.4% de la masse monétaire au sens large.
Les dépôts d’épargne, y compris les dépôts à la caisse d’épargne de Madagascar, ont
accusé en 2002 une croissance plus modeste par rapport à 2001 : 17.5% contre 32.2%. et
malgré les décisions prises par les autorités monétaires en vue de pousser les banques à la
collecte des dépôts stables, les dépôts d’épargne bancaire n’ont augmenté que de 69.3
milliards en 2002 contre 89 milliards en 2001 en raison de la crise. La stagnation de
l’épargne a commencé en mois de Mars, c'est-à-dire dès le début des événements
sociopolitiques.
Les dépôts à terme quant à eux, ont diminué de 31.6 milliards (-8.1%) contre une
hausse de 62.6 milliards (19.2%) sur l’année précédente. Cette tendance provient surtout
3
Source : Rapport annuel 2002 ; Banque Centrale de Madagascar.
des dépôts à terme des ménages qui ont régressé de 38.3 milliards (-22%) et de ceux des
institutions financières non bancaires de 25.1 milliards (-65.7%), contre des hausses
respectives de 46 milliards et de 20.5 milliards en 2001. La baisse du revenu des ménages
consécutive à la crise ne leur a pas permis des placements et les a même obligé de
ponctionner sur leur épargne. Les dépôts à terme des entreprises ont par contre augmenté
de 31.7 milliards en 2002, soit 17.9% (37.6 milliards ou 26.9% en 2001) ramenant ainsi leur
part à 58.5% du total à fin 2002, si celle-ci a été de 45.5% à fin 2001. Aussi, en terme de
structure, les dépôts à terme des entreprises ont gagné 13 points aux dépens de ceux des
ménages et des institutions financières non bancaires, lesquels ont enregistré des pertes de
points de 6.7 et 6.2 et dont les parts ont été respectivement réduites à 37.9ù et 3.7% du total
à fin 2002. Les dépôts à terme auprès des banques commerciales de Madagascar ont tendu
généralement ces dernières années à ne représenter qu’environ un cinquième du total des
dépôts bancaires.
Sur le plan des dépôts en devises des résidents, ils ont légèrement augmenté en 2002,
passant de 92.9 millions de DTS (773.9 milliards) à fin Décembre 2001 à 100.5 millions de
DTS (879.2 milliards) à fin 2002.
A propos des taux bancaire, les banques ont révisé à la baisse les taux servis aux
dépôts à terme, dont le minimum est passé de 4% au deuxième trimestre à 2.9% au cours du
quatrième trimestre. Ceci a été décidé suite à l’abondance de liquidité vers la fin de l’année.

Tableau n° 2 : Structure et évolution des taux d’intérêts (en %) 4


T T T T T T T
aux aux de aux de aux de aux aux aux
directeur rendeme base base créditeur créditeur comptes
BC nt moyen min. des max des s min s max épargnes
M des BTA banques banques DAT des DAT des des
banques banques banques

4
Source : Rapport annuel 2002 : Banque Centrale de Madagascar
Fin 12.00 13.70 12.34 14.50 5.50 16.00 4.50-5.31
2000 9.00 8.00 10.95 13.25 3.19 9.35 4.07-7.75
Fin 2001 9.00 10.25 12.75 3.88 9.35 3.97-7.51
1 trim 02 9.00 12.18 12.75 4.00 9.35 3.50-7.64
2 trim 02 9.00 9.00 12.75 3.73 9.35 3.50-7.51
3 trim 02 9.00 12.00 11.00 12.75 2.30 9.35 3.50-7.41
4 trim 02

On en tire que les taux créditeurs minimum des banques pour les dépôts à terme ont
beaucoup varié durant la période 2000-2002 alors que les taux créditeurs maximum ont été
les mêmes de 2001 à fin 2002, sauf pour fin 2000 où la taux maximum était de 16%.
En résumé, le niveau général de l’épargne bancaire malgache est très faible pour des
raisons telles que :
- la faible productivité
- l’autoconsommation très importante, qui entraîne un revenu monétaire faible
- une monétarisation peu poussée
- le peu d’épargne par les ménages ruraux dégagé est improductif, oisif et
contemplatif sous forme de paddy, bétail et autres bijoux
- politique de mobilisation d’épargne mal adaptée.
Madagascar ne peut envisager de croissance à long terme durable et équitable qu’avec
la participation active de l’ensemble de la population. Or, un grand nombre de malgaches
n’ont guère ou pas accès au système financier établi et sont donc dans l’impossibilité de
contribuer effectivement à la mobilisation des ressources. L’une des tâches majeures pour
l’avenir sera d’améliorer les services financiers à l’intention de toutes les catégories de la
population et de mieux les intégrer au système financier général.

C- Les crédits
Le système de crédit rencontre aussi des problèmes à Madagascar.
Par définition, l’opération de crédit implique l’échange volontaire de l’usage immédiat d’un
bien contre la promesse de l’usage futur d’un autre bien équivalent. Elle est dominée par la
notion de confiance et de temps. L’intérêt servi représente tout à la fois le prix du temps et le
coût du risque, son taux a tendance à s’élever, soit lorsque la durée de l’opération augmente,
soit lorsque le débiteur ne présente pas de garantie suffisante.
En réalité, l’évolution des crédits bancaires dans notre pays est fortement influencée par
celle des crédits à court terme qui représentent 75% du total des crédits. Alors que comme dans
le cas de la mobilisation des ressources, les activités de crédit à moyen et long terme des
banques de Madagascar sont en deçà des niveaux courants dans beaucoup d’autres pays. Le
système bancaire malgache se révèle préoccupé surtout par le court terme dans ses pratiques
de mobilisation et d’affectation des ressources.
Voyons l’évolution récente du niveau des crédits suite aux événements socio-économiques
de 2002 par rapport à ce qu'ils étaient en 2000 et en 2001.
En général, l’accroissement annuel du crédit intérieur total a été de 12.5% à fin 2002,
contre 23% à fin Décembre 2001. Malgré que cette augmentation soit moindre par rapport à
l’année précédente, elle a été le principal facteur de création de la masse monétaire en 2002.
Le rythme d’évolution annuelle des crédits à l’économie a été marqué par une décélération
en 2002 ; passant de 15% en Décembre 2001 à 6.4% en Juin et 0.8% à la fin de l’année 2002.
Pour les crédits bancaires au secteur privé, ce rythme a été de 8.6% en Décembre 2001 à 8.7%
en Juin et à –2.6% à la fin de l’année.
Le ralentissement du taux de croissance annuel des crédits bancaires est dû, en partie, à
une attitude du côté des banques, suite à un environnement plus risqué et à la restriction du
marché monétaire à partir du mois de Février. Mais la raison essentielle en est que la crise
socio-politique que le pays vient de traverser a durement frappé la trésorerie des entreprises et
ralenti les activités économiques sur la période.

Tableau n° 3 : Evolution des crédits bancaires par agent économique bénéficiaire


(en milliards de FMG, fin de période)5

CREDITS 2000 2001 2002

Court terme 1 795.5 1 857.1 1 833.9


Particuliers et ménages 39.9 55.5 69.7
5
Source : Rapport Annuel 2002 ; Banque Centrale
Entreprises privées 1 742.6 1 768.6 1 733.2
Entreprises publiques 12.9 33.0 31.0

Moyen terme 310.9 404.3 381.8


Particuliers et ménages 15.9 57.6 67.8
Entreprises privées 285.5 328.9 303.3
Entreprises publiques 9.4 17.7 10.6

Long terme 192.0 230.0 212.7


Particuliers et ménages 29.6 24.1 20.0
Entreprises privées 162.4 205.8 192.8
Entreprises publiques 0.0 0.0 0.0

TOTAL DES CREDITS 2 298.4 2 491.3 2 428.4

On constate comme ce qui a été affirmé ci-dessus que le niveau des crédits bancaires n’a
pas beaucoup varié de 2000 à 2001 et surtout de 2001 à 2002.
En période normale, il est constaté en général qu’en début d’année, il y a une baisse à
cause du dégagement bancaire des entreprises, puis un niveau faible de Mai à Août et une
reprise à partir de Septembre. Mais ce profil habituel n’a pas été respecté en 2002, car la baisse
sur les cinq premiers mois a été mois forte, tandis que la reprise a été tardive. En effet, le
remboursement net des crédits à court terme enregistré jusqu’au mois de Mai 2002 n’a été que
de 138.2 milliards (-7.4%), contre 267.1 milliards (-14.9%) pour la même période de 2001, tandis
que les découverts ont connu une certaine recrudescence suite aux difficultés de trésorerie
traversées par les entreprises lors de la crise post-électorale (hausse de 167.5 milliards, soit
29.1% contre une baisse de 78.5 milliards, soit –11.6% en 2001).
Enfin, la reprise qui aurait dû être amorcée à fin Août, n’a eu lieu que tardivement. Elle a
été conditionnée par le paiement, à la fin du mois d’Octobre, des arriérés intérieurs par le Trésor
publique. Entre le mois de Septembre et Décembre, le Trésor a pu payer 370 milliards d’arriérés
de paiement intérieurs. Cette ressource a permis aux entreprises de régulariser leurs comptes
devenus débiteurs et de se désengager auprès des banques pour un montant de 42.7 milliards,
tandis que la réduction du taux de réserves obligatoires a en même temps renfloué les liquidités
bancaires.
Pour les crédits à court terme, les crédits de fonctionnement ont diminué de 23.2 milliards
(-1.2%) en 2002, contre une hausse de 61.6 milliards en 2001(+3.4%) et d’autres catégories de
crédit à court terme ont aussi connu une baisse, comme les mobilisations de ventes à crédit. Par
contre, les crédits divers à court terme ont progressé de 35.8 milliards (42.8%). Il en est de
même pour les préfinancements de collecte de produits qui ont augmenté de 34.7 milliards
(34.2%). Par ailleurs, les créances douteuses, litigieuses et contentieuses (CDLC) se sont
accrues de 172.1 milliards, soit 82.7%. En effet, les entreprises qui ont traversé des difficultés de
trésorerie n’ont pas pu honorer les échéances des prêts, d’où le déclassement de leurs
engagements en CDLC.
Enfin, en ce qui concerne les crédits à moyen et long terme, ils ont accusé en 2002, un
ralentissement et n’ont pas montré aucun signe de reprise jusqu’à la fin de l’année. A cause des
incertitudes induites par la crise, les banques ont observé une certaine retenue pour l’octroie de
nouveaux crédits. Des remboursements ont cependant eu lieu, notamment certaines créances
sur les secteurs agro-alimentaires et textile. D’autres créances arrivées à échéance sont
tombées en CDLC. Ainsi, les crédits à moyen terme ont régressé de 22.5 milliards (-5.6% contre
30% en 2001). Les crédits à long terme ont, de leur côté diminué de 17.3 milliards (-7.5% contre
+19.7% en 2001). Les réductions concernent surtout les équipements et l’immobilier.
Cependant, le bas niveau des crédits à moyen et long terme n’est pas un fait nouveau pour
Madagascar, car il a toujours été ainsi durant les années précédentes. Ce qui constitue un
véritable problème pour le système financier malgache. Or, le mécanisme du crédit à moyen et
long terme est l’un des grands éléments nécessaires dans tous les pays pour permettre de
réaliser le potentiel de production économique. Dans une économie comme celle de
Madagascar en cours de restructuration rapide, le crédit à moyen et à long terme s’affirme
comme un besoin de plus en plus fondamental des entreprises, des ménage et des secteurs
privés. Il est indispensable à l’expansion du capital social du secteur des entreprises à mesure
que des équipements nouveaux remplacent les anciens, que les installations de production et de
distribution se perfectionnent et que de nouvelles usines se construisent. Il est aussi nécessaire
à la mise en place de l’infrastructure physique, qu’il s’agisse de bâtiments commerciaux,
d’écoles ou de routes, de même qu’à la création des logements, qui constituent le principal actif
à long terme des ménages. Ce mécanisme touche directement et indirectement tout l’éventail
des institutions, des instruments et des marchés dans un système donné. Les banques
commerciales ont un rôle majeur à jouer à cet égard, tant pour la mobilisation des ressources
que pour l’octroie des crédits. A terme proche, le système bancaire restera, dans le système
financier malgache le principal distributeur de crédit à moyen et à long terme.
Il faut donc renforcer les activités de crédit à moyen et long terme des banques malgaches
à travers un ensemble de conditions parmi lesquelles l’existence de projets viables à financer, la
mise au point des moyens appropriés d’assurer la sécurité des crédits bancaires et le suivi des
projets, et l’acquisition par les banques des compétences spécialisées applicables au crédit à
moyen et à long terme, l’action des pouvoirs publiques est également importante.
Les petits agents économiques comme on l’a noté ci haut ont des besoins de services
financiers variables. Dans l’activité bancaire ordinaire, leurs besoins tendent à être distingués
non pas suivant une classification géographique (campagne ou ville) mais suivant l’emploi final
des moyens : besoins des entreprises ou besoins privés. Malheureusement, face à cela, la
fourniture effective de services financiers aux petits exploitants par les institutions structurées
semble bien en deçà des possibilités et fait même totalement défaut dans le pire des cas. D’où
les petits agents économiques s’adressent souvent aux mécanismes du crédit non
institutionnalisés plutôt qu’aux institutions financières établies. Bien que, dans l’ensemble, la
connaissance du crédit non structuré à Madagascar soit incomplète.
Néanmoins, même si le crédit non structuré à Madagascar, de par sa souplesse et son
accessibilité, fournit apparemment des services financiers valables, il apparaît dans l’ensemble
que son caractère fragmentaire et inorganisé en fasse une formule de rechange insuffisante par
rapport au crédit institutionnalisé.
Tout ceci mérite une vision sur le système bancaire malgache que l’on va discuter dans le
suivant chapitre.

Chapitre II : LE SYSTEME BANCAIRE MALGACHE

A- Historique des banques à Madagascar :


- Pendant l’époque Précoloniale, l’économie malgache était fragmentée en de nombreuses
communautés tribales dominées par le troc et la situation monétaire était mal connue. Mais
malgré cela il circulait quelques pièces étrangères, notamment le Thaler autrichien, la monnaie
française de 5 francs et l’Ariary, monnaie locale imitant le Piastre mexicain.
- Durant l’époque Coloniale ; le bureau du Comptoir National d’Escompte de Paris est
ouvert à Antananarivo à partir de 1886, ce qui marque l’implantation de l’activité bancaire à
Madagascar.
En Janvier 1900, les billets de Banque de France obtiennent cours légal à Madagascar et
jusqu’en 1914, les billets se multiplient alors que les monnaies d’argent se thésaurisent ; d’où
c’est la monnaie métallique qui est censée être la bonne car elle est supposée ne pas se
déprécier contrairement aux billets. A côté des billets de la Banque de France et jusqu’en 1922
circulait aussi une monnaie locale émise par l’autorité locale et frappée à l’effigie du zébu avec
une valeur de 5 centimes à 2 francs.
En Décembre 1925, fut créée la Banque (privée) de Madagascar qui obtient
immédiatement le privilège de l’émission des billets avec u retrait parallèle des billets de la
Banque de France. Ensuite la « Zone Franc » fut créée à cause de la crise de 1929, c’est une
forme de repli de la Métropole sur ses puissances coloniales en cas de dépression. De 1942 à
1944, Madagascar quitte la Zone Franc pour intégrer la Zone Sterling et en Décembre 1946 fut
créé le Franc CFA (Colonie Française d’Afrique) dont la parité est fixée à 1.70 franc
métropolitain.
A partir de 1950, des filiales des banques françaises s’installent à Madagascar ; telles la
BMC (Banque de Madagascar et des Comores) en mars 1950, la BFC (Banque Franco-
chinoise) en 1951, la BNCI-OI (Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie de l’Océan
Indien) en 1954, et la BAMES (Banque Malgache d’Escompte et de Crédit).
L’année 1950 a également vu la naissance de deux organismes financiers qui sont le
Crédit de Madagascar (CM) et la Société Nationale d’Investissement (SNI).
- A l’Indépendance en 1960, le franc demeure la monnaie des Etats membres de la
Communauté, sa dénomination peut être modifiée (par exemple Fmg à Madagascar)
mais sa parité reste inchangée par rapport au FF (1FF= 50 francs). Toutes les monnaies
ayant cours dans la Communauté sont librement convertibles et transférables. La
réglementation des changes demeure commune à la Zone Franc à l’égard des autres
zones.
Puis, par décret de 30 Juin 1963, Madagascar dénomme son unité monétaire Fmg,
monnaie garantie par l’encaisse de métal et de devises de la Zone Franc. L’IEM (Institut
d’Emission Malgache) gère la monnaie malgache à la place de la BMC et se doit d’élaborer un
nouveau statut des banques commerciales, un conseil du crédit, un service de centrale des
risques, une CCB. Il doit également définir la politique monétaire et élaborer de nouvelles
techniques bancaires. Sa gestion est paritaire : franco-malgache à concurrence de 50%
chacune.
Un accord intergouvernemental de Juin 1960 transforme le CM en société conventionnelle
de droit international SMIC (Société Malgache d4investissement et de Crédit) elle-même
devenue BNM (Banque Nationale Malgache pour le Développement) depuis 1963.
En Juin 1973, la Banque Centrale est créée en prenant la relève de l’IEM.
Cependant, on considère que l’activité bancaire moderne à Madagascar ne date que de
Juin 1975, où a été nationalisé le système bancaire qui comprenait alors une banque Centrale,
Quatre banques commerciales privées (avec une forte participation étrangère) et une banque de
développement. Dès janvier 1977, les cinq banques étaient restructurées en trois banques
commerciales, l’intention étant que chacune se spécialise dans l’un des trois grands secteurs de
l’économie : agriculture, industrie et commerce.
En Décembre 1976 naissait la BNI (Banque national pour l’Industrie) créée par la fusion de
la BNM et de la BCIM. Quelques jours plus tard, la branche agricole de la BNM fusionnait à son
tour avec la BAMES pour former la BTM (Banque nationale pour le développement rural). Enfin,
à la mi-janvier 1977, la BCM et la BFCM se regroupaient au sein de la BFV (Banque du
commerce). Les trois nouvelles banques appartenaient totalement à l’Etat, soit directement
(BFV), soit à travers la participation d’autres institutions publiques.
- Actuellement, an compte six banques commerciales à Madagascar :
La BFV-SG (BFV-Société générale) dont une part a été acheté par la Société générale.
La BOA Madagascar (Bank Of Africa) qui a créé la première société de crédit – bail
appelée Equipbail Madagascar.
La BMOI (Banque Malgache de l’Océan Indien) née suite à l’accord conclu en Octobre
1988 entre la BNPI (Banque Nationale de Paris Intercontinentale) et le Gouvernement
malgache.
Le SBM (State Bank of Mauritius).
La BNI-CLM née suite à la cession de participation de l’Etat. Car durant le premier
trimestre de 1991, l’Etat malgache a réduit substantiellement ses participations dans le secteur
bancaire. Le 20 Février 1991, une grande banque française, le Crédit Lyonnais (CL) a acheté à
l’Etat malgache 51% des parts de la BNI et a pris en charge la gestion de l’établissement.
L’INVESTCO qui est une banque d’affaire dont agrément de la CSBF (Commission de
Supervision Bancaire et Financière) a été donné en 1997 mais retiré en 2001.
L’UCB (Union Commerciale des Banques)
Notons que l’adoption d’une nouvelle loi bancaire en Mai 1988 a ouvert la voie de la
privatisation du secteur bancaire malgache en permettant au secteur privé (national ou étranger)
de créer de nouveaux établissements bancaires ou de participer au capital des établissements
existants. La privatisation qui est une des meilleures voies pour le développement du système
bancaire dans tous les pays du monde.

B- Analyse de la situation et évolution :

Certes, Madagascar est l’un des 15 pays les plus pauvres du monde mais cela
n’explique pas que son système bancaire ne puisse pas répondre par lui même à tout
l’éventail des besoins d’une économie en expansion et en cours de diversification. Les
problèmes auxquels les banques malgaches sont confrontées sont causés par divers
facteurs.

Premièrement, le taux d’inflation est supérieur aux taux d’intérêt nominaux sur les
dépôts et les taux d’épargne sont si faibles.

Deuxièmement, il demeure un problème de confiance à l’égard des établissements


et des instruments financiers actuels s’expliquant par la persistance des soupçons et des
craintes engendrées par les politiques passées à l’égard du système financier. Car non
seulement la politique financière est mal gérée mais le pouvoir public a aussi mal maîtrisé
le déficit budgétaire.

Troisièmement, la proportion des prêts productifs dans les portefeuilles est forte et la
situation d’engagement excessif des ressources bancaires persiste. Et de leur côté aussi,
les petits agents économiques qui constituent le plus grand nombre, pratiquent
l’agriculture de subsistance et ne dégagent aucun excédent commercialisable. A revoir
car nous ne sommes pas là pour défendre les intérêts des banques mais pour relater
leurs problèmes avec les 95 % de particuliers et d’entreprises exclus du système bancaire

Enfin, il y a incapacité des banques à placer leurs ressources autrement qu’en crédit
à la clientèle faute de marchés financiers suffisamment développés.

N’oublions pas que La Banque Centrale fait aussi des erreurs par sa participation à
des activités de financement dont la charge devrait normalement incomber au budget de
l’Etat.

Cependant, malgré les difficultés qu’il rencontre, le système bancaire malgache, au


cours de son existence, a également connu des points fort. On va donc parler ici de ses
forces et de ses faiblesses.
Tout d’abord, analysons les points forts qui marquent les banques à Madagascar qui
était essentiellement axées sur la libéralisation des années 90. On a :

« - l’ouverture du secteur bancaire aux capitaux privés en 1988 par la création de la


Banque Malgache de l’Océan Indien (BMOI) et la privatisation partielle de deux des trois
banques d’Etat (la Banque National de l’Industrie et le Bankin’ny Fampandrosoana ny
Varotra)

- la libéralisation progressive des taux d’intérêts qui sont devenus entièrement libres
à partir de 1990

- les politiques de crédit sélectives ont été abandonnées peu à peu

- l’assainissement et la restructuration des portefeuilles de crédit. Alors qu’en 1986,


les banques étaient en situation de quasi-insolvabilité, elles étaient rendues globalement
saines et stables ;

- l’amorce du passage des instruments de contrôle monétaire aux instruments


indirects

- et aucune taxation gravement discriminante du secteur financier »6

Un des points forts qui marquent les banques actuellement, c’est l’utilisation des
distributeurs automatiques et la nouvelle politique de crédit qui vise la couche des
fonctionnaires. Ceux qui se plaignent souvent d’être dans le besoin.

Les points faibles, comme on le sait déjà, sont plus nombreux que les points forts.
Ils concernent surtout le fonctionnement des banques.

Le système œuvre dans une économie qui a l’un des taux d’épargne les plus bas et
dont l’intensité est parmi les plus faibles. Les taux d’intérêt réels pour la plupart des
dépôts à vue et à court terme sont négatifs.

L’infrastructure de base pour les opérations financières, notamment les textes et pratiques
constituant la législation et intéressant la comptabilité, la vérification des comptes et la publicité
financière, laisse beaucoup à désirer.
La majorité de la population n’a qu’un accès très limité aux services financiers car l’accès
aux sources de crédit institutionnalisées est axé vers les moyennes et grandes entreprises dont
la proportion ne dépasse pas les 5 % de l’ensemble des entreprises.

6
Points forts extraits du «Rapport sur le système financier malgache à l’aube du XXième siècle » : Banque Centrale
Et un certain nombre de besoins financiers des particuliers (logement) et des entreprises
en général, ne sont pas satisfaits. Ce sont les cas des crédits à moyen et à long terme et divers
autres types de financement (financement du commerce extérieur, crédit-bail et financement
participatif des sociétés), et les services financiers appropriés à l’intention des entreprises.
Les conséquences de tous ces points sombres sont un peu néfastes pour le système
bancaire malgache et surtout handicapent la croissance économique et le développement
national. Car de nouvelles institutions et de nouveaux instruments financiers ne peuvent
fonctionner efficacement en l’absence d’une infrastructure financière forte.
A mesure que la libéralisation avancera et que le renforcement de la croissance stimulera
la demande de ressources financières plus larges et plus intense, le déséquilibre s’accentuera.
On constate également que le crédit bancaire favorise les activités commerciales et les
échanges extérieurs beaucoup plus que les activités des secteurs primaire et industriel qui
requièrent des fonds à plus long terme.
Pour terminer, la réalité de l’environnement a conduit à une faible pénétration, par d’autres
banques, du marché malgache. De ce fait, les banques en activité pratiquent, pour se prémunir
des risques, des taux d’intérêt débiteurs élevés.

C- Evolutions actuelles :
Avec tous les événements qui se sont succédés, le système bancaire malgache a fait des
progrès dans divers domaines de ses activités. Les changements touchent surtout la
composition du système bancaire (en banques territoriales et extra territoriales ou banques
« offshors »), la composition et les pouvoirs de l’organe de contrôle (le CCBEF est devenu
CSBF) et l’organisation et les règles protectrices de la profession.
Des nouveautés sont apparues :
- le Crédit-bail
- la réglementation du retrait d’agrément et de la procédure de liquidation
- les autorisations diverses
- les relations entre les établissements de crédit et leur clientèle (droit à l’ouverture
de compte).
L’on dénote également une amélioration du comportement du système bancaire
caractérisée par une réduction du coefficient d’exploitation (part du produit net absorbé par les
frais généraux), un accroissement du rendement moyen des crédits, accompagné d’une maîtrise
du coût moyen des dépôts. Il est vrai que les conséquences ne sont pas nécessairement en
faveur du client ni ne concourent au développement de l’épargne mais ces réformes sont des
marques d’efforts de notre système bancaire.
Un autre avantage du système en est que le coût de l’intermédiation financière est élevé à
Madagascar (7%) par rapport aux niveaux constatés dans les systèmes financiers efficaces et
concurrentiels (en dessous de 3.5%). Les banques à Madagascar ont constitué un oligopole et
cette situation reflète le caractère oligopolistique de notre système bancaire, et met à l’exergue
la nécessité de réduire les barrières à l’entrée dans le secteur, afin de stimuler davantage la
concurrence car ce secteur est rentable. L’entrée des investisseurs dans ce secteur est aussi
tributaire de l’environnement des affaires à Madagascar dont, entre autre, l’existence d’une
véritable volonté politique de donner la primauté à l’économie, d’établir une nécessaire
transparence et stabilité fiscale, de clarifier les règles du jeu, d’obtenir une cohérence des
décisions à tous les niveaux de l’appareil administratif tant national que local, de lutter contre la
corruption.
Il est à savoir que cette décennie a connu un renforcement accru de l’infrastructure
financière. L’insuffisance sinon l’absence de sensibilisation de toutes les parties prenantes n’a
toutefois pas permis de la développer davantage. En plus de cela, même si le secteur bancaire a
fait beaucoup d’efforts, ces améliorations sont seulement au profit de la population déjà
bancarisée. Néanmoins, le système de télécommunication actuel permet dorénavant de mettre
en œuvre les technologies de télématique et de la monétique. Certaines banques s’y sont déjà
lancées.
Le développement de Madagascar est donc un défi complexe à assumer tant par les
pouvoirs publics que par le secteur privé. Cependant depuis l’année dernière, une bonne
perspective de développement est apparue à Madagascar sur le plan du financement ; c’est le
Millenium Challenge Account.
Chapitre III : LE MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT (MCA)

A- Origine et description du MCA :


Le MCA est un mécanisme concret qui établit un lien entre les contributions plus
conséquentes de la part des pays développés et une plus grande responsabilité de la part des
pays en développement c’est à dire une nouvelle entente pour le développement mondial. Il est
né suite à l’appel du Président des Etats-Unis Bush, à Monterrey, au Mexique en 2002. A travers
le MCA, l’aide au développement sera accordée aux pays qui font preuve d’une gouvernance
équitable, qui investissent dans le développement humain, et encouragent la liberté
économique.

Le MCA est administré par la Millenium Challenge Corporation (MCC), une nouvelle
société d’Etat appelée à soutenir des stratégies novatrices et à assurer une responsabilisation
pour des résultats mesurables.

Le Congrès américain a octroyé un financement initial de 1 milliard de dollars US pour


l’exercice 2004. Le Président Bush a promis d’augmenter le financement destiné au MCA à 5
milliards de dollars tous les ans à partir de l’année budgétaire 2006, soit environ une
augmentation de 50% de l’aide principale américaine actuelle au développement.

Le MCA rassemble les leçons du développement apprises au cours des cinquante


dernières années:
1. L’aide est très efficace lorsqu’elle renforce les principes politiques ainsi que la
politique économique et sociale, lesquels sont essentiels pour encourager
l’apport de capitaux privés et des échanges commerciaux accrus, véritables
forces motrices de la croissance économique;

2. Des plans de développement appuyés par un large éventail de parties


prenantes, et pour lesquels les pays jouent une responsabilité primordiale,
entraînent une appropriation au niveau du pays et ont plus de chance de
réussir;

3. Intégrer le suivi et l’évaluation dans la conception des activités renforce


l’efficacité, la responsabilisation et la transparence avec laquelle les
ressources des contribuables sont utilisées.

Dans sa mission, la MCA s’occupe d’une croissance économique soutenue par le biais de
la promotion des investissements dans des secteurs tels que l’agriculture, l’enseignement, le
développement du secteur privé, et le renforcement des capacités.

La performance en matière de gouvernance équitable, de développement humain,


et d’encouragement de la liberté économique aident les pays à bénéficier de la MCA.
Les pays bénéficiaires du MCA se doivent d’identifier les obstacles les plus
importants à leur propre développement, d’assurer la participation de la société civile
et d’élaborer un programme du MCA., ceci en collaborant avec le MCC. Ces pays se
doivent aussi d’avoir mis au point des programmes bien conçus avec des objectifs
clairs, évalué les données de base, et prévu une évaluation objective des résultats.
Le gouvernement d’accueil doit conclure avec la MCC un accord public qui comprend un
plan pluriannuel de réalisation des objectifs de développement qu’il doit atteindre. Il faut
également des références régulières pour mesurer les progrès, et un plan pour assurer une
responsabilité financière sur l’utilisation de l’aide du MCA. Les programmes et les efforts
partagés seront conçus de manière à assurer un progrès soutenu après que le financement au
titre de l’entente MCA aura pris fin.

A propos de la candidature des pays au MCA, il y a des critères à remplir pour


chaque année d’exercice.
 Pour l’année fiscale 2004 ; 63 pays ont été candidats et Madagascar était le
36ème pays. Les critères étaient :
- L’existence d’un revenu par tête d’habitant par an en dessous de 1 415
dollars US.
- L’accomplissement des conditions d’aide de l’Association Internationale
pour le Développement (IDA).

- Ne pas être inéligibles à bénéficier de l’aide économique des Etats-Unis au

ère
titre de la 1 partie de la Loi d’Aide à l’étranger (FAA) de 1961 en raison de

l’application de toute disposition de la FAA ou toute autre disposition légale.

 Pour l’année fiscale 2005 ; 66 pays ont été candidats et Madagascar en était
toujours le 36ème pays. Les critères sont restés les mêmes sauf que l’existence
du revenu par tête d’habitant par an en dessous de 1 415 dollars US étaient
exclue.

A propos de l’éligibilité ; le Conseil d’administration du MCA utilise 16 critères pour


sélectionner les pays éligibles. Ces critères sont regroupés en bonne gouvernance, liberté
économique et investissement social.

16 pays sont éligibles pour utiliser l'assistance Millénium Challenge Account (MCA) pour
l'année fiscale 2004. Cela a été décidé par le Conseil d'Administration du Millénium Challenge
Corporation (MCC) le 6 Mai 2004. Ces pays sont :Armenia, Bénin, Bolivie, Cape Verte, Géorgie,
Ghana, Honduras, Lesotho, Madagascar, Mali, Mongolie, Mozambique, Nicaragua, Sénégal, Sri
Lanka, Vanuatan.7

B- Les objectifs du MCA:


L’objectif final du programme est d’atteindre une croissance économique élevée et une
réduction conséquente de la pauvreté. Dans le cas de Madagascar, cet objectif sera atteint par
l’intégration d’une économie rurale de subsistance à une économie de marché. Il y a les objectifs
intermédiaires et les objectifs spécifiques.

7
Référence : Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget.
Les objectifs intermédiaires consistent à augmenter la valeur ajoutée du secteur primaire,
à augmenter le revenu des ménages ruraux et à diminuer la pauvreté rurale. Ceci suppose :

- une augmentation du volume de la production rurale

- une part importante de la production rurale absorbée par l’industrie

- une répartition adéquate du revenu rural entre la subsistance,


l’approvisionnement, l’industrie et le commerce

- et une compétitivité des intrants issus du monde rural et de


l’industrie sur les marchés nationaux et internationaux ciblés

Les objectifs spécifiques sont la facilitation et la sécurisation de l’accès à la terre aux


paysans producteurs et aux investisseurs ruraux ; l’intégration des zones rurales dans le
système financier; et l’investissement direct auprès des zones à forte potentialité

C- Le MCA à Madagascar :
Madagascar est l’un des pays choisis parmi ceux qui bénéficient du MCA.

L’objectif de
développement de
Madagascar vise
principalement à
réduire de moitié le taux
de pauvreté en 10 ans
à travers la promotion
d’une croissance
accélérée et d’un
développement
durable.
Le gouvernement s’est ainsi engagé dans la lutte contre la pauvreté et la promotion de
la croissance économique. Il a entrepris des actions à travers de nombreux programmes
sectoriels dont l’exécution atteste l’aptitude et l’engagement du gouvernement à abonder
dans le sens des critères prescrits par MCA, à savoir l’instauration de la bonne
gouvernance, la liberté économique et l’intensification des investissements dans le domaine
social.

La proposition est
fondée sur le
développement rural à
travers le passage
d’une économie de
subsistance à une
économie de marché ;
ce passage s’effectuera
par le prolongement de
l’économie rurale vers
l’économie industrielle
et de services.
L’essentiel du
programme consiste
ainsi à créer une
dynamique de
développement et de
croissance au niveau
du monde rural
(principale source de
moyens de subsistance
de la population), par la
mise en valeur des
ressources, par la
création de valeur
ajoutée à travers des
activités de
transformation, et par la
mobilisation des
services de proximité
accompagnant les
acteurs de
développement. La
croissance économique
sera donc tirée par les
marchés aussi bien
domestiques que
d’exportation. La finalité
du programme vise
donc à réduire la
pauvreté en milieu rural
par l’augmentation de la
valeur ajoutée du
secteur primaire, et par
l’accroissement du
revenu des ménages
ruraux. Le secteur
secondaire sera
entraîné par le
dynamisme de
l’économie rurale.
L’efficacité opérationnelle est l’une des bases fondamentales du programme. Des
mécanismes de suivi- évaluation sont mis en place pour mesurer les résultats, les effets, ainsi
que les impacts du programme au niveau des groupes cibles. Afin d’assurer une efficience
optimale, la mise en œuvre du programme nécessite une expertise internationale, pour le
transfert de savoir-faire et de technologies. Le programme intervient dans 5 zones à fort
potentiel de croissance, dont 2 sont opérationnelles dès la mise en place du financement. Il
comporte 2 phases principales: la mise en place des conditions préalables et favorables aux
investissements pour le développement du monde rural et la réalisation des investissements
directs dans les zones prioritaires d’intervention.

La phase 1 comprend 3 volets : la sécurisation foncière pour améliorer la productivité


du monde rural, la réforme du système financier afin de financer les investissements
productifs, et l’identification des opportunités d’investissements dans des zones
productrices à fort potentiel de croissance.
La phase 2 consiste ainsi à investir directement auprès des zones identifiées afin de
concrétiser les opportunités de développement du monde rural. Ces investissements
contribueront à améliorer l’environnement des affaires afin que les investisseurs privés soient
attirer à injecter leurs fonds dans des activités productrices de revenus.

Les activités d’investissement sont : l’amélioration du cadre réglementaire des affaires, la


mise en place de système d’appui aux acteurs de l’économie rurale, l’éducation et la formation
spécifique au monde rural, la viabilisation des zones d’intervention, le programme de
préservation de l’environnement, l’appui aux initiatives entrepreneuriales.

C’est par le biais de l’investissement dans les zones que l’atteinte de l’objectif global du
programme : « passer d’une économie de subsistance à une économie de marché » sera
concrètement réalisé. Les volets fonciers et financiers servent essentiellement à faciliter et à
accélérer l’atteinte de l’objectif du programme.

Après avoir vu ce qui en est de Madagascar, voyons dans la troisième partie, la


manière dont on peut réussir la bancarisation de la population malgache. Et ce, en
considérant et en se référant en même temps de quelques bonnes expériences réussites
dans d’autres pays.

Chapitre I : ETUDES DE CAS

A- La Grameen Bank au Bangladesh :

Le Bangladesh qui est considéré comme l’ancien Pakistan oriental après 1947 et devenu
indépendant en 1971, se trouve dans le Golfe du Bengale, coincé entre l’Inde et la Birmanie.
C’est un pays de 125 millions d’habitants, dont les régions sont régulièrement inondées et où le
PNB par habitant est de 270 dollars ; alors qu’en France il est de 24940 dollars (soit presque dix
fois plus élevé).
A la suite de la famine de 1974 qui a ravagé le pays, l’aventure de Muhammad Yunus
commence. Ce professeur d’économie qui a enseigné pendant sept ans aux Etats- Unis,
s’intéresse à la situation d’ouvriers qui travaillent douze heures par jour sans même pouvoir
payer eux-mêmes la matière première dont ils ont besoin.
Il fonde la Grameen Bank en 1976 qui est réputée comme la première banque privée du
Bangladesh à servir les populations rurales les plus pauvres mais aussi, la première banque au
monde à prêter aux pauvres sans demander des garanties en retour. On est au début de la
crise économique qui a succédé aux « Trente Glorieuses » dans les sociétés industrialisées,
après le choc pétrolier de 1973.
La Grameen Bank fut reconnue légalement en 1983 comme une banque indépendante.

Elle a été l’un des


pionniers de la finance
en direction des plus
démunis et du concept
de crédit solidaire.
La philosophie de Yunus est simple, rejetant la logique bancaire de ne prêter qu’aux riches.
Il pense que « les pauvres, si on leur en laisse la chance, ne la laisseront pas passer parce que
leur survie en dépend ». Les pauvres sont fortement dépendants des usuriers et des
commerçants. Il n’y a pas de système d’entraide. Grameen Bank est venue combler le vide, face
aux refus des banques. La Grameen Bank accorde des prêts à des groupes solidaires de cinq
personnes se portant caution mutuellement. Elle a également mis en place un système
d’épargne obligatoire. Chaque semaine, les membres se rencontrent pour effectuer les
remboursements et constituer une épargne qui alimente différents fonds (group fund et
emergency fund).
Pour avoir accès au crédit, les emprunteurs doivent avoir moins de 0.50 âcres de terre et
respecter les 16 principes établis par la banque. Mais malgré des taux élevés, 98% des prêts
sont remboursés.
En parallèle à ses activités de crédit, la Grameen Bank a mis en place divers programmes
de développement pour les populations rurales dans des domaines tels que la scolarisation, la
production maraîchère et la santé. Un des grands objectifs de la Grameen Bank a aussi été de
faire en sorte que les femmes obtiennent une place importante et participent activement à la vie
de l’a ensemble de la société. Concrètement, la micro-économie, c’est une aide individuelle et
directe aux plus démunis.
On peut alors dire que la mission de la Grameen Bank n’est pas seulement économique
mais aussi socio-éducative. Ceux qui à qui la Grameen prête de l’argent se sont préalablement
engagés à respecter les 16 points d’une charte. Ce corpus de promesses est l’élément
structurant la vie des membres de la Grameen Bank ; on le récite comme un serment lors de son
premier emprunt. On le récite en groupe, chaque semaine, lors des réunions des centres de 30
à 40 adhérents ; et on tente d’en assurer l’effectivité dans la vie. Sa dimension normative
constitue un étrange moyen de pression sociale, qui apparaît plus comme le garant d’une
identité propre à la Grameen Bank, que chacun dans la structure intériorise, que comme une
manière de caution sociale, précaution bancaire pour le remboursement des prêts. Ce
catéchisme du pauvre Grameen contient parfois d’étranges références, qui mêlent la
préoccupation du planning familial à des questions écologiques ou d’hygiène de vie, sans
toutefois constituer un véritable programme de formation ni de sensibilisation dans ces
domaines.
Le rayonnement international de la Grameen prouve son succès qui ne se dément pas un
quart de siècle après, puisque non seulement elle a 2.2 millions de clients et est à l’origine de
« programmes Grameen » dans plus d’une cinquantaine de pays (dont les Etats-Unis), mais ; en
plus ses comptes sont équilibrés. En effet, Bill Clinton, encore gouverneur en 1987, fut à l’origine
de l’importation aux Etats-Unis de « programmes Grameen ».
Ted Turner en personne, le grand patron du CNN est un admirateur de Yunus, les pays
scandinaves, l’Allemagne et le Bénélux ont contribué à fonder le Groupe Grameen ou le
« Grameen Trust ». La Banque Mondiale qui ne traite qu’avec des gouvernements
habituellement, a financé pour un montant de 100 millions de Dollars les activités de la
Grameen.
Les retombées positives entraînées par cette pratique de microcrédit sont multiples. Elle a
contribué à augmenter les revenus des bénéficiaires, à augmenter l'accès à l'éducation pour les
enfants et a haussé la participation aux élections locales. D'ailleurs, des membres de Grameen
ont été élus au sein de leur localité. Puisque 95% des bénéficiaires sont des femmes, les
conditions de vie de celles-ci ont fait un pas de géant. Elles ont acquis un pouvoir de décision au
sein de leurs villages et de leurs familles et elles ont acquis des connaissances en santé et en
nutrition. La conséquence principale de tous ces changements est la diminution de moitié du
taux de natalité dans certaines régions.

Malgré que l’on parle


de bancarisation, les
banques ne sont pas
les seules à pouvoir y
contribuer. On peut
aussi inclure le rôle des
microcrédits pour
faciliter le processus,
car les microcrédits
sont réputés comme les
plus capables de
s’adapter à la situation
paysanne.
B- Le Kafo-Jiginew en
Mali - sud :
Le Mali – sud est une
zone en voie de
développement se
trouvant dans l’un des
pays les moins avancés
(PMA) du monde qui
est le Mali. D’une
superficie de 96.000
Km², soit 7,7 % de la
superficie du pays, le
Mali – sud est peuplé
de 2,8 millions de
personnes (Bamnaras,
Miniankas), soit 26,5 %
de la population totale.
Le Mali – sud apparaît
depuis toujours comme
le grenier du Mali, par
ses cultures vivrières
(maïs, sorgho, mil,
arachide) et son coton,
principale source
d’exportation du pays.
Le Kafo Jiginew est
un réseau mutualiste
d’épargne et de crédit
malien, initié par un
consortium européen
d’Organisations Non
Gouvernementales
alliées au crédit
coopératif. Il est né au
Mali – sud dans les
années 80 en tant que
système financier
décentralisé (SFD) et
développe une activité
d’épargne et de crédit
au bénéfice de petits
exploitants ruraux et un
dispositif de
« microcrédits avec
éducation » adapté à la
situation des plus
démunis, les femmes
principalement.
Le Kafo –Jiginew est
un projet modeste par
sa taille, mais non par
ses ambitions, qui
visent à promouvoir, au
bénéfice des paysans
du Mali – sud, une
vaste organisation
d’épargne –crédit
capable de
s’autonomiser
financièrement, et non
un système de crédit
solidaire. Cette
organisation se définit
comme un groupement
de caisses inter
villageoises ou
« jigine » couvrant
chacune 6 à 8 villages.
Chaque jigine est créé
à la demande de la
population des villages
concernés. L’histoire de
la mise en place et de
l’aboutissement de Kafo
– Jiginew est retracée
par 3 phases.
La première phase
allant de 1985 à 1983
est une phase d’étude,
d’exploration, de
localisation et de
première
expérimentation. Les
premières études sont
lancées dans le cadre
d’une association de la
Fondation du crédit
coopératif avec le
Comité français contre
la faim qui ont constitué
un consortium
(CECCM). L’agrément
des autorités maliennes
est obtenu la même
année. La compagnie
malienne de
développement de
textile (CMDT) à qui le
rôle de délimitation du
Mali – sud est attribué a
conclu avec le CECCM
un protocole de
coopération définissant
un dispositif
d’assistance au projet
sur le terrain. La
réaction des paysans à
la présentation de
caisses villageoises
d’épargne et de crédit
n’est pas négative.
L’intérêt le plus évident
de cette innovation leur
paraît être la
sécurisation des fonds
qu’ils retirent en début
d’année de la vente du
coton et qui, en dépit
des cachettes, sont
exposés à toutes sortes
de convoitises et de
risques.
Il est à mentionner que,
le Kafo – Jiginew a été
positionné comme une
« banque des
paysans » grâce à
l ‘élection d’Adama
Sanogo à la
présidence. Cet homme
âgé d’une soixante
d’années, illettré et ne
parlant pas le Français,
révèle les qualités d’un
excellent président.
La deuxième phase,
allant de 1990 à 1994
est une phase de
développement, où un
projet a été porté par le
CECCM. Une nouvelle
convention a donc été
signée entre CECCM et
Kafo – Jiginew.
Au début de cette
période, le marché du
coton est confronté
avec l’extrême faiblesse
des cours qui avait
caractérisé l’exercice
1986, précédant la
création de Kafo –
Jiginew. La
dépendance de
l’exploitation vis-à-vis
d’un marché devenu
plus instable est mise
en évidence malgré les
interventions de la
caisse française de
développement (131
millions de francs).
L’évolution de Kafo –
Jiginew au début des
années 90, est donc
caractérisée par une
perspective de
consolidation plutôt que
d’expansion, la création
de nouvelles caisses
est cependant
maintenue ajoutée par
le remarquable taux
d’impayés qui est
inférieur à 1 %. Notons
que c’est sur cette
période qu’a commencé
le maliennisation des
membres du Conseil de
Kafo par le (ECCM, en
inscrivant trois de ses
cadres à l’Institut de
technique bancaire).
La troisième phase de
1994 à 1996, est
l’affirmation de la
maliennisation et
l’institutionnalisation.
En 1994, plusieurs
mesures capitales ont
été adoptées dans le
cadre du redressement
de la rentabilité ainsi
que le principe d’une
politique de crédit
dynamique et
audacieux. Les caisses
locales sont autorisées
à engager, sous forme
de crédit de campagne,
100 % du montant de
plus élevé des
ressources, déposé à la
caisse durant l’exercice.
Compte tenu du
caractère cyclique des
dépôts, cette politique
suppose l’obtention de
concours extérieurs au
cas où la trésorerie
deviendrait négative.
Comme les dépôts
connaissent également
une croissance accrue
du fait de l’amélioration
du marché, Kafo –
Jiginew peut financer
les besoins qui
s ‘expriment malgré une
trésorerie tendue.
Toutefois, les
dispositions prises se
traduisent par une nette
amélioration de
l’exploitation.
En 1996, une nouvelle
étape prend place :
l’institutionnalisation. Le
vide juridique pour les
caisses de Kafo –
Jiginew est comblé par
une loi portant
règlement des
institutions mutualistes
ou coopératives
d’épargne et de crédit
au niveau de l’Union
économique et
monétaire Ouest –
africaine (UEMOA). A
vrai dire, depuis 1987,
les caisses du Kafo
sont sous régime
informel réduit à un
règlement intérieur. A
l'institutionnalisation,
l’organisation a été
décentralisée et
renforcée, les caisses
locales sont groupées
en unions locales
placées sous la
supervision
d’animateurs paysans.
Kafo – Jiginew acquiert
le sceau de sa viabilité,
la marque de son
autonomie et la
garantie de son
contrôle par les
autorités de tutelle.
A propos du « crédit
épargne avec
éducation », il répond
aux différents aspects
(économiques,
sanitaires,
démographiques) des
problèmes de la vie des
femmes maliennes. Ce
service multifonctionnel
va de la diffusion des
méthodes de
contraception aux
microcrédits pour des
activités génératrices
de revenus, en passant
par une formation
diététique et le
traitement des
diarrhées infantiles. Il
est mis en œuvre avec
les animatrices formées
à cet effet et engagées
par Kafo – Jiginew avec
une aide financière
américaine, limitée à 4
ou 5 ans. Les
microcrédits sont
organisés dans le cadre
de petits groupes
solidaires, selon une
technique inspirée de la
Grameen Bank.
Enfin, la restitution
historique un peu
longue du démarrage et
de la croissance de
Kafo – Jiginew compte
de la dynamique et des
problèmes de
développement de la
coopérative : le réseau
mutualiste est en 1997
une banque
significative dans
l’économie malienne.
Déjà, en 1993, elle
collecte à elle seule 55
% des dépôts recueillis
par l’ensemble des SFD
au Mali, distribue 43 %
des crédits des même
SFD et 10 % des
crédits de campagne de
l’ensemble du système
bancaire.
Dans la plupart des cas, on constate que c’est la tradition qui empêche les pays de se
développer. Or, le cas de l’Afrique du Sud ne confirme pas cela.

C- L’Afrique du Sud : les clés du développement.


L’Afrique du Sud est le pays le plus développé d’Afrique avec 41 465 000 habitants et
possédant de bonnes infrastructures. Elle approvisionne actuellement l’Europe, les Etats-Unis et
le Japon en or, chrome, charbon, manganèse, platine, uranium, diamant, titane. L’histoire de
l’Afrique du Sud est l’une des plus marquantes au monde avec le régime de l’Apartheid, son
abolition et le nouveau régime d’aujourd’hui. L’Apartheid est une ségrégation raciale
institutionnalisée, qui fut pratiquée systématiquement en Afrique du Sud jusqu’ en 1991. Dans
les années 80 et 90, malgré l’abrogation de la Loi sur l’Apartheid, l’économie Sud Africaine reste
caractérisée par de profondes inégalités entre la majorité noire et la minorité blanche. La
politique de l’Apartheid a laissé les entreprises noires fortement handicapées, par rapport aux
entreprises dominantes.
Dans le secteur formel, le chômage parmi les noirs se situe à 5%, en comparaison avec
20% parmi les blancs, les asiatiques et les métis. Le nouveau gouvernement s’est engagé à
faire en sorte que les fruits de la croissance soient répartis plus uniformément. De ce fait, le
secteur des entreprises appartenant aux noirs en Afrique du Sud est un employeur marginal
mais qui joue un rôle important dans l’amélioration du bien-être et la réduction de la pauvreté. Il
est aussi la source de firmes potentiellement dynamiques et créant la richesse et des emplois.
Le défi auquel fait face l’Afrique du Sud est celui d’élaborer un cadre institutionnel qui
donne aux entreprises appartenant aux noirs un accès plus large aux services financiers, de
formation et d’assistance technique. Ce cadre est présenté dans la Stratégie Nationale pour le
Développement de Petites Affaires en Afrique du Sud. Beaucoup d’efforts ont été déployés par
l’Afrique du Sud pour développer la capacité de son secteur financier formel afin de répondre
aux besoins de petites, et nouvelles affaires qui constituent le seul moyen de survie pour une
grande partie de la population.
Les principales contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises émergeantes en
Afrique du Sud portent sur des contraintes financières ; car sous le régime de l’Apartheid, il était
interdit aux noirs de posséder des terres, ce qui fait qu’ils n’avaient pas accès aux garanties pour
avoir un crédit. Le manque de fonds de roulement constitue un problème majeur pour les
nouvelles entreprises, alors que pour les entreprises plus anciennes c’est le manque de
ressources d’investissement.
Pour remédier à cela, les mécanismes proposés consiste en la reconnaissance de la
nécessité d’élargir l’accès aux services financiers pour les microentreprises émergeantes qui en
étaient historiquement exclues. Le cadre proposé avec l’étroite collaboration du gouvernement et
la contribution pratique des institutions financières Sud Africaines adopte une approche
systémique qui implique la mise en place d’un ensemble d’institutions capables de fournir aux
entreprises émergeantes des services financiers valables, responsables et durables. Il envisage
de fournir un champ d’actions en terme d’accès aux ressources pour tous les intermédiaires
financiers qui financent les microentreprises et s’engagent à la réalisation de standards élevés
d’efficacité, et de durabilité. L’intention est de développer la capacité du système financier
comme un tout pour atteindre une très grande partie des entrepreneurs venant de groupes
historiquement désavantagés.
Pour ce faire, deux moyens sont proposés pour amener les banques et les intermédiaires
financiers à prêter aux microentreprises noires : des incitations pour servir ce marché et un
programme de développement institutionnel pour introduire les meilleures pratiques.
Tous deux sont destinés à réduire les coûts de transaction.
Les incitations comprennent des subventions et un système de garantie. Les subventions
disponibles pendant une période de 5 ans permettent aux banques et aux intermédiaires de
détail de couvrir les risques initiaux élevés de transaction des prêts aux microentreprises. Un
système de fonds garanti, qui limite des grandes pertes des microentreprises à la banque, est
mise en œuvre.
Le programme de développement institutionnel comprend un diagnostic des institutions
participantes et l’élaboration d’un programme pour confronter les contraintes et les faiblesses. La
composante de développement institutionnel est destinée à réduire les coûts de transaction des
crédits aux microentreprises en rendant les banques commerciales et les organisations
gouvernementales plus efficaces sur le plan opérationnel dans le service de ce marché. Une
Institution appelée APEX se charge de faire le diagnostic des institutions participantes, de
soutenir la promotion des intermédiaires de détails et de fournir les fonds et l’assistance pour le
refinancement, don de lancement, capitalisation, et le développement institutionnel aux
institutions qui sont engagées à réaliser des standards rigoureux de performance.
Aujourd’hui, l’accès aux services financiers en Afrique du Sud est beaucoup plus facile
pour toutes les catégories d’entreprises et de particuliers, d’où le véritable développement
économique Sud Africain. Le pourcentage des ressources des banques commerciales investies
dans les petites entreprises émergeantes est assez considérablement élevé. Il y a eu
démantèlement de l’héritage économique de l’Apartheid et libération de l’immense potentiel du
secteur de petites affaires. Cette expérience vécue par l’Afrique du Sud offre des enseignements
intéressants dont peuvent profiter d’autres pays.

Chapitre II : POINTS POSITIFS

A partir des expériences réussies de ces trois institutions, on va essayer de tirer


respectivement les points forts de chacune d’entre elles.

A- La Grameen Bank :
On peut tirer plusieurs leçons de l’expérience de la « Banque des pauvres » au
Bangladesh. Comme son nom l’indique, cette banque donne une forte considération aux
pauvres, surtout aux paysans. Elle a beaucoup contribué à améliorer la condition de vie d’une
majeure partie de la population Bengale qui étaient situés en dessous du seuil de pauvreté. Elle
n’agissait pas seulement en tant qu’institution financière mais, en même temps, elle a effectué
des sensibilisations en matière d’amélioration de la vie sociale et familiale de chacun de ses
membres.
Une des plus bonnes réputations de la Grameen, est l’attitude qu’elle a adoptée envers les
femmes. On sait très bien que le problème de genre est un des obstacles majeurs empêchant
aux pays d’Afrique de se développer de manière équitable à l’intérieur des pays. La Grameen
est l’une des premières institutions au monde à parvenir à soulever les femmes de la
marginalisation sociale et l’injustice sociale.
Vu que la Grameen est une banque destinée aux pauvres et surtout aux paysans et les
femmes ; la mise en place d’une banque pareille à celle ci serait un avantage réel pour le
développement de Madagascar. D’ailleurs, plusieurs pays d’Afrique ont déjà suivi l’exemple de
Bangladesh et ont réussi à se développer grâce à des programmes Grameen.
Le grand écart entre les revenus des plus riches et des plus pauvres peut être surmonté
par la présence d’une telle banque à Madagascar. Car la Grameen, comme on l’a dit
précédemment a beaucoup contribué à rehausser le niveau de revenu des paysans maliens. On
doit dire que l’exemple de la Grameen Bank au Bangladesh est reconnu comme l’un des
meilleurs atouts d’épanouissement économique des pays sous-développés, c’est un événement
remarquable de l’histoire économique mondiale.
Le système de crédit solidaire pourrait bien aider les pauvres malgaches, puisque déjà ils
s’empruntent entre eux, il ne leur manque plus que des moyens financiers pour être encore pus
solidaires et se soutenir mutuellement.

Avec la précarité des habitats malgaches, ce genre de banque est nécessaire pour
permettre à la population d’améliorer son environnement socio-économique et même culturel
parce que dans ce cadre, les ménages peuvent vivre dans un endroit propre, plus large, ce qui
favorise la santé des chefs de ménages et les aides à travailler plus pour gagner de l’argent et
augmenter le revenu qu’il dispose. A travers cette augmentation de revenu, les ménages
pourraient faire de l’épargne et se procurer d’autres biens pour faire avancer leur situation
économique et sociale. En effet, pour qu’un ménage puisse épargner, il faut tout d’abord que
ses conditions sociales soient meilleures, sinon, le surplus qu’il pourrait obtenir sera procuré
primordialement à ses besoins quotidiens.
Les programmes de scolarisation de la Grameen Bank sont aussi favorables pour la
population malgache où l’un trouve encore un grand nombre d’analphabètes. De plus, à
Madagascar, la taux de scolarisation est très faible et il n’y a qu’un pourcentage très bas des
élèves du primaire qui atteignent le secondaire second cycle, pour l’université ce pourcentage
est à moins de 1%. Il faut donc des programmes d’aide à l’éducation pour que la population soit
instruite et devient capable d’assimiler les actualités financières. Cette promotion de l’éducation
permet à la population de s’approcher des institutions bancaires, parce que leur niveau
d’instruction leur donne les facultés de prendre des risques pour demander des crédits et de
déposer leur argent en banque qui est considérée en lieu sûr pour le placement de leurs
capitaux.
Une banque des pauvres est donc nécessaire pour le système financier malgache pour la
mobilisation des ressources et le développement des crédits, du fait qu’ une telle banque offre
des opportunités pour la couche qui est généralement considérée comme non épargnante et
non attrayante. Tout au moins, les banques devraient se référer à l’expérience exceptionnelle de
la Grameen Bank pour s’approcher de plus en plus de la population. Les banques doivent donc
considérer les contextes socio-économiques de toute la population dans leurs opérations
financières, elles doivent penser à développer réellement Madagascar en s’intéressant à toutes
les catégories de classes sociales.
C- Kafo-Jiginew :
Le cas du Mali est
exemplaire de
l’émergence d’une
société civile, pour la
plus grande part
homogène.
L’expérience de Kafo –
Jiginew montre qu’il
existe encore un large
espace dans lequel les
ONG et les
organisations
coopératives du Nord
peuvent apporter leur
coopération à cette
émergence.
En quelque sorte,
l’entreprise Kafo –
Jiginew fut une réponse
à une demande non –
formulée : le besoin,
décelé par les études
existait virtuellement,
mais il a fallu susciter la
perception et
l’expression dans les
villages au cours de
nombreuses palabres
en 1987 – 1988.
Par rapport à
Madagascar, le Mali
n’est pas si loin, du
point de vue du degré
de développement car
ils font tous deux
parties des pays les
moins avancés. La
population malgache a
donc les mêmes
besoins exprimés que
la population malienne
puisque la majorité des
malgaches sont des
paysans. D’où un
réseau mutualiste
d’épargne et de crédit,
aussi dynamique et
renforcé que le Kafo –
Jiginew devrait être mis
en place à Madagascar.
Cependant, il faut bien
noter que le rôle de
l’Etat n’est pas minime
dans l’appui d’un tel
réseau à cause de son
caractère initialement
informel.
L’amélioration de la
situation de nombre de
paysans qui peut en
résulter constitue un
impact socio –
économique
indiscutable de
l’entreprise commune
malgache.
De plus, l’organisation
des microcrédits,
jumelés à un apport
éducatif au bénéfice
des femmes pauvres,
devrait être à terme un
facteur d’évolution
sociale d’importance,
sur le plan
démographique sans
doute, avec
l’information sur la
contraception, mais
également sur le plan
des rapports homme –
femme.
Certes, la
contraception est déjà
d’actualité à
Madagascar, mais les
rapports homme –
femmes sont, si l’on
peut dire, encore remis
en question car dans
les zones tant rurales
qu’urbaines, les
femmes sont loin
d’avoir les mêmes
droits que les hommes.
Déjà, l’on sait que les
femmes au pouvoir sont
si peu nombreuses.
Tout compte fait, des
changements restent
encore à faire pour
bancariser la
population. Et si les
banques ne peuvent
parvenir à monétiser
elles–mêmes l’épargne
locale. Pourquoi on ne
laisserait pas un tel
type de microcrédit s’il
peut apporter des
solutions aux besoins
réels des paysans ?
En effet, Kafo –
Jiginew est une mise en
œuvre des plus
orthodoxes du fameux
principed’identité : les
usagers de la
coopérative en sont les
propriétaires et les
gestionnaires. C’est
une forme de
développement
participatif et c’est ce
dont notre pays a
besoin pour promouvoir
le développement
rapide et durable, qui
est un des principaux
objectifs du
gouvernement
malgache aujourd’hui.
La mise en œuvre
d’une banque des
paysans telle que le
Kafo – Jiginew à
Madagascar permettrait
donc, de satisfaire
l’espoir des populations
pauvres pour l’accès au
crédit, de faire
participer et de
responsabiliser cette
couche de la population
à la gestion de leurs
capitaux propres. Il peut
également apparaître
sur un mode plus ou
moins explicite, les
notions nouvelles de
budget, de prévision et,
plus généralement,
l’intégration du facteur
temps avec leurs
implications sur les
possibilités d’épargner
ou d’emprunter dans
les milieux ruraux.
On peut donc dire que
la présence d’une
banque de brousse est
souhaitable à
Madagascar, du fait
qu’elle est capable de
s’adapter sans grandes
conditions complexes à
la réalité du monde
rural. D’ailleurs, elle
pourrait apporter plus
qu’un appui financier à
la population
malgache ; elle peut
bien sûr assurer une
évolution sociale et un
point de vue plutôt
solidaire
qu’individualiste de la
société.
On a particulièrement
pris l’exemple de Kafo –
Jiginew, un réseau
coopératif d’épargne et
de crédit, car il faut
étudier toutes les
possibilités de
mobilisation de
l’épargne et de l’accès
au crédit pour les
Malgaches.
C- L’Afrique du Sud
L’Afrique du Sud a suivi une évolution un peu particulière à ce que l’on constate du chapitre
précédent. Il était le pays où on a vu le plus de problèmes raciaux ; puisque ces problèmes ont
persisté même jusqu’aux années 80, alors que presque tous les pays du monde se sont abolis
du racisme.
Le gouvernement Sud Africain a su reconnaître la grande inégalité qui existait entre les
différentes entreprises et a tout fait pour surmonter ce handicap. Il a pris l’initiative d’enlever les
obstacles des petites entreprises, émergeantes mais dynamiques, face à l’accès au système
bancaire et financier.
A Madagascar, le véritable problème réside dans le fait que plusieurs petites entreprises,
surtout paysannes, n’ont pas actuellement accès aux services financiers. Le rôle qui incombe au
gouvernement malgache est donc celui de reconnaître que malgré leur petite taille, ces
entreprises constituent des agents actifs pour l’économie malgache en général. Il faut donc les
inciter à s’approcher du système financier, mais aussi à s’éloigner de leurs activités hors circuit
bancaire par le changement d’attitude des banques et de l’Etat lui-même.

L’Afrique du Sud a suivi les expériences réussies dans d’autres pays pour parvenir à faire
fonctionner ses microentreprises et tout son système financier. Cette bonne réflexion qu’elle a
eu doit être suivie à son tour par Madagascar s’il veut arriver aux mêmes objectifs.
On doit donc faire des incitations pour servir le marché financier par l’intermédiaire des
réformes non seulement au niveau du système bancaire, mais également au niveau
institutionnel.
Les banques doivent pouvoir détecter les forces et les faiblesses de tous les types
d’entreprises par des sensibilisations et des enquêtes, elles doivent connaître les capacités
propres à chaque entreprise pour pouvoir octroyer des crédits avec les conditions adéquates.
Ces enquêtes et sensibilisations constituent de grosses dépenses pour les établissements
bancaires et c’est là que l’Etat doit intervenir. En fait, l’Etat peut apporter sa contribution en
désenclavant les zones éloignées, en facilitant les procédures pour rendre les petites entreprises
et les petites affaires formelles, et en rendant les organisations gouvernementales plus efficaces.
L’approche systémique adoptée par l’Afrique du Sud peut bien aussi être valable pour
Madagascar par la mise en place d’un ensemble d’institutions capables de fournir aux
entreprises de petite taille des services financiers valables, responsables et durables.
En tout, le système financier malgache doit inventer une nouvelle démarche pour acquérir
plus de clients et être à la hauteur de toutes sortes de besoins différents suivant les régions et
les milieux.
Aucun secteur ne devrait être négligé et on doit apprendre à la population les moyens
d’améliorer leur niveau de vie et aux entreprises les façons de faire avancer leurs affaires, par
leur approche du système bancaire. Car ce système pourrait leur servir d’aide pour bien gérer
leur argent et en assurer la sécurité.

Chapitre III : Vers une économie de marché à travers les banques

Le passage de l’économie de subsistance à l’économie de marché impose de nombreuses


conditions de divers ordres. Cette transition est une tâche de longue haleine, le succès des
réformes dépend de la santé du système financier en question. Mais la réforme de ce dernier est
indissociable des autres réformes, en particulier la stabilisation macro-économique, la
restructuration des entreprises et la mise en place des institutions juridiques nécessaires. Le
gouvernement doit s’efforcer de développer des banques, des intermédiaires non bancaires et
des marchés de capitaux capables de s’adapter aux besoins du marché, plutôt que d’obéir aux
règles restrictives des autorités.
Dans le processus de bancarisation, il n’y a pas que les banques qui sont concernées.
Etant une entité évoluant au sein d’un Etat, les banques ne peuvent pas agir indépendamment
de l ‘Etat et de la population qui devrait évoluer avec elle. Donc, les pouvoirs publics ont aussi
leur rôle à jouer dans ce processus qui pourrait être un meilleur facteur pour le développement
économique du pays ; ce rôle des pouvoirs publics peut bien être le plus primordial de tous les
rôles que peuvent jouer les autres acteurs économiques. D’où, on a partagé ce troisième
chapitre en 3 grandes parties.

A- Au niveau des pouvoirs publics


Etant donné l’orientation actuelle de la politique économique en faveur des mécanismes du
marché, le développement du secteur financier de Madagascar devrait relever largement de
l’initiative du secteur privé. Comme l’annonce l’évolution en cours, les choix anciens en faveur
du rôle de l’Etat en tant que propriétaire des établissements financiers, des politiques sélectives
de crédit, du contrôle des taux d’intérêt et de l’imposition de nombreux autres contrôles, ainsi
que de l’accès privilégié des institutions publiques aux ressources financières doivent désormais
faire face à une nouvelle stratégie de développement du secteur financier. Le Gouvernement a
devant lui la nouvelle tâche importante de mettre en place les politiques et l’infrastructure
nécessaires pour permettre que l’offre de services financiers soit à la hauteur de la demande,
que le système financier mobilise effectivement les ressources et les affecte correctement en
regroupant les risques et en fixant les prix suivant les critères du rendement et de la liquidité.
Une transformation fondamentale des politiques suivies à l’égard du secteur financier jusqu’à
présent s’imposera donc, tout comme le cas des activités du secteur réel. La rapidité avec
laquelle les institutions et marchés nouveaux apparaissent donc, dépend au plus haut point des
autres politiques macro-économiques et sectorielles qui agissent directement sur l’économie
réelle en même temps que de la réaction du secteur privé au dispositif d’incitation qui est déjà
créé et qui devrait être renforcé.
Le rythme auquel toute stratégie de développement du secteur financier est appliquée doit
donc être réexaminé en permanence pour tenir compte de l’évolution des différents facteurs.
A propos des petits agents qui constituent la plus grande partie des malgaches, l ‘action
des pouvoirs publics dans ce domaine devrait porter sur quatre aspects :
- L’efficacité et la concurrence entre établissements bancaires.
- Des politiques de services financiers aux petits agents qui soient durables et
à l’écoute de la demande pour encourager l’épargne et le crédit.
- L’ancrage et l’intégration des services financiers aux petits agents.
- L’amélioration du régime réglementaire et de l’infrastructure financière afin
de réduire les coûts et risques présentés par les transactions. Les politiques
dans ce sens devraient s’inspirer de l’expérience acquise, riche
d’enseignements quant aux formules ou initiatives à imiter ou à éviter.
Il ne faut pas aussi oublier que toute politique de collecte de l’épargne (surtout rurale) doit
être couplée avec des actions d’incitation indirecte :
- l’amélioration de la productivité par une bonne organisation de la
vulgarisation.
- l’amélioration des circuits de distribution et de commercialisation
- l’adoption de politique de prix incitatifs au niveau des producteurs.
- la modernisation des pratiques traditionnelles, en vue d’une meilleure
productivité.
Donc, il est avant tout indispensable de rendre les petites activités suffisamment rentables
pour favoriser les transactions bancaires. De vastes champs restent ouverts aux politiques
publiques de soutien fondées essentiellement sur les mécanismes du marché pour orienter les
services financiers vers les petits agents économiques et mobiliser des ressources auprès d’eux.
Certes, la pleine intégration au système financier général tend à ne se produire qu’avec le
temps et ne peut être imposée d’en haut. Cependant, une démarche de bas en haut, qui stimule
les institutions dans certaines régions géographiques déterminées ou à l’intérieur de type
d’activité précis, par exemple, devrait être guidée par le souci d’aider les institutions de former
peu à peu des liens avec le système financier plus vaste. Les politiques publiques des services
financiers aux petits agents ne devraient pas viser à encourager l’apparition d’un système
financier rural à part qui provoquerait une compartimentation géographique des marchés
financiers et isolerait les services financiers ruraux du système financier urbain. Au contraire,
mieux vaudrait concevoir des programmes de services financiers aux petits agents qui,
globalement, activeraient en définitive la mise en place d’institutions bancaires novatrices
couvrant tout l’éventail des activités économiques petites et moyennes présentes dans toutes les
régions géographiques. Une telle vision (géographiquement non compartimentée) des services
financiers en direction des petits agents a pour conséquence que les groupes d’agriculteurs, les
coopératives et les associations de producteurs devraient établir des liens entre eux tout en
s’intégrant au système bancaire plus vaste.
Enfin, pour réformer le système bancaire malgache, le pays doit s’attaquer à deux tâches
essentielles.
La première consiste à transformer la banque centrale en une institution indépendante
chargée d’élaborer et d’appliquer la politique monétaire. Car, cette indépendance de la banque
centrale qui la soustrait à l’obligation de financer les dépenses de l’Etat et lui permet de fixer
souverainement les taux d’intérêt, s’accompagnant d’une plus faible inflation et d’une politique
monétaire plus efficace. Si les statuts de notre Banque Centrale jouissent d’une indépendance
plus formelle, ils tendent à mettre l’accent sur la stabilité de la valeur de la monnaie. Des
objectifs définis de manière très spécifique contribuent à la transparence des opérations et
mettent les institutions dans l’obligation de rendre des comptes et renforcent sa crédibilité.
La seconde tâche, beaucoup plus vaste et complexe, consiste à remédier aux déficiences
des banques. Certes, des changements sont intervenus pour favoriser le développement des
mécanismes du marché comme la création de nouvelles banques, la réorganisation des
anciennes banques qui étaient confrontées avec les héritages traditionnels et institutionnels.
Mais, il faut continuer à encourager l’implantation de nouvelles banques que ce soit étrangères
ou provenant des investisseurs nationaux pour réformer encore plus le système financier. Ceci
par les actions des pouvoirs publics d’améliorer l’environnement économique global à travers les
politiques appropriées à la situation particulière de Madagascar dans le but de maintenir un haut
degré de confiance dans le système financier, de limiter la désintermédiation financière (c’est à
dire la tendance à court-circuiter le système bancaire).
De bonnes initiatives qui sont à la fois efficaces et dynamiques devraient donc être prises
par les pouvoirs publics en vue d’aider les banques à promouvoir le développement de notre
pays. Puisqu’il reste beaucoup à faire pour arriver à bancariser la population malgache qui est
de nature rurale et pauvre.

B- Au niveau du système financier et bancaire


L’objectif principal des banques actuellement, c’est de dynamiser le marché financier et de
mobiliser l’épargne locale.
Pour ce faire, le système bancaire doit s’adapter à fournir dans des conditions
satisfaisantes encore plus de services bancaires efficaces qu’il n’y en a déjà dans le pays,
pour réduire les risques et les coûts pour les déposants et les investisseurs tout en aidant à
maximiser le rendement des investissements. Le renforcement continu de la structure et de
la gestion des différentes banques et du cadre réglementaire de leurs activités pourraient
bien servir si on veut un système bancaire dynamique et compétitif à Madagascar. En effet,
l’une des tâches majeures du secteur bancaire est de se rendre plus concurrentiel car le
manque de concurrence limite les possibilités d’augmenter sa mobilisation de dépôts et
d’abaisser les coûts des activités économiques du secteur réel. Il faut alors que la
concurrence soit suffisamment vive à l’intérieur du secteur bancaire pour que les banques
soient encore plus incitées à rechercher une clientèle en dehors de leurs sources
traditionnelles d’activité. Bien que la concurrence entre les banques de Madagascar soit
assez avivée depuis des années, le secteur continu de dégager une marge considérable sur
les taux d’intérêt, mais les coûts de l’intermédiation financière restent élevés. Les mesures
pour renforcer davantage le jeu de la concurrence dans le secteur bancaire devraient donc
être adoptées, afin d’améliorer le système financier dans son ensemble. Cela favoriserait
l’expansion des activités financières avec les petits agents.
Pour dynamiser le marché financier, il est nécessaire d ‘établir des textes régissant la
publicité financière. Madagascar devrait développer un marché financier ayant les capacités
requises pour répondre aux besoins financiers de toutes les catégories d’agents économiques.
Ce marché étant élargi et stable, cela pourrait affirmer la solidité du système financier dont
dépend fondamentalement la confiance des agents économiques. En même temps, ce marché
serait un atout majeur du système financier malgache pour les relations extérieures et la venue
des capitaux étrangers.
Pour mobiliser l’épargne locale, les banques doivent être plus dynamiques et doivent
appliquer une meilleure politique en matière de taux sur les dépôts. L’expansion de la
mobilisation des ressources à terme dans le système bancaire dépend notamment de la réussite
des banques dans la mise au point de produits et plans d’épargne attrayants pour les
déposants. Une série de produits de ce type sont déjà apparus à Madagascar, qui, par exemple,
encouragent l’épargne pour le financement du logement. Les banques malgaches doivent donc
supporter des coûts plus lourds pour attirer les dépôts à plus long terme, ce qui les inciterait à
pratiquer des activités de crédits plus rentables, notamment le crédit à moyen et à long terme.
De nos jours, on doit dire que les banques sont de plus en plus dynamiques, on ne peut
pas ignorer cette réalité. Beaucoup d’efforts ont été entrepris par ces banques, avec
l’intensification de la concurrence, pour l’incitation à l’épargne tant urbaine que rurale. Mais,
nous ne pouvons pas nier que ces efforts sont insuffisants par rapport au contexte dans lequel
Madagascar évolue. Il faut donc dans toutes les zones géographiques et des transformation
dans l’attitude des banques qui sont parfois réticents vis-à-vis des paysans qui devrait être les
plus ciblés.
En matière de crédit, le crédit au logement est l’une des principales branches des activités
de crédit qui doit être mis au premier rang. Et, pour que le mécanisme du crédit à moyen terme
et à long terme fonctionne efficacement, il faut qu’existe aussi un marché financier efficace qui
facilite la fixation du prix des ressources financières et la circulation de ces ressources entre les
investisseurs et les emprunteurs, individuels et institutionnels. Les banques doivent donc
accorder des crédits à toute sorte d’agents économiques sans toutefois imposer des conditions
trop sélectives. Du même, ils ne devraient pas appliquer des hauts taux d’intérêt sur les crédits
octroyés pour être plus attractif et pour fidéliser sa clientèle.
En plus des politiques de gestion des liquidités de la Banque Centrale, la réglementation et
la supervision prudentielles revêtent une importance capitale si l’on veut éviter les problèmes
consécutifs à un niveau de liquidité et de solvabilité insuffisant. La bonne qualité et la solvabilité
du portefeuille de prêts d’une banque ne mettent pas toujours celle-ci à l’abri des problèmes de
liquidité. Des sauvegardes sous la forme de ratios de contrôle visant à harmoniser la durée des
créances et des dettes constituent un préalable à l’existence d’un système financier sûr. Donc,
des impératifs réglementaires dans les transactions financières doivent être sérieusement pris
en considération.
A Madagascar, on considère que la solvabilité d’une banque est fonction de sa capacité
d’absorber des pertes exceptionnelles sur la base de son ratio d’endettement, les banques sont
tenues d’observer un ratio de solvabilité d’au moins 8 % et les banques commerciales de
Madagascar y sont parvenues sans difficulté. Toutefois, ces directives quant à l’adéquation du
capital visent davantage à faire correspondre le niveau de fonds propres et celui des dépôts qu’à
offrir aux déposants une protection réelle contre des défauts de paiement massifs. Des taux de
défaillance élevés peuvent en fait provoquer des faillites et des paniques bancaires, même si ce
ratio de solvabilité fondé sur les dépôts est élevé pour l’ensemble du système bancaire. On doit
donc s’orienter, en ce qui concerne l’adéquation du capital, vers un système de directives qui
soit fondé sur le profil de risque des actifs. Il importe d’adapter des directives au système
bancaire commercial de Madagascar et ce pour un certain nombre de raisons. Tout d’abord, les
déposants ont besoin d’une protection réelle fondée sur les risques effectifs auxquels les
banques sont exposées sur leurs portefeuilles d’actifs. En outre, à mesure que l’économie se
développe et se diversifie, on peut s’attendre à ce que les banques commerciales élargissent
leurs engagements hors bilan. Les directives actuellement applicables à Madagascar ne tiennent
pas compte des divers degrés de risques liés à la gamme d’activités actuellement menées par
les banques commerciales et qui s’élargissent au fil du temps.
Enfin, on maintient la confiance dans le système monétaire en garantissant la solvabilité, la
liquidité et la rentabilité du système bancaire. Il est possible d’y parvenir à condition que le
système bancaire fonctionne dans un cadre comptable qui ne dissimule pas des éléments
d’information auxquels les banques et les autres institutions financières en tant qu’organismes
de prêt devraient avoir facilement accès. En même temps, le public devrait être capable de juger
les performances et points forts des diverses banques qui devraient uniformément publier leurs
comptes, car la forme minimale réglementaire respectée par les banques est insuffisante pour
les analyses. Les banques, doivent de même, mettre à la disposition du public les conditions
nécessaires par le biais d’un affichage. Il faut alors que toutes les banques adoptent la
transparence à l’endroit de leurs conditions.
Dans le but de bancariser la population malgache, il faut beaucoup d’efforts que ce soit de
la part des pouvoirs publics ou de celle du système bancaire. En effet, le plus grand nombre de
la population de Madagascar ignore encore tout le mécanisme du système financier, et ceci
nécessite donc des politiques fiables pour les intégrer dans le système bancaire. Pour que la
proportion de la couverture bancaire de 2 % augmente, on doit adopter de multiples
transformations à l’égard des attitudes en vue d’aider tous les malgaches à s ‘intégrer dans ce
secteur bancaire.

C- Recommandations
Les recommandations sont assez nombreuses et touchent les divers domaines de l’activité
bancaire.
En général, il faut :
- La mise en place de banques qui octroient des crédits aux taux les plus bas,
pour l’instant, mais pourraient les augmenter au fur et à mesure que leurs
clients se multiplient. Ce genre de banque doit en même temps mettre des
taux assez élevés pour la rémunération des dépôts, et surtout ne pas
imposer des conditions compliquées (mais assurées) pour l’accès aux
comptes en banque :
- Le rehaussement du niveau général des revenus.
- La facilité d’accès à l’ouverture d’un compte en banque.
- Les mesures d’incitation à l’épargne bancaire.
- La mise place de banque de développement dont la stratégie vise à mieux
drainer l’épargne nationale pour l’affecter efficacement des le financement
de l’économie dans l’objectif de se placer en véritable partenaire du
développement économique.

En matière d’évolution :
- La standardisation de nouveaux produits répondant aux besoins de la
clientèle et l’amélioration constante de la qualité des services. Ainsi que la
standardisation de nouveaux instruments financiers et en assurer la fluidité
(cas des titres).
- La rénovation des infrastructures immobilières et informatiques.
- La large diffusion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la
Communication (NTIC).
- Une approche différenciée de la clientèle dans les secteurs émergents et
progresser dans l’approche globale de la clientèle. Avec la recherche de la
clientèle et de la structure financière optimale.
- Le développement du portefeuille par la démarche clientèle et les nouveaux
produits.
- Le renforcement de la compétence de l’équipe par la formation
professionnelle.
- La meilleure utilisation des chèques, des cartes bancaires, etc.

En matière de stabilité :
- La diminution des taux d’intérêt assignés au crédit et l’augmentation de ceux
assignés aux dépôts.
- Meilleure stabilité du taux de change pour permettre l’établissement de
prévisions fiables des activités.
- La protection des épargnants.
- L’indication aux nouveaux investisseurs de la valeur précise du ratio
d’endettement qui est acceptable aux banques.
- L’établissement d’un système de garantie des crédits à l’exportation.
- La mise en place d’un système de couverture des risques de change

Au niveau du marché :
- Le bon fonctionnement du marché.
- L’intensification de la concurrence.
- L’ouverture d’agences dans les zones rurales éloignées.

Pour les sociétés de taille relativement importante, les banques peuvent servir
d’intermédiaire dans l’émission par les entreprises de billets de trésorerie ou d’emprunts
obligataires. Les banques rechercheraient dans ce cas ; pour le compte de leur clientèle
emprunteuse des investisseurs privés ou institutionnels disposés à prêter directement aux
bénéficiaires finals.
Les banques peuvent renforcer les fonds propres des entreprises moyennes à fort potentiel
de croissance et parallèlement d’offrir de nouveaux produits de placements aux agents
économiques structurellement excédentaires en liquidités en souscrivant à la création de fonds
communs de placement (FCP). Il faudrait que les autorités précisent les caractéristiques fiscales
de fonctionnement de pareils fonds.
Pour les entreprises plus modestes, le crédit – bail pourrait constituer une solution au
handicap lié à la faiblesse de l’autofinancement.
Telles sont alors quelques recommandations afin de permettre la bancarisation de la
population malgache. Ces recommandations pourraient ne pas être toutes exécutées mais il
s’agit de noter le principal facteur de bancarisation est l’amélioration du revenu et l’incitation à
l’épargne et au crédit bancaires, afin de permettre aux banques de fonctionner en tant
qu’intermédiaires financiers et à la population de recourir au circuit bancaire.

CONCLUSION

La bancarisation est un grand défi à relever pour Madagascar. Cependant, de nombreuses


lacunes existent tant au niveau du système financier et bancaire malgache, qu’au niveau de
l’économie en général. Ce n’est pas facile d’atteindre ce défi si les contextes socio-économique
actuels persistent à faire de l’économie malgache une économie de subsistance.

Dans ce cadre donc, les banques doivent être capables de discerner les besoins financiers
réels de toutes les couches sociales et de s’adapter à leurs situations particulières. Elles se
doivent d’être des banques plus ou moins polyvalentes pour permettre à tout le monde de
fréquenter des établissements bancaires.

Le passage de l’économie de subsistance à l’économie de marché par les banques


suppose un grand nombre de conditions nécessaires à la mise en place d’un système financier
sain et stable. Mais le côté financier n’est pas le seul à inclure dans un tel processus, il faut
aussi une situation sociale favorable pour l’ensemble de la population car comme on l’a déjà
dit, les affamés ne font pas des épargnes. De plus, le faible niveau d’instruction de la majorité
des malgaches ne leur permet pas d’avoir les connaissances et les capacités requises pour
contracter avec des institutions bancaires, qui se modernisent de jour en jour.

On en déduit donc, que la première chose à faire pour parvenir à élever le taux de
couverture bancaire de 2%, c’est l’amélioration des revenus perçus par les ménages afin qu’ils
puissent promouvoir la santé et l’éducation et d’avoir du surplus. On voit alors que le système
bancaire n’est pas la seule concernée, les pouvoirs publics doivent aussi apporter leurs
contributions pour aider les banques à se rapprocher de la population, surtout des paysans.

Enfin, on peut conclure que même si la bancarisation est assez difficile à atteindre, elle
peur très bien se faire dans un pays tel que le nôtre, dans la mesure où les banques font de
grands efforts pour penser non seulement à leur profit mais également au développement de
Madagascar. C’est à dire, ils doivent faciliter les conditions d’accès au crédit et à l’épargne
bancaires.

ANNEXES

Les 16 principes de la Charte de la Grameen Bank

1- Nous respecterons et appliquerons les quatre principes de la Grameen Bank : discipline,


unité, courage et travail assidu, dans tous les domaines de notre vie.
2- Nous apporterons la prospérité à nos familles
3- Nous ne vivrons pas dans une demeure délabrée. Nous entretiendront nos maisons et
aspirerons à en bâtir de nouvelles le plutôt possible.
4- Nous cultiverons des légumes toute l’année. Nous en ferons grande consommation et
vendrons le surplus.
5- Pendant la période de plantations, nous planterons autant de pousses que possible.
6- Nous ferons en sorte d’avoir peu d’enfants. Nous limiterons nos dépenses. Nous ferons
attention à notre santé.
7- Nous donnerons une éducation à nos enfants et nous donnerons les moyens de pouvoir
subvenir à cette éducation.
8- Nous veillerons à la propreté de nos enfants et de l’environnement.
9- Nous construirons et utiliserons des fosses d’aisance.
10-Nous boirons l’eau des puits sains. S’il n’y en a pas, nous ferons bouillir l’eau ou la
désinfecterons avec de l’alun.
11-Nous n’exigerons aucune dot pour nos fils comme nous n’en donneront aucune à nos
filles. Les dots seront proscrites de nos centres. Nous nous opposerons au mariage de
jeunes enfants.
12-Nous ne commettrons aucune injustice comme nous nous opposerons à ce que les
autres en commettent.
13-Nous procéderons collectivement à des investissements plus élevés pour obtenir des
revenus plus importants.
14-Nous serons toujours prêts à venir en aide aux autres. Si quelqu’un a des difficultés, nous
l’aiderons.
15-Si nous venons à apprendre que dans un centre, la discipline est bafouée, nous nous y
rendrons pour la rétablir.
16-Nous introduirons les exercices physiques dans tous les centres. Nous participerons
collectivement à toutes les rencontres organisées.
ANNEXES

Evolution des crédits bancaires à court terme recensés par objet

Encours en Evolution en %
milliards de FMG
2000 2001 2002 2000 2001 2002
Total des crédits à court terme 1 795.5 1 857.1 1 833.9 16.9 3.4 -1.2
Escompte commercial local 167.2 181.1 102.4 26.5 8.3 -43.5
Avances sur marchandises 233.3 235.6 156.6 -6.2 1.0 -33.5
Découverts 676.9 575.4 539.6 23.2 -15.0 -6.2
Ventes à crédit 29.6 25.7 16.2 -28.9 -13.2 -36.9
Faisance valoir 0.0 0.4 0.4 -1.3
Avances sur produits 387.0 445.6 382.7 22.2 15.1 -14.1
Préfinancement collecte produits 86.8 101.6 136.3 48.6 17.5 34.1
Autres crédits à CT 50.2 83.7 119.5 63.6 66.7 42.7
Créances douteuses, litigieuses et contentieuses 164.4 208.1 380.2 4.2 26.6 82.7

Source : Rapport Annuel 2002 : Banque Centrale de Madagascar

Evolution des crédits bancaires à long et moyen terme recensés par objet

Encours en milliards Evolution en %


de FMG
2000 2001 2002 2000 2001 2002
Crédits à moyen et long terme 502.9 634.2 594.5 25.3 26.1 -6.3
Equipement 256.8 303.5 228.5 14.3 18.1 -24.7
Immobilier 133.1 180.9 144.1 173.8 35.9 -20.3
Crédits d’accompagnement et acheteurs 16.5 21.8 19.4 -48.2 31.9 -11.0
Autres crédits à moyen et long termes 56.0 90.9 100.3 -10.5 62.5 10.3
Créances douteuses, litigieuses et contentieuses 40.5 37.2 102.2 20.2 -8.2 174.7

Source : Rapport Annuel 2002 : Banque Centrale de Madagascar


Figure 1 : BANQUES COMMERCIALES A MADAGASCAR, 1975 à 2000
Source : Madagascar le système financier à l’aube du 21ème siècle; Banque Centrale

Année
Banques nationalisées juin 1975 à Banques d’état créées
D’entrée du
janvier 1975-77 Partenaire étranger Nom de la banque privatisée
partenaire

Banque Nationale Malgache pour le


Développement (BNM)

BNI (Industrie) 1991 Crédit Lyonnais (France) BNI - CL

Banque pour le Commerce et


L’Industrie de Madagascar (BCIM) BTM (Développement African Financial Holding/
1999 BTM – BOA Madagascar
Rural) Bank of Africa

Banque Malgache d’Escompte et de


Crédit (BAMES)

Banque Commerciale de Madagascar


(BCM)

BFV (Commerce) 1998 Société Générale (France) BFV - SG

Banque Financière et Commerciale


Malgache (BFCM)

Entrée de nouvelles banques Propriété

Banque Malgache de l’Océan BNPI (37,5%), SFOM (37,5%), 300


1989
Indien (BMOI) investisseurs locaux (25%)

Mauritius Commercial Bank (70%),


Union Commerciale de Stanbic Bank (Afrique du Sud)
1994
Banque (ICB) 10%,
FIARO (5%)
State Banque of Mauritius SBM (55%), Nedbank (Afrique du
1998
(SBM) Sud) 30%
BIBLIOGRAPHIE
- « Banque et développement dans les années 80 » ;
ONUDI/Banque Mondiale ; Zurich, juin 1979.

- « Deuxième Rapport National sur le Développement Humain à


Madagascar » ; Nations Unies ; 1999.

- « Dictionnaires des théories et mécanismes économiques » ;


[Link]émont et A.Gélédan ; Edition HATIER, Octobre 1984.

- « Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) » ;


2003.

- « La banque du XXIème Siècle », Etats-Unis, Grande Bretagne,


Japon, France ; Hervé de Carmoy ; Edition Odile JACOB, Octobre
1995.

- « Madagascar : Le système financier à l’aube du XXIème


Siècle » ; CEE-JFK School of Government, Novembre 2000.

- « Madagascar : Politique financière pour une croissance


diversifiée » ; Banque Mondiale ; Juillet 1993.

- « Rapport annuel 2002 » ; Banque Centrale de Madagascar.

- « Rapport économique et financier 2002-2004 » ; Ministère de


l’Economie, des Finances et du Budget (MEFB).

- « Techniques et pratiques bancaires » ; [Link] et J.C Frabot ;


Edition SIREY, 1971.

- « Traité d’économie bancaire » ; Jacques Branger ;Edition PUF,


1968.
Nom et prénoms : RAMIANDRISOAMAHATRATARA Sahondra Lucile

Titre : BANCARISATION A MADAGASCAR

Pagination : 58

Tableau : 07

Résumé :
Depuis quelques années, divers critères peuvent faire l’objet de distinction entre
pays développés et pays en voie de développement dans le monde. En général,
c’est à travers leur situation économique et la place qu’ils accordent au marché que
l’on peut voir leur degré de développement. Ce sont surtout les pays industrialisés
qui donnent le plus de rôles au marché mais malheureusement dans les pays sous
développés, ce n’est pas encore le cas. Madagascar se classe parmi les pays sous
développés et même parmi les pays les moins avancés du monde, son économie est
généralement considérée comme étant une économie de subsistance. Le pays
possède un pourcentage rural très élevé et son système financier et bancaire est
encore assez précaire. La proportion du taux de couverture bancaire de 2% de la
population malgache est un signe de la pauvreté chronique de Madagascar.
Un des moyens de le faire évoluer serait alors le renforcement de son système
financier et surtout de son système bancaire. La bancarisation est donc, une des
nombreuses manières de faire passer notre pays de l’économie de subsistance à
l’économie de marché afin de promouvoir un environnement économique et financier
stable ainsi qu’un développement rapide et durable du pays.

Mots clés : Banque, Système financier et bancaire, Epargne, Crédit, Investissement,


Economie de marché, Economie de Subsistance.

Directrice de Mémoire : Madame RAMANAMBELO Lucienne

Adresse de l’auteur : LOT J 32 Mahitsy Alasora

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