Banque
Banque
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION :
L’objet de cette étude est d’essayer de trouver des méthodes, afin d’arriver à la
« bancarisation de la population malgache ».Pour ce faire, on va diviser le document en trois
grandes parties.
Tout d’abord, on va voir en première partie, les généralités sur les banques dans le monde
en faisant un aperçu global de ce qu’elle est, de son histoire et de ses formes. De même, nous
allons étudier la place qu’elle occupe tant dans l’économie de subsistance que dans l’économie
de marché. Et pour terminer cette première partie, nous verrons comment fonctionnent et
évoluent les systèmes bancaires des pays développés tels que la France et l’Angleterre.
Ensuite, dans une deuxième partie, l’on se doit de parler du système bancaire malgache
dans l’économie de Madagascar en décrivant les structures des épargnes et des crédits
bancaires depuis quelques années. On fera aussi un aperçu du secteur bancaire à Madagascar
pour savoir quelles sont ses forces et ses faiblesses et comment a t-elle évolué dans le temps.
On achèvera la deuxième partie par la présentation d’un moyen de financement appelé
Millenium Challenge Account à Madagascar. Ce financement fait partie des principales
perspectives de développement économique malgache.
Enfin, on terminera les études par la troisième partie qui est le sujet en question : la
bancarisation à Madagascar. A travers cette partie, on effectuera des études de cas de pays qui
ont également eu des problèmes d’ordre financiers mais qui ont pu s’en sortir à partir
d’institutions financières diversifiées. C’est le cas du Bangladesh avec la « Grameen Bank »
réputée dans le monde comme la première banque des pauvres ; c’est aussi celui du Mali Sud
par le biais d’une institution de microfinance appelée « Kafo Jiginew » et c’est le cas bien connu
de développement économique de l’Afrique du Sud par les réformes du système financier. On va
tirer les points positifs de leurs expériences pour savoir comment peut- on arriver à la transition
de Madagascar vers l’économie de marché à travers le système bancaire et les transformations
à prévoir pour y parvenir. On terminera avec les recommandations pour l’avenir du système
bancaire malgache dans le but d’élever le taux de couverture c’est à dire la façon dont on peut
bancariser la population malgache.
Pour mieux comprendre le sujet, il est supposé nécessaire d’avoir une connaissance
généralisée de ce que c’est une banque.
A- Définition :
« Sont considérées comme Banques les entreprises ou établissements qui font profession
habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôts ou autrement, des fonds qu’ils emploient
pour leur propre compte, en opérations d’escompte, en opérations de crédits ou en opérations
financières. »1
Donc quatre éléments essentiels font de la banque une Banque :
- fonds reçus du public (sous forme de dépôts ou autrement) ;
- fonds réemployés en opérations d’escompte, de crédit ou en opération financière ;
- fonds réemployés sous la propre responsabilité de la banque ;
- il s’agit d’une profession habituelle (et non d’un acte isolé).
Par conséquent, le banquier est celui qui pratique le commerce de l’argent et sert
d’intermédiaire entre les détenteurs de capitaux inemployés (ou épargnants) et les
utilisateurs de ces capitaux (commerçants, industriels, etc…). Il rend également de nombreux
services à la clientèle (opérations de caisse, opérations sur valeurs immobilières, location de
coffres, etc…). Sa rémunération est constituée par les intérêts (pour les sommes prêtées) et
par les commissions (pour les services rendus).
L’Antiquité :
A cette époque, les temples sont les premiers centres bancaires connus (Deilphes -
Ephise). Dès le IVème Siècle avant Jésus-Christ, on trouve cependant les « trapézistes » qui
sont les banquiers laïcs en Grèce.
1
Donnée par l’article 1 de la loi du 13 Juin 1941
A Rome, les banques sont apparues assez tardivement ou plus précisément au IIème Siècle
avant Jésus-Christ.
Sous la République, l’activité bancaire est le monopole de catégories de citoyens, les Chevaliers
ou Publicains, tenaient des livres de caisse et établissaient des relevés de compte.
Le Moyen Age :
Après une période de stagnation causée par les invasions barbares, la disparition du grand
commerce et la prohibition du prêt à intérêt, l’activité bancaire reprend au XIème Siècle avec la
renaissance du commerce. Les grandes opérations financières sont pratiquées par les juifs, les
templiers (qui sont les créateurs des arbitrages de change et de la comptabilité à double partie)
et également par les Lombards.
Les grandes foires (Champagne - Lyon) développent des mouvements de fonds, mais
l’insécurité du transport donne naissance à la « lettre de paiement » qui permet le transfert
effectif de numéraire.
De la Renaissance au XVIIIème Siècle :
Le développement des échanges à la Renaissance donne une impulsion considérable à la
banque. C’est l’époque des grands banquiers (Médicis – Fugger). On voit apparaître la lettre de
change et la technique de l’escompte. On assiste à la création de véritables établissements
bancaires à Milan, Venise et notamment Gênes. Une profonde transformation part de
l’Angleterre au XVIIème Siècle. En effet, les orfèvres et les banquiers de Londres commencent à
accepter les dépôts à vue, ce qui entraîne l’usage des chèques (vers 1670).
Au XIXème siècle :
Les structures bancaires connaissent une double évolution car :
- d’une part, le développement industriel et le développement commercial ainsi que
l’apparition des grandes sociétés rendent nécessaire la création de banques puissantes ;
- d’autre part, le privilège de l’émission de billets de banque, remplaçant petit à petit la
monnaie métallique, est retiré aux banques privées au profit des banques d’émission.
L’Epoque contemporaine :
Pour les banques contemporaines, la profession est réglementée par les lois de 1941
complétées par celles de 1945.
Nul n’est autorisé à pratiquer le commerce de banque s’il n’est pas inscrit sur une liste dressée
par le Conseil National du Crédit (CNC). Ce dernier, avec la Commission de Contrôle des
Banques (CCB) et l’Association Professionnelle des Banques (APB) constituent les trois
organismes de contrôle du système bancaire. (Réf.)
Afin de mieux comprendre ce qu’est vraiment une banque, il est important de savoir
qu’elles ne sont pas toutes uniformes mais différentes selon les activités qu’elles exercent.
C- Types de banques :
Les banques contemporaines sont d’une manière générale, classées en trois grandes
catégories : les banques de dépôts, les banques d’affaires et les banques de
développement.
Elles utilisent quatre principaux types de techniques de crédit qui sont le crédit en
compte, l’escompte, le crédit sur gage et le crédit par signature. Et parmi les crédits octroyés
figurent :
- l’escompte des effets de commerce et des bons du Trésor
- les facilités de caisse et les découverts
- les avances sur marchés publics
- les avances sur marchandises et l’escompte de warrant
- les cautions de toutes sortes
- les crédits documentaires
- les crédits à court, moyen et long terme
- les avances sur titres
- les prêts personnels aux particuliers
rentabilité financière est faible, sinon nulle, et les risques plus ou moins élevés. Actuellement, les
Les banques sont donc des institutions non négligeables pour n’importe quel pays. De
ce fait, l’on se doit d’examiner la place qu’elles occupent au niveau de deux catégories
d’économie pouvant exister dans le monde.
Au début de leur existence, les banques appartenaient à des catégories de gens qui
ont une bonne place au niveau de la société ainsi que de gros capitaux à utiliser. Elles
étaient des institutions privées à la recherche de profit pour leurs propriétaires. Leur rôle
était en principe celui de l’émission d’argent, elles octroyaient en même temps des
crédits à court et moyen terme pour l’Etat dans le but de financer des activités publiques
et pour les particuliers qu’elles jugent solvables.
Avec la nationalisation, les banques sont devenues en partie des propriétés d’Etat
c’est à dire des institutions publiques ou semi-publiques. Leur rôle dépendait non
seulement du système financier – c’est à dire l’ensemble des organismes bancaires, des
marchés de capitaux et des instruments de financement industriel – mais également de la
politique mise en œuvre par les dirigeants des banques, de la politique économique et
financière du gouvernement, ou des deux.
Cette nationalisation s’est manifestée différemment selon les pays, il peut s’agir tantôt de
l’expropriation des banques privées qui passent sous contrôle étatique ; tantôt de la
contrainte des banques étrangères de se constituer en société de droit interne dans le
pays d’accueil.
A cette époque, on attribuait aux banques la tâche d’aide au développement des pays par
le financement des projets et la création d’entreprises, par l’exploitation des ressources
financières disponibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays, puisqu’elles sont les
agents financiers du secteur public. La nationalisation des banques était un des facteurs
qui ont contribué au développement économiques d’un certain nombre de pays ;
malheureusement, d’autres pays n’ont pas pu en profiter.
Depuis quelques années, tous les pays ont commencé le processus de privatisation
qui est indispensable pour le développement des pays et qui est l’un des meilleurs
moyens d’épanouissement des systèmes bancaires en assurant plus de dynamisme aux
banques et plus de concurrence. D’où le rôle des banques de mobiliser l’épargne,
d’accorder des prêts à court, moyen et long terme, et de rechercher le maximum de profit.
En effet, étant donné que la banque est un acteur économique (rationnel) comme tout
autre, son but c’est de trouver ce maximum de profit dans la limite du possible avec les
biens et services qu’elle produit.
De nos jours, le rôle des banques dans une économie donnée dépend fortement du
degré d’industrialisation et de développement d’un pays. En fait, il y dans le monde
d’aujourd’hui, d’un côté les pays industrialisés où domine l’économie de marché et de
l’autre côté les pays en voie de développement (PVD) où c’est l’économie de subsistance
qui persiste.
A- En économie de marché :
Vu que dans ces pays développés, c’est le marché qui est au centre des activités
économiques et financières, les banques n’ont aucune difficulté à assumer leur rôle
d’intermédiation financière ; il leur est facile de mobiliser l’épargne et d’octroyer des
crédits même avec un taux assez élevé. Puisque :
2
D’après dictionnaire des sciences économiques et sociales.
travaillent et produisent donc pour le marché, leur revenu est assez
suffisant pour leur permettre de se procurer tous les biens et services
quotidiens dont ils ont besoin et même plus.
Ces deux situations montrent les opportunités pour les banques des pays
industrialisées de mener à bien leur rôle et leurs activités. D’ailleurs, avec la diffusion des
Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), et
l’intensification de la concurrence ; les banques offrent des services et des produits de
plus en plus modernisés à la clientèle ainsi que les informations qui lui sont nécessaires.
De plus, l’existence des marchés de capitaux dans ces pays réduit les soucis de
déstabilisation des banques car ces marchés protègent contre les risques, surtout ceux
des changements des prix au comptant indésirables et dispendieux. Un rôle
supplémentaire leur est attribué en étant les acteurs de ces marchés de capitaux.
Un atout de ces pays aussi, c’est que les banques sont beaucoup plus rassurées de
la solvabilité de leurs clients sinon, ils ont des garanties auprès des clients qui ne risquent
pas de leur faire défaut. En tout, dans les pays industrialisés, il y a satisfaction tant du
côté des banquiers que celui de leurs clients, ce qui favorise encore plus le
développement économique de ces pays.
Si tel est le cas dans les pays développés, voyons maintenant quel est le rôle tenu
par les banques dans les pays sous développés.
B- En économie de subsistance :
Dans les pays en développement, ce n’est pas la même réalité qu’on voit. En effet,
les éléments nécessaires manquaient : capitaux, informations sur les possibilités
d’investissement et entrepreneurs locaux ayant des compétences techniques et
directoriales voulues dans le domaine de l’industrie et de l’agriculture.
Le système bancaire qui ne peut offrir que des prêts à court terme, s’attache à
soutenir le secteur des échanges, qui apparaît comme un investissement rentable et
relativement sûr. Ceci implique qu’il n’y a que de petits investissements qui ne sont même
pas rentables ni pour l’investisseur, ni pour le pays ; les investissements propices au
développement sont rares.
Etant sous développés, ces pays cherchent les moyens efficaces de se développer
de plusieurs manières. Actuellement, les objectifs des pays en développement, c’est de
mobiliser l’épargne locale et d’élargir les opportunités d’investissement. Le rôle des
banques doit donc être celui de catalyseur pour l’atteinte de ces objectifs, à travers une
aide financière à des projets spécifiques, ainsi la mise en œuvre des projets et aide à
l’épanouissement du bien-être des individus (logement,…).
Deuxièmement, vu que les dirigeants des banques installées dans les pays sous-
développés sont des étrangers dans l’ensemble, le rôle des banques consiste toujours à
mobiliser des ressources et à prêter et répartir des fonds. Mais le grand problème est que
les objectifs de leurs décisions sont parfois dictés seulement par leur souci de rentabilité
mais pas pour le développement du pays en question. Autrement dit, l’investisseur, lors
de la promotion d’un projet, se préoccupe rarement de considérations socio-économiques
au-delà de celles figurant implicitement dans la recherche du profit qui motive sa
proposition d’investissement. Or, les responsables des banques doivent comprendre que
la croissance n’est possible que si les banques s’attachent en permanence à fournir à la
communauté les services dont elle a besoin.
Il est à noter que le plus grand rôle qui devrait être joué par les banques dans les
pays en voie de développement est la mobilisation des ressources nécessaires en faveur
du développement économique dans le domaine industriel et surtout dans celui de
l’agriculture. La vitesse de décision, la motivation personnelle, la créativité et la
compétence professionnelle sont des conditions essentielles.
Enfin, bien que reposant sur des systèmes économiques différents, les banquiers du
monde, à maints égards, ont une même optique et une même motivation dans leurs
activités. L’intermédiation financière a toujours pour principal objet la mobilisation des
ressources financières pour le secteur productif et la répartition la plus satisfaisante de
ces ressources dans l’intérêt de l’ensemble de la population.
Voilà donc les rôles que pourraient tenir les banques dans deux types d’économie,
qui si l’on peut dire, sont opposées. Et puisque Madagascar est un pays en voie de
développement, il nous est avantageux de savoir comment fonctionnent les systèmes
bancaires des pays développés et comment ils ont fait pour être dans leur situation
actuelle.
A- Aperçu général :
« Madagascar est un pays en voie de développement avec 13 779 000 habitants en 1997
avec un taux d’accroissement annuel de 2.8% et un temps de redoublement de 25 ans, la
densité de la population est de 24 habitants par km². Cette population malgache est très jeune :
plus de 50% ont moins de 20 ans et l’âge médian est de 16.3 ans, 20% ont moins de 5 ans et
environ 3% ont plus de 65 ans. »
En réalité, l’évolution du taux de croissance économique annuel moyenne à Madagascar
est inférieure à celle de la croissance démographique, d’où la baisse du niveau de vie de la
population et la limite des possibilités d’emplois. A cause de l’endettement, Madagascar est
tributaire des pays riches créanciers qui mènent la nouvelle doctrine de la mondialisation. Le
moyen pour qu’il s’en sorte c’est de tirer profit des possibilités de coopérations par les
opportunités apportées par les investisseurs étrangers. En effet, la mondialisation peut favoriser
le développement de certaines branches ou filières par le biais du transfert de technologie, de
savoir-faire et d’apport de capitaux frais.
L’évolution économique de Madagascar depuis son indépendance a suivi une courbe
irrégulière car il y a eu une croissance modeste ; suivie d’une stagnation ; un brusque déclin et
près d’une décennie de stabilisation et d’ajustement. L’amélioration de la situation économique a
été perturbée par les événements de 1991. Les bouleversements qui s’en sont suivis se sont
entre autre soldés par la suspension des accords économiques internationaux. La période 1997-
2001 a été marquée par une certaine stabilité et les prémisses d’un décollage économique avec
des retombées sociales faibles. Des mesures telles que l’abaissement des barrières douanières,
la suspension des exonérations fiscales, la mise en place de nombreuses restrictions
budgétaires et de contrôle des dépenses budgétaires, la privatisation et l’élimination des
activités quasi-budgétaires de la Banque Centrale ont permis de rétablir les grands équilibres
économiques, tant au niveau des finances publiques qu’au niveau des échanges extérieurs et
de la monnaie. Le taux de croissance moyenne de l’économie est de 4.5% ; cette période a
donc donné lieu à des perspectives de relance de l’économie. Malheureusement, la population
constate que cette amélioration de la croissance économique n’a pas d’impact réellement positif
sur son vécu quotidien. Les besoins fondamentaux de la population ne sont pas encore satisfaits
et il en résulte que l’économie de Madagascar est tout à fait une économie de subsistance. De
plus, ces perspectives ont été de nouveau remises en cause par la crise post-électorale de
2001.
A travers toutes ces variations de la situation économique de Madagascar depuis l’indépendance à nos jours, on en tire que le pays est actuellement
plongé dans le fossé de la pauvreté. Cela se confirme par le seuil de pauvreté monétaire de 2001 évalué à 988 600 Fmg par an par individu ; soit une proportion
de 69.6% des malgaches qui sont pauvres. La pauvreté est différente selon les provinces et est essentiellement un phénomène rural du fait que 85% des pauvres
se trouvent en milieu rural. La majorité des ménages (67.6%) travaillent dans le secteur agricole dont 40.7% d’entre eux sont des petits exploitants agricoles. Ce
ne sont que des petits agents économiques.
Il est à savoir que, dans notre pays, le revenu maximum vaut 3.3 fois le revenu minimum
c'est-à-dire que la distribution de revenus entre catégories socio-économiques est inégalitaire.
La branche «agriculture, pêche, élevage et activités connexes » est le moins rémunérateur vis-à-
vis de celle des «banques et assurances » à cause de l’écart de niveau d’instruction des chefs
de ménages actifs. En tout, 34.2% de la masse de revenu sont détenus par les plus riches
tandis que les plus pauvres n’en disposent que les 11.9%. Non seulement le niveau de revenu
des ménages malgaches est généralement faible, mais aussi la part des dépenses affectées à
l’alimentation est la plus importante. En effet, 70% de leur revenu sont accaparés par les
dépenses de consommation, ce qui laisse peu de capacité à satisfaire les autres besoins jugés
essentiels comme la santé, l’éducation, le logement, l’habillement, etc….Cette structure des
dépenses est un signe de pauvreté chronique des malgaches et entraîne ainsi l’amélioration du
coefficient de dépendance alimentaire. Par conséquent, il n’y a que 2% de la population
malgache qui possèdent des comptes en banques ; ce taux de couverture bancaire est très
faible par rapport à d’autre pays.
En réalité, vu que la totalité du revenu des ménages est procurée aux besoins
fondamentaux pour assumer leur survie et que l’environnement économique malgache est
instable, on en déduit que les ménages n’ont pas la possibilité ni d’épargner, ni de demander du
crédit par manque de moyens financiers et par manque de communications :
- Manque de communications car un grand nombre de la population ne sont pas
au courant des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
De plus, le désenclavement empêche la diffusion des informations dans les
zones éloignées où il y a le plus de pauvres ;
- Manque de moyens financiers car déjà ils n’ont que peu de biens à leur disposition, ils
ne vont pas risquer de les perdre comme garantie au crédit. De plus, les institutions de crédit
imposent des conditions qui ne sont pas appropriées au niveau de vie de la population
pauvre. Les banques ne sont pas en mesure d’identifier les besoins financiers réels de la
majorité de la population malgache. Elles ont une certaine réticence envers les pauvres qui
ont le plus besoin d’aide pour s’en sortir. Leurs conditions sont beaucoup plus adaptées au
riches qui on les moyens d’épargner et le niveau d’instruction requis pour demander du
crédit, faire des investissements et ouvrir des comptes bancaires.
Application théorique :
Si on réfère à des théories économiques, on peut dire que l’économie de Madagascar,
est théoriquement similaire à la perception du théoricien de l’école Classique Thomas
Malthus sur les mécanismes déséquilibrant la croissance économique. En fait, Malthus voit
dans le décalage entre la croissance de la population et celle de la production, l’origine d’une
crise de subsistance.
Effectivement, l’on note que croissance démographique de Madagascar va plus vite
que la croissance économique. De plus puisque l’économie est de subsistance, le surplus de
production n’existe pas le plus souvent.
On peut aussi l’assimiler à la théorie de Sismondi qui voit que les déséquilibres de la
répartition réduit la consommation du plus grand nombre. Ceci est confirmé par le fait que
seulement 11.9% de la masse de revenu appartient aux pauvres qui sont majoritaires alors
que la minorité riche en dispose les 34.2%.
Cet aperçu général sur Madagascar et la pauvreté de notre pays mérite qu’on étudie
profondément les structures et évolution de son système de dépôts et de crédits.
B- Les dépôts :
Les dépôts sont définis comme les ressources avec lesquelles travaille une banque de
dépôts, l’intérêt de la banque est de développer ces dépôts qui peuvent être constitués soit
par les fonds que le client laisse à son compte, soit par des fonds prêtés à la banque.
A Madagascar, la mobilisation de l’épargne est un grand problème qui se pose autant
pour le pouvoir public que pour les institutions de crédit et les banques. Il est difficile de
mobiliser les ressources suffisantes tout en conciliant les besoins de l’épargnant et ceux de
l’investisseur. Le premier élément implique qu’il faut épargner et non pas consommer les
ressources, le second implique un processus de transformation créatrice. Or, consommer est
une priorité pour une population en économie de subsistance et les affamés ne mettent pas
d’argent de côté. En plus, on se heurte au problème de manque de capitaux nationaux ;
mobiliser l’épargne intérieure commence par le problème d’élever le niveau de revenu car
l’accumulation de l’épargne en vue de la formation du capital peut être la cause ou l’effet de
l’augmentation des revenus. Ce qui constitue un véritable obstacle pour nous avec la
faiblesse du niveau de revenu. Cependant, le pays peut et doit financer la majeure partie des
efforts de développement en mobilisant l’épargne intérieure.
Si on regarde l’évolution des dépôts bancaires à Madagascar depuis quelques années,
la part de dépôts détenue par les particuliers et les ménages dans les banques tend à
diminuer régulièrement, un changement important a été noté au niveau des détenteurs de
dépôts à vue. Les ménages sont de plus en plus attirés par les comptes d’épargne que les
banques et les banques ont depuis cherché à promouvoir la modification des conditions, à
savoir l’allégement des taux sur les dépôts stables. (41.3% à fin 1998 et 54.3% à fin 2002).
On constate qui le tableau confirme ce qui a été dit ci-dessus. De 200à 2002, on voit
que la baisse de la part des ménages dans les dépôts à vue s’est faite au profit de celle
détenue par les entreprises privées.
Ces variations sont peut être dues au fait que les ménages, face à la crise de 2002 ont eu des
difficultés à survivre d’où ils ont retiré une partie ou la totalité de leurs dépôts dans les banques
tandis que les entreprises privées ont eu tendance à placer leurs capitaux afin d’être mieux
rassurées.
La baisse des revenus suite à la crise sociopolitique, s’est reflétée sur l’épargne. Les
dépôts à terme et d’épargne n’ont augmenté que de 72.9 milliards (7.4%) en 2002, contre
207.9 milliards (26.7%) en 2001. Ils représentent toutefois la même proportion qu’à fin 2001,
soit 13.4% de la masse monétaire au sens large.
Les dépôts d’épargne, y compris les dépôts à la caisse d’épargne de Madagascar, ont
accusé en 2002 une croissance plus modeste par rapport à 2001 : 17.5% contre 32.2%. et
malgré les décisions prises par les autorités monétaires en vue de pousser les banques à la
collecte des dépôts stables, les dépôts d’épargne bancaire n’ont augmenté que de 69.3
milliards en 2002 contre 89 milliards en 2001 en raison de la crise. La stagnation de
l’épargne a commencé en mois de Mars, c'est-à-dire dès le début des événements
sociopolitiques.
Les dépôts à terme quant à eux, ont diminué de 31.6 milliards (-8.1%) contre une
hausse de 62.6 milliards (19.2%) sur l’année précédente. Cette tendance provient surtout
3
Source : Rapport annuel 2002 ; Banque Centrale de Madagascar.
des dépôts à terme des ménages qui ont régressé de 38.3 milliards (-22%) et de ceux des
institutions financières non bancaires de 25.1 milliards (-65.7%), contre des hausses
respectives de 46 milliards et de 20.5 milliards en 2001. La baisse du revenu des ménages
consécutive à la crise ne leur a pas permis des placements et les a même obligé de
ponctionner sur leur épargne. Les dépôts à terme des entreprises ont par contre augmenté
de 31.7 milliards en 2002, soit 17.9% (37.6 milliards ou 26.9% en 2001) ramenant ainsi leur
part à 58.5% du total à fin 2002, si celle-ci a été de 45.5% à fin 2001. Aussi, en terme de
structure, les dépôts à terme des entreprises ont gagné 13 points aux dépens de ceux des
ménages et des institutions financières non bancaires, lesquels ont enregistré des pertes de
points de 6.7 et 6.2 et dont les parts ont été respectivement réduites à 37.9ù et 3.7% du total
à fin 2002. Les dépôts à terme auprès des banques commerciales de Madagascar ont tendu
généralement ces dernières années à ne représenter qu’environ un cinquième du total des
dépôts bancaires.
Sur le plan des dépôts en devises des résidents, ils ont légèrement augmenté en 2002,
passant de 92.9 millions de DTS (773.9 milliards) à fin Décembre 2001 à 100.5 millions de
DTS (879.2 milliards) à fin 2002.
A propos des taux bancaire, les banques ont révisé à la baisse les taux servis aux
dépôts à terme, dont le minimum est passé de 4% au deuxième trimestre à 2.9% au cours du
quatrième trimestre. Ceci a été décidé suite à l’abondance de liquidité vers la fin de l’année.
4
Source : Rapport annuel 2002 : Banque Centrale de Madagascar
Fin 12.00 13.70 12.34 14.50 5.50 16.00 4.50-5.31
2000 9.00 8.00 10.95 13.25 3.19 9.35 4.07-7.75
Fin 2001 9.00 10.25 12.75 3.88 9.35 3.97-7.51
1 trim 02 9.00 12.18 12.75 4.00 9.35 3.50-7.64
2 trim 02 9.00 9.00 12.75 3.73 9.35 3.50-7.51
3 trim 02 9.00 12.00 11.00 12.75 2.30 9.35 3.50-7.41
4 trim 02
On en tire que les taux créditeurs minimum des banques pour les dépôts à terme ont
beaucoup varié durant la période 2000-2002 alors que les taux créditeurs maximum ont été
les mêmes de 2001 à fin 2002, sauf pour fin 2000 où la taux maximum était de 16%.
En résumé, le niveau général de l’épargne bancaire malgache est très faible pour des
raisons telles que :
- la faible productivité
- l’autoconsommation très importante, qui entraîne un revenu monétaire faible
- une monétarisation peu poussée
- le peu d’épargne par les ménages ruraux dégagé est improductif, oisif et
contemplatif sous forme de paddy, bétail et autres bijoux
- politique de mobilisation d’épargne mal adaptée.
Madagascar ne peut envisager de croissance à long terme durable et équitable qu’avec
la participation active de l’ensemble de la population. Or, un grand nombre de malgaches
n’ont guère ou pas accès au système financier établi et sont donc dans l’impossibilité de
contribuer effectivement à la mobilisation des ressources. L’une des tâches majeures pour
l’avenir sera d’améliorer les services financiers à l’intention de toutes les catégories de la
population et de mieux les intégrer au système financier général.
C- Les crédits
Le système de crédit rencontre aussi des problèmes à Madagascar.
Par définition, l’opération de crédit implique l’échange volontaire de l’usage immédiat d’un
bien contre la promesse de l’usage futur d’un autre bien équivalent. Elle est dominée par la
notion de confiance et de temps. L’intérêt servi représente tout à la fois le prix du temps et le
coût du risque, son taux a tendance à s’élever, soit lorsque la durée de l’opération augmente,
soit lorsque le débiteur ne présente pas de garantie suffisante.
En réalité, l’évolution des crédits bancaires dans notre pays est fortement influencée par
celle des crédits à court terme qui représentent 75% du total des crédits. Alors que comme dans
le cas de la mobilisation des ressources, les activités de crédit à moyen et long terme des
banques de Madagascar sont en deçà des niveaux courants dans beaucoup d’autres pays. Le
système bancaire malgache se révèle préoccupé surtout par le court terme dans ses pratiques
de mobilisation et d’affectation des ressources.
Voyons l’évolution récente du niveau des crédits suite aux événements socio-économiques
de 2002 par rapport à ce qu'ils étaient en 2000 et en 2001.
En général, l’accroissement annuel du crédit intérieur total a été de 12.5% à fin 2002,
contre 23% à fin Décembre 2001. Malgré que cette augmentation soit moindre par rapport à
l’année précédente, elle a été le principal facteur de création de la masse monétaire en 2002.
Le rythme d’évolution annuelle des crédits à l’économie a été marqué par une décélération
en 2002 ; passant de 15% en Décembre 2001 à 6.4% en Juin et 0.8% à la fin de l’année 2002.
Pour les crédits bancaires au secteur privé, ce rythme a été de 8.6% en Décembre 2001 à 8.7%
en Juin et à –2.6% à la fin de l’année.
Le ralentissement du taux de croissance annuel des crédits bancaires est dû, en partie, à
une attitude du côté des banques, suite à un environnement plus risqué et à la restriction du
marché monétaire à partir du mois de Février. Mais la raison essentielle en est que la crise
socio-politique que le pays vient de traverser a durement frappé la trésorerie des entreprises et
ralenti les activités économiques sur la période.
On constate comme ce qui a été affirmé ci-dessus que le niveau des crédits bancaires n’a
pas beaucoup varié de 2000 à 2001 et surtout de 2001 à 2002.
En période normale, il est constaté en général qu’en début d’année, il y a une baisse à
cause du dégagement bancaire des entreprises, puis un niveau faible de Mai à Août et une
reprise à partir de Septembre. Mais ce profil habituel n’a pas été respecté en 2002, car la baisse
sur les cinq premiers mois a été mois forte, tandis que la reprise a été tardive. En effet, le
remboursement net des crédits à court terme enregistré jusqu’au mois de Mai 2002 n’a été que
de 138.2 milliards (-7.4%), contre 267.1 milliards (-14.9%) pour la même période de 2001, tandis
que les découverts ont connu une certaine recrudescence suite aux difficultés de trésorerie
traversées par les entreprises lors de la crise post-électorale (hausse de 167.5 milliards, soit
29.1% contre une baisse de 78.5 milliards, soit –11.6% en 2001).
Enfin, la reprise qui aurait dû être amorcée à fin Août, n’a eu lieu que tardivement. Elle a
été conditionnée par le paiement, à la fin du mois d’Octobre, des arriérés intérieurs par le Trésor
publique. Entre le mois de Septembre et Décembre, le Trésor a pu payer 370 milliards d’arriérés
de paiement intérieurs. Cette ressource a permis aux entreprises de régulariser leurs comptes
devenus débiteurs et de se désengager auprès des banques pour un montant de 42.7 milliards,
tandis que la réduction du taux de réserves obligatoires a en même temps renfloué les liquidités
bancaires.
Pour les crédits à court terme, les crédits de fonctionnement ont diminué de 23.2 milliards
(-1.2%) en 2002, contre une hausse de 61.6 milliards en 2001(+3.4%) et d’autres catégories de
crédit à court terme ont aussi connu une baisse, comme les mobilisations de ventes à crédit. Par
contre, les crédits divers à court terme ont progressé de 35.8 milliards (42.8%). Il en est de
même pour les préfinancements de collecte de produits qui ont augmenté de 34.7 milliards
(34.2%). Par ailleurs, les créances douteuses, litigieuses et contentieuses (CDLC) se sont
accrues de 172.1 milliards, soit 82.7%. En effet, les entreprises qui ont traversé des difficultés de
trésorerie n’ont pas pu honorer les échéances des prêts, d’où le déclassement de leurs
engagements en CDLC.
Enfin, en ce qui concerne les crédits à moyen et long terme, ils ont accusé en 2002, un
ralentissement et n’ont pas montré aucun signe de reprise jusqu’à la fin de l’année. A cause des
incertitudes induites par la crise, les banques ont observé une certaine retenue pour l’octroie de
nouveaux crédits. Des remboursements ont cependant eu lieu, notamment certaines créances
sur les secteurs agro-alimentaires et textile. D’autres créances arrivées à échéance sont
tombées en CDLC. Ainsi, les crédits à moyen terme ont régressé de 22.5 milliards (-5.6% contre
30% en 2001). Les crédits à long terme ont, de leur côté diminué de 17.3 milliards (-7.5% contre
+19.7% en 2001). Les réductions concernent surtout les équipements et l’immobilier.
Cependant, le bas niveau des crédits à moyen et long terme n’est pas un fait nouveau pour
Madagascar, car il a toujours été ainsi durant les années précédentes. Ce qui constitue un
véritable problème pour le système financier malgache. Or, le mécanisme du crédit à moyen et
long terme est l’un des grands éléments nécessaires dans tous les pays pour permettre de
réaliser le potentiel de production économique. Dans une économie comme celle de
Madagascar en cours de restructuration rapide, le crédit à moyen et à long terme s’affirme
comme un besoin de plus en plus fondamental des entreprises, des ménage et des secteurs
privés. Il est indispensable à l’expansion du capital social du secteur des entreprises à mesure
que des équipements nouveaux remplacent les anciens, que les installations de production et de
distribution se perfectionnent et que de nouvelles usines se construisent. Il est aussi nécessaire
à la mise en place de l’infrastructure physique, qu’il s’agisse de bâtiments commerciaux,
d’écoles ou de routes, de même qu’à la création des logements, qui constituent le principal actif
à long terme des ménages. Ce mécanisme touche directement et indirectement tout l’éventail
des institutions, des instruments et des marchés dans un système donné. Les banques
commerciales ont un rôle majeur à jouer à cet égard, tant pour la mobilisation des ressources
que pour l’octroie des crédits. A terme proche, le système bancaire restera, dans le système
financier malgache le principal distributeur de crédit à moyen et à long terme.
Il faut donc renforcer les activités de crédit à moyen et long terme des banques malgaches
à travers un ensemble de conditions parmi lesquelles l’existence de projets viables à financer, la
mise au point des moyens appropriés d’assurer la sécurité des crédits bancaires et le suivi des
projets, et l’acquisition par les banques des compétences spécialisées applicables au crédit à
moyen et à long terme, l’action des pouvoirs publiques est également importante.
Les petits agents économiques comme on l’a noté ci haut ont des besoins de services
financiers variables. Dans l’activité bancaire ordinaire, leurs besoins tendent à être distingués
non pas suivant une classification géographique (campagne ou ville) mais suivant l’emploi final
des moyens : besoins des entreprises ou besoins privés. Malheureusement, face à cela, la
fourniture effective de services financiers aux petits exploitants par les institutions structurées
semble bien en deçà des possibilités et fait même totalement défaut dans le pire des cas. D’où
les petits agents économiques s’adressent souvent aux mécanismes du crédit non
institutionnalisés plutôt qu’aux institutions financières établies. Bien que, dans l’ensemble, la
connaissance du crédit non structuré à Madagascar soit incomplète.
Néanmoins, même si le crédit non structuré à Madagascar, de par sa souplesse et son
accessibilité, fournit apparemment des services financiers valables, il apparaît dans l’ensemble
que son caractère fragmentaire et inorganisé en fasse une formule de rechange insuffisante par
rapport au crédit institutionnalisé.
Tout ceci mérite une vision sur le système bancaire malgache que l’on va discuter dans le
suivant chapitre.
Certes, Madagascar est l’un des 15 pays les plus pauvres du monde mais cela
n’explique pas que son système bancaire ne puisse pas répondre par lui même à tout
l’éventail des besoins d’une économie en expansion et en cours de diversification. Les
problèmes auxquels les banques malgaches sont confrontées sont causés par divers
facteurs.
Premièrement, le taux d’inflation est supérieur aux taux d’intérêt nominaux sur les
dépôts et les taux d’épargne sont si faibles.
Troisièmement, la proportion des prêts productifs dans les portefeuilles est forte et la
situation d’engagement excessif des ressources bancaires persiste. Et de leur côté aussi,
les petits agents économiques qui constituent le plus grand nombre, pratiquent
l’agriculture de subsistance et ne dégagent aucun excédent commercialisable. A revoir
car nous ne sommes pas là pour défendre les intérêts des banques mais pour relater
leurs problèmes avec les 95 % de particuliers et d’entreprises exclus du système bancaire
Enfin, il y a incapacité des banques à placer leurs ressources autrement qu’en crédit
à la clientèle faute de marchés financiers suffisamment développés.
N’oublions pas que La Banque Centrale fait aussi des erreurs par sa participation à
des activités de financement dont la charge devrait normalement incomber au budget de
l’Etat.
- la libéralisation progressive des taux d’intérêts qui sont devenus entièrement libres
à partir de 1990
Un des points forts qui marquent les banques actuellement, c’est l’utilisation des
distributeurs automatiques et la nouvelle politique de crédit qui vise la couche des
fonctionnaires. Ceux qui se plaignent souvent d’être dans le besoin.
Les points faibles, comme on le sait déjà, sont plus nombreux que les points forts.
Ils concernent surtout le fonctionnement des banques.
Le système œuvre dans une économie qui a l’un des taux d’épargne les plus bas et
dont l’intensité est parmi les plus faibles. Les taux d’intérêt réels pour la plupart des
dépôts à vue et à court terme sont négatifs.
L’infrastructure de base pour les opérations financières, notamment les textes et pratiques
constituant la législation et intéressant la comptabilité, la vérification des comptes et la publicité
financière, laisse beaucoup à désirer.
La majorité de la population n’a qu’un accès très limité aux services financiers car l’accès
aux sources de crédit institutionnalisées est axé vers les moyennes et grandes entreprises dont
la proportion ne dépasse pas les 5 % de l’ensemble des entreprises.
6
Points forts extraits du «Rapport sur le système financier malgache à l’aube du XXième siècle » : Banque Centrale
Et un certain nombre de besoins financiers des particuliers (logement) et des entreprises
en général, ne sont pas satisfaits. Ce sont les cas des crédits à moyen et à long terme et divers
autres types de financement (financement du commerce extérieur, crédit-bail et financement
participatif des sociétés), et les services financiers appropriés à l’intention des entreprises.
Les conséquences de tous ces points sombres sont un peu néfastes pour le système
bancaire malgache et surtout handicapent la croissance économique et le développement
national. Car de nouvelles institutions et de nouveaux instruments financiers ne peuvent
fonctionner efficacement en l’absence d’une infrastructure financière forte.
A mesure que la libéralisation avancera et que le renforcement de la croissance stimulera
la demande de ressources financières plus larges et plus intense, le déséquilibre s’accentuera.
On constate également que le crédit bancaire favorise les activités commerciales et les
échanges extérieurs beaucoup plus que les activités des secteurs primaire et industriel qui
requièrent des fonds à plus long terme.
Pour terminer, la réalité de l’environnement a conduit à une faible pénétration, par d’autres
banques, du marché malgache. De ce fait, les banques en activité pratiquent, pour se prémunir
des risques, des taux d’intérêt débiteurs élevés.
C- Evolutions actuelles :
Avec tous les événements qui se sont succédés, le système bancaire malgache a fait des
progrès dans divers domaines de ses activités. Les changements touchent surtout la
composition du système bancaire (en banques territoriales et extra territoriales ou banques
« offshors »), la composition et les pouvoirs de l’organe de contrôle (le CCBEF est devenu
CSBF) et l’organisation et les règles protectrices de la profession.
Des nouveautés sont apparues :
- le Crédit-bail
- la réglementation du retrait d’agrément et de la procédure de liquidation
- les autorisations diverses
- les relations entre les établissements de crédit et leur clientèle (droit à l’ouverture
de compte).
L’on dénote également une amélioration du comportement du système bancaire
caractérisée par une réduction du coefficient d’exploitation (part du produit net absorbé par les
frais généraux), un accroissement du rendement moyen des crédits, accompagné d’une maîtrise
du coût moyen des dépôts. Il est vrai que les conséquences ne sont pas nécessairement en
faveur du client ni ne concourent au développement de l’épargne mais ces réformes sont des
marques d’efforts de notre système bancaire.
Un autre avantage du système en est que le coût de l’intermédiation financière est élevé à
Madagascar (7%) par rapport aux niveaux constatés dans les systèmes financiers efficaces et
concurrentiels (en dessous de 3.5%). Les banques à Madagascar ont constitué un oligopole et
cette situation reflète le caractère oligopolistique de notre système bancaire, et met à l’exergue
la nécessité de réduire les barrières à l’entrée dans le secteur, afin de stimuler davantage la
concurrence car ce secteur est rentable. L’entrée des investisseurs dans ce secteur est aussi
tributaire de l’environnement des affaires à Madagascar dont, entre autre, l’existence d’une
véritable volonté politique de donner la primauté à l’économie, d’établir une nécessaire
transparence et stabilité fiscale, de clarifier les règles du jeu, d’obtenir une cohérence des
décisions à tous les niveaux de l’appareil administratif tant national que local, de lutter contre la
corruption.
Il est à savoir que cette décennie a connu un renforcement accru de l’infrastructure
financière. L’insuffisance sinon l’absence de sensibilisation de toutes les parties prenantes n’a
toutefois pas permis de la développer davantage. En plus de cela, même si le secteur bancaire a
fait beaucoup d’efforts, ces améliorations sont seulement au profit de la population déjà
bancarisée. Néanmoins, le système de télécommunication actuel permet dorénavant de mettre
en œuvre les technologies de télématique et de la monétique. Certaines banques s’y sont déjà
lancées.
Le développement de Madagascar est donc un défi complexe à assumer tant par les
pouvoirs publics que par le secteur privé. Cependant depuis l’année dernière, une bonne
perspective de développement est apparue à Madagascar sur le plan du financement ; c’est le
Millenium Challenge Account.
Chapitre III : LE MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT (MCA)
Le MCA est administré par la Millenium Challenge Corporation (MCC), une nouvelle
société d’Etat appelée à soutenir des stratégies novatrices et à assurer une responsabilisation
pour des résultats mesurables.
Dans sa mission, la MCA s’occupe d’une croissance économique soutenue par le biais de
la promotion des investissements dans des secteurs tels que l’agriculture, l’enseignement, le
développement du secteur privé, et le renforcement des capacités.
ère
titre de la 1 partie de la Loi d’Aide à l’étranger (FAA) de 1961 en raison de
Pour l’année fiscale 2005 ; 66 pays ont été candidats et Madagascar en était
toujours le 36ème pays. Les critères sont restés les mêmes sauf que l’existence
du revenu par tête d’habitant par an en dessous de 1 415 dollars US étaient
exclue.
16 pays sont éligibles pour utiliser l'assistance Millénium Challenge Account (MCA) pour
l'année fiscale 2004. Cela a été décidé par le Conseil d'Administration du Millénium Challenge
Corporation (MCC) le 6 Mai 2004. Ces pays sont :Armenia, Bénin, Bolivie, Cape Verte, Géorgie,
Ghana, Honduras, Lesotho, Madagascar, Mali, Mongolie, Mozambique, Nicaragua, Sénégal, Sri
Lanka, Vanuatan.7
7
Référence : Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget.
Les objectifs intermédiaires consistent à augmenter la valeur ajoutée du secteur primaire,
à augmenter le revenu des ménages ruraux et à diminuer la pauvreté rurale. Ceci suppose :
C- Le MCA à Madagascar :
Madagascar est l’un des pays choisis parmi ceux qui bénéficient du MCA.
L’objectif de
développement de
Madagascar vise
principalement à
réduire de moitié le taux
de pauvreté en 10 ans
à travers la promotion
d’une croissance
accélérée et d’un
développement
durable.
Le gouvernement s’est ainsi engagé dans la lutte contre la pauvreté et la promotion de
la croissance économique. Il a entrepris des actions à travers de nombreux programmes
sectoriels dont l’exécution atteste l’aptitude et l’engagement du gouvernement à abonder
dans le sens des critères prescrits par MCA, à savoir l’instauration de la bonne
gouvernance, la liberté économique et l’intensification des investissements dans le domaine
social.
La proposition est
fondée sur le
développement rural à
travers le passage
d’une économie de
subsistance à une
économie de marché ;
ce passage s’effectuera
par le prolongement de
l’économie rurale vers
l’économie industrielle
et de services.
L’essentiel du
programme consiste
ainsi à créer une
dynamique de
développement et de
croissance au niveau
du monde rural
(principale source de
moyens de subsistance
de la population), par la
mise en valeur des
ressources, par la
création de valeur
ajoutée à travers des
activités de
transformation, et par la
mobilisation des
services de proximité
accompagnant les
acteurs de
développement. La
croissance économique
sera donc tirée par les
marchés aussi bien
domestiques que
d’exportation. La finalité
du programme vise
donc à réduire la
pauvreté en milieu rural
par l’augmentation de la
valeur ajoutée du
secteur primaire, et par
l’accroissement du
revenu des ménages
ruraux. Le secteur
secondaire sera
entraîné par le
dynamisme de
l’économie rurale.
L’efficacité opérationnelle est l’une des bases fondamentales du programme. Des
mécanismes de suivi- évaluation sont mis en place pour mesurer les résultats, les effets, ainsi
que les impacts du programme au niveau des groupes cibles. Afin d’assurer une efficience
optimale, la mise en œuvre du programme nécessite une expertise internationale, pour le
transfert de savoir-faire et de technologies. Le programme intervient dans 5 zones à fort
potentiel de croissance, dont 2 sont opérationnelles dès la mise en place du financement. Il
comporte 2 phases principales: la mise en place des conditions préalables et favorables aux
investissements pour le développement du monde rural et la réalisation des investissements
directs dans les zones prioritaires d’intervention.
C’est par le biais de l’investissement dans les zones que l’atteinte de l’objectif global du
programme : « passer d’une économie de subsistance à une économie de marché » sera
concrètement réalisé. Les volets fonciers et financiers servent essentiellement à faciliter et à
accélérer l’atteinte de l’objectif du programme.
Le Bangladesh qui est considéré comme l’ancien Pakistan oriental après 1947 et devenu
indépendant en 1971, se trouve dans le Golfe du Bengale, coincé entre l’Inde et la Birmanie.
C’est un pays de 125 millions d’habitants, dont les régions sont régulièrement inondées et où le
PNB par habitant est de 270 dollars ; alors qu’en France il est de 24940 dollars (soit presque dix
fois plus élevé).
A la suite de la famine de 1974 qui a ravagé le pays, l’aventure de Muhammad Yunus
commence. Ce professeur d’économie qui a enseigné pendant sept ans aux Etats- Unis,
s’intéresse à la situation d’ouvriers qui travaillent douze heures par jour sans même pouvoir
payer eux-mêmes la matière première dont ils ont besoin.
Il fonde la Grameen Bank en 1976 qui est réputée comme la première banque privée du
Bangladesh à servir les populations rurales les plus pauvres mais aussi, la première banque au
monde à prêter aux pauvres sans demander des garanties en retour. On est au début de la
crise économique qui a succédé aux « Trente Glorieuses » dans les sociétés industrialisées,
après le choc pétrolier de 1973.
La Grameen Bank fut reconnue légalement en 1983 comme une banque indépendante.
A- La Grameen Bank :
On peut tirer plusieurs leçons de l’expérience de la « Banque des pauvres » au
Bangladesh. Comme son nom l’indique, cette banque donne une forte considération aux
pauvres, surtout aux paysans. Elle a beaucoup contribué à améliorer la condition de vie d’une
majeure partie de la population Bengale qui étaient situés en dessous du seuil de pauvreté. Elle
n’agissait pas seulement en tant qu’institution financière mais, en même temps, elle a effectué
des sensibilisations en matière d’amélioration de la vie sociale et familiale de chacun de ses
membres.
Une des plus bonnes réputations de la Grameen, est l’attitude qu’elle a adoptée envers les
femmes. On sait très bien que le problème de genre est un des obstacles majeurs empêchant
aux pays d’Afrique de se développer de manière équitable à l’intérieur des pays. La Grameen
est l’une des premières institutions au monde à parvenir à soulever les femmes de la
marginalisation sociale et l’injustice sociale.
Vu que la Grameen est une banque destinée aux pauvres et surtout aux paysans et les
femmes ; la mise en place d’une banque pareille à celle ci serait un avantage réel pour le
développement de Madagascar. D’ailleurs, plusieurs pays d’Afrique ont déjà suivi l’exemple de
Bangladesh et ont réussi à se développer grâce à des programmes Grameen.
Le grand écart entre les revenus des plus riches et des plus pauvres peut être surmonté
par la présence d’une telle banque à Madagascar. Car la Grameen, comme on l’a dit
précédemment a beaucoup contribué à rehausser le niveau de revenu des paysans maliens. On
doit dire que l’exemple de la Grameen Bank au Bangladesh est reconnu comme l’un des
meilleurs atouts d’épanouissement économique des pays sous-développés, c’est un événement
remarquable de l’histoire économique mondiale.
Le système de crédit solidaire pourrait bien aider les pauvres malgaches, puisque déjà ils
s’empruntent entre eux, il ne leur manque plus que des moyens financiers pour être encore pus
solidaires et se soutenir mutuellement.
Avec la précarité des habitats malgaches, ce genre de banque est nécessaire pour
permettre à la population d’améliorer son environnement socio-économique et même culturel
parce que dans ce cadre, les ménages peuvent vivre dans un endroit propre, plus large, ce qui
favorise la santé des chefs de ménages et les aides à travailler plus pour gagner de l’argent et
augmenter le revenu qu’il dispose. A travers cette augmentation de revenu, les ménages
pourraient faire de l’épargne et se procurer d’autres biens pour faire avancer leur situation
économique et sociale. En effet, pour qu’un ménage puisse épargner, il faut tout d’abord que
ses conditions sociales soient meilleures, sinon, le surplus qu’il pourrait obtenir sera procuré
primordialement à ses besoins quotidiens.
Les programmes de scolarisation de la Grameen Bank sont aussi favorables pour la
population malgache où l’un trouve encore un grand nombre d’analphabètes. De plus, à
Madagascar, la taux de scolarisation est très faible et il n’y a qu’un pourcentage très bas des
élèves du primaire qui atteignent le secondaire second cycle, pour l’université ce pourcentage
est à moins de 1%. Il faut donc des programmes d’aide à l’éducation pour que la population soit
instruite et devient capable d’assimiler les actualités financières. Cette promotion de l’éducation
permet à la population de s’approcher des institutions bancaires, parce que leur niveau
d’instruction leur donne les facultés de prendre des risques pour demander des crédits et de
déposer leur argent en banque qui est considérée en lieu sûr pour le placement de leurs
capitaux.
Une banque des pauvres est donc nécessaire pour le système financier malgache pour la
mobilisation des ressources et le développement des crédits, du fait qu’ une telle banque offre
des opportunités pour la couche qui est généralement considérée comme non épargnante et
non attrayante. Tout au moins, les banques devraient se référer à l’expérience exceptionnelle de
la Grameen Bank pour s’approcher de plus en plus de la population. Les banques doivent donc
considérer les contextes socio-économiques de toute la population dans leurs opérations
financières, elles doivent penser à développer réellement Madagascar en s’intéressant à toutes
les catégories de classes sociales.
C- Kafo-Jiginew :
Le cas du Mali est
exemplaire de
l’émergence d’une
société civile, pour la
plus grande part
homogène.
L’expérience de Kafo –
Jiginew montre qu’il
existe encore un large
espace dans lequel les
ONG et les
organisations
coopératives du Nord
peuvent apporter leur
coopération à cette
émergence.
En quelque sorte,
l’entreprise Kafo –
Jiginew fut une réponse
à une demande non –
formulée : le besoin,
décelé par les études
existait virtuellement,
mais il a fallu susciter la
perception et
l’expression dans les
villages au cours de
nombreuses palabres
en 1987 – 1988.
Par rapport à
Madagascar, le Mali
n’est pas si loin, du
point de vue du degré
de développement car
ils font tous deux
parties des pays les
moins avancés. La
population malgache a
donc les mêmes
besoins exprimés que
la population malienne
puisque la majorité des
malgaches sont des
paysans. D’où un
réseau mutualiste
d’épargne et de crédit,
aussi dynamique et
renforcé que le Kafo –
Jiginew devrait être mis
en place à Madagascar.
Cependant, il faut bien
noter que le rôle de
l’Etat n’est pas minime
dans l’appui d’un tel
réseau à cause de son
caractère initialement
informel.
L’amélioration de la
situation de nombre de
paysans qui peut en
résulter constitue un
impact socio –
économique
indiscutable de
l’entreprise commune
malgache.
De plus, l’organisation
des microcrédits,
jumelés à un apport
éducatif au bénéfice
des femmes pauvres,
devrait être à terme un
facteur d’évolution
sociale d’importance,
sur le plan
démographique sans
doute, avec
l’information sur la
contraception, mais
également sur le plan
des rapports homme –
femme.
Certes, la
contraception est déjà
d’actualité à
Madagascar, mais les
rapports homme –
femmes sont, si l’on
peut dire, encore remis
en question car dans
les zones tant rurales
qu’urbaines, les
femmes sont loin
d’avoir les mêmes
droits que les hommes.
Déjà, l’on sait que les
femmes au pouvoir sont
si peu nombreuses.
Tout compte fait, des
changements restent
encore à faire pour
bancariser la
population. Et si les
banques ne peuvent
parvenir à monétiser
elles–mêmes l’épargne
locale. Pourquoi on ne
laisserait pas un tel
type de microcrédit s’il
peut apporter des
solutions aux besoins
réels des paysans ?
En effet, Kafo –
Jiginew est une mise en
œuvre des plus
orthodoxes du fameux
principed’identité : les
usagers de la
coopérative en sont les
propriétaires et les
gestionnaires. C’est
une forme de
développement
participatif et c’est ce
dont notre pays a
besoin pour promouvoir
le développement
rapide et durable, qui
est un des principaux
objectifs du
gouvernement
malgache aujourd’hui.
La mise en œuvre
d’une banque des
paysans telle que le
Kafo – Jiginew à
Madagascar permettrait
donc, de satisfaire
l’espoir des populations
pauvres pour l’accès au
crédit, de faire
participer et de
responsabiliser cette
couche de la population
à la gestion de leurs
capitaux propres. Il peut
également apparaître
sur un mode plus ou
moins explicite, les
notions nouvelles de
budget, de prévision et,
plus généralement,
l’intégration du facteur
temps avec leurs
implications sur les
possibilités d’épargner
ou d’emprunter dans
les milieux ruraux.
On peut donc dire que
la présence d’une
banque de brousse est
souhaitable à
Madagascar, du fait
qu’elle est capable de
s’adapter sans grandes
conditions complexes à
la réalité du monde
rural. D’ailleurs, elle
pourrait apporter plus
qu’un appui financier à
la population
malgache ; elle peut
bien sûr assurer une
évolution sociale et un
point de vue plutôt
solidaire
qu’individualiste de la
société.
On a particulièrement
pris l’exemple de Kafo –
Jiginew, un réseau
coopératif d’épargne et
de crédit, car il faut
étudier toutes les
possibilités de
mobilisation de
l’épargne et de l’accès
au crédit pour les
Malgaches.
C- L’Afrique du Sud
L’Afrique du Sud a suivi une évolution un peu particulière à ce que l’on constate du chapitre
précédent. Il était le pays où on a vu le plus de problèmes raciaux ; puisque ces problèmes ont
persisté même jusqu’aux années 80, alors que presque tous les pays du monde se sont abolis
du racisme.
Le gouvernement Sud Africain a su reconnaître la grande inégalité qui existait entre les
différentes entreprises et a tout fait pour surmonter ce handicap. Il a pris l’initiative d’enlever les
obstacles des petites entreprises, émergeantes mais dynamiques, face à l’accès au système
bancaire et financier.
A Madagascar, le véritable problème réside dans le fait que plusieurs petites entreprises,
surtout paysannes, n’ont pas actuellement accès aux services financiers. Le rôle qui incombe au
gouvernement malgache est donc celui de reconnaître que malgré leur petite taille, ces
entreprises constituent des agents actifs pour l’économie malgache en général. Il faut donc les
inciter à s’approcher du système financier, mais aussi à s’éloigner de leurs activités hors circuit
bancaire par le changement d’attitude des banques et de l’Etat lui-même.
L’Afrique du Sud a suivi les expériences réussies dans d’autres pays pour parvenir à faire
fonctionner ses microentreprises et tout son système financier. Cette bonne réflexion qu’elle a
eu doit être suivie à son tour par Madagascar s’il veut arriver aux mêmes objectifs.
On doit donc faire des incitations pour servir le marché financier par l’intermédiaire des
réformes non seulement au niveau du système bancaire, mais également au niveau
institutionnel.
Les banques doivent pouvoir détecter les forces et les faiblesses de tous les types
d’entreprises par des sensibilisations et des enquêtes, elles doivent connaître les capacités
propres à chaque entreprise pour pouvoir octroyer des crédits avec les conditions adéquates.
Ces enquêtes et sensibilisations constituent de grosses dépenses pour les établissements
bancaires et c’est là que l’Etat doit intervenir. En fait, l’Etat peut apporter sa contribution en
désenclavant les zones éloignées, en facilitant les procédures pour rendre les petites entreprises
et les petites affaires formelles, et en rendant les organisations gouvernementales plus efficaces.
L’approche systémique adoptée par l’Afrique du Sud peut bien aussi être valable pour
Madagascar par la mise en place d’un ensemble d’institutions capables de fournir aux
entreprises de petite taille des services financiers valables, responsables et durables.
En tout, le système financier malgache doit inventer une nouvelle démarche pour acquérir
plus de clients et être à la hauteur de toutes sortes de besoins différents suivant les régions et
les milieux.
Aucun secteur ne devrait être négligé et on doit apprendre à la population les moyens
d’améliorer leur niveau de vie et aux entreprises les façons de faire avancer leurs affaires, par
leur approche du système bancaire. Car ce système pourrait leur servir d’aide pour bien gérer
leur argent et en assurer la sécurité.
C- Recommandations
Les recommandations sont assez nombreuses et touchent les divers domaines de l’activité
bancaire.
En général, il faut :
- La mise en place de banques qui octroient des crédits aux taux les plus bas,
pour l’instant, mais pourraient les augmenter au fur et à mesure que leurs
clients se multiplient. Ce genre de banque doit en même temps mettre des
taux assez élevés pour la rémunération des dépôts, et surtout ne pas
imposer des conditions compliquées (mais assurées) pour l’accès aux
comptes en banque :
- Le rehaussement du niveau général des revenus.
- La facilité d’accès à l’ouverture d’un compte en banque.
- Les mesures d’incitation à l’épargne bancaire.
- La mise place de banque de développement dont la stratégie vise à mieux
drainer l’épargne nationale pour l’affecter efficacement des le financement
de l’économie dans l’objectif de se placer en véritable partenaire du
développement économique.
En matière d’évolution :
- La standardisation de nouveaux produits répondant aux besoins de la
clientèle et l’amélioration constante de la qualité des services. Ainsi que la
standardisation de nouveaux instruments financiers et en assurer la fluidité
(cas des titres).
- La rénovation des infrastructures immobilières et informatiques.
- La large diffusion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la
Communication (NTIC).
- Une approche différenciée de la clientèle dans les secteurs émergents et
progresser dans l’approche globale de la clientèle. Avec la recherche de la
clientèle et de la structure financière optimale.
- Le développement du portefeuille par la démarche clientèle et les nouveaux
produits.
- Le renforcement de la compétence de l’équipe par la formation
professionnelle.
- La meilleure utilisation des chèques, des cartes bancaires, etc.
En matière de stabilité :
- La diminution des taux d’intérêt assignés au crédit et l’augmentation de ceux
assignés aux dépôts.
- Meilleure stabilité du taux de change pour permettre l’établissement de
prévisions fiables des activités.
- La protection des épargnants.
- L’indication aux nouveaux investisseurs de la valeur précise du ratio
d’endettement qui est acceptable aux banques.
- L’établissement d’un système de garantie des crédits à l’exportation.
- La mise en place d’un système de couverture des risques de change
Au niveau du marché :
- Le bon fonctionnement du marché.
- L’intensification de la concurrence.
- L’ouverture d’agences dans les zones rurales éloignées.
Pour les sociétés de taille relativement importante, les banques peuvent servir
d’intermédiaire dans l’émission par les entreprises de billets de trésorerie ou d’emprunts
obligataires. Les banques rechercheraient dans ce cas ; pour le compte de leur clientèle
emprunteuse des investisseurs privés ou institutionnels disposés à prêter directement aux
bénéficiaires finals.
Les banques peuvent renforcer les fonds propres des entreprises moyennes à fort potentiel
de croissance et parallèlement d’offrir de nouveaux produits de placements aux agents
économiques structurellement excédentaires en liquidités en souscrivant à la création de fonds
communs de placement (FCP). Il faudrait que les autorités précisent les caractéristiques fiscales
de fonctionnement de pareils fonds.
Pour les entreprises plus modestes, le crédit – bail pourrait constituer une solution au
handicap lié à la faiblesse de l’autofinancement.
Telles sont alors quelques recommandations afin de permettre la bancarisation de la
population malgache. Ces recommandations pourraient ne pas être toutes exécutées mais il
s’agit de noter le principal facteur de bancarisation est l’amélioration du revenu et l’incitation à
l’épargne et au crédit bancaires, afin de permettre aux banques de fonctionner en tant
qu’intermédiaires financiers et à la population de recourir au circuit bancaire.
CONCLUSION
Dans ce cadre donc, les banques doivent être capables de discerner les besoins financiers
réels de toutes les couches sociales et de s’adapter à leurs situations particulières. Elles se
doivent d’être des banques plus ou moins polyvalentes pour permettre à tout le monde de
fréquenter des établissements bancaires.
On en déduit donc, que la première chose à faire pour parvenir à élever le taux de
couverture bancaire de 2%, c’est l’amélioration des revenus perçus par les ménages afin qu’ils
puissent promouvoir la santé et l’éducation et d’avoir du surplus. On voit alors que le système
bancaire n’est pas la seule concernée, les pouvoirs publics doivent aussi apporter leurs
contributions pour aider les banques à se rapprocher de la population, surtout des paysans.
Enfin, on peut conclure que même si la bancarisation est assez difficile à atteindre, elle
peur très bien se faire dans un pays tel que le nôtre, dans la mesure où les banques font de
grands efforts pour penser non seulement à leur profit mais également au développement de
Madagascar. C’est à dire, ils doivent faciliter les conditions d’accès au crédit et à l’épargne
bancaires.
ANNEXES
Encours en Evolution en %
milliards de FMG
2000 2001 2002 2000 2001 2002
Total des crédits à court terme 1 795.5 1 857.1 1 833.9 16.9 3.4 -1.2
Escompte commercial local 167.2 181.1 102.4 26.5 8.3 -43.5
Avances sur marchandises 233.3 235.6 156.6 -6.2 1.0 -33.5
Découverts 676.9 575.4 539.6 23.2 -15.0 -6.2
Ventes à crédit 29.6 25.7 16.2 -28.9 -13.2 -36.9
Faisance valoir 0.0 0.4 0.4 -1.3
Avances sur produits 387.0 445.6 382.7 22.2 15.1 -14.1
Préfinancement collecte produits 86.8 101.6 136.3 48.6 17.5 34.1
Autres crédits à CT 50.2 83.7 119.5 63.6 66.7 42.7
Créances douteuses, litigieuses et contentieuses 164.4 208.1 380.2 4.2 26.6 82.7
Evolution des crédits bancaires à long et moyen terme recensés par objet
Année
Banques nationalisées juin 1975 à Banques d’état créées
D’entrée du
janvier 1975-77 Partenaire étranger Nom de la banque privatisée
partenaire
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Tableau : 07
Résumé :
Depuis quelques années, divers critères peuvent faire l’objet de distinction entre
pays développés et pays en voie de développement dans le monde. En général,
c’est à travers leur situation économique et la place qu’ils accordent au marché que
l’on peut voir leur degré de développement. Ce sont surtout les pays industrialisés
qui donnent le plus de rôles au marché mais malheureusement dans les pays sous
développés, ce n’est pas encore le cas. Madagascar se classe parmi les pays sous
développés et même parmi les pays les moins avancés du monde, son économie est
généralement considérée comme étant une économie de subsistance. Le pays
possède un pourcentage rural très élevé et son système financier et bancaire est
encore assez précaire. La proportion du taux de couverture bancaire de 2% de la
population malgache est un signe de la pauvreté chronique de Madagascar.
Un des moyens de le faire évoluer serait alors le renforcement de son système
financier et surtout de son système bancaire. La bancarisation est donc, une des
nombreuses manières de faire passer notre pays de l’économie de subsistance à
l’économie de marché afin de promouvoir un environnement économique et financier
stable ainsi qu’un développement rapide et durable du pays.