Logique et Théorie des Ensembles — Solutions des
exercices de haut niveau
Exercice 1 — Quantificateurs imbriqués
1. Traduction : Pour tout élément x de E, il existe un élément y de E tel que, pour tout
élément z de E, si x est en relation avec y (c’est-à-dire xRy), alors y est en relation
avec z (c’est-à-dire yRz).
2. Négation :
∃x ∈ E, ∀y ∈ E, ∃z ∈ E, (xRy et ¬(yRz)).
3. Interprétation : Il existe un élément x dans E tel que, pour tout y dans E, on peut
trouver un z dans E vérifiant : x est en relation avec y, mais y n’est pas en relation
avec z.
Exercice 2 — Ensemble des parties
1. Preuve : Supposons par l’absurde qu’il existe une bijection f : E → P(E). Considé-
rons B = {x ∈ E : x ∈
/ f (x)}. Alors B ⊂ E, donc il existe b ∈ E tel que f (b) = B. On
a alors :
b ∈ B ⇐⇒ b ∈ / f (b) ⇐⇒ b ∈ / B,
ce qui est une contradiction. Donc il n’existe pas de bijection de E vers P(E).
2. Preuve : S’il existait une injection g : P(E) → E, alors en composant avec l’injection
canonique h : E → P(E) définie par h(x) = {x}, on obtiendrait une bijection entre
E et P(E) par le théorème de Cantor-Bernstein, ce qui contredit le point 1. Donc il
n’existe pas d’injection de P(E) dans E.
3. Remarque : L’hypothèse de finitude n’est pas utilisée dans les preuves ci-dessus, qui
sont valables pour tout ensemble E. Dans le cas fini, on peut aussi utiliser l’argument
cardinal : |P(E)| = 2|E| > |E|.
1
Exercice 3 — Relation d’équivalence non classique
√
1. Contre-exemple à la transitivité : Prenons (0, 0), (1, 0) et (1 + 2, 0). Alors :
(0, 0) ∼ (1, 0) car (0 − 1)2 + (0 − 0)2 = 1 ∈ Q,
√ √
(1, 0) ∼ (1 + 2, 0) car (1 − (1 + 2))2 + (0 − 0)2 = 2 ∈ Q,
√ √ √ √
(0, 0) ∼ (1 + 2, 0) car (0 − (1 + 2))2 + (0 − 0)2 = (1 + 2)2 = 3 + 2 2 ∈
/ Q.
Donc la relation n’est pas transitive, donc n’est pas une relation d’équivalence.
2. Si la relation était d’équivalence, la classe d’équivalence d’un point (x0 , y0 ) serait l’en-
semble des points (x, y) tels que (x − x0 )2 + (y − y0 )2 ∈ Q, c’est-à-dire l’union des
cercles centrés en (x0 , y0 ) dont le rayon au carré est rationnel.
3. La question sur le quotient n’a pas de sens puisque la relation n’est pas d’équivalence.
Exercice 4 — Unions et quantificateurs
S S
1. Preuve : Par définition, i∈I Ai = {x
S ∈ E : ∃i ∈ I, x ∈ A i }. Donc l’égalité i∈I Ai =
E équivaut à : pour tout x ∈ E, x ∈ i∈I Ai , c’est-à-dire ∀x ∈ E, ∃i ∈ I, x ∈ Ai .
2. Négation : La négation de l’équivalence est :
[ [
Ai = E et ∃x ∈ E, ∀i ∈ I, x ∈/ Ai ou Ai 6= E et ∀x ∈ E, ∃i ∈ I, x ∈ Ai .
i∈I i∈I
Cependant, comme l’équivalence est toujours
S vraie par définition, sa négation
S est tou-
jours fausse. En pratique, la négation de i∈I Ai = E est simplement i∈I Ai 6= E, ce
qui équivaut à ∃x ∈ E, ∀i ∈ I, x ∈
/ Ai .