Cours Levy
Cours Levy
Rhodes Rémi
18 novembre 2010
2
Table des matières
2 Processus de Lévy 11
2.1 Lois infiniment divisibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 La formule de Lévy-Khintchine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Processus de Lévy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3.1 Modifications des processus de Lévy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.3.2 Propriété de Markov forte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 Subordinateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3 Décomposition d’Itô-Lévy 21
3.1 Sauts des processus de Lévy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2 Mesures aléatoires de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3 Intégration de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.4 Décomposition d’Itô-Lévy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4 Intégration stochastique 27
4.1 Classe d’intégrands . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.2 Théorie L2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.3 Extension de la théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.4 Formules d’Itô . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3
4 TABLE DES MATIÈRES
associé à une famille (Tn ; n ∈ N) (avec T0 = 0) de va représentant les temps d’arrivées, telle que
les va (Tn+1 − Tn ; n ∈ N) sont iid de loi exponentielle de paramètre λ.
Proposition 1. Si N est un processus de Poisson alors
1) la somme (1.1) est presque sûrement finie pour tout t ≥ 0.
2) les trajectoires de N sont constantes par morceaux, avec des sauts de taille 1 seulement,
3) les trajectoires sont càdlàg,
4) ∀t > 0, IP(Nt− = Nt ) = 1,
5) ∀t > 0, Nt suit une loi de Poisson de paramètre λt :
(λt)n
∀n ∈ N, IP(Nt = n) = e−λt .
n!
En particulier on a :
E[eiuNt ] = exp λt(eiu − 1) ,
E[Nt ] = λt = Var[Nt ],
5
6 CHAPITRE 1. QUELQUES RAPPELS SUR LES PROCESSUS DE POISSON
Exercice 4. Si N est un processus de Poisson d’intensité λ, montrer que les lois marginales du
processus
1 Nt
Pt = √ −λ
λ t
convergent vers celle d’un mouvement brownien standard.
où (Zn )n est une suite de va iid à valeurs dans Rd de loi νZ et N est un processus de Poisson de
paramètre λ indépendant de la suite (Zn )n .
En d’autres mots, un processus de Poisson composé est un processus constant par morceaux
qui saute aux instants de sauts d’un processus de Poisson standard, et dont les tailles de sauts sont
des variables i.i.d. d’une loi donnée.
Citons quelques exemples de phénomènes susceptibles d’être décrits par des processus de Pois-
son composés :
– arrivées d’avion dans un aéroport : chaque avion transporte un certain nombre de passagers,
– arrivées de clients aux caisses d’un supermarché : chaque client dépense une certaine somme
d’argent,
– trafic routier : à chaque accident correspond un certain nombre de personnes blessées,
– Assurance-sinistre : à chaque sinistre est associé un coût de réparation des dégâts.
Un processus de Poisson composé est clairement un processus càdlàg et constant par morceaux.
Sa fonction caractéristique est donnée par :
Z
φXt (u) = exp t (ei(u,y) − 1)λνZ (dy) . (1.2)
Rd
Exercice 6. Donner une CNS pour qu’un processus de Poisson composé admette un moment
d’ordre 1 (resp. 2) et calculer ce moment.
F IGURE 1.3 – Un processus de Poisson composé correctement renormalisé (vu en "temps grand")
converge en loi vers un mouvement brownien
10 CHAPITRE 1. QUELQUES RAPPELS SUR LES PROCESSUS DE POISSON
Chapitre 2
Processus de Lévy
On en déduit que X est infiniment divisible car φX (u) = (φY (u))n avec Y ∼ P (λ/n).
11
12 CHAPITRE 2. PROCESSUS DE LÉVY
Exemple 3. Loi de Poisson composée On considère une suite (Zn )n de va iid à valeurs dans Rd
de loi µZ . Soit N une loi de Poisson de paramètre λ indépendante de la suite (Zn )n . On définit
une variable X par
XN
X= Zk .
k=1
On a Z
i(u,y)
φX (u) = exp (e − 1)λµZ (dy) .
Rd
On en déduit que X est infiniment divisible car φX (u) = (φY (u))n avec Y ∼ P (λ/n). On notera
X ∼ P C(λ, µZ ) et on remarque que φX (u) = (φY (u))n où Y ∼ P (λ/n, µZ ). Donc X est
infiniment divisible.
z2
Z
2
ν(dz) < +∞.
Rd \{0} 1 + z
Théorème 2. Formule de Lévy-Khintchine Soit X une va à valeurs dans Rd . Alors X est infi-
niment divisible s’il existe b ∈ Rd , une matrice A ∈ Rd×d et une mesure de Lévy ν tels que
Z
d
1
ei(u,z) − 1 − i(u, z)1I{|z|≤1} ν(dy) .
∀u ∈ R , φX (u) = exp i(b, u) − (u, Au) +
2 Rd \{0}
(2.1)
Réciproquement, toute application de la forme ci-dessus est la fonction caractéristique d’une va
infiniment divisible sur Rd .
Preuve. On ne démontre que la deuxième partie du théorème. La partie la plus difficile résultera
de la décomposition d’Itô-Lévy.
Tout d’abord, on montre que le membre de droite est une fonction caractéristique. Pour sim-
plifier les notations, on suppose d = 1. Soit (αn )n une suite décroissante vers 0et on définit pour
tout n ∈ N :
Z Z
1
ei(u,z) − 1 ν(dy)
φn (u) = exp i(b − zν(dz), u) − (u, Au) +
An 2 [−αn ,αn ]c
où l’ensemble An est défini par An = [−1, 1] ∩ [−αn , αn ]c . Dans ce cas, φn est la fonction carac-
téristique d’une loi X qui est la somme d’une constante, d’une loi normale N (0, A) et d’une loi
de Poisson composée P (λ, µZ ) avec λ = ν([−αn , αn ]c ) et µZ = λ1 ν.
2.2. LA FORMULE DE LÉVY-KHINTCHINE 13
modifie b en conséquence. Une fois que le choix du cut-off a été fait, le triplet correspondant
(b, A, ν) est appelé la caractéristique de la loi X.
Si X est une loi infiniment divisible, on peut donc écrire
φX (u) = eη(u)
où η est de la forme
Z
1
ei(u,z) − 1 − i(u, z)1I{|z|≤1} ν(dy).
η(u) = i(b, u) − (u, Au) +
2 Rd \{0}
où C > 0.
Exemple 4. Lois α-stables Une classe importante de lois infiniment divisibles est donnée par les
lois ayant pour triplet caractéristique (0, 0, να ) où
C
να (dz) = dz
|z|d+α
avec 0 < α < 2. La loi correspondante est dite α-stable.
14 CHAPITRE 2. PROCESSUS DE LÉVY
Proposition 4. Si X est un processus de Lévy, alors Xt est une loi infiniment divisible pour tout
t ≥ 0.
Pour conclure, on remarque ensuite que les variables {X k t − X k−1 t ; 1 ≤ k ≤ n} sont iid par
n n
indépendance et stationnarité des accroissements.
Comme φu est continue, elle est nécessairement de la forme φu (t) = Ceta . Or φu (0) = 1, donc
C = 1, et φu (1) = E[ei(u,X1 ) ] = eη(u) , donc A = η(u). Le résultat suit.
Exercice 9. Montrer que la somme de 2 processus de Lévy indépendants est encore un processus
de Lévy.
Proposition5. Si X = (Xt ; t ≥ 0) est un processus stochastique et s’il existe une suite X n =
(Xtn ; t ≥ 0) n de processus de Lévy telle que :
1) Xtn converge en probabilité vers Xt pour tout t ≥ 0,
2) pour tout > 0, limn→∞ lim supt→0 IP |Xtn − Xt | > = 0,
alors X est un processus de Lévy.
Preuve. On a X0 = 0 ps car on peut trouver une sous-suite de (X0n )n qui converge presque
sûrement vers X0 . Pour s, t ≥ 0, on a :
n n n n
E[ei(u,Xt+s −Xt ) ] = lim E[ei(u,Xt+s −Xt ) ] = lim E[ei(u,Xs −X0 ) ] = E[ei(u,Xs −X0 ) ].
n→∞ n→∞
Pour tout t ≥ 0, on a Y ∼ P C(λt, µZ ). C’est un processus de Lévy. Son symbole de Lévy est
donnée par : Z
η(u) = (ei(u,z) − 1)λµZ (dz).
Rd /{0}
C’est un processus dont les trajectoires sont constantes par morceaux. Les discontinuités sont
données par les instants de sauts du processus de Poisson N , tandis que la loi des sauts est µZ .
C’est un processus très utilisé dans les risques d’assurances.
16 CHAPITRE 2. PROCESSUS DE LÉVY
Dans ce qui suit, on dira qu’une filtration (Ft )t satisfait les hypothèses usuelles si elle est
complète (ie F0 contientT tous les évènements de probabilité nulle) et si elle est continue à droite,
X
ie Ft = Ft+ où Ft+ = s>t Fs . Dans la suite, si X est un processus de Lévy alors F désigne la
filtration naturelle complète engendrée par le processus X.
Théorème 5. Tout processus de Lévy admet une modification càdlàg, qui est encore un processus
de Lévy avec les mêmes caractéristiques.
On ne considèrera maintenant que des processus de Lévy càdlàg. Leur filtration naturelle sa-
tisfait alors les hypothèses usuelles.
h Xn i h Xn i
E 1IA exp i (uj , Xtτj − Xtτj−1 ) = E 1IA exp i (uj , Xτ +tj − Xτ +tj−1 )
j=1 j=1
n n
h Y Muj (τ + tj ) Y i
= E 1IA φtj −tj−1 (uj )
j=1
Muj (τ + tj−1 ) j=1
2.4. SUBORDINATEURS 17
d’où 2.
La formule (2.3) permet facilement de vérifier que X τ est un processus de Lévy. Pour la conti-
τ
nuité stochastique, ça résulte de E[ei(u,Xt ] = E[ei(u,Xt ) ] en faisant tendre t vers 0. (2.3) permet
aussi de voir que X τ est indépendant de Fτ .
A l’aide de la propriété de Markov forte, on peut montrer (exercice)
Théorème 7. Si X est un processus de Lévy à valeurs réelles, croissant (presque sûrement) et ne
faisant que des sauts de taille 1, alors X est un processus de Poisson.
Théorème 8. Si X est un processus de Lévy càdlàg à valeurs réelles, presque sûrement à trajec-
toires constantes par morceaux, alors X est un processus de Poisson composé. La réciproque est
trivialement vraie.
2.4 Subordinateurs
Un subordinateur est un processus de Lévy 1-dimensionnel qui est presque sûrement croissant.
Ils sont utilisés, entr’autres, pour modéliser des évolutions aléatoires du temps.
18 CHAPITRE 2. PROCESSUS DE LÉVY
Théorème 9. Si le processus de Lévy T est un subordinateur, alors son symbole de Lévy est de la
forme : Z +∞
η(u) = ibu + (eiuz − 1)ν(dz),
0
où b ≥ 0 et la mesure de Lévy ν satisfait :
Z ∞
ν(] − ∞, 0[) = 0 et (1 ∧ z)ν(dz) < +∞.
0
Réciproquement, toute application de la forme ci-dessus est le symbole de Lévy d’un subordina-
teur. La paire (b, ν) est appelée la caractéristique du subordinateur T .
Remarque : pour tout t ≥ 0, l’application z 7→ E[ezTt ] est analytique sur la région {z; <(z) ≤
0}. On obtient donc l’expression suivante pour la transformée de Laplace d’un subordinateur :
E[e−uTt ] = e−tψ(u)
où Z ∞
ψ(u) = −η(iu) = bu + (1 − e−uz )ν(dz).
0
on voit qu’il existe un subordinateur, appelé α-stable avec exposant de Laplace donné par
ψ(u) = uα .
α dz
Les caractéristiques de T sont (0, ν) avec ν(dz) = Γ(1−α) z 1+α
.
Tt = {s > 0; Cs = δt}.
On l’appelle ainsi car t 7→ Tt est l’inverse généralisé d’un processus gaussien. On peut montrer
que p
E[e−uTt ] = exp − tδ 2u + γ 2 − γ .
En inversant, cette formule on peut montrer que Tt a une densité donnée par :
δt 1
fTt (s) = √ eδtγ s−3/2 exp − (t2 δ 2 s−1 + γ 2 s)
2π 2
pour tous s, t ≥ 0.
2.4. SUBORDINATEURS 19
Exemple 12. Gamma subordinateur. Soit T un subordinateur ayant pour transformée de La-
place (a, b > 0)
u −at u
E[e−uTt ] = 1 + = exp − ta ln(1 + ) .
b b
Il admet pour densité
bat at−1 −bx
fTt (x) = x e 1Ix≥0
Γ(at)
et est appelé gamma subordinateur. Pour voir que c’est un subordinateur, il suffit d’établir
Z ∞
u
ψ(u) = a ln(1 + ) = (1 − e−uz )az −1 e−bz dz.
b 0
Preuve. Il est clair que Z0 = 0 presque sûrement. Commençons par montrer que Z est à accrois-
sements stationaires. Soit t1 < t2 et écrivons Pt1 ,t2 pour désigner la loi jointe de (Tt1 , Tt2 ) :
IP(Zt2 − Zt1 ∈ A) =IP(XTt2 − XTt1 ∈ A)
Z Z ∞
= ∞ IP(Xs2 − Xs2 ∈ A) Pt1 ,t2 (ds1 , ds2 )
0 0
Z ∞Z ∞
= IP(Xs2 −s1 ∈ A) Pt1 ,t2 (ds1 , ds2 )
Z0 ∞ Z0 ∞
= IP(Xu ∈ A) P0,t2 −t1 (u)
0 0
=IP(Zt2 −t1 ∈ A).
L’indépendance des accroissements s’obtient par un raisonnement similaire, c’est à dire en condi-
tionnant par rapport à la loi de T .
Pour montrer la continuité stochastique, on fixe a > 0 et > 0. On peut trouver δ > 0 tel que
0 < h < δ ⇒ IP(|Xh | > a) ≤ /2
et δ 0 > 0 tel que
0 < h < δ 0 ⇒ IP(|Th | > δ) ≤ /2.
On a donc pour 0 < h < δ 0 :
Z ∞
IP(|Z(h)| > a) =IP(|XTh | > a) = IP(|Xu | > a)PTh (du)
0
Z δ Z ∞
= IP(|Xu | > a)PTh (du) + IP(|Xu | > a)PTh (du)
0 δ
≤ sup IP(|Xu | > a) + IP(|Th | > δ)
0≤u≤δ
≤/2 + /2 = .
20 CHAPITRE 2. PROCESSUS DE LÉVY
Finalement :
Z ∞
i(u,Zt ) i(u,XTt )
E[e ] =E[e ]= E[ei(u,Xs ) ]PTt (ds)
0
Z ∞
= esηX (u) PTt (ds) = E[e−Tt (−ηX (u)) ]
0
−tψT (−ηX (u))
=e .
Chapitre 3
Décomposition d’Itô-Lévy
C’est clairement un processus adapté mais ce n’est pas, en général, un processus de Lévy.
Preuve. Soit (tn )n une suite croissante de nombres réels positifs tels que tn → t lorsque n → ∞.
Comme X est càdlàg, on a limn Xtn = Xt− presque sûrement. Comme X est stochastiquement
continu, on a limn Xtn = Xt en probabilité, donc Xt = Xt− presque sûrement.
Remarque : par contre et en général, presque sûrement le processus 4X n’est pas nul. De plus,
le résultat précédent n’est en aucun cas valide si l’on remplace t par un temps d’arrêt.
La difficulté quand on manipule des processus de Lévy est qu’il est tout à fait possible d’avoir
simultanément X
|4Xs | = ∞ presque sûrement
0≤s≤t
et X
|4Xs |2 < ∞ presque sûrement.
0≤s≤t
P
Exercice 10. Montrer que l’on a 0≤s≤t |4Xs | < ∞ si X est un processus de Poisson composé.
Une façon d’aborder les sauts d’un processus de Lévy est de compter les sauts d’une taille
prescrite.
21
22 CHAPITRE 3. DÉCOMPOSITION D’ITÔ-LÉVY
Pour tout ω, la fonction d’ensembles A 7→ N (t, A)(ω) est une mesure de comptage sur B(Rd /{0}).
Ainsi
A 7→ E[N (t, A)]
est une mesure borélienne sur B(Rd /{0}). 0n notera µ(·) = E[N (1, ·)] appelé mesure d’intensité
du processus X.
Comme X est càdlàg, on a τ1A > 0 presque sûrement et limn→∞ τnA = ∞ presque sûrement. En
effet, dans le cas contraire, la suite (τnA )n aurait un point d’accumulation. Ceci est incompatible
avec le fait que X soit càdlàg (exo). Ainsi pour tout t ≥ 0
X
N (t, A) = 1IτnA ≤t < ∞.
n≥1
Théorème 11. Si A est borné inférieurement, alors le processus (N (t, A); t ≥ 0) est un processus
de Poisson d’intensité µ(A). De plus si A1 , . . . , Am ∈ B(Rd /{0}) sont disjoints alors les variables
aléatoires N (t, A1 ), . . . , N (t, Am ) sont indépendantes.
Preuve. t 7→ N (t, A) est clairement un processus croissant ne faisant que des sauts de taille 1.
Si l’on montre que c’est un processus de Lévy, alors le théorème 7 permettra de conclure que
c’est un processus de Poisson. La stationnarité et l’indépendance des acroissements résulte du
fait que, pour tout n, l’ensemble {N (t, A) − N (s, A) = n} appartient à la tribu engendrée par
σ(Xr − Xu ; s ≤ u < r ≤ t).
Montrons que N (t, A) est stochastiquement continu. Pour tout t ≥ 0, on a
µ(A ∪ B) = E[N (t, A ∪ B)] = E[N (t, A)] + E[N (t, B)] = µ(A) + µ(B).
D’où
iu −1)
E[eiuN (t,A)+ivN (t,B) ] = E[eiuN (t,A∪B) ] = etµ(A∪B)(e = E[eiuN (t,A) ]E[eivN (t,B) ].
3.2. MESURES ALÉATOIRES DE POISSON 23
Les temps de sauts de X sont ceux du processus N (t, A∪B). N 0 est donc un processus de Poisson
d’intensité µ(A) + µ(B). La loi Z des sauts ne peut prendre que 2 valeurs u ou v. De plus
Nt 0
X
N (t, A) = 1I{Zk =u} .
k=1
Définition 6. Soit µ une mesure σ finie sur (S, A). Une mesure aléatoire de Poisson N sur (S, A)
est est une collection de variables aléatoires (M (B); B ∈ A) telle que :
1) pour tout B ∈ A tel que µ(B) < +∞, N (B) suit une loi de Poisson de paramètre µ(B),
2) si A1 , . . . , Am sont des ensembles disjoints de A, les variables aléatoires N (A1 ), . . . , N (Am )
sont indépendantes,
3) pour tout ω ∈ Ω, l’application A 7→ N (A, ω) est une mesure de comptage sur (S, A).
est une mesure aléatoire de Poisson sur R+ ×(Rd /{0}) d’intensité dt⊗dµ avec µ(·) = E[N ([0, 1], A)].
Pour t ≥ 0 et A borné inférieurement, on définit la mesure aléatoire de Poisson compensée N
e par :
Remarque : Il est clair que N (t, A) est un raccourci de notation pour écrire N ([0, t] × A).
24 CHAPITRE 3. DÉCOMPOSITION D’ITÔ-LÉVY
On remarque que la définition ci-dessus ne pose pas de problème car la somme est une somme
aléatoire finie.
Si N est associée à un processus de Lévy, cette intégrale coïncide avec
Z X
f (z) N (t, dz) = f (4Xs )1IA (4Xs )
A 0≤s≤t
R
car N (t, {z}) = #{0 ≤ s ≤ t; 4Xs = {z}}. De plus, le processus t 7→ A f (z) N (t, dz) est un
processus stochastique adapté et càdlàg. On remarque aussi que si µ est une mesure de Lévy alors
0 6∈ Ā ⇒ µ(A) < +∞
R
de sorte que A
f (z) N (t, dz) est bien défini dès lors que A est borné inférieurement.
On supposera désormais que N est associée à un processus de Lévy.
Théorème 12. Soit A un ensemble borélien borné inférieurement. Alors :
R
1) pour tout t ≥ 0, A f (z) N (t, dz) suit une loi de Poisson composée caractérisée par :
h Z i Z
i(u,f (z))
E exp i(u, f (z) N (t, dz)) = exp t (e − 1)µ(dz) .
A A
2) si f ∈ L1 (A, µ) on a :
hZ i Z
E f (z) N (t, dz) = t f (z)µ(dz).
A A
3) si f ∈ L2 (A, µ) on a :
Z Z
Var f (z) N (t, dz) =t |f (z)|2 µ(dz).
A A
Preuve. Si f est une fonction étagée de la forme f (z) = nj=1 cj 1IAj avec cj ∈ Rn pour tout j et
P
les Aj boréliens et disjoints. On a
h Z i h X i
E exp i(u, f (z) N (t, dz)) = E exp i(u, cj N (t, Aj ))
A j
Y h i
= E exp i(u, cj )N (t, Aj )
j
Y
i(u,cj )
= exp t exp −1 µ(Aj )
j
Z
i(u,f (z))
= exp t exp −1 µ(dz) .
A
3.4. DÉCOMPOSITION D’ITÔ-LÉVY 25
Le résultat général suit par approximation par des fonctions étagées. 2) et 3) résulte de 1) par
différentiation.
R
Corollaire 1. Soit A un ensemble borélien borné inférieurement. Le processus t 7→ A f (z) N (t, dz)
est un processus de Poisson composé.
en utilisant le théorème précédent pour en déduire que c’est un processus à accroissements indé-
pendants et stationnaires. La continuité stochastique se déduit de celle de N .
Pour tout f ∈ L1 (A, µ) on définit l’intégrale de Poisson compensée
Z Z Z
f (z)N (t, dz) =
e f (z)N (t, dz) − t f (z)µ(dz).
A A A
R
Le processus t 7→ f (z)N
e (t, dz) est une martingale càdlàg. Daprès le théorème 12, on a :
A
h Z i Z
ei(u,f (z)) − 1 − i(u, f (z)) µ(dz) .
E exp i(u, f (z) N (t, dz)) = exp t
e
A A
De plus, si f ∈ L2 (A, µ) on a :
Z Z
2
E f (z) N (t, dz)
e = t |f (z)|2 µ(dz).
A A
Preuve. admis.
R
Le processus t 7→ |z|<1 z Ne (t, dz) est la somme compensée des petits sauts. C’est une martin-
R
gale càdlàg de carré intégrable. Le processus t 7→ |z|≥1 zN (t, dz) représente les grands sauts du
processus de Lévy. C’est un processus de Poisson composé.
En fait, la preuve de la décomposition d’Itô-Lévy permet eussi de montrer
26 CHAPITRE 3. DÉCOMPOSITION D’ITÔ-LÉVY
Proposition 9. Si le "cutoff" est fixé, le triplet caractéristique (b, A, ν) d’un processus de Lévy est
unique.
presque sûrement.
Chapitre 4
Intégration stochastique
Définition 7. Soit (S, A) un espace mesuré et µ une mesure σ finie sur (R+ × S, B(R+ ) ⊗ A).
Une Ft -mesure aléatoire de Poisson N sur (R+ × S, B(R+ ) ⊗ A) est une collection de variables
aléatoires (M (B); B ∈ B(R+ ) ⊗ A) telle que :
1) pour tout B ∈ B(R+ ) ⊗ A tel que µ(B) < +∞, N (B) suit une loi de Poisson de paramètre
µ(B),
2) si A1 , . . . , Am sont des ensembles disjoints de A, les variables aléatoires N (A1 ), . . . , N (Am )
sont indépendantes,
3) pour tout ω ∈ Ω, l’application A 7→ N (A, ω) est une mesure sur (S, A).
4) Pour tout 0 ≤ s < t et A ∈ A, la variable N ((s, t], A) est indépendante de la tribu Fs .
En particulier, toute mesure de Poisson sur (R+ × S, B(R+ ) ⊗ A) est adaptée par rapport à sa
filtration naurelle complétée.
Dans la suite, nous considérons N une Ft -mesure aléatoire de Poisson sur R+ × B(Rd /{0})
d’intensité dt⊗dν, où ν est une mesure de Lévy. Soit N
e sa mesure aléatoire de Poisson compensée.
Soit E un borélien de Rd et 0 < T < +∞. Soit P la plus petite tribu engendrée par toutes les
applications F : [0, T ] × E × Ω → R satisfaisant les conditions suivantes :
1) pour tout 0 ≤ t ≤ T , l’application (z, ω) 7→ F (t, z, ω) est B(Rd /{0}) ⊗ Ft -mesurable,
2) pour tout z ∈ Rs /{0} et ω ∈ Ω, l’application t 7→ F (t, z, ω) est continue à gauche.
P est appelée la tribu prévisible et tout processus P mesurable est dit prévisible. On peut
étendre la notion ci-dessus à R+ au lieu de [0, T ]. On définit H 2 (T, ν) comme l’espace vectoriel de
toutes les classes d’équivalence d’applications F : [0, T ]×E ×Ω → R qui coïncident dt⊗dµ⊗dIP
presque sûrement, et qui satisfont :
1) F est prévisible,
27
28 CHAPITRE 4. INTÉGRATION STOCHASTIQUE
RT R
2) 0 Rs /{0}
E[|F (t, z)|2 ] dt dν(z) < +∞
L’espace H 2 (T, ν) et naturellement muni du produit scalaire h·, ·iT,ν
Z TZ
hF, GiT,ν = E[F (t, z)G(t, z)] dt dν(z).
0 Rs /{0}
Preuve. Il suffit de voir que c’est un sous-espace fermé de L2 ([0, T ] × E × Ω, dt ⊗ dν ⊗ dIP). Ceci
résulte simplement du fait que toute limite en mesure de processus prévisibles est prévisible.
On définit S(T, ν) comme le sous-ensemble de H 2 (T, ν) formé de tous les processus simples.
Un processus F est dit simple s’il existe n, m ∈ N, des temps 0 ≤ t1 ≤ t2 ≤ · · · ≤ tm+1 = T ,
des boréliens disjoints A1 , . . . , An de Rs /{0} tels que ν(Ai ) < +∞ pour tout i = 1, . . . , n, et des
va Fi (tj ) Ftj -mesurable (1 ≤ j ≤ m et 1 ≤ i ≤ n) tels que
m X
X n
F = Fi (tj )1I(tj ,tj+1 ] 1IAi .
j=1 i=1
Preuve. en exercice. Il faut adapter les arguments utilisés pour le mouvement brownien.
4.2 Théorie L2
Soit F un processus simple de la forme
m X
X n
F = Fi (tj )1I(tj ,tj+1 ] 1IAi .
j=1 i=1
On définit alors
Z T Z n,m
X
IT (F ) = F (r, z) dN
e (dr, dz) = Fi (tj )N
e ((tj , tj+1 , Aj )
0 Rd /{0} i,j=1
Il est direct de vérifier que l’intégrale définie ci-dessus est linéaire sur S(T, ν). De plus
Proposition 10. Pour tout T > 0 et F ∈ S(T, ν), on a
hZ T Z i
E F (r, z) dN
e (dr, dz) = 0
0 Rd /{0}
et
h Z T Z 2 i Z T Z
E |F (t, z)|2 dt dν(z).
E F (r, z) dN
e (dr, dz) =
0 Rd /{0} 0 Rd /{0}
4.2. THÉORIE L2 29
Comme t 7→ N
e (t, Ai ) est une Ft -martingale centrée et que Fi (tj ) est Ft -mesurable, on a
j
E[Fi (tj )N
e ((tj , tj+1 , Ai )] = E E[Fi (tj )N
e ((tj , tj+1 , Ai )|Ft ]
j
= E Fi (tj )E[N
e ((tj , tj+1 , Ai )|Ft ]
j
= E Fi (tj )E[N
e ((tj , tj+1 , Ai )]
= 0.
hR R i
T
Par linéarité on en déduit que E 0 Rd /{0} F (r, z) dN
e (dr, dz) = 0.
E[Fi (tj )N
e ((tj , tj+1 , Ai )Fi0 (tj 0 )N
e ((tj 0 , tj 0 +1 , Ai0 )]
= E Fi (tj )N e ((tj , tj+1 , Ai )Fi0 (tj 0 )E[N e ((tj 0 , tj 0 +1 , Ai0 )|Ft 0 ]
j
=0
et pour j = j 0 :
E[Fi (tj )N
e ((tj , tj+1 , Ai )Fi0 (tj )N
e ((tj , tj+1 , Ai0 )]
= E Fi (tj )Fi0 (tj )E[N e ((tj , tj+1 , Ai )N
e ((tj , tj+1 , Ai0 )|Ft 0 ]
j
= E Fi (tj )Fi0 (tj )E[N e ((tj , tj+1 , Ai )N
e ((tj , tj+1 , Ai0 )]
= E Fi (tj )2 (tj+1 − tj )ν(Ai )δi,i0 ,
On en déduit que l’application IT : S(T, ν) → H 2 (T, ν) est une isométrie linéaire, qui se
prolonge donc à H 2 (T, ν) tout entier. Ce prolongement sera encore noté IT . Par densité de S(T, ν)
dans H 2 (T, ν), il vérifie :
30 CHAPITRE 4. INTÉGRATION STOCHASTIQUE
Lemme 4. Si F ∈SH 2 (T, ν) et si (An )n est une suite croissante de sous-ensembles boréliens de
Rd /{0} telle que n An = E ⊂ Rd /{0} alors
h Z tZ Z tZ 2i
lim E sup e (dr, dz) −
F (r, z) N F (r, z) N
e (dr, dz) = 0.
n→∞ 0≤t≤T 0 An 0 E
Preuve. C’est une conséquence directe de l’inégalité de Doob pour les martingales et du théorème
de convergence dominée.
Proposition 11. Si X est une intégrale stochastique de Poisson du type (4.1) alors, pour toute
fonction f ∈ C(R) et tout t ≥ 0, on a presque sûrement :
Z tZ
f (Xt ) = f (X0 ) + f (Xr− + K(r, z)) − f (Xr− ) N (dr, dz).
0 A
4.4. FORMULES D’ITÔ 31
R
Preuve. On définit le processus de Poisson composé Lt = A zN (t, dz). Remarquons tout d’abord
que N (t, A ∩ B) est la mesure de saut associée au processus L car
X X
4Lt = zN ({t} × {z}) = z1IA (z)N ({t} × {z}),
z∈A z
donc pour z0 6= 0, on a
1I{4Ls =z0 } = 1IA (z0 )N ({t} × {z0 }).
On en déduit
X
#{0 ≤ s ≤ t; 4Ls ∈ B} = 1I{4Ls ∈B}
0≤s≤t
X X
= 1I{4Ls =z}
0≤s≤t z∈B
X X
= 1IA (z)N ({t} × {z})
0≤s≤t z∈B
= N (t, A ∩ B).
Une conséquence directe est que pour tout processus F ∈ H 2 (T, ν), on a :
Z tZ X
F (r, z) N (dr, dz) = 1IA (4Ls )F (s, 4Ls ).
0 A 0≤s≤t
D’où
X
f (Xt ) − f (X0 ) = f (Xs ) − f (Xs− )
0≤s≤t
X
= f (Xs− + 1IA (4Ls )K(s, 4Ls )) − f (Xs− )
0≤s≤t
Z tZ
= f (Xs− + K(s, z)) − f (Xs− ) N (ds, dz).
0 A
Montrons maintenant la formule d’Itô-Lévy dans le cas général. Soit (Ω, F, IP) un espace pro-
babilisé muni d’une filtration (Ft )t satisfaisant les hypothèses usuelles. Soit B = (Bt ; t ≥ 0) un
Ft -mouvement brownien standard d-dimensionnel. Soit N une Ft -mesure aléatoire de Poisson sur
R+ × B(Rd /{0}) d’intensité dt ⊗ dν, où ν est une mesure de Lévy. Soit N e sa mesure aléatoire de
Poisson compensée.
Soit b : [0, T ] × Ω → Rd et σ : b : [0, T ] × Ω → Rd×d des processus Ft -adapté prévisible tels
que Z T
E |b(r)|2 + |σ(r)|2 dr < +∞,
0
Théorème 15. Si X est une intégrale stochastique de type Lévy comme ci-dessus, alors, pour
toute fonction f ∈ C 2 (Rd ) et t ≥ 0, on a avec probabilité 1 :
Z t Z t
f (Xt ) − f (X0 ) = h∂x f (Xr− ), b(r)i dr + h∂x f (Xr− ), σ(r) dBr i
0 0
1 t
Z
2
f (Xr− )σ(r)σ(r)∗ dr
+ Tr ∂xx
2
Z t 0Z
+ f Xr− + K(r, z) − f (Xr− ) N (dr, dz)
0 |z|≥1
Z tZ
+ f Xr− + H(r, z) − f (Xr− ) Ne (dr, dz)
0 |z|<1
Z tZ
+ f Xr− + H(r, z) − f (Xr− ) − hH(r, z), ∂x f (Xr− )i dr ν(dz).
0 |z|<1
Preuve. On suppose, pour simplifier, que d = 1, f ∈ Cb2 (R) et H est bornée, de sorte que chaque
terme est bien défini. Soit An = {z ∈ Rd /{0}; 1/n < |z| < 1} et
Z t Z t Z tZ Z tZ
Xtn = X0n + b(r) dr + σ(r) dBr + H(r, z) N
e (dr, dz)+ K(r, z) N (dr, dz).
0 0 0 An 0 |x|≥1
Z t Z t
f (Xtn ) − f (X0n ) = n
h∂x f (Xr− ), b(r)i dr + n
h∂x f (Xr− ), σ(r) dBr i
0 0
Z t
1 2 n
)σ(r)σ(r)∗ dr
+ Tr ∂xx f (Xr−
2
Z t 0Z
n n
+ f Xr− + K(r, z) − f (Xr− ) N (dr, dz)
0 |z|≥1
Z tZ
n n
+ f Xr− + H(r, z) − f (Xr− ) Ne (dr, dz)
0 An
Z tZ
n n n
+ f Xr− + H(r, z) − f (Xr− ) − hH(r, z), ∂x f (Xr− )i dr ν(dz).
0 An
Z t Z t Z tZ
X t = X0 + b(r) dr + σ(r) dBr + K(r, z) N (dr, dz).
0 0 0 |z|≥a
4.4. FORMULES D’ITÔ 33
Alors
Z t Z t
f (Xt ) − f (X0 ) = h∂x f (Xr− ), b(r)i dr + h∂x f (Xr− ), σ(r) dBr i
0 0
1 t
Z
2
f (Xr− )σ(r)σ(r)∗ dr
+ Tr ∂xx
2
Z t 0Z
+ f Xr− + K(r, z) − f (Xr− ) N (dr, dz)
0 |z|≥a
RtR
Preuve. Soit L le processus de Poisson composé défini par Lt = 0 |z|≥a
zN (dr, dz). On consi-
dère ses temps de sauts (ou d’arrivées) (Tn )n . Alors :
+∞
X
f (Xt ) − f (X0 ) = f (Xt∧Tn+1 ) − f (Xt∧Tn )
n=0
+∞
X
= f (Xt∧Tn+1 ) − f (Xt∧Tn+1 − )
n=0
+∞
X
+ f (Xt∧Tn+1 − ) − f (Xt∧Tn )
n=0
On peut donc appliquer la formule d’Itô pour le mouvement brownien, ce qui permet de traiter le
cas de la deuxième somme. De plus
d’où
+∞
X +∞
X
f (Xt∧Tn+1 ) − f (Xt∧Tn+1 − ) = f (Xt∧Tn+1 − + K(t ∧ Tn+1 , 4Lt∧Tn+1 )) − f (Xt∧Tn+1 − )
n=0 n=0
X
= f (Xs− + K(s, 4Ls )) − f (Xs− )
0≤s≤t
Z tZ
= f (Xs− + K(s, z)) − f (Xs− ) N (ds, dz).
0 A
Corollaire 2. Si X est une intégrale stochastique de type Lévy comme ci-dessus, alors presque
sûrement : X
|4Xt |2 < +∞.
0≤s≤T
34 CHAPITRE 4. INTÉGRATION STOCHASTIQUE
Corollaire 3. Si X est une intégrale stochastique de type Lévy comme ci-dessus, alors, pour toute
fonction f ∈ C 2 (Rd ) et t ≥ 0, on a avec probabilité 1 :
Z t
1 t
Z
2
f (Xr− )σ(r)σ(r)∗ dr
f (Xt ) − f (X0 ) = h∂x f (Xr− ), dXr i + Tr ∂xx
0 2 0
X
+ f (Xr ) − f (Xr− ) − h4Xr , ∂x f (Xr− )i
0≤s≤t
Alors, pour tout p > 0, il existe une constante Cp > 0 telle que
1 T
Z p/2 h
X p i
E |σ(r)|2 dr + |4Mt |2 ≤ E sup Mt
Cp 0 0≤t≤T
0≤t≤T
et
h p i Z T X p/2
E sup Mt ≤ Cp E |σ(r)|2 dr + |4Mt |2 .
0≤t≤T 0 0≤t≤T
Chapitre 5
1 t
Z Y
Zt = exp Xt − σ(r)2 dr (1 + 4Xs )e−4Xs .
2 0 0≤s≤t
35
36 CHAPITRE 5. CHANGEMENT DE MESURES ET MARTINGALES EXPONENTIELLES
où Y
A(t) = (1 + 4Xs )e−4Xs
0≤s≤t;|4Xs |≥1/2
et Y
B(t) = (1 + 4Xs )e−4Xs .
0≤s≤t;|4Xs |<1/2
Comme X est càdlàg, #{0 ≤ s ≤ t; |4Xs | ≥ 1/2} est fini presque sûrement de sorte que A(t)
est fini presque sûrement.
De plus :
X
B(t) = exp ln(1 + 4Xs ) − 4Xs 1I{|4Xs |<1/2} .
0≤s≤t
Théorème 17. On a
dZt = Zt− dXt .
Preuve. Tout d’abord, on remarque que Zt peut se réécrire sous la forme Zt = eSt avec
Z
1 2
dSt =(b(t) − σ (t))dt + σ(t)dBt + ln(1 + K(t, z))N (dt, dz)
2 |z|≥1
Z Z
+ ln(1 + H(t, z))N (dt, dz) +
e ln(1 + H(t, z)) − H(t, z) dtν(dz).
|z|<1 |z|<1
Remarque : le troisième terme dans le membre de droite ci-dessus peut s’expliquer de la façon
R t R les sauts de X, il ne sont dûs qu’à la mesure de Poisson N . Donc, dans
suivante. Si on regarde
le premier terme 0 |z|<1 ln(1 + H(r, z)) − H(r, z) N e (dr, dz), la partie qui "saute" correspond
RtR
formellement à 0 |z|<1 ln(1 + H(r, z)) − H(r, z) N (dr, dz). Pour obtenir la mesure de Poisson
RtR
compensée, on a enlevé artificiellement le terme 0 |z|<1 ln(1 + H(r, z)) − H(r, z) ν(dz)dr. Il est
donc normal de le rajouter ensuite. Bien sûr, ceci peut se démontrer rigoureusement.
Il suffit alors d’appliquer la formule d’Itô pour obtenir le résultat.
5.2. MARTINGALES EXPONENTIELLES 37
Preuve. Un sens est trivial. Montrons la réciproque et supposons que X soit une martingale. On a
E[Xt − Xs |Fs ] = 0. On en déduit
Z t Z tZ
E[ b(r) dr + K(t, z) ν(dz)dr|Fs ] = 0,
s s |z|≥1
d’où Z s+h Z
1
E[b(r) + K(t, z) ν(dz)|Fs ] dr = 0.
h s |z|≥1
Pour que eX soit une martingale, il faut que b(t) = − 21 σ 2 (t), d’où
Z t Z t
Xt 1 2
e = exp σ(r) dBr − σ (r) dr .
0 2 0
38 CHAPITRE 5. CHANGEMENT DE MESURES ET MARTINGALES EXPONENTIELLES
où N est un processus de Poisson d’intensité λ. Pour que eX soit une martingale, il faut que
b(t) = −λ(eK(t) − 1), d’où
Z t Z t
Xt
e = exp K(r) N (dr) + λ (eK(r) − 1) dr .
0 0
EP [Mt eXt 1IA ] = EPt [Mt eXt 1IA ] = EQt [Mt 1IA ] = EQ [Mt 1IA ] = EQ [Ms 1IA ] = EP [Ms eXs 1IA ].
Théorème 19. Girsanov. Soit X une intégrale de type Lévy telle que eX soit une martingale, ie
X est de la forme
Z t Z t Z tZ Z tZ
Xt = b(r) dr + σ(r) dBr + H(r, z) Ne (dr, dz) + K(r, z) N (dr, dz),
0 0 0 |z|<1 0 |z|≥1
avec la condition
Z Z
1
b(t) + σ 2 (t) + H(t,z)
eK(t,z) − 1 ν(dz) = 0
e − 1 − H(t, z) ν(dz) +
2 |z|<1 |z|≥1
presque sûrement pour (Lebesgue) presque tout t ≥ 0. On suppose pour simplifier que K est
borné.
5.3. CHANGEMENT DE MESURES-THÉORÈME DE GIRSANOV 39
On définit
U (r, z) = (eH(r,z) − 1)1I|z|<1 + (eK(r,z) − 1)1I|z|≥1
et on suppose Z T Z
(eH(r,z) − 1)2 ν(dz)dr < +∞.
0 |z|≤1
Finalement, on pose Z t
Wt = Bt − σ(r) dr
0
et Z tZ
Nt = Mt − L(r, z)U (r, z) ν(dz)dr
0 z6=0
pour 0 ≤ t ≤ T .
Soit Q la mesure de probabilité sur (Ω, FT ) définie par
dQ
= eXT .
dIPT
Alors sous Q, W = (Wt ; 0 ≤ t ≤ T ) est un mouvement brownien et N = (Nt ; 0 ≤ t ≤ T ) est
une Q-martingale.
Preuve. En appliquant la formule d’Itô et en utilisant le fait que eX est une martingale, on a
Z t Z tZ
Xt Xr−
e =1 + e σ(r) dBr + eXr− (eH(r,z) − 1) Ne (dr, dz)
0 0 |z|<1
Z tZ
+ eXr− (eK(r,z) − 1) N
e (dr, dz)
0 |z|≥1
Le triplet (a, F, H) est uniquement déterminé par M aux ensembles de mesure nulle près.
Chapitre 6
• Condition de croissance (CC). Il existe une constante M > 0 telle que pour tout x ∈ Rd :
Z
2 2
|b(x)| + |σ(x)| + |F (x, z)|2 ν(dz) ≤ K(1 + |x|2 ).
|z|<1
• Condition de continuité (CCO). L’application x 7→ G(x, z) est continue pour tout |z| ≥ 1.
41
42 CHAPITRE 6. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES STOCHASTIQUES
Théorème 21. Sous les hypothèses (CL) et (CC), il existe une unique solution à l’EDS (6.1).
Idée de preuve. 1) on considère d’abord le cas où G = 0 et E[X02 ] < +∞. Il suffit alors d’utiliser
la méthode du point fixe de Picard. La méthode est similaire au cas du mouvement brownien. Dans
ce cas on montre que la solution vérifie
2) si G = 0 et E[X02 ] = +∞. On définit une suite (X0n )n par X0n = X0 1I|X0 |≤n . On applique
le 1) pour chaque n, ce qui permet de construire une suite de processus X n solution de (6.1) avec
condition initiale X0n . Il est facile de voir que la suite (X n )n vérifie
Soit (Tn )n les temps d’arrivées de P . L’idée est de construire, à l’aide du 2), une solution X à
(6.1), sur l’intervalle de temps [0, T1 [, intervalle sur lequel on peut considérer que G = 0. Ensuite
on pose XT1 = XT1 − + G(T1 , 4PT1 ) et on résoud (6.1) sur [T1 , T2 [ avec condition initiale XT1 ...et
ainsi de suite. Le processus X ainsi construit est une solution de (6.1). L’unicité se montre de la
même façon.
Pour cela, on note Xts,x (t ≥ s) la solution de (6.1) partant de x à l’instant s. C’est un processus
σ(Bs+u − Bs , N (]s, s + u], A); u ≥ 0, A ∈ B(Rd /0))-mesurable, donc indépendant de Fs , qui a
0,x
même loi que Xt−s (par stationnarité des accroissements du brownien et de la mesure de Poisson).
Par unicité de la solution, on a presque sûrement :
0,x
s,Xs 0,x
Xt+s = Xt+s .
Donc 0,x
s,Xs
E[f (Xt+s )|Fs ] = E[f (Xt+s )|Fs ] = E[f (Xt0,X0 )|X0 = Xs0,x ]
6.3. FORMULE DE FEYNMAN-KAC 43
u(0, Xt )
Z t Z t
=u(t, x) − ∂t u(t − r, Xr− ) dr + hb(Xr− ), ∂x u(t − r, Xr− )i dr
0 0
Z t
1 t
Z
Trace σσ ∗ (Xr− )∂ xx u(t − r, Xr− ) dr
+ h∂x u(t − r, Xr− ), σ(Xr− ) dBr i +
2 0
Z0 t Z
+ u(t − r, Xr− + F (Xr− , z)) − u(t − r, Xr− ) N e (dr, dz)
0 |z|<1
Z tZ
+ u(t − r, Xr− + G(Xr− , z)) − u(t − r, Xr− ) N (dr, dz)
0 |z|≥1
Z tZ
+ u(t − r, Xr− + F (Xr− , z)) − u(t − r, Xr− ) − hF (Xr− , z), ∂x u(t − r, Xr− )i ν(dz)dr.
0 |z|<1
D’où
g(Xt )
Z t
Z t
=u(t, x) + − ∂t u + Lu (t − r, Xr− ) dr + h∂x u(t − r, Xr− ), σ(Xr− ) dBr i
0 0
Z tZ
+ u(t − r, Xr− + F (Xr− , z)) − u(t − r, Xr− ) Ne (dr, dz)
0 |z|<1
Z tZ
+ u(t − r, Xr− + G(Xr− , z)) − u(t − r, Xr− ) Ne (dr, dz).
0 |z|≥1
∀t ≥ 0, St0 = S0 ert
Un marché est dit complet si tout actif contingent peut être répliqué par un porte-feuille auto-
financé.
Théorème 25. Si le marché est complet si et seulement s’il existe une unique mesure de probabilité
Q équivalente à IP sous laquelle l’actif réactualisé Se est une martingale.
Une telle mesure est alors appelée mesure de risque neutre. Si Q existe mais n’est pas unique,
le marché est dit incomplet.
On suppose que l’actif risqué satisfait l’EDS
où X est un processus de Lévy. On peut alors utiliser les exponentielles de Doleans-Dade pour
modéliser S. Clairement, pour que les prix du stock soit non négatif, il faut imposer la condition
∆Xt > −σ −1 . We set c = −σ −1 . On impose également la condition suivante sur la mesure de
Lévy ν associée à la mesure aléatoire de Poisson N représentant les sauts de X
Z +∞
(x2 ∨ x) dν(x) < +∞ < +∞.
c
45
46 CHAPITRE 7. QUELQUES APPLICATIONS EN FINANCE
avec H ∈ H (T, ν). On suppose que les coefficients, G, F, H sont tels que le processus eY soit
2
une martingale. Ainsi G est uniquement déterminé par F et H d’après le corollaire 4. On peut
donc bel et bien définir une nouvelle mesure de probabilité Q par
dQ = eYT dIP.
De plus, d’après le théorème de Girsanov,
Z t
BtQ = Bt − F (r) dr
0
On peut alors réécrire le prix de l’actif réactualisé en fonctions de ces nouveaux processus pour
obtenir :
Z +∞
Q 1 2 2 e Q (dr, dz)
d ln(St ) =κσ dBt − κ σ dt +
e ln(1 + σz) N
2 c
Z +∞
+ [ln(1 + σz) − σz]eH(t,z) ν(dz)dt
c
Z +∞
+ mσ + µ − r + κσF (t) + σ z(eH(t,z) − 1) ν(dz) dt
c
Posons Z +∞
C(t) = mσ + µ − r + κσF (t) + σ z(eH(t,z) − 1) ν(dz).
c
En appliquant la formule d’Itô-Lévy, on obtient :
Z +∞
Q e Q (dr, dz) + Set C(t)dt.
dSt =St κσ dBt +
e e Set− σz N
c
Ainsi, l’actif réactualisé Set est une Q-martingale locale si et seulement si C(t) = 0 ps. C’est même
une martingale si l’on impose la condition
Z t Z +∞
∀t > 0, z 2 EQ [eH(r,z) ]ν(dz)dr < +∞.
0 c
Il est important de remarquer que la condition C = 0 possède (en général) une infinité de solutions
(F, H). En effet, si f ∈ L1 (R, ν) et si (F, H) est une solution, alors le couple
Z
κf
F+ f dν, ln(eH − )
R z
est aussi solution. Donc il existe une infinité de mesure Q, équivalentes à IP, sous lesquelles l’actif
réactualisé est une martingale. D’une façon générale, les modèles d’actif de type Lévy sont donc
des marchés incomplets.
Remarque importante : Il existe 2 cas particuliers où le marché est complet
48 CHAPITRE 7. QUELQUES APPLICATIONS EN FINANCE
r−µ−mσ
1. Cas brownien (cad ν = 0 et κ > 0) : dans ce cas F (t) = κσ
ps.
2. Cas poissonien (cad κ = 0 et ν = λδ1 avec ν > m + (µ − r)/σ) : dans ce cas on pose
r − µ + (λ − m)σ
H(t) = H(t, 1) = ln ps.
λσ
7.2 Exemples
En principe, un processus de Lévy peut avoir simultanément une composante de diffusion non
nulle et des sauts d’activité infinie (mesure de Lévy non intégrable en 0) . Cependant, les petits
sauts ont un comportement similaire à une diffusion et sont donc redondants avec la composante
brownienne, du point de vue de la modélisation de la dynamique des prix. En particulier, un tel
modèle serait difficile à calibrer. Par conséquent, les modèles de Lévy exponentiels considérés
dans la littérature financière sont de deux types. Le premier type, ce sont des modèles de diffusion
avec sauts où on combine une partie de diffusion non nulle avec un processus de sauts d’acti-
vité finie. Le processus évolue principalement comme une diffusion, tandis que les discontinuités
modélisent de grands mouvements inattendus et relativement rares dans les prix.
La seconde catégorie de modèles est celle des processus sans terme de diffusion. Dans ce cas,
les petits sauts fréquents sont nécessaires pour générer des trajectoires réalistes : on parle alors des
modèles purement discontinus d’activité infinie : les sauts arrivent constamment.
Les modèles présentés ci-dessous sont du type Lévy exponentiels, c’est-à-dire que l’actif risqué
St est décrit par
St = S0 ert+Xt
où r est le taux d’intérêt de l’actif non risqué et le processus X est un Lévy satisfaisant tel que
eX est une martingale (condition d’absence d’arbitrage). C’est donc à l’évolution des prix sous la
proba risque neutre que l’on s’intéresse. Si le processus de Lévy X s’écrit
Z tZ Z tZ
Xt = γt + σBt + zNe (dr, dz) + zN (dr, dz)
0 |z|<1 0 |z|≥1
L’avantage de ce modèle est d’avoir une formule en série pour la densité de proba du log-prix :
2
+∞ (λt)k exp − (x−γt−kµ)
X 2 2
2(σ t+kδ )
pt (x) = e−λt p .
k! 2π(σ 2 t + kδ 2 )
k=0
L’un des exemples les plus simples de processus de Lévy avec intensité infinie de sauts est le
processus gamma, un processus aux accroissements indépendants et stationnaires tel que pour tout
t, la loi pt de Xt est la loi gamma de paramètres λ et ct :
Le processus gamma est un processus de Lévy croissant dont la fonction caractéristique a une
forme très simple
iu −ct
E[eiuXt ] = 1 − .
λ
On démontre facilement que la mesure de Lévy du processus gamma a une densité donnée par
ce−λx
ν(dx) = 1I{x>0}
x
A partir du processus gamma, on peut construire un modèle avec sauts très populaire : le processus
variance gamma, qui est obtenu en changeant l’échelle de temps d’un mouvement brownien avec
drift par un processus gamma :
Yt = µXt + σBXt .
L’utilisation de Y pour modéliser le logarithme du prix d’action est habituellement justifiée en
disant que le prix suit un mouvement Brownien géometrique sur une échelle de temps stochastique
donnée par le processus gamma. Le processus variance gamma est un autre exemple du processus
de Lévy avec intensité infinie de sauts, et sa fonction caractéristique est donnée par
κσ 2 u2 −κt
E[eiuYt ] = 1 + − iµκu .
2
Le paramètres ont l’interprétation intuitive suivante : σ est un paramètre d’échelle, µ est le para-
mètre d’asymétrie (skewness) et κ est le paramètre de kurtosis du processus (épaisseur des queues
de la densité).
D’où :
Z T Z
2 2 Y 2 Y 2
E[(c, φ) ] = (c−E[Y ]) + E[(σ(r)φ(r)−σ (r)) ]+ (φ(r)γ(r, z)−γ (r, z)) ν(dz) dr,
0 R
Ke−rT def
C(K) = e−rT E∗ S0 erT +XT − K + = S0 E∗ eXT − = S0 E∗ eXT − eκ + ,
S0 +
gT (k) = E∗ eXT − eκ + − (1 − ek )+ .
Proposition 13. Soit X un processus stochastique tel que eX soit une martingale et
pour un certain α > 0. Alors la transformée de Fourier de la fonction gT est donnée par
φT (v − i) − 1
Z
ĝT (v) = eivκ gT (κ)dκ = .
R iv(1 + iv)
φT (v − i) − 1
Z
−rT S0 −rT /S )
C(K) = (S0 − Ke )+ + e−iv ln(Ke 0
dv.
2π R iv(1 + iv)
Proof. We have Z
gT (κ) = (ex − ek )(1Iκ≤x − 1Iκ≤0 )µT (dx)
R
52 CHAPITRE 7. QUELQUES APPLICATIONS EN FINANCE
où µT est la loi de XT . La condition (7.1) permet de calculer ĝT en échangeant l’ordre d’intégra-
tion.
Z Z
ĝT (v) = dκ µT (dx)eivκ (ex − eκ )(1Iκ≤x − 1Iκ≤0 )
ZR R
Z 0
= µT (dx) eivκ (eκ − ex ) dκ
R x
Z 1 − ex ex e(iv+1)x
= µT (dx) − + .
R iv + 1 iv(iv + 1) iv(iv + 1)
Le premier terme du membre de droite disparaît car eX est une martingale et les 2 restants donnent
le résultat.