SANTE MENTALE ET
TROUBLES MENTAUX
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours 1_DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
INTRODUCTION
I. OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
II. SANTÉ MENTALE : CONCEPTS ET DÉFINITION
III. DE L'ÉTAT MENTAL AU TROUBLE MENTAL
IV. CLASSIFICATIONS INTERNATIONALES DES TROUBLES MENTAUX
V. ÉPIDÉMIOLOGIE; DONNÉES ESSENTIELLES
VI. ÉTIOLOGIE ET MODÈLE BIO-PSYCHO-SOCIAL
VII. REPÉRAGE ET DÉMARCHE CLINIQUE
VIII. PRINCIPES DE PRISE EN CHARGE
IX. POLITIQUES DE SANTÉ MENTALE
CONCLUSION
INTRODUCTION
▪ La santé mentale constitue un pilier majeur du bien-être individuel, familial et
collectif.
▪ Elle influence la capacité d’une personne à penser, ressentir, agir, de socialiser,
d’apprendre, se projeter et contribuer à la société.
▪ Les troubles mentaux représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé
publique mondiale en raison de leur prévalence, de leur impact socio-
économique, et de leur handicap fonctionnel durable.
I. OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
1️⃣ Objectifs Généraux
À la fin du cours, l’étudiant doit être capable de :
▪ Comprendre les fondements de la santé mentale ;
▪ Différencier santé mentale, trouble, maladie, syndrome ;
▪ Reconnaître les principaux troubles mentaux en pratique clinique ;
▪ Appliquer une démarche d’évaluation et d'orientation initiale ;
▪ Connaître les principes thérapeutiques et multidisciplinaires de la prise en charge ;
▪ Participer à la promotion de la santé mentale et à la lutte contre la stigmatisation.
I. OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
2️⃣ Objectifs Spécifiques
L'étudiant doit savoir :
▪ Citer les déterminants biopsychosociaux ;
▪ Identifier les symptômes cardinaux d’un trouble psychiatrique ;
▪ Utiliser un raisonnement psychopathologique et diagnostique élémentaire ;
▪ Évaluer l’urgence psychiatrique ;
▪ Informer et orienter les patients et leurs familles.
II. SANTÉ MENTALE :
CONCEPTS ET DÉFINITION
▪ A. Définition (OMS)
▪ "État de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les
tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie
de sa communauté."
II. SANTÉ MENTALE :
CONCEPTS ET DÉFINITION
B. Caractéristiques d’une Bonne Santé Mentale
Ensemble des compétences psychosociales suivantes :
1) Capacité de jugement, de raisonnement et de perceptions,
permettant une adaptation à la réalité ;
2) Capacité de gérer, ses sentiments, ses pensées, ses comportements;
3) L’autoperception de l’efficacité personnelle;
II. SANTÉ MENTALE :
CONCEPTS ET DÉFINITION
4) Capacité de s’adapter à la société humaine : communiquer,
échanger, assumer des statuts et des rôles;
5) Capacités d’être Résilient, tolérant aux frustrations et de jouir
de la vie ;
6) Capacité d’adaptation flexible aux changements
7) Capacités de résoudre la plupart des problèmes de la vie.
III. DE L'ÉTAT MENTAL AU
TROUBLE MENTAL
A. Distinction terminologique
Terme Signification Exemple
Symptôme Manifestation subjective tristesse, angoisse
Signe Manifestation objectivable agitation, retrait
Syndrome Association cohérente de signes syndrome dépressif
et symptômes
Maladie Entité avec étiologie et Alzheimer
physiopathologie définies
Trouble mental Dysfonction biopsychosociale Schizophrénie
avec retentissement fonctionnel
IV. CLASSIFICATION INTERNATIONALE
DES TROUBLES MENTAUX
▪ CIM-11 (OMS):
Classification internationale des maladies, 11e révision, publiée par l’Organisation mondiale de
la Santé (OMS).
C’est une nomenclature internationale destinée à la fois à la pratique clinique, à la recherche et à
la statistique sanitaire.
Elle est utilisée mondialement pour le codage des diagnostics et la collecte de données de santé.
▪ DSM-5-TR (American Psychiatric Association):
Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5th Edition, Text Revision, publié par
l’American Psychiatric Association (APA).
C’est une classification principalement destinée à la pratique clinique et à la confiance
thérapeutique des cliniciens américains, axée sur les troubles mentaux et leurs critères
diagnostiques spécifiques.
Le DSM est particulièrement utilisé aux États-Unis et dans certaines autres régions.
IV. Classification Internationale des Troubles
Mentaux
▪ B. Principales Catégories de Troubles
▪ 1. Troubles anxieux
▪ 2. Troubles de l’humeur (dépressifs, bipolaires)
▪ 3. Troubles psychotiques (schizophrénies, troubles délirants)
▪ 4. Troubles liés aux substances et addictions
▪ 5. Troubles neurocognitifs (démences, confusions)
▪ 6. Troubles somatoformes et dissociatifs
▪ 7. Troubles de la personnalité
▪ 8. Troubles du développement (autisme, TDAH)
▪ 9. Troubles alimentaires
▪ 10. Troubles du sommeil non organiques
▪ 11. Troubles du comportement et des conduites
V. ÉPIDÉMIOLOGIE
DONNÉES ESSENTIELLES
▪ l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que près d'un milliard
de personnes dans le monde, soit 13 % de la population mondiale (environ
1 personne sur 8) vit avec un trouble mental.
▪ Environ 1 personne sur 4 souffrira d’un trouble mental au cours de sa vie.
▪ Les troubles psychiatriques commencent dans 50 % des cas avant 14 ans, et
75 % avant 25 ans.
▪ Les troubles mentaux représentent une cause majeure de handicap
fonctionnel mondial (DALY).
▪ La dépression fait partie des premières causes d’incapacité et la 5eme cause
de mortalité et de handicap dans le monde.
▪ La schizophrénie : prévalence ~1 %, avec forte altération fonctionnelle.
VI. ÉTIOLOGIE ET MODÈLE BIO-PSYCHO-
SOCIAL
A. Facteurs biologiques
▪ Génétique, neurodéveloppement, anomalies neurochimiques
▪ Maladies somatiques chroniques
▪ Exposition intra-utérine, toxicité, carence
B. Facteurs psychologiques
▪ Personnalité vulnérable
▪ Traumatismes, styles d’attachement
▪ difficultés d’adaptation, déficits de coping
VI. ÉTIOLOGIE ET MODÈLE BIO-PSYCHO-
SOCIAL
C. Facteurs sociaux
▪ Pauvreté, migration, instabilité familiale
▪ Isolement, conflits, guerre
▪ Violences, inégalités, discrimination
▪ Cyber-harcèlement
VII. REPÉRAGE ET DÉMARCHE CLINIQUE
▪ 1. Évaluation clinique structurée
Entretien, anamnèse, durée,
▪ 2. Évaluation fonctionnelle
Impact sur vie sociale, scolaire, professionnelle
▪ 3. Recherche d’urgence psychiatrique
Suicide, agressivité, confusion, agitation sévère
▪ 4. Diagnostics différentiels
Organiques, toxiques, métaboliques
▪ 5. Utilisation d’échelles validées( hamilton…)
VIII. PRINCIPES DE PRISE EN CHARGE
A. Approche intégrée
▪ Médicale
▪ Psychothérapeutique
▪ Psycho-éducative
▪ Sociale et communautaire
VIII. PRINCIPES DE PRISE EN CHARGE
B. Moyens thérapeutiques
▪ Institutionnels: Hôpitaux psychiatrique, centre de prise en charge spécialisée…
▪ Psychothérapies : TCC, thérapies de soutien, familiales…
▪ Pharmacothérapie : antidépresseurs, anxiolytiques, antipsychotiques,
thymorégulateurs…
▪ Interventions psychosociales…
▪ Réhabilitation et insertion socio-professionelle
VIII. PRINCIPES DE PRISE EN CHARGE
C. Rôle du Médecin Généraliste
▪ Dépister
▪ Évaluer la gravité
▪ Initier la prise en charge
▪ Référer
▪ Accompagner
IX. POLITIQUES DE SANTÉ MENTALE
▪ Axes prioritaires :
▪ 1. Intégration dans les soins primaires
▪ 2. Réduction de la stigmatisation
▪ 3. Formation du personnel
▪ 4. Développement des services communautaires
▪ 5. Renforcement des droits humains
▪ 6. Financement et gouvernance
CONCLUSION
▪ La santé mentale est un enjeu complexe, multidimensionnel et prioritaire.
▪ Les troubles mentaux, fréquents et invalidants, nécessitent une prise en charge
précoce, globale, coordonnée et déstigmatisant.
▪ L'étudiant en santé doit devenir un acteur de prévention, d'écoute, de repérage,
d'orientation et de soutien
LES FONCTIONS
PSYCHIQUES
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours 2_DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
Introduction
1. Fonctions psychiques primaires
2. Fonctions affectives
3. Fonctions intellectuelles (cognitives)
4. Fonctions de relation
Conclusion
INTRODUCTION
Les fonctions psychiques regroupent l’ensemble des processus mentaux qui
permettent à un individu de
• Percevoir et comprendre le monde,
• Ressentir et exprimer des états internes,
• Agir de manière volontaire et adaptée,
• Entrer en relation avec autrui,
• Construire sa personnalité.
INTRODUCTION
Elles correspondent aux fonctions cérébrales supérieures, intégrant des dimensions
affectives, cognitives, comportementales, relationnelles et motivationnelles.
Elles sont interdépendantes, organisées en réseaux neuronaux dynamiques, et
constituent la base du fonctionnement mental normal comme de la
psychopathologie.
INTRODUCTION
Les fonctions psychiques sont classiquement regroupées en quatre grands domaines:
• Fonctions psychiques primaires
• Fonctions affectives
• Fonctions intellectuelles (cognitives)
• Fonctions de relation
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Disposition innée, universelle, programmée biologiquement, déclenchant un comportement
orienté vers la survie.
Caractéristiques :
▸ Automatique, impulsif, peu soumis au contrôle volontaire
▸ Charge affective intense
▸ Finalité précise : survie individuelle et reproduction
On distingue deux fonctions psychiques primaires:
Instincts
besoins biologiques
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Instincts
➢Instincts de conservation individuelle
• Faim, soif, agressivité / défense, évitement du danger
→ dysfonction: impulsivité, conduites agressives, troubles du comportement alimentaire,
troubles anxieux.
➢Instincts de conservation de l’espèce
• Sexualité, reproduction, comportements de protection parentale
→ Rôle en psychiatrie : paraphilies, troubles du désir, troubles de l’attachement.
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
➢Base neurobiologique
• Hypothalamus : régulation vitale (faim, soif, thermorégulation, reproduction).
• Système limbique : Emotion, motivation, mémoire liée aux besoins.
• Dopamine : Système de récompense.
→ Intérêt clinique : addictions, troubles des conduites, troubles alimentaires,
troubles impulsifs.
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Les besoins biologiques
Exigences internes indispensables à la survie et à l’homéostasie. Le besoin est un
état de manque physiologique à la différence de l’instinct qui est le moteur
comportemental qui permet de répondre au besoin.
Principaux besoins biologiques:
Besoins primaires:
Besoins secondaires:
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Besoins primaires:
Besoin d’homéostasie:
• Régulation interne (température, glycémie, hydratation).
• Psychopathologie : hypersomnie, anorexie, dysrégulations émotionnelles.
Besoin d’alimentation et d’énergie:
• Faim / rassasiement.
• Pathologies : anorexie, boulimie, hyperphagie.
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Besoin de sommeil:
• Rôle pour la mémoire, humeur, plasticité cérébrale.
• Pathologies : insomnie, hypersomnie, parasomnies.
Besoin sexuel:
• Différent du désir affectif.
• Dépend hormones, dopamine, stimuli internes/externes.
• Pathologies : troubles du désir, inhibitions, addictions sexuelles.
• Besoins secondaires :
• Produits de la culture (besoins de thé, de tabac, etc.).
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Besoin d’attachement et de sécurité
• Fondé biologiquement (théorie de Bowlby).
• Rôle dans développement des émotions et de la personnalité.
• Pathologies : troubles réactionnels de l’attachement, abandon, instabilité
affective.
On distingue quatre styles d’attachement (Ainsworth, Main) :
• Sécure
• Insecure-évitant
• Insecure-ambivalent
• Désorganisé (fortement associé aux traumatismes précoces)
I. LES FONCTIONS PSYCHIQUES PRIMAIRES
Pulsions
Elles correspondent à des forces internes motivées, enracinées dans :
• les circuits de récompense,
• les centres hypothalamiques,
• les réseaux émotionnels.
Liées à Trois composantes:
• Source : biologique, corporelle
• But : réduction de la tension / recherche de bien-être
• Objet : personne ou situation permettant la satisfaction
LES FONCTIONS AFFECTIVES
Elles regroupent les mécanismes par lesquels nous ressentons, exprimons et
régulons nos états internes.
On distingue: affect, émotion, sentiment, humeur
LES FONCTIONS AFFECTIVES
Affect:
Ce qui est ressenti comme agréable ou désagréable.
Il se traduit en émotion ou en sentiment selon l’intensité.
Émotion :
Réponse rapide, automatique et brève, impliquant des modifications
corporelles, comportementales et cognitives.
On distingue :
➢Émotions primaires: (peur, colère, joie, tristesse, dégoût, surprise)
➢Émotions secondaires (honte, culpabilité, jalousie…)
Implication dans l’anxiété, les phobies
LES FONCTIONS AFFECTIVES
Sentiment
État affectif durable, intégré à la représentation de soi et aux expériences
passées. Plus stable que l’émotion.
Exemples : amour, haine, honte, orgueil.
→ Différence : émotion de colère ≠ sentiment de haine
Humeur (thymie)
Tonus affectif de base, colorant l’état d’âme. Elle peut être :
Euthymique (normale), Triste (dépressive), Expansive (maniaque)
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
➢Les fonctions intellectuelles regroupent l’ensemble des processus mentaux
permettant à un individu de percevoir, comprendre, apprendre, mémoriser,
raisonner, planifier et s’adapter à son environnement.
➢Elles correspondent à ce que la neuropsychologie moderne appelle les
fonctions cognitives.
➢Elles s’articulent autour de plusieurs composantes fondamentales.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
La sensation
➢La sensation correspond à l’expérience psychique élémentaire
provoquée par la stimulation d’un organe sensoriel.
➢Elle représente le premier niveau du traitement de l’information : le
cerveau reçoit un signal brut (visuel, auditif, tactile, olfactif ou
gustatif) sans encore l’interpréter.
➢Par exemple, percevoir une lumière intense, entendre un bruit soudain
ou ressentir un contact sur la peau sont des sensations.
➢La sensation constitue donc la porte d’entrée de toute activité
intellectuelle.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
La perception
➢La perception est l’opération par laquelle l’esprit organise, sélectionne et
interprète les données sensorielles pour leur donner un sens.
➢Alors que la sensation est brute, la perception est élaborée : le cerveau
structure les informations en fonction de l’expérience, de l’attention, du
contexte et des attentes du sujet.
➢Par exemple, entendre un son (sensation) et reconnaître une voix familière
(perception).
➢La perception est donc un processus actif : le sujet ne se contente pas de
recevoir, il construit une représentation du réel.
➢Les troubles de la perception (illusions, hallucinations) sont fréquents en
psychiatrie.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
L’attention
➢L’attention est la capacité de sélectionner une information parmi plusieurs
et de mobiliser les ressources mentales pour la traiter.
➢Elle permet de filtrer les stimuli non pertinents pour se concentrer sur un
objet, une tâche, une pensée ou une sensation. L’attention comporte
plusieurs dimensions :
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
• Attention sélective (focalisation);
• Attention soutenue (Concentration durée)
• Attention divisée (gérer plusieurs tâches simultanément);
• Attention alternée (passer d’une tâche à une autre).
Troubles: TDAH, l’anxiété, la dépression ou les syndromes
confusionnels.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
La vigilance
➢La vigilance correspond au niveau d’éveil et de disponibilité de la
conscience.
➢Elle varie entre l’hypervigilance (état de forte activation), la vigilance
normale, la somnolence, et les états de conscience altérée jusqu’au
coma.
➢Elle dépend essentiellement des systèmes d’activation du tronc
cérébral (formation réticulée).
➢Une vigilance perturbée modifie toutes les autres fonctions
intellectuelles.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
La conscience
➢La conscience désigne l’état dans lequel l’individu a connaissance de lui-même,
de ses pensées, de ses émotions, de ses actes et du monde extérieur.
➢Elle permet de percevoir ce qui se passe en soi et autour de soi.
➢La conscience possède un niveau (lié à la vigilance) et un contenu
(représentations, affects, pensées).
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
➢Dans le modèle psychodynamique freudien, la conscience s’oppose à:
l’inconscient, qui renferme les contenus refoulés et non accessibles
directement ;
le préconscient, zone intermédiaire susceptible d’être portée à la conscience.
➢Les troubles de la conscience incluent la confusion mentale, l’onirisme, les
états dissociatifs ou les troubles de dépersonnalisation.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
L’association des idées
➢L’association des idées désigne la manière dont les phénomènes
psychiques s’enchaînent spontanément dans le champ de la
conscience.
➢Ce processus se réalise normalement selon une cohérence interne,
influencée par la logique, les souvenirs, l’état affectif et le contexte.
➢Chez un sujet sain, le discours reste structuré et intelligible.
➢Dans certains troubles psychiatriques, ce processus peut être accéléré
(fuite des idées dans la manie), ralenti (dépression), ou désorganisé
(dissociation schizophrénique).
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
L’imagination
➢L’imagination est la capacité d’évoquer mentalement des images, des
scénarios, des situations ou des idées qui ne sont pas présentement
perçues par les sens.
➢Elle permet de raviver des expériences passées, de combiner des
éléments mémorisés, et de créer des représentations nouvelles.
➢Elle joue un rôle essentiel dans la créativité, l’anticipation, la
résolution de problèmes et la capacité à se projeter dans l’avenir.
➢Des altérations de l’imagination peuvent participer à des fantasmes
envahissants, des ruminations, ou encore à certains délires.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
La mémoire
➢La mémoire est la fonction qui permet d’enregistrer, de stocker, de conserver et de
restituer des informations ou des événements passés.
➢Elle comporte plusieurs systèmes :
• Mémoire immédiate (quelques secondes) ;
• Mémoire de travail (manipulation active des informations) ;
• Mémoire épisodique (souvenirs personnels datés) ;
• Mémoire sémantique (connaissances générales) ;
• Mémoire procédurale (automatismes, habiletés).
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
➢La mémoire permet également de reconnaître un événement comme
appartenant au passé et de le situer temporellement.
➢Elle est altérée dans de nombreuses pathologies : dépression, anxiété,
états confusionnels, démences, traumatismes crâniens.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
Le jugement
➢Le jugement est la capacité d’évaluer la réalité, d’apprécier
correctement des situations et de porter des conclusions cohérentes à
partir des informations disponibles.
➢Il implique le « bon sens », la capacité à reconnaître ce qui est
logique, vrai, socialement adapté et pertinent.
➢Un bon jugement permet d’orienter les choix et les comportements.
➢Son altération se manifeste par une crédulité excessive, une mauvaise
appréciation des conséquences ou un déni du réel, typique dans les
psychoses ou les accès maniaques.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
Le raisonnement
➢Le raisonnement désigne la capacité à articuler logiquement plusieurs idées pour
aboutir à une conclusion nouvelle.
➢C’est à partir d’un jugement donné que le sujet élabore un autre jugement de
manière cohérente. Le raisonnement peut être :
• déductif : du général vers le particulier ;
• inductif : du particulier vers une généralité ;
• abductif : formulation de l’hypothèse la plus plausible.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
• Le raisonnement constitue la base de la pensée logique, scientifique et
clinique.
• Il est altéré dans certains troubles cognitifs, dans les états délirants, ou
lors de désorganisations formelles de la pensée.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
Les fonctions exécutives
➢Les fonctions exécutives représentent l’ensemble des processus
cognitifs nécessaires pour planifier, organiser et contrôler le
comportement afin d’atteindre un objectif.
LES FONCTIONS INTELECTUELLES
➢Elles sont principalement sous-tendues par le cortex préfrontal et comprennent :
• La mémoire de travail : capacité à maintenir et manipuler des informations à
court terme.
• La planification : aptitude à organiser une séquence d’actions selon un but.
• Le contrôle inhibiteur : capacité à filtrer ou inhiber les réponses inadaptées.
• La flexibilité mentale : aptitude à changer de stratégie ou de perspective selon
la situation.
• L’attention sélective et le monitoring : capacité à suivre l’action en cours,
corriger les erreurs, rester orienté vers l’objectif.
• Ces fonctions sont altérées dans le TDAH, la schizophrénie, les addictions, les
démences frontales.
FONCTIONS DE RELATION
➢Les fonctions de relation regroupent l’ensemble des capacités permettant à un
individu d’entrer en contact, d’interagir, d’agir et de s’adapter au monde extérieur.
➢Elles constituent le socle du rapport du sujet à son environnement physique et
social.
FONCTIONS DE RELATION
Les fonctions sensorielles
➢Capacité de recevoir les informations venant du monde extérieur à travers les
organes des sens.
➢Rôle Premier niveau d’échange avec l’environnement
➢Base de toute interaction ultérieure
➢Ancrage corporel du sujet dans le réel
➢Troubles associés: Hyperesthésie / hypoesthésie, Anomalies sensorielles en
contexte psychotique, Altérations sensorielles dans les états confusionnels
FONCTIONS DE RELATION
Les fonctions motrices et psychomotrices
➢Ces fonctions permettent au sujet d’agir, de se mouvoir, d’exprimer
son état interne et d’adapter son comportement au contexte.
➢Composantes principales:
➢La motricité volontaire: Ensemble des mouvements dirigés vers un
but.
FONCTIONS DE RELATION
➢Le tonus et les postures: Révélateurs de l’état affectif et psychique.
➢La coordination et le rythme psychomoteur: Qualité du geste,
fluidité, harmonie du mouvement.
➢Troubles associés: Agitation psychomotrice (manie, anxiété
sévère)Inhibition (dépression, schizophrénie) Catatonie, Stéréotypies
et maniérismes.
FONCTIONS DE RELATION
Les fonctions de communication
➢Capacités permettant au sujet d’exprimer, de transmettre, de recevoir et
d’interpréter des messages, qu’ils soient verbaux ou non verbaux.
➢Langage: Outil symbolique majeur. Comprend la forme (syntaxe, phonétique), le
contenu (sémantique) et l’usage (pragmatique).
➢Troubles observables: Logorrhée, mutisme, tachyphémie, Barrage, fading,
relâchement des associations, Pauvreté du langage dans la schizophrénie
FONCTIONS DE RELATION
➢Communication non verbale: Gestes, mimiques, regard, Prosodie, intonation,
rythme de la voix,
➢Troubles observables: Discordance affective, Expression figée (dépression,
schizophrénie), Non verbal envahissant (manie)
➢Communication émotionnelle: Elle assure le partage et la compréhension des
émotions, l’expression adaptée ou inadéquate des émotions et la réception des
émotions d’autrui.
➢Troubles associés: Aprosodie émotionnelle, Affect inapproprié, Anesthésie
affective.
FONCTIONS DE RELATION
Les fonctions conatives (intentionnelles)
➢Elles regroupent les capacités psychiques qui orientent ou initient
l’action.
➢Composantes:
• Initiative: (capacité à démarrer une action)
• Motivation (énergie psychique orientée vers un but)
• Volonté et persévérance
• Contrôle de l’impulsivité
• Planification de l’action:
• Prise de décision.
FONCTIONS DE RELATION
➢Ces fonctions sont essentielles pour l’autonomie, l’adaptation
quotidienne et la dynamique relationnelle.
➢Troubles associés: Aboulie; Apragmatisme; Passivité extrême
(schizophrénie déficitaire); Impulsivité pathologique (TDAH, manie,
troubles de personnalité).
FONCTIONS DE RELATION
Les fonctions sociales et intersubjectives
➢Elles organisent le rapport à autrui et régissent les capacités
d’ajustement social.
• Interaction sociale: Capacité à entrer et à maintenir une relation, une
distances adéquates, une réciprocité relationnelle, le partage des codes
sociaux.
• Empathie: Capacité à reconnaître, comprendre et ressentir les
émotions d’autrui.
FONCTIONS DE RELATION
• Théorie de l’esprit: Aptitude à attribuer à autrui des intentions, croyances
et états mentaux.
• Adaptation sociale: Respect des normes sociales, Flexibilité dans les
rapports sociaux, Gestion des conflits.
• Troubles associés: Retrait social (dépression, schizophrénie);
Hyperfamiliarité (manie); Déficits de théorie de l’esprit (autisme,
schizophrénie); Relations instables (trouble borderline)
Conclusion
➢L’étude des grandes fonctions psychiques est essentielle pour
comprendre le fonctionnement global de l’être humain et reconnaître
les altérations qui traduisent un trouble mental.
➢Connaître ces fonctions permet au clinicien d’effectuer un examen
psychiatrique rigoureux, de repérer les symptômes, d’affiner le
diagnostic et d’adapter la prise en charge.
➢Elles constituent ainsi un socle fondamental pour analyser la
souffrance psychique et accompagner le patient avec précision et
humanité.
MERCI
SÉMIOLOGIE
PSYCHIATRIQUE
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours 3_DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
Introduction
I. Plan de l’examen psychiatrique
II. Sémiologie des fonctions primaires
III. Sémiologie des fonctions intellectuelles (cognitives)
IV. Sémiologie des fonctions affectives
V. Sémiologie des fonctions de relation
Conclusion
INTRODUCTION
La sémiologie psychiatrique est l’étude des signes et symptômes qui caractérisent
les troubles mentaux.
Elle permet :
✓d’identifier les perturbations psychiques,
✓d’orienter le diagnostic,
✓de comprendre la dynamique psychopathologique,
✓d’évaluer l’intensité et le retentissement fonctionnel,
✓de guider la prise en charge.
INTRODUCTION
Le diagnostic psychiatrique est surtout clinique, sauf exception.
Il est basé sur une analyse sémiologique fine qui comporte :
1. La description détaillée des signes et symptômes,
2. L’observation de l’attitude du comportement et de l’aspect physique du patient
3. Des échelles d’évaluation,
4. L’analyse des fonctions psychiques,
INTRODUCTION
Des avancées dans de l’imagerie cérébrale :
• L'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) : visualise
l’activité fonctionnelle du cerveau ;
• La Spectroscopie à Résonance Magnétique (SMR) : identifier certains
métabolites tissulaires ;
• La Tomographie par Emission de Positrons (TEP) : image fonctionnelle de
certaines zones du cerveau avec une précision de niveau moléculaire.
INTRODUCTION
Les examens complémentaires permettent de faire le diagnostic différentiel devant
les masques psychiatriques des pathologies organiques:
➢Glycémie en cas d’état d’agitation ;
➢Dosage d’hormones thyroïdiennes état dépressif.
➢Scanner ou IRM cérébral: lésion cérébrale à manifestations psychiatriques (
TVC, tumeurs…)
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
1. Les circonstances de l’examen :
a. Demande : personnelle, par l’entourage, par une autorité judiciaire
(expertise)…
b. Motif de la consultation : symptômes subjectifs
c. Facteurs déclenchants et contexte de survenus du trouble
d. Evolution de la symptomatologie
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
e. Antécédents:
➢Personnels:
• Psychiatrique
• Médicaux
• Chirurgicaux
• Gynéco-obs
• Traumatiques
• Judiciaire
➢Familiaux
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
f. Niveau socio-économique
g. Conduites addictives: notion de consommation de substance psychoactives ou
de comportement addictif
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
h. Biographie:
▪ Conception, déroulement de la grossesse et accouchement
▪ Développement psychomoteur,
▪ Évènements de vie ( confiage, placement, séparation, trauma, maltraitance…)
▪ Scolarisation
▪ Profession
▪ Vie conjugale
▪ Centres d’intérêt
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
i. Dynamique familiale: relation entre le patient et son entourage
j. Profil de personnalité: identification des traits de personnalité pathologique
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
2. Conduite de l’examen :
a. Présentation: Tenue et posture, mimique…
b. Comportement du patient:
a. La désorganisation comportementale se manifeste par des actes
incohérents, des impulsions non contrôlées ou des attitudes étranges.
b. Le maniérisme signifie des gestes répétitifs, théâtralisés ou inadaptés au
contexte.
c. Activité psychomotrice: Agitation, stéréotypie, tremblement
I. PLAN DE L’EXAMEN PSYCHIATRIQUE
c. Examen des fonctions psychiques de base
d. Recueil des données :
• Regrouper les symptômes en syndromes
• Proposer un diagnostic (provisoire)
• Instaurer un traitement.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
1. Troubles des instincts et des besoins
a. L’hyperphagie: se manifeste par une augmentation anormale de la prise
alimentaire, souvent impulsive et difficilement contrôlable
b. Boulimie : besoin impérieux d’absorber une grande quantité d’aliments
survenant par épisodes.
c. Potomanie : besoin de boire de grande quantité de liquide.
d. Dipsomanie : prise de boisson excessive survenant par accès avec ivresse
profonde.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
e. Refus alimentaire : lié à :
➢Une attitude d'opposition,
➢Une croyance délirante que les aliments sont empoisonnés ou contiennent des
substances toxiques ou maléfiques,
➢Un désir de suicide.
f. Géophagie : besoin de manger de la terre.
g. Coprophagie : ingestion des excréments.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
h. Anorexie : manque d’appétit.
L’anorexie mentale: se caractérise par une réduction volontaire et durable de
l’alimentation, motivée par des préoccupations corporelles ou des convictions
délirantes.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
i. La perte de libido: traduit une diminution du désir sexuel, souvent ressentie
comme un appauvrissement affectif ou vital.
j. La clinophilie: correspond à la tendance à rester allongé sans motivation, sans
nécessairement dormir.
k. Le passage à l’acte impulsif: désigne l’exécution brutale d’un comportement
sans anticipation des conséquences.
l. Le raptus: est une impulsion irrésistible, soudaine et brève, pouvant entraîner un
acte violent ou auto-agressif.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
2. Troubles des pulsions
a. L’impulsivité: se manifeste par une incapacité à différer une action malgré ses
risques.
b. L’agressivité impulsive: apparaît comme une réaction brutale, non modulée par
le raisonnement.
c. L’apathie: correspond à une diminution massive de l’initiative et de l’intérêt
pour les activités habituelles.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
d. L’amotivation: se traduit par l’incapacité à initier ou soutenir une action orientée
vers un but.
e. L’anhédonie: désigne l’incapacité à ressentir du plaisir dans des activités
habituellement gratifiantes.
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
3. Sommeil
a. L’insomnie (d’endormissement, de réveil multiple, de réveil précoce, totale).
b. L’hypersomnie: désigne un besoin excessif de sommeil ou une somnolence
diurne anormale.
c. L’inversion du rythme veille-sommeil: correspond au fait de dormir le jour et
de rester éveillé la nuit.
d. Parasomnies (syndrome de jambe sans repos)
II. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS PRIMAIRES
4. Sexualité
a. Chez l’homme : impuissance, éjaculation précoce, anéjaculation, manque de
désir.
b. Chez la femme : frigidité, vaginisme, dyspareunie, manque de désir.
c. L’hypersexualité: traduit une augmentation incontrôlée du désir ou des
comportements sexuels.
d. L’hyposexualité: correspond à une diminution persistante du désir sexuel.
e. Les paraphilies: renvoient à des comportements sexuels atypiques pouvant être
source de souffrance ou de risque.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
1. Conscience
a. L’obnubilation correspond à un état de vigilance réduite où la personne répond
lentement et difficilement aux sollicitations.
b. La stupeur: se caractérise par une immobilité physique et psychique avec
mutisme partiel ou total.
c. La confusion: correspond à un trouble global de la conscience où les
perceptions, la pensée et l’orientation sont désorganisées.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
d. L’onirisme: désigne un état de conscience mêlant rêverie et perceptions
déformées comme dans un rêve éveillé.
e. L’état crépusculaire: correspond à un rétrécissement du champ de conscience
avec actes automatiques et amnésie ultérieure.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
2. Attention
a. La distractibilité: traduit une difficulté à maintenir l’attention, rapidement
détournée par des stimuli extérieurs.
b. La dispersion est l’incapacité à organiser et focaliser son attention sur une tâche
précise.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. L’hyperprosexie correspond à une attention excessivement focalisée sur un détail
ou une idée.
d. La paraprosexie se manifeste par une attention captée par des stimuli internes,
comme les hallucinations.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
3. Mémoire
a. L’amnésie antérograde: est l’incapacité à enregistrer de nouveaux souvenirs
après un événement.
b. L’amnésie rétrograde: correspond à une perte des souvenirs antérieurs à un
traumatisme ou une maladie.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. La confabulation: consiste à combler involontairement les lacunes de la mémoire
par des récits imaginaires.
d. L’illusion de mémoire désigne la conviction erronée qu’un événement nouveau a
déjà été vécu (déjà-vu).
e. Ecmnésie:
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
4. Fonctions exécutives
a. La désorganisation exécutive: correspond à une difficulté à
planifier, organiser ou inhiber des comportements.
b. La rigidité cognitive: se manifeste par une incapacité à changer de
stratégie ou d’idée malgré l’évidence.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
5. Pensée
A. Cours de la pensée
a. La tachypsychie: se caractérise par une accélération du cours des idées rendant
parfois le discours difficile à suivre.
b. La bradypsychie :correspond à un ralentissement notable du processus de
pensée.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. La fuite des idées: désigne un enchaînement très rapide de pensées sans perte
totale de logique.
d. Le barrage: est l’arrêt brutal et involontaire du cours de la pensée.
e. Le fading: désigne une disparition progressive de la voix ou du discours
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
B. Forme de la pensée
a. La pensée illogique: correspond à une incapacité à suivre des raisonnements
cohérents.
b. La diffluence: se manifeste par un discours qui s’écarte progressivement du
sujet initial.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. L’incohérence: correspond à un discours totalement désorganisé.
d. Le coq-à-l’âne: désigne un passage brusque d’un sujet à un autre sans lien
logique.
e. La persévération: consiste à répéter une idée ou un mot malgré un changement
de question.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
C. Contenu de la pensée
a. L’idée délirante: idées fausses par rapport à la réalité commune, vécue avec
certitude, non accessible au raisonnement, non modifiable par la preuve.
b. L’obsession: est une pensée répétitive, intrusive, reconnue comme absurde mais
difficile à chasser
c. La rumination: correspond à une préoccupation mentale répétitive, monotone
et stérile.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
6. Langage
a. Le mutisme: est l’absence totale de langage malgré une fonction physiologique
préservée.
b. La logorrhée: correspond à un flot verbal abondant et difficile à interrompre.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. La pauvreté du discours: se manifeste par des réponses brèves et un manque de
spontanéité verbale.
d. Les néologismes sont des mots inventés n’ayant de sens que pour le patient.
e. Paralogisme: sont des mots utilisés par le sujet auquel il attribut un nouveau sens
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
7. Gnosies et praxies
a. L’agnosie visuelle: est l’incapacité à reconnaître un objet malgré une vision
intacte.
b. L’agnosie auditive: est la difficulté à identifier des sons familiers.
III. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS
INTELLECTUELLES
c. L’apraxie idéomotrice: correspond à l’incapacité à réaliser un geste sur
commande malgré une motricité intacte.
d. L’apraxie constructive: se manifeste par l’incapacité à reproduire ou organiser
des formes dans l’espace.
IV. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS AFFECTIVES
1. Affect
a. L’émoussement affectif: Réduction visible de l’expression émotionnelle.
b. La froideur affective: Absence d’émotions ressenties ou exprimées.
c. L’hyperémotivité: Réactions affectives excessives à des stimuli mineurs.
d. La discordance affective: Inadéquation entre le discours et l’expression
émotionnelle.
IV. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS AFFECTIVES
2. Humeur
a. L’athymie: absence totale d’humeur
b. L’hypothymie: correspond à une diminution globale de la tonalité affective
avec tristesse persistante.
IV. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS AFFECTIVES
c. L’hyperthymie: se manifeste par une exaltation ou un sentiment excessif de bien-
être.
d. La labilité émotionnelle: désigne des variations rapides et imprévisibles de
l’humeur.
e. L’irritabilité: traduit une réactivité excessive aux contrariétés.
IV. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS AFFECTIVES
3. Réactivité émotionnelle
a. L’anhédonie: est l’incapacité à ressentir du plaisir.
b. L’indifférence: affective correspond à une absence apparente d’émotion face à
des situations normalement chargées affectivement.
c. L’hyperréactivité anxieuse: se manifeste par des réponses émotionnelles
disproportionnées ou incontrôlables.
V. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION
1. Perception
a. L’hallucination: perception sans objet à percevoir ( auditive, visuelle,
cénesthésique, olfactive ou gustative .
b. L’automatisme mental: se manifeste par la sensation que ses pensées, actes ou
perceptions sont contrôlés par une force extérieure.
c. L’illusion: correspond à une perception déformée d’un stimulus réel.
V. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION
2. Image et schéma du corps
a. La dysmorphophobie: est la conviction erronée d’une laideur ou d’une
anomalie corporelle.
b. L’asomatognosie: est la perte de reconnaissance d’une partie de son propre
corps.
c. Le délire hypocondriaque: consiste en la conviction d’être atteint d’une
maladie grave malgré les preuves contraires.
d. La dépersonnalisation: déréalisation, désanimation et désincarnation
V. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION
3. Cognition sociale
a. Le déficit de mentalisation: correspond à la difficulté à comprendre les
intentions et émotions d’autrui.
b. La mauvaise reconnaissance émotionnelle: se manifeste par une
incapacité à identifier les expressions faciales.
c. L’interprétation délirante: désigne l’attribution erronée de sens ou
d’intentions à des actes anodins.
V. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION
4. interactions sociales
a. Le retrait social: correspond à une diminution volontaire ou passive des
interactions avec les autres.
b. Agressivité:
c. Relâchement des censures morales:
d. L’apragmatisme: désigne la difficulté à initier ou conduire des actions au
quotidien.
V. SÉMIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION
La catatonie se traduit par une stupeur, une rigidité, des mouvements anormaux ou
une écholalie.
La méfiance pathologique conduit le patient à interpréter les comportements
d’autrui comme hostiles.
La familiarité excessive apparaît comme un comportement trop proche, inadapté ou
intrusif envers les autres.
MERCI
TROUBLE ANXIEUX
TOC
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours 3_DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
I. GENERALITE
II. PHOBIE SPECIFIQUE
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE PANIQUE ET AGORAPHOBIE
IV. PHOBIE SOCIALE
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
CONCLUSION
I. GENERALITES
1. Définition:
L’anxiété est définie comme une "peur sans objet", un sentiment pénible d’un
danger imminent et mal définissable.
➢L’ Anxiété non pathologique « normale » existe………………….et permet des
performances
➢L’anxiété pathologique se distingue de l’anxiété normale par son intensité, sa
durée ,son évolution et son retentissement sur la vie du sujet.
I. GENERALITES
2. Épidémiologie
• Prévalence vie entière de 15 à 25 %,
• Premiers problèmes de santé mentale dans la population générale.
• Débutent généralement dès l’enfance ou l’adolescence, ce qui augmente le
risque d’évolution vers des formes chroniques.
I. GENERALITES
Comorbidités :
➢Les comorbidités sont extrêmement fréquentes. On observe principalement :
• des épisodes dépressifs majeurs,
• d’autres troubles anxieux,
• des troubles liés à l’usage de substances,
• pathologies somatiques (asthme, douleurs chroniques…), souvent en lien avec
une hypervigilance corporelle ou une somatisation.
I. GENERALITES
3. Facteurs de risque
a. Facteurs sociodémographiques
• Les troubles anxieux touchent essentiellement les femmes, avec un rapport de
deux femmes pour un homme.
• Le pic de survenue se situe à l’adolescence et au début de l’âge adulte.
• Un statut socio-économique précaire est associé à un risque accru.
I. GENERALITES
b. Facteurs de vulnérabilité individuels
• On retrouve fréquemment un tempérament anxieux ou une inhibition
comportementale.
• Les antécédents familiaux jouent un rôle important, traduisant l’impact de
facteurs génétiques et de modèles interactionnels.
• Un style éducatif surprotecteur peut renforcer l’évitement et diminuer le
sentiment d’efficacité personnelle.
I. GENERALITES
c. Facteurs environnementaux
• Les événements traumatiques, l’adversité précoce et le stress chronique
augmentent significativement le risque d’anxiété persistante.
• La consommation de substances (caféine, cannabis, stimulants) peut aggraver
les symptômes et favoriser les attaques de panique.
I. GENERALITES
4. Incapacité et retentissement
• Les troubles anxieux entraînent une altération fonctionnelle notable.
• Ils provoquent des absences professionnelles répétées, une baisse de rendement, et
des difficultés dans les relations sociales et familiales.
• La chronicité des symptômes augmente le risque d’isolement et de co-dépression.
I. GENERALITES
5. Coût social
• Ils entraînent un recours augmenté aux consultations médicales, notamment en
médecine générale, souvent pour des motifs somatiques non spécifiques.
• La combinaison des coûts directs (soins) et indirects (arrêts de travail) représente
une charge majeure pour les systèmes de santé.
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
1. Critères diagnostiques
• La phobie spécifique est caractérisée par une peur intense, irrationnelle et
persistante déclenchée par un objet ou une situation clairement délimitée.
• L’exposition au stimulus phobogène provoque une réaction anxieuse immédiate.
• En plus de l’anxiété, La réaction physiologique peut inclure tachycardie,
tremblements, ou malaise vagal (notamment dans la phobie du sang).
• Le sujet met en place des stratégies d’évitement ou endure la situation avec une
forte détresse.
• La phobie doit entraîner un retentissement significatif sur la vie quotidienne.
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
➢Les situations typiques incluent :
• les animaux (araignées, chiens),
• l’environnement naturel (orages, hauteur),
• le sang, les injections ou les blessures,
• certaines situations (avion, tunnels, ascenseurs).
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
3. Diagnostic différentiel :
• Le trouble panique,
• L’agoraphobie,
• La phobie sociale,
• Le TOC lorsqu’une obsession induit l’évitement.
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
4. Étiologie
• Les phobies résultent souvent d’un conditionnement direct (expérience
traumatique),
• d’un apprentissage vicariant (modèle parental anxieux),
• et d’une vulnérabilité génétique.
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
5. Évaluation
• L’évaluation repose sur l’entretien clinique et sur l’utilisation de questionnaires
tels que le Fear Survey Schedule.
II. PHOBIES SPÉCIFIQUES
6. Traitement
➢a. Psychothérapie (référence)
• Les techniques d’exposition, graduées ou massives (flooding), constituent le
traitement de choix.
• La TCC est très efficace, en particulier lorsque les pensées catastrophiques sont
ciblées.
➢b. Traitement pharmacologique
• Les médicaments ne sont généralement pas indiqués. Une benzodiazépine peut
exceptionnellement être utilisée de manière ponctuelle.
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
1. Attaques de panique
• L’attaque de panique correspond à une survenue brutale d’une anxiété intense,
atteignant son paroxysme en quelques minutes.
• Elle s’accompagne de symptômes végétatifs : palpitations, sueurs, tremblements,
dyspnée, vertiges.
• Le sujet ressent souvent une peur de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir
fou.
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
2. Trouble panique
Le trouble panique se définit par :
• La répétition d’attaques de panique inattendues,
• la présence d’une anxiété anticipatoire et la mise en place de conduites
d’évitements.
• Il est fréquemment associé à l’agoraphobie.
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
3. Agoraphobie
• L’agoraphobie se caractérise par la peur des lieux d’où il serait difficile de
s’échapper ou où un secours serait difficile à obtenir.
• Les situations typiques incluent les transports, les centres commerciaux ou les
espaces ouverts, les mosquées, les ascenseurs...
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
4. Diagnostic différentiel
• On doit éliminer certaines pathologies organiques (cardiaques, respiratoires,
endocriniennes), ainsi que d’autres troubles anxieux.
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
5. Étiopathogénie
Les modèles explicatifs incluent :
• une vulnérabilité génétique modérée (héritabilité 30–40 %),
• une hypersensibilité au CO₂,
• des anomalies des systèmes noradrénergique et sérotoninergique,
• des cognitions catastrophiques (interprétation dramatique des sensations
corporelles).
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
6. Traitement
a. Attaque aiguë
• Il est essentiel de rassurer le patient,
• d’expliquer le caractère bénin de la crise et
• d’éviter les examens inutiles.
• Une benzodiazépine peut être donnée ponctuellement
III. ATTAQUES DE PANIQUE, TROUBLE
PANIQUE ET AGORAPHOBIE
b. Traitement au long cours
• Les ISRS (et les IRSNa) sont les médicaments de première intention.
• La TCC associe psychoéducation, exposition interoceptive et restructuration
cognitive.
• L’association ISRS + TCC donne les meilleurs résultats.
IV. PHOBIE SOCIALE
1. Définition
• La phobie sociale correspond à une peur persistante d’être observé, jugé ou
humilié.
• Elle implique des situations de performance (prise de parole) ou des interactions
sociales.
IV. PHOBIE SOCIALE
2. Épidémiologie
• La prévalence vie entière se situe entre 7 et 12 %.
• Le début survient souvent à l’enfance ou l’adolescence, et le trouble touche plus
fréquemment les femmes.
IV. PHOBIE SOCIALE
3. Clinique
• L’anxiété se manifeste par des rougeurs, des tremblements, des blocages ou des
conduites d’évitement.
• Il existe des formes généralisées ou spécifiques (situation de performance).
• Le retentissement professionnel est majeur.
IV. PHOBIE SOCIALE
4. Comorbidités
• Les comorbidités principales sont la dépression, la consommation d’alcool et les
autres troubles anxieux.
IV. PHOBIE SOCIALE
5. Physiopathologie
• On retrouve des déterminants :
• tempéramentaux (inhibition comportementale),
• cognitifs (biais attentionnel sur les signes de menace sociale),
• environnementaux (style parental critique, humiliations).
IV. PHOBIE SOCIALE
6. Traitement
a. Médicaments
• Les ISRS et IRSNa constituent les traitements pharmacologiques de référence.
• Les benzodiazépines peuvent être utilisées ponctuellement pour une
performance.
b. Psychothérapie
• La TCC est très efficace et combine exposition en groupe, restructuration
cognitive et apprentissage des compétences sociales.
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
1. Épidémiologie
• Le TAG touche 3 à 6 % de la population générale.
• Il débute insidieusement et évolue de manière chronique, avec des fluctuations
selon les périodes de vie.
• Le sexe féminin est nettement plus touché.
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
2. Clinique
• Il se caractérise par une inquiétude excessive et persistante présente la plupart du
temps depuis au moins six mois.
• Le sujet a du mal à contrôler ces inquiétudes.
• Les symptômes somatiques associés incluent une tension musculaire, une
irritabilité, une fatigabilité et des troubles du sommeil.
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
3. Facteurs associés
• Le TAG est favorisé par un tempérament anxieux, des antécédents familiaux et des
comorbidités dépressives fréquentes.
• Le névrosisme et l’intolérance à l’incertitude sont des traits particulièrement
impliqués.
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
4. Mécanismes cognitifs
• Les ruminations et les inquiétudes jouent souvent un rôle d’évitement émotionnel,
empêchant le traitement adaptatif des émotions.
V. TROUBLE ANXIEUX GÉNÉRALISÉ (TAG)
b. Psychothérapies
• La TCC comprend un travail sur les inquiétudes, l’exposition cognitive, la
résolution de problèmes et les techniques de pleine conscience.
• Les techniques de relaxation peuvent compléter le traitement.
CONCLUSION
• Les troubles anxieux constituent un ensemble de pathologies fréquentes,
invalidantes et souvent chroniques.
• Une compréhension fine de leurs déterminants biologiques, psychologiques et
environnementaux est indispensable pour proposer des interventions efficaces.
• Les TCC et les antidépresseurs ISRS/IRSNa représentent les traitements de
référence, mais l’accompagnement psychoéducatif, la détection précoce et la prise
en charge des comorbidités sont tout aussi essentiels pour prévenir l’évolution vers
la chronicité
TOC
GENERALITE
Définition:
• Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) correspond à l’entité
classique « névrose obsessionnelle » qui constituait, à coté de la névrose
hystérique et celle phobique, la troisième forme de névrose structurée.
• Elle était considérée comme une affection rare, grave car la plus ouverte sur les
psychoses et peu sensible au traitement.
GENERALITE
• Le TOC se caractérise sur le plan clinique par l’existence d’obsessions et/ou
compulsions récurrentes
• Le développement de nouvelles techniques thérapeutiques efficaces associant AD
et TCC a permis d’améliorer le pronostic de cette maladie.
GENERALITE
EPIDEMIOLOGIE
• La prévalence sur la vie entière du TOC est de 1,5 à 2,5%.
• Le sex ratio est voisin de 1 (très légère prédominance féminine).
• Mais, le TOC commencerait plus tôt chez les garçons et le type de TOC serait influencé
par le sexe : les hommes ont plus fréquemment des obsessions sexuelles, de symétrie,
d’exactitude et des rituels bizarres;
• les femmes ont davantage des obsessions agressives et des rituels de lavage.
• L’âge de début est en général inférieur à 25 ans.
GENERALITE
• Facteurs déclenchants : surcharge ou difficultés professionnelles, événement de
vie (divorce, mariage, accouchement), une agression physique ou psychologique.
• Certains facteurs somatiques peuvent intervenir dans le déclenchement d’un
TOC: la chorée de Sydenham, l’épilepsie temporale, les TC, l’usage de
psychostimulants
• Un terrain familial est suspecté dans l’émergence du TOC (20-25% des parents
de 1er degré des patients souffrent de TOC
GENERALITE
Comorbidité:
• trouble anxieux (60%),
• EDM (80%)
• la maladie de Gilles de la Tourette (20%).
L’évolution
Le TOC est chronique dans 80% des cas.
ETUDE CLINIQUE
• Le tableau clinique du TOC comprend les obsessions et les compulsions dans 75% des
cas.
A-Les Obsessions:
• Définition: pensées, impulsions, idées ou représentations mentales récurrentes et
persistantes ressenties comme intrusives, absurdes et inappropriées entraînant une anxiété
ou une détresse importante.
• Ces pensées font irruption dans, assiègent le fonctionnement mental, elles sont
incontrôlables mais le patient fait de les neutraliser, sans y parvenir. Il s’agit de la lutte
anxieuse
ETUDE CLINIQUE
• Le patient reconnaît que les idées obsédantes proviennent de sa propre activité
mentale et critique leur caractère irrationnel et absurde ce que génère en plus un
sentiment de culpabilité et de honte (par la nature inacceptable de la pensée
obsessionnelle).
• Il est donc égodystonique par rapport à ses obsessions.
• Cependant, un certain nombre de sujet essaie de rationaliser leurs obsessions (ex :
un excès de propreté est bien)
ETUDE CLINIQUE
• Les thèmes les plus fréquents des obsessions sont : contamination ou saleté (45
%), doute (42 %), peur de la maladie (36 %), besoin de symétrie ou de perfection
(31 %), impulsions agressives (28 %), impulsions sexuelles (26 %).
• L’anxiété pénible et lancinante engendrée par ses obsessions est calmée
provisoirement par les rituels ou les compulsions qui sont le plus souvent : lavage,
vérification et actes mentaux (se répéter des phrases, compter mentalement) ou
gestuels (répétition de gestes, de toucher).
ETUDE CLINIQUE
Il existe trois types d’obsessions :
• 1) Obsession phobique:
c’est la crainte spécifique d'un objet où l'angoisse apparaît à la simple évocation
mentale de l'objet (en l’absence réelle de l’objet ≠ du phobie).
• 2) Obsession idéative :
• Elles se présentent sous 2 formes:
d’interrogation ou de représentation mentale
ETUDE CLINIQUE
a-forme d’interrogation
« folie du doute » : ruminations obsédantes souvent très aliénantes, où le sujet est
assiégé par des idées et des interrogations:
• soit centrées sur les gestes de la vie quotidienne : « ai-je fermé la porte »
• soit centrées sur la morale, la religion, la philosophie, la métaphysique
b-représentations mentales
souvent sexuel (représentations pornographiques, incestueuses) ou de violence
(crime)
ETUDE CLINIQUE
• 3) Obsession impulsive ou phobie d’impulsion (≠ phobie):
crainte de commettre de façon irrésistible et contre sa propre volonté un acte
absurde, ridicule, incongru, immoral ou criminel.
ETUDE CLINIQUE
• B-Les compulsions :
• Ce sont des phénomènes équivalents aux obsessions, mais concernant non plus
les idées mais des actes. Ces actes partagent le caractère des obsessions :
phénomènes répétés et pénibles qui s'imposent de façon contraignante au sujet,
impossibles à différer, reconnus par le sujet comme excessifs, absurdes et
irrationnels gênant le fonctionnement social et entraînant une perte de temps.
ETUDE CLINIQUE
• C-Les rituels :
• Il s’agit de répétitions ritualisées d’actes contraints ayant un caractère
conjuratoire et magique, destinés à lutter contre les obsessions et à prévenir
d'éventuelles catastrophes.
• L'acte n'a plus la logique d'une compulsion de lavage ou de vérification.
• Ex: l'arithmomanie (contrainte d'opérer des séries de calculs mentaux, de plus en
plus complexes),
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Affections médicales:
• a-Le syndrome de Gilles de la Tourette:
• b-Épilepsie temporale: phénomènes obsédants paroxystiques (pensée forcée de
Penfield) =>EEG
• a-Les troubles phobiques.
• b-L’hypocondrie:
• c-Les dépressions majeures : ruminations obsédantes égosyntoniques
• d-L'automatisme mental
• f-La SCZ:
• h-La trichotilliomanie :
TRAITEMENT
Traitement médicamenteux :
• ATC: Clomipramine (Anafranil)* avec une posologie élevée entre 75 et 300 mg.
• Les ISRS ont pour avantage d’allier efficacité et tolérance=traitement de 1ère
intention
• fluoxétine (Prozac)* 40 à 60 mg; sertraline (Zoloft)* 150 à 225mg;
• paroxétine (Deroxat)* 40 à 60mg; escitalopram (Seroplex)* 40 à 60mg, etc.
• IRSNA : venlafaxine (Effexor)* 75 à 225 mg
TRAITEMENT
• Les posologies efficaces des AD dans le TOC sont plus élevées que les doses
efficaces dans la dépression majeure.
• Le délai d’action est plus long=> de 8 à 12 semaines.
• La poursuite du ttt sur plusieurs années est la règle (>2/3 de rechutes à l’arrêt du
ttt).
• La durée initiale du traitement est de 12 à 24 mois.
• Au long cours, il est possible de réduire la posologie de 10 à 20% tous les 2 mois
jusqu’à l’obtention de la dose minimale efficace.
• Une amélioration clinique est constatée chez 50 à 60% des patients sous ISRS.
TRAITEMENT
Traitement somatique :
• L’électrochoc: peut également être un recours en cas de TOC associé à une
dépression.
• La SMT: en cours d’étude, données contradictoires
• La psychochirurgie est destinée aux formes très sévères et résistantes :
cingulotomie, capsulotomie (non standardisées).
• Les techniques de stimulation cérébrale profonde (SCP): en cours
d’exploration pour les TOC résistants+sévères.
TRAITEMENT
Les thérapies cognitivo-comportementales :
• l’exposition avec prévention de la réponse ritualisée (EPR): il s’agit d’exposer
le patient au stimulus qu’il redoute tout en l’encourageant à différer voir à
supprimer la réponse ritualisée.
• L’exposition peut être graduée ou sous forme de flooding. La prévention de la
réponse : le patient ne doit plus faire de compulsions pour lutter contre l’angoisse
(il y aura d’abord une habituation aux stimuli anxiogènes puis une extinction des
compulsions). L’efficacité a été objectivée dans 50 à 70% des cas.
TRAITEMENT
• Cette thérapie est complémentaire du traitement médicamenteux
• La durée du traitement psychothérapique est de 6 à 12 mois à raison de
deux séances par semaine.
• La thérapie comportementale est inapplicable dans le cas d’obsessions
pures et inefficace en cas de TOC accompagné de dépression majeure.
• Elle implique la présence d’une autocritique et une grande motivation ;
• Un des obstacles de la thérapie réside dans l’effort que doivent fournir
les patients pour s’exposer.
TRAITEMENT
• Les thérapies cognitives aident le patient à repérer les pensées intrusives et les
rituels cognitifs neutralisants, puis tentent de modifier sa stratégie de pensée.
• Elles représentent un adjuvent utile à la thérapie comportementale et au TTT
médicamenteux.
MERCI
TROUBLE DE L’HUMEUR
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours 1_DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
I. Généralités
II. Etats dépressifs
III. Etats maniaques
IV. Trouble bipolaire
Conclusion
GÉNÉRALITÉS
▪ L’humeur ou thymie est « une disposition affective de base qui donne à
chacun de nos états d’âme une tonalité agréable ou désagréable oscillant entre
deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur » . [Link]
▪ « C’est la disposition affective dominante ou tonalité affective qui colore la
perception du monde et module l’activité intellectuelle ».
GÉNÉRALITÉS
HUMEUR = THYMIE
c’est la tonalité affective de base qui colore chacun de nos états
psychologiques.
agréable
désagréable
Manie
normale
dépression
4
GÉNÉRALITÉS
▪ TROUBLES PLUS FRÉQUENTS, TANT EN POPULATION
GÉNÉRALE QUE DANS LA PRATIQUE PSYCHIATRIQUE.
GÉNÉRALITÉS
▪ Deux aspects cliniques très contrastés :
Les syndromes dépressifs, de loin les plus fréquents, sont caractérisés par une
humeur triste, abaissée, déprimée ;
Les syndromes maniaques, relativement plus rares, s'accompagnent à l'inverse
d'une humeur euphorique et expansive.
Le trouble bipolaire, qui représente l'élément central de la maladie maniaco-
dépressive,
Les troubles dépressifs : épisodes dépressifs isolés ou récurrents, dysthymie,
dépressions brèves récurrentes, etc.
I. Généralités
II. Etats dépressifs
III. Etats maniaques
IV. Trouble bipolaire
Conclusion
ETATS DÉPRESSIFS ( EDM)
A .EPIDEMIOLOGIE
▪ La dépression reste la pathologie la plus fréquente des affections psychiatriques
dans le monde: 121 Millions (OMS), en France (3millions), BURKINA FASO 4,1%
(2009)
▪ Sex-ratio: 2 F pour 1 H
▪ Prévalence vie entière : 5 à 25 %
▪ Pathologie « universelle »: prévalence indépendante des critères ethniques ,culturels
,religieux et géographiques.
ETATS DÉPRESSIFS
▪ C’est Une maladie qui peut vous empêcher de parler, de
rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le
matin ,une maladie qui peut vous empêcher de vivre…
ETATS DÉPRESSIFS
B. ETIOPATHOGENIE
Endogène ou psychogène?
ENDOGÈNE
? PSYCHOGÈNE
10
ETATS DÉPRESSIFS
MULTIPLES HYPOTHÈSES
« Psychologiques » « Sociologiques »
« Biologiques »
-Approche analytique Facteurs favorisants
-Neurobiologie
-Approche cognitive et facteurs précipitants
-Endocrinologie
-Génétique
MULTIFACTORIEL
ETATS DÉPRESSIFS
C/ Clinique
1/ Présentation, Contact
▪ Négligence corporo-vestimentaire
▪ Contact difficile, personne isolée
▪ Hypomimie, amimie, oméga mélancolique
ETATS DÉPRESSIFS
2/ Trouble de l'humeur
▪ Tristesse pathologique de l'humeur (sentiment de malheur irrémédiable),
pessimisme, perte de l'élan vital
▪ Anesthésie affective ,ennui
▪ Hyperesthésie ,irritabilité, labilité émotionnelle ,avec crises de larmes
▪ Anhédonie, perte des intérêts
▪ Aboulie : perte d’initiative ,absence d’envie
ETATS DÉPRESSIFS
3/ Trouble du contenu de la pensée :
Elle peut envahir tous les champs temporels :
➢le passé :
▪ Reconstitution négative du passé
➢le présent :
▪ Culpabilité exagérée ,avec vécu d’indignité
▪ Autodépréciation : s’adresse à lui-même nombre de reproches et de
critiques
➢l’avenir :
▪ Pessimisme :sensation d’avenir bouché
▪ Incurabilité
ETATS DÉPRESSIFS
▪ 4 / Idées suicidaires: +++
▪ désir de mort
• plus ou moins intense ,et
• plus ou moins durable
• fait toute la gravité du syndrome dépressif
ETATS DÉPRESSIFS
5/ Ralentissement psychomoteur :
➢ Psychique
▪ Bradypsychie
▪ Difficultés de concentration (esprit « embrumé »),troubles mnésiques
▪ Inhibition intellectuelle, monoidéisme (rumination d'une même pensée)
▪ Inhibition de la volonté (= aboulie)
▪ Discours ralenti et monocorde voire mutisme
▪ Indécision, incapacité à faire des choix
ETATS DÉPRESSIFS
➢Moteur :
▪ Inhibition motrice, inertie, apragmatisme
▪ Pauvreté mimique voire amimie , clinophilie
▪ A l'extrème :état stuporeux (absence de mouvements volontaires),
catatonie.
ETATS DÉPRESSIFS
6/ Troubles somatiques
▪ Troubles du comportement alimentaire : anorexie avec amaigrissement 90%
ou hyperphagie 10%
▪ Troubles du sommeil : insomnie ( réveil précoce 90%) ou hypersomnie 10%
▪ Asthénie : symptôme quasi constant, défini par une fatigue et une fatigabilité
▪ Troubles du comportement sexuel : baisse de la libido, frigidité, impuissance
ETATS DÉPRESSIFS
▪ 7/ Symptômes anxieux : Symptôme très fréquent du syndrome dépressif
▪ 8 / Idées délirantes :
• Limités dans le temps à l’épisode dépressif
• Thèmes congruents à l'humeur : incurabilité, culpabilité, persécution,
idées de ruine, voire syndrome de Cotard (= négation de l'individu et du
monde extérieur, négation d'organes, transformation voire négation
d'organes, idées d'immortalité, idées de damnation)
• Mécanismes intuitifs et interprétatifs, parfois activité hallucinatoire
ETATS DÉPRESSIFS
D/ Formes cliniques
▪ Selon l’évolution dans le temps: Trouble dépressif récurrent, Dépression
chronique, Trouble saisonnier de l’humeur,
▪ Selon l’âge et sexe: Enfants, adolescents, sujets âgés, femme.
▪ Selon la symptomatologie: . Mélancolie, atypique, masquée, agitée.
▪ Selon les étiologies: d’origine organique (Hypothyroïdie , AVC), induite par
une substance, compliquant un autre trouble psychiatrique.
ETATS DÉPRESSIFS
E/ Complications
▪ TS, SUICIDE+++
▪ Handicap social, affectif et professionnel
▪ Abus de substances
▪ Troubles somatiques dus à l’anorexie et à l’incurie
▪ Si catatonie : escarres, complications de décubitus
ETATS DÉPRESSIFS
LE PROCESSUS SUICIDAIRE: 5 phases:
▪A. La recherche de stratégies ou de solutions à la crise.
▪B. L'apparition des idées suicidaires.
▪C. La rumination de l'idée suicidaire.
▪D. La cristallisation et la planification d'un scénario suicidaire.
▪E. L'élément déclencheur et le passage à l'acte.
ETATS DÉPRESSIFS
G/ traitement
EVALUATION et SURVEILLANCE DU
RISQUE SUICIDAIRE ++++
ETATS DÉPRESSIFS
➢Chimiothérapie
▪ Suivi en ambulatoire: si dépression modérée sans risque suicidaire avéré.
▪ Hospitalisation pour les formes graves;
▪ Antidépresseurs;
▪ Antidépresseurs et Neuroleptiques
▪ Antidépresseurs et anxiolytiques
➢Psychothérapies
➢Sismothérapie
I. Généralités
II. Etats dépressifs
III. Etats maniaques
IV. Trouble bipolaire
Conclusion
ETATS MANIAQUES
A/ Clinique
1/ PRÉSENTATION, CONTACT:
▪ Tenue débraillée, négligée, exubérante, extravagant,
▪ Agitation incessante, déambulation
▪ Hypermimie, clins d’œil,
▪ Hypersyntonie
▪ Contact facile et familier
ETATS MANIAQUES
2/ Trouble de l'humeur
▪ Euphorie expansive :
▪ Humeur versatile :
▪ Relâchement des censures morales et sociales
ETATS MANIAQUES
3/ Troubles du contenu de la pensée: Fabulation pseudo-délirante ou
réellement délirante :
▪ Mécanismes: essentiellement imaginatifs et interprétatifs. Parfois,
activité hallucinatoire.
▪ Thèmes: congruents à l’humeur : idées de grandeur, de persécution,
mégalomaniaque, mystique, prophétique, de richesse.
ETATS MANIAQUES
4/ Excitation psychomotrice : Hyperactivité stérile (désordonnée, sans but
précis)
▪ Psychique: Tachypsychie, fuite des idées, logorrhée, du coq-à-l’âne, jeux de
mots Projets ou prodigalité.
▪ Motrice : Agitation, voire agressivité, Hyperactivité, hyper-mobilité , Hyper-
expressivité (hypermimie)
ETATS MANIAQUES
5/ Troubles somatiques
▪ Troubles du sommeil : Insomnie
▪ Troubles du comportement alimentaire : gloutonnerie, hyperphagie avec
amaigrissement parfois anorexie
▪ Déshydratation due à l’agitation
▪ Troubles du comportement sexuel : hypersexualité
ETATS MANIAQUES
▪ B/ Formes cliniques
▪ Manie furieuse ( fureur maniaque)
▪ Manie confuse
▪ Manie délirante
▪ Hypomanie
▪ Manie atypique (DISCORDANCE)
ETATS MANIAQUES
C/ Diagnostics différentiels
▪ BDA.
▪ Trouble schizo-affectif.
▪ Pathologies organiques: Confusion mentale, ivresse aigue, intoxication,
tumeur++, encéphalite, corticoïdes, l-dopa, oestro-progestatifs, hormones
thyroïdiennes, épilepsie, cushing, dysthyroïdie
ETATS MANIAQUES
D/ Complications
▪ Dépenses ou décisions inconsidérées
▪ Abus de substances
▪ Retentissement social, affectif et professionnel
▪ Passage a l’acte hétéro agressif
ETATS MANIAQUES
E/ Evolution
▪ Évolution favorable : sans traitement en 6 à 8 mois,
avec traitement en 4 à 6 semaines
▪ Mode d’entrée dans un trouble bipolaire
ETATS MANIAQUES
F/ Traitement
▪ Urgence thérapeutique
▪ bilan complet clinique et para clinique ++
▪ Hospitalisation en service de psychiatrie,
▪ Sauvegarde de justice
▪ Chimiothérapie: Thymorégulateurs (lithium, carbamazepine, valproate de
sodium), antipsychotiques, hypnotiques
▪ Sismothérapie
I. Généralités
II. Etats dépressifs
III. Etats maniaques
IV. Trouble bipolaire
Conclusion
LE TROUBLE BIPOLAIRE
A. Définition:
C’est une forme cyclique de dérèglement de l’humeur où alternent de façon
variable des épisodes dépressifs, des accès maniaques et des intervalles libres
pendant lesquels le sujet est euthymique.
LE TROUBLE BIPOLAIRE
B/ Classification
Trouble Unipolaire Trouble Bipolaire
Type I Type II Type III
▪ Cycles rapides : si >4 épisodes en un an
▪ Cyclothymie : épisodes de type II pendant au moins 2 ans avec moins de 2
mois sans symptômes
▪ Episode mixte
LE TROUBLE BIPOLAIRE
C/ Diagnostic différentiel
▪ Trouble schizo-affectif
▪ Dysthymie
LE TROUBLE BIPOLAIRE
D/ Evolution
▪ Suicide
▪ Conduites addictives, dépendances aux psychotropes
▪ Retentissement social, familial et professionnel
▪ Difficultés d’adaptation professionnelle marquées
▪ Seuls 40% des BP ont une occupation professionnelle stable
LE TROUBLE BIPOLAIRE
E/ Traitement
▪ Traitement curatif de l’accès aigu (dépressif ou maniaque)
▪ Traitement prophylactique des récidives thymiques: Thymoregulateurs:
(Lithium, Tegretol)
▪ Psychothérapie : Psycho-éducation
CONCLUSION
▪ DIVERS ET VARIES
▪ CARACTERE FAMILIAL
▪ PRONOSTIC FONCTIONNEL ENGAGE(Parfois VITAL)
▪ PREVENTION DES RECHUTES ( chimiothérapie + psycho-éducation)
MERCI
LES PSYCHOSES AIGUES
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours _DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
I. PSYCHOSE DELIRANTE AIGUE (PDA)
II. CONFUSION MENTALE
III. TROUBLE PSYCHIATRIQUES DE LA
GROSSESSE ET DU POST-PARTUM
▪PSYCHOSE DELIRANTE AIGUE
(PDA)
I. GENERALITES
I.1 Définition:
➢L'éclosion soudaine et transitoire d’un épisode délirant dont les thèmes et les
mécanismes sont multiples ( d’où l’appellation française de BDP)
➢une véritable crise délirante non confusionnelle,
➢Surviennent généralement chez le sujet jeune
4
I. GENERALITES
I.2 Nosographie
➢Le terme de psychose aigue ne figure pas dans les 2 classifications
psychiatriques : CIM 10 et DSM IV .
➢la CIM10 isole la catégorie des troubles psychotiques aigus et transitoire (F
23) .
➢Le psychotique bref du DSM IV correspond à la bouffée délirante de la
nosologie française.
5
II. CLINIQUE
II.1 Circonstances de découverte
➢Sujet entre 16 et 35 ans, sans antécédents psychiatriques personnels.
➢Personnalité pré morbide type psychopathique, névrotique ou schizoïde.
➢Facteurs déclenchants souvent retrouvés
6
II. CLINIQUE
II.2 Début
➢Début brutal « coup de tonnerre dans un ciel serein »
➢Sous forme d’expérience délirante qui s’impose au sujet
➢Et entraine une modification de la relation au monde
➢Vécue avec perplexité , angoisse ou exaltation
➢Signes prodromiques (trouble du sommeil, anxiété, tristesse, irritabilité…)
7
II. CLINIQUE
II.3 Phase d’Etat
➢Délire d’emblée polymorphe dans ses mécanismes et ses thèmes
➢Mal structuré , non systématisé, sans cohérence et variable d’un moment à
l’autre
8
II. CLINIQUE
➢Mécanismes générateurs du délire +++
- Hallucinations psychosensorielles +++ intrapsychiques
- Automatisme mental
- Intuitions ( soudaines, révélatrices)
- Interprétatives
9
II. CLINIQUE
➢Thèmes: multiples, changent rapidement
- Grandeur, mystico-religieux, érotique, d’influence…
- Persécution , de possession (en Afrique+++)
➢ Non systématisé
➢L'adhésion est totale (participation affective sans aucune critique du délire)
➢Syndrome dépersonnalisation ( mode d’entré parfois)
10
II. CLINIQUE
II.4 Signes associés
➢Participation thymique:
➢Altération de la vigilance:
➢troubles du comportement:
➢Signes Physiques: L’insomnie est le plus fréquent
11
III. EVOLUTION
➢A court terme
- Episode régressif et unique (33%)
➢A long terme ( devenir d’une PDA incertain)
- Episode intermittente avec récidive(33%)
- Vers la chronicité (33%)
12
IV. PRONOSTIC
III.1.7.1 Facteurs pronostic favorable (1):
o Début brutal avec facteur déclenchant,
o brièveté de l’accès
o Multiplicité des thèmes et des mécanismes
o Absence d’éléments dissociatifs
o Importance des troubles thymiques
o L’absence de trouble de la personnalité pré morbide
o Evolution bonne et rapide sous traitement, avec critique du délire
o Absence d’antécédents familiaux
13
IV. PRONOSTIC
o Un début insidieux sans facteur déclenchant,
o Délire monothématique,
o Personnalité pré morbide de type schizoïde,
o La présence d’éléments dissociatifs,
o Résolution incomplète et absence de critique de délire,
o Le sexe masculin,
o Le jeune âge,
o La durée de l’épisode a la plus grande valeur pronostique plus de PDA
au delà de 6 mois).
14
V. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL:
➢Manie délirante
➢Mélancolie délirante
➢Confusion mentale:
➢Moment fécond d’une psychose chronique
15
V. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL:
➢BDA primaire, d’emblée sans facteur déclenchant: personnalité
schizoïde, névrotique, psychopathique.
➢BDA secondaire à un facteur psychogène ou réactionnelle ( forme
africaine décrite par H. Collomb)
➢BDA secondaire à une cause organique ( les facteurs d’agression
encéphalique)
16
VI. TRAITEMENT
VI.1. Traitement médicamenteux:
➢Antipsychotiques atypique en première intention
➢ Antipsychotiques typique en deuxième intention
➢ Anxiolytiques: Diazépam (Valium) amp 10mg
➢Hypnotiques: Alimémazine (Thérelène) 4% sirop, Zolpidem (Stilnox) 10 mg cp
VI.2 soutien psychologique
17
▪CONFUSION MENTALE
I. GENERALITES
I. 1 Définition
Trouble de la conscience aigu, transitoire et réversible:
✓obscurcissement de la conscience (engourdissement, torpeur)
✓désorientation temporo-spatiale
✓délire onirique (inconstant)
II. CLINIQUE
II. 1 Mode de début:
➢Apparition à tout moment, facteurs exogènes +++
➢Progressif en quelques jours (insomnie, céphalée +++)
➢Brutal: accès d’onirisme, brutale obnubilation de la conscience et
profonde désorientation.
II. CLINIQUE
II. 2 Phase d’état
Présentation: impression d’hébétude et d’égarement, regard hagard,
Comportement: Tantôt mouvements sont lents, maladroits, parfois mutisme
stuporeux, Tantôt bruyant avec agitation désordonnée et stérile.
Conscience: incapacité d’opérer une synthèse et une différenciation suffisantes des
contenus psychiques. Activité perceptive déficitaire, Hypovigilance, hypoprosexie,
concentration et adaptation (-), propos incohérents
II. CLINIQUE
II. 2 Phase d’état
Désorientation temporo-spatiale
Mémoire: amnésie antérograde et rétrograde, Fausses reconnaissances ++
Perplexité anxieuse+++: état de désarroi et sentiment d'impuissance avec
grande angoisse
II. CLINIQUE
II. 2 Phase d’état
Délire onirique (onirisme) : expérience délirante et hallucinatoire typique des états
confusionnels. Apparition à l'état de veille, du mode de pensée caractérisant le rêve
délire vécu et agi dans une ambiance confuse
Signes physiques: dénutrition, déshydratation, fièvre, oligurie, insomnie,
céphalées++, anorexie, constipation
Signes biologiques :Glycémie, CRP, urée, ionogramme sanguin, ponction lombaire,
recherche de toxique, gaz du sang…
III. EVOLUTION ET PRONOSTIC
Guérison dans la grande majorité des cas
• Amélioration de l’état physique sans séquelles
• Durée variable, parfois très brève (ivresse toxique ou un accident
hypoglycémique), en général de quelques jours à quelques semaines.
• Parfois déficit intellectuel +/_ signes neurologiques.
• Amnésie lacunaire++ (période concernant les troubles)
IV. FORMES CLINIQUES
• Forme stuporeuse: akinésie, obnubilation, inertie, mutisme
• Forme hallucinatoire: onirisme et agitation concomitante.
• Forme d’onirisme pure: PDA à forme oniroïde
• Syndrome de Korsakov
V. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
• Démence
• Dépression
• Schizophrénie
• Psychose délirante aiguë
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
• Causes infectieuses
• Causes toxiques
• Puerpéralité
• Affections endocriniennes et métaboliques:
• Affections cérébrales:
• Emotions:
V.I TRAITEMENT
• Traitement de la cause
• Traitement symptomatique
• Psychothérapies
▪TROUBLES PSYCHIQUES DE LA
GROSSESSE ET DU POST-PARTUM
I. GENERALITES
I. 1 Définition :
▪ Les troubles psychiatriques de la grossesse et du post parfum correspondent
aux états psychopathologiques liées à la période de la gravido-puerpéralité :
grossesse, accouchement, allaitement, sevrage, mais aussi avortement
volontaire ou médicale ou mort fœtale in utéro.
▪ l’âge moyen des femmes atteintes est : de 25 à 35 ans.
▪ Plus fréquent chez les primipares.
II. CLINIQUE
II. 1 Circonstances de découverte:
▪ Primipare âgée
▪ Antécédents familiaux
▪ Personnalité pathologique: état limite, psychopathique, immature
▪ Début: les 2semaines ou à J10
II. CLINIQUE
II. 2 Phase de début
▪ Brutal: « coup de tonnerre dans un ciel serein »
▪ prodromes:
❑Plaintes somatiques
❑Asthénie
❑Rumination anxieuse
❑Agitation nocturne
❑Insomnie ↑par des cauchemars
▪ confusion mentale/doutes
▪ Désintérêt pour l’enfant et éviction des contacts
II. CLINIQUE
Phase d’état: délire + perturbation de la conscience
▪ Délire oniroïde: recrudescence nocturne
▪ Persécutoire et terrifiant
▪ Thèmes: sur relation mère-enfant
❑Déni: enfant, maternité, conjoint(« sosie »)
❑Conviction que l’enfant malade → va mourir
❑Angoisse majeure: dépersonnalisation
▪ Labilité émotionnelle: agitation → stupeur
▪ Réaction: risque d’infanticide(++++)
III. EVOLUTION:
▪ Favorable en quelques semaines ou mois (80%)
▪ Récidive (20%)
▪ Chronicité: mode d’entrée dans la schizophrénie
IV. FORMES CLINIQUES
1. Autres troubles psychiques du post-partum (Post-partum blues…)
2. Manifestations psychiques de la grossesse ( trouble de l’humeur et
psychotique….)
3. Décompensation organique (SEP, tumeur cérébrale…)
4. Forme de l’homme: syndrome de la couvade (Conjoint: « grossesse nerveuse
de l’homme »)
V. DIFFÉRENTIEL
▪ Confusion mentale infectieuse
▪ Thrombophlébite cérébrale:
VI. TRAITEMENT
1. Hospitalisation
2. Psychothérapie
3. Chimiothérapie (Antipsychotiques, Antidépresseurs: ADT,
Thymorégulateurs, Anxiolytiques
4. sismothérapie
MERCI
LES PSYCHOSES
CHRONIQUES
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours _DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
I. SCHIZOPHRENIE
II. PSYCHOSE PARANOIAQUE
III. PSYCHOSE HALLUCINATOIRE CHRONIQUE
CONCLUSION
▪SCHIZOPHRENIE
GÉNÉRALITÉS
1. Définition
❑« skhizein » : fendre / « phrein » : esprit
❑« Ensemble de troubles où dominent la discordance, l'incohérence idéo-
verbale, l'ambivalence, l'autisme, les idées délirantes, les hallucinations mal
systématisées et de profondes perturbations affectives dans le sens du
détachement et de l’étrangeté des sentiments » Henry EY
GÉNÉRALITÉS
2. Epidémiologique
➢répartition universelle homogène
➢fréquente (1% population)
➢pic 15 -35ans
ETUDE CLINIQUE
1. TDD : Schizophrénie paranoïde
❑Début:
➢Sujet 15-35 ans avec ou sans antécédent psychiatrique
➢Fléchissement de l’activité scolaire ou professionnelle, désinvestissement pour les
activités habituelles
➢Modification de l’affectivité
➢Idées délirantes et hallucinations
ETUDE CLINIQUE
❑Etat
❖ Syndrome dissociatif
➢Sphère intellectuelle
▪ Troubles de la pensée (Barrage, Fading mental, Troubles des associations, Pensée
circonstanciée…)
▪ Troubles du langage (Mutisme, mussitation, Soliloquie, chuchotements,
paralogisme, néologisme…)
▪ Trouble du système logique (Rationalisme morbide…)
ETUDE CLINIQUE
➢Sphère instinctivo-affective
▪ Athymhormie : perte de l'élan vital
▪ Ambivalence affective : émergence de sentiments contradictoires
▪ Variabilité des expressions émotionnelles : (fous rires immotivés, accès de colère)
▪ Régressions instinctivo-affectives : masturbation,, refus de s’alimenter, insomnie
ETUDE CLINIQUE
➢Sphère comportementale
▪ Ambivalence psychomotrice (Ambitendance)
o Aboulie : perte de l'initiative motrice
o Paramimie : discordance des expressions mimiques
▪ Bizarreries comportementales
o Indifférence aux valeurs et normes morales et sociales
o Stéréotypies mimiques, gestuelles, Maniérisme
ETUDE CLINIQUE
▪ Négativisme
o petit négativisme : refus de la main tendue
o grand négativisme : accès de fureur
▪ Inertie
o Catalepsie
ETUDE CLINIQUE
❖Syndrome délirant paranoïde
➢Délire flou, hermétique
❖Repli autistique
➢Perte de contact avec la réalité / retrait social
➢Prédominance de la vie intérieure, monde hermétique
ETUDE CLINIQUE
2. Evolution et pronostic
➢Evolution
▪ Formes avec une bonne autonomie
▪ Pourcentage d’amélioration des patients traités par neuroleptiques > 50 %
▪ Déficitaire progressive avec une perte régulière de l'autonomie
▪ Formes très délirantes avec des hallucinations envahissantes, résistantes aux
traitements neuroleptiques (10 à 20 %)
▪ Taux de suicide très élevé (10%)
ETUDE CLINIQUE
➢Facteurs de bon pronostic
▪ Début tardif et brutal
▪ Présence de troubles thymiques
▪ Forme paranoïde
▪ Bonne réponse au traitement
▪ Entourage familial solide
ETUDE CLINIQUE
3. Formes cliniques
❑Simple
❑Hébéphrénique
❑Hébéphréno-catatonique
❑Héboïdophrénie / psychopathique
❑Dysthymique
❑Pseudo-névrotique
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
➢Pathologies psychiatriques
▪ BDA, manie ou dépression délirante, confusion mentale
▪ PHC, paranoïa, paraphrénie
▪ Psychoses infantiles
➢Pathologies non psychiatriques
▪ Epilepsie temporale, tumeurs cérébrales
▪ Encéphalites, Neuropaludisme
▪ TCE
TRAITEMENT
❑ Chimiothérapie
➢Antipsychotiques, Thymorégulateurs, Antidépresseurs, Benzodiazépines,
Antiparkinsoniens
❑Sismothérapie
❑Psychothérapies
❑Sociothérapie
▪PSYCHOSE PARANOIAQUE
GÉNÉRALITÉ
1- DEFINITION:
Paranoïa: Grec « Para » à coté et « Nous » esprit
Etats délirants chroniques caractérisés par:
▪ Organisation systématisée du délire qui lui confère un caractère cohérent pouvant
entrainer l’adhésion des tiers.
▪ Conservation absolue de la clarté et de l’ ordre dans la pensée, le vouloir et l’
action.
GÉNÉRALITÉ
2. Epidémiologique:
▪ plus fréquent chez l’homme que chez la femme
▪ 2 à 2,5% de pop générale
▪ 10% des consultations en psy
▪ adulte 35 et 54 ans
GÉNÉRALITÉ
3. NOSOGRAPHIE :
-INSERM: classée dans la catégorie des délires chroniques non dissociatives
-CIM 10 : se retrouve dans la classe des troubles délirants persistants (f.22)
-DSM IV : situe dans l’axe 1 dans la catégorie [schizophrénie et autres troubles
psychotiques] sous le terme de troubles délirants
ETUDE CLINIQUE
▪ Installation le plus souvent insidieuse et progressive
▪ Sujets d’âge moyen :35-54ans
▪ Survient souvent sur une personnalité pré-morbide dite <paranoiaque> :
méfiance ; orgueil ; psychorigidité ; fausseté du jugement
ETUDE CLINIQUE
▪ On distingue 3 grands types de délires paranoïaques
-Délires d’interprétation de SERIEUX et CAPGRAS
-Délires de relations sensitifs de KRETSCHMER
-Délires passionnels
ETUDE CLINIQUE
1-LES DELIRES D’INTERPRETATION DE SERIEUX ET CAPGRAS:
▪ MÉCANISME central = INTERPRETATION
o Interprétation: un raisonnement faux à partir d’un fait exact « postulat de départ
est vrai »
▪ THEMES : Persécution , Préjudice , Malveillance
▪ STRUCTURE :
o Délire systématisé, cohérent , ce qui entraine parfois la conviction de l’entourage
immédiat: délire à deux
o Délire d’ extension en réseau: aucun domaine du sujet n’ est épargné
ETUDE CLINIQUE
▪ HUMEUR: généralement neutre, parfois exaltée
▪ ADHESION : totale avec risque médico-légal+++++++
▪ FONCTIONS MENTALES: normales et une maitrise de la vie quotidienne
possible
▪ EVOLUTION : au long cours = moments féconds, épisodes dépressifs et
anxieux
ETUDE CLINIQUE
▪ 2- DELIRE SENSITIF DE RELATION DE KRETSCHMER
o Délire se développant sur une personnalité sensitive : sujet timide, anxieux,
hésitant, scrupuleux, souffrant silencieusement
o Délire se développe souvent après un conflit, une déception, entrainant des
sentiments de: Honte, Humiliation ou de Culpabilité
ETUDE CLINIQUE
o MÉCANISME : Interprétatif
o THÈMES : - Idées de référence, Idées de persécution, Idées de culpabilité
o STRUCTURE : délire en secteur limité au domaine relationnel
o PARTICULARITES : absence de revendications (uniquement des réactions
passives )
o EVOLUTION : oscille avec des phases anxieuses, hypochondriaques, dépressives
ETUDE CLINIQUE
▪ 3 DELIRES PASSIONNELS :
MÉCANISME : Interprétation, Intuitif
PARTICIPATION EMOTIONNELLE : Toujours intense en rapport avec un
vécu intense du délire
STRUCTURE: Délires en secteur procédant d’un postulat initial « le sujet ne
délire que dans le domaine de son désir »
ETUDE CLINIQUE
THEME : Erotomanie, Jalousie, Revendication
En fonctions des thèmes, on note :
➢Délire érotomaniaque: C’est une illusion délirante d’être aimée
Délire à «« mécanisme passionnel »» : passion pour un homme
ETUDE CLINIQUE
▪ Forme typique comprend 3 stades :
▪ Délire en secteur: Affectif perturbé et les autres indemnes
o ESPOIR : Attente, Poursuite, Cadeaux, Lettres d’amour…..
o DEPIT : Accusation, Protestation…
o RANCUNE: Menaces, Injures, Actes agressifs…
ETUDE CLINIQUE
➢Délire de jalousie:
o Délire lié à l’installation insidieuse d’une idée fixe de jalousie sans motifs précis
o Survient souvent chez un homme de la quarantaine et souvent alcoolique
o Délire systématisé, constitué d’un faisceau de «preuve», de «faux souvenirs»,
d’interprétation, d’intuition, d’illusion
o Conséquences: filature, enquêtes, recherche de preuves, actes médico-légaux,
dépression avec tentative de suicide
ETUDE CLINIQUE
➢Délire de revendication
▪ Relativement fréquent avec divers thèmes, ces délires ont en commun avec les
délires passionnels la certitude à forte charge affective qu’il faut faire
triompher la « la justice » ou la « vérité » en réparant un préjudice ou en
obtenant la reconnaissance du bon droit
▪ MECANISME : Interprétatif avec tendance procédurière
▪ DELIRE EN SECTEUR: limité au domaine de préjudice postulé
▪ La revendication est tournée autour de différents thèmes
ETUDE CLINIQUE
➢LES DELIRES HYPOCONDRIAQUES :
Protestation contre les TTT ou l’absence de TTT avec multiples plaintes somatiques
après intervention chirurgicale. Il peut être persuadé d’un mauvais fonctionnement
d’un organe.
➢LA PARANOIA D’INVOLUTION DE KLEIST :
Marquée par des idées délirantes de préjudice, de persécution, ou de jalousie
concernant l’entourage immédiat
Faut discuter une DEMENCE ORGANIQUE DEBUTANTE
EVOLUTION :
▪ Moments féconds: exacerbation délirante
▪ Moments de rémissions
▪ Une phase dépressive
▪ Des conduites pathologiques :
-Actes hétéro-agressifs
-Fuite( voyage pathologique)
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
▪ Schizophrénie
▪ Psychose hallucinatoire chronique
▪ Paraphrénie
▪ BDA
▪ Syndrome démentiel débutant
▪ Trouble de l’humeur
▪ Encéphalopathies Alcoolique
▪ Tumeurs cérébrales
TRAITEMENT
➢La chimiothérapie
▪ Neuroleptiques( sédatif, anti productif, retard, Atypiques )
▪ Antidépresseurs (effexor gell, anafranil )
▪ Benzodiazépines (diazépam )
▪ Antiparkinsoniens (artane )
➢La sismothérapie
➢Psychothérapies
➢Sociothérapie
▪LA PSYCHOSE HALLUCINATOIRE
CHRONIQUE (PHC)
GÉNÉRALITÉ
1. DEFINITION :
« psychose délirante chronique, basée sur un syndrome d’automatisme mental
qui en constitue le noyau et dont la superstructure délirante constitue une
idéation surajoutée. » DE CLERAMBAULT :
2. EPIDEMIOLOGIE
❖ Terrain : femme isolée sur le plan social et/ou affectif (célibataire, veuve….)
❖Sexe ratio : H/F = 1/7
❖Age de début entre 35 et 54 ans
GÉNÉRALITÉ
[Link] :
❖La PHC :
➢Entité spécifiquement française.
➢Les anglo-saxons et les allemands schizophrénie (pas de syndrome dissociatif)
➢La CIM 10 : groupe des troubles délirants persistants (avec paranoïa et
paraphrénie).
ETUDE CLINIQUE
III.1. PHASE DE DEBUT :
❖ Brutal :
➢ épisode délirant aigu richement hallucinatoire
➢ avec automatisme mental d’emblée et thématique d’influence.
ETUDE CLINIQUE
❖ Progressif :
➢ perplexité anxieuse, inquiétude croissante / l’automatisme mental ;
➢ acceptation progressive de l’étrangeté
❖ Facteurs déclenchants :
➢ décès, éloignement, pathologie dans les 3 années précédentes,
➢ rupture avec le milieu familial.
ETUDE CLINIQUE
III.2. PHASE D’ETAT :
❖Syndrome d’Automatisme mental (premier temps) :
❖Syndrome d’influence (2nd temps)
❖Syndrome délirant :
➢Thèmes : Persécution (le plus fréquent), possession, grandeur, puissance,
invention méconnue, influence.
➢Mécanismes : hallucinatoire++++++
EVOLUTION-PRONOSTIC
❖Spontanée :
➢Typique : fluctuante, poussées / rémissions avec préservation de lucidité, les
capacités intellectuelles et l’ouverture au monde extérieur.
➢Possibilité de déficit ou désagrégation
➢Lourdes conséquences sur le plan personnel et social ➔vie très pauvre et grande
solitude.
EVOLUTION-PRONOSTIC
❖Sous traitement :
➢Favorable : productions hallucinatoires (-), l’automatisme mental (-)
➢Défavorable : enkystement du délire
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL :
✓Paranoïa :
✓Paraphrénie :
✓Schizophrénie paranoïde :
✓BDA :
✓Confusion mentale :
✓Mélancolie délirante
✓Manie délirante
❖Pathologies organiques :Tumeurs cérébrales, Hallucinose des buveurs,
Ivresse délirante et délire alcoolique subaigu.
TRAITEMENT
▪ CHIMIOTHERAPIE :
▪ PSYCHOTHÉRAPIE DE SOUTIEN ET COGNITIVO-
COMPOTEMENTALE.
▪ SOCIOTHÉRAPIE
MERCI
ADDICTION, DROGUE ET
TOXICOMANIE
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours _DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
I. DEFINITIONS
II. CLASSIFICATION DES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES
III. NEUROBIOLOGIE DE LA TOXICOMANIE
IV. COMPLICATIONS DE LA TOXICOMANIE
V. TRAITEMENT
I. DEFINITIONS
1. Addiction
2. Dépendance
3. Accoutumance
4. Drogues
5. Toxicomanie ou pharmacodépendance
6. Critères de la dépendance de l’OMS
1. ADDICTION
▪ Etat de dépendance périodique ou chronique à des substances ou à
des comportements.
▪ Comportements:
▪ jeux compulsifs,
• jeux vidéos ou à l’Internet,
• conduites à risques: sports, ou conduites inadaptés).
1. ADDICTION (2)
▪ L’abus de substances constitue la vraie toxicomanie.
▪ L’addiction est la rencontre d’un produit et d’une personnalité
prémorbide dans un contexte donné.
2. DÉPENDANCE
▪ Besoin impérieux de consommer la substance.
▪ Ce besoin peut être physique ou psychologique ou les deux à la
fois.
▪ Dépendance psychologique: désir incontrôlé à prendre la
substance.
2. DÉPENDANCE (2)
▪ Dépendance physique: besoin de combler le déséquilibre
physiologique provoqué par le manque de la substance (=>
syndrome de sevrage).
▪ Syndrome de sevrage: état pénible et douloureux suite à l’arrêt de
la substance.
2. DÉPENDANCE (3)
▪ Au stade de la dépendance l’individu perd le contrôle de
soi, de sa liberté et n’a de souci que de se procurer la
drogue et de la consommer: il est aliéné.
▪ Ce qui peut aboutir à la délinquance, la démence et la
déchéance sociale.
3. ACCOUTUMANCE
▪ Nécessité de prendre une dose de plus en plus forte d’une drogue
pour ressentir l’effet recherché.
▪ Accoutumance: souvent associée à la dépendance physique et au
syd de sevrage.
4. DROGUES
▪ Substances naturelles ou synthétiques qui peuvent, par leur action
sur le SNC, modifier l'activité mentale, les sensations, les
comportements.
▪ Ces substances sont dites psychoactives.
DROGUES (2)
Pourquoi consommer de la drogue? C’est le désir de:
▪ accéder à des sensations de plaisir extrêmes (effets hédonistes),
▪ atténuer une sensation de douleur,
▪ oublier une réalité vécue comme insupportables.
Leur usage répété et abusif engendre la dépendance.
5. TOXICOMANIE OU
PHARMACODÉPENDANCE
▪ C’ est ‘‘un état de dépendance physique ou psychique ou les deux,
vis-à-vis d'un produit chez un sujet et à la suite de l'utilisation
périodique ou continue de celui-ci’’ (OMS).
6. CRITÈRES DE LA DÉPENDANCE DE L’OMS (1)
1) désir puissant d’utiliser une substance psycho – active,
2) altération de la capacité de contrôler l’utilisation de la substance,
3) syd de sevrage physique caractéristique de la substance en cas de
privation de celle-ci,
4) tolérance: besoin d’augmenter les doses pour calmer le malaise,
CRITÈRES DE LA DÉPENDANCE DE L’OMS (2)
5) préoccupation exclusive de l’obtention et de l’utilisation de la
substance,
6) poursuite de l’utilisation de la substance malgré la conscience de
ses effets nocifs.
Ces symptômes se seront répétés
• soit épisodiquement durant un an,
• soit trois d’entre eux, durant un mois sans discontinuité.
II. CLASSIFICATION DES SUBSTANCES
PSYCHOACTIVES (1)
1. Classification médicale:
▪Psycholeptiques ou sédatifs : neuroleptiques, antiépileptiques,
tranquillisants.
▪Psychoanaleptiques ou excitants : cocaïne, amphétamines,
antidépresseurs, café, thé, cacao, cola, tabac, cat, bétel.
▪Psychodysleptiques : ou perturbateurs du psychisme : cannabis,
opiacés, alcool, mescaline, psilocybine, LSD (diéthylamide de l'acide
lysergique).
CLASSIFICATION DES SUBSTANCES
PSYCHOACTIVES (2)
2. Autres classifications:
▪ Drogues douces (cannabis)/drogues dures (héroïne, coca et leurs
dérivés)
▪ Drogues licites/drogues illicites
▪ Drogues naturelles/drogues synthétiques.
3. CLASSIFICATION DES SUBSTANCES
PSYCHOACTIVES (3)
Les drogues les plus répandues sont :
▪ cocaïne et ses dérivés
▪ amphétamines (maxiton, ortédrine, ecstasy)
▪ opium et opiacés (morphine, codéine, héroïne)
▪ alcool, tabac.
▪ cannabis (tétrahydrocannabinol =THC)
▪ hallucinogènes: (LSD, mescaline (cactus), psilocybine (champignons)
▪ colles et les solvants
▪ tranquillisants: benzodiazépines (diazépam, clonazépam, lorazepan,
bromazepam…) et barbituriques (phénobarbital, amobarbital, sécobarbital).
III. NEUROBIOLOGIE DE LA
TOXICOMANIE
1. Circuit de la récompense et de la motivation
2. Neuromédiateurs et drogues
3. Mécanisme d’action des drogues
4. Synthèse
1. CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE ET
DE LA MOTIVATION (1)
Découverte du circuit de la récompense par Olds & Milner, 1954.
▪ Implantation des électrodes dans l'aire septale du cerveau d'un rat.
▪ En appuyant sur un levier, le rat peut stimuler lui-même cette région
de son cerveau, ce qui provoque une sensation de plaisir.
SEPTUM PELLUCIDUM
SEPTUM PELLUCIDUM
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (2)
▪ Une fois que le rat a découvert comment s'administrer une sensation
de plaisir, il s'auto-stimule sans arrêt, ne prenant même plus le temps
de manger.
▪ C'est ce qui se passe avec la prise de drogues.
EXPÉRIENCE DE OLDS ET MILNER 1954
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (3)
▪ Manger, boire, se reproduire ou avoir un comportement maternel
sont des activités essentielles pour la survie de l’individu et de
l’espèce.
▪ La sélection naturelle a associé à ces comportements de fortes
sensations de satisfaction et de plaisir provoqués par la
stimulation de certaines zones du cerveau, notamment le circuit de la
récompense.
LE CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (4)
Ce circuit comporte des connections nerveuses qui relient deux
groupes de neurones:
• l’aire tegmentale ventrale (ATV) situé au sommet du tronc
cérébral et
• le noyau accumbens (NAcc) situé au niveau des noyaux gris
centraux.
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (5 )
▪ Le messager chimique qui assure la connexion entre ces zones est la
dopamine (DA).
▪ C’est dans ce circuit que la plupart des drogues agissent et produisent
la dépendance.
▪ Schématiquement, l’addiction résulte d’une surstimulation du
système de la récompense.
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (7)
Les différentes structures du circuit de la récompense sont distribuées le long du
faisceau médian du télencéphale
(« medial forebrain bundle" ou MFB):
▪ aire tegmentale ventrale (ATV),
▪ Amygdale,
▪ noyau accumbens NAcc,
▪ septum
▪ cortex préfrontal (Ctx prf).
SYSTÈME DE RÉCOMPENSE (8)
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (9)
L’ATV se projette par des neurones dopaminergiques sur :
▪ le NAcc et le septum: production de dopamine => récompense,
▪ le (Ctx prf): cognition et planification,
▪ l’amygdale: effet émotif,
▪ l’hippocampe : mémorisation de l’effet de plaisir de la récompense,
CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE (10)
▪ l’hypothalamus:
▪ gère plusieurs activités : faim, soif, sommeil, température
corporelle, comportement sexuel, émotions,
▪ pont entre SNA et système endocrinien (en lien avec
l’hypophyse).
2. NEUROMÉDIATEURS ET DROGUES (1)
▪ Il existe différents neuromédiateurs: dopamine, sérotonine,
noradrénaline, acétylcholine, endorphines, glutamate, GABA…
▪ A chaque neuromédiateur correspond un récepteur spécifique,
capable de le reconnaître et de le réceptionner.
2. NEUROMÉDIATEURS ET DROGUES (2)
▪ La dopamine favorise l’envie et le désir, est considérée comme la
molécule du plaisir.
▪ La sérotonine régule la satiété et l'inhibition, module la sécrétion
de noradrénaline.
▪ La noradrénaline (NA) régule l’attention, l’apprentissage et
facilite la réponse aux signaux de récompense.
LES NEUROMÉDIATEURS ET DROGUES (3)
▪ L'acétylcholine (ACh): est impliquée au niveau du:
▪ SNC dans la mémoire et l'apprentissage,
▪ SNP dans l'activité musculaire et les fonctions végétatives…
▪ Les endorphines agissent sur les messages douloureux.
LES NEUROMÉDIATEURS ET DROGUES (4)
▪ Glutamate: activateur du cortex cérébral, associé à l'apprentissage
et à la mémoire.
▪ Acide gamma-aminobutyrique = GABA: inhibiteur, contribue à
la régulation de la motricité et de l’anxiété, et à plusieurs autres
fonctions corticales.
3. MÉCANISME D’ACTION DES
DROGUES
▪ Une drogue dont la structure moléculaire ressemble à celle d’un
neuromédiateur produit par l’organisme peut, du fait de cette
ressemblance, agir sur le système de transmission de l’information
au niveau de la synapse.
MÉCANISME D’ACTION DES DROGUES (2)
Les drogues agissent selon trois modes sur les neuromédiateurs: les
imiter, les augmenter ou bloquer leur sécrétion:
1) imiter (agonisme) les neuromédiateurs naturels dans les
récepteurs:
• la morphine s’installe dans les récepteurs à endorphine ,
• la nicotine, dans les récepteurs à ACh;
MÉCANISME D’ACTION DES DROGUES (3)
2) augmenter la sécrétion d’un neuromédiateur naturel:
• la cocaïne augmente la présence de dopamine dans la synapse, et
• l’ectasy celle de la sérotonine et de la dopamine ;
3) bloquer un neuromédiateur (antagonisme):
▪ l’alcool bloque les récepteurs nommés NMDA (N-méthyl-D-
aspartate), un des récepteur du glutamate.
SYNTHÈSE (1)
L’addiction est un comportement résultant d’une surstimulation du
système de la récompense.
1) En situation normale: le système de récompense et de motivation
dopaminergique fonctionne de manière harmonieuse.
La dopamine provoque à partir de:
• l’hypothalamus, des sensations de plaisir dans le milieu intérieur
et les organes ;
• des noyaux gris centraux, le passage à l’action,
SYNTHÈSE (2)
• le NAcc: la capacité d’adaptation aux nouvelles situations ;
• le CTX préfrontal: les représentations et les souvenirs liés à
l’expérience du plaisir ;
• l’amygdale: les émotions agréables ;
• l’hippocampe: la mémorisation de ces expériences.
C’est là l’expérience du plaisir avec satisfaction et retour à l’équilibre.
SYNTHÈSE (3)
2) En situation de dépendance:
Le système de la récompense et de la motivation fonctionne de
manière explosive sous l’effet de la drogue.
Les centres dopaminergiques sont alors surexcités, provoquant :
▪ à travers l’hypothalamus, une surexcitation de tout l’organisme ;
▪ à travers les noyaux gris centraux, une hyperactivité compulsive ;
SYNTHÈSE (4)
▪ dans le CXT prf, une surexcitation des idées et des images jusqu’au
délire hallucinatoire ;
▪ dans l’amygdale de fortes décharges émotives ;
▪ dans l’hippocampe la mémorisation définitive de ces expériences de
plaisir.
C’est l’explosion de la jouissance qui est suivie d’une dépression et de
la recherche d’une nouvelle explosion.
IV. COMPLICATIONS DE LA TOXICOMANIE
▪ Troubles psychiatriques divers : crise d’angoisse, dépression, délire,
confusion mentale, détérioration des fonctions intellectuelles,
déchéance et mort sociale.
▪ Mort par overdose, suicide, infection généralisée (septicémie), SIDA,
dépression respiratoire, arrêt cardiaque, insuffisance hépatique,
insuffisance rénale, etc.
V. TRAITEMENT
1. Traitement médical
2. Traitements traditionnels
3. Prévention
1. TRAITEMENT MÉDICAL (1)
On peut se trouver devant deux situations différentes :
1) Soit une intoxication aiguë avec :
▪ Coma, c’est une urgence médicale avec nécessité de gestes de
réanimation ;
▪ Agitation délirante : c’est une urgence psychiatrique demandant un
traitement sédatif en milieu spécialisé ;
TRAITEMENT MÉDICAL (2)
2) Soit une intoxication subaiguë ou chronique :
Le traitement comporte plusieurs étapes: la pré-cure, la cure et la
postcure :
1°) La pré-cure : c’est la prise de contact
• sur demande volontaire ou
• injonctions thérapeutiques,
• à l’occasion d’une crise familiale, professionnelle,
• ou une arrestation.
TRAITEMENT MÉDICAL (3)
2°) La cure : période de sevrage et de désintoxication qui peut durer de
15 à 30 j:
▪ immédiat avec les stimulants du S.N.;
▪ progressif avec les opiacés, les barbituriques et les benzodiazépines,
▪ médications anxiolytiques,
▪ méthadone pour les toxicomanes invétérés aux opiacés en plusieurs
mois.
TRAITEMENT MÉDICAL (4)
3) Postcure : consolidation du traitement et renforcement de la
personnalité du sujet :
▪ psychothérapie individuelle, de groupe ou prise en charge
communautaire pouvant durer de une à plusieurs années ;
▪ séparation d’avec le climat de la drogue,
▪ réinsertion socioprofessionnelle.
2. TRAITEMENTS TRADITIONNELS
▪ Acupuncture : moines bouddhistes (Birmanie),
▪ Egypte : unités médicales dans les mosquées,
▪ Islam : interdiction du vin explicitement exprimée dans le Coran ; de
même pour les substances qui peuvent entraîner l’ivresse.
3. PRÉVENTION (1)
Une action sur l’offre et sur la demande est nécessaire:
▪ Education et information doivent prendre en compte l’individu et son
environnement, l’éducation doit être active et participative.
3. PRÉVENTION (2)
▪ Suppression de sources de ravitaillement (loi, police, douane).
▪ Le drogué est-il un malade ou un délinquant ? les deux aspects doivent
être pris en compte.
▪ Le trafic doit être considéré comme un délit grave.
▪ Les Conventions Internationales de 1961, 1971, 1988 permettent une
collaboration internationale indispensable dans la lutte contre la
toxicomanie.
MERCI
TRAITEMENT DES
TROUBLES MENTAUX
Pr. Ass Ainina SOGHO
Spécialiste des Armées
Psychiatre / Psychothérapeute / Addictologue
Cours _DCEM4_FacMed_Nkctt
PLAN
A. LES MODELES DE PRISE EN CHARGE
DES TROUBES MENTAUX
B. LES TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
A. MODELEDS DE PRISE EN CHARGE DES
TROUBES MENTAUX
▪ Les méthodes de prise en charge des malades mentaux sont nombreuses;
▪ On va passer en revue certaines:
1. Modèle psychodynamique
2. Modèle cognitivocomportemental
3. Modèle social ou systémique
4. Thérapie de soutien
5. Psychoéducation
6. Modèle biologique
7. Modèle biopsychosocial
1. MODÈLE PSYCHODYNAMIQUE
▪ Psychanalyse et diverses psychothérapies d’inspiration analytique.
▪ Notions d’inconscient, de principe de plaisir et de principe de réalité.
▪ Les troubles seraient liés à des conflits psychiques conscients ou inconscients
remontant souvent à l’enfance.
▪ Nécessité de plusieurs séances par semaines durant plusieurs mois ou années.
▪ Indications: trouble de conversion, troubles anxieux.
▪ Cependant peu de spécialistes, durée longue et couteuse.
2. MODÈLE COGNITIVOCOMPORTEMENTAL
Les symptômes sont considérés comme acquis par apprentissage ou par
conditionnement.
▪ TTT: désapprendre, déconditionner pour:
▪ corriger ses pensées erronées,
▪ maîtriser ses symptômes,
▪ gérer sa pathologie au quotidien.
▪ Indications: tr. anxieux, tr. thymiques.
▪ Cependant peu de personnel formé.
3. MODÈLE FAMILIAL OU SYSTÉMIQUE
Selon ce modèle les troubles mentaux. résultent:
▪ de la position de l’individu dans un système (ex.: groupe familial) et
▪ des effets pathogènes de certains processus dans le groupe (hiérarchie,
domination, exclusion, absence d’entraide).
▪ Intérêt: implication de la famille et de l’entourage dans le traitement.
4. THÉRAPIE DE SOUTIEN
Objectif: soutenir et aider à renforcer le patient dans:
▪ son estime propre,
▪ son sens des réalités,
▪ l’affirmation de son désir,
▪ la diminution d’une autocritique excessive,
▪ la modification de ses pensées erronées.
5. PSYCHOÉDUCATION
▪Objectif: former les patients atteints de maladie chronique et leur entourage, à
être actifs dans les soins: patient=agent.
▪ Pour cela, offrir à lui et à son entourage:
▪les informations nécessaires à une bonne connaissance de la pathologie,
▪les traitements existants et
▪l’importance de l'observance thérapeutique.
6. MODÈLE BIOLOGIQUE
Pour ce modèle: les troubles mentaux résultent de:
▪ l’altération de zones ou circuits du cerveau, ou
▪ perturbation de la production ou de la circulation des neuromédiateurs.
▪ Risque: exclusion de l’aspect psychologique et social.
7. MODÈLE BIOPSYCHOSOCIAL
Prend en compte à la fois les aspects psychologiques, sociaux et biologiques:
▪ chercher le modèle le plus pertinent pour chaque cas;
▪ faire appel à plusieurs modèles pour la conduite thérapeutique;
▪ faire appel à des collègues plus spécialisés dans certains domaines.
CONCLUSION
▪ Les méthodes de prise en charge des troubles mentaux sont nombreuses.
▪ L’approche biopsychosociale parait plus adaptée à la situation actuelle de nos
connaissances.
▪ La psychothérapie de soutien et la psychoéducation sont à la portée de tout
praticien.
B. TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
I. LES DIFFERENTES CLASSES DE MEDICAMENTS
II. RISQUES A EVITER
I. LES DIFFERENTS MEDICAMENTS
1. Anxiolytiques ou tranquillisants
2. Neuroleptiques ou antipsychotiques
3. Antidépresseurs
4. Régulateurs de l’humeur
5. Correcteurs
1. ANXIOLYTIQUES OU TRANQUILLISANTS (1)
1) Benzodiazépines:
Chlordiazépoxide (Librium):
▪ première benzodiazépine découverte fortuitement en 1957 par un chimiste
travaillant dans le laboratoire Hoffmann-Laroche;
▪ il faisait de la recherche sur les colorants alimentaires;
▪ l’effet calmant du produit sur les rats fut utilisé chez les malades anxieux.
TRANQUILLISANTS (2)
Benzodiazépines (suite)
▪ Famille large.:
• Diazépam (Valium),
• Prazépam (Lysanxia),
• Bromazépam (Lexomil)
2) Antihistaminiques: prométhazine (Phénergan), hydroxyzine (Atarax)
3) Méprobamate: Equanil
2. NEUROLEPTIQUES OU ANTIPSYCHOTIQUES (1)
1) Phénothiazines
• Chlorpromazine (Largactil), premier neuroleptique découvert en 1952 par Henri
Laborit, chirurgien militaire qui cherchait un produit destiné à limiter le choc post-
opératoire;
• Le Largactil fut ensuite essayé par Pierre Deniker et Jean Delay chez les malades
mentaux.
• Lévomépromazine (Nozinan)
NEUROLEPTIQUES (2)
2) Butyrophénones: halopéridol (Haldol)
3) Benzamides substitués ou anisamides
• sulpiride (Dogmatil)
• amisulpride (Solian)
• métoclopramide (Primpéran)
4) Antipsychotiques atypiques
• olanzapine (Zyprexa),
• rispéridone (Risperdal).
NEUROLEPTIQUES (3)
5) Neuroleptiques retard
• Décanoate de fluphénazine (Modécate)
• Ester palmitique de pipotiazine (Piportil L4)
• Décanoate d’halopéridol (Haldol décanoas)
3. ANTIDÉPRESSEURS
1) A. tricycliques
• Imipramine (Tofranil) premier antidépresseur découvert en 1957-1958 par Roland Kuhn qui
cherchait un équivalant du Largactil.
• clomipramine (Anafranil)
• amitriptyline (Elavil)
2) Inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine (ISRS) et/ou de la noradrénaline
(ISRSNA):
• paroxétine (Déroxat) / fluoxétine (Prozac),
• Venlafaxine (Effexor)
3) Autres : IMAO, amineptine, miansérine, viloxazine
4. RÉGULATEURS DE L’HUMEUR
1) Lithium (Téralithe)
2) Carbamazépine: Tégrétol
3) Valproate de sodium: Dépakine
4) Divalproate de sodium: Dépakote
5) Lamotrigine (Lamictal)
5. NEUROPROTECTEURS
▪ Piracétam : améliore le métabolisme cérébral et protège le cerveau des effets
toxiques de certaines substances;
▪ Sélégiline : anti-radicaux libres, augmente la Dopamine ;
▪ Nimodipine : anthypertenseur anticalcique, lève le vasospasmes des
hémorragies méningées.
II. RISQUES À ÉVITER AVEC LES PSYCHOTROPES
Hypotension et collapsus cardio-vasculaire sont possibles, surtout au début du
TTT; donc:
▪ Surveiller la TA surtout au cours de la première semaine de traitement.
▪ Si tension basse, ajouter un analeptique cardiovasculaire; ex.: Heptamynol
(Heptamyl).
▪ Si baisse de TA grave (collapsus cardio-vasculaire) placer une perfusion et
transférer le patient en réanimation.
RISQUES À ÉVITER (2)
Certaines maladies organiques peuvent entraîner de l’agitation (pneumopathie
aiguë, méningite, paludisme, etc..) ;
▪ préférer les tranquillisants ou les neuroleptiques sédatifs à doses faibles et
▪ surtout traiter la cause.
Chez la personne âgée, rechercher:
• iatrogénie médicamenteuse,
• tr hydro-électrolytique,
• tr. métabolique ou
• cause neurologique.
RISQUES À ÉVITER (3)
Il faut donc faire un examen clinique pour éliminer toute maladie organique, un
geste simple permet d’éviter des erreurs :
▪ prendre la température et la tension à l’arrivée du malade et continuer à la
prendre matin et soir pendant la première semaine.
▪ Si le malade contacte une affection organique au cours du traitement, diminuer ou
arrêter les neuroleptiques jusqu'à rétablissement.
RISQUES À ÉVITER (4)
Effets secondaires des neuroleptiques : Troubles extrapyramidaux :
▪ Faire 1 A de trihexyphenidyle (Artane) en IM pour les réduire ;
▪ à défaut d’Artane, faire 1 ampoule de diazépam en IM ;
▪ l’association trihexyphenidyle et diazepam en IM permet une action plus rapide.
RISQUES À ÉVITER (5)
▪ Les effets secondaires extrapyramidaux sont désagréables pour le patient et
effrayants pour la famille qui peut décider, à la vue de ces phénomènes, d’arrêter le
traitement.
▪ Il est donc recommandé d’associer le trihexyphenidyle (Artane) ou un autre
correcteur, au traitement neuroleptique, particulièrement aux neuroleptiques
incisifs comme l’halopéridol.
MERCI