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Citoyenneté: Niversité de AN Edro

Le support de cours sur la citoyenneté à l'Université de San Pedro aborde les origines historiques et les définitions de la citoyenneté, ainsi que son importance dans l'éducation et la société ivoirienne. Il souligne la nécessité d'une éducation à la citoyenneté pour favoriser le vivre ensemble et l'engagement civique. Le document explore également les concepts de citoyen, citoyenneté et leur évolution à travers l'histoire, tout en mettant l'accent sur les droits et devoirs associés à la citoyenneté.

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Citoyenneté: Niversité de AN Edro

Le support de cours sur la citoyenneté à l'Université de San Pedro aborde les origines historiques et les définitions de la citoyenneté, ainsi que son importance dans l'éducation et la société ivoirienne. Il souligne la nécessité d'une éducation à la citoyenneté pour favoriser le vivre ensemble et l'engagement civique. Le document explore également les concepts de citoyen, citoyenneté et leur évolution à travers l'histoire, tout en mettant l'accent sur les droits et devoirs associés à la citoyenneté.

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RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

Union-Discipline-Travail

UNIVERSITÉ DE SAN PEDRO

UFR SCIENCES DE LA MER

Année universitaire 2024-2025


-Mars 2025-

CITOYENNETÉ

Support de cours

NB : Reproduction interdite

CHARGÉ DE COURS

rm
SOMMAIRE

INTRODUCTION

1. Quelques repères historiques


1.1 Grèce antique
1.2 Rome
1.3 France

2. Quelques définitions
2.1 Citoyen
2.2 Citoyenneté
2.3 Patrie/patriotisme/nation/nationalisme
2.4 Citoyenneté et nationalité
2.5 Citoyenneté et démocratie

3. Symbolique de la citoyenneté

4. Objectifs et place de l’éducation à la citoyenneté dans les programmes


scolaire et universitaire

5. Grands axes de l'éducation à la citoyenneté

6. Citoyenneté dans le contexte ivoirien

CONCLUSION
Support de cours de Citoyenneté – Université de San Pedro

INTRODUCTION

Les questions que pose la notion de citoyenneté sont au croisement de la philosophie,


de la sociologie, de la criminologie, de la politique et du droit. Elles connaissent
aujourd'hui un regain d'actualité, autour de l'idée controversée d'une
« crise de la citoyenneté ». Une telle formule montre que la citoyenneté doit être
étudiée dans une perspective historique. En effet, elle n'a pas de contenu fixé une
fois pour toutes : à partir d'un noyau de signification originaire, elle se caractérise plutôt 1
par son incessante mobilité, reflet d'une longue série d'institutions et de conflits
sociaux.

L'éducation à la citoyenneté est un thème fédérateur des programmes transversaux


en cours dans l'école ivoirienne (éducation à la vie familiale et en matière de
population, programme de sensibilisation, d'information et de formation à
l'environnement, l'éducation aux Droits Humains, l'éducation à la paix, l'éducation pour
le développement). Elle prend assise dans le renouvellement constant des approches
et pratiques pédagogiques à l'école et à l’université.

A ce titre l'éducation à la citoyenneté est un élément novateur dans le projet


d'université. L’université, parce qu'elle a une certaine autonomie par rapport à la
société, peut être un agent de changement, agir pour se démocratiser et démocratiser
la société.

Dans cette communication, il sera aborder les origines du concept de citoyenneté, sa


notionalisation, des aspects qui lui sont inhérents, les objectifs de l'éducation à la
citoyenneté, ainsi que ses grands axes.

Grâce aux données construites avec les étudiants, il sera pensé un dispositif pour
renforcer les acquis et faire de l'Université de San Pedro, un lieu d'apprentissage du
vivre ensemble et de l'ouverture sur le monde.

Chargé de cours : DR. ZAN Bi – Claude Évariste, Criminologue - Expert en Management - Enseignant-Chercheur / +225 05-06-41-08-48
Support de cours de Citoyenneté – Université de San Pedro

1. Quelques repères historiques

1.1 Grèce antique


La Grèce antique est à l'origine de la citoyenneté moderne grâce à l'invention de la
cité grecque ou « polis ». La politique alors se développe comme domaine autonome
de la vie collective. La polis est fondée sur l'égalité de tous les citoyens, mais seuls les
hommes descendant de citoyens peuvent devenir citoyens, la cité est fermée
ethniquement.
2
Dans les cités-États grecques, les citoyens étaient ceux qui participaient aux décisions
de la cité (lois, guerres, justice, administration), aux débats à l'agora et étaient les seuls
à pouvoir posséder la terre par opposition aux métèques et aux esclaves (qui existaient
dans toutes les cités mais sous différents noms comme périèques pour les métèques
à Sparte).
Ces citoyens devaient toutefois respecter certains critères, comme être de sexe
masculin, avoir plus de dix-huit ans, être libre, être né de père citoyen et aussi, sous
Périclès, à partir de -451, être fils de mère citoyenne. Ils étaient également dans
l'obligation de faire leur service militaire (l'éphébie), qui durait 2 ans, après quoi ils
devenaient citoyens.

La démocratie est alors directe, la hiérarchie entre les hommes est abolie (entre les
citoyens seulement et uniquement sur le plan politique - il n'y a pas d'égalité sociale,
économique : c'est l'isonomie, mise en place en 508-507). L’activité politique reste
réservée aux membres les plus favorisés de la cité.

1.2 Rome

La citoyenneté romaine diffère statutairement de la citoyenneté grecque. La


citoyenneté romaine est définie en termes juridiques, le « civis romanus » dispose de
droits civils et personnels. Dans l'Antiquité, la citoyenneté romaine était accordée par
le Sénat romain à des villes ou à des peuples dans leur entier.

1.3 France

Probablement une des premières citations non seulement du citoyen mais aussi du
bourgeois se trouve sur le plan de Paris de 1550 (plan de Truschet et Hoyau)
« …puis on voit à planter d'autres logis pleins de beaux édifices pour les bourgeois &
citoyens propices ».

Chargé de cours : DR. ZAN Bi – Claude Évariste, Criminologue - Expert en Management - Enseignant-Chercheur / +225 05-06-41-08-48
Support de cours de Citoyenneté – Université de San Pedro

En France, et dans le Nord de l'Europe, la citoyenneté des villes s'appelait bourgeoisie.


La citoyenneté s'est conservée pour l'appartenance aux villes du Sud de l'Europe, en
particulier les cités-État comme Gênes ou Venise, et encore aujourd'hui les villes et
cantons suisses comme Genève.

À la Révolution française, le terme citoyen est réutilisé, prenant la place au niveau local
de bourgeois, puis au niveau national de sujet (en 1789). Il instaure alors une égalité,
puisque tout homme de nationalité française peut être appelé citoyen français sans
autre condition, contrairement aux titres de noblesse (mais aussi à la citoyenneté 3
antique fondée sur la méritocratie). C'est la Révolution qui transforme les Français en
citoyens pourvus de droits politiques garantis par 4 articles de Déclaration des Droits
de l'Homme et du Citoyen.

À partir de 1791, seuls les citoyens actifs peuvent être électeurs ou éligibles, ce qui
suppose de remplir deux conditions : pouvoir justifier d'un certain niveau de revenu et
d'un certificat de civisme délivré par le comité révolutionnaire de son domicile. Toutes
les femmes en sont exclues. De 1792 à 1795, tous les Français sans distinction de
couleur sont des citoyens.

L'usage du substantif citoyen, comme adjectif, s'est répandu dans les médias à
l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française. Dans le Dictionnaire culturel en
langue française, Rey (1995) fixe l'usage du terme citoyen comme adjectif en
alternative de l'adjectif consacré qui est civique. Cet emploi tend à insister sur la
connotation morale, républicaine et partisane (Serrut, 2016). Ainsi, une attitude civique
consisterait à remplir ses devoirs de citoyen, tandis qu'une « démarche citoyenne »
afficherait une volonté d'intégrer dans ses actes des considérations éthiques et des
finalités ou des solidarités sociales plus affirmées (Castel, 2009).

2. Quelques définitions

2.1 Citoyen

Comme nous l’avons vu, le concept de « citoyen » (politès en grec, civis en latin) naît
dans la Grèce, puis la Rome antique, en même temps que la cité (polis, civitas).

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Support de cours de Citoyenneté – Université de San Pedro

C'est dans ce cadre qu'émerge l'idée de participation à la « chose publique » (res


publica), et que se forme ce que nous appelons encore aujourd'hui la « politique » :
c’est-à-dire l’expression de la capacité rationnelle des hommes à organiser leur propre
vie en parvenant (par le débat, la décision collective) à un accord réfléchi.

Bien que le terme de citoyen soit maintenant utilisé à tout propos, il a un sens précis.
Il définit un ensemble de droits et de devoirs et il caractérise notre régime politique,
dans lequel le citoyen est à la source de la légitimité politique. Le citoyen n’est pas un
individu concret. On ne rencontre pas le citoyen, c’est un sujet de droit. Il dispose à ce 4
titre de droits civils et politiques. Il jouit des libertés individuelles, la liberté de
conscience et d’expression, la liberté d’aller et venir, de se marier, d’être présumé
innocent s’il est arrêté par la police et présenté à la justice, d’avoir un avocat pour le
défendre, d’être traité par la justice selon une loi égale pour tous. Il dispose des droits
politiques : participer à la vie politique et être candidat à toutes les fonctions publiques.
En revanche, il a l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses
collectives en fonction de ses ressources et de défendre la société dont il est membre,
si elle se trouve menacée. La citoyenneté définit un ensemble de droits et de devoirs
réciproques. Le citoyen réclame légitimement de l’État le respect deses droits parce
que l’État réclame légitimement du citoyen l’accomplissement de certains devoirs.

Dans la définition célèbre qu'en propose Aristote, trois aspects sont décisifs : la liberté
du citoyen, qui lui permet de se déterminer par lui-même ; la référence à un
« bien commun » de la cité, supérieur aux intérêts des particuliers ; enfin, l'égalité,
qui permet à tous les citoyens de concourir à la formation de la loi et les soumet
aussi à ses obligations. En d'autres termes, les mêmes individus sont alternativement
« gouvernants » et « gouvernés ». On le voit, une telle notion est potentiellement
universelle.

2.2 Citoyenneté

La citoyenneté est le fait pour un individu, pour une famille ou pour un groupe, d'être
reconnu officiellement comme citoyen, c'est-à-dire membre d'une ville ayant le statut
de cité, ou d’un État.

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Support de cours de Citoyenneté – Université de San Pedro

Étymologiquement, la citoyenneté, dérive du Latin, « civitas » : ensemble des citoyens


et aujourd'hui elle peut se définir selon quelques axes qui recouvrent ce qu'il convient
d'appeler, les anciennes et les nouvelles citoyennetés.

Il faut toutefois formuler immédiatement une série de restrictions. Le concept antique


de la citoyenneté n'a de sens, et de portée effective, que dans le cadre de la cité,
« communauté » territoriale restreinte rattachée au mythe d'une origine commune.

À cet égard, une différence capitale se fait jour entre la conception grecque et la
5
conception romaine : la citoyenneté grecque, héréditaire (y compris dans les
constitutions démocratiques), reste cantonnée dans le cadre original, tandis que la
citoyenneté romaine (liée aux institutions aristocratiques hiérarchisant les classes de
patriciens et de plébéiens1) peut être indéfiniment étendue à mesure que la cité devient
le centre d'un empire universel.

De même, dans toutes les cités antiques, la citoyenneté est un privilège réservé à une
élite masculine : elle ne concerne que les hommes libres, vivant du travail des
esclaves, et les pères de famille (excluant absolument les femmes).

La crise du monde antique marque en Occident le début d'une longue éclipse du


citoyen, remplacé par le sujet du prince (laïque ou ecclésiastique), dans le cadre d'une
société d'ordres fondée sur les liens d'allégeance, d'homme à homme, et sur l'idée
d'un droit divin. C'est dans le cadre limité des villes « bourgeoises » que réapparaît
d'abord le citoyen : comme un citadin (allemand : Bürger) organisé en corporations.

Juridiquement, la citoyenneté peut être définie comme la jouissance des droits civiques
attachés à la nationalité, c'est-à-dire la jouissance de l'ensemble des droits privés et
publics qui constituent le statut des membres d'un État donné qui les reconnaît comme
tels. Dans ce sens, le citoyen est celui qui, appartenant à la
« cité », dispose de droits (droit de vote, d'éligibilité, d'accès à la fonction publique…),
est soumis à des devoirs et doit respecter les lois au nom de l'intérêt général. Par
exemple, on dit d'un électeur qui vote qu'il accomplit « son devoir de citoyen ». Ainsi,
elle est, statut juridique conférant des droits égaux (civils et politiques, sociaux,
économiques) et des obligations égales pour tous dans une
1
Le Patriciat est un cercle fermé aux autres se composant de groupes de familles assez puissantes pour dominer la religion romaine. Les plébéiens, eux, étaient des
hommes libres non-privilégiés, ils formaient donc la plus grande partie de la population romaine.

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communauté politique donnée avec la participation au pouvoir, à la décision et au


contrôle. Elle est aussi un ensemble de qualités morales, de devoirs civiques
considérés comme nécessaires à la bonne marche de la cité, lieu où chaque personne
doit accepter la règle commune (le civisme).

Si la définition de la citoyenneté est étroitement liée à celle de la nationalité et


originellement à la démocratie, elle s’étend au-delà de la nationalité, de la participation
politique et de l’obéissance à la loi : les étrangers résidant par exemple en Côte d’Ivoire
bénéficient des mêmes droits économiques et sociaux que les nationaux, ainsi que 6
des mêmes libertés fondamentales, et se doivent aussi d’obéir à la loi. La célèbre
formule « citoyens du monde » démontre en outre la volonté de dépasser le cadre
national, donnant une dimension universelle au concept.

Aujourd'hui la citoyenneté se définit de manière plus large comme un ensemble de


rôles sociaux spécifiques où la personne a la possibilité de participer à des groupes
qui défendent ses intérêts, ses idées comme les associations écologiques,
associations de consommateurs, de défense des droits de la personne, associations
de quartier etc. Donc, être citoyen, c'est être partenaire de plusieurs responsabilités
communes auxquelles on participe en s'informant, en informant, en travaillant, en
consommant, en produisant.

En conséquence la citoyenneté, c'est la capacité de reconnaître les valeurs éthiques


requises pour la vie en commun, d'effectuer et d'agir avec la conscience d'appartenir
à un corps social organisé. C’est donc une composante du lien social. C'est, en
particulier, l'égalité de droits, et de devoirs, associées à la citoyenneté qui fonde le lien
social religieux ou dynastique, il est politique. « Vivre ensemble, ce n'est plus partager
la même religion ou être, ensemble, sujets du même monarque ou être soumis à la
même autorité, c'est être citoyens de la même organisation politique ». Les citoyens
d'une même nation forment une communauté politique.

Il faut enfin signaler qu'elle est nationalité, mais elle peut constituer un statut
transnational qui a le monde comme cadre d'expression. Cela signifie une
interdépendance entre nations, entre les personnes. Ainsi les citoyens du monde
accordent une importance au mondialisme, l'ensemble des idées et des actes
exprimant la solidarité des populations du globe.

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2.3 Patrie/patriotisme/nation/nationalisme

Patrie, nation, patriotisme, nationalisme sont des concepts qui vont trop bien
ensemble… dans l’air de toute chanson nationaliste, mais dont on a parfois perdu le
sens historique des paroles. Ils sont souvent employés l’un pour l’autre. Or, leur usage
par des adversaires de la nation républicaine doit conduire à leur redonner leur
profondeur de temps et leur différence de champ. Même un peu rapidement comme
ici.
7
En France, il faut dire d’abord que ce sont des concepts qui sont nés à la gauche des
premières assemblées démocratiques – les révolutionnaires s’appelaient «patriotes »
en 1789 –, mais que l’évolution de la société a ensuite amené vers la droite, ce qui est
une preuve de l’acculturation de la conception nationale républicaine. Mais aussià
l’extrême droite hors du camp des républicains, ce qui est une forme d’incongruité
historique, là encore un contresens historique. Car il s’agit bien de concepts clés de
la nation républicaine. En effet, la patrie, c’est la terre des pères, c’est une valeur
affective, non inscrite dans le droit. Mais au moment de la naissance des démocraties
modernes, en Amérique comme en France, les premiers révolutionnaires, ceux qui
combattent pour la liberté, choisissent de s’appeler
«patriotes » car leur patrie c’est la liberté, leur pays c’est la terre des libertés.

Alors que la nation, c’est la communauté politique qui est, elle, définie dans la
constitution comme étant l’ensemble des citoyens. On est ici dans un registre juridique
et non plus affectif. Là encore, le concept est né bien à gauche du champ politique car
ceux qui, en 1789 et au début du XIXe siècle, pensent que la souveraineté politique
doit désormais être fondée sur la nation, bousculent l’ordre établi des pouvoirs
traditionnels : les nationalistes sont d’abord des révolutionnaires, démocrates et
libéraux.

Mais ni patrie ni nation ne suffisent à dire le patriotisme et le nationalisme.

Le nationalisme, lui, est du côté de l’idée politique, voire de l’idéologie politique. Le


nationalisme, c’est cette idée qu’il n’y a qu’une communauté politique, définie avec ses
inclusions et ses exclusions. De nos jours, le nationalisme a mauvaise réputation
historique pour deux raisons : du côté des idées politiques, il a été capté par la droite
extrême pour dire avant tout qui doit être exclu de la communauté nationale. On vient
de le voir, c’est l’inverse de la conception de la nation républicaine. Ainsi, à la fin du

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XIXe siècle, les ennemis de la République, maurrassiens en tête, le montrent bien.


Leur « nationalisme intégral » est avant tout une théorie de l’exclusion de « l’anti-
France : protestants, juifs, francs-maçons, métèques » ; du côté de la pratique, le
nationalisme a été associé aux guerres de la mort de masse du XXe siècle. Dès lors,
le nationalisme d’exclusion et le nationalisme guerrier ont largement vitrifié toutusage
positif du terme dans le vocabulaire des républicains, des démocrates.

Le patriotisme a un lien assez logique avec la patrie. La terre des pères produit un
affect, une émotion, et le patriotisme c’est cette émotion qui nous réunit – ou pas – à 8
la vue du drapeau ou lorsque nos sélections nationales de football ou de handball sont
victorieuses. Ce mot de victoire transposé au sport provient du vocabulaire militaire.
C’est dans l’armée républicaine que l’attachement aux symboles nationaux reste le
plus souligné, le plus patriotiquement soutenu. Et c’est à l’école que la République
développa un enseignement patriotique embrassant toutes les disciplines, morale et
histoire en tête, sans oublier la géographie (Loubes, 2015).

2.4 Citoyenneté et nationalité

En Côte d’Ivoire, certains des droits attachés à la nationalité et à la citoyenneté peuvent


être suspendus ou retirés par un juge lors d'une condamnation pénale ou d'une mise
sous tutelle.

En effet, la citoyenneté, qui implique l'exercice des droits civiques (vote, service
militaire, etc.), est une notion différente de celle de nationalité qui désigne le fait
d'être régi personnellement par un droit civil national (nom, majorité, mariage, divorce,
succession, etc.), même si la « nationalité » est presque toujours attachée à la
citoyenneté.

Dans certains pays, la citoyenneté est ou a été réservée au sexe masculin, ou


conditionnée au paiement d'impôts. Les nationaux mineurs ne bénéficient pas des
droits civiques. Une condamnation peut ôter ses droits civiques à un national. La
domiciliation est nécessaire pour exercer des droits civiques, ainsi les sans domicile
fixe, et en particulier les nomades n'en bénéficient pas.

À l'époque coloniale, l'indigénat dans les colonies françaises et le statut indigène au


Congo belge excluaient de la citoyenneté tout ou partie des habitants indigènes des
colonies, qui avaient pourtant la nationalité française ou belge. Les musulmans

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d'Algérie pouvaient néanmoins accéder à la citoyenneté s'ils acceptaient de relever du


Code Civil et du droit pénal commun et non des coutumes coraniques. Cette situation
prit fin en deux parties pour la France, par la Loi Lamine Guèye en 1946 et par la Loi-
cadre Defferre de 1956. Elle ne prit fin au Congo belge qu'à l'indépendance en 1960.
Jusqu'en 1975, les Français par naturalisation ne pouvaient pas exercer le droit de
vote et d'éligibilité pendant les 5 ou 10 (selon les époques) années suivant l'acquisition
de la nationalité.

9
2.5 Citoyenneté et démocratie
La citoyenneté est intimement liée à la politique. Être citoyen implique que l'on fait
partie d'un corps politique, d'un État, que l'on a dans ce corps politique des droits et
des devoirs politiques. En Côte d’Ivoire, un citoyen ou une citoyenne est défini(e)
comme suit : « Homme ou femme âgé(e) de plus de 18 ans, né(e) de parents ivoiriens
ou étrangers naturalisés ». Cette exclusion des personnes mineures de la vie politique
est aujourd'hui contestée. Un citoyen a plusieurs devoirs comme payer les impôts,
respecter les lois ou encore être juré de Cour d'assises si besoin est. En démocratie,
chaque citoyen est détenteur d'une partie de la souveraineté politique.

Le citoyen moderne est le sujet de droits et de devoirs : droits de l'Homme - droits civils
- droits politiques - droits sociaux. Les devoirs sont accomplis par les citoyens pour le
bien de la collectivité (impôts, service militaire, etc.), ou de personnes (devoir dont le
non-respect peut être sanctionné, par exemple, dans le cadre de la non- assistance à
personne en danger) et définis par les lois des pays dans lesquels ils vivent.

« Le citoyen est un être éminemment politique (la cité) qui exprime non pas son intérêt
individuel mais l'intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des
volontés particulières mais la dépasse. » (Rousseau).

Trois aspects de la citoyenneté se dégagent :


• La citoyenneté civile correspondant aux libertés fondamentales (liberté
d’expression, égalité devant la justice, droit de propriété) ;

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• La citoyenneté politique fondée sur la participation politique (le droit de vote, le


droit d’éligibilité, le droit d’accéder à certaines fonctions publiques, le droit d'être
protégé par cet État à l'étranger) ;
• La citoyenneté sociale résultante de la création de droits socio-économiques
(droit à la santé, droit à la protection contre le chômage, droits syndicaux).

Dans le cadre de la construction européenne, est apparue la notion de citoyenneté


européenne, dont disposent toutes les personnes ayant la nationalité d’un État
membre de l’Union. La notion de citoyenneté multiculturelle, qui implique la 10

reconnaissance des droits culturels des minorités, a récemment fait son apparition.

La capacité d'une personne à exercer sa citoyenneté dépend de la démocraticité du


système politique et social dans lequel elle se trouve. Elle dépend également des
apprentissages de la participation qu’elle a pu faire.

3. Symbolique de la citoyenneté

La citoyenneté procure un sentiment d'appartenance à une même communauté


nationale ainsi que la possibilité d'une participation active à la vie publique et politique.
Dès lors que l'État « délivre » le statut de citoyens à ses membres, ceux-ci peuvent
s'en sentir redevables comme ils peuvent à tout moment invoquer la revendication de
leurs droits fondamentaux. La notion de citoyenneté implique un rapport étroit entre
l'État et ses citoyens, qui peuvent être déchus de leurs droits momentanément ou
définitivement pour conduite « illégale ».

En outre, les fortes connotations symboliques de la citoyenneté telles que l'égalité et


la responsabilité tendent à faire de l'identité citoyenne une qualité abstraite quimasque
les inégalités concrètes de statut social : les droits sociaux des individus (travail,
Sécurité sociale...) sont devenus des attributs de la citoyenneté depuis de nombreuses
années ; cependant, les contextes de crise économique peuvent laisser penser que la
citoyenneté est une valeur relative, et qu'elle ne s'exerce jamais sur un pied d'égalité.

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4. Objectifs et place de l’éducation à la citoyenneté dans les programmes


scolaire et universitaire

Si l'instruction civique décrit et présente la cité et vise seulement à informer du


fonctionnement des institutions pour pouvoir s'en servir, l'éducation des citoyens vise
à en reconnaître le bien fondé, susciter l'adhésion aux valeurs dont elles émanent
(démocratie, justice, solidarité etc.) mais surtout à cultiver la volonté d'agir à
développer le sens des valeurs requises pour l'action avec une préparation à la prise
de décision à user de son esprit critique. 11
L'éducation à la citoyenneté est un ensemble de connaissances, d'aptitudes,
d'attitudes qui permettent à l'enfant et aux jeunes de reconnaître les valeurs requises
pour la vie commune et d'effectuer des choix et d'agir dans ce respect. Elle vise à
sensibiliser aux valeurs requises pour la vie commune dans la société notamment les
valeurs africaines. Elle vise à éveiller à l'interdépendance c'est-à-dire aux liens entre
tous les problèmes de la cité, mais aussi entre les problèmes de la cité et les problèmes
à l'échelle du monde. Elle vise à former des hommes responsables, autonomes,
préparés à la coopération et à la résolution constructive des conflits. Elle vise à produire
des hommes, agents de développement, capables de résoudre les problèmes de
population et environnementaux.

Au vu de ces objectifs, notons que l'éducation à la citoyenneté est inextricablement


liée aux valeurs de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, car celles-ci
tendent à promouvoir des valeurs dans lesquelles la nation se reconnaît. Il s’agit de
la liberté, la démocratie pluraliste et le respect des Droits de l'homme, développant
ainsi le sens moral et civique de ceux qu'elle forme.

L’éducation à la citoyenneté vise, somme toute, à faire des hommes dévoués au bien
commun, respectueux des lois et des règles de la vie sociale et œuvre à les améliorer
dans le sens de la dignité, de l'équité et du respect mutuel.

5. Grands axes de l'éducation à la citoyenneté


Les axes que l'école doit privilégier si elle veut s'engager dans une éducation à la
citoyenneté sont les suivantes, selon le Bureau International du Travail :

• Les Droits humains : c'est l'axe organisateur de l'éducation à la citoyenneté.


Ce sont des règles qui organisent les rapports entre les hommes, ils permettent
un mieux vivre ensemble, rendent possiblement réalisable la

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relation entre l'éthique personnelle de chacun et les lois qui régissent les
rapports sociaux. Ce sont donc les valeurs vers lesquelles tendent les volontés
humaines. Le citoyen doit connaître les concepts et le contenu des Droits de
l'homme dans les textes juridiques, les valeurs de justice, de liberté, de
solidarité… Il doit les promouvoir à travers le respect de soi, de l'autre, à travers
le règlement intérieur dans la vie associative à l'école, à l’université. Il doit
assumer ses responsabilités, user de la liberté d'expression à travers le journal
scolaire et universitaire, le conseil de classe, le conseil de coopération, le conseil 12
d'étudiants ou le foyer socio-éducatif, les clubs comme les clubs verts, de
civisme, d’éducation à la citoyenneté…
• La démocratie : C'est un ensemble de valeurs que chaque peuple peut
s'approprier, les transformer selon son génie propre, les adapter. C'est une
pratique. C'est un système sociopolitique qui restitue libertés et pouvoirs de
décisions à l'ensemble des acteurs sociaux, qui reconnaît les décisions
émanant du dialogue institutionnalisé, prônant l'initiative et l'exemplarité (c'est-
à-dire mettre en pratique la théorie, l'action). Elle suppose les libertés publiques
et la séparation de pouvoirs, des élections libres et périodiques. C'est une façon
de vivre ensemble avec le respect de l'autre avec un débat et une culture du
dialogue. Elle est liée aux Droits humains, leur offre un cadre, mais le respect
des Droits humains entraîne aussi la démocratie. A l'école comme à l’université,
en classe ou en amphithéâtre, la participation des élèves et étudiants doit être
effective dans toutes les structures citées avant comme les clubs, la
coopérative, le conseil de coopération…
• Le développement : il est nécessaire à l'exercice de la démocratie, des Droits
de l'homme. Ces derniers sont des conditions de réalisation du développement,
un développement durable. L'éducation à la citoyenneté doit offrir aux citoyens
des compétences utiles aux besoins du développement.
• La paix : C'est plus que l'absence de guerre. C'est une situation où les conflits
sont réglés par la non-violence. Elle est liée aux Droits de l'homme et à la
démocratie. C'est la résultante d'un ensemble de conduites démocratiques
inspirées de Droits humains. Elle naît du respect de Droits humains, du
développement, du respect de l'environnement. En classe, certaines activités
devraient la favoriser comme la coopération, les séances de résolution non
violente des conflits…

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6. Citoyenneté dans le contexte ivoirien

Toutes les dimensions de l'éducation à la citoyenneté, abordées précédemment, sont


interdépendantes et montrent son caractère global, systémique. Au plan local ivoirien,
en plus de la structuration de la citoyenneté au sens holistique, les valeurs suivantes
en sont l’émanation. Il s’agit de :
• L’union : c’est une relation existant entre deux ou plusieurs choses, deux ou
plusieurs personnes qui forment un ensemble. Elle implique une conformité de
sentiments, de pensées, de comportements entre des personnes ou des 13

groupes. C’est une liaison intime, une relation étroite entre deux ou plusieurs
personnes ou choses de façon à former un tout homogène ou à ne faire plus
qu'un. Les liens peuvent être, physiques, affectifs ou résultant d'intérêts
communs. L'union est aussi la jonction de deux ou de plusieurs choses,
séparées par leur nature différente. Elle renvoie à un groupement depersonnes
ou de collectivités associées pour mener une action, défendre une même
cause. C’est une fonction de différentes choses ou de personnes. C’est une
entente volontaire, un assemblage de moyens pour un but. C’est la formule
consacrée à l’adhésion, à l’altérité et aux normes sociales. C’est la résultante
d’un paradigme consultatif et participatif dans le processus de la construction
psychosociale. C’est l’expression ultime de la liberté cognitive, conative et
sociale, dans la considération de la chose publique et le respectde l’intérêt
général. Les citoyens, dans une conception classique, ne sont pas de simples
individus juxtaposés, mais un ensemble d’Hommes attachés à un projet
commun. Dans un tel contexte, l’union, voire la solidarité, consiste à venir en
aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques
(Redistribution des richesses, Prospérité partagée, etc.). Ces valeurs
s’opposent mutuellement à l’individualisme et à l’indifférence. Elles
représentent une vertu du citoyen qui a le sens de ses obligations politiques,
sociales et morales, et n’a point besoin d’y être contraint pour les accomplir.
Le civisme est inséparable du sentiment d’appartenance à une communauté
dont les membres sont solidaires. La démocratie n’a de sens que si elle inclut
le rôle des citoyens dans son fonctionnement. Cela requiert donc une
participation active et responsable du citoyen à tous les niveaux de la vie
publique.

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• La discipline : elle est issue du latin « disciplina », issu de « discipulus », disciple,


élève, lui-même dérivé de « discere », apprendre. Plusieurs acceptions sont
rattachées à ce concept.
*Sens 1 : une discipline est un domaine, une branche, une matière particulière
de la connaissance ou de l'enseignement. C’est une matière qui comprend
toutes les dimensions sémantiques d'un rapport pédagogique à l’élève.
*Sens 2 : une discipline est un fouet de cordelettes ou de petites chaînesutilisé
par certains religieux pour se flageller dans un but de mortification ou de 14
pénitence, ou pour châtier ceux qui sont sous leur coupe.
*Sens 3 : la discipline est une règle de conduite que l'on s'impose.
*Sens 4 : la discipline est l'ensemble des règles de conduite communes
imposées aux membres d'un groupe, d'une collectivité, d'une organisation
sociale, d'un ordre, d'une armée, etc., afin d'y faire régner l'ordre et de garantir
son bon fonctionnement. En conséquence, en milieu scolaire et universitaire,
elle désigne primitivement la relation vue à partir de l'élève, de l’étudiant, du
« discipulus », c'est-à-dire sous l'aspect de la réception des messages. La
discipline ainsi entendue met l'élève au centre du système et organise le savoir
à partir d'un objectif pédagogique. C’est un règlement. La discipline désigne
aussi l'obéissance à ces règles, l'aptitude à s'y soumettre. C’est une
obéissance, une soumission. L'adjectif discipliné qualifie celui qui se soumet à
une règle, à une discipline. C’est cette orientation sémantique qui nous
intéresse dans le cadre de cette communication.
• Le travail : la langue française n’utilise qu’un seul mot : « travail ». On appelle
« travail » à la fois une certaine activité et le résultat qu’elle produit. Si je fais un
devoir à rendre à la maison, je fais du « travail ». Mais ce que je vaisrendre, le
produit de mon activité, c’est aussi un « travail ». Toutes les langues ne
fonctionnent pas ainsi. L’anglais et l’allemand séparent le travail en cours de
réalisation (labour, arbeit) et le travail qui a été réalisé (work, werk). Le latin
distingue certains travaux pénibles ou dangereux : on parle de labor pour la
culture des champs, le service militaire ou l’accouchement. Le grec met d’un
côté l’activité de production extérieure (poiesis) et de l’autre son résultat(ergon).
Le français est moins précis. Il ne permet pas de donner à chaque type de travail
un nom différent.

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Pour éviter les confusions, on garde à l’esprit que le « travail » cible au moins
trois choses : une activité, une façon de réaliser cette activité et le résultat de
cette activité.
En philosophie, c’est le travail comme activité qui intéresse. Le travail est
d’abord ce par quoi l’être humain transforme ce qui l’entoure pour satisfaire ses
besoins (Morfaux et Lefranc, 2005). La notion s’écarte donc très vite du sens
courant. Travailler, c’est agir sur le réel pour le modifier. Certains ouvrages
insistent sur le rapport entre travail et nature. Le travail serait une transformation 15
de la nature, pas du réel en général. Cette vision correspond à une image du
travail très éloignée du monde contemporain. Il y a 5000 ans, travailler, oui,
c’était agir sur la nature. Mais aujourd’hui ? Sérieusement ? Travailler, c’est
interagir avec son environnement. C’est chercher à le transformer, à en faire
quelque chose d’autre que ce qu’il est au départ. Dans le même temps, cet
environnement va transformer celui qui travaille. Il y a une double dynamique
(Godin, 2004). Le travail est un moment de confrontation. L’être humain se rend
compte que le réel lui résiste. Il ne se plie pas à ses désirs ou à sa volonté. Il
faut faire des efforts, voire souffrir, pour réussir à transformer les choses. Le
réel est un perçu comme un obstacle. Essayez de faire de la poterie. Vous
prenez du matériel, vous malaxez la glaise… et c’est moche. C’est raté. Ça ne
ressemble à rien. Vous vouliez faire un bel objet, mais ce n’est pas facile. Il faut
de la technique. Vous devez prendre du temps, vous entraîner, recommencer
plusieurs fois. Le réel ne se laisse pas transformer sans effort. Pourtant, la
résistance du réel va vous apporter quelque chose. Quand vous réussirez à
sculpter l’objet que vous souhaitiez, vous ne serez plus le même qu’au départ.
L’être humain change le réel par le travail, mais ce travail fait aussi changer
l’être humain. Travailler n’est pas un objectif en soi. Il est subordonné à un fin
extérieure: la satisfaction des besoins. C’est parce qu’on a des besoins ; et
parce que le réel résiste à leur satisfaction qu’il faut travailler. L’être humain
est donc contraint de [Link] travail n’est pas recherché pour lui-même,
mais pour autre chose. Il est dit
« productif », dans la mesure où il a un résultat, un produit qui se distingue du
travail comme activité (Dekens, 2002 ; Baraquin, 2007).
Retenons pour notre part que ce concept renvoie à un ensemble d’activités par
lesquelles l’être humain satisfait ses besoins et transforme la réalité. C’est

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une activité particulière ayant pour fonction la satisfaction des besoins d’un
individu et la transformation la réalité. Comme tel, le travail sera dépouillé de ses
caractéristiques mutilantes et dénaturantes, pour épouser une dynamique
constructive de l’être humain. C’est un moyen d’accomplissement et
d'humanisation (Castel, 1995 ; Schwartz, 1997).
D’un point de vue sociologique, le travail suppose et engendre des relations
sociales : rapports de collaboration, d’élaboration collective d’un projet, rapports
commerciaux, rapports hiérarchiques, rémunérations, négociations, conflits... A 16
ce titre, le travail est un fait social, c’est-à-dire une activité indissociable de la
vie sociale puisqu’elle suppose et engendre des relations sociales diverses
(Méda et Vendramin, 2013 ; Zan Bi, 2018). C’est une activité particulière à
laquelle un individu est formé, et qui est censée lui permettre de satisfaire ses
besoins (métier, profession). Le travail a une grande valeur, il ne s'agit pas de le
nier. Il développe des vertus morales, permet à l'individu de se sentir utile
socialement et lui donne des raisons de vivre. Il est au principe dela civilisation
et de ses progrès. L’intégrité et l’honnêteté, l’envie de se développer et
d’apprendre, la responsabilité, la loyauté, l’adaptabilité, l’éthique
professionnelle, la positivité, l’’autonomie, la confiance en soi et le
professionnalisme… sont autant de valeurs rattachées au travail. Pastichons
avec Noumène en soulignant que le travail devient ainsi le « ferment d’une
citoyenneté éclairée ».

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CONCLUSION

Plus qu’une simple appartenance à une communauté politique organisée autour d’un
État, nous avons découvert que la citoyenneté désigne l’exercice des droits et des
responsabilités que nous avons en tant que citoyens vis-à-vis de notre communauté.
Les droits des citoyens que nous sommes sont civils, politiques, économiques,sociaux
et culturels. Afin de mieux jouir d’eux, nous avons pour responsabilité d’obéir aux textes
qui régissent notre communauté, de nous instruire, de travailler pourparticiper à la 17
construction de notre nation, de payer nos taxes, d’aimer et de servirnotre patrie.

Le civisme, la civilité et la solidarité sont trois valeurs fondamentales à une citoyenneté


responsable. Chacune d’elles font du citoyen l’acteur d’une vie harmonieuse et
épanouie au sein de la communauté.

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