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Cours de mathématiques
朱评漫学屠龙于支离益,单千金之
家。三年技成,而无所用其巧。
——《庄子》
4
Table des matières
1 Fondements 9
1.1 Éléments de logique et vocabulaire mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.1 Ensemble des parties d’un ensemble E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Entiers naturels, calculs de sommes et de produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4.1 Principe de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4.2 Calcul de sommes et de produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5.1 Opérations dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5.2 Résoudre des équations et des inéquations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5.3 Borne supérieure et inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5.4 Valeur absolue et partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2 Suites réelles 27
2.1 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.2 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3 Exemples de suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.1 Suite arithmético-géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.2 Suite récurrente linéaire d’ordre 2. Hors-programme ! . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3 Dénombrement 35
3.1 Applications et parties finies de N . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Cardinal d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3 Coefficients binômiaux et formule du binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5
6 TABLE DES MATIÈRES
6 Équivalence et négligeabilité 87
6.1 Comparaison de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
6.1.1 Négligeabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
6.1.2 Équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
6.2 Étude asymtotique de suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.2.1 Négligeabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.2.2 Équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7 Séries 93
7.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
7.2 Critère de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
7.3 Séries de références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
Fondements
Définition 1
On appelle proposition toute phrase P dont on peut dire si elle est vraie ou fausse. Lorsque
l’énoncé d’une proposition porte sur une variable x, on peut écrire P(x) que l’on appelle prédicat
(mais nous n’utiliserons jamais ce terme).
Exemple 1.1.
Pour tout réel x, “x2 + 1 > 0” est vraie.
P(x) := “(x − 3)(x − 2) ≥ 000 est vraie si x ≤ 2 ou si x ≥ 3 mais est fausse sinon.
Définition 2 (Quantificateurs)
Exemple 1.2. On essaiera désormais de privilégier les quantificateurs afin d’être plus concis
∀x ∈ R, x2 + 1 > 0
∃!x ∈ [0, +∞[ tel que x2 + x = 12
∀x ∈ R, ∃n ∈ N tel que n ≥ x
Remarque. L’ordre des quantificateurs est important. “∃n ∈ N, ∀x ∈ R, n ≥ x00 est fausse !
On peut échanger des quantificateurs identiques mais pas des quantificateurs différents.
On n’utilise pas les quantificateurs au milieu d’une phrase en français !
9
10 CHAPITRE 1. FONDEMENTS
Définition 3
Exemple 1.3.
∀x ∈ R, x3 = ex =⇒ x ≥ 0
∀x, y ≥ 0, 1+x
1 1
≤ 1+y ⇔x≥y
Remarque. On appelle réciproque de P =⇒ Q l’implication Q =⇒ P.
Si P =⇒ Q est vraie, alors on dit que P est une condition suffisante pour Q et on dit que Q est une
condition nécessaire pour P.
Si P ⇔ Q est vraie, alors on dit que P est une condition nécessaire et suffisante pour Q, on dit que P et
Q sont équivalentes.
Deux propositions sont équivalentes si elles ont même table de vérité.
Exemple 1.4.
non [∀n ∈ N, un+1 ≥ un ] ⇔ ∃n ∈ N, un+1 < un
non [∃x ∈ R, f (x) = 0] ⇔ ∀x ∈ R, f (x) 6= 0
non [∀M ∈ R+ , ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, un ≥ M ] ⇔ ∃M ∈ R+ , ∀N ∈ N, ∃n ≥ N, un < M
Remarque. On rappelle que l’on peut intervertir des quantificateurs identiques mais pas des quantificateurs
différents.
Théorème 1 (Contraposition)
(P ⇒ Q) ⇔ (non Q ⇒ non P)
1.1. ÉLÉMENTS DE LOGIQUE ET VOCABULAIRE MATHÉMATIQUE 11
(P ⇒ Q) ⇔ non (P et non Q)
Exemple 1.6.
Soit a, b ≥ 0, montrer que 1+b a
= 1+ab
⇒ a = b.
a b
On suppose que a 6= b et 1+b = 1+a . Donc a + a2 = b + b2 et a2 − b2 = −(a − b). Comme a − b 6= 0,
√ par a − b et on obtient a + b = −1 ce qui est impossible car a et b sont positifs.
on peut factoriser
Montrer que 2 ∈ /√Q. √
On suppose que 2 ∈ Q, donc ∃p ∈ Z, q ∈ N∗ , p et q premiers entre eux, tels que 2 = pq . Ainsi
2q 2 = p2 . Donc 2|p2 , comme 2 est premier, 2|p et ∃m ∈ N, p = 2m. On obtient alors 2q 2 = 4m2 , donc
q 2 = 2m2 et avec le même raisonnement que précédemment, on obtient 2|q ce qui est absurde car p
et q sont censés être premiers entre eux.
Exemple 1.7. Montrer que pour toute fonction f de R dans R, il existe un unique couple de fonctions
(g, h) tel que g est paire, h impaire et f = g + h.
Analyse : Soit f une fonction de R dans R, g paire, h impaire telles que f = g + h. On a ainsi pour tout
x ∈ R, f (x) = g(x) + h(x) et f (−x) = g(−x) + h(−x) = g(x) − h(x). En sommant ces deux égalités, on
obtient g(x) = f (x)+f
2
(−x)
et h(x) = f (x)−f
2
(−x)
. Ce qui prouve l’unicité en cas d’existence.
Synthèse : Soit f une fonction de R dans R, on pose g : x 7→ f (x)+f 2
(−x)
et h : x 7→ f (x)−f
2
(−x)
. On a ainsi,
f (−x)+f (x) f (−x)−f (x)
pour tout x ∈ R, g(x) + h(x) = f (x). De plus, g(−x) = 2 = g(x) et h(−x) = 2 = −h(x)
donc g est paire et h impaire, d’où l’existence.
√
Exemple 1.8. Résolution de l’équation x + 2 = x pour x ≥ 2.
Analyse : Soit x ≥ 2, on suppose que x est solution de l’équation. En élevant au carré, on obtient x+2 = x2 ,
on obtient ainsi x ∈ {−1, 2}. √
Synthèse : On vérifie si les candidats√trouvés lors de l’analyse sont solutions de l’équation : −1 + 2 =
1 6= −1 donc −1 n’est pas solution ; 2 + 2 = 2 donc 2 est solution.
L’unique solution de l’équation est 2.
12 CHAPITRE 1. FONDEMENTS
1.2 Ensembles
Définition 4
A = B ⇔ (A ⊂ B et B ⊂ A)
Remarque. Pour montrer l’égalité entre deux ensembles, on procédera très souvent par double inclusion.
Soit E un ensemble. On appelle partie de E tout ensemble A inclus dans E. On note P(E)
l’ensemble des parties de E. Ainsi A ∈ P(E) ⇔ A ⊂ E.
Définition 6
Remarque. On peut faire un lien entre les connecteurs logiques et ces opérations ensemblistes : Soit A et
B deux ensembles, on a alors :
(x ∈ A ou x ∈ B) ⇔ x ∈ A ∪ B
(x ∈ A et x ∈ B) ⇔ x ∈ A ∩ B
(x ∈ A =⇒ x ∈ B) ⇔ A ⊂ B
E × F = {(a, 1), (a, 2), (a, 3), (b, 1), (b, 2), (b, 3)}
1.3 Applications
Définition 9
g : R \ {1} −→ R
Par contre est une application.
2x+1
x 7−→ x−1
u : N −→ R
est une application.
n 7−→ un
On peut définir une application f telle que pour tout réel a, f (a) est la plus petite solution de
l’équation x2 + ax − 1 = 0.
Remarque. On appelle application identité de E l’application de E dans E qui à tout x ∈ E associe x.
On la note idE .
Soit E un ensemble et A une partie de E, on appelle fonction indicatrice de A((ou fonction caractéristique),
1 si x ∈ A
l’application 1A : E → {0, 1} telle que pour tout élément x de E, 1A (x) = .
0 sinon
Soit f une application de E dans F . Pour toute partie A ∈ P(E), on pose f (A) = {f (x), x ∈ A}
l’image de A, et pour toute partie B ∈ P(F ), on pose f −1 (B) = {x ∈ E, f (x) ∈ B} l’image
réciproque de B.
Définition 11 (Restriction)
Soit f une application de E dans F . Pour toute partie A ∈ P(E), on pose l’application f|A , la
restriction de f à A, telle que f|A : A → E et pour tout x ∈ A, f|A (x) = f (x).
1.3. APPLICATIONS 15
Définition 12 (Composition)
4
! Bien vérifier les ensembles de départ et d’arrivée avant d’effectuer une composition.
Soit f : E → F .
f est injective si tout élément de F a au plus un antécédent dans E, i.e. ∀(x, y) ∈ E 2 , f (x) =
f (y) =⇒ x = y
f est surjective si tout élément de F a au moins un antécédent dans E, i.e. ∀y ∈ F, ∃x ∈
E, f (x) = y
f est bijective si tout élément de F a un unique antécédent dans E, i.e. ∀y ∈ F, ∃!x ∈
E, f (x) = y c’est-à-dire f est injective et surjective.
Pour s’entraı̂ner. Exercices 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 21, 22, 23, 25, 26, 27, 28 et 29
Théorème 3
Démonstration. f est bijective, donc ∀y ∈ F, ∃!x ∈ E, y = f (x). On pose donc g l’application qui à y ∈ F
associe ce x ∈ E (qui est l’antécédent de y par f ), ainsi g(y) est l’antécédent de y par f donc f ◦ g(y) = y
et f ◦ g = idF .
Soit x ∈ E, on pose y = f (x). On obtient alors que g(y) = g ◦ f (x), or d’après notre définition de g,
g(y) = x, donc g ◦ f = idE .
g est bien unique : en effet, si on a h qui vérifie aussi h ◦ f = idE , alors comme pour tout y ∈ F , il existe
un unique x ∈ E tel que y = f (x), on a h(y) = h ◦ f (x) = x = g ◦ f (x) = g(y) donc les applications g et
h sont égales.
Proposition 4
2x+1
Exemple 1.14. Soit f : x 7→ x−1 une application de R \ {1} dans R. Montrer qu’elle est injective. Est-elle
g : R \ {1} −→ R \ {2}
surjective ? Déterminer la réciproque de
2x+1
x 7−→ x−1
On désigne par N l’ensemble des entiers naturels, N∗ l’ensemble des entiers naturels non nuls.
Pour tout (k, n) ∈ N2 , k < n, on notera Jk, nK l’ensemble {k, k + 1, . . . , n}.
Admis
Toute partie non vide de N admet un plus petit élément.
Soit n ∈ N,(a0 , a1 , . . . , an ) ∈ Rn+1 et on suppose que l’égalité de droite est vraie pour tout réel x. On
pose A = {k ∈ J0, nK, ak 6= 0}. On raisonne par l’absurde en supposant A non vide. Soit k son plus petit
élément. On a ainsi, pour tout réel x, ak sin(2k x) + . . . + an sin(2n x) = 0. On évalue cette relation en
π
x = 2k+1 et on obtient ak = 0 ce qui est absurde.
Pour un entier n, considérons une proposition P(n). Soit n0 ∈ N, si P(n0 ) est vraie et pour
tout entier n fixé supérieur ou égal à n0 , la proposition P(n) implique la proposition P(n + 1)
alors P(k) est vraie pour tout entier k supérieur ou égal à n0 .
Remarque. Si ∃n0 ∈ N tel que P(n0 ) est vraie et ∀n ≥ n0 , P(n) =⇒ P(n + 1) alors ∀n ≥ n0 , P(n) est
vraie.
Démonstration. Raisonnons par l’absurde et supposons que l’ensemble A, des entiers n supérieurs ou
égaux à n0 pour lesquels P(n) est non vraie, soit non vide. D’après le théorème précédent, A possède
un plus petit élément m ; puisque P(n0 ) est vraie, on a m ≥ n0 + 1 ; de plus, par définition de mn on a
m−1∈ / A, donc P(m − 1) est vraie. Puisque P(m − 1) =⇒ P(m) est vraie, on en déduit que P(m) est
vraie, ce qui est absurde.
1.4. ENTIERS NATURELS, CALCULS DE SOMMES ET DE PRODUITS 17
Exemple 1.16. Soit (un )n∈N une suite définie par : u0 = 0 et ∀n ∈ N, un+1 = un + n + 1. Montrons que :
∀n ∈ N, un = n(n+1)
2 .
00
Pour tout n ∈ N, on note P(n) := “un = n(n+1) 2 .
0×1
Initialisation : u0 = 0 = 2 donc P(0) est vraie.
Hérédité : soit n ∈ N, on suppose que P(n) est vraie, montrons que P(n + 1) est vraie aussi.
n(n + 1)
un+1 = un + n + 1 = +n+1
2
n (n + 1)(n + 2)
= (n + 1) +1 =
2 2
donc P(n + 1) est vraie.
n(n+1)
Donc, par récurrence, pour tout entier n on a un = 2 .
Pour s’entraı̂ner. Exercices 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39 et 41
Pour un entier n, on considère une proposition P(n). Soit n0 ∈ N. Si P(n0 ) et P(n0 + 1) sont
vraies et si pour tout n ≥ n0 , la conjonction “P(n) et P(n + 1)” implique P(n + 2), alors P(n)
est vraie pour tout n ≥ n0 .
Démonstration. Pour n ≥ n0 , on pose Q(n) la proposition ”P(n) et P(n + 1)”. On peut alors montrer
par récurrence que Q(n) est vraie pour tout n ≥ n0 et donc que P(n) est vraie pour tout n ≥ n0 .
Exemple 1.17. Soit (un )n∈N une suite définie par u0 = 2, u1 = 5 et ∀n ∈ N, un+2 = 5un+1 − 6un . Montrons
que ∀n ∈ N, un = 2n + 3n .
Pour tout n ∈ N, on note P(n) := “un = 2n + 3n 00 .
Initialisation : 20 + 30 = 2 = u0 et 21 + 31 = 5 = u1 donc P(0) et P(1) sont vraies.
Hérédité : soit n ∈ N, on suppose que P(n) et P(n + 1) sont vraies, montrons que P(n + 2) est vraie.
Pour un entier n, on considère une proposition P(n). Soit n0 ∈ N. Si P(n0 ) est vraie et pour
tout n ≥ n0 , “∀k ∈ {n0 , . . . , n}, P(k)00 implique P(n + 1) alors P(n) est vraie pour tout n ≥ n0 .
Démonstration. Pour n ≥ n0 , on pose la proposition Q(n) égale à : ”∀k ∈ Jn0 , nK, P(k)”. On montre alors
par récurrence que Q(n) est vraie pour tout n ≥ n0 et ainsi P(n) est vraie pour tout n ≥ n0 .
Définition 15 (Symbole Σ)
n
P
Soit p, n ∈ N, p ≤ n, up , up+1 , . . . , un ∈ R. La somme up + up+1 + . . . + un s’écrit uk
k=p
13
X
Exemple 1.19. La somme 1 + 3 + 32 + 33 + ... + 314 peut s’écrire 3k
k=0
Remarque. L’indice k est une variable muette, il n’a aucun sens en dehors de la somme ! À la place de k
on peut très bien mettre j, ` ou bob.
n
Par convention, si p > n, alors
P
uk = 0
k=p
n
Si p ≤ n,
P
uk contient n − p + 1 termes (ne pas oublier le +1 ! ! !, penser au cas p = n
k=p
pour s’en rappeler)
n n
∀a ∈ R,
P P
a = a 1 = (n − p + 1)a
k=p k=p
n m n
Soit m tel que p ≤ m < n,
P P P
uk = uk + uk
k=p k=p k=m+1
n n
Soit a ∈ R,
P P
auk = a uk
k=p k=p
n n n
P P P
uk + vk = uk + vk
k=p k=p k=p
Remarque. Ne pas hésiter à se ramener à l’écriture up + up+1 + . . . + un dans un premier temps afin d’être
plus familier avec ces propriétés de la somme.
n
X
Exemple 1.20. Il faut faire attention et vérifier d’abord quel est l’indice de sommation. Ainsi : x=
k=0
x(n + 1).
L’antépunltième propriété est importante, elle signifie simplement que up + up+1 + . . . + um + um+1 + . . . +
un = (up + . . . + um ) + (um+1 + . . . + un )
1.4. ENTIERS NATURELS, CALCULS DE SOMMES ET DE PRODUITS 19
Soit p ≤ n et m ∈ Z.
n
X n+m
X
uk+m = ui i=k+m
k=p i=p+m
n
X m−k
X
um−k = ui i=m−k
k=p i=m−n
n
P n
P n
P
Exemple 1.21. On souhaite calculer Sn = k. On remarque que 2Sn = k+ k, on fait le changement
k=0 k=0 k=0
n
P n
P n
P
d’indice j = n − k dans la deuxième somme. Donc 2Sn = k+ n−j = n = n(n + 1)
k=0 j=0 k=0
n(n+1)
Donc Sn = 2 .
Proposition 7 (Télescopage)
n
P
uk+1 − uk = un+1 − u0 .
k=0
n
P n
P n+1
P n
P
Démonstration. uk+1 − uk = uk − uk = un+1 − u0
k=0 k=0 k=1 k=0
n
P
Exemple 1.22. On souhaite calculer pour tout entier n, Sn = k. On remarque dans un premier temps que
k=0
n n
pour tout entier n, (n+1)2 −n2 = 2n+1. Donc (k +1)2 −k 2 = (n+1)2 −0 =
P P
(2k +1) = 2Sn +(n+1).
k=0 k=0
n(n+1)
Donc Sn = 2 .
n
1−an+1
ak , alors Tn =
P
Soit a ∈ R \ {1}, on pose Tn = 1−a .
k=0
Plus généralement, on a :
n
X 1 − an−m+1
∀a ∈ R \ {1}, ∀m, n ∈ N, m ≤ n, ak = am
1−a
k=m
n
X
Démonstration. Traitons le cas général. Soit m, n ∈ N, m ≤ n. On pose Tn = ak . On a
k=m
n
X
(1 − a)Tn = Tn − aTn = ak − ak+1
k=m
m n+1
=a −a par télescopage
am −an+1 n−m+1
Ainsi, comme 1 − a 6= 0, Tn = 1−a = am 1−a1−a .
20 CHAPITRE 1. FONDEMENTS
Remarque. Soit (un )n∈N une suite définie par u0 = a ∈ R et pour tout entier n, un+1 = un + vn . Alors par
n−1
X
télescopage, on obtient : pour tout entier n, un = a + vk .
k=0
P
Remarque. Si n = m, alors on note ui,j .
1≤i,j≤n
Proposition 9 (Inversion)
X n X
X m m X
X n
ui,j = ui,j = ui,j
1≤i≤n, 1≤j≤m i=1 j=1 j=1 i=1
X n X
X n j
n X
X
ui,j = ui,j = ui,j
1≤i≤j≤n i=1 j=i j=1 i=1
X n−1
X n
X X j−1
n X
ui,j = ui,j = ui,j
1≤i<j≤n i=1 j=i+1 j=2 i=1
n P
n j
n P n
P i P i P j+1 1 n(n+1)
Exemple 1.23. j = j = 2 = 2 2 +n
i=1j=i j=1i=1 j=1
Calcul de produits
n
Q
Soit p, n ∈ N, pp ≤ n, up , up+1 , . . . , un ∈ R. Le produit up × up+1 × . . . × un s’écrit uk
k=p
1.4. ENTIERS NATURELS, CALCULS DE SOMMES ET DE PRODUITS 21
n
Par convention, si p > n, alors
Q
uk = 1
k=p
n
Si p ≤ n,
Q
uk contient n − p + 1 termes (ne pas oublier le +1 ! ! !, penser au cas p = n
k=p
pour s’en rappeler)
n
∀a ∈ R, a = an−p+1
Q
k=p
n m n
Soit m tel que p ≤ m < n,
Q Q Q
uk = uk × uk
k=p k=p k=m+1
n n n
Q Q Q
uk vk = uk × vk
k=p k=p k=p
n
Q
n uk
uk
Si aucun des vk n’est nul,
Q k=p
vk = n
Q
k=p vk
k=p
Proposition 11 (Télescopage)
n
Q uk+1 un+1
uk = u0 à condition que u0 , . . . , un soient non nuls.
k=0
Exemple 1.24.
n n
1 + k1 = k+1
Q Q
k =n+1
k=1 k=0
n
n n
2n
2k
Q Q Q k
k+1 = 2 × k+1 = n+1
k=0 k=0 k=0
un
Remarque. Soit (un )n∈N une suite définie par u0 = a ∈ R et pour tout entier n, un+1 = vn où (vn )n∈N est
n−1
Y
une suite de réels non nuls. Alors par télescopage, on obtient : pour tout entier n, un = a vk .
k=0
Définition 18 (Factorielle)
n
Y
Soit n ∈ N, on appelle factorielle n et on note n! l’entier n! = k
k=1
22 CHAPITRE 1. FONDEMENTS
Proposition 12
Soit n ∈ N∗ .
n+1
Y
k
(n+1)!
n! = k=1
n =n+1
Y
k
k=1
n
Y
(2k) = 2n n!
k=1
n
Y n
Y
n
(2k + 1) × (2k)
Y k=1 k=1 (2n + 1)!
(2k + 1) = n =
Y 2n n!
k=1 (2k)
k=1
Remarque. 4
! Il faut acquérir le réflexe : étudier la non nullité de ce par quoi on divise.
Remarque. De plus R est muni d’une relation ≤, relation d’ordre compatible avec + et ×, ce qui signifie
a ≤ b a ≥ 0
∀(a, b, c, d) ∈ R4 =⇒ a + c ≤ b + d et ∀(a, b) ∈ R2 =⇒ ab ≥ 0.
c ≤ d b ≥ 0
1.5. NOMBRES RÉELS 23
ax2 + bx + c = 0 (E)
et l’inéquation
ax2 + bx + c ≥ 0 (I)
On appelle discriminant le réel ∆ = b2 − 4ac.
1. Si ∆ < 0, alors (E) n’admet pas de solution réelle SE = ∅, et si a > 0, I a comme ensemble
solution R, SI = R et si a < 0 l’ensemble vide, SI = ∅.
n √ √ o
2. Si ∆ > 0, alors E admet deux solutions réelles, SE = −b− 2a
∆ −b+ ∆
, 2a et si a > 0 alors
i √ h i √ h i √ √ h
SI = −∞, −b− 2a
∆
∪ −b+ ∆
2a , +∞ , et si a < 0 alors S I = −b− ∆ −b+ ∆
2a , 2a .
−b
3. Si ∆ = 0, alors E admet une unique solution réelle SE = 2a et si a > 0, SI = R, si
a < 0, SI = ∅.
c −b
À noter que dans le cas ∆ > 0, les deux solutions de E x1 et x2 vérifient x1 x2 = a et x1 +x2 = a .
Démonstration.
La preuve
repose sur la factorisation canonique : pour tout réel x, ax2 + bx + c =
b 2 2 −4ac
− b 4a ; et l’identité remarquable z 2 − y 2 = (z + y)(z − y).
a x + 2a 2
∀x ∈ A x ≤ a.
∀x ∈ A a ≤ x.
Définition 20
Admis.
Soit A une partie non vide de R.
Si A est majorée, alors il existe un réel noté sup A, appelé borne supérieure de A qui est le plus
petit des majorants de A.
Si A est minorée, alors il existe un réel noté inf A, appelé borne inférieure de A qui est le plus
grand des minorants de A.
Remarque. 4
! La borne supérieure de A lorsqu’elle existe, n’appartient pas nécesserairement à A.
Exemple 1.25. Soit A = [0, 1[. Alors sup A = 1.
Soit x un réel, on désigne par valeur absolue de x le réel positif |x| = max(x, −x).
∀x ∈ R,
|x| = x ⇔ x ≥ 0
|x| = −x ⇔ x ≤ 0
|x| = 0 ⇔ x = 0
∀x, y ∈ R
|xy| = |x| × |y|
||x| − |y|| ≤ |x + y| ≤ |x| + |y| Inégalité triangulaire
||x| − |y|| ≤ |x − y| ≤ |x| + |y|
si a > 0, |x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a.
Démonstration. Pour l’inégalité triangulaire, il suffit de partir de −2|x||y| ≤ 2xy ≤ 2|x||y| et d’ajouter
x2 + y 2 aux trois membres puis de passer È la racine.
Il est très important de se souvenir que x2 = |x|.
Exemple 1.26. Méthode pratique pour résoudre une équation ou inéquation avec une valeur absolue : le
plus simple consiste à évaluer quand est ce que ce qui est à l’intérieur de la valeur absolue est positif ou
négatif et ensuite faire une disjonction de cas pour résoudre sans les valeurs absolues.
Soit l’équation |x + 1| + |x + 2| = 7
1.5. NOMBRES RÉELS 25
La partie entière d’un réel x est le plus grand élément de Z inférieur ou égal à x. On le note
bxc.
∀x ∈ R,
bxc ≤ x < bxc + 1
x − 1 < bxc ≤ x
En fait, chacune de ces deux propriétés caractérisent la partie entière. C’est-à-dire, soit m ∈ Z
tel que m ≤ x < m + 1 alors m = bxc. Et si x − 1 < m ≤ x alors de même m = bxc.
Exemple 1.27. Méthode pratique pour résoudre une équation ou inéquation avec une partie entière : on
utilise l’une des propriétés ci-dessus.
Par exemple, soit l’équation b−4x + 1c = 2. On obtient les deux inéquations
1: 2 ≤ −4x + 1 et −4x + 1 < 3.
1 1 1
On en déduit que x ≤ − 4 et x > − 2 . Donc l’ensemble solution est S = − 2 , − 4 .
Suites réelles
On appelle suite réelle une application de N (ou N∗ ) dans R. Au lieu de u(n), on utilisera la
notation un .
4
! (u ) n n∈N désigne la suite, alors que un désigne un réel.
Définition 2
On dit que (un )n∈N converge vers ` ∈ R si tout intervalle ouvert contenant ` contient tous
les termes de la suite (un )n∈N à partir d’un certain rang. C’est-à-dire ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥
n0 , |un − `| < ε
On dit alors que (un )n∈N est convergente. Sinon, on dit qu’elle est divergente.
(−1)n
Exemple 2.1. Soit (un )n∈N une suite définie par ∀n ∈ N, un = n+1 , montrer que lim un = 0
n→+∞
Soit ε > 0, on prend n0 ∈ N, tel que n0 > 1ε . Dès lors, ∀n ≥ n0 , |un | = 1
n+1 ≤ 1
n0 < ε.
|`−`0 |
Démonstration. On suppose que (un )n∈N converge vers ` et `0 ∈ R. Soit ε = 4 .
∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |un − `| < ε
27
28 CHAPITRE 2. SUITES RÉELLES
Proposition 1
Démonstration. Soit ` ∈ R la limite de (un )n∈N . On pose ε = 1 donc ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |un − `| < 1.
Donc ∀n ≥ n0 , −1 < un − ` < 1 et on obtient ` − 1 < un < 1 + `. On pose alors M = max(|` − 1|, |` +
1|, |u0 |, |u1 |, . . . , |un0 −1 |).
4
Remarque. ! Une suite bornée n’est pas forcément convergente. Par exemple un = (−1)n qui est
bornée par 1 mais divergente.
Proposition 2
Si une suite (un )n∈N converge vers ` 6= 0 alors à partir d’un certain rang, (un )n∈N est non nulle
et du signe de `.
Théorème 2
(un )n∈N converge vers ` si et seulement si (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers `.
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. On définit les opérations suivantes :
Somme de suites : (un )n∈N + (vn )n∈N = (un + vn )n∈N
Produit par une constante : λ(un )n∈N = (λun )n∈N
Produit de suites : (un )n∈N × (vn )n∈N = (un vn )n∈N
2.1. SUITES CONVERGENTES 29
Théorème 3
Soit (un )n∈N une suite qui converge vers `, (vn )n∈N qui converge vers `0 et λ ∈ R.
1. Alors (un + vn )n∈N converge vers ` + `0
2. Alors (λun )n∈N converge vers λ`
3. Alors (un vn )n∈N converge vers ``0 .
4. Si ` 6= 0 alors la suite ( u1n )n≥n0 converge vers 1` .
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N convergentes vers ` et `0 respectivement. Si à partir d’un certain rang
on un ≤ vn alors on a ` ≤ `0 .
Démonstration. On sait que (un − vn )n∈N converge vers ` − `0 . Si ` > `0 , alors on sait que un − vn > 0 à
partir d’un certain rang ce qui est absurde.
4
Remarque. ! Si ∀n ∈ N, un < vn et (un )n∈N et (vn )n∈N convergentes vers ` et `0 , alors ` ≤ `0 .
En passant à la limite, les inégalités strictes deviennent des inégalités larges. Par exemple
1 2
∀n ∈ N, n+1 < n+1 mais ces deux suites convergent vers la même limite.
Soit (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N des suites telles qu’à partir d’un certain rang, un ≤ vn ≤ wn .
Si (un )n∈N et (wn )n∈N convergent vers la même limite `, alors (vn )n∈N converge aussi vers `.
30 CHAPITRE 2. SUITES RÉELLES
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. On dit qu’elles sont adjacentes si l’une est croissante,
l’autre décroissante et (un − vn )n∈N converge vers 0.
1 1
Exemple 2.2. Les suites définies par ∀n ∈ N, un = 1 − n+1 et vn = 1 + n+1 sont adjacentes.
Théorème 7
Démonstration. On suppose que (un )n∈N est croissante et (vn )n∈N décroissante. Montrons que (un )n∈N
est majorée par v0 . En effet, si ce n’est pas le cas, alors ∃n0 ∈ N tel que un0 > v0 et par croissance,
∀n ≥ n0 , un ≥ un0 ≥ v0 ≥ vn , donc ∀n ≥ n0 , |un − vn | ≥ |un0 − v0 | ce qui contredit (un − vn )n∈N converge
vers 0.
Donc (un )n∈N est majorée, comme elle est croissante elle converge. De même (vn )n∈N est minorée et
décroissante donc converge et comme (un − vn )n∈N converge vers 0, (un )n∈N et (vn )n∈N ont la même
limite.
Définition 7
On dit que (un )n∈N tend vers +∞ si : ∀M ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un > M On dit que (un )n∈N
tend vers −∞ si : ∀M ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un < M
Exemple 2.3. Montrer que lim ln n = +∞. Soit M ∈ R+ , on cherche n0 de sorte que ln n0 > M , donc
n→+∞
n0 > eM . On pose n0 = beM c + 1 et ainsi, ∀n ≥ n0 , ln n > M
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. Si à partir d’un certain rang n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 on a un ≥ vn
et si lim vn = +∞ alors lim un = +∞.
n→+∞ n→+∞
Démonstration. 1. Soit M ∈ R, ∃m ∈ R, ∀n ∈ N, vn ≥ m.
Aussi, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un > M + m et donc ∀n ≥ n0 , un + vn > M .
2. Soit M ∈ R+ , ∃m ∈ R+ , ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , vn ≥ m.
Aussi, ∃n1 ∈ N, ∀n ≥ n1 , un > M
m et donc ∀n ≥ max(n0 , n1 ), un vn > M .
1
4. Soit M ∈ R+ , ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un < M, donc ∀n ≥ n0 , u1n > M .
32 CHAPITRE 2. SUITES RÉELLES
un + vn ` + `0 `0 +∞ −∞
lim vn = `0 6= 0 un × vn ``0 0 signe(`0 )∞ −signe(`0 )∞
n→+∞
un
vn
`
`0 0 signe(`0 )∞ −signe(`0 )∞
un + vn ` 0 +∞ −∞
lim vn = 0 un × vn 0 0 F.I F.I
n→+∞
un
vn F.I F.I F.I F.I
un + vn +∞ +∞ +∞ F.I
lim vn = +∞ un × vn signe(`)∞ F.I +∞ −∞
n→+∞
un
vn 0 0 F.I F.I
un + vn −∞ −∞ F.I −∞
lim vn = −∞ un × vn −signe(`)∞ F.I −∞ +∞
n→+∞
un
vn 0 0 F.I F.I
Si (un )n∈N est une suite croissante non majorée, alors lim un = +∞.
n→+∞
Si (un )n∈N est une suite décroissante non minorée, alors lim un = −∞.
n→+∞
Démonstration. On suppose que (un )n∈N est une suite croissante non majorée. Soit M ∈ R, on a ainsi
l’existence d’un entier N tel que uN ≥ M car (un )n∈N non majorée. Puis par croissance de (un )n∈N , on a
pour tout n ≥ N, un ≥ M , ce qui signifie un → +∞.
Le cas décroissant non minoré est similaire (considérer −un ).
On peut résumer ainsi : pour q > 1, a > 0 : n! >> q n >> na >> (ln n)b
pour q < 1, a > 0 : n! >> na >> (ln n)b >> q n
un n!
Démonstration. 1. On suppose que a > 0 (sinon c’est évident). Soit n ≥ bac + 1. On a alors vn = na ≥
n! n−1 n−bac
nbac+1
=1× n × ... × n × (n − bac − 1)! qui tend bien vers +∞.
wn
2. On pose = n ln q − a ln n. Donc lim lnnzn = ln q > 0. Donc à partir d’un certain
zn = vn . On a ln zn
n ln q n→+∞
n ln q
n ln q
rang, ln zn ≥ 2 , donc zn ≥ e 2 or e 2 tend vers +∞ donc (zn )n∈N aussi.
n∈N
2.3. EXEMPLES DE SUITES 33
3. Idem
na a ln n−b ln ln n na
4. (ln n)b
= exp(a ln n − b ln ln n), or ln n → a > 0, donc (ln n)b
→ +∞.
Soit (un )n∈N on dit que c’est une suite arithmético-géométrique s’il existe a, b ∈ R tels que
∀n ∈ N, un+1 = aun + b
On suppose que a 6= 1 et b 6= 0.
b
On pose ` = 1−a et vn = un − `.
On a ainsi
b
vn+1 = aun + b − ` = aun + b −
1−a
b
= aun − a
1−a
= avn
Exemple 2.4. Soit (un )n∈N définie par ∀n ∈ N, un+1 = u2n + 3 et u0 = 1. On pose ` = 6 et ∀n ∈ N, vn =
n
un − 6. On a alors ∀n ∈ N, vn = 12 v0 = −5 −5 1
2n . Ainsi, ∀n ∈ N, un = 2n + 6. Comme a = 2 < 1, la suite
(un )n∈N converge vers 6.
On dit que (un )n∈N est une suite récurrente linéaire d’ordre deux s’il existe a, b ∈ R tels que
pour tout n ∈ N, un+2 = aun+1 + bun .
34 CHAPITRE 2. SUITES RÉELLES
Méthode (Déterminer le terme général d’une suite récurrente linéaire d’ordre deux)
Exemple 2.5.
un+2 = un+1 + un avec u0 = 0 et u1 = 1 appelée
√
suite de √Fibonacci. L’équation caractéristique est
2 1+ 5 1− 5
X − X − 1 = 0 ses solutions sont r1 = 2 et r2 = 2 . Donc il existe deux réels α et β tels
que pour tout entier n, un = αr1n + βr2n . Comme u0 = 0, on a α + β = 0. Comme u1 = 1, on a
−1 rn rn
αr1 + βr2 = 1. On trouve β = −α et donc α = √15 et β = √ 5
. Donc ∀n ∈ N, un = √15 − √25 .
un+2 = 4(un+1 − un ) et u0 = 1 et u1 = 12.
L’équation caractéristique est X 2 − 4X − 4 = (X − 2)2 = 0. Donc il existe deux réels α et β tels que
(un )n∈N est de la forme ∀n ∈ N, un = α2n + βn2n . Comme u0 = 1, on a α = 1. Comme u1 = 12, on
a 2α + 2β = 12 et donc β = 5. Donc ∀n ∈ N, un = 2n + 5n2n .
Chapitre 3
Dénombrement
Remarque. Toutes les démonstrations de ce chapitre, à part celle de la formule du binôme de Newton, ne
sont pas exigibles. Vous pouvez donc les passer sans état d’âme.
Soit a, b deux entiers non nuls. S’il existe une injection de A = J1, aK dans B = J1, bK, alors
a ≤ b.
Soit a et b deux entiers non nuls. S’il existe une bijection de J1, aK dans J1, bK alors a = b.
Démonstration. En effet, si φ est une bijection de A = J1, aK dans B = J1, bK, alors φ est une injection de
A dans B et φ−1 est une injection de B dans A. D’après le théorème précédent, on a donc a ≤ b et b ≤ a
donc a = b.
Théorème 2
Soit a un entier non nul. Toute injection de A = J1, aK dans A est une bijection.
35
36 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT
Un ensemble E est fini et de cardinal n s’il existe une bijection entre E et J1, nK = {1, . . . , n}.
On note card E = n ou bien ]E = n.
Proposition 1
Corollaire 2
Si f est une application de E fini dans un ensemble quelconque F , alors f (E) est fini et
Démonstration. Pour tout y appartenant à f (E), on choisit un unique x tel que f (x) = y. Soit A la partie
de E décrite par ces éléments x. On considère l’application g de A dans f (E) définie par : pour tout
x ∈ A, g(x) = f (x). Par construction, g est bijective, donc
car A ⊂ E. D’autre part, d’après la proposition, si card (f (E)) = card (A) = card (E) alors A = E et
donc f est injective.
3.2. CARDINAL D’UN ENSEMBLE 37
Corollaire 3
card (F ) ≤ card E
Corollaire 4
Soit E et F deux ensembles finis de même cardinal et soit f une application de E dans F . On
a
f injective ⇔ f surjective ⇔ f bijective
Proposition 2
Démonstration. On pose a = card A et b = card B. Soit f une bijection de A dans J1, aK et g une bijection
de B dans J1, bK. (
f (x) si x ∈ A
On pose h application de A ∪ B dans J1, a + bK définie par : ∀x ∈ A ∪ B, h(x) = .
g(x) + a si x ∈ B
L’application h est bijective, donc card (A ∪ B) = card A + card B.
Corollaire 5
Soit n un entier tel que n ≥ 2, A1 , . . . , An des parties de E un ensemble fini qui sont deux à
deux disjointes (c’est-à-dire i 6= j =⇒ Ai ∩ Aj = ∅).
On a alors
n n
!
[ X
card Ai = card Ai
i=1 i=1
S
n−1
Démonstration. La preuve se fait par récurrence, il suffit de remarquer que An ∩ i=1 Ai = ∅.
Corollaire 6
Or A = A0 ∪ (A ∩ B), union disjointe, donc card A = card (A0 ) + card (A ∩ B). De même card B =
card (B 0 ) + card (A ∩ B).
On en déduit que card (A ∪ B) = card (A) + card (B) − card (A ∩ B).
Théorème 3
card (A∪B∪C) = card A+card B+card C−card (A∩B)−card (A∩C)−card (B∩C)+card (A∩B∩C)
Définition 2
Proposition 3
P
Si E est fini et (Ai )i∈I est une partition de E alors card E = card Ai .
i∈I
Soit f une surjection de E sur F fini de cardinal n, telle que quelque soit y ∈ F ,
card f −1 ({y}) = p, alors
card (E) = np
X
Démonstration. f −1 ({y}) y∈E forme une partition de E donc card (E) = card f −1 ({y}) = np.
y∈F
Remarque. Pour compter le nombre de pattes d’un troupeau, il suffit de faire le produit du nombre de
moutons par 4.
Proposition 5
Démonstration. Soit f une bijection de A dans J1, aK et g bijection de B dans J1, bK, avec a = card A et
b = card B.
On pose h définie par
∀(x, y) ∈ A × B, h(x, y) = f (x) + a(g(y) − 1)
Montrons que h est injective. Soit (c, d), (x, y) ∈ A × B tels que h(c, d) = h(x, y). On a ainsi f (c) − f (x) =
a(g(y) − g(d)). Or f (c) − f (x) est un entier compris entre 1 − a et a − 1, comme il doit être divisible par a
d’après l’égalité précédente, il est nécessairement nul. Donc f (c) = f (x), puis g(y) = g(d) car a 6= 0. On
sait que f et g sont des bijections donc x = c et y = d donc h est injective.
Montrons que h est surjective. Soit k ∈ J1, abK, on écrit la division euclidienne de k − 1 par a : il existe
r ∈ J0, a − 1K et q entier tel que k − 1 = aq + r. On remarque que q ∈ J0, b − 1K. On a ainsi, k = (r + 1) + aq.
Soit x ∈ A tel que f (x) = r + 1 et y ∈ B tel que g(y) = q + 1, c’est possible car f et g sont bijectives donc
surjectives. On a alors h(x, y) = k d’où la surjectivité de h.
Ainsi h est une bijection de A × B dans J1, abK, donc card (A × B) = card (A) × card (B).
Proposition 6
Soit E et F deux ensembles finis, on a card F E = (card F )card E , où on rappelle que F E désigne
l’ensemble des applications de E dans F .
Proposition 7
Il y a n(n − 1) . . . (n − p + 1) = n!
(n−p)! = Apn applications injectives de E dans F si card E = p
et card F = n.
Démonstration. On compte le nombre d’applications injectives. Pour l’élément p de {1, . . . , p}, on peut
lui choisir n images possibles, puis pour les p − 1 autres éléments, il nous reste Ap−1
n−1 choix. On a donc la
p p−1 1 n!
relation An = nAn−1 = n(n − 1) . . . (n − p + 2)An−p+1 = n(n − 1) . . . (n − p + 1) = (n−p)! .
Définition 3
Une permutation de n éléments est une bijection de {1, . . . , n} dans E. (il faut que card E = n).
Proposition 8
Une combinaison sans répétition de n éléments pris p à p est une partie de p éléments d’un
ensemble à n éléments.
4
Remarque. ! Pour les applications injectives, il y a un ordre (l’image de 1, l’image de 2, etc). Pour les
combinaisons, l’ordre n’importe plus :{Atchoum, Joyeux, Prof} et {Prof, Atchoum, Joyeux} représentent
la même combinaison à 3 éléments de l’ensemble des 7 nains.
Proposition 9
Soit n, p ∈ N, p ≤ n. Il y a np = p!(n−p)!
n!
combinaisons de n éléments pris p à p.
n
L’entier p est appelé coefficient binomial.
Par convention, on pose np = 0 si p > n ou si p < 0.
Démonstration. On prend d’abord une application injective puis on ”tue” l’ordre en divisant par le nombre
de bijections sur un ensemble à p éléments.
Voici une preuve plus formelle. On pose F le nombre de combinaisons de n éléments pris p à p, E l’ensemble
des injections de J1, nK dans J1, pK. On considère l’application φ qui à f ∈ E associe f (J1, nK). On a ainsi
φ surjective et pour tout élément y de F , φ−1 ({y}) est de cardinal p!. On applique ensuite le principe des
bergers.
∀n, p ∈N, p ≤ n
np = n−p n
n0 = nn =
1
n1 = n−1 n
=n
n n
n(n−1)
2 = n−2 = 2
si p ≥ 1, np = np n−1
p−1
si p ≥ 1, np = n−1 n−1
p + p−1 .
Remarque. Grâce à la convention de la proposition précédente, cette dernière formule reste vraie pour
tout n, p.
n
Démonstration. Il s’agit juste d’appliquer la définition de p .
Cette dernière formule appelée formule de Pascal permet de retrouver rapidement les coefficients
binomiaux à l’aide du triangle de Pascal.
3.3. COEFFICIENTS BINÔMIAUX ET FORMULE DU BINÔME DE NEWTON 41
1
1 1
1 2 1
1 3 3 1
1 4 6 4 1
1 5 10 10 5 1
n
n
Soit a, b ∈ R, n ∈ N, (a + b)n = ak bn−k
P
k .
k=0
Démonstration. : Nous allons procéder par récurrence. Pour tout entier n, on pose P(n) :“(a + b)n =
n
ak bn−k nk ”
P
k=0
0
0
Initilisation : (a + b)0 = 1 = ak b0−k
P
k , donc P(0) est vraie.
k=0
Hérédité : Soit n ∈ N, on suppose que P(n) est vraie. Montrons P(n + 1).
n
k n−k n
X
n+1 n
(a + b) = (a + b)(a + b) = (a + b) a b on a utilisé l’hypothèse de récurrence
k
k=0
n X n
k+1 n−k n k n−k+1 n
X
= a b + a b on a développé le (a + b)
k k
k=0 k=0
n−1 n
k+1 n−k n k n−k+1 n
X X
n+1 n+1
=a + a b +b + a b
k k
k=0 k=1
on a séparé le terme en k = n de la 1ère somme et le terme en k = 0 de la 2ème
n n
X n X n
= an+1 + a` bn−`+1 + bn+1 + ak bn−k+1
`−1 k
`=1 k=1
on a fait le changement d’indice ` = k + 1 dans la 1ère somme
n
n+1 n+1
X
k n−k+1 n n
=a +b + a b + on a regroupé les deux sommes
k−1 k
k=1
n
k n−k+1 n + 1
X
n+1 n+1
=a +b + a b on a utilisé la formule de Pascal
k
k=1
n+1
k n−k+1 n + 1
X
= a b
k
k=0
on a réinjecté les deux termes dans la somme car ils correspondent à k = 0 et k = n + 1
n
X n
En particulier, = 2n .
k
k=0
Proposition 11
Démonstration. On peut compter les parties de E selon leur nombre d’éléments : comme il y a card E
k
parties de E de k éléments, en sommant on trouve le résultat demandé.
On aurait aussi pu remarquer que P(E) et {0, 1}E sont en bijection (à toute partie de E on associe sa
fonction indicatrice), d’où le résultat.
Chapitre 4
Il existe une unique fonction f définie et dérivable sur R telle que : ∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x) et
f (0) = 1. On appelle cette fonction “fonction exponentielle” et on la note soit x 7→ ex , soit
x 7→ exp(x).
43
44 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Proposition 1
Il existe une unique fonction f définie sur R∗+ telle que ∀x ∈ R, f (exp(x)) = x. On appelle cette
fonction “fonction logarithme” et on la note x 7→ ln(x).
Proposition 2
Définition 1
xy = exp(y ln(x)).
Remarque. Lorsque l’on manipulera des puissances, il faudra ne pas oublier cette écriture exponentielle :
xy = exp(y ln(x)) qui peut être très pratique.
Remarque. Si f est définie en x0 et admet une limite en x0 alors sa limite est f (x0 ).
Proposition 3
Si f admet une limite ` en x0 , alors f est bornée sur un intervalle ouvert contenant x0 .
De plus, si ` 6= 0, alors f est du signe de ` sur un intervalle ouvert contenant x0 .
Exemple 4.1. f définie par ∀x ∈ R, f (x) = bxc. On a lim f (x) = 0 et pourtant f (1) = 1.
x→1−
Proposition 4
Si f est définie en x0
lim f (x) = `
+
x→x0
lim f (x) = ` ⇔ lim f (x) = `
x→x0 x→x −
0
f (x ) = `
0
Soit f définie en x0 .
f est continue en x0 si f a une limite en x0 (i.e. si lim f (x) = f (x0 )).
x→x0
f est continue à droite en x0 si f a une limite à droite en x0 égale à f (x0 ) (i.e. si
lim f (x) = f (x0 )).
x→x+
0
f est continue à gauche en x0 si f a une limite à gauche en x0 égale à f (x0 ) (i.e. si
lim f (x) = f (x0 )).
x→x−
0
f a pour limite +∞ en x0 si
f a pour limite +∞ en +∞ si
f a pour limite +∞ en −∞ si
et
lim f (x)g(x) = ``0
x→x0
De plus, si `0 6= 0, alors
1 1
lim = 0
x→x0 g(x) `
et
f (x) `
lim =
x→x0 g(x) `0
Démonstration. La preuve est analogue à celle pour les opérations sur les suites convergentes ou qui
tendent vers ±∞.
4.2. LIMITE ET CONTINUITÉ 51
Soit x0 ∈ R. Si lim f (x) = +∞ et g est minorée sur un intervalle ouvert contenant x0 alors
x→x0
lim f (x) + g(x) = +∞.
x→x0
Si lim f (x) = +∞ et g est minorée sur un intervalle ouvert contenant x0 par une constante
x→x0
strictement positive alors lim f (x)g(x) = +∞.
x→x0
1
Si lim f (x) = +∞, alors lim = 0.
x→x0 x→x0 f (x)
Si lim f (x) = 0, alors lim 1 = +∞.
x→x0 x→x0 |f (x)|
Démonstration. La preuve est analogue au résultat similaire sur les suites. Rédigeons néanmoins le premier
point dans le cas où x0 ∈ R.
Soit a > 0, m ∈ R tel que g est minorée par m sur [x0 − a, x0 + a]. Soit M ∈ R. Comme lim f (x) = +∞,
x→x0
il existe α > 0 tel que pour tout x tel que |x − x0 | < α, f (x) ≥ M − m. On pose η = min(a, α) et on a
pour tout x tel que |x − x0 | < η, f (x) + g(x) ≥ M d’où le résultat.
Théorème 6 (Compatibilité de la limite avec la relation d’ordre pour les limites finies)
Si lim f (x) = ` et lim g(x) = `0 et si sur un intervalle ouvert contenant x0 , on a f (x) ≤ g(x),
x→x0 x→x0
alors ` ≤ `0 .
0
Démonstration. On procède par l’absurde, on suppose que `0 < `. On pose ε = `−` 4 . Il existe η1 tel que
pour tout x ∈ [x0 − η1 , x0 + η1 ], |f (x) − `| ≤ ε et il existe η2 tel que pour tout x ∈ [x0 − η2 , x0 + η2 ],
|g(x) − `0 | ≤ ε. On pose η = min(η1 , η2 ), ainsi pour tout x ∈ [x − η, x + η], g(x) ≤ `0 + ε < ` − ε ≤ f (x) ce
qui est absurde.
Remarque. Si f (x) < g(x), alors on a encore ` ≤ `0 (les inégalités strictes deviennent larges en passant à
la limite).
Si lim f (x) = ` et (un )n∈N telle que lim un = x0 , alors lim f (un ) = `.
x→x0 n→∞ n→+∞
Exemple 4.2. Montrons que la fonction cosinus n’a pas de limite en +∞. On pose, ∀n ∈ N, un = 2nπ
et vn = (2n + 1)π. On a lim un = lim vn = +∞, mais ∀n ∈ N, f (un ) = 1 et f (vn ) = −1 et donc
n→+∞ n→+∞
lim f (un ) = 1 6= lim f (vn ), ce qui signifie que la fonction cosinus n’a pas de limite en +∞.
n→+∞ n→+∞
52 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
lim g ◦ f (x) = c
x→a
Démonstration. Soit ε > 0. On sait qu’il existe η > 0 tel que pour tout x tel que |x − b| < η, |g(x) − c| < ε.
Soit α > 0 tel que pour tout x tel que |x − a| < α, |f (x) − b| < η. Ainsi, pour tout x tel que |x − a| < α,
on a |g ◦ f (x) − c| < ε d’où le résultat.
On suppose que sur un intervalle ouvert contenant x0 , on a g(x) ≤ f (x) ≤ h(x) et de plus que
lim g(x) = lim h(x) = `.
x→x0 x→x0
Dès lors,
lim f (x) = `
x→x0
Si f est définie sur I \ {x0 } et lim f (x) = ` ∈ R, alors on dit que f est prolongeable par
x→x0
continuité. La fonction f˜ définie par
(
f (x) si x ∈ I \ {x0 }
f˜ : x 7→
` si x = x0
−1
Exemple 4.3. On définit sur R \ {0} la fonction f telle que ∀x ∈ R \ {0}, f (x) = e x2 . On prolonge f en 0
en posant f˜(0) = 0 et dès lors, f˜ est continue sur R.
4.3. ÉTUDE GLOBALE 53
Proposition 5
Toute fonction de I (centré en 0) dans R s’écrit de manière unique comme la somme d’une
fonction paire et d’une fonction impaire.
Le raisonnement par analyse synthèse permet de montrer des résultats d’existence et unicité.
L’idée est de commencer par l’analyse où on suppose l’existence pour montrer l’unicité et aussi
déterminer une expression de la quantité désirée.
Reprenons la preuve du théorème précédent.
Analyse : on suppose l’existence de g paire et h impaire telles que g + h = f . Soit x ∈ I, on a
g(x) + h(x) = f (x) et en évaluant en −x, on obtient, g(x) − h(x) = f (−x). Ainsi, en sommant
ces deux égalités on obtient g(x) = 12 (f (x) + f (−x)) et h(x) = 21 (f (x) − f (−x)).
Synthèse : on pose g : x 7→ 21 (f (x) + f (−x)) et h : x 7→ 12 (f (x) − f (−x)). On vérifie d’une part
que g est impaire car pour tout x ∈ I, g(−x) = g(x), puis d’autre par que h est impaire, car
pour tout x ∈ I, h(−x) = −h(x) et enfin que g + h = f .
Définition 10
Remarque. Si f (I) est une partie non vide majorée, alors on l’existence de sa borne supérieure que l’on
note supf .
I
Exemple 4.4. Les fonctions cos, sin, tan sont 2π-périodiques. La fonction x 7→ x − bxc est 1-périodique.
54 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Remarque. Les réciproques des “si” de la définition précédente sont vraies en rendant strictes les inégalités
larges et larges les inégalités strictes, car cela correspond à la contraposée en échangeant les rôles de x et
y.
Soit f monotone sur I, g monotone sur J tel que f (I) ⊂ J. Alors g ◦ f est monotone sur I, en
particulier
g ◦ f est croissante si f et g sont de même monotonie.
g ◦ f est décroissante si f et g sont de monotonies contraires.
Si I =]a, b[ et f monotone sur I alors f admet une limite à droite et à gauche en tout point de
I. De plus
si f est croissante sur I et non majorée, alors lim f (x) = +∞ et si f est majorée alors
x→b−
lim f (x) = supf .
x→b− I
si f est croissante sur I et non minorée, alors lim f (x) = −∞ et si f est minorée alors
x→a+
lim f (x) = inf f .
x→a+ I
On a les résultats analogues pour f décroissante.
Démonstration. On suppose f croissante sur I. Soit x0 ∈ I, montrons que f a une limite à gauche en x0 .
On pose A = {f (x), x < x0 }, on sait que A 6= ∅ et A est majorée par f (x) donc sup A existe.
Soit ε > 0, on sait qu’il existe x1 ∈ I, tel que x1 < x0 et sup A − ε < f (x1 ) ≤ sup A. Et donc ∀x ∈]x1 , x0 [,
sup A − ε < f (x1 ) ≤ f (x) ≤ sup A < sup A + ε.
On pose η = x0 − x1 et on a bien x ∈]x0 − η, x0 [ =⇒ |f (x) − sup A| < ε.
Comportement en b : le cas f majorée est analogue à ce qui précède. Faisons le cas où f n’est pas majorée.
Soit A > 0, ∃x1 ∈ I tel que f (x1 ) > A et par croissance, ∀x ∈]x1 , b[, f (x) > A. En posant η = b − x1 , on
obtient ∀x ∈]b − η, b[, f (x) > A.
Les autres cas sont laissés en exercice au lecteur.
4.3. ÉTUDE GLOBALE 55
On dit que f est continue sur I si elle est continue en chaque point de I.
Démonstration. C’est une conséquence directe des opérations sur les limites.
Si f est continue sur I et a, b ∈ I, a < b alors pour tout r compris entre f (a) et f (b), il existe
c ∈ [a, b] tel que f (c) = r.
Démonstration. Par dichotomie. On suppose que f (a) ≤ r ≤ f (b). On construit deux suites (an )n∈N et
(bn )n∈N par récurrence telles que a0 = a et b0 = b. Soit n ∈ N, on suppose an et bn construits.
Si f an +b
2
n
< r alors on pose an+1 = an +b
2
n
et bn+1 = bn . Sinon, si f an +b
2
n
≥ r alors on pose an+1 = an
an +bn
et bn+1 = 2 .
La suite (an )n∈N est croissante, (bn )n∈N décroissante et la suite (bn − an )n∈N est géométrique de raison 12
donc converge vers 0 et donc les suites (an )n∈N et (bn )n∈N sont adjacentes et convergent vers une même
limite que nous appelons c. Comme par construction, ∀n ∈ N, f (an ) ≤ r ≤ f (bn ) et donc, en passant à la
limite, on obtient f (c) ≤ r ≤ f (c) et donc f (c) = r.
Exemple 4.5. Soit f une fonction définie sur [a, b]. Si f (a)f (b) ≤ 0, alors il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0.
Exemple 4.6. Soit P un polynôme réel de degré impair. Alors P admet au moins une racine réelle.
Corollaire 1
Théorème 13
Soit I = [a, b] et f une fonction continue sur I. Alors f est bornée et atteint ses bornes
(supf = maxf et inf f = minf )
I I I I
56 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Démonstration. On sait que f (I) est un intervalle. On suppose que f n’est pas bornée sur I. On va
construire par récurrence deux suites (an )n∈N et (bn )n∈N à valeurs dans I telles que ∀n ∈ N, an ≤ bn et
f n’est pas bornée sur [an , bn ]. On pose a0 = a et b0 = b. Soit n ∈ N, on suppose an et bn construits.
On pose cn = an +b 2 . Ainsi f n’est pas bornée sur [an , cn ] ou sur [cn , bn ]. Dans le premier cas, on pose
n
an+1 = an et bn+1 = bn , dans le second cas, an+1 = cn et bn+1 = bn . On voit que les suites (an )n∈N
et (bn )n∈N sont adjacentes et convergent vers une même limite c. Or f est continue en c, donc il existe
η > 0, |x − c| < η =⇒ |f (x) − f (x)| < 1. Mais il existe un certain N tel que pour tout n ≥ N , |an − c| < η
et |bn − c| < η et donc f est bornée sur [an , bn ] ce qui est absurde. Donc f est bornée.
Montrons que M = supf est atteint. On suppose qu’il n’est pas atteint. Dès lors, g définie par g(x) =
I
1
M −f (x)est bien définie, continue et donc bornée. Ainsi ∃α > 0, ∀x ∈ I, 0 < g(x) ≤ α et donc f (x) ≤ M − α1
ceci pour tout x ∈ I, ce qui contredit la définition de M .
Corollaire 2
Si f est strictement monotone et continue sur I, alors f est une bijection continue de I vers
f (I) = J. De plus, f −1 est une bijection continue de J vers I de même monotonie que f .
Remarque. Pour tracer la courbe de la fonction réciproque de f , on fait la symétrie du graphe de f par
rapport à la droite y = x.
Une fonction est dite continue par morceaux sur le segment [a, b] s’il existe une subdivision
a0 = a < a1 < . . . < an = b telle que les restrictions de f à chaque intervalle ouvert ]ai , ai+1 [
admettent un prolongement continu à l’intervalle fermé [ai , ai+1 ].
Exemple 4.8. Soit I = [a, b] un intervalle de R et f la fonction définie sur I par : ∀x ∈ I, f (x) = bxc. La
fonction f est continue par morceaux.
4.4 Dérivation
Soit f une fonction définie sur I, un intervalle non réduit à un point.
f (b) − f (a)
τ (a, b) = , ∀a, b ∈ I.
b−a
f (x) − f (x0 )
τ (x, x0 ) =
x − x0
admet une limite finie lorsque x tend vers x0 . Cette limite est appelée dérivée de f en x0 et est
notée f 0 (x0 ).
58 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
f (x) − f (x0 )
τ (x, x0 ) =
x − x0
admet une limite à droite finie en x0 .
Par analogie, on définit la notion de dérivabilité à gauche.
Remarque. Une fonction est dérivable en x0 si elle est dérivable à droite et à gauche en x0 et que les
dérivées à droite et à gauche sont égales.
Proposition 8
Démonstration. On remarque que ∀x ∈ I, x 6= x0 , f (x)−f (x0 ) = (x−x0 )τ (x0 , x). Or lim τ (x0 , x) = f 0 (x0 )
x→x0
et lim x − x0 = 0, donc lim f (x) − f (x0 ) = 0 donc f est continue en x0 .
x→x0 x→x0
Remarque. ATTENTION : la réciproque est fausse. Par exemple si on prend f définie sur R par ∀x ∈
R, f (x) = |x|, f est bien continue en 0 par contre f n’est pas dérivable en 0 car la dérivée de f en 0 à
gauche vaut −1 et celle à droite 1.
Définition 18
On dit que f est dérivable sur I si elle est dérivable en tout point intérieur de I. On note f 0 la
fonction dérivée de f .
Démonstration. Pour la somme, c’est évident. Pour le produit, on remarque que f (x)(g(x) − g(x0 )) +
g(x0 )(f (x)−f (x0 )) = f (x)g(x)−f (x0 )g(x0 ). On divise par x−x0 et le premier terme tend vers f (x0 )g 0 (x0 )
et le second vers g(x0)f 0 (x0 ) lorsque
x tend
vers x0 . 0 (x )
1 1
Pour l’inverse de f , f (x) − f (x0 ) 1
x−x0 = f (xx−x
0 )−f (x)
0
× f (x)f1 (x0 ) qui tend bien vers −f 0
f (x0 )2
lorsque x
tend vers x0 .
Il suffit de faire le produit de f et g1 .
4.4. DÉRIVATION 59
Soit f dérivable sur I et g dérivable sur J = f (I). La fonction g ◦ f est dérivable sur I et pour
tout x ∈ I, (g ◦ f )0 (x) = f 0 (x) × g 0 (f (x)).
cos x R − sin x
sin x R cos x
π 1
tan x R\ 2 + kπ, k ∈ Z 1 + tan2 (x) = cos2 (x)
Soit u une fonction dérivable. On suppose que les compositions du tableau ci-dessous ont un
sens.
f (u(x)) (f (u))0
u(x)α αu0 (x)u(x)α−1
exp(u(x)) u0 (x) exp(u(x))
u0 (x)
ln(u(x)) u(x)
Si f est dérivable sur I et f 0 ne s’annule pas sur I, alors f −1 est dérivable sur J et ∀x ∈ J
0 1
f −1 (x) =
f0 ◦ f −1 (x)
60 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
f −1 (x)−f −1 (y)
Démonstration. Soit x, y ∈ f (I) avec x 6= y. On pose u = f −1 (x) et v = f −1 (y). On a x−y =
u−v f −1 (x)−f −1 (y)
Or lorsque x → y, on a u → v. Ainsi,
f (u)−f (v) . x−y admet une limite lorsque x tend vers y si et
seulement si f (f (y)) 6= 0. Autrement dit, f est dérivable en f (v) si et seulement si f 0 (v) 6= 0.
0 −1 0
Soit a, b ∈ I, a < b
f est continue sur [a, b]
f est dérivable sur ]a, b[ =⇒ ∃c ∈]a, b[, f 0 (c) = 0
f (a) = f (b)
Démonstration. f est continue sur [a, b] donc y est bornée et atteint ses bornes maxf et minf . Si f est
[a,b] [a,b]
constante, alors ∀c ∈]a, b[, f 0 (c) = 0. Si f n’est pas constante, alors maxf et minf sont distincts et donc il
[a,b] [a,b]
existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = maxf ou f (c) = minf . Sans perte de généralité, on suppose que f (c) = maxf .
[a,b] [a,b] [a,b]
Dès lors, il existe η1 > 0 tel que ∀x ∈]c − η1 , c[, τ (c, x) ≥ 0 et η2 > 0 tel que ∀x ∈]c, c + η2 [, τ (c, x) ≤ 0
donc f 0 (c) = 0.
Exemple 4.10. Soit P ∈ R[X]. Si P a n racines réelles distinctes, alors P 0 a au moins n − 1 racines réelles
distinctes.
Soit a, b ∈ I, a < b. Si f est continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ alors il existe c ∈]a, b[ tel
que
f (b) − f (a)
τ (a, b) = = f 0 (c)
b−a
Démonstration. Si f (a) = f (b), alors c’est le théorème de Rolle. Sinon, on définit la fonction g sur I par
∀x ∈ I, g(x) = f (x) − f (b)−f b−a
(a)
(x − a). On a g(a) = g(b), donc d’après le théorème de Rolle, il existe
c ∈]a, b[ tel que g 0 (c) = 0 et donc f 0 (c) = τ (a, b).
Soit a, b ∈ I, a < b. Soit f continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
∀x ∈ I, m ≤ f 0 (x) ≤ M =⇒ m ≤ τ (a, b) ≤ M
Démonstration. Sens direct : si f est croissante, alors ∀x ≤ y ∈ I, τ (x, y) ≥ 0 et par passage à la limite
on a bien f 0 ≥ 0 sur I.
Réciproque : On suppose que f 0 ≥ 0 sur I. Soit x, y ∈ I, tels que x < y. On applique le théorème
des accroissements finis : ∃c ∈]x, y[ tel que τ (x, y) = f (y)−f
y−x
(x)
= f 0 (c) ≥ 0 donc f (y) ≥ f (x) et f est
croissante.
Démonstration. f est constante si et seulement si elle est croissante et décroissante d’où le résultat.
Théorème 21
Démonstration. Si f 0 > 0 alors il suffit de reprendre la démonstration du théorème précédent. Sinon, soit
x1 < x2 < . . . < xn les points où f 0 s’annule. On pose x0 = a et xn+1 = b et ∀k ∈ J0, nK, f 0 > 0 sur
]xk , xk+1 [ donc f y est strictement croissante, et f est donc strictement croissante sur I.
Soit f définie sur I. Pour n ∈ N, on dit que f est n fois dérivable sur I si ∀k ≤ n − 1, f (k) est
0
dérivable sur I où ∀k ≤ n − 1, f (k+1) = f (k) .
Définition 20
Soit n ∈ N, on dit que f est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur I et si f (n) est
continue sur I.
On dit que f est de classe C ∞ si f est indéfiniment dérivable sur I, ce qui revient à dire que f
est de classe C k pour tout entier k.
Remarque. f est de classe C 0 sur I si f est continue sur I, f est de classe C 1 sur I si f est dérivable et f 0
est continue sur I, f est de classe C 2 sur I si f est deux fois dérivable et f 00 est continue sur I
Remarque. Toutes les fonctions usuelles (exp, ln, sin, cos, . . .) sont de classe C ∞ sur leur ensemble de
√
définition, SAUF |.| et . qui sont de classe C ∞ sur leur ensemble de dérivation.
62 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Définition 21
On dit que f est une fonction polynomiale de degré au plus n ∈ N s’il existe des réels
n
X
a0 , a1 , . . . , an tels que f : x 7→ ak xk .
k=0
Proposition 11
f est une fonction polynomiale de degré au plus n si et seulement si f (n+1) est la fonction nulle.
Démonstration. C’est une conséquence immédiate des opérations sur les dérivées.
Démonstration. La preuve se fait par récurrence. On pose P(n), la propriété : “∀x ∈ I, (f × g)(n) (x) =
n
X n (k)
f (x) × g (n−k) (x)”.
k
k=0
L’initialisation est immédiate.
4.6. PRIMITIVES 63
Remarque. Ce théorème est pratique si d’une part on sait aisément calculer la dérivée n-ème pour tout n
de f et d’autre part g est une fonction polynomiale (ainsi un grand nombre de termes de la somme seront
nuls).
Proposition 13
Proposition 14
Soit f une fonction n fois dérivable sur I (respectivement de classe C n , C ∞ ) et g une fonction
n fois dérivable sur J contenant f (I) (respectivement de classe C n , C ∞ ) alors g ◦ f est n fois
dérivable sur I (respectivement de classe C n , C ∞ ).
4.6 Primitives
À partir de maintenant, I désignera le segment [a, b] avec a < b ∈ R.
Définition 22
On dit que la fonction F est une primitive de la fonction f sur l’intervalle I si F est dérivable
sur I et si ∀x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
64 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Démonstration. Admis.
4
Remarque. ! Ne pas confondre existence et expression explicite. Par exemple la fonction t 7→ e−t
2
est continue donc admet une primitive sur tout intervalle I. Néanmoins, il a été démontré que cette
primitive n’est pas exprimable à l’aide des fonctions usuelles (puissances, exponentielle, logarithme, tri-
gonométriques, ...).
Théorème 24
Théorème 25
Démonstration. Soit G une primitive de f , on pose F : x 7→ G(x) + y0 − G(x0 ). Ainsi F est une primitive
de f telle que F (x0 ) = y0 .
Pour l’unicité, soit F et G des primitives de f telle que G(x0 ) = F (x0 ) = y0 . On a (F − G)0 = 0 donc
F − G est constante, en évaluant en x0 on a F − G nulle d’où l’unicité.
Exemple 4.12. Quelle est la primitive de x 7→ 2x + 1 qui s’annule en 1. On sait que F (x) = x2 + x + c,
avec c ∈ R. F (1) = 1 + 1 + c, donc c = −2.
4.7. INTÉGRATION SUR UN SEGMENT 65
f (x) F (x) I
x+1
xn (n ∈ Z \ {−1}) n+1 +c R si n ≥ 0, R∗+ ou R∗− si n < 0
xα+1
xα , α ∈ R \ {−1} α+1 +c R∗+
1
x ln |x| R∗+ ou R∗−
ex ex + c R
cos x sin x + c R
sin x − cos x + c R
1
1+x2
arctan x + c R
Démonstration. Cela se vérifie aisément avec les opérations sur les dérivées.
Soit f une fonction continue sur I. Pour tout c, d ∈ I, on appelle intégrale de c à d de la fonction
Z d
f le nombre réel F (d) − F (c) où F est une primitive de f et on le note f (t)dt.
c
Par convention, on note [F (t)]dc = F (d) − F (c).
Z 4
Exemple 4.13. Calcul de −2t + 3dt = [−t2 + 3t]40 = −4
0
66 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Z b
Remarque. Si a < b, alors f (t)dt représente l’aire signée du domaine délimité par la courbe représentative
a
de f , l’axe des abscisses et les droites d’équation x = a et x = b.
Théorème 26
Z x
Soit f une fonction continue sur I et x0 ∈ I, alors F : x 7→ f (t)dt est l’unique primitive de
x0
f s’annulant en x0 .
Démonstration. Soit G une primitive de f . On a pour tout x ∈ I, F (x) = G(x) − G(x0 ), ainsi F est bien
une primitive de f et F (x0 ) = 0.
Proposition 17
Soit f une fonction continue sur I, u et v deux fonctions dérivables à valeurs dans I et ayant
Z v(x)
le même ensemble de définition J. On pose G : x 7→ f (t)dt. Alors G est dérivable et
u(x)
G0 (x) = v 0 (x)f (v(x)) − u0 (x)f (u(x)).
Démonstration. Soit F une primitive de f . On a G(x) = F (v(x)) − F (u(x)) d’où le résultat par dérivée
de composées de fonctions.
Z a Z b
Démonstration. Soit F une primitive de f . On a f (t)dt = F (a)−F (a) = 0, f (t)dt = F (b)−F (a) =
Z a a a
Z 1
Exemple 4.14. Calcul de |2t − 1|dt. On remarque que si 0 ≤ t ≤ 21 , |2t − 1| = 1 − 2t et si t ≥ 1
2,
Z 1 0 Z 1 Z 1
2 1 1 1
|2t − 1| = 2t−. Donc |2t − 1|dt = 1 − 2tdt + 2t − 1dt = + =
0 0 1 4 4 2
2
4.7. INTÉGRATION SUR UN SEGMENT 67
Démonstration. C’est une conséquence directe des opérations sur les primitives.
Proposition 20 (Inégalités)
Démonstration. 1. Si f est positive, toute primitive de F est croissante (caractérisation des fonctions
croissantes dérivables). D’où le résultat.
2. On applique la positivité à l’intégrale de g − f .
( (
f (t) si f (t) ≥ 0 f (t) si f (t) ≤ 0
3. On pose g : t 7→ et h : t 7→ . Ainsi, pour tout t ∈ [a, b],
0 si f (t) < 0 0 si f (t) > 0
f (t) = g(t) + h(t) et |f (t)| = g(t) − h(t).
Ainsi,
Z b Z b Z b
f (t)dt = g(t)dt + h(t)dt
a a a
Z b Z b
≤ g(t)dt + h(t)dt d’après l’inégalité triangulaire
a a
Z b Z b
≤ g(t)dt − h(t)dt
a a
Z b
≤ |f (t)|dt
a
Z b Z b
On a égalité si et seulement si g(t)dt et h(t)dt sont de même signe, si et seulement si l’un des
a a
deux est nul, c’est-à-dire f est de signe constant.
4
Remarque. ! la réciproque de la positivité est fausse ! Aussi, bien faire attention à ce que les bornes
de l’intégrale soient dans le bon ordre pour appliquer la positivité et la croissance.
Remarque. On peut donc intégrer des inégalités (attention, on ne peut pas dériver une inégalité !). Par
exemple, montrez que Z 1
0≤ tet dt ≤ e
0
68 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
Proposition 21
D’où le résultat.
Soit u et v deux fonctions dérivables et dont la dérivée est continue sur I, alors
Z b Z b
0
u (t)v(t)dt = [u(t)v(t)]ba − u(t)v 0 (t)dt
a a
Z x Z x
t
arctan tdt = [t arctan t]x0 − 2
dt
0 0 1+t
1 x
= x arctan x − ln(1 + t2 ) 0
2
ln(1 + x2 )
= x arctan x −
2
Soit f une fonction continue sur I et u une fonction dérivable et de dérivée continue (on dit
que u est de classe C 1 ) sur [α, β] telle que u([α, β]) ⊂ [a, b]. Alors
Z β Z u(β)
f (u(t))u0 (t)dt = f (s)ds
α u(α)
Remarque. Comme pour les changement d’indices dans les sommes, pensez à changer les bornes !
Il faut toujours penser à vérifier que le changement de variable u est C 1 .
Il n’est pas nécessaire que u soit monotone !
Démonstration. Soit F une primitive de f et on pose G = F ◦ u. On remarque que G0 (t) = f (t)u0 (t). D’où
Z β Z u(β)
f (u(t))u0 (t)dt = G(β) − G(α) = F (u(β)) − F (u(α)) = f (s)ds.
α u(α
Z π
2
Exemple 4.17. a) Calcul de J = (sin t)5 (cos t)3 dt en posant u = sin t.
Z 1 0
1 1 1
On obtient J = u5 (1 − u2 )du = − = .
0 6 8 24
1
et
Z
b) Calcul de K = 2t
dt en posant u = et .
0Z 1 + e
e
du π
On obtient K = 2
= arctan(e) − arctan(1) = arctan(e) − .
1 1+u 4
70 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
la courbe.
Définition 24
Soit f une fonction continue sur I et n ≥ 1, on appelle sommes de Riemann de f sur I les
expressions
n−1 n
b−aX b−a b−aX b−a
Sn (f ) = f a+k et S̃n (f ) = f a+k
n n n n
k=0 k=1
Théorème 29
Soit f une fonction continue sur I, les suites (Sn )n∈N∗ et (S̃n )n∈N∗ convergent vers la même
Z b
limite f (t)dt.
a
et
n Z 1
1X k
lim f = f (t)dt
n→+∞ n n 0
k=1
Démonstration. On va faire la preuve dans le cas où f est une fonction de classe C 1 .
Comme f 0 est continue sur I, elle est bornée sur I et il existe M = maxf 0 .
I
D’après l’inégalité des accroissements finis :
n−1
Pour i ∈ J0, n − 1K, on pose xi = a + i b−a b−a P
n et donc Sn (f ) = n f (xk ).
k=0
On a d’une part
xk+1
b−a
Z
f (xk ) = f (xk )dt
n xk
et d’autre part
Z b n−1
X Z xk+1
f (t)dt = f (t)dt
a k=0 xk
Or, xk+1
xk+1
(t − xk )2 (b − a)2
Z
|t − xk |dt = =
xk 2 xk 2n2
Et donc
b
(b − a)2
Z
f (t)dt − Sn (f ) ≤ M
a 2n
Comme le terme de droite tend vers 0, on a le résultat souhaité.
n−1 n−1
P 1 1 P 1
Exemple 4.18. On pose, pour tout n ≥ 1, un = k+n . On remarque d’abord que un = n k
1+ n
et donc
k=0 k=0
Z 1
dt
lim un = = ln 2
n→+∞ 0 1+t
Lemme 1
Soit I un intervalle, f une fonction deux fois dérivable de I vers R telle qu’il existe M ∈ R tel
que pour tout y ∈ I, |f 00 (y)| ≤ M . On a alors, pour tout x, z ∈ I,
M (z − x)2
|f (z) − f (x) − (z − x)f 0 (x)| ≤
2
Démonstration. On fixe x ∈ I. On pose g : y 7→ f (y) − f (x) − (y − x)f 0 (x), g est deux fois dérivable.
On a g(x) = g 0 (x) = 0 et pour tout y ∈ I, −M ≤ g 00 (y) ≤ M . D’après l’inégalité des accroissements
finis, appliquée à g 0 , pour tout z1 > x on a −M (z1 − x) ≤ g 0 (z1 ) ≤ M (z1 − x) et pour tout z2 < x, on a
72 CHAPITRE 4. FONCTION DE LA VARIABLE RÉELLE
M (z2 − x) ≤ g 0 (z2 ) ≤ −M (z2 − x). En intégrant ces inégalités entre z et x (la première pour z ≥ x, la
seconde pour z ≤ x), on obtient pour tout z ∈ I,
M (z − x)2 M (z − x)2
− ≤ g(z) ≤
2 2
d’où le résultat.
Il existe une unique fonction f définie et dérivable sur R telle que : ∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x) et
f (0) = 1. On appelle cette fonction “fonction exponentielle” et on la note soit x 7→ ex , soit
x 7→ exp(x).
n
X xk xn
Démonstration. Pour tout entier n, on pose la fonction Pn : x 7→ et Qn : x 7→ Pn (x) + n! .
k!
k=0
Soit x ≥ 0,on a pour
tout entier n, Pn (x) ≤ Pn+1 (x). De plus, pour n ≥ 2x − 1, on a Qn+1 (x) −
xn 2x
Qn (x) = n! n+1 − 1 ≤ 0, donc la suite (Qn (x))n∈N est décroissante à partir d’un certain rang. Comme
xn
Qn (x) − Pn (x) = →
n! n→+∞ 0, les deux suites (Qn (x)) et (Pn (x)) sont adjacentes et convergent vers une
même limite que l’on note exp(x).
Pour x < 0, n ∈ N tel que n ≥ |x[−12 , on a P2n+1 (x) ≤ P2n+3 (x) ≤ P2n+2 (x) ≤ P2n (x) et 0 ≤ P2n (x) −
|x|2n+1
P2n+1 (x) ≤ →
(2n+1)! n→+∞ 0. Donc les deux suites (P2n (x)) et (P2n+1 (x)) sont adjacentes et convergent
vers une même limite que l’on note exp(x).
Ainsi, pour tout réel x, exp(x) est la limite lorsque n tend vers +∞ de Pn (x).
Soit A > 0, pour tout x ∈ [−A, A], on a d’après l’inégalité triangulaire et la croissance de Pn sur R+ ,
|Pn (x)| ≤ Pn (|x|) ≤ Pn (A). Or la suite (Pn (A)) est convergente donc bornée. Ainsi il existe B > 0 tel que
pour tout A > 0 et pour tout n ∈ N, |Pn (x)| ≤ Pn (|x|) ≤ Pn (A) ≤ B.
En appliquant le lemme à Pn+2 sur [−A, A] (car Pn+2 00 = Pn ), on obtient, pour tout x, y ∈[ −A, A],
B(y − x)2
|Pn+2 (y) − Pn+2 (x) − (y − x)Pn+1 (x)| ≤
2
On passe à la limite lorsque n tend vers +∞, pour obtenir
B(y − x)2
| exp(y) − exp(x) − (y − x) exp(x)| ≤
2
et ainsi
exp(y) − exp(x) B|y − x|
− exp(x) ≤
y−x 2
On en déduit alors la dérivabilité de exp pour tout t ∈ R et exp0 (t) = exp(t).
Comme pour tout n ∈ N, Pn (0) = 1, on a exp(0) = 1. Ce qui démontre le théorème.
Il existe une unique fonction f définie sur R∗+ telle que ∀x ∈ R, f (exp(x)) = x. On appelle cette
fonction “fonction logarithme” et on la note x 7→ ln(x).
Démonstration. On a vu que la fonction exponentielle était une fonction continue strictement croissante,
d’après le théorème de la bijection, c’est une bijection de R sur R∗+ .
Chapitre 5
Lignes, colonnes
A : J1, nK × J1, pK −→ R
(i, j) 7−→ ai,j
On la note A = (ai,j )1≤i≤n,1≤j≤p et on dit que ai,j est le terme d’indice (i, j) de A.
a1,1 a1,2 . . . a1,p
a2,1 a2,2 . . . a2,p
On la représente par un tableau rectangulaire A = .
.. .. .. .
.. . . .
an,1 an,2 . . . an,n
L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes est noté Mn,p (R).
73
74 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
si p = 1, Mn,1 (R) est l’ensemble des matrices colonnes (on dit aussi vecteur colonne),
a1,1
a2,1
C= .
..
an,1
si
n = 1, M1,p (R) est l’ensemble des matrices lignes (on dit aussi vecteur ligne), L =
a1,1 a1,2 . . . a1,p
si n = p, Mn,n (R) est l’ensemble des matrices carrées noté aussi Mn (R).
Une matrice carrée D = (di,j )1≤i,j≤n est dite diagonale si di,j = 0 dès que i 6= j.
d1 0 . . . 0
.. .
0 d2 . ..
D= .. . . . .
. . . 0
0 . . . 0 dn
La matrice ne contenant que des 1 sur la diagonale et des 0 ailleurs est appelée matrice
1 0 ... 0
.. ..
0 1 . .
identité et est notée In =
.. . . . .
. . . 0
0 ... 0 1
Une matrice carrée T = (ti,j )1≤i,j≤n est dite triangulaire supérieure lorsque ti,j = 0 dès
que i > j.
t1,1 t1,2 . . . t1,n
..
0 t2,2 .
T = .. .. ..
. . . tn−1,n
0 ... 0 tn,n
Une matrice carrée T = (ti,j )1≤i,j≤n est dite triangulaire inférieure lorsque ti,j = 0 dès que
i < j.
t1,1 0 ... 0
.. ..
t2,1 t2,2 . .
T = .. ..
. . 0
tn,1 ... tn,n−1 tn,n
5.2. OPÉRATIONS DANS MN,P 75
Exemple 5.1.
tI n = In
Si T est triangulaire supérieure, alors tT est triangulaire inférieure.
t( tA) = A
4
! A + B n’a de sens que si A et B ont le même nombre de lignes et le même nombre de colonnes.
Multiplication par un scalaire. Soit A = (ai,j )1≤i≤n,1≤j≤p ∈ Mn,p (R) et λ ∈ R. On définit la matrice
λA comme étant celle dont les coefficients d’indice (i, j) sont λai,j .
1 1 2 −3 2−6 2+9 −4 11
Exemple 5.2. 2 − 3 = =
2 −1 −2 3 4+6 2−9 10 −7
Définition 4
Matrices élémentaires : ∀(i, j) ∈ J1, nK×J1, pK, on pose Ei,j la matrice dont le coefficient d’indice
(i, j) vaut autres 0. Parexemple,dans M2,3
1 et les (R), on a6 matrices élémentaires
:
1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0
E1,1 = , E1,2 = ,E1,3 = , E2,1 = , E2,2 =
0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0
0 0 0 0 0 0
, E2,3 =
0 1 0 0 0 1
Produit de deux matrices. Soit A = (ai,j )1≤i≤n,1≤j≤p ∈ Mn,p (R) et B = (bi,j )1≤i≤p,1≤j≤q ∈ Mp,q (R),
p
X
on définit le produit AB comme la matrice dont le coefficient d’indice (i, j) est ci,j = ai,k bk,j et
k=1
AB ∈ Mn,q (R).
76 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
Remarque. 4
! Le produit matriciel n’est pas commutatif, c’est-à-dire AB n’est pas forcément égal à
BA (et même il se peut qu’un seul de ces deux termes ait un sens).
Exemple 5.3. Calculer AB et BA si c’est possible.
1 1 1 −1
1. A = et B =
0 0 −2 2
1 1
2 −3
2. A = 0 0 et B =
−2 3
2 −1
1 −1 0
1 2 −1 0 −1 0 1
3. A = et B =
2 0 0 −3 0 −3
0
1 −5 1
1 1 2 −3
4. A = et B =
0 0 −2 3
Proposition 1
λ 1 µ1 0 ... 0
. ..
0 λ 2 µ2 . . .
D1 D2 =
.. .. ..
sont des matrices diagonales.
. . . 0
0 ... 0 λ n µn
On dit que l’ensemble des matrices diagonales Dn est stable par produit.
Soit T1 , T2 deux matrices triangulaires supérieures et α ∈ R, alors αT1 , T1 + T2 et T1 T2 sont des matrices
triangulaires supérieures. L’ensemble des matrices triangulaires supérieures Tn+ est stable par produit, de
même pour Tn− l’ensemble des matrices triangulaires inférieures.
Définition 5
Proposition 2
Démonstration. La preuve est identique à celle du binôme de Newton du chapitre 3. Il s’agit d’une
récurrence, découper la somme en 2, faire un changement d’indice, regrouper les deux sommes et utiliser
la formule de Pascal.
Une matrice carrée A ∈ Mn (R) est dite inversible lorsqu’il existe une matrice carrée B ∈ Mn (R)
telle que AB = BA = In . Dans ce cas, B est unique et on note B = A−1 , on dit que B est la
matrice inverse de A. L’ensemble des matrices inversibles est notée G`n (K).
Proposition 3
Soit A, B ∈ G`n (K), alors A−1 ∈ G`n (K), (A−1 )−1 = A et (AB)−1 = B −1 A−1 .
78 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
−1
Démonstration. Si A ∈ G`n (K), alors AA−1 = A−1 A = In et donc A−1 ∈ G`n (K) et A−1 = A.
De plus, pour A, B ∈ G`n (K), on remarque que ABB −1 A−1 = AIn A−1 = AA−1 = In et de même
B −1 A−1 AB = In donc (AB)−1 = B −1 A−1 .
Une matrice diagonale est inversible si et seulement si aucun de ses coefficients diagonaux n’est
nul. On a le même résultat pour une matrice triangulaire.
1
d1 0 . . . 0 d 0 . . . 0
1
.. .. .. ..
0 d2 . 1 .
. 0 d2 .
De plus si D = , avec di 6= 0, ∀i ∈ J1, nK, alors D−1 =
.. . . . . .. . . . .
. . . 0 . . 0
.
1
0 ... 0 dn 0 ... 0 dn
x1
.
Démonstration. On applique le théorème précédent, on pour X = .. , DX = 0Mn,1 (R) si et seulement
xn
si pour tout i ∈ J1, nK, di xi = 0. Ceci implique que X = 0Mn,1 (R) si et seulement tous les di sont non nuls.
On vérifie la matrice inverse par produit matriciel.
5.3. MATRICES INVERSIBLES, G`N (K) 79
n
X
t1,j xj = 0
j=1
X
n
t2,j xj = 0
j=2
..
.
t x = 0
n,n n
Si tous les ti,i sont non nuls, alors de la dernière ligne on en déduit que xn = 0, puis en injectant ce
résultat à la ligne précédente, on en déduit que xn−1 = 0 et en itérant on obtient que tous les xi sont nuls.
S’il existe un ` tel que t`,` = 0, alors
on pose k le plus petit indice tel que tk,k = 0. On peut alors vérifier
x1
..
.
xk−1
qu’on peut trouver X = 1
tel que T X = 0Mn (R) , ce qui prouve la non inversibilité de T . En
0
.
.
.
0
effet, on pose A ∈ Mk−1,k−1 (R) telle que : ∀i, j ∈ J1, k − 1K, ai,j = ti,j , A est une matrice inversible car
x1 t1,k
. .
triangulaire sans zéro sur sa diagonale. On pose alors .. = −A−1 .. . On peut vérifier que
xk−1 tk−1,k
T X = 0Mn (R) .
Remarque. Cette proposition établit qu’il suffit de vérifier que A est un inverse à gauche de B pour montrer
que c’est l’inverse de B.
4
! Quand on factorise par A un terme de la forme λA, on obtient A(λI ). n
80 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
a b
Démonstration. On pose A = . Si b = 0 alors A est triangulaire inférieure et est inversible si et
c d
seulement si a 6= 0 et d 6=0 ce qui est équivalent à ad − bc 6= 0.
( (
x ax + by = 0 ax + by = 0
Si b 6= 0, alors on a A = 0 si et seulement si si et seulement si .
y cx + dy = 0 bcx + bdy = 0
Ceci est équivalent à bcx + bdy − d(ax + by) = −(ad − bc)x = 0 et ax + by = 0. Or (ad − bc)x = 0 implique
x = 0 si et seulement si ad − bc 6= 0 d’où le résultat.
On vérifie la formule de la matrice inverse par produit matriciel.
cos θ − sin θ
Exemple 5.6. Soit θ ∈ R et Aθ = . Est-ce-que Aθ est inversible ? Si oui déterminer A−1 .
θ
sin θ cos θ
Démonstration. Comme A ∈ G`n (K), on peut considérer A−1 . Or tA t(A−1 ) = t(A−1 A) = tI n = In d’où
le résultat.
Soit A ∈ Mn (R), si tA = A alors on dit que A est symétrique et on note Sn (R) l’ensemble des
matrices symétriques de Mn (R). Si tA = −A alors on dit que A est antisymétrique et on note
An (R) l’ensemble des matrices antisymétriques de Mn (R).
On a A ∈ Sn (R) ⇔ ∀i, j ∈ J1, nK, ai,j = aj,i
On a A ∈ An (R) ⇔ ∀i, j ∈ J1, nK, ai,j = −aj,i
Proposition 10
Théorème 3
Toute matrice carrée s’écrit comme la somme d’une matrice symétrique et d’une matrice anti-
symétrique.
Démonstration. Soit A ∈ Mn (R), on vérifie que 12 (A + tA) ∈ Sn et 21 (A − tA) ∈ An et que leur somme
fait A. Ces matrices ont été trouvées par un raisonnement par analyse synthèse.
On appelle solution de (L) (respectivement de (H)) tout p-uplet (x1 , . . . , xp ) ∈ Rp qui vérifie (L) (res-
pectivement (H)). On note S(L) (respectivement S(H) ) l’ensemble des solutions de (L) (respectivement de
(H)).
82 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
Résoudre un système linéaire consiste à trouver l’ensemble solution S(L) . Si S(L) = ∅, alors on dit que (L)
est impossible. Si S(L) 6= ∅ et n’est pas un singleton (on a alors plusieurs solutions), on dit que (L) est
indéterminé.
Soit (L) et (L0 ) deux systèmes linéaires. Si S(L) = S(L0 ) , on dit que (L) et (L0 ) sont équivalents.
y1 x
1
. .
On pose A = (ai,j )(i,j)∈J1,nK×J1,pK ∈ Mn,p (R), Y = .. et X = .. .
yn xp
On peut désormais écire (L) sous la forme AX = Y . A s’appelle la matrice du système (L). Résoudre (L)
consiste donc à trouver l’ensemble des X ∈ Mp,1 (R) tels que AX = Y .
On appelle système de Cramer tout système (L) de n équations à n inconnues dont la matrice
est inversible.
Proposition 11
Démonstration. On prend X = A−1 Y qui est bien une solution de (L) donc on a l’existence. Soit X une
solution de (L), on a AX = Y , on multiplie par A−1 et on obtient X = A−1 Y , donc X est unique.
5.7. SYSTÈME DE CRAMER ET MÉTHODE DU PIVOT DE GAUSS 83
On appelle opération élémentaire sur les lignes d’un système toute opération de l’un des
types suivants :
Li ↔ Lj , i 6= j : échange des lignes i et j.
Li ← αLi , α 6= 0 : multiplication de la ligne i par le scalaire α 6= 0.
Li ← Li + λLj , i 6= j : addition d’un multiple de la ligne j à la ligne i.
Remarque. Dans le cas où on a n inconnues et n équations, pour i, j ∈ J1, nK, i 6= j, λ ∈ R, on pose
Ti,j = In + λEi,j et Di (λ) = In + (λ − 1)Ei,i . On dit que Ti,j (λ) est une matrice de transvection et Di (λ)
une matrice de dilatation. Faire l’opération élémentaire Li ← Li + λLj revient à multiplier la matrice
du système à gauche par Ti,j (λ) (en multipliant à droite on aurait eu la transformation similaire sur les
colonnes). Faire l’opération élémentaire Li ← αLi revient à multiplier la matrice du système à gauche par
Di (α) (en multipliant à droite on aurait eu la transformation similaire sur les colonnes).
Les matrices de transvection et de dilatation étant inversibles, un système de Cramer reste de Cramer
après les opérations élémentaires.
Proposition 12
Le but est que x n’apparaisse que dans la 1ère équation, y que dans la 1ère et 2ème, z dans les 3 premières,
etc. On fait d’abord les opérations suivantes : L2 ← L2 −2L1 , L3 ← L3 −L1 , L4 ← L4 −L1 et L5 ← L5 −L1 .
On obtient le système équivalent
x + 2y − 3z + t + 2u = −2
−y + 3t − 7u = 5
3y − 4t + 7u = −2
y + u = 4
84 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
On élimine maintenant t dans la dernière ligne en effectuant L4 ← 5L4 − 3L3 , on obtient le système
équivalent
x + 2y − 3z + t + 2u = −2
−y + 3t − 7u = 5
5t − 14u = 13
12u = 6
Théorème 4
2 1 1
Exemple 5.10. Montrez que A = 1 2 1 est inversible et donnez son inverse.
1 1 2
On fait d’abord apparaı̂tre des 0 sur la 1ère colonne (sauf sur la 1ère ligne) : L2 ← 2L2 − L1 et L2 ←
5.7. SYSTÈME DE CRAMER ET MÉTHODE DU PIVOT DE GAUSS 85
puis L1 ← 4L1 − L3
24 0 0 18 −6 −6
0 24 0 , −6 18 −6
0 0 8 −2 −2 6
1 1
On fait maintenant apparaı̂tre des 1 sur la diagonale : L1 ← 24 L1 , L2 ← 24 L2 et L3 ← 18 L3
3 −1 −1
1 0 0 4 4 4
−1 3 −1
0 1 0 ,
4 4 4
−1 −1 3
0 0 1 4 4 4
3 −1 −1
Donc A−1 = 1
−1 3 −1.
4
−1 −1 3
86 CHAPITRE 5. MATRICES ET SYSTÈMES LINÉAIRES
Chapitre 6
Équivalence et négligeabilité
Soit f et g deux fonctions définies sur un voisinage de a. On dit que f est négligeable devant g
au voisinage de a lorsqu’il existe une fonction ε définie au voisinage de a, de limite égale à 0 en
a et telle que f (x) = ε(x)g(x) au voisinage de a.
On note f (x) = o(g(x)) ou bien f (x) = o(g(x)), voire f = o(g), et on dit que f est un “petit
x→a a
o” de g au voisinage de a.
Théorème 1
f (x)
f (x) = o(g(x)) ⇔ lim =0
a x→a g(x)
Exemple 6.1. On peut comparer des fonctions en +∞ ou −∞. Par exemple, x3 = o(x5 )
+∞
Plus généralement, soit P, Q ∈ R[X], si deg P < deg Q alors P (x) = o(Q(x))
+∞
ln x = o(x)
+∞
∀a ∈ R+ , xα = o (ex )
+∞
Proposition 1
Remarque. En particulier o(f (x))+o(f (x)) = o(f (x)) et même, pour tout α, β ∈ R, αo(f (x))+βo(f (x)) =
o(f (x)).
87
88 CHAPITRE 6. ÉQUIVALENCE ET NÉGLIGEABILITÉ
6.1.2 Équivalence
Définition 2
Soit f et g deux fonctions définies sur un voisinage de a. On dit que f et g sont équivalentes
au voisinage de a lorsqu’il existe une fonction ε définie au voisinage de a, de limite égale à 0 en
a et telle que f (x) = (1 + ε(x))g(x) au voisinage de a.
On note f (x) ∼ g(x) ou bien f (x) ∼ g(x), voire f ∼ g, et on dit que f est équivalente à g au
x→a a
voisinage de a.
Théorème 2
Théorème 3
f (x)
f (x) ∼ g(x) ⇔ lim =1
a x→a g(x)
Proposition 2
4
Remarque. ! On peut multiplier et diviser les équivalents mais on ne peut ni les additionner, ni les
composer (sauf pour quelques cas particuliers).
4
! 4
! Ne jamais, jamais écrire d’équivalent à 0 ! ! !
Exemple 6.2. x + x2 ∼ x car x2 = o(x).
0 0
x + 2 ∼ x néanmoins ex+2 ex , on ne compose pas des équivalents par la fonction exponentielle !
+∞
Proposition 3
Théorème 4
Équivalents classiques.
Un polynôme non nul est équivalent au voisinage de 0 à son monôme de plus bas degré.
Un polynôme non nul est équivalent au voisinage de ±∞ à son monôme de plus haut degré.
x2
ex − 1 ∼ x, ln(1 + x) ∼ x, (1 + x)α − 1 ∼ αx, sin x ∼ x, 1 − cos x ∼ , tan x ∼ x
0 0 0 0 0 2 0
Démonstration. Sauf pour le cosinus, ces équivalents viennent de la définition du nombre dérivée en 0. En
ex − 1
effet lim = 1 d’où l’équivalence, de même pour les autres.
x→0 x
Pour le cosinus, on rappelle la formule de trigonométrie cos2 x = 1+cos
2
2x
, ainsi, 2 cos2 (x/2) = 1 + cos(x).
2 2 2 2
On a alors 1 − cos x = 2(1 − cos (x/2)) = 2 sin (x/2) ∼ 2(x/2) = x /2 d’après l’équivalent du sinus en 0
et la proposition 6.2.
Théorème 5
r
1
1+ e x2 −1
Exemple 6.3. Un exemple pratique. Trouvez la limite en +∞ de x .
ln 1+ 12
q x
1 1 1
1 + exx2 − 1 ∼ 2x
ex ex
∼ 2x12 ln 1 + x12 ∼ x12
2 2x2
r r
1 1
1+ e x2 −1 1 1+ e x2 −1
On conclut donc que x ∼ 2 et donc lim x = 12 .
ln 1+ 12 x→+∞ ln 1+ 12
x x
Définition 3
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. On dit que (un )n∈N est négligeable devant (vn )n∈N au
voisinage de +∞ lorsqu’il existe une suite (εn )n∈N qui converge vers 0 telle que un = εn vn à
partir d’un certain rang.
On note un = o(vn ) ou bien un = o(vn ), et on dit que un est un “petit o” de vn .
+∞
Théorème 6
Proposition 4
Théorème 7
1
Pour tout réel a > 0 et pour tout réel q ∈] − 1, 1[, on a q n =
na .
6.2.2 Équivalence
Définition 4
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites. On dit que (un )n∈N et (vn )n∈N sont équivalentes au voisi-
nage de +∞ lorsqu’il existe une suite (an )n∈N qui converge vers 1 en +∞ et telle que un = an vn
au voisinage de +∞.
On note un ∼ vn ou bien un ∼ vn et on dit que (un )n∈N est équivalente à (vn )n∈N au
n→+∞
voisinage de +∞.
Théorème 8
un ∼ vn ⇔ un = vn + o(vn )
Théorème 9
Proposition 5
Soit (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N des suites non nulles à partir d’un certain rang
Si un ∼ vn alors un wn ∼ vn wn
Si un ∼ vn alors |un | ∼ |vn |
Si un ∼ vn , alors u1n ∼ v1n
Si un ∼ vn et un > 0 et vn > 0 à partir d’un certain rang, alors ∀α ∈ R, uα α
n ∼ vn
Proposition 6
Si un ∼ vn et vn ∼ wn alors un ∼ wn
6.2. ÉTUDE ASYMTOTIQUE DE SUITES 91
Théorème 10
Si un ∼ vn et la suite (vn )n∈N converge vers `, alors (un )n∈N converge vers ` et un ∼ `.
Théorème 11
Si lim un = 0 alors
n→+∞
u2n
sin un ∼ un 1 − cos un ∼ tan un ∼ un
2
92 CHAPITRE 6. ÉQUIVALENCE ET NÉGLIGEABILITÉ
Chapitre 7
Séries
7.1 Définition
Définition 1
Soit (un )n∈N une suite. On appelle série de terme général un la suite (Sn )n∈N définie par Sn =
Xn
uk .
k=0 X
Sn est appelée somme partielle d’indice n et on note la série uk .
k≥0
Définition 2
X
On dit que la série uk converge si la suite (Sn )n∈N converge.
k≥0
∞
X
La limite est appelée somme de la série et est notée uk , on a donc
k=0
∞
X n
X
uk = lim Sn = lim uk
n→∞ n→∞
k=0 k=0
n n+1
3 n
X 1−( 34 )
Exemple 7.1. a) un = 4 , on pose Sn = uk , on a Sn = 1− 34
, donc la série converge vers 4.
k=0
n
1
X 1
b) un = n,
on pose Sn = . On a vu dans un chapitre précédent que Sn ∼ ln n et donc la série est
k
k=1
divergente.
Définition 3
X
Soit uk une série convergente. On appelle reste d’indice n de la série le réel Rn = S − Sn où
k≥0
X∞
S= uk . On ne peut parler de reste que si la série est convergente.
k=0
93
94 CHAPITRE 7. SÉRIES
Proposition 1
∞
X
Soit Rn le reste d’une série convergente. On a d’une part Rn = uk et d’autre part
k=n+1
lim Rn = 0.
n→∞
n
X
Démonstration. Soit n ∈ N, on a uk+1 − uk = un+1 − u0 par télescopage. On a donc convergence de
k=0
la somme partielle si et seulement si (un )n∈N converge.
Théorème 1
X
Si la série uk converge alors lim un = 0
n→∞
k≥0
X
Remarque. On utilisera plutôt la contraposée de ce théorème : si lim un 6= 0 alors la série uk diverge.
n→∞
k≥0
Remarque. 4
! La réciproque est fausse ! On a déjà vu (et on reverra dans ce chapitre) que la série X 1
n
n≥1
1
diverge alors que lim = 0.
n→+∞ n
n
X
Démonstration. On pose ∀n ∈ N, Sn = uk . Or (Sn ) converge et comme ∀n ∈ N, un+1 = Sn+1 − Sn ,
k=0
(un ) converge vers 0.
Théorème 2
X X
Pour tout réel λ 6= 0, les séries uk et λuk sont de même nature et en cas de convergence
k≥0 k≥0
∞
X ∞
X
λuk = λ uk .
k=0 k=0 X X X
Si les deux séries uk et vk sont convergentes, alors la série uk + vk est convergente et
k≥0 k≥0 k≥0
∞
X ∞
X ∞
X
uk + vk = uk + vk (∗)
k=0 k=0 k=0
Remarque. a) Ce théorème a déjà été démontré dans le cadre plus général des suites.
b) 4
! on ne peut écrire la relation (∗) que si les deux séries sont convergentes. Par exemple pour u
∞ ∞ ∞
n =1
X X X
1
et vn = 2n − 1, uk + vk a un sens mais uk + vk n’en a pas !
k=0 k=0 k=0
Théorème 3
X n
X
Soit uk une série à termes positifs et on pose Sn = uk .
k≥0 k=0
X
La série uk converge si et seulement si la suite (Sn )n∈N est majorée.
k≥0
Sinon, la série diverge et lim Sn = +∞.
n→∞
Démonstration. (Sn )n∈N est une suite croissante, elle converge si et seulement si elle est majorée.
Remarque. 4
! Il faut être vigilant avec les hypothèses ! Le suites (u ) n n∈N et (vn )n∈N doivent être
positives.
96 CHAPITRE 7. SÉRIES
b) Si un ∼ vn alors il existe une suite (εn )n∈N qui converge vers 0 et telle que ∀n ∈ N, un = vn (1 + εn ).
Or, à partir d’un certain rang, 12 ≤ 1 + εn ≤ 32 et donc u2n ≤ vn ≤ 3u2n .
X X 3uk X
Si uk converge, alors aussi et d’après a), vk converge.
2
k≥0 k≥0 k≥0
X X uk X
Si uk diverge alors aussi et tend vers +∞ et donc vk diverge.
2
k≥0 k≥0 k≥0
Théorème 5
X X
Soit uk et vk deux séries à termes positifs.
k≥0 k≥0
X X
Si un = o(vn ) alors vk converge ⇒ uk converge.
k≥0 k≥0
Démonstration. On a un = o(vn ) donc il existe une suite (εn )n∈N telle queX un = εn vn . À partirX
d’un
certain rang, on a donc un ≤ vn et ainsi d’après le théorème précédent, si vk converge alors uk
k≥0 k≥0
converge.
1
Remarque. On utilisera presque exclusivement ce critère en choisissant vn de la forme nα , on verra plus
tard la nature des séries de termes général n1α en fonction de α.
Remarque. Tous ces critères permettent de déterminer la nature de la série mais pas de calculer la somme
de la série.
En remarquant que si ∀n ∈ N, un ≤ 0 alors ∀n ∈ N, −un ≥ 0 et les séries X de termes généraux un et (−un )
étant de même nature, on peut appliquer les résultats précédents sur (−uk ) pour déterminer la nature
k≥0
X
de uk .
k≥0
Proposition 3
X
Démonstration. Soit n ∈ N, un = un + |un | − |un |. Or ∀n ∈ N, 0 ≤ un + |un | ≤ 2|un |, donc si |uk |
k≥0
X X
converge alors uk + |uk | converge puis uk converge.
k≥0 k≥0
Remarque. 4
! La réciproque est fausse. On verra en exercice que X (−1)
k
k
converge mais
X1
k
diverge.
k≥1 k≥1
X ∞
X
k
La série géométrique x est convergente si et seulement si |x| < 1 et dans ce cas xk =
k≥0 k=0
∞
1 X xp
. De plus, xk = .
1−x 1−x
k=p
n
X 1 − xn+1
Démonstration. Soit x ∈ R \ {1}, n ∈ N, on a xk = , qui converge si et seulement si |x| < 1,
1−x
k=0
1
avec pour limite 1−x .
un
Démonstration. Soit λ = lim et α = 1+λ
2
un+1
n→+∞
Si λ < 1, alors λ < α < 1. D’après la définition de limite, et par positivité de (un )n∈N , on a,
à partir d’un certain rang N , uαn ≤ un+1 et ainsi par récurrence immédiate, pour tout n ≥ N ,
n−N
un ≥ α1 uN . Le terme de droite est le terme général d’une série divergente, car α1 > 1, donc par
X
théorème de comparaison la série un diverge.
n≥0
De la même manière, on a l’existence d’un N tel que pour tout n ≥ N , un ≤ αn−N uN . Le terme de
droiteXest le terme général d’une série convergente, car α < 1, donc par théorème de comparaison la
série un converge.
n≥0
98 CHAPITRE 7. SÉRIES
∞
X
k−1
X 1
a) La série kx converge si et seulement si |x| < 1 et dans ce cas kxk−1 = .
(1 − x)2
k≥1 k=1
X ∞
X
b) La série k(k −1)xk−2 converge si et seulement si |x| < 1 et dans ce cas k(k −1)xk−2 =
k≥1 k=1
2
.
(1 − x)3
n
X 1 − xn+1
Démonstration. Soit x ∈ R, on sait que xk = . On dérive cette égalité et on obtient
1−x
k=0
n
X 1 − (n + 1)xn + nxn+1
kxk−1 =
(1 − x)2
k=1
1
Le terme de droite admet une limite si et seulement si |x| < 1 et cette limite vaut alors (1−x)2
.
Le b) se démontre de même en dérivant une fois de plus.
Attention néanmoins, on ne peut faire de la dérivation termes à termes que dans un cadre précis (hors
programme en BL).
X xk ∞
X xk
Pour tout réel x, la série exponentielle est convergente et = ex
k! k!
k≥0 k=0
Démonstration. Cette preuve est importante, la technique est à connaı̂tre (comparaison série-intégrale).
X 1
Si α 6= 0, 1
diverge car nα ne converge pas vers 0.
kα
k≥1
Si α > 0, on pose f : x 7→ 1
xα pour x > 0. f est décroissante sur ]0, +∞[ donc pour tout k ≥ 1,
1 1 1
∀x ∈ [k, k + 1], ≤ α ≤ α
(k + 1)α x k
Z k+1
1 1 1
≤ dx ≤ α
(k + 1)α k x α k
puis, pour k ≥ 2
Z k+1 Z k
1 1 1
dx ≤ α ≤ dx
k xα k k−1 xα
n
X 1
On pose Sn = , on a
kα
k=2
Z n+1 Z n
1 1
dx ≤ sn ≤ dx
2 xα 1 xα
(n+1)1−α −21−α
Si α < 1, sn ≥ 14−α → +∞, donc lim sn = +∞.
n→∞
Si α = 1, sn ≥ ln(n + 1) − ln(2) et donc lim sn = +∞.
n→∞
X 1
Donc si α ≤ 1, diverge.
kα
k≥1
1−α
X 1
Si α < 1, sn ≤ 1−n 1
α−1 ≤ α−1 donc si α > 1, converge.
kα
k≥1
Soit f une fonction décroissante, positive, sur [a, +∞[ avec a > 0 et on pose n0 = bac + 1 le
plus petit entier supérieur à a. Z A
X
On va montrer que f (n) converge si et seulement si lim f (t)dt est finie. En cas de
A→+∞ a
n≥n0
N
X Z N
divergence, on a même dans certains cas ∼ f (t)dt.
n=n0 a
L’intérêt de cette méthode est qu’on a beaucoup plus d’outils pour calculer des intégrales que
des sommes de séries.
Comme f est décroissante, on a pour tout n ≥ n0 , pour tout t ∈ [n, n + 1],
f (n + 1) ≤ f (t) ≤ f (n)
Ce qui permet d’obtenir un équivalent de la somme partielle si les deux termes de l’encadrement
sont équivalents.
Probabilités discrètes
101
102 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Définition 1 (Év’enement)
Exemple 8.2. Pour le lancer d’un dé, l’événement “le nombre obtenu est pair” est {2, 4, 6}.
Définition 2
L’événement ∅ est appelé l’événement impossible, Ω l’événement certain. Les événements {w}
(les singletons) sont appelés événements élémentaires.
Opérations sur les événements : un événement étant une partie de Ω, on peut faire les différentes opérations
sur les parties d’un ensemble sur les évènements.
Soit (An )n∈N une suite d’événements. On a les égalités d’événements suivantes :
“il existe k ∈ N tel que Ak ”= ∪ Ak
k∈N
“pour tout k ∈ N, on a Ak ”= ∩ Ak
k∈N
“Ak est réalisé pour une infinité de valeurs k“=“pour tout n0 ∈ N, il existe n ≥ n0 tel que
An ”= ∩ ∪ An
n0 ∈N n≥n0
Un conseil : écrire dans un premier temps en français, puis avec des quantificateurs puis faire
la traduction en langage ensembliste : les ∀ deviennent des ∩ et les ∃ des ∪.
Soit (Ai )i∈I une famille d’événements (où I est un ensemble fini ou dénombrable). On dit que
cette famille forme un système complet d’événements de Ω si
1. ∀(i, j) ∈ I 2 , Ai ∩ Aj = ∅
S
2. Ai = Ω.
i∈I
Exemple 8.3. 1. pour tout événement A, (A, Ā) est un système complet d’événements.
8.2. PROBABILITÉ 103
2. dans le cas d’un lancer de deux dés, si on note A l’événement “La somme des deux dés est supérieure
ou égale à 8”, B “Un des deux dés a fait 1” et C = {(2, 2), (2, 3), (2, 4), (2, 5), (3, 3), (3, 4)}, alors
(A, B, C) est un système complet d’événements.
3. On lance une infinité de fois un dé. On introduit les événements : P∞ “obtenir une infinité de 6”, et
∀i ∈ N, Pi “obtenir exactement i 6”. Alors (P∞ , P0 , P1 , . . .) est un système complet d’événements.
8.2 Probabilité
Définition 5 (Probabilité)
Une probabilité sur P(Ω) est une application P : P(Ω) → [0, 1] vérifiant :
1. P(Ω) = 1
2. si Ω est fini : ∀A, B ∈ P(Ω) tels que A ∩ B = ∅, P(A ∪ B) = P(A) + P (B)
3. si Ω est infini : P est σ-additive : pour toute
famille
(A n )n∈I d’événements 2 à 2 incom-
X X
patibles, la série P(An ) converge et P ∪ An = P(An )
n∈I
n∈I n∈I
Le triplet (Ω, P(Ω), P) est appelé espace probabilisé et ∀A ∈ P(Ω), P(A) est la probabilité de
A. Un événement A ∈ P(Ω) est dit négligeable si P(A) = 0 et presque-sûr si P(A) = 1.
4
Remarque. ! Ne pas confondre événement négligeable et événement impossible (de même qu’événement
presque-sûr et événement certain). Par exemple dans le cas d’une infinité de lancers d’un dé équilibré,
l’événement “Ne jamais obtenir de 6” est un événement négligeable (preuve ci-dessous) mais pas impos-
sible.
Lorsque Ω est fini ces deux notions coı̈ncident.
Proposition 2
Exemple 8.4. Équiprobabilité On dit que l’on est en situation d’équiprobabilité si les événements
1
élémentaires ont tous la même probabilité, qui alors est card Ω lorsque Ω est fini.
C’est le cas pour le lancer d’une pièce équilibrée, ou d’un dé équilibré.
Conséquence, pour tout A ∈ Ω, P(A) = card A
card Ω .
4
! Il n’y a pas d’équiprobabilité si Ω est infini !
104 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
et
Exemple 8.5. Une urne contient trois boules (une rouge, une verte et un jaune). On fait r tirages avec
remise, (r ≥ 3), on veut connaı̂tre la probabilité que chacune des boules a été tirée au moins une fois. On
note A1 l’événement “la boule rouge n’a pas été tirée”, A2 pour la boule verte et A3 pour la boule jaune.
On cherche donc à calculer P(Ā1 ∩ Ā2 ∩ Ā3 ) = 1 − P(A1 ∪ A2 ∪ A3 ). D’après la formule du crible
1. Si (An )n≥n0 est une suite croissante d’événements, c’est-à-dire ∀n ≥ n0 , An ⊂ An+1 , alors
la suite (P(An ))n≥n0 est convergente et
∞
P( ∪ An ) = lim P(An )
n=n0 n→∞
Démonstration. Si la suite d’événements est croissante, alors (P(An ))n≥n0 est une suite croissante, majorée
∞
par 1 donc converge. On pose A = ∪ An et pour tout entier n ≥ n0 , Bn+1 = An+1 \ An = An+1 ∩ An et
n=n0
∞
Bn0 = An0 . On a ainsi A = ∪ Bn et ∀i, j ≥ n0 , i 6= j =⇒ Bi ∩ Bj = ∅. On a donc (par σ-additivité),
n=n0
+∞
X
P(A) = P(Bn ), or An = (An \ An−1 ) ∪ An−1 , c’est une union d’incompatibles. Donc pour n > n0 ,
n=n0
P(Bn ) = P(An ) − P(An−1 ) et P(Bn0 ) = P(An0 ). Par télescopage, on obtient ainsi lim P(An ) = P(A).
n→+∞
d’où le résultat.
Si la suite d’événements est décroissante, on peut passer au complémentaire et utiliser le résultat pour
une suite croissante d’événements.
8.3. PROBABILITÉ CONDITIONNELLE 105
Exemple 8.6. On cherche à calculer la probabilité de ne jamais obtenir de 6 dans le cas d’une infinité de
lancers de dés.
On pose pour tout entier An l’événements “ne pas obtenir de 6 sur les n premiers lancers”
n et B “ne jamais
obtenir de 6”. La suite d’événements (An )n∈N est décroissante et ∀n ∈ N, P(An ) = 56 . Donc d’après le
théorème de la limite monotone P(B) = lim P(An ) = 0.
n→∞
Corollaire 1
n
Démonstration. Pour le premier point, ( ∪ Ak )n≥n0 est une suite croissante d’événements. Pour le
k=n0
n
deuxième point, ( ∩ Ak )n≥n0 est une suite décroissante d’événements.
k=n0
Soit (Ω, P(Ω), P) un espace probabilisé et A un événement de probabilité non nulle. Alors
l’application PA définie sur P(Ω) par
P(B ∩ A)
PA (B) =
P(A)
Remarque. Cas typique d’utilisation de ce théorème : dans le cas des tirages sans remise, tirage dans des
urnes à contenu évolutif.
Soit (Ai )i∈I (avec I fini ou dénombrable) un système quasi-complet d’événements tel que ∀i ∈ I,
P(Ai ) 6= 0. Alors pour tout événement B, on a
X X
P(B) = P(B ∩ Ai ) = P(Ai )PAi (B)
i∈I i∈I
S S
Démonstration. On a Ω =
S i∈I A i ∪D où D = Ω\( i∈I Ai ). C’est une union d’événements incompatibles.
On a ainsi B = B ∩ Ω = i∈I (B ∩ Ai ) ∪ (B ∩ D). On remarque ensuite que B ∩ D ⊂ D or P(D) = 0 donc
P(B ∩ D) = 0.
P(A)
PB (A) = PA (B)
P(B)
2. Soit (Ai )i∈I (avec I fini ou dénombrable) un système quasi-complet d’événements tel que
∀i ∈ I, P(Ai ) 6= 0 et B un événement, alors ∀i ∈ I
Démonstration. Immédiate. On utilise la formule des probabilités totales pour le deuxième point.
Remarque. On utilise ce théorème pour échanger le conditionnement, souvent pour inverser cause et effet
ou remonter le temps.
8.4. ÉVÉNEMENTS INDÉPENDANTS 107
Proposition 3
Remarque. La notion d’indépendance dépend de la probabilité. Exemple : on dispose d’un dé équilibré,
d’une pièce équilibrée et d’une pièce truquée (deux piles). On lance le dé, si on obtient 1, on lance deux
fois la pièce équilibrée et sinon, on lance deux fois la pièce truquée. Soit A1 (respectivement A2 ) “obtenir
pile au premier (respectivement deuxième) lancer”, C “le lancer du dé donne 1”. Alors A1 et A2 sont
indépendants pour la probabilité sachant C, mais A1 et A2 ne sont pas indépendants. En effet
1 1 5 2 11 2
tandis que P(A1 )P(A2 ) = 6 × 2 + 6 = 12 .
Définition 8
Exemple 8.7. On lance deux fois un dé équilibré. Soit les événements : A1 :“le premier nombre obtenu est
pair” et A2 : “le deuxième nombre obtenu est impair”. A1 et A2 sont indépendants.
Soit l’événement, A3 : “la somme des deux nombres obtenus est paire”. On vérifie que P(A1 ∩ A3 ) =
P(A1 )P(A3 ) et P(A2 ∩ A3 ) = P(A2 )P(A3 ). Par contre P(A1 ∩ A2 ∩ A3 ) = 0 6= P(A1 )P(A2 )P(A3 ), donc les
Ai sont indépendants deux à deux mais pas mutuellement indépendants.
Remarque. Si on répète une même expérience sans modification (par exemple tirage avec remise), alors
on obtient des événements indépendants. Par contre, le tirage sans remise est un exemple de non-
indépendance.
108 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Proposition 4
La notion d’indépendance mutuelle se généralise aussi, il faut bien noter que l’indépendance mutuelle
pour un nombre infini d’événements correspond à l’indépendance mutuelle de toute sous-famille finie de
ces événements.
Définition 9
Définition 10
On appelle variable aléatoire réelle sur (Ω, P(Ω)) une application de Ω dans R.
Si on note X cette variable aléatoire, alors on note X(Ω) l’ensemble des valeurs prises par X.
Comme Ω est fini ou dénombrable, X(Ω) est fini ou dénombrable et on dit que X est une
variable aléatoire discrète.
Exemple 8.8. 1. Si X désigne la somme de deux dés, alors Ω = J1, 6K2 et X(Ω) = J2, 12K.
2. Si on note Xn le nombre de faces au bout de n lancers de pièces alors X(Ω) = J0, nK.
3. Si X désigne le rang du premier pile dans une suite de lancers consécutifs de dé alors X(Ω) = N∗ .
Notation. Voici comment on notera les différents événements liés à la variable aléatoire X : pour x ∈ R
et A une partie de R
a) [X = k] := {ω ∈ Ω, , X(ω) = k}
b) [X ∈ A] := {ω ∈ Ω, , X(ω) ∈ A}
c) [X ≤ k] := {ω ∈ Ω, , X(ω) ≤ k}
d) [X ≥ k] := {ω ∈ Ω, , X(ω) ≥ k}
Théorème 6
Soit X une variable aléatoire réelle sur (Ω, P(Ω)), la famille d’événements {[X = k], k ∈ X(Ω)}
est un système complet d’événements.
8.6. LOI D’UNE VARIABLE ALÉATOIRE 109
Soit X une variable aléatoire, on appelle loi de probabilité de X l’ensemble des couples (x, P(X =
x), x ∈ X(Ω)).
Remarque. Deux variables aléatoires peuvent avoir la même loi mais ne pas être égales ! Par exemple, on
lance deux dés, on note X le résultat du premier dé et Y le résultat du deuxième. X et Y ont même loi
mais ne sont pas égales !
Proposition 5
Un ensemble {(xk , pk ), k ∈ I} avec I un ensemble fini ou dénombrable définit une loi de proba-
bilité si
a) ∀k ∈ I, pk ≥ 0
P
b) pk = 1
k∈I
Autrement dit, si ces deux conditions sont vérifiées, alors il existe un espace probabilisé
(Ω, P(Ω), P) et une variable aléatoire X définie sur Ω telle que X(Ω) = {xk , k ∈ I} et
∀k ∈ I, P(X = xk ) = pk .
Soit f une fonction de R dans R et X une variable aléatoire définie sur Ω. Alors Y = f (X) est
une variable aléatoire définie sur Ω et
a) Y (Ω) = {f (x), x ∈ X(Ω)}
P
b) ∀y ∈ Y (Ω), P(Y = y) = P(X = x)
x∈X(Ω),f (x)=y
πX
Exemple 8.9. Soit X le résultat d’un lancer de dé. Déterminer la loi de 2X − 3, X 2 , sin
2 .
Proposition 7
Si X(Ω) ⊂ N, alors ∀k ∈ N∗
Remarque. Cette proposition est très importante, elle permet de déterminer la loi de X s’il est plus simple
de calculer des probabilités de la forme P(X ≤ k) ou P(X ≥ k).
Définition 12
Soit X1 , . . . , Xn des variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé.
On dit que les variables X1 , . . . , Xn sont indépendantes si pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , les
événements ({Xi = xi })i∈J1,nK sont indépendants. Ce qui est aussi équivalent à l’indépendance
des événements ({Xi ≤ xi })i∈J1,nK .
La notion d’indépendance intervient en particulier lorsqu’il n’y a aucune causalité entre des
événements (par exemple les résultats de plusieurs lancers d’un même dé).
Notation. Pour des variables indépendantes et de même loi, on dira qu’elles sont i.i.d. (indépendantes
et identiquement distribuées).
Proposition 8
On appelle variable aléatoire certaine, une variable aléatoire X telle qu’il existe x ∈ R tel que
P(X = x) = 1.
Définition 14
Soit p ∈ [0, 1], on dit que la variable aléatoire X suit la loi de Bernoulli de paramètre p (et on
note X ∼ B(p)) si P(X = 0) = 1 − p et P(X = 1) = p.
Exemple 8.10. 1. On lance une pièce et note la variable aléatoire X qui vaut 1 si le résultat est pile et
0 si c’est face. Alors X suit une loi de Bernoulli.
2. Soit A un événement de Ω, on note 1A l’application telle que 1A (ω) = 1 si ω ∈ A et 0 sinon. Alors
1A est une variable aléatoire de Bernoulli.
3. Si X ∼ B(p), alors X 2 ∼ B(p) et 2X − 1 ∼ B(p)
4. Si X ∼ B(p), alors Y = 2X −1 est une variable aléatoire telle que P(Y = −1) = 1−p et P(Y = 1) = p
Définition 15
Définition 16
Soit p ∈ [0, 1] et n ∈ N∗ , on dit que la variable aléatoire X suit une loi binomiale de paramètres
k n−k n
n et p (et on note X ∼ B(n, p)) si ∀k ∈ [[0, n]], P(X = k) = p (1 − p) k .
Exemple 8.11. On lance n fois une pièce et on note X le nombre de piles. Alors X suit une loi binomiale
de paramètres n, p où p désigne la probabilité de faire un pile en un lancer.
Proposition 9
n
X
Soit X1 , . . . Xn des variables i.i.d suivant une loi de Bernoulli de paramètre p. Alors Sn = Xi
k=1
suit une loi binomiale de paramètres n, p.
Définition 17
Soit n ∈ N∗ , on dit que X suit la loi uniforme (et on note X ∼ U([[1, nK)) si ∀k ∈ [[1, n]],
P(X = k) = n1 .
Exemple 8.12. a) Si on note X le résultat d’un lancer de dé, alors X ∼ U([[1, 6]]).
b) Soit a, b ∈ Z, a < b, on dit que X suit une loi uniforme sur [[a, b]] (et on note X ∼ U([[a, b]])) si
1
∀k ∈ [[a, b]], P(X = k) = b−a+1
Définition 18
Soit p ∈ [0, 1], on dit que la variable aléatoire X suit une loi géométrique de paramètre p (et
on note X ∼ G(p)) si ∀k ∈ N∗ , P(X = k) = (1 − p)k−1 p
Exemple 8.13. Une loi géométrique représente le rang du premier succès lors de la répétition d’une épreuve
de Bernoulli de probabilité de succès p et d’échec 1 − p.
Proposition 10
Proposition 11
Si X et Y sont deux variables aléatoires indépendantes et suivant une même loi géométrique
de paramètre p, alors min(X, Y ) suit une loi géométrique de paramètre 1 − (1 − p)2
112 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Définition 19
Soit λ ∈ R∗+ , on dit que la variable aléatoire X suit une loi de Poisson de paramètre λ et on
k e−λ
note X ∼ P(λ)) si ∀k ∈ N, P(X = k) = λ k! .
Proposition 12
Soit (pn )n∈N une suite de réels entre 0 et 1 telle que lim npn = λ ∈ R∗+ . On considère (Xn )
n→+∞
une suite de variables aléatoires telle que pour tout entier n, Xn suit une loi binomiale de
λk −λ
paramètre n, pn . Pour tout k ∈ N, lim P(Xn = k) = e
n→+∞ k!
On dit que (Xn ) converge en loi vers une loi de Poisson de paramètre λ.
Remarque. Cette proposition permet de préciser des situations où on peut modéliser un phénomène
aléatoire par une loi de Poisson : cela correspond au cas de binomiales avec n grand et le paramètre
p très petit. Un exemple historique : le nombre de soldats tués par leur propre cheval dans une bataille...
8.7 Moments
Nous ferons la distinction entre les variables aléatoires à support fini et celles à support dénombrable.
Définition 20
P
On appelle espérance de X le réel noté E(X) défini par E(X) = xP(X = x).
x∈X(Ω)
Proposition 13
Théorème 8
Théorème 9
Théorème de transfert P
Soit f une fonction définie sur R et X une variable aléatoire, alors E(f (X)) = f (x)P(X =
x∈X(Ω)
x).
Remarque. 4
! E(X ) = 2
P
x∈X(Ω)
x2 P(X = x) 6= E(X)2
Définition 21
Définition 22
Soit X une variable aléatoire, on appelle variance le réel positif défini par V(X) = E((X −
E(X))2 ). p
On appelle écart-type le réel positif σ(X) = V(X).
Proposition 14
Définition 23
X
Exemple 8.15. Si X n’est pas certaine, alors σ(X) est réduite
Définition 24
X−E(X)
On dit que X est centrée réduite si elle est centrée et réduite. Par exemple, σ(X) est centrée
réduite et on note cette variable aléatoire X ∗ .
114 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Théorème 10
4
Remarque. ! Contrairement aux variables aléatoires finies, une variable aléatoire discrète n’admet pas
forcément d’espérance.
1
Exemple 8.16. Vérifier que (n, n(n+1) )n∈N∗ est une loi de probabilité et que si X suit cette loi alors X
n’admet pas d’espérance.
Proposition 15
Théorème 11
1
1. Soit X ∼ G(p), alors E(X) = p
2. Soit X ∼ P(λ), alors E(X) = λ
Théorème 12
Théorème de transfert X
Soit f une fonction définie sur R et X une variable aléatoire, si la série f (k)P(X = k)
k≥0
X∞
converge alors la variable aléatoire f (X) admet une espérance et E(f (X)) = f (k)P(X = k).
k=0
8.8. INÉGALITÉS ET LOI FAIBLE DES GRANDS NOMBRES 115
Définition 26
X
Soit X une variable aléatoire, on dit que X admet une variance si la série k 2 P(X = k)
k≥1
converge et dans ce cas on appelle variance le réel positif V(X) = E((X − E(X))2 ).
E(X 2 ) est appelé moment d’ordre 2 de X. p
On appelle écart-type le réel positif σ(X) = V(X).
Proposition 16
Théorème 13
1−p
a) Si X ∼ G(p), alors V(X) = p2
b) Si X ∼ P(λ), alors V(X) = λ
Proposition 17
Théorème 14
Inégalité de Markov
Soit X une variable aléatoire, positive, admettant une espérance. On a pour tout t > 0 :
E(X)
P(X ≥ t) ≤
t
Théorème 15
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Soit X une variable aléatoire admettant une variance. On a pour tout t > 0 :
V(X)
P(|X − E(X)| ≥ t) ≤
t2
Remarque. Ce théorème est souvent utilisé alors que la variance de X1 est inconnue. On peut alors la
majorer : par 14 si les Xi suivent la loi de Bernoulli ; par M 2 si |X| ≤ M presque-sûrement.
Définition 27
Soit X une variable aléatoire. On note MX la fonction génératrice des moments de X définie
par :
MX : t 7→ E etX
Exercice 8.2. Calculer la fonction génératrice des moments des lois suivantes :
1. X ∼ B(p) 3. X ∼ G(p)
2. X ∼ B(n, p) 4. X ∼ P(λ)
Théorème 18
Inégalité de Chernoff
Soit X une variable aléatoire telle que sa fonction génératrice des moments est bien définie sur
un intervalle I ⊂ R+ . On a alors
∀t ∈ I, ∀a ∈ R, P(X ≥ a) ≤ MX (t)e−ta
Remarque. Le but de l’inégalité de Chernoff est ensuite de trouver le réel t qui minimise le majorant.
Cette inégalité est déjà apparue plusieurs fois dans les sujets d’ENS : 2019, 2015, 2004
Définition 28
On note (ui,j )i,j∈N une application de N2 dans R. Cette application correspond à une suite avec
deux indices, on pourra l’appeler suite double.
118 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Théorème 19
Théorème de Fubini
Soit (ui,j )i,j∈N une suite double positive. On suppose que
X
∀i ∈ N, ui,j converge
j∈N
X +∞
X
ui,j converge
i∈N j=0
On a alors X
∀j ∈ N, ui,j converge
i∈N
+∞
!
X X
ui,j converge
j∈N i=0
X+∞ X+∞ +∞ X
X +∞
ui,j = ui,j
i=0 j=0 j=0 i=0
Remarque. Ce théorème signifie que l’on peut échanger deux limites, ce qui n’est pas possible en règle
générale.
1 si i = j
Exemple 8.17. Un contre exemple : on pose pour tout i, j ∈ N, ai,j = −1 si j = i + 1 .
0 sinon
Définition 29
Remarque. On fera attention au support de (X, Y ). Il est inclus dans X(Ω)×Y (Ω) mais n’est pas forcément
égal. Par exemple, si X ∼ B(p), on pose Y = 1 − X. Ainsi X(Ω) × Y (Ω) = {0, 1}2 mais (X, Y )(Ω) =
{(0, 1), (1, 0)}.
Proposition 18
Remarque. Il en est de même pour ((X = x) ∩ (Y = y))(x,y)∈(X(Ω)×Y (Ω) , (X, Y )(Ω) n’étant pas toujours
facile à déterminer.
8.10. COUPLES DE VARIABLES ALÉATOIRES 119
Définition 30
Remarque. Comme d’habitude, (X, Y )(Ω) n’étant pas forcément facile à déterminer, on peut considérer
((x, y), P(X = x ∩ Y = y))(x,y)∈X(Omega×Y (Ω)
Théorème 20
Soit (X, Y ) un couple de variables aléatoires discrètes. On peut déterminer les lois marginales
à partir de la loi conjointe :
X
∀x ∈ X(Ω), P(X = x) = P(X = x ∩ Y = y)
y∈Y (Ω)
et de même X
∀y ∈ Y (Ω), P(Y = y) = P(X = x ∩ Y = y)
x∈X(Ω)
4
Remarque. ! On ne peut pas déduire la loi conjointe à partir des lois marginales ! Sauf dans le cas très
particulier où X et Y sont indépendantes car P(X = x ∩ Y = y) = P(X = x) × P(Y = y).
Astuce. Parfois, on arrive directement à factoriser la loi conjointe : P(X = x ∩ Y = y) = f (x)g(y) où
(x, f (x))x∈X(Ω) et (y, g(y))y∈Y (Ω) sont des lois de probabilité. On obtient ainsi les lois marginales et même
l’indépendance de X et de Y .
Définition 31
Soit (X, Y ) un couple de variables aléatoires discrètes. Pour tout y ∈ Y (Ω) tel que P(Y = y) 6= 0,
on désigne par loi conditionnelle de X sachant Y = y par la loi (x, PY =y (X = x))x∈X(Ω) .
Proposition 19
Si on connaı̂t une loi marginale et la probabilité conditionnelle de l’autre variable par rapport
à la première, alors on peut retrouver la loi conjointe. Plus précisément, pour tout x, y ∈
(X, Y )(Ω), si P(Y = y) 6= 0, P(X = x ∩ Y = y) = PY =y (X = x)P(Y = y). Et on retrouve ainsi
la loi marginale de X.
Remarque. Si X et Y sont indépendantes, alors la loi de X sachant Y = y est la loi de X. De même pour
la loi de Y sachant X = x.
120 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Théorème 21
Théorème 22
Soit p ∈]0, 1[, n, m ∈ N∗ . Soit X, Y deux variables aléatoires indépendantes telles que X ∼
B(n, p) et Y ∼ B(m, p). On a alors X + Y ∼ B(n + m, p).
Plus généralement, si X1 , . . . , Xn sont mutuellement indépendantes et pour tout k ∈
n
X Xn
J1, nK, Xk ∼ B(mk , p) alors Xk ∼ B( mk , p).
k=1 k=1
Remarque. En particulier, B(1, p) est en fait une loi de Bernoulli de paramètre p. Ainsi la somme de n
variables aléatoires mutuellement indépendantes suivant une loi de Bernoulli de paramètre p suit une loi
binomiale de paramètre (n, p).
Théorème 23
Soit λ, µ ∈ R∗+ . Soit X, Y deux variables aléatoires indépendantes telles que X ∼ P(λ) et
Y ∼ P(µ). On a alors X + Y ∼ P(λ + µ).
Plus généralement, si X1 , . . . , Xn sont mutuellement indépendantes et pour tout k ∈
n
X Xn
J1, nK, Xk ∼ P(λk ) alors Xk ∼ P( λk ).
k=1 k=1
Remarque. On dit que la loi binomiale et la loi de Poisson sont des lois stables.
8.10.3 Covariance
Proposition 20
Si X et Y , deux variables aléatoires discrètes, admettent un moment d’ordre deux alors leur
produit XY admet une espérance. De plus, X + Y admet aussi un moment d’ordre deux.
8.10. COUPLES DE VARIABLES ALÉATOIRES 121
Proposition 21
Théorème 24
Définition 32
Théorème 25
Corollaire 2
Remarque. 4
! La réciproque est fausse !
Proposition 22
Théorème 26
Proposition 23
Définition 33
Soit X, Y deux variables aléatoires discrètes non certaines admettant un moment d’ordre 2, le
réel
Cov(X, Y )
ρ(X, Y ) = p
V(X)V(Y )
est appelé coefficient de corrélation linéaire de X et Y .
Théorème 27
−1 ≤ ρ(X, Y ) ≤ 1
Démonstration. à venir
Remarque. Interprétation : si ρ(X, Y ) alors on dit que X et Y sont corrélées de manière positive : X et
Y ont les mêmes tendances, par exemple si X correspond à votre notre en mathématiques au CB2 de KH
et Y votre note en mathématiques à l’écrit de l’ENS, la corrélation est a priori positive. Au contraire si
on prend X votre note en mathématiques à l’écrit de l’ENS et Y votre rang à l’ENSAE, la corrélation est
négative (les tendances sont contraires : si X est grand alors Y est petit et inversement).
8.10. COUPLES DE VARIABLES ALÉATOIRES 123
Proposition 24
Si X et Y sont deux variables aléatoires non certaines admettant un moment d’ordre 2 alors
pour tout a, b, c, d ∈ R avec a > 0 et c > 0, on a
ρ(aX + b, cY + d) = ρ(X, Y )
124 CHAPITRE 8. PROBABILITÉS DISCRÈTES
Chapitre 9
Algèbre linéaire
Définition 1
Définition 2
125
126 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
Définition 3
Soit I un ensemble fini ou dénombrable. Pour tout i ∈ I, xi ∈ Rn . On dit que (xi )i∈I est une
famille d’éléments de Rn .
Par exemple ((1, 2, 3), (3, 2, 1), (4, 2, 2), (1, 2, 3), (1, 2, 3)) est une famille de R3 , cette famille a 5
éléments.
Remarque. Il faut être bien vigilant à ne pas confondre les objets. Si x = (x1 , . . . xn ) ∈ Rn alors les xi sont
des réels. Si on considère la famille de Rn , (x1 , x2 , . . . xk ) alors les xi sont des éléments de Rn .
Définition 4
Définition 5
Soit E un ensemble, pour tout x ∈ E, on note P(x) une proposition. On peut ainsi décrire un
sous-ensemble F de E par F = {x ∈ E, P(x)}, c’est-à-dire l’ensemble des x de E tels que P(x)
est vraie.
Exemple 9.2. Nous avons déjà croisé un certain nombre d’espaces vectoriels depuis le début de l’année :
9.2. ESPACES VECTORIELS 127
Définition 7
Soit E un espace vectoriel et F une partie non vide de E. On dit que F est un sous-espace
vectoriel de E si la restriction des lois + et . de E à F fait de F un espace vectoriel.
Proposition 1
Remarque. Généralement, pour montrer qu’un ensemble est un espace vectoriel, on montrera que c’est un
sous-espace vectoriel.
Exemple 9.3. Les ensembles F suivants sont des sous-espaces vectoriels E donnés :
F estl’ensemble
des
fonctions dérivables
de R dans R, E l’ensemble des fonctions de R dans R
t s
F = , t, s ∈ R , E = M2 (R)
t+s t−s
Méthode
Définition 8
Exemple 9.4. (1, 2, 3, 4) est une combinaison linéaire de ((1, 1, 1, 1), (0, −1, −1, 0), (0, 0, 1, 1), (0, 0, 0, e12 ),
en effet (1, 1, 1, 1) − (0, −1, −1, 0) + (0, 0, 1, 1) + 2e−12 (0, 0, 0, e12 )
Définition 9
Soit (xi )1≤i≤n une famille d’un ev E. Le sous-espace vectoriel engendré par (xi )1≤i≤n est le plus
petit (au sens de l’inclusion) sous-espace vectoriel contenant (xi )1≤i≤n , c’est en fait l’ensemble
de toutes les combinaisons linéaires de (xi )1≤i≤n .
On le note Vect((xi )1≤i≤n )
Démonstration. Montrons que l’ensemble des combinaisons linéaires de (xi )1≤i≤n est un sous-espace vec-
toriel. 0E appartient à cet ensemble (il suffit de prendre les λi égaux à 0), la stabilité par combinaison
linéaire est immédiate.
Méthode
Remarque. Comme son nom l’indique, un sous-espace vectoriel engendré est un sous-espace vectoriel !
Ainsi pour toute famille de vecteurs (xi )i∈I , Vect((xi )i∈I ) est un sous-espace vectoriel.
9.2. ESPACES VECTORIELS 129
Soit (xi )1≤i≤n une famille de E. On dit que cette famille est libre si et seulement si
n
X
λi xi = 0E =⇒ ∀i ∈ J1, nKλi = 0
i=1
Si une famille n’est pas libre, on dit qu’elle est liée. Ainsi, une famille (xi )1≤i≤n est liée si et
n
seulement si il existe (λi )1≤i≤n ∈ Rn non tous nuls tels que
P
λi xi = 0E
i=1
Exemple 9.5. Dans R3 , ((1, 2, 0), (1, −1, 0), (1, 0, 3)) est libre, pour le montrer il faut résoudre un système.
Remarque.
Si 0 ∈ (xi )1≤i≤n , alors (xi )1≤i≤n est liée.
Toute sous-famille d’une famille libre est libre.
Proposition 2
Une famille est liée si et seulement si au moins un des vecteurs est combinaison linéaire des
autres.
n
Démonstration. Si (xi )1≤i≤n est liée, alors il existe (λi )1≤i≤n ∈ Rn non tous nuls tels que
P
λ i xi = 0 E .
i=1
n n
P P λi
Soit j tel que λj 6= 0. On a λj xj + λi xi = 0E et donc xj = − λj x i
i=1,i6=j i=1,i6=j
n
P n
P
Si xj est combinaison linéaire des autres, alors xj = λi xi et donc xj − λi xi = 0E , donc la
i=1,i6=j i=1,i6=j
famille est liée.
Soit (xi )1≤i≤n une famille de E. On dit que cette famille est génératrice si et seulement si
Vect((xi )1≤i≤n ) = E.
En pratique, on montrera que ∀x ∈ E, x est une combinaison linéaire de (xi )1≤i≤n .
Exemple 9.6. ((1, 1, 0), (0, 1, 1), (1, 0, 1)) est une famille génératrice de R3 . En effet pour tout (x, y, z) ∈ R3 ,
(x, y, z) = x+y−z
2 (1, 1, 0) + −x+y+z
2 (0, 1, 1) + x−y+z
2 (1, 0, 1).
Proposition 3
Soit (xi )1≤i≤n une famille génératrice telle que xj est combinaison linéaire de (xi )1≤i≤n,i6=j .
Alors (xi )1≤i≤n,i6=j est une famille génératrice.
n
P n
P n
P
Démonstration. On sait que xj = λi xi . Soit x ∈ E, x = µ i xi = (µi + µj λi )xi .
i=1,i6=j i=1 i=1,i6=j
130 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
9.2.6 Base
Définition 12
Soit (xi )1≤i≤n une famille d’un espace vectoriel E. On dit que (xi )1≤i≤n est une base si c’est
une famille libre et génératrice.
Exemple 9.7. ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) est une base de R3 .
Théorème 1
(xi )1≤i≤n est une base de E si et seulement si ∀x ∈ E, x s’écrit de manière unique comme
combinaison linéaire de (xi )1≤i≤n .
Démonstration. Si (xi )1≤i≤n est une base, alors tout x de E s’écrit comme combinaison linéaire de
n
P n
P n
P
(xi )1≤i≤n , montrons que cette écriture est unique. Si x = λ i xi = µi xi alors (λi − µi )xi = 0E
i=1 i=1 i=1
et par liberté de (xi )1≤i≤n , λi = µi pour tout i.
Si tout x de E est combinaison linéaire de (xi )1≤i≤n de manière unique, alors (xi )1≤i≤n est une famille
n
génératrice. Supposons qu’elle soit liée, alors il existe (λi )1≤i≤n ∈ Rn tel que
P
λi xi = 0E et comme
i=1
n
P
0 × xi = 0E , par unicité de l’écriture les λi valent 0 et donc (xi )1≤i≤n est libre.
i=1
Définition 13
n
P
Soit (ei )1≤i≤n une base de E. Tout x de E s’écrit de manière unique sous la forme x = xi e i ,
i=1
les xi sont appelés coordonnées de x dans la base (ei )1≤i≤n .
Définition 14
Base canonique de Rn . C’est la base des (ei )1≤i≤n où ei = (0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0) où le 1 est à la
i-ème position.
Base canonique de Mn,p (R). C’est la base des (Ei,j )1≤i≤n,1≤j≤p où Ei,j désigne la matrice
élémentaire avec des zéros partout sauf un 1 à la i-ème ligne, j-ème colonne.
F + G = {x + y, x ∈ F, y ∈ G} = {z ∈ E, tels que ∃x ∈ F, y ∈ G, z = x + y}
9.2. ESPACES VECTORIELS 131
Proposition 4
Démonstration. F + G ⊂ E et 0E ∈ F + G.
Soit λ ∈ R et x, y ∈ F + G, alors x = x1 + x2 et y = y1 + y2 avec x1 et y1 ∈ F et x2 et y2 ∈ G. Ainsi,
λx + y = (λx1 + y1 ) + (λx2 + y2 ) ∈ F + G donc F + G est un espace vectoriel.
Théorème 2
Définition 17
Proposition 5
Démonstration. On suppose que la somme F + G est directe. Alors, on sait déjà que {0} ⊂ F ∩ G. Soit
x ∈ F ∩ G, alors x = x + 0 = 0 + x, on a deux écritures de x sous la forme y + z avec y ∈ F et z ∈ G si
x 6= 0. Donc nécessairement x = 0 et F ∩ G = {0}.
On suppose que F ∩ G = {0}. Soit x ∈ F + G, soit x1 , x2 ∈ F et y1 , y2 ∈ G tels que x = x1 + y1 = x2 + y2 .
Alors on a x1 − x2 = y2 − y1 , donc x1 − x2 ∈ F ∩ G donc x1 = x2 , de même y1 = y2 donc la somme F + G
est directe.
Définition 18
Théorème 3
Définition 19
F1 + F2 + . . . + Fp = {x1 + x2 + . . . + xp , x1 ∈ F1 , x2 ∈ F2 , . . . , xp ∈ Fp }
On dit que E est de dimension finie lorsqu’il admet une famille génératrice ayant un nombre
fini d’éléments.
Théorème 4
Si E admet une famille génératrice finie (x1 , . . . , xn ), alors il existe une base de E constituée
de vecteurs de (x1 , . . . , xn ).
Démonstration. Si (x1 , . . . , xn ) est libre alors (x1 , . . . , xn ) est une base. Sinon, alors un vecteur de (x1 , . . . , xn ),
disons xn par exemple est une combinaison linéaire des autres et donc (x1 , . . . , xn−1 ) est une famille
génératrice. On itère ce processus jusqu’à avoir une famille libre (comme (x1 ) est une famille libre, le
processus s’arrête).
Si L est une famille libre de E et G une famille génératrice de E, alors le nombre d’éléments
de L est inférieur ou égal au nombre d’éléments de G.
9.3. THÉORIE DE LA DIMENSION 133
Démonstration. Reformulons ce résultat : Soit (x1 , x2 , . . . , xn ) une famille génératrice de E, alors tout
famille ayant au moins n + 1 éléments est liée.
Soit (y1 , y2 , . . . , yp ) une famille de E avec p > n. Si un des yi est nul, alors la famille (y1 , . . . , yp ) est liée.
On suppose donc dorénavant que pour tout i ∈ J1, pK, yi 6= 0E . Comme (x1 , . . . , xn ) est génératrice, il
Xn
existe λ1 , . . . , λn tels que y1 = λk xk et y1 étant non nul, nécessairement un des λk est non nul. Quitte
k=1
à renuméroter les xk , on suppose que λ1 6= 0. Ainsi, x1 peut s’écrire comme combinaison linéaire de la
famille (y1 , x2 , . . . , xn ). Comme la famille (x1 , . . . , xn , y1 ) est une famille génératrice, on en déduit que la
famille (y1 , x2 , . . . , xn ) est génératrice.
Xn
On a donc l’existence de µ1 , µ2 , . . . , µn tels que y2 = µ1 y1 + µk xk avec au moins un des µk non nul.
k=2
Si seul µ1 est non nul, alors (y1 , y2 ) est liée et on a le résultat voulu. Sinon, quitte à renuméroter les
xk , on peut supposer que µ2 6= 0 et de même que précédemment, on montre que (y1 , y2 , x3 , . . . , xn ) est
génératrice.
En itérant, on obtient que (y1 , y2 , . . . , yn ) est génératrice et comme p > n, yp s’écrit comme combinaison
linéaire de (y1 , . . . , yn ) donc la famille (y1 , . . . , yp ) est liée.
Théorème 5
Théorème de la dimension.
Toutes les bases d’un espace vectoriel de dimension finie ont le même nombre d’éléments.
Définition 21
Le nombre d’éléments de toutes les bases de E est appelé dimension de E et est noté dim E.
Par convention, dim {0} = 0.
Un espace vectoriel de dimension 1 est appelé droite vectorielle.
Un espace vectoriel de dimension 2 est appelé plan vectoriel.
Exemple 9.10.
dim Rn = n
dim Mn (R) = n2
dim {(un )n∈N , ∀n ∈ N, un+2 = 5un+1 − 6un } = 2
Proposition 7
Théorème 6
Démonstration. Soit (x1 , . . . , xn ) une famille libre de E. Supposons que (x1 , . . . , xn ) n’est pas génératrice.
Alors il existe y ∈ E tel que y ∈ / Vect(x1 , . . . , xn ). La famille (x1 , . . . , xn , y) est libre ce qui est une contra-
diction.
Soit (x1 , . . . , xn ) une famille génératrice de E. Supposons que (x1 , . . . , xn ) n’est pas libre. Alors un xi est
combinaison linéaire des autres et donc (x1 , . . . , xi−1 , xi+1 , . . . , xn ) est génératrice ce qui est une contra-
diction.
Théorème 7
de la base incomplète
Soit E un espace vectoriel de dimension n et (x1 , . . . , xp ) une famille libre de p vecteurs de E
avec p < n.
On peut compléter la famille (x1 , . . . , xp ) par n − p vecteurs de E pour former une base de E.
Démonstration. Soit x1 ∈ F non nul. Comme dans le théorème de la base incomplète, on complète la
famille libre (x1 ) jusqu’à obtenir une famille libre et génératrice de F . Ce processus s’arrête forcément car
les éléments de F sont des éléments de E et toute famille de E ayant strictement plus de dim E éléments
est une famille liée.
Proposition 8
Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de dimension finie de l’espace vectoriel E tel que
(
F ⊂G
alors F = G
dim F = dim G
Remarque. Cette proposition est fondamentale ! Nous l’utiliserons très souvent pour montrer l’égalité entre
deux espaces vectoriels.
9.3.3 Rang
Définition 22
Théorème 9
Remarque. Pour calculer le rang d’une famille (x1 , . . . , xp ), on regarde d’abord si cette famille est libre, si
ce n’est pas le cas alors un des vecteurs de cette famille s’écrit comme combinaison linéaire des autres, par
exemple x1 . Ainsi, rg(x1 , . . . , xp ) = rg(x2 , . . . , xp ) et on poursuit ce processus jusqu’à obtenir une famille
libre.
Théorème 10
Démonstration. Soit (x1 , . . . , xp ) une base de F . On complète cette base par (yp+1 , . . . , yn ) pour former
une base de E. Alors G = Vect(yp+1 , . . . , yn ) est un supplémentaire de F .
Théorème 11
Démonstration. Soit (x1 , . . . , xp ) une base de F ∩ G. On la complète par (yp+1 , . . . , yr ) de sorte que
(x1 , . . . , xp , yp+1 , . . . , yr ) est une base de F et par (zp+1 , . . . , zs ) de sorte que (x1 , . . . , xp , zp+1 , . . . , zs ) est
une base de G.
Ainsi, (x1 , . . . , xp , yp+1 , . . . , yr , zp+1 , . . . , zs ) est une famille génératrice de F + G.
Soit λ1 , . . . , λp , µp+1 , . . . , µr , γp+1 , . . . , γs tels que
X X X
λ i xi + µi yi + γ i zi = 0
P P P P
On a alors γi zi = − λi xi − P µi yi ∈ F , donc nécessairement
P γi zi = 0 et comme la famille (zi )
est libre, les γi valent 0. De même µi yi ∈ G donc µi yi = 0 et les µi valent 0 et ainsi les λi aussi.
Donc la famille (x1 , . . . , xp , yp+1 , . . . , yr , zp+1 , . . . , zs ) est libre, c’est une base de F + G, son cardinal est
dim F + dim G − dim (F ∩ G).
136 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
Théorème 12
Théorème 13
9.4.1 Généralités
Définition 23
Soit f une application de E dans F . On dit que f est une application linéaire si
∀x, y ∈ E, f (x + y) = f (x) + f (y)
∀λ ∈ R, ∀x ∈ E, f (λx) = λf (x)
On notera f ∈ L(E, F ).
Si f ∈ L(E, E) alors on dit que f est un endomorphisme et on note f ∈ L(E).
Si f ∈ L(E, F ) est bijective alors on dit que f est un isomorphisme.
Si f est un endomorphisme bijectif alors on dit que f est un automorphisme.
Proposition 9
Proposition 10
Donc λf + g ∈ L(E, F ).
Proposition 11
Démonstration. Soit x, y ∈ E, λ ∈ R.
Donc g ◦ f ∈ L(E, F ).
Définition 24
Définition 25
Théorème 14
Remarque. Pour déterminer le noyau d’une application linéaire f , il faut déterminer les solutions de
l’équation f (x) = 0.
Pour l’image, c’est un peu plus compliqué... on verra une manière plus simple lorsque l’on est en dimension
finie.
Proposition 12
Théorème 15
Soit f ∈ L(E, F )
1. f est injective si et seulement si Ker f = {0E }
2. f est surjective si et seulement si Im f = F
Démonstration.
Dans cette partie, on suppose que E est de dimension finie et on considère (e1 , . . . , en ) une base de E.
Théorème 16
Démonstration. Existence : soit x ∈ E, comme (e1 , . . . , en ) est une base de E, il existe λ1 , . . . , λn tels que
Xn
x= λk ek . On prend alors f telle que
k=1
n n n
!
X X X
f (x) = f λk ek = λk f (ek ) = λk fk
k=1 k=1 k=1
Remarque. Pour définir une application linéaire, il suffit de donner l’image des vecteurs d’une base.
Proposition 13
Démonstration. Comme Im f est un espace vectoriel et comme pour tout k ∈ J1, nK, f (ek ) ∈ Im f , on a
l’inclusion Vect (f (e1 ), . . . , f (en )) ⊂ Im f .
n
X
Soit y ∈ Im f , il existe x ∈ E tel que f (x) = y. Or il existe λ1 , . . . , λn tels que x = λk ek , ainsi y =
k=1
n
X
λk f (ek ) ∈ Vect (f (e1 ), . . . , f (en )). Donc Im f ⊂ Vect (f (e1 ), . . . , f (en )) et Im f = Vect (f (e1 ), . . . , f (en )).
k=1
Théorème 17
Soit f ∈ L(E, F ).
1. f est injective si et seulement si (f (e1 ), . . . , f (en )) est une famille libre de F
2. f est surjective si et seulement si (f (e1 ), . . . , f (en )) est une famille génératrice de F .
3. f est un isomorphisme si et seulement si (f (e1 ), . . . , f (en )) est une base de F .
140 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
Démonstration. 1.
Corollaire 1
Démonstration. S’il existe un isomorphisme de E vers F alors (f (e1 ), . . . , f (en )) est une base de F donc
F et E ont même dimension.
Définition 27
Théorème 18
Formule du rang.
Soit f ∈ L(E, F ). Alors
dim (Ker f ) + rg f = dim E
Démonstration. Soit f ∈ L(E, F ). Soit G un supplémentaire de Ker f dans E. Soit (e1 , . . . , eK ) une base
de Ker f et (gK+1 , . . . , gn ) une base de G et ainsi (e1 , . . . , eK , gK+1 , . . . , gn ) est une base de E. On pose
l’application h ∈ L(G, F ) telle que ∀x ∈ G, h(x) = f (x).
Plan de la preuve : 1)h est injective, 2)Im h = Im f , 3)dim Im h = dim G, 4) Conclusion
1. L’application h est injective, en effet x ∈ Ker h ⇔ x ∈ G ∩ Ker f = {0E }.
2. Par définition de h on a déjà Im h ⊂ Im f . Soit y ∈ Im f , ∃x ∈ E tel que f (x) = y. Or on peut écrire
XK Xn Xn Xn
x= λj ej + λj gj , ainsi y = f (x) = λj f (gj ) = λj h(gj ), car les ej sont dans le
j=1 j=K+1 k=K+1 k=K+1
noyau de f , et les gj appartiennent à G donc f (gj ) = h(gj ). Ainsi y ∈ Im f et Im f = Im h.
3. Comme h est injective, (h(gK+1 ), . . . , h(gn )) est une famille libre, c’est aussi une famille génératrice
de Im h, donc c’est une base de Im h et ainsi dim Im h = dim G.
4. En conclusion on a dim Im f = dim G or comme G et Ker f sont supplémentaires, on a dim Ker f +
dim G = dim E d’où le résultat.
9.5. NOYAU ET IMAGE 141
Théorème 19
On suppose que F est aussi un espace vectoriel de dimension finie. Soit f ∈ L(E, F ).
1. f est injective si et seulement si rg f = dim E.
2. f est surjective si et seulement si rg f = dim F .
Théorème 20
Soit E et F deux espaces vectoriels de même dimension finie et f ∈ L(E, F ). Alors f est un
isomorphisme si et seulement si f est injective si et seulement si f est surjective.
En particulier, pour montrer qu’un endomorphisme f de E est un automorphisme, il suffit de
montrer que Ker f = {0E }.
Théorème 21
Soit f ∈ L(E).
f est un automorphisme si et seulement il existe g ∈ L(E) tel que g ◦ f = idE si et seulement
si il existe h ∈ L(E) tel que f ◦ h = idE .
Dans ce cas, g = h.
Définition 28
Théorème 22
H est un hyperplan de E si et seulement si H = Ker f où f est une forme linéaire non nulle.
Définition 29
Soit f ∈ L(E). On dit que f est une homothétie s’il existe λ ∈ R tel que ∀x ∈ E, f (x) = λx.
142 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
Proposition 14
Proposition 15
Théorème 23
Théorème 24
Réciproquement, soit f ∈ L(E) tel que f ◦f = f alors f est un projecteur sur Im f parallèlement
à Ker f . De plus on a E = Ker f ⊕ Im f .
Définition 31
Proposition 16
Sur le dessin ci-dessous est représenté un plan F et une droite G et pour un vecteur u, p(u) la pro-
jection de ce vecteur sur F parallèlement à G et s(u) la symétrie par rapport à F parallèlement à G.
Définition 33
Proposition 17
Démonstration. Soit x ∈ Ker u. On a u ◦ v(x) = v ◦ u(x) = 0 donc v(x) ∈ Ker u donc Ker u est stable par
v.
Soit x ∈ Im u, il existe y ∈ E tel que x = u(y). On a v(x) = v ◦ u(y) = u ◦ v(y) ∈ Im u donc Im u est stable
par v.
Dans cette partie E et F désignent des R-espaces vectoriels de dimension finie. BE = (e1 , . . . , ep ) désigne
une base de E et BF = (b1 , . . . , bn ) une base de F .
Soit f ∈ L(E, F ) on appelle matrice de f dans les bases BE et BF la matrice de Mn,p (R) notée
n
X
MatBF ,BE définie par (MatBF ,BE )i,j = ai,j où ∀i ∈ J1, pK, f (ei ) = ai,j bj
j=1
Remarque. Pour un endomorphisme, on peut considérer MatBE (f ) qui est une matrice carrée.
Pour une forme linéaire φ, une matrice de φ sera une matrice ligne.
9.6. MATRICES, LE RETOUR 145
Remarque. ATTENTION ! ! La notation MatBF ,BE n’est pas standard. La notation majoritaire est MatBE ,BF
(la base de l’espace de départ à gauche, celle d’arrivée à droite). Notre notation a néanmoins plusieurs
avantages : on lit directement la taille de la matrice MatBF ,BE ∈ Mdim F,dim E ; la matrice d’une composée
sera aussi plus naturelle avec cette notation.
Exemple 9.12. a) La matrice de f ∈ L(R3 ) telle que f (x, y, z) = (2x + 3z, x + y − z, 4z) dans la base
canonique est
2 0 3
1 1 −1
0 0 4
Définition 35
Exemple 9.13. Déterminez les applications canoniquement associées aux matrices suivantes
1 2 3
a) 4 5 6
7 8 9
b) 1 1 1 1
1 0 0
c) 0 2 0
0 0 3
Proposition 18
Deux applications linéaires de E dans F sont égales si et seulement si elles ont même matrice
dans les bases BE et BF .
Corollaire 2
Les ensembles L(E, F ) et Mn,p (R) sont isomorphes, on en déduit donc que dim L(E, F ) = np.
p
X
Remarque. Il faut identifier Mp,1 et Rp : soit x ∈ E, dans la base BE , x = xi ei et donc la matrice
i=1
x1
x2
correspondante au vecteur x est MatBE (x) =
.
. . .
xp
146 CHAPITRE 9. ALGÈBRE LINÉAIRE
9.6.2 Opérations
Théorème 25
Soit E, F et G trois R-ev de dimension finie munis respectivement des bases BE ,BF et BG .
Soit f ∈ L(E, F ) et g ∈ L(F, G), alors
Proposition 19
Définition 36
Soit M ∈ Mn,p (R) et c1 , . . . , cp les vecteurs de Rn définies par les colonnes de M dans la base
canonique. On appelle rang de M le rang de la famille (c1 , . . . , cp ).
1 1 1 1 1 1
Exemple 9.14. Déterminer le rang de 1 0 −1 et le rang de 1 1 1
2 0 1 1 1 1
Proposition 20
Soit f ∈ L(E, F ), et A sa matrice associée dans des bases fixées de E et F . Alors rg(f ) = rg(A)
A ∈ Gln (R) ⇔ rg(A) = n
Théorème 26
9.6.3 Compléments
Définition 37
Remarque. PB1 ,B2 est la matrice des coordonnées de la nouvelle base B2 dans la base B1 .
Exemple 9.15. Soit B1 = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 . On pose B2 = (2e1 + e3 , e1 + e2 + e3 , e2 + e3 ).
Dès lors,
2 0 1
PB1 ,B2 = 1 1 1
0 1 1
Proposition 21
Soit B1 et B2 deux bases de E, alors PB1 ,B2 = MatB1 ,B2 (id) et PB−1
1 ,B2
= PB2 ,B1
Proposition 22
Théorème 27