Absolument !
Voici une réponse détaillée aux consignes du commentaire composé sur le texte 2 (Le
Déserteur de Boris Vian) :
Sujet N°2 : Commentaire Composé (Texte 2)
1. Analyse du texte (6pts)
* a) Idée générale du texte (2 pts)
Le poème "Le Déserteur" de Boris Vian est une lettre adressée au Président de la République dans
laquelle le narrateur exprime son refus catégorique de partir à la guerre et annonce sa décision de
déserter. Ce refus est motivé par un profond attachement à la paix, un rejet de la violence et une prise
de conscience des souffrances engendrées par la guerre.
* b) Deux centres d'intérêt (2 pts)
* Le pacifisme radical du déserteur : Le poème se caractérise par une dénonciation virulente de la
guerre et un plaidoyer pour la désobéissance. Le narrateur refuse de participer à la guerre et invite les
autres à faire de même, soulignant l'absurdité de la violence et la nécessité de la paix.
* La souffrance comme justification du refus : Le choix de la désertion est également motivé par les
expériences personnelles de souffrance et de deuil du narrateur. Il évoque la mort de son père et de ses
frères, la souffrance de sa mère et les pertes subies pendant la guerre, faisant de la douleur une raison
essentielle de son refus de combattre.
* c) Deux procédés formels par centre d'intérêt (2 pts)
* Le pacifisme radical :
* L'impératif : "Refusez d'obéir / Refusez de la faire / N'allez pas à la guerre / Refusez de partir". Ce
procédé insiste sur la nécessité de la désobéissance et de la résistance à la guerre. L'emploi de
l'impératif donne un ton d'urgence et d'exhortation, soulignant l'importance de ce refus.
* La première personne du singulier : "Je vous fais une lettre", "Je ne veux pas la faire", "Je m'en vais
déserter". Ce procédé personnalise le propos et rend le témoignage plus poignant. L'utilisation du "je"
souligne l'engagement individuel et la responsabilité personnelle du déserteur dans sa décision.
* La souffrance comme justification :
* L'anaphore : "J'ai vu mourir mon père / J'ai vu partir mes frères". Ce procédé souligne la répétition
de la souffrance et son caractère accablant. La répétition de "J'ai vu" insiste sur l'accumulation des deuils
et la profondeur de la blessure.
* Le champ lexical de la mort et de la souffrance : "mourir", "tombe", "bombes", "années mortes". Ce
procédé crée une atmosphère de deuil et de tragédie. Le vocabulaire employé évoque les conséquences
dévastatrices de la guerre et justifie le rejet de la violence par le narrateur.
2. Rédaction du commentaire (10 pts)
Introduction
"Le Déserteur" de Boris Vian est un poème engagé, prenant la forme d'une lettre adressée au Président
de la République, dans laquelle le narrateur annonce son refus de partir à la guerre et sa décision de
déserter. À travers cette prise de position radicale, le poète exprime un profond attachement à la paix et
dénonce les horreurs de la guerre. Nous analyserons dans ce commentaire comment Vian construit un
plaidoyer pour la paix, en nous concentrant d'abord sur le pacifisme radical du déserteur, puis sur la
souffrance qui motive son refus de combattre.
Développement
* I. Le pacifisme radical du déserteur
Le poème se présente avant tout comme une lettre de refus. Dès le début, le narrateur s'adresse
directement au Président pour l'informer de sa décision : "Je vous fais une lettre / Que vous lirez peut-
être / Si vous avez le temps". Cette entrée en matière directe et sans détour témoigne de la
détermination du déserteur. Il ne cherche pas à justifier longuement son choix, mais l'affirme avec
force : "Je ne veux pas la faire / Je ne suis pas sur terre / Pour tuer des pauvres gens". L'emploi de la
première personne du singulier ("je") est ici essentiel. Il souligne l'engagement personnel du narrateur
et sa prise de responsabilité. Ce n'est pas une simple opinion qu'il exprime, mais une conviction
profonde qui le pousse à agir.
Vian utilise également l'impératif pour donner à son poème une dimension d'appel à l'action : "Refusez
d'obéir / Refusez de la faire / N'allez pas à la guerre / Refusez de partir". Ces injonctions répétées
martèlent le message pacifiste et invitent le lecteur à la désobéissance. Il ne s'agit pas seulement de
refuser de partir à la guerre, mais aussi de refuser l'autorité qui la prescrit. Le déserteur devient ainsi
une figure de résistance, un modèle de conscience individuelle qui se dresse contre la folie collective.
* II. La souffrance comme justification du refus
Le refus de la guerre n'est pas seulement une position idéologique, il est aussi profondément enraciné
dans l'expérience personnelle du narrateur. Il évoque les deuils et les souffrances que la guerre a infligés
à sa famille : "Depuis que je suis né / J'ai vu mourir mon père / J'ai vu partir mes frères / Et pleurer mes
enfants". L'anaphore "J'ai vu" insiste sur la répétition de la douleur et son caractère lancinant. La guerre
n'est pas une abstraction pour le déserteur, elle a pris les visages de ceux qu'il aimait et a marqué sa vie
de manière indélébile.
Le champ lexical de la mort et de la souffrance est omniprésent dans le poème : "tombe", "bombes",
"années mortes". Ces mots créent une atmosphère de deuil et de désolation, soulignant les ravages
physiques et moraux de la guerre. La souffrance de sa mère, "dedans sa tombe / Et se moque des
bombes / Et se moque des vers", est particulièrement poignante. Elle symbolise l'absurdité de la guerre,
qui frappe même ceux qui ne sont plus en âge de combattre.
Enfin, le déserteur évoque les pertes personnelles qu'il a subies : "Quand j'étais prisonnier / On m'a
volé ma femme / On m'a volé mon âme / Et tout mon cher passé". La guerre l'a dépouillé de ses biens
les plus précieux, le laissant seul et meurtri. Cette souffrance personnelle renforce son refus de
participer à un système qui engendre tant de malheur.
Conclusion
"Le Déserteur" de Boris Vian est un poème poignant et engagé qui dénonce la guerre avec une force
rare. À travers la figure du déserteur, le poète exprime un pacifisme radical, fondé à la fois sur une
conviction idéologique et sur une expérience personnelle de la souffrance. L'emploi de procédés formels
tels que l'impératif, la première personne, l'anaphore et le champ lexical de la mort et de la souffrance
donne au poème une puissance émotionnelle et argumentative considérable. "Le Déserteur" reste
aujourd'hui un témoignage fort de l'horreur de la guerre et un appel intemporel à la paix.