On Note (E) L'équation X - 3x - 1 0. Montrer Que (E) Admet 3 Solutions Réelles X X Etx Montrer Que
On Note (E) L'équation X - 3x - 1 0. Montrer Que (E) Admet 3 Solutions Réelles X X Etx Montrer Que
AVRIL 1998
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE N° 1
❸ On pose x = 2cosα .
Déterminer les valeurs exactes de x1 , x2 et x3 sous forme trigonométrique
ITSA1998 31
EXERCICE N° 2
( n +1) π
Soit I n = òπ
n
e − x sin x dx , n ∈ N
❶ Montrer que la suite ( In ) est une suite géométrique, en cherchant une relation
de récurrence entre In+1 et In
❸ Calculer en fonction de n
( n + 1) π
❹ Soit Sn = ò0 e − x sin x dx
❺ Calculer I n+1 en intégrant par parties et retrouver le fait que ( I n ) est une suite
géométrique.
PROBLEME
−1 '
❹ Calculer (f ) ( x ) sur l'intervalle de dérivabilité de f −1
ITSA1998 32
❺ Déduire de ce qui précède , la valeur exacte de chacune des intégrales
suivantes:
2 1 1 1
ò
1
2 − x2
dx et ò− 2
2 − x2
dx
❻ Montrer que
[
∀ x∈ − 2, 2 ]
−1 x + 2 − x2 −1 x − 2 − x2
cos( f ( x)) = et sin( f ( x )) =
2 2
1 1 2x
② Soit h( x) = cos x + sin x − , x ∈R
3 3 3
ITSA1998 33
❾ Soit la fonction F définie par :
3π π
1
] [
x
F ( x) = ò dt si x ∈ − 2 , 2 et par F( − 2 ) = − et F( 2 ) = sur
1
2 − t2 4 4
[− 2, 2 ]
① Montrer que F est définie et continue sur − 2 , 2 et dérivable sur [ ]
]− 2, 2 [
② Calculer F ' ( x ) si x ∈ − 2 , 2 [ ]
−1
③ Montrer que F = f
ì π ü
∆ = í M ( x , y ) / 0 ≤ x ≤ et 0 ≤ y ≤ f ( x ) ý
î 4 þ
π /6 π /6
❶❶ Soit I n = ò0
x n f ( x ) dx , ∀n ∈ N * et I 0 = ò
0
f ( x ) dx
ITSA1998 34
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR -SENEGAL
AVRIL 1998
VOIES A et B
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET N° 1
SUJET N° 2
SUJET N° 3
Le philosophe ALAIN affirme que «la plus haute valeur humaine, c’est
l’esprit libre». (Les vigiles de l’Esprit).
ITSA1998 35
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1998
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
EXERCICE N° 1
A et B , A et B , ainsi que de A et B
③ A , B et C sont indépendants
ITSA1998 36
❸ En prenant Ω = {a, b, c, d} et P la probabilité uniforme, montrer par un
exemple que si A et B sont indépendants, A et C indépendants et B et C
indépendants, A, B et C ne sont pas obligatoirement indépendants dans leur
ensemble.
P(B) =x et P(C) = y
① Expliciter b, c, et p en fonction de a , x et y
③ Calculer x et y en fonction de a, b, c et p
EXERCICE N° 2
n!
N= avec = α + β + γ = n
α ! β !γ !
PROBLEME
ITSA1998 37
❷ Soit Pα (z) = z2n - 2zn cos α + 1
① Montrer que
n −1
α 2 kπ
Pα ( z ) = ∏ ê z 2 − 2 z cos(
é ù
+ ) + 1ú
k =0 ë n n û
n −1
α kπ sin 2 (α / 2)
∏ sin
k =0
2
( + )=
2n n 4 n −1
] [
③ Pour tout α de 0, π et pour tout entier naturel n ≥ 2 , on pose :
n −1
α kπ
Hn (α ) = ∏ sin ( + )
k =1 2n n
Montrer que :
α
sin( )
2 n −1. Hn (α ) = 2
α
sin( )
2n
⑤ En déduire que , ∀n ≥ 2,
π 2π (n − 1)π n
sin × sin ×. . . . . .× sin = n −1
n n n 2
2 iπ
❸ Soit n ∈ N * et ω = e n
+ ….+ z + 1 - (z-ω)(z-ω²)×……×(z-ω
n-1 n-2 n-1
Soit P(z) = z +z )
ITSA1998 38
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
B.P. 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1998
VOIE A
DUREE : 2 HEURES
PROBLEME
Indice de Gini
i xi intervalle ni
1 500 [0; 1000[ 10
2 1500 [1000; 2000[ 25
3 2500 [2000; 3000[ 106
4 3500 [3000; 4000[ 155
5 4500 [4000; 5000[ 363
6 5500 [5000; 6000[ 224
7 6500 [6000; 7000[ 75
8 7500 [7000; 8000[ 22
9 8500 [8000; 9000[ 18
10 9500 [9000; 10000[ 2
ITSA1998 39
❶ Quelle est la taille totale N de la population ?
❷ Quelle est la moyenne empirique des salaires ?
❸ Quelle est la variance des salaires ?
j
❹ Donner dans un tableau les coordonnées des points Cj avec quatre décimales,
en arrondissant au plus proche.
ITSA1998 40
❼ Calculer l'aire définie par OAB.
Soit Dj les points du plan cartésien de coordonnées (N'j,N'j).
❶❶ Donner la valeur de l'indice de Gini I pour les valeurs du tableau avec trois
décimales.
Soit α un réel tel que α ≥ 1. On note f α la fonction de [0,1] dans [0,1] telle que
fα ( x) = xα
EXERCICE
a − x + a + x = 4 bx .
ITSA1998 41
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1998
VOIES A
et
B OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 3 HEURES
Ce texte peut ètre résumé en 250 mots environ (plus ou moins 10%)
✱✱✱
Vous dites que, sans la présence d’autrui, y être objet du discours d’un
observateur.
Certes l’homme n’est pas le seul observateur ; les animaux dotés d’une
vue voient, tout comme lui, la tache brillante qui, chaque matin, monte dans le ciel ;
mais seul l’homme est capable d’aller au-delà de cette constatation et de faire de cette
tache un objet, le Soleil. Cette étoile, comme toutes les étoiles, est une création du
discours humain. Sans l’homme, l’univers n’est qu’un continuum sans structure.
ITSA1998 42
Ce regard créateur d’objets, chaque humain est capable de le diriger sur
lui-même. Il fait alors de sa personne l’objet de son discours. Du coup, non seulement il
est, mais il se sait être. C’est cela la conscience, c’est une performance qui nous
permet de nous savoir être.
1
Performance que Descartes, disant «Je pense donc je suis », plaçait à
l’entrée de la philosophie,. Qu’y a-t-il d’intéressant, selon vous, dans sa démarche ?
A vrai dire, je ne trouve pas son argument convaincant. Ce qu’il peut tenir
pour certain est l’existence de cette pensée, non pas nécessairement l’existence du je
qui pense.
Je préfère m’en tenir à l’idée que tout objet ne peut être amené à
l’existence que par le discours qui l’évoque. Or ce discours s’adresse à quelqu’un.
Lorsque l’objet de mon discours est moi, je deviens conscient d’être et, simultanément,
je m’affirme existant face à un autre, celui à qui j’adresse mon discours.
1
1 DESCARTES René, Méditations Métaphysiques, Premières méditations (1641) et Discours de la Méthode, IVé
partie (1637).
ITSA1998 43
Ce qui semble vouloir dire que la conscience serait une réalité matérielle...
Mais elle ne peut être donnée. L’ovule fécondé n’a pas de conscience,
mais tout est présent en lui pour qu’un processus se déroule, qui aboutira à être
conscient. On jette à la poubelle, sans état d’âme, un ovule ou un spermatozoïde ;
pourquoi pas le foetus qui succède à l’embryon ? Pourquoi pas le bébé qui vient de
naître ? Avec ce raisonnement par continuité on justifie tous les crimes !
ITSA1998 44
Vous aussi, vous considérez donc la conscience comme le «sommet des
phénomènes», pour reprendre l’expression de Lacan. N’est-ce pas de
l’anthropomorphisme ?
Ma maison est un lieu ouvert, dans le temps comme dans l’espace. Des
personnages du passé, restés longtemps oubliés, y resurgissent sans prévenir, des
inconnus parfois étranges y pénètrent et y déposent des richesses inattendues ; même
la poussière accumulée par le hasard devient nuage, source de rêve, lorsqu’un courant
d’air la soulève. Personnages et objets s’y heurtent et mettent en place spontanément
ici un coin tranquille, harmonieux, là une zone de cri et de contestation. De temps à
autres la tentation de l’ordre se manifeste, mais qui saurait l’imposer, sinon la mort ?
«Je» m’y déplace avec un bonheur d’autant plus vif que chaque pièce me
réserve un accueil qui me surprend. La cave et le grenier doivent receler des objets que
je préfère ne pas voir, quelques cadavres peut-être. Qu’importe, «je» suis face à la
fenêtre ; elle est ouverte.
ITSA1998 45
Du coup, mon moi n’a pas de propre maison, il est dans les échanges que
j’entretiens, dans les liens que je tisse.
Il dépend aussi de son héritage ; le moi est d’autant moins maître chez lui
qu’il ignore le passé de son espèce.
Puisque le moi n’est pas maître chez lui, direz-vous qu’il est l’esclave de
son inconscient ?
Non, l’erreur souvent commise, sur laquelle Alain attire l’attention, est de
faire de l’inconscient un personnage ayant ses propres caractéristiques, disposant
d’une certaine autonomie. Le fait de donner un nom à ce concept nous incite à voir en
lui quelqu’un. Une erreur semblable est rencontrée dans le domaine scientifique à
propos du mot «hasard». En l’opposant à la nécessité, c’est-à-dire aux jeu des forces
déterministes, on faut de lui l’équivalent d’un petit génie venant brouiller les cartes,
rendant la prévision moins sûre. Il devient un acteur du processus de passage d’un état
à l’état suivant ; ce qui ne correspond nullement au rôle que la science attribue à cette
notion.
ITSA1998 46
Soit l’exemple de la sexualité : quelques doses d’hormones, adrénaline ou
hormones sexuelles, en plus ou en moins, et toute notre activité neuronale est
transformée. Mais l’hyper-complexité du cerveau lui permet de ne pas laisser une
chaîne causale simple entre glandes endocrines sécrétant leurs hormones et neurones
émettant leur influs nerveux. Un mâle voit une femelle, ses glandes endocrines
réagissent, son cerveau reçoit des signaux et provoquent une succession de gestes,
l’enchaînement des causes et effets aboutit à la copulation. Le jeu des organes se
mêlent de l’affaire, notamment le cerveau qui apporte sa charge de souvenirs,
d’émotions, d’interdits, de projets, d’imagination. La copulation n’est plus centrale, elle
n’est qu’un détail, à la limite un prétexte, pour déclencher un torrent que certains
appellent «amour».
Mon inconscient peut bien manigancer dans son coin, en cachette, des
réactions qu’il me proposera, des idées qu’il me suggérera ; il ne me fait pas vraiment
peur ; pas plus que tous ces «autres» qui m’agressent, me contredisent, m’aiment, me
font, me dérangent, et dont je ne peux me passer.
ITSA1998 47
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1999
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE N° 1
τ ( x) = − x − x 2 − 1 et ϕ ( x) = − x + x 2 − 1
[
❷ Pour k ∈ N* , on pose I k = − k + k 2 − 1 , + ∞ [ et ] ]
Jk = − ∞ , − k − k2 − 1 .
❸ On pose f k (x) = x 2 + 2k x + 1 , k ∈ N *
ITSA1999 49
En déduire l'ensemble de définition de la fonction f telle que
æ n ö
f (x) = çç
è
å
k= 1
x 2 + 2k x + 1 ÷
÷
ø
− n2 x2 + 1
é 1 ù
❹ Calculer lim ê f k ( x ) − x 2 + ú et en déduire lim f ( x )
x →+∞
ë n2 û x →+∞
EXERCICE N° 2
On considère la fonction
f: x = f(x) = x −1 + 2 x − 2 + x −1 − 2 x − 2
PROBLEME
é Π ù 2x 2x Π
❶ Montrer que pour tout x de ê
0, ú
, ≤ sin x ≤ x et 1 − ≤ cos x ≤ − x
ë 2 û Π Π 2
2
❷ Soit la fonction g définie par g(x) = 2 x + 1 − cotan ( Π x )
Π
ITSA1999 50
Etudier le sens de variation de g sur D.
② Montrer que l'équation g (x) = 0 admet, pour tout entier relatif n , une
solution unique α n appartenant à ] n, n + 1 [
1
Montrer que la suite ( β n ) est décroissante et que 0 < βn < . En
2
déduire que la suite ( β n ) est convergente.
1
⑤ Montrer que, pour tout t de ] 0, ] , on a :
2
1
g (n + t) ≥ 2 (n + 1) + 2t −
2t
En déduire lim β n
n → +∞
1 1 1 1
② Montrer que pour x > − , − x ≤ f (x) ≤ x +
2 2 2 2
1
Démontrer une relation analogue pour x ≤ −
2
ITSA1999 51
Π
④ On pose h(x) = .g ( x).sin (Π x) , x ∈ ] n , n + 1 [ , n ∈ N , et
4
1
n+
vn =
ò n+
2
1
h (x) dx.
4
2 æ n 3ö
Montrer que vn = (−1) n ç + ÷ et étudier la suite (vn).
2 è 2 8ø
ITSA1999 52
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR -SENEGAL
AVRIL 1999
VOIES A et B
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET N° 1
SUJET N° 2
SUJET N° 3
ITSA1999 53
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1999
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
EXERCICE N° 1
EXERCICE N° 2
On considère tous les nombres de 4 chiffres distincts qu'on peut former à l'aide
des chiffres 1 , 2 , 3 , 4 , 5 et 6. Déterminer leur nombre N et leur somme S. Donner la
décomposition de S en produit de facteurs premiers.
ITSA1999 54
PROBLEME
H H
Le plan complexe P est muni du repère orthonormé (O , u , v )
→ →
❶ On considère le vecteur W d'affixe z = x + iy et le vecteur s d'affixe z' = x'+i y'.
→ → → →
On considère le produit scalaire W . s et le déterminant det (W , s ) .
→→ 1 æ → →ö
① Montrer que W . s =
2
(
z z ' + z . z' et det ç W, s ÷ =
ç ÷ 2i
1
)
z . z' − z . z' ( )
è ø
② Soit (D) une droite du plan P, dont une équation est ax + by + c = 0 ,
(a,b) ≠ (0 , 0) , c ∈ R
f : P*→P*
M(z)M’(z’) avec z’=
1
z
ITSA1999 55
Dans cette question , on suppose que le point M (z) appartient à Γ*.
Déterminer l'image par f du segment [ I J ] et l'image par f du petit arc IJ de Γ*,
privé de O.
ITSA1999 56
En déduire OH ' si H ' = f (H)
⑧ Montrer que l'image par f d'un cercle ne passant pas par O est un cercle
ne passant pas par O.
ITSA1999 57
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS-REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
B.P. 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1999
VOIE A
DUREE : 2 HEURES
EXERCICE n° 1
ITSA1999 58
❶ quelle est la probabilité de ramasser uniquement du bois de qualité
supérieure:
❸ Certains arbres sont atteints d'un parasite bénin. Les forestiers ont pu établir
les faits suivants :
ITSA1999 59
EXERCICE n° 2
ITSA1999 60
❶ Dans un tableau, indiquer, pour chaque série, son amplitude, sa moyenne,
son mode, sa médiane et son écart-type.
EXERCICE n° 3
ì x 2 + y 2 = 208
í '
î xy = 96
ITSA1999 61
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 1999
VOIES A
et
B OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 3 HEURES
Ce texte est tiré du livre d’Albert Jacquard «La légende de demain», paru
aux éditions Flammarion en octobre 1997. Il devra être résumé en 250 mots plus ou
moins 10%.
✱✱✱
ITSA1999 62
Sans doute, parmi les milliards d’étoiles, nombreuses sont celles qui sont
entourées de planètes ; et parmi ces planètes, nombreuses sont celles qui offrent un
milieu semblable au nôtre. Pourquoi ne pas aller s’installer sur un de ses astres de
rechange lorsque la Terre sera épuisée ? L’obstacle apparemment incontournable est
la structure de l’espace-temps. Qui rend impossible tout déplacement plus rapide que la
lumière. Or, il faut quatre années à cette lumière pour venir de la plus proche étoile , et
cent mille années pour venir des étoiles les plus éloignées de la Voie Lactée. Même si
l’éventuelle «Terre bis» n’était située qu’à quelques milliers d’année lumière, les
reconnaissances préliminaires puis le transport de l’humanité poseraient des problèmes
dont on imagine mal la solution. L’installation de l’humanité ailleurs que sur la Terre fait
partie des utopies non réalisables, dans notre exploration des demain possibles, il est
raisonnable d’admettre que nous sommes, sinon prisonniers, du moins pour longtemps
assignés à résidence. Nos ancêtres, pour qui la planète abondait en Terra Incognita,
pouvaient rêver d’un ailleurs quand leur environnement leur semblait déplaisant ; les
hommes d’aujourd’hui n’ont plus d’ailleurs.
Ce constat n’est pas triste ; il définit les «conditions aux limites», comme
disent les physiciens, permettent de rendre les projets d’avenir compatibles avec les
contraintes imposées par la nature. Que pouvons-nous demander à la Terre ? Il nous
fait connaître la réponse non seulement pour aujourd’hui et le futur proche, mais pour
les générations plus lointaines. La solidarité entre les hommes ne doit pas s’arrêter à
nos contemporains, elle doit s’étendre à tous nos descendants (...)
ITSA1999 63
La consommation totale d’énergie végétale, aussi bien pour les semences,
l’alimentation du bétail que pour la nourriture des humains, représente l’équivalent de
6 000 calories par jour et par personne en moyenne ; les écarts selon les Etats sont
considérables : 3 000 calories pour les plus démunis, 15 000 pour les plus gaspilleurs.
L’amélioration nécessaire des ressources alimentaires des premiers porteraient cette
moyenne à environ 9 000 calories. Autrement dit, les dix milliards d’humains de demain
consommeraient autant que si nous étions quinze milliards aujourd’hui. L’évolution des
rendements ne permettra pas - ou difficilement - de faire face à de tels besoins ; des
changements des habitudes alimentaires s’imposeront donc.
ITSA1999 64
(...) Le constat que la Terre pourra nourrir les hommes, sans trop de
difficultés, même si leur effectif atteint dix milliards, a conduit à mettre en doute la
nécessité d’une limitation de la fécondité. En fait, la vraie question n’est pas «Combien
la Terre peut-elle nourrir d’hommes ?» mais «Combien peut-elle supporter
d’hommes ?». Ce qui implique de répondre d’abord à la question : «Quelle sorte
d’hommes ?». Si ce sont des paysans traditionnels qui ne demandent à la Terre que
leur nourriture, le maximum, dans les conditions actuelles, est supérieur à dix milliards.
Si ce sont des occidentaux moyens aux exigences multiples en richesses non
renouvelables, la réponse est fort différente. Sans doute un milliard serait-il déjà
beaucoup trop.
ITSA1999 65
Si nous poursuivons dans l’absurde direction que nous avons baptisé
«croissance», dans quelques centaines d’années, c’est-à-dire très bientôt, nous vivrons
dans un jardin qui n’aura plus rien d’édénique tant nous l’aurons ravagé. Est-ce digne
d’une espèce supposée raisonnable ?
ITSA1999 66
Pour préparer un demain vivable tout en sauvegardant après-demain, trois
objectifs doivent être simultanément poursuivis : ne pas épuiser les ressources
énergétiques de la planète ; produire de l’énergie sans détériorer le climat ; réduire les
écarts entre les nations dans l’accès à l’énergie.
Une autre attitude s’impose ; un autre scénario est possible. Il tire les
conséquences d’une évidence : la source d’énergie la plus importante réside dans
l’économie d’énergie. Une politique volontariste qui s’efforcerait d’exploiter au mieux
cette source pourrait aboutir à une humanité de l’an 2060 bien différente de celle du
«laisser faire». Le scénario alternatif admet que la consommation d’énergie des
Américains, loin de progresser, serait divisée par 3, celle des Européens par 2, tandis
que celle des Africains et des Asiatiques serait multipliée par plus de 2 ; les écarts
seraient donc véritablement réduits. La conséquence serait une augmentation de
seulement 20% de la teneur en CO2, ce qui n’irait pas sans inconvénients, mais
resterait acceptable. L’équilibre de notre planète serait durablement préservé.
Une telle évolution n’est nullement utopique. Elle suppose des mesures
législatives et fiscales ayant pour effet de restreindre les transports routiers, d’améliorer
l’isolation de l’habitat, d’accroître le recours aux énergies renouvelables, d’orienter les
procédés de fabrication vers ceux qui sont les moins coûteux en énergie. Ce sont là des
réponses technologiques. Leur apport sera précieux, mais il sera, à coup sûr,
insuffisant; c’est une nouvelle finalité donnée à nos sociétés qui s’impose.
ITSA1999 67
ITSA2000 69
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 2000
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE n° 1
Soit f la fonction numérique définie sur l’ensemble des nombres réels non
ex − 1
nuls ( R* ) par f ( x ) = .
x
ITSA2000 70
- Déterminer l’ensemble de définition de g
xg ( x )
- Déterminer Lim
x→ 0 ϕ ( x ) − 1
EXERCICE n° 2
❷ Montrer que E p 1 E i = { 0}
EXERCICE n° 3
❶ Déterminer tous les triplets de nombres réels ( a−1 , a0 , a1 ) qui vérifient les
deux équations suivantes :
å ak = 1, å ka k = 0
1 1
(i ) (ii )
k =−1 k =−1
ITSA2000 71
❷ Soit X t une suite de nombres réels, où t est un entier relatif. On
å ak X t + k
1
considère M 3 l’application qui à X t fait correspondre M3 X t = , où le triplet
k =−1
( a−1 , a0 , a1 ) vérifie la condition (i ) de la question précédente. Montrer que M 3 est une
application linéaire.
1
❹ Dans cette question uniquement, on pose a−1 = a0 = a1 = . Pour quelles
3
valeurs de ω a-t-on M 3 gt = 0 ?
å
1
❺ Déterminer le triplet ( a−1 , a0 , a1 ) qui minimise l’expression ak2 et qui
k =−1
vérifie la condition (i ) de la première question.
å ak2
2
- Déterminer le quadruplet ( a−1 , a0 , a1 , a2 ) qui minimise l’expression et qui
k =−1
vérifie les 3 conditions suivantes :
å ak = 1, å ka k = 0, å k 2ak = 0
2 2 2
EXERCICE n° 4
ITSA2000 72
❸ Montrer que f est bijective.
PROBLEME
ITSA2000 73
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR -SENEGAL
AVRIL 2000
VOIES A et B
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET N° 1
«Par quels critères peut-on distinguer une oeuvre d’art d’un objet
quelconque ?».
SUJET N° 2
SUJET N° 3
ITSA2000 74
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
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BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 2000
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
EXERCICE N° 1
P( z ) = z 3 − 2 z 2 − (4 + 4i ) z − 16 + 16i
Montrer que l'équation P( z) = 0 admet une solution réelle notée a et une solution
imaginaire pure notée b que l'on déterminera.
Déterminer le complexe c tel que P( z) = ( z − a)( z − b)( z − c) .
On désigne par A, B et C les points du plan complexe dont les affixes sont
c−b
respectivement a, b et c. Calculer et en déduire la nature du triangle ABC
a−b
ITSA2000 75
EXERCICE N° 2
Problème
Partie I
æa + b 0 ö
M (a, b) = çç ÷
è a b − a ÷ø
ITSA2000 76
Partie II
Dans ce qui suit on suppose b = 0.
H H
Soit V un plan vectoriel euclidien de base orthonormée ( i , j ).
Soit P un plan affine d'espace vectoriel associé V, rapporté au repère orthonormé (O,
H H
i , j ).
H H
Soit f a l'application de P dont l'endomorphisme associé a pour matrice dans ( i , j )
æa 0 ö
M (a,0) = çç ÷
÷
èa − aø
Partie III
H H
Soit (C) la courbe représentative dans le repère (O, i , j ) de la fonction numérique g
définie pour tout réel strictement positif par:
x ln x
g ( x) =
+2+
2 x
où ln désigne le logarithme népérien.
On considère la fonction h de R *
+ dans R définie par :
h( x) = x 2 − 2 ln x + 2
ITSA2000 77
Etudier les variations de h et préciser le signe de h(x). (On ne demande pas de tracer
la courbe représentative de h). R désigne l’ensemble des nombres réels.
Etudier les variations de la fonction g. Montrer que la courbe (C) a deux asymptotes
que l'on déterminera. Montrer que (C) coupe l'une de ces asymptotes en un point que
l'on précisera. Tracer la courbe (C).
Soit (C ) la transformée de (C) par l'application
1 f1 définie dans la partie II pour a = 1.
a) Ecrire une équation de (C1 ) . On appelle g1 la fonction ainsi définie.
b) Montrer que (C) et (C1 ) ont les mêmes droites asymptotes.
H H
Tracer (C1 ) dans le repère (O, i , j ) que (C) sans étudier g1 .
Calculer l'aire de la partie du plan limitée par la droite d'équation x = 1, la droite
d'équation
x = m (m > 1) et les courbes (C) et (C1 ) .
ITSA2000 78
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS-REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
B.P. 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL 2000
VOIE A
DUREE : 2 HEURES
EXERCICE n° 1
a. Faire le tableau T1 croisant les valeurs de la variable X et les probabilités
de X correspondantes.
b. Calculer l'espérance mathématique E(X) de X, et la variance V(X) de X.
c. Tracer la fonction de répartition de X.
On jette le dé cinq fois de suite. Quelle est la probabilité d'obtenir au moins une
fois l'événement "X=0"?
ITSA2000 79
EXERCICE n° 2
1
On cherche à approcher numériquement l'intégrale xn
In = ò dx, n ∈ IN .
10 + x
Premier encadrement. 0
a. Calculer I0 .
b. Montrer que (In)n O IN est une suite décroissante.
c. Montrer que pour tout n O IN,
1 1
≤ In ≤ .
11 (n + 1) 10 (n + 1)
Deuxième encadrement.
a. Montrer que
1
0 ≤ I n − I n +1 ≤ .
10 (n + 1) (n + 2)
b. Etablir pour tout n > 0 une relation de récurrence exprimant In en fonction de In-1.
c. Déduire des questions 2.a et 2.b que pour tout n O IN,
1 1 1
≤ In ≤ + .
11(n + 1) 11(n + 1) 110 (n + 1) (n + 2)
On fait l'approximation 1
In ≈ .
11 (n + 1)
Soit An l'erreur absolue définie par
1
∆ n = β ( n) − ,
11 (n + 1)
où K(n) est la borne supérieure dans l'encadrement de In. Soit Yn, l'erreur relative définie
par
∆n
ξn = .
In
ITSA2000 80
b. On pose n=36 . Donner la valeur approchée de I36 ; pour chacun des
encadrements, calculer l'erreur relative lorsqu'on fait une approximation de I36.
EXERCICE n° 3
On dit que deux suites (an) et (bn) pour tout n OIN, sont adjacentes si et seulement si :
Montrer que les suites (an ) et (bn ) définies comme suit sont adjacentes :
an + bn
an +1 = an bn , a0 = a; bn +1 = , b0 = b, avec 0 < a < b.
2
ITSA2000 81
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL
AVRIL2000
VOIES A
et
B OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 3 HEURES
Ce texte est tiré du livre intitulé «Le Sentiment même de soi , corps,
émotions, conscience» d'Antonio [Link], paru aux éditions Odile Jacob en
octobre 1999. Il peut être résumé en 250 mots, plus ou moins 10 %.
✱✱✱
ITSA2000 82
Les émotions et les sentiments d'émotions sont respectivement le début et le
terme d'une progression, mais le caractère relativement public des émotions et l'aspect
complètement privé des sentiments qui en découlent montrent bien que les
mécanismes situés tout au long de ce continu sont extrêmement différents. Il est utile de
respecter une distinction entre émotion et sentiment, si nous voulons enquêter à fond
sur ces mécanismes. J'ai proposé de réserver le terme de sentiment à l'expérience
mentale et privée d'une émotion, et d'utiliser au contraire le terme d'émotion pour
désigner l'ensemble de réponses qui, pour bon nombre d'entre elles, sont publiquement
observables. En termes pratiques, cela veut dire que l'on ne peut observer un sentiment
chez quelqu'un d'autre, même si l'on peut observer un sentiment chez soi lorsque, en
tant qu'être conscient, on perçoit ses propres états émotionnels. Pareillement, personne
ne peut observer ses propres sentiments, mais certains aspects des émotions qui
donnent lieu à vos propres sentiments, d'autres que vous pourront manifestement les
observer. En outre, à titre d'exemple, les mécanismes fondamentaux qui sous-tendent
l'émotion ne nécessitent pas la conscience, même s'ils finissent par y avoir recours : on
peut être à l'origine des processus en cascade qui conduisent à une manifestation
émotionnelle, sans être conscient de ce qui a pu servir d'induction à l'émotion et encore
moins des étapes intermédiaires qui y ont conduit. En effet, on peut même concevoir
qu'un sentiment se produise dans la fenêtre temporelle limitée du ici et maintenant sans
que l'organisme sache effectivement que tel est le cas. Assurément, à ce stade de
l'évolution et à ce moment de notre vie adulte, les émotions se produisent dans un
contexte où la conscience est présente. Nous pouvons constamment ressentir nos
émotions et nous savons que nous les ressentons. L'étoffe dont sont faits nos esprits et
nos comportements se tisse autour de cycles émotionnels continus, auxquels succèdent
des sentiments dont on prend connaissance, et qui engendrent à leur tour de nouvelles
émotions, en une polyphonie continuelle qui met en évidence et ponctue notre esprit de
pensées spécifiques, et d'actions notre comportement. Mais même si l'émotion et le
sentiment font désormais partie d'un continuum fonctionnel, il est utile de distinguer les
étapes qui jalonnent ce continu, si l'on veut étudier les sous-bassements biologiques
avec quelques chances de succès. Par ailleurs, comme on l'a suggéré plus haut, il est
possible que les sentiments se tiennent au seuil même qui sépare l'être du connaître,
bénéficiant ainsi d'un lien privilégié avec la conscience.
ITSA2000 83
Pourquoi suis-je aussi prêt à affirmer que les rouages biologiques sous-tendant
l'émotion ne sont pas dépendant de la conscience ? Après tout, dans notre expérience
quotidienne, nous connaissons souvent, semble-t-il, les circonstances qui sont à l'origine
d'une émotion. Mais connaître souvent n'est pas connaître toujours. De nombreux
éléments plaident en faveur de la nature cachée de l'induction émotionnelle, et je vais
illustrer ce point en m'appuyant sur certains résultats expérimentaux obtenus dans mon
laboratoire.
ITSA2000 84
qu'on appelle depuis, dans notre laboratoire, l'expérience du " bon garçon " et du "
mauvais garçon ".
Sur une période d'une semaine, nous pûmes entraîner David, en des
circonstances entièrement contrôlées, dans trois types distincts d'interaction humaine.
Dans l'une d'elles, il s'agissait d'entrer en interaction avec quelqu'un qui était
extrêmement agréable et qui récompensait toujours David, qu'il ait ou non demandé
quelque chose ( c'était le " bon garçon "). Une autre interaction faisait intervenir
quelqu'un qui était émotionnellement neutre et qui entraînait David dans des activités qui
n'étaient ni plaisantes, ni déplaisantes (c'était le " garçon neutre "). Un troisième type
d'interaction impliquait un individu dont les manières étaient brusques, qui répondait
toujours non à quelque requête que ce fût, et qui entraînait David dans une tâche
psychologique très fastidieuse qui serait venue à bout de la patience d'un saint ( le "
mauvais garçon "). (...)
La mise en scène de ces différentes situations fut programmée sur une durée de
cinq jours consécutifs, mais toujours pendant un laps de temps bien spécifié pour qu'on
puisse bien mesurer et comparer l'exposition globale au bon, au mauvais et à
l'indifférent. La mise en scène élaborée de ce ballet nécessitait des pièces variées et
plusieurs assistants, qui, incidemment, n'étaient pas les mêmes, et qui incarnaient
respectivement le bon garçon, le mauvais garçon, et le garçon neutre.
Une fois que toutes ces rencontres purent faire leur effet, nous demandâmes à
David de participer à deux tâches distinctes. Au cours de l'une d'entre elles, on
demandait à David de regarder deux séries de quatre photographies qui comportaient le
visage de l'un des trois individus de l'expérience, puis on lui demandait : " Auprès de qui
te rendrais-tu si tu avais besoin d'aide ? ", et pour que les choses soient plus claires : "
Qui, selon toi, est ton ami dans ce groupe ? ".
ITSA2000 85
Dans une seconde tâche, on demandait à David de regarder les visages des
trois individus, et de dire ce qu'il savait à leur sujet. Comme à l'ordinaire, pour lui, rien ne
lui venait à l'esprit. David était incapable de se souvenir les avoir jamais rencontrés et
n'avait aucune mémoire du moindre cas où il ait interagi avec eux. Inutile de dire qu'il
était incapable de nommer l'un quelconque de ces individus, incapable d'indiquer l'un
quelconque d'entre eux, une fois qu'on lui en avait donné le nom, et il n'avait pas non
plus la moindre idée de ce dont nous parlions lorsque nous l'interrogions sur les
événements de la semaine précédente. Mais lorsqu'on lui demandait lequel, parmi les
trois, , était son ami, il choisissait constamment le bon garçon.
Les résultats montrent que l'anecdote méritait d'être étudiée. De toute évidence,
il n'y avait rien dans l'esprit conscient de David qui lui donnât une raison explicite de
choisir le bon garçon de façon correcte et de rejeter le mauvais garçon de façon
correcte. Il ignorait pourquoi il choisissait l'un et il rejetait l'autre ; il le faisait, tout
simplement. La préférence non consciente qu'il manifestait, cependant est probablement
liée aux émotions qui avaient été induites en lui durant l'expérience, ainsi qu'à la ré-
induction non consciente d'une certaine partie de ces émotions au moment où il se
trouvait soumis au test. David n'avait pas appris une connaissance nouvelle du type de
celle qui peut se manifester dans l'esprit de quelqu'un sous la forme d'une image. Mais
quelque chose était demeuré dans son cerveau, et ce quelque chose pouvait produire
des résultats sous une forme non imagée : sous la forme d'actions et de comportement.
Le cerveau de David pouvait produire des actions proportionnées à la valeur
émotionnelle des rencontres originelles, qu'elles aient été causées par la récompense ou
l'absence de récompenses. Pour que cette idée soit bien claire, je vais décrire une
observation que j'ai pu faire lors d'une des séances d'exposition, au cours de
l'expérience du bon et du mauvais garçon.
ITSA2000 86
sentiment bref, ici et maintenant. Toutefois, en l'absence d'un ensemble
convenablement lié d'images, qui auraient pu lui expliquer la cause de la réaction, l'effet
resta isolé, déconnecté, et par là même, immotivé. ( ... )
La situation qui vient d'être décrite nous permet de faire quelques autres
remarques. Premièrement, la conscience centrale de David est intacte, point sur lequel
nous reviendrons au chapitre suivant. En second lieu, alors que dans le contexte de
l'expérience du bon et du mauvais garçon, les émotions de David ont été induites de
façon non consciente, dans d'autres contextes, il se met à avoir des émotions en
connaissance de cause. Lorsqu'il n'a pas à invoquer en mémoire quelque chose de
nouveau, il sent qu'il est heureux parce qu'il goûte à un plat favori ou qu'il assiste à une
scène agréable. En troisième lieu, compte tenu de la destruction remarquable qu'ont
subie plusieurs régions corticales et sous-corticales de son cerveau qui sont liées à
l'émotion, (...), il est manifeste que ces territoires ne sont indispensables ni à l'émotion,
ni à la conscience. (...)
Je terminerai ces commentaires en disant que celle qui jouait le rôle du mauvais
garçon, dans notre expérience, était une jeune neurologue fort belle et agréable. Nous
avons conçu l'expérience de la sorte, en la faisant jouer à contre-emploi. (...) . Comme
vous pouvez le voir, notre petite stratégie légèrement perverse fut payante. Toute la
beauté du monde aurait été incapable de compenser l'émotion négative induite par les
manières du mauvais garçon et par la maigre distraction procurée par la tâche.
ITSA2000 87
vous étiez faits sur un certain sujet. Le changement serait assez substantiel pour
produire certaines réponses et modifier votre état corporel, mais il ne serait pas possible
à mettre en image, au sens où peuvent l'être une personne ou une relation ; en d'autres
termes ; il ne produirait pas une configuration sensorielle dont vous pourriez jamais avoir
une connaissance immédiate dans l'esprit. En d'autres termes, les représentations qui
induisent les émotions et donnent lieu, par la suite, à des sentiments, n'ont pas besoin
d'être l'objet de l'attention, qu'elles signifient quelque chose d'extérieur à l'organisme ou
quelque chose qu'on se rappelle en son for intérieur. Qu'elles soient de l'extérieur ou de
l'intérieur, les représentations peuvent se produire à un niveau infra-conscient et induire
néanmoins des réponses émotionnelles. Les émotions peuvent être induites d'une
manière non consciente et apparaître ainsi au Soi conscient comme étant apparemment
immotivées.
ITSA2000 88
1
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR -SENEGAL
AVRIL 2001
VOIES A et B
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET N° 1
SUJET N° 2
SUJET N° 3
ITSA2001 89
1
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
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AVRIL 2001
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE n° 1
ITSA2001 90
2
EXERCICE n° 2
Ln ( x + 1)
Soit f la fonction réelle définie par : f ( x ) = , où Ln désigne le
x
logarithme népérien.
EXERCICE n° 3
❶ Quel est le gain obtenu lorsque l’on mise sur 2 numéros, sur 3
numéros, sur 6 numéros ?
ITSA2001 91
3
PROBLEME
ITSA2001 92
1
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
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AVRIL 2001
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
Exercice n° 1
On tire une boule, on note son numéro et on le remet dans l’urne. Puis on tire
une seconde boule, on en note le numéro.
2) si les deux numéros sont différents, X prend la valeur du plus grand des deux
E2 : X = 2
E3 : X = 3
åp
p =1
et å p²
p =1
ITSA2001 93
2
Exercice n° 2
2 n +1 n! ò0
In = (1 − t ) n e 2 dt
1
I n +1 = I n − n +1
2 (n + 1)!
11 1 1
e = 1+ + ... + n + I n
2 1! 2 n!
1
0 ≤ In ≤ n
A
2 n!
t → (1 - t)n et/2
ITSA2001 94
3
PROBLEME
H H
On considère le plan affine euclidien P muni d'un repère orthonormé (O, i , j ) ;
C est l'ensemble des nombres complexes et i le nombre complexe de module 1 et
d'argument π/2. On définit pour tout z de C les deux applications f et g de C dans C
par :
g(z) = z3 + 2 - 2i
I)
2) Montrer qu'il existe un réel unique r, que l'on déterminera, qui vérifie f(r)=0.
Déterminer les deux nombres complexes a et b de façon à avoir :
3) Résoudre dans C l'équation f(z) = 0. Démontrer que les points dont les affixes
sont solutions de cette équation forment un triangle rectangle dans le plan P.
4) Soient A, B, C les points de P dont les affixes respectives sont : −1+3i, 1+i et
−4. Déterminer l'affixe du barycentre G des points A, B, C affectés
respectivement des coefficients 4, 3 et 5.
5) On désigne par h l'application du plan P vers l'ensemble des réels R qui à tout
point M de P associe le réel :
ITSA2001 95
4
II) A tout point M de P d'affixe z on associe le point M' d'affixe f(z) - g(z)
H H
1) Déterminer les coordonnées (x', y') de M' dans le repère (O, i , j ) en fonction des
coordonnées (x, y) de M dans le même repère.
2) A, B, C étant les points définis en I-4), donner une équation de l'ensemble H1 des
points M de P tels que O, B et M' soient alignés (où O est l’origine du repère).
Montrer que H1 est une hyperbole dont on précisera le centre et les asymptotes.
3) Donner une équation de l'ensemble H2 des points M de P tels que O, I, M' soient
alignés, I étant le centre de gravité de A, B, C.
Montrer que H2 est une hyperbole dont on précisera le centre et les asymptotes.
Donner une équation de H2 sous la forme y = ϕ(x).
4) Démontrer qu'un point M est commun à H1 et H2 si, et seulement si, M' est
confondu avec l'origine O du plan.
ITSA2001 96
1
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
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VOIES A
et
B OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 3 HEURES
✱✱✱
On pourrait penser que la raison en est que cela revient moins cher, car on
a pas à s'éclairer ni à se chauffer la nuit, si l'on dort. Pendant très longtemps,
cette explication a été acceptée mais elle est fausse. Le fait que l'homme dorme la
nuit n'est pas dû au cycle soleil/obscurité.
ITSA2001 97
2
La raison en est la suivante : nous avons une horloge dans la tête. Cette
idée d'avoir une horloge dans la tête est née au XVIIIe siècle, dans l'esprit de
l'astronome François Ortous de Mairan. Cet amoureux des plantes possédait chez
lui un Mimosa pudica. Les feuilles de mimosa ont ceci de particulier qu'elles se
redressent le jour et se replient la nuit, d'une façon tout à fait remarquable.
L'astronome eut un jour l'idée d'enfermer son mimosa dans un placard obscur :
lorsqu'il l'ouvrit à midi, il constata que le mimosa savait qu'il y avait du soleil à cette
heure-là, puisque ses feuilles étaient ouvertes ; il l'ouvrit à nouveau à minuit,
et remarqua que les feuilles étaient fermées. Il décrivit cette expérience dans une
note d'une page parue dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences ,
en 1729, dans laquelle il concluait : " il y a une horloge à l'intérieur du mimosa ".
Personne ne l'a cru. Il a fallu attendre 100 ans, en 1820, pour que l'un des meilleurs
botanistes, de Candolle, enregistre les mouvements des feuilles de mimosa la nuit et
le jour, puis dans l'obscurité totale, et constate les mêmes mouvements des feuilles.
La seule explication, conclut-il également, c'est qu'il se trouve une sorte d'horloge
dans la plante. Cette horloge, qui nous permet d'aller nous coucher le soir, même
sans connaître l'heure, jour un rôle fondamental.
ITSA2001 98
3
L'horloge, chez l'homme, n'a été découverte que dans les années 1970.
En regardant certaines projections de la rétine, on s'est aperçu qu'il y avait deux
systèmes dans le cerveau : un système visuel, qui passe par la rétine, qui va dans le
cerveau, et se termine au niveau du cortex occipital : c'est le système dit visuel,
qui fait que je vois que vous êtes là. Mais depuis on a découvert le système photique
: certaines cellules ganglionnaires de la rétine se projettent au niveau du noyau
supra-chiasmatique ( qui est l'horloge chez l'homme et les mammifères ). A partir de
ce noyau, tout un système va prévenir le cerveau qu'il fait jour. Ce n'est pas parce
que nous sommes conscients qu'il fait jour, grâce à notre système visuel, que notre
cerveau, lui le sait. Il y a même un rat complètement aveugle, mais à qui il reste
quelques petites cellules sous la peau, qui forment un système suffisant pour venir
activer son noyau suprachiasmatique. On peut donc être totalement aveugle, et avoir
notre cerveau capable de savoir qu'il fait jour. Certains se demandent même si
certaines maladies psychiatriques ne pourraient pas être dues à l'inverse : on peut
très bien voir, mais avoir notre système photique défectueux, de telle sorte que
l'horloge se recale mal le matin. Ainsi, à certains moments, tandis qu'il sera 3 heures
de l'après-midi, elle peut dire à l'organisme qu'il est trois heures du matin.
C'est pourquoi, pour traiter certaines maladies dépressives, on fait regarder aux
patients, le matin, des tubes fluorescents pour exciter leur système photique.
En dehors du système photique, la glande pinéale, ( ou épiphyse ), est reliée aux
noyaux supra-chiasmatiques. A l'obscurité, elle secrète une hormone, la mélatonine,
qui favorise l'endormissement. En conclusion, il faut retenir que l'horloge circadienne
organise notre sommeil dans le temps, mais elle n'est pas responsable du sommeil.
ITSA2001 99
4
La preuve en est donnée par l'expérience suivante. Un rat est placé dans l'obscurité
continue, son noyau supra-chiasmatique lui " dit " d'être éveillé ou de dormir toutes
les 24 heures. Ensuite, si on détruit l'horloge des noyaux supra-chiasmatiques
(par coagulation avec des électrodes ), le rythme circadien est détruit, puisqu'on a
plus d'horloge ; et le rat va dormir selon un rythme plus rapide que le rythme
circadien, c'est à dire selon un rythme ultradien ( à peu près toutes les trois heures ).
L'explication de ce rythme ultradien dans la physiologie du sommeil, n'a pas encore
été apportée. Le sommeil est un mystère dans lequel il reste encore beaucoup à
découvrir.
Maintenant que l'on sait où est l'horloge et que l'on sait que ce n'est pas le
centre du sommeil, et qu'elle sert à installer des périodes de sommeil, posons-nous
la question suivante : pourquoi a-t-on une horloge ? A quoi cela peut-il servir ?
Permettez-moi la métaphore suivante : au commencement du monde, dans l'océan
primitif, il n'y avait que des algues bleues. Elles se groupent dans le fond de l'océan
et montent à la surface de la mer pour absorber des photons, c'est à dire à la
lumière du soleil, déclenchant une chaîne de réactions chimiques produisant des
sucres. Supposons que certaines d'entre elles, " pas très intelligentes ", mettent en
jeu les synthèses protéiques lorsque le soleil est au zénith, pendant 5 ou 6 heures
pour fabriquer des sucres à partir du soleil : lorsque tout sera prêt pour qu'elles
fabriquent des sucres, le soleil sera malheureusement couché. Ce sera donc un
échec lamentable. C'est après bien des essais et des erreurs de cette sorte, que les
algues se sont enfin mises à fabriquer tous les mécanismes de synthèses avant
6 heures du matin ( prenant ainsi en compte l'aspect très prédictif de la courbe de la
Terre autour du soleil ), afin que, le soleil étant à son zénith, toutes les choses soient
prêtes, et que tout marche. Cette invention, on lui a donné le nom d'homéostasie
prédictive. Sans ce système, la vie serait impossible. Tout système vivant entre en
réaction avec les milieux extérieurs, et il se produit des réactions chimiques plus ou
moins rapides, et si elles ne sont pas préparées par la synthèse des protéines qui
doit avoir lieu avant, le système ne peut pas fonctionner, en particulier le système qui
dépend du jour et de la nuit.
ITSA2001 100
5
ITSA2001 101
6
ITSA2001 102
EPREUVE DE CALCUL NUMERIQUE
CONCOURS 2001
ITS A – 2H
Exercice 2. :
1. Démontrer les formules suivantes :
n n
n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1)
k2 =
X X
k= .
k=1 2 k=1 6
Indication : on pourra utiliser un raisonnement par récurrence.
n!
2. On rappelle que pour 0 ≤ p ≤ n, Cnp = p!(n−p)!
, établir une relation reliant la
p+1
quantité Cn+1 aux quantités Cnp et Cnp+1 .
ITSA2001 103
1. Première expression de la variance.
On pose
n
x2k
X
qn =
k=1
.
Exprimer σn2 en fonction de qn et de µn .
2
(n + 1) σn+1 = n σn2 + n (µn+1 − µn )2 + (xn+1 − µn+1 )2 ,
ITSA2001 104
1
AVRIL 2002
VOIES A et B
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET N° 1
Pourquoi suffit-il d'un tableau noir et d'un morceau de craie pour établir
des vérités mathémathiques, alors que le physicien a besoin d'observer et
d'expérimenter ?
SUJET N° 2
SUJET N° 3
ITSA2002 105
1
AVRIL 2002
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
EXERCICE n° 1
xLnx − (2 + a ) x = 0
ITSA2002 106
2
EXERCICE n° 2
a +b a −b
ϕ a ,b
( x) =cos x − + 1 − cos
2 2
Montrer qu’il existe un couple (a , b) de nombres réels et un entier naturel n tels que
π
∫ ϕ
f ( x) (
a,b
( x ))
n
d x ≠0
−π
∫ = 0 . Montrer que
inx
relation : f ( x) e d x f est alors la fonction identiquement nulle.
−π
EXERCICE n° 3
n n
n( n + 1)(2n + 1)
❶ Calculer ∑ k et montrer que : ∑k
2
=
k =1 k =1 6
t =1
∑( X t
− (a t + b) )
2
t =1
ITSA2002 107
3
EXERCICE n° 4
PROBLEME
❸ En étudiant le signe de f
n
( α
, montrer que la suite (α ) estn +1 ) n
croissante. Montrer que cette suite est convergente et que sa limite est égale à 1.
− Ln( Ln2)
❹ On pose α = 1 − u . Montrer que
n n
u
n
est équivalent à
n
ITSA2002 108
1
VOIES A
Et
B OPTION MATHEMATIQUES
DUREE : 3 HEURES
✱✱✱
Ce texte est tiré du livre "LA SCIENCE à l'usage des non-scientifiques", par
Albert Jacquard, paru aux éditions Calmann-Lévy, en septembre 2001. Il peut être
résumé en 240 mots plus ou moins 10%.
ITSA2002 109
2
ITSA2002 110
3
ITSA2002 111
4
ITSA2002 112
5
De Démocrite à Laplace
ITSA2002 113
6
Un tel regard sur la réalité a été poussé à son paroxysme par le physicien et
mathématicien Simon de Laplace au début du XIXe siècle.
Dans un texte célèbre, il imagine un personnage (un démon, comme on
disait alors) informé de toutes les lois de la nature et connaissant l'état, à un instant
donné, de toutes les particules qui constituent l'Univers. Utilisant les formules
mathématiques qui traduisent ces lois, ce démon serait en mesure de décrire ce que
sera l'Univers à l'instant suivant, et, de proche en proche, tous ses états futurs, ; puis
par des calculs semblables, de reconstituer tous ses états passés.
Dans la pensée de Laplace, l'Univers est réellement semblable à l'horloge
dont Voltaire cherchait l'horloger ; chaque rouage en est dépendant de tous les
autres, que se soit dans l'espace ou dans la durée. Connaître un lieu ou connaître
un instant du cosmos, c'est être capable de connaître la totalité de son déploiement
dans l'espace et la totalité de son histoire passée et à venir. La réalité d'aujourd'hui
contient celle d'aujourd'hui et celle de demain ; l'Univers est comme enfermé dans
une trajectoire préétablie dont il ne peut s'échapper ; le passage du temps ne fait
que révéler ce qui était jusqu'alors caché sans rien apporter de fondamentalement
nouveau.
Cette vision correspond assez bien à celle que nous retirons d'un premier
regard sur ce qui nous entoure. À quelques détails près, l'univers semble immuable.
"Il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil ? Tout est vanité et poursuite du
vent", dit l'Ecclésiaste.
Que l'Univers soit stable, figé dans un état définitif, paraît en un premier
temps, plutôt rassurant, tout au moins dans la mesure où nous nous regardons
nous-mêmes comme simplement de passage, d'une autre nature que le monde réel.
Mais, dès que nous admettons que nous en sommes un élément, il nous faut
assumer le même statut et, par conséquent, perdre tout espoir de liberté.
Cette vision d'un monde sur lequel le temps n'a aucune prise, dont l'avenir
est contenu dans le présent, est homogène à celle de la "prédestination" développée
dans le domaine spirituel par Jean Calvin. Pour ce théologien, tout, y compris le
salut éternel de chacun, a été décidé dès le jour de la Création. Pour le physicien
qu'est Laplace, ce n'est pas du salut des âmes qu'il est question, mais son
raisonnement aboutit au même constat pour le devenir du monde concret, dont
chaque individu fait partie. Faut-il alors, au nom de la lucidité scientifique, accepter
que la liberté tant célébrée ne soit qu'une chimère de poète ?
ITSA2002 114
1
AVRIL 2002
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
Exercice 1
Le code antivol d’une autoradio est un nombre de 4 chiffres, chaque chiffre pouvant
prendre l’une des dix valeurs 0, 1,…,9.
2) Quel est le nombre de codes formés de quatre chiffres distincts deux à deux.
3) Après une panne de batterie, le propriétaire doit réintroduire son code pour
pouvoir utiliser son autoradio. Il sait que les quatre chiffres de son code sont
2, 5 , 5, 8, mais il a oublié l’ordre de ces chiffres.
ITSA2002 115
2
Exercice 2
= z + z + z +1
3 2
z −1
+i z+i z + i
3 2
z
+ + +1 = 0.
z −i z −i z −i
z +i
4) On pose Z = .
z −i
ITSA2002 116
3
Problème
Partie A
3) Montrer que la courbe (C) admet l’axe des abscisses comme asymptote
quand x tend vers +∞. Quelle est la limite de la fonction f quand x tend
vers -∞.
Partie B
Dans cette partie, on cherche à déterminer une valeur approchée de x0, abscisse
du point d’intersection M0 de la courbe (C) et de la droite (∆) d’équation y = x
3
(voir la 2ème question de la partie A). On admet l’encadrement 1 ≤ x0 ≤ .
2
3
1) Donner une approximation décimale, à 10-2 près, de f(1) et de f( ) en utilisant
2
ITSA2002 117
4
3
u0 = et un+1 = f(un ) pour tout entier naturel n ≥0
2
En utilisant la décroissance de f sur [1, +∞[, montrer par récurrence que, pour
3
tout entier naturel n, on a : 1 ≤ un ≤ .
2
3 1
3) Montrer que pour tout réel x appartenant à
1,
, on a | f ’ (x) | ≤ .
2 2
4) Justifier l’égalité f(x0)= x0. Montrer alors que, pour tout entier naturel n :
1
| un+1 - x0 | ≤ | un - x0 |
2
puis que :
n +1
1
| u n - x0 | ≤ .
2
ITSA2002 118
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE APPLIQUEE
BP 5084 YAOUNDE–CAMEROUN
DAKAR–SENEGAL
AVRIL 2002
VOIE A
CALCUL NUMERIQUE
DUREE : 2 HEURES
Problème : Dans un magasin de vente de cuisines équipées, on veut étudier la liaison entre
le nombre x d’appels téléphoniques de personnes intéréssées par les cuisines (x est donné en
centaines d’appels) et le chiffre d’affaires réalisé y (y est donné en 2000 Euros). Les résultats
simplifiés sont présentés dans le tableau ci-dessous, où les nij représentent le nombre de semaines
où le magasin a reçu xi appels téléphoniques et a fait yj de chiffre d’affaires.
y1 = 1 y2 = 3 y3 = 4 y4 = 5
x1 =2 4 3 2 0
x2 =3 2 3 4 1
x3 =6 0 4 5 3
x4 =7 0 5 7 7
1 Tableau.
On définit les quantités :
4
X
n.j = nij , ∀j = 1, . . . , 4,
i=1
X4
ni. = nij , ∀i = 1, . . . , 4,
j=1
1
ITSA2002 119
et
4
X
n = ni. , n est l’effectif total.
i=1
3. Dresser un tableau en complétant celui qui est dans l’énoncé comme suit :
a. dans la sixième colonne, on calculera les quantités ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la
septième colonne, on calculera les produits xi ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la huitième
colonne, on calculera les produits x2i ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la neuvième colonne,
on calculera les quantités xi 4j=1 nij yj pour tout i = 1, . . . , 4.
P
b. sur la sixième ligne, on calculera les quantités n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la
septième ligne, on calculera les produits yj n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la huitième
ligne, on calculera les produits yj2 n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la neuvième ligne, on
calculera les quantités yj 4i=1 nij xi pour tout j = 1, . . . , 4.
P
On définit les écart-types marginaux de x et de y comme étant les racines carrés de V(x)
et de V(y) respectivement.
On définit la covariance Cov(x, y) entre x et y par :
4 X 4
1X
Cov(x, y) = ¯ ȳ¯.
nij xi yj − x̄
n i=1 j=1
2
ITSA2002 120
¯ et ȳ¯. Quelle est la signification de ces deux quantités ?
1. Calculer x̄
2. Calculer les variances marginales V(x) et V(y). En déduire les écart-types marginaux de
x et de y, exprimés avec leurs unités naturelles.
3 Droites d’ajustement.
On appelle droite d’ajustement de y en x, la droite D1 d’équation :
y = ax + b,
Cov(x,y)
avec a = V(x)
et b = ȳ¯ − a x̄
¯.
x = a0 y + b 0 ,
Cov(x,y)
avec a0 = V(y)
et b0 = x̄
¯ − a0 ȳ¯.
2. Sur un même graphique et dans un même repère rectangulaire avec les x en abscisses et
les y en ordonnées, tracer les droites D1 et D2. Représenter sur le graphique, le point
¯ , ȳ¯).
G = (x̄
Exercice 1. : Un dé est truqué de façon à ce que les probabilités de chaque face soient
proportionnelles à leur numéro, avec le même coefficient de proportionnalité pour toutes les
faces.
1. On jette le dé une fois et on note X le numéro obtenu. Dresser un tableau dans lequel
figureront sur la première ligne les valeurs possibles de X, et sur la seconde ligne les
probabilités correspondantes.
3. On jette le dé deux fois, et on note Y la somme des numéros obtenus. Dresser un tableau
dans lequel figureront sur la première ligne les valeurs possibles de Y , et sur la seconde
ligne les probabilités correspondantes.
3
ITSA2002 121
Exercice 2. : Soit f la fonction définie sur IR par :
(
x − E(x) si 0 ≤ x ≤ 3,
f (x) =
0 si x ∈] − ∞, 0[∪]3, +∞[,
4
ITSA2002 122
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
BP 5084 BP 296
DAKAR – SENEGAL YAOUNDE – CAMEROUN
AVRIL 2003
VOIE A
ORDRE GENERAL
DUREE : 3 HEURES
SUJET n° 1
SUJET n° 2
SUJET n° 3
1
ITSA2003 123
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
BP 5084 BP 296
DAKAR – SENEGAL YAOUNDE – CAMEROUN
AVRIL 2003
VOIE A
DUREE : 4 HEURES
Attention !
Globalement, cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.
Exercice n° 1
sin x
1. Calculer Lim
x → +∞ x
1
2. Calculer Lim xx
x→ 0+
ln x
4. Calculer la dérivée de : ( x > 0)
1 + x2
1
ITSA2003 124
5. Calculer la dérivée de : x cos x
2n
6. Calculer ∑ (−1) k
k =1
1
7. Calculer ∫ xe x dx
0
1x−2
8. Calculer ∫ dx
0 x +1
2
9. Déterminer la limite de la suite (U n ) n∈ N définie par : U n = 1+
3n
x + y = 1
10. Résoudre le système 3
xy = −
4
Exercice n° 2
2
ITSA2003 125
Exercice n° 3
1
¸ Calculer ∫ f ( x) dx
0
Exercice n° 4
3
ITSA2003 126
· Pour t ∈ R , on pose :
u (t )
F ( t ) = Max 2, ,
v (t )
où u (t ) = t 3 + t 2 + t + 1 et v (t ) =t + 1 . Etudier la dérivabilité de F .
¸ Pour t ∈ R , on pose :
G(t ) = Max 2, e λ t , { }
où λ est un paramètre réel. Etudier la dérivabilité de G en fonction de λ .
PROBLEME
1
¸ Calculer I = ∫ f ( x) dx . En déduire l’aire comprise entre le graphe
0
de f , le graphe de g et les droites d’équation x = 0 et x = 1 .
t
¹ On pose ϕ ( t) = ∫ ( f ( x) − g ( x )) dx . Calculer Lim ϕ (t ) .
0 t → +∞
4
ITSA2003 127
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
BP 5084 BP 296
DAKAR – SENEGAL YAOUNDE – CAMEROUN
AVRIL 2003
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
Jusqu’au milieu du XXe siècle, nous avons considéré tout nouveau pouvoir
nous permettant de transformer notre environnement comme un progrès humain. Nous
avons rarement remis cette évidence en question; nous y sommes maintenant obligés
devant le développement extraordinaire de nos capacités d’action, et ce nouveau
regard constitue un changement profond du parcours de l’aventure humaine.
1
ITSA2003 128
A la façon de Prométhée découvrant le feu, nous nous sommes réjouis de
chaque progrès. Selon la mythologie grecque, Zeus, créant le monde, avait
prudemment caché aux hommes le secret du feu. Prométhée le leur a dévoilé et en a
été puni. Nous pourrions métaphoriquement identifier les scientifiques à Zeus et les
techniciens à Prométhée ; les premiers proposent des concepts permettant d’expliquer
le cosmos, les seconds apportent la capacité à le transformer. Pour le philosophe
Francis Bacon, au XVIIe siècle, le but de la science et de la technique était de réaliser
tout ce qui était rendu possible par notre compréhension. A cette philosophie optimiste,
nous sommes obligés de substituer celle d’Einstein, affirmant, le soir d’Hiroshima : « il y
a des choses qu’il faudrait mieux ne pas faire ». Nous ne devons plus nous permettre
d’utiliser aveuglément les moyens que nous nous donnons. La bombe nucléaire en est
un exemple extrême. En découvrant le mystère de l’énergie présente dans la matière,
nous nous sommes donnés des pouvoirs que nous ne devons utiliser qu’en les
maîtrisant. Il en est de même pour la découverte du mystère des processus qui se
déroulent chez les êtres vivants. Comment résoudre les problèmes éthiques posés par
la manipulation du patrimoine génétique ?
2
ITSA2003 129
Cette spécificité ne peut guère être définie par notre dotation génétique, si
proche de celle des autres primates. C’est en s’interrogeant sur l’origine de la
conscience qu’une réponse peut être proposée.
Cette conscience nous est permise par la richesse fabuleuse de notre cerveau.
Il représente l’objet le plus complexe et jouit de ce fait de performances inouïes,
notamment la capacité de comprendre et de transformer le monde.
Pour qu’un individu devienne un homme, pour qu’en lui émerge une personne, il
faut qu’il soit immergé dans une collectivité. C’est grâce aux autres que chacun devient
lui-même et est en droit d’exiger le respect. Nous devons donc mettre en place une
société où chacun regardera tout autre, non comme un obstacle, mais comme une
source.
Le rôle du projet
3
ITSA2003 130
Du coup, leur statut dans le cosmos a été transformé. Au lieu de seulement
subir les forces en action, ils ont pour rôle de les orienter, de choisir, de décider ce qui
est bien et ce qui est mal, de construire une éthique. La morale est nécessitée par la
possibilité du projet.
Ce constat doit être d’autant plus pris au sérieux que les avancées techniques
ont rendues solidaires tous les hommes de la planète. Les choix collectifs doivent
maintenant être « mondialisés ». La véritable mondialisation ne doit pas être celle de la
finance ou du commerce, elle doit être celle de la culture, à condition de préserver la
diversité et le respect des différences. Autrement dit, il faut mettre en place une
démocratie planétaire de l’éthique.
Parmi les devoirs nouveaux qui s’imposent aux hommes aujourd’hui, l’un des
plus urgents est la gestion raisonnée de leur effectif. Jusqu’à il y a quelques siècles, la
nécessité était de préserver la survie de l’espèce en luttant contre l’excès de la
mortalité. Cette lutte est maintenant victorieuse, du coup, le danger s’est inversé, c’est
l’excès de naissances qui est devenu une menace. Le nombre des hommes,
relativement stable jusqu’à la renaissance, a connu depuis une croissance
exponentielle, qui s’est accélérée durant la seconde moitié du XX è en raison des
succès remportés dans la lutte contre la mortalité infantile. Notre attitude envers la
procréation doit désormais être inversée : elle était un devoir, elle devient un droit limité.
4
ITSA2003 131
Le point d’arrivée : la personne humaine
5
ITSA2003 132
Les liens que nous tissons constituent la meilleure définition de nous-mêmes.
Etre un humain signifie être capable de sortir de soi, de dire « je » comme si l’on parlait
d’un autre ; Arthur Rimbaud l’a osé : dans son œuvre, « je » se conjugue à la troisième
personne.
Cette conscience a été donnée aux hommes au prix d’un long effort qui a sans
doute nécessité la succession de milliers de générations ; elle est un cadeau que les
hommes se sont faits à eux-mêmes. Nous avons fait l’humanité, et elle nous a
transformés. Il ne s’agit pas d’un cercle vicieux constamment recommencé, mais d’une
spirale vertueuse faisant toujours apparaître des possibilités nouvelles. La nature a
produit, au terme provisoire d’une longue évolution, des individus ; nous avons créé les
personnes.
En tant qu’individus, chacun est un objet parmi d’autres ; il est défini par ses
caractéristiques biologiques résultant de son patrimoine génétique ; son histoire peu à
peu le façonne, lui donnant une personnalité spécifique ; mais il ne devient
véritablement une personne que lorsque la communauté humaine lui reconnaît des
droits. Ce concept de droit est inconnu du cosmos ; rien parmi tous les objets qui le
constituent, n’est source de droits ; chacun est aveuglément soumis aux forces qui
s’exercent sur lui. Evoquer des droits, c’est changer d’univers. L’individu, le sujet, la
personnalité appartiennent à l’ordre des réalités que nous pouvons constater et décrire ;
la personne appartient à l’ordre du sacré, de l’infiniment respectable, de l’inviolable,
défini collectivement par une décision humaine.
6
ITSA2003 133
De même, la fin de la vie pose des problèmes nouveaux dus au
développement de nos moyens techniques. Autrefois, la mort était la conséquence de
processus naturels. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, l’instant précis de la mort est le
résultat d’une décision technique. Une possibilité de réflexion est de recourir au concept
de « mourir », défini comme cette période de la vie qui est ressentie comme ultime. Le
rôle de ceux qui assistent le mourant est de lui permettre de vivre son mourir en
respectant un équilibre difficile entre la conscience, la lutte contre la douleur et la durée.
Une mort plus sereine peut parfois être obtenue au prix d’une vie moins longue.
Entre une conception imprécise et une mort mal définie, il y a toute une vie qui
consiste à multiplier les liens, à sortir de soi-même, ce qui est l’objectif dans
l’éducation.
7
ITSA2003 134
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
BP 5084 BP 296
DAKAR – SENEGAL YAOUNDE – CAMEROUN
AVRIL 2003
VOIE A
DUREE : 3 HEURES
Exercice n°1
Soit a un nombre réel. On considère la suite (an) définie par a1 = a et an+1 = cos an.
2) Montrer que :
3) Montrer que les sous-suites (a2n) et (a2n+1) sont convergentes et convergent vers la même
limite.
4) En déduire que la suite (an) est convergente et que sa limite ne dépend pas de a.
1
ITSA2003 135
Exercice n°2
z=
1
[sin ϕ + i(1 − cos ϕ )]
2
Déterminer, en fonction de ϕ, le module et un argument de z.
2) Dans cette question, ϕ est un réel de l'intervalle ]0, π[. Déterminer le module et un argument de
z
chacun des deux nombres complexes suivants : z - i et où z est le nombre complexe défini au
z −i
1).
3) Dans le plan muni d'un repère orthonormé direct, on considère les points M et N d'affixes
z
respectives z - i et .
z −i
Déterminer la nature géométrique des ensembles décrits respectivement par les points M et N
lorsque ϕ varie dans l'intervalle ]0, π[.
PROBLEME
ex − 1
f (x ) =
xe x + 1
2
ITSA2003 136
Partie A
g( x) = x + 2 − e x
2. a) Montrer que l'équation g(x) = 0 admet une solution et une seule dans [0, + ∞ [.
On note a cette solution.
b) Sachant que e 1,14 ≈ 3,127 et e 1,15 ≈ 3,158 , donner un encadrement de a à 10-2 près.
Partie B
1 − e−x
f (x ) =
x + e− x
1
3. a) Établir que f (α ) =
α +1
( x + 1)u ( x)
f (x ) − x = avec u ( x ) = e x − xe x − 1 .
xe + 1
x
c) Déduire des questions précédentes la position de la courbe C par rapport à la droite (T).
6. Tracer C et (T).
3
ITSA2003 137
Partie C
1. Déterminer une primitive F de f sur [0, + ∞ [ en utilisant l'expression de f(x) établie dans la
question B.2.
vn = ∫ f ( x)dx
n
f (n + 1) ≤ ∫ f ( x)dx ≤ f (n)
n
4
ITSA2003 138
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
BP 5084 BP 296
DAKAR–SENEGAL YAOUNDE–CAMEROUN
AVRIL 2003
VOIE A
CALCUL NUMERIQUE
DUREE : 2 HEURES
Exercice
1. Déterminer les nombres complexes z qui sont solutions de l’équation :
z 2 = 1 + i. (0.1)
Problème
6. Moyenne et Variance.
a. Par convention on admet que chaque classe Ci = [ai , bi [, i ∈ {1, . . . , 6}, peut être
représentée par la valeur centrale ci , qui est le centre ou milieu de [ai , bi [.
Calculer les valeurs centrales ci i ∈ {1, . . . , 6}, de chaque classe Ci , que l’on fera
figurer dans une septième colonne ajoutée au tableau de la question 2.
b. On définit la moyenne x̄ par :
6
1X
x̄ = ni ci ,
n i=1
ITSA2003 141
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA - YAOUNDÉ
ENEA-DSD - DAKAR
AVRIL 2004
ITS Voie A
Attention !
Exercice n° 1
2
+ 3x
1. Calculer la dérivée de : x e x
1 − cos x
2. Calculer Lim
x → +∞ x2
3. Calculer Lim ( x Log x − x )
x → +∞
4. Résoudre l’équation : e 2 x + e x − 2 = 0
n
1
6. Calculer en fonction de n, l’expression suivante : ∑ k (k + 1)
k =1
π/2
7. Calculer ∫ x sin x dx
0
ITSA2004 143
8. Résoudre x 2 − 5x + 4 < 0
Un
9. Déterminer la limite de la suite (U n ) n∈N * définie par récurrence : U n+1 =
3
et U 1 = 1
x2 9
=
10. Résoudre le système y 2 4
xy = 6
Exercice n° 2
ex
¶ Etudier la fonction réelle f définie par : f ( x ) = et tracer son graphe.
x
Exercice n° 3
ITSA2004 144
¹ Etudier les variations de f m .
¼ Comparer G et H .
Exercice n° 4
1
¸ Calculer les dérivées première et seconde de f pour x ≥ .
2
1
¹ Etudier les variations de f pour x ≥ .
2
Exercice n° 5
L( f , λ ) = ∑ ( y i − f ( x i )) 2 + λ ∫ f '' ( x) dx
i =1 0
a) f ( x ) = ax
b) f ( x ) = ax 2
c) f ( x ) = ax 2 + bx
ITSA2004 145
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA - YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR
AVRIL 2004
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Dans une société, quelles sont les conditions de la réduction des inégalités
entre les hommes et les femmes ?
Sujet n° 2
Sujet n° 3
ITSA2004 146
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA - YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR
AVRIL 2004
ITS Voie A
Exercice n° 1
3. La porte est équipée d’un système d’alarme qui se déclenche lorsque aucun des trois
chiffres frappés ne figure sur la liste des chiffres du code. Déterminer le nombre de codes
déclenchant l’alarme.
ITSA2004 147
Exercice n° 2
1
f ( z ) = log 6 (13 + z − 4i ) + log 36
(15 + z + 4i ) 2
z − 4i = 2 + z + 4i
Problème
Partie A
f ( x ) = ln (2 x + 4 x 2 + 1)
1. a) Montrer que la fonction f est définie sur l’ensemble des réels R et qu’elle est impaire.
b) Montrer que f est dérivable sur R et calculer sa dérivée. En déduire son sens de variation.
r r
2. Soit (C) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé ( O, i , j )
a) Etudier les branches infinies de la courbe (C).
b) Trouver une équation cartésienne de la tangente D à (C) à l’origine O du repère. Tracer
la courbe (C).
3. Soit a un réel strictement positif. Calculer en fonction de a, l'aire de la partie du plan limitée
par la courbe (C) et les droites d'équations respectives x = 0, y = 0 et x = a.
ITSA2004 148
Partie B
1. a) Montrer que la fonction f admet une fonction réciproque g définie sur un domaine I que l'on
précisera.
r r
b) Construire dans le même repère ( O, i , j ) la courbe (C') représentative de la fonction g.
1 x
c) Montrer que, pour tout x de I, on a: g ( x ) = (e − e − x )
4
2. Montrer que l'équation g(x) = x admet dans ]0,+∞[ une seule solution α et que α >
3
2
(on pourra montrer que cette équation est équivalente à f(x) = x et étudier les varia tions de la
fonction p définie par p(x) = f(x)-x)
Partie C
a) Montrer que ϕ est une bijection de R sur un intervalle J que l'on précisera.
x3 x5 x 2 n−1
Sn ( x ) = x + + + ... +
3 5 2n −1
x
t2n
a) Calculer S n ' ( x) et en déduire que : S n ( x) = h( x ) − ∫ dt
0
1− t ²
b) En déduire la limite, quand n tend vers + ∞ , de la suite (un ) définie pour n > 0 par :
1 1 1 1
un = + 3 + 5 + ... +
3 3.3 5.3 ( 2n −1)32 n−1
ITSA2004 149
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DÉPARTEMENT DE LA STATISTIQUE STATISTIQUE ET
ET DE LA DÉMOGRAPHIE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
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AVRIL 2004
ITS Voie A
CALCUL NUMÉRIQUE
(Durée de l’épreuve : 2 heures)
Exercice 1
150 clients font la queue au guichet d’un cinéma; le guichetier n’a aucune monnaie disponible
dans sa caisse. Le billet coûte 5 euros: 80 clients disposent de billets de 5 euros, les 70 autres
clients ont uniquement un billet de 10 euros. On modélise le problème en définissant 150
variables Xi , i ∈ {1, . . . , 150} par :
(
1 si le client i a un billet de 5 euros,
Xi =
−1 si le client i a uniquement un billet de 10 euros.
Si tous les clients peuvent être servis, c’est-à-dire si le guichetier peut toujours rendre la
monnaie à un client qui se présente avec un billet de 10 euros, combien y-a-t-il de billets de 5
euros et de billets de 10 euros dans la caisse après le passage des 150 clients ?
B. On peut définir dans un repère orthogonal une trajectoire partant du point (0, 0) = (0, S0 )
et joignant par des segments de droite les points (k, Sk ) pour tout k ∈ {1, . . . , 150}.
1. Tracer une trajectoire possible dans un repère orthogonal allant de (0, 0) = (0, S0 ) à
(5, 1) = (5, S5 = 1).
2. Exprimer sous forme d’une condition sur la trajectoire le fait que le guichetier puisse
satisfaire tous les clients.
3. On s’intéresse dans cette question uniquement aux 100 premiers clients, c’est-à-dire aux
valeurs prises par les variables X1 , . . . , X100 . On note p ∈ IN le nombre des Xi , i ∈ {1, . . . , 100}
qui prennent la valeur 1 et on note q ∈ IN le nombre des Xi , ∈ {1, . . . , 100} qui prennent la
valeur −1. Donner les valeurs de p et q pour que la trajectoire atteigne le point (100, 10).
ITSA2004 150
1
Exercice 2
Soit (xm )m∈IN la suite de nombres rationnels définie par
1 1 1 1 1
xm = 1 + + + + ... + + , (0.1)
1! 2! 3! (m − 1)! m!
où k! = k(k − 1)(k − 2) · · · 1 est le produit des k premiers entiers non nuls, défini pour tout
k ∈ IN avec la convention 0! = 1.
Le nombre irrationnel e est représenté par la suite (xm )m∈IN car il peut s’écrire :
+∞
1 1 1 X 1
e = 1+ + + + ... = . (0.2)
1! 2! 3! k=0 k!
1. Quelle est la nature de la suite (xm )m∈IN définie par (0.1) : est–elle croissante ou bien
est–elle décroissante ou bien est–elle ni croissante et ni décroissante? On justifiera sa
réponse.
Indication : il faut remarquer que Sn−m−1 est la somme des (n − m) premiers termes
d’une suite géométrique.
6. Déduire de la question 5., la limite quand n tend vers l’infini de Sn−m−1 , avec m ≥ 1 fixé.
ITSA2004 151
2
Exercice 3
En appliquant le Théorème des Accroissements Finis à la fonction ln(1+x) définie pour x > −1,
déterminer un encadrement de ln(2).
Exercice 4
1. a. Trouver les réels a, b et c tels que
x a bx + c
2
= + .
(1 + x)(1 + x ) 1 + x 1 + x2
x
b. A partir de 1.a., déterminer la primitive de , pour x ∈ IR puis la
(1 + x)(1 + x2 )
1
primitive de √ , pour x ∈ IR+ .
(1 + x)(1 + x)
Z 2 1
2. En faisant le changement de variable t = tan(x), calculer dx.
0 1 + 3(cos x)2
Exercice 5
Dans la forêt de la Reine en Meurthe et Moselle, on veut étudier si la croissance des chênes est
la même dans toutes les parties de la forêt.
Pour ce faire on compare la croissance des chênes dans 8 différentes zones choisies au hasard :
ces zones seront dénommées par les lettres A, B, C, D, E, F, G, H.
On classe les chênes en 3 classes suivant leur diamètre :
On note pour chaque zone le nombre de chênes appartenant à chacune des classes. Les résultats
sont rassemblés dans le tableau suivant : on notera Nij le nombre de chênes observés se trouvant
à l’intersection de la ligne i et de la colonne j. La donnée de ces effectifs observés représente la
distribution empirique des chênes.
2. Déterminer les marges du tableau précédent, c’est-à-dire calculer les sous-totaux de chaque
ligne et chaque colonne. On ajoutera une ligne et une colonne supplémentaires au tableau
et dans chaque nouvelle case on reportera le sous-total calculé de la ligne ou la colonne
en question.
5. Si on observe une grande valeur de ∆ définie par (0.4), pensez-vous que l’on puisse conclure
à l’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre des chênes?
6. Soit α = 0.05. La théorie des probabilités nous assure l’existence d’une valeur cα = 23.685
telle que, sous l’hypothèse qu’il y ait indépendance entre l’emplacement de la zone et
la classe de diamètre des chênes, ∆ est strictement inférieure à cα avec une probabilité
supérieure ou égale à 1 − α = 0.95. On prend alors la décision de :
–accepter l’hypothèse d’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de
diamètre des chênes si ∆ < cα
–conclure à la dépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre des
chênes si ∆ > cα .
Quelle décision prenez–vous?
ITSA2004 153
4
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CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Pour tenter d'expliquer ce que sont les sentiments, je voudrais commencer par
poser une question au lecteur : quand vous envisagez n'importe quel sentiment que
vous avez éprouvé, agréable ou non, intense ou non, quels en sont selon vous les
contenus ? Remarquez bien que je ne vous interroge pas sur la cause du sentiment ;
sur son intensité, sur sa vale ur positive ou négative, ou encore sur les pensées qui vous
sont venues à l'esprit à son occasion. Je vise plutôt les contenus mentaux,
les ingrédients, le matériau qui font un sentiment. Afin de faire avancer cette expérience
de pensée, voici quelques suggestions : imaginez que vous êtes allongé sur la plage,
en fin de journée, que le soleil vous dore doucement la peau, que l'océan vient lécher
vos pieds ; imaginez le bruissement des aiguilles de pin quelque part derrière vous,
une légère brise estivale souffle, il fait 28°, et il n'y a pas un nuage dans le ciel. Prenez
votre temps ; savourez cette expérience. Je suppose que rien ne vient vous contrarier,
que vous vous sentez très bien, excessivement bien même, comme aime à dire un ami
à moi. La question est : en quoi consiste ce sentiment de bien-être ? Voici quelques
indices : votre peau a chaud, et c'est agréable. Vous respirez facilement, vous ne
ressentez pas de gêne aux poumons ou à la gorge. Vos muscles sont si détendus que
vous n'éprouvez aucun tiraillement aux articulations. Votre corps se sent léger,
bien posé mais avec nonchalance. Si vous passez en revue votre organisme,
vous pouvez sentir sa machinerie qui fonctionne doucement, sans anicroches, sans
douleur, une vraie perfection. Vous avez l'énergie pour bouger mais, d’une certaine
manière, vous préférez rester tranquille, combinaison paradoxale entre aptitude et
inclination à agir d'un côté, et délectation à rester calme, de l'autre.
ITSA2004 154
Bref : votre corps se sent différent, selon un grand nombre de dimensions.
Certaines sont assez apparentes, et vous pouvez les situer en vous. D'autres sont plus
impondérables. Par exemple, vous ressentez du bien-être et une absence de douleur ;
bien que le lieu de ce phénomène soit le corps et ses opérations, cette sensation est si
diffuse qu'il est difficile de décrire de façon précise où elle se situe dans le corps.
Je dirais que ce qui définit le sentiment agréable lié à ces moments, ce qui fait
que le sentiment mérite seul ce terme et qu'il est différent de toutes les autres pensées,
c'est la représentation mentale des parties du corps ou de tout le corps opérant d'une
certaine manière. Le sentiment, au sens pur et étroit du mot, est l'idée du corps qui est
d'une certaine manière. Dans cette définition, on peut remplacer «idée» par «pensée»
ou par «perception». Dès qu'on va au-delà de l'objet qui a causé le sentiment,
les pensées et le mode de pensée qui s'ensuit on atteint le cœur même du sentiment.
Son contenu consiste en une représentation d'un état donné du corps.
La même remarque vaut pour les sentiments de tristesse, pour les sentiments
liés à n'importe quelle autre émotion, pour les sentiments liés aux appétits et pour ceux
qui sont liés à n'importe quel ensemble de réactions régulatrices se déroulant dans
l'organisme. Les sentiments, au sens employé dans ce livre, proviennent de n'importe
quel ensemble de réactions homéostatiques, pas seulement des émotions.
Ils traduisent l'état vécu actuellement dans le langage de l'esprit. Il me semble qu'il
existe des «modes corporels» distincts qui résultent de différentes réactions
homéostatiques, depuis l'état de douleur simple jusqu'à son équivalent complexe,
et donc des sentiments fondamentaux distincts. Il existe aussi des objets déclencheurs
ITSA2004 155
distincts, des pensées correspondantes distinctes et des modes de pensée assortis.
Par exemple, la tristesse s'accompagne d'une faible production d'images, mais d'une
hyperattention aux images, alors que le bonheur va de pair avec des images qui
changent vite et auxquelles on prête peu d'attention. Les sentiments sont des
perceptions, et il me semble que leur soubassement se trouve dans les cartes
corporelles du cerveau. Celles-ci renvoient à des parties du corps et à des états du
corps. Une variation dans le plaisir ou la douleur est un contenu correspondant de la
perception que nous appelons sentiment.
ITSA2004 156
L'origine des perceptions qui constituent l'essence du sentiment me semble
claire : il existe un objet général, le corps, et il existe de nombreuses parties de cet objet
qui sont sans cesse encartées dans un certain nombre de structures cérébrales.
Les contenus de ces perceptions sont clairs eux aussi : ce sont divers états du corps
dépeints par les cartes représentant le corps selon toute une gamme de possibilités.
Par exemple, la micro- et la macrostructure des muscles tendus sont différentes de
celles des muscles au repos. C'est vrai également de l'état du cœur lorsqu'il bat vite ou
lentement, et pour la fonction d'autres systèmes — respiratoire, digestif — dont le
travail peut être tranq uille et harmonieux ou difficile et mal coordonné. Autre exemple,
le plus important peut-être : la composition du sang relativement à certaines molécules
chimiques dont dépend notre vie et dont la concentration, à tout instant, est représentée
dans certaines régions du cerveau. L'état particulier de ces composants du corps,
représentés dans les cartes corporelles du cerveau, est le contenu des perceptions qui
constituent les sentiments. Les substrats immédiats des sentiments sont les encartages
de tous ces états du corps dans les régions sensorielles du cerveau conçues pour
recevoir les signaux venus du corps.
Vivre un certain sentiment, le plaisir par exemple, c'est percevoir que le corps
est d'une certaine manière et percevoir le corps de la manière qui exige des cartes
sensorielles dans lesquelles des structures neurales sont en jeu et dont des images
mentales peuvent dériver. Je reconnais que l'apparition d'images mentales à partir de
structures neurales est un processus qu'on ne comprend pas parfaitement (...).
Mais nous en savons assez pour émettre l'hypothèse que ce processus repose sur des
substrats qu'on peut identifier — dans le cas des sentiments, plusieurs cartes de l'état
du corps situées dans diverses régions du cerveau — et par conséquent qu'il implique
des interactions complexes entre régions cérébrales. Ce processus n'est pas localisé
dans une aire du cerveau.
ITSA2004 157
En bref, le contenu essentiel des sentiments est l'encartage d'un état donné du
corps ; le substrat des sentiments est l'ensemble des structures neurales qui dressent
la carte de l'état du corps et dont une image mentale de l'état du corps peut émerger.
Un sentiment est par essence une idée — à savoir une idée du corps et plus
précisément encore une idée d'un certain aspect du corps, de son intérieur, dans
certaines circonstances. Un sentiment d'émotion est une idée du corps lorsqu'il est
perturbé par le processus émotionnel. Comme nous le verrons plus loin, cependant,
il est peu probable que l'encartage du corps qui constitue l'élément décisif de cette
hypothèse soit aussi direct que William James l'imaginait.
Quand je dis que les sentiments sont en grande partie constitués par la
perception d'un certain état du corps ou que la perception d'un état du corps forme une
essence d'un sentiment, mon usage des mots «en grande partie» et «essence» n'est
pas fortuit. On trouvera la raison de cette subtilité dans l'hypothèse-définition du
sentiment qui vient d'être discutée. En maintes circonstances, en particulier lorsqu'on
dispose de peu de temps ou qu'on n'en a pas du tout pour examiner les sentiments,
ils sont seulement la perception d'un certain état du corps. Toutefois, dans d'autres
circonstances, le sentiment implique la perception d'un certain état du corps et celle
d'un certain état d'esprit l'accompagnant — soit les changements dans le mode de
pensée auxquels je me référais plus haut en tant qu'ils font partie des conséquences du
sentiment. Dans ces circonstances, nous avons des images du corps qui est ceci ou
cela et, parallèlement, des images de notre style de pensée.
ITSA2004 158
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ITS Voie A
Attention !
Exercice n° 1
e x +1
5. Calculer la dérivée de f ( x ) =
x2 +1
ITSA2005 159
x2 − 1
8. Résoudre l’inéquation <0
x−2
Exercice n° 2
x4
Soit f la fonction définie sur ]1, + ∞[ par : f ( x ) =
x 2 −1
c
¶ Trouver des nombres réels a, b, c tels que f ( x ) = ax 2 + b +
x −1
2
Exercice n° 3
1 1
¶ Montrer que pour tout entier n>0, on a : < Ln( n + 1) − Ln( n) < , où Ln désigne
n +1 n
le logarithme népérien.
n
1
· En déduire la nature de la suite ∑p
p =1
et trouver un équivalent simple de cette suite.
ITSA2005 160
Exercice n° 4
¸ Tracer le graphe de f −1 .
¹ Exprimer le carré de f en fonction du carré de sa dérivée.
f
º Etudier les variations de la fonction h = et tracer son graphe.
f'
Exercice n° 5
ITSA2005 161
¸ Quelle est la probabilité qu’un nouveau-né présentant une luxation soit une fille ?
¹ Dans une maternité il naît en moyenne 20 enfants par semaine.
- Quelle est la probabilité qu’aucun de ces nouveau-nés ne présente de
luxation de la hanche ?
- Quelle est la probabilité qu’au moins un de ces nouveau-nés présente une
telle luxation ?
EXERCICE n° 6
Soit f une fonction continue, définie de l’intervalle [a, b ] sur R . On suppose que pour
tous c et d de cet intervalle, il existe e compris entre c et d tel que
f (e) = f ( a) ou f ( e) = f (b)
Montrer que f ( a) = f (b )
ITSA2005 162
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ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
Sujet n° 3
ITSA2005 163
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Exercice n° 1
x ≥ 0, y ≥ 0
2
(S) x − y = 2 2
2
2 2
x y = 2
π
i
2. On considère le nombre complexe Z = 2e 8
a) Vérifier que : Z 2 = 2 2 (1 + i )
b) On pose Z = x + i y. Vérifier que x=0 et y = 0 et que le couple (x, y) est solution du
système (S).
π π
c) En déduire les valeurs exactes de cos et sin .
8 8
3. a) En utilisant les formules d'Euler, démontrer que pour tout réel a, on a :
1 + cos( 2α )
cos 2 α =
2
1 − cos( 2α )
sin 2 α =
2
b) En choisissant convenablement a, retrouver le résultat de la question 2. c).
ITSA2005 164
Exercice n° 2
1. On rappelle que la factorielle d’un entier naturel n est l'entier noté n! défini par :
n ! = 1 x 2 x 3 x…x n pour n = 1 et 0! =1
a) Calculer 4!, 5! et 6!.
b) Démontrer, par récurrence, que pour tout entier k = 1 on a : k !≥ 2 k −1
c) Déterminer le plus petit entier n tel que : n!≥ 10 7
a) Calculer u 0 , u1 , u 2 et u3 .
1
n
1
et que : ∑2 k −1
= 21 − n . En déduire une majoration de ( u n ) .
2
k =1
1
vn = un +
n!
a) Calculer v0 , v1 , v 2 et v3 . Démontrer que la suite ( vn ) n≥ 2 est strictement décroissante.
ITSA2005 165
Problème
Partie A
On désigne par g la fonction définie sur R par :
g ( x ) = e x ( x − 1) + 1
1) Calculer la dérivée g' de la fonction g et en déduire les variations de la fonction g.
2) Démontrer que g(x) = 0 pour tout x réel.
Partie B
On considère la fonction intégrale I définie pour tout x de R par :
x
I ( x) = ∫ e t ( x − t ) dt
0
e x − (1 + x)
4) En déduire la limite : lim
x→ 0 x2
Partie C
On désigne par f la fonction définie pour x réel non nul par :
e x −1
f (x ) =
x
On note C sa courbe représentative.
1) Étud ier les limites de f en -8 et en +8 . Préciser les éventuelles asymptotes.
2) Démontrer que f se prolonge par continuité en 0 par une fonction que l'on notera encore f .
Que vaut f (0) ?
3) Étudier la dérivabilité de f en 0. (On pourra utiliser la question 4 de la partie B.)
4) Calculer la dérivée f ' de f et préciser son signe. En déduire le sens de variation de f sur R.
5) Déterminer une équation de la tangente T à C au point d'abscisse 0.
6) Tracer dans un repère orthonormal la droite T puis la courbe C de la fonction f.
ITSA2005 166
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CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Ce texte est tiré du livre de Mihaly Csikszentmihalyi dont le titre est: "VIVRE,
la psychologie du bonheur" paru aux éditions Robert Laffont en janvier 2004. Il doit
être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.
Il y a deux mille trois cents ans, Aristote déclarait que par dessus tout, les femmes et
les hommes cherchent le bonheur. Tandis que le bonheur est convoité pour lui-même,
tout autre but - santé, beauté, richesse ou puissance - est désiré tant qu'il est censé nous
rendre heureux. Bien des choses ont changé depuis Aristote et notre compréhension du
monde s'est considérablement élargie ; les dieux des Grecs semblent bien impuissants face
aux pouvoirs que détient l'humanité actuelle. Pourtant, pour ce qui a trait au bonheur, peu de
changements sont apparus au cours des siècles, notre compréhension en la matière a peu
progressé et nous n'avons rien appris concernant les façons d'accéder à cette bienheureuse
condition.
De nos jours, nous sommes en bien meilleure santé, nous pouvons espérer vivre
plus longtemps, nous sommes entourés d'objets de luxe et de commodités inexistantes
autrefois (il n'y avait pas de toilettes dans le palais du Roi-Soleil, les chaises étaient rares
dans les châteaux médiévaux, et l'empereur romain ne pouvait regarder la télé),
nous disposons de connaissances scientifiques stupéfiantes, mais si la majorité des gens se
dit heureuse, bon nombre d'individus considèrent que leur vie se passe dans l'anxiété ou
l'ennui.
Est-ce que le sort de l'humanité est qu'elle demeure insatisfaite, chacun désirant
plus qu'il ne peut avoir ? Est-ce que le malaise qui gâte souvent de précieux moments
provient du fait que l'individu cherche le bonheur au mauvais endroit ?
ITSA2005 167
Les connaissances de la psychologie moderne ont pour objectif d'explorer cette
question ancienne : Quand les gens se sentent-ils le plus heureux ? Il y a vingt-cinq ans,
j'ai fait une "découverte" à propos du bonheur. Elle est maintenant assez connue mais
demeure inexpliquée. Aussi ai-je passé ce quart de siècle à examiner ce phénomène
insaisissable. Cette découverte est fort simple : le bonheur n'est pas quelque chose qui
arrive à l'improviste ; il n'est pas le résultat de la chance ; il ne s'achète pas et ne se
commande pas ; il ne dépend pas des conditions externes mais plutôt de la façon dont elles
sont interprétées. Le bonheur est une condition qui doit être préparée, cultivée et protégée
par chacun. Les gens qui apprennent à maîtriser leur expérience intérieure deviendront
capables de déterminer la qualité de leur vie et de s'approcher aussi près que possible de ce
qu'on appelle être heureux.
"Demandez-vous si vous êtes heureux et vous cessez de l'être". C'est par le plein
engagement dans chaque détail de sa vie qu'il est possible de trouver le bonheur et non par
une recherche directe. Le psychologue autrichien Victor Fran le formule joliment :
"Ne visez pas le succès - plus vous le cherchez, plus vous courez le risque de le
rater. On ne peut pas pourchasser le succès, pas plus que le bonheur ; il doit s'ensuivre ou
survenir... comme l'effet non recherché d'un engagement personnel dans un projet plus
grand que soi".
Alors, comment parvenir à ce but insaisissable qui ne peut être atteint par une route
directe ? Mes vingt-cinq années de recherche m'ont convaincu qu'il existe un moyen : c'est
un chemin circulaire qui commence par le contrôle du contenu de sa conscience.
Les perceptions qui arrivent au cerveau sont le produit de plusieurs forces qui
façonnent l'expérience vécue ; elles influencent l'humeur et l'individu. La plupart des forces
en question sont hors du contrôle de la personne. Peut-on changer son tempérament ?
Peut-on influencer sa taille ou son intelligence ? Peut-on choisir ses parents ou son lieu de
naissance ? Les instructions contenues dans les gènes, la loi de la gravité ou la qualité de
l'air font également partie des innombrables choses qui influencent ce que nous voyons,
la façon dont nous nous sentons et ce que nous faisons. Il n'est donc pas surprenant
qu'autant de gens croient que notre sort est déterminé par des agents externes.
Pourtant, il nous est arrivé à tous, à certains moments, de nous sentir, non pas
assaillis par des forces anonymes, mais dans le plein contrôle de nos actions, dans la
parfaite maîtrise de notre vie. Dans ces rares occasions, nous éprouvons un enchantement
profond longtemps vénéré qui devient une référence, un modèle indiquant ce que notre vie
devrait être.
ITSA2005 168
Voilà ce que nous entendons par expérience optimale. C'est ce que ressent le
navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer - les voiles,
la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines ; c'est ce
qu'éprouve l'artiste peintre quand les couleurs s'organisent sur le canevas et qu'une nouvelle
oeuvre (une création) prend forme sous la main de son créateur ébahi ; c'est le sentiment
d'un père ou d'une mère) face au premier sourire de son enfant. De pareilles expériences
intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables.
Des survivants des camps de concentration qui ont connu des conditions terribles et frôlé la
mort se rappellent souvent, qu'au milieu de leurs épreuves, ils ont vécu de riches et intenses
expériences intérieures en réaction à des événements aussi simples que le chant d'un
oiseau, la réussite d'une tâche difficile, la création d'une poésie ou le partage d'un croûton
de pain.
Contrairement à ce que croient bien des gens, des expériences comme celles-là,
les meilleurs moments de la vie n'arrivent pas lorsque la personne est au repos (même si le
repos peut être fort agréable après l'effort). Ces grands moments surviennent quand le corps
ou l'esprit sont utilisés jusqu'à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser
quelque chose de difficile et d'important.
L'expérience optimale est donc quelque chose que l'on peut provoquer, l'enfant qui
place avec des doigts tremblants le dernier bloc sur la haute tour qu'il a construite, le nageur
qui fait ses longueurs en essayant de battre son propre record, le violoniste qui maîtrise un
passage difficile. Pour chacun, il y a des milliers de possibilités ou de défis susceptibles de
favoriser le développement de soi (par l'expérience optimale).
ITSA2005 169
L'expérience optimale n'est pas un privilège propre aux sociétés riches et
industrialisées ; elle est rapportée essentiellement dans les mêmes termes par des femmes
âgées de Corée, des adultes de l'Inde et de la Thaïlande, des adolescents de Tokyo,
des bergers navajos, des bergers des Alpes italiennes et des ouvriers assignés aux lignes
d'assemblage à Chicago. (....)
La première surprise révélée par les études, fut la similitude existant entre des
activités très différentes lorsque tout se déroule particulièrement bien. Selon toute
apparence, ce qu'éprouve un nageur qui traverse la Manche est à peu près identique à
l'expérience intérieure d'un joueur d'échecs en plein tournoi ou d'un alpiniste qui gravit la
montagne. Ces mêmes sentiments sont également partagés, pour une large part, par des
musiciens qui composent une pièce et des adolescents qui participent à un championnat de
basket.
La seconde surprise fut de découvrir que les gens décrivent leur enchantement à
peu près de la même façon, sans égard à la culture, à la classe sociale, à l'âge et au sexe.
Ce qu'ils font lorsqu'ils éprouvent l'expérience intense varie considérablement - le vieux
Coréen médite, le jeune Japonais fait de la moto avec sa bande, etc. - , mais, lorsqu'ils
décrivent comment ils se sentent, c'est à peu près dans les mêmes termes. Les raisons pour
lesquelles ils éprouvent de l'enchantement se ressemblent également. Bref, l'expérience
optimale semble être la même partout dans le monde et pour un grand nombre d'activités.
1. la tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude
particulière
2. l'individu se concentre sur ce qu'il fait
3. la cible visée est claire
4. l'activité en cours fournit une rétroaction immédiate
5. l'engagement de l'individu est profond et fait disparaître toute distraction
6. la personne exerce le contrôle sur ses actions
7. la préoccupation de soi disparaît, mais, paradoxalement, le sens du soi
est renforcé à la suite de l'expérience optimale
8. la perception de la durée est altérée
ITSA2005 170
Défi et habileté
Quelqu'un peut éprouver une grande joie, une extase sans grande raison
apparente : elle est déclenchée par une mélodie qui survient, par un beau panorama ou
encore provient simplement d'un sentiment de bien-être. Cependant, dans la grande majorité
des cas, l'expérience optimale se produit quand une activité est dirigée vers un but et
gouvernée par des règles, une activité qui représente une certaine difficulté (un défi),
qui exige l'investissement de l'énergie psychique et qui ne peut être réalisée sans les
aptitudes requises. Il convient également de noter tout de suite que l' "activité" et l' "aptitude"
dont il est question ne doivent pas être comprises seulement au sens physique.
Par exemple, une activité très fréquemment mentionnée est la lecture. Cette dernière
requiert de l'attention, elle a un but et requiert la connaissance du langage écrit. Elle n'exige
pas seulement de savoir lire mais aussi de savoir lire les mots en images, d'avoir de
l'empathie à l'endroit des personnages fictifs, de reconnaître le contexte historique et
culturel, d'anticiper les tournants de l'intrigue, d'évaluer le style de l'auteur, etc.
La compétition fournit des défis ; d'où l'intérêt des jeux et des sports qui opposent
deux personnes ou deux équipes. "Celui qui lutte contre nous, écrit Edmund Burke, renforce
nos muscles et aiguise nos aptitudes ; notre adversaire est notre complice." Les défis de la
compétition peuvent donc être très stimulants et très agréables. Cependant lorsque le désir
de bien jouer est remplacé par celui de gagner (et parfois à tout prix), l'agrément tend à
disparaître. La compétition est agréable lorsqu'elle tend à perfectionner ses aptitudes ;
elle ne procure plus grand plaisir lorsque la victoire devient une fin en elle-même.
ITSA2005 171
Les défis ne se limitent pas aux activités physiques ou compétitives ; ils procurent
des enchantements même dans des situations où on ne s'y attendait pas. Bien des gens
pensent, par exemple, que le plaisir artistique provenant de la vue d'une toile est le simple
fruit d'un processus immédiat ou intuitif, mais, pour un expert en matière d'art, c'est autre
chose : "certaines toiles sont si peu complexes qu'elles ne vous donnent aucune émotion,
mais il y en a d'autres qui vous offrent une sorte de défi... ce sont celles-là, qui vous restent
à l'esprit, qui sont vraiment intéressantes." En d'autres termes, même le plaisir que l'on peut
tirer d'une oeuvre dépend du défi que l'oeuvre contient.
Les activités qui procurent plaisir et enchantement ont souvent été inventées à cet
effet. Les jeux, les sports, la lecture, n'existent-ils pas depuis des siècles en vue de favoriser
justement les expériences plaisantes et enrichissantes ? Cependant, il ne faudrait pas
penser que, seuls, les loisirs et les arts procurent des expériences optimales. Même le
travail productif et la routine quotidienne peuvent être satisfaisants. C'est justement un des
objectifs de ce livre de transformer les activités de la vie quotidienne en des "jeux" pleins de
sens qui donnent lieu à des expériences optimales. Tondre le gazon, attendre chez le
dentiste, faire un gâteau peuvent devenir des activités agréables si elles sont restructurées
de façon à fournir un but, des règles, et autres éléments déjà signalés.
Chacun de nous a mis au point ses routines, afin de combler ses attentes ou aime
se rappeler une expérience positive quand l'anxiété survient ; certains se tournent les
pouces compulsivement, mâchonnent le bout de leur stylo, fument, tournent une mèche de
leurs cheveux, fredonnent un air tandis que d'autres inventent des rituels plus ou moins
ésotériques dans le même but : imposer un certain ordre à la conscience. Ces activités
peuvent aider à passer des moments pénibles, à combler des vides, mais elles apportent
assez peu d'agréments car elles sont peu complexes. Pour augmenter la qualité de la vie,
il faut des tâches qui font appel à des aptitudes plus élaborées.
L'expérience optimale apparaît entre le défi et l'ennui, lorsque le défi correspond aux
capacités de l'individu. Même mon chien Hussar semble avoir compris cette règle d'or.
Comme les enfants, il aime jouer à "fuite et poursuite" . Au début, il fait de grands cercles
autour de moi et j'essaie de le toucher. Plus je suis fatigué, plus il se rapproche de façon à
me faciliter la tâche.
ITSA2005 172
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR
AVRIL 2006
ITS Voie A
Attention !
Exercice n° 1
Log (1 + x 2 )
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) = 2
ex
1
2. Trouver une primitive de +1 + xe x
x2
3. Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes, l’équation : x 3 + x 2 + x = 0
1
∫ x Log (1 + x
2
4. Calculer ) dx
0
5. Trouver la longueur du côté du plus petit carré dans lequel on peut inscrire un
cercle de surface égale à 9.
⎧ 2 37
⎪x + y = 4
2
6. Résoudre le système : ⎨
3
⎪ xy =
⎩ 2
ITSA2006 173
7. Trouver la limite, si elle existe, de la suite (U n ) n∈ N définie par récurrence par
1
U n +1 = U n et U 0 est un nombre réel non nul, ainsi que a.
a
sin x
10. Calculer Lim
x→ +∞ x
Exercice n° 2
x2 + x + 2
Soit f la fonction numérique définie par : f ( x) =
x +1
ITSA2006 174
Exercice n° 3
2. Etudier la convexité de f .
Exercice n° 4
Exercice n° 5
ITSA2006 175
2. La dispersion des salaires (on note X la variable salaire) est
1 n
mesurée par la variance définie par V ( X ) = ∑ ( xi − x) 2 , où xi correspond au
n i =1
salaire de l’employé i . On définit par le même principe la variance VH ( X )
(resp. VF ( X ) ) des salaires des hommes (resp. des femmes).
Exprimer V ( X ) en fonction de VH ( X ) et VF ( X ) .
Exercice n° 6
sur ( R +* ) n .
ITSA2006 176
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR
AVRIL 2006
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
Sujet n° 3
ITSA2006 177
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE STATISTIQUE
APPLIQUÉE (ENEA) ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
DAKAR–SÉNÉGAL YAOUNDE–CAMEROUN
AVRIL 2006
ITS A
Exercice 1 Soit (a1 , . . . , an ) ∈ IRn et soit (b1 , . . . , bn ) ∈ IRn non tous nuls et n ∈ IN? .
n
(ai + bi x)2 .
X
a. On considère la fonction f définie sur IR et à valeurs réelles telle que f (x) =
i=1
n
(ai + bi x)2 , puis déterminer le discriminant du polynôme du second
X
a.1 Développer
i=1
degré f (x). Que peut-on dire du signe de ce discriminant?
a.2 Déduire de la question précédente l’inégalité de Cauchy Schwartz:
n n n
ai bi )2 ≤ ( a2i )( b2i ).
X X X
(
i=1 i=1 i=1
n
(ai + bi )2 , puis déduire de la question a. l’inégalité de Minkowski
X
b. Développer
i=1
n n n
(ai + bi )2 )1/2 ≤ ( a2i )1/2 + ( b2i )1/2
X X X
(
i=1 i=1 i=1
2iπ
Exercice 2 On pose ω = e 5 et on considère les deux nombres complexes α = ω + ω4 et
β = ω2 + ω3.
R.A. : Soit φ une fonction continue sur [a, b], (a < b, et a et b réels) alors
Z b Z b
∗
pour tout n ∈ IN , lim φ(x) sin(nx)dx = 0 et lim φ(x) cos(nx)dx = 0.
n→+∞ a n→+∞ a
I. Préliminaires
sin(x)
I.1. Montrer que lim =1
x→0 x
sin(nx)
I.2. En déduire la limite de pour tout n ∈ IN∗ et lorsque x tend vers 0.
x
I.3. Soit g la fonction à valeurs réelles définie par
1 1 sin((n + 12 )x)
g(x) = − + x , ∀n ∈ IN∗
2 2 sin( 2 )
II.
III.
n
(eix )k pour x ∈ [0, π].
X
III.1 Calculer la somme partielle
i=1
n n n
eikx = (eix )k , en déduire
X X X
III.2 En remarquant que cos(kx) est la partie réelle de
i=1 i=1 i=1
n
X
que cos(kx) = f (x) ∀x ∈ [0, π] .
i=1
n
π2 X 1
IV. On veut démontrer que lim un = , où un = 2
.
n→+∞ 6 i=1 k
IV.1. En prenant pour a et b les réels trouvés à la question II.1., montrer à partir des
questions II.2. et III.2 que
Z π
un = (ax + bx2 )f (x)dx
0
π2
lim un = .
n→+∞ 6
ITSA2006 180
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA –YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR
AVRIL 2006
ITS Voie A
CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Ce texte est tiré du livre de Daniel Schacter dont le titre est : «Science de
la mémoire, oublier et se souvenir» paru aux éditions Odile Jacob (sciences) en
septembre 2003. Il doit être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.
ITSA2006 181
Cette nouvelle de Kawabata illustre à merveille les divers types de problèmes
mnésiques auxquels nous pouvons être sujets. Tantôt nous oublions le passé, tantôt
nous le déformons ; et certains souvenirs particulièrement dérangeants nous hantent
parfois pendant des années. En même temps, la mémoire est indispensable à
l’accomplissement d’un nombre étonnant de tâches quotidiennes : le rappel de
conversations amicales ou de vacances familiales, la remémoration de rendez-vous ou
de listes de courses, la mobilisation des mots qui nous permettent de parler à autrui et
de le comprendre, le souvenir des aliments que nous aimons ou non, l’acquisition des
connaissances nécessaires à un nouveau travail, tout cela dépend de cette faculté,
d’une façon ou d’une autre. Notre mémoire joue un rôle si omniprésent dans notre vie
de tous les jours que nous la tenons le plus souvent pour acquise jusqu’à ce que
l’incident d’un oubli ou d’une distorsion quelconque vienne attirer notre attention.
ITSA2006 182
Nous sommes tous capables de déformer notre passé. Repensez à votre
première année de lycée et essayez de répondre aux questions suivantes : vos parents
vous encourageaient-ils à pratiquer tel ou tel sport ? La religion vous aidait-elle ?
La discipline était-elle maintenue au moyen de châtiments corporels ? Le psychiatre
Daniel Offer et ses collaborateurs de la Northwestern University ont posé ces questions
et d’autres encore à soixante-sept hommes frisant la cinquantaine, et les réponses
qu’ils ont obtenues sont d’autant plus intéressantes qu’Offer avait déjà demandé à ces
sujets de répondre à un questionnaire identique au début de leurs études secondaires,
soit trente quatre ans plus tôt.
Les erreurs mnésiques sont aussi fascinantes qu’importantes. Avec quel type
de système de mémorisation les distorsions comme celles qui sont dépeintes dans la
fiction de Kawabata et documentées par le cas de Wilkomirski ou les imprécisions
exemplifiées par l’étude d’Offer sont-elles compatibles ? Pourquoi sommes-nous si
souvent incapables de mettre un nom sur un visage qui nous paraît pourtant tout à fait
familier ? Comment expliquer les épisodes de clés ou de portefeuilles rangés au
mauvais endroit ou les bévues du même ordre ? Pourquoi certaines expériences
semblent-elles disparaître de notre esprit sans laisser la moindre trace ? Pourquoi nous
souvenons-nous avec autant de constance d’expériences pénibles que nous ferions
mieux d’oublier ? Et comment ces particularités fâcheuses de nos systèmes de
mémorisation peuvent-elles être évitées, prévenues ou minimisées ?
ITSA2006 183
J’estime que les dysfonctionnements mnésiques peuvent être divisés en sept
transgressions capitales, ou « péchés » fondamentaux, que je baptiserai
respectivement fugacité, absence, blocage, méprise, suggestibilité, biais,
et persistance. (…)
ITSA2006 184
Le septième péché – celui de persistance – se traduit par le rappel répétitif
d’une information ou d’événements perturbants qu’on préférerait chasser à jamais de sa
mémoire : on se souvient dans ce cas de quelque chose qu’on voudrait oublier, mais
qui s’est gravé dans l’esprit. Nous connaissons tous la persistance à un degré ou à un
autre : vous souvenez-vous de la dernière fois où, vous réveillant en sursaut à 3 heures
du matin, vous n’avez pu faire autrement que de repenser à la gaffe humiliante que
vous veniez de commettre sur votre lieu de travail ou au résultat décevant d’un examen
capital. Dans les cas extrêmes de dépression aiguë ou d’expérience gravement
traumatique, ce péché peut s’avérer très invalidant, voire mettre les jours en danger.
Plus j’ai approfondi ce modèle des sept péchés, plus il m’est apparu qu’on ne
peut éviter de se demander pourquoi nos systèmes de mémorisation ont fini par
présenter ces propriétés gênantes, sinon dangereuses. Ces péchés attestent-ils que
Mère Nature se serait fourvoyée au cours de l’évolution ? Les déficiences de la
mémoire humaine feraient-elles courir des dangers inutiles à notre espèce ? Je ne suis
pas de cet avis : j’estime au contraire que chacun de ces péchés est le sous-produit de
particularités de l’esprit humain bénéfiques à d’autres égards parce que adaptatives.
ITSA2006 185
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ
AVRIL 2007
ITS Voie A
Attention !
L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note
strictement inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).
Exercice n° 1
x cos 2 x
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) =
1+ x2
1
1
2. Calculer ∫1+ e
0
x
dx
3x
3. Trouver une primitive de
1+ x2
⎧ x − y = 2 Ln2
4. Résoudre le système : ⎨
⎩ x + y = 4 Ln 2
x2 + x +1
5. Soit la fonction f définie sur ]− 2, + ∞[ par f ( x) = . Déterminer, si elle
x+2
existe, la valeur du minimum de f sur cet intervalle.
x2 − 2
6. Résoudre l’inéquation ≤0
x −1
7. Donner l’équation de la droite dans le plan, parallèle au vecteur u (1, 2) , et qui
passe par le point A (1, − 1)
ITSA2007 187
8. Calculer Lim (1 + x − e − x / 2 )
x→ −∞
Exercice n° 2
x
Soit f la fonction numérique définie par : f ( x) = , où x désigne la valeur
1+ x
absolue de x.
1 1
3. Calculer ∫ f ( x) dx
0
et ∫ f ( x) dx
−1
Exercice n° 3
0
2. Calculer ∫ f ( x) dx
−1
.
1
3. On considère la suite (u n ) définie par : u 0 =et u n +1 = f (u n )
2
Etudier la convergence de cette suite (u n ) et calculer sa limite si elle existe.
ITSA2007 188
Exercice n° 4
2x − 1
f ( x) =
x( x − 1)
2. Monter que le graphe de f est symétrique par rapport à un point que l’on
précisera.
Exercice n° 5
π /2
2. On pose I n = ∫f
0
n ( x) dx , trouver une relation de récurrence entre I n et I n − 2
pour tout n.
ITSA2007 189
Exercice n° 6
x n (1 − x) n 1 2 n
f ( x) = = ∑ c k x k , où c k ∈ Z *
n! n! k = n
a
3. On suppose que π 2 = avec (a, b) ∈ N 2 . Soit
b
n
G ( x) = b n ∑ (−1) k π 2 n − 2 k f (2k )
( x)
k =0
Exercice n° 7
ITSA2007 190
On choisit un individu au hasard dans la population et on note :
M = « l’individu est malade » et V = « l’individu est vacciné »
ITSA2007 191
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ
AVRIL 2007
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
Sujet n° 3
ITSA2007 192
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA–YAOUNDÉ
AVRIL 2007
ITS Voie A
Exercice 1
Montrer que :
x
ln(1 + x) > , ∀x > 0.
1+x
Exercice 2
1. Déterminer les nombres réels α, β, γ et η vérifiant :
2x2 + 2x + 5 α β γ η
= + + + . (0.1)
(x − 1)2 (x + 2)2 (x − 1) (x − 1)2 (x + 2) (x + 2)2
2x2 + 2x + 5
.
(x − 1)2 (x + 2)2
Exercice 3
Cinq pour-cent des réservations aériennes sur une ligne donnée sont annulées. C’est pourquoi la
compagnie aérienne CompA enregistre 100 réservations pour 97 places sur le vol numéro 3750.
Soit X la variable aléatoire égale au nombre d’annulations pour ce vol.
Problème
On note (up ) la suite définie pour tout entier p ≥ 1 par
1 Z p+1 dt
up = − .
p p t
La valeur γ de la somme infinie, appelée série, de terme général up s’appelle la constante d’Euler
et, pour tout n ≥ 1, on pose :
n
X +∞
X
γn = up , rn = up .
p=1 p=n+1
2. Montrer que (γn ) est une suite croissante, que cette suite converge et que 0 ≤ γ ≤ 1.
3. Etablir que, pour tout p ≥ 1 :
1Z 1 u
up = du. (0.2)
p 0 u+p
Indication : on pourra effectuer le changement de variables y = u + p dans le membre de
droite de l’équation (0.2).
ITSA2007 194
4. Déduire de la question précédente que, pour tout p ≥ 2 :
1 1 1 1
( ) ≤ up ≤ ( ).
2 p(p + 1) 2 (p − 1)p
1
0 ≤ γ − γn,1 ≤ .
2n2
2. En déduire que :
Z 1 Z n
? 1 1 1 1 − en (t) en (t)
∀n ∈ IN , 1 + + + . . . + − ln(n) = dt − dt,
2 3 n 0 t 1 t
où en (t) est définie sur [0, n] par en (t) = (1 − nt )n .
Indication: on pourra faire le changement de variable v = nt .
3. Etablir que :
t2 n
∀n ∈ IN? , ∀t ∈ [0, n], (1 − ) exp(−t) ≤ en (t) ≤ exp(−t).
n2
t
Indication : on pourra appliquer l’inégalité (0.3) en prenant alternativement v = n
et
v = − nt .
5. En déduire que :
t2
∀n ∈ IN? , ∀t ∈ [0, n], 0 ≤ exp(−t) − en (t) ≤ exp(−t).
n
Indication : on étudiera l’application h définie sur [0, 1] par h(v) = (1 − v)n + nv − 1.
n
X 1
6. En supposant que un = − ln(n), montrer que γ = S(1) − R(1).
k
k=1
Indication : on montrera que :
Z 1
1 − en (t)
lim ( dt − S(1)) = 0
n→+∞ 0 t
et que :
Z n Z n
en (t) exp(−t)
lim ( dt − dt) = 0.
n→+∞ 1 t 1 t
ITSA2007 196
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ
AVRIL 2007
ITS Voie A
CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Nous sommes peu nombreux, quelques voix dispersées sur tous les
continents, à dénoncer le massacre du vivant. Il est grand temps que le cercle
s’élargisse. L’urgence nous dicte aujourd’hui de vous livrer notre expérience concrète
de scientifiques pour que vous puissiez juger de la situation : votre situation d’êtres
humains bientôt incapables de léguer à leur descendance une planète en bonne
santé. Votre état de femmes et d’hommes en chute de fertilité, avec des altérations
génétiques croissantes, votre état de cancéreux en puissance. Mais aussi votre
statut de citoyennes et citoyens désireux d’agir sur leur vie. Une simple vie humaine,
immensément belle en ce qu’elle est l’extraordinaire et intelligente manifestation des
réseaux d’espèces et d’individus qui, de la bactérie au lichen, de l’insecte au
mammifère, contribuent en permanence à l’émergence et à l’évolution de la vie. Une
fabuleuse distribution où chaque être vivant doit sa place au rôle qu’il joue par
rapport aux autres. Et à une complexité de fonctions jusqu’au cœur de la cellule.
Mais une vie rare, fragile, agressée par les pollutions chimiques, génétiques, et par la
disparition accélérée de milliers d’espèces. Une existence essentiellement menacée
par nos modes de vie. Par notre usage du monde.
ITSA2007 197
Il a fallu la menace que font peser sur l’économie les cyclones,
la sécheresse, les inondations et la fonte des glaciers pour que la classe politique
mondiale commence à se saisir du dérèglement climatique et de la pollution
atmosphérique. Mais les climatologues avaient réagi, constaté, interpellé. Par contre,
alors que l’air, l’eau, la terre, se polluent toujours davantage, que notre
environnement toujours chargé d’innombrables molécules suspectes devient de plus
en plus pathogène, nous déplorons l’absence d’unanimité des biologistes,
les scientifiques les plus près de la vie, pour alerter leurs concitoyens sur les dangers
encourus.
C’est pourquoi nous unissons aujourd’hui nos voix pour partager avec le plus
grand nombre notre inquiétude sur l’état de la terre et nos interrogations sur le rôle
de la science tant dans le bilan des atteintes à la biodiversité (pollutions chimiques et
génétiques), dans l’épuisement des ressources naturelles (eau douce, pétrole, gaz,
forêts, sols arables), que dans les voies proposées pour remédier à ces désastres.
En fait, nous nous complétons. Nous formons à nous deux un scientifique tel
que nous aimerions qu’il soit : relié aux autres questionnements scientifiques que le
sien. Capable de faire ce va-et-vient nécessaire du détail à la globalité et de la
globalité au détail.
ITSA2007 198
Depuis environ quatre décennies les biologistes ne jurent plus que par
l’infiniment petit. Oublié l’homme qui se tient au sommet des cellules assemblées,
effacé le paysage dans lequel il se meut, ignorée la planète sur laquelle il niche avec
plantes et animaux. Au-delà du strict sujet d’étude, le monde est gommé. Il n’est
plus étudié ou presque, qu’à travers le prisme des gènes et des micro- ou nano-
particules. Certains scientifiques continuent à y projeter leurs fantasmes de
simplicité, du genre, un gène = une protéine = une fonction. Ne leur vient-il pas à
l’esprit que l’infiniment petit, à l’instar du grand, fonctionne en système, le monde
entier n’est qu’interactions et interdépendances mais, aspirés par le tunnel de
l’infiniment minuscule, ces chercheurs ne voient trop souvent que ce qui est au bout
de leur lorgnette, fût-elle électronique. Devenus ce que nous appelons des
scientifiques réductionnistes, ils s’enfoncent dans une parcelle infinitésimale de la
réalité atteinte grâce à la technique, mais aussi isolée du reste – cellule, organe,
corps, biotope, monde – par un mur technique. Microscopes et ordinateurs n’ont ni
rétroviseurs ni zoom arrière.
ITSA2007 199
Nous voudrions amorcer ici une critique de la pratique scientifique, lorsqu’elle
s’érige en nouvelle religion. Lorsqu’elle épaule les pouvoirs politiques et
économiques. A quelle autorité morale se réfère un président de la République,
un premier ministre, et tout le personnel politique, pour savoir si les OGM sont bons
ou pas ? si le clonage est profitable ou pas ? l’énergie nucléaire durable ou pas ?
si l’étendue de la pollution mérite une loi sur l’air, celle des nappes phréatiques une
loi sur l’eau, ou pas ?
Aujourd’hui, nous vous livrons nos éléments d’analyse avec trois buts :
souligner l’avancée des connaissances sur la biodiversité et les effets des pollutions ;
réapprendre à penser et à vivre en dehors du dogme technoscientifique ; et que la
société civile puisse débattre du contrôle et de la transparence de la science, de ses
objectifs et de son utilisation. Pour marquer notre engagement envers la société,
nous proposons aussi un serment éthique à l’usage des chercheurs en sciences de
la vie.
(….) Les métiers changent : les informaticiens sont pléthoriques, les artisans
de plus en plus rares, et les boulangers qui se lèvent encore la nuit auront bientôt
disparu au profit du seul pain décongelé. Pourtant, à l’aune(5) de la durabilité de la
planète, un métier n’en vaut pas un autre. Un inventeur de pesticides ne vaut pas un
forestier qui restaure un massif. Un fabricant de plastique non dégradable qui laisse
suinter des phtalates dans l’alimentation qu’il emballe, ne vaut pas le travail d’un
agriculteur bio. Un industriel de l’armement ne vaut pas une infirmière pourtant bien
moins rétribuée que lui.
ITSA2007 200
La société de développement durable que nous appelons de nos vœux
conduit à des reconversions professionnelles guidées par des impératifs,
pas seulement économiques : l’écologie, la diversification, les échanges équitables,
l’épanouissement, la moralisation des grands circuits financiers, la culture.
(….) Le respect des hommes ne peut passer que par un dialogue régulier
entre science et société civile, entre scientifiques et citoyens. En toute modestie et
avec l’appétit de contradictions que réclame la démocratie. Nous sommes nombreux,
scientifiques ou non, à partager notre inquiétude quant à la situation. Nous craignons
notamment que le corps scientifique ne révise aisément la conception de son rôle.
Car un danger nous guette : l’outil de liberté et de culture que la science est
devenue, pourrait devenir un outil d’asservissement. C’est pourquoi nous invitons les
jeunes chercheurs en sciences de la vie à prononcer un serment éthique qui engage
leur responsabilité morale, à l’instar du serment d’Hippocrate pour les médecins. Le
chercheur s’engagerait ainsi à respecter l’état du monde, à mesurer l’impact de ses
recherches sur l’homme et sur les écosystèmes, à transmettre son savoir.
ITSA2007 201
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2008
ITS Voie A
Attention !
Exercice n° 1
e x sin x
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) =
1+ ex
3
2. Calculer ∫ E ( x) dx , où E (x ) désigne la partie entière de x .
0
3. Michel a trois ans de plus que Paul et 7 ans de plus que Pierre. A eux trois, ils
ont 101 ans. Quel est l’âge de Pierre ?
⎧ x2 − y2 =5
4. Résoudre le système : ⎨
⎩2 x + 3 y =12
un
6. On considère la suite (u n ) définie par : u n +1 = et u 0 =1 . Quelle est la limite
e
de cette suite ?
ITSA2008 203
7. Entre janvier 2004 et janvier 2007, votre salaire a augmenté de 40% alors que
dans cette même période les prix à la consommation ont augmenté de 25%.
Quelle est la variation du pouvoir d’achat de votre salaire durant cette
période ?
1 n
8. Calculer Lim ∫ ∑ x k dx
n→ +∞
0 k =1
Pays A B C
Moyenne 10 8 12
Sachant que 3/5 des candidats sont originaires du pays A, 3/10 du pays B et
1/10 du pays C, quelle est la moyenne de l’ensemble de ces candidats ?
n
10. Calculer ∑ (x
k =1
k − x) , où x correspond à la moyenne arithmétique des
( x k ), k = 1,..., n
Exercice n° 2
2. Etudier la convexité de f .
1
3. Calculer ∫ f ( x) dx
0
ITSA2008 204
Exercice n° 3
1. Montrer que tout nombre rationnel est limite d’une suite de nombres
irrationnels.
Exercice n° 4
un + 2
On considère la suite (u n ) définie par : u n +1 = et u 0 =1
un + 1
ITSA2008 205
Exercice n° 5
1
1 x
1. Montrer que u p = ∫ dx
p 0 x+ p
Exercice n° 6
Exercice n° 7
ITSA2008 206
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2008
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
Sujet n° 3
ITSA2008 207
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA–YAOUNDÉ ENSAE-SÉNÉGAL
AVRIL 2008
ITS Voie A
Exercice 1.
Le but de l’exercice est de calculer les valeurs exactes de cos( 2π 4π
5 ) et de cos( 5 ). Pour cela, on pose
2π
ω = ei 5 .
u + v = − 12
uv = − 14
1−z 5
2. Montrer que pour tout z ∈ C, z 6= 1, on a 1 + z + z 2 + z 3 + z 4 = 1−z . En déduire la valeur de
1 + ω + ω2 + ω3 + ω4.
2π 4π 2π 4π 4π
cos( ) cos( ) − sin( ) sin( ) = cos( ),
5 5 5 5 5
2π 4π 2π 4π 2π
cos( ) cos( ) + sin( ) sin( ) = cos( ).
5 5 5 5 5
1
ITSA2008 208
Exercice 2.
Les parties A. et B. sont indépendantes.
• B. Déterminer
2 1
lim 2
−
x→0 (sin(x)) (1 − cos(x))
Exercice 3.
Chaque vis fabriquée par la société SOC présente un défaut avec une probabilité 0.01; l’état d’une
vis est indépendant de celui des autres vis. Les vis sont vendues par paquet de 10. La société accepte
de rembourser un paquet de vis qu’elle vend s’il contient au moins une vis défectueuse. On note Xk
(k ∈ {1, . . . , 10}) la variable aléatoire égale à 1 si la k-ième vis du paquet est défectueuse et 0 sinon.
On note aussi S10 = 10
P
k=1 k la variable aléatoire égale au nombre de vis défectueuses présentes dans
X
un paquet donné.
4. Déterminer l’espérance et la variance de la variable aléatoire Z définie par Z = S10 ∗ 100 qui
représente le nombre de vis défectueuses sur 100 paquets.
Problème
Etant donnés deux nombres réels positifs ou nuls a et b, √on notera (an ) et (bn ), les suites définies par
a0 = a, b0 = b et pour n ≥ 0, par an+1 = an +b2
n
, b n+1 = an bn .
Si a = 1 et b = x, avec x ≥ 0, alors an et bn sont des fonctions de x que l’on notera respectivement un
et vn .
On admettra le résultat suivant :
Résultat R : Soit (rn ) une suite d’applications continues définies sur IR et à valeurs
réelles, convergeant vers une application r, de telle sorte que pour tout a, b (a < b)
dans IR × IR,
lim sup |rn (x) − r(x)| = 0,
n→+∞ x∈[a,b]
2
ITSA2008 209
1. Convergence des suites (an ) et (bn )
• a. Montrer que : ∀n ≥ 1 et a 6= b,
1
(0 ≤ bn ≤ bn+1 < an+1 < an ) et ((an+1 − bn+1 ) ≤ (an − bn ))
2
• b. Que deviennent ces inégalités quand a = b ?
• c. Montrer que ces deux suites sont convergentes et qu’elles ont la même limite.
On notera M (a, b) cette limite commune et f la fonction définie sur [0, +∞[ et à valeurs
réelles telle que f (x) = M (x, 1), ∀x ∈ [0, +∞[.
2. Propriétés de la moyenne arithmético-géométrique
• a. Montrer que : ∀ (a, b, λ) ∈ IR+ × IR+ × IR+ , ∀n ∈ IN,
M (an , bn ) = M (a, b), M (a, b) = M (b, a) et M (λa, λb) = λM (a, b).
• b. En déduire que, pour a > 0, M (a, b) = af ( ab ).
3. Continuité de la fonction f
• a. Montrer que pour tout n ≥ 0, les fonctions vn et un sont continues.
• b. Montrer que pour tout n ≥ 1 et tout x ≥ 0,
0 ≤ un (x) − f (x) ≤ 2−n |1 − x|.
• c. En déduire que la fonction f est continue.
4. Etude de la fonction f au voisinage de 1
• a. Montrer que pour tout x ≥ 0, on a
√ 1+x
0 ≤ x ≤ f (x) ≤ .
2
• b. En déduire que la fonction f est dérivable au point 1.
5. Etude aux bornes de la fonction f
• a. Calculer f (0). La fonction f est-elle dérivable en ce point ? Le graphe de f a-t-il une
tangente au point d’abscisse nulle ?
• b. Montrer que pour tout x > 0, on a f (x) = xf (1/x).
• c. Montrer que le graphe de f présente une branche parabolique, dont on précisera la
direction, quand x tend vers +∞.
6. Sens de variation de la fonction f
• a. Montrer que pour tout n ≥ 0, les fonctions un et vn sont croissantes sur IR+ .
• b. En déduire que la fonction f est croissante.
7. Représentation graphique de la fonction f
• a. Calculer les valeurs décimales par défaut à 10−3 près de f (x) pour les valeurs suivantes
de x : 0.01 0.1 0.2 0.4 0.6 0.8 2 3 10 100.
• b. Donner une représentation graphique sur l’intervalle [0, 3] de la fonction f ainsi que des
√
fonctions : g : x 7→ 1+x
2 et h : x 7→ x.
3
ITSA2008 210
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2008
ITS Voie A
CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Ce texte est tiré du livre du Professeur Michel Lejoyeux dont le titre est
« Overdose d’info. Guérir des névroses médiatiques. » paru aux éditions du Seuil en
janvier 2006. Il doit être résumé en 250 mots plus ou moins 10%.
L’Internet a changé la vie des amateurs d’actualités. Il a fait plonger dans la dépendance
nombre de ceux qui se contentaient de la lecture quotidienne d’un journal imprimé.
La possibilité de se connecter en permanence crée une nouvelle relation à l’information.
L’Internet est bien - les patients que je rencontre me le confirment - un nouveau stupéfiant.
Il est un sujet de préoccupation pour bien des parents, qui viennent me demander comment
raisonner leurs enfants quand ils passent leurs journées et leurs nuits face à un écran. Il faut
dire que l’Internet possède bien des charmes pour nous piéger. Nous recevons sur nos
écrans de veille, qui ne s’endorment jamais, des nouvelles sans cesse renouvelées qui
mobilisent notre peur et nous intriguent. Sans y avoir été préparés, nous allons devoir
apprendre à consommer ces nouvelles de l’Internet. Nous savons enfin comment faire
fonctionner les ordinateurs. Il ne nous reste plus qu’à savoir comment les éteindre pour
profiter de la vie réelle qu’ils nous masquent parfois.
Max entretient une relation qui tient de la passion avec son Macintosh. Il lui
souhaite son anniversaire et lui offre régulièrement des accessoires, comme un écran ou
une carte censée le faire fonctionner plus rapidement. Le matin et le soir, il vérifie que son
disque dur est bien rangé. Les amis auxquels il tient le plus, sont ceux qui partagent sa
passion de l’informatique ou qui lui envoient des messages sur son ordinateur…
ITSA2008 211
Sa « cyber-idylle » fait le bonheur et la fortune des vendeurs de matériel
informatique. Il « gâte » sa machine préférée en lui offrant le dernier modèle de carte
graphique, ou la version la plus performante des logiciels d’exploitation.
Nombre d’autres histoires sont venues confirmer les liens de dépendance que
peuvent susciter l’ordinateur et l’Internet. Elles dépassent le cadre de l’anecdote et
traduisent une nouvelle relation au virtuel et à l’actualité. Un cardiologue, grand
consommateur d’actualités en continu me racontait comment l’ordinateur était rentré dans sa
vie pour ne plus en sortir. Il avait commencé à l’utiliser pour des raisons professionnelles,
puis il avait découvert à quel point ce mode de communication lui facilitait l’accès aux revues
scientifiques, qu’il mettait du temps à chercher en bibliothèque avant. Il s’était ensuite
abonné à des sites d’information qui le tenaient au courant des progrès de sa spécialité.
En quelques mois, l’ordinateur était devenu indispensable à sa vie professionnelle. Il avait
découvert qu’il pouvait présenter à des collègues les cas difficiles pour lesquels il cherchait
un autre avis. Après avoir plongé dans les forums mêlant discussions et actualité, il n’a plus
réussi à contrôler le temps passé devant l’écran. Il est entré dans l’addiction à petits pas.
Il s’est abonné à des lettres d’information sur l’actualité de sa profession et s’est inscrit aux
forums dans lesquels il pouvait commenter cette actualité, échanger des conseils et des
informations.
Une étude conduite aux Etats-Unis par la fondation Kaiser a trouvé chez les
adolescents des quantités impressionnantes de temps passé devant l’ordinateur. Deux mille
lycéens et étudiants ont été interrogés. Ils ont déclaré passer entre six heures et demi et huit
heures et demi par jour devant un écran. Les écoliers plus jeunes passent de trente-cinq à
quarante heures par semaine devant la télévision ou l’ordinateur… Autant que leurs parents
au travail. Les relations amicales, la lecture et le sport sont autant d’activités sacrifiées au
profit de l’intoxication médiatique.
Yang et Tung, des psychiatres, ont étudié l’usage de l’Internet chez mille sept
cent huit étudiants taïwanais. Ils ont retrouvé une prévalence de 13,8% pour l’addiction à
Internet. Les conséquences de cette addiction étaient, comme dans les autres cas, les effets
négatifs sur la vie familiale, la scolarité, la santé. Les « addicts » à l’Internet percevaient bien
que le temps passé en connexion avait une influence négative sur leur activité quotidienne,
leurs performances scolaires, leurs relations avec les parents, les enseignants.
Les dépendants et les non-dépendants considéraient tous que l’Internet était un moyen
privilégié d’augmenter son nombre d’amis. Les étudiants ayant une personnalité caractérisée
par la dépendance, la timidité, la dépression et la faible estime de soi présentaient plus de
risques que les autres.
ITSA2008 212
Lynda Hinkle, présidente de la Ligue féminine des violences sur Internet, raconte
sa cyberdépendance : « je me suis connectée pour la première fois en 1993. J’ai allumé
l’ordinateur de l’université Rutgers. Un ami m’a envoyé des messages et m’a appris à me
servir des boîtes aux lettres. Après une semaine d’entraînement, je maîtrisais la technique
de l’Internet. J’ai commencé à rencontrer de nouveaux correspondants. J’ai trouvé des
pervers sexuels, mais aussi plein de chics types. Pour la première fois la solitaire que je suis
a eu l’impression de faire partie d’une communauté. Et en même temps je suis tombée dans
une sorte de dépression. Mes amis et mon médecin ont mis cette dépression sur le compte
de l’Internet. Ils n’avaient pas complètement tort. En dehors du Web, plus rien ne
m’intéressait vraiment. Je restais assise devant mon ordinateur près de vingt heures par
jour. Je ne dormais presque plus. Je mangeais à peine. Je passais en coup de vent dans la
salle de bains. Mes parents m’écrivaient des petits mots sur les murs ou sur la porte de mon
bureau pour essayer d’entrer en contact avec moi. Ils voulaient me rappeler qu’ils existaient
encore. Ils pensaient tous que j’avais un gros problème avec l’Internet. Moi, c’est avec la vie
réelle sans écran que j’avais l’impression d’avoir des problèmes. J’ai commencé à prendre
mes distances avec tout ce qui ne passait pas par un ordinateur. J’ai quitté l’université. J’ai
interrompu mes études. Je n’avais plus le temps. Je restais dans ma chambre à coucher
transformée en bureau virtuel. J’étais accrochée au fil qui reliait mon ordinateur à la ligne de
téléphone. »
Malgré les effets de l’Internet sur sa vie, Lynda ne remet pas sa passion en
cause. Elle trouve à ce média des aspects positifs. J’ai appris, dit-elle, à aimer, à parler,
à confier mes sentiments les plus intimes grâce à mon ordinateur. Je fais mes courses et je
communique avec mes parents éloignés. J’ai accepté pour la première fois de ma vie de
confier des secrets qui me semblaient inavouables. Le seul problème, c’est que les leçons
de l’Internet ne sont pas utilisables dans la vie réelle.
ITSA2008 213
Quand ils sont lassés des blogs et des journaux sur l’Internet, les drogués du
virtuel voyagent sur la Toile. Ils n’éteignent pas leur ordinateur, mais changent de sites
favoris. Ils vagabondent sur les sites de jeu. Ils trouvent là encore une illusion de
socialisation qui les incite à poursuivre la connexion. Les loteries gratuites les incitent à
tenter leur chance une première fois. Elles les orientent ensuite vers de véritables casinos en
ligne. Damien Bonnête, président de Bingopoly explique dans un entretien au journal
Le Monde les relations entre le virtuel et le jeu. « Nous travaillons avec des ethnologues sur
le discours : maîtriser l’Internet, c’est se montrer évolué ; gagner à un jeu le prouve.
L’internaute est davantage prêt à payer pour jouer que pour disposer d’un service utile. »
Le journal du Net note que 51% des internautes se sont déjà connectés à un site de jeu
gratuit. Ils peuvent y gagner jusqu’à dix millions d’euros. Ils passent ainsi d’un coin à l’autre
de leur écran, du besoin de maîtrise au bonheur de la prise de risque.
L’Internet est aussi un grand magasin qui ne ferme jamais. Les boutiques
généralistes ou spécialisées proposent à chaque heure du jour ou de la nuit de nouvelles
promotions. Quand la pression des rues du commerce se relâche, les sites d’enchères
en ligne prennent le relais. L’achat en ligne est, comme la consultation d’informations,
une expérience passionnelle et solitaire. Toutes les conditions sont réunies pour qu’on cède
à l’achat coup de tête. Nous sommes seuls. Aucun autre client, aucun vendeur maladroit ne
vient troubler notre relation passionnelle à l’achat. Les vêtements, les livres ou les disques
sont présentés sous leur meilleur jour. L’achat est dédramatisé. Il n’y a pas besoin de sortir
d’argent de son portefeuille. Il suffit d’égrener sur le clavier les quelques chiffres de sa carte
de crédit pour engager une dépense sans douleur. Et puis, plaisir ultime, le magasin virtuel
ne ferme pas plus que ne dorment les sites d’information en continu. Il autorise les achats
aux heures et aux jours les plus inhabituels. Un amateur de livres, collectionneur de romans
policiers commandés sur des sites anglais, m’a raconté avec quel bonheur il se ruinait.
Une acheteuse compulsive, fanatique d’écharpes et de chaussures, tente de restaurer
l’image qu’elle a d’elle même en se couvrant de cadeaux. Les dimanches après-midi qu’elle
passe seule, en proie à un sentiment d’abandon, déclenchent ses boulimies d’achats. Quand
les boutiques sont closes, l’Internet est à l’écoute de son besoin de consolation.
(…) Depuis 1996, des critères diagnostiques ont été proposés. Ils indiquent que
les « internetornanes », les drogués de l’information en ligne, partagent bien des
symptômes : une tendance à la perte de contrôle, un temps important passé avec l’objet de
leur addiction, un sentiment de manque, de malaise, ou même un vrai syndrome de sevrage
quand ils sont déconnectés. Cette passion extrême provoque rapidement des effets
néfastes, comparables, là encore, à ceux des autres toxicomanies. On retrouve ainsi chez
les drogués du Net des difficultés familiales, professionnelles et affectives, un refus de
l’existence réelle, avec ses satisfactions, ses contraintes et ses tracas au profit d’une vie
virtuelle par écran interposé. Leur passion de l’information se double d’un attrait pour la
technique. Ils parlent des performances de leur processeur comme les amateurs de voitures
ITSA2008 214
annoncent le nombre de cylindres ou de chevaux de leur moteur. Ils vous racontent
la manière dont ils se sont « gâtés » en s’offrant le dernier modèle d’écran à balayage
ultrarapide. Ils redécouvrent le plaisir de faire des photos depuis que leur dernier
téléphone portable intègre une fonction de photo numérique. Ils vous parleront aussi de leurs
tri-bandes, des messages en couleurs qu’ils reçoivent, des séquences vidéo que leur envoie
en continu leur opérateur. Le message ici est double. A l’intérêt pour l’actualité s’ajoute
l’envie de faire partie du cercle restreint des individus « branchés » initiés aux techniques les
plus nouvelles et les plus sophistiquées.
Les motivations de la dépendance au virtuel sont multiples. Elles ne sont pas les
mêmes chez ceux qui visitent les sites marchands et ceux qui fréquentent les sites
d’information. Quelques principes généraux émergent. Au plaisir de parcourir le monde et de
connaître un sentiment d’omniscience, s’ajoutent d’autres plaisirs plus régressifs.
Le psychologue américain David Greenfield suggère que la tendance à utiliser le virtuel pour
se consoler du réel ou pour tenter de le maîtriser est un comportement appris dès l’enfance.
L’enfant passe progressivement du scintillement de l’écran de télévision à celui de
l’ordinateur. Le danger est peut-être ici moins dans les heures passées et le temps perdu
que dans une altération de la réalité dont le dévoreur d’images n’est pas conscient, mais qui
modifie profondément sa personnalité et ses relations aux autres. Le romancier Tonino
Benaquista avait bien illustré dans son roman Saga cette relation passionnelle à l’écran : « je
suis né devant la télévision et ce n’est pas une vue de l’esprit. La première image dont je me
souvienne vraiment, n’est pas le sein de ma mère, mais une chose brillante et carrée qui
m’a irrésistiblement attiré. La télé, c’était ma baby-sitter, c’était mes mercredis après-midi,
c’était la découverte du monde en marche sous mes petits yeux ébahis. La télé, c’était le
copain avec qui on ne s’engueule jamais, celui qui aura toujours une bonne idée en tête du
matin au soir. La télé, c’était une brassée de héros qui m’ont appris l’exaltation, les premiers
émois, mais aussi les premiers dégoûts. »
ITSA2008 215
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2009
ITS Voie A
Attention !
Exercice n° 1
x 4 − 4x3 + 6x 2 − 4x + 1 = 0
1
5. Calculer I = ∫ ( Ln4 − Ln(1 + x)) dx , où Ln désigne le logarithme népérien.
0
ITSA2009 217
n
1
6. Soit S n = ∑ u k , où u 0 = −1, u1 = 1 et u n +1 = u n pour n ≥1 . Calculer Lim S n .
2 n →∞
k =0
8. Au mois de janvier, les prix ont augmenté de 0,8 %. Sachant que sur les deux
premiers mois (janvier et février), les prix ont augmenté de 1,808 %. Quelle est
l’augmentation du mois de février ?
⎧ x3 + 3y = 4
⎨ 2
⎩ x − 2 y = −1
10. Dans une épreuve scolaire nationale, le premier groupe d’élèves composé
de 120 candidats a obtenu une moyenne égale à 8,20, le second groupe composé
de 80 candidats une moyenne de 13,10 et enfin le troisième groupe formé de
100 candidats une moyenne de 9,68. Quelle est la moyenne nationale ?
Exercice n° 2
e
3. Calculer l’intégrale suivante : I = ∫ f ( x) dx
1
Exercice n° 3
⎧
⎪ x+ y+z =3
⎪
⎨ xy + z = 2
⎪ 13
⎪⎩ x + 2 y + 3z = 2
ITSA2009 218
Exercice n° 4
Exercice n° 5
Ln(1 + x 2 )
On considère la fonction f définie sur R * par : f ( x) = , où Ln
x
désigne le logarithme népérien.
ITSA2009 219
Exercice n° 6
On note E (x ) la partie entière d’un nombre réel x , à savoir le plus grand entier
inférieur ou égal à x . On définit alors la fonction numérique f par : f ( x ) = x E ( x ) .
1. Etudier la continuité de f .
2. Etudier la dérivabilité de f .
2
3. Calculer ∫ f ( x) dx .
−1
Exercice n° 7
de f en x ).
ITSA2009 220
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2009
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
Que vous inspire l’élection de Barack Obama comme Président des Etats-
Unis ?
Sujet n° 3
ITSA2009 221
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA–YAOUNDÉ ENSAE–SÉNÉGAL
AVRIL 2009
ITS Voie A
Exercice 1. Soit la fonction f définie sur une partie E de R et à valeurs réelles, donnée par
ax4
f (x) = ,
(b + cx)3
Exercice 2. Soient x0 et a deux nombres réels strictement positifs. On considère la suite réelle (xn )n∈N
définie par
2axn−1
xn = pour tout entier n ≥ 1.
xn−1 + a
L’objectif de cet exercice est d’étudier la convergence de la suite (xn )n∈N .
• A. Dans la première partie de l’exercice, nous allons considérer le cas x0 ≥ a.
1. Montrer que xn ≥ a pour tout entier n ≥ 1.
2. Démontrer que la suite (xn )n∈N est décroissante.
3. En déduire que la suite est convergente et trouver sa limite.
• B. Nous considérons maintenant le cas x0 < a.
1. Montrer que la suite (xn )n∈N est bornée.
2. Étudier la monotonie de la suite.
3. Peut-on en déduire que la suite est convergente ? Si la réponse est positive, trouver la limite.
ITSA2009 222
Exercice 3. Soit f la fonction définie sur R et à valeurs réelles, dont l’expression est
où λ est un paramètre réel. Le but de l’exercice est de déterminer les valeurs de λ telles que la fonction
f soit dérivable sur R.
1. Démontrer que la fonction f est périodique et donner la période.
2. Considérons la fonction g définie sur l’intervalle [0, 2π] et à valeurs réelles, donnée par
g(x) = λ + cos(x) − sin(x). Montrer√que la fonction g√a un minimum et un maximum dans
l’intervalle [0, 2π]. En déduire que λ − 2 ≤ g(x) ≤ λ + 2 pour tout x ∈ [0, 2π].
√ √
3. Pour λ ≤ − 2 ou λ ≥ 2, montrer que la fonction f est dérivable sur l’intervalle [0, 2π].
√ √
4. Pour − 2 < λ < 2, montrer qu’il existe un nombre x0 , 3π/4 < x0 < 7π/4, tel que g(x0 ) = 0.
Étudier la dérivabilité de f en x0 .
5. En déduire les valeurs de λ pour lesquelles la fonction f est dérivable sur R.
Exercice 5. On sait que, dans une population donnée, une personne a une certaine maladie M avec la
probabilité P(M ) = 0, 03. On considère un groupe de 100 sujets pris au hasard dans la population. L’état
de maladie d’une personne est supposé indépendant de celui des autres personnes.
1. On s’intéresse d’abord à la probabilité de trouver plus de 2 sujets ayant la maladie M dans ce
groupe de 100 sujets. Écrire cette probabilité à l’aide d’une variable aléatoire X.
2. Quelle loi suit cette variable aléatoire X ? Pour k un entier positif, donner l’expression de la pro-
babilité P(X = k), en précisant quelles sont les valeurs possibles de k.
3. Notons par F la fonction de répartition de la variable aléatoire X. Calculer F (2).
4. En déduire la probabilité demandée, c’est-à-dire la probabilité de trouver plus de 2 sujets ayant la
maladie M dans le groupe de 100 sujets.
5. Calculer aussi le nombre moyen des personnes présentant la maladie M dans le groupe de 100
sujets.
ITSA2009 223
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2009
ITS Voie A
CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Ce texte est tiré du livre de Mihaly Csikszentmihalyi dont le titre est « Mieux
vivre en maîtrisant votre énergie psychique » paru aux éditions Réponses
chez Robert Laffont en février 2005. Il doit être résumé en 250 mots, plus ou
moins 10%.
Or les faits prouvent le contraire : il est plus difficile de bien profiter de ses
loisirs que de son travail. En soi, le temps libre ne rend pas la vie plus belle, à moins
que l’on ne sache en tirer parti, et cela ne s’apprend pas tout seul.
ITSA2009 224
Nos propres recherches avec la méthode ESM (1), nous ont permis de
constater que même la santé physique s’améliore dès que la personne est tendue
vers un but. Pendant les week-ends, la solitude et le désœuvrement révèlent plus de
symptômes qu’à l’ordinaire.
Tous ces éléments tendent à prouver que l’individu moyen est mal équipé
pour l’oisiveté. Sans but, sans la présence de ses semblables, il perd motivation et
concentration. Son esprit s’évade et la plupart du temps, il finit par ruminer des
problèmes insolubles, facteurs d’anxiété. Afin d’éviter d’en arriver là, la plupart des
gens recourent à des stimulations qui limitent l’entropie psychique (2). Sans en être
nécessairement conscients, ils recherchent tout ce qui est susceptible de faire
barrage à l’anxiété : regarder la télévision, s’adonner au jeu, multiplier les rencontres
sexuelles, se saouler ou se droguer. Ce type de stratégies qui apaise rapidement le
chaos de la conscience, ne laisse la plupart du temps qu’un vague sentiment
d’insatisfaction.
La plupart des activités qui produisent le flux (3) se définissent par un but
clair, des règles précises et une rétroaction immédiate – données extérieures qui
concentrent l’attention et font appel au savoir-faire.
Or, dans le domaine des loisirs, ces conditions sont justement celles qui
manquent le plus souvent. Certes, les gens qui s’adonnent à un sport, à une activité
artistique ou à un violon d’Ingres y retrouvent les éléments indispensables au flux.
Mais la simple situation de liberté, quand rien de particulier ne sollicite l’attention,
provoque le contraire de l’expérience optimale : l’entropie psychique qui procure un
sentiment d’indifférence et d’apathie.
ITSA2009 225
Toutes les activités de loisirs ne se ressemblent pas. On peut déjà établir
une différence entre les loisirs actifs et les loisirs passifs dont les effets
psychologiques ne sont pas les mêmes. Les adolescents américains par exemple,
ont des expériences-flux (définies comme des défis importants requérant un savoir-
faire maximal) environ 13% du temps où ils regardent la télévision, 34% du temps où
ils font quelque chose qu’ils aiment et 44% du temps où ils jouent ou font du sport.
Cela suggère que les violons d’Ingres ont deux fois et demie plus de chance
de provoquer un état de plaisir intense que la télévision, les jeux et les sports à peu
près trois fois plus. Pourtant, ces mêmes adolescents passent au moins quatre fois
plus de temps à regarder la télévision qu’à se livrer à leur activité favorite. Et la
proportion est la même chez les adultes.
Pourquoi passons-nous quatre fois plus de temps à faire quelque chose qui a
deux fois moins de chances de nous donner du plaisir ?
Il apparaît dans nos études que les loisirs actifs ou sociaux – sports et jeux,
violons d’Ingres, fréquentation des amis – procurent plus d’expériences-flux que les
activités solitaires et moins structurées – réfléchir, écouter de la musique, regarder la
télévision.
ITSA2009 226
Je ne prétends pas que la relaxation soit mauvaise en soi. Tout le monde a
besoin de se détendre, de lire n’importe quoi, de rester vautré sur un canapé les
yeux dans le vide ou fixés sur un écran de télévision. Comme pour tous les autres
aspects de l’existence, c’est une question de dosage.
Une vaste étude réalisée en Allemagne a montré que plus les individus
lisaient des livres, plus ils avaient d’expériences-flux, alors que ceux qui regardaient
la télévision disaient le contraire.
De telles corrélations n’impliquent pas, bien sûr, que l’habitude des loisirs
passifs détermine la médiocrité de l’emploi, des relations, etc. Il est plus probable
que le lien causal soit inverse : les solitaires exerçant des métiers sans intérêt
consacrent volontiers leur temps libre à des loisirs passifs. Ou bien : ceux qui ne
trouvent pas à vivre d’expérience optimale se tournent vers des activités faciles.
De la même façon, l’habitude des loisirs passifs n’est pas simplement l’effet
de problèmes préalables, mais devient à son tour une cause qui coupe l’individu des
choix qu’il aurait pu faire pour améliorer sa vie.
ITSA2009 227
Et il semble ironiquement que le bonheur et la satisfaction que nous retirons
de nos loisirs n’aient aucune relation – ou alors une relation négative – avec la
quantité d’énergie matérielle consommée.
De même que la qualité d’une vie individuelle dépend dans une large mesure
de l’utilisation du temps libre, la qualité d’une société résulte de la manière dont ses
membres occupent leurs loisirs.
ITSA2009 228
Comment toutes ces belles choses pourraient-elles être nuisibles ? Si nous
les évaluons du seul point de vue financier, il n’y a rien à redire. Mais si nous tenons
compte des conséquences à long terme du consumérisme pratiqué par les jeunes
générations « accros » à des loisirs passifs, il y a effectivement lieu de s’inquiéter.
L’une des issues possibles nous est indiquée par l’exemple des individus
créatifs évoqués précédemment.
Pour eux, travail et loisirs sont indissociables, comme ils le sont pour les
membres de certaines communautés traditionnelles. Mais les individus créatifs ne
sont pas enfermés dans une époque révolue. Ils mettent à profit les connaissances
héritées du passé et celles du présent pour inventer une meilleure façon d’être dans
le futur.
Dans la mesure où nous pouvons nous inspirer de leur exemple, il n’y a rien
à craindre des loisirs. Le travail lui-même devient un plaisir et quand on a besoin de
s’arrêter, le temps libre peut être une véritable recréation au lieu d’un abrutissement
programmé.
Si le métier qu’on exerce ne peut être amélioré, il faut faire de son temps
libre une réelle occasion de vivre des expériences optimales – d’explorer son être et
tout ce qui l’entoure.
(1) Experience Sampling Method qu’on peut traduire : « échantillons de vécu » est la
méthode scientifique utilisée par l’auteur sur un large échantillon de personnes
pour réaliser son étude.
(2) entropie : dégradation, perte de l’énergie
(3) flux : moments exceptionnels - plaisir intense
ITSA2009 229
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2010
ITS Voie A
Attention !
Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.
Exercice n° 1
1
2. Calculer I (2 x 1) 2 dx
0
3. Résoudre le système :
x 2 y 2 20
( x 2 y )( x y ) 28
x0
ITSA2010 231
4. Trouver, dans R 3 , un vecteur orthogonal au vecteur u (1, 2, 3) et dans le plan
d’équation : x y z 0 .
5. Paul a 4 ans de plus que Pierre et 2 ans de moins que Jacques. A eux trois, ils totalisent
70 ans. Quel est l’âge de Pierre ?
7. Laquelle de ces affirmations est-elle exacte (pour des fonctions numériques d’une variable
réelle) ?
a. Toute fonction dérivable à droite et à gauche en un point est dérivable en ce point.
b. Toute fonction continue est dérivable.
c. La dérivée d’une fonction dérivable est continue.
d. Il existe des fonctions définies sur tout R et continues en aucun point.
8. Un groupe d’entreprises possède 3 usines. Dans la première, le salaire moyen est de 100,
dans la deuxième de 120 et dans la troisième de 90. Sachant que la moyenne des salaires dans
ce groupe est de 104, qu’il y a 10 salariés dans la première usine et 20 salariés dans la
deuxième, quel est l’effectif salarié de la troisième usine ?
x 1
10. Trouver une primitive de la fonction f définie, pour x>1, par f ( x ) .
x 1
Exercice n° 2
n 2 x 2 2(n 1) x 1
f n ( x)
x 1
cn
2. Montrer que l’on peut exprimer f n ( x) sous la forme f n ( x) a n x bn ;
x 1
1
3. Soit I n f n ( x) dx . Calculer I 0 , I 1 , I 2 .
0
ITSA2010 232
4. Calculer l’aire comprise entre les graphes de f 0 et f1 , et les axes verticaux d’équation
x 0 et x 1 .
In
5. Calculer Lim
n n
Exercice n° 3
1
x2
1. Calculer
0 1 x
dx
Exercice n° 4
On rappelle que f est convexe si et seulement si pour tout couple ( x, y ) de nombres réels et
tout nombre réel compris entre 0 et 1, on a :
f (x (1 ) y ) f ( x ) (1 ) f ( y )
On dit que f est quasi-convexe si et seulement si pour tout couple ( x, y ) de nombres réels et
tout nombre réel compris entre 0 et 1, on a :
f (x (1 ) y ) Sup ( f ( x ), f ( y ))
ITSA2010 233
Exercice n° 5
ex
On considère la fonction f définie sur R par : f ( x)
x2 1
2. Etudier la convexité de f.
Exercice n° 6
x
Soit la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par : f ( x) , où E(x)
1 E ( x)
désigne la partie entière de x.
2. Etudier la continuité de f.
1 si x Q
g ( x)
0 si x R Q
ITSA2010 234
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2010
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
"Permettre au mécanisme du marché d'être l'unique directeur du sort des êtres humains et de
leur environnement naturel aurait pour résultat la démolition de la société."
Karl Polanyi (1886-1964), La grande transformation, 1944.
En quoi cette phrase du philosophe et historien de l’économie Karl Polanyi, vous paraît-elle
pouvoir s’appliquer à la situation actuelle ?
Sujet n° 2
Face au changement climatique, quels rôles peuvent jouer les états africains dans la gestion
durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement ?
Sujet n° 3
Les principaux pays émergents, Brésil, Russie, Inde et Chine (BRIC), auxquels on ajoute
parfois l’Afrique du Sud et le Mexique, ont un poids croissant dans l’économie mondiale.
Quels rôles peuvent jouer ces pays – en particulier, certains d’entre eux – dans le
développement de l’Afrique ? Vous illustrerez votre propos d’exemples concrets.
ITSA2010 235
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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ITS Voie A
Exercice n° 1
1 1
Soit f la fonction numérique d’une variable réelle définie par : f ( x) .
x x 1
2. Tracer le graphe de f.
x
3. Calculer Lim f (t ) dt et interpréter le résultat.
x
1
Exercice n° 2
n k 1
1
t n ( ) dx
k 1 k x
2. Calculer Lim t n ( )
n
3. Interpréter géométriquement t n ( ) .
ITSA2010 236
5. Trouver un encadrement de la limite de (u n ( )) quand elle existe.
6. Interpréter géométriquement u n ( ) .
Exercice n° 3
Deux assurances automobiles proposent chacune un contrat (A et B). On dispose des données
suivantes :
Exercice n° 4
Ln n Ln n
un 2
2n n
ITSA2010 237
Problème
Soit g une fonction numérique d’une variable réelle qui vérifie : g ( x y ) g ( x ) g ( y ) pour
tout couple ( x, y ) de nombres réels.
5. Soit f une application continue de R dans C (ensemble des nombres complexes) telle que :
f ( x ) exp( 2ig ( x ))
6. Calculer f (0) .
ITSA2010 238
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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ITS Voie A
CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Ce texte est tiré du livre de Richard Branson dont le titre est : « Du capitalisme à l’écologie…
Ma petite philosophie » paru aux éditions Scali en février 2008.
Lors de mes débuts dans la vie, les perspectives étaient moins incertaines
qu’actuellement. Votre carrière était toute tracée et c’était souvent celle de votre père.
La plupart des mères restaient à la maison. De nos jours, plus rien n’est sûr et la vie est un
long combat. Si vous voulez arriver quelque part, vous devez faire des choix. La meilleure
leçon que j’ai tirée de tout cela, c’est « Just do it ». Fais-le sans te poser de questions.
Peu importe de quoi il s’agit, peu importent les difficultés apparentes. Comme l’a dit
Platon : « Le début est la partie la plus importante de n’importe quel travail. »
L’équipe de Virgin (1) m’a trouvé un surnom : « Dr Yes » (Dr Oui). Ils m’appellent
ainsi car je ne dis jamais non. Je trouve toujours de meilleures raisons de faire les choses
plutôt que de ne pas les faire. Mon credo est : « On s’en fout ! On le fait ! »
Je sais que beaucoup de gens disent « non » ou « je vais réfléchir », presque comme
une réponse pavlovienne à toute question, qu’il s’agisse d’un petit problème ou d’un projet
énorme et révolutionnaire. Peut-être sont-ils très prudents ou se méfient-ils des idées
nouvelles, ou ont-ils simplement besoin d’un peu de temps pour réfléchir. Mais ce n’est pas
ma façon de voir les choses. Si quelque chose me semble être une bonne idée, je vais
dire « oui, pourquoi pas » puis voir comment on peut mettre ce projet en route. Evidemment,
je ne dis pas oui à tout, mais qu’est ce qui est pire, commettre une erreur occasionnelle ou
avoir l’esprit fermé et passer à côté d’opportunités ?
ITSA2010 239
Je crois qu’il faut savoir utiliser et exploiter l’expérience des autres, c’est pourquoi
j’aime travailler en équipe. Exploiter les énergies, c’est comme exploiter des ressources
intellectuelles. Quel intérêt d’exploiter quelqu’un pour une tâche particulière si l’on ne tient
pas compte de son expérience et de ses capacités ? C’est comme si on consultait des experts
tout en ignorant leurs conseils.
J’ai également foi en mon instinct et en mes capacités à accomplir presque tout ce
que je décide d’entreprendre. Si une idée ou un projet sont bons et valent la peine, s’il est
humainement possible de les accomplir, je les envisagerai toujours sérieusement, même s’il
s’agit d’un domaine tout nouveau pour moi ou qui ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je ne dirai
jamais : « Je ne peux pas le faire car je ne sais pas comment le faire. ». Je demanderai, je ferai
des recherches, je trouverai un moyen. Regarder, écouter, apprendre, sont des choses que
nous devrions faire tout au long de notre vie, pas seulement à l’école.
Et puis il y a toutes ces petites règles absurdes que quelqu’un a inventées pour des
raisons obscures. Je me dis toujours que si on crée un panel ou un comité, ils trouveront
toujours quelque chose d’inutile à faire. Le monde est plein de bureaucratie créée par des
comités qui ont beaucoup trop de temps à perdre et un trop grand besoin de tout contrôler.
Toute cette bureaucratie se traduit souvent par un jargon inutile et incompréhensible. Si je
désire me lancer dans un projet sérieux ou juste pour le plaisir, je ne vais pas laisser des règles
absurdes m’en empêcher. Je trouverai un moyen légal de passer outre et j’irai de l’avant.
Je dis toujours à mes employés : « Si tu veux le faire, vas-y, fonce. » Tout le monde est
gagnant. Le travail et l’équipe sont valorisés, et c’est Virgin qui bénéficie de leur mise en
œuvre. Les gens ne démissionnent pas parce qu’ils sont mal payés, ils démissionnent car ils
ne sont pas valorisés. Nombreuses sont les compagnies qui mettent leurs employés dans des
cases ; si vous êtes standardistes, vous le resterez. Nous avons de l’estime pour nos employés
et nous les encourageons à être novateurs.
Je ne crois pas que ces petits mots, « on ne peut pas » doivent vous arrêter. Si rien
dans ce que vous avez déjà vécu ne vous montre comment atteindre votre but, trouvez un
moyen inédit. Si vous voulez piloter un avion, dès que vous avez seize ans, foncez à
l’aérodrome le plus proche et préparez le thé pour les pilotes. Gardez vos yeux ouverts.
Regardez et apprenez. Pas besoin d’avoir été à l’école pour devenir un créateur de mode.
Faites-vous embaucher par une entreprise de ce secteur pour passer le balai. Et puis gravissez
les échelons.
Ma mère Eve est l’exemple parfait de cette attitude volontaire. Pendant la guerre, elle
voulait à tout prix devenir pilote. Elle s’est rendue à l’aéroport d’Heston et a postulé pour un
boulot. Ma mère qui était très jolie avait été danseuse. Elle était vraiment très féminine, mais
ce n’était pas un obstacle pour elle. Elle a enfilé un gros blouson d’aviateur, a caché ses
cheveux blonds sous une casquette de cuir et s’est efforcée de parler avec une voix grave.
Et finalement, elle a obtenu le boulot qu’elle convoitait. Par la suite elle a appris à piloter et
s’est même retrouvée chargée de la formation des jeunes pilotes, ceux-là même qui allaient
combattre les Allemands aux commandes d’avions de chasse pendant la Bataille
d’Angleterre.
Après la guerre, elle a voulu devenir hôtesse de l’air. A l’époque il fallait parler
espagnol et avoir une formation d’infirmière. Mais ma mère a baratiné le veilleur de nuit qui a
inscrit son nom sur la liste des candidates. Peu après, elle est devenue hôtesse de l’air. Elle ne
parlait pas un mot d’espagnol et n’avait jamais été infirmière. Mais elle avait fait fonctionner
ses petites cellules grises. Elle ne s’était pas dit : « Je ne peux pas. » Elle l’avait fait tout
simplement.
ITSA2010 240
Et ma mère n’est pas la seule personne de la famille qui s’est dit un
jour : « on fonce. » Le célèbre explorateur, le capitaine Robert Scott, était le cousin de mon
grand-père. C’était un homme d’un grand courage.
Il a organisé deux expéditions vers l’Antarctique. Son but était de devenir le premier
homme à atteindre le pôle Sud. Les gens lui assuraient que c’était impossible. Mais lui était
sûr du contraire : « Je peux le faire » a-t-il dit. Et il a presque réussi. Il a atteint le pôle Sud
mais en deuxième position, juste derrière Roald Amundsen. Ce fut une très grande déception
pour Scott. Il est mort pendant le trajet du retour. Quand j’entends dire qu’il n’y a pas de
récompense pour les seconds, je pense à lui. Il est devenu célèbre en étant le deuxième
homme à atteindre le pôle Sud. Il a aussi été le premier à survoler l’Atlantique en ballon, mais
les gens ont oublié cet exploit.
J’ai lancé Student magazine à l’âge de quinze ans. J’étais encore à l’école et tout le
monde soutenait que c’était irréalisable. J’étais trop jeune, disait-on, je n’avais aucune
expérience. Mais j’ai voulu leur prouver qu’ils avaient tort. J’étais sûr que c’était possible.
J’ai calculé avec soin le montant des investissements nécessaires. J’ai estimé les coûts du
papier et de l’encre. Puis, j’ai calculé combien allaient me rapporter les ventes au numéro et
les espaces publicitaires. Ma mère m’a donné 4 livres (environ 7 euros) pour acheter des
timbres. Avec mon camarade de lycée, Jonny Gem, nous avons passé presque deux années
pour envoyer des centaines de lettres pour essayer de vendre des espaces publicitaires.
Nous tentions aussi d’obtenir des interviews de personnalités. Ecrire ce courrier et attendre
les réponses, était bien plus drôle que les cours de latin. J’ai été bouleversé quand nous avons
reçu notre premier chèque pour la vente d’un espace publicitaire : 250 livres (environ
350 euros), une somme, à nos yeux, faramineuse. Ma foi avait été récompensée.
Comme bien d’autres entrepreneurs novices, je ne voyais pas mon idée comme un
vrai business mais plutôt comme un projet politique sympathique et novateur. Pour moi,
les hommes d’affaires travaillaient dans le centre ville, fumaient des gros cigares et portaient
des costumes. Ça ne m’était même pas venu à l’esprit qu’il existait des hommes d’affaires de
toutes sortes, car jusqu’à présent, ils suivaient généralement un chemin tout tracé. J’avais déjà
essayé de me lancer dans les affaires en essayant de vendre des lapins, des perruches et des
sapins de Noël. Pour lancer le magazine, il y a eu beaucoup de tâtonnements au départ ;
il est vrai que je n’étais encore qu’un jeune lycéen. J’ai tout de même eu le réflexe de préparer
un plan d’activités précis, la base de toute jeune entreprise. Le personnage de Charles Dickens
ITSA2010 241
dans David Copperfield, Mr Micawber, avait raison quand il a dit : « Revenu annuel,
vingt livres sterling ; dépense annuelle, dix-neuf livres ; résultat : bonheur. Revenu annuel,
vingt livres sterling ; dépense annuelle, vingt livres et six pence ; résultat :
misère. » Mes parents étaient de bons gestionnaires de leurs revenus, je savais que ceux-ci
devaient être supérieurs aux dépenses. Le profit devrait être le but principal de toute
entreprise, même si l’on s’amuse à la mettre en œuvre. Un business sans profit est une prise
de tête, une source de stress et une folie sur le plan fiscal.
(…/…) Chaque fois qu’une opportunité se présentait, nous la saisissions. Nous avons
été les premiers à vendre des disques à moitié prix par correspondance. Nous avons annoncé
ce premier service par un encart publicitaire dans Student. Lorsqu’une grève de la poste est
venue contrarier notre projet, nous avons décidé de changer notre fusil d’épaule en renonçant
à la vente par correspondance. Mais, il n’était pas question d’abandonner. Notre but était
d’ouvrir des boutiques de disques. Une seule chose nous manquait : l’argent. Aussi nous
avons demandé au propriétaire d’un magasin de chaussures de nous louer une partie de ses
locaux inutilisés. Nous avons travaillé dur pour assurer la promotion de l’ouverture de notre
nouvelle boutique. Elle est devenue un endroit « cool » fréquenté par de nombreux étudiants.
Et cette première boutique a mené à l’ouverture d’une seconde puis d’une troisième. En très
peu de temps, nous avons ouvert une boutique dans presque toutes les grandes villes
d’Angleterre. Et je n’avais pas encore vingt ans. L’argent coulait à flot, mais il n’était pas
question de nous endormir sur nos lauriers. Nous avions mis dans le mille, mais nous visions
encore d’autres cibles.
L’un de mes plus grands buts était, comme le capitaine Scott, de vivre pleinement
mon existence. Et quand, en 1984, on m’a proposé d’être le sponsor du navire qui allait tenter
de décrocher le Ruban Bleu pour la Grande Bretagne, j’ai accepté d’emblée.
J’ai demandé à Joan : « Qu’est-ce que je dois faire ? Fais-le : pars », m’a-t-elle
répondu. Le bébé n’est pas attendu avant deux semaines. Tu seras rentré avant. »
Nous avons donc entamé la traversée, luttant contre les vagues à bord du Virgin
Atlantic Challenger. A la fin du premier jour, on m’a annoncé que mon fils Sam était né.
Nous avons sabré le champagne et poursuivi notre route. Le Ruban Bleu était dans la poche
jusqu’à ce que nous soyons pris dans une violente tempête au large de l’Irlande. A moins de
cent kilomètres de l’arrivée, nous avons été frappés par une vague géante. La coque du navire
s’est brisée et nous avons fait naufrage. « SOS ! SOS ! SOS ! »
Nous étions en pleine mer, au milieu d’une tempête à bord d’un petit canot de
sauvetage. Par chance, un bateau qui se dirigeait vers les Etats-Unis s’est détourné de sa route
et nous a sauvés. Nous avions échoué dans notre première tentative pour décrocher le Ruban
Bleu, mais le mot découragement ne fait pas partie de notre vocabulaire. Six ans plus tard,
j’étais de retour avec le Virgin Atlantic Challenger II.
ITSA2010 242
La course se passait bien jusqu’à ce que nous découvrions que de l’eau de mer
s’engouffrait dans les réservoirs de carburant. Le moteur s’est arrêté. Nous avons passé des
heures à nettoyer les réservoirs et à essayer de redémarrer les machines. La situation
paraissait désespérée. A la fin, les membres de l’équipage pensaient qu’il fallait abandonner.
Pour eux, c’était fini. Mais c’était notre dernière chance de gagner ce ruban. C’était
maintenant ou jamais. Il fallait que je les persuade de ne pas abandonner. Je leur ai
dit : « Allez, il faut le faire, on doit essayer. »
On avait tout tenté, nous avions les yeux rouges et nous étions épuisés. Nous avions
tous le mal de mer. On détestait le navire, on détestait l’océan. On ne souhaitait qu’une
chose : dormir pendant une semaine d’affilée.
(…/…) Chacun peut tirer profit de ces leçons. Peu importe ce que nous voulons être,
peu importe ce que nous voulons faire, nous pouvons réussir. Alors, foncez et faites-le.
Tout simplement.
ITSA2010 243
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2011
ITS Voie A
Attention !
Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.
Exercice n° 1
2
3x
1. Calculer, en x 1, la dérivée de : x e x
1
2. Calculer I ( x 2 x ) dx
0
x2 9
3. Résoudre le système : y 2 4
xy 6
n
1
4. Calculer k (k 1)
k 1
en fonction de n.
x2 1
5. Résoudre l’inéquation : 0
x2
6. Donner l’équation de la droite dans le plan qui passe par les points A(1,1) et parallèle au
vecteur de composantes (2, -1).
ITSA2011 245
7. Laquelle de ces affirmations est-elle exacte (pour des fonctions numériques d’une variable
réelle)?
a. Toute fonction intégrable au sens de Riemann sur un intervalle fermé et borné est
continue sur cet intervalle.
b. Toute fonction continue sur un intervalle fermé et borné est intégrable au sens de
Riemann sur cet intervalle.
c. Toute fonction bornée sur un intervalle fermé et borné est intégrable au sens de
Riemann sur cet intervalle.
d. Il existe des fonctions intégrables au sens de Riemann sur un intervalle fermé et
borné qui ne sont pas bornées.
8. Quel est le capital obtenu au bout de 3 mois pour un montant de 200 Euro placé au taux
mensuel de 1% ?
b. Cauchy (célèbre pour ces travaux sur les séries) est né en 1789.
d. Euler (reconnu pour ses apports tant sur les fonctions que sur la théorie des
nombres) est né en 1807.
x
10. Trouver une primitive de la fonction f définie, pour x>1, par f ( x) .
x 1
2
Exercice n° 2
On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels non nuls par :
f ( x) x Ln x
2. Tracer le graphe de f .
ITSA2011 246
4. Etudier les variations de f m .
7. Comparer G et H .
Exercice n° 3
2. Préciser l’ensemble des nombres réels x dans chacun des cas suivants :
a) f ( x ) 0 b) f ( x ) x c) f ( x ) x
1
3. Calculer la dérivée première et la dérivée seconde de f pour x .
2
1
4. Etudier la convexité de f pour x .
2
Exercice n° 4
Une entreprise fabrique des tablettes de chocolat. Pour promouvoir la vente de son produit,
elle décide d’offrir des places pour une rencontre de football dans un dixième des tablettes
mises en vente. Parmi les tablettes gagnantes, 80% permettent de gagner une place et 20%
deux places.
Soit X la variable aléatoire égale au nombre de places gagnées par un acheteur d’une seule
tablette de chocolat.
ITSA2011 247
1. Déterminer la loi de probabilité de X.
4. Les résultats obtenus aux 3 questions précédentes peuvent-ils être modifiés si des
précisions sont données sur les équipes de la rencontre de football ?
Exercice n° 5
Ln ( x 1)
Soit la fonction réelle f définie par : f ( x) , où Ln désigne le logarithme népérien.
x
2. Montrer que f admet un unique point fixe sur l’ensemble des nombres réels strictement
positifs.
Exercice n° 6
On considère la suite de fonctions numériques f n définies sur l’ensemble des nombres réels
par : f n ( x ) x n sin x , où n est un entier naturel.
/2
2. On pose I n f
0
n ( x) dx , trouver une relation de récurrence entre I n et I n 2 pour tout n.
ITSA2011 248
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2011
ITS Voie A
ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)
Sujet n° 1
Sujet n° 2
On entend beaucoup parler d’immigration décliné en autant de thèmes presque aussi connus les uns
que les autres. L’un de ceux-ci est pourtant rarement abordé : plus de dix pays africains ont plus de
40% de leur main-d’œuvre hautement qualifiée en dehors de leur pays. Quelles seraient selon vous les
conditions nécessaires pour éviter cette fuite des cerveaux africains vers l’occident alors que ce constat
valait surtout jusqu’à présent dans le sens Europe/Amérique ?
Sujet n° 3
Comment et selon quelles modalités peut-on faire appel à une histoire « officielle » ? Quelles peuvent
en être les avantages, les risques, les tendances, le rôle dans notre société ?
ITSA2011 249
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL
AVRIL 2011
ITS Voie A
Exercice n° 1
2. Tracer le graphe de f.
1
3. Calculer f (t ) dt .
0
Exercice n° 2
u 0 9e et u n 1 3 u n
un
On pose v n ln( ) , où ln désigne le logarithme népérien.
9
1. Montrer que la suite (v n ) est une suite géométrique dont on précisera la raison et le premier
terme v 0 .
2. Exprimer vn , puis un en fonction de n.
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Exercice n° 3
Exercice n° 4
1. Une grande enveloppe contient les douze « figures » d’un jeu de cartes : les quatre rois,
les quatre dames et les quatre valets. Soit X la variable aléatoire qui, à chaque tirage de
5 cartes simultanément, associe le nombre de rois obtenus.
Déterminer la loi de probabilités de X et calculer son espérance mathématique. Interpréter.
2. Dans la même enveloppe contenant les mêmes douze cartes, on effectue successivement
cinq fois le tirage d’une carte que l’on remet à chaque fois dans l’enveloppe. Soit Y la variable
aléatoire dont la valeur est égale au nombre de rois obtenus avec ces cinq tirages. Déterminer
la loi de probabilités de Y et calculer son espérance mathématique. Interpréter.
Problème
1. Montrer que les conditions suivantes définissent une unique fonction F continûment
dérivable sur 0,1 :
1
F' f et F (t ) dt 0
0
x
Exprimer F à l’aide de la fonction G définie par : G ( x) f (t ) dt
0
2. Montrer que les conditions suivantes définissent une unique suite de polynômes ( Bn ) par :
1
B0 1, B Bn et B (t ) dt 0 pour tout n 0
'
n 1 n 1
0
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3. Comparer, pour tout entier n supérieur ou égal à 2 : Bn (0) et Bn (1) .
C n ( X ) ( 1) n Bn (1 X )
Que peut-on en déduire pour les graphes des Bn et pour les valeurs de Bn (0) , Bn (1 / 2)
et Bn (1) , lorsque n est impair supérieur ou égal à 3.
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