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On Note (E) L'équation X - 3x - 1 0. Montrer Que (E) Admet 3 Solutions Réelles X X Etx Montrer Que

Le document présente un concours d'entrée pour devenir ingénieur en travaux statistiques, comprenant des épreuves de mathématiques, de statistiques et de calcul numérique. Les exercices abordent des thèmes tels que les solutions d'équations, les suites géométriques, les événements indépendants en probabilité et l'indice de Gini pour la répartition des salaires. Les candidats doivent démontrer des compétences en résolution de problèmes mathématiques et en analyse statistique.

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On Note (E) L'équation X - 3x - 1 0. Montrer Que (E) Admet 3 Solutions Réelles X X Etx Montrer Que

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ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE

APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE


DEPARTEMENT DE STATISTIQUE YAOUNDE - CAMEROUN
BP 5084
DAKAR - SENEGAL

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE


ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN

AVRIL 1998

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

EXERCICE N° 1

On note (E) l'équation x3 - 3x -1 = 0.

❶ Montrer que (E) admet 3 solutions réelles x1, x2 et x3.


❷ Montrer que:

x12 x2 x3 + x1 x22 x3 + x1 x2 x32 = 0


et que:
x12 + x22 + x1 x2 = 3

❸ On pose x = 2cosα .
Déterminer les valeurs exactes de x1 , x2 et x3 sous forme trigonométrique

ITSA1998 31
EXERCICE N° 2

( n +1) π
Soit I n = òπ
n
e − x sin x dx , n ∈ N
❶ Montrer que la suite ( In ) est une suite géométrique, en cherchant une relation
de récurrence entre In+1 et In

Calculer la raison q de cette suite et le premier terme I 0 .

❷ La suite ( In ) est-elle convergente ?

❸ Calculer  en fonction de n
( n + 1) π
❹ Soit Sn = ò0 e − x sin x dx

Etudier la convergence de la suite ( Sn )

❺ Calculer I n+1 en intégrant par parties et retrouver le fait que ( I n ) est une suite
géométrique.

❻ Calculer I 0 × I 1 ×....× I n en fonction de n.

PROBLEME

Soit f(x) = sinx + cosx , x ∈ [ -3π/4 , π /4 ]

❶ Montrer que f est une bijection de l'intervalle I =[ -3π/4 , π /4 ] sur un


intervalle J à déterminer

❷ Etudier la continuité et la dérivabilité de la bijection réciproque f −1 , de f , sur J

❸ Calculer f −1 ( − 2 ) , f −1 ( 2 ) , f −1 (1) , et ( f −1 ) ' (1) où ( f −1 ) ' est la fonction


dérivée de f −1

−1 '
❹ Calculer (f ) ( x ) sur l'intervalle de dérivabilité de f −1

ITSA1998 32
❺ Déduire de ce qui précède , la valeur exacte de chacune des intégrales
suivantes:

2 1 1 1
ò
1
2 − x2
dx et ò− 2
2 − x2
dx

❻ Montrer que

[
∀ x∈ − 2, 2 ]
−1 x + 2 − x2 −1 x − 2 − x2
cos( f ( x)) = et sin( f ( x )) =
2 2

❼ Montrer par le calcul que l'équation f ( x ) = f −1 ( x ) n'admet pas de solution


é πù
dans l'intervalle ê− 2,
4 úû
ë

❽ ① Montrer que l'équation f(x) = 2x admet une solution unique α


dans ]0, π/4[ et que 0,7 < α < 0,8

1 1 2x
② Soit h( x) = cos x + sin x − , x ∈R
3 3 3

Montrer que h(α) = 0 et que : ∀x ∈ ] 0,7 ; 0,8 [ , h'(x) ≤ 0,69.

En déduire un encadrement de f(x) par deux fonctions affines dépendant de α ,


lorsque x ∈ ]0,7 ; 0,8[

③ Calculer sinαcosα , sin2α , cos α + sin α , cos α + sin α , 1/cosα +


3 3 4 4

1/sin α , cosα - sinα, cosα, sinα et cos2α en fonction de α

ITSA1998 33
❾ Soit la fonction F définie par :
3π π
1
] [
x
F ( x) = ò dt si x ∈ − 2 , 2 et par F( − 2 ) = − et F( 2 ) = sur
1
2 − t2 4 4
[− 2, 2 ]
① Montrer que F est définie et continue sur − 2 , 2 et dérivable sur [ ]
]− 2, 2 [
② Calculer F ' ( x ) si x ∈ − 2 , 2 [ ]
−1
③ Montrer que F = f

❿ ① Etudier la position de la courbe C représentative de f dans un repère


H H
orthonormé (0, i , j ) du plan, par rapport à sa tangente (T) en un point d’abscisse
π
x0 = −
4
H H
② Si i = j = 2 cm , calculer en cm2 l’aire du domaine

ì π ü
∆ = í M ( x , y ) / 0 ≤ x ≤ et 0 ≤ y ≤ f ( x ) ý
î 4 þ

③ Calculer en cm² l'aire du domaine D limité par l'axe des ordonnées , la


courbe représentative de f −1 , les droites d'équations y = 0 et y = π/4

π /6 π /6
❶❶ Soit I n = ò0
x n f ( x ) dx , ∀n ∈ N * et I 0 = ò
0
f ( x ) dx

① Montrer que la suite ( I n ) est convergente

② Montrer que lim I n = 0


n →∞

ITSA1998 34
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ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE


ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN

AVRIL 1998

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A et B

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des 3 sujets au choix

SUJET N° 1

Comparez l’enquête policière et l’expérience scientifique.

SUJET N° 2

Que signifie et quelle valeur faut-il donner à l’expression : «L’histoire


jugera» ?

SUJET N° 3

Le philosophe ALAIN affirme que «la plus haute valeur humaine, c’est
l’esprit libre». (Les vigiles de l’Esprit).

Vous commenterez cette affirmation et ferez apparaître les difficultés


qui peuvent surgir dans cette conquête.

ITSA1998 35
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AVRIL 1998

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

EXERCICE N° 1

Soit (Ω, P(Ω), P) un espace probabilisé

❶ Montrer que si A et B sont deux événements indépendants, c’est-à-dire tels


que P (A ∩ B) = P (A) × P (B), il en est de même de :

A et B , A et B , ainsi que de A et B

❷ Trois événements A, B et C sont dits indépendants entre eux si :


A et B sont indépendants, A et C sont indépendants , B et C sont indépendants et si
P( A ∩B∩C) = P(A) × P(B) × P(C).

Montrer que si A , B et C sont indépendants entre eux, alors :

①A , B et C sont indépendants entre eux

②A , B et C sont indépendants

③ A , B et C sont indépendants

ITSA1998 36
❸ En prenant Ω = {a, b, c, d} et P la probabilité uniforme, montrer par un
exemple que si A et B sont indépendants, A et C indépendants et B et C
indépendants, A, B et C ne sont pas obligatoirement indépendants dans leur
ensemble.

❹ A , B, et C sont trois événements indépendants dans leur ensemble tels que :

P(A) = a , P(A ∩B ∩C ) = b ,

P(A ∪B ∪C ) = c , P(A ∩B ∩ C) = p ,

P(B) =x et P(C) = y

① Expliciter b, c, et p en fonction de a , x et y

② En déduire une relation entre a, b, c et p indépendante de x et y

③ Calculer x et y en fonction de a, b, c et p

EXERCICE N° 2

❶ Calculer le coefficient du monôme en x 6 y 5 z 4 dans le développement de


(2 x − 5 y + z )
15

❷ En utilisant le développement de (a + b + c)n, montrer que le nombre N des


permutations différentiables de n lettres dont : α lettres sont des a, β lettres sont des b
et γ lettres sont des c, est

n!
N= avec = α + β + γ = n
α ! β !γ !

PROBLEME

❶ ① α est un nombre réel .

Résoudre l'équation z² - 2zcosα + 1 =0 (E1) , d ' inconnue z dans C

② Donner la forme trigonométrique des solutions de l'équation

(En): z2n - 2zn cosα + 1 = 0 n ∈ N*

ITSA1998 37
❷ Soit Pα (z) = z2n - 2zn cos α + 1
① Montrer que

n −1
α 2 kπ
Pα ( z ) = ∏ ê z 2 − 2 z cos(
é ù
+ ) + 1ú
k =0 ë n n û

② Calculer Pα (1) et en déduire que :

n −1
α kπ sin 2 (α / 2)
∏ sin
k =0
2
( + )=
2n n 4 n −1

] [
③ Pour tout α de 0, π et pour tout entier naturel n ≥ 2 , on pose :

n −1
α kπ
Hn (α ) = ∏ sin ( + )
k =1 2n n

Montrer que :

α
sin( )
2 n −1. Hn (α ) = 2
α
sin( )
2n

④ Quelle est la limite de Hn (α ) lorsque α tend vers 0?

⑤ En déduire que , ∀n ≥ 2,

π 2π (n − 1)π n
sin × sin ×. . . . . .× sin = n −1
n n n 2

2 iπ
❸ Soit n ∈ N * et ω = e n

+ ….+ z + 1 - (z-ω)(z-ω²)×……×(z-ω
n-1 n-2 n-1
Soit P(z) = z +z )

① Montrer que P est un polynôme de degré inférieur ou égal à n-2

② Montrer que ω , ω² ,…. ωn-1 sont n-1 racines distinctes de P.

En déduire que P(z) = 0, pour tout z de C et que n = (1-ω)(1-ω²)×…× (1-ω )


n-1

ITSA1998 38
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AVRIL 1998

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

EPREUVE DE CALCUL NUMERIQUE

DUREE : 2 HEURES

PROBLEME

Indice de Gini

On étudie la répartition des salaires d'une population de N habitants. Pour


chaque tranche de 1000 F, on connaît le nombre de personnes dont le salaire est dans
cette tranche. Plus précisément, on note xi la valeur du milieu de l'intervalle i de sorte
que x1=500 F, x2=1500 F, ... x10 = 9500 F. La tranche i correspond donc à l'intervalle [xi-
500; xi+500[. On note ni le nombre de personnes dans la tranche i. On observe les
valeurs suivantes :

i xi intervalle ni
1 500 [0; 1000[ 10
2 1500 [1000; 2000[ 25
3 2500 [2000; 3000[ 106
4 3500 [3000; 4000[ 155
5 4500 [4000; 5000[ 363
6 5500 [5000; 6000[ 224
7 6500 [6000; 7000[ 75
8 7500 [7000; 8000[ 22
9 8500 [8000; 9000[ 18
10 9500 [9000; 10000[ 2

ITSA1998 39
❶ Quelle est la taille totale N de la population ?
❷ Quelle est la moyenne empirique des salaires ?
❸ Quelle est la variance des salaires ?
j

On note Nj la somme cumulée des ni pour i = 1, ...j, c'est à dire : N j = å ni .


i =1

On note N'j cette quantité ramenée à une échelle de 0 à 1, c'est à dire :


Nj
N'j = .
N10

On note yi = ni x xi et Yj la somme cumulée des yi pour i = 1, ...j , c'est à dire :


j
Yj
Yj = å yi . et Y'j cette quantité ramenée à une échelle de 0 à 1, c'est à dire : Y ' j = .
i =1 Y10

On prendra par ailleurs N0 = 0, N'0 = 0, y0 = 0, Y0 = 0 et Y'0 = 0.

Soit Cj les points du plan cartésien de coordonnées (N'j, Y'j), avec C0 de


coordonnées (0,0).

❹ Donner dans un tableau les coordonnées des points Cj avec quatre décimales,
en arrondissant au plus proche.

On appelle ligne de concentration la ligne obtenue en joignant les points Cj.


Soit O le point de coordonnées (0,0), A(1,0) et B(1,1).

❺ Tracer sur une même figure la ligne de concentration, les points O, A, B et la


première bissectrice OB. On prendra comme unité OA = AB = 10 cm.

❻ Comment se situe la ligne de concentration par rapport au triangle OAB, quels


que soient les effectifs dans chaque tranche ? (On montrera que la ligne de
concentration est convexe).

On appelle indice de Gini, noté I, le rapport de l'aire comprise entre le segment


OB et la ligne de concentration et l'aire du triangle OAB.

aire entre OB et ligne de concentration


I= .
aire du triangle OAB

ITSA1998 40
❼ Calculer l'aire définie par OAB.
Soit Dj les points du plan cartésien de coordonnées (N'j,N'j).

❽ Placer les points Dj sur la figure en remarquant que D0 = C0 = O et D10 = C10 =


B.

❾ Calculer l'aire aj définie par le quadrilatère Dj-1DjCjCj-1 en fonction de N'j-1, N'j,


Y'j-1 et Y'j.

❿ Calculer l'aire comprise entre la ligne de concentration et la droite OB en


fonction des nj et des Y'j.

❶❶ Donner la valeur de l'indice de Gini I pour les valeurs du tableau avec trois
décimales.

❶❷ Si tous les salaires étaient égaux, combien vaudrait I ?


❶❸ Si tous les salaires étaient nuls sauf un, égal à 9800 F combien vaudrait I ?

Soit α un réel tel que α ≥ 1. On note f α la fonction de [0,1] dans [0,1] telle que
fα ( x) = xα

❶❹ Tracer la courbe représentative de f2,5 sur le graphe précédent.


❶❺ Calculer l'aire entre le segment OB et la courbe de f α ; donner l'indice de
Gini correspondant que l'on notera Iα .

❶❻ Pour quelle valeur de α a-t-on égalité entre Iα et l'indice I calculé à la


question ❶❶ ? Tracer cette courbe sur le graphique précédent.

EXERCICE

❶ Résoudre dans ℜ l'équation d’inconnue x

a − x + a + x = 4 bx .

❷ Calculer x si l'on donne a = 1,875 et b = 15,678.

ITSA1998 41
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AVRIL 1998

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A

et

B OPTION MATHEMATIQUES

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

Le texte ci-joint sous forme d’interview est tiré du livre d’Albert


JACQUARD : «Petite philosophie à l’usage des non-philosophes», paru aux éditions
Calmann-Lévy en 1997.

Ce texte peut ètre résumé en 250 mots environ (plus ou moins 10%)

✱✱✱

Vous dites que, sans la présence d’autrui, y être objet du discours d’un
observateur.
Certes l’homme n’est pas le seul observateur ; les animaux dotés d’une
vue voient, tout comme lui, la tache brillante qui, chaque matin, monte dans le ciel ;
mais seul l’homme est capable d’aller au-delà de cette constatation et de faire de cette
tache un objet, le Soleil. Cette étoile, comme toutes les étoiles, est une création du
discours humain. Sans l’homme, l’univers n’est qu’un continuum sans structure.

ITSA1998 42
Ce regard créateur d’objets, chaque humain est capable de le diriger sur
lui-même. Il fait alors de sa personne l’objet de son discours. Du coup, non seulement il
est, mais il se sait être. C’est cela la conscience, c’est une performance qui nous
permet de nous savoir être.
1
Performance que Descartes, disant «Je pense donc je suis », plaçait à
l’entrée de la philosophie,. Qu’y a-t-il d’intéressant, selon vous, dans sa démarche ?

Descartes n’est pas à la recherche d’une définition de la conscience ; ce


qu’il lui faut, c’est une évidence capable de résister à toute mise en doute, y compris la
mise en doute du message de nos sens. Il n’en trouve qu’une : le fait même qu’il est en
train de faire cette recherche. Il va donc fonder sa philosophie non sur un objet dont
l’existence soit indubitable, il n’en trouve pas, mais sur un processus dont l’existence
est assurée : le cheminement de sa propre pensée.

A vrai dire, je ne trouve pas son argument convaincant. Ce qu’il peut tenir
pour certain est l’existence de cette pensée, non pas nécessairement l’existence du je
qui pense.

Je préfère m’en tenir à l’idée que tout objet ne peut être amené à
l’existence que par le discours qui l’évoque. Or ce discours s’adresse à quelqu’un.
Lorsque l’objet de mon discours est moi, je deviens conscient d’être et, simultanément,
je m’affirme existant face à un autre, celui à qui j’adresse mon discours.

Si je devais tirer une leçon de l’oeuvre de Descartes, ce serait


essentiellement sa méthode d’analyse de chaque problème en parties aussi
élémentaires que possible. Mais à loin encore, conçoivent la conscience comme une
sorte de «revanche» de l’esprit sur la matière.

Pourquoi imaginer une revanche ? Il y a eu tout simplement, au cours de


l’évolution du cosmos, continuité dans l’apparition de pouvoirs toujours plus grands des
structures matérielles peu à peu mises en place, pouvoirs liés à leur complexité. Ce
processus s’est poursuivi jusqu’à l’apparition du champion de la complexité qu’est le
cerveau humain. Parmi les pouvoirs qu’a reçu ce cerveau, le plus décisif a été la
création de la communication entre les hommes, ce que nous avons appelé «le
discours». Chacun a pu alors se prendre soi-même pour objet de son propre discours,
c’est-à-dire développer sa conscience d’être. Mais ce discours ne pouvait prendre place
que dans un réseau d’échanges. Ce réseau collectif est donc le point de départ de la
conscience individuelle. Ce que j’aime résumer par la formule que j’ai déjà employée :
«Je dis je parce que d’autres m’ont dit tu.». L’esprit n’est que l’aboutissement de
l’aventure de la matière. Il n’a pas une origine autre que l’ensemble du cosmos.

1
1 DESCARTES René, Méditations Métaphysiques, Premières méditations (1641) et Discours de la Méthode, IVé
partie (1637).

ITSA1998 43
Ce qui semble vouloir dire que la conscience serait une réalité matérielle...

Je n’en dis pas autant. La conscience a seulement besoin pour se


manifester d’un support matériel. Faisons une comparaison avec le langage. Celui-ci ne
peut se produire que grâce aux cordes vocales (ou aux gestes pour ceux qui parlent
avec les mains), mais le langage est autre chose que les cordes vocales. Vous pouvez
tout savoir sur les cordes vocales, et ne même pas imaginer ce qu’est le langage. Voilà
un exemple de l’insuffisance de la méthode cartésienne d’analyse.

Autre exemple que cette même insuffisance : à quel moment la


conscience apparaît-elle ? demande-t-on parfois. Avant la naissance ? Après ? La
réponse est cruciale pour le débat sur l’avortement.

Mais elle ne peut être donnée. L’ovule fécondé n’a pas de conscience,
mais tout est présent en lui pour qu’un processus se déroule, qui aboutira à être
conscient. On jette à la poubelle, sans état d’âme, un ovule ou un spermatozoïde ;
pourquoi pas le foetus qui succède à l’embryon ? Pourquoi pas le bébé qui vient de
naître ? Avec ce raisonnement par continuité on justifie tous les crimes !

Mais le même raisonnement en sens inverse conduit à l’absurdité : je


respecte évidemment la vie d’un bébé, donc je dois respecter la vie d’un foetus, donc la
vie d’un embryon, donc celle d’un oeuf juste fécondé, donc un ovule, donc un
spermatozoïde ! Il semble pourtant difficile de se lamenter sur le sort des centaines
d’ovules, des centaines de millions de spermatozoïdes auxquels un couple n’accorde
pas la vie.

Ce n’est pas en ces termes qu’on peut poser le problème de l’avortement.


La biologie ne peut que décrire la réalité, non proposer une règle morale. C’est à
chacun de prendre position. La mienne est fondée sur le respect de la jeune femme qui,
toute réflexion faite, décide que l’avortement est pour elle la solution la moins mauvaise.
Je fais passer ce respect avant celui, pourtant très grand, du futur bébé qu’elle porte.

Cette réflexion, je ne peux la faire seul. A ce propos, comme à propos des


questions essentielles, la conscience personnelle ne peut prendre racine que dans une
conscience collective ; car ma conscience est le cheminement fait au contact des
autres.

Ce qui suppose aussi la temporalité, la capacité d’anticiper le futur.

Le principal apport des hommes, ce qui les distingue initialement des


animaux, est certainement leur capacité à imaginer demain. Certes les ours, les
écureuils, voyant venir le froid, prennent des précautions, accumulent de la graisse ou
des provisions qui leur permettront de supporter l’hiver ; mais ce réflexe est déclenché
par la température ; ils font des provisions parce qu’il fait froid, non pour passer l’hiver.
Etre conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui est le
propre de l’homme.

ITSA1998 44
Vous aussi, vous considérez donc la conscience comme le «sommet des
phénomènes», pour reprendre l’expression de Lacan. N’est-ce pas de
l’anthropomorphisme ?

Si j’étais un noyau d’hélium, je m’émerveillerais des pouvoirs d’un atome


de carbone, si j’était un atome de carbone, je m’émerveillerais de..., et ainsi de suite. En
bout de chaîne, on arrive à l’homme qui peut s’émerveiller du seul objet plus complexe
que lui, et donc disposant de plus de pouvoirs que lui : la communauté humaine. Par la
conscience, qui ne m’est donné que grâce à mon appartenance à elle, je participe à
l’élan cosmique vers la complexité ; cet élan qui est le sens apparent de l’évolution de
l’univers. Du coup, c’est par la conscience qu’un sens est apporté aux événements
quotidiens.

Finalement ce qui me gêne dans le «donc je suis» de Descartes, c’est


l’autonomie du «je pense». Car cette pensée n’a pu apparaître et se développer que
dans le rapport à l’autre. Il n’y a pas de conscience sans apport extérieur. Je me fais
grâce aux autres. D’une certaine façon, lorsque je pense, je quitte mon moi ; mon moi
n’est plus à l’intérieur de ma peau. Je est l’ensemble des liens que je tisse avec les
autres.

Vous n’aurez donc aucune difficulté à souscrire au propos de Freud qui


disant dans les Essais de psychanalyse appliquée : «Le moi n’est pas maître dans sa
propre maison.»

La formule est excellente, mais Freud aurait pu donner à ce constat une


tonalité plus réjouissante. Je n’ai pas à être triste de ne pas «être maître dans ma
propre maison». Prétendre l’être serait faire preuve de vanité arrogante d’Auguste,
«maître de lui comme de l’univers». Fort heureusement, l’univers n’est pas organisé
comme une armée avec sa hiérarchie et sa discipline ; fort heureusement ma «maison»
n’est pas une caserne avec ses murs d’enceinte, ses lits au carré et ses adjudants
gardiens de l’ordre.

Ma maison est un lieu ouvert, dans le temps comme dans l’espace. Des
personnages du passé, restés longtemps oubliés, y resurgissent sans prévenir, des
inconnus parfois étranges y pénètrent et y déposent des richesses inattendues ; même
la poussière accumulée par le hasard devient nuage, source de rêve, lorsqu’un courant
d’air la soulève. Personnages et objets s’y heurtent et mettent en place spontanément
ici un coin tranquille, harmonieux, là une zone de cri et de contestation. De temps à
autres la tentation de l’ordre se manifeste, mais qui saurait l’imposer, sinon la mort ?

«Je» m’y déplace avec un bonheur d’autant plus vif que chaque pièce me
réserve un accueil qui me surprend. La cave et le grenier doivent receler des objets que
je préfère ne pas voir, quelques cadavres peut-être. Qu’importe, «je» suis face à la
fenêtre ; elle est ouverte.

ITSA1998 45
Du coup, mon moi n’a pas de propre maison, il est dans les échanges que
j’entretiens, dans les liens que je tisse.

Il dépend aussi de son héritage ; le moi est d’autant moins maître chez lui
qu’il ignore le passé de son espèce.

Depuis notre naissance, et même avant, notre cerveau s’est structuré en


créant des circuits supports de nos diverses facultés «intellectuelles», mémoire,
imagination, émotion... Tout a laissé des traces dans cette structure riche et quelques
cent milliards de neurones, reliés par un million de milliards de connexions. Une
combinatoire inépuisable est disponible, que n’arriveront pas à saturer les événements
de nos cent années de vie (soit seulement trois milliards de seconde). A chaque instant,
une partie infime de ces circuits neuronaux est utilisée pour ressentir et exprimer. Cette
partie «consciente» nous apparaît comme la seule réellement vivante ; en fait notre
activité cérébrale se poursuit souterrainement, marquée par tous les apports engrangés
au cours de notre parcours antérieur.

L’inconscient c’est l’ensemble des activités cérébrales qui, à un instant


donné, échappent à ce qui est ressenti et exprimé.

Puisque le moi n’est pas maître chez lui, direz-vous qu’il est l’esclave de
son inconscient ?

Non, l’erreur souvent commise, sur laquelle Alain attire l’attention, est de
faire de l’inconscient un personnage ayant ses propres caractéristiques, disposant
d’une certaine autonomie. Le fait de donner un nom à ce concept nous incite à voir en
lui quelqu’un. Une erreur semblable est rencontrée dans le domaine scientifique à
propos du mot «hasard». En l’opposant à la nécessité, c’est-à-dire aux jeu des forces
déterministes, on faut de lui l’équivalent d’un petit génie venant brouiller les cartes,
rendant la prévision moins sûre. Il devient un acteur du processus de passage d’un état
à l’état suivant ; ce qui ne correspond nullement au rôle que la science attribue à cette
notion.

De même l’inconscient n’est pas en soi un acteur, encore moins un


monstre ; il est un facteur supplémentaire de complexité.

ITSA1998 46
Soit l’exemple de la sexualité : quelques doses d’hormones, adrénaline ou
hormones sexuelles, en plus ou en moins, et toute notre activité neuronale est
transformée. Mais l’hyper-complexité du cerveau lui permet de ne pas laisser une
chaîne causale simple entre glandes endocrines sécrétant leurs hormones et neurones
émettant leur influs nerveux. Un mâle voit une femelle, ses glandes endocrines
réagissent, son cerveau reçoit des signaux et provoquent une succession de gestes,
l’enchaînement des causes et effets aboutit à la copulation. Le jeu des organes se
mêlent de l’affaire, notamment le cerveau qui apporte sa charge de souvenirs,
d’émotions, d’interdits, de projets, d’imagination. La copulation n’est plus centrale, elle
n’est qu’un détail, à la limite un prétexte, pour déclencher un torrent que certains
appellent «amour».

Autrement dit, contrairement à Alain ou à Sartre, vous ne cherchez pas à


atténuer la portée de l’inconscient sous prétexte qu’il mettrait en cause la souveraineté
du sujet. Mais vous ne vous en affectez pas.

Pas plus que je ne m’affecte de l’imprévisibilité dont il frappe mes


comportements. Le temps qu’il fera demain m’intéresse, mais je suis fort heureux de ne
pas être capable de le prévoir. Les réactions que j’ai face à un tel événement
m’étonnent parfois ; je cherche l’explication ; mais je sais que, le plus souvent, je n’aurai
accès qu’à des arguments partiels ou même mensongers. J’irai voir dans le grenier où
se cache mon inconscient, mais je sais être incapable de l’explorer. Et j’en suis satisfait.
N’exagérons pas : je suis comme le pilote d’une barque chahutée par des remous
imprévisibles, inexplicables ; mais j’en reste le pilote. Le brouillard apporté autour de
mes décisions par l’indécidable, ne restreint que bien peu ma responsabilité.

Mon inconscient peut bien manigancer dans son coin, en cachette, des
réactions qu’il me proposera, des idées qu’il me suggérera ; il ne me fait pas vraiment
peur ; pas plus que tous ces «autres» qui m’agressent, me contredisent, m’aiment, me
font, me dérangent, et dont je ne peux me passer.

ITSA1998 47
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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

EXERCICE N° 1

❶ Etudier sur [ 1, +∞ [ , les sens de variation des fonctions τ et ϕ telles que

τ ( x) = − x − x 2 − 1 et ϕ ( x) = − x + x 2 − 1

[
❷ Pour k ∈ N* , on pose I k = − k + k 2 − 1 , + ∞ [ et ] ]
Jk = − ∞ , − k − k2 − 1 .

Montrer que les suites ( I k ) k ≥1 et ( J k ) k ≥1 sont des suites décroissantes de


segments emboîtés pour l'inclusion.

❸ On pose f k (x) = x 2 + 2k x + 1 , k ∈ N *

Donner l'ensemble de définition de la fonction f k en fonction de I K et J k .

ITSA1999 49
En déduire l'ensemble de définition de la fonction f telle que

æ n ö
f (x) = çç
è
å
k= 1
x 2 + 2k x + 1 ÷
÷
ø
− n2 x2 + 1

é 1 ù
❹ Calculer lim ê f k ( x ) − x 2 + ú et en déduire lim f ( x )
x →+∞
ë n2 û x →+∞

EXERCICE N° 2

On considère la fonction

f: x = f(x) = x −1 + 2 x − 2 + x −1 − 2 x − 2

❶ Déterminer l'ensemble de définition de f

❷ Calculer [ f (x) ]2 , simplifier f (x) et tracer Cf, courbe représentative de f , dans


→ →
un repère orthonormé (o, u , v ) du plan.

❸ Déterminer l'ensemble des couples (x , y) d'entiers naturels tels que y = f (x).

❹ Soit g la restriction de f à [3, + ∞ [ , Montrer que g est une bijection de [3, + ∞ [


sur un intervalle J à déterminer.

Montrer que la bijection réciproque g −1 de g est dérivable sur J.

Déterminer la fonction g −1 et tracer sa courbe représentative sur le même


graphique que Cf

PROBLEME

é Π ù 2x 2x Π
❶ Montrer que pour tout x de ê
0, ú
, ≤ sin x ≤ x et 1 − ≤ cos x ≤ − x
ë 2 û Π Π 2

2
❷ Soit la fonction g définie par g(x) = 2 x + 1 − cotan ( Π x )
Π

① Déterminer D ensemble de définition de g

ITSA1999 50
Etudier le sens de variation de g sur D.

② Montrer que l'équation g (x) = 0 admet, pour tout entier relatif n , une
solution unique α n appartenant à ] n, n + 1 [

③ Montrer que g (x + n) = g (x) + 2 n , n ∈ Z , x ∈ D


④ On pose β n = α n − n pour n ∈ N

1
Montrer que la suite ( β n ) est décroissante et que 0 < βn < . En
2
déduire que la suite ( β n ) est convergente.

1
⑤ Montrer que, pour tout t de ] 0, ] , on a :
2
1
g (n + t) ≥ 2 (n + 1) + 2t −
2t

En déduire lim β n
n → +∞

⑥ Etudier la suite ( µn ) telle que µ n = α − n + n

❸ Soit f : x = f(x) = 14 [ 1 − (2x + 1) cos (Πx)]


① Etudier le sens de variation de f sur [ n, n +1 ] , suivant la parité de n.

1 1 1 1
② Montrer que pour x > − , − x ≤ f (x) ≤ x +
2 2 2 2

1
Démontrer une relation analogue pour x ≤ −
2

③ Tracer la courbe représentative de f, dans un repère orthonormé du


plan, pour x ∈ [ − 3 , 3 ]

ITSA1999 51
Π
④ On pose h(x) = .g ( x).sin (Π x) , x ∈ ] n , n + 1 [ , n ∈ N , et
4
1
n+
vn =
ò n+
2
1
h (x) dx.
4
2 æ n 3ö
Montrer que vn = (−1) n ç + ÷ et étudier la suite (vn).
2 è 2 8ø

ITSA1999 52
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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A et B

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des 3 sujets au choix

SUJET N° 1

Commentez ces phrases de Simone WEIL tirées de «L’enracinement».


«Cela n’a pas de sens de dire que les hommes ont, d’une part des droits, d’autre part
des devoirs... Un homme qui serait seul dans l’univers n’aurait aucun droit mais il aurait
des obligations»

SUJET N° 2

Le droit doit-il se contenter de suivre l’évolution des moeurs ?

SUJET N° 3

Commentez ces phrases d’Ernest RENAN dans «qu’est-ce qu’une


nation ?». «Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de coeur, crée
une conscience morale et s’appelle une nation».

ITSA1999 53
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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

EXERCICE N° 1

Combien y a - t- il de nombres entiers inférieurs à 10P et dont la somme des


chiffres est égale à 3 ?

EXERCICE N° 2

On considère tous les nombres de 4 chiffres distincts qu'on peut former à l'aide
des chiffres 1 , 2 , 3 , 4 , 5 et 6. Déterminer leur nombre N et leur somme S. Donner la
décomposition de S en produit de facteurs premiers.

ITSA1999 54
PROBLEME

H H
Le plan complexe P est muni du repère orthonormé (O , u , v )

→ →
❶ On considère le vecteur W d'affixe z = x + iy et le vecteur s d'affixe z' = x'+i y'.
→ → → →
On considère le produit scalaire W . s et le déterminant det (W , s ) .

→→ 1 æ → →ö
① Montrer que W . s =
2
(
z z ' + z . z' et det ç W, s ÷ =
ç ÷ 2i
1
)
z . z' − z . z' ( )
è ø
② Soit (D) une droite du plan P, dont une équation est ax + by + c = 0 ,
(a,b) ≠ (0 , 0) , c ∈ R

Si α = a + ib , montrer que l'équation ax + by + c = 0 , de (D) , peut se


mettre sous la forme : α . z + α . z + 2c = 0 , où z = x + iy .

③ Soit (C) le cercle dont une équation est


x 2 + y 2 − 2 ax − 2 by + c = 0 , a 2 + b 2 − c ≥ 0

Si α = a + ib et z = x + iy , montrer que cette équation de (C) peut


se mettre sous la forme z
2
(
− α .z + α .z + c = 0 )
❷ P* étant le plan P privé de l'origine O , soit l'application

f : P*→P*
M(z)M’(z’) avec z’=
1
z

① Déterminer l'ensemble des points invariants du plan, par f.

Quelle est l'image de M ' ( z ' ) par f ?


→ →
② Montrer que OM et OM ' sont colinéaires et de même sens et que
OM × OM' = 1

③ Soit A le point d'affixe - 1 et soit Γ le cercle de centre A et de rayon 1.


On note par Γ le cercle Γ privé de l'origine O.
*

ITSA1999 55
Dans cette question , on suppose que le point M (z) appartient à Γ*.

a) Montrer que M ' ( z ' ) appartient à la médiatrice du segment [ O A ] .


b) En déduire la construction géométrique de M ' connaissant la position de M sur Γ*.
c) La médiatrice de [ OA ] coupe Γ* en deux points I et J , y > 0 , y < 0
I J


Déterminer l'image par f du segment [ I J ] et l'image par f du petit arc IJ de Γ*,
privé de O.

④ Dans cette question, M est un point quelconque du plan. (∆ ) étant une


droite passant par 0, on note ∆* = ∆ - { O }

Déterminer l'image par f de ∆*

⑤ Dans cette question, M est un point quelconque du plan, B est le point


d'affixe 1, N est le symétrique de M par rapport à l'axe (Ox) des abscisses.

Montrer que M ' , B , A et N sont cocycliques, c’est-à-dire appartiennent à


un même cercle.

En déduire une construction de M ' connaissant M .

⑥ On considère le cercle ( C) de centre O et de rayon 1 , M est un point


hors de ( C) , H le point de contact de ( C) avec une tangente à ( C) menée de M , M '
le projeté orthogonal de H sur (O M).

Montrer que M ' = f (M )

En déduire une construction de M ' connaissant M , hors de ( C) puis une


construction de M ' connaissant M à l'intérieur de ( C) .

⑦ Une droite (D) a pour équation ax + by + c = 0 , c ≠ 0 , ( a , b) ≠ ( 0 , 0).

a) Si H est le projeté orthogonal de O sur (D), montrer que


c2
OH =
a 2 + b2

ITSA1999 56
En déduire OH ' si H ' = f (H)

b) Montrer que le cercle (C ') de diamètre [ OH' ] est l'image de ( D) par f

En déduire l'image par f d'un cercle passant par O et privé de O.

⑧ Montrer que l'image par f d'un cercle ne passant pas par O est un cercle
ne passant pas par O.

ITSA1999 57
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VOIE A

EPREUVE DE CALCUL NUMERIQUE

DUREE : 2 HEURES

EXERCICE n° 1

Les différentes parcelles d'une exploitation forestière donnent des bois de


qualités différentes. L'année passée, l'étude détaillée des fûts coupés a permis de
distinguer trois qualités de parcelles selon le bois produit :

• qualité supérieure : 85,38 % des parcelles ;


• qualité moyenne : 12,26 % des parcelles ;
• qualité inférieure : 2,36 % des parcelles.

Afin de proposer à sa clientèle des planches de meilleure qualité, une scierie a


décidé de ne plus ramasser que des fûts de qualité supérieure. Un camion de
ramassage, ne connaissant pas les résultats des analyses, fait sa tournée. On
supposera que les parcelles sont indépendantes et on donnera les résultats arrondis à
la quatrième décimale.

La question 3 peut être traitée indépendamment des questions 1 et 2.

ITSA1999 58
❶ quelle est la probabilité de ramasser uniquement du bois de qualité
supérieure:

① en se rendant dans une seule parcelle ?

② en se rendant dans cinq parcelles ?

❷ Si la tournée comprend 30 parcelles, quelle est la probabilité :


① de n'avoir ramassé que du bois de qualité supérieure ?

② d'avoir ramassé une et une seule fois du bois de qualité moyenne ou


inférieure ?

③ d'avoir ramassé strictement plus d'une fois du bois de qualité moyenne


ou inférieure ?

❸ Certains arbres sont atteints d'un parasite bénin. Les forestiers ont pu établir
les faits suivants :

- 20 % des arbres sont atteints par le parasite,


- parmi les arbres coupés, 25 % sont atteints par le parasite.

On note p la proportion d'arbres coupés dans l'exploitation, A l'ensemble des


arbres atteints par le parasite et B l'ensemble des arbres coupés.

① Calculer en fonction de p la probabilité π pour qu'un arbre non coupé


soit parasité.

② Quelle est la plus petite valeur de p pour laquelle π est inférieure ou


égale à 0,1 ?

③ A l'issue de la phase d'abattage du bois, la probabilité pour qu'une


parcelle soit totalement débarrassée du parasite est égale à 1/3. L'ensemble de
l'exploitation est constitué de 25 parcelles. Quelle est, dans les conditions précédentes,
et en supposant que les résultats sont indépendants d'une parcelle à l'autre, la
probabilité d'avoir décontaminé au moins 20 parcelles sur les 25 à l'issue de la phase
d'abattage ?

ITSA1999 59
EXERCICE n° 2

On examine un lot de gousses de pois et on note pour chacune sa longueur en


millimètres et le nombre de graines situées à l'intérieur. On obtient la série suivante :

Taille xi (mm) Nombre de


graines yi
71 4
54 1
82 7
84 11
74 6
91 7
82 7
53 4
75 8
56 2
69 3
70 7
78 7
72 7
80 8
52 5
83 6
74 9
82 6
87 6
47 3
78 7
52 7
70 2
45 4
41 2
49 1
81 8
75 7
65 5
54 2
64 5
85 6
75 6
53 9
68 6
67 6
82 9
88 3
75 7

ITSA1999 60
❶ Dans un tableau, indiquer, pour chaque série, son amplitude, sa moyenne,
son mode, sa médiane et son écart-type.

❷ Etablir un graphique utilisant deux axes et où chaque gousse soit représentée


par un point de coordonnées (xi, yi).

❸ Quelle remarque peut-on faire en observant ce graphique ?


❹ Classer dans un tableau les gousses par taille de 5mm en 5mm et par nombre
de graines, de 3 en 3 et donner l'effectif et la fréquence cumulée de chaque classe.

❺ Tracer la fonction de répartition des effectifs pour la série des tailles.

EXERCICE n° 3

Résoudre dans R2 le système suivant :

ì x 2 + y 2 = 208
í '
î xy = 96

ITSA1999 61
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VOIES A

et

B OPTION MATHEMATIQUES

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

Ce texte est tiré du livre d’Albert Jacquard «La légende de demain», paru
aux éditions Flammarion en octobre 1997. Il devra être résumé en 250 mots plus ou
moins 10%.

✱✱✱

La planète bleue, les satellites nous la montrent, magnifique dans


l’espace. Nous sommes en droit de l’admirer avec la satisfaction d’un propriétaire, elle
est à nous. C’est notre propriété de famille. Personne ne viendra nous la disputer.
Si l’on en croit la Bible, c’est le créateur qui nous l’a offerte. Elle est la Terre promise,
promise aux hommes.

Longtemps nous l’avons crue immense, quasi illimitée, inépuisable, apte à


nous procurer tout ce que nous exigions d’elle. Soudain, nous venons de comprendre
qu’elle est petite. Certes, les scientifiques l’avaient mesurée, pesée, analysée ; ils
avaient tout décrit d’elle, mais ils ne nous avaient pas fait comprendre l’essentiel :
l’espace où restera confiné le destin de l’homme est limité. Dans Regards sur le monde
actuel, Paul Valéry, dès 1945, nous a mis face à cette évidence : «Le temps du monte
fini commence ». Oui, notre domaine est marqué par des limites infranchissables, nous
ne le quitterons pas - du moins pas «demain».

ITSA1999 62
Sans doute, parmi les milliards d’étoiles, nombreuses sont celles qui sont
entourées de planètes ; et parmi ces planètes, nombreuses sont celles qui offrent un
milieu semblable au nôtre. Pourquoi ne pas aller s’installer sur un de ses astres de
rechange lorsque la Terre sera épuisée ? L’obstacle apparemment incontournable est
la structure de l’espace-temps. Qui rend impossible tout déplacement plus rapide que la
lumière. Or, il faut quatre années à cette lumière pour venir de la plus proche étoile , et
cent mille années pour venir des étoiles les plus éloignées de la Voie Lactée. Même si
l’éventuelle «Terre bis» n’était située qu’à quelques milliers d’année lumière, les
reconnaissances préliminaires puis le transport de l’humanité poseraient des problèmes
dont on imagine mal la solution. L’installation de l’humanité ailleurs que sur la Terre fait
partie des utopies non réalisables, dans notre exploration des demain possibles, il est
raisonnable d’admettre que nous sommes, sinon prisonniers, du moins pour longtemps
assignés à résidence. Nos ancêtres, pour qui la planète abondait en Terra Incognita,
pouvaient rêver d’un ailleurs quand leur environnement leur semblait déplaisant ; les
hommes d’aujourd’hui n’ont plus d’ailleurs.

Ce constat n’est pas triste ; il définit les «conditions aux limites», comme
disent les physiciens, permettent de rendre les projets d’avenir compatibles avec les
contraintes imposées par la nature. Que pouvons-nous demander à la Terre ? Il nous
fait connaître la réponse non seulement pour aujourd’hui et le futur proche, mais pour
les générations plus lointaines. La solidarité entre les hommes ne doit pas s’arrêter à
nos contemporains, elle doit s’étendre à tous nos descendants (...)

Face aux perspectives démographiques - huit milliards d’hommes dans


vingt ans, sans doute neuf ou dix milliards avant la fin de XXIe siècle -, la question
immédiate est la suivante : la Terre pourra-t-elle fournir aux hommes la nourriture dont
ils ont besoin ? Par bonheur, la réponse est positive, mais au prix de grands
changements dans nos habitudes.

La superficie consacrée aux productions alimentaires est de l’ordre de 1,5


milliards d’hectares, qui produisent en moyenne deux tonnes qu’équivalents céréales
par hectare. Malgré l’avancée de la désertification dans certaines régions comme le
Sahel, cette surface pourra être maintenue sans trop de difficultés et le rendement
moyen pourra être accru par l’emploi de variétés plus productives, d’engrais et de
méthodes de conservation des sols ; le maintien de l’alimentation des hommes au
niveau d’aujourd’hui ne posera donc guère de problème, même si la population
dépasse dix milliards d’individus. Mais ce niveau moyen n’a guère de signification, car
l’accès à la nourriture est très différent suivant les régions, et bien inférieur au
souhaitable dans de nombreux pays.

ITSA1999 63
La consommation totale d’énergie végétale, aussi bien pour les semences,
l’alimentation du bétail que pour la nourriture des humains, représente l’équivalent de
6 000 calories par jour et par personne en moyenne ; les écarts selon les Etats sont
considérables : 3 000 calories pour les plus démunis, 15 000 pour les plus gaspilleurs.
L’amélioration nécessaire des ressources alimentaires des premiers porteraient cette
moyenne à environ 9 000 calories. Autrement dit, les dix milliards d’humains de demain
consommeraient autant que si nous étions quinze milliards aujourd’hui. L’évolution des
rendements ne permettra pas - ou difficilement - de faire face à de tels besoins ; des
changements des habitudes alimentaires s’imposeront donc.

Manger de la viande, boire du lait, c’est indirectement consommer les


céréales absorbées par les animaux d’élevage. Le poids total de ces derniers étant
supérieur à celui de l’ensemble des humains, il sont donc leurs véritables concurrents
dans l’accès à la nourriture produites par la Terre. Or, un niveau de vie meilleur
s’accompagne d’un recours accru aux nourritures les plus coûteuses en équivalent
céréale. La véritable solution des problèmes que posera l’alimentation réside donc
moins dans une amélioration des rendements agricoles - souvent obtenus au détriment
de la conservation des sols ou d’un gaspillage inconsidéré des ressources en eau - que
dans une orientation nouvelle des normes de l’alimentation. Les Occidentaux devront
s’habituer à consommer moins de viande - leur santé y trouvera son compte.

La satisfaction des besoins en nourriture se heurtera aussi à un double


obstacle : l’utilisation croissante des surfaces arables pour des productions non
vivrières. Mises devant l’obligation de rembourser leurs dettes envers les pays
développés, les nations du tiers monde s’efforcent de produire des biens exportables au
détriment parfois des ressources nécessaires à leur survie. Ainsi, au début des années
80, les pays du Sahel ont produit des quantités record de coton destinées à
l’exportation alors que la famine sévissait, ce qui les a contraint à importer une quantité
accrue de céréales. Le caractère fondamentalement immoral de ce mécanisme est
manifeste si l’on songe que les cours mondiaux du coton s’effondraient à mesure que la
production en augmentait, tandis que ceux des céréales montaient à mesure que la
demande s’accroissait. Bel exemple d’un mécanisme libéral qui préserve en effet fort
bien la liberté du renard dans le poulailler.

En fait, la nourriture de l’humanité pose moins un problème technique


qu’un problème économique, donc politique. De même est politique la question posée
par les ressources en eau. Lors de la campagne aux élections présidentielles de 1974,
l’agronome René Dumont s’est rendu célèbre en montrant à la télévision un verre d’eau
et en ajoutant : «Cette eau sera dans vingt ans une denrée rare». Bien peu l’ont pris au
sérieux ? Mais aujourd’hui, selon lui, plus de deux milliards d’hommes ne disposent pas
d’eau potable, et ce chiffre va toujours croissant. La nature, pourtant, n’est guère avare
en ce domaine, mais l’eau qu’elle nous fournit à profusion est dilapidée, gaspillée,
polluée sans égard pour sa prochaine rareté. Sa répartition sur la planète est modifiée
par l’effet de serre, qui provoque sécheresse ici et inondations là ; or, cet effet est la
conséquence des activités humaines, notamment l’utilisation inconsidérée des
combustibles fossiles, en premier lieu le pétrole.

ITSA1999 64
(...) Le constat que la Terre pourra nourrir les hommes, sans trop de
difficultés, même si leur effectif atteint dix milliards, a conduit à mettre en doute la
nécessité d’une limitation de la fécondité. En fait, la vraie question n’est pas «Combien
la Terre peut-elle nourrir d’hommes ?» mais «Combien peut-elle supporter
d’hommes ?». Ce qui implique de répondre d’abord à la question : «Quelle sorte
d’hommes ?». Si ce sont des paysans traditionnels qui ne demandent à la Terre que
leur nourriture, le maximum, dans les conditions actuelles, est supérieur à dix milliards.
Si ce sont des occidentaux moyens aux exigences multiples en richesses non
renouvelables, la réponse est fort différente. Sans doute un milliard serait-il déjà
beaucoup trop.

Il est raisonnable de consommer le produit d’une récolte ; le prochain été


en apportera une autre ; La Terre, régulièrement, renouvelle ce cadeau. Mais il est des
cadeaux qu’elle ne renouvellera pas. Ainsi a-t-elle constitué, au cours de centaines de
millions d’années, un trésor sous forme de pétrole, résultat d’une lente décomposition
des cadavres d’une multitude de bactéries. Il nous est si précieux que nous avons
cherché partout les endroits où il peut être enfoui ; nous en avons tant découvert qu’il
reste aujourd’hui 150 milliards de tonnes de réserve prouvée. Nous sommes conscients
que de nouvelles découvertes permettront d’accroître ce trésor, mais elles exigerons
des moyens toujours plus coûteux. Le maximum réellement accessible ne dépasse
sans doute pas 450 milliards de tonnes. Or, chaque année nous en brûlons 4,5 milliards
de tonnes.

A ce rythme, si optimiste soit-on quant aux découvertes à venir, ce trésor


sera presque dilapidé avant la fin du prochain siècle. Et peut-être avant, car les pays
dont l’économie est en difficulté - c’est-à-dire presque tous - cherchent l’issue de leurs
problèmes dans la «croissance», ce qui entraîne une augmentation de la
consommation de pétrole, rapprochant l’échéance finale.

Un problème semblable se pose pour le gaz naturel et le charbon, de


façon toutefois moins importante car les réserves sont immenses. Il se pose aussi pour
les richesses renouvelables dont le rythme de production est plus lent que le rythme de
consommation, par exemple les forêts ou les nappes phréatiques profondes. Dans les
déserts des Etats-Unis, d’Arabie ou de Libye, des oasis ont été crées en pompant dans
ces nappes ; mais celles-ci seront épuisées dans quelques générations. Nos petits-
enfants regarderont avec une certaine rancoeur ces lieux que leurs ancêtres ont rendus
provisoirement verdoyants pour leur profit ; ils les contempleront avec la même tristesse
que nous quand nous regardons l’emplacement de la mer d’Aral aujourd’hui disparue.

ITSA1999 65
Si nous poursuivons dans l’absurde direction que nous avons baptisé
«croissance», dans quelques centaines d’années, c’est-à-dire très bientôt, nous vivrons
dans un jardin qui n’aura plus rien d’édénique tant nous l’aurons ravagé. Est-ce digne
d’une espèce supposée raisonnable ?

Pour préparer demain, il ne suffit pas de constater le résultat des erreurs


commises, il faut essayer d’en préciser les causes. Pour le gaspillage des ressources,
c’est le respect abusif de la propriété qui a mené dans une impasse. Tant que la Terre
était considérée comme illimitée, il était normal, pour celui qui avait défriché et
ensemencé un terrain, de s’approprier ses récoltes, puis le terrain lui-même, enfin les
richesses qu’il recelait. Les autres hommes pouvaient trouver un équivalent ailleurs ; ils
n’étaient pas spoliés. Aujourd’hui que nous ne disposons plus d’un ailleurs, cette
attitude est devenue déraisonnable. Toute appropriation, qu’elle soit individuelle ou
collective, d’une richesse limitée offerte aux hommes par la nature est nécessairement
un vol. La seule collectivité qui puisse à bon droit s’en déclarer propriétaire est
l’ensemble de l’humanité.

A la question «A qui appartient tel gisement de pétrole ?» notre société a


répondu, sans réfléchir, comme s’il s’agissait d’un champ labouré ou d’un pâturage
figurant au patrimoine d’un paysan. L’émir du Koweït ou celui du Brunei se sont ainsi
trouvés à la tête d’une fortune colossale, donc d’un pouvoir exorbitant, sans avoir eu
d’autre peine que de naître au-dessus de quelques milliards de barils. La seule réponse
sensée est : «Chaque gisement appartient à tous les hommes, non seulement à ceux
d’aujourd’hui, mais à ceux de toutes les générations à venir». Autrement dit, le pétrole,
comme toutes les richesses non renouvelables ou trop lentement renouvelables offertes
par la planète, doit être considéré comme patrimoine commun de l’humanité.

Ce concept a été forgé par l’Unesco à propos des richesses culturelles


offertes par les hommes aux hommes. Le temple de Borobudur, la cathédrale d’Amiens,
la ville de Venise n’appartiennent plus à des églises ou à des Etats, qui en ont été, avec
leur accord, dépossédés. Cette renonciation à l’appropriation a été étendue à tous les
objets extérieurs à la planète : ni la lune ni un astéroïde ne peut être accaparé par une
nation qui y planterait son drapeau. De même, le danger d’une détérioration du
continent antarctique a conduit les vingt-six pays qui s’y étaient implantés à renoncer,
en 1957 puis en 1991, à différer leurs revendications territoriales et à n’y exercer que
des activités pacifiques. L’Antarctique commence à être considéré comme un
patrimoine commun.

Ce ne sont là que les premiers pas dans la seule direction compatible


avec les limites de la planète. Ils sont encourageants, mais n’ont été accomplis qu’en
raison de leur bien faible impact économique. Les pas suivants seront autrement
difficiles, lorsqu’il sera proposé, par exemple, de déclarer le pétrole patrimoine commun
de l’humanité. Pourtant, l’urgence est grande.

ITSA1999 66
Pour préparer un demain vivable tout en sauvegardant après-demain, trois
objectifs doivent être simultanément poursuivis : ne pas épuiser les ressources
énergétiques de la planète ; produire de l’énergie sans détériorer le climat ; réduire les
écarts entre les nations dans l’accès à l’énergie.

Il est clair que le «laisser faire» cher aux néolibéraux ne permettra


d’atteindre aucun de ces objectifs. Il ne peut aboutir qu’à une concurrence exacerbée et
à une fuite en avant accélérée qui précipitera la catastrophe. Le scénario d’un tel
«laisser faire» a été étudié par le Conseil mondial de l’énergie. Il a fait l’hypothèse que
les pays les plus riches (l’Amérique du Nord et l’Europe) poursuivaient leur croissance à
un rythme un peu inférieur à 2% par an et que le rapport des niveaux de vie entre eux et
les plus pauvres (l’Inde et l’Afrique), ne seraient plus, en 2060 que de 5 à 1 contre 20 à
1 aujourd’hui. L’égalité serait donc encore loin d’être réalisée. Pour nourrir cette
croissance et parvenir à ce début de rattrapage, il aurait fallu épuiser les réserves de
pétrole, réduire de trois-quarts celles du gaz et doubler la teneur en CO2 de
l’atmosphère, ce qui aurait eu de graves effets sur le climat. Nous serions loin d’une
gestion «en bon père de famille» de notre propriété.

Une autre attitude s’impose ; un autre scénario est possible. Il tire les
conséquences d’une évidence : la source d’énergie la plus importante réside dans
l’économie d’énergie. Une politique volontariste qui s’efforcerait d’exploiter au mieux
cette source pourrait aboutir à une humanité de l’an 2060 bien différente de celle du
«laisser faire». Le scénario alternatif admet que la consommation d’énergie des
Américains, loin de progresser, serait divisée par 3, celle des Européens par 2, tandis
que celle des Africains et des Asiatiques serait multipliée par plus de 2 ; les écarts
seraient donc véritablement réduits. La conséquence serait une augmentation de
seulement 20% de la teneur en CO2, ce qui n’irait pas sans inconvénients, mais
resterait acceptable. L’équilibre de notre planète serait durablement préservé.

Une telle évolution n’est nullement utopique. Elle suppose des mesures
législatives et fiscales ayant pour effet de restreindre les transports routiers, d’améliorer
l’isolation de l’habitat, d’accroître le recours aux énergies renouvelables, d’orienter les
procédés de fabrication vers ceux qui sont les moins coûteux en énergie. Ce sont là des
réponses technologiques. Leur apport sera précieux, mais il sera, à coup sûr,
insuffisant; c’est une nouvelle finalité donnée à nos sociétés qui s’impose.

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

Dans tous les exercices, R désigne l’ensemble des nombres réels.

EXERCICE n° 1

Soit f la fonction numérique définie sur l’ensemble des nombres réels non
ex − 1
nuls ( R* ) par f ( x ) = .
x

❶ Montrer qu’il existe une fonction numérique continue ϕ définie sur R et


telle que : ∀ x ∈ R* , ϕ ( x ) = f ( x ) .

❷ Etudier le sens des variations de ϕ .

❸ Représenter graphiquement la fonction ϕ .

❹ Soit g la fonction définie sur R par :


1 ex − 1
g ( x) = Ln ( )
x x
où Ln désigne le logarithme népérien.

ITSA2000 70
- Déterminer l’ensemble de définition de g
xg ( x )
- Déterminer Lim
x→ 0 ϕ ( x ) − 1

EXERCICE n° 2

Soit E l’espace des applications numériques continues définies sur R et


de période 2 π . On note E p le sous-ensemble de E des applications paires et Ei celui
des applications impaires.

❶ Montrer que E est un espace vectoriel réel.

❷ Montrer que E p 1 E i = { 0}

❸ Démontrer que les 3 applications f1 , f 2 , f 3 définies par :

f 1 (t ) = cos t , f 2 (t ) = cos 2t , f 3 (t ) = cos 3t

sont linéairement indépendantes dans E .

❹ Soient g1 , g2 et g3 les applications définies par :


g1 ( t ) = sin t , g2 ( t ) = sin 2 t , g3 ( t ) = sin 3t

Donner une base de l’espace vectoriel F engendré par les 6 fonctions


{ f 1 , f 2 , f 3 , g1 , g 2 , g 3 }
❺ Soit D l’application qui à toute fonction de F fait correspondre sa
dérivée. Montrer que D est une application linéaire de F dans F . Déterminer son noyau
et son image.

EXERCICE n° 3

❶ Déterminer tous les triplets de nombres réels ( a−1 , a0 , a1 ) qui vérifient les
deux équations suivantes :
å ak = 1, å ka k = 0
1 1
(i ) (ii )
k =−1 k =−1

ITSA2000 71
❷ Soit X t une suite de nombres réels, où t est un entier relatif. On
å ak X t + k
1
considère M 3 l’application qui à X t fait correspondre M3 X t = , où le triplet
k =−1
( a−1 , a0 , a1 ) vérifie la condition (i ) de la question précédente. Montrer que M 3 est une
application linéaire.

❸ Soit f t la suite définie par f t = at + b , où t est un entier relatif et ( a , b) un


couple de nombres réels. Calculer M 3 f t .

- Soit gt la suite définie par gt = cos ωt , où t est un entier relatif et ω un nombre


réel. Pour quelles valeurs de ω a-t-on M 3 gt = gt ?
- En déduire M 3 ( f t + gt ) .

1
❹ Dans cette question uniquement, on pose a−1 = a0 = a1 = . Pour quelles
3
valeurs de ω a-t-on M 3 gt = 0 ?

å
1
❺ Déterminer le triplet ( a−1 , a0 , a1 ) qui minimise l’expression ak2 et qui
k =−1
vérifie la condition (i ) de la première question.

å ak2
2
- Déterminer le quadruplet ( a−1 , a0 , a1 , a2 ) qui minimise l’expression et qui
k =−1
vérifie les 3 conditions suivantes :

å ak = 1, å ka k = 0, å k 2ak = 0
2 2 2

k =−1 k =−1 k =−1

- On appelle M 4 l’application associée au quadruplet précédent. Calculer M4ht , où


ht = at + bt + c , avec t entier relatif.
2

EXERCICE n° 4

Dans le plan R2 , on considère H l’homothétie de rapport 2 et G la


π
rotation de centre l’origine et d’angle .
4

❶ Pour tout couple ( x , y ) ∈ R2 , expliciter H ( x , y ) et G ( x , y ) .

❷ Soit f la composée de H et de G , à savoir f = HoG . Déterminer


f ( x, y).

ITSA2000 72
❸ Montrer que f est bijective.

PROBLEME

On considère la fonction numérique f définie par :


xLnx
f ( x) = 2
( x + 1)2
où Ln désigne le logarithme népérien.

❶ Déterminer l’ensemble de définition E de f .

❷ Calculer la dérivée f ' de f .


- Montrer que la recherche des réels x ∈ E tels que f ' ( x ) = 0 se ramène à la
recherche des points d’intersection de la courbe représentative ( Γ1 ) de la fonction Ln et
de la courbe représentative ( Γ2 ) d’une fonction rationnelle g , que l’on déterminera.
- Tracer sur le même graphique les courbes ( Γ1 ) et ( Γ2 ) .
- Démontrer qu’il existe deux réels x1 et x2 de E qui annulent la dérivée de f .
- Donner un encadrement à 10−1 près de chacun des réels x1 et x2 .

❸ Déterminer le sens de variation de f .


f ( x)
- Déterminer Lim f ( x ) , Lim f ( x ) et Lim
x→+∞ x→ 0+ x→ 0+ x
- Tracer la courbe représentative ( Γ ) de la fonction f . On précisera les
ordonnées des points de ( Γ ) d’abscisse 1, 2, 3 et 4.

❹ Trouver une primitive de la fonction f .

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A et B

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des 3 sujets au choix.

SUJET N° 1

«Par quels critères peut-on distinguer une oeuvre d’art d’un objet
quelconque ?».

SUJET N° 2

«Est-il facile de penser librement ?».

SUJET N° 3

«La certitude d‘avoir raison est-elle un indice suffisant de vérité ?»


(baccalauréat 1994).

ITSA2000 74
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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

EXERCICE N° 1

On considère le polynôme P (z ) défini par :

P( z ) = z 3 − 2 z 2 − (4 + 4i ) z − 16 + 16i

où z désigne une variable complexe.

Œ Montrer que l'équation P( z) = 0 admet une solution réelle notée a et une solution
imaginaire pure notée b que l'on déterminera.
 Déterminer le complexe c tel que P( z) = ( z − a)( z − b)( z − c) .
Ž On désigne par A, B et C les points du plan complexe dont les affixes sont
c−b
respectivement a, b et c. Calculer et en déduire la nature du triangle ABC
a−b

ITSA2000 75
EXERCICE N° 2

Un candidat à un examen doit répondre à un questionnaire comprenant dix


questions indépendantes. Pour chaque question, trois réponses sont proposées dont
une seule est exacte. Le candidat doit cocher la réponse qu'il juge bonne.
Dans tout l'exercice, on suppose qu'un candidat répond au hasard à toutes les
questions.
Œ Calculer la probabilité pour qu'il donne la réponse exacte à la première question.
 Quelle est la probabilité pour qu'il donne les réponses exactes aux 10 questions?
Ž Pour tout entier k compris entre 0 et 10, donner, en fonction de k la probabilité P pour
k

qu'il donne les réponses justes à k questions exactement.


 Donner les valeurs numériques des probabilités P pour les entiers k de 0 à 4 à
k
−4
10 près.
Soit k le nombre de réponses exactes données par le candidat. Si k ≤ 4, le
candidat se voit attribuer la note 0. Quelle est la probabilité que le candidat obtienne la
note 0.

Problème

Partie I

Soit E l'ensemble des matrices carrées de la forme:

æa + b 0 ö
M (a, b) = çç ÷
è a b − a ÷ø

où a et b sont des réels. On pose I = M (0,1) et J = M (1,0) .


Œ Montrer que E est un sous-espace vectoriel de base (I, J) de l'espace vectoriel réel
des matrices 2 x 2.
 Calculer J
. En déduire que si M∈ E, M'∈ E alors M x M'∈ E. Montrer que (E, +, x) est un
2

anneau commutatif unitaire.


Ž Quelles sont les matrices M(a, b) inversibles dans E ? Exprimer alors
(M (a, b))−1 dans la base (I, J).

ITSA2000 76
Partie II
Dans ce qui suit on suppose b = 0.
H H
Soit V un plan vectoriel euclidien de base orthonormée ( i , j ).
Soit P un plan affine d'espace vectoriel associé V, rapporté au repère orthonormé (O,
H H
i , j ).
H H
Soit f a l'application de P dont l'endomorphisme associé a pour matrice dans ( i , j )

æa 0 ö
M (a,0) = çç ÷
÷
èa − aø

et qui au point O fait correspondre le point O' (0, a+3).


Œ Déterminer les coordonnées (x', y') de l'image par f a d'un point de coordonnées (x,
y).
 Pour quelles valeurs de a, f a est-elle une bijection? Déterminer analytiquement,
quand elle existe, f a−1 .

Ž Déterminer suivant les valeurs de a l'ensemble D des points invariants par f . a

 Pour quelle valeur de a l'application f o f est égale à l'application identité de P.


a a

Partie III

H H
Soit (C) la courbe représentative dans le repère (O, i , j ) de la fonction numérique g
définie pour tout réel strictement positif par:

x ln x
g ( x) =
+2+
2 x
où ln désigne le logarithme népérien.
Œ On considère la fonction h de R *
+ dans R définie par :

h( x) = x 2 − 2 ln x + 2

ITSA2000 77
Etudier les variations de h et préciser le signe de h(x). (On ne demande pas de tracer
la courbe représentative de h). R désigne l’ensemble des nombres réels.
 Etudier les variations de la fonction g. Montrer que la courbe (C) a deux asymptotes
que l'on déterminera. Montrer que (C) coupe l'une de ces asymptotes en un point que
l'on précisera. Tracer la courbe (C).
Ž Soit (C ) la transformée de (C) par l'application
1 f1 définie dans la partie II pour a = 1.
a) Ecrire une équation de (C1 ) . On appelle g1 la fonction ainsi définie.
b) Montrer que (C) et (C1 ) ont les mêmes droites asymptotes.
H H
Tracer (C1 ) dans le repère (O, i , j ) que (C) sans étudier g1 .
 Calculer l'aire de la partie du plan limitée par la droite d'équation x = 1, la droite
d'équation
x = m (m > 1) et les courbes (C) et (C1 ) .

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VOIE A

EPREUVE DE CALCUL NUMERIQUE

DUREE : 2 HEURES

EXERCICE n° 1

On considère un dé tétraédrique régulier dont les quatre faces sont numérotées


de 0 à 3. Soit X la variable aléatoire égale au produit des numéros des 3 faces visibles
du dé.

Œ
a. Faire le tableau T1 croisant les valeurs de la variable X et les probabilités
de X correspondantes.
b. Calculer l'espérance mathématique E(X) de X, et la variance V(X) de X.
c. Tracer la fonction de répartition de X.

 On jette le dé cinq fois de suite. Quelle est la probabilité d'obtenir au moins une
fois l'événement "X=0"?

Ž Soit n un entier strictement positif. Déterminer n0 le nombre minimal de lancers du


dé, tel que pour tout n supérieur ou égal à n0, la probabilité d'obtenir au moins une
fois l'événement "X=0" dépasse 0.99999.

ITSA2000 79
EXERCICE n° 2
1
On cherche à approcher numériquement l'intégrale xn
In = ò dx, n ∈ IN .
10 + x
Œ Premier encadrement. 0

a. Calculer I0 .
b. Montrer que (In)n O IN est une suite décroissante.
c. Montrer que pour tout n O IN,

1 1
≤ In ≤ .
11 (n + 1) 10 (n + 1)

 Deuxième encadrement.
a. Montrer que
1
0 ≤ I n − I n +1 ≤ .
10 (n + 1) (n + 2)

b. Etablir pour tout n > 0 une relation de récurrence exprimant In en fonction de In-1.
c. Déduire des questions 2.a et 2.b que pour tout n O IN,
1 1 1
≤ In ≤ + .
11(n + 1) 11(n + 1) 110 (n + 1) (n + 2)
Ž On fait l'approximation 1
In ≈ .
11 (n + 1)
Soit An l'erreur absolue définie par
1
∆ n = β ( n) − ,
11 (n + 1)
où K(n) est la borne supérieure dans l'encadrement de In. Soit Yn, l'erreur relative définie
par
∆n
ξn = .
In

a. Calculer pour l'encadrement de chacune des questions 1 et 2 l'erreur absolue.

ITSA2000 80
b. On pose n=36 . Donner la valeur approchée de I36 ; pour chacun des
encadrements, calculer l'erreur relative lorsqu'on fait une approximation de I36.

EXERCICE n° 3

On dit que deux suites (an) et (bn) pour tout n OIN, sont adjacentes si et seulement si :

- an est inférieur ou égal à bn pour tout n OIN


- (an) est une suite croissante
- (bn) est une suite décroissante
- et la suite (bn - an ) tend vers zéro lorsque n tend vers l'infini.

Montrer que les suites (an ) et (bn ) définies comme suit sont adjacentes :

an + bn
an +1 = an bn , a0 = a; bn +1 = , b0 = b, avec 0 < a < b.
2

ITSA2000 81
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VOIES A

et

B OPTION MATHEMATIQUES

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

Ce texte est tiré du livre intitulé «Le Sentiment même de soi , corps,
émotions, conscience» d'Antonio [Link], paru aux éditions Odile Jacob en
octobre 1999. Il peut être résumé en 250 mots, plus ou moins 10 %.

✱✱✱

ITSA2000 82
Les émotions et les sentiments d'émotions sont respectivement le début et le
terme d'une progression, mais le caractère relativement public des émotions et l'aspect
complètement privé des sentiments qui en découlent montrent bien que les
mécanismes situés tout au long de ce continu sont extrêmement différents. Il est utile de
respecter une distinction entre émotion et sentiment, si nous voulons enquêter à fond
sur ces mécanismes. J'ai proposé de réserver le terme de sentiment à l'expérience
mentale et privée d'une émotion, et d'utiliser au contraire le terme d'émotion pour
désigner l'ensemble de réponses qui, pour bon nombre d'entre elles, sont publiquement
observables. En termes pratiques, cela veut dire que l'on ne peut observer un sentiment
chez quelqu'un d'autre, même si l'on peut observer un sentiment chez soi lorsque, en
tant qu'être conscient, on perçoit ses propres états émotionnels. Pareillement, personne
ne peut observer ses propres sentiments, mais certains aspects des émotions qui
donnent lieu à vos propres sentiments, d'autres que vous pourront manifestement les
observer. En outre, à titre d'exemple, les mécanismes fondamentaux qui sous-tendent
l'émotion ne nécessitent pas la conscience, même s'ils finissent par y avoir recours : on
peut être à l'origine des processus en cascade qui conduisent à une manifestation
émotionnelle, sans être conscient de ce qui a pu servir d'induction à l'émotion et encore
moins des étapes intermédiaires qui y ont conduit. En effet, on peut même concevoir
qu'un sentiment se produise dans la fenêtre temporelle limitée du ici et maintenant sans
que l'organisme sache effectivement que tel est le cas. Assurément, à ce stade de
l'évolution et à ce moment de notre vie adulte, les émotions se produisent dans un
contexte où la conscience est présente. Nous pouvons constamment ressentir nos
émotions et nous savons que nous les ressentons. L'étoffe dont sont faits nos esprits et
nos comportements se tisse autour de cycles émotionnels continus, auxquels succèdent
des sentiments dont on prend connaissance, et qui engendrent à leur tour de nouvelles
émotions, en une polyphonie continuelle qui met en évidence et ponctue notre esprit de
pensées spécifiques, et d'actions notre comportement. Mais même si l'émotion et le
sentiment font désormais partie d'un continuum fonctionnel, il est utile de distinguer les
étapes qui jalonnent ce continu, si l'on veut étudier les sous-bassements biologiques
avec quelques chances de succès. Par ailleurs, comme on l'a suggéré plus haut, il est
possible que les sentiments se tiennent au seuil même qui sépare l'être du connaître,
bénéficiant ainsi d'un lien privilégié avec la conscience.

ITSA2000 83
Pourquoi suis-je aussi prêt à affirmer que les rouages biologiques sous-tendant
l'émotion ne sont pas dépendant de la conscience ? Après tout, dans notre expérience
quotidienne, nous connaissons souvent, semble-t-il, les circonstances qui sont à l'origine
d'une émotion. Mais connaître souvent n'est pas connaître toujours. De nombreux
éléments plaident en faveur de la nature cachée de l'induction émotionnelle, et je vais
illustrer ce point en m'appuyant sur certains résultats expérimentaux obtenus dans mon
laboratoire.

David souffre de l'un des déficits les plus graves de l'apprentissage et de la


mémoire qui aient jamais été rapportés ; il est absolument incapable d'apprendre
quelque fait nouveau que ce soit. Par exemple, il ne peut apprendre aucune apparence,
aucun son, aucun lieu ou mot physique nouveau. En conséquence, il ne peut apprendre
à reconnaître une personne nouvelle, à partir de son visage, de sa voix ou de son nom,
pas plus qu'il ne peut se souvenir de quoi que ce soit se rapportant à l'endroit où il a
rencontré une certaine personne ou les événements qui se sont déroulés entre lui et
cette personne. Le problème de David a pour cause une lésion importante des deux
lobes temporaux, qui comprend des lésions dans une région qu'on appelle l'hippocampe
(dont l'intégrité est nécessaire pour créer des souvenirs de faits nouveaux) et la région
qu'on appelle l'amygdale (un groupement sous-cortical de noyaux concernés par
l'émotion et que je mentionnerai quelques pages plus loin).

Il y a de nombreuses années de cela, j'ai entendu dire que David semblait


manifester, dans sa vie de tous les jours, des préférences et des aversions constantes
envers certaines personnes. Par exemple, dans le lieu où il a vécu pendant près des
vingt dernières années, il y avait des gens bien précis auprès desquels il choisissait
fréquemment de se rendre s'il voulait une cigarette ou une tasse de café, et il y avait des
gens vers lesquels il n'allait jamais. La constance de ces comportements était des plus
curieuses, si l'on garde à l'esprit 1/ que David était absolument incapable de reconnaître
l'un quelconque de ces individus ; 2/ qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait vu
ou non l'un quelconque d'entre eux ; et 3/ qu'il était incapable de produire le nom
d'aucun d'entre eux ou même de désigner aucun d'entre eux une fois qu'on lui en avait
donné le nom. Se pouvait-il que cette histoire fascinante soit plus qu'une curieuse
anecdote ? Je décidai de le vérifier et me mis à procéder à des tests empiriques. À cette
fin en collaboration avec mon collègue Daniel Tranel, je mis au point une expérience

ITSA2000 84
qu'on appelle depuis, dans notre laboratoire, l'expérience du " bon garçon " et du "
mauvais garçon ".
Sur une période d'une semaine, nous pûmes entraîner David, en des
circonstances entièrement contrôlées, dans trois types distincts d'interaction humaine.
Dans l'une d'elles, il s'agissait d'entrer en interaction avec quelqu'un qui était
extrêmement agréable et qui récompensait toujours David, qu'il ait ou non demandé
quelque chose ( c'était le " bon garçon "). Une autre interaction faisait intervenir
quelqu'un qui était émotionnellement neutre et qui entraînait David dans des activités qui
n'étaient ni plaisantes, ni déplaisantes (c'était le " garçon neutre "). Un troisième type
d'interaction impliquait un individu dont les manières étaient brusques, qui répondait
toujours non à quelque requête que ce fût, et qui entraînait David dans une tâche
psychologique très fastidieuse qui serait venue à bout de la patience d'un saint ( le "
mauvais garçon "). (...)

La mise en scène de ces différentes situations fut programmée sur une durée de
cinq jours consécutifs, mais toujours pendant un laps de temps bien spécifié pour qu'on
puisse bien mesurer et comparer l'exposition globale au bon, au mauvais et à
l'indifférent. La mise en scène élaborée de ce ballet nécessitait des pièces variées et
plusieurs assistants, qui, incidemment, n'étaient pas les mêmes, et qui incarnaient
respectivement le bon garçon, le mauvais garçon, et le garçon neutre.

Une fois que toutes ces rencontres purent faire leur effet, nous demandâmes à
David de participer à deux tâches distinctes. Au cours de l'une d'entre elles, on
demandait à David de regarder deux séries de quatre photographies qui comportaient le
visage de l'un des trois individus de l'expérience, puis on lui demandait : " Auprès de qui
te rendrais-tu si tu avais besoin d'aide ? ", et pour que les choses soient plus claires : "
Qui, selon toi, est ton ami dans ce groupe ? ".

David se comporta de la manière la plus spectaculaire qui soit. Lorsque


l'individu qui avait été positif à son égard faisait partie du groupe des quatre, David
choisissait le bon garçon dans 80% des cas, ce qui indiquait que son choix ne se faisait
manifestement pas de manière aléatoire - seul le hasard aurait fait choisir à David
chacun des quatre dans 25% des cas. L'individu neutre était choisi avec une probabilité
qui n'était pas supérieure au hasard. Quand au mauvais garçon, il n'était jamais choisi,
ce qui, ici encore, s'opposait à un comportement aléatoire.

ITSA2000 85
Dans une seconde tâche, on demandait à David de regarder les visages des
trois individus, et de dire ce qu'il savait à leur sujet. Comme à l'ordinaire, pour lui, rien ne
lui venait à l'esprit. David était incapable de se souvenir les avoir jamais rencontrés et
n'avait aucune mémoire du moindre cas où il ait interagi avec eux. Inutile de dire qu'il
était incapable de nommer l'un quelconque de ces individus, incapable d'indiquer l'un
quelconque d'entre eux, une fois qu'on lui en avait donné le nom, et il n'avait pas non
plus la moindre idée de ce dont nous parlions lorsque nous l'interrogions sur les
événements de la semaine précédente. Mais lorsqu'on lui demandait lequel, parmi les
trois, , était son ami, il choisissait constamment le bon garçon.

Les résultats montrent que l'anecdote méritait d'être étudiée. De toute évidence,
il n'y avait rien dans l'esprit conscient de David qui lui donnât une raison explicite de
choisir le bon garçon de façon correcte et de rejeter le mauvais garçon de façon
correcte. Il ignorait pourquoi il choisissait l'un et il rejetait l'autre ; il le faisait, tout
simplement. La préférence non consciente qu'il manifestait, cependant est probablement
liée aux émotions qui avaient été induites en lui durant l'expérience, ainsi qu'à la ré-
induction non consciente d'une certaine partie de ces émotions au moment où il se
trouvait soumis au test. David n'avait pas appris une connaissance nouvelle du type de
celle qui peut se manifester dans l'esprit de quelqu'un sous la forme d'une image. Mais
quelque chose était demeuré dans son cerveau, et ce quelque chose pouvait produire
des résultats sous une forme non imagée : sous la forme d'actions et de comportement.
Le cerveau de David pouvait produire des actions proportionnées à la valeur
émotionnelle des rencontres originelles, qu'elles aient été causées par la récompense ou
l'absence de récompenses. Pour que cette idée soit bien claire, je vais décrire une
observation que j'ai pu faire lors d'une des séances d'exposition, au cours de
l'expérience du bon et du mauvais garçon.

On était en train de conduire David à une rencontre avec le mauvais garçon


quand voici qu'au moment d'entrer dans le corridor menant à la pièce où l'attendait le
mauvais garçon, quelques mètres plus loin, il flanche, s'arrête un instant, et seulement
alors se laisse conduire gentiment jusqu'à la salle d'examen. Je sautai sur l'occasion et
lui demandai immédiatement si quelque chose n'allait pas, s'il y avait quelque chose que
je pouvais faire pour lui. Mais, comme c'était à prévoir, il me dit que non, que tout allait
bien - après tout, rien ne lui venait à l'esprit, si ce n'est, peut-être, un sens émotionnel
isolé mais sans qu'une cause sous-tende cette émotion. Il ne fait pour moi aucun doute
que la vue du mauvais garçon avait induit une réponse émotionnelle brève et un

ITSA2000 86
sentiment bref, ici et maintenant. Toutefois, en l'absence d'un ensemble
convenablement lié d'images, qui auraient pu lui expliquer la cause de la réaction, l'effet
resta isolé, déconnecté, et par là même, immotivé. ( ... )

La situation qui vient d'être décrite nous permet de faire quelques autres
remarques. Premièrement, la conscience centrale de David est intacte, point sur lequel
nous reviendrons au chapitre suivant. En second lieu, alors que dans le contexte de
l'expérience du bon et du mauvais garçon, les émotions de David ont été induites de
façon non consciente, dans d'autres contextes, il se met à avoir des émotions en
connaissance de cause. Lorsqu'il n'a pas à invoquer en mémoire quelque chose de
nouveau, il sent qu'il est heureux parce qu'il goûte à un plat favori ou qu'il assiste à une
scène agréable. En troisième lieu, compte tenu de la destruction remarquable qu'ont
subie plusieurs régions corticales et sous-corticales de son cerveau qui sont liées à
l'émotion, (...), il est manifeste que ces territoires ne sont indispensables ni à l'émotion,
ni à la conscience. (...)

Je terminerai ces commentaires en disant que celle qui jouait le rôle du mauvais
garçon, dans notre expérience, était une jeune neurologue fort belle et agréable. Nous
avons conçu l'expérience de la sorte, en la faisant jouer à contre-emploi. (...) . Comme
vous pouvez le voir, notre petite stratégie légèrement perverse fut payante. Toute la
beauté du monde aurait été incapable de compenser l'émotion négative induite par les
manières du mauvais garçon et par la maigre distraction procurée par la tâche.

Nous n'avons pas à être conscients de l'inducteur d'une émotion, et bien


souvent, nous ne le sommes pas, et nous ne pouvons pas contrôler les émotions à
volonté. On peut se trouver dans un état triste ou heureux, tout en étant absolument
incapable de dire on se trouve en ce moment même dans cet état. Une recherche
minutieuse peut mettre au jour des causes possibles, et telle cause peut être plus
probable que telle autre, mais bien souvent, il est impossible d'être certain. La cause
réelle peut avoir été l'image d'un événement, une image qui avait la potentialité d'être
consciente, mais qui ne l'a tout bonnement pas été, parce que vous n'y avez pas fait
attention alors que vous faisiez attention à une autre. Ou bien il se peut qu'il n'y ait pas
eu d'image du tout, mais qu'il s'est plutôt produit un changement transitoire dans le profil
chimique de votre milieu interne, lequel a été provoqué par des facteurs aussi divers que
votre état de santé, le régime, le temps, le cycle hormonal, le nombre, grand ou petit,
d'exercices que vous avez pratiqués ce jour là, ou même la quantité de soucis que vous

ITSA2000 87
vous étiez faits sur un certain sujet. Le changement serait assez substantiel pour
produire certaines réponses et modifier votre état corporel, mais il ne serait pas possible
à mettre en image, au sens où peuvent l'être une personne ou une relation ; en d'autres
termes ; il ne produirait pas une configuration sensorielle dont vous pourriez jamais avoir
une connaissance immédiate dans l'esprit. En d'autres termes, les représentations qui
induisent les émotions et donnent lieu, par la suite, à des sentiments, n'ont pas besoin
d'être l'objet de l'attention, qu'elles signifient quelque chose d'extérieur à l'organisme ou
quelque chose qu'on se rappelle en son for intérieur. Qu'elles soient de l'extérieur ou de
l'intérieur, les représentations peuvent se produire à un niveau infra-conscient et induire
néanmoins des réponses émotionnelles. Les émotions peuvent être induites d'une
manière non consciente et apparaître ainsi au Soi conscient comme étant apparemment
immotivées.

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A et B

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des 3 sujets au choix.

SUJET N° 1

Comparez la Passion et la Volonté.

SUJET N° 2

Peut-on qualifier d’inhumaines certaines actions de l‘homme et


pourquoi ?

SUJET N° 3

L’inégalité des hommes rend-elle impossible l’égalité des citoyens ?

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

EXERCICE n° 1

On considère la fonction f définie sur l’ensemble (R +* × R +* ) par


f ( x , y) = x α y β , où R +* désigne l’ensemble des nombres réels strictement positifs et
α, β appartiennent à R +* .

❶ Pour y fixé dans R +* , on pose g( x ) = f ( x, y) . Etudier les variations


de g selon les valeurs de α et donner l’allure de son graphe.

❷ On suppose que pour tout couple ( x, y) de (R +* × R +* ) , on a :


ax + by ≤ R , où a , b, R sont des réels strictement positifs.
Déterminer Max f ( x, y) ( Max désigne le maximum de f en x ).
x x

❸ Etudier les variations de la fonction h définie par :


α
 R − bt  β
h (t ) =   t , où α, β, R , a , b > 0 et α + β = 1
 a 

ITSA2001 90
2

EXERCICE n° 2

Ln ( x + 1)
Soit f la fonction réelle définie par : f ( x ) = , où Ln désigne le
x
logarithme népérien.

❶ Etudier les variations de f et donner l’allure de son graphe.


❷ Montrer que f admet un unique point fixe sur l’ensemble des
nombres réels strictement positifs.

EXERCICE n° 3

Au jeu de la roulette américaine, il y a 38 numéros ; de 1 à 36, plus le


zéro et le double zéro. Chaque joueur a la possibilité de miser sur un numéro,
deux numéros ensemble, trois, quatre, six, douze ou dix huit. Les 38 numéros
sont équiprobables et rapportent le même gain pour la même mise. A chaque
jeu, un seul numéro est gagnant.
Il revient au même de miser un jeton sur un seul numéro x et un autre
jeton sur un autre numéro y que de miser deux jetons sur l’ensemble des
deux numéros x et y. Il en est de même pour les autres combinaisons. Les
stratégies de jeu sont donc équivalentes au niveau des gains.
Le gain pour un seul numéro joué est de 35 fois la mise et on récupère
sa mise (par exemple, pour une mise de 100 sur un seul numéro gagnant, on
obtient 3600, soit un gain net de 3500).

❶ Quel est le gain obtenu lorsque l’on mise sur 2 numéros, sur 3
numéros, sur 6 numéros ?

❷ Quelle est la probabilité que le numéro x sorte deux fois de suite ?


Quelle est la probabilité pour que le couple (x,y) soit gagnant sur deux jeux
consécutifs.
❸ A votre avis existe-il une stratégie gagnante ? Expliquer.

ITSA2001 91
3

PROBLEME

On considère la fonction numérique f a définie par :


f a ( x) = − ax + Ln( x)

où Ln désigne le logarithme népérien et a est un réel strictement positif.

❶ Déterminer, selon les valeurs de a, le nombre de racines de


l’équation f ( x ) = 0 .
1
❷ Donner l’allure du graphe de f 1 ( a = ).
2
2
❸ Calculer l’aire comprise entre le graphe de f 1 , l’axe des abscisses,
2
les droites x=1 et x=2.

❹ Montrer que pour tout α ∈ ]0,1[ , et tout x, t > 0 , on a :


f (αx + (1 − α ) t ) ≤ αf ( x ) + (1 − α)f ( t )

❺ Etudier, selon les valeurs de a, la convergence de la suite (u n )


définie par : u 0 > 0 et u n +1 = au n .
1
Etudier la suite ( v n ) définie par : v 0 > 0 et v n +1 = v n − Ln ( v n ) .
2

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

Exercice n° 1

Une urne contient n boules numérotées de 1 à n, où n≥3. On suppose que le


tirage de chacune des boules est équiprobable.

On tire une boule, on note son numéro et on le remet dans l’urne. Puis on tire
une seconde boule, on en note le numéro.

On appelle X la variable aléatoire définie de la façon suivante :

1) si les deux numéros sont égaux, X prend leur valeur commune

2) si les deux numéros sont différents, X prend la valeur du plus grand des deux

1) Calculer la probabilité de chacun des événements suivants :

E2 : X = 2

E3 : X = 3

Ep : X = p, où p est un entier tel que 1≤p≤n.

2) Calculer l’espérance de X. On utilisera les expressions de :


n n

åp
p =1
et å p²
p =1

ITSA2001 93
2

Exercice n° 2

Pour tout entier naturel n ≥1, on pose :


t
1 1

2 n +1 n! ò0
In = (1 − t ) n e 2 dt

1) Calculer I1 à l'aide d'une intégration par parties.

2) Démontrer que pour tout entier naturel n ≥1, on a :

1
I n +1 = I n − n +1
2 (n + 1)!

3) En déduire par récurrence que pour tout entier naturel n ≥1, on a :

11 1 1
e = 1+ + ... + n + I n
2 1! 2 n!

4) Montrer qu'on peut trouver une constante A telle que :

1
0 ≤ In ≤ n
A
2 n!

On pourra déterminer A en majorant sur l'intervalle [0, 1] la fonction :

t → (1 - t)n et/2

En déduire la limite quand n tend vers l'infini de la suite :


11 1 1
un = 1 + + ... + n
2 1! 2 n!

ITSA2001 94
3

PROBLEME

H H
On considère le plan affine euclidien P muni d'un repère orthonormé (O, i , j ) ;
C est l'ensemble des nombres complexes et i le nombre complexe de module 1 et
d'argument π/2. On définit pour tout z de C les deux applications f et g de C dans C
par :

f(z) = z3 + 4(1 - i)z² - 2(2 + 7i)z - 16 + 8i

g(z) = z3 + 2 - 2i

I)

1) Déterminer le module et l'argument de chacun des nombres complexes z qui


vérifient g(z)=0. Représenter dans le plan les points ayant pour affixes les
nombres trouvés. Quelle est la nature du triangle formé par ces points.

2) Montrer qu'il existe un réel unique r, que l'on déterminera, qui vérifie f(r)=0.
Déterminer les deux nombres complexes a et b de façon à avoir :

f(z) = (z - r)(z² + az + b) pour tout z de C

3) Résoudre dans C l'équation f(z) = 0. Démontrer que les points dont les affixes
sont solutions de cette équation forment un triangle rectangle dans le plan P.

4) Soient A, B, C les points de P dont les affixes respectives sont : −1+3i, 1+i et
−4. Déterminer l'affixe du barycentre G des points A, B, C affectés
respectivement des coefficients 4, 3 et 5.

5) On désigne par h l'application du plan P vers l'ensemble des réels R qui à tout
point M de P associe le réel :

h( M ) = [Link] + [Link] + [Link].

où [Link] désigne le produit scalaire de deux vecteurs.


H
Calculer h(A) et h(C). Exprimer h(M) en fonction de || MG ||² et h(G).
Déterminer et dessiner l'ensemble des points M de P qui vérifient h(M) = 18.
Justifier le choix du nombre 18.

ITSA2001 95
4

II) A tout point M de P d'affixe z on associe le point M' d'affixe f(z) - g(z)
H H
1) Déterminer les coordonnées (x', y') de M' dans le repère (O, i , j ) en fonction des
coordonnées (x, y) de M dans le même repère.

2) A, B, C étant les points définis en I-4), donner une équation de l'ensemble H1 des
points M de P tels que O, B et M' soient alignés (où O est l’origine du repère).

Montrer que H1 est une hyperbole dont on précisera le centre et les asymptotes.

3) Donner une équation de l'ensemble H2 des points M de P tels que O, I, M' soient
alignés, I étant le centre de gravité de A, B, C.

Montrer que H2 est une hyperbole dont on précisera le centre et les asymptotes.
Donner une équation de H2 sous la forme y = ϕ(x).

4) Démontrer qu'un point M est commun à H1 et H2 si, et seulement si, M' est
confondu avec l'origine O du plan.

5) Résoudre dans C l'équation f(z) = g(z). En déduire les points communs à H1 et


H2.
H H
Construire les courbes H1 et H2 dans le repère (O, i , j ) .

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CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A

et

B OPTION MATHEMATIQUES

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

Ce texte est tiré du livre intitulé "Université de tous les savoirs",


tome 1 "Qu'est-ce que la vie ?", (auteurs collectifs), l'auteur en est Michel
Jouvet et le titre : "L'évolutions des états du sommeil". Ce livre est paru aux
éditions Odile Jacob en Juillet 2000. Il peut être résumé en 250 mots, plus ou
moins 10%.

✱✱✱

(... ) Pourquoi l'homme dort-il la nuit ?

On pourrait penser que la raison en est que cela revient moins cher, car on
a pas à s'éclairer ni à se chauffer la nuit, si l'on dort. Pendant très longtemps,
cette explication a été acceptée mais elle est fausse. Le fait que l'homme dorme la
nuit n'est pas dû au cycle soleil/obscurité.

ITSA2001 97
2

Comment savoir si l'homme s'endort la nuit en fonction de l'alternance


lumière/obscurité ? des expériences ont été réalisées pour le savoir. On place
quelqu'un dans un bunker complètement fermé, sans aucun contact avec le soleil,
sans montre, en lui permettant d'allumer et d'éteindre la lumière électrique quand il
veut, ou bien, tout simplement dans une grotte ( expérience de Michel Siffre,
le spéléonaute ). On observe les moments où il est endormi et les moments où il est
éveillé. Dans ces conditions de free-running, ou de totale désynchronisation, ou
encore hors du temps, le soleil ne peut plus jouer son rôle de " donneur du temps "
ou de Zeitgeber ( Zeitgeber signifiant en Allemand " qui donne le temps "). Donc,
en dehors de tout Zeitgeber, le sujet se couche chaque jour un peu plus tard, si bien
qu'après une dizaine de jours, il a manqué un jour. Pour les gens qui sont en dehors
de la grotte, il est resté 20 jours dans celle-ci ; pour lui, il n'y est demeuré que
19 jours. Comment expliquer cela ?

Première explication le cycle soleil/obscurité ne joue aucun rôle dans


l'entretien de ce rythme. Deuxième élément d'explication : le rythme n'est pas tout à
fait de 24 heures, il est d'un peu plus de 24 heures. Il varie selon les sujets, mais on
admet actuellement que la période endogène d'un sujet que l'on met dans une grotte
ou dans un bunker est de 24,3 heures, ce qui n'est pas exactement un jour. En latin,
on dit " à peu près un jour " : circa diem. Le qualificatif de " circadien " est en fait
apparu dans la littérature récemment, dans les années 1960, sous la plume de
Halberg. Comment expliquer ce rythme " circadien " ?

La raison en est la suivante : nous avons une horloge dans la tête. Cette
idée d'avoir une horloge dans la tête est née au XVIIIe siècle, dans l'esprit de
l'astronome François Ortous de Mairan. Cet amoureux des plantes possédait chez
lui un Mimosa pudica. Les feuilles de mimosa ont ceci de particulier qu'elles se
redressent le jour et se replient la nuit, d'une façon tout à fait remarquable.
L'astronome eut un jour l'idée d'enfermer son mimosa dans un placard obscur :
lorsqu'il l'ouvrit à midi, il constata que le mimosa savait qu'il y avait du soleil à cette
heure-là, puisque ses feuilles étaient ouvertes ; il l'ouvrit à nouveau à minuit,
et remarqua que les feuilles étaient fermées. Il décrivit cette expérience dans une
note d'une page parue dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences ,
en 1729, dans laquelle il concluait : " il y a une horloge à l'intérieur du mimosa ".
Personne ne l'a cru. Il a fallu attendre 100 ans, en 1820, pour que l'un des meilleurs
botanistes, de Candolle, enregistre les mouvements des feuilles de mimosa la nuit et
le jour, puis dans l'obscurité totale, et constate les mêmes mouvements des feuilles.
La seule explication, conclut-il également, c'est qu'il se trouve une sorte d'horloge
dans la plante. Cette horloge, qui nous permet d'aller nous coucher le soir, même
sans connaître l'heure, jour un rôle fondamental.

ITSA2001 98
3

Où se trouve cette horloge dans notre cerveau ? Et pourquoi a t-on une


horloge ? Cette horloge est présente en effet dans tous les êtres vivants, de
l'unicellulaire à l'homme ; c'est sans doute une des plus grandes inventions de
l'évolution, car elle est responsable de ce qu'on appelle " l'homéostasie prédictive ".
Où se trouve l'horloge ? On s'est aperçu, en travaillant sur les plantes ou les
animaux, que lorsqu'ils avaient un rythme de 23 ou 24,3 heures, il suffisait de leur
projeter un bref éclair de lumière pour que leur horloge vienne se remettre à
24 heures. Autrement dit, le rôle du Zeitgeber solaire, de la lumière, est très
important pour que pour que l'horloge que nous avons dans la tête vienne se
remettre à un rythme de 24 heures. L'horloge est donc en rapport avec la lumière,
et surtout avec la lumière bleue chez l'homme. L'horloge se trouve dans les yeux de
la mouche. Chez les oiseaux, l'horloge est situé dans la " glande pinéale " ou
l'épiphyse, qui est juste sous l'os du crâne, lequel laisse passer suffisamment de
photons pour que le soleil vienne agir sur l'horloge. Le chat, pour sa part, a une
horloge qui fonctionne très mal, il n'a pas de rythme circadien, et il dort autant le jour
que la nuit.

L'horloge, chez l'homme, n'a été découverte que dans les années 1970.
En regardant certaines projections de la rétine, on s'est aperçu qu'il y avait deux
systèmes dans le cerveau : un système visuel, qui passe par la rétine, qui va dans le
cerveau, et se termine au niveau du cortex occipital : c'est le système dit visuel,
qui fait que je vois que vous êtes là. Mais depuis on a découvert le système photique
: certaines cellules ganglionnaires de la rétine se projettent au niveau du noyau
supra-chiasmatique ( qui est l'horloge chez l'homme et les mammifères ). A partir de
ce noyau, tout un système va prévenir le cerveau qu'il fait jour. Ce n'est pas parce
que nous sommes conscients qu'il fait jour, grâce à notre système visuel, que notre
cerveau, lui le sait. Il y a même un rat complètement aveugle, mais à qui il reste
quelques petites cellules sous la peau, qui forment un système suffisant pour venir
activer son noyau suprachiasmatique. On peut donc être totalement aveugle, et avoir
notre cerveau capable de savoir qu'il fait jour. Certains se demandent même si
certaines maladies psychiatriques ne pourraient pas être dues à l'inverse : on peut
très bien voir, mais avoir notre système photique défectueux, de telle sorte que
l'horloge se recale mal le matin. Ainsi, à certains moments, tandis qu'il sera 3 heures
de l'après-midi, elle peut dire à l'organisme qu'il est trois heures du matin.
C'est pourquoi, pour traiter certaines maladies dépressives, on fait regarder aux
patients, le matin, des tubes fluorescents pour exciter leur système photique.
En dehors du système photique, la glande pinéale, ( ou épiphyse ), est reliée aux
noyaux supra-chiasmatiques. A l'obscurité, elle secrète une hormone, la mélatonine,
qui favorise l'endormissement. En conclusion, il faut retenir que l'horloge circadienne
organise notre sommeil dans le temps, mais elle n'est pas responsable du sommeil.

ITSA2001 99
4
La preuve en est donnée par l'expérience suivante. Un rat est placé dans l'obscurité
continue, son noyau supra-chiasmatique lui " dit " d'être éveillé ou de dormir toutes
les 24 heures. Ensuite, si on détruit l'horloge des noyaux supra-chiasmatiques
(par coagulation avec des électrodes ), le rythme circadien est détruit, puisqu'on a
plus d'horloge ; et le rat va dormir selon un rythme plus rapide que le rythme
circadien, c'est à dire selon un rythme ultradien ( à peu près toutes les trois heures ).
L'explication de ce rythme ultradien dans la physiologie du sommeil, n'a pas encore
été apportée. Le sommeil est un mystère dans lequel il reste encore beaucoup à
découvrir.

Maintenant que l'on sait où est l'horloge et que l'on sait que ce n'est pas le
centre du sommeil, et qu'elle sert à installer des périodes de sommeil, posons-nous
la question suivante : pourquoi a-t-on une horloge ? A quoi cela peut-il servir ?
Permettez-moi la métaphore suivante : au commencement du monde, dans l'océan
primitif, il n'y avait que des algues bleues. Elles se groupent dans le fond de l'océan
et montent à la surface de la mer pour absorber des photons, c'est à dire à la
lumière du soleil, déclenchant une chaîne de réactions chimiques produisant des
sucres. Supposons que certaines d'entre elles, " pas très intelligentes ", mettent en
jeu les synthèses protéiques lorsque le soleil est au zénith, pendant 5 ou 6 heures
pour fabriquer des sucres à partir du soleil : lorsque tout sera prêt pour qu'elles
fabriquent des sucres, le soleil sera malheureusement couché. Ce sera donc un
échec lamentable. C'est après bien des essais et des erreurs de cette sorte, que les
algues se sont enfin mises à fabriquer tous les mécanismes de synthèses avant
6 heures du matin ( prenant ainsi en compte l'aspect très prédictif de la courbe de la
Terre autour du soleil ), afin que, le soleil étant à son zénith, toutes les choses soient
prêtes, et que tout marche. Cette invention, on lui a donné le nom d'homéostasie
prédictive. Sans ce système, la vie serait impossible. Tout système vivant entre en
réaction avec les milieux extérieurs, et il se produit des réactions chimiques plus ou
moins rapides, et si elles ne sont pas préparées par la synthèse des protéines qui
doit avoir lieu avant, le système ne peut pas fonctionner, en particulier le système qui
dépend du jour et de la nuit.

L'homéostasie prédictive a également lieu chez l'homme : le matin, il faut


que notre système corticosurrénalien, nos muscles, soient en parfait état. Or, cela ne
peut pas se faire instantanément le matin : ça doit être mis en jeu la nuit. Sous
l'influence de notre horloge circadienne, vers 2 h du matin, l'hypothalamus, se met à
libérer certains facteurs ( CRF ), qui vont agir sur l'ACTH, lequel va agir sur la
corticosurrénale, laquelle va augmenter le tau de cortisone trop faible le matin. Ainsi,
c'est au cours du sommeil le plus profond, vers 2-3 heures du matin, que se met en
route le véritable mécanisme dont on a besoin lorsqu'on se réveille.

ITSA2001 100
5

Quittons maintenant les algues bleues pour remonter l'arbre de l'Evolution


jusqu'aux Ectothermes, c'est à dire les lézards, les batraciens, certains reptiles.
Qu'est-ce que le sommeil pour ces animaux là ? A vrai dire, les physiologistes
n'osent pas parler de " sommeil ", chez une grenouille, chez un lézard; ils parlent
plutôt de " repos ", de " cycle activité/repos ". La température ambiante est le
principal facteur qui va entretenir le repos et l'activité. La température, lorsqu'elle
monte, rend l'animal actif, lorsqu'elle redescend, le rend inactif. On peut très bien
aller chercher une vipère dans le bois de Saint-Cloud à minuit : elle ne mordra pas,
parce qu'il fait froid.

Tout ceci résulte de l'application d'un principe : le principe du Q10.


Admettons que la fréquence cardiaque de l'animal à 37° C soit de 100; à 27° C, elle
sera de 50 ; et le Q10 sera le quotient de 37/27 : ce sera 2. Chez tous les animaux,
tous les phénomènes biologiques quels qu'ils soient ont un Q10 compris entre 2 et 3.
Une baisse de température de l'ordre de 5° est suffisante pour que ces animaux qui
dépendent de la température extérieure, ne puissent pas être éveillés et restent dans
leur abri. L'homéostasie prédictive joue toujours un jeu : l'horloge circadienne vers
5 heures de l'après-midi, " dit " au lézard : " mets-toi vite à l'ombre, autrement, plus
tard, tu ne pourras pas rentrer car il fera trop froid ". Avec les oiseaux et les autres
mammifères, nous sommes des animaux homéothermes. Nous possédons
suffisamment de mitochondries pour que notre chaleur animale nous permette de
nous promener lorsqu'il fait froid. Les variations de la température extérieure ne sont
donc pas suffisantes pour expliquer le rythme éveil-sommeil.

Il faut maintenant essayer d'expliquer pourquoi on est inconscient pendant


le sommeil.
Pourquoi le ronfleur ne sait-il pas qu'il ronfle ? Que se passe-t-il dans le
sommeil des oiseaux et des mammifères que nous sommes, pour que nous
perdions conscience au cours du sommeil ?

C'est facile à comprendre pour une grenouille : si elle est à basse


température, son système nerveux ne marche pas très bien. Mais, chez les
mammifères, chez l'homme, la température reste la même, donc il faut chercher une
autre explication. Qu'est-ce que, chez les mammifères et les oiseaux ont acquis de
plus par rapport aux reptiles et aux batraciens ? Ils ont acquis le manteau cortical
- le cortex cérébral avec lequel on pense -, et un système qui est le thalamus, il y a
une espèce de " machine automatique " qui nous rend inconscients lorsque nous
dormons.

ITSA2001 101
6

Que se passe-t-il quand nous sommes éveillés ? Ce cortex cérébral est


excité par un réseau de neurones ( comme le Web ). Cette excitation provoque une
activité électrique rapide qui est nécessaire à la conscience.. Comment s'endort-on ?
Normalement : lorsque l'horloge - le noyau supra-chiasmatique - va envoyer le signal
" il est 10 heures du soir ", on va bailler, avoir sommeil. Des mécanismes compliqués
vont commencer à baisser notre température centrale. Elle descend avant que l'on
dorme. Ordre est alors donné à un nouveau système situé dans l'hypothalamus
- le système du sommeil - d'entrer en jeu. Ce système va venir bloquer les systèmes
de l'éveil, avec un neurotransmetteur qui est le " GABA ". Etant donné que les
systèmes de l'éveil bloquent cette machine automatique qui est situé au coeur du
thalamus, le thalamus envoie alors cette activité vers le cortex où elle vient " brouiller
" les processus de la conscience. On a donné à cette activité électrique le nom de
" fuseaux ", ou, comme elle a été découverte par les Américains, de spindle.

Voilà les grandes acquisitions des homéothermes : ce n'est pas la baisse de


la température centrale, qui est minime, qui fait qu'ils ne peuvent pas réagir au bruit,
et qu'ils ne savent pas qu'ils ronflent. C'est le système de sommeil qui bloque les
informations de l'éveil, libère le système thalamo-cortical responsable des " fuseaux
". L'apparition de ces " fuseaux " au niveau du cortex est l'indice du sommeil et de la
perte de conscience. Les fuseaux sont ensuite suivis par l'apparition d'ondes lentes
qui sont l'indice d'un sommeil très profond. ( ... )

ITSA2001 102
EPREUVE DE CALCUL NUMERIQUE
CONCOURS 2001
ITS A – 2H

Exercice 1. : Une urne contient 4 boules numérotées de 1 à 4. On y effectue


deux tirages sans remise. Soient X, Y et Z les variables aléatoires représentant
respectivement le plus grand, le plus petit et la somme des deux numéros obtenus.
1. Faire les tableaux T1, T2 et T3 croisant les valeurs des variables X, Y et Z
et leurs probabilités correspondantes.
2. Calculer les espérances mathématiques et les variances de X, Y et Z.
3. Déterminer la fonction de répartition de Z.

Exercice 2. :
1. Démontrer les formules suivantes :
n n
n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1)
k2 =
X X
k= .
k=1 2 k=1 6
Indication : on pourra utiliser un raisonnement par récurrence.
n!
2. On rappelle que pour 0 ≤ p ≤ n, Cnp = p!(n−p)!
, établir une relation reliant la
p+1
quantité Cn+1 aux quantités Cnp et Cnp+1 .

Exercice 3. : Etant donnée une suite xk , k = 1, . . . , n, de réels, on note µn sa


moyenne et σn2 sa variance définies par
n n
1X 1X
µn = xk σn2 = (xk − µn )2 .
n k=1 n k=1

ITSA2001 103
1. Première expression de la variance.
On pose
n
x2k
X
qn =
k=1
.
Exprimer σn2 en fonction de qn et de µn .

2. Deuxième expression de la variance.


2.1.
a. Etablir les égalités :

2
(n + 1) σn+1 = n σn2 + n (µn+1 − µn )2 + (xn+1 − µn+1 )2 ,

(n + 1) µn+1 = nµn + xn+1 .


b. En déduire
2 n 1
σn+1 = σn2 + (xn+1 − µn+1 )2 .
n+1 n

2.2. On considère une suite de réels xk = 1 + ε 2k−n−1


n−1
, k = 1, . . . , n (n > 1) et
ε ∈ IR. A partir des relations obtenues à la question 2.1. et des formules établies à
l’Exercice 2., déterminer sa moyenne et sa variance.

Exercice 4. : En faisant une intégration par parties, calculer l’intégrale suivante


Z 2
ln(t)dt.
1

ITSA2001 104
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
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DAKAR -SENEGAL
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE
ET D'ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN

AVRIL 2002

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A et B

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des 3 sujets au choix.

SUJET N° 1

Pourquoi suffit-il d'un tableau noir et d'un morceau de craie pour établir
des vérités mathémathiques, alors que le physicien a besoin d'observer et
d'expérimenter ?

SUJET N° 2

Expliquer et apprécier cette assertion que "la liberté d'indifférence est le


plus bas niveau de la Liberté".
Descartes "Méditations"

SUJET N° 3

Un philosophe a défini l'intelligence "la fonction qui adapte des moyens


à des fins". Cette formule vous paraît-elle présenter les conditions d'une bonne
définition ?

ITSA2002 105
1

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AVRIL 2002

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

EXERCICE n° 1

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels


strictement positifs par :
f ( x ) = xL n x − 2 x + e

où Lnx désigne le logarithme népérien de x et e le nombre de Néper.

❶ Etudier les variations de f et tracer son graphe.

❷ Déterminer graphiquement le nombre de solutions de l’équation


suivante, où a est un paramètre réel :

xLnx − (2 + a ) x = 0

❸ Calculer l’aire limitée par les deux axes et la courbe représentative


de la fonction f .

ITSA2002 106
2

EXERCICE n° 2

Pour deux nombres réels a, b qui vérifient < b , on pose :


a

 a +b  a −b
ϕ a ,b
( x) =cos x −  + 1 − cos 
 2   2 

❶ Pour x ∈[ −π , π ] , montrer que :


- Si a < x < b , alors ϕ a,b
( x) >1
- Si x≤ a ou x ≥ b , alors −1 ≤ ϕ a,b
( x) ≤1

une fonction réelle définie et continue sur [ − π , π ] .


❷ Soit f

Montrer qu’il existe un couple (a , b) de nombres réels et un entier naturel n tels que
π

∫ ϕ
f ( x) (
a,b
( x ))
n
d x ≠0
−π

❸ On suppose maintenant que f vérifie, pour tout entier naturel n , la


π

∫ = 0 . Montrer que
inx
relation : f ( x) e d x f est alors la fonction identiquement nulle.
−π

EXERCICE n° 3

n n
n( n + 1)(2n + 1)
❶ Calculer ∑ k et montrer que : ∑k
2
=
k =1 k =1 6

❷ Pour toute suite finie de valeurs réelles X


t
(t = 1,2, ... n) , trouver le
n

nombre réel a qui minimise l’expression ∑( X t


− a) 2

t =1

❸ Trouver les nombres réels a et b qui minimisent l’expression


n

∑( X t
− (a t + b) )
2

t =1

ITSA2002 107
3

EXERCICE n° 4

On considère une suite réelle (u


n
) dont les suites extraites (u
2n
) ,
(u
2n +1) et (u
3n
) sont convergentes. Montrer que la suite (u
n
) est convergente.

PROBLEME

Pour n entier supérieur ou égal à 2, on définit les fonctions f


n
sur
l’ensemble des nombres réels positifs par : f ( x ) = x − L n (1 + x ) n
n

❶ Donner le tableau de variation de f


n
.

= L n (1 + x ) admet une unique solution sur


❷ Montrer que l’équation x
n

l’ensemble des réels strictement positifs, notée α . Montrer que α ∈]0,1[ n n

❸ En étudiant le signe de f
n
( α
, montrer que la suite (α ) estn +1 ) n

croissante. Montrer que cette suite est convergente et que sa limite est égale à 1.

− Ln( Ln2)
❹ On pose α = 1 − u . Montrer que
n n
u
n
est équivalent à
n

ITSA2002 108
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AVRIL 2002

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIES A

Et

B OPTION MATHEMATIQUES

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

✱✱✱

Ce texte est tiré du livre "LA SCIENCE à l'usage des non-scientifiques", par
Albert Jacquard, paru aux éditions Calmann-Lévy, en septembre 2001. Il peut être
résumé en 240 mots plus ou moins 10%.

Depuis que Jacques Monod en a fait le titre d'un livre retentissant,


l'association du "hasard" et de la "nécessité" est présente dans tous les esprits.
Ces deux mots forment un couple indissociable et antagoniste aussi définitivement
lié, par la vertu d'un titre sur une couverture, que "le Rouge et le Noir", "l'Etre et le
Néant" ou "Dr Jekyll et Mr. Hyde". Cette accointance nous incite à définir chacun des
membres du couple par référence à l'autre, au risque d'un cheminement circulaire
semblable à celui des dictionnaires lorsqu'ils définissent, par exemple, la vie comme
"le propre des êtres qui sont nés et ne sont pas encore morts" et la mort comme
"la cessation de la vie". Le hasard serait-il seulement ce qui reste lorsqu'on a épuisé
la liste des facteurs participant à la nécessité, et la nécessité ce qui reste lorsque le
hasard n'intervient plus ? Une définition moins tautologique est évidemment
nécessaire ; elle va mettre en évidence l'intervention d'un troisième terme, la finalité.

ITSA2002 109
2

Ces concepts s'introduisent à propos des attitudes possibles lorsque nous


cherchons à expliquer les événements dont nous sommes les témoins.
Nous pouvons admettre qu'ils sont la conséquence nécessaire de l'état du monde à
l'instant où ils se produisent, état qui résulte de son histoire antérieure ; le présent
est alors le produit du passé. Nous pouvons aussi renoncer à chercher un rapport
entre ces événements et les conditions de leur survenue ; le présent n'est alors que
le produit sans cause de lui-même, l'oeuvre du hasard. Nous pouvons enfin admettre
qu'ils ont eu lieu pour rendre possible un événement futur, qu'ils sont au service
d'une fin, le présent est alors le produit de l'avenir.
Ces trois termes : nécessité, hasard, finalité, sont donc la traduction de notre
opinion sur le sens dans lequel agit la flèche du temps.

De la pensée magique à Démocrite

La réponse la plus simple, lorsque nous essayons de comprendre ce qui se


passe autour de nous, est d'admettre que tout événement est le résultat des
décisions d'un être puissant et inconnu. Nous ne sommes plus intrigués par la
tempête si nous l'attribuons à une colère de Poséïdon, par la foudre si elle est une
manifestation de la puissance de Zeus. Tout ce qui survient dépend des volontés ou
des caprices des dieux. Ceux-ci sont décrits comme des personnages semblables
aux humains ; ils sont animés par des intentions, par le désir de parvenir à un
résultat. La pensée magique est donc fondamentalement finaliste : elle admet que le
présent est au service d'un futur choisi par une divinité.
L'avantage de cette vision est de fournir une explication de tout ; il suffit,
lorsque les divinités déjà en place dans le panthéon collectif ne sont pas suffisantes,
d'ajouter de nouveaux personnages. Le prix à payer est d'accepter une attitude de
soumission, car si tout dépend des dieux, chacun de nous en est le jouet.
C'est le refus de cette soumission qu'exprime la phrase de Démocrite qui a
inspiré son titre à Jacques Monod : "Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du
hasard et de la nécessité". Que pouvaient signifier ces mots pour un philosophe grec
quatre siècles avant Jésus-Christ ?
Le sens de cette affirmation doit être cherché moins dans les deux termes
énoncés que dans l'absence du troisième. En fait, en omettant de citer la finalité,
Démocrite recuse l'influence des dieux.
Il propose de rendre compte de la succession des événements en admettant
certaines régularités, les "lois de la nature", qui à chaque instant transforment l'état
du monde, et qui participent à la nécessité ; mais il reconnaît que ces lois
n'expliquent pas tout ; force est de constater qu'une part des faits échappe à leur
rigueur ; cette part est attribuée au hasard.

ITSA2002 110
3

De l'action des dieux, de la finalité qu'ils introduisent, il n'est plus question.


Ce faisant, Démocrite fonde l'attitude scientifique.
Celle-ci consiste à tenir compte d'une évidence : l'avenir n'a pas d'existence,
il est donc exclu de tenir compte de lui pour expliquer le présent. Les efforts de
compréhension produits par les scientifiques seraient rendus stériles au départ s'ils
admettaient qu'un fait se produisant aujourd'hui puisse être expliqué par la réalité de
demain.
Il ne s'agit pas là d'une croyance à imposer, mais d'une règle du jeu à
respecter. Il est parfaitement possible d'admettre que tout fait résulte de la volonté
d'un Dieu (ou de dieux) veillant à la réalisation du programme qu'Il a (ou qu'ils ont)
adopté, et intervenant, en permanence ou par impulsions, pour atteindre la fin, qu'il
a (qu'ils ont) décidée. Rien ne peut prouver que cette hypothèse "finaliste", est
fausse. Mais l'accepter est rendre vaine toute tentative d'explication rationnelle des
faits observés. Entrer dans le cheminement scientifique, c'est prendre pour règle de
ne pas y recourir.
Cette attitude consiste à regarder le monde réel avec la volonté de le
déchiffrer, à se sentir simultanément immergé en lui et face à lui, à lui poser des
questions en sachant que les réponses seront souvent provisoires et toujours
partielles. Choisir cette voie manifeste une orgueilleuse volonté d'autonomie. Certes,
il faut en payer le prix de doutes, de tâtonnements, de frustrations, mais elle procure
aussi (à vrai dire depuis peu) de magnifiques récompenses. Comprendre
l'enchaînement des causes et des effets permet parfois de modifier leur succession
et d'engager la suite des événements dans une direction que la nature n'aurait pas
spontanément suivie. L'exemple le plus clair est celui des maladies ; comprendre
leur cause permet de plus en plus souvent de les guérir, alors que nous en étions
autrefois réduits aux incantations et aux remèdes empiriques. Nous savons, grâce à
la science, sauver des vies : si le roi est à l'agonie, une piqûre d'antibiotiques
(attitude se référant à la nécessité) peut être plus efficace que l'attitude finaliste des
chants implorant " God save the King ".
On comprend l'émotion ressentie par Jacques Monod en découvrant
Démocrite : c'est le programme de la science que celui-ci a tracé il y a vingt-quatre
siècles.

ITSA2002 111
4

Les déguisements de la finalité

Certains raisonnements scientifiques donnent, à vrai dire, l'impression de


suivre une démarche finaliste. Tel est le cas lorsque le processus étudié est
présenté comme tendant vers un certain objectif, notamment vers l'optimisation de
tel ou tel paramètre. Ainsi, selon la mécanique classique, le cheminement d'un
système matériel pour passer d'un état initial à un état final est expliqué par le
principe de moindre action : la trajectoire suivie par les différents éléments de ce
système est celle qui rend minimale la somme des actions nécessaires.
(ce concept d'action est défini à partir de celui d'impulsion, c'est à dire du produit de
la masse par la vitesse : un objet de masse m et de vitesse v a une impulsion
p = mv ; lorsque cet objet parcourt la longueur l, son action A est définie
A = pl = mvl.)
Tout se passe comme si, face aux multiples possibilités de changement qui
s'offrent à elle, la structure concrète choisissait la trajectoire correspondant à l'action
globale la plus faible. L'introduction d'un choix dans le raisonnement est équivalente
à l'acceptation d'un objectif, donc au recours à la finalité.
L'exemple classique est celui de la réfraction d'un rayon lumineux lorsqu'il
passe d'un milieu dans un autre ; son parcours rectiligne est alors brisé.
Ce changement d'orientation est expliqué en recourant au concept d'indice de
réfraction : les angles d'incidence et de réfraction ( c'est à dire les angles i et r du
rayon lumineux avec la perpendiculaire à la surface de séparation) sont tels que
sini/sinr = nr/ni
ou ni et nr sont les indices de réfraction des deux milieux. mais une telle
présentation est plus une définition des indices de réfraction qu'une explication des
causes du phénomène.
Ces causes peuvent être recherchées dans le fait que la lumière n'a pas la
même vitesses dans les deux milieux et que le parcours choisi est celui qui rend
minimal le temps total du parcours.
Pour comprendre le comportement du rayon lumineux, le physicien Richard
Feynman imagine un homme assis sur une plage et qui voit soudain dans la mer un
enfant en difficulté ; il faut vite lui porter secours, sinon il risque de se noyer.
Pour être efficace, cet acteur ne doit pas se précipiter en ligne droite vers l'enfant,
ce qui est le trajet le plus court, mais faire un détour de façon à allonger son trajet
sur le sable, où il peut courir vite, et raccourcir celui dans l'eau , où sa nage est lente.
De même, un rayon lumineux allant d'un point A dans l'air à un point B dans l'eau ne
suit pas la ligne droite AB, mais fait un détour par le point C, car sa vitesse ci dans
l'air est plus grande que sa vitesse cr dans l'eau.

ITSA2002 112
5

Un calcul simple (...), permet de caractériser la position du point C


minimisant la durée totale du parcours par la relation
sini/sinr = ci/cr
On constate ainsi que les indices de réfraction, introduits empiriquement
pour expliquer le phénomène observé, sont en fait reliés à une réalité physique :
la vitesse de la lumière qui varie selon les milieux.
Mais l'important pour notre propos est que le raisonnement tenu est
parfaitement finaliste, et la métaphore imaginée par Feynman le montre à
l'évidence : l'homme à la plage a un objectif, arriver le plus vite possible. Faut-il
admettre que la lumière a une attitude semblable et que les photons, avant de quitter
le point A, font les calculs définissant le point C vers lequel ils doivent se diriger, pour
ensuite obliquer vers B ? Telle n'est évidemment pas l'intention du physicien ;
il constate que tout se passe comme si la nature avait un objectif, mais cette
apparence n'est que le résultat de la multiplicité des causes en action.
De même, Newton se gardait d'affirmer que "les masses s'attirent", il se
contentait de constater que tout se passe comme si elles s'attiraient. Avec la théorie
de la relativité d'Einstein, cette apparence trouve une explication qui ne fait plus
appel à une quelconque "attirance", mais à une courbure de l'espace.
Chaque fois qu'un processus est expliqué par la recherche d'un optimum,
le "péché de finalisme" est effectivement commis, car le raisonnement revient à
admettre que la nature fait un choix entre plusieurs attitudes possibles et qu'elle
dispose d'un critère faisant référence à l'état futur de la réalité. Pour rester fidèle à la
règle du jeu de la science, il est essentiel de ne pas oublier le "tout se passe comme
si", qui est un aveu d'ignorance, donc une incitation à poursuivre la recherche.

De Démocrite à Laplace

Malgré la tentation permanente d'une attitude finaliste, la recherche de


processus ne faisant appel qu'au déterminisme a obtenu de remarquables succès.
Ils ont incité non seulement à récuser la finalité, mais aussi à réduire autant que
possible le rôle du hasard. Celui-ci n'est vu que comme une conséquence de notre
ignorance, une terra incognita provisoire dans notre description des enchaînements
de cause à effet. Nous sommes enclins à n'attribuer d'importance qu'au seul acteur
véritablement sérieux, le déterminisme qui fait, sans état d'âme, se succéder les
événements dans une séquence rigoureuse. Le hasard n'est qu'un trublion dont la
disparition est souhaitée. La nécessité fait penser à l'excellent Dr Jekyll, le hasard à
l'abominable Mr. Hyde.

ITSA2002 113
6

Un tel regard sur la réalité a été poussé à son paroxysme par le physicien et
mathématicien Simon de Laplace au début du XIXe siècle.
Dans un texte célèbre, il imagine un personnage (un démon, comme on
disait alors) informé de toutes les lois de la nature et connaissant l'état, à un instant
donné, de toutes les particules qui constituent l'Univers. Utilisant les formules
mathématiques qui traduisent ces lois, ce démon serait en mesure de décrire ce que
sera l'Univers à l'instant suivant, et, de proche en proche, tous ses états futurs, ; puis
par des calculs semblables, de reconstituer tous ses états passés.
Dans la pensée de Laplace, l'Univers est réellement semblable à l'horloge
dont Voltaire cherchait l'horloger ; chaque rouage en est dépendant de tous les
autres, que se soit dans l'espace ou dans la durée. Connaître un lieu ou connaître
un instant du cosmos, c'est être capable de connaître la totalité de son déploiement
dans l'espace et la totalité de son histoire passée et à venir. La réalité d'aujourd'hui
contient celle d'aujourd'hui et celle de demain ; l'Univers est comme enfermé dans
une trajectoire préétablie dont il ne peut s'échapper ; le passage du temps ne fait
que révéler ce qui était jusqu'alors caché sans rien apporter de fondamentalement
nouveau.
Cette vision correspond assez bien à celle que nous retirons d'un premier
regard sur ce qui nous entoure. À quelques détails près, l'univers semble immuable.
"Il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil ? Tout est vanité et poursuite du
vent", dit l'Ecclésiaste.
Que l'Univers soit stable, figé dans un état définitif, paraît en un premier
temps, plutôt rassurant, tout au moins dans la mesure où nous nous regardons
nous-mêmes comme simplement de passage, d'une autre nature que le monde réel.
Mais, dès que nous admettons que nous en sommes un élément, il nous faut
assumer le même statut et, par conséquent, perdre tout espoir de liberté.
Cette vision d'un monde sur lequel le temps n'a aucune prise, dont l'avenir
est contenu dans le présent, est homogène à celle de la "prédestination" développée
dans le domaine spirituel par Jean Calvin. Pour ce théologien, tout, y compris le
salut éternel de chacun, a été décidé dès le jour de la Création. Pour le physicien
qu'est Laplace, ce n'est pas du salut des âmes qu'il est question, mais son
raisonnement aboutit au même constat pour le devenir du monde concret, dont
chaque individu fait partie. Faut-il alors, au nom de la lucidité scientifique, accepter
que la liberté tant célébrée ne soit qu'une chimère de poète ?

ITSA2002 114
1

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AVRIL 2002

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

Exercice 1

Le code antivol d’une autoradio est un nombre de 4 chiffres, chaque chiffre pouvant
prendre l’une des dix valeurs 0, 1,…,9.

1) Quel est le nombre de codes possibles ?

2) Quel est le nombre de codes formés de quatre chiffres distincts deux à deux.

3) Après une panne de batterie, le propriétaire doit réintroduire son code pour
pouvoir utiliser son autoradio. Il sait que les quatre chiffres de son code sont
2, 5 , 5, 8, mais il a oublié l’ordre de ces chiffres.

a. Combien de codes différents peut-il composer avec ces quatre


chiffres ? On pourra déterminer ces codes en construisant un arbre.

b. Si le premier code introduit n’est pas le bon, le propriétaire doit


attendre 1 minute avant de pouvoir tenter un second essai ; le délai
d’attente entre le second et le troisième essai est de 2 minutes, entre le
troisième et le quatrième essai, le délai est de 4 minutes, entre le
quatrième et le cinquième essai, il est de 8 minutes … et ainsi de suite,
le délai d’attente double entre deux essais successifs.

ITSA2002 115
2

Calculer en fonction de n la durée d’attente un (exprimée en minutes)


entre le (n-1)-ième et le n-ième essai pour n ≥ 2. En déduire en fonction
de n le temps nécessaire (exprimée en minutes) pour tenter un n-ième
essais.

c. Applications : On utilisera les approximations suivantes dans les


calculs (ln désigne le logarithme népérien): ln(1441) = 7.27 ; ln(2) = 0.69 ;
219 = 524288.

1 - Combien de codes le propriétaire peut-il introduire au maximum en


24 heures ?

2 - L’autoradio a été volé. Le voleur, ne connaissant pas les 4 chiffres du


code, décide d’introduire successivement des codes formés de 4 chiffres
distincts choisis au hasard. Combien temps le voleur passera-t-il pour
introduire 20 codes de 4 chiffres, sachant qu’il doit respecter le délai entre
deux essais successifs décrit dans la question 3.b).

Exercice 2

On désigne par C l’ensemble des nombres complexes.

1) Montrer que pour tout nombre complexe z différent de 1, on a l’égalité :


z −1 4

= z + z + z +1
3 2

z −1

2) Résoudre dans C l’équation : z4 =1

3) En déduire l’ensemble des solutions de l’équation dans C :

+i  z+i z + i
3 2

 z
  +  + +1 = 0.
 z −i  z −i z −i

z +i
4) On pose Z = .
z −i

a) Déterminer l’ensemble (E) des points M du plan complexe tels que Z


soit réel.
b) Déterminer l’ensemble (F) des points M tels que Z soit imaginaire pur.
c) Déterminer l’ensemble (G) des points M tel que |Z| = 1.

Représenter graphiquement ces ensembles.

ITSA2002 116
3

Problème

On considère la fonction f définie sur R par :

f(x) = (x + 1)² e-x

et on note (C) sa courbe représentative.

Partie A

1) Déterminer la fonction dérivée f’ de f. Soit B le point de (C) d’abscisse 1.


Préciser l’ordonnée de B et l’équation de la tangente à (C) en B.

2) On note A le point où la courbe (C) coupe l’axe des ordonnées. Déterminer


l’équation de la tangente à (C) en A. Montrer que cette tangente est parallèle
à la droite (∆) d’équation y = x. Préciser les coordonnées du point où cette
tangente coupe l’axe des abscisses.

3) Montrer que la courbe (C) admet l’axe des abscisses comme asymptote
quand x tend vers +∞. Quelle est la limite de la fonction f quand x tend
vers -∞.

4) Tracer la courbe (C) représentative de la fonction f dans un repère


orthonormé.

5) Calculer à l’aide de deux intégrations par partie successives l’intégrale :


0
−x
I =∫ (x + 1) 2
e dx
−1

Partie B

Dans cette partie, on cherche à déterminer une valeur approchée de x0, abscisse
du point d’intersection M0 de la courbe (C) et de la droite (∆) d’équation y = x
3
(voir la 2ème question de la partie A). On admet l’encadrement 1 ≤ x0 ≤ .
2

3
1) Donner une approximation décimale, à 10-2 près, de f(1) et de f( ) en utilisant
2

les valeurs approchées suivantes : e-1 = 0.368 et e-3/2 = 0.223.

ITSA2002 117
4

2) On considère la suite numérique (un,) définie par :

3
u0 = et un+1 = f(un ) pour tout entier naturel n ≥0
2

En utilisant la décroissance de f sur [1, +∞[, montrer par récurrence que, pour
3
tout entier naturel n, on a : 1 ≤ un ≤ .
2

 3 1
3) Montrer que pour tout réel x appartenant à 
1,

, on a | f ’ (x) | ≤ .
 2 2

4) Justifier l’égalité f(x0)= x0. Montrer alors que, pour tout entier naturel n :

1
| un+1 - x0 | ≤ | un - x0 |
2

puis que :
n +1
1
| u n - x0 | ≤   .
 2

En déduire la limite de la suite (un)

5) Montrer que pour tout entier naturel n, un - x0 et un+1 - x0 sont de signes


contraires. A partir de ces résultats, montrer comment on peut calculer une
-3
approximation de x0, par exemple à 10 près. On ne demande pas d’effectuer
les calculs.

ITSA2002 118
ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE INSTITUT SOUS REGIONAL DE
APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE
DEPARTEMENT DE STATISTIQUE APPLIQUEE
BP 5084 YAOUNDE–CAMEROUN
DAKAR–SENEGAL

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE


ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
ABIDJAN

AVRIL 2002

CONCOURS D’ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

CALCUL NUMERIQUE

DUREE : 2 HEURES

Problème : Dans un magasin de vente de cuisines équipées, on veut étudier la liaison entre
le nombre x d’appels téléphoniques de personnes intéréssées par les cuisines (x est donné en
centaines d’appels) et le chiffre d’affaires réalisé y (y est donné en 2000 Euros). Les résultats
simplifiés sont présentés dans le tableau ci-dessous, où les nij représentent le nombre de semaines
où le magasin a reçu xi appels téléphoniques et a fait yj de chiffre d’affaires.

y1 = 1 y2 = 3 y3 = 4 y4 = 5
x1 =2 4 3 2 0
x2 =3 2 3 4 1
x3 =6 0 4 5 3
x4 =7 0 5 7 7

1 Tableau.
On définit les quantités :
4
X
n.j = nij , ∀j = 1, . . . , 4,
i=1
X4
ni. = nij , ∀i = 1, . . . , 4,
j=1

1
ITSA2002 119
et
4
X
n = ni. , n est l’effectif total.
i=1

1. Que représentent les quantités n2. et n.3 ?


P4
2. Calculer ñ = j=1 n.j . En déduire une relation entre ñ et n.

3. Dresser un tableau en complétant celui qui est dans l’énoncé comme suit :
a. dans la sixième colonne, on calculera les quantités ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la
septième colonne, on calculera les produits xi ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la huitième
colonne, on calculera les produits x2i ni. pour tout i = 1, . . . , 4; dans la neuvième colonne,
on calculera les quantités xi 4j=1 nij yj pour tout i = 1, . . . , 4.
P

b. sur la sixième ligne, on calculera les quantités n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la
septième ligne, on calculera les produits yj n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la huitième
ligne, on calculera les produits yj2 n.j pour tout j = 1, . . . , 4; sur la neuvième ligne, on
calculera les quantités yj 4i=1 nij xi pour tout j = 1, . . . , 4.
P

2 Moyenne, Variance, Covariance.


¯ et ȳ¯ par :
On définit les moyennes marginales x̄
4
1X
¯
x̄ = ni. xi ,
n i=1
et
4
1X
ȳ¯ = n.j yj .
n j=1

On définit les variances marginales V(x) et V(y) par :


4
1X
V(x) = ¯2,
ni. x2i − x̄
n i=1
et
4
1X
V(y) = n.j yj2 − ȳ¯2 .
n j=1

On définit les écart-types marginaux de x et de y comme étant les racines carrés de V(x)
et de V(y) respectivement.
On définit la covariance Cov(x, y) entre x et y par :
4 X 4
1X
Cov(x, y) = ¯ ȳ¯.
nij xi yj − x̄
n i=1 j=1

A partir du tableau établi à la question 1.3.,

2
ITSA2002 120
¯ et ȳ¯. Quelle est la signification de ces deux quantités ?
1. Calculer x̄

2. Calculer les variances marginales V(x) et V(y). En déduire les écart-types marginaux de
x et de y, exprimés avec leurs unités naturelles.

3. Calculer la covariance entre x et y.

4. Déduire de la question précédente le coefficient de corrélation linéaire r entre x et y défini


par
Cov(x, y)
r=q q .
V(x) V(y)

3 Droites d’ajustement.
On appelle droite d’ajustement de y en x, la droite D1 d’équation :

y = ax + b,
Cov(x,y)
avec a = V(x)
et b = ȳ¯ − a x̄
¯.

On appelle droite d’ajustement de x en y, la droite D2 d’équation :

x = a0 y + b 0 ,
Cov(x,y)
avec a0 = V(y)
et b0 = x̄
¯ − a0 ȳ¯.

1. Etablir les équations des droites d’ajustement D1 et D2.

2. Sur un même graphique et dans un même repère rectangulaire avec les x en abscisses et
les y en ordonnées, tracer les droites D1 et D2. Représenter sur le graphique, le point
¯ , ȳ¯).
G = (x̄

Exercice 1. : Un dé est truqué de façon à ce que les probabilités de chaque face soient
proportionnelles à leur numéro, avec le même coefficient de proportionnalité pour toutes les
faces.

1. On jette le dé une fois et on note X le numéro obtenu. Dresser un tableau dans lequel
figureront sur la première ligne les valeurs possibles de X, et sur la seconde ligne les
probabilités correspondantes.

2. Calculer l’espérance et la variance de X.

3. On jette le dé deux fois, et on note Y la somme des numéros obtenus. Dresser un tableau
dans lequel figureront sur la première ligne les valeurs possibles de Y , et sur la seconde
ligne les probabilités correspondantes.

3
ITSA2002 121
Exercice 2. : Soit f la fonction définie sur IR par :
(
x − E(x) si 0 ≤ x ≤ 3,
f (x) =
0 si x ∈] − ∞, 0[∪]3, +∞[,

où E(x) désigne la partie entière de x.

1. Tracer le graphe de la fonction f .

2. Etudier la continuité de la fonction f en x0 = 0, x1 = 1, x2 = 2 et x3 = 3.

4
ITSA2002 122
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
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AVRIL 2003

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

ORDRE GENERAL

DUREE : 3 HEURES

Les candidats traiteront l’un des trois sujets suivants au choix.

SUJET n° 1

Pourquoi revenir sur le passé ?

SUJET n° 2

La parole suffit-elle à faire échec à la violence ?

SUJET n° 3

Quels peuvent être les effets de la mondialisation sur les spécificités


socio-culturelles ?

1
ITSA2003 123
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AVRIL 2003

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

PREMIERE EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 4 HEURES

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est OBLIGATOIRE et toute note


strictement inférieure à 5 à cet exercice sera éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement, cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

sin x
1. Calculer Lim
x → +∞ x
1
2. Calculer Lim xx
x→ 0+

3. Résoudre, dans l’ensemble des nombres complexes, l’équation : x 2 + 2 x + 2 = 0

ln x
4. Calculer la dérivée de : ( x > 0)
1 + x2

1
ITSA2003 124
5. Calculer la dérivée de : x cos x

2n
6. Calculer ∑ (−1) k
k =1

1
7. Calculer ∫ xe x dx
0

1x−2
8. Calculer ∫ dx
0 x +1

2
9. Déterminer la limite de la suite (U n ) n∈ N définie par : U n = 1+
3n
x + y = 1

10. Résoudre le système  3
xy = −
 4

Exercice n° 2

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :


f ( x ) = ( x − 1) 2 + a
où a est un paramètre réel.

¶ On suppose que 0 < a < 1 . Calculer l’aire du domaine D suivant :


{ }
D = ( x, y) ∈ R 2 / 0 ≤ x ≤ 1, a ≤ y ≤ f ( x )

· Résoudre, dans l’ensemble des nombres réels strictement positifs,


l’équation : f ( x ) = ln x , où ln x désigne le logarithme népérien de x .

¸ On suppose a = 0 . Déterminer l’aire comprise entre les points


d’intersection du graphe de f et du graphe de la fonction logarithme népérien
(en fonction d’un paramètre que l’on ne cherchera pas à calculer).

2
ITSA2003 125
Exercice n° 3

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :


f ( x ) = ax + e bx
où a est un paramètre réel non nul et b un réel strictement positif.

¶ Etudier les variations de f dans le cas où a > 0 .

· On suppose toujours a > 0 . Montrer que l’équation f ( x ) = 0 admet une


unique racine réelle. Dans quel intervalle de la forme ]n, n + 1[ se situe-t-elle si b = 1 ? ( n
étant un entier relatif).

1
¸ Calculer ∫ f ( x) dx
0

¹ On suppose dans cette question que a < 0 .

- Etudier les variations de f


- Résoudre Min f (x )
x
- Quelle relation doivent vérifier a et b pour que la valeur du
minimum soit négative ?

Exercice n° 4

Soient u et v deux fonctions numériques d’une variable réelle indéfiniment dérivables.

¶ Exprimer Max (u, v ) en fonction de (u − v) + , où (u − v) + désigne la


partie positive de ( u − v ) (Si (u − v ) < 0 , alors (u − v ) + = 0 ).

3
ITSA2003 126
· Pour t ∈ R , on pose :
 u (t ) 
F ( t ) = Max 2, ,
 v (t ) 
où u (t ) = t 3 + t 2 + t + 1 et v (t ) =t + 1 . Etudier la dérivabilité de F .

¸ Pour t ∈ R , on pose :
G(t ) = Max 2, e λ t , { }
où λ est un paramètre réel. Etudier la dérivabilité de G en fonction de λ .

PROBLEME

Soit la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :


f ( x ) = x 2 ln( 1 + x 2 )

¶ Etudier les variations de f et tracer son graphe.

· Déterminer le nombre de points d’intersection entre le graphe de f et


celui de la parabole g d’équation y = x 2

1
¸ Calculer I = ∫ f ( x) dx . En déduire l’aire comprise entre le graphe
0
de f , le graphe de g et les droites d’équation x = 0 et x = 1 .

t
¹ On pose ϕ ( t) = ∫ ( f ( x) − g ( x )) dx . Calculer Lim ϕ (t ) .
0 t → +∞

4
ITSA2003 127
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AVRIL 2003

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

EPREUVE DE CONTRACTION DE TEXTE

DUREE : 3 HEURES

Ce texte est tiré du livre d’Albert Jacquard dont le titre est


«DE L’ANGOISSE A L’ESPOIR, leçons d’écologie humaine», paru aux éditions
Calmann-Lévy en mars 2002.

Il doit être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, nous avons considéré tout nouveau pouvoir
nous permettant de transformer notre environnement comme un progrès humain. Nous
avons rarement remis cette évidence en question; nous y sommes maintenant obligés
devant le développement extraordinaire de nos capacités d’action, et ce nouveau
regard constitue un changement profond du parcours de l’aventure humaine.

1
ITSA2003 128
A la façon de Prométhée découvrant le feu, nous nous sommes réjouis de
chaque progrès. Selon la mythologie grecque, Zeus, créant le monde, avait
prudemment caché aux hommes le secret du feu. Prométhée le leur a dévoilé et en a
été puni. Nous pourrions métaphoriquement identifier les scientifiques à Zeus et les
techniciens à Prométhée ; les premiers proposent des concepts permettant d’expliquer
le cosmos, les seconds apportent la capacité à le transformer. Pour le philosophe
Francis Bacon, au XVIIe siècle, le but de la science et de la technique était de réaliser
tout ce qui était rendu possible par notre compréhension. A cette philosophie optimiste,
nous sommes obligés de substituer celle d’Einstein, affirmant, le soir d’Hiroshima : « il y
a des choses qu’il faudrait mieux ne pas faire ». Nous ne devons plus nous permettre
d’utiliser aveuglément les moyens que nous nous donnons. La bombe nucléaire en est
un exemple extrême. En découvrant le mystère de l’énergie présente dans la matière,
nous nous sommes donnés des pouvoirs que nous ne devons utiliser qu’en les
maîtrisant. Il en est de même pour la découverte du mystère des processus qui se
déroulent chez les êtres vivants. Comment résoudre les problèmes éthiques posés par
la manipulation du patrimoine génétique ?

Au cours de l’histoire, une des rares occasions où, face à un progrès


technique, la question a été posée de renoncer à l’utiliser a été provoquée par la mise
au point de l’arbalète, arme beaucoup plus efficace que l’arc. Au cours d’un concile, en
1139, l’Eglise romaine a interdit son usage dans les guerres entre chrétiens, mais l’a
permis contre des ennemis non chrétiens. Même si la réponse nous fait sourire,
constatons que la question a du moins été posée.

L’important aujourd’hui n’est pas d’accélérer les avancées techniques, mais de


les orienter en fonction d’objectifs éthiques. Prenons l’exemple controversé du clonage.
La célèbre brebis Dolly a montré qu’il est possible de faire agir la totalité des gènes
présents dans le noyau d’une cellule, donc de ramener ce patrimoine à l’état qui était le
sien lors de la conception, et de réaliser un double de l’individu. La compréhension des
mécanismes en action au sein des êtres vivants nous permet d’intervenir à tous les
niveaux : ce qui se produit dans le secret des organes sexuels est maintenant observé
dans tous les détails. Nous avons le pouvoir de prendre en main, de transformer la
réalité biologique des êtres vivants, y compris nous-mêmes. Nous sommes passés du
rôle passif de spectateurs au rôle actif d’acteurs ; nous devenons des cocréateurs.

Des phénomènes évolutifs qui nécessitaient des milliers de générations, des


innovations que la nature ne produisait que par erreur sont maintenant réalisables à
volonté et rapidement dans les laboratoires. Les êtres vivants ne sont que des choses,
la frontière entre l’inanimé et le vivant s’estompe, que devient alors la spécificité
humaine ?

2
ITSA2003 129
Cette spécificité ne peut guère être définie par notre dotation génétique, si
proche de celle des autres primates. C’est en s’interrogeant sur l’origine de la
conscience qu’une réponse peut être proposée.

Cette conscience nous est permise par la richesse fabuleuse de notre cerveau.
Il représente l’objet le plus complexe et jouit de ce fait de performances inouïes,
notamment la capacité de comprendre et de transformer le monde.

Mais surtout, cette complexité nous a permis de mettre en place un réseau de


communication entre les hommes qui fait de leur ensemble, l’humanité, la seule
structure qui soit plus complexe que chaque individu, et qui peut, par conséquent, avoir
des performances supérieures. Parmi ces performances, la plus décisive est de
permettre à chacun, non seulement d’être, mais de se savoir être, d’être conscient, de
parvenir à dire « je ».

La clé de la spécificité humaine est donc l’utilisation de nos performances


intellectuelles pour créer le surhomme qu’est la communauté des hommes. Cette
communauté opère en chacun une métamorphose plus étrange que celle de la chenille
devenant papillon : le passage de l’individu créé par la nature en une personne créée
par la rencontre des autres.

Pour qu’un individu devienne un homme, pour qu’en lui émerge une personne, il
faut qu’il soit immergé dans une collectivité. C’est grâce aux autres que chacun devient
lui-même et est en droit d’exiger le respect. Nous devons donc mettre en place une
société où chacun regardera tout autre, non comme un obstacle, mais comme une
source.

Le rôle du projet

Dans notre univers, seuls interviennent le présent et le passé ; l’avenir n’existe


pas. A chaque instant, les événements se déroulent en fonction de l’état actuel des
choses, non en vue de réaliser un état futur. Seuls les hommes font exception : ils ont
découverts que demain sera et prennent des décisions aujourd’hui en fonction de ce
qu’ils désirent pour demain. Ce faisant, ils ont inversé le rôle du temps. Alors que tout
ce qui peuple l’Univers subit les contraintes de l’état de choses présent, les hommes,
grâce à la richesse fabuleuse de leur système nerveux central, ont eu l’idée fantastique
d’inventer le concept d’avenir.

3
ITSA2003 130
Du coup, leur statut dans le cosmos a été transformé. Au lieu de seulement
subir les forces en action, ils ont pour rôle de les orienter, de choisir, de décider ce qui
est bien et ce qui est mal, de construire une éthique. La morale est nécessitée par la
possibilité du projet.

Ce constat doit être d’autant plus pris au sérieux que les avancées techniques
ont rendues solidaires tous les hommes de la planète. Les choix collectifs doivent
maintenant être « mondialisés ». La véritable mondialisation ne doit pas être celle de la
finance ou du commerce, elle doit être celle de la culture, à condition de préserver la
diversité et le respect des différences. Autrement dit, il faut mettre en place une
démocratie planétaire de l’éthique.

Parmi les devoirs nouveaux qui s’imposent aux hommes aujourd’hui, l’un des
plus urgents est la gestion raisonnée de leur effectif. Jusqu’à il y a quelques siècles, la
nécessité était de préserver la survie de l’espèce en luttant contre l’excès de la
mortalité. Cette lutte est maintenant victorieuse, du coup, le danger s’est inversé, c’est
l’excès de naissances qui est devenu une menace. Le nombre des hommes,
relativement stable jusqu’à la renaissance, a connu depuis une croissance
exponentielle, qui s’est accélérée durant la seconde moitié du XX è en raison des
succès remportés dans la lutte contre la mortalité infantile. Notre attitude envers la
procréation doit désormais être inversée : elle était un devoir, elle devient un droit limité.

Un tel retournement, une telle révolution, s’impose dans de multiples


domaines ; nous n’y sommes guère prêts, mais l’effort intellectuel qu’implique le
raisonnement scientifique peut nous y aider. La science consiste en effet à aller au-
delà des informations fournies par nos sens. Imaginer que la boule de feu qui se lève
chaque matin est une étoile autour de laquelle nous tournons a exigé des siècles de
réflexion. Ce n’est que bien récemment que nous avons compris la source de l’énergie
qu’elle rayonne. Le soleil est un concept inventé par les hommes ; de même les protons,
les quarks ou les trous noirs ; leur existence, définitivement cachée à ceux qui se
contentent de leurs sensations, nous est révélée par notre capacité de raisonner. La
connaissance est la naissance, en nous, d’une représentation du monde.

Pour la construire, la science s’impose quelques règles ; notamment, elle


récuse les raisonnements finalistes expliquant ce qui se passe aujourd’hui en fonction
de ce qui se passera demain, pour la bonne raison que demain n’existe pas. Tout doit
être expliqué par des « parce que », et non pas par des « pour que ».

La connaissance toujours améliorée du cosmos est la grande tâche humaine,


sa prouesse. Mais l’invention la plus extraordinaire est celle de l’Homme. Quoi de plus
prodigieux que l’auto-construction qui nous permet, en nous regardant nous-mêmes, de
nous transformer. La réponse de la science à la question de toujours « qu’est-ce qu’un
être humain ? » est plus que jamais source d’émerveillement.

4
ITSA2003 131
Le point d’arrivée : la personne humaine

Nous devons aujourd’hui non seulement être conscients de nos pouvoirs et


nous interroger sur le droit de les exercer en assumant notre rôle de cocréateurs du
cosmos, mais aussi comprendre comment notre hypercomplexité cérébrale nous
permet d’échapper collectivement au sort commun des objets produits par l’Univers.

Rappelons que la « complexité » est la caractéristique d’une structure dont les


éléments sont nombreux, sont divers, et sont reliés entre eux par de multiples
interactions. Lorsque cette complexité est suffisante, la structure manifeste des
performances qui ne peuvent être déduites de la connaissance de chacun de ses
éléments. Appliquons ce constat à « l’objet » qu’est l’humanité. Elle est riche de six
milliards d’individus, tous différents ; les conditions de nombre et de diversité sont donc
remplies. Mais les interactions sont-elles suffisamment subtiles et intenses ? Cela
dépend d’eux. S’ils sont capables de mettre en commun non seulement des projets,
des angoisses, des espoirs, alors ils ne sont plus une foule, mais un ensemble intégré
capable de performances inaccessibles à chacun des humains isolés, et chacun d’eux
peut en profiter.

L’important est de comprendre que mettre en relation est différent


d’additionner ; deux plus deux font quatre, mais deux et deux peuvent donner tout autre
chose que quatre ; cela est vrai en permanence dans notre cosmos, et cette émergence
de l’inattendu est particulièrement spectaculaire avec l’aventure de l’humanité. La
richesse de notre cerveau nous a permis de manifester une merveilleuse intelligence,
mais c’est la complexité du réseau que nous établissons avec les autres qui nous fait
accéder à la conscience d’être.

Pour expliquer cette conscience, on peut évoquer une décision spécifique du


Créateur ; mais c’est là une affirmation que l’on peut ni prouver, ni démontrer fausse ;
elle repose sur une foi, elle n’entre donc pas dans le discours scientifique. Une autre
explication est que notre capacité à dire « je » n’a pas été donnée à chacun par la
nature, mais a été apportée par les « tu »venant des autres. Grâce à ce réseau, tout
homme est plus que lui-même. Chacun le ressent dans le secret et dans le doute ; pour
progresser, la meilleure voie est de comprendre que mon « plus », ce sont les autres, et
d’en tirer les conséquences.

Pour appartenir à l’humanité, il ne suffit pas d’avoir reçu la dotation génétique


caractéristique de l’espèce, il faut aussi avoir été immergé dans une communauté
humaine. Il faut distinguer la définition de l’individu de celle de la personne. Le premier
est fait de particules associées en cellules, réunies en organes, la seconde est
constituée de liens. Il s’agit de deux univers du discours différents ; le premier est de
l’ordre des objets, le second de l’ordre des valeurs.

5
ITSA2003 132
Les liens que nous tissons constituent la meilleure définition de nous-mêmes.
Etre un humain signifie être capable de sortir de soi, de dire « je » comme si l’on parlait
d’un autre ; Arthur Rimbaud l’a osé : dans son œuvre, « je » se conjugue à la troisième
personne.

Cette conscience a été donnée aux hommes au prix d’un long effort qui a sans
doute nécessité la succession de milliers de générations ; elle est un cadeau que les
hommes se sont faits à eux-mêmes. Nous avons fait l’humanité, et elle nous a
transformés. Il ne s’agit pas d’un cercle vicieux constamment recommencé, mais d’une
spirale vertueuse faisant toujours apparaître des possibilités nouvelles. La nature a
produit, au terme provisoire d’une longue évolution, des individus ; nous avons créé les
personnes.

En tant qu’individus, chacun est un objet parmi d’autres ; il est défini par ses
caractéristiques biologiques résultant de son patrimoine génétique ; son histoire peu à
peu le façonne, lui donnant une personnalité spécifique ; mais il ne devient
véritablement une personne que lorsque la communauté humaine lui reconnaît des
droits. Ce concept de droit est inconnu du cosmos ; rien parmi tous les objets qui le
constituent, n’est source de droits ; chacun est aveuglément soumis aux forces qui
s’exercent sur lui. Evoquer des droits, c’est changer d’univers. L’individu, le sujet, la
personnalité appartiennent à l’ordre des réalités que nous pouvons constater et décrire ;
la personne appartient à l’ordre du sacré, de l’infiniment respectable, de l’inviolable,
défini collectivement par une décision humaine.

A quel stade de son histoire un individu devient-il une personne ? A cette


question, il n’y a de réponse qu’arbitraire. Tout au plus pouvons nous évoquer des
problèmes liés aux deux extrémités du parcours de vie : la conception, d’où
l’interrogation concernant l’avortement, la mort, d’où l’interrogation concernant
l’euthanasie.

Un ovule, un spermatozoïde ne sont pas, isolés, le support d’une personne, mais


ils se fondent l’un dans l’autre, multiplient les cellules et commencent à former un
individu ; celui-ci est alors capable de devenir une personne par l’échange des liens
avec les autres. Le lien mère-fœtus introduit la réalité d’une personne dans l’amas de
cellules qui se forment et qui, dans l’esprit de la mère, est l’équivalent de « quelqu’un ».
Elle a conscience du fait qu’un enfant se forme, et cette conscience rend cet enfant
sacré. Dans cette voie, le problème de l’avortement est affronté en admettant que
l’embryon devient une personne en fonction de l’attitude de sa mère.

6
ITSA2003 133
De même, la fin de la vie pose des problèmes nouveaux dus au
développement de nos moyens techniques. Autrefois, la mort était la conséquence de
processus naturels. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, l’instant précis de la mort est le
résultat d’une décision technique. Une possibilité de réflexion est de recourir au concept
de « mourir », défini comme cette période de la vie qui est ressentie comme ultime. Le
rôle de ceux qui assistent le mourant est de lui permettre de vivre son mourir en
respectant un équilibre difficile entre la conscience, la lutte contre la douleur et la durée.
Une mort plus sereine peut parfois être obtenue au prix d’une vie moins longue.

Entre une conception imprécise et une mort mal définie, il y a toute une vie qui
consiste à multiplier les liens, à sortir de soi-même, ce qui est l’objectif dans
l’éducation.

Il nous faut maintenant poursuivre cette construction de l’humanité et adopter un


projet digne de ce que nous pouvons réaliser.

7
ITSA2003 134
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APPLIQUEE (ENEA) STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
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AVRIL 2003

CONCOURS D'ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

DEUXIEME EPREUVE DE MATHEMATIQUES

DUREE : 3 HEURES

Exercice n°1

Soit a un nombre réel. On considère la suite (an) définie par a1 = a et an+1 = cos an.

1) Montrer que 0 < an <1 pour tout n≥ 3.

2) Montrer que :

a. si an < an+1 alors an < an+2 < an+1

b. si an > an+1 alors an > an+2 > an+1

3) Montrer que les sous-suites (a2n) et (a2n+1) sont convergentes et convergent vers la même
limite.

4) En déduire que la suite (an) est convergente et que sa limite ne dépend pas de a.

1
ITSA2003 135
Exercice n°2

1) Soit ϕ un réel de [-π, π] et z le nombre complexe défini par :

z=
1
[sin ϕ + i(1 − cos ϕ )]
2
Déterminer, en fonction de ϕ, le module et un argument de z.

2) Dans cette question, ϕ est un réel de l'intervalle ]0, π[. Déterminer le module et un argument de
z
chacun des deux nombres complexes suivants : z - i et où z est le nombre complexe défini au
z −i
1).

3) Dans le plan muni d'un repère orthonormé direct, on considère les points M et N d'affixes
z
respectives z - i et .
z −i

Déterminer la nature géométrique des ensembles décrits respectivement par les points M et N
lorsque ϕ varie dans l'intervalle ]0, π[.

PROBLEME

On considère la fonction f définie sur [0, + ∞ [ par :

ex − 1
f (x ) =
xe x + 1

On désigne par C sa courbe représentative dans le plan rapporté à un repère orthonormé.

2
ITSA2003 136
Partie A

Soit la fonction g définie sur l'intervalle [0, + ∞ [ par :

g( x) = x + 2 − e x

1. Étudier le sens de variation de g sur [0, + ∞ [ et déterminer la limite de g en + ∞.

2. a) Montrer que l'équation g(x) = 0 admet une solution et une seule dans [0, + ∞ [.
On note a cette solution.

b) Sachant que e 1,14 ≈ 3,127 et e 1,15 ≈ 3,158 , donner un encadrement de a à 10-2 près.

3. En déduire le signe de g(x) suivant les valeurs de x.

Partie B

1. a) Calculer la dérivée f ’(x) de f(x) en fonction de g(x) pour tout x appartenant à


[0, + ∞ [.

b) En déduire le sens de variation de la fonction f sur [0, + ∞ [.

2. a) Montrer que pour tout réel positif x,

1 − e−x
f (x ) =
x + e− x

b) En déduire la limite de f en + ∞. Interpréter graphiquement le résultat trouvé.

1
3. a) Établir que f (α ) =
α +1

b) En utilisant l'encadrement de a établi dans la question A.2., donner un encadrement de


f(a ) d'amplitude 10-2.

4. Déterminer une équation de la demie tangente (T) à la courbe C au point d'abscisse 0.

5. a) Établir que, pour tout x appartenant à l'intervalle [0, + ∞ [

( x + 1)u ( x)
f (x ) − x = avec u ( x ) = e x − xe x − 1 .
xe + 1
x

b) Étudier le sens de variation de la fonction u sur l'intervalle [0, + ∞ [. En déduire le signe


de u(x).

c) Déduire des questions précédentes la position de la courbe C par rapport à la droite (T).

6. Tracer C et (T).

3
ITSA2003 137
Partie C

1. Déterminer une primitive F de f sur [0, + ∞ [ en utilisant l'expression de f(x) établie dans la
question B.2.

2. Pour tout entier naturel n, on pose


n +1

vn = ∫ f ( x)dx
n

a) Montrer que, pour tout n≥ 2,


n +1

f (n + 1) ≤ ∫ f ( x)dx ≤ f (n)
n

En déduire la monotonie de la suite (vn) à partir de n≥ 2

b) Déterminer la limite de la suite (vn)

4
ITSA2003 138
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AVRIL 2003

CONCOURS D’ELEVE INGENIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

VOIE A

CALCUL NUMERIQUE

DUREE : 2 HEURES

Exercice
1. Déterminer les nombres complexes z qui sont solutions de l’équation :

z 2 = 1 + i. (0.1)

2. Représenter graphiquement les nombres complexes z solutions de (0.1).


3. Ecrire les complexes z solutions de l’équation (0.1) sous forme exponentielle et sous forme
algébrique pour en déduire les valeurs de cos(π/8) et sin(π/8).
4. A partir de la forme exponentielle de 1+i, calculer (1+i)8 ; calculer ensuite (1+i)8 à l’aide
de la formule du binôme et en déduire les valeurs respectives de C80 − C82 + C84 − C86 + C88
et de C81 − C83 + C85 − C87 .
5. Linéariser cos4 (a) et sin3 (a) pour tout a ∈ IR.
6. Exprimer cos(6x) et sin(4x) en fonction de puissances de sin(x) et de cos(x) pour tout
x ∈ IR.

Problème

Une entreprise P est constituée de deux établissements P1 et P2 . Le tableau suivant donne


la répartition des salaires (x1i pour l’entreprise P1 et x2i pour l’entreprise P2 , tous les salaires
sont exprimés en Euros) en fonction des effectifs salariés (n1i pour l’entreprise P1 et n2i pour
l’entreprise P2 ); les salaires sont regroupés par classe et on notera une classe Ci = [ai , bi [, où
ai est la borne inférieure des salaires appartenant à Ci et bi est la borne supérieure des salaires
appartenant à Ci :
ITSA2003 139
x1i n1i x2i n2i

Ouvriers C2 = [1200, 1500[ 60 C1 = [900, 1200[ 5

Employés C4 = [1800, 2100[ 95 C3 = [1500, 1800[ 15

Cadres C6 = [2700, 3300[ 5 C5 = [2100, 2700[ 30

1. Donner le nombre total des salariés de l’entreprise P . On notera ce nombre n.


2. Regrouper les résultats des deux établissements dans un unique tableau avec dans la
première colonne les classes Ci , i ∈ {1, . . . , 6}, des salaires ordonnés par ordre croissant
et dans la deuxième colonne les effectifs ni des salariés correspondants.
3. Ajouter une troisième colonne au tableau de la question 2. dans laquelle apparaı̂tront les
fréquences fi , i ∈ {1, . . . , 6}, de chaque classe Ci .
La fréquence fi de la classe Ci est la proportion des individus ayant un salaire compris
dans l’intervalle [ai , bi [= Ci .
4. Fréquence cumulée et Médiane.
a. Ajouter une quatrième colonne au tableau de la question 2. dans laquelle apparaı̂tront
pour chaque classe Ci , i ∈ {1, . . . , 6}, la fréquence cumulée Fi définie par la
formule ( P
i
j=1 fj , si 2 ≤ i ≤ 6
Fi =
f1 si i = 1
b. Quelle est la proportion de salariés de l’entreprise P qui gagne moins de 1800 Euros?
c. La représentation graphique de la fréquence cumulée est appelée courbe cumulative;
elle consiste à représenter en abscisse les bornes inférieures et supérieures des classes
Ci , i = {1, . . . , 6}, puis à représenter dans un repère (O,~ı,~) le point (a1 , 0) où a1
est la borne inférieure de la classe C1 , et les points (bi , Fi ), i = {1, . . . , 6}, où bi est
la borne supérieure de la classe Ci et enfin à relier ces points par des segments de
droite.
Tracer la courbe cumulative.
d. Déterminer graphiquement la médiane, c’est–à–dire, sur le graphe de la courbe
cumulative, repérer la valeur du salaire en abscisse qui a une ordonnée égale à 0.5,
puis donner une valeur approchée de M e.
La médiane notée M e est la valeur d’un salaire qui partage les salariés de P en
deux sous-populations de même taille : ceux qui ont un salaire supérieur à M e et
ceux qui ont un salaire inférieur à M e.
5. Histogramme et Mode.
a. Ajouter une cinquième colonne au tableau de la question 2., dans laquelle apparaı̂tront
les amplitudes Li , i ∈ {1, . . . , 6}, de chaque classe Ci , c’est–à–dire la longueur de
chaque intervalle [ai , bi [.
ITSA2003 140
b. Ajouter une sixième colonne au tableau de la question 2., dans laquelle apparaı̂tront
ou bien les densités de fréquence hi , i ∈ {1, . . . , 6}, de chaque classe Ci , qui sont
le rapport de fi sur Li , ou bien des quantités Hi , i ∈ {1, . . . , 6} de chaque classe Ci ,
proportionnelles à hi (chacun étant libre de choisir son coefficient de proportion).
c. La représentation graphique de la densité de fréquence est appelée histogramme;
elle consiste à représenter en abscisse les classes Ci = [ai , bi [, i ∈ {1, . . . , 6}, et pour
chaque classe Ci , on dessine un rectangle de hauteur hi repérée en ordonnée.
Tracer l’histogramme dans un repère différent de celui utilisé pour tracer la courbe
cumulative.
d. A partir de l’histogramme, déterminer la classe modale qui est la classe de
l’histogramme qui a la plus grande hauteur de rectangle.

6. Moyenne et Variance.

a. Par convention on admet que chaque classe Ci = [ai , bi [, i ∈ {1, . . . , 6}, peut être
représentée par la valeur centrale ci , qui est le centre ou milieu de [ai , bi [.
Calculer les valeurs centrales ci i ∈ {1, . . . , 6}, de chaque classe Ci , que l’on fera
figurer dans une septième colonne ajoutée au tableau de la question 2.
b. On définit la moyenne x̄ par :
6
1X
x̄ = ni ci ,
n i=1

et la variance totale Var par :


6
1X
Var = ni (ci − x̄)2 ,
n i=1

Calculer la moyenne x̄ et la variance totale Var.


c. On appelle variance Inter et on la note VarInter, la variance des moyennes de la
population P1 et de la population P2 c’est–à–dire que
1
VarInter = (n̄1 (x̄1 − x̄)2 + n̄2 (x̄2 − x̄)2 ),
n
où x̄i , i = 1, 2, est la moyenne calculée sur la population Pi et n̄i est l’effectif de la
population Pi .
Calculer la variance Inter.
d. On appelle variance Intra et on la note VarIntra, la moyenne des variances de la
population P1 et de la population P2 c’est–à–dire que
1
VarIntra = (n̄1 Var1 + n̄2 Var2 ),
n
où Vari , i = 1, 2, est la variance calculée sur la population Pi et n̄i est l’effectif de
la population Pi .
Calculer la variance Intra.
e. Trouver la relation théorique qui relie la variance totale aux variances Intra et Inter.

ITSA2003 141
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA - YAOUNDÉ
ENEA-DSD - DAKAR

AVRIL 2004

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est OBLIGATOIRE et toute note


strictement inférieure à 6 à cet exercice sera éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement, cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans


la note finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

2
+ 3x
1. Calculer la dérivée de : x e x
1 − cos x
2. Calculer Lim
x → +∞ x2
3. Calculer Lim ( x Log x − x )
x → +∞

4. Résoudre l’équation : e 2 x + e x − 2 = 0

5. Donner une primitive de la fonction f définie par : f ( x ) = Log x

n
1
6. Calculer en fonction de n, l’expression suivante : ∑ k (k + 1)
k =1
π/2

7. Calculer ∫ x sin x dx
0

ITSA2004 143
8. Résoudre x 2 − 5x + 4 < 0
Un
9. Déterminer la limite de la suite (U n ) n∈N * définie par récurrence : U n+1 =
3
et U 1 = 1
 x2 9
 =
10. Résoudre le système  y 2 4
 xy = 6

Exercice n° 2

ex
¶ Etudier la fonction réelle f définie par : f ( x ) = et tracer son graphe.
x

· Déterminer le nombre de racines de l’équation : 1 − λ x e −x = 0 , où λ ∈ R .


x ex
¸ Etudier et représenter la fonction réelle g définie par : g ( x) =
x +1

¹ Déterminer le nombre de racines de l’équation : x − λ ( x + 1) e −x = 0 , où λ ∈ R .

Exercice n° 3

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels non


nuls par :
f ( x ) = x − Ln x

où Ln désigne le logarithme népérien.

¶ Etudier les variations de f .


· Tracer le graphe de f .

¸ Calculer l’aire comprise entre l’axe des abscisses, les droites x = 1 et x = 2 ,


et le graphe de f .

On considère maintenant la fonction f m définie par f m ( x) = mx −1− Ln x ,


où m est un paramètre réel strictement positif.

ITSA2004 144
¹ Etudier les variations de f m .

º Démontrer que pour tout x > 0 , on a l’inégalité : Ln x ≤ x −1 .

» On donne un entier n supérieur ou égal à 2 et n nombres strictement


positifs a1 , a 2 , ..., a n . On note M la moyenne arithmétique de ces nombres, G la
moyenne géométrique G = n a1 × a 2 × .... × a n et H la moyenne harmonique, à savoir
n 1 1 1 a
= + + ... + . Démontrer que G ≤ M (on pourra appliquer º avec x = i ).
H a1 a 2 an M

¼ Comparer G et H .

Exercice n° 4

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :


π
f ( x ) = x sin et f (0) = 0
x

¶ Etudier la continuité et la dérivabilité de f .

· Préciser l’ensemble des nombres réels tels que :


a) f ( x ) = 0 b) f ( x ) = x c) f ( x ) = − x .

1
¸ Calculer les dérivées première et seconde de f pour x ≥ .
2
1
¹ Etudier les variations de f pour x ≥ .
2

Exercice n° 5

On considère n couples fixés ( xi , y i ) de valeurs réelles strictement positives


et λ un paramètre réel non nul également fixé.

On cherche à déterminer les paramètres a et/ou b d’une fonction f qui


minimise l’expression suivante :
n 1

L( f , λ ) = ∑ ( y i − f ( x i )) 2 + λ ∫ f '' ( x) dx
i =1 0

dans chacun des cas ci-dessous :

a) f ( x ) = ax
b) f ( x ) = ax 2
c) f ( x ) = ax 2 + bx

ITSA2004 145
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AVRIL 2004

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

Dans une société, quelles sont les conditions de la réduction des inégalités
entre les hommes et les femmes ?

Sujet n° 2

L’homme moderne s’est-il trop éloigné de la nature ?

Sujet n° 3

Les découvertes techniques contribuent-elles à renouveler les questions


morales ?

ITSA2004 146
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AVRIL 2004

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

2ème COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice n° 1

On se propose de tester l’efficacité d’une serrure à code et d’un système d’alarme.


Une porte est munie d’un dispositif de fermeture portant les touches 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et A,
B, C, D. La porte s’ouvre lorsqu’on frappe dans l’ordre trois chiffres et deux lettres qui forment
un code. Les chiffres sont nécessairement distincts, les lettres non.

1. Quel est le nombre de codes possibles ?

2. Déterminer le nombre de codes correspondant respectivement à chacun des cas suivants :

a) les trois chiffres sont pairs

b) les deux lettres sont identiques

c) le code contient deux chiffres impairs

3. La porte est équipée d’un système d’alarme qui se déclenche lorsque aucun des trois
chiffres frappés ne figure sur la liste des chiffres du code. Déterminer le nombre de codes
déclenchant l’alarme.

ITSA2004 147
Exercice n° 2

On note log 6 et log 36 respectivement les fonctions logarithmes de base 6 et 36 et on


considère la fonction f définie par :

1
f ( z ) = log 6 (13 + z − 4i ) + log 36
(15 + z + 4i ) 2

où z est un nombre complexe et où |w| désigne le module du no mbre complexe w.

1. Quel est le domaine de définition de la fonction f(z) ?

2. Montrer que la résolution de l’équation f(z) = 0 dans l’ensemble C des nombres


complexes revient à la résolution dans C de l’équation :

z − 4i = 2 + z + 4i

3. Déterminer les solutions z de cette équation qui vérifient |z| = 7.

Problème

Partie A

Soit f la fonction numérique d'une variable réelle définie par :

f ( x ) = ln (2 x + 4 x 2 + 1)

où ln désigne le logarithme népérien.

1. a) Montrer que la fonction f est définie sur l’ensemble des réels R et qu’elle est impaire.
b) Montrer que f est dérivable sur R et calculer sa dérivée. En déduire son sens de variation.

r r
2. Soit (C) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé ( O, i , j )
a) Etudier les branches infinies de la courbe (C).
b) Trouver une équation cartésienne de la tangente D à (C) à l’origine O du repère. Tracer
la courbe (C).

3. Soit a un réel strictement positif. Calculer en fonction de a, l'aire de la partie du plan limitée
par la courbe (C) et les droites d'équations respectives x = 0, y = 0 et x = a.

ITSA2004 148
Partie B

1. a) Montrer que la fonction f admet une fonction réciproque g définie sur un domaine I que l'on
précisera.
r r
b) Construire dans le même repère ( O, i , j ) la courbe (C') représentative de la fonction g.

1 x
c) Montrer que, pour tout x de I, on a: g ( x ) = (e − e − x )
4

2. Montrer que l'équation g(x) = x admet dans ]0,+∞[ une seule solution α et que α >
3
2
(on pourra montrer que cette équation est équivalente à f(x) = x et étudier les varia tions de la
fonction p définie par p(x) = f(x)-x)

Partie C

1. On note g’(x) la dérivée de g et on considère la fonction ϕ définie sur R par :


g ( x)
ϕ ( x) =
g ' ( x)

a) Montrer que ϕ est une bijection de R sur un intervalle J que l'on précisera.

b) On note h = ϕ −1 la fonction réciproque de ϕ . Donner les expressions de h(x) et h’(x) pour


tout x de J.

2. On pose, pour tout x de [0,1[ et pour tout entier n positif :

x3 x5 x 2 n−1
Sn ( x ) = x + + + ... +
3 5 2n −1
x
t2n
a) Calculer S n ' ( x) et en déduire que : S n ( x) = h( x ) − ∫ dt
0
1− t ²

b) En déduire la limite, quand n tend vers + ∞ , de la suite (un ) définie pour n > 0 par :

1 1 1 1
un = + 3 + 5 + ... +
3 3.3 5.3 ( 2n −1)32 n−1

ITSA2004 149
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DÉPARTEMENT DE LA STATISTIQUE STATISTIQUE ET
ET DE LA DÉMOGRAPHIE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
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AVRIL 2004

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CALCUL NUMÉRIQUE
(Durée de l’épreuve : 2 heures)

Exercice 1
150 clients font la queue au guichet d’un cinéma; le guichetier n’a aucune monnaie disponible
dans sa caisse. Le billet coûte 5 euros: 80 clients disposent de billets de 5 euros, les 70 autres
clients ont uniquement un billet de 10 euros. On modélise le problème en définissant 150
variables Xi , i ∈ {1, . . . , 150} par :
(
1 si le client i a un billet de 5 euros,
Xi =
−1 si le client i a uniquement un billet de 10 euros.

A. On représente le nombre de billets de 5 euros disponibles dans la caisse après le passage du


kème client par la variable Sk définie pour tout k ∈ {0, . . . , 150} par
(
X1 + X2 + . . . + Xk si k ∈ {1, . . . , 150},
Sk =
0 si k = 0.

Si tous les clients peuvent être servis, c’est-à-dire si le guichetier peut toujours rendre la
monnaie à un client qui se présente avec un billet de 10 euros, combien y-a-t-il de billets de 5
euros et de billets de 10 euros dans la caisse après le passage des 150 clients ?
B. On peut définir dans un repère orthogonal une trajectoire partant du point (0, 0) = (0, S0 )
et joignant par des segments de droite les points (k, Sk ) pour tout k ∈ {1, . . . , 150}.
1. Tracer une trajectoire possible dans un repère orthogonal allant de (0, 0) = (0, S0 ) à
(5, 1) = (5, S5 = 1).
2. Exprimer sous forme d’une condition sur la trajectoire le fait que le guichetier puisse
satisfaire tous les clients.
3. On s’intéresse dans cette question uniquement aux 100 premiers clients, c’est-à-dire aux
valeurs prises par les variables X1 , . . . , X100 . On note p ∈ IN le nombre des Xi , i ∈ {1, . . . , 100}
qui prennent la valeur 1 et on note q ∈ IN le nombre des Xi , ∈ {1, . . . , 100} qui prennent la
valeur −1. Donner les valeurs de p et q pour que la trajectoire atteigne le point (100, 10).
ITSA2004 150
1
Exercice 2
Soit (xm )m∈IN la suite de nombres rationnels définie par
1 1 1 1 1
xm = 1 + + + + ... + + , (0.1)
1! 2! 3! (m − 1)! m!

où k! = k(k − 1)(k − 2) · · · 1 est le produit des k premiers entiers non nuls, défini pour tout
k ∈ IN avec la convention 0! = 1.
Le nombre irrationnel e est représenté par la suite (xm )m∈IN car il peut s’écrire :
+∞
1 1 1 X 1
e = 1+ + + + ... = . (0.2)
1! 2! 3! k=0 k!

Le but de cet exercice est de trouver une approximation du nombre irrationnel e.

1. Quelle est la nature de la suite (xm )m∈IN définie par (0.1) : est–elle croissante ou bien
est–elle décroissante ou bien est–elle ni croissante et ni décroissante? On justifiera sa
réponse.

2. Pour m ∈ IN, pour n ∈ IN? , et n > m, calculer |xn − xm |.


1
3. Dans le terme |xn − xm | déterminé à la question 2., mettre la quantité en facteur.
(m + 1)!
1 1
4. En utilisant le fait que pour tout entier k tel que 1 < k ≤ n − m, on a < , et
m+k m+1
à partir de la question 3., déduire une majoration pour |xn − xm |.

5. Déterminer la valeur de la quantité Sn−m−1 définie par


n−m−1
X 1
Sn−m−1 = . (0.3)
k=0 (m + 1)k

Indication : il faut remarquer que Sn−m−1 est la somme des (n − m) premiers termes
d’une suite géométrique.

6. Déduire de la question 5., la limite quand n tend vers l’infini de Sn−m−1 , avec m ≥ 1 fixé.

7. On va dans cette question déterminer un encadrement pour le nombre e.

a. En utilisant l’écriture de e donnée par la relation (0.2), exprimer |e − xm |, pour un


m ∈ IN? quelconque.
b. Reprendre les questions 3., 4. et 5., pour en déduire une majoration de |e − xm |.
c. En prenant m = 15, donner en utilisant la majoration de la question 7.b., un
encadrement pour e. En déduire une valeur approchée pour e pour laquelle on
spécifiera la précision.

ITSA2004 151
2
Exercice 3
En appliquant le Théorème des Accroissements Finis à la fonction ln(1+x) définie pour x > −1,
déterminer un encadrement de ln(2).

Exercice 4
1. a. Trouver les réels a, b et c tels que
x a bx + c
2
= + .
(1 + x)(1 + x ) 1 + x 1 + x2
x
b. A partir de 1.a., déterminer la primitive de , pour x ∈ IR puis la
(1 + x)(1 + x2 )
1
primitive de √ , pour x ∈ IR+ .
(1 + x)(1 + x)
Z 2 1
2. En faisant le changement de variable t = tan(x), calculer dx.
0 1 + 3(cos x)2

Exercice 5
Dans la forêt de la Reine en Meurthe et Moselle, on veut étudier si la croissance des chênes est
la même dans toutes les parties de la forêt.
Pour ce faire on compare la croissance des chênes dans 8 différentes zones choisies au hasard :
ces zones seront dénommées par les lettres A, B, C, D, E, F, G, H.
On classe les chênes en 3 classes suivant leur diamètre :

inférieur strictement à 10 cm compris entre 10 cm et 20 cm supérieur strictement à 20 cm

On note pour chaque zone le nombre de chênes appartenant à chacune des classes. Les résultats
sont rassemblés dans le tableau suivant : on notera Nij le nombre de chênes observés se trouvant
à l’intersection de la ligne i et de la colonne j. La donnée de ces effectifs observés représente la
distribution empirique des chênes.

diamètre < 10 cm 10 cm ≤ diamètre ≤ 20 cm diamètre > 20 cm


A 5 18 28
B 22 29 24
C 19 37 34
D 15 26 11
E 25 39 40
F 23 26 33
G 18 23 23
H 16 23 24
ITSA2004 152
3
Le but de cet exercice est de savoir si on peut conclure à partir des données du
tableau à l’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre
des chênes.

1. Quel est le nombre total de chênes observés ? On note n ce nombre.

2. Déterminer les marges du tableau précédent, c’est-à-dire calculer les sous-totaux de chaque
ligne et chaque colonne. On ajoutera une ligne et une colonne supplémentaires au tableau
et dans chaque nouvelle case on reportera le sous-total calculé de la ligne ou la colonne
en question.

3. Pour chaque case du tableau précédent se trouvant à l’intersection de la ligne i (1 ≤ i ≤ 8)


et de la colonne j (1 ≤ j ≤ 3) , on note nij le nombre de chênes théorique que l’on
devrait obtenir si l’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre
des chênes était vérifiée. La donnée de ces effectifs théoriques représente la distribution
théorique des chênes sous l’hypothèse d’indépendance entre l’emplacement de la zone et
la classe de diamètre des chênes. Le nombre nij est égal au produit des marges de la ligne
i et de la colonne j divisé par le nombre total n.
Calculer pour toutes les cases du tableau ce nombre nij . On dessinera un nouveau tableau
dans lequel on inscrira ces nombres de chênes théoriques.

4. On va mesurer l’écart entre la distribution théorique et la distribution empirique du nombre


de chênes par la fonction ∆ définie par
3
8 X
X (Nij − nij )2
∆= . (0.4)
i=1 j=1 nij

Calculer la valeur de ∆ définie par la relation (0.4).

5. Si on observe une grande valeur de ∆ définie par (0.4), pensez-vous que l’on puisse conclure
à l’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre des chênes?

6. Soit α = 0.05. La théorie des probabilités nous assure l’existence d’une valeur cα = 23.685
telle que, sous l’hypothèse qu’il y ait indépendance entre l’emplacement de la zone et
la classe de diamètre des chênes, ∆ est strictement inférieure à cα avec une probabilité
supérieure ou égale à 1 − α = 0.95. On prend alors la décision de :
–accepter l’hypothèse d’indépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de
diamètre des chênes si ∆ < cα
–conclure à la dépendance entre l’emplacement de la zone et la classe de diamètre des
chênes si ∆ > cα .
Quelle décision prenez–vous?

ITSA2004 153
4
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2004

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre d’Antonio R. Damasio dont le titre est


«Spinoza avait raison» – Joie et tristesse, le cerveau des émotions – paru aux
éditions Odile Jacob en mai 2003. Il sera résumé en 240 mots, plus ou moins 10%.

Qu'est-ce qu'un sentiment ?

Pour tenter d'expliquer ce que sont les sentiments, je voudrais commencer par
poser une question au lecteur : quand vous envisagez n'importe quel sentiment que
vous avez éprouvé, agréable ou non, intense ou non, quels en sont selon vous les
contenus ? Remarquez bien que je ne vous interroge pas sur la cause du sentiment ;
sur son intensité, sur sa vale ur positive ou négative, ou encore sur les pensées qui vous
sont venues à l'esprit à son occasion. Je vise plutôt les contenus mentaux,
les ingrédients, le matériau qui font un sentiment. Afin de faire avancer cette expérience
de pensée, voici quelques suggestions : imaginez que vous êtes allongé sur la plage,
en fin de journée, que le soleil vous dore doucement la peau, que l'océan vient lécher
vos pieds ; imaginez le bruissement des aiguilles de pin quelque part derrière vous,
une légère brise estivale souffle, il fait 28°, et il n'y a pas un nuage dans le ciel. Prenez
votre temps ; savourez cette expérience. Je suppose que rien ne vient vous contrarier,
que vous vous sentez très bien, excessivement bien même, comme aime à dire un ami
à moi. La question est : en quoi consiste ce sentiment de bien-être ? Voici quelques
indices : votre peau a chaud, et c'est agréable. Vous respirez facilement, vous ne
ressentez pas de gêne aux poumons ou à la gorge. Vos muscles sont si détendus que
vous n'éprouvez aucun tiraillement aux articulations. Votre corps se sent léger,
bien posé mais avec nonchalance. Si vous passez en revue votre organisme,
vous pouvez sentir sa machinerie qui fonctionne doucement, sans anicroches, sans
douleur, une vraie perfection. Vous avez l'énergie pour bouger mais, d’une certaine
manière, vous préférez rester tranquille, combinaison paradoxale entre aptitude et
inclination à agir d'un côté, et délectation à rester calme, de l'autre.

ITSA2004 154
Bref : votre corps se sent différent, selon un grand nombre de dimensions.
Certaines sont assez apparentes, et vous pouvez les situer en vous. D'autres sont plus
impondérables. Par exemple, vous ressentez du bien-être et une absence de douleur ;
bien que le lieu de ce phénomène soit le corps et ses opérations, cette sensation est si
diffuse qu'il est difficile de décrire de façon précise où elle se situe dans le corps.

Cet état a des conséquences mentales. Si vous détournez votre attention du


simple bien-être lié à ce moment, si vous parvenez à stimuler les représentations
mentales qui ne renvoient pas directement à votre corps, vous découvrez que votre
esprit est occupé par des pensées dont les thèmes créent une nouvelle vague de
sentiment agréable. L'image d'événements dont vous anticipez ardemment qu'ils seront
agréables vous vient à l'esprit, de même que des scènes que vous avez vécues avec
plaisir dans le passé. Vous découvrez aussi que votre tournure d'esprit est
bienheureuse. Vous avez adopté un mode de pensée dans lequel les images sont
précises et s'écoulent en abondance et sans effort. Cela a deux conséquences sur
votre sentiment de bien-être. Des pensées apparaissent dont les thèmes correspondent
à l'émotion que vous éprouvez ; votre mode de pensée, votre style de processus mental
augmente la vitesse avec laquelle les images surgissent et les multiplie.
Tel Wordsworth à Tintern Abbey, vous avez «des sensations délicieuses qui cour[ent]
dans [votre] sang jusqu'au fond de [votre] cœur» et ces sensations «pass[ent] même
dans [votre] esprit le plus pur, calmement retrouvées». Ce que vous considérez
d'habitude comme votre «esprit» et comme votre «corps» se mêlent en harmonie.
Tout conflit semble désormais s'apaiser. Toutes les oppositions paraissent désormais
moins tranchées.

Je dirais que ce qui définit le sentiment agréable lié à ces moments, ce qui fait
que le sentiment mérite seul ce terme et qu'il est différent de toutes les autres pensées,
c'est la représentation mentale des parties du corps ou de tout le corps opérant d'une
certaine manière. Le sentiment, au sens pur et étroit du mot, est l'idée du corps qui est
d'une certaine manière. Dans cette définition, on peut remplacer «idée» par «pensée»
ou par «perception». Dès qu'on va au-delà de l'objet qui a causé le sentiment,
les pensées et le mode de pensée qui s'ensuit on atteint le cœur même du sentiment.
Son contenu consiste en une représentation d'un état donné du corps.

La même remarque vaut pour les sentiments de tristesse, pour les sentiments
liés à n'importe quelle autre émotion, pour les sentiments liés aux appétits et pour ceux
qui sont liés à n'importe quel ensemble de réactions régulatrices se déroulant dans
l'organisme. Les sentiments, au sens employé dans ce livre, proviennent de n'importe
quel ensemble de réactions homéostatiques, pas seulement des émotions.
Ils traduisent l'état vécu actuellement dans le langage de l'esprit. Il me semble qu'il
existe des «modes corporels» distincts qui résultent de différentes réactions
homéostatiques, depuis l'état de douleur simple jusqu'à son équivalent complexe,
et donc des sentiments fondamentaux distincts. Il existe aussi des objets déclencheurs

ITSA2004 155
distincts, des pensées correspondantes distinctes et des modes de pensée assortis.
Par exemple, la tristesse s'accompagne d'une faible production d'images, mais d'une
hyperattention aux images, alors que le bonheur va de pair avec des images qui
changent vite et auxquelles on prête peu d'attention. Les sentiments sont des
perceptions, et il me semble que leur soubassement se trouve dans les cartes
corporelles du cerveau. Celles-ci renvoient à des parties du corps et à des états du
corps. Une variation dans le plaisir ou la douleur est un contenu correspondant de la
perception que nous appelons sentiment.

La perception du corps s’accompagne de celle de pensées dont les thèmes


correspondent à l'émotion et d’une perception d’un certain mode de pensée, d'un style
de processus mental. Comment cette perception apparaît-elle ? Elle résulte de la
construction de métareprésentations de notre processus mental, opération sophistiquée
grâce à laquelle une partie de l'esprit en représente une autre. Cela nous permet
d’enregistrer le fait que nos pensées ralentissent ou s'accélèrent selon qu'on leur
accorde plus ou moins d'attention ; ou bien le fait que les pensées représentent des
objets et des événements de près ou à distance. Mon hypothèse, exprimée sous la
forme d’une définition provisoire veut donc qu’un sentiment soit la perception d’un
certain état du corps ainsi que celle d’un certain mode de pensée et de pensées ayant
certains thèmes. Les sentiments apparaissent lorsque la simple accumulation des
détails encartés atteint un certain stade. Dans une perspective différente, la philosophe
Suzanne Langer restitue bien la nature de ce moment d'apparition lorsqu’elle dit que,
lorsque l'activité d'une partie du système atteint un «pic critique, le processus est
ressenti». Le sentiment est une conséquence du processus homéostatique en cours,
c’est une étape suivante du cycle.

Cette hypothèse n'est pas compatible avec la conception selon laquelle


l'essence des sentiments (ou bien celle des émotions lorsque émotions et sentiments
sont pris comme synonymes) serait une collection de pensées pourvues de thèmes
allant de pair avec un certain type de sentiment, comme les pensées qui portent sur des
situations de perte dans le cas de la tristesse. Je crois que cette conception vide
désespérément le concept de sentiment. Si les sentiments étaient seulement des
ensembles de pensées ayant certains thèmes, comment pourrait-on les distinguer de
n'importe quelles autres pensées ? Comment pourraient-ils posséder l'individualité
fonctionnelle qui justifie leur statut en tant que processus mentaux spécifiques ?
J'estime plutôt que les sentiments sont fonctionnellement distincts parce que ce sont
par essence des pensées qui représentent le corps impliqué dans un processus réactif.
Sans cela, la notion de sentiment disparaît. Sans cela, on ne pourrait jamais se
permettre de dire : «Je me sens heureux» ; on devrait plutôt dire : «Je pense heureux».
Mais cela pose une question légitime : qu’est-ce qui rend «heureuses» des pensées ?
Si nous ne vivons pas un certain état du corps ayant une certaine qualité que nous
appelons plaisir et que nous trouvons «bonne» et «positive» dans la vie en général,
nous n'avons aucune raison de considérer une pensée comme heureuse. Ou comme
triste.

ITSA2004 156
L'origine des perceptions qui constituent l'essence du sentiment me semble
claire : il existe un objet général, le corps, et il existe de nombreuses parties de cet objet
qui sont sans cesse encartées dans un certain nombre de structures cérébrales.
Les contenus de ces perceptions sont clairs eux aussi : ce sont divers états du corps
dépeints par les cartes représentant le corps selon toute une gamme de possibilités.
Par exemple, la micro- et la macrostructure des muscles tendus sont différentes de
celles des muscles au repos. C'est vrai également de l'état du cœur lorsqu'il bat vite ou
lentement, et pour la fonction d'autres systèmes — respiratoire, digestif — dont le
travail peut être tranq uille et harmonieux ou difficile et mal coordonné. Autre exemple,
le plus important peut-être : la composition du sang relativement à certaines molécules
chimiques dont dépend notre vie et dont la concentration, à tout instant, est représentée
dans certaines régions du cerveau. L'état particulier de ces composants du corps,
représentés dans les cartes corporelles du cerveau, est le contenu des perceptions qui
constituent les sentiments. Les substrats immédiats des sentiments sont les encartages
de tous ces états du corps dans les régions sensorielles du cerveau conçues pour
recevoir les signaux venus du corps.

On pourrait objecter qu'il ne semble pas que nous enregistrions consciemment


la perception de tous ces états des parties de notre corps. Et heureusement que nous
ne les enregistrons pas tous. Nous avons une expérience de certains qui est assez
spécifique et pas toujours plaisante — rythme cardiaque irrégulier, contraction
douloureuse du ventre, etc. Cependant, pour la plupart des autres composants, j'émets
l'hypothèse que nous en faisons l'expérience sous forme «composite». Certaines
structures de notre chimie interne, par exemple, enregistrent des sentiments généraux
d’énergie, de fatigue ou de gêne. Nous vivons aussi tout un ensemble de changements
comportementaux qui deviennent des appétits et des besoins. Évidemment,
nous n'avons pas d'«expérience» de notre niveau sanguin de glucose lorsqu'il descend
en dessous d'un certain seuil, mais nous faisons rapidement l'expérience des
conséquences de cette diminution à travers la façon dont d'autres systèmes opèrent
(la musculature, par exemple) et dont certains comportements s'engagent (la faim par
exemple).

Vivre un certain sentiment, le plaisir par exemple, c'est percevoir que le corps
est d'une certaine manière et percevoir le corps de la manière qui exige des cartes
sensorielles dans lesquelles des structures neurales sont en jeu et dont des images
mentales peuvent dériver. Je reconnais que l'apparition d'images mentales à partir de
structures neurales est un processus qu'on ne comprend pas parfaitement (...).
Mais nous en savons assez pour émettre l'hypothèse que ce processus repose sur des
substrats qu'on peut identifier — dans le cas des sentiments, plusieurs cartes de l'état
du corps situées dans diverses régions du cerveau — et par conséquent qu'il implique
des interactions complexes entre régions cérébrales. Ce processus n'est pas localisé
dans une aire du cerveau.

ITSA2004 157
En bref, le contenu essentiel des sentiments est l'encartage d'un état donné du
corps ; le substrat des sentiments est l'ensemble des structures neurales qui dressent
la carte de l'état du corps et dont une image mentale de l'état du corps peut émerger.
Un sentiment est par essence une idée — à savoir une idée du corps et plus
précisément encore une idée d'un certain aspect du corps, de son intérieur, dans
certaines circonstances. Un sentiment d'émotion est une idée du corps lorsqu'il est
perturbé par le processus émotionnel. Comme nous le verrons plus loin, cependant,
il est peu probable que l'encartage du corps qui constitue l'élément décisif de cette
hypothèse soit aussi direct que William James l'imaginait.

Un sentiment est-il davantage qu'une perception d'un état du corps ?

Quand je dis que les sentiments sont en grande partie constitués par la
perception d'un certain état du corps ou que la perception d'un état du corps forme une
essence d'un sentiment, mon usage des mots «en grande partie» et «essence» n'est
pas fortuit. On trouvera la raison de cette subtilité dans l'hypothèse-définition du
sentiment qui vient d'être discutée. En maintes circonstances, en particulier lorsqu'on
dispose de peu de temps ou qu'on n'en a pas du tout pour examiner les sentiments,
ils sont seulement la perception d'un certain état du corps. Toutefois, dans d'autres
circonstances, le sentiment implique la perception d'un certain état du corps et celle
d'un certain état d'esprit l'accompagnant — soit les changements dans le mode de
pensée auxquels je me référais plus haut en tant qu'ils font partie des conséquences du
sentiment. Dans ces circonstances, nous avons des images du corps qui est ceci ou
cela et, parallèlement, des images de notre style de pensée.

Dans certaines circonstances, peut-être dans la variété la plus avancée du


phénomène, le processus est tout sauf simple. Il comporte ceci : les états du corps qui
sont l'essence du sentiment et lui confèrent un contenu distinct ; le mode altéré de
pensée qui accompagne la perception de cet état du corps essentiel ; et la forme de
pensée qui va, en termes de thème, avec la sorte d'émotion ressentie. Dans ces
occasions, si on prend l'exemple d'un sentiment positif, on pourrait dire que l'esprit se
représente davantage que le bien-être. Il se représente aussi le bien-penser. La chair
opère de façon harmonieuse ou du moins l'esprit le dit, et notre puissance de penser
est à son sommet ou peut s'y élever. De même, le sentiment de tristesse ne porte pas
sur une maladie du corps ou sur un manque d'énergie pour continuer à vivre. Il renvoie
souvent à un mode inefficace de pensée suscitant un nombre limité d'idées de perte.

ITSA2004 158
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ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2005

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est OBLIGATOIRE et toute note


strictement inférieure à 6 à cet exercice sera éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement, cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la


note finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

1. Calculer une primitive de 5


x sur l’intervalle ]0, + ∞ [
1
ex
2. Calculer ∫0 1 + e x dx
3. Donner l’équation de la droite dans le plan qui passe par les points A(1,1) et B(2,-1).

4. Résoudre l’équation : ( Ln x) 2 − Ln x − 6 = 0 , où Ln désigne le logarithme népérien.

e x +1
5. Calculer la dérivée de f ( x ) =
x2 +1

6. Déterminer les réels a, b, c pour que le polynôme P( x) = ax 2 + bx + c vérifie


3
P(1) = 0, P(3) = −2 et P (4) = −
2

7. Ecrire le nombre suivant 2,3535353535…., dont le développement décimal est infini et


périodique, sous la forme d’une fraction.

ITSA2005 159
x2 − 1
8. Résoudre l’inéquation <0
x−2

9. Déterminer la limite de la suite (U n ) n∈ N définie par récurrence par : U n +1 = (U n ) 2


1
et U 1 =
3
1 + x3
10. Calculer Lim
x →+∞ ex

Exercice n° 2

x4
Soit f la fonction définie sur ]1, + ∞[ par : f ( x ) =
x 2 −1
c
¶ Trouver des nombres réels a, b, c tels que f ( x ) = ax 2 + b +
x −1
2

· Etudier les limites de f en 1 et en + ∞ .

¸ Soit P la courbe représentative de la fonction g définie sur ]1, + ∞[ par : g ( x) = x 2 + 1


- Quelle est la limite de f ( x ) − g ( x) quand x tend vers + ∞ ?
- Etudier la position de la courbe représentative de f par rapport à P.

¹ Calculer la dérivée de f et étudier ses variations.


º Tracer le graphe de f et la courbe P.

Exercice n° 3

1 1
¶ Montrer que pour tout entier n>0, on a : < Ln( n + 1) − Ln( n) < , où Ln désigne
n +1 n
le logarithme népérien.
n
1
· En déduire la nature de la suite ∑p
p =1
et trouver un équivalent simple de cette suite.

ITSA2005 160
Exercice n° 4

On considère la fonction f définie sur l’ensemble R des nombres réels par :


e x − e −x
f (x ) =
2

¶ Etudier les variations de f et tracer son graphe.

· Montrer que f est bijective sur R + et déterminer son application réciproque


notée f −1 .

¸ Tracer le graphe de f −1 .
¹ Exprimer le carré de f en fonction du carré de sa dérivée.

f
º Etudier les variations de la fonction h = et tracer son graphe.
f'

Exercice n° 5

Dans une population la probabilité de naissance d’un garçon est de 0,52.


On sait d’autre part que 2% des filles et 1% des garçons présentent à la naissance
une luxation congénitale de la hanche.
On considère les événements suivants :
G : naissance d’un garçon
F : naissance d’une fille
L : le nouveau-né souffre d’une luxation de la hanche.

¶ Déterminer les probabilités de « L sachant G » (notation L/G) et de « L sachant F »


(notation L/F).

· Calculer les probabilités des événements « G et L » et « F et L ». En déduire la


probabilité de L.

ITSA2005 161
¸ Quelle est la probabilité qu’un nouveau-né présentant une luxation soit une fille ?
¹ Dans une maternité il naît en moyenne 20 enfants par semaine.
- Quelle est la probabilité qu’aucun de ces nouveau-nés ne présente de
luxation de la hanche ?
- Quelle est la probabilité qu’au moins un de ces nouveau-nés présente une
telle luxation ?

EXERCICE n° 6

Soit f une fonction continue, définie de l’intervalle [a, b ] sur R . On suppose que pour
tous c et d de cet intervalle, il existe e compris entre c et d tel que
f (e) = f ( a) ou f ( e) = f (b)

Montrer que f ( a) = f (b )

ITSA2005 162
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AVRIL 2005

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

De quelle vérité l’opinion est-elle capable ?

Sujet n° 2

Dans quelle mesure l’école est-elle aujourd’hui un facteur d’intégration sociale ?

Sujet n° 3

Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ?

ITSA2005 163
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ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2005

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

2ème COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice n° 1

1. R désigne l’ensemble des nombres réels. Résoudre, dans RxR , le système :

 x ≥ 0, y ≥ 0
 2
(S)  x − y = 2 2
2

 2 2
x y = 2
π
i
2. On considère le nombre complexe Z = 2e 8

a) Vérifier que : Z 2 = 2 2 (1 + i )
b) On pose Z = x + i y. Vérifier que x=0 et y = 0 et que le couple (x, y) est solution du
système (S).
π π
c) En déduire les valeurs exactes de cos et sin .
8 8
3. a) En utilisant les formules d'Euler, démontrer que pour tout réel a, on a :
1 + cos( 2α )
cos 2 α =
2
1 − cos( 2α )
sin 2 α =
2
b) En choisissant convenablement a, retrouver le résultat de la question 2. c).

ITSA2005 164
Exercice n° 2

1. On rappelle que la factorielle d’un entier naturel n est l'entier noté n! défini par :
n ! = 1 x 2 x 3 x…x n pour n = 1 et 0! =1
a) Calculer 4!, 5! et 6!.
b) Démontrer, par récurrence, que pour tout entier k = 1 on a : k !≥ 2 k −1
c) Déterminer le plus petit entier n tel que : n!≥ 10 7

2. On considère la suite (u n ) définie par :


n
1
un = ∑
k = 0 k!

a) Calculer u 0 , u1 , u 2 et u3 .

b) Démontrer que la suite (u n ) est strictement croissante.


n
1
c) Démontrer que : u n ≤ 1 + ∑
k =1 2 k −1

 1 
n
1
et que : ∑2 k −1
= 21 − n  . En déduire une majoration de ( u n ) .
 2 
k =1

d) En déduire que la suite (u n ) converge. (On ne demande pas de calculer sa limite.)

3. On considère la suite ( v n ) définie par :

1
vn = un +
n!
a) Calculer v0 , v1 , v 2 et v3 . Démontrer que la suite ( vn ) n≥ 2 est strictement décroissante.

En déduire que les suites (u n ) n≥ 2 et ( vn ) n≥ 2 sont adjacentes.


On note l leur limite commune.
b) Donner, en le justifiant, une valeur approchée par défaut de l, à 10 −7 près. (On pourra
utiliser la question 1.c).)

ITSA2005 165
Problème

Partie A
On désigne par g la fonction définie sur R par :
g ( x ) = e x ( x − 1) + 1
1) Calculer la dérivée g' de la fonction g et en déduire les variations de la fonction g.
2) Démontrer que g(x) = 0 pour tout x réel.

Partie B
On considère la fonction intégrale I définie pour tout x de R par :
x

I ( x) = ∫ e t ( x − t ) dt
0

1) En intégrant par parties, démontrer que : I ( x) = e x − (1 + x)

2) Soit x un réel positif. Démontrer que pour tout t ∈ [0, x] , on a : 1 ≤ e t ≤ e x


En déduire que pour tout x positif, on a l'encadrement :
x2 x 2e x
≤ I (x ) ≤
2 2
3) Trouver de la même manière un encadrement de I(x) pour tout x négatif.

e x − (1 + x)
4) En déduire la limite : lim
x→ 0 x2

Partie C
On désigne par f la fonction définie pour x réel non nul par :
e x −1
f (x ) =
x
On note C sa courbe représentative.
1) Étud ier les limites de f en -8 et en +8 . Préciser les éventuelles asymptotes.
2) Démontrer que f se prolonge par continuité en 0 par une fonction que l'on notera encore f .
Que vaut f (0) ?
3) Étudier la dérivabilité de f en 0. (On pourra utiliser la question 4 de la partie B.)
4) Calculer la dérivée f ' de f et préciser son signe. En déduire le sens de variation de f sur R.
5) Déterminer une équation de la tangente T à C au point d'abscisse 0.
6) Tracer dans un repère orthonormal la droite T puis la courbe C de la fonction f.

ITSA2005 166
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2005

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Mihaly Csikszentmihalyi dont le titre est: "VIVRE,
la psychologie du bonheur" paru aux éditions Robert Laffont en janvier 2004. Il doit
être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.

La qualité de l'expérience vécue

Bonheur et expérience vécue

Il y a deux mille trois cents ans, Aristote déclarait que par dessus tout, les femmes et
les hommes cherchent le bonheur. Tandis que le bonheur est convoité pour lui-même,
tout autre but - santé, beauté, richesse ou puissance - est désiré tant qu'il est censé nous
rendre heureux. Bien des choses ont changé depuis Aristote et notre compréhension du
monde s'est considérablement élargie ; les dieux des Grecs semblent bien impuissants face
aux pouvoirs que détient l'humanité actuelle. Pourtant, pour ce qui a trait au bonheur, peu de
changements sont apparus au cours des siècles, notre compréhension en la matière a peu
progressé et nous n'avons rien appris concernant les façons d'accéder à cette bienheureuse
condition.

De nos jours, nous sommes en bien meilleure santé, nous pouvons espérer vivre
plus longtemps, nous sommes entourés d'objets de luxe et de commodités inexistantes
autrefois (il n'y avait pas de toilettes dans le palais du Roi-Soleil, les chaises étaient rares
dans les châteaux médiévaux, et l'empereur romain ne pouvait regarder la télé),
nous disposons de connaissances scientifiques stupéfiantes, mais si la majorité des gens se
dit heureuse, bon nombre d'individus considèrent que leur vie se passe dans l'anxiété ou
l'ennui.

Est-ce que le sort de l'humanité est qu'elle demeure insatisfaite, chacun désirant
plus qu'il ne peut avoir ? Est-ce que le malaise qui gâte souvent de précieux moments
provient du fait que l'individu cherche le bonheur au mauvais endroit ?

ITSA2005 167
Les connaissances de la psychologie moderne ont pour objectif d'explorer cette
question ancienne : Quand les gens se sentent-ils le plus heureux ? Il y a vingt-cinq ans,
j'ai fait une "découverte" à propos du bonheur. Elle est maintenant assez connue mais
demeure inexpliquée. Aussi ai-je passé ce quart de siècle à examiner ce phénomène
insaisissable. Cette découverte est fort simple : le bonheur n'est pas quelque chose qui
arrive à l'improviste ; il n'est pas le résultat de la chance ; il ne s'achète pas et ne se
commande pas ; il ne dépend pas des conditions externes mais plutôt de la façon dont elles
sont interprétées. Le bonheur est une condition qui doit être préparée, cultivée et protégée
par chacun. Les gens qui apprennent à maîtriser leur expérience intérieure deviendront
capables de déterminer la qualité de leur vie et de s'approcher aussi près que possible de ce
qu'on appelle être heureux.

Nous ne pouvons pas atteindre le bonheur en le cherchant consciemment. Comme


le disait le grand philosophe anglais J. S. Mill (1806 - 1873 ) :

"Demandez-vous si vous êtes heureux et vous cessez de l'être". C'est par le plein
engagement dans chaque détail de sa vie qu'il est possible de trouver le bonheur et non par
une recherche directe. Le psychologue autrichien Victor Fran le formule joliment :

"Ne visez pas le succès - plus vous le cherchez, plus vous courez le risque de le
rater. On ne peut pas pourchasser le succès, pas plus que le bonheur ; il doit s'ensuivre ou
survenir... comme l'effet non recherché d'un engagement personnel dans un projet plus
grand que soi".

Alors, comment parvenir à ce but insaisissable qui ne peut être atteint par une route
directe ? Mes vingt-cinq années de recherche m'ont convaincu qu'il existe un moyen : c'est
un chemin circulaire qui commence par le contrôle du contenu de sa conscience.

Les perceptions qui arrivent au cerveau sont le produit de plusieurs forces qui
façonnent l'expérience vécue ; elles influencent l'humeur et l'individu. La plupart des forces
en question sont hors du contrôle de la personne. Peut-on changer son tempérament ?
Peut-on influencer sa taille ou son intelligence ? Peut-on choisir ses parents ou son lieu de
naissance ? Les instructions contenues dans les gènes, la loi de la gravité ou la qualité de
l'air font également partie des innombrables choses qui influencent ce que nous voyons,
la façon dont nous nous sentons et ce que nous faisons. Il n'est donc pas surprenant
qu'autant de gens croient que notre sort est déterminé par des agents externes.

Pourtant, il nous est arrivé à tous, à certains moments, de nous sentir, non pas
assaillis par des forces anonymes, mais dans le plein contrôle de nos actions, dans la
parfaite maîtrise de notre vie. Dans ces rares occasions, nous éprouvons un enchantement
profond longtemps vénéré qui devient une référence, un modèle indiquant ce que notre vie
devrait être.

ITSA2005 168
Voilà ce que nous entendons par expérience optimale. C'est ce que ressent le
navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer - les voiles,
la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines ; c'est ce
qu'éprouve l'artiste peintre quand les couleurs s'organisent sur le canevas et qu'une nouvelle
oeuvre (une création) prend forme sous la main de son créateur ébahi ; c'est le sentiment
d'un père ou d'une mère) face au premier sourire de son enfant. De pareilles expériences
intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables.
Des survivants des camps de concentration qui ont connu des conditions terribles et frôlé la
mort se rappellent souvent, qu'au milieu de leurs épreuves, ils ont vécu de riches et intenses
expériences intérieures en réaction à des événements aussi simples que le chant d'un
oiseau, la réussite d'une tâche difficile, la création d'une poésie ou le partage d'un croûton
de pain.

Contrairement à ce que croient bien des gens, des expériences comme celles-là,
les meilleurs moments de la vie n'arrivent pas lorsque la personne est au repos (même si le
repos peut être fort agréable après l'effort). Ces grands moments surviennent quand le corps
ou l'esprit sont utilisés jusqu'à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser
quelque chose de difficile et d'important.

L'expérience optimale est donc quelque chose que l'on peut provoquer, l'enfant qui
place avec des doigts tremblants le dernier bloc sur la haute tour qu'il a construite, le nageur
qui fait ses longueurs en essayant de battre son propre record, le violoniste qui maîtrise un
passage difficile. Pour chacun, il y a des milliers de possibilités ou de défis susceptibles de
favoriser le développement de soi (par l'expérience optimale).

De telles expériences intenses ne sont pas nécessairement plaisantes au moment


où elles se produisent. Le nageur peut avoir les muscles endoloris, les poumons brûlants et
être lui-même écrasé de fatigue ; pourtant, ces moments peuvent compter parmi les
meilleurs de son existence. Le contrôle de sa vie n'est jamais facile et peut même être
douloureux ; mais l'expérience optimale que produisent ces instants donne un sentiment de
maîtrise qui s'approche d'aussi près que l'on puisse l'imaginer de ce qu'on appelle le
bonheur.

Au cours de mes recherches, j'ai essayé de comprendre le mieux possible comment


les gens se sentent quand ils sont au maximum de l'enchantement et pourquoi ils le sont.
Au cours des premières études, nous avons interrogé des centaines "d'experts" - artistes,
athlètes, musiciens, joueurs d'échec, et chirurgiens - qui consacraient la majeure partie de
leur temps à leurs activités de prédilection. Dans le but de rendre compte de leur expérience
intime, j'ai développé la théorie de l'expérience optimale qui correspond à l'état dans lequel
se trouvent ceux qui sont fortement engagés dans une activité pour elle-même ; ce qu'ils
éprouvent alors est si agréable et si intense qu'ils veulent le revivre à tout prix, uniquement
pour le simple plaisir généré par l'activité elle-même.

Le modèle théorique a été mis à l'épreuve auprès de milliers de personnes


interrogées par les membres de mon équipe (de l'université de Chicago) et, ensuite, par des
collègues à travers le monde. Les résultats ont démontré que l'expérience optimale était
décrite de la même façon par les femmes et les hommes, les jeunes et les moins jeunes,
les gens de différentes conditions sociales et de différentes cultures.

ITSA2005 169
L'expérience optimale n'est pas un privilège propre aux sociétés riches et
industrialisées ; elle est rapportée essentiellement dans les mêmes termes par des femmes
âgées de Corée, des adultes de l'Inde et de la Thaïlande, des adolescents de Tokyo,
des bergers navajos, des bergers des Alpes italiennes et des ouvriers assignés aux lignes
d'assemblage à Chicago. (....)

Les caractéristiques de l'expérience optimale

La première surprise révélée par les études, fut la similitude existant entre des
activités très différentes lorsque tout se déroule particulièrement bien. Selon toute
apparence, ce qu'éprouve un nageur qui traverse la Manche est à peu près identique à
l'expérience intérieure d'un joueur d'échecs en plein tournoi ou d'un alpiniste qui gravit la
montagne. Ces mêmes sentiments sont également partagés, pour une large part, par des
musiciens qui composent une pièce et des adolescents qui participent à un championnat de
basket.

La seconde surprise fut de découvrir que les gens décrivent leur enchantement à
peu près de la même façon, sans égard à la culture, à la classe sociale, à l'âge et au sexe.
Ce qu'ils font lorsqu'ils éprouvent l'expérience intense varie considérablement - le vieux
Coréen médite, le jeune Japonais fait de la moto avec sa bande, etc. - , mais, lorsqu'ils
décrivent comment ils se sentent, c'est à peu près dans les mêmes termes. Les raisons pour
lesquelles ils éprouvent de l'enchantement se ressemblent également. Bref, l'expérience
optimale semble être la même partout dans le monde et pour un grand nombre d'activités.

La phénoménologie de l'expérience optimale comporte huit caractéristiques


majeures :

1. la tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude
particulière
2. l'individu se concentre sur ce qu'il fait
3. la cible visée est claire
4. l'activité en cours fournit une rétroaction immédiate
5. l'engagement de l'individu est profond et fait disparaître toute distraction
6. la personne exerce le contrôle sur ses actions
7. la préoccupation de soi disparaît, mais, paradoxalement, le sens du soi
est renforcé à la suite de l'expérience optimale
8. la perception de la durée est altérée

La combinaison de ces éléments produit un sentiment d'enchantement profond qui


est si intense que les gens sont prêts à investir beaucoup d'énergie afin de le ressentir à
nouveau. Nous allons considérer chacun des éléments afin de mieux comprendre ce qui
rend cette expérience si gratifiante. Cette connaissance devrait nous aider à mieux contrôler
notre conscience et à convertir la monotonie de la vie quotidienne en expériences
contribuant à l'accroissement de soi.

ITSA2005 170
Défi et habileté

Quelqu'un peut éprouver une grande joie, une extase sans grande raison
apparente : elle est déclenchée par une mélodie qui survient, par un beau panorama ou
encore provient simplement d'un sentiment de bien-être. Cependant, dans la grande majorité
des cas, l'expérience optimale se produit quand une activité est dirigée vers un but et
gouvernée par des règles, une activité qui représente une certaine difficulté (un défi),
qui exige l'investissement de l'énergie psychique et qui ne peut être réalisée sans les
aptitudes requises. Il convient également de noter tout de suite que l' "activité" et l' "aptitude"
dont il est question ne doivent pas être comprises seulement au sens physique.
Par exemple, une activité très fréquemment mentionnée est la lecture. Cette dernière
requiert de l'attention, elle a un but et requiert la connaissance du langage écrit. Elle n'exige
pas seulement de savoir lire mais aussi de savoir lire les mots en images, d'avoir de
l'empathie à l'endroit des personnages fictifs, de reconnaître le contexte historique et
culturel, d'anticiper les tournants de l'intrigue, d'évaluer le style de l'auteur, etc.

La capacité de manipuler l'information symbolique est une "aptitude" comme l'est


celle du mathématicien qui façonne les relations quantitatives ou logiques et celle du
musicien qui combine les sons. La relation à autrui est une autre activité agréable,
universellement reconnue. A première vue, il peut sembler qu'aucune aptitude ne soit
nécessaire pour profiter d'une activité aussi simple que bavarder ou plaisanter avec d'autres
personnes. Mais, de toute évidence, celle-ci est indispensable et les personnes qui sont
avant tout préoccupées d'elles-mêmes, comme peuvent l'être les timides, redoutent les
contacts informels et évitent la compagnie des autres.

Toute activité comporte un ensemble de possibilités d'action ou un "défi" qui


requièrent des aptitudes appropriées. Pour ceux qui n'ont pas les aptitudes requises,
l'activité ne représente pas un défi, elle n'est pas intéressante ou n'a tout simplement pas de
sens. L'échiquier qui intéresse tant le joueur d'échecs, laisse indifférent celui qui n'en connaît
pas les règles ; les montagnes ne sont que d' immenses masses rocheuses pour la plupart
des gens, mais elles représentent pour l'alpiniste, un ensemble complexe de défis physiques
et mentaux.

La compétition fournit des défis ; d'où l'intérêt des jeux et des sports qui opposent
deux personnes ou deux équipes. "Celui qui lutte contre nous, écrit Edmund Burke, renforce
nos muscles et aiguise nos aptitudes ; notre adversaire est notre complice." Les défis de la
compétition peuvent donc être très stimulants et très agréables. Cependant lorsque le désir
de bien jouer est remplacé par celui de gagner (et parfois à tout prix), l'agrément tend à
disparaître. La compétition est agréable lorsqu'elle tend à perfectionner ses aptitudes ;
elle ne procure plus grand plaisir lorsque la victoire devient une fin en elle-même.

ITSA2005 171
Les défis ne se limitent pas aux activités physiques ou compétitives ; ils procurent
des enchantements même dans des situations où on ne s'y attendait pas. Bien des gens
pensent, par exemple, que le plaisir artistique provenant de la vue d'une toile est le simple
fruit d'un processus immédiat ou intuitif, mais, pour un expert en matière d'art, c'est autre
chose : "certaines toiles sont si peu complexes qu'elles ne vous donnent aucune émotion,
mais il y en a d'autres qui vous offrent une sorte de défi... ce sont celles-là, qui vous restent
à l'esprit, qui sont vraiment intéressantes." En d'autres termes, même le plaisir que l'on peut
tirer d'une oeuvre dépend du défi que l'oeuvre contient.

Les activités qui procurent plaisir et enchantement ont souvent été inventées à cet
effet. Les jeux, les sports, la lecture, n'existent-ils pas depuis des siècles en vue de favoriser
justement les expériences plaisantes et enrichissantes ? Cependant, il ne faudrait pas
penser que, seuls, les loisirs et les arts procurent des expériences optimales. Même le
travail productif et la routine quotidienne peuvent être satisfaisants. C'est justement un des
objectifs de ce livre de transformer les activités de la vie quotidienne en des "jeux" pleins de
sens qui donnent lieu à des expériences optimales. Tondre le gazon, attendre chez le
dentiste, faire un gâteau peuvent devenir des activités agréables si elles sont restructurées
de façon à fournir un but, des règles, et autres éléments déjà signalés.

Chacun de nous a mis au point ses routines, afin de combler ses attentes ou aime
se rappeler une expérience positive quand l'anxiété survient ; certains se tournent les
pouces compulsivement, mâchonnent le bout de leur stylo, fument, tournent une mèche de
leurs cheveux, fredonnent un air tandis que d'autres inventent des rituels plus ou moins
ésotériques dans le même but : imposer un certain ordre à la conscience. Ces activités
peuvent aider à passer des moments pénibles, à combler des vides, mais elles apportent
assez peu d'agréments car elles sont peu complexes. Pour augmenter la qualité de la vie,
il faut des tâches qui font appel à des aptitudes plus élaborées.

Les témoignages indiquent que l'expérience optimale survient lorsqu'il y a une


correspondance adéquate entre les exigences de la tâche et les capacités de l'individu.
Par exemple il n'est pas plaisant de jouer au tennis contre un adversaire trop fort, car on se
sent anxieux et dévalorisé, ou un adversaire trop faible, car on s'ennuie.

L'expérience optimale apparaît entre le défi et l'ennui, lorsque le défi correspond aux
capacités de l'individu. Même mon chien Hussar semble avoir compris cette règle d'or.
Comme les enfants, il aime jouer à "fuite et poursuite" . Au début, il fait de grands cercles
autour de moi et j'essaie de le toucher. Plus je suis fatigué, plus il se rapproche de façon à
me faciliter la tâche.

Il a bien appris à faire durer son plaisir et le mien.

ITSA2005 172
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2006

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est OBLIGATOIRE et toute note


strictement inférieure à 6 à cet exercice sera éliminatoire. Les questions de
l’exercice sont indépendantes, chacune étant notée sur 1 point.

Globalement l’exercice n° 1 n’entre toutefois que pour un cinquième


dans la note finale de l’épreuve.

Exercice n° 1

Log (1 + x 2 )
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) = 2
ex
1
2. Trouver une primitive de +1 + xe x
x2
3. Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes, l’équation : x 3 + x 2 + x = 0
1

∫ x Log (1 + x
2
4. Calculer ) dx
0

5. Trouver la longueur du côté du plus petit carré dans lequel on peut inscrire un
cercle de surface égale à 9.

⎧ 2 37
⎪x + y = 4
2

6. Résoudre le système : ⎨
3
⎪ xy =
⎩ 2

ITSA2006 173
7. Trouver la limite, si elle existe, de la suite (U n ) n∈ N définie par récurrence par
1
U n +1 = U n et U 0 est un nombre réel non nul, ainsi que a.
a

8. On note E n un ensemble à n éléments. Quel est le nombre d’applications


injectives différentes de E3 dans E4 ?

9. Calculer les valeurs de a, b, c et d de façon que la fonction homographique f


ax + b
définie par f ( x) = passe par le point A(0, -3) et admette les droites x = 1
cx + d
et y = 2 comme asymptotes.

sin x
10. Calculer Lim
x→ +∞ x

Exercice n° 2

x2 + x + 2
Soit f la fonction numérique définie par : f ( x) =
x +1

1. Montrer qu’il existe des nombres réels a, b, c tels que


c
f ( x) = ax + b + .
x +1

2. Etudier les variations de f et tracer son graphe.

3. Montrer que le graphe de f est symétrique par rapport à un point


que l’on précisera.

4. Calculer l’aire comprise entre le graphe de f , la première bissectrice


et les droites x = 0, x = 1.

5. Déterminer selon les valeurs de α et β , le nombre de points


d’intersection entre le graphe de f et la droite d’équation y = αx + β .

ITSA2006 174
Exercice n° 3

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :


f ( x) = ( x + 1) e x
2

1. Etudier les variations de f et tracer son graphe.

2. Etudier la convexité de f .

3. Calculer l’aire comprise entre le graphe de f , le graphe de la


fonction g définie par g ( x) = e x et les droites x = 0, x = 1.
2

Exercice n° 4

On considère la fonction numérique f définie sur [0,1] par :


⎧1 si x ∈ Q
f ( x) = ⎨
⎩ 0 sinon
où Q désigne l’ensemble des nombres rationnels.

1. Etudier la continuité de f sur [0,1] .


2. Soit la fonction g définie sur [0,1] par : g ( x) = ( x − ) f ( x)
1
2
Etudier la continuité et la dérivabilité de g .
3. Soit la fonction h définie sur [0,1] par : h( x) = ( x − ) 2 f ( x)
1
2
Etudier la continuité et la dérivabilité de h .

Exercice n° 5

Dans une entreprise, on note x H (respectivement x F ) la moyenne des salaires de


hommes (respectivement des femmes). On désigne par n l’effectif total des salariés,
par n H (resp. nF ) le nombre d’hommes (resp. de femmes) dans l’entreprise.

1. Exprimer la moyenne x des salaires dans l’entreprise en fonction de


la moyenne des salaires des hommes et des femmes.
Application numérique : calculer x pour n H = 50, n F = 100, x H = 1500, x F = 1200 .

ITSA2006 175
2. La dispersion des salaires (on note X la variable salaire) est
1 n
mesurée par la variance définie par V ( X ) = ∑ ( xi − x) 2 , où xi correspond au
n i =1
salaire de l’employé i . On définit par le même principe la variance VH ( X )
(resp. VF ( X ) ) des salaires des hommes (resp. des femmes).

Exprimer V ( X ) en fonction de VH ( X ) et VF ( X ) .

Application numérique : calculer V ( X ) pour VH ( X ) = 40 000 , VF ( X ) = 10000 et les


valeurs données dans la question précédente.

Exercice n° 6

On considère l’ensemble des fonctions numériques f définies sur R n . On rappelle


que f est convexe si et seulement si :

∀(u , v) ∈ R n × R n , ∀t ∈ [0,1], f (tu + (1 − t )v) ≤ tf (u ) + (1 − t ) f (v)

1. Montrer que la somme de deux fonctions convexes est convexe.

2. Montrer que la norme est une application convexe.


n
3. Montrer que f définie par f (u ) = ∑ u i Log (u i ) est convexe
i =1

sur ( R +* ) n .

4. Toute fonction convexe sur R n admet-elle un minimum ?

5. On suppose que f est continue et que Lim f (u ) = +∞ Montrer que


u → +∞
n
f admet un minimum sur R .

ITSA2006 176
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA – YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2006

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

La liberté est-elle une donnée ou une conquête ?

Sujet n° 2

Faut-il penser que l’accroissement des pouvoirs de la médecine lié aux


découvertes de la biologie (clonage, médecine génétique, moléculaire) peut
constituer un problème inquiétant ?

Sujet n° 3

Qu’est-ce que le développement durable ? Quelles en sont les conditions ?

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ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE STATISTIQUE
APPLIQUÉE (ENEA) ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
DAKAR–SÉNÉGAL YAOUNDE–CAMEROUN

AVRIL 2006

CONCOURS D’ÉLÈVE INGÉNIEUR DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS A

Deuxième Composition de Mathématiques


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Machines à calculer non autorisées

Exercice 1 Soit (a1 , . . . , an ) ∈ IRn et soit (b1 , . . . , bn ) ∈ IRn non tous nuls et n ∈ IN? .
n
(ai + bi x)2 .
X
a. On considère la fonction f définie sur IR et à valeurs réelles telle que f (x) =
i=1

n
(ai + bi x)2 , puis déterminer le discriminant du polynôme du second
X
a.1 Développer
i=1
degré f (x). Que peut-on dire du signe de ce discriminant?
a.2 Déduire de la question précédente l’inégalité de Cauchy Schwartz:
n n n
ai bi )2 ≤ ( a2i )( b2i ).
X X X
(
i=1 i=1 i=1

n
(ai + bi )2 , puis déduire de la question a. l’inégalité de Minkowski
X
b. Développer
i=1

n n n
(ai + bi )2 )1/2 ≤ ( a2i )1/2 + ( b2i )1/2
X X X
(
i=1 i=1 i=1

2iπ
Exercice 2 On pose ω = e 5 et on considère les deux nombres complexes α = ω + ω4 et
β = ω2 + ω3.

1. Calculer la somme (α + β) puis le produit (α β).


ITSA2006 178
2. Déterminer les valeurs de α et β.

3. En déduire la valeur de cos( 2π


5
) en fonction des valeurs de α ou β trouvées
à la question 2.
π
4. En déduire la valeur de sin( 10 ) en fonction des valeurs de α ou β trouvées
à la question 2.

Exercice 3 On effectue des essais indépendants de probabilité de succès constant égale à


p (0 < p < 1). On note X le nombre d’essais nécessaires pour obtenir un succès. Calculer
les probabilités des événements {X = 1}, {X = 2}, {X = k} pour un k entier quelconque
strictement positif. Quel est l’ensemble des valeurs possibles pour X.
On note Y le nombre d’essais nécessaires pour obtenir m succès, avec m ∈ IN , m > 1 et m est
fixé à l’avance. Donner la loi de Y . (On calculera P(Y = m + k), ∀k ∈ IN .)

Problème On admettra le résultat suivant noté R.A.

R.A. : Soit φ une fonction continue sur [a, b], (a < b, et a et b réels) alors
Z b Z b

pour tout n ∈ IN , lim φ(x) sin(nx)dx = 0 et lim φ(x) cos(nx)dx = 0.
n→+∞ a n→+∞ a

I. Préliminaires
sin(x)
I.1. Montrer que lim =1
x→0 x
sin(nx)
I.2. En déduire la limite de pour tout n ∈ IN∗ et lorsque x tend vers 0.
x
I.3. Soit g la fonction à valeurs réelles définie par

1 1 sin((n + 12 )x)
g(x) = − + x , ∀n ∈ IN∗
2 2 sin( 2 )

Quel est le domaine de définition de g? Déterminer la limite de la fonction g quand


x tend vers 0.
On se restreint à l’intervalle [0, π] et on définit la fonction f par
(
g(x) si x ∈]0, π]
f : [0, π] →
n si x = 0

La fonction f est-elle continue sur [0, π].


I.4. Montrer qu’on peut définir la fonction f par
x

 −1 + 1 1 sin(nx) cos( 2 )
cos(nx) + x si x ∈]0, π]
f : [0, π] →  2 2 2 sin( 2 )
n si x = 0
ITSA2006 179
I.5. On considère une nouvelle fonction ψa,b définie sur [0, π] à valeurs réelles; cette
fonction est définie pour a et b réels par
x
 (ax + bx2 ) 1 cos( 2 ) ,

∀x ∈]0, π]

ψa,b (x) =  2 sin( x2 )

a si x = 0.

Montrer que ψa,b est continue sur [0, π].

II.

II.1. Déterminer les réels a et b tels que


Z π 1 Z π 1
ha,b (x) cos(2x)dx = et ha,b (x) cos(3x)dx = ,
0 22 0 32
où ha,b (x) = (ax + bx2 ).
II.2. En déduire que les réels a et b de la question II.1. sont ceux qui satisfont l’équation
Z π 1

∀k ∈ IN , ha,b (x) cos(kx)dx = .
0 k2

III.
n
(eix )k pour x ∈ [0, π].
X
III.1 Calculer la somme partielle
i=1
n n n
eikx = (eix )k , en déduire
X X X
III.2 En remarquant que cos(kx) est la partie réelle de
i=1 i=1 i=1
n
X
que cos(kx) = f (x) ∀x ∈ [0, π] .
i=1

n
π2 X 1
IV. On veut démontrer que lim un = , où un = 2
.
n→+∞ 6 i=1 k

IV.1. En prenant pour a et b les réels trouvés à la question II.1., montrer à partir des
questions II.2. et III.2 que
Z π
un = (ax + bx2 )f (x)dx
0

IV.2. Déduire de I.4, I.5 et IV.1 que


Z π 1 1Z π 1Z π
2 2
un = − (ax + bx )dx + (ax + bx ) cos(nx)dx + ψa,b (x) sin(nx)dx.
0 2 2 0 2 0

IV.3. Utiliser le résultat admis R.A pour en conclure que

π2
lim un = .
n→+∞ 6

ITSA2006 180
ÉCOLE NATIONALE D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
DEPARTEMENT DE LA STATISTIQUE ET DE STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
LA DÉMOGRAPHIE ISSEA –YAOUNDÉ
ENEA-DSD – DAKAR

AVRIL 2006

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Daniel Schacter dont le titre est : «Science de
la mémoire, oublier et se souvenir» paru aux éditions Odile Jacob (sciences) en
septembre 2003. Il doit être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.

Une bénédiction des dieux

Dans l’étrange nouvelle de Yasunari Kawabata intitulée « Yumiura »,


un romancier reçoit la visite inattendue d’une femme qui prétend l’avoir rencontré trente
ans plus tôt dans l’île de Kyûshu : il s’était rendu dans la ville de Yumiura pour assister
à la fête du Port lui dit-elle. Incapable de se souvenir de cette personne et préoccupé
par la détérioration de sa mémoire, l’écrivain attribue d’abord cet incident au
déclin mental qui le guette puis son embarras se transforme en inquiétude lorsque la
visiteuse lui décrit ce qui s’était passé un jour où elle l’avait introduit dans sa chambre :
« Vous m’avez même demandé si je ne voulais pas vous épouser », se rappelle-t-elle
avec nostalgie. Pris de vertige en prenant conscience de l’ampleur de son oubli,
le romancier est encore plus désemparé en entendant la révélation suivante : non
seulement cette femme n’a jamais oublié les instants qu’ils auraient passés ensemble,
mais le souvenir qu’elle a gardé de cette rencontre lui a rongé le cœur pendant de
longues années.

Après cette visite, le romancier ébranlé va chercher dans sa bibliothèque un


atlas détaillé du Japon et un répertoire de tous les noms de ville, communes et villages
du pays – il espère retrouver ainsi le souvenir de cette ville de Yumiura et des raisons
du séjour qu’il y aurait fait. Mais les cartes et les livres qu’il consulte ne font pas mention
de cette cité, et il comprend alors qu’il n’aurait pas pu se trouver dans l’île de Kyûshu à
l’époque concernée : si émouvant et détaillé qu’ait été le récit de cette femme, ses
souvenirs étaient totalement faux.

ITSA2006 181
Cette nouvelle de Kawabata illustre à merveille les divers types de problèmes
mnésiques auxquels nous pouvons être sujets. Tantôt nous oublions le passé, tantôt
nous le déformons ; et certains souvenirs particulièrement dérangeants nous hantent
parfois pendant des années. En même temps, la mémoire est indispensable à
l’accomplissement d’un nombre étonnant de tâches quotidiennes : le rappel de
conversations amicales ou de vacances familiales, la remémoration de rendez-vous ou
de listes de courses, la mobilisation des mots qui nous permettent de parler à autrui et
de le comprendre, le souvenir des aliments que nous aimons ou non, l’acquisition des
connaissances nécessaires à un nouveau travail, tout cela dépend de cette faculté,
d’une façon ou d’une autre. Notre mémoire joue un rôle si omniprésent dans notre vie
de tous les jours que nous la tenons le plus souvent pour acquise jusqu’à ce que
l’incident d’un oubli ou d’une distorsion quelconque vienne attirer notre attention.

Je me propose tout à la fois d’explorer la nature des imperfections de la


mémoire, d’exposer le mode de compréhension nouveau qu’elles appellent et de
préciser comment leurs effets pernicieux peuvent être atténués ou évités. (….)

Si l’ampleur de la distorsion de la mémoire évoquée dans « Yumiura » vous


laisse incrédule, sachez que la réalité peut égaler la fiction ou même la dépasser.
Pensez par exemple au cas de Benjamen Wilkomirski, auteur d’une autobiographie
unanimement célébrée en 1996 pour la description de l’Holocauste qu’elle contient :
la vie en camp de concentration est dépeinte ici du point de vue d’un enfant.
Non seulement les lecteurs de cet ouvrage ont cru lire les souvenirs toujours vivaces
d’un jeune garçon témoin des horreurs de la Shoah, mais la prose du narrateur était
empreinte de tant de puissance qu’un critique est allé jusqu’à proclamer que les
Fragments… sont « si importants au plan moral et si dépourvus d’artifices littéraires »
qu’il n’était « même pas sûr d’avoir le droit de faire l’éloge d’un tel livre ».
Plus remarquable encore est le fait que Wilkomirski affirmait n’avoir retrouvé ses
souvenirs d’enfance que sur le tard : il ne s’était confronté à ses traumatismes qu’au
cours d’une thérapie suivie à l’âge adulte. L’histoire et les souvenirs de ce personnage
ont inspiré tant de vocations littéraires que Wilkomirski est devenu une célébrité
internationale et que son héroïsme a été célébré par les survivants de l’Holocauste.

L’affaire a commencé à être démêlée en août 1998 grâce à l’article stupéfiant


de Daniel Ganzfried : ce journaliste suisse dont le père avait survécu à l’Holocauste
a révélé dans un quotidien de Zurich que Wilkomirski s’appelle en réalité
Bruno Dossekker et avait été mis au monde en 1941 par une dénommée Yvonne-
Berthe Grosjean, laquelle avait placé son fils dans un orphelinat pour qu’il y soit adopté
– le jeune Bruno avait passé toutes les années de guerre avec les Dossekker,
ses parents adoptifs établis à proximité de son canton natal. Quelle que soit la source
des « souvenirs » traumatiques d’ horreurs nazies que prétendait avoir l’auteur des
Fragments…, ils n’avaient donc rien à voir avec une expérience infantile des camps de
concentration. Dossekker, alias Wilkomirski doit-il être rangé pour autant dans la
catégorie des menteurs ? Sans doute pas : il reste persuadé que ses souvenirs sont
réels.

ITSA2006 182
Nous sommes tous capables de déformer notre passé. Repensez à votre
première année de lycée et essayez de répondre aux questions suivantes : vos parents
vous encourageaient-ils à pratiquer tel ou tel sport ? La religion vous aidait-elle ?
La discipline était-elle maintenue au moyen de châtiments corporels ? Le psychiatre
Daniel Offer et ses collaborateurs de la Northwestern University ont posé ces questions
et d’autres encore à soixante-sept hommes frisant la cinquantaine, et les réponses
qu’ils ont obtenues sont d’autant plus intéressantes qu’Offer avait déjà demandé à ces
sujets de répondre à un questionnaire identique au début de leurs études secondaires,
soit trente quatre ans plus tôt.

Les souvenirs d’adolescence de ces quadragénaires différaient largement de


ceux qu’ils avaient décrits au lycée. Un peu moins de 40% de ces adultes se
rappelaient que leurs parents les avaient encouragés à pratiquer assidûment un sport,
alors qu’ils avaient été 60% à faire état de tels encouragements à l’adolescence ;
un quart d’entre eux, à peine, affirmaient que la religion les avait aidés bien que près de
70% de réponses positives aient été enregistrées pour les adolescents ; et un tiers
seulement avaient le souvenir d’avoir reçu des châtiments corporels des décennies plus
tôt, au lieu de 90% pour le même groupe, interrogé à l’adolescence.

Les erreurs mnésiques sont aussi fascinantes qu’importantes. Avec quel type
de système de mémorisation les distorsions comme celles qui sont dépeintes dans la
fiction de Kawabata et documentées par le cas de Wilkomirski ou les imprécisions
exemplifiées par l’étude d’Offer sont-elles compatibles ? Pourquoi sommes-nous si
souvent incapables de mettre un nom sur un visage qui nous paraît pourtant tout à fait
familier ? Comment expliquer les épisodes de clés ou de portefeuilles rangés au
mauvais endroit ou les bévues du même ordre ? Pourquoi certaines expériences
semblent-elles disparaître de notre esprit sans laisser la moindre trace ? Pourquoi nous
souvenons-nous avec autant de constance d’expériences pénibles que nous ferions
mieux d’oublier ? Et comment ces particularités fâcheuses de nos systèmes de
mémorisation peuvent-elles être évitées, prévenues ou minimisées ?

Si les psychologues et les spécialistes des neurosciences ont publié de très


nombreux articles sur tel ou tel aspect spécifique de l’oubli ou des distorsions de la
mémoire, il n’en reste pas moins qu’aucun modèle conceptuel assez unifié pour rendre
compte des divers types d’erreurs mnésiques auxquels nous sommes couramment
exposés n’a encore été élaboré à ce jour. (….)

Mes premières recherches sur la mémoire remontant à plus de vingt ans,


je suis intrigué depuis longtemps par les défaillances de cette aptitude. Mais c’est un
matin de mai 1998 seulement que j’ai réfléchi à une question toute simple au
beau milieu d’une promenade faite sous un soleil radieux. Comment la mémoire s’y
prend-elle pour nous égarer ? me suis-je soudain demandé. J’ai compris, tout à la fois,
qu’on ne saurait espérer parvenir à une compréhension exhaustive des erreurs
mnésiques sans soulever cette question, et qu’elle n’avait pas encore été posée
jusqu’alors. Au cours des mois suivants j’ai réuni les connaissances disparates que
j’avais accumulées sur les diverses imperfections de la mémoire afin de tenter
d’ordonner la vaste collection de pannes, de fautes et de distorsions que j’avais eu
l’occasion d’observer : j’ai d’abord été insatisfait par les nombreux schémas explicatifs
que j’ai plaqués sur ces observations, puis j’ai fini par découvrir un mode de penser qui
a tout remis en place.

ITSA2006 183
J’estime que les dysfonctionnements mnésiques peuvent être divisés en sept
transgressions capitales, ou « péchés » fondamentaux, que je baptiserai
respectivement fugacité, absence, blocage, méprise, suggestibilité, biais,
et persistance. (…)

La fugacité, l’absence et le blocage sont des péchés d’omission ; ils impliquent


qu’on ne parvient pas à retrouver le fait, l’événement ou l’idée dont on souhaite se
souvenir. La fugacité renvoie à un affaiblissement ou une perte qui s’étale dans le
temps. Pour prendre un exemple, il est probable que vous n’aurez aucun mal à vous
souvenir aujourd’hui de ce que vous avez fait quelques heures plus tôt ; en revanche si
je vous prie de me dire à quelles activités vous vous livriez il y a six semaines, six mois,
ou six ans de cela, vos probabilités de remémoration décroîtront à mesure que vous
remonterez dans le passé. La fugacité est un trait cardinal de la mémoire qui est à
l’origine de nombreux problèmes mnésiques.

L’absence procède de la rupture de l’interface entre intention et mémoire.


Les erreurs liées à ce péché (les clés ou les lunettes rangées au mauvais endroit,
ou l’oubli d’une invitation à déjeuner) se produisent chaque fois qu’on est préoccupé ou
distrait par des soucis qui empêchent de prêter attention à ce dont on a besoin de se
souvenir. L’information désirée ne se perd pas à la longue : ou bien elle n’a jamais été
mise en mémoire dans un premier temps ou bien elle n’est pas recherchée en temps
voulu parce que l’attention se focalise ailleurs.

Le blocage qui est le troisième péché contrarie la recherche d’une information


qu’on tente parfois désespérément de retrouver. Il nous est arrivé à tous de ne pas
réussir à mettre un nom sur un visage familier : survenant même quand on se
concentre soigneusement sur la tâche en cours, cette expérience frustrante ne signifie
pas que le nom désiré s’est effacé de l’esprit – la récupération inattendue de noms
bloqués pendant des heures ou des jours en fait preuve.

Contrairement à ces trois péchés d’omission, les quatre péchés suivants de


méprise, de suggestibilité, de biais, et de persistance sont tous des péchés de
commission : une certaine forme de mémoire est préservée mais elle est incorrecte ou
involontaire. Le péché de méprise consiste à attribuer un souvenir à une source
erronée : le fantasme est confondu avec la réalité, ou on se rappelle à tort qu’un ami a
raconté une petite histoire qu’on vient en fait de lire dans un journal. La méprise est
beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit et elle peut avoir des implications très
profondes dans les contextes judiciaires. Quant au péché voisin de suggestibilité, il a
trait aux souvenirs implantés : j’entends par là tous ceux consécutifs aux questions,
aux remarques ou aux suggestions tendancieuses d’une personne qui veut favoriser le
rappel d’une expérience passée. Comme la méprise, la suggestibilité est
particulièrement importante pour le système judiciaire : elle fait des ravages au sein des
tribunaux.

Le péché de biais montre à quel point les connaissances et croyances actuelles


influent puissamment sur les modes de remémoration du passé. Nous avons coutume
de remanier ou de réécrire totalement nos expériences antérieures (à notre insu et/ou
inconsciemment) pour les faire concorder avec nos connaissances ou convictions
présentes : qu’elles se rapportent à un incident isolé ou à de plus longues périodes de
notre existence, les interprétations faussées qui résultent de ces révisions en disent
plus long sur nos sentiments d’aujourd’hui que sur ce qui est advenu autrefois.

ITSA2006 184
Le septième péché – celui de persistance – se traduit par le rappel répétitif
d’une information ou d’événements perturbants qu’on préférerait chasser à jamais de sa
mémoire : on se souvient dans ce cas de quelque chose qu’on voudrait oublier, mais
qui s’est gravé dans l’esprit. Nous connaissons tous la persistance à un degré ou à un
autre : vous souvenez-vous de la dernière fois où, vous réveillant en sursaut à 3 heures
du matin, vous n’avez pu faire autrement que de repenser à la gaffe humiliante que
vous veniez de commettre sur votre lieu de travail ou au résultat décevant d’un examen
capital. Dans les cas extrêmes de dépression aiguë ou d’expérience gravement
traumatique, ce péché peut s’avérer très invalidant, voire mettre les jours en danger.

Les avancées décisives que les neurosciences connaissent depuis quelques


années ont débouché sur des découvertes dont il sera souvent question dans ce livre :
en permettant de visualiser les activités cérébrales concomitantes de l’apprentissage et
de la remémoration, les études de neuro-imagerie ont commencé à éclairer les
fondements mêmes des sept péchés. Ces travaux ayant le mérite de jeter une lumière
novatrice sur ce qui se passe à l’intérieur de notre tête au moment même où nous
sommes sujets à une défaillance ou à une erreur mnésique, je les commenterai tout en
montrant aussi en quoi la connaissance de ces péchés peut atténuer les impacts
quotidiens de ces incidents si frustrants.

Plus j’ai approfondi ce modèle des sept péchés, plus il m’est apparu qu’on ne
peut éviter de se demander pourquoi nos systèmes de mémorisation ont fini par
présenter ces propriétés gênantes, sinon dangereuses. Ces péchés attestent-ils que
Mère Nature se serait fourvoyée au cours de l’évolution ? Les déficiences de la
mémoire humaine feraient-elles courir des dangers inutiles à notre espèce ? Je ne suis
pas de cet avis : j’estime au contraire que chacun de ces péchés est le sous-produit de
particularités de l’esprit humain bénéfiques à d’autres égards parce que adaptatives.

Mon approche des péchés de la mémoire s’inspirera de cette conception.


Plutôt que de les tenir pour des faiblesses ou des défauts inhérents à une organisation
systémique, j’indiquerai en quoi les sept péchés ouvrent une fenêtre sur les forces
adaptatives de la mémoire : en plus de faire comprendre pour quelles raisons cette
aptitude fonctionne sans anicroche la plupart du temps, ils laissent entrevoir pourquoi
sa configuration a évolué ainsi. L’importance que j’attacherai aux répercussions
quotidiennes potentiellement problématiques ne vise donc pas à ridiculiser ni à dénigrer
la mémoire : je la décrirai à l’inverse comme un guide le plus souvent fiable tant pour le
passé que pour le futur, si ennuyeuses – en même temps que révélatrices – que soient
les contrariétés que ce guide nous crée chaque fois qu’il lui arrive de nous laisser
tomber.

ITSA2006 185
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ

AVRIL 2007

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !
L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note
strictement inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans


la note finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

x cos 2 x
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) =
1+ x2
1
1
2. Calculer ∫1+ e
0
x
dx

3x
3. Trouver une primitive de
1+ x2
⎧ x − y = 2 Ln2
4. Résoudre le système : ⎨
⎩ x + y = 4 Ln 2
x2 + x +1
5. Soit la fonction f définie sur ]− 2, + ∞[ par f ( x) = . Déterminer, si elle
x+2
existe, la valeur du minimum de f sur cet intervalle.

x2 − 2
6. Résoudre l’inéquation ≤0
x −1
7. Donner l’équation de la droite dans le plan, parallèle au vecteur u (1, 2) , et qui
passe par le point A (1, − 1)

ITSA2007 187
8. Calculer Lim (1 + x − e − x / 2 )
x→ −∞

9. Dans une classe de lycée, la moyenne des filles à l’épreuve de


mathématiques est de 12/20 et celle des garçons de 10,2/20. Sachant que la
classe est composée pour les 2/3 de filles, quelle est la moyenne de la
classe ?
n
1
10. Calculer Lim ∑
k = 2 ( k − 1)( k + 1)
n→ +∞

Exercice n° 2

x
Soit f la fonction numérique définie par : f ( x) = , où x désigne la valeur
1+ x
absolue de x.

1. Etudier la dérivabilité de f à l’origine.

2. Etudier les variations de f et tracer son graphe.

1 1
3. Calculer ∫ f ( x) dx
0
et ∫ f ( x) dx
−1

Exercice n° 3

On considère la fonction numérique f définie sur ]− 1,+∞[ par :


1+ x
f ( x) =
2

1. Etudier les variations de f et tracer son graphe.

0
2. Calculer ∫ f ( x) dx
−1
.

1
3. On considère la suite (u n ) définie par : u 0 =et u n +1 = f (u n )
2
Etudier la convergence de cette suite (u n ) et calculer sa limite si elle existe.

ITSA2007 188
Exercice n° 4

On considère la fonction numérique f définie sur ]0,1[ par :

2x − 1
f ( x) =
x( x − 1)

1. Etudier les variations de f .

2. Monter que le graphe de f est symétrique par rapport à un point que l’on
précisera.

3. Trouver une primitive de f sur ]0,1[ .

4. Calculer l’aire comprise entre l’axe ox , le graphe de f et les droites


1 2
d’équation x = et x = .
2 3

5. Soit g la fonction numérique définie sur ]0,1[ par :


2x − 1
g ( x) = 2
x ( x − 1) 2
1
Trouver la primitive G de g qui vérifie G ( ) = 6
2

Exercice n° 5

On considère la suite de fonctions numériques ( fn ) définies sur l’ensemble des


nombres réels par : f n ( x ) = x n sin x , où n est un entier naturel.

1. Etudier les variations de f n sur [0, π / 2] et donner l’allure de son graphe.

π /2
2. On pose I n = ∫f
0
n ( x) dx , trouver une relation de récurrence entre I n et I n − 2

pour tout n.

3. Soit la suite de fonctions (u n ( x)) définie par : u n +1 ( x) = u n ( x) + f n ( x) et


u 0 ( x) = f 0 ( x) . Etudier la convergence de cette suite.

ITSA2007 189
Exercice n° 6

L’exercice consiste à prouver l’irrationalité de π et π 2 selon la méthode de Niven


(Bulletin Amer. Math. Soc. 53, 509, 1947).
Soit n ∈ N * . On définit la fonction :

x n (1 − x) n 1 2 n
f ( x) = = ∑ c k x k , où c k ∈ Z *
n! n! k = n

pour tout x ∈ [0,1] et que f (1 − x ) = f ( x ) pour


1
1. Montrer que 0 < f ( x) <
n!
tout x .

2. Calculer la dérivée m − ième f (m ) (0) de f en 0 en fonction de m, n et c m


pour tout m ∈ N . En déduire que les nombres f (m ) (0) et f (m ) (1) sont des entiers
relatifs quels que soient les entiers m (On peut dériver m fois l’égalité
f (1 − x ) = f ( x ) ).

a
3. On suppose que π 2 = avec (a, b) ∈ N 2 . Soit
b
n
G ( x) = b n ∑ (−1) k π 2 n − 2 k f (2k )
( x)
k =0

a) Montrer que G (0) et G (1) sont des entiers relatifs.


d
b) Montrer que (G ' ( x) sin πx − π G ( x) cos πx) = π 2 a n sin πx × f ( x)
dx
1
c) En déduire la valeur de l’intégrale I = π ∫ a n sin πx × f ( x) dx en fonction
0

de G (0) et G (1) , et en particulier que I est un entier relatif.


d) Conclure à l’aide d’un raisonnement par l’absurde.

Exercice n° 7

Deux laboratoires pharmaceutiques proposent chacun leur vaccin contre une


maladie. On dispose des données suivantes :
- Un quart de la population a utilisé le vaccin A. Un cinquième le vaccin B.
- Lors d’une épidémie, 8 malades sur 1000 avaient utilisé le vaccin A et 6 le
vaccin B.

ITSA2007 190
On choisit un individu au hasard dans la population et on note :
M = « l’individu est malade » et V = « l’individu est vacciné »

On appelle « indicateur d’efficacité » d’un vaccin le réel :

PV ( M ) Probabilité qu' un individu non vacciné soit malade


λ= =
PV ( M ) Probabilité qu' un individu vacciné soit malade

Calculer λ pour chacun des deux vaccins. Que peut on en conclure ?

ITSA2007 191
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ

AVRIL 2007

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

Les pays en voie de développement : éléments communs et diversité.

Sujet n° 2

La Politique peut-elle faire abstraction de la Morale ?

Sujet n° 3

Dans le cadre de la Mondialisation et de ses effets sur les économies et les


sociétés, quelles sont les chances de l’Afrique ?

ITSA2007 192
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA–YAOUNDÉ

AVRIL 2007

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

Deuxième Composition de Mathématiques


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice 1
Montrer que :
x
ln(1 + x) > , ∀x > 0.
1+x

Exercice 2
1. Déterminer les nombres réels α, β, γ et η vérifiant :

2x2 + 2x + 5 α β γ η
= + + + . (0.1)
(x − 1)2 (x + 2)2 (x − 1) (x − 1)2 (x + 2) (x + 2)2

2. En utilisant l’équation (0.1), déterminer les primitives de

2x2 + 2x + 5
.
(x − 1)2 (x + 2)2

Exercice 3
Cinq pour-cent des réservations aériennes sur une ligne donnée sont annulées. C’est pourquoi la
compagnie aérienne CompA enregistre 100 réservations pour 97 places sur le vol numéro 3750.
Soit X la variable aléatoire égale au nombre d’annulations pour ce vol.

1. Donner la loi de la variable aléatoire X.


ITSA2007 193
2. Calculer IP(X = 3).
3. Soient pn ∈]0, 1[ et n ∈ IN? . On suppose que lim pn = 0 et lim npn = λ, où λ est un
n→+∞ n→+∞
nombre réel positif. Montrer que :
λk
lim Cnk pkn (1 − pn )n−k = exp(−λ) , ∀k ∈ {1, . . . , n},
n→+∞ k!
n!
où Cnk = (n−k)!k!
et k! = k × (k − 1) × (k − 2) × . . . 2 × 1.
4. A partir de la question précédente, en déduire que la loi de X peut être approchée par
une loi de Poisson P(λ) définie par :
exp(−k)λk
Y de loiP(λ) ⇐⇒ IP(Y = k) = , ∀k ∈ IN.
k!
Utiliser cette approximation pour déterminer une valeur approchée de IP(X = 3).

Problème
On note (up ) la suite définie pour tout entier p ≥ 1 par
1 Z p+1 dt
up = − .
p p t
La valeur γ de la somme infinie, appelée série, de terme général up s’appelle la constante d’Euler
et, pour tout n ≥ 1, on pose :
n
X +∞
X
γn = up , rn = up .
p=1 p=n+1

On désigne par S et R les fonctions définies, dérivables et de dérivées continues respectivement


sur IR, IR?+ par les relations :
Z x Z +∞
1 − exp(−t) exp(−t)
S(x) = dt R(x) = dt,
0 t x t
où exp désigne la fonction exponentielle.
Partie 1 : Convergence de la série définissant γ
1. Prouver que, pour tout p ≥ 1 :
1 1
0 ≤ up ≤ − .
p p+1

2. Montrer que (γn ) est une suite croissante, que cette suite converge et que 0 ≤ γ ≤ 1.
3. Etablir que, pour tout p ≥ 1 :
1Z 1 u
up = du. (0.2)
p 0 u+p
Indication : on pourra effectuer le changement de variables y = u + p dans le membre de
droite de l’équation (0.2).
ITSA2007 194
4. Déduire de la question précédente que, pour tout p ≥ 2 :
1 1 1 1
( ) ≤ up ≤ ( ).
2 p(p + 1) 2 (p − 1)p

5. Trouver les réels a, b, c et d tels que :


1 a b 1 c d
= + et = + .
p(p + 1) p p+1 p(p − 1) p p−1

6. Montrer que, pour tout p ≥ 2 :


1 1 1 1 1 1
( − ) ≤ up ≤ ( − ),
2 p p+1 2 p−1 p
et en déduire que, pour tout entier n ≥ 1 :
1 1
≤ rn ≤ .
2(n + 1) 2n

7. On approche γ par γn . Déterminer un entier n permettant d’obtenir la précision 10−2 ;


même question pour la précision 10−8 . (On ne demande pas d’effectuer le calcul de γn ).
1
8. Pour tout entier n ≥ 1, on pose γn,1 = γn + 2(n+1)
. Prouver que :

1
0 ≤ γ − γn,1 ≤ .
2n2

9. Déterminer un entier n permettant d’obtenir la précision 10−2 lorsqu’on approche γ par


γn,1 et déterminer une valeur décimale approchée de γ à la précision 10−2 .

Partie 2 : Expression intégrale de γ à l’aide de S et de R


1. Montrer que :
1 1 1 Z 1 1 − (1 − v)n
∀n ∈ IN? , 1 + + + ... + = dv.
2 3 n 0 v

Indication : on pourra faire un raisonnement par récurrence ou bien utiliser la valeur de


n−1
X
la somme (1 − v)k , v ∈ [0, 1].
k=0

2. En déduire que :
Z 1 Z n
? 1 1 1 1 − en (t) en (t)
∀n ∈ IN , 1 + + + . . . + − ln(n) = dt − dt,
2 3 n 0 t 1 t
où en (t) est définie sur [0, n] par en (t) = (1 − nt )n .
Indication: on pourra faire le changement de variable v = nt .

3. Etablir que :

∀v ∈ IR, 1 + v ≤ exp(v). (0.3)


ITSA2007 195
4. Etablir que :

t2 n
∀n ∈ IN? , ∀t ∈ [0, n], (1 − ) exp(−t) ≤ en (t) ≤ exp(−t).
n2
t
Indication : on pourra appliquer l’inégalité (0.3) en prenant alternativement v = n
et
v = − nt .

5. En déduire que :

t2
∀n ∈ IN? , ∀t ∈ [0, n], 0 ≤ exp(−t) − en (t) ≤ exp(−t).
n
Indication : on étudiera l’application h définie sur [0, 1] par h(v) = (1 − v)n + nv − 1.
n
X 1
6. En supposant que un = − ln(n), montrer que γ = S(1) − R(1).
k
k=1
Indication : on montrera que :
Z 1
1 − en (t)
lim ( dt − S(1)) = 0
n→+∞ 0 t
et que :
Z n Z n
en (t) exp(−t)
lim ( dt − dt) = 0.
n→+∞ 1 t 1 t

ITSA2007 196
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ISSEA – YAOUNDÉ

AVRIL 2007

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini dont le


titre est « Après nous le déluge ? » paru aux éditions Flammarion / Fayard en
avril 2006. Il doit être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.

Nous sommes peu nombreux, quelques voix dispersées sur tous les
continents, à dénoncer le massacre du vivant. Il est grand temps que le cercle
s’élargisse. L’urgence nous dicte aujourd’hui de vous livrer notre expérience concrète
de scientifiques pour que vous puissiez juger de la situation : votre situation d’êtres
humains bientôt incapables de léguer à leur descendance une planète en bonne
santé. Votre état de femmes et d’hommes en chute de fertilité, avec des altérations
génétiques croissantes, votre état de cancéreux en puissance. Mais aussi votre
statut de citoyennes et citoyens désireux d’agir sur leur vie. Une simple vie humaine,
immensément belle en ce qu’elle est l’extraordinaire et intelligente manifestation des
réseaux d’espèces et d’individus qui, de la bactérie au lichen, de l’insecte au
mammifère, contribuent en permanence à l’émergence et à l’évolution de la vie. Une
fabuleuse distribution où chaque être vivant doit sa place au rôle qu’il joue par
rapport aux autres. Et à une complexité de fonctions jusqu’au cœur de la cellule.
Mais une vie rare, fragile, agressée par les pollutions chimiques, génétiques, et par la
disparition accélérée de milliers d’espèces. Une existence essentiellement menacée
par nos modes de vie. Par notre usage du monde.

Nos sociétés, nos économies se sont développées sur l’axiome(1) d’une


terre inépuisable, corvéable à merci. Dans cet esprit, l’impact de nos activités a
toujours été évalué à la marge, et a toujours compté pour négligeable ; la terre en
avait vu d’autres… Et la logique des systèmes en place consiste à « résoudre » le
problème immédiat sans en chercher la cause initiale.

Certains nourrissent encore l’espoir, la croyance, que la science trouvera


bien, un jour, une solution. Seulement, il ne s’agit plus de problèmes d’hygiène ou de
microbes, que la science est parvenue grosso modo, à juguler, du moins dans les
pays riches. Nous devons affronter une transformation radicale des milieux qui
hypothèque le retour à un état sanitaire satisfaisant. Nous touchons aux rivages de
l’irréversible.

ITSA2007 197
Il a fallu la menace que font peser sur l’économie les cyclones,
la sécheresse, les inondations et la fonte des glaciers pour que la classe politique
mondiale commence à se saisir du dérèglement climatique et de la pollution
atmosphérique. Mais les climatologues avaient réagi, constaté, interpellé. Par contre,
alors que l’air, l’eau, la terre, se polluent toujours davantage, que notre
environnement toujours chargé d’innombrables molécules suspectes devient de plus
en plus pathogène, nous déplorons l’absence d’unanimité des biologistes,
les scientifiques les plus près de la vie, pour alerter leurs concitoyens sur les dangers
encourus.

C’est pourquoi nous unissons aujourd’hui nos voix pour partager avec le plus
grand nombre notre inquiétude sur l’état de la terre et nos interrogations sur le rôle
de la science tant dans le bilan des atteintes à la biodiversité (pollutions chimiques et
génétiques), dans l’épuisement des ressources naturelles (eau douce, pétrole, gaz,
forêts, sols arables), que dans les voies proposées pour remédier à ces désastres.

De la science, nous avons des approches et pratiques complémentaires,


de la très visible observation de plantes, à l’invisible vie des cellules et des gènes.
Le botaniste qu’est Jean-Marie Pelt a exploré l’Afghanistan, une partie de l’Afrique
occidentale et sa Lorraine natale avant de créer l’Institut européen d’écologie
à Metz. En son laboratoire universitaire de Caen, Gilles-Eric Séralini, le biologiste
moléculaire, traque le rôle des pesticides dans les cancers humains et les problèmes
de reproduction, après avoir affûté ses outils aux Etats-Unis et au Canada.

En fait, nous nous complétons. Nous formons à nous deux un scientifique tel
que nous aimerions qu’il soit : relié aux autres questionnements scientifiques que le
sien. Capable de faire ce va-et-vient nécessaire du détail à la globalité et de la
globalité au détail.

Aujourd’hui dans nos universités et dans nos laboratoires de recherches,


nous sommes trop rarement capables de rapporter le détail à la globalité, de lire les
complémentarités à l’intérieur du biotope(2) terrestre, car nous n’avons plus, ou
presque plus, les botanistes, les physiologistes, les embryologistes, les zoologistes,
tous ces grands explorateurs du vivant qui asseyaient leur savoir sur leurs capacités
d’observation et de description – ces qualités aujourd’hui méprisées car elles n’ont
de valeur que dans le temps, alors que nous vivons dans l’instant.

Pourtant, comment connaîtrait-on la disparition des espèces sans les


inventaires des XVIIè et XVIIIè siècles, sans les herbiers, sans les collections des
muséums ? Comment connaître la richesse d’un biotope sans la précision des
relevés des voyages scientifiques ? La science est devenue pressée. Elle vit dans
l’urgence et le résultat immédiat. Elle n’investit pas sur le long terme, elle finance des
projets de recherche dont on définit à l’avance ce qu’il faut qu’ils trouvent.
Pas question de s’embarrasser avec des considérations générales. On préfère
ignorer la cohérence du monde.

ITSA2007 198
Depuis environ quatre décennies les biologistes ne jurent plus que par
l’infiniment petit. Oublié l’homme qui se tient au sommet des cellules assemblées,
effacé le paysage dans lequel il se meut, ignorée la planète sur laquelle il niche avec
plantes et animaux. Au-delà du strict sujet d’étude, le monde est gommé. Il n’est
plus étudié ou presque, qu’à travers le prisme des gènes et des micro- ou nano-
particules. Certains scientifiques continuent à y projeter leurs fantasmes de
simplicité, du genre, un gène = une protéine = une fonction. Ne leur vient-il pas à
l’esprit que l’infiniment petit, à l’instar du grand, fonctionne en système, le monde
entier n’est qu’interactions et interdépendances mais, aspirés par le tunnel de
l’infiniment minuscule, ces chercheurs ne voient trop souvent que ce qui est au bout
de leur lorgnette, fût-elle électronique. Devenus ce que nous appelons des
scientifiques réductionnistes, ils s’enfoncent dans une parcelle infinitésimale de la
réalité atteinte grâce à la technique, mais aussi isolée du reste – cellule, organe,
corps, biotope, monde – par un mur technique. Microscopes et ordinateurs n’ont ni
rétroviseurs ni zoom arrière.

La science et sa technologie de pointe, portée par la biologie, ressemblent à


ces animaux de trait(3) tout à leur labeur immédiat. Atomisée en ses objets de
recherche, la pratique scientifique a rompu avec une vision cohérente du monde,
s’est trouvée entraînée, et l’humanité avec, dans un divorce avec la nature et un
mariage avec l’économie de marché.

N’est-ce pas intenter un procès déplacé que de vouloir instruire un tel


dossier, que de conférer à la science un tel pouvoir et une telle responsabilité ?
Depuis l’époque des Lumières, elle est l’outil central de l’évolution de notre
société. Elle a, par ses innombrables découvertes, bouleversé les modes de vie et
d’organisation de la société. Elle a changé les conceptions de notre place dans
l’Univers au point de devenir au XXè siècle, une référence morale supplantant celle
de la religion. Pour s’en convaincre, il n’est que de voir le nombre de scientifiques à
la tête des comités d’éthique, ou les décisions de justice tranchant en faveur de tel
ou tel acharnement thérapeutique. La science et les systèmes technologiques qui en
découlent ont pris les commandes de nos vies.

Nous considérons que la science n’est ni bonne ni mauvaise, mais nous


voulons juger l’arbre à ses fruits. Nous comptons parmi les partisans du bilan de la
science et de ses applications, plutôt que de ceux qui perpétuent les incantations sur
ses bienfaits et les inéluctables progrès qu’elle engendre. Sur un plateau de
la balance, une augmentation considérable de l’espérance de vie occidentale,
un niveau de vie confortable, atteint au XXè siècle par un quart de la population
mondiale concentré dans l’hémisphère Nord, mais si peu pour les autres. Sur l’autre
plateau, un état de la dégradation du monde – pollution, épuisement des ressources,
dérèglements climatiques – unique dans l’histoire de l’homme, dans l’histoire de la
vie, dans l’histoire de la Terre. Ce mode de vie, dont nous sommes si fiers,
nous l’exportons, via la globalisation économique, avec la vision du monde qui
lui est consubstantielle(4) : se libérer des entraves naturelles, s’affranchir de
l’environnement, accroître sans limites la consommation. En d’autres termes,
raccourcir la distance qui nous sépare du point d’irréversibilité des dommages
écologiques et humains.

ITSA2007 199
Nous voudrions amorcer ici une critique de la pratique scientifique, lorsqu’elle
s’érige en nouvelle religion. Lorsqu’elle épaule les pouvoirs politiques et
économiques. A quelle autorité morale se réfère un président de la République,
un premier ministre, et tout le personnel politique, pour savoir si les OGM sont bons
ou pas ? si le clonage est profitable ou pas ? l’énergie nucléaire durable ou pas ?
si l’étendue de la pollution mérite une loi sur l’air, celle des nappes phréatiques une
loi sur l’eau, ou pas ?

Aujourd’hui, nous vous livrons nos éléments d’analyse avec trois buts :
souligner l’avancée des connaissances sur la biodiversité et les effets des pollutions ;
réapprendre à penser et à vivre en dehors du dogme technoscientifique ; et que la
société civile puisse débattre du contrôle et de la transparence de la science, de ses
objectifs et de son utilisation. Pour marquer notre engagement envers la société,
nous proposons aussi un serment éthique à l’usage des chercheurs en sciences de
la vie.

Rareté cosmique, rareté géographique, mais aussi rareté temporelle de la vie


pour en arriver à la civilisation humaine… L’homme a colonisé beaucoup de milieux
différents, mais des endroits habitables. Si nous faisons un tant soit peu varier nos
conditions climatiques ou géothermiques, la donne humaine change. Et si nous n’y
prenons pas garde, nous perdrons la richesse et la beauté des conditions
exceptionnelles qui sont celles de la vie terrestre.

(....) Préserver le diamant de la société. C’est pour nous un préalable :


l’homme est au centre de notre mobilisation. La Terre n’a pas besoin de nous pour
continuer son existence cosmique. Nous, nous avons besoin d’elle dans un état qui
satisfasse nos aspirations. Notre économie, globalisée comme elle l’est, ne préserve
ni l’homme ni la nature. Elle est toujours sur le versant sombre de la théorie
darwinienne : la compétition avec son corollaire, l’élimination des plus faibles.
Biologistes, nos mots-clé sont la diversité, la coordination et la complémentarité.
Le développement durable, c’est d’abord respecter l’autre, le protéger.
La préservation des liens sociaux, la valorisation des initiatives collectives,
de l’économie sociale, l’amélioration des conditions de vie, l’égalité d’accès aux biens
fondamentaux, le respect des cultures, l’éducation, la justice sont les piliers
indispensables du développement durable.

Encore faut-il s’entendre sur le mot « développement ». Nous ne l’entendons


pas au sens d’une croissance continue (impossible au demeurant), d’une inflation
des biens de consommation. Car personne ne doit rester sur le carreau de
l’économie. Une société digne de ce nom attache un extrême souci à la personne.
L’économie doit être au service de celle-ci, et non l’inverse.

(….) Les métiers changent : les informaticiens sont pléthoriques, les artisans
de plus en plus rares, et les boulangers qui se lèvent encore la nuit auront bientôt
disparu au profit du seul pain décongelé. Pourtant, à l’aune(5) de la durabilité de la
planète, un métier n’en vaut pas un autre. Un inventeur de pesticides ne vaut pas un
forestier qui restaure un massif. Un fabricant de plastique non dégradable qui laisse
suinter des phtalates dans l’alimentation qu’il emballe, ne vaut pas le travail d’un
agriculteur bio. Un industriel de l’armement ne vaut pas une infirmière pourtant bien
moins rétribuée que lui.

ITSA2007 200
La société de développement durable que nous appelons de nos vœux
conduit à des reconversions professionnelles guidées par des impératifs,
pas seulement économiques : l’écologie, la diversification, les échanges équitables,
l’épanouissement, la moralisation des grands circuits financiers, la culture.

(….) Le respect des hommes ne peut passer que par un dialogue régulier
entre science et société civile, entre scientifiques et citoyens. En toute modestie et
avec l’appétit de contradictions que réclame la démocratie. Nous sommes nombreux,
scientifiques ou non, à partager notre inquiétude quant à la situation. Nous craignons
notamment que le corps scientifique ne révise aisément la conception de son rôle.
Car un danger nous guette : l’outil de liberté et de culture que la science est
devenue, pourrait devenir un outil d’asservissement. C’est pourquoi nous invitons les
jeunes chercheurs en sciences de la vie à prononcer un serment éthique qui engage
leur responsabilité morale, à l’instar du serment d’Hippocrate pour les médecins. Le
chercheur s’engagerait ainsi à respecter l’état du monde, à mesurer l’impact de ses
recherches sur l’homme et sur les écosystèmes, à transmettre son savoir.

Devenus conscients de l’état de la planète, citoyens soucieux du bien


commun ces chercheuses et chercheurs passionnés par cet extraordinaire objet
vivant retrouveraient la capacité de s’enchanter et de préserver la Terre pour les
dix milliards d’êtres humains qui s’annoncent… Un pas des hommes vers l’homme.
Et la société y gagnera des savants.

(1) axiome : proposition – principe


(2) biotope : lieu , étendue géographique correspondant à un groupement d’êtres
vivants
(3) animaux de trait : animaux qui tirent une voiture
(4) consubstantiel : de la même substance
(5) à l’aune : à la mesure

ITSA2007 201
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL

AVRIL 2008

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note


strictement inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans


la note finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

e x sin x
1. Calculer la dérivée de la fonction f définie par : f ( x) =
1+ ex
3
2. Calculer ∫ E ( x) dx , où E (x ) désigne la partie entière de x .
0

3. Michel a trois ans de plus que Paul et 7 ans de plus que Pierre. A eux trois, ils
ont 101 ans. Quel est l’âge de Pierre ?

⎧ x2 − y2 =5
4. Résoudre le système : ⎨
⎩2 x + 3 y =12

5. Soit la fonction f définie par f ( x) = x 6 + x 4 + x 2 + 1 . Combien l’équation


f ( x ) = 0 admet-elle de solutions ?

un
6. On considère la suite (u n ) définie par : u n +1 = et u 0 =1 . Quelle est la limite
e
de cette suite ?

ITSA2008 203
7. Entre janvier 2004 et janvier 2007, votre salaire a augmenté de 40% alors que
dans cette même période les prix à la consommation ont augmenté de 25%.
Quelle est la variation du pouvoir d’achat de votre salaire durant cette
période ?
1 n
8. Calculer Lim ∫ ∑ x k dx
n→ +∞
0 k =1

9. Dans un concours d’entrée à une école de statistique, trois pays (A, B, C)


présentent des candidats. Le tableau suivant donne la moyenne des candidats
selon les pays :

Pays A B C
Moyenne 10 8 12

Sachant que 3/5 des candidats sont originaires du pays A, 3/10 du pays B et
1/10 du pays C, quelle est la moyenne de l’ensemble de ces candidats ?
n
10. Calculer ∑ (x
k =1
k − x) , où x correspond à la moyenne arithmétique des

( x k ), k = 1,..., n

Exercice n° 2

Soit f la fonction numérique définie par : f ( x) = x 2 e − x

1. Etudier les variations de f et tracer son graphe.

2. Etudier la convexité de f .

1
3. Calculer ∫ f ( x) dx
0

ITSA2008 204
Exercice n° 3

On considère la fonction numérique f définie par :


f ( x) = x 2 ( x − 1) g ( x)
où g (x ) est la fonction indicatrice des nombres rationnels (Q ) , à savoir :

⎧ 1 si x est un nombre rationnel


g ( x) = ⎨
⎩0 si x est un nombre irrationnel

1. Montrer que tout nombre rationnel est limite d’une suite de nombres
irrationnels.

2. Etudier la continuité de g sur R .

3. Etudier la continuité de f sur R .

4. Etudier la dérivabilité de f sur R .

Exercice n° 4

un + 2
On considère la suite (u n ) définie par : u n +1 = et u 0 =1
un + 1

1. Montrer que (u n ) est une suite à termes strictement positifs.

2. Si la suite (u n ) est convergente, quelle est alors sa limite ?

3. Etudier les variations et tracer le graphe de la fonction numérique


x+2
f définie, sur R + , par : f ( x ) = .
x +1

4. Calculer l’aire comprise entre l’axe Ox, le graphe de f et les droites


d’équation x = 1 et x = 2 .

5. Etudier la convergence de la suite (u n ) .

ITSA2008 205
Exercice n° 5

Pour tout entier p strictement positif, on pose :


p +1 n
1 dt
up = − ∫ , puis γ n = ∑ u p
p p
t p =1

1
1 x
1. Montrer que u p = ∫ dx
p 0 x+ p

2. Montrer que la suite γ n est convergente.

Exercice n° 6

1. Comparer les deux fonctions f ( x ) = Ln ( x + e) et g ( x ) = x + 1 sur


l’ensemble des réels positifs.
n
2. Calculer I n = ∫ ( x + 1 − Ln( x + e))dx et Lim I n .
n→∞
0

3. Dans une course à pied de 10 kilomètres, après 15 minutes de


course, les deux concurrents en tête se trouvent sur une même ligne. Si x
désigne la distance restante a parcourir, la probabilité que le coureur A gagne
1 1
la course est égale à et pour le coureur B à .
f ( x) g ( x)
Cet énoncé a-t-il un sens? et qui a le plus de chances de gagner la
course ?

Exercice n° 7

Soit n un entier naturel non nul. On considère l’équation ( E n ) : x n + x − 1 = 0

1. Montrer qu’il existe une unique solution positive et strictement inférieure à 1,


de ( E n ) , notée x n .

2. Calculer la limite de la suite ( x n ) quand n tend vers + ∞ .

ITSA2008 206
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2008

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

Quelles sont les grandes orientations de la politique étrangère des Etats


africains ? Vous essayerez de dégager les signes d’une volonté unitaire.

Sujet n° 2

Quels sont les nouveaux Centres d’impulsion économiques et les nouveaux


flux (commerciaux et migratoires) apparus avec la Mondialisation ?

Sujet n° 3

Commentez cette phrase de l’écrivain américain Samuel Huntington dans


« Le choc des Civilisations et la Refonte de l’ordre mondial » 1996 : « Il est
probable que les premières années du 21è siècle voient une résurgence de la
puissance et de la culture non occidentale ainsi que le choc des peuples de
civilisations non occidentales avec l’Occident et entre eux ».

ITSA2008 207
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA–YAOUNDÉ ENSAE-SÉNÉGAL

AVRIL 2008

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

Deuxième Composition de Mathématiques

(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice 1.
Le but de l’exercice est de calculer les valeurs exactes de cos( 2π 4π
5 ) et de cos( 5 ). Pour cela, on pose

ω = ei 5 .

1. Résoudre dans C × C, le système d’équations suivant :


 

u + v = − 12


uv = − 14

1−z 5
2. Montrer que pour tout z ∈ C, z 6= 1, on a 1 + z + z 2 + z 3 + z 4 = 1−z . En déduire la valeur de

1 + ω + ω2 + ω3 + ω4.

3. Déduire de la question précédente que cos( 2π 4π 1


5 ) + cos( 5 ) = − 2 .

4. En utilisant la formule trigonométrique de cos(a + b) (a et b réels), montrer que

2π 4π 2π 4π 4π
cos( ) cos( ) − sin( ) sin( ) = cos( ),
5 5 5 5 5
2π 4π 2π 4π 2π
cos( ) cos( ) + sin( ) sin( ) = cos( ).
5 5 5 5 5

5. Montrer que cos( 2π 4π 1


5 ) cos( 5 ) = − 4 .

6. En déduire la valeur exacte de cos( 2π 4π


5 ) et de cos( 5 ).

1
ITSA2008 208
Exercice 2.
Les parties A. et B. sont indépendantes.

• A. Soit f la fonction définie sur IR et à valeurs réelles, dont l’expression est


 −1
e x si x > 0
f (x) =
x2 si x ≤ 0

1. Montrer que f est dérivable sur IR.


2. Pour quels points x réels, la dérivée seconde f (2) (x) existe-t-elle ? Déterminer cette dérivée
seconde quand elle existe.

• B. Déterminer
2 1
lim 2

x→0 (sin(x)) (1 − cos(x))

Exercice 3.
Chaque vis fabriquée par la société SOC présente un défaut avec une probabilité 0.01; l’état d’une
vis est indépendant de celui des autres vis. Les vis sont vendues par paquet de 10. La société accepte
de rembourser un paquet de vis qu’elle vend s’il contient au moins une vis défectueuse. On note Xk
(k ∈ {1, . . . , 10}) la variable aléatoire égale à 1 si la k-ième vis du paquet est défectueuse et 0 sinon.
On note aussi S10 = 10
P
k=1 k la variable aléatoire égale au nombre de vis défectueuses présentes dans
X
un paquet donné.

1. Déterminer la fonction de répartition de X1 .

2. Quelle est la loi de la variable S10 ?

3. Calculer IE(S10 ) et Var(S10 ).

4. Déterminer l’espérance et la variance de la variable aléatoire Z définie par Z = S10 ∗ 100 qui
représente le nombre de vis défectueuses sur 100 paquets.

5. Quelle proportion de paquets vendus la société SOC s’expose-t-elle à devoir rembourser ?

Problème
Etant donnés deux nombres réels positifs ou nuls a et b, √on notera (an ) et (bn ), les suites définies par
a0 = a, b0 = b et pour n ≥ 0, par an+1 = an +b2
n
, b n+1 = an bn .
Si a = 1 et b = x, avec x ≥ 0, alors an et bn sont des fonctions de x que l’on notera respectivement un
et vn .
On admettra le résultat suivant :
Résultat R : Soit (rn ) une suite d’applications continues définies sur IR et à valeurs
réelles, convergeant vers une application r, de telle sorte que pour tout a, b (a < b)
dans IR × IR,
lim sup |rn (x) − r(x)| = 0,
n→+∞ x∈[a,b]

alors r est continue sur IR.

2
ITSA2008 209
1. Convergence des suites (an ) et (bn )
• a. Montrer que : ∀n ≥ 1 et a 6= b,
1
(0 ≤ bn ≤ bn+1 < an+1 < an ) et ((an+1 − bn+1 ) ≤ (an − bn ))
2
• b. Que deviennent ces inégalités quand a = b ?
• c. Montrer que ces deux suites sont convergentes et qu’elles ont la même limite.
On notera M (a, b) cette limite commune et f la fonction définie sur [0, +∞[ et à valeurs
réelles telle que f (x) = M (x, 1), ∀x ∈ [0, +∞[.
2. Propriétés de la moyenne arithmético-géométrique
• a. Montrer que : ∀ (a, b, λ) ∈ IR+ × IR+ × IR+ , ∀n ∈ IN,
M (an , bn ) = M (a, b), M (a, b) = M (b, a) et M (λa, λb) = λM (a, b).
• b. En déduire que, pour a > 0, M (a, b) = af ( ab ).
3. Continuité de la fonction f
• a. Montrer que pour tout n ≥ 0, les fonctions vn et un sont continues.
• b. Montrer que pour tout n ≥ 1 et tout x ≥ 0,
0 ≤ un (x) − f (x) ≤ 2−n |1 − x|.
• c. En déduire que la fonction f est continue.
4. Etude de la fonction f au voisinage de 1
• a. Montrer que pour tout x ≥ 0, on a
√ 1+x
0 ≤ x ≤ f (x) ≤ .
2
• b. En déduire que la fonction f est dérivable au point 1.
5. Etude aux bornes de la fonction f
• a. Calculer f (0). La fonction f est-elle dérivable en ce point ? Le graphe de f a-t-il une
tangente au point d’abscisse nulle ?
• b. Montrer que pour tout x > 0, on a f (x) = xf (1/x).
• c. Montrer que le graphe de f présente une branche parabolique, dont on précisera la
direction, quand x tend vers +∞.
6. Sens de variation de la fonction f
• a. Montrer que pour tout n ≥ 0, les fonctions un et vn sont croissantes sur IR+ .
• b. En déduire que la fonction f est croissante.
7. Représentation graphique de la fonction f
• a. Calculer les valeurs décimales par défaut à 10−3 près de f (x) pour les valeurs suivantes
de x : 0.01 0.1 0.2 0.4 0.6 0.8 2 3 10 100.
• b. Donner une représentation graphique sur l’intervalle [0, 3] de la fonction f ainsi que des

fonctions : g : x 7→ 1+x
2 et h : x 7→ x.

3
ITSA2008 210
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL

AVRIL 2008

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre du Professeur Michel Lejoyeux dont le titre est
« Overdose d’info. Guérir des névroses médiatiques. » paru aux éditions du Seuil en
janvier 2006. Il doit être résumé en 250 mots plus ou moins 10%.

Il sera tenu compte de l’orthographe, de la ponctuation et de la présentation de


votre écrit.

Internet comme un nouveau stupéfiant

L’Internet a changé la vie des amateurs d’actualités. Il a fait plonger dans la dépendance
nombre de ceux qui se contentaient de la lecture quotidienne d’un journal imprimé.
La possibilité de se connecter en permanence crée une nouvelle relation à l’information.
L’Internet est bien - les patients que je rencontre me le confirment - un nouveau stupéfiant.
Il est un sujet de préoccupation pour bien des parents, qui viennent me demander comment
raisonner leurs enfants quand ils passent leurs journées et leurs nuits face à un écran. Il faut
dire que l’Internet possède bien des charmes pour nous piéger. Nous recevons sur nos
écrans de veille, qui ne s’endorment jamais, des nouvelles sans cesse renouvelées qui
mobilisent notre peur et nous intriguent. Sans y avoir été préparés, nous allons devoir
apprendre à consommer ces nouvelles de l’Internet. Nous savons enfin comment faire
fonctionner les ordinateurs. Il ne nous reste plus qu’à savoir comment les éteindre pour
profiter de la vie réelle qu’ils nous masquent parfois.

Max entretient une relation qui tient de la passion avec son Macintosh. Il lui
souhaite son anniversaire et lui offre régulièrement des accessoires, comme un écran ou
une carte censée le faire fonctionner plus rapidement. Le matin et le soir, il vérifie que son
disque dur est bien rangé. Les amis auxquels il tient le plus, sont ceux qui partagent sa
passion de l’informatique ou qui lui envoient des messages sur son ordinateur…

ITSA2008 211
Sa « cyber-idylle » fait le bonheur et la fortune des vendeurs de matériel
informatique. Il « gâte » sa machine préférée en lui offrant le dernier modèle de carte
graphique, ou la version la plus performante des logiciels d’exploitation.

Les premiers cas de dépendance ayant sensibilisé le grand public et les


professionnels, étaient des parents qui négligeaient leurs enfants au profit des news et de
l’Internet. Une jeune femme élevant seule son enfant avait installé son ordinateur dans une
pièce confortable et bien chauffée. Elle surveillait régulièrement l’actualité. Dans le même
temps, elle « rangeait » son enfant dans un réduit sans chauffage ni lumière.

Nombre d’autres histoires sont venues confirmer les liens de dépendance que
peuvent susciter l’ordinateur et l’Internet. Elles dépassent le cadre de l’anecdote et
traduisent une nouvelle relation au virtuel et à l’actualité. Un cardiologue, grand
consommateur d’actualités en continu me racontait comment l’ordinateur était rentré dans sa
vie pour ne plus en sortir. Il avait commencé à l’utiliser pour des raisons professionnelles,
puis il avait découvert à quel point ce mode de communication lui facilitait l’accès aux revues
scientifiques, qu’il mettait du temps à chercher en bibliothèque avant. Il s’était ensuite
abonné à des sites d’information qui le tenaient au courant des progrès de sa spécialité.
En quelques mois, l’ordinateur était devenu indispensable à sa vie professionnelle. Il avait
découvert qu’il pouvait présenter à des collègues les cas difficiles pour lesquels il cherchait
un autre avis. Après avoir plongé dans les forums mêlant discussions et actualité, il n’a plus
réussi à contrôler le temps passé devant l’écran. Il est entré dans l’addiction à petits pas.
Il s’est abonné à des lettres d’information sur l’actualité de sa profession et s’est inscrit aux
forums dans lesquels il pouvait commenter cette actualité, échanger des conseils et des
informations.

Ce phénomène de dépendance au virtuel commence à faire l’objet de


campagnes d’information en Angleterre. Aux Etats-Unis, un salarié américain sur quatre est
considéré comme dépendant de l’Internet et consomme sur son lieu de travail les actualités
des sites de news en ligne. Une étude qui a porté sur trois cents cinq salariés et deux cent
cinquante directeurs des ressources humaines a montré que les salariés passaient plus
d’une journée entière chaque semaine à surfer sur des sites qui n’ont pas de rapport avec
leur activité professionnelle. Environ 23% du temps passé sur Internet concerne les sites
d’information.

Une étude conduite aux Etats-Unis par la fondation Kaiser a trouvé chez les
adolescents des quantités impressionnantes de temps passé devant l’ordinateur. Deux mille
lycéens et étudiants ont été interrogés. Ils ont déclaré passer entre six heures et demi et huit
heures et demi par jour devant un écran. Les écoliers plus jeunes passent de trente-cinq à
quarante heures par semaine devant la télévision ou l’ordinateur… Autant que leurs parents
au travail. Les relations amicales, la lecture et le sport sont autant d’activités sacrifiées au
profit de l’intoxication médiatique.

Yang et Tung, des psychiatres, ont étudié l’usage de l’Internet chez mille sept
cent huit étudiants taïwanais. Ils ont retrouvé une prévalence de 13,8% pour l’addiction à
Internet. Les conséquences de cette addiction étaient, comme dans les autres cas, les effets
négatifs sur la vie familiale, la scolarité, la santé. Les « addicts » à l’Internet percevaient bien
que le temps passé en connexion avait une influence négative sur leur activité quotidienne,
leurs performances scolaires, leurs relations avec les parents, les enseignants.
Les dépendants et les non-dépendants considéraient tous que l’Internet était un moyen
privilégié d’augmenter son nombre d’amis. Les étudiants ayant une personnalité caractérisée
par la dépendance, la timidité, la dépression et la faible estime de soi présentaient plus de
risques que les autres.

ITSA2008 212
Lynda Hinkle, présidente de la Ligue féminine des violences sur Internet, raconte
sa cyberdépendance : « je me suis connectée pour la première fois en 1993. J’ai allumé
l’ordinateur de l’université Rutgers. Un ami m’a envoyé des messages et m’a appris à me
servir des boîtes aux lettres. Après une semaine d’entraînement, je maîtrisais la technique
de l’Internet. J’ai commencé à rencontrer de nouveaux correspondants. J’ai trouvé des
pervers sexuels, mais aussi plein de chics types. Pour la première fois la solitaire que je suis
a eu l’impression de faire partie d’une communauté. Et en même temps je suis tombée dans
une sorte de dépression. Mes amis et mon médecin ont mis cette dépression sur le compte
de l’Internet. Ils n’avaient pas complètement tort. En dehors du Web, plus rien ne
m’intéressait vraiment. Je restais assise devant mon ordinateur près de vingt heures par
jour. Je ne dormais presque plus. Je mangeais à peine. Je passais en coup de vent dans la
salle de bains. Mes parents m’écrivaient des petits mots sur les murs ou sur la porte de mon
bureau pour essayer d’entrer en contact avec moi. Ils voulaient me rappeler qu’ils existaient
encore. Ils pensaient tous que j’avais un gros problème avec l’Internet. Moi, c’est avec la vie
réelle sans écran que j’avais l’impression d’avoir des problèmes. J’ai commencé à prendre
mes distances avec tout ce qui ne passait pas par un ordinateur. J’ai quitté l’université. J’ai
interrompu mes études. Je n’avais plus le temps. Je restais dans ma chambre à coucher
transformée en bureau virtuel. J’étais accrochée au fil qui reliait mon ordinateur à la ligne de
téléphone. »

Malgré les effets de l’Internet sur sa vie, Lynda ne remet pas sa passion en
cause. Elle trouve à ce média des aspects positifs. J’ai appris, dit-elle, à aimer, à parler,
à confier mes sentiments les plus intimes grâce à mon ordinateur. Je fais mes courses et je
communique avec mes parents éloignés. J’ai accepté pour la première fois de ma vie de
confier des secrets qui me semblaient inavouables. Le seul problème, c’est que les leçons
de l’Internet ne sont pas utilisables dans la vie réelle.

(…) Le psychiatre américain Donald Black ne désintoxique pas les accros du


virtuel. Il a étudié en 1999 le profil typique du dépendant à l’Internet, consommateur
d’actualités en ligne et de dépêches d’agence : c’est un homme de trente-deux ans ayant fait
des études jusqu’à l’université, ayant un bon niveau socio-économique et qui possède un
ordinateur depuis trois ans en moyenne. La plupart des addicts à l’Internet éprouvent un
intérêt majeur pour le surf sur le Web, les forums de chat, les sites de news et les jeux en
ligne. Ils passent en moyenne trente heures par semaine devant leur ordinateur par plaisir
pendant leur temps de loisir. Ils se sentent excités, heureux et puissants quand ils sont
connectés au monde entier, même si leur connexion ne leur annonce que des catastrophes.
En quelques semaines ou quelques mois, l’ensemble de leur activité professionnelle passe
par l’Internet. Insidieusement, ils se connectent de plus en plus longtemps, pendant
les heures de bureau et le soir ou la nuit jusqu’à l’aube. Donald Black a montré que cette
surconsommation d’informations virtuelles nuit à la vie réelle. Il a comparé la vie de vingt
drogués du Net à celle de consommateurs plus modérés. Le résultat est sans appel.
Les drogués du Net et de l’information en ligne abandonnent leurs proches. Ils connaissent
les sites les plus rares mais oublient de sortir de leur bureau pour saluer leurs collègues.
Les drogués du virtuel renoncent aussi aux rituels familiaux. Ils ne dînent plus avec leur
famille. Ils s’inventent une nouvelle communauté d’amis, virtuelle celle-ci, avec laquelle ils
communiquent par écrans interposés. Leur addiction à Internet se nourrit d’une envie de
changer de vie, d’univers, de personnalité. Sans presque s’en rendre compte, ils sont entrés
dans une « addiction sage », suscitée et justifiée par des motifs d’ordre professionnel,
intellectuel ou scientifique.

ITSA2008 213
Quand ils sont lassés des blogs et des journaux sur l’Internet, les drogués du
virtuel voyagent sur la Toile. Ils n’éteignent pas leur ordinateur, mais changent de sites
favoris. Ils vagabondent sur les sites de jeu. Ils trouvent là encore une illusion de
socialisation qui les incite à poursuivre la connexion. Les loteries gratuites les incitent à
tenter leur chance une première fois. Elles les orientent ensuite vers de véritables casinos en
ligne. Damien Bonnête, président de Bingopoly explique dans un entretien au journal
Le Monde les relations entre le virtuel et le jeu. « Nous travaillons avec des ethnologues sur
le discours : maîtriser l’Internet, c’est se montrer évolué ; gagner à un jeu le prouve.
L’internaute est davantage prêt à payer pour jouer que pour disposer d’un service utile. »
Le journal du Net note que 51% des internautes se sont déjà connectés à un site de jeu
gratuit. Ils peuvent y gagner jusqu’à dix millions d’euros. Ils passent ainsi d’un coin à l’autre
de leur écran, du besoin de maîtrise au bonheur de la prise de risque.

L’Internet est aussi un grand magasin qui ne ferme jamais. Les boutiques
généralistes ou spécialisées proposent à chaque heure du jour ou de la nuit de nouvelles
promotions. Quand la pression des rues du commerce se relâche, les sites d’enchères
en ligne prennent le relais. L’achat en ligne est, comme la consultation d’informations,
une expérience passionnelle et solitaire. Toutes les conditions sont réunies pour qu’on cède
à l’achat coup de tête. Nous sommes seuls. Aucun autre client, aucun vendeur maladroit ne
vient troubler notre relation passionnelle à l’achat. Les vêtements, les livres ou les disques
sont présentés sous leur meilleur jour. L’achat est dédramatisé. Il n’y a pas besoin de sortir
d’argent de son portefeuille. Il suffit d’égrener sur le clavier les quelques chiffres de sa carte
de crédit pour engager une dépense sans douleur. Et puis, plaisir ultime, le magasin virtuel
ne ferme pas plus que ne dorment les sites d’information en continu. Il autorise les achats
aux heures et aux jours les plus inhabituels. Un amateur de livres, collectionneur de romans
policiers commandés sur des sites anglais, m’a raconté avec quel bonheur il se ruinait.
Une acheteuse compulsive, fanatique d’écharpes et de chaussures, tente de restaurer
l’image qu’elle a d’elle même en se couvrant de cadeaux. Les dimanches après-midi qu’elle
passe seule, en proie à un sentiment d’abandon, déclenchent ses boulimies d’achats. Quand
les boutiques sont closes, l’Internet est à l’écoute de son besoin de consolation.

Le plaisir de la connexion et de la consultation des sites de news ressemble aux


effets de l’alcool ou de la drogue : apaisement, euphorie, excitation sont au rendez-vous.
Certains analystes américains ne doutent pas de la réalité de cette nouvelle addiction. Ils
proposent des sites de « soin en ligne » aux junkies de news en continu et ils appellent les
entreprises et les pouvoirs publics à se mobiliser contre ce fléau nouveau.

(…) Depuis 1996, des critères diagnostiques ont été proposés. Ils indiquent que
les « internetornanes », les drogués de l’information en ligne, partagent bien des
symptômes : une tendance à la perte de contrôle, un temps important passé avec l’objet de
leur addiction, un sentiment de manque, de malaise, ou même un vrai syndrome de sevrage
quand ils sont déconnectés. Cette passion extrême provoque rapidement des effets
néfastes, comparables, là encore, à ceux des autres toxicomanies. On retrouve ainsi chez
les drogués du Net des difficultés familiales, professionnelles et affectives, un refus de
l’existence réelle, avec ses satisfactions, ses contraintes et ses tracas au profit d’une vie
virtuelle par écran interposé. Leur passion de l’information se double d’un attrait pour la
technique. Ils parlent des performances de leur processeur comme les amateurs de voitures

ITSA2008 214
annoncent le nombre de cylindres ou de chevaux de leur moteur. Ils vous racontent
la manière dont ils se sont « gâtés » en s’offrant le dernier modèle d’écran à balayage
ultrarapide. Ils redécouvrent le plaisir de faire des photos depuis que leur dernier
téléphone portable intègre une fonction de photo numérique. Ils vous parleront aussi de leurs
tri-bandes, des messages en couleurs qu’ils reçoivent, des séquences vidéo que leur envoie
en continu leur opérateur. Le message ici est double. A l’intérêt pour l’actualité s’ajoute
l’envie de faire partie du cercle restreint des individus « branchés » initiés aux techniques les
plus nouvelles et les plus sophistiquées.

Les motivations de la dépendance au virtuel sont multiples. Elles ne sont pas les
mêmes chez ceux qui visitent les sites marchands et ceux qui fréquentent les sites
d’information. Quelques principes généraux émergent. Au plaisir de parcourir le monde et de
connaître un sentiment d’omniscience, s’ajoutent d’autres plaisirs plus régressifs.
Le psychologue américain David Greenfield suggère que la tendance à utiliser le virtuel pour
se consoler du réel ou pour tenter de le maîtriser est un comportement appris dès l’enfance.
L’enfant passe progressivement du scintillement de l’écran de télévision à celui de
l’ordinateur. Le danger est peut-être ici moins dans les heures passées et le temps perdu
que dans une altération de la réalité dont le dévoreur d’images n’est pas conscient, mais qui
modifie profondément sa personnalité et ses relations aux autres. Le romancier Tonino
Benaquista avait bien illustré dans son roman Saga cette relation passionnelle à l’écran : « je
suis né devant la télévision et ce n’est pas une vue de l’esprit. La première image dont je me
souvienne vraiment, n’est pas le sein de ma mère, mais une chose brillante et carrée qui
m’a irrésistiblement attiré. La télé, c’était ma baby-sitter, c’était mes mercredis après-midi,
c’était la découverte du monde en marche sous mes petits yeux ébahis. La télé, c’était le
copain avec qui on ne s’engueule jamais, celui qui aura toujours une bonne idée en tête du
matin au soir. La télé, c’était une brassée de héros qui m’ont appris l’exaltation, les premiers
émois, mais aussi les premiers dégoûts. »

ITSA2008 215
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL

AVRIL 2009

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note


strictement inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de
l’exercice n° 1 étant notée sur 1 point).

Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans


la note finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

1. Calculer la dérivée, en x = 0 , de la fonction numérique d’une variable réelle f


définie par :
f ( x) = e x Ln(1 + x) , où Ln désigne le logarithme népérien.
2

2. Soit la fonction réelle f définie par :


f ( x) = x 3 − 3 x 2 + bx + c , où b et c sont des paramètres réels.
Pour quelle valeur de x , la fonction f admet-elle un point d’inflexion ?

3. Résoudre dans l’ensemble des nombres réels, l’équation : x 3 + x − 2 = 0

4. Résoudre dans l’ensemble des nombres réels, l’équation :

x 4 − 4x3 + 6x 2 − 4x + 1 = 0
1
5. Calculer I = ∫ ( Ln4 − Ln(1 + x)) dx , où Ln désigne le logarithme népérien.
0

ITSA2009 217
n
1
6. Soit S n = ∑ u k , où u 0 = −1, u1 = 1 et u n +1 = u n pour n ≥1 . Calculer Lim S n .
2 n →∞
k =0

7. Déterminer la valeur moyenne de la fonction f définie par : f ( x) = x 2 sur


l’intervalle [1, 2] .

8. Au mois de janvier, les prix ont augmenté de 0,8 %. Sachant que sur les deux
premiers mois (janvier et février), les prix ont augmenté de 1,808 %. Quelle est
l’augmentation du mois de février ?

9. Résoudre, dans l’ensemble des nombres réels, le système suivant :

⎧ x3 + 3y = 4
⎨ 2
⎩ x − 2 y = −1

10. Dans une épreuve scolaire nationale, le premier groupe d’élèves composé
de 120 candidats a obtenu une moyenne égale à 8,20, le second groupe composé
de 80 candidats une moyenne de 13,10 et enfin le troisième groupe formé de
100 candidats une moyenne de 9,68. Quelle est la moyenne nationale ?

Exercice n° 2

1. Etudier les variations et tracer le graphe de la fonction f définie sur R +* par :


Ln x
f ( x) = , où Ln désigne le logarithme népérien.
x

2. Montrer que f admet un point d’inflexion que l’on précisera.

e
3. Calculer l’intégrale suivante : I = ∫ f ( x) dx
1

Exercice n° 3

Résoudre dans l’ensemble des nombres réels, le système suivant :


⎪ x+ y+z =3

⎨ xy + z = 2
⎪ 13
⎪⎩ x + 2 y + 3z = 2

ITSA2009 218
Exercice n° 4

Soient a et b deux paramètres réels strictement positifs tels que b < a .


On considère la fonction numérique d’une variable réelle définie par :
f ( x) = ax 2 + (1 − x) 2 b .

1. Déterminer, s’il existe, le minimum de cette fonction.

2. Trouver a et b tels que le minimum de f soit égal à 2/3 et leur somme à 3.

3. Déterminer le nombre de points d’intersection entre le graphe de f et le graphe


de la fonction g définie par : g ( x ) = αx , selon les valeurs du paramètre réel
strictement positif α .

4. Montrer que f admet un axe de symétrie.

Exercice n° 5
Ln(1 + x 2 )
On considère la fonction f définie sur R * par : f ( x) = , où Ln
x
désigne le logarithme népérien.

1. Etudier les variations et tracer le graphe de la fonction f (on précisera l’allure du


graphe au voisinage de l’origine).
1
2. Calculer I = ∫ x f ( x) dx .
0

3. Soit la suite (u n ) définie par : u 0 = 1 et u n +1 = f (u n ) pour tout entier naturel n .


- Montrer que cette suite est bien définie.
- Etudier la convergence de cette suite et calculer sa limite, si elle existe.

ITSA2009 219
Exercice n° 6

On note E (x ) la partie entière d’un nombre réel x , à savoir le plus grand entier
inférieur ou égal à x . On définit alors la fonction numérique f par : f ( x ) = x E ( x ) .

1. Etudier la continuité de f .

2. Etudier la dérivabilité de f .

2
3. Calculer ∫ f ( x) dx .
−1

Exercice n° 7

On considère la fonction f définie sur R +* × R +* par f ( x, y ) = x α y β , où R +* désigne


l’ensemble des nombres réels strictement positifs, α et β étant des paramètres
réels strictement positifs.

1. Pour y fixé, on pose g y ( x) = f ( x, y ) . Etudier les variations de g y selon les valeurs


de α et donner l’allure de son graphe.

2. On suppose que pour tout couple ( x, y ) de R +* × R +* , on a : ax + by ≤ r , où a, b


et r sont des réels strictement positifs. Résoudre le problème Max f ( x, y ) (maximum
x

de f en x ).

3. Interpréter le problème d’optimisation précédent.

ITSA2009 220
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AVRIL 2009

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

En quoi certains pays africains peuvent-ils constituer un effet


d’entraînement pour tout le continent africain ? Vous prendrez des exemples comme
l’Afrique du Sud ou d’autres pays de votre choix.

Sujet n° 2

Que vous inspire l’élection de Barack Obama comme Président des Etats-
Unis ?

Sujet n° 3

Quels sont les aspects de la crise financière et économique mondiale


actuelle qui vous ont le plus frappé ?

ITSA2009 221
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AVRIL 2009

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

Deuxième Composition de Mathématiques

(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice 1. Soit la fonction f définie sur une partie E de R et à valeurs réelles, donnée par

ax4
f (x) = ,
(b + cx)3

où a, b et c sont des constantes réelles non nulles.


1. Quelles relations doivent satisfaire les constantes a, b et c pour que le graphique de la fonction f
admette la droite y = x − 3 comme asymptote ? On supposera dans la suite de l’exercice que ces
relations sont satisfaites.
2. Déterminer le domaine maximal de définition E de la fonction f et l’expression de f (x) pour tout
x ∈ E.
3. Étudier les variations de f et tracer son graphe.

Exercice 2. Soient x0 et a deux nombres réels strictement positifs. On considère la suite réelle (xn )n∈N
définie par
2axn−1
xn = pour tout entier n ≥ 1.
xn−1 + a
L’objectif de cet exercice est d’étudier la convergence de la suite (xn )n∈N .
• A. Dans la première partie de l’exercice, nous allons considérer le cas x0 ≥ a.
1. Montrer que xn ≥ a pour tout entier n ≥ 1.
2. Démontrer que la suite (xn )n∈N est décroissante.
3. En déduire que la suite est convergente et trouver sa limite.
• B. Nous considérons maintenant le cas x0 < a.
1. Montrer que la suite (xn )n∈N est bornée.
2. Étudier la monotonie de la suite.
3. Peut-on en déduire que la suite est convergente ? Si la réponse est positive, trouver la limite.

ITSA2009 222
Exercice 3. Soit f la fonction définie sur R et à valeurs réelles, dont l’expression est

f (x) = max(sin(x), λ + cos(x)),

où λ est un paramètre réel. Le but de l’exercice est de déterminer les valeurs de λ telles que la fonction
f soit dérivable sur R.
1. Démontrer que la fonction f est périodique et donner la période.
2. Considérons la fonction g définie sur l’intervalle [0, 2π] et à valeurs réelles, donnée par
g(x) = λ + cos(x) − sin(x). Montrer√que la fonction g√a un minimum et un maximum dans
l’intervalle [0, 2π]. En déduire que λ − 2 ≤ g(x) ≤ λ + 2 pour tout x ∈ [0, 2π].
√ √
3. Pour λ ≤ − 2 ou λ ≥ 2, montrer que la fonction f est dérivable sur l’intervalle [0, 2π].
√ √
4. Pour − 2 < λ < 2, montrer qu’il existe un nombre x0 , 3π/4 < x0 < 7π/4, tel que g(x0 ) = 0.
Étudier la dérivabilité de f en x0 .
5. En déduire les valeurs de λ pour lesquelles la fonction f est dérivable sur R.

Exercice 4. Les parties A. et B. sont indépendantes.


1−z 1
• A. Soient z1 et z2 deux nombres complexes donnés par z1 = a + bi et z2 = 1+z 1 , où a et b sont
des réels et z 1 désigne le conjugué du nombre complexe z1 .
1. Écrire le nombre z2 sous la forme z2 = m + ni, avec m et n des réels à déterminer.
2. Déterminer aussi les parties réelles et imaginaires des nombres complexes (z1 − z2 ) et z22 .
3. Trouver les nombres complexes z1 tels que (z1 − z2 ) et z22 soient des nombres réels.
• B. Considérons les fonctions f et g, définies sur R et à valeurs réelles, données par

 −1, si x < 0,
f (x) = 0, si x = 0, et g(x) = x2 − 4x + 4, x ∈ R.
1, si x > 0,

1. Calculer les fonctions composées f ◦ g et g ◦ f définies sur R et à valeurs réelles.


2. Étudier la continuité sur R des fonctions composées f ◦ g et g ◦ f .

Exercice 5. On sait que, dans une population donnée, une personne a une certaine maladie M avec la
probabilité P(M ) = 0, 03. On considère un groupe de 100 sujets pris au hasard dans la population. L’état
de maladie d’une personne est supposé indépendant de celui des autres personnes.
1. On s’intéresse d’abord à la probabilité de trouver plus de 2 sujets ayant la maladie M dans ce
groupe de 100 sujets. Écrire cette probabilité à l’aide d’une variable aléatoire X.
2. Quelle loi suit cette variable aléatoire X ? Pour k un entier positif, donner l’expression de la pro-
babilité P(X = k), en précisant quelles sont les valeurs possibles de k.
3. Notons par F la fonction de répartition de la variable aléatoire X. Calculer F (2).
4. En déduire la probabilité demandée, c’est-à-dire la probabilité de trouver plus de 2 sujets ayant la
maladie M dans le groupe de 100 sujets.
5. Calculer aussi le nombre moyen des personnes présentant la maladie M dans le groupe de 100
sujets.

ITSA2009 223
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL

AVRIL 2009

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Mihaly Csikszentmihalyi dont le titre est « Mieux
vivre en maîtrisant votre énergie psychique » paru aux éditions Réponses
chez Robert Laffont en février 2005. Il doit être résumé en 250 mots, plus ou
moins 10%.

Il sera tenu compte de l’orthographe, de la ponctuation, et de la présentation


de votre écrit.

Bienfaits et risques des loisirs

Il semble un peu ridicule d’affirmer que le temps libre constitue un problème


parce que nous n’avons pas appris à l’employer intelligemment. C’est pourtant
une inquiétude fréquemment exprimée depuis le milieu du XXe siècle. Pour diverses
raisons, nous en sommes arrivés à dire que le temps libre était l’une des aspirations
les plus fortement ancrées dans l’homme. Le travail apparaît comme un
mal nécessaire et l’absence de toute activité comme la voie royale vers le
bonheur. On pense généralement que profiter de son temps libre ne nécessite aucun
savoir-faire, que tout le monde en est capable.

Or les faits prouvent le contraire : il est plus difficile de bien profiter de ses
loisirs que de son travail. En soi, le temps libre ne rend pas la vie plus belle, à moins
que l’on ne sache en tirer parti, et cela ne s’apprend pas tout seul.

A la fin du XIXe siècle, le psychanalyste hongrois Sàndor Ferenczi


remarquait déjà que le dimanche, ses patients avaient des crises d’hystérie et de
dépression plus nombreuses que les autres jours de la semaine. Il a appelé ce
syndrome « névrose dominicale ». Depuis, on a constaté que les troubles mentaux
se manifestent plus fréquemment pendant les vacances et les jours fériés. La retraite
pour ceux qui se sont fortement identifiés à leur travail annonce souvent une période
de dépression chronique.

ITSA2009 224
Nos propres recherches avec la méthode ESM (1), nous ont permis de
constater que même la santé physique s’améliore dès que la personne est tendue
vers un but. Pendant les week-ends, la solitude et le désœuvrement révèlent plus de
symptômes qu’à l’ordinaire.

Tous ces éléments tendent à prouver que l’individu moyen est mal équipé
pour l’oisiveté. Sans but, sans la présence de ses semblables, il perd motivation et
concentration. Son esprit s’évade et la plupart du temps, il finit par ruminer des
problèmes insolubles, facteurs d’anxiété. Afin d’éviter d’en arriver là, la plupart des
gens recourent à des stimulations qui limitent l’entropie psychique (2). Sans en être
nécessairement conscients, ils recherchent tout ce qui est susceptible de faire
barrage à l’anxiété : regarder la télévision, s’adonner au jeu, multiplier les rencontres
sexuelles, se saouler ou se droguer. Ce type de stratégies qui apaise rapidement le
chaos de la conscience, ne laisse la plupart du temps qu’un vague sentiment
d’insatisfaction.

De toute évidence, l’évolution de notre système nerveux l’a rendu capable de


répondre aux signaux extérieurs, mais n’est pas allée jusqu’à l’adapter à de longs
intervalles de temps dénués d’obstacles ou de dangers.

Au cours de l’Histoire, peu de gens ont appris à structurer leur énergie


psychique par eux-mêmes, de l’intérieur. Dans ces bienheureuses sociétés où les
hommes avaient beaucoup de temps libre, des pratiques culturelles élaborées
étaient mises en place pour occuper l’esprit. Cycles complexes de rituels,
cérémonies, danses et tournois pouvaient durer plusieurs jours ou plusieurs
semaines – les Jeux Olympiques, notamment, qui commencèrent à l’aube de notre
Histoire. Et si tous les villages n’offraient pas des activités religieuses ou artistiques,
ils permettaient au moins de se livrer à de longues et joyeuses palabres ; assis sous
le plus bel arbre de la place du village, les hommes qui n’avaient rien d’autre à faire
fumaient la pipe, mâchonnaient des feuilles ou des fruits légèrement hallucinogènes
tout en discutant de sujets divers.

…/… Ces méthodes permettent effectivement de limiter le chaos dans la


conscience, mais jusqu’à un certain point seulement, mais elles contribuent rarement
à améliorer la qualité de l’expérience vécue. Comme nous l’avons vu plus haut,
les êtres humains se sentent mieux lorsqu’ils s’appliquent à relever un défi, résoudre
un problème ou découvrir quelque chose de nouveau.

La plupart des activités qui produisent le flux (3) se définissent par un but
clair, des règles précises et une rétroaction immédiate – données extérieures qui
concentrent l’attention et font appel au savoir-faire.

Or, dans le domaine des loisirs, ces conditions sont justement celles qui
manquent le plus souvent. Certes, les gens qui s’adonnent à un sport, à une activité
artistique ou à un violon d’Ingres y retrouvent les éléments indispensables au flux.
Mais la simple situation de liberté, quand rien de particulier ne sollicite l’attention,
provoque le contraire de l’expérience optimale : l’entropie psychique qui procure un
sentiment d’indifférence et d’apathie.

ITSA2009 225
Toutes les activités de loisirs ne se ressemblent pas. On peut déjà établir
une différence entre les loisirs actifs et les loisirs passifs dont les effets
psychologiques ne sont pas les mêmes. Les adolescents américains par exemple,
ont des expériences-flux (définies comme des défis importants requérant un savoir-
faire maximal) environ 13% du temps où ils regardent la télévision, 34% du temps où
ils font quelque chose qu’ils aiment et 44% du temps où ils jouent ou font du sport.

Cela suggère que les violons d’Ingres ont deux fois et demie plus de chance
de provoquer un état de plaisir intense que la télévision, les jeux et les sports à peu
près trois fois plus. Pourtant, ces mêmes adolescents passent au moins quatre fois
plus de temps à regarder la télévision qu’à se livrer à leur activité favorite. Et la
proportion est la même chez les adultes.

Pourquoi passons-nous quatre fois plus de temps à faire quelque chose qui a
deux fois moins de chances de nous donner du plaisir ?

Quand nous posons la question aux participants à nos études,


une explication cohérente commence à se dessiner. L’adolescent type admet qu’il
est plus heureux en faisant de la bicyclette, une partie de basket-ball ou en jouant du
piano qu’en traînant avec ses copains ou en regardant la télévision.

Mais, organiser une partie de basket demande du temps – il faut se changer,


réunir l’équipe. Avant d’éprouver du plaisir en jouant du piano, il faut faire au moins
une demi-heure d’exercices ennuyeux. Autrement dit, chacune des activités
productrices de flux nécessite un investissement de départ avant d’être gratifiante.
Il faut commencer par s’échauffer avant de goûter au plaisir d’une activité complexe.
Quand on se sent trop fatigué, anxieux ou paresseux pour franchir l’obstacle
préliminaire, il faut se contenter d’activités moins agréables mais plus accessibles.

C’est là qu’interviennent les activités de loisirs passifs. Traîner avec des


copains, lire un livre facile ou allumer un téléviseur n’implique pas une dépense
d’énergie préalable importante et n’exige ni savoir-faire ni concentration. C’est
pourquoi la consommation de loisirs passifs devient trop souvent l’option principale
des adolescents, mais également des adultes.

Il apparaît dans nos études que les loisirs actifs ou sociaux – sports et jeux,
violons d’Ingres, fréquentation des amis – procurent plus d’expériences-flux que les
activités solitaires et moins structurées – réfléchir, écouter de la musique, regarder la
télévision.

On constate également que les activités productrices de flux, plus difficiles,


plus exigeantes, déclenchent parfois l’anxiété, alors que les trois activités passives la
provoquent rarement ; elles contribuent au contraire à un état de relaxation et
d’apathie.

En consacrant son temps libre à des loisirs passifs, on n’éprouvera pas de


grandes satisfactions, mais on évitera aussi de trop s’impliquer. C’est apparemment
la solution qui plaît au plus grand nombre.

ITSA2009 226
Je ne prétends pas que la relaxation soit mauvaise en soi. Tout le monde a
besoin de se détendre, de lire n’importe quoi, de rester vautré sur un canapé les
yeux dans le vide ou fixés sur un écran de télévision. Comme pour tous les autres
aspects de l’existence, c’est une question de dosage.

Les loisirs passifs ne posent problème que s’ils constituent la principale – ou


l’unique – forme de loisir. Car avec le temps, ils finissent par avoir des conséquences
décisives sur la qualité de la vie dans son ensemble. Les gens qui passent leur
temps libre à jouer de l’argent, par exemple, peuvent se retrouver prisonniers d’une
habitude qui interfère avec leur métier, leur famille et finalement leur propre bien-
être. Ceux qui regardent la télévision plus souvent que la moyenne ont aussi
tendance à avoir des métiers moins intéressants et des relations médiocres.

Une vaste étude réalisée en Allemagne a montré que plus les individus
lisaient des livres, plus ils avaient d’expériences-flux, alors que ceux qui regardaient
la télévision disaient le contraire.

De telles corrélations n’impliquent pas, bien sûr, que l’habitude des loisirs
passifs détermine la médiocrité de l’emploi, des relations, etc. Il est plus probable
que le lien causal soit inverse : les solitaires exerçant des métiers sans intérêt
consacrent volontiers leur temps libre à des loisirs passifs. Ou bien : ceux qui ne
trouvent pas à vivre d’expérience optimale se tournent vers des activités faciles.

Mais, dans la vie, la causalité est généralement circulaire : ce qui a


commencé par être un effet devient finalement une cause. Un parent abusif peut
obliger son enfant à adopter un système de défense fondé sur l’agressivité
réprimée ; lorsque l’enfant a grandi, c’est ce style de défense qui risque de l’inciter à
devenir lui-même un parent abusif.

De la même façon, l’habitude des loisirs passifs n’est pas simplement l’effet
de problèmes préalables, mais devient à son tour une cause qui coupe l’individu des
choix qu’il aurait pu faire pour améliorer sa vie.

.../… Il n’est pas nécessaire d’avoir une personnalité extraordinaire pour


occuper son temps libre de façon créative. Tous les arts et artisanats traditionnels –
chansons, tissage, poterie, sculpture, qui confèrent à chaque culture son cachet
propre – sont nés grâce à la volonté de gens ordinaires d’exprimer leur savoir-faire
pendant les heures qui n’étaient pas consacrées au labeur.

On a du mal à imaginer ce que serait notre monde si nos ancêtres s’étaient


contentés de loisirs passifs au lieu de voir dans leur temps libre une occasion
d’explorer le savoir et la beauté.

Actuellement, environ 7% des énergies non renouvelables que nous utilisons


– électricité, essence, papier et produits métalliques – servent essentiellement aux
loisirs. Construction et entretien de terrains de golf, impression de magazines, trajets
en avion vers des destinations de vacances, production et distribution d’émissions de
télévision, fabrication et utilisation de hors-bord et de scooters des mers épuisent
une bonne partie des ressources de notre planète.

ITSA2009 227
Et il semble ironiquement que le bonheur et la satisfaction que nous retirons
de nos loisirs n’aient aucune relation – ou alors une relation négative – avec la
quantité d’énergie matérielle consommée.

Les activités qui requièrent un savoir-faire, des connaissances ou des


émotions, c’est-à-dire notre énergie psychique, sont tout aussi gratifiantes que celles
qui nécessitent des équipements lourds et une source d’énergie extérieure.
S’entretenir avec quelqu’un, jardiner, lire de la poésie, travailler bénévolement ou
apprendre quelque chose de nouveau n’épuise aucune ressource naturelle et donne
au moins dix fois plus de plaisir que des activités qui consomment dix fois plus
d’énergie.

De même que la qualité d’une vie individuelle dépend dans une large mesure
de l’utilisation du temps libre, la qualité d’une société résulte de la manière dont ses
membres occupent leurs loisirs.

Les quartiers riches peuvent donner une impression de fadeur déprimante


parce qu’on se dit que derrière ces splendides façades dressées sur des pelouses
impeccables personne ne fait rien d’intéressant.

Dans certains pays, même en parlant avec l’élite de la société, on a


l’impression qu’en dehors de l’argent, de la famille, de la mode, des vacances et des
commérages, il n’y a pas grand-chose qui retienne l’attention des gens.

A l’inverse, dans d’autres régions du monde, on trouve encore des retraités


amoureux de la poésie classique qui collectionnent de vieux livres, des fermiers qui
jouent d’un instrument de musique ou écrivent l’histoire de leur village, préservant
ainsi les plus belles créations du passé et les enrichissant.

Nous avons vu que les habitudes de loisirs au niveau social et au niveau


personnel agissent autant comme causes que comme conséquences. Lorsque le
style de vie d’un groupe social devient obsolète, lorsque le travail se transforme en
une routine ennuyeuse et que les responsabilités de la communauté perdent leur
signification, on peut prévoir que les loisirs vont prendre une importance accrue.

Et si une société devient trop dépendante de ses distractions, on peut prévoir


qu’elle n’aura plus assez d’énergie psychique pour relever les défis technologiques et
économiques qui ne vont pas manquer de se présenter.

Il peut paraître contradictoire de signaler les dangers de l’industrie des loisirs


à une époque où elle est si florissante aux Etats-Unis. Musique, cinéma, mode et
télévision rapportent des masses de devises du monde entier. Les boutiques de
vidéo poussent comme des champignons à tous les coins de rue et réduisent le
nombre de chômeurs. Nos enfants prennent pour modèles des célébrités
médiatiques, et notre esprit déborde d’informations sur les faits et gestes des stars
du cinéma ou du sport.

ITSA2009 228
Comment toutes ces belles choses pourraient-elles être nuisibles ? Si nous
les évaluons du seul point de vue financier, il n’y a rien à redire. Mais si nous tenons
compte des conséquences à long terme du consumérisme pratiqué par les jeunes
générations « accros » à des loisirs passifs, il y a effectivement lieu de s’inquiéter.

Comment éviter le danger que constitue la polarisation de nos vies autour


d’un travail dénué de signification parce que forcé et de loisirs dénués de signification
parce que inutiles ?

L’une des issues possibles nous est indiquée par l’exemple des individus
créatifs évoqués précédemment.

Pour eux, travail et loisirs sont indissociables, comme ils le sont pour les
membres de certaines communautés traditionnelles. Mais les individus créatifs ne
sont pas enfermés dans une époque révolue. Ils mettent à profit les connaissances
héritées du passé et celles du présent pour inventer une meilleure façon d’être dans
le futur.

Dans la mesure où nous pouvons nous inspirer de leur exemple, il n’y a rien
à craindre des loisirs. Le travail lui-même devient un plaisir et quand on a besoin de
s’arrêter, le temps libre peut être une véritable recréation au lieu d’un abrutissement
programmé.

Si le métier qu’on exerce ne peut être amélioré, il faut faire de son temps
libre une réelle occasion de vivre des expériences optimales – d’explorer son être et
tout ce qui l’entoure.

Par chance, le monde regorge de choses intéressantes à faire. Les seuls


obstacles sont le manque d’imagination ou d’énergie. Sans cela, chacun d’entre nous
est capable d’être poète, musicien, inventeur, explorateur, savant amateur, artiste ou
collectionneur.

(1) Experience Sampling Method qu’on peut traduire : « échantillons de vécu » est la
méthode scientifique utilisée par l’auteur sur un large échantillon de personnes
pour réaliser son étude.
(2) entropie : dégradation, perte de l’énergie
(3) flux : moments exceptionnels - plaisir intense

ITSA2009 229
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2010

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note strictement


inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de l’exercice n° 1 étant
notée sur 1 point).

Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.

Dans tous les exercices, R désigne l’ensemble des nombres réels.

Exercice n° 1

1. Calculer la limite, si elle existe, de la suite (u n ) définie par u n  n(e1 / n  1) .

1
2. Calculer I   (2 x  1) 2 dx
0

3. Résoudre le système :

 x 2  y 2  20

( x  2 y )( x  y )  28
 x0

dans l’ensemble des nombres réels.

ITSA2010 231
4. Trouver, dans R 3 , un vecteur orthogonal au vecteur u (1, 2, 3) et dans le plan
d’équation : x  y  z  0 .

5. Paul a 4 ans de plus que Pierre et 2 ans de moins que Jacques. A eux trois, ils totalisent
70 ans. Quel est l’âge de Pierre ?

6. Quelle est la dérivée de x Arctgx au point x   / 4 ?

7. Laquelle de ces affirmations est-elle exacte (pour des fonctions numériques d’une variable
réelle) ?
a. Toute fonction dérivable à droite et à gauche en un point est dérivable en ce point.
b. Toute fonction continue est dérivable.
c. La dérivée d’une fonction dérivable est continue.
d. Il existe des fonctions définies sur tout R et continues en aucun point.

8. Un groupe d’entreprises possède 3 usines. Dans la première, le salaire moyen est de 100,
dans la deuxième de 120 et dans la troisième de 90. Sachant que la moyenne des salaires dans
ce groupe est de 104, qu’il y a 10 salariés dans la première usine et 20 salariés dans la
deuxième, quel est l’effectif salarié de la troisième usine ?

9. Ecrire le nombre suivant x, ayant un développement décimal infini et périodique, sous la


forme d’une fraction rationnelle : x = 2,356356356…

x 1
10. Trouver une primitive de la fonction f définie, pour x>1, par f ( x )  .
x 1

Exercice n° 2

Soit la fonction f n définie sur l’ensemble des nombres réels par :

n 2 x 2  2(n  1) x  1
f n ( x) 
x 1

1. Résoudre l’équation f n ( x)  0 selon les valeurs du paramètre réel n.

cn
2. Montrer que l’on peut exprimer f n ( x) sous la forme f n ( x)  a n x  bn  ;
x 1

on explicitera les termes : a n , bn et c n .

1
3. Soit I n   f n ( x) dx . Calculer I 0 , I 1 , I 2 .
0

ITSA2010 232
4. Calculer l’aire comprise entre les graphes de f 0 et f1 , et les axes verticaux d’équation
x  0 et x  1 .

In
5. Calculer Lim
n  n

6. Tracer le graphe de la fonction f1 .

7. Montrer que le graphe de la fonction f1 admet un point de symétrie.

Exercice n° 3

1
x2
1. Calculer 
0 1 x
dx

2. Calculer la limite suivante :


n
k k
Lim  2
Log (1  )
n n
k 1 n

Exercice n° 4

Soit f une application numérique d’une variable réelle.

On rappelle que f est convexe si et seulement si pour tout couple ( x, y ) de nombres réels et
tout nombre réel  compris entre 0 et 1, on a :

f (x  (1   ) y )  f ( x )  (1   ) f ( y )

On dit que f est quasi-convexe si et seulement si pour tout couple ( x, y ) de nombres réels et
tout nombre réel  compris entre 0 et 1, on a :

f (x  (1   ) y )  Sup ( f ( x ), f ( y ))

1. Montrer que toute fonction convexe est quasi-convexe.

2. Donner un exemple de fonction quasi-convexe et non convexe.

3. Donner un exemple de fonction quasi-convexe, concave et non convexe.

ITSA2010 233
Exercice n° 5

ex
On considère la fonction f définie sur R par : f ( x) 
x2 1

1. Etudier les variations de la fonction f .

2. Etudier la convexité de f.

3. Donner l’allure du graphe de la fonction f .

Exercice n° 6

x
Soit la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par : f ( x)  , où E(x)
1  E ( x)
désigne la partie entière de x.

1. Quel est le domaine de définition de f ?

2. Etudier la continuité de f.

3. Soit g la fonction indicatrice des nombres rationnels (Q), à savoir :

 1 si x  Q
g ( x)  
 0 si x  R  Q

Soit h( x )  f ( x )  g ( x ) . Etudier la continuité de h.

ITSA2010 234
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2010

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

"Permettre au mécanisme du marché d'être l'unique directeur du sort des êtres humains et de
leur environnement naturel aurait pour résultat la démolition de la société."
Karl Polanyi (1886-1964), La grande transformation, 1944.
En quoi cette phrase du philosophe et historien de l’économie Karl Polanyi, vous paraît-elle
pouvoir s’appliquer à la situation actuelle ?

Sujet n° 2

Face au changement climatique, quels rôles peuvent jouer les états africains dans la gestion
durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement ?

Sujet n° 3

Les principaux pays émergents, Brésil, Russie, Inde et Chine (BRIC), auxquels on ajoute
parfois l’Afrique du Sud et le Mexique, ont un poids croissant dans l’économie mondiale.
Quels rôles peuvent jouer ces pays – en particulier, certains d’entre eux – dans le
développement de l’Afrique ? Vous illustrerez votre propos d’exemples concrets.

ITSA2010 235
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2010

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

2ème COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice n° 1

1 1
Soit f la fonction numérique d’une variable réelle définie par : f ( x)   .
x x 1

1. Etudier les variations de f.

2. Tracer le graphe de f.
x
3. Calculer Lim  f (t ) dt et interpréter le résultat.
x  
1

Exercice n° 2

Soit la suite (t n ( )) définie, pour tout   0 , par :

n k 1
1
t n ( )    dx
k 1 k x

1. Calculer t n ( ) en fonction de n et selon les valeurs de  .

2. Calculer Lim t n ( )
n

3. Interpréter géométriquement t n ( ) .

4. Soit la suite (u n ( )) définie, pour tout   0 , par :


n
1
u n ( )   
k 1 k

Etudier la convergence de la suite (u n ( )) selon les valeurs de  .

ITSA2010 236
5. Trouver un encadrement de la limite de (u n ( )) quand elle existe.

6. Interpréter géométriquement u n ( ) .

Exercice n° 3

Deux assurances automobiles proposent chacune un contrat (A et B). On dispose des données
suivantes :

- Un quart des conducteurs a choisi le contrat A. Un cinquième le contrat B (les autres


conducteurs ayant souscrit des contrats dans d’autres compagnies).
- Lors d’une enquête sur les conducteurs, on constate que sur 1000 conducteurs
responsables d’un accident de la route, 160 ont souscrit le contrat A et 120 le contrat
B.

On choisit un conducteur au hasard dans la population et on note :

R = « le conducteur est responsable d’un accident »


et
C = « le conducteur a souscrit un contrat A ou B »

On appelle « indicateur d’efficacité » d’un contrat le réel :

PC ( R) Probabilité qu' un conducteur responsable ait souscrit un autre contrat


 
PC ( R) Probabilité qu' un conducteur responsable ait souscrit un contrat A ou B

Calculer  pour chacun des deux contrats. Que peut-on en conclure ?

Exercice n° 4

Soit n un entier naturel non nul. On considère l’équation ( E n ) : x n  x  1  0

1. Montrer qu’il existe une unique solution positive de ( E n ) , notée x n , et calculer sa


limite quand n tend vers   .

2. On pose u n  1  xn . Montrer que pour n assez grand, on a :

Ln n Ln n
 un  2
2n n

(On peut poser f n (u )  n Ln(1  u )  Ln u , où Ln désigne le logarithme népérien).

ITSA2010 237
Problème

Soit g une fonction numérique d’une variable réelle qui vérifie : g ( x  y )  g ( x )  g ( y ) pour
tout couple ( x, y ) de nombres réels.

1. Montrer que g est impaire.

2. Calculer g (nx) en fonction de n (entier naturel) et de g (x ) .

3. Calculer g (ax) en fonction de a (nombre rationnel) et de g (x ) .

4. En supposant que g est continue, expliciter g (x ) .

5. Soit f une application continue de R dans C (ensemble des nombres complexes) telle que :

f ( x )  exp( 2ig ( x ))

Montrer que f ( x  y )  f ( x )  f ( y ) pour tout couple ( x, y ) de nombres réels.

6. Calculer f (0) .

7. Montrer que f est dérivable.

8. Donner l’expression analytique de f.

ITSA2010 238
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2010

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

CONTRACTION DE TEXTE
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Richard Branson dont le titre est : « Du capitalisme à l’écologie…
Ma petite philosophie » paru aux éditions Scali en février 2008.

Il doit être résumé en 250 mots, plus ou moins 10%.

Il sera tenu compte de l’orthographe, de la ponctuation, et de la présentation de votre


écrit.

Lors de mes débuts dans la vie, les perspectives étaient moins incertaines
qu’actuellement. Votre carrière était toute tracée et c’était souvent celle de votre père.
La plupart des mères restaient à la maison. De nos jours, plus rien n’est sûr et la vie est un
long combat. Si vous voulez arriver quelque part, vous devez faire des choix. La meilleure
leçon que j’ai tirée de tout cela, c’est « Just do it ». Fais-le sans te poser de questions.
Peu importe de quoi il s’agit, peu importent les difficultés apparentes. Comme l’a dit
Platon : « Le début est la partie la plus importante de n’importe quel travail. »

Un voyage de plusieurs milliers de kilomètres commence toujours par le premier pas.


Si vous tentez déjà d’apercevoir l’arrivée et cette immense distance qui vous en sépare, avec
tous les dangers que vous devrez affronter, vous ne ferez peut-être jamais ce premier pas.
Et peu importe ce que vous voulez réaliser dans votre vie, si vous ne faites pas ce premier
effort, vous n’atteindrez jamais votre but. Alors faites le premier pas. Il y aura beaucoup de
défis à relever. Parfois, vous vous retrouverez au tapis, mais à la fin, soyez sûr que vous
réussirez. Bonne chance.

L’équipe de Virgin (1) m’a trouvé un surnom : « Dr Yes » (Dr Oui). Ils m’appellent
ainsi car je ne dis jamais non. Je trouve toujours de meilleures raisons de faire les choses
plutôt que de ne pas les faire. Mon credo est : « On s’en fout ! On le fait ! »

Je sais que beaucoup de gens disent « non » ou « je vais réfléchir », presque comme
une réponse pavlovienne à toute question, qu’il s’agisse d’un petit problème ou d’un projet
énorme et révolutionnaire. Peut-être sont-ils très prudents ou se méfient-ils des idées
nouvelles, ou ont-ils simplement besoin d’un peu de temps pour réfléchir. Mais ce n’est pas
ma façon de voir les choses. Si quelque chose me semble être une bonne idée, je vais
dire « oui, pourquoi pas » puis voir comment on peut mettre ce projet en route. Evidemment,
je ne dis pas oui à tout, mais qu’est ce qui est pire, commettre une erreur occasionnelle ou
avoir l’esprit fermé et passer à côté d’opportunités ?

ITSA2010 239
Je crois qu’il faut savoir utiliser et exploiter l’expérience des autres, c’est pourquoi
j’aime travailler en équipe. Exploiter les énergies, c’est comme exploiter des ressources
intellectuelles. Quel intérêt d’exploiter quelqu’un pour une tâche particulière si l’on ne tient
pas compte de son expérience et de ses capacités ? C’est comme si on consultait des experts
tout en ignorant leurs conseils.

J’ai également foi en mon instinct et en mes capacités à accomplir presque tout ce
que je décide d’entreprendre. Si une idée ou un projet sont bons et valent la peine, s’il est
humainement possible de les accomplir, je les envisagerai toujours sérieusement, même s’il
s’agit d’un domaine tout nouveau pour moi ou qui ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je ne dirai
jamais : « Je ne peux pas le faire car je ne sais pas comment le faire. ». Je demanderai, je ferai
des recherches, je trouverai un moyen. Regarder, écouter, apprendre, sont des choses que
nous devrions faire tout au long de notre vie, pas seulement à l’école.

Et puis il y a toutes ces petites règles absurdes que quelqu’un a inventées pour des
raisons obscures. Je me dis toujours que si on crée un panel ou un comité, ils trouveront
toujours quelque chose d’inutile à faire. Le monde est plein de bureaucratie créée par des
comités qui ont beaucoup trop de temps à perdre et un trop grand besoin de tout contrôler.
Toute cette bureaucratie se traduit souvent par un jargon inutile et incompréhensible. Si je
désire me lancer dans un projet sérieux ou juste pour le plaisir, je ne vais pas laisser des règles
absurdes m’en empêcher. Je trouverai un moyen légal de passer outre et j’irai de l’avant.
Je dis toujours à mes employés : « Si tu veux le faire, vas-y, fonce. » Tout le monde est
gagnant. Le travail et l’équipe sont valorisés, et c’est Virgin qui bénéficie de leur mise en
œuvre. Les gens ne démissionnent pas parce qu’ils sont mal payés, ils démissionnent car ils
ne sont pas valorisés. Nombreuses sont les compagnies qui mettent leurs employés dans des
cases ; si vous êtes standardistes, vous le resterez. Nous avons de l’estime pour nos employés
et nous les encourageons à être novateurs.

Je ne crois pas que ces petits mots, « on ne peut pas » doivent vous arrêter. Si rien
dans ce que vous avez déjà vécu ne vous montre comment atteindre votre but, trouvez un
moyen inédit. Si vous voulez piloter un avion, dès que vous avez seize ans, foncez à
l’aérodrome le plus proche et préparez le thé pour les pilotes. Gardez vos yeux ouverts.
Regardez et apprenez. Pas besoin d’avoir été à l’école pour devenir un créateur de mode.
Faites-vous embaucher par une entreprise de ce secteur pour passer le balai. Et puis gravissez
les échelons.

Ma mère Eve est l’exemple parfait de cette attitude volontaire. Pendant la guerre, elle
voulait à tout prix devenir pilote. Elle s’est rendue à l’aéroport d’Heston et a postulé pour un
boulot. Ma mère qui était très jolie avait été danseuse. Elle était vraiment très féminine, mais
ce n’était pas un obstacle pour elle. Elle a enfilé un gros blouson d’aviateur, a caché ses
cheveux blonds sous une casquette de cuir et s’est efforcée de parler avec une voix grave.
Et finalement, elle a obtenu le boulot qu’elle convoitait. Par la suite elle a appris à piloter et
s’est même retrouvée chargée de la formation des jeunes pilotes, ceux-là même qui allaient
combattre les Allemands aux commandes d’avions de chasse pendant la Bataille
d’Angleterre.

Après la guerre, elle a voulu devenir hôtesse de l’air. A l’époque il fallait parler
espagnol et avoir une formation d’infirmière. Mais ma mère a baratiné le veilleur de nuit qui a
inscrit son nom sur la liste des candidates. Peu après, elle est devenue hôtesse de l’air. Elle ne
parlait pas un mot d’espagnol et n’avait jamais été infirmière. Mais elle avait fait fonctionner
ses petites cellules grises. Elle ne s’était pas dit : « Je ne peux pas. » Elle l’avait fait tout
simplement.

ITSA2010 240
Et ma mère n’est pas la seule personne de la famille qui s’est dit un
jour : « on fonce. » Le célèbre explorateur, le capitaine Robert Scott, était le cousin de mon
grand-père. C’était un homme d’un grand courage.

Il a organisé deux expéditions vers l’Antarctique. Son but était de devenir le premier
homme à atteindre le pôle Sud. Les gens lui assuraient que c’était impossible. Mais lui était
sûr du contraire : « Je peux le faire » a-t-il dit. Et il a presque réussi. Il a atteint le pôle Sud
mais en deuxième position, juste derrière Roald Amundsen. Ce fut une très grande déception
pour Scott. Il est mort pendant le trajet du retour. Quand j’entends dire qu’il n’y a pas de
récompense pour les seconds, je pense à lui. Il est devenu célèbre en étant le deuxième
homme à atteindre le pôle Sud. Il a aussi été le premier à survoler l’Atlantique en ballon, mais
les gens ont oublié cet exploit.

J’ai lancé Student magazine à l’âge de quinze ans. J’étais encore à l’école et tout le
monde soutenait que c’était irréalisable. J’étais trop jeune, disait-on, je n’avais aucune
expérience. Mais j’ai voulu leur prouver qu’ils avaient tort. J’étais sûr que c’était possible.
J’ai calculé avec soin le montant des investissements nécessaires. J’ai estimé les coûts du
papier et de l’encre. Puis, j’ai calculé combien allaient me rapporter les ventes au numéro et
les espaces publicitaires. Ma mère m’a donné 4 livres (environ 7 euros) pour acheter des
timbres. Avec mon camarade de lycée, Jonny Gem, nous avons passé presque deux années
pour envoyer des centaines de lettres pour essayer de vendre des espaces publicitaires.
Nous tentions aussi d’obtenir des interviews de personnalités. Ecrire ce courrier et attendre
les réponses, était bien plus drôle que les cours de latin. J’ai été bouleversé quand nous avons
reçu notre premier chèque pour la vente d’un espace publicitaire : 250 livres (environ
350 euros), une somme, à nos yeux, faramineuse. Ma foi avait été récompensée.

Je vais m’attarder un peu sur ma première vraie aventure commerciale, le magazine


Student, car il me semble que ma méthodologie était bonne et que c’est un bon exemple de
mon état d’esprit fonceur. J’ai lancé Student à l’âge de quinze ans alors que j’étais encore
scolarisé au pensionnat Stowe. Je ne l’ai pas fait dans le but de gagner de l’argent, mais pour
le simple plaisir de publier un magazine. Je n’aimais pas les méthodes pédagogiques de mon
école, l’actualité mondiale m’inquiétait et je voulais en parler. Une des raisons principales de
la création du magazine était de pouvoir exprimer mon point de vue sur la guerre du Vietnam.
En 1965, sous la présidence de Lyndon B. Johnson, un grand nombre de troupes américaines
ont commencé à arriver, et les journaux décrivaient les bombardements de routes et de villes
au nord du Vietnam. Des défoliants chimiques (2) étaient aspergés un peu partout depuis des
avions. Tout cela semblait inutile et injustifié.

Comme bien d’autres entrepreneurs novices, je ne voyais pas mon idée comme un
vrai business mais plutôt comme un projet politique sympathique et novateur. Pour moi,
les hommes d’affaires travaillaient dans le centre ville, fumaient des gros cigares et portaient
des costumes. Ça ne m’était même pas venu à l’esprit qu’il existait des hommes d’affaires de
toutes sortes, car jusqu’à présent, ils suivaient généralement un chemin tout tracé. J’avais déjà
essayé de me lancer dans les affaires en essayant de vendre des lapins, des perruches et des
sapins de Noël. Pour lancer le magazine, il y a eu beaucoup de tâtonnements au départ ;
il est vrai que je n’étais encore qu’un jeune lycéen. J’ai tout de même eu le réflexe de préparer
un plan d’activités précis, la base de toute jeune entreprise. Le personnage de Charles Dickens

ITSA2010 241
dans David Copperfield, Mr Micawber, avait raison quand il a dit : « Revenu annuel,
vingt livres sterling ; dépense annuelle, dix-neuf livres ; résultat : bonheur. Revenu annuel,
vingt livres sterling ; dépense annuelle, vingt livres et six pence ; résultat :
misère. » Mes parents étaient de bons gestionnaires de leurs revenus, je savais que ceux-ci
devaient être supérieurs aux dépenses. Le profit devrait être le but principal de toute
entreprise, même si l’on s’amuse à la mettre en œuvre. Un business sans profit est une prise
de tête, une source de stress et une folie sur le plan fiscal.

(…/…) Chaque fois qu’une opportunité se présentait, nous la saisissions. Nous avons
été les premiers à vendre des disques à moitié prix par correspondance. Nous avons annoncé
ce premier service par un encart publicitaire dans Student. Lorsqu’une grève de la poste est
venue contrarier notre projet, nous avons décidé de changer notre fusil d’épaule en renonçant
à la vente par correspondance. Mais, il n’était pas question d’abandonner. Notre but était
d’ouvrir des boutiques de disques. Une seule chose nous manquait : l’argent. Aussi nous
avons demandé au propriétaire d’un magasin de chaussures de nous louer une partie de ses
locaux inutilisés. Nous avons travaillé dur pour assurer la promotion de l’ouverture de notre
nouvelle boutique. Elle est devenue un endroit « cool » fréquenté par de nombreux étudiants.
Et cette première boutique a mené à l’ouverture d’une seconde puis d’une troisième. En très
peu de temps, nous avons ouvert une boutique dans presque toutes les grandes villes
d’Angleterre. Et je n’avais pas encore vingt ans. L’argent coulait à flot, mais il n’était pas
question de nous endormir sur nos lauriers. Nous avions mis dans le mille, mais nous visions
encore d’autres cibles.

L’un de mes plus grands buts était, comme le capitaine Scott, de vivre pleinement
mon existence. Et quand, en 1984, on m’a proposé d’être le sponsor du navire qui allait tenter
de décrocher le Ruban Bleu pour la Grande Bretagne, j’ai accepté d’emblée.

Le Ruban Bleu récompense le record de vitesse de traversée de l’Atlantique entre les


Etats-Unis et l’Irlande. J’ai annoncé que je ferais partie de l’équipage et, dès lors, je me suis
astreint à un entraînement rigoureux. Il n’y avait qu’un seul problème : mon épouse Joan
attendait un enfant et j’avais promis d’être là le jour de la naissance. Mais la météo était
idéale : si je renonçais à partir maintenant, je laissais tomber toute l’équipe.

J’ai demandé à Joan : « Qu’est-ce que je dois faire ? Fais-le : pars », m’a-t-elle
répondu. Le bébé n’est pas attendu avant deux semaines. Tu seras rentré avant. »

Nous avons donc entamé la traversée, luttant contre les vagues à bord du Virgin
Atlantic Challenger. A la fin du premier jour, on m’a annoncé que mon fils Sam était né.
Nous avons sabré le champagne et poursuivi notre route. Le Ruban Bleu était dans la poche
jusqu’à ce que nous soyons pris dans une violente tempête au large de l’Irlande. A moins de
cent kilomètres de l’arrivée, nous avons été frappés par une vague géante. La coque du navire
s’est brisée et nous avons fait naufrage. « SOS ! SOS ! SOS ! »

Nous étions en pleine mer, au milieu d’une tempête à bord d’un petit canot de
sauvetage. Par chance, un bateau qui se dirigeait vers les Etats-Unis s’est détourné de sa route
et nous a sauvés. Nous avions échoué dans notre première tentative pour décrocher le Ruban
Bleu, mais le mot découragement ne fait pas partie de notre vocabulaire. Six ans plus tard,
j’étais de retour avec le Virgin Atlantic Challenger II.

ITSA2010 242
La course se passait bien jusqu’à ce que nous découvrions que de l’eau de mer
s’engouffrait dans les réservoirs de carburant. Le moteur s’est arrêté. Nous avons passé des
heures à nettoyer les réservoirs et à essayer de redémarrer les machines. La situation
paraissait désespérée. A la fin, les membres de l’équipage pensaient qu’il fallait abandonner.
Pour eux, c’était fini. Mais c’était notre dernière chance de gagner ce ruban. C’était
maintenant ou jamais. Il fallait que je les persuade de ne pas abandonner. Je leur ai
dit : « Allez, il faut le faire, on doit essayer. »

On avait tout tenté, nous avions les yeux rouges et nous étions épuisés. Nous avions
tous le mal de mer. On détestait le navire, on détestait l’océan. On ne souhaitait qu’une
chose : dormir pendant une semaine d’affilée.

« Il faut qu’on continue » ai-je crié, « Ok » m’ont-ils répondu, « on essaye une


dernière fois. »

On ne sait trop comment nous sommes parvenus à redémarrer les machines et à


poursuivre la traversée. Mais nous avions perdu tant de temps que continuer semblait bien
inutile. Et pourtant, nous sommes parvenus à rattraper notre retard et finalement nous avons
battu le record de deux heures et neuf minutes ! Une victoire sur le fil, mais une victoire !

(…/…) Chacun peut tirer profit de ces leçons. Peu importe ce que nous voulons être,
peu importe ce que nous voulons faire, nous pouvons réussir. Alors, foncez et faites-le.
Tout simplement.

(1) - Virgin : Groupe industriel créé par l’auteur.


(2) - Défoliants chimiques : Produits détruisant la végétation.

ITSA2010 243
INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE ÉCOLE NATIONALE DE LA STATISTIQUE
STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
ISSEA – YAOUNDÉ ENSAE – SÉNÉGAL

AVRIL 2011

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 4 heures)

Attention !

L’exercice n° 1 de la présente épreuve est obligatoire et toute note strictement


inférieure à 6 à cet exercice est éliminatoire (chaque question de l’exercice n° 1 étant
notée sur 1 point).

Globalement cet exercice n’entre toutefois que pour un cinquième dans la note
finale de cette première épreuve de mathématiques.

Exercice n° 1

2
 3x
1. Calculer, en x  1, la dérivée de : x e x

1
2. Calculer I   ( x 2  x ) dx
0

 x2 9
 
3. Résoudre le système :  y 2 4
 xy  6

n
1
4. Calculer  k (k  1)
k 1
en fonction de n.

x2 1
5. Résoudre l’inéquation : 0
x2

6. Donner l’équation de la droite dans le plan qui passe par les points A(1,1) et parallèle au
vecteur de composantes (2, -1).

ITSA2011 245
7. Laquelle de ces affirmations est-elle exacte (pour des fonctions numériques d’une variable
réelle)?
a. Toute fonction intégrable au sens de Riemann sur un intervalle fermé et borné est
continue sur cet intervalle.
b. Toute fonction continue sur un intervalle fermé et borné est intégrable au sens de
Riemann sur cet intervalle.
c. Toute fonction bornée sur un intervalle fermé et borné est intégrable au sens de
Riemann sur cet intervalle.
d. Il existe des fonctions intégrables au sens de Riemann sur un intervalle fermé et
borné qui ne sont pas bornées.

8. Quel est le capital obtenu au bout de 3 mois pour un montant de 200 Euro placé au taux
mensuel de 1% ?

9. Laquelle de ces assertions est exacte ?

a. Riemann (célèbre pour ces travaux sur l’intégrale) est né en 1926.

b. Cauchy (célèbre pour ces travaux sur les séries) est né en 1789.

c. Newton (qui partage avec Leibniz la découverte du calcul infinitésimal) est né en


1843.

d. Euler (reconnu pour ses apports tant sur les fonctions que sur la théorie des
nombres) est né en 1807.

x
10. Trouver une primitive de la fonction f définie, pour x>1, par f ( x)  .
x 1
2

Exercice n° 2

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels non nuls par :

f ( x)  x  Ln x

où Ln désigne le logarithme népérien.

1. Etudier les variations de f .

2. Tracer le graphe de f .

3. Calculer l’aire comprise entre l’axe des abscisses, les droites x  1 et x  2 ,


et le graphe de f .

On considère maintenant la fonction f m définie par f m ( x)  mx  1  Ln x , où m est un


paramètre réel strictement positif.

ITSA2011 246
4. Etudier les variations de f m .

5. Démontrer que pour tout x  0 , on a l’inégalité : Ln x  x  1 .

6. On donne un entier n supérieur ou égal à 2 et n nombres strictement positifs a1 , a 2 , ..., a n .


On note M la moyenne arithmétique de ces nombres, G la moyenne géométrique
n 1 1 1
G  n a1  a 2  ....  a n et H la moyenne harmonique, à savoir    ...  .
H a1 a 2 an
a
Comparer G et M (on pourra appliquer la question 5 avec x  i ).
M

7. Comparer G et H .

Exercice n° 3

On considère la fonction f définie sur l’ensemble des nombres réels par :



f ( x)  x cos( ) si x est non nul et f (0)  0 .
x

1. Etudier la continuité et la dérivabilité de f .

2. Préciser l’ensemble des nombres réels x dans chacun des cas suivants :

a) f ( x )  0 b) f ( x )  x c) f ( x )   x

1
3. Calculer la dérivée première et la dérivée seconde de f pour x  .
2

1
4. Etudier la convexité de f pour x  .
2

Exercice n° 4

Une entreprise fabrique des tablettes de chocolat. Pour promouvoir la vente de son produit,
elle décide d’offrir des places pour une rencontre de football dans un dixième des tablettes
mises en vente. Parmi les tablettes gagnantes, 80% permettent de gagner une place et 20%
deux places.

Soit X la variable aléatoire égale au nombre de places gagnées par un acheteur d’une seule
tablette de chocolat.

ITSA2011 247
1. Déterminer la loi de probabilité de X.

2. Calculer l’espérance mathématique de X.

3. Un autre client achète deux tablettes de chocolat.

- Déterminer la probabilité qu’il ne gagne aucune place.


- Déterminer la probabilité qu’il gagne au moins une place.
- Déterminer la probabilité qu’il gagne exactement deux places.

4. Les résultats obtenus aux 3 questions précédentes peuvent-ils être modifiés si des
précisions sont données sur les équipes de la rencontre de football ?

Exercice n° 5

Ln ( x  1)
Soit la fonction réelle f définie par : f ( x)  , où Ln désigne le logarithme népérien.
x

1. Etudier les variations de f et donner l’allure de son graphe.

2. Montrer que f admet un unique point fixe sur l’ensemble des nombres réels strictement
positifs.

Exercice n° 6

On considère la suite de fonctions numériques  f n  définies sur l’ensemble des nombres réels
par : f n ( x )  x n sin x , où n est un entier naturel.

1. Etudier les variations de f n sur 0,  / 2 et donner l’allure de son graphe.

 /2
2. On pose I n  f
0
n ( x) dx , trouver une relation de récurrence entre I n et I n 2 pour tout n.

3. Soit la suite de fonctions (u n ( x)) définie par : u n 1 ( x)  u n ( x)  f n 1 ( x) et u 0 ( x)  f 0 ( x) .


Etudier la convergence de cette suite.
On note u ( x) la limite quand elle existe de la suite (u n ( x)) .

ITSA2011 248
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AVRIL 2011

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

ORDRE GÉNÉRAL
(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Les candidats traiteront au choix l’un des trois sujets suivants.

Sujet n° 1

Commentez cette phrase du Directeur Général de l’UNESCO écrite en 1986 :


« Longtemps, mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de l’Afrique.
Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire. (…) Si L’Iliade et
L’Odyssée pouvaient être considérées comme des sources essentielles de l’histoire de la Grèce
ancienne, on déniait, en revanche, toute valeur à la tradition orale africaine, cette mémoire des peuples
qui fournit la trame de tant d’événements qui ont marqué leur vie. On se limitait en écrivant l’histoire
d’une grande partie de l’Afrique à des sources extérieures à l’Afrique, pour donner une vision non de
ce que pouvait être le cheminement des peuples africains, mais de ce que l’on pensait qu’il devait
être. »
Amadou Mahtar M'Bow, préface à l’Histoire générale de l’Afrique, T. 1, Méthodologie et préhistoire
africaine, Paris, UNESCO, 1986, p. 5.

Sujet n° 2

On entend beaucoup parler d’immigration décliné en autant de thèmes presque aussi connus les uns
que les autres. L’un de ceux-ci est pourtant rarement abordé : plus de dix pays africains ont plus de
40% de leur main-d’œuvre hautement qualifiée en dehors de leur pays. Quelles seraient selon vous les
conditions nécessaires pour éviter cette fuite des cerveaux africains vers l’occident alors que ce constat
valait surtout jusqu’à présent dans le sens Europe/Amérique ?

Sujet n° 3

Comment et selon quelles modalités peut-on faire appel à une histoire « officielle » ? Quelles peuvent
en être les avantages, les risques, les tendances, le rôle dans notre société ?

ITSA2011 249
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STATISTIQUE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET DE L’ANALYSE ÉCONOMIQUE
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AVRIL 2011

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES

ITS Voie A

2ème COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES


(Durée de l’épreuve : 3 heures)

Exercice n° 1

Soit f la fonction numérique d’une variable réelle positive définie par : f ( x )  x 2  x .

1. Etudier les variations et la convexité de f.

2. Tracer le graphe de f.
1
3. Calculer  f (t ) dt .
0

Exercice n° 2

Soit la suite (u n ) définie par :

u 0  9e et u n 1  3 u n

un
On pose v n  ln( ) , où ln désigne le logarithme népérien.
9

1. Montrer que la suite (v n ) est une suite géométrique dont on précisera la raison et le premier
terme v 0 .
2. Exprimer vn , puis un en fonction de n.

3. Etudier la limite de la suite (un) lorsque n tend vers   .

ITSA2011 250
Exercice n° 3

Calculer en fonction de n (où n est un entier strictement positif), l’expression :


n 1
T ( n)   ( n  k ) k
k 1

Exercice n° 4

1. Une grande enveloppe contient les douze « figures » d’un jeu de cartes : les quatre rois,
les quatre dames et les quatre valets. Soit X la variable aléatoire qui, à chaque tirage de
5 cartes simultanément, associe le nombre de rois obtenus.
Déterminer la loi de probabilités de X et calculer son espérance mathématique. Interpréter.

2. Dans la même enveloppe contenant les mêmes douze cartes, on effectue successivement
cinq fois le tirage d’une carte que l’on remet à chaque fois dans l’enveloppe. Soit Y la variable
aléatoire dont la valeur est égale au nombre de rois obtenus avec ces cinq tirages. Déterminer
la loi de probabilités de Y et calculer son espérance mathématique. Interpréter.

Problème

Soit f une fonction numérique définie et continue sur 0,1 .

1. Montrer que les conditions suivantes définissent une unique fonction F continûment
dérivable sur 0,1 :
1
F'  f et  F (t ) dt  0
0

x
Exprimer F à l’aide de la fonction G définie par : G ( x)   f (t ) dt
0

2. Montrer que les conditions suivantes définissent une unique suite de polynômes ( Bn ) par :
1
B0  1, B  Bn et B (t ) dt  0 pour tout n  0
'
n 1 n 1
0

Préciser le degré de Bn et son terme de plus haut degré.

Expliciter les polynômes B1 , B2 , B3 , B4 .

ITSA2011 251
3. Comparer, pour tout entier n supérieur ou égal à 2 : Bn (0) et Bn (1) .

4. On définit une suite de polynômes Cn en posant, pour tout entier naturel n :

C n ( X )  ( 1) n Bn (1  X )

Comparer les suites ( Bn ) et (C n ) .

Que peut-on en déduire pour les graphes des Bn et pour les valeurs de Bn (0) , Bn (1 / 2)
et Bn (1) , lorsque n est impair supérieur ou égal à 3.

5. Montrer que les polynômes B2 p 1 ne s’annulent pas sur l’intervalle 0,1 / 2 .

ITSA2011 252

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