Radiologie Médicale :
I m a g e r i e p a r R é s o n n a n ce
M a g n ét i q u e
Cycle de Formation : Cycle Ingénieur
Filière: Génie Biomédical
Semestre:S2
Nom et Prénom du professeur :AKRAM Anas
Année Universitaire: 2024-2025
Plan du cours
● Introduction
● Composants de l’IRM
● Rappels RMN
● Contrastes de base en IRM
Introduction
Imagerie par Résonance Magnétique
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une modalité d’imagerie non ionisante qui repose sur les propriétés
magnétiques des noyaux d’hydrogène présents dans le corps.
Elle utilise un champ magnétique intense (généralement 1,5 à 3 Tesla) et des impulsions d’ondes radio pour exciter ces
noyaux, puis capte le signal de relaxation qu’ils émettent pour reconstruire des images.
L’IRM permet d’obtenir une excellente résolution spatiale et un fort contraste entre les tissus mous, ce qui en fait un outil
de choix pour l’imagerie neurologique, musculosquelettique et abdominale.
Les ingénieurs biomédicaux jouent un rôle clé dans l’optimisation des séquences, la sécurité du patient en
environnement RMN, et le développement de nouvelles applications cliniques.
[Link]
de l’IRM
Aimant
L'aimant est au cœur du fonctionnement de l'appareil IRM.
Son rôle est de produire le champ magnétique principal appelé B0 qui est
constant et permanent.
L'unité de mesure de l'intensité du champ magnétique est le tesla, dont
le symbole est T.
Cette valeur fait référence à l'intensité de ce champ principal.
On distingue selon l'intensité :
Bas champ : < à 0,5 T
Moyen champ : entre 0,5 T et 1 T
Haut champ : > à 1 T
Types d’aimants
Aimant permanent Aimant resistif Aimant Supraconducteur
Est constitué d'une structure ferromagnétique Cet aimant est constitué d'un bobinage de cuivre C'est le type d'aimant le plus répandu.
qui produit un champ magnétique permanent traversé par un courant électrique produisant un L'aimant supraconducteur utilise le principe de supraconductivité :
sans consommation d'énergie. champ magnétique en son centre. lorsque certains métaux ou alliages sont soumis à des températures
proches du zéro absolu, ils perdent leur résistivité si bien que le
Ces aimants, autrefois très lourds (jusqu'à 90 Il est assez peu coûteux à la fabrication et ne nécessite passage d'un courant électrique se fait sans perte, donc sans
tonnes avec les ferrites), se sont allégés avec pas de liquide cryogénique de refroidissement production de chaleur.
l'arrivée des alliages à base de terre rares (contrairement aux aimants supraconducteurs).
(Bore-néodyme-fer). L'aimant supraconducteur utilisé en IRM est constitué d'un bobinage
De plus, le champ magnétique peut être annulé en de niobium-titane (Nb-Ti) baigné constamment dans de l'hélium
Un aimant aux terres rares de 0,3 T corps entier quelques secondes en stoppant le courant (mais il faut liquide (près de −269 °C) qui en assure l'état supraconducteur.
ne pèse que 10 tonnes. Un 0,4 T pèse 13 tonnes. attendre la stabilisation du champ lors de la remise La résistance électrique nulle ainsi atteinte permet de créer des
sous tension). intensités de champ magnétique très élevées. La bobine est
Bien que l'on puisse faire des aimants encastrée dans une matrice en cuivre qui sert de puits de chaleur afin
permanents de 1 T, il est économiquement Malheureusement, le champ magnétique maximum de la protéger en cas de perte accidentelle de la supraconductivité (le
difficile d'aller beaucoup plus haut que 0,4 tesla. atteint à peine 0,5 T et reste très sensible aux quench).
variations de température. De plus, on constate des
problèmes d'homogénéité du champ et une Enfin, le système est entouré d'un écran refroidisseur (circuit d'air ou
consommation électrique très importante pour
d'eau glacée) qui aide à maintenir l'hélium liquide à très basse
alimenter la bobine en courant et pour alimenter les
compresseurs du circuit de refroidissement afin de température. Le tout est finalement enveloppé d'un espace de vide
compenser l'effet Joule provoqué par la résistivité de la limitant les échanges thermiques avec l'extérieur.
bobine. L'appareil est donc peu sensible aux variations de température
ambiante.
IRM à champ ouvert & fermé
Champ fermé
L'IRM « fermée » est la configuration la plus répandue et la plus connue à l'heure actuelle.
Il s'agit d'un tunnel de 60 cm de diamètre pour 2 mètres de long pour les plus anciens et
1,60 mètre de long pour les plus récents.
De nouveaux systèmes sont apparus récemment, utilisant des tunnels plus larges jusqu'à 75
cm de diamètre. Ces systèmes parfois très abusivement qualifiés de « systèmes ouverts »
restent des systèmes fermés, bien que leur capacité à accueillir des personnes obèses soit
améliorée.
Champ ouvert
Un imageur IRM de type ouvert à aimant permanent.
L'IRM « ouverte » est apparue après l'IRM fermée. Très peu répandue à ses débuts, la
technologie des IRMs ouvertes s'améliorant, on leur trouve des avantages dans la
médecine humaine notamment pour les personnes qui ne pouvaient pas bénéficier de
ce type d'imagerie en espace clos pour des raisons pratiques ou pour éviter une
anesthésie générale
IRM fermée
IRM ouverte
Bobines de gradients
Il s'agit de trois bobines métalliques enfermées dans un cylindre en fibres de verre et placées autour du tunnel de l'aimant.
On les nomme respectivement : bobine X, bobine Y et bobine Z.
Le passage d'un courant électrique dans ces bobines crée des variations d'intensité du champ magnétique dans le tunnel, de façon linéaire dans le temps et dans
l'espace.
En fonction de sa géométrie, chaque bobine fait varier le champ magnétique selon un axe spécifique :
● la bobine X selon l'axe droite-gauche ;
● la bobine Y selon l'axe avant-arrière ;
● la bobine Z selon l'axe haut-bas.
Bobines de gradients
Elles permettent notamment de sélectionner une épaisseur et un plan de coupe (transversal, frontal, sagittal) et de déterminer la localisation
spatiale des signaux dans ce plan.
En sélectionnant une de ces bobines, on peut faire varier ces paramètres :
● La pente ou intensité : elle est de l'ordre de quelques dizaines de milliteslas par mètre (mT/m) et varie selon les imageurs ; son rôle est de
contrôler l'épaisseur de chaque coupe.
● Le rapport de montée en puissance : elle correspond à la pente maximale atteinte par mètre et par milliseconde ; son rôle est la gestion
de la rapidité d'acquisition.
Bobines de gradients
On utilise d’abord un gradient de sélection de coupe (GSC) qui permet de sélectionner le volume anatomique qui va être
exploré.
A l’intérieur de ce volume, la position de chaque point sera codée verticalement et horizontalement par l’application d’un
gradient de codage par la phase (GCP), et d’un gradient de codage par la fréquence (GCF).
Shim
Les correcteurs de champ magnétique ou shim sont des dispositifs qui servent à compenser les défauts d'inhomogénéité du
champ magnétique principal B0 qui peuvent résulter de facteurs liés à l'environnement ou tout simplement de la présence
du patient dans le tunnel.
Les correcteurs de champ sont disposés le long de l'aimant.
On distingue deux types pouvant être présents tous les deux dans une même machine.
Shim passif : Plaques ferromagnétiques. Elles permettent un réglage grossier du champ magnétique, dans le cas d'un
environnement perturbateur stable.
Shim actif : Ce sont des bobines résistives ou supraconductrices, dans lesquelles passe un courant électrique. Les shims actifs
permettent un réglage fin et dynamique, lors de la présence de structures mobiles proches de l'imageur ou du patient dans
le tunnel. Ils effectuent une compensation automatique à chaque fois que le champ magnétique devient hétérogène.
Shim Actif
Shim passif
Antennes
Ce sont des bobinages de cuivre, de formes variables,
qui entourent le patient ou la partie du corps à
explorer. Elles sont capables d’émettre et/ou recevoir
le signal de radiofréquence (R.F.).
Elles sont accordées pour correspondre à la fréquence
de résonance de précession des protons qui se
trouvent dans le champ magnétique
Les antennes sont très variables et peuvent être
catégorisées de trois manières différentes :
● Selon leur géométrie : volumique et surfacique.
● Selon leur mode de fonctionnement : émettrice-
réceptrice ou réceptrice seule (on parle aussi de
réceptrice pure).
● Selon l'association ou non de différents éléments
d'antennes: linéaire, en quadrature de phase ou en
réseau phasé.
[Link]
RMN
Champ magnétique & électricité
Le magnétisme et le déplacement d'une charge électriques sont liés l’un à l'autre.
Un courant électrique (déplacement d’électrons de charge négative) dans un fil
conducteur induit une force magnétique ou champ magnétique.
De même, un champ magnétique en mouvement engendre un courant électrique
(fig. 1-1).
C'est sur ce principe que fonctionne une dynamo de bicyclette : la roue entraîne un
aimant tournant sur un axe à l'intérieur d’un solénoïde (bobine de fil conducteur)
qui fournit un courant électrique (fig. 1-2).
Le moteur électrique fonctionne sur le principe inverse : un courant électrique
passe dans un solénoïde induisant un champ magnétique tournant qui entraîne un
aimant monté sur un axe.
On peut donc admettre une réciprocité entre magnétisme et charge électrique
en mouvement.
Résonance Magnétique Nucléaire
L’imagerie par résonnance magnétique s’appuie sur la RMN ou Résonance Magnétique Nucléaire
pour réaliser des images.
Il nous faut donc :
● Un phénomène de résonance
● Un champ magnétique
● Un noyau d’atome
Le Champ Magnétique
L’appareil est constitué un aimant d’une puissance de 1,5T ou 3T (actuellement les plus répandus)
1,5T correspond à 30,000 fois le champ magnétique terrestre
Pour obtenir des valeurs aussi élevées on utilise des aimants supraconducteurs
En IRM ce champ magnétique est noté B0
Le Noyau de l’Atome d’Hydrogène
En IRM on s’intéresse au proton d’hydrogène portant une charge électrique positive et possède un
spin.
Le noyau d'hydrogène, constitué d'un proton, possède des propriétés magnétiques. On peut
représenter le moment magnétique sous la forme d'un vecteur en rotation sur lui-même : ceci
caractérise le spin du proton.
Le mouvement de précession et la fréquence de larmor
Les spins ont un mouvement de rotation et décrivent
un cône autour de l'axe de B0 : c'est le mouvement
de précession.
On peut apparenter le mouvement de précession au
mouvement d'une toupie qui bascule et reste en
équilibre en rotation.
La vitesse de précession est proportionnelle à
l'intensité du champ magnétique.
Le Spin nucléaire
A l'état de repos, ces vecteurs ont une orientation aléatoire.
La résultante magnétique de l'ensemble est donc nulle.
Application de B0:
Soumis à un champ magnétique intense appelé B0, les spins
s'orientent dans l'axe du champ, soit dans le même sens
("parallèle"), soit dans le sens contraire ("antiparallèle").
Le Spin nucléaire
Le Spin nucléaire
Aimantation M
Le vecteur d’aimantation M tourne autour de B0 à la
fréquence de Larmor.
Il a deux composantes:
La projection de M suivant l’axe de B0 (l’axe Oz):
C’est l’aimantation longitudinale Mz
La projection de M dans un plan xOy pérpendiculaire à B0:
C’est l’aimantation transversale Mxy
Le phénomène de résonance
L’objectif est de mesurer l’aimantation M
Selon Oz, le champ B0 très élevé «masque» les
faibles variations de champ magnétique qui
deviennent indétectables :
Mz est complètement «noyé» dans B0.
Ainsi, il n’est pas possible de mesurer directement la
repousse de l'aimantation longitudinale Mz
(correspondant au T1).
Il faut basculer M de 90 degrés car elle est très petite
comparée à B0 et donc « invisible » dans cette
position.
Le phénomène de Résonance
Il peut y avoir une interaction entre une onde de radiofréquence (onde RF) et les spins en précession : c'est le
phénomène de résonance, qui correspond à un transfert d'énergie entre deux systèmes ayant la même
fréquence.
L'onde de radiofréquence va entraîner un phénomène de résonance seulement si sa fréquence est la même
que celle de précession des spins.
Elle va apporter de l'énergie au système de spins : c'est la phase d'excitation.
Lorsque l'émission de radiofréquence est interrompue, le système va restituer l'énergie absorbée pour
retourner à l'état d'équilibre de départ : c'est la phase de relaxation.
Le phénomène de résonance
Une IRM contient en général une antenne "corps entier " ou " émettrice" ,
située dans la coque de la machine et couvrant l’ensemble du volume de
façon homogène.
B1
L’onde RF va être envoyée sur le patient grâce à l’antenne émettrice
En émission, l’objectif est de délivrer une excitation uniforme dans tout le
volume exploré.
En réception, les antennes doivent être sensibles et avoir le meilleur
rapport signal/bruit possible.
L’IRM est dans la gamme des ondes radio phonique
D’où les termes « ondes RF », « antenne émettrice » ou « antenne
réceptrice »
Impulsion RF
L’application de cette impulsion RF à la fréquence de resonance
permet de fournir la quantité d’énergie exactement égale à ∆E .
Ce qui conduit la transition de protons du niveau de basses
énergies au niveau d’énergie plus haut. Mz alors décroit et
s’annule quand le nombres de protons en haute et en basse
énérgie sont égaux.
Les protons qui étaient déphasés les uns par rapport aux autres
deviennent en phase
Impulsion RF
Globalement M bascule de 90°, c’est une impulsion RF de 90°.
On peut aussi obtenir une impulsion RF de 180° en appliquant l’onde
RF deux fois plus longtemps ou avec deux fois plus d’intensité.
Lorsque l’on représente ces impulsions RF sur un «chronogramme»,
permettant de visualiser les différents événements d'une «séquence
d'impulsions» sur une échelle de temps, on peut représenter
l'impulsion de 180° deux fois plus longue qu'une impulsion de 90°,
ou deux fois plus haute
A l’arrêt de l’impulsion RF les phénomènes inverses se produisent et
c’est là que nous allons mesurer ce à quoi nous nous intéressons :
c’est le phénomène de relaxation
La Relaxation
A l’arrêt de l’impulsion RF les phénomènes inverses se produisent.
Les protons qui étaient passée au niveau de haute énergie
reviennent au niveau de basse énergie ce qui entraine la repousse
de Mz durant un temps appelé T1.
Et les protons qui étaient en phase pendant la phase d’excitation se
déphasent durant un temps appelé T2.
La Relaxation
T1 est la relaxation longitudinale représentée par une exponentielle
croissante.
T2 est la relaxation transversale représentée par une exponentielle
décroissante.
[Link]
de base en
IRM
Contrastes de base en IRM
Les T1 et T2 sont différents d’un tissu biologique l’autre.
Si nous arrivons à mettre en évidence cette différence de T1 ou de
T2 nous avons la possibilité d’obtenir un contraste
Contraste T1
Si on prend 3 tissus ayant des T1 différents.
C’est le tissu qui a le T1 le plus court et donc repousse le plus vite
qui est le plus en blanc (hypersignal).
Contraste T2
Si on prend 3 tissus ayant des T2 différents.
C’est le tissu qui a le T2 le plus long et donc décroit le plus
lentement qui est le plus en blanc.
Contraste en Densité Protonique (DP)
Il y a un troisième contraste accessible.
Lors de la relaxation longitudinale la vitesse dépend du T1.
Mais la hauteur (Mz) croit en fonction de la concentration de
protons par unité de volume ou la quantité d’eau dans le tissu c’est
la densité protonique
Contraste en Densité Protonique (DP)
Si on attend suffisamment longtemps il est possible d’observer ce
contraste.
C’est le tissu avec le plus de protons (ou d’eau) qui sera le plus en
blanc.
Contraste en Densité Protonique (DP)
Les valeurs de T1 et de T2 sont différentes d’un tissu biologique à
l’autre.
Les valeurs de T1 dépendent de l’intensité de B0.
Les valeurs de T2 sont beaucoup plus courtes que les valeurs de T1.
Le vecteur d’aimantation longitudinale (Mz) croit en fonction de la
concentration de protons par unité de volume ou la quantité d’eau
dans le tissu c’est la densité protonique.
Notion de T2*
La relaxation T2 est liée à la présence d'inhomogénéités de champ d'origine
«moléculaire» (petits champs magnétiques locaux qui se superposent à B0 >
déphasage des protons ou spins), qui sont responsables de la décroissance
«irréversible» de l'aimantation transversale Mxy ou du signal RMN (FID).
Si le champ magnétique B0 de l'aimant était parfaitement homogène, nous
observerions une décroissance du signal de FID selon une exponentielle
décroissante en T2.
En fait, si à l’échelle macroscopique le champ magnétique B0 de l'aimant peut
être considéré comme bien homogène , à l’échelle microscopique il ne l'est
pas : ces inhomogénéités du champ B0 d'origine «instrumentale» ou «propre»
sont constantes et vont entraîner un déphasage encore accru des spins.
Ainsi le signal de FID observé est lié à la fois aux inhomogénéités du champ B0
d'origine «moléculaire» (T2), auxquelles s'ajoutent les inhomogénéités
propres (constantes) du champ magnétique externe B0 ; on utilise le symbole
T2* pour représenter la conjonction de ces deux effets (fig. 3-11).
Le signal de FID décroît donc plus rapidement que prévu selon une
exponentielle en T2* (et non en T2).
Echo de Spin
Historiquement, l’écho de spin a été la première séquence
employée.
Depuis, l'ensemble des développements y fait référence
notamment pour le contraste.
L’impulsion de 180° de re phasage permet d’obtenir un signal
« T2 vrai » et non pas T2*.
En choisissant les bons paramètres de séquence (TR et TE), on
peut obtenir des images pondérées en T1, T2 ou densité de Explication schématique de l’intérêt de l'impulsion de 180°
pour s'affranchir des inhomogénéités propres de B0
protons.
Le signal en écho de spin est exprimé de la manière suivante: k = constante de proportionnalité qui dépend de la sensibilité du circuit de réception
ρ = densité en protons (DP)
S = k ρ (1- exp(-TR/T1)) exp(-TE/T2)) TE = Temps d’écho
TR = Temps de répétition
Signal en Echo de Spin
TR & TE
La répétition d’impulsions 90° - 180° constitue la base de la
séquence en écho de spin.
Cette séquence écho de spin (spin-écho) est fondée sur deux
paramètres fondamentaux :
● Le temps d'écho (TE) : temps entre l'impulsion de 90° et le
recueil de l'écho de spin. On notera que l'impulsion 180° est
émise à TE/2.
● Le temps de répétition (TR) : temps écoulé entre deux
impulsions de 90°
Influence du TR & TE sur le contraste
Influence du TR (Temps de répetition ou temps de repousse)
Considérons deux tissus qui ont des T1 différents.
Si on attend longtemps, les deux tissus atteindront leur niveau
d’équilibre maximal et nous auront un faible contraste en T1
● Si on raccourci le TR on constate qu’on arrive à différencier les
tissus du fait de leur différente vitesse de repousse
C’est le tissu qui a le T1 le plus court qui sera en hypersignal (le plus
blanc)
En résumé :
● TR court : Séquence pondérée en T1
● TR long : Séquence dépondérée en T1
Influence du TR & TE sur le contraste
Influence du temps d’écho TE
Considérons deux tissus qui ont des T2 différents.
● Si on mesure rapidement avec un TE court, les deux tissus
seront encore quasiment à la même hauteur et nous n’aurons
pas de contraste en T2
● Si on rallonge le TE on constate qu’on arrive à différencier les
tissus du fait de leurs T2 différents.
C’est le tissu qui a le T2 le plus long qui sera en hypersignal.
En résumé :
● TE court : Séquence dépondérée en T2
● TE long : Séquence pondérée en T2
Influence du TR & TE sur le contraste
En fonction du TR on peut influencer la pondération en T1
En fonction du TE on peut influencer la pondération en T2
Il faut alors combiner le TR et le TE pour pondérer correctement nos
séquences
Pondération T1
Dans le cycle d’une séquence en Echo de Spin, il faut :
● un TR Court pour favoriser le contraste en T1
(pondérer en T1)
● un TE court pour minimiser le contraste en T2
(dépondérer en T2)
C’est le tissu avec le T1 le plus court qui donne
le plus de signal (hyper intense)
Pondération T2
Pour obtenir un contraste en T2 il faut:
● un TR long pour minimiser le contraste en T1
(dépondérer en T1).
● un TE long pour faire apparaitre les différences
de contraste en T2 (pondérer en T2).
C’est le tissu avec le T2 le plus long qui donne le
plus de signal (hyper intense)
Pondération en DP
La vitesse de repousse dépend du T1 des tissus,
mais la hauteur atteinte à l’équilibre dépend de la
densité en protons de chaque tissu.
Des tissus ayant des T1 différents atteignent des
hauteurs différentes selon leur densité en protons.
Pour mettre en évidence ce contraste il faut:
● Un TR long pour dépondérer en T1 et
● Un T2 court pour dépondérer en T2
Le tissu avec la densité protonique la plus élevée
est en hypersignal
Séquences longues: T2 & DP
On constate que dans une même séquence à TR
long, nous pouvons obtenir deux contrastes
différents selon le temps d’écho:
● Un contraste en DP avec TE court
● Un contraste en T2 avec TE long
Influence du TR & TE sur le contraste
Court Long
Contraste mixte
Long
Images bruitées
Non utilisé
Pondération T2
Contraste mixte
Pondération en DP
Court
Pondération T1
Application
Nous allons appliquer ces notions sur le système nerveux central en nous concentrant sur :
● Substance Blanche
● Substance Grise
● LCR (Liquide Céphalo-Rachidien)
Pondération T1
On applique un TE court et un TR court.
● La Substance blanche a un T1 plus court
que la substance grise elle est donc blanche
et la SG est grise
● Le LCR a un T1 très long il apparait alors
hypo intense
● La graisse a un T1 très court est plus
blanche que SB
Pondération en DP
On applique un TR long et un TE court.
La SG, ayant une DP plus élevée que la SB, va
atteindre un signal plus élevé; pour ces deux
tissus le signal sera inversé par rapport à T1.
● La SB est grise
● La SG est blanche
Le LCR qui a pourtant la DP la plus élevée
apparait encore hypointense
Pondération en DP
Un TR de 2000 ms est trop court pour mettre
en évidence la pondération en DP.
Il faut un TR plus long pour avoir une
véritable pondération en DP.
Pondération en DP: Influence de l'allongement du TR sur la
courbe de repousse du LCR
L'allongement du TR à 2 s, a pour effet d'exprimer la
densité protonique de la substance grise :
La courbe de repousse de la substance grise, dont la
densité protonique est légèrement supérieure à celle
de la substance blanche croise et passe au-dessus de
la courbe de repousse de la substance blanche.
L'allongement du TR au-delà de 3,5 - 4 s a pour effet
d'exprimer la densité protonique du LCR :
la courbe de repousse du LCR, dont la densité
protonique est supérieure à celle de la substance
grise et de la substance blanche croise la courbe de
repousse de ces deux dernières.
Pondération T2
On applique un TE long et un TR long.
● SB & SG conservent le même différentiel de
signal qu’en DP bien que globalement plus
faible étant donné que nous sommes plus
loin en T2.
● Le LCR ayant un T2 plus long décroit plus
lentement et apparait hyper intense.
Séquences longues pondérées en T2 & DP
Coupe axiale du cerveau en pondération T2 et densité protonique (image
+ schéma correspondant).
a et b : pondération T2 :
– la substance blanche (périventriculaire) est en gris-foncé (foncée/SG)
– la substance grise (cortex en périphérie et noyaux gris centraux) est en
gris-clair (claire/SB) ;
– le LCR est blanc.
c et d : pondération en densité protonique (DP) avec un TR de 2000 ms :
comme en T2, le contraste SG/SB est inversé par rapport au T1 (SG > SB) ;
le LCR est encore gris-noir car à cette valeur de TR, sa densité protonique
ne s'est pas encore exprimée, son T1 étant très long.
e et f : pondération en DP « vraie » :
En augmentant le TR au-delà de 3,5–4 s, la densité protonique du LCR
peut s'exprimer et il devient blanc
Contraste des phénomènes pathologiques
La plupart des phénomènes pathologiques allongent le T1 et le T2 ce qui conduit donc à
un hyposignal en T1 et un hypersignal en T2.
La densité protonique est également intéressante d'autant, qu'en général, la séquence avec
un TR long permet d'obtenir deux «séries» d'images, l'une pondérée en DP et l'autre
en T2 pour une même durée d'examen.
Cette approche permet de comparer les différences de contraste obtenues dans ces deux
pondérations ce qui a pour but de faciliter, par exemple, la caractérisation d’une lésion.
Lésion expansive pariétale gauche.
Elle apparaît en hyposignal en coupe sagittale pondérée T1 (a) et en
Pendant très longtemps, la séquence de densité protonique a été utile pour mettre hypersignal en coupe axiale pondérée T2 (b).
en évidence les plaques de démyélinisation périventriculaires.
La comparaison des deux images a également pour but de mieux analyser l'image pathologique et de s'affranchir d'un éventuel artefact qui ne
serait présent que sur une des deux images.
Par ailleurs, l'image pondérée en densité protonique apporte une meilleure visualisation des vaisseaux à flux rapide que celle pondérée en T2
(phénomène de sortie de coupe, ce qui peut s'avérer utile pour les anévrismes.
Le contraste est également meilleur pour l'étude des noyaux gris. L'image pondérée en densité protonique permet encore de bien visualiser, par
exemple, les ligaments dans les explorations du rachis ou la dure-mère et ses extensions dans les explorations cérébrales.
Illustration de l’intérêt de la séquence pondérée en densité
protonique.
Elle permet, par exemple, de mieux mettre en évidence certaines
structures comme la dure-mère (a) (flèches) (TE = 20 ms) par rapport à
la séquence pondérée en T2 (b) (TE = 120 ms) chez ce patient porteur
de kystes arachnoïdiens communicants.
Pour illustrer cet exemple, nous avons utilisé , ici, une séquence d’écho
de spin rapide, permettant également d'obtenir, lors d'une même
acquisition, deux séries d'images, l'une pondérée en densité de protons
et l'autre en T2.
Modifications du contraste de l'image en fonction de la
séquence utilisée.
Modifications du contraste de l'image en fonction de la
séquence utilisée.
Pour une coupe donnée le signal récupéré au temp d’écho TE
correspond aux données permettant de remplir une ligne du
plan de Fourier.
Puis au cycle suivant on récupère la deuxième ligne du plan
de Fourier.
● Le temps séparant deux cycles est le temps de répétition
TR, il s’agit également du temps séparant l’acquisition de
deux lignes du plan de Fourier
● Il faut autant de cycles que de lignes de Fourier à
acquérir.
● A noter qu’entre deux cycles on ne change que
l’amplitude du gradient de codage de phase, cela permet
de changer de ligne dans le plan de Fourier.
TR et temps d’acquisition
TR
Le TR intervient dans le calcul du temps d’acquisition: Nl
TA = TR x Nl x Nex
Nl : Nombre de ligne ou de valeur de gradient de
phase différents Np.
Plan de Fourier
Nex : Nombre d’excitation.
Nombre de coupes
Le TR et le TE interviennent dans le calcul du nombre de coupe disponible.
Ceci est dû au principe d’acquisition multi coupes
On prend une séquence d’écho de spin classique avec un TR de 500 ms et TE de
20 ms
Après l’application d’une impulsion RF de 90° correspondant à la sélection d’un
plan de coupe P1 et des gradients correspondants, on acquiert une ligne du plan
de fourier du plan p1 au bout du TE = 20ms, mais il faut attendre TR = 500 ms
pour acquérir la deuxième ligne de ce plan .
On a le temps d’appliquer une nouvelle impulsion RF avec une fréquence
différente de la première, avec le même gradient de sélection de coupe, ce qui
nous permet de sélectionner un plan de coupe voisin (p2).
Tous les autres gradients restants identiques on peut acquérir la première ligne
de P2 pendant un temps TE.
Puis la première ligne de P3 après TE.
Nombre de coupes
Au bout de TR, on recommence le même cycle avec f1, en
modifiant la valeur du gradient de codage de phase on arrive à
avoir la deuxième ligne du plan p1. puis les deuxièmes lignes des
plans suivants .
On peut donc calculer le nombre de coupe possible en acquisition
classique :
Nc ~ TR/TE
Exercice 1
On réalise un examen d’imagerie par résonance magnétique.
On acquiert une série d’images en écho de spin classique avec : un temps de répétition TR = 1800
ms et un temps d’écho TE = 90 ms.
1) Quelle est la pondération de la séquence ?
On s’intéresse au contraste entre deux tissus A et B, de même densité de noyaux d’hydrogène, et
dont les temps de relaxation ont les valeurs suivantes :
Tissu A : T1 = 450 ms, T2 = 50 ms
Tissu B : T1 = 600 ms, T2 = 80 ms
2) Lequel des deux tissus apparaît en hypersignal ?
Exercice 2
On acquiert une série d’images en écho de spin classique avec :
un temps de répétition TR = 500 ms
et un temps d’écho TE = 20 ms.
1) Quelle est la pondération de la séquence ?
2) Lequel des deux tissus apparaît en hypersignal ?
● Tissu A : T1 = 450 ms, T2 = 50 ms
● Tissu B : T1 = 600 ms, T2 = 80 ms
Exercice 3
Pour obtenir l’image d’un plan de coupe par résonance magnétique, on réalise une séquence
d’écho de spin avec les paramètres suivants :
temps de répétition TR = 600 ms / temps d’écho TE = 20 ms / nombre d’excitations Nex= 2
matrice image 128 x 128
1) Quelle est la pondération de la séquence ?
2) Quelle est la durée d’acquisition TA de l’image de plan de coupe ?
3) Que devient cette durée d’acquisition si l’on multiplie par 3 le temps de répétition de la
séquence, les autres paramètres de la séquence restant constants
4) Que devient la durée d’acquisition si l’on multiplie par 3 le temps d’écho de la séquence, les
autres paramètres initiaux de la séquence restant inchangés.
5) Que devient la durée d’acquisition si l’on multiplie par 3 le nombre d’excitations, les autres
paramètres initiaux de la séquence restant inchangés.