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Introduction

L'économie industrielle étudie les conditions de concurrence et de monopole, ainsi que les comportements stratégiques des entreprises et leur impact sur les marchés. Elle se concentre sur l'analyse empirique des structures de marché, des performances des entreprises et des stratégies concurrentielles, en cherchant à comprendre les relations entre structure, comportement et performance. Les approches structuraliste et béhavioriste offrent des perspectives différentes sur ces relations, soulignant l'importance de la dynamique entre les acteurs économiques et les conditions du marché.

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Introduction

L'économie industrielle étudie les conditions de concurrence et de monopole, ainsi que les comportements stratégiques des entreprises et leur impact sur les marchés. Elle se concentre sur l'analyse empirique des structures de marché, des performances des entreprises et des stratégies concurrentielles, en cherchant à comprendre les relations entre structure, comportement et performance. Les approches structuraliste et béhavioriste offrent des perspectives différentes sur ces relations, soulignant l'importance de la dynamique entre les acteurs économiques et les conditions du marché.

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Cours : Économie industrielle

Proposé par Mr Foued ALOULOU :

Public cible : 2ème année Licence en sciences économique

Chapitre introductif

I. Définition et objectifs:
Selon W. Sheperd (1986, L’économie industrielle est « L’étude des conditions de concurrence
et de monopole telles qu’elles affectent le fonctionnement du marché »
Selon M. Rainelli (1998, c’est « La discipline qui a pour but l’étude du système productif et
des stratégies de ses composantes»
Selon Carlton et Perloff (1998), l’EI est « Etude de la structure des entreprises et des
marchés, ainsi que de leurs interactions»
Selon Tirole (1995), le champ de l’économie industrielle recouvre l’organisation interne des
entreprises et leur positionnement stratégique. Elle a pour objet d’étudier les relations
d’interdépendance entre les composants d’un système productif et d’en déduire les conditions
de fonctionnement des systèmes productifs.
L’économie industrielle est l’étude de l’activité économique lorsque le paradigme de la
concurrence parfaite est inapproprié.
A partir de ces définitions ont peut déduire les traits distinctifs de l’économie industrielle.
L’économie industrielle est une discipline économique qui s’intéresse à l’étude des activités
industrielles et de leurs marchés en analysant les comportements stratégiques des acteurs
économiques, les structures de marchés et la performance des industries.
Elle développe ainsi une approche réaliste et détaillée du fonctionnement du marché et des
entreprises complétant les modèles microéconomiques où seuls les modèles idéaux sont
abordés.
Cette discipline économique porte plus sur l’analyse de l’économie appliquée en essayant de
traiter des phénomènes réels et de s’échapper des analyses normatives et purement théoriques.
L’économie industrielle s’intéresse à l’étude de :
o La nature de la concurrence sur le marché
o Le pouvoir de marché de la firme,
o Les économies d’échelle,
o La configuration optimale du marché ;
o Les comportements concurrentiels des firmes ;
o Détermination des prix sur des marchés imparfaits
o Organisation et gouvernance des entreprises et des marchés.
o Processus d’acquisition des avantages compétitifs pour une entreprise
o La concentration horizontale et verticale des industries.
o La réglementation et la déréglementation des industries.
o Choix stratégiques des entreprises en matière de croissance, de différentiation,
de spécialisation, d’innovation, de marketing, de commercialisation, de
tarification, etc.

Elle a pour objectif :


• Etudier empiriquement les comportements, la structure et la performance aussi
bien des firmes que des marchés.

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• Se rapprocher plus de la réalité industrielle et expliquer des phénomènes
économiques non abordés par la microéconomie classique.
• Analyser les stratégies des firmes face à des comportements concurrentiels
imparfaits
• Comprendre comment les acteurs agissent sur les marchés, et analyser les
conséquences de leurs comportements.
• Etudier la régulation des marchés et l’organisation interne de l’entreprise.
• Offrir des outils et des modèles économiques pertinents permettant d’analyser
les défaillances du marché et de décrypter les stratégies concurrentielles des
entreprises
• Fournir des lignes directrices à la politique de la concurrence : dans quelle mesure la
concurrence est conçue comme illégale ou destructrice ? quand le monopole est plus
efficace que la concurrence ? quand appliquant les lois antitrusts ?, etc.

II. Les questions principales étudiées par l’économie industrielle

 Le comportement est conçue comme étant un ensemble d’actions stratégiques menées


par une firme pour acquérir certains avantages concurrentiels par rapport à ses concurrents
soit pour maintenir sa position sur le marché et être compétitive soit aussi pour dominer le
marché et dissuader ses concurrents. Chaque firme essaye ainsi d’être mieux compétitive que
ses concurrents et remporter ses avantages sur ses rivales.
Ces actions peuvent porter sur la politique de prix, de quantités et qualité des biens à offrir,
des investissements, d’innovation, d’entente, de fusion, d’entrer ou de quitter le marché,
d’instauration des barrières à l’entrée pour lutter contre la concurrence et protéger les parts de
marchés, de croissance, de diversification, de spécialisation, d’internationalisation, etc..
Ce comportement est de type stratégique et qui consiste pour l’entreprise à définir et à mettre
en œuvre les moyens et les objectifs lui permettant de disposer d’un avantage concurrentiel
sur le long terme.
 Structure du marché
Une structure du marché désigne la manière dont un marché est organisé et fonctionne. Elle
décrit les caractéristiques qui déterminent le niveau de concurrence entre les entreprises et la
façon dont les prix, les quantités et les stratégies sont fixés. Elle est identifiée par un certain
nombre de critères caractérisant le marché tels que le nombre des entreprises installées sur le
marché, le nombre des consommateurs présentés sur le marché, la facilité de l’entreprise
d’entrer ou de quitter le marché, le degré d’homogénéité des produits, le pouvoir du marché
de la firme.
Le tableau suivant décrit les principales structures de marchés étudiées dans le cours de la
microéconomie.
Nombre de Pouvoir de Différenciation des Barrière à
producteurs marché produits l’entrée
Concurrence élevé nul absente absente
pure et parfaite
Monopole un élevé absente forte
Concurrence élevé Élevé à court élevé absente
imparfaite terme et faible
à long terme.
Oligopole réduit élevé Plus ou moins élevé stratégique

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Barrière à l’entrée : sont des entravent qui limitent la fluidité du marché et rendent l’entrées
et/ou la sortie d’une firme sur un marché coûteux. Elles dissuadent les entreprises potentielles
d’entrer sur le marche en donnant un avantage de coût aux entreprises déjà installées sur le
marché
Les différents types de barrières à l’entrée:
 Les barrières réglementaires; Il existe un ensemble de dispositions juridiques diverses
qui, de façon tout à fait légale, protègent les unités en place contre toute entrée nouvelle, telles
que les monopoles légaux (distribution de l’électricité..), diplômes (médecin), agrément
(transporteurs), etc.
 Les économies d’échelle; c’est la baisse de coût moyen de production induite par
l’accroissement de la taille de la firme
 L’installation des équipements à coûts fixes élevés et irrécupérables
 La différenciation des produits en réduisant le degré de substituabilité des biens;
 Les stratégies de prix limites.

La différentiation des produits :


La différenciation des produits s’oppose à l’homogénéité du bien. Les firmes produisent ainsi
des produits hétérogènes qui remplissent un même besoin, mais se distinguent en termes de
qualité, marque, options, caractéristiques, etc.
Cette différentiation limite la substituabilité entre les produits, réduit l’intensité
concurrentielle entre les entreprises et augmente le pouvoir du marché
Elle se présente même une barrière à l’entrée sur le marché.

Pouvoir du marché
Le pouvoir du marché est la capacité des offreurs à agir sur les conditions de fonctionnement
du marché. Autrement dit, une entreprise a un pouvoir de marché lorsqu’elle est capable de
d’influencer le prix du marché ou de fixer un prix supérieur à son coût marginal.
Les principales sources de pouvoir de marché sont:
– Demande faiblement élastique (peu sensible au prix)
– Concentration des vendeurs
– Barrière à l’entrée
– Différenciation (distinction) des produits.

Les grandes structures de marché


Voici les principales structures de marché étudiées en économie :
1. Concurrence pure et parfaite
 Beaucoup de vendeurs et d’acheteurs (atomicité)
 Produits identiques (homogènes)
 Aucune barrière à l’entrée (fluidité)
 Les entreprises sont preneuses de prix(atomicité)
2. Monopole
o Un seul vendeur
o Pas de substitut proche
o Barrières à l’entrée très forte
3. Concurrence monopolistique
o Beaucoup de vendeurs
o Produits différenciés (marque, qualité, design…)
o Liberté d’entrée
4. Oligopole
o Quelques grandes entreprises dominent le marché

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o Produits identiques ou différenciés
o Barrières à l’entrée importantes
👉 Exemple : télécommunications, automobile
L’étude de la structure de marché va nous permettre de déterminer :
• Le nombre optimal des firmes (ou concurrents) à installer sur le marché.
• La distribution des parts de marché.
• Les conditions d’entrées et de sortie sur le marché.
• Le niveau de substituabilité ou d’hétérogénéité entre les produits.
• Le niveau de pouvoir de marché d’une entreprise.
• La nature et les effets des barrières à l’entrée, etc.
• Les pratiques et l’intensité concurrentielle sur le marché.

 La performance c’est l’objectif fondamental de toute entreprise. Elle implique d’une


manière générale, la capacité de l’acteur économique (entreprise et/ou collectivité) à réaliser
le maximum des résultats en tenant compte des moyens disponibles et de l’environnement où
il règne.
Le souci de la firme n’est pas seulement d’être rationnelle dans l’allocation des ressources
pour minimiser ses coûts ou maximiser ses profits mais aussi de protéger son marché, de
construire son propre marché, de s’adapter avec les mutations du secteur en adoptant une
stratégie adéquate visant à atteindre les objectifs assignés. En d’autre termes être compétitive.
Dans un environnement concurrentiel en plein mutation, l’objectif fondamental d’une
entreprise est d’être compétitive et rentable.
La rentabilité est l’aptitude de l’entreprise à procurer les recettes induites par la vente de ses
produits qui lui permettent aussi bien de couvrir ses coûts, de rémunérer son capital et de
dégager une marge bénéficière importante.
La compétitivité est l’aptitude pour une entreprise, à faire face à la concurrence effective
et/ou potentielle et à occuper une position durable sur son marché. L’entreprise doit être
capable de:
• Persister sur le marché
• Soutenir sa position et d’augmenter ses parts de marché au détriment de ses
concurrents.
• Dominer ses concurrents et être un leadership
• S’adapter rapidement aux changements de la demande et et aux mutations de
son environnement.
• Satisfaire quantitativement et qualitativement la satisfaction de ses clients pour
pouvoir les fidéliser.

III. Relation entre la structure, le comportement et la performance


Deux approches fondamentales de l’économie industrielle ont été développées pour analyser
la relation entre la structure, le comportement et la performance : L’approche structuraliste
(Paradigme S-C–P) et l’approche comportementale ou béhavoriste (Paradigme C-S-P).

 Approche structuraliste
Elle a été développée par Ecole de Harvard : Bain, Mason, Stigler et dominé l’analyse de
l’économie industrielle jusqu’au années 70. Elle considère que la structure du marché est
exogène (déterminée en dehors de l’action de l’entreprise) et exerce une influence aussi bien
sur le comportement que les performances des entreprises. La structure du marché oriente
ainsi le comportement de l’entreprise en matière de tarification, des conditions d’entrée et de

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sortie, de diversification, d’investissements, etc. Ces comportements vont déterminer le
niveau de performance de l’entreprise.
Structure  comportement  performance

Elle postule une relation directe et unidirectionnelle entre la structure du marché et le


comportement des entreprises pour expliquer les performances des entreprises.

C=F(S)  Le comportement est déterminé par la structure du marché. Dans un marché de


concurrence pure et parfaite (S), l’entreprise détermine sa combinaison prix, quantité
lorsqu’elle égalise son prix à son coût marginal. Son profit à long terme sera nul
(performance)
P= F(S, C)  La performance est déterminé à la fois par la structure du marché et le
comportement de l’entreprise.
Si S= Monopole,  C= (Prix, quantité) qui égalise la recette marginale au coût margina)  P
(performance) : profit élevé
Ou aussi plus que le nombre de firme sur le marché croit (structure), plus que la concurrence
croit (comportement et plus que le pouvoir du marché croit (performance)
 Le taux de profit moyen des secteurs industriels est positivement corrélé avec leur degré de
concentration.
 La concurrence (structure) est perçue comme une fin pour atteindre une plus grande
efficacité et pour favoriser la compétitivité et même l’innovation (performance). Alors que le
monopole conclut à l’inefficacité et la non optimalité sociale d’une industrie.
 La concurrence (via le nombre de firme) incite à la baisse des prix, l’augmentation de
l’offre, l’amélioration de la qualité des produits, l’augmentation du surplus des
consommateurs, et à la réduction des profits (ou du pouvoir du producteur).

 Approche béhavoriste :
Développée par l’École de Chicago, à partir des années 70, elle considère que la structure du
marché est influencée par le comportement des entreprises qui détermine la performance du
marché  S F(C, P)
Cette approche a critiqué celle structuraliste au niveau des points suivants :
o L’exogenéité des structures de marchés est ainsi contestée: les béhavoristes
considèrent que la structure du marché n’est pas exogène mais endogène qui peut être
influencée par le comportement des entreprises.
L’entreprise peut ainsi adopter certaines stratégies (instauration des barrières à l’entrée,
innovation, différenciation, discrimination, baisse de prix, etc.) pour influencer en sa faveur la
structure du marché en augmentant son pouvoir du marché ou dissuadant ses concurrents.
o La chaîne de causalité entre SCP est univoque : c-à-d à un seul sens S-C-P. La
relation entre la structure, le comportement et la performance n’est pas linéaire, mais
interactive où le comportement et la performance déterminent la structure du marché.
Il existe ainsi une relation de cause à effet entre les trois composantes
Comportement  structure  performance
Chaque composante est à la fois la cause, mais aussi la conséquence des autres composantes
Le comportement influence la structure de marché et en retour, la structure d’un secteur
exerce une influence sur la détermination des règles de jeu concurrentiel et sur les stratégies à
adopter par une firme.
Par exemple, si un marché est composé initialement d’un nombre élevé de firmes
concurrentielles de petite taille et à structure de coût différente, la recherche de compétitivité,
pousse chaque firme à réduire ses prix, améliorer la qualité de ses produits, de diversifier sa
production et de réduire ses coûts. Cette compétition mène à une sélection entre les firmes en
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favorisant celles les plus compétitives et écartant celles les moins efficaces. Le nombre des
firmes va baisser et la structure du marché tend vers une situation d’oligopole et même d’un
monopole.
Cette intensification de la concurrence peut aussi provoquer une plus forte concentration du
faite que les entreprises de petite taille qui n’arrivent pas à maintenir leur position sur le
marché ou d’entamer des projets de grandes envergures, ou d’augmenter leur production pour
répondre à l’extension de la demande, seront incitées à se regrouper. Le nombre de firmes va
diminuer et leur taille croit ;

o Distinction entre concurrence comportementale et concurrence structurelle :


Selon l’approche SCP, la concurrence est définie par un nombre élevé de firmes et par un
marché fluide. Il s’agit ainsi d’une structure de marché qui impacte le comportement.
Cependant, l’approché béhavioriste distingue entre le comportement concurrentiel et la
structure de marché concurrentielle. La structure concurrentielle est celle associée au modèle
de concurrence pure et parfaite caractérisé par l’homogénéité, l’atomicité, la transparence et la
fluidité.
Alors que le comportement concurrentiel est identifié par l’ensemble d’actions stratégiques
menées par une firme pour être compétitive et s’adapter continuellement aux changements de
l’environnement externe de l’entreprise.
Le comportement concurrentiel illustre la rivalité entre les firmes produisant le même bien
(concurrence directe) ou des biens substituables (concurrence indirecte).
La plupart des firmes considère leurs concurrents comme une menace qu’elles doivent l’éviter
ou l’éliminer.
Dans ce sens, la CPP n’est pas un comportement mais une structure de marché.
La concurrence comportementale n’est pas ainsi tributaire au nombre d’entreprises installées
mais plutôt à leurs pratiques. Elle peut porter sur le prix, la quantité, la qualité, l’innovation, la
différentiation, la localisation, la taille, l’instauration des barrières à l’entrée, etc.

o La performance du marché n’est pas tributaire à la structure du marché, mais


des comportements des entreprises
 La concurrence structurelle peut être moins efficace qu’un monopole pour atteindre une
plus grande efficacité et pour favoriser l’innovation. C’est le cas d’un monopole naturel.
La concentration industrielle n’implique pas un pouvoir de marché ni une réglementation
du secteur. Il s’agit d’un processus d’adaptation des structures industrielles aux nouveaux jeux
économiques.

IV. Les fondements de base de l’économie industrielle


 L’économie industrielle est une discipline positive contrairement à la microéconomie
qui est normative. Elle exige des études sectorielles avant l’élaboration des nouvelles théories
ou des lois qui régissent le fonctionnement du marché.
L’analyse positive consiste à diagnostiquer et expliquer des faits réels en cherchant ses
différentes causes, conséquences et remèdes. Elle annonce ce qui est.
L’analyse normative cherche à déterminer quel est le système permettant d’atteindre
l’optimum social. Elle annonce ce qui devrait être, ce qui est le plus désirable et la meilleure
manière d'organiser la production.
L’économie industrielle cherche ainsi des solutions satisfaisantes améliorant la compétitivité
de l’industrie (positive) et non des situations d’équilibre du marché (normative).

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 La remise en cause du modèle de concurrence pure et parfaite:
Le modèle de CPP a été critiqué aussi bien au niveau de ses hypothèses qu’au niveau de ses
modalités de convergence vers une situation d’efficacité.
La CPP décrit mal le processus concurrentiel. Elle prive l’agent économique de toute liberté
d’action et de décision ni dans la détermination du prix ni dans la diversification des produits
à offrir, ni dans la détermination de la qualité ni même celle de quantité à produire. La seule
liberté accordée à l’entreprise est de produire ou ne pas produire et d’entrer ou de quitter le
marché.
Dans le modèle de CPP, la firme cherche à savoir comment produire au moindre coût et
combien produire pour maximiser son profit en agissant seulement sur l’allocation de ses
ressources et le niveau de production à offrir. Cette structure n’indique rien sur le
comportement concurrentiel des firmes.
La concurrence pure et parfaite est ainsi un concept normatif qui ne prétend pas décrire la
réalité telle qu’elle est, mais elle permet de concevoir ce qui peut se passer lorsque l’on réduit
l’économie à un certain nombre d’hypothèses. Elle est fondée sur des hypothèses restrictives
jamais étés confirmées par la réalité. Ce modèle se présente comme un schéma théorique de
référence qui permet d’indiquer une situation économique la plus optimale.
Le monde industriel réel est caractérisé par des phénomènes de concentration, de
diversification, des rendements d’échelle croissants, des barrières à l’entrée, de pouvoir de
marché, de coopération et d’entente, etc. Il fonctionne dans un environnement complexe,
dynamique et en plein mutations.
Les entreprises disposent la plupart du temps d’un pouvoir de marché, qui se traduit par une
capacité à fixer leurs prix. Elles proposent rarement des biens parfaitement identiques, et
n’entrent pas non plus librement sur les marchés. Il existe des barrières ou des coûts à l’entrée
et à la sortie du marché. Enfin, l’information est loin d’être parfaite sur les marchés, certains
acteurs étant mieux informés que d’autres.
L’intensité concurrentielle sur le marché, n’est pas en relation avec le nombre des entreprises
installées, mais de leurs actions. On peut assister à une rivalité de plus en plus rude entre un
nombre réduit de firmes de grande taille.

Pour ces différentes raisons, le référentiel de l’économie industrielle n’est pas la concurrence
pure et parfaite, mais la concurrence imparfaite.

 Les interactions stratégiques entre concurrents sur les marchés concernés :


L’agent économique n’est pas un individu isolé. Il agit dans un cadre d’institution et subit les
effets de son environnement. Ses actions sont fonction non seulement de ses moyens de
production, mais aussi des actions des autres entreprises concurrentes et de sa position sur le
marché. Le défaut de la microéconomie est de sous estimer les interdépendances et les
complémentarités qui caractérisent le système industriel. Par exemple, si une entreprise
anticipe que ses concurrents vont baisser leurs prix, elle a intérêt à baisser ses prix pour
conserver ses clients.
L’entreprise n’est pas une entité statique et indépendante qui fonctionne sans subir les effets
de son environnement. Elle n’est pas conçue comme présume la microéconomie, comme une
boite noire qui combine des inputs pour produire des outputs.
Selon l’économie industrielle, l’entreprise est une entité dynamique et dépendante des
composantes de son environnement (clients, concurrents directs, indirects et potentiels,
fournisseurs, etc.). Elle est bien intégrée dans son environnement sur lequel elle peut exercer
une influence, mais, elle subit les effets de ses mutations.
 La concurrence est imparfaite

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On parle de concurrence imparfaite lorsqu’au moins une des hypothèses du marché de CPP
n’est pas vérifiée. On distingue deux grandes catégories de marchés de concurrence imparfaite
: les marchés oligopolistiques et les marchés de concurrence monopolistique. Ces marchés de
concurrence imparfaite sont caractérisés par l’hétérogénéité des produits, l’existence de
pouvoir de marché et de barrières à l’entrée, un comportement interactif entre les concurrents,
un nombre réduits et des tailles différentes des firmes, etc.
Par ailleurs, la concurrence parfaite est univoque (un seul modèle, reposant sur des hypothèses
fortes), la concurrence imparfaite est «multivoque» formulée par de nombreux modèles, selon
les hypothèses faites sur le mécanisme d’interaction stratégique.
Ces actions stratégiques qui s’articulent autour de la diversification, l’investissement dans des
actifs spécifiques, l’amélioration de la qualité des biens, la réalisation des économies
d’échelle, la diversification, etc. rendent ainsi cette concurrence imparfaite monopolistique ou
oligopolistique.

V. Différences entre la microéconomie et l’économie industrielle


microéconomie économie industrielle
 Etude des comportements allocatifs des  Etude des comportements stratégiques des
firmes firmes ;
 Une approche normative qui consiste à  Une approche positive qui consiste à
décrire ce qui doit être et de proposer des décrire et expliquer ce qui est après avoir
mesures qui permettent de se rapprocher le observé le fait.
plus possible des situations d’équilibre.  L’objectif n’est pas de maximiser et de
 L’objectif de la firme est de maximiser le trouver des solutions d’équilibres ou
profit d’optimalité, mais de satisfaire le mieux
 La concurrence est de type pur et parfait. possible ou de minimiser les défaillances.
 La concurrence est structurelle basée sur  La concurrence est imparfaite
des hypothèses restrictives rarement vérifiées  La concurrence est praticable et
dans la réalité comportementale basée sur les actions
 L’entreprise est une boite noire qui stratégiques des entreprises.
combine des inputs pour produire des  L’entreprise est une entité dynamique qui
outputs. interagit avec son environnement.
 Elle est supposée efficace aussi bien au  Elle peut être inefficace aussi bien au
niveau technique, qu’allocative que d’échelle niveau technique, allocatif, organisationnel
(elle fonctionne à rendement d’échelle et d’échelle.
constant)  Analyser des novelles structures de
 Analyser les structures de marché de CPP et marchés : concurrence monopolistique,
monopole oligopole ; monopole naturel, marchés
contestables, etc.

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