USSEIN /AHSIHA Année universitaire : 2024/2025
RESPONSABILITE SOCIETALE DES ENTREPRISES
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) n'est plus une option, mais une nécessité
impérieuse dans le secteur des infrastructures hydroagricoles, d'irrigation et d'assainissement.
Si ces ouvrages sont vitaux pour le progrès socio-économique, la sécurité alimentaire et la
santé publique, leurs potentiels impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance
exigent une intégration rigoureuse des principes RSE. Cette démarche est essentielle pour
minimiser les effets négatifs et amplifier la contribution de ces projets à un développement
véritablement durable.
I. Comprendre la RSE
La RSE - responsabilité sociétale des entreprises - correspond à un plan d’actions mis en
œuvre par les entreprises et par lequel elles tiennent compte de leur impact sur les parties
prenantes et l’environnement.
La préservation de l’environnement, la qualité de vie au travail ou encore l’éthique
dans les affaires sont autant de moyens pour servir les 3 piliers de la RSE :
environnemental, social et économique.
A. Définition et intérêt de la RSE
La RSE correspond à la responsabilité sociétale des entreprises. Elle est issue du concept de
croissance soutenable et du développement durable en économie. Les entreprises par leur
activité n’ont pas seulement une finalité économique et lucrative mais aussi une finalité
environnementale et sociale.
En effet, l’activité économique permet de faire vivre une population et soutient la
consommation, la demande. La production d’une entreprise participe donc à une création de
richesse globale. Elle a donc un rôle pour l’équilibre d’une société.
Les entreprises par leur activité impactent aussi l’environnement, elles doivent donc le
préserver.
La commission européenne dans le livret vert qu’il a publié en 2001 donne une
définition de la responsabilité sociale qui est très citée dans la littérature. Selon elle, la
RSE c’est « l’intégration volontaire des prescriptions sociales et écologiques des
entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec toutes les parties
prenantes internes et externes et ce, afin de satisfaire pleinement aux obligations
juridiques applicables et d’investir dans le capital humain et l’environnement »
(Parrat, 2014, p.419)
Le réseau mondial (business for social responsibility, 2003) explique la RSE comme «
l’ensemble des décisions liées à la mise en œuvre de valeurs éthiques, au respect des
exigences légales, au respect des personnes des communautés au sein de la société et
de l’environnement » (Bertezene et Vallat, 2015, p.29).
Bowen (1953), Manne (1972), Ackerman et Bauer(1976), et certaines institutions
comme ISO 26000 soulignent que la responsabilité sociale d’entreprise est la réponse
de l’entreprise aux attentes et désirs de la société de façon purement volontaire.
Selon le WBCSD, la RSE est « l’engagement continu des entreprises à agir
correctement sur le plan de l’éthique et de contribuer au développement économique,
tout en améliorant la qualité de vie de ses employés et de leurs familles, de la
collectivité locale et de l’ensemble de la société ».
Le Canadian Business for Social Responsibility (CBSR) définit la RSE comme «
l’engagement d’une entreprise à opérer dans un milieu de durabilité économique et
environnementale tout en reconnaissant les intérêts de ses intervenants. Les
intervenants comprennent les investisseurs, les clients, les employés, les partenaires
d’affaires, les collectivités locales, l’environnement et l’ensemble de la société ». Le
CBSR aussi précise que la «RSE va au-delà des bonnes œuvres telles que le bénévolat
et la charité »
Selon Caroll, « la responsabilité sociale du business englobe tout aussi bien des
attentes économiques, légales, étiques, que d'autres attentes discrétionnaires de la
société par rapport à une compagnie dans un temps donné ». (Archie CARROLL, «A
Three-Dimensional Conceptual Model of Corporate Performance», Academy of
Management Review, Vol. 4, no. 4, October 1979, p. 500).
D’après McWilliams et Siegel la RSE comprend des actions qui semblent faire
avancer le bien collectif, au delà des intérêts de l’entreprise et de ce que la loi exige
(Abagail McWILLIAMS, Donald SIEGEL, «Corporate social responsibility: A theory of the
firm perspective», Academy of Management Review, no. 26 (1), January 2001, pp. 117-127)
Toutes les définitions sont rattachées au concept Triple Bottom Line qui est la
transposition de la notion de développement durable en entreprise par l’évaluation de la
performance de l’entreprise sous trois angles : social : conséquences sociales de l’activité de
l’entreprise pour l’ensemble de ses parties prenantes (People) ; environnemental :
compatibilité entre l’activité de l’entreprise et le maintien des écosystèmes (Planet) et
économique (Profit).
B- Importance de la mise en place d’une démarche RSE
La démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est devenue essentielle,
impactant positivement la performance et la durabilité des entreprises, ainsi que la société et
l'environnement.
Pour l'entreprise, la RSE permet de :
Booster l'image et la réputation, fidélisant clients et partenaires.
Attirer et retenir les talents, sensibles aux engagements responsables.
Améliorer la performance économique par la réduction des coûts et l'efficacité.
Stimuler l'innovation et ouvrir de nouveaux marchés durables.
Mieux gérer les risques et identifier des opportunités grâce à l'intégration des critères
ESG.
Faciliter l'accès au financement et renforcer les relations avec les investisseurs.
Améliorer les relations avec toutes les parties prenantes, renforçant la légitimité.
Obtenir un avantage concurrentiel en se différenciant par des pratiques durables.
Pour la société et l'environnement, la RSE contribue à :
Promouvoir le développement durable en intégrant les enjeux sociaux et
environnementaux.
Réduire l'impact environnemental (pollution, consommation de ressources, émissions,
perte de biodiversité).
Améliorer les conditions de travail et le bien-être social.
Soutenir le développement local et l'engagement communautaire.
Encourager des pratiques commerciales éthiques et responsables.
Participer à l'atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).
En conclusion, la RSE n'est plus une option éthique, mais un impératif stratégique qui
transforme le modèle économique en intégrant les enjeux sociaux et environnementaux,
assurant succès, pérennité et une contribution positive au monde
C. Les trois volets de la RSE
1. Le volet social
La politique RSE se décline sur le plan social par la mise en place de la qualité de
vie au travail, c’est-à-dire l’ensemble des dispositifs et pratiques permettant de
préserver la santé physique et mentale des salariés.
L’entreprise prend donc en considération la dimension humaine de son activité et
cherche à préserver le bien-être de ses salariés. Le dialogue social fait aussi partie
de ce volet car c’est un outil au service d’un climat social favorable permettant la
prise en compte des intérêts des parties prenantes.
Volet social de la RSE : tout dispositif ou pratique impactant positivement le
bien-être des salariés et de la population en général.
2. Le volet environnemental
Une politique RSE va avoir pour objectif de préserver l’environnement. Elle va diminuer ses
activités polluantes et mettre en place des procédés pour économiser de l’énergie.
L’entreprise peut aussi se donner des objectifs en termes de réduction de CO 2.
Pour répondre à cet aspect, les entreprises vont modifier leur processus productif afin de
diminuer leur impact sur l’environnement.
Volet environnemental : ensemble des pratiques visant à diminuer l’empreinte carbone
de l’activité d’une entreprise.
3. Le volet économique
Le volet économique consiste à mettre en place des pratiques visant à accroitre l’éthique et la
transparence dans le fonctionnement de l’entreprise et de ses activités. La RSE doit permettre
un dialogue et un partenariat avec les parties prenantes dont les intérêts sont pris en compte.
Pour répondre à cet aspect, l’entreprise s’engage à être exemplaire dans sa gestion des
affaires.
Volet économique : ensemble des pratiques justifiant d’une gestion transparente et
éthique des activités et des relations avec les parties prenantes.
NB : Ethique : Des conceptions qui intègrent la morale
II. ORIGINE DU CONCEPT : RSE/Développement durable
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) trouve ses racines conceptuelles dès
1953 avec la publication de l'ouvrage Responsability of a Businessman d'Howard Bowen, où
le terme "Corporate Social Responsibility" est mentionné pour la première fois.
Cependant, c'est véritablement après 1987 et la parution du rapport Brundtland que le
domaine de la RSE a connu un essor significatif. Ce rapport, issu des travaux de la
Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'ONU, présidée par
Madame Gro Harlem Brundtland, a introduit la notion fondamentale de Développement
Durable.
Le développement durable y est défini comme : « un mode de développement qui répond aux
besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de
répondre aux leurs ».
Le rapport Brundtland ne s'est pas limité à cette définition, mais a également souligné la
nécessité d'un changement dans les pratiques des entreprises. Il y était notamment indiqué
que l'industrie devait adopter un "large esprit de responsabilité sociale" face aux enjeux
environnementaux et que les pouvoirs publics devraient encourager les entreprises à intégrer
les facteurs environnementaux dans leurs activités.
C'est dans ce contexte que la RSE s'est affirmée comme l'engagement des entreprises en
faveur du développement durable. La Commission européenne la définit comme l’intégration
volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs
activités commerciales et à leurs relations avec leurs parties prenantes. Concrètement, une
démarche RSE vise pour une entreprise à générer un impact positif sur la société et à réduire
ses effets négatifs, tout en assurant sa viabilité économique.
Le développement durable, et par conséquent la RSE, s'appuient sur trois piliers
interdépendants, conceptualisés notamment par la "Triple Bottom Line" de John Elkington en
1997 : le pilier humain (Social), le pilier économique (Profit) et le pilier environnemental
(Planet). La "durabilité" constitue l'objectif central, un idéal à atteindre dans toutes les
dimensions de la société.
III. Les enjeux des projets d’aménagement hydroagricoles, d’irrigation et
d’assainissement
Ces enjeux sont multiples et s’apprécient sur le plan environnemental, social et de
gouvernance.
Les aménagements hydroagricoles, d'irrigation et d'assainissement sont vitaux pour le
développement socio-économique, la sécurité alimentaire, les revenus agricoles, la santé
publique et la résilience climatique. Toutefois, leurs impacts environnementaux, sociaux et de
gouvernance nécessitent impérativement l'intégration des principes de Responsabilité
Sociétale des Entreprises (RSE) pour garantir un développement durable et inclusif.
A. Enjeux Environnementaux : Préserver le Capital Naturel
Les aménagements hydroagricoles, d'irrigation et d'assainissement peuvent avoir des
conséquences considérables sur les écosystèmes et les ressources naturelles :
Biodiversité : La construction de barrages et de canaux peut fragmenter les habitats
naturels, perturber les corridors écologiques et menacer la faune et la flore locales, y
compris les espèces endémiques ou protégées présentes au Sénégal (oiseaux d'eau,
poissons des fleuves, etc.). Les modifications des régimes hydrologiques peuvent
impacter les zones humides et les écosystèmes aquatiques essentiels.
Gestion de l'Eau : Les projets d'irrigation peuvent entraîner une surexploitation des
ressources en eau, exacerbant le stress hydrique déjà présent dans certaines régions du
Sénégal. La qualité de l'eau peut être affectée par les rejets des chantiers, le
ruissellement des engrais et pesticides dans les zones irriguées, et l'eutrophisation des
retenues d'eau, impactant la santé des écosystèmes et des populations.
Sols : L'érosion des sols due à la déforestation pour les infrastructures ou à des
pratiques d'irrigation non durables, ainsi que la salinisation des terres dans certaines
zones irriguées (notamment dans la vallée du fleuve Sénégal), représentent des défis
majeurs pour la productivité agricole à long terme.
Émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) : La construction de ces infrastructures
génère des émissions importantes liées à la production et au transport des matériaux
(ciment, acier), à l'utilisation d'engins. Les retenues d'eau peuvent également émettre
du méthane (un puissant GES) en raison de la décomposition de matière organique.
Gestion des Déchets et Pollutions : Les chantiers produisent des déchets (inertes,
parfois dangereux). Les systèmes d'assainissement mal gérés peuvent entraîner des
pollutions des sols et des eaux. La gestion adéquate de ces déchets et la prévention des
pollutions sont cruciales.
Adaptation au Changement Climatique : Les infrastructures doivent être conçues
et gérées en tenant compte des impacts du changement climatique au Sénégal
(sécheresses plus fréquentes et intenses, augmentation des températures, événements
climatiques extrêmes). La résilience des infrastructures est essentielle pour assurer
leur fonctionnalité à long terme.
B. Enjeux Sociaux : Promouvoir l'Équité et le Bien-être des Communautés
Les projets hydroagricoles, d'irrigation et d'assainissement ont des implications sociales
profondes :
Déplacements de Populations et Réinstallation : La construction de grands
ouvrages (barrages) peut nécessiter le déplacement de communautés entières,
entraînant des pertes de terres, de moyens de subsistance, de liens sociaux et culturels.
Les processus de réinstallation doivent être justes, transparents et offrir un
accompagnement adéquat pour la reconstruction des vies.
Impacts sur les Communautés Locales : L'accès à l'eau peut être modifié, créant des
conflits d'usage entre l'agriculture, l'élevage, la pêche et les besoins domestiques. Les
projets peuvent avoir des impacts sur la santé (maladies hydriques), l'éducation et les
moyens de subsistance traditionnels. La participation et la consultation des
communautés sont essentielles pour minimiser les impacts négatifs et maximiser les
bénéfices.
Conditions de Travail et Sécurité : Les entreprises impliquées dans la construction
et l'exploitation de ces infrastructures doivent garantir des conditions de travail dignes
et sûres, en respectant la législation sénégalaise et les normes internationales. Cela
inclut la prévention des accidents, la formation des travailleurs et une rémunération
juste.
Participation et Consultation des Parties Prenantes : Il est crucial d'impliquer
toutes les parties prenantes concernées (communautés locales, agriculteurs, pêcheurs,
autorités locales, société civile) dès les premières étapes des projets, en utilisant des
mécanismes de consultation adaptés au contexte culturel et linguistique sénégalais.
Leurs avis et préoccupations doivent être pris en compte dans les décisions.
Équité et Inclusion : Les projets doivent bénéficier à tous, en tenant compte des
besoins spécifiques des groupes vulnérables (femmes, jeunes, personnes âgées,
minorités). L'égalité des genres dans l'accès aux ressources et aux opportunités doit
être promue.
C. Enjeux de Gouvernance : Assurer la Transparence et la Redevabilité
Une bonne gouvernance est indispensable pour la durabilité et l'acceptabilité des projets
hydroagricoles, d'irrigation et d'assainissement :
Transparence et Redevabilité : L'accès à l'information sur les projets (études
d'impact, contrats, budgets) doit être garanti. Des mécanismes de suivi et d'évaluation
indépendants sont nécessaires pour assurer la redevabilité des acteurs et la bonne
utilisation des fonds.
Éthique et Lutte Contre la Corruption : Le secteur des infrastructures est souvent
exposé à des risques de corruption. Des politiques et des procédures anti-corruption
robustes doivent être mises en place à tous les niveaux pour garantir l'intégrité des
projets.
Cadre Réglementaire et Application des Lois : Le Sénégal dispose d'un cadre
réglementaire en matière d'environnement et de gestion de l'eau. Son application
effective et le renforcement des capacités des institutions sont essentiels pour garantir
la conformité des projets.
Gestion des Conflits : Les projets peuvent générer des conflits liés à l'accès à l'eau,
au déplacement de populations ou aux impacts environnementaux. Des mécanismes
de prévention et de résolution des conflits adaptés au contexte local (médiation,
conciliation) doivent être mis en place.
Participation Citoyenne et Rôle des Autorités Locales : L'implication des citoyens
et des autorités locales dans la planification et la gestion des projets renforce leur
légitimité et leur appropriation. Le renforcement de leurs capacités est crucial pour
une participation efficace.
IV. Les parties prenantes de l’entreprise et RSE
Les parties sont les acteurs qui sont intéressés par les activités de l’entreprise.
A- stakeholders primaires, qui sont en relation contractuelle ou quasi
contractuelle avec l’entreprise,
B- stakeholders secondaires, dont tous les autres font partie.
La définition émanant de Clarkson classe les parties prenantes en deux strates, à partir du
type de relations entretenues avec la compagnie.
-Les parties prenantes primaires incluent les employés, les fournisseurs, les clients et les
organismes publics engagés dans des relations formelles avec l’entreprise.
-Les parties prenantes secondaires intègrent les médias et les groupes d’intérêts spéciaux,
non engagés dans les transactions formelles de l’entreprise.
( Max CLARKSON, «A Stakeholder Framework for Analysing and Evaluating Corporate Social Perfomance»,
Academy of Management Review, Vol. 20, no. 1, janvier 1995, p. 9).
Freeman, quant à lui a tenu compte des « big five », soit: des actionnaires, des employés, des
fournisseurs, des consommateurs et de la communauté pour analyser les stakeholder.
V. Principes de la RSE
La norme ISO 26000 préconise l’adoption de 7 principes pour une gouvernance responsable.
Principe 1: La Redevabilité de l’organisation
La Redevabilité de l’organisation à l’égard de la Société consiste à :
Répondre de ses impacts sur la société, l’économie et l’environnement.
Accepter un examen approprié et le devoir de réponse correspondant.
Pouvoir répondre des intérêts des mandants de l’organisation
Pouvoir répondre du respect de la législation et de la règlementation vis- à-vis des
autorités.
La redevabilité englobe également le fait d’assumer une pratique fautive, de prendre
les mesures appropriées pour y remédier et de mener les actions permettant d’éviter
qu’elle ne se reproduise.
Principe 2 : La transparence
La transparence implique de communiquer clairement, honnêtement et de manière exhaustive
les décisions et activités ayant un impact sociétal et environnemental. Il s'agit de rendre
accessibles et compréhensibles les informations pertinentes aux parties prenantes affectées,
en présentant des données factuelles et actualisées pour leur permettre d'évaluer
objectivement les conséquences sur leurs intérêts. La transparence n'oblige cependant pas à
divulguer des informations exclusives, confidentielles ou contraires à des obligations légales,
commerciales, de sécurité ou de respect de la vie privée.
Principe 3 : Comportement éthique
Il consiste à adopter « un comportement fondé sur les valeurs de l’honnêteté, de l’équité et de
l’intégrité. Ces valeurs impliquent que l’on se préoccupe d’autrui, des animaux et de
l’environnement et que l’on s’engage à traiter l’impact de ses décisions et activités sur les
intérêts des parties prenantes ».
Principe 4 : Reconnaissance de l’intérêt des parties prenantes
La démarche consiste à identifier, considérer et répondre aux intérêts des parties prenantes. Si
une organisation peut initialement se concentrer sur les intérêts de ses propriétaires, membres,
clients ou dirigeants, il est crucial de reconnaître que d'autres acteurs ont des droits et
expriment des besoins spécifiques. L'ensemble de ces individus et groupes forme les parties
prenantes de l'organisation. Il est donc nécessaire de les identifier, de prendre pleinement en
compte leurs droits légaux et leurs préoccupations, et de reconnaître l'influence significative
que certains peuvent exercer sur les activités de l'organisation.
Principe 5 : Respect de la légalité
Le respect de la légalité est impératif : nul n'est au-dessus des lois, y compris les autorités
publiques. Ce principe s'oppose à l'arbitraire et suppose des lois écrites, publiques et
appliquées équitablement selon des procédures établies. Cela implique de se conformer à
toutes les lois et réglementations en vigueur, de s'informer à leur sujet, d'en informer le
personnel et de les appliquer, même dans des contextes où elles sont mal appliquées. La prise
en compte des normes internationales de comportement est également essentielle.
Principe 6 : Respect des normes internationales de comportement
Il est essentiel de se référer à des normes internationales lorsque la législation nationale est
lacunaire. Par exemple, l'OIT élabore, grâce à sa structure tripartite, des politiques pour un
travail décent. Au-delà des normes ISO, diverses institutions comme l'ONU (avec son Pacte
Mondial définissant la RSE autour de 10 principes liés aux droits humains, au travail et à
l'environnement), l'UA, la Communauté Européenne et l'OCDE (dont les principes directeurs
pour les multinationales mettent l'accent sur le développement durable, les droits humains, la
formation et l'information) proposent des directives, codes de conduite et labels pour guider
les entreprises dans leur démarche RSE et de développement durable, en précisant les voies à
suivre, les limites et les engagements à respecter.
Principe 7 : Respect des droits de l’homme
Il est impératif de respecter et de reconnaître l'importance et l'universalité des droits de
l'Homme, tels qu'énoncés dans la Déclaration internationale. Cette universalité signifie leur
application indivisible à tous les pays, cultures et situations. Les organisations doivent agir
pour respecter ces droits et, en l'absence de protection adéquate, éviter d'en tirer profit, en
s'appuyant sur les normes internationales de comportement.
[Link] ISO ET RSE
a- C’est quoi une norme ?
Une norme est un cahier des charges complet, regroupant des critères approuvés et reconnus.
Les normes les plus connues sont les ISO. Internationales, elles sont fixées par une ONG,
l’Organisation Internationale de Normalisation.
Souvent plus contraignantes que les labels, elles couvrent des champs plus larges.
Elles sont délivrées par des organismes reconnus par l’Etat (Afnor, Bureau Veritas…), après
un audit sur site.
La plus connue en RSE est l’ISO 26000, qui vise toute la démarche RSE d’une entreprise,
pour qu’elle fonctionne sur un mode socialement responsable.
Il y’au également L’ISO 50001 a pour but d’aider les entreprises à améliorer leur
performance énergétique.
b-Importance des normes ISO
Nombre de normes internationales ISO ont pour objectif de protéger la santé des [Link].s,
et la planète, outre les avantages économiques qu’elles génèrent. Les intégrer dans sa
stratégie d’entreprise permet de :
rassurer le consommateur et gagner sa confiance par rapport aux produits et aux services
être aux normes, en conformité avec les réglementations, à moindre coût
maîtriser et réduire les coûts de chacun des pans de son activité
rassurer les donneurs d’ordre et conquérir de nouveaux marchés exigeants
Les normes ISO sont également des supports précieux pour les démarches d’amélioration
continue.
c-NORMES ISO 26000
La norme ISO 26000, adoptée en 2010 par l’organisation internationale de normalisation, après
beaucoup d’années de travail mobilisant près de 450 experts venant de plus de 90 pays (Parrat, 2014)
expose la RSE comme « la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et
activités sur la société et sur l’environnement traduisant par un comportement éthique et transparent
qui contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société; prend en
compte les attentes des parties prenantes ; respecte les lois en vigueur tout en étant en cohérence avec
les normes internationales de comportement ; et est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis
en œuvre dans ses relations » (ISO 26000, 2010, p.21) . Cette norme ISO a élaboré 7 thématiques
ou piliers.
LES 7 PILIERS DE L’ISO 26000
1er pilier de la norme ISO 26000 : Communautés et développement local
–> Créer des emplois locaux et de nouvelles solutions
–> Mise en réseau
–> Implication auprès des communautés locales
–> Economie circulaire
–> Achats responsables
2ème pilier de la norme ISO 26000 : Les questions relatives aux consommateurs
–> Mettre en place une démarche qualité
–> Protéger la santé et la sécurité des consommateurs
3è pilier de la norme ISO 26000 : La loyauté des pratiques
–> Respect des droits de propriété
–> Éthique commerciale
–> Transparence vis à-vis du consommateur
4è pilier de la norme ISO 26000 : Les droits humains
–> Insertion des personnes en situation de handicap
–> Égalité homme/femme
–> Inclusion et respect de la diversité
–> Suppression des atteintes aux droits humains
NB : Conventions de l’ONU
Les principales conventions contraignantes de l'ONU sur les droits de l'homme, basées sur la
Déclaration universelle, incluent : le Pacte I (droits économiques, sociaux et culturels), le
Pacte II (droits civils et politiques), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination raciale (ICERD), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination 1 à l'égard des femmes (CEDAW), la Convention contre la torture (CAT), la
Convention relative aux droits de l'enfant (CRC), la Convention relative aux droits des
personnes handicapées (CRPD), la Convention internationale pour la protection de toutes les
personnes contre les disparitions forcées (CPED), et la Convention internationale sur la
protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille
(ICRMW). Contrairement à la Déclaration universelle, ces conventions sont obligatoires pour
les États membres ; la Suisse les a toutes ratifiées sauf la dernière.
5è pilier de la norme ISO 26000 : Relations et conditions de travail
–> Emploi et relations employeur / employé
–> Qualité de Vie au Travail (QVT)
–> Protection contre les risques professionnels (SST)
–> Évaluation des risques (DUERP)
6è pilier de la norme ISO 26000 : L’environnement
–> Prévention de la pollution
–> Gestion des déchets et limitation du gaspillage
–> Achats responsables
NB :
La protection de l’environnement : Action visant à prévenir, réduire les émissions de polluants et les
autres dégradations causées à l'environnement.
Actions Clés pour la Protection de l'Environnement
1. Réduire les déchets : Minimiser l'exploitation des ressources, préserver l'eau et
améliorer la qualité de l'air par la réduction, la réutilisation, le recyclage et le
compostage.
2. Adopter des mobilités durables : Privilégier les transports écologiques (covoiturage,
transports en commun, vélo, véhicules électriques) pour diminuer la pollution de l'air.
3. Éviter le gaspillage alimentaire : Limiter l'exploitation des ressources, réduire la
pollution des sols et de l'eau, et diminuer les émissions de gaz à effet de serre en
planifiant, conservant et compostant.
4. Réduire la consommation énergétique : Limiter l'exploitation des ressources non
renouvelables, améliorer la qualité de l'air et préserver les ressources en utilisant des
énergies renouvelables et en optimisant l'efficacité énergétique.
5. Limiter la consommation d'eau : Prévenir les pénuries et protéger l'environnement
en réparant les fuites, utilisant des équipements économes et favorisant une gestion
durable des ressources.
6. Opter pour une banque écoresponsable : Soutenir financièrement des projets
durables pour la protection des quatre éléments.
7. Réduire l'usage de produits toxiques : Préserver la terre, l'eau et l'air en utilisant des
alternatives écologiques aux produits chimiques nocifs.
8. Aménager des espaces verts : Protéger la biodiversité, préserver l'eau, améliorer la
qualité de l'air et réguler la température en milieu urbain.
9. Protéger la biodiversité : Maintenir l'équilibre des écosystèmes, assurer la qualité de
l'air et de l'eau, et préserver la fertilité des sols pour notre survie et le fonctionnement
des services écosystémiques.
10. Informer et sensibiliser : Éveiller la conscience environnementale, motiver
l'adoption de comportements durables et encourager l'engagement citoyen pour la
protection de notre planète.
7è pilier de la norme ISO 26000 : Gouvernance : dialogue et communication
–> Transparence des informations
–> Concertation des parties prenantes autour des prises de décision
–> Meilleur équilibre des pouvoirs
VII. Mise en place d’une démarche RSE :
Cette démarche répond à 7 étapes
a- Définir le Cadre de la Démarche RSE
Pour initier des actions durables, il est essentiel de définir précisément la vision et les
objectifs de la démarche RSE, qui est un processus d'amélioration continue des performances
environnementales, sociales et économiques. Les étapes clés pour établir ce cadre sont :
Identifier les objectifs d'amélioration : Déterminer les avantages attendus de la
démarche RSE, tels que l'amélioration de l'image, la réduction des coûts,
l'engagement des parties prenantes ou l'obtention de certifications.
Délimiter le champ d'application : Préciser clairement les activités et les lieux
géographiques concernés par la démarche RSE.
Organiser les responsabilités et allouer les ressources : Désigner les personnes clés
responsables (par exemple, un responsable RSE, des contacts internes) et identifier les
outils nécessaires (logiciel de gestion RSE, consultant externe, etc.).
b- Rédiger une Politique Interne RSE
La formalisation de la stratégie RSE passe par la création d'une politique RSE, document de
référence pour l'organisation et ses parties prenantes. Elle clarifie les orientations stratégiques
en matière environnementale, sociale et de gouvernance, communique la démarche et les
engagements de l'organisation, définit le périmètre d'application de la RSE et formalise les
engagements (idéalement SMART). Cette politique peut être complétée par des politiques
spécifiques (SST, urgences, environnement, achats responsables, diversité, engagement
communautaire) pour approfondir les engagements et fournir des directives opérationnelles.
La politique RSE établit un cadre solide pour guider les actions, communiquer les
engagements et mesurer les progrès en matière de développement durable.
c- Recenser les activités (processus)
L''inventaire des activités (ou processus) est fondamentale. Elle consiste à recenser
exhaustivement toutes les actions menées par l'entreprise, ce qui facilite l'identification
précise de leurs impacts potentiels sur l'environnement, la société et l'économie.
Par exemple, une entreprise du secteur de la construction souhaitant améliorer sa démarche
RSE utilisera cet inventaire pour analyser les impacts de chaque étape de ses projets :
extraction des matériaux, transport, construction sur site, gestion des déchets, relations avec
les communautés locales, etc. Cette vision globale permet ensuite de cibler les actions
d'amélioration les plus pertinentes.
d/ Identifier les impacts de l’entreprise
Pour chaque activité, il s’agit d’identifier les impacts de l’entreprise sur son écosystème.
Voici quelques exemples d’impact selon leur type.
L’impact social : taux de satisfaction des collaborateurs, turnover, qualité de vie au
travail, équilibre vie professionnelle et personnelle, risques psychosociaux.
L’impact économique : implication dans l’environnement économique local,
partenariats avec des fournisseurs de proximité, concurrence déloyale.
L’impact environnemental : pollution, émission de gaz à effets de serre, production
de déchets, surconsommation énergétique…
e/ Définir les objectifs
Sur la base des impacts identifiés précédemment, des objectifs chiffrés et des délais sont
fixés.
Pour définir des objectifs RSE efficaces, une démarche structurée est essentielle.
Commencez par comprendre le contexte (analyse de matérialité, état des lieux, cadre
réglementaire) et impliquer les parties prenantes par la consultation et la collaboration.
Ensuite, formulez des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Pertinents,
Temporellement définis). Traduisez ces objectifs en plans d'action concrets, puis mettez en
place des indicateurs de performance pour le suivi. Communiquez vos progrès via le
reporting et prévoyez une évaluation et un ajustement réguliers pour une amélioration
continue.
Exemples concis :
Environnement : Diminuer de X% la consommation énergétique des infrastructures
hydroagricoles d'ici l’année n+
Social : Accroître la satisfaction des employés à Y% d'ici [année] via [actions].
Gouvernance : Atteindre Z% de femmes aux postes de direction d'ici [année].
Chaîne d'approvisionnement : 100% des fournisseurs stratégiques conformes à
notre code éthique d'ici [année].
Communauté : Soutien annuel à X projets locaux sur [thématique].
Cette approche permet de définir des objectifs RSE clairs, pertinents et réalisables pour une
entreprise plus durable et responsable.
Voir la figure ci- après
6/ Définir et mettre en œuvre les actions
Sur la base des objectifs fixés, des mesures concrètes devront être mises en œuvre afin
d’améliorer les performances RSE de l’entreprise.
7- Evaluer la performance RSE et communiquer
Pour mesurer l'efficacité de sa démarche RSE, une entreprise a besoin d'indicateurs et de
tableaux de bord. Ces outils permettent d'évaluer concrètement l'impact des actions RSE
mises en œuvre.
Il est fortement recommandé par les normes RSE de communiquer publiquement le bilan
des actions RSE. Ce bilan constitue un atout majeur pour la communication et la vente,
pouvant influencer positivement les prospects. Il est donc pertinent de rendre ces
informations accessibles sur le site internet et les réseaux sociaux de l'entreprise (par
exemple, via la publication d'un Bilan Développement Durable ou l'intégration des chiffres
clés RSE dans le rapport annuel.
Conclusion
En conclusion, la RSE est cruciale pour les entreprises, notamment celles qui sont dans la
construction, l'aménagement et l'exploitation d'infrastructures hydroagricoles. Face aux défis
du développement durable, elle assure une action responsable, la pérennité économique, la
minimisation des impacts négatifs, la contribution au développement inclusif, le renforcement
de la légitimité, l'amélioration de l'image, l'attraction des talents et la création d'opportunités
durables. Une RSE solide est un investissement à long terme qui positionne les entreprises
comme acteurs positifs d'un avenir prospère et respectueux pour la société sénégalaise.
L'adoption pleine de la responsabilité sociétale est impérative pour le bien commun et l'avenir
du l’humanité.
DOCUMENTS RESSOURCE