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L'article examine l'efficacité de l'EMDR pour traiter le TSPT, la comparant à la thérapie cognitivo-comportementale, tout en soulignant des controverses sur ses mécanismes et sa méthodologie. Bien que l'EMDR soit efficace pour le TSPT, son application à d'autres troubles reste débattue, et des critiques persistent sur son caractère pseudo-scientifique. Des recherches continuent pour mieux comprendre ses effets et améliorer son utilisation, notamment en combinant l'EMDR avec d'autres approches thérapeutiques.

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L'article examine l'efficacité de l'EMDR pour traiter le TSPT, la comparant à la thérapie cognitivo-comportementale, tout en soulignant des controverses sur ses mécanismes et sa méthodologie. Bien que l'EMDR soit efficace pour le TSPT, son application à d'autres troubles reste débattue, et des critiques persistent sur son caractère pseudo-scientifique. Des recherches continuent pour mieux comprendre ses effets et améliorer son utilisation, notamment en combinant l'EMDR avec d'autres approches thérapeutiques.

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EMDR

L'article intitulé "Guérir avec l'EMDR : preuves et controverses" écrit par Maxime Bériault et Serge
Larivée en 2005 analyse l'efficacité et les débats autour de l'EMDR (Eye Movement Desensitization
and Reprocessing). Cette thérapie, développée par Francine Shapiro en 1989, a d'abord été conçue
pour traiter les souvenirs traumatiques, puis élargie pour inclure d'autres troubles psychologiques,
notamment le trouble de stress post-traumatique (TSPT). L'article présente une revue des études en
français concernant l'efficacité de l'EMDR, en comparant cette méthode à la thérapie cognitivo-
comportementale (TCC).

Principales conclusions :

Efficacité de l'EMDR :

L'efficacité de l'EMDR pour traiter le TSPT est bien établie et comparable à celle de la TCC.
Cependant, pour des troubles tels que la phobie spécifique et le trouble panique, l'EMDR s'avère
moins efficace.

Une observation récurrente dans les études est que les mouvements oculaires, considérés comme un
élément clé de l'EMDR, n'ont pas d'impact significatif sur l'efficacité du traitement.

Controverses et limites :

L'article met en lumière les critiques méthodologiques des premières études sur l'EMDR, comme
l'absence de double aveugle ou de protocoles rigoureux. Cela a alimenté des débats sur la validité de
cette thérapie.

L'EMDR a été accusée de pseudoscientificité, en partie à cause du manque de clarté sur les
mécanismes sous-jacents, notamment en ce qui concerne le modèle du traitement adaptatif de
l'information proposé par Shapiro.

Comparaison avec la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) :

Bien que l'EMDR et la TCC soient toutes deux efficaces pour traiter le TSPT, la TCC reste la méthode
de choix pour des troubles comme la phobie et le trouble panique.

L'EMDR diffère de la TCC principalement par l'intégration des mouvements oculaires et l'exposition
moins intense au matériel traumatique.

Aspects pseudo-scientifiques :

Le développement de l'EMDR a été critiqué pour son caractère pseudo-scientifique, notamment en


raison des explications spéculatives sur ses mécanismes d'action. Malgré cela, son efficacité clinique
dans le traitement des traumatismes reste prouvée.

Conclusion :

L'article conclut que l'EMDR est une thérapie efficace pour le TSPT, mais que son application à
d'autres troubles psychologiques est encore sujette à débat. Les critiques portent principalement sur
le manque de soutien scientifique clair pour certains de ses éléments centraux, comme les
mouvements oculaires. Cependant, l'EMDR reste une alternative précieuse à la TCC, surtout pour des
patients qui tolèrent mal l'exposition intensive aux souvenirs traumatiques.
[Link]

Mécanismes d’action encore à l’étude

Comment cette thérapie fonctionne-t-elle et d’où proviennent les bénéfices observés chez les
patients atteints de stress post-traumatique ? Cette question demeure centrale à l’heure actuelle
pour bien comprendre les effets de l’EMDR et étendre ses applications – et il n’y a pas encore de
réponse claire, même si des résultats intéressants ont récemment été obtenus.

Tout d’abord, plusieurs travaux ont été menés en s’appuyant sur des études chez l’animal ou sur des
approches d’imagerie cérébrale pour mieux comprendre les bases neurobiologiques des souvenirs
traumatiques et ainsi mieux appréhender les effets de l’EMDR sur le cerveau.

De plus, des travaux en neuro-imagerie menés par une équipe française ont montré que les
stimulations pratiquées pendant la séance d’EMDR activent et synchronisent de larges réseaux de
neurones localisés dans des structures cérébrales impliquées dans le traitement émotionnel de
l’information et dans la mémoire. Ce processus favoriserait la transformation des réseaux de
neurones qui sous-tendent le souvenir traumatique et en atténuerait la portée en permettant au
patient de mieux intégrer l’information selon laquelle il est désormais en sécurité.

Une autre piste souligne que l’EMDR reproduirait les saccades oculaires observées dans le sommeil
paradoxal et activerait donc les mêmes mécanismes que cette phase du sommeil. Or, on sait que
cette phase du sommeil remplit de nombreuses fonctions et notamment la consolidation de la
mémoire. Alors que le sommeil des personnes souffrant de stress post-traumatique est souvent
perturbé, l’utilisation de l’EMDR permettrait de rétablir des mécanismes normaux de consolidation
des souvenirs, en réduisant leur portée traumatique. Autrement dit, l’EMDR reproduirait ce que le
cerveau fait pendant le sommeil paradoxal pour l’aider à traiter les informations d’une manière plus
appropriée.

Répondre aux interrogations

Les recherches se poursuivent donc pour répondre à certaines questions prioritaires. Parmi elles : les
effets bénéfiques de l’EMDR se maintiennent-ils à long terme ? Et sont-ils aussi observés chez les
enfants ? Par ailleurs, comme toutes les thérapies, l’EMDR ne fonctionne pas sur tout le monde. Pour
les chercheurs, il est important de continuer à étudier les origines des différences interindividuelles
face à cette thérapie.

Un autre axe de recherche part du constat que la plupart des thérapies proposées imposent de
repenser et de revivre le souvenir douloureux. Par conséquent, le taux d’abandon de ces thérapies
est généralement élevé. De nombreux patients ne vont pas jusqu’au bout.

Les scientifiques testent donc des approches afin de s’atteler à ce problème, en étudiant par exemple
si le fait de combiner l’EMDR avec certains médicaments qui agissent sur le stress pourrait être plus
efficace. Mise en place en France, la thérapie MOSAIC fondée sur l’EMDR tente aussi d’apporter une
solution, son principe étant justement d’éviter au patient la souffrance liée à l’exposition des
mémoires traumatiques. Cette thérapie s’appuie des stimulations bilatérales alternées (saccades
oculaires, stimulations acoustiques ou tactiles) pour permettre aux mémoires traumatiques d’être
reconsolidées en s’intéressant aux solutions plutôt qu’aux problèmes.

Si l’EMDR reste donc un objet d’étude pour les scientifiques, les dernières décennies ont permis de
confirmer son utilité dans certains contextes, particulièrement pour aider les patients à dépasser
leurs souvenirs traumatiques. L’EMDR ne doit cependant être pratiquée qu’avec un praticien certifié.
Seuls les psychothérapeutes, psychiatres et psychologues peuvent se former à l’EMDR mais de
nombreuses formations imitant cette pratique fleurissent sans qu’il y ait de contrôle. En 2010, la
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) insistait déjà
sur ce point, signalant le risque d’emprise en cas de thérapie EMDR effectuée sans l’appui d’un
professionnel correctement formé à la méthode.

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